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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 12:43

Mais d'aventures en aventures, de pages en pages...

Collection Aventures aux éditions du Carnoplaste.

S'inspirant d'un modèle qui connut un grand succès entre les deux guerres, pas besoin de préciser lesquelles, les éditions du Carnoplaste, le spécialiste des fascicules, lancent une nouvelle collection titré Aventures.

En effet reprenant le principe et l'esprit des collections Mon Roman d'Aventures, Le petit roman d'aventures, Le Livre de l'aventure, Voyages et Aventures, des fascicules de 32, 64, 96 ou 128 pages dans lesquels s'illustrèrent des romanciers comme Georges Simenon sous les pseudonymes de Christian Brulls et Georges Sim, Maurice Limat, Max-André Dazergues, Albert Bonneau, Jean de la Hire sous leurs divers alias, Robert Darvel, le maître d'oeuvre, vient de créer la Collection Aventures, de petits fascicules de 32 pages, au prix de 3,00€ l'ouvrage.

Créer une nouvelle collection, c'est bien, mais Robert Darvel s'amuse à imposer des contraintes aux auteurs, qui se laissent faire, pris par le jeu et l'enjeu.

 

Robert Darvel rêve un titre puis Fred Grivaud conçoit une illustration. Ensuite, un auteur s'amuse de cette double contrainte et le diable seul sait le récit que vous allez découvrir...

 

Puis-je me permettre d'ajouter qu'une troisième contrainte doit être respectée : la pagination ! Et après, champ libre est laissé à l'heureux postulant de développer son récit avec une autre contrainte : intéresser le lecteur, une condition sine qua non, évidemment !

La première livraison de quatre fascicule est disponible et se compose des titres suivants :

 

N°1 : Le naufragé de l'île de chair par Jacques Baudou.

N°1 : Le naufragé de l'île de chair par Jacques Baudou.

N°2 : Loyola de la jungle par Jean-Hugues Villacampa.

N°2 : Loyola de la jungle par Jean-Hugues Villacampa.

N°3 : Les chœurs de la mer rouge par Arnaud Cuidet.

N°3 : Les chœurs de la mer rouge par Arnaud Cuidet.

N°4 : Perdus dans la zone commerciale par Romuald Herbreteau.

N°4 : Perdus dans la zone commerciale par Romuald Herbreteau.

Les chroniques de ces ouvrages bientôt sur vos écrans....

Mais d'ores et déjà vous pouvez les commander en vous fiant au lien ci-dessous.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 09:48

Instinct basique comme celui de nos

hommes politiques ?

Richard OSBORNE : Basic Instinct

Ex-chanteur de Rock, propriétaire de club et élément majeur dans l'entourage du maire de San Francisco, Johnny Boz est retrouvé assassiné d'une douzaine de coups de pic à glace.

Il a été aperçu la veille en compagnie de Catherine Tramell, romancière à succès. Nick Curran, son équipier Gus Morran et le lieutenant Walker sont persuadés de la culpabilité de celle-ci, conviction étayée lorsque Curran découvre que le meurtre de Boz a été conçu selon un processus décrit dans le dernier roman de Catherine. Celle-ci nie être la meurtrière et propose même de passer un test devant le détecteur de mensonges. Test négatif pour la romancière, qui s'adonne aux plaisirs prohibés par jeu, par provocation, et avoue s'ériger comme une professionnelle du mensonge.

Entre Curran et Catherine s'établissent des rapports malsains. Ils sont tout à la fois attirés l'un par l'autre et en même temps se dressent en adversaires. Catherine n'a eu des relations sexuelles avec Boz que parce qu'elle aime ça et non par amour. Auparavant elle était liée avec Marty, un boxeur, qui s'est fait descendre sur un ring.

Curran vit avec le souvenir de deux touristes qu'il a abattu à la suite d'une bavure. Beth Gardner, la psychologue de la police avec qui il a couché au cours de sa thérapie, a essayé de lui effacer son obsession. Il s'est arrêté de boire, de fumer, de se droguer mais au contact de Catherine il retombe dans ses travers. Beth Gardner a connu la romancière une dizaine d'années auparavant, alors qu'elles suivaient les cours de psychologie à l'université de Berkeley. A cette époque, leur professeur a été retrouvé assassiné à coups de pic à glace.

Si Catherine admet s'être inspirée de cette histoire pour écrire un de ses livres, elle traine derrière elle comme un maléfice. Les personnes qu'elle côtoie, professeur, parents, amants décèdent dans de mystérieuses conditions. Catherine connait les antécédents de Curran et en joue comme avec une allumette. Furieux il comprend que seule Beth a pu divulguer les renseignements. Elle avoue avoir permis à Nielsen, un agent de l'Inspection Générale, de compulser son dossier. S'ensuit une algarade entre le bœuf-carotte et Curren, en présence de leurs collègues. Le lendemain Nielsen est retrouvé mort, abattu d'une balle provenant d'une arme officielle de la police. Les soupçons se portent sur Curren mais ne peuvent être étayés.

Il est mis en congé d'office mais continue malgré tout son enquête. Catherine avec qui il copule furieusement lui parle d'une étudiante, Lisa Hoberman qui l'a perturbée durant sa dernière année universitaire.

 

Entre Nick Curren, le policier qui n'est pas encore désabusé au contraire de son équipier, plus âgé il est vrai, et Catherine Tramell, une romancière qui puise son inspiration d'après des faits divers authentiques ou provoqués, s'engage une partie de chat et de la souris.

Mais ce n'est pas toujours le policier qui mène la danse. Il est fasciné par la jeune femme et peu à peu doute de ses premières conclusions. Catherine Tramell elle aussi est fascinée par le policier mais maitrise cyniquement son attirance et joue un jeu dangereux.

Son personnage est complexe et s'auréole de mystère. Est-elle une véritable meurtrière? Au lecteur de l'imaginer. Tout l'intérêt de cette intrigue réside dans l'étude psychologique des personnages et dans la dualité aversion/attirance qui anime leurs rapports.

Ce roman est l'adaptation du film éponyme de Paul Verhoeven, sorti en 1992, avec dans les rôles principaux Michael Douglas et Sharon Stone.

Richard OSBORNE : Basic Instinct (BASIC INSTINCT - 1992). D'après un scénario de Joe Eszterhas. Trad. de l'américain par Gilles Bergal. Collection Pocket Thriller. Editions Presses-Pocket. N°4066. 188 pages. 1992

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 13:59

C'est une bonne question, merci de l'avoir posée !

Léon VALBERT : Crimes ou suicides ?

Grâce aux conclusions pertinentes du docteur Harifax, médecin légiste, l'inspecteur Bergougnasse boucle en moins de temps qu'ii m'en faut pour écrire cette phrase l'enquête qui lui a été dévolue.

Cette affaire à peine résolue, le commissaire Galinacci lui en confie une autre : la femme du morticole a été retrouvée morte. En dépit de sa douleur, Harifax tient à autopsier lui-même la défunte.

Lorsqu'ils se sont mariés, elle n'avait que vingt ans à peine et lui quarante. Ils s'étaient connus à l'Ecole de Droit alors qu'elle suivait les cours de législation médicale qu'il dispensait. Un véritable roman d'amour qui s' achève tragiquement.

Rien ne prédisposait toutefois à penser qu'un tel drame put arriver. Des traces de piqûres hypodermiques dans la cuisse et sous l'omoplate autorisent deux hypothèses : le crime ou le suicide. Or la seconde piqûre n'aurait pu être faite par la défunte seule. A moins qu'ii s'agisse d'une erreur accidentelle. Ce qui étonne le juge.

Mais le toubib a réponse à tout : Il faut toujours compter avec le hasard... ou la fatalité. Un deuxième cadavre est découvert dans les mêmes conditions, celui du chauffeur d'Harifax. L'homme était un Russe émigré et Bergougnasse demande à son ami l'agent Froc de la brigade politique de se documenter parmi les compatriotes du mort. L'un d'eux a poursuivi de ses assiduités la femme d'Harifax mais il proteste de son innocence dans les deux crimes qui lui sont imputés.

La femme de chambre se présente auprès du juge. Elle déclare avoir trouvé dans le tiroir d'un secrétaire des lettres prouvant l'infortune conjugale du médecin légiste. Bergougnasse et Galinacci ne sont point convaincus par l'inculpation du slave. Bergougnasse imagine donc un stratagème dans lequel tombe tête baissée l'assassin, Harifax lui-même. lequel n'en était pas à ses premiers meurtres. Tout petit déjà il s'ingéniait à faire accuser ses condisciples pour des fautes qu'ils n'avaient pas commises.

 

crimes ou suicides ? Disons-le tout net : dès le départ le lecteur se doute qu'il s'agit bien de crimes que Bergougnasse va devoir résoudre. Et l'entêtement du toubib à pratiquer les autopsies malgré sa douleur est trop sincère pour être honnête. Dès lors le lecteur n'a plus qu'à se laisser porter par les circonlocutions et circonvolutions verbales, dialectiques et ampoulées des protagonistes.

Mais est-ce bien là le moyen employé pour introduire un liquide virulent dans le torrent circulatoire ?

se demande Harifax au cours des explications fournies aux policiers lors de l'autopsie de sa femme.

Et afin de démontrer le sérieux de son roman, Léon Valbert n'hésite pas à citer, outre les références empruntées aux communications faites à l'Académie des sciences, une tirade du Roméo et Juliette de Shakespeare. C'est beau la culture.

Et voilà comment, conclut le détective, en rallumant sa pipe qui s'était éteinte au cours de ce récit... voilà comment, mon vieux Froc-Froc, j'ai reconstitué pour ton édification personnelle, l'histoire complète et authentique, du médecin légiste fou et assassin. Tu avoueras, ajouta t-il, qu'elle dégote de loin les romans policiers les mieux charpentés.

Avis tout à fait personnel que le scripteur de cette notule ne partage pas. Des histoires mieux charpentées il en a lu plus d'une, écrites avant et après que Léon Valbert ait pondu sa prose qui ne restera pas dans les souvenirs.

 

A propos de Léon Valbert.

pseudonyme d'Albert Léon Vavasseur né le 27 mai 1867 - 1947, auteur, journaliste, chroniqueur. Pseudonymes: Léon Valbert, Paméla, Bobèche. Il a collaboré avec Rodolphe Bringer et Albert Verse. Pour plus de renseignements vous reporter aux liens ci-dessous.

Léon VALBERT : Crimes ou suicides ? Editions André Bonne. Parution octobre 1945. 32 pages.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:21

Comme disait ma grand-mère : on ne sait pas par quel bout la prendre...

Patricia RAPPENEAU : Tout ce qu'ils méritent.

La quoi ?

L'histoire ? Ça, ce n'est pas difficile, suffit de commencer par le début puis de dérouler tranquillement jusqu'à l'épilogue. Simple, non ? Sauf que l'histoire est plus compliquée qu'il y parait.

Rose ? Il est vrai que l'on pourrait donner la communion sans confession à Rose, belle et jolie, que dis-je, magnifique jeune fille, qui officie comme bonne du curé Troignon, en la bonne ville de Semur-en-Auxois, département de la Côte d'or, 3500 âmes environ en cette fin d'année 1908. Ange le jour, Démon la nuit, telle est la définition que l'on pourrait accoler à Rose, qui cache bien son jeu démoniaque. Et la nuit elle se transforme en vengeresse.

André ? André est gendarme dans cette même bonne ville de Semur, et lui aussi cache bien son jeu. Car si elle s'appelle André, c'est par un caprice de son père, mais c'est une femme. Seulement les hommes qui composent la petite compagnie de gendarmes ignorent qu'elle n'est pas du même sexe qu'eux, même si, et ils en sont tout étonnés eux-mêmes, ils ressentent à son contact comme un certain trouble. Pas tous, disons les moins niais.

 

Revenons quelque peu à Rose, qui jeune encore a connu les avanies d'une coexistence avec une fratrie incestueuse, et aujourd'hui encore sert d'exutoire génital au prêtre dont est la servante. Elle a ses petits trucs pour échapper parfois à la corvée nocturne. De toute façon le curé a des ressources sous sa soutane et n'hésite pas à prodiguer ses bons soins et offrir ses hosties à ses paroissiennes, même âgées.

Or Rose s'est mis en tête d'éradiquer ces prédateurs, s'érigeant en mante religieuse.

André, sous son uniforme de gendarme trentenaire, cache un passé trouble. Elle a une fille, Lucienne, âgée de sept ou huit ans, gardée par Gilberte, la sœur du géniteur. Et pour toute la petite ville, Lucienne est la sœur de Gilberte, pas même vingt ans, lingère de son état.

André prend son métier à cœur, et contrairement à ce qui se passe en général n'accepte pas le laisser-aller, surtout dans les enquêtes de meurtres. La police scientifique et le travail du médecin-légiste n'ont que quelques années d'existence et André prend soin à ce que ses collègues ne viennent pas placer leurs gros sabots dans des traces éventuelles laissées par le ou les assassins.

 

Et des meurtres, la petite ville de Semur commence à les comptabiliser. Parfois ce ne sont que des accidents, mais quand même, il y a anguille sous roche, et les vendanges mortuaires sont fructueuses. Mais André est pugnace, intègre, inflexible, et elle entend mener ce qu'elle considère come sa mission pour découvrir l'identité du, ou des fauteurs de troubles. Elle trouvera en Léon Dubrueil, le cafetier local qui gère quelques jeunes filles dont la qualité est de réconforter les mâles en mal d'amour, un allié de circonstance auquel elle ne sait pas résister et lui prouvera qu'en plus d'être intelligent, il est un homme qui ne manque pas d'arguments. Mais elle sera également confrontée au géniteur de la petite Lucienne, et à d'autres individus malsains.

 

Patricia Rappeneau joue habilement sur le système narratif, rédigeant à la troisième personne son texte, mais employant la première personne lorsqu'André devient l'acteur, ou l'actrice principale, du récit.

Ce qui permet au lecteur de naviguer dans cette intrigue en connaissant certains faits, et de suivre les tâtonnements, les réflexions, les problèmes et les sentiments d'André. Un montage narratif qui met en phase le lecteur et le héros, l'héroïne, tout en suivant de façon concrète certains événements. Et de vibrer en compagnie d'André lors de scènes houleuses, dangereuses, ou sentimentales. Ainsi que ses relations, parfois ambigües avec ses collègues et son supérieur.

Patricia Rappeneau démontre une maîtrise impeccable dans son intrigue et sa narration et j'espère que nous retrouverons André dans de nouvelles enquêtes tout aussi passionnantes. Car André est un héros attachant, dans son double rôle d'homme-femme et dans ses démêlés sentimentaux et professionnels tout en assumant un rôle de mère.

Pourtant, Tout ce qu'ils méritent n'est pas une bluette, loin s'en faut. C'est un roman fort, âpre, puissant. Patricia Rappeneau dévoile les turpitudes existant dans une petite ville à l'abri des murs, des bois et des fossés. Et si l'histoire se déroule fin 1908, ceci se produit encore de nos jours.

Peut être commandé en version numérique à l'adresse ci-dessous :

Patricia RAPPENEAU : Tout ce qu'ils méritent. Collection Marge noire. Editions De Borée. Parution le 16 mars 2017. 288 pages. 19,90€. Version numérique 9,99€.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 05:43

L'étoile Jan Thirion ne pâlira pas...

Jan THIRION : La compil.

Accrochée au firmament littéraire depuis le 2 mars 2016, l'étoile Jan Thirion brille de mille feux, même si parfois quelques éclipses se produisent.

Et autour de cette étoile, gravitent de nombreux satellites, de petites lucioles constituées de romans, nouvelles et micro-fictions.

Les habitués des Lectures de l'Oncle Paul ont déjà pu découvrir certains textes, les autres ne manqueront pas de se précipiter sur cet ouvrage dans lequel Jan Thirion révèle tout son humour aigre-doux, son ironie, ses pieds-de-nez, et surtout sa tendresse, sa révolte aussi.

Au sommaire, quinze nouvelles qui mettent en valeur toute la palette de l'imaginaire de Jan Thirion, dans des scènes parfois empruntées au quotidien, mais agrémentées à la sauce Jan Thirion, c'est à dire un mélange savant de douceur, de fantaisie, de noirceur, d'érotisme, de poésie, le tout lié dans un style jubilatoire qui lui était propre.

Promenons-nous allègrement dans cet univers et découvrons quelques petites perles semées à l'usage d'un Petit Poucet qui veut voyager dans un univers onirique, parfois cauchemardesque, lumineux ou sombre, un parcours divers mais enchanteur. Ou pas.

 

Par exemple dans Le voyage à dos de cailloux, le narrateur suit une jeune fille qui veut échapper à son destin programmé dans un pays où les femmes ne sont que du bétail. Elle n'est pas la seule dans ses pérégrinations, mais le narrateur s'est focalisé sur elle. Il la suit dans son parcours de fugitive mais quel peut être son avenir ailleurs, dans un pays qui n'accepte les migrants que pour mieux les parquer, ou abuser de leur naïveté. Un leurre. Mais le narrateur ne joue-t-il pas sur ce leurre pour attiser la compassion ?

Une lecture à double entrée, car le narrateur, au lieu de suivre cette femme et ses compagnes dans leur fuite, pourrait être un journaliste ou un écrivain rédigeant un article loin des zones décrites, tranquillement installé dans son fauteuil. L'art de décrire sans se déplacer comme l'avait dénoncé Jean Yanne au début du film Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

 

Réussir une séparation est une histoire onirique, émouvante et effrayante à la fois. Un couple, Ma Princesse et Chéri, et leurs deux enfants. Au début tout allait bien entre Ma Princesse et Chéri, mais aujourd'hui, le regard n'est plus le même. Les relations non plus. La tension s'est installée entre eux deux et chacun fait comme si de rien n'était. Ils se préparent à partir, chacun emmenant un gosse dans un sac accroché au dos. Ils sont armés et se dirigent vers la ville haute, eux les habitants de la ville basse.

 

La grande sortie du dimanche met en scène Alias, réfugié avec son copain dans un immeuble délabré prêt à s'effondrer. Alias boit du vin, quitte à se perforer les entrailles, mais comme il n'y a plus guère de nourriture, il faut se contenter que ce qu'il y a. Il donne à boire aussi à des pigeons qui viennent sur le rebord de la fenêtre, principalement l'Empereur. Et comme tous les dimanches, Alias photographie les mouvements de cars dans la rue, la sortie du centre d'hébergement, les gens taiseux qui s'agglutinent dans les cars jaunes, les jeunes une peluche en bandoulière, heureux de vivre apparemment, dans un car vert. Et Alias photographie, comme tous les dimanches le départ vers ailleurs.

 

Dans la nuit, une pierre blanche, que fixe la narratrice. Elle se souvient de ses quatre ans, des nuits couchée dans la paillotte près de sa mère, son père veillant ou faisant semblant de dormir. De ses repas constitués d'insectes. De ce camp d'internement.

 

Quatre textes qui possèdent en points communs la fuite, la guerre civile, l'incarcération, l'exclusion, les enfants. Des textes forts, puissants, loin d'un marivaudage guilleret. Des textes ancrés dans une réalité qui se déroule, là-bas, dans des contrées que l'on ne connait pas, dont on a entendu parler, des exactions, des remises à niveau, la famine, la peur, la violence. Cela pourrait se dérouler hier, aujourd'hui ou demain, dans des pays qui ont pour nom exotique Corée, Cambodge, Somalie, Kosovo, Afrique du Sud...

Jan Thirion écrit (écrivait devrais-je dire mais ses textes sont toujours vivants même s'ils traitent de la mort) comme s'il expulse une obsession prégnante afin d'atteindre la sérénité, apportant un témoignage qui se veut l'espérance d'une vie meilleure en dénonçant des actes de barbarie. Pour autant Jan Thirion ne se délecte pas de la violence qui peut se dégager de ses nouvelles, il la dévoile pudiquement, il la suggère, il l'enrobe d'un humanisme non feint.

 

Sommaire :

Le voyage à dos de cailloux

L'enfant couché à l'aller, au retour

Lac noir

Les échassiers

Réussir une séparation

Salon du livre et du reptile

La grande sortie du dimanche

Une signature héroïque

Schizo

Dans la nuit une pierre blanche

10 rounds

Flash mortel

Plume de sang

Moi, gorille, auxiliaire de vie

La grande déculottée

 

Quelques nouvelles publiées chez Ska et reprises dans cet opus :

Et pour commander cet ouvrage, une seule adresse :

Jan THIRION : La compil. Nouvelles. Collection Noire Soeur. Editions SKA. Parution avril 2017. 410 pages. 6,99€.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 08:57

Comme les candidats à l'élection présidentielle ?

Dick FRANCIS : A couteaux tirés

Le jeune réalisateur, Thomas Lyon, en tournage à Newmarket, la Mecque anglaise des courses hippiques, rend visite à son vieil ami Valentine, un ancien maréchal-ferrant atteint d’un cancer. Valentine vit avec sa sœur Dorothea. Il s’accuse d’avoir tué le « môme de Cornouailles » et déclare qu’il a confié le couteau à Derry. Lyon pense que le moribond délire. Valentine décédé, Paul, le fils de Dorothea, veut s’approprier les livres et dossiers que le vieil homme a légués au réalisateur.

Lyon continue le tournage du film, modifiant le scénario malgré Howard, le scénariste et romancier réputé. Il s’agit de la transposition d’un fait divers vieux de vingt-six ans. Un jeune entraîneur, Jackson Wells, a été soupçonné de la mort de Sonia, sa femme, retrouvée pendue. Thèse retenue, le suicide. Selon des rumeurs il couchait avec sa belle-sœur plus âgée. Sa culpabilité n’a pas été prouvée mais sa carrière en a pâtit.

Un entrefilet parait dans un journal à scandales et accuse Lyon de tous les maux. Howard avoue s’être laissé aller à des confidences mal interprétées auprès d’Alison, la nièce de Sonia, et qu’elle est à l’origine de l’article diffamatoire. L’esprit de corps prévaut. Nash, la vedette masculine du film, O’Hara, le producteur et Lyon se serrent les coudes et le tournage peut continuer. Pour Jackson, le livre et le film ne sont qu’histoire ancienne. L’entraîneur est remarié et a une fille de dix-huit ans, Lucy. Lyon les invite à participer au tournage.

Dorothea est agressée et laissée entre la vie et la mort. La maison est sens dessus dessous et les livres ont disparu. La doublure de Nash reçoit un coup de couteau. Lyon poursuit l’individu qui perd son arme. Le cinéaste la récupère et la remet aux policiers. Des messages anonymes invitent Lyon à arrêter le tournage sous peine de mort. Dorothea est soignée à l’hôpital et malgré Paul, un homme, imbu de lui-même, Lyon lui rend visite. Elle lui apprend que les livres ont été confiés à un jeune garagiste du voisinage.

Alison, Rodbury son frère, qui ont tous deux à peu près l’âge qu’aurait eu Sonia, et Audrey, leur mère dont le mari a vu sa carrière politique suspendue suite au scandale Jackson, viennent sur le tournage malgré leur aversion pour la version filmée du drame familial. Malgré les gilets rembourrés que Lyon a enfilés et les précautions prises, il est blessé d’un coup de couteau. Il est soigné par le docteur Gill, le médecin de Valentine et Dorothea. Paul apercevant l’arme blêmit.

Lyon récupère son héritage et demande à Lucy de l’aider à classer les documents. Le toubib lui annonce qu’un des spécialistes en armes blanches se nomme Derry et que Paul a été assassiné. Derry, quoique réticent, montre à Lyon sa collection d’armes dont une, forgée par Valentine. Il glisse dans la conversation que l’impuissance et de l’autoérotisme intéressaient fort le vieil homme.

Bien que la toile de fond des ouvrages de Dick Francis soit toujours les chevaux et les courses hippiques, les intrigues sont à chaque fois soignées et différentes.

L’on ne peut reprocher à l’auteur d’utiliser ce qu’il connaît bien et il apporte régulièrement une trouvaille, des situations nouvelles qui ne manquent ni de charme, ni de piquant.

Le monde du cinéma et de l’hippisme est décrit avec finesse et justesse, du moins pour l’amateur. Quant au mobile du drame qui s’était déroulé vingt six ans auparavant, il coupe… le souffle.

 

Réédition Grands Détectives N°2983. Editions 10/18. Parution septembre 1998. 322 pages.

Réédition Grands Détectives N°2983. Editions 10/18. Parution septembre 1998. 322 pages.

Dick FRANCIS : A couteaux tirés (Wild Horses - 1975. Traduction d'Evelyne Châtelain). Collection Suspense. Editions Calmann-Lévy. Parution avril 1996. 322 pages.

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 05:01

Aventures dans les mers du Sud...

Robert-Louis STEVENSON : Ceux de Falesa

Surtout connu pour son roman L'île au trésor (1883), pour sa nouvelle L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) et pour son récit Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879), Robert-Louis Stevenson fut comme Jack London un grand voyageur, mais ce n'est pas le seul lien qui les unit.

Ils sont décédés tous deux prématurément, Stevenson à 44 ans, London à 40 ans, et tous deux écrivirent des articles journalistiques qui rencontrèrent le succès, dans lesquels les deux écrivains narraient leurs expériences personnelles et mettaient en scène des histoires ayant la mer pour décor.

Moins connu que les précédentes œuvres citées, Ceux de Falesa fait partie d'un recueil de trois nouvelles intitulé Les Veillées des îles, initialement paru en 1893. Or Ceux de Falesa est ici restitué dans son intégralité, dans sa forme originelle, car ce texte n'eut pas l'heur de plaire pour des raisons que l'on qualifierait aujourd'hui de politiquement incorrectes. En effet, et Michel Le Bris l'explique longuement dans sa présentation, Ceux de Falesa fut honteusement tronqué, modifié, mais l'époque ne se prêtait pas non plus à la modernité de ton et d'écriture de Stevenson.

Les propos tenus et les actions de Wiltshire, le narrateur, ne plaisant pas à l'Angleterre puritaine dirigée par l'inamovible Reine Victoria. Ou du moins c'est l'interprétation qu'invoquent les amis et conseillers littéraires de Stevenson.

Devant reprendre le comptoir délaissé par son prédécesseur parti précipitamment, Wiltshire à son arrivée à Falesa est accueilli par Case, Black Jack et le vieux capitaine Randall. Il doit troquer des marchandises contre le copra, denrée fort recherchée en Europe.

Le premier conseil que donne Case à Wiltshire est de trouver une femme et de lui en présenter dans la foulée. Beaucoup de prétendantes sont agglutinées autour d'eux, mais le choix de Wiltshire, encouragé par Case, se porte sur une jeune fille, dont la morphologie diffère quelque peu des autres postulantes. Alors qu'elles sont potelées, Uma est une maigrichonne au regard étrange, espiègle et voilé. Un accord est rapidement conclu et le mariage peut alors se dérouler selon un rite guère catholique.

Il s'agit d'un mariage qui compte pour du beurre et Black Jack sert d'aumônier, et à l'issue de la cérémonie un certificat leur est remis, rédigé en ces quelques lignes.

Il est certifié qu'Uma, fille de Faavao, de l'île de Falesa de l'archipel des..., est illégalement mariée à M. John Wiltshire, pour une nuit, et que M. John Wiltshire peut à sa guise l'envoyer au diable le lendemain matin. Signé...

Mais Wiltshire est tombé amoureux au premier coup d'œil d'Uma, un véritable coup de foudre, partagé semble-t-il. Et il pense être intégré à la communauté, sauf que les clients ne se pressent pas à son comptoir. Personne ne daigne franchir la porte, et troquer du copra contre les marchandises qui attendent dans l'arrière boutique.

Pourtant les autochtones s'installent devant son magasin, des gamins également, des adultes qui les regardent sans parler, ou entre eux en catimini. Il est tabou ! Ce qui l'inquiète et il sent qu'un coup fourré a été préparé à son insu.

 

Stevenson dénonce l'hypocrisie et le colonialisme, surtout celui exercé par les missionnaires. Et ce n'est pas uniquement ce mariage factice qui a pu choquer les puritains en cette fin de XIXe siècle.

Le certificat de mariage est remis à Uma qui le garde précieusement par devers elle. Pourtant :

On aurait honte pour bien moins. Mais telle était la coutume dans cette partie du monde et, ainsi que je me le dis, la faute n'était nullement la nôtre, à nous les hommes blancs, mais bien celle des missionnaires. S'ils avaient laissé les indigènes vivre leur vie, jamais cette mascarade n'aurait été nécessaire, j'aurais pu prendre toutes les femmes que je voulais et les abandonner à loisir, la conscience nette.

Stevenson, par la voix de Wiltshire, le narrateur, regrette toute cette hypocrisie dans les relations entre les canaques et les blancs, ceux qui viennent apporter leur loi, et surtout l'imposer.

Il faut d'abord que je vous dise que je n'approuve pas du tout les missions, repris-je. M'est avis que vous et vos pareils ne faites que du mal, en bourrant le crâne des indigènes avec des contes de bonnes femmes, tout en jouant les importants.

Wiltshire n'est pas un saint, loin s'en faut, pour autant il est moins pire que ses commensaux.

Et bien des racistes aujourd'hui devraient méditer cette phrase :

Nous arrivions en vue de la maison des trois hommes blancs, car un Nègre, là-bas, compte comme un Blanc - et un Jaune pareil, d'ailleurs ! Une idée singulière, mais commune dans les îles.

 

Mais Stevenson ne rédige pas un réquisitoire, il construit une histoire solide, le problème d'un négociant pour s'implanter sur une île déjà sous la coupe d'autres individus, sur les relations qui peuvent se construire ou non simplement à cause du négoce et des bénéfices qui peuvent en résulter. Il ne s'agit pas d'une histoire d'amour comme une autre puisque construite sur un malentendu, mais de démontrer que les lois édictées par un pays, mises en pratique dans un pays ne peuvent pas forcément être intégrées dans un autre qui possède déjà ses coutumes millénaires. Et par essence, c'est aussi un roman d'aventures !

 

Deux nouvelles complètent ce recueil : Le pauvre John Wiltshire à propos de la situation, qui est inédite, et dans laquelle on retrouve le narrateur de Ceux de Falesa se plaignant de la façon de procéder du Haut Commissaire Sir John Bates Thurston, qui est le Principal Officier Consulaire Britannique en Fonction aux Samoa, et notamment d'une ordonnance dite Ordonnance contre la Sédition de 1892. Il écrit à un journal analysant le mot de sédition.

Mari et femme est le texte paru dans le Sun le 10 novembre 1891, corrigé sur épreuves par Stevenson, et non celui paru ultérieurement dans le volume Dans les mers du Sud, qui avait été spolié.

 

Edition de 1994.

Edition de 1994.

Robert-Louis STEVENSON : Ceux de Falesa (The Beach of Falesa, 1892). Edition établie et présentée par Michel Le Bris. Collection La Petite Vermillon N°28. Editions de La Table Ronde. Parution 19 mai 2016. 240 pages. 7,10€.

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 04:56

A la pêche aux moules, moules, moules...

Daniel CARIO : Trois femmes en noir.

C'est ce que pourrait chanter Chim, s'il n'était autant perturbé par sa découverte sur l'estran, et s'il n'était allé ramasser des palourdes. Il a remonté vite fait la falaise et il rentre chez lui, assez vite mais pas trop pour ne pas se faire remarquer, en marmonnant, geignant, traînant la jambe s'étant foulé la cheville dans sa précipitation à escalader les rochers. Et comme il habite non loin de la gendarmerie, il préfère se réfugier dans un bosquet.

Ce que fuit Chim, abréviation de Joachim, en ce mois de mai 1990, c'est juste un cadavre de jeune femme dont les dessous ont été retroussés. Et ce n'est pas parce qu'elle fut révolutionnaire, qu'elle est sans culotte, mais parce qu'elle a été violée. Guitte et Fanch, deux vieilles pêcheuses de palourdes parties elles-aussi à la cueillette, s'en rendent compte immédiatement et tandis que l'une reste à garder la morte, dès fois qu'il lui prendrait l'envie de décamper, l'autre prévient immédiatement la gendarmerie représentée par l'adjudant Derval.

Près de la défunte, repose le matériel de pêche de Chim, ce qui n'incrimine pas forcément le grand adolescent simplet de vingt-cinq ans qui serait incapable de faire du mal à qui que ce soit, pas même à une mouche. Près du cadavre, une croix a été tracée dans le sable, et des galets ont été posés comme pour écrire un nom, ou ce qui y ressemble. Un L, un O puis un U, l'esquisse d'un I et elle tient encore dans sa main un autre caillou n'ayant pas eu le temps de terminer son inscription.

La victime se nomme Eugénie, une gamine un peu bizarre selon les dires, qui avait des courants d'air dans le clocher, ce qui ne l'empêchait pas de travailler au musée de la Compagnie des Indes, installé dans la Citadelle, au ménage et parfois comme guide. Elle était attirée par toutes les beautés que le musée recèle, notamment une sculpture en buste de la reine Li.

Chim et Eugénie étaient souvent ensemble, main dans la main, deux gamins perturbés dans un monde d'adultes. Et pour tous les habitants de Port-Louis, port de pêche calé dans la rade de Lorient, Chim ne peut être l'agresseur. Simplet mais pas agressif et surtout trop respectueux d'Eugénie, son amie Eugénie.

L'inscription dans le sable pourrait correspondre au prénom Louis, un nom propre commun dans la région, mais la croix amène à penser qu'il pourrait s'agir d'un bateau, plus précisément le Saint-Louis. Or à bord du Saint-Louis, parti comme les autres navires pêcher, le patron et ses deux marins se prénomment Louis. Loeiz, Lili et P'tit Louis. L'un des trois serait-il le violeur, ou les trois, allez savoir.

Les gendarmes, Derval en tête, font leur enquête auprès des trois femmes de marin. Mauricette, la mère de Loeiz, une veuve, Rozenn, la femme de Lili qui tient un bar et Lucie, la jeune sœur de P'tit Louis ne se laissent pas abattre. Seulement, Rozenn, qui d'habitude est en communication radio avec le Saint-Louis ne parvient pas à établir de liaison avec le chalutier. Le Saint-Louis ne répond pas. Et ne rentre pas au port tandis que les autres bâtiments de pêche regagnent le havre leurs filets de pleins de poisson. Personne n'a vu, ni de près ni de loin le Saint-Louis.

Toutes les suppositions, même les plus folles, sont avancées. Et si le Saint-Louis s'était réfugié dans un autre pays, échappant aux recherches ? Mauricette, Rozenn et Lucie ne veulent pas baisser les bras. Cependant dans la commune les langues commencent à se délier. Des rumeurs traînent, alimentées par un ivrogne, Donias, qui insinue, sans preuve, des allégations de son cru, désobligeantes, méchantes, ressassant une vieille affaire au cours de laquelle il a joué un rôle infect.

 

Plus qu'un roman policier, Trois femmes en noir est une étude de mœurs. Colportages de rumeurs, déductions hâtives, conclusions erronées, malveillance, méchanceté, jalousie, s'enfilent comme le vent d'hiver dans les ruelles et ne sont guère faciles à canaliser.

Le combat de trois femmes contre l'adversité, contre les insinuations malsaines, afin de préserver l'honneur de leur fils, mari ou frère, assertions qui pourraient également leur porter préjudice dans leur vie quotidienne et rejaillir sur leur notoriété, leur probité, leur renom et pourquoi pas sur d'autres représentants d'une profession déjà malmenée.

L'enquête se déroule dans une ambiance délétère, parfois confinant au sordide, mais l'épilogue est bien amené.

Le lecteur peut se sentir en empathie envers les trois femmes, mais également envers Chim le simplet qui se trouve frappé de plein fouet non seulement par l'accusation de meurtre parce qu'il pense que tout le monde le croit coupable, mais aussi par la mort de celle qui fut son amie en toute candeur. Par ricochet, la sympathie se transpose également sur Eugénie, victime innocente des pulsions d'un individu dont on ne connaîtra qu'à la fin l'identité mais qui est évoqué toutefois dans le roman. Et le lecteur ne pourra que s'indigner quand Donias jette ses insinuations à la cantonade, comme ça, l'air de rien, sachant que ses paroles sont comme autant de coups de poignard dans le dos.

Daniel Cario sait préserver le suspense, ne dévoilant le coupable que lorsque l'enquête touche à sa fin.

Un univers et des petites gens qui n'auraient pas déplu à Simenon et à son commissaire Maigret.

 

Daniel CARIO : Trois femmes en noir. Collection Terres de France. Editions Presses de la Cité. Parution 16 mars 2017. 432 pages. 20,0€.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 12:40

Bon anniversaire à Bill Pronzini, né le 13 avril 1943.

Bill PRONZINI : Longue est la nuit.

La passion de Nick Hendrickx, ce sont les grandes balades solitaires et nocturnes à bord d’une automobile. Et cela lui permet, non pas d’oublier sa douleur, mais de la canaliser pour un certain temps.

Il pense sans cesse à Annalisa, sa femme, qui renversée par un chauffard à Denver, oscille depuis entre la vie et la mort.

Muni d’une photo, un portrait robot qu’il a fait plastifier pour ne pas trop l’esquinter, il est recherche l’homme qui a brisé sa vie.

Il pense le reconnaître lorsqu’il croise Cam, directeur d’une entreprise prospère, marié et père de deux charmantes gamines, qui est taraudé par un souvenir d’enfance. Nick peaufine sa vengeance, il attend la date propice.

 

Créateur du célèbre Nameless dans les années soixante-dix, Bill Pronzini nous livre un roman haletant, angoissant démontant avec brio les problèmes psychologiques de Nick et de Cam.

Les cauchemars qui les hantent se dessinent peu à peu, prennent corps, prêts à éclater comme des bulles de chewing-gum.

L’épilogue, apocalyptique, est une fin ouverte et permettra à l’un des protagonistes de trouver enfin la paix.

 

Bill PRONZINI : Longue est la nuit. Traduction de Paul Couturiau. Collection Thriller. Editions du Rocher. Parution 31 mars 2002. 236 pages. 19,30€.

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 05:39

Un doudou, c'est sacré !

Couverture et illustrations intérieures de Godo.

Couverture et illustrations intérieures de Godo.

Muté auprès du Service Sécurisation et Bien-être du Président, notre ami Gustave Flicman, déjà héros malgré lui de trois précédentes aventures, est le témoin d'un incident auquel apparemment lui seul assiste, ses collègues chaussés de lunettes noires regardant ailleurs.

Gustave a bénéficié d'une promotion après avoir sauvé la Grosse Cité d'un péril décrit précédemment, et en ce moment, costume noir et lunettes idem, il doit assurer la sécurité d'un visiteur : le PDG du Pépettochistan accompagné de son gamin, turbulent comme il se doit. Affublé de vêtements hétéroclites, le gamin porte en bandoulière un serpent. Horreur, malheur... Vérification faite, il s'agit d'une peluche. Ouf, on a eu chaud, pense Gustave qui admire la voûte.

Une sorte de yéti, un animal à fourrure grise vêtu d'une culotte de peau et armé d'une masse (examinez la couverture) s'introduit dans la salle par une fenêtre du plafond. Une véritable tornade qui déboule, s'empare de la peluche sacrée du pacha-héritier, et pfouittt (ou bruit similaire) l'espèce d'animal se fait la malle.

Gustave Flicman est tout autant embêté que gêné, car lorsqu'il raconte la scène à laquelle il a assisté, il dit tout ou presque. Le commissaire Velu, son ancien supérieur, l'encourage fortement à continuer d'assurer sa mission au Service Sécurité et Bien-être, l'avenir du pays en dépend. En effet le Pépettochistan, et son PDG, Pacha Directeur Général anciennement Pacha Dictateur Général, est le principal fournisseur en énergie, et si le fiston ne récupère pas sa peluche, les conséquences seront terribles.

Alors Gustave poussé par sa conscience, un peu, et le Supérieur Inconnu qui dirige la BRO, Brigade de Répression de l'Onirisme, beaucoup, se met à la recherche du Yéti et de la peluche qu'il a glissée sous une bretelle de sa culotte de peau, à bord d'un tracteur urbain, 4X4 équipé d'un système de conduite assistée parlante.

C'est à ce moment, mais cela aurait pu être à un autre mais c'est maintenant, que se manifestent le Professeur B. et son assistante la jeune Loligoth en s'installant dans son véhicule de fonction. Et voilà Gustave entraîné à son esprit défendant, et à son corps aussi, à la lisière du Pays d'Onirie et de la normalité, à la recherche du Yéti, qui se présente spontanément à lui accompagné du Lutin aux pieds de fromages (humez cette odeur !) appelé aussi le Troll.

Les péripéties vont s'enchaîner en cascades, Gustave Flicman n'a pas le temps de souffler, le lecteur non plus, et les rencontres imprévues vont se succéder, se catapulter, se métamorphoser, comme dans un rêve, sauf que pour Gustave il s'agit bien d'une réalité, attraper la queue du Mickey dans ce cirque effréné. Quand je dis la queue du Mickey, il s'agit bien entendu du serpent à poil, le doudou du Pacha-junior.

La route est belle, sur le papier, car les impondérables que vont rencontrer Gustave Flicman et le duo, le Yéti et le Troll, qui s'entendent comme larrons en foire, les entraînent dans un voyage périlleux semé d'embûches, qui ne sont pas de Noël.

 

Le péril Groumf est la quatrième aventure de Gustave Flicman, le jeune policier qui parfois philosophe sans s'en rendre compte, ou alors si, mais il ne l'avoue pas de peur d'être pris pour celui qu'il n'est pas.

Evidemment, quand on voit ce à quoi la croyance des adultes a donné vie, on devine ce qui nous attend avec celle des enfants...

Un univers dédié aux enfants, dans lequel l'adulte a du mal à trouver sa place, sauf s'il a gardé, préservé, l'innocence qu'il n'aurait jamais dû perdre. Et ce n'est pas en se rendant aux objets trouvés qu'on peut la récupérer cette innocence, cette candeur, cette ingénuité qui manque tant aux adultes, mais en cultivant tout jeune et même avant cette forme d'esprit qui permet d'accepter tout et son contraire sans pour autant se montrer naïf.

L'on ne peut s'empêcher de songer à Lewis Carroll et à son Alice au Pays des Merveilles, une dégringolade horizontale dans un univers décalé, déjanté, désaxé, abracadabrantesque, féérique, merveilleusement incorrect (j'ai emprunté la citation car je l'aime bien, quoiqu'elle ne soit pas de moi) et onirique.

Si ce roman est destiné à des enfants, d'après l'éditeur de 6 à 9 ans, les adolescents de 10 à 110 ans pourront se délecter à cette lecture, et je doute personnellement que l'auteur, à vérifier auprès de ses papiers d'identité, soit encore un enfant et pourtant il s'amuse comme un petit gamin à décrire, à écrire, à rédiger, à délivrer ces récits farfelus, loufoques, mais qui font du bien en nous changeant d'une réalité morose.

 

Renaud MARHIC : Le péril Groumf. Les Lutins urbains N°4. Roman Jeunesse. Editions P'tit Louis. Parution le 22 mars 2017. 200 pages. 9,00€.

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