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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 09:48

Instinct basique comme celui de nos

hommes politiques ?

Richard OSBORNE : Basic Instinct

Ex-chanteur de Rock, propriétaire de club et élément majeur dans l'entourage du maire de San Francisco, Johnny Boz est retrouvé assassiné d'une douzaine de coups de pic à glace.

Il a été aperçu la veille en compagnie de Catherine Tramell, romancière à succès. Nick Curran, son équipier Gus Morran et le lieutenant Walker sont persuadés de la culpabilité de celle-ci, conviction étayée lorsque Curran découvre que le meurtre de Boz a été conçu selon un processus décrit dans le dernier roman de Catherine. Celle-ci nie être la meurtrière et propose même de passer un test devant le détecteur de mensonges. Test négatif pour la romancière, qui s'adonne aux plaisirs prohibés par jeu, par provocation, et avoue s'ériger comme une professionnelle du mensonge.

Entre Curran et Catherine s'établissent des rapports malsains. Ils sont tout à la fois attirés l'un par l'autre et en même temps se dressent en adversaires. Catherine n'a eu des relations sexuelles avec Boz que parce qu'elle aime ça et non par amour. Auparavant elle était liée avec Marty, un boxeur, qui s'est fait descendre sur un ring.

Curran vit avec le souvenir de deux touristes qu'il a abattu à la suite d'une bavure. Beth Gardner, la psychologue de la police avec qui il a couché au cours de sa thérapie, a essayé de lui effacer son obsession. Il s'est arrêté de boire, de fumer, de se droguer mais au contact de Catherine il retombe dans ses travers. Beth Gardner a connu la romancière une dizaine d'années auparavant, alors qu'elles suivaient les cours de psychologie à l'université de Berkeley. A cette époque, leur professeur a été retrouvé assassiné à coups de pic à glace.

Si Catherine admet s'être inspirée de cette histoire pour écrire un de ses livres, elle traine derrière elle comme un maléfice. Les personnes qu'elle côtoie, professeur, parents, amants décèdent dans de mystérieuses conditions. Catherine connait les antécédents de Curran et en joue comme avec une allumette. Furieux il comprend que seule Beth a pu divulguer les renseignements. Elle avoue avoir permis à Nielsen, un agent de l'Inspection Générale, de compulser son dossier. S'ensuit une algarade entre le bœuf-carotte et Curren, en présence de leurs collègues. Le lendemain Nielsen est retrouvé mort, abattu d'une balle provenant d'une arme officielle de la police. Les soupçons se portent sur Curren mais ne peuvent être étayés.

Il est mis en congé d'office mais continue malgré tout son enquête. Catherine avec qui il copule furieusement lui parle d'une étudiante, Lisa Hoberman qui l'a perturbée durant sa dernière année universitaire.

 

Entre Nick Curren, le policier qui n'est pas encore désabusé au contraire de son équipier, plus âgé il est vrai, et Catherine Tramell, une romancière qui puise son inspiration d'après des faits divers authentiques ou provoqués, s'engage une partie de chat et de la souris.

Mais ce n'est pas toujours le policier qui mène la danse. Il est fasciné par la jeune femme et peu à peu doute de ses premières conclusions. Catherine Tramell elle aussi est fascinée par le policier mais maitrise cyniquement son attirance et joue un jeu dangereux.

Son personnage est complexe et s'auréole de mystère. Est-elle une véritable meurtrière? Au lecteur de l'imaginer. Tout l'intérêt de cette intrigue réside dans l'étude psychologique des personnages et dans la dualité aversion/attirance qui anime leurs rapports.

Ce roman est l'adaptation du film éponyme de Paul Verhoeven, sorti en 1992, avec dans les rôles principaux Michael Douglas et Sharon Stone.

Richard OSBORNE : Basic Instinct (BASIC INSTINCT - 1992). D'après un scénario de Joe Eszterhas. Trad. de l'américain par Gilles Bergal. Collection Pocket Thriller. Editions Presses-Pocket. N°4066. 188 pages. 1992

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 13:59

C'est une bonne question, merci de l'avoir posée !

Léon VALBERT : Crimes ou suicides ?

Grâce aux conclusions pertinentes du docteur Harifax, médecin légiste, l'inspecteur Bergougnasse boucle en moins de temps qu'ii m'en faut pour écrire cette phrase l'enquête qui lui a été dévolue.

Cette affaire à peine résolue, le commissaire Galinacci lui en confie une autre : la femme du morticole a été retrouvée morte. En dépit de sa douleur, Harifax tient à autopsier lui-même la défunte.

Lorsqu'ils se sont mariés, elle n'avait que vingt ans à peine et lui quarante. Ils s'étaient connus à l'Ecole de Droit alors qu'elle suivait les cours de législation médicale qu'il dispensait. Un véritable roman d'amour qui s' achève tragiquement.

Rien ne prédisposait toutefois à penser qu'un tel drame put arriver. Des traces de piqûres hypodermiques dans la cuisse et sous l'omoplate autorisent deux hypothèses : le crime ou le suicide. Or la seconde piqûre n'aurait pu être faite par la défunte seule. A moins qu'ii s'agisse d'une erreur accidentelle. Ce qui étonne le juge.

Mais le toubib a réponse à tout : Il faut toujours compter avec le hasard... ou la fatalité. Un deuxième cadavre est découvert dans les mêmes conditions, celui du chauffeur d'Harifax. L'homme était un Russe émigré et Bergougnasse demande à son ami l'agent Froc de la brigade politique de se documenter parmi les compatriotes du mort. L'un d'eux a poursuivi de ses assiduités la femme d'Harifax mais il proteste de son innocence dans les deux crimes qui lui sont imputés.

La femme de chambre se présente auprès du juge. Elle déclare avoir trouvé dans le tiroir d'un secrétaire des lettres prouvant l'infortune conjugale du médecin légiste. Bergougnasse et Galinacci ne sont point convaincus par l'inculpation du slave. Bergougnasse imagine donc un stratagème dans lequel tombe tête baissée l'assassin, Harifax lui-même. lequel n'en était pas à ses premiers meurtres. Tout petit déjà il s'ingéniait à faire accuser ses condisciples pour des fautes qu'ils n'avaient pas commises.

 

crimes ou suicides ? Disons-le tout net : dès le départ le lecteur se doute qu'il s'agit bien de crimes que Bergougnasse va devoir résoudre. Et l'entêtement du toubib à pratiquer les autopsies malgré sa douleur est trop sincère pour être honnête. Dès lors le lecteur n'a plus qu'à se laisser porter par les circonlocutions et circonvolutions verbales, dialectiques et ampoulées des protagonistes.

Mais est-ce bien là le moyen employé pour introduire un liquide virulent dans le torrent circulatoire ?

se demande Harifax au cours des explications fournies aux policiers lors de l'autopsie de sa femme.

Et afin de démontrer le sérieux de son roman, Léon Valbert n'hésite pas à citer, outre les références empruntées aux communications faites à l'Académie des sciences, une tirade du Roméo et Juliette de Shakespeare. C'est beau la culture.

Et voilà comment, conclut le détective, en rallumant sa pipe qui s'était éteinte au cours de ce récit... voilà comment, mon vieux Froc-Froc, j'ai reconstitué pour ton édification personnelle, l'histoire complète et authentique, du médecin légiste fou et assassin. Tu avoueras, ajouta t-il, qu'elle dégote de loin les romans policiers les mieux charpentés.

Avis tout à fait personnel que le scripteur de cette notule ne partage pas. Des histoires mieux charpentées il en a lu plus d'une, écrites avant et après que Léon Valbert ait pondu sa prose qui ne restera pas dans les souvenirs.

 

A propos de Léon Valbert.

pseudonyme d'Albert Léon Vavasseur né le 27 mai 1867 - 1947, auteur, journaliste, chroniqueur. Pseudonymes: Léon Valbert, Paméla, Bobèche. Il a collaboré avec Rodolphe Bringer et Albert Verse. Pour plus de renseignements vous reporter aux liens ci-dessous.

Léon VALBERT : Crimes ou suicides ? Editions André Bonne. Parution octobre 1945. 32 pages.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 08:57

Comme les candidats à l'élection présidentielle ?

Dick FRANCIS : A couteaux tirés

Le jeune réalisateur, Thomas Lyon, en tournage à Newmarket, la Mecque anglaise des courses hippiques, rend visite à son vieil ami Valentine, un ancien maréchal-ferrant atteint d’un cancer. Valentine vit avec sa sœur Dorothea. Il s’accuse d’avoir tué le « môme de Cornouailles » et déclare qu’il a confié le couteau à Derry. Lyon pense que le moribond délire. Valentine décédé, Paul, le fils de Dorothea, veut s’approprier les livres et dossiers que le vieil homme a légués au réalisateur.

Lyon continue le tournage du film, modifiant le scénario malgré Howard, le scénariste et romancier réputé. Il s’agit de la transposition d’un fait divers vieux de vingt-six ans. Un jeune entraîneur, Jackson Wells, a été soupçonné de la mort de Sonia, sa femme, retrouvée pendue. Thèse retenue, le suicide. Selon des rumeurs il couchait avec sa belle-sœur plus âgée. Sa culpabilité n’a pas été prouvée mais sa carrière en a pâtit.

Un entrefilet parait dans un journal à scandales et accuse Lyon de tous les maux. Howard avoue s’être laissé aller à des confidences mal interprétées auprès d’Alison, la nièce de Sonia, et qu’elle est à l’origine de l’article diffamatoire. L’esprit de corps prévaut. Nash, la vedette masculine du film, O’Hara, le producteur et Lyon se serrent les coudes et le tournage peut continuer. Pour Jackson, le livre et le film ne sont qu’histoire ancienne. L’entraîneur est remarié et a une fille de dix-huit ans, Lucy. Lyon les invite à participer au tournage.

Dorothea est agressée et laissée entre la vie et la mort. La maison est sens dessus dessous et les livres ont disparu. La doublure de Nash reçoit un coup de couteau. Lyon poursuit l’individu qui perd son arme. Le cinéaste la récupère et la remet aux policiers. Des messages anonymes invitent Lyon à arrêter le tournage sous peine de mort. Dorothea est soignée à l’hôpital et malgré Paul, un homme, imbu de lui-même, Lyon lui rend visite. Elle lui apprend que les livres ont été confiés à un jeune garagiste du voisinage.

Alison, Rodbury son frère, qui ont tous deux à peu près l’âge qu’aurait eu Sonia, et Audrey, leur mère dont le mari a vu sa carrière politique suspendue suite au scandale Jackson, viennent sur le tournage malgré leur aversion pour la version filmée du drame familial. Malgré les gilets rembourrés que Lyon a enfilés et les précautions prises, il est blessé d’un coup de couteau. Il est soigné par le docteur Gill, le médecin de Valentine et Dorothea. Paul apercevant l’arme blêmit.

Lyon récupère son héritage et demande à Lucy de l’aider à classer les documents. Le toubib lui annonce qu’un des spécialistes en armes blanches se nomme Derry et que Paul a été assassiné. Derry, quoique réticent, montre à Lyon sa collection d’armes dont une, forgée par Valentine. Il glisse dans la conversation que l’impuissance et de l’autoérotisme intéressaient fort le vieil homme.

Bien que la toile de fond des ouvrages de Dick Francis soit toujours les chevaux et les courses hippiques, les intrigues sont à chaque fois soignées et différentes.

L’on ne peut reprocher à l’auteur d’utiliser ce qu’il connaît bien et il apporte régulièrement une trouvaille, des situations nouvelles qui ne manquent ni de charme, ni de piquant.

Le monde du cinéma et de l’hippisme est décrit avec finesse et justesse, du moins pour l’amateur. Quant au mobile du drame qui s’était déroulé vingt six ans auparavant, il coupe… le souffle.

 

Réédition Grands Détectives N°2983. Editions 10/18. Parution septembre 1998. 322 pages.

Réédition Grands Détectives N°2983. Editions 10/18. Parution septembre 1998. 322 pages.

Dick FRANCIS : A couteaux tirés (Wild Horses - 1975. Traduction d'Evelyne Châtelain). Collection Suspense. Editions Calmann-Lévy. Parution avril 1996. 322 pages.

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:07

Bon anniversaire à Alfred Eibel, né le 5 avril 1932.

Alfred EIBEL : Jean-Bernard Pouy ou Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Jean-Bernard Pouy sans oser le demander.

Auteur ironique, iconoclaste, sarcastique, oulipoupien, Jean-Bernard Pouy s'est imposé dans le paysage polardien en quelques titres devenus, sinon des classiques, du moins des textes recherchés par bon nombre de fans.

Révélé par la bande dans le roman Very Nice paru chez Albin Michel dans la défunte collection Sanguine, grâce à la pertinence de Patrick Mosconi, et qui contenait deux œuvres, l'une due à Patrick Raynal, La clef de seize, l'autre étant Spinoza encule Hegel, titre prémonitoire sur les relations privilégiées de J.-B. avec toute une cohorte d'écrivains se réclamant de mai 68. Pouy atteindra la notoriété avec son deuxième roman, édité à la Série Noire : Nous avons brûlé une sainte.

Pouy, découvreur ou promoteur de talents, Pennac, Syreigeol, Benacquista, Dantec, Thiébaut, Pavlof, Fonteneau... s'est également investi en aidant de petites maisons d'éditions telles que l'Atalante, Clé, La Loupiote ou encore Baleine, créant le personnage récurrent et multi-auteur du Poulpe.

On connaît la partie immergée de Pouy et grâce à Alfred Eibel, on peut maintenant en apprécier la profondeur. Modeste, Pouy prétend qu'il ne se prend pas comme un écrivain, mais plutôt comme un auteur. Ce qui n'enlève rien, au contraire à son talent.

Pouy travaille dans la spontanéité de l'écriture, tout en jouant, tout en se lançant des défis, que les lecteurs ne comprennent pas toujours, privilégiant le fond à la forme. Défis singuliers pour un personnage pince sans rire qui ne l'est pas moins.

Outre l'entretien qu'il accorde à Alfred Eibel, Pouy nous parle du roman noir, de la vie, de ses coups de cœur, de ses agacements, en petites phrases choc, coups de poing assenés avec humour.

Pouy aimerait animer une émission de deux à trois minutes à la télévision, une rubrique parlant de tout et de rien. Pourquoi pas un nouveau Mr Cyclopède ? Il en possède le talent et le rire grinçant.

Un florilège de critiques parues dans différents médias et concernant ses romans étayent ce côté non dithyrambique qu'il cultive, reconnaissant ses erreurs ou ses faiblesses.

A sa manière Alfred Eibel dissèque par petites touches les ouvrages de J.-B., les ingérant, les digérant et nous les restituant sous forme de réflexions. Enfin une bibliographie exhaustive de Pouy recense tous ses romans, nouvelles, écrits divers (jusqu'à la parution de cet ouvrage qui date de 1996). Sans oublier la nouvelle inédite, reflet d'un Pouy de sagesse, défenseur ardent de la littérature populaire. Le tout agrémenté de photos, dessins et citations. Un livre qui se lit avec plaisir, et pour employer la formule consacrée, comme si c'était un polar.

Alfred EIBEL : Jean-Bernard Pouy ou Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Jean-Bernard Pouy sans oser le demander. Collection Mything. Editions Méréal. Parution mars 1996. 176 pages.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:33

Les lacunes de Venise ou Les lagunes de l'Histoire ?

François DARNAUDET : Le papyrus de Venise.

Il existe certaines professions qu'il vaut mieux éviter de se flatter d'exercer. Ainsi Despons est le médiateur entre les propriétaires d'œuvres d'art et ceux qui veulent les acquérir. Mais justement ces détenteurs ne sont pas forcément prêts à se débarrasser de tableaux, de sculptures ou autres objets qui font leur fierté mais sont parfois relégués aux greniers.

Despons sert donc d'intermédiaire, s'emparant de façon illicite des bricoles convoitées par des amateurs n'hésitant pas à le défrayer grassement, et en les remplaçant par des faux exécutés de main de maître par des artistes qui eux aussi n'ont pas obligatoirement pignon sur rue.

En ce mois de novembre 2025, Despons réside à Venise et il se définit comme antiquaire-libraire. Mais il possède beaucoup de temps libre et se rend régulièrement dans un bar où officie la belle et jeune Sofia et où il déguste indifféremment café ou fragolino blanc. Ce jour du 23 novembre 2025, un homme entouré de deux gardes du corps gigantesques s'installe face à lui. Il se présente, Karl Minkmar, galeriste à Hambourg.

Despons ne le connait pas personnellement mais il a déjà travaillé pour son interlocuteur. L'homme a un petit travail à lui confier, l'objet qu'il recherche se trouve précisément à Venise. La proposition financière de dédommagement n'étant pas à négliger Despons accepte alors de rencontrer Minkmar chez lui, à l'abri des oreilles indiscrètes.

Minkmar possède des objets uniques qui vont d'une tablette rongo-rongo, une pièce qu'avait dérobé, ou emprunté, c'est selon l'appréciation du lecteur, Despons à la collection du Vatican et remplacée par une œuvre similaire mais factice, à un vélociraptor. Le clou de la collection réside en une pièce inconnue des exégètes d'Isidore Ducasse, un inédit signé Lautréamont rédigé quelques jours avant le décès du poète maudit, une traduction, maladroite selon Minkmar, du grec de La Minoade de Solon.

Cet ouvrage et Solon sont répertoriés par Platon dans Le Timée mais il s'agit de savoir s'il s'agit d'une affabulation ou la traduction d'une copie imprimée en grec ancien réalisée par un érudit, Marco Mussuros, quelques siècles auparavant. Un expert de la mythologie grecque s'appuie sur la traduction qu'il aurait effectuée du deuxième dialogue de Platon consacré à l'Atlantide dans le Critias, et particulièrement un passage concernant la dernière guerre entre les Atlantes et les Athéniens. Despons doit donc retrouver ce manuscrit ancien, sachant qu'un éventuel danger peut le guetter, l'expert ayant disparu depuis une quinzaine de jours. S'agit-il d'un meurtre, d'un enlèvement ou d'un simple voyage ?

 

Débute alors une enquête non dénuée de dangers comme le supposait avec raison son commanditaire, dans Venise, et ses îles, Murano, Burano et Torcello, mettant aux prises descendants d'Atlantes et des membres d'une secte constituée d'hommes en noir, ou rencontrant un vieil érudit nommé Odilon Vergé.

Cette narration est entrecoupée d'emprunts à l'Histoire, la découverte d'un Dinosaure dans le Wyoming en 1878, la bataille de Little Big Horn le 25 juin 1876 entre Sitting Bull et Custer, et surtout les quelques semaines précédant la disparition d'Isidore Ducasse dans des conditions ici dévoilées, et du fameux manuscrit de la Minoade. Ducasse qui résidait dans un hôtel rue du faubourg Montmartre, dont l'un des locataire, Antoine Milleret, a rédigé dans ses confessions les événements qui se sont déroulés.

 

François Darnaudet nous plonge dans une histoire entre mythe et réalité, entre personnages réels et fictifs, une étape de transition entre quelques romans, parus précédemment ou qui suivirent cette édition, dont principalement Les Dieux de Cluny et Le Fantôme d'Orsay, d'une part, et de l'autre Trois guerres pour Emma.

Ces extensions dans le passé s'intègrent parfaitement dans cette narration qui emprunte au feuilleton littéraire publié sous forme de fascicules mensuels. Et l'on retrouve des thèmes chers à François Darnaudet, l'art en général et la peinture en particulier, la bataille de Little Big Horn mettant aux prises Custer et d'amers indiens, mais aussi la répression sanglante de la Commune de 1870 par les Versaillais, thèmes qu'il développe dans les romans précités.

Le lecteur qui aborde ce roman, sans connaître François Darnaudet et l'univers fantastique dont il aime s'entourer dans son œuvre, pourrait penser que l'auteur nage en plein délire. Mais il s'agit d'un délire organisé, méthodique, dans lequel le virtuel emprunte à des faits établis. Ou ne transposant dans l'avenir que ce qui pourrait advenir. Ce roman date pour sa première édition de 2006, pourtant on peut lire, concernant Odilon Vergé :

A la retraite depuis une dizaine d'années, conformément aux lois européennes sur les 62 années de cotisation, il continuait, malgré ses 95 ans déclarés, à donner tous les 16 juin, une unique conférence aux étudiants vénitiens.

Ainsi les références aux Atlantes et à l'Atlantide ne sont pas pures suppositions, et François Darnaudet s'appuie sur des écrits et des textes anciens, ce qui ne prouve pas l'existence de ce qui était une île mais ne la dément pas non plus.

L'œuvre de François Darnaudet mériterait d'être plus connue, plus présente sur les étals des libraires, afin d'échapper au sort de quelques romanciers ou poètes qui ne connurent la gloire qu'après leur décès.

Quant à Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont, il pourrait avoir emprunté son pseudonyme, c'est moi qui l'avance, au titre d'un ouvrage d'Eugène Sue, datant de 1837, Latréaumont.

 

Cet ouvrage est complété par une autobiographie évolutive ainsi que de trois nouvelles dont l'inspiration est puisée par l'auteur dans le décès de sa mère alors qu'il n'avait dix ans. Trois nouvelles regroupées sous le titre de Nouvelles amères mais qui pourraient également s'intituler Nouvelles à mère.

Réédition version numérique 23 novembre 2012. Couverture d'Elric Dufau. 2,99€.

Réédition version numérique 23 novembre 2012. Couverture d'Elric Dufau. 2,99€.

François DARNAUDET : Le papyrus de Venise. Editions Nestiveqnen. Parution le 16 novembre 2006. 224 pages. 17,30€.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 09:43

Ah ben chat alors...

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui voyait rouge.

Journaliste au Daily Fluxion, Jim Qwilleran est confronté au douloureux problème de la surcharge pondérale. Son médecin traitant est intraitable. Jim doit perdre du poids et pour cela suivre un régime draconien.

Le jour même son patron lui propose de tenir une nouvelle rubrique gastronomique, ce qu’évidement Jim ne peut refuser. Il doit se rendre dans les restaurants, puis après avoir testé les menus, écrire ses articles dans le louable but de contrer leur concurrent direct, le Morning Rampage, qui envisage d’ajouter ce genre de chronique dans ses pages.

Divorcé, Jim Qwilleran a reporté une partie de son affection sur ses chats, Koko et Yom-Yom. Drôles de bêtes que ces deux siamois qui s’entendent comme larrons en foire et dont l’intelligence ne cesse pas surprendre le journaliste. Par exemple, le matin, lorsqu’il a faim, Koko appuie délicatement avec ses pattes sur la touche avance du chariot de la machine à écrire afin de déclencher une sonnerie qui réveille Qwilleran. Et bien d’autres petits tours qui forcent l’admiration de son maître. Quant à la nourriture, Koko et Yom-Yom n’admettent que les plats raffinés, dédaignant les vulgaires boites et les croquettes.

Qwilleran afin d’écrire ses premiers articles accepte de se rendre au club des gourmets, chez Robert Maus, attorney de profession et cuisinier prestigieux à ses heures, dont la maison est transformée en sorte de pension de famille et centre artistique, hébergeant des élèves des Beaux-arts, des professeurs ainsi que des artistes potiers. Qwilleran y retrouve un amour de jeunesse en la personne de Joy qui vit, ainsi que son mari à Maus House en tant qu’artiste.

Sur la demeure plane un mystère, un suicide pas vraiment convaincant qui s’est déroulé quelques années auparavant. Le cœur de Qwilleran se réveille à la vue de Joy mais celle-ci disparait. Le ménage brinquebalait et d’après le mari, elle serait partie en Floride. Pour Qwilleran, il s’agit de tout autre chose et cette disparition, cette fugue supposée ne lui parait guère catholique. D’autant que d’autres locataires disparaissent également dans d’étranges circonstances.

Devenu enquêteur, Qwilleran devra une partie de la solution et peut-être même le vie à son chat Koko.

Les amateurs de romans policiers ont pu faire connaissance des personnages de Lilian Jackson Braun dans les années 70 grâce aux éditions du Masque qui avaient proposé à leur catalogue les trois premiers romans de la série. C’est avec plaisir qu’ils retrouveront Qwilleran le journaliste dans de nouvelles aventures accompagné de ses deux siamois dont Koko qui possède une paire de vibrisses supplémentaires ce qui lui offre ces facultés spéciales dont il se sert pour aider son maître dans ses enquêtes.

Des romans agréables qui raviront les amoureux de félidés.

 

Réimpression le 21 octobre 2010. 256 pages.

Réimpression le 21 octobre 2010. 256 pages.

Lilian Jackson BRAUN : Le chat qui voyait rouge (The Cat Who Saw Red - 1986. Traduction de Marie-Louise Navarro). Collection Grands Détectives N° 2188. Editions 10/18. Parution en 1993. 252 pages.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 11:13

Bon anniversaire à Pascal Basset-Chercot né le 1er avril 1956. Et ce n'est pas un poisson !

Pascal BASSET-CHERCOT : Toine, mémoires d'un enfant laid.

Toine est un enfant très laid, tout aux moins aux yeux des autres. Personne ne l’aime, tout le monde le rejette. A l’école, il est la risée de la classe et des professeurs. Seul Paulus lui offre son amitié, et encore. Mais Paulus lui aussi est rejeté parce que trop gros, trop gourmand. Toine n’a pas de père, et sa mère ne peut le souffrir. Elle préfère fricoter avec les hommes et boire un coup de rouge avec son amant en titre, Patrice. Avant, c’était Jean-Claude. Il était gentil, mais il a déserté la maison pendant que maman était à l’hôpital, enceinte d’Anne. Anne, la petite sœur, la seule qui aimait Toine, la seule qui jouait avec lui. Anne maintenant est morte. Toine n’est pas malheureux, il subit.

Il n’aime pas être enfermé dans le noir et, lorsque Patrice le consigne dans le placard, il attend stoïquement. Pauvre Toine qui ne sait pas ce que ce sont l’amour, la haine, la justice, la révolte. Et, dans son placard, Toine revit sa jeunesse. Le cerveau de Toine, c’est comme une casserole dans laquelle les souvenirs remontent à la surface, à gros bouillons. Les bulles crèvent, un souvenir s’en échappe, accrochant un autre souvenir au passage. Et chaque bulle renferme un personnage : grand-mère qui se lavait morceau par morceau, Anne qui dansait les bras en cerceau, Joseph le clochard qui chantait des chansons de marin, et Coulant l’ancien musico, et Paulus son ami qui, un jour, chronométra sa noyade et sa mère qui ne veut pas le reconnaître dans la rue. Et Patrice, qui l’a surnommé Bus parce que Toine est trop laid.

Lorsque Patrice le libère enfin de son placard, Toine meurtri se réfugie dans une cave de l’immeuble. La nuit tombée, il part, guidé par la lune. Il est recueilli dans un orphelinat. Un docteur et une psychologue tentent une réadaptation, en lui faisant consigner ses souvenirs dans un cahier, en lui apprenant à jouer du piano. Mais Toine vit avec Bella, une poupée, et une pensée qui l’obsède, celle de rejoindre un jour Anne.

 

Les images défilent, et l’on voudrait protéger ce petit garçon martyr qui se contente de jeter sur le monde un regard naïf, étonné, supportant dans l’indifférence la douleur. Un véritable roman noir, émouvant, écrit avec simplicité. Toine ne pleure pas sur son sort, il le subit. Il n’a aucun désir de revanche, seulement celui de retrouver sa sœur Anne.

Un livre étonnant, dur et beau à la fois, dans un registre totalement différent de ce que Pascal Basset-Chercot avait abordé dans ses romans policiers ayant l’inspecteur Déveure pour héros. Quoique, comme le faisait remarquer Jean-Paul Schweighaeuser: Les missions confiées à l’inspecteur Déveure ont toujours un petit aspect de brimade.

Ici, il ne s’agit plus de brimades, mais de tortures physiques et morales. Et l’on se prend à réfléchir à ce petit mot situé entre le nom de l’auteur et celui de l’éditeur : « roman ». S’il n’y a pas une seule parcelle de vérité ou de souvenir dans ces pages, c’est que Pascal Basset-Chercot est un sacré écrivain.

Pascal BASSET-CHERCOT : Toine, mémoires d'un enfant laid. Editions Calmann-Lévy. Parution avril 1994. 194 pages. 18,20€. Version numérique 9,99€.

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 12:51

Moins bien que le Kâma-Sûtra quand même...

Alexis LECAYE : Meurtres en trente-six poses.

A quarante ans, Henri, marié, riche, vivant dans une belle maison de la grande banlieue parisienne, tombe amoureux fou, au premier regard, dans un supermarché, d'une petite fille.

Une nouvelle lubie, pense sa femme habituée aux sautes d'humeur et à l'inconstance de son écrivain de mari. Henri ne vit plus, ne dort plus, ne mange plus. Il lui faut absolument cette petite fille près de lui. Il veut la cajoler, la gorger de bonbons, l'entourer de prévenances, la rendre heureuse, reporter sur elle l'affection pour l'enfant qu'il n'a pas.

Comment les parents de la petite Crystelle pourraient rendre heureuse la gamine alors que le père est au chômage et que la mère a perdu sa fraîcheur de jeune femme, au caractère à tendance acariâtre ? Il faut absolument que Crystelle vive près de lui et pour cela Henri imagine un stratagème.

Il va embaucher son père comme jardinier, lui offrir des gages conséquents, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la mère ne se mettait pas en tête de trouver du travail, puis de déserter le foyer conjugal.

Henri est trop attaché à cette petite fille pour supporter les bâtons dans les roues. Débute un engrenage infernal.

 

Il est loin le temps où le Masque n'éditait que des ouvrages expurgés de toutes références sexuelles et Alexis Lecaye, sacrifiant à la mode, à la mouvance actuelle stipulant qu'un roman se doit de comporter quelques scènes égrillardes, quelques gaudrioles, nous offre des passages dans lesquels le libertinage est roi, séquences inhabituelles dans cette collection.

Il faut savoir évoluer tout en restant dans les limites de la décence et les pages croquignolettes qui émaillent ce roman accentuent l'atmosphère de suspense et les affres de l'homme désirant garder à tout prix la gamine qu'il a adoptée come s'il s'agissait de sa propre enfant.

Un ouvrage généreux, à la lecture duquel le lecteur se prend d'amitié pour le héros qui balaie les difficultés sans cesse accumulées devant son entreprise, devant sa volonté de procurer le bonheur à tout prix à une enfant.

Je précise que cette chronique date de novembre 1991, depuis les mœurs littéraires ont bien évolué au Masque et ailleurs.

 

Alexis LECAYE : Meurtres en trente-six poses. Le Masque Jaune N°2060. Librairie des Champs Elysées. Parution octobre 1991. 154 pages.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 13:26

Non mais, Allo quoi !

Ursula CURTISS : L’étreinte des ténèbres

Peut-on faire impunément des blagues téléphoniques ? C’est ce que pense la jeune Kitty, qui passe la soirée chez son amie Libby qui garde ses frères et sœurs.

Les parents sont de sortie et normalement une baby-sitter devait garder tout ce petit monde, mais un impondérable l’a empêchée de se déplacer. Tant pis, ou tant mieux, Libby et ses frères et sœurs vont se garder tout seuls, avec Kitty dont la maturité dément ses quatorze ans.

Tandis que les gamins sont plus ou moins laissés à eux-mêmes, Kitty et Libby compulsent l’annuaire et téléphonent au hasard. Kitty a de l’expérience. Ainsi si elle prononce cette phrase : “ Je sais qui vous êtes vraiment, et aussi ce que vous avez fait ”, elle sait qu’en général les gens qui sont au bout du fil vont se poser pas mal de questions. Mais cette fois son interlocuteur lui propose un rendez-vous sur un pont, dans un endroit quasiment désertique.

Elle ne savait pas que Whelk, honorable banquier dont le véritable patronyme est Birucoff, a par le passé assassiné des proches. Tandis que les gamins chahutent, Kitty déserte la maison quelques minutes. Peu après la radio locale annonce le meurtre d’une jeune fille.

 

Ursula Curtiss place son récit sur une nuit, intensifiant au fur et à mesure que le temps passe le suspense, jouant avec subtilité sur les nerfs du lecteur qui ne demande pas mieux que de la suivre dans son intrigue.

Les blagues téléphoniques, ou supposées telles, peuvent se retourner contre leurs auteurs comme le démontre Ursula Curtiss, et sont les prémices des insinuations souvent utilisées par les corbeaux.

Un auteur qu’il était bon de redécouvrir, tant ses intrigues sont peaufinées, ne laissant rien au hasard, et la nouvelle traduction, intégrale, de Maurice Bernard Endrèbe n’est pas étrangère au plaisir ressenti à la lecture.

 

Première édition Collection Mystère N°736. Presses de la Cité. Réédition Presse Pocket 1975.

Première édition Collection Mystère N°736. Presses de la Cité. Réédition Presse Pocket 1975.

Ursula CURTISS : L’étreinte des ténèbres (Out of the dark - 1964. Traduction de Maurice-Bernard Endrèbe). Réédition Bibliothèque du Suspense. Editions du Rocher. Parution octobre 2001. 160 pages.

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 14:55

Hommage à Jacques Blois né le 26 mars 1922.

Jacques BLOIS : La foire à la ferraille.

Des entrefilets dans des journaux corses, que lui montre son ami le Baron et voilà Joi lancé dans de nouvelles aventures.

Trois cadavres ont été retrouvés au large du détroit de Bonifacio, flottant dans les eaux ou couchés au fond d’une barque. Trois cadavres ayant reçu une balle dans l’œil gauche.

Joi s’inscrit dans un village-vacances au nord de la Sardaigne. Il est entouré de jolies filles et de jeunes gens qui l’aident dans son enquête, un dérivatif durant leurs vacances.

Des jeunes femmes qui s’inquiètent de son couchage, d’autres cadavres éborgnés de la même façon, des grenades cachées dans le ravitaillement destiné au village vacances, un petit voyage rapide en Corse, une troublante réminiscence de soldats déserteurs, des caisses contenant de mystérieuses spirales de ferraille ponctuent le séjour de Joi qui ne repartira pas les mains vides.

 

Les premiers romans mettant en scène Joi, Jacques-Octave d’Iseran, entraîneur de chevaux à Chantilly, tout comme son frère jumeau, Ami, Arnaud-Mathieu d’Iseran, sont publiés fin 1966 dans la collection L’Aventurier.

Joi a les yeux verts, ceux d’Ami sont bleus. Seule différence visible, lorsque les deux hommes sont habillés. C’est Joi qui narre ses aventures dans lesquelles souvent Ami est impliqué, parfois sans en informer son jumeau. Quelques clichés émaillent ces pérégrinations. Les femmes, plus belles les unes que les autres, se laissent facilement tomber dans les bras de Joi qui n’en demande pas tant et se gargarise au whisky.

Jacques Blois possède un style particulier et plaisant, écrivant à la première personne du singulier, ce qui permet au lecteur de participer aux réflexions intérieures de Joi lequel se pose de nombreuses questions et s’invective lorsque tout ne va pas comme il voudrait.

Les phrases sont courtes, le point de suspension est souvent employé, l’humour et la dérision planent tout du long du récit mais également ce petit brin de poésie enjouée qui met en valeur les descriptions. Si les chevaux sont sa passion, et il en vit bien, Joi se montre bon vivant, esthète, cultivé, polyglotte, ce qui ne l’empêche pas de se servir de ses poings ou d’une arme quand l’occasion s’en fait sentir. Et comme tout aventurier qui se respecte ne dédaigne pas d’arrondir son pécule.

L’un de ses jurons favori est Charrette. Parmi les seconds rôles, l’inspecteur Phil D’Arcy, un Américain spécialisé dans la lutte contre les trafiquants de drogue et Le Baron, patron d’un bar à Saint Germain des Prés où Joi possède ses habitudes.

Jacques BLOIS : La foire à la ferraille. Collection L'Aventurier N°126. Editions Fleuve Noir. Parution mars 1967.

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