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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 04:15

Un auteur plus connu sous le pseudonyme de Piet Legay, et quelques autres…

Baudouin CHAILLEY : Rush sur Faya.

En 1990, lors de la parution de ce roman qui inaugurait une nouvelle collection, qui s’avèrera éphémère comme bien des collections du Fleuve Noir à l’époque, j’écrivais cette chronique.

De véritables collections Espionnage, il n’en existe plus. Seules perdurent péniblement Coplan et OSS117, les rescapés des années 1950. Ainsi que quelques traductions provenant d’une production principalement britannique alimentée par des auteurs de renommée internationale comme Ken Follett, John Le Carré, Robert Ludlum ou Frederick Forsyth.

C’est extrêmement maigre, pour en pas dire inexistant, alors que vingt ans auparavant, les séries, les collections consacrées à l’espionnage ne se comptaient pas.

Une désaffection du lecteur due peut-être à une répétition des situations mises en scène, principalement une guerre Est-Ouest qui se déroulait aussi bien derrière le rideau de fer que dans divers pays, le Moyen-Orient étant un lieu privilégié.

Pourtant la guerre secrète ne s’arrête pas ou ne commence pas à cet antagonisme capitalisme/communisme désuet et les histoires d’espionnage et de contre-espionnage devraient non seulement pouvoir se renouveler mais retrouver une nouvelle jeunesse.

Outre l’abolition du mur de Berlin, et l’espoir de s’échapper du système féodal instauré par l’URSS sur les pays de l’Est, les données économiques et sociales changent continuellement dans le monde et tout est prétexte à intervention occulte.

 

Baudouin Chailley l’a fort bien compris et après avoir signé un roman ayant pour cadre la Nouvelle-Calédonie, il propose au Fleuve Noir une nouvelle série intitulée Secret Défense, avec comme numéro 1 de la collection Rush sur Faya.

Un regard et une aventure située au moment du raid sur Faya-Largeau, conduit par Hissène Habré avec à la clé la déroute des Lybiens. Nul ne peut nier l’intervention de la France, mais comme les poupées russes, une histoire peut en cacher une autre.

Erik Montclar, de la DGSE, est envoyé au Tibesti avec comme mission, soit exfiltrer c’est-à-dire identifier et prendre en charge un scientifique allemand, soit récupérer le matériel mis au point par ce conseiller : un brouilleur de missile.

Bien sûr, Montclar fait partie de ces héros anonymes surentraînés et au physique avantageux, mais il est plus humain que les supermen auxquels nous étions habitués. Nous n’avons pas droit non plus, et c’est heureux, au cliché éculé de la blonde espionne qui se fourre dans le lit du héros pour mieux l’entraîner à sa perte.

 

Un bon début de collection avec un personnage sous toute sympathique et espérons qu’il aura plus de succès que les autres séries, telles DPJ6 et Beretta 9mm par exemple qui ne furent que collections éphémères.

 

Pour la première fois, Baudouin Chailley écrivait des romans sous son véritable patronyme alors qu’il produisait depuis des décennies dans des genres différents, sous les pseudonymes de Piet Legay, le plus connu, mais aussi sous ceux de Guy Lespig, Baldwin Wolf, Igor Ivanov, Guy Jacquelin, B. Hilley, Pat Marcy ou encore Pierre Lucas. D’autres pseudonymes sont avancés, comme ceux de Henry Lewis, H.B. Perkins, B. Hilley ou encore Duke Grant, probablement en collaboration avec Henri Trémesaigues, mais ceci est à prendre au conditionnel.

 

Baudouin CHAILLEY : Rush sur Faya. Collection Secret Défense N°1. Editions Fleuve Noir. Parution 3 mars 1990. 192 pages.

ISBN: 2265042900

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 04:39

Brantonne signant la couverture d’un Espionnage du Fleuve Noir ? C’est pas clair comme aurait Chazal !

Robert CHAZAL: La nuit des espions.

Hiver 41. Les responsables de l’antenne des services secrets allemands, basée à Londres, confient à Elga des documents confidentiels qu’elle doit remettre dans un petit village de Normandie à l’un de ses compatriotes.

Les services secrets britanniques sont sur les dents et investissent l’immeuble où se tient la réunion. Elga parvient toutefois à échapper au filet.

Aussitôt les Anglais ripostent et un agent féminin se rend en France afin de rencontrer l’espion allemand et lui fournir de faux documents. Parallèlement un agent masculin est lui aussi envoyé en France afin de prendre si possible la place du Teuton au cas où Elga parviendrait à quitter le sol britannique et accomplir sa mission.

La rencontre entre la femme et l’homme a lieu à l’endroit indiqué, mais chacun est sur ses gardes. N’est-il pas en face de l’ennemi ou au contraire de son compatriote ?

Comme le déclare Robert Hossein dans sa préface : « ...La situation est complexe. L’homme et la femme peuvent être l’un et l’autre Anglais ou Allemand. L’on voit le jeu des combinaisons : deux Anglais; deux Allemands; un Anglais et une Allemande; un Allemand et une Anglaise. Et cela sans certitude possible. Avec la complication supplémentaire des rapports sentimentaux inévitables entre deux êtres jeunes, beaux, et qui, s’ils ne sont pas de la même race géographique, sont de la même espèce humaine ; celle des audacieux, des aventuriers, des conquérants, des héros ».

 

Cette intrigue, qui se déroule quasiment en vase clos, est l’adaptation romancée du film La nuit des espions, coécrit et réalisé par Robert Hossein avec dans les rôles principaux Robert Hossein et Marina Vlady.

Sur la fiche Wikipedia de ce film, il est précisé que le scénario aurait été adapté d’après le roman La Nuit des espions de Robert Chazal, pourtant c’est bien le contraire qui s’est produit, comme l’indique toujours Robert Hossein dans sa préface. Et comme le précise le bandeau sur l’ouvrage.

Donc, puisqu’il s’agit d’une novellisation de ce scénario, le roman pêche d’un manque de liant, de lyrisme. Il est écrit d’une façon sèche, dense, froide, presque comme s’il s’agissait d’un nouveau scénario. Chaque geste, chaque action sont décrits soigneusement, mais il manque ce petit plus du romancier qui se libère d’un carcan pour en faire une œuvre originale. Il manque la sympathie, l’affection de l’auteur pour ses personnages. Il manque l’émotion.

 

Robert Chazal, né le 3 septembre 1912 à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines) a été rédacteur en chef de Cinémonde, chef du service des spectacles de Paris-Presse, puis de France-Soir et du Journal du Dimanche. Critique cinématographique de France-Soir, il était président d'honneur du Syndicat de la critique de cinéma et a produit de nombreuses émissions radiophoniques et télévisées, dont Pour le cinéma. Il fut également l'auteur de romans et d'ouvrages sur le cinéma, consacrés à Marcel Carné, Jean-Paul Belmondo, Louis de Funès, Gérard Depardieu, Les années Cannes.

Cet ouvrage possède deux particularités. C’est un numéro bis dans cette collection et, une fois n’est pas coutume, la couverture n’est pas signée par Gourdon mais par Brantonne.

Robert CHAZAL: La nuit des espions. Collection espionnage N°211bis. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1959. 224 pages.

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 04:30

Après, le leitmotiv fut : Faites l’amour, pas la guerre !

Frank G. SLAUGHTER : Non pas la mort, mais l’amour

Désabusé et cynique, le capitaine Richard Winter est chirurgien dans l’armée américaine et pour l’heure il se trouve dans le camp du 95e Hôpital américain de campagne, près de la côte anglaise où sont regroupés médecins et infirmières.

Avant pour l’embarquement le lendemain vers une destination inconnue, il se tient au bar, ingurgitant quelques boissons alcoolisées.

C’est un solitaire qui a participé comme chirurgien dans les combats en Espagne ainsi qu’à la bataille de Dunkerque. Pourtant il s’est lié avec un jeune lieutenant, Terry Adams, qu’il connait seulement depuis six mois. Or Winter apprend que la célèbre journaliste Linda Adams est non seulement sa sœur, mais qu’elle va participer à la mission qui leur sera dévoilée lorsqu’ils auront quitté le port. Il retrouve également un condisciple de la faculté de médecine, Bill Coffin, spécialiste du cerveau.

De nombreuses infirmières sont également présentes dans ce camp et un bal est prévu la veille de l’embarquement. Par elles, Gina Cole et son amie Carolyn Rycroft, qui espèrent bien faire bonne impression sur le beau chirurgien dont la popularité liée à sa séduction n’est pas passée inaperçue du personnel médical féminin. Et en effet elles n’ont aucun mal à se faire inviter pour quelques danses, échanger des baisers au clair de lune, et Linda Adams n’échappe pas à cette attirance.

Rick Winter donne rendez-vous à la belle Gina Cole dans sa chambre, mais les éléments belliqueux contrarient ce qui devait la concrétisation d’une soirée réussie. Les avions allemands pilonnent la base, et le black-out est décrété. Il se réfugie dans la pièce en compagnie d’une jeune femme inconnue qui vient de le percuter au dehors. Les bombes se rapprochent, ils se glissent sous la table afin d’éviter les projections diverses, et les corps en profitent pour se rapprocher au point de conclure dans un artifice dont il gardera le souvenir. Au petit matin la belle inconnue est partie, emmenant un vêtement appartenant à Rick et laissant sa cape sur laquelle figure un monogramme.

Enfin l’embarquement se réalise et au revoir l’Angleterre et bonjour l’inconnu. Gina Cole dépitée jette son dévolu sur Terry Adams, car même en temps de guerre les besoins charnels se font ressentir. Terry Adams est en proie à un cruel dilemme. Jeune marié, il a laissé sa femme au pays, aux Etats-Unis, et il ne veut pas la tromper. Pourtant Rick Winter, toujours cynique, lui a fait la leçon. Il l’a même encouragé à profiter des bonnes occasions s’ils s’en présentaient.

Le convoi à peine parti, au large de l’Espagne, des avions allemands survolent les navires. Des dégâts sont enregistrés et Rick doit s’occuper des blessés. D’ailleurs il est là pour ça. Le navire sur lequel les chirurgiens toubibs et infirmières ont embarqués a été détourné de sa fonction première, celle des croisières, et a été transformé en hôpital maritime. D’autres incidents les guettent et enfin arrivés en vue d’Alger la Blanche, c’est le débarquement sur la plage, une répétition générale du Débarquement de Normandie. Puis l’unité médicale s’enfonce dans le désert rejoignant la Tunisie avec tous les aléas que cela comporte. Jerry, diminutif de German équivalent à notre Boche français, ne se laisse pas empiéter sur le terrain conquis sans riposter et les Stukas, via la voie des airs, ou les chars, contrarient la marche de l’armée américaine.

Rick peut apprécier en cours de route le professionnalisme de ceux qui sont partagent cette épopée héroïque, dont les infirmières Carolyn, Gina, et même Linda qui ne perd en aucun cas son sang-froid. Ce qui n’est pas toujours celui de son frère Terry.

 

Publié en 1950 aux Etats-Unis, ce roman est ancré dans des épisodes de la Seconde Guerre Mondiale, dont l’Opération Torch qui vit la prise d’Alger le 8 novembre 1942.

Le titre, qui est emprunté à un poème de Robert Browning, pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une histoire d’amour comme bon nombre en ont été écrites et considérées souvent comme des bluettes. L’extrait de poème récité par Rick lorsqu’il batifole sous la table avec son inconnue, et celle-ci décline le dernier vers : Non pas la mort, mais l’amour.

Mais s’il fallait un support pour cette histoire, c’est bien la guerre qui est en première ligne, avec ses morts et ses blessés. Rick Winter pratique de nombreuses interventions chirurgicales, différentes les unes des autres, s’attirant l’ire du chirurgien-chef Strang. En effet il opère et soigne selon des protocoles qui sortent de l’ordinaire, ce qui n’est pas du goût de Strang. L’éternel problème des méthodes nouvelles pas encore admises par les anciens qui se réfèrent à de vieilles pratiques qui souvent sont plus mortifères que les expérimentales.

Non pas la mort, mais l’amour est un documentaire puisé à la source, écrit alors que la guerre faisant encore rage, agrémenté d’une histoire d’amour mais également un hommage au courage du personnel médical qui œuvre sur le terrain, étant souvent en première ligne. Et Rick Winter se trouve plus à l’aise lors de ses interventions chirurgicales que dans l’aménagement de sa vie sentimentale.

 

Il est cruel à l’homme qui va au feu pour la première fois de rester dans l’attente et l’indécision.

Frank G. SLAUGHTER : Non pas la mort, mais l’amour (Battle Surgeon – 1944. Traduction de Doringe). Collection Romans. Editions Presses de la Cité. Parution 3e trimestre 1960. 428 pages.

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 05:06

Orages, oh des espoirs !

Michel PAGEL : Orages en terre de France.

Et si la révolution de 1789 avait avorté, les guides de la France étant tenues par l’église et les représentants de la religion Catholique ?

Et si la Guerre de Cent ans n’avait jamais cessé d’exister, l’antagonisme franco-britannique perdurant depuis l’an mil ?

Extrapolant sur ces deux hypothèses, Michel Pagel narre quatre pages d’histoire, imaginant notre pays, de l’an de grâce 1991 à l’an de grâce 1995, sous la domination d’évêques, d’archevêques prenant leurs ordres et leurs consignes auprès du Vatican.

Le Roi de France, régnant dans un régime constitutionnel, fait figure de pantin. Les provinces, toujours divisées en comtés, passent successivement de la domination anglaise à l’occupation française, et vice-versa, ce qui engendre moult conflits permanents entre parents et enfants. Selon leur lieu de naissance, sol annexé par l’un ou l’autre de ces deux pays, ils vivent, réagissent en opprimés, en révoltés ou, au contraire, se conduisent en loyalistes.

Les séquelles de l’Inquisition exercent leur oppression sur la population, constituant dans certains domaines scientifiques un frein puissant. L’obscurantisme est lié à de nombreux préceptes et l’application à la lettre des commandements de Dieu, et leur déviance inéluctable, empêchent le développement des moyens de communication. “ Tu ne voleras point ” prends une signification absurde jusqu’au jour où la science est reconnue comme un progrès vital pour les belligérants.

Dans d’autres domaines, au contraire, la technologie est performante et toujours profitable aux stratégies militaires.

 

Dans ce recueil de quatre nouvelles uchroniques se déroulant dans le Comté de Toulouse, le Comté du Bas-Poitou, l’Île de France et le Comté d’Anjou, le fil conducteur est issu d’une rivalité toujours latente, d’une rancune tenace : Jeanne d’Arc et Napoléon servent de référence encore aujourd’hui dans nos récriminations quotidiennes et épidermiques.

Ce roman est la réédition d’un ouvrage paru en 1991 dans la défunte collection Anticipation du Fleuve Noir sous le numéro 1851, version revue et corrigée en 1998 dans la collection SF métal.

Ce qui à l’époque pouvait passer pour d’aimables fabliaux prend aujourd’hui une consistance nouvelle, alors que l’on nous parle de plus en plus d’intégration, de droit du sang et droit du sol, de sans-papiers, d’identité nationale et tout le tintouin.

Michel Pagel qui alterne romans humoristiques et récits plus sérieux, plus graves dans la teneur et le propos, possède plusieurs cordes à son arc. Il construit petit à petit une œuvre solide, et s’inscrit, non seulement comme une valeur sûre de la jeune S.F. française (à l'époque de la première édition de ce roman) mais comme un romancier tout court.

 

Première édition Collection Anticipation N°1851. Parution décembre 1991.

Première édition Collection Anticipation N°1851. Parution décembre 1991.

Réédition Collection S.F. métal, N°48. Fleuve Noir. Parution mars 1998.

Réédition Collection S.F. métal, N°48. Fleuve Noir. Parution mars 1998.

Michel PAGEL : Orages en terre de France. Réédition Collection Hélios. Les Moutons Electriques Editions. Parution 13 mars 2020. 198 pages. 7,90€. Version numérique : 5,99€.

ISBN : 978-2361836511

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 05:38

Et ce sont les certitudes qui nous dirigent…

Alain PARIS : Le dirigeable Certitude.

Lorsque nous avons quitté les protagonistes des quatre précédents volumes composant Le Monde de la Terre Creuse, soufflait, après huit-cents ans d’obscurantisme et de despotisme, un vent de liberté ressenti par tous comme un renouveau. Presque comme une préfiguration de ce qui s’est passé dans les pays de l’Est (soulignons que la première édition de ce roman date de 1990).

Avec toutefois une énorme différence : en partant d’une supposition uchronique, celle d’Adolphe Hitler grand vainqueur de la Seconde guerre mondiale.

 

Les dirigeants entretiennent dans les esprits l’idée que la vie est entièrement souterraine. La Terre n’étant plus un globe, la vie se trouvant en surface, mais l’inverse. Un retour au Moyen-âge savamment orchestré et régit par une sorte d’Inquisition nommée la Sainte-Vehme.

Sous l’impulsion d’hommes comme Arno von Hagen, l’astrologue Urien, et quelques autres, le Reich tremble sur ses bases, chancelle puis s’effondre.

Dans le dirigeable Certitude, premier volet d’une nouvelle série, nous retrouvons quelques-uns de ces héros, ou leurs descendants, quelques cinquante ans après les événements précités.

Au nord de l’Ecosse, un drôle d’engin en feu tombe du ciel. Seul un des membres de l’équipage survit pendant quelques temps, assez pour que des envoyés de Londres s’inquiètent. Ce dirigeable serait parti vers l’Amérique alors que le Reich était encore tout puissant à la recherche d’une hypothétique galerie conduisant hors de Terre.

Mais selon toute invraisemblance, les membres de cette expédition n’ont pas vieilli. Une mission est alors mise en place afin de découvrir qui se cache derrière ce mystère tandis que des fanatiques du Reich, des nostalgiques de cette sombre époque, semblent trouver un second souffle, une résurgence.

 

Encore un grand roman épique d’inspiration médiévale et uchronique mais également un roman d’aventures à trame historique qui devrait en passionner plus d’un. Et n’oublions pas que ce roman paru pour la première fois en 1990 n’a pas vieilli car la fièvre de l’Extrême-droite est de plus en plus prégnante de nos jours. De même que la résurgence nazie.

 

Alain PARIS : Le dirigeable Certitude. Le Monde de la Terre Creuse N°5. Collection Anticipation N°1749. Parution avril 1990. 192 pages.

ISBN : 2-265-04316-8

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 04:55

Cela doit résonner à l’intérieur !

Alain PARIS : Les hérétiques du Vril. Série Le Monde de la Terre creuse Tome 4.

Quatrième volet du cycle du Monde de la Terre creuse, Les Hérétiques du Vril est moins d’inspiration Heroïc-Fantasy ou d’Anticipation que les précédents volumes, mais nettement plus orienté vers le genre dit de Cape et d’épées.

Un genre qui m’a toujours fasciné. Que voulez-vous, quand on a eu une enfance bercée par les œuvres de Paul Féval, d’Alexandre Dumas, de Michel Zévaco, il en reste quelque chose.

Tout ça pour dire que l’ambiance décrite dans Les Hérétiques du Vril, une ambiance médiévale à souhait, avec complots, intrigues, sectes secrètes, traquenards, guet-apens, sorcellerie, envoûtements, m’a tenu en haleine et que j’ai dévoré ce roman d’une traite, de la première à la dernière page.

 

Je ne reviendrai pas sur les précédents épisodes de la saga d’Arno Von Hage, ils sont chroniqués ci-dessous, mais disons simplement que ce héros doit convoyer certains documents de la plus haute importance. Des documents qui infirment les thèses édictées par la Sainte-Vehme et ce depuis quelques huit-cents ans, depuis que l’Allemagne a gagné la Seconde guerre mondiale.

Mais le peuple gronde, se révolte, brisant les chaînes de l’asservissement. Pendant ce temps à la tête du royaume, du Reich, la favorite de l’empereur Manfred complote dans le but de fonder une dynastie.

 

Cette saga comporte dix volumes, de quoi se faire plaisir, et qui ont été rééditées chez L’Ivre-Book, non pas que je sois un fanatique des versions numériques, mais afin que ces histoires ne tombent pas dans l’oubli.

 

Alain PARIS : Les hérétiques du Vril. Série Le Monde de la Terre creuse Tome 4. Collection Anticipation 1645. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03963-2

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 05:26

Parce qu’Alain Paris mérite plus d’un hommage, après Svastika et Le Seigneur des Runes, voici la suite des aventures d'Arno von Hagen.

Alain PARIS : Sur l'épaule du Grand Dragon. Le Monde de la Terre Creuse 3.

Résumé des épisodes précédents :

Parce qu'il a refusé ses faveurs à Asbod, la maîtresse de son père, Arno von Hagen, de jeune seigneur riche et puissant va devenir esclave et toute sa famille est décimée, périssant sous la hache du bourreau à la suite d'un horrible complot.

C'est l'an 800 du Reich et l'Allemagne étend sa puissance, sa domination sur pratiquement toute l'Europe. Mais une Europe qui est redevenue médiévale, superstitieuse, livrée aux mains de sectes secrètes et jalouses les unes des autres.

Parmi ces sectes avides de pouvoir, la Sainte-Vehme, qui ressemble à s'y méprendre à l'Inquisition espagnole.

Existe également le Vril, société composée de savants et d'astrologues, et la Fraternité Runique, confrérie guerrière.

Arno von Hagen est engagé par la Fraternité Runique et grâce à sa valeur guerrière, sa bravoure, son courage, son esprit d'initiative, il monte aussi bien dans l'estime de ses nouveaux maîtres que dans l'échelle sociale.

Mais le désir de venger sa famille le taraude.

Le Vril et les Runes mettent leurs forces en commun pour lutter contre la Sainte-Vehme.

Envoyé en mission, Arno fera la rencontre en cours de route d'une jeune femme, Adallinde, qui appartient au groupe Stern. Est-elle amie ou ennemie ? Quel est ce mystérieux groupe Stern ?

 

Ce roman plein de fureur, de combats, d'actions, d'épisodes mouvementés fait penser aux bons vieux romans de cape et d'épées, avec justement ses combats, ses traquenards, ses sociétés secrètes, ses héroïnes mystérieuses.

Un roman fort, bien enlevé, rapide, et qui ne laisse qu'un regret : attendre quelques semaines ou mois pour connaître la suite des aventures du jeune Arno et de ses compagnons.

Un roman, ou plutôt une série au souffle épique, digne des grands feuilletonistes des siècles derniers, disons du XIXe siècle.

 

Alain PARIS : Sur l'épaule du Grand Dragon. Le Monde de la Terre Creuse 3. Collection Anticipation N°1640. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03887-3

Réédition Collection Imaginarium. Editions Livre-Book. Version numérique. Parution 6 août 2016. 2,99€.

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 04:55

Hommage à Alain Paris, décédé le 19 janvier 2019.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2.

Ce n’est que tout récemment que la nouvelle de la disparition d’Alain Paris a été diffusée sur les réseaux sociaux. Aussi, quelques romans seront présentés dans les prochains jours en hommage à ce grand romancier de l’Imaginaire.

Un romancier qui meurt, c’est une comme une nécrose en littérature, et ses successeurs apporteront leurs pierres à l’édifice, mais il existera toujours un manque.

 

En l'an 799 du Reich, Arno von Hagen semble avoir son avenir tracé droit devant lui. Son père Ulrich est l'un des conseillers du Protektorat d'Ukraine; sa fiancée, Irène von Largo, est la fille du Reichsprotector d'Ukraine et en ce qui concerne sa vie matérielle, il n'y a rien à craindre de ce côté.

Quant aux loisirs et occupations principales, son temps se partage entre la chasse aux ours et aux loups, ainsi qu'à son éducation. Pour compagnie, il possède Orso, un esclave qui lui est tout dévoué. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes mais...

Oui, il y a un Mais. Asbod, la maîtresse d'Ulrich son père, tente de coucher avec lui et de l'initier aux joies de l'amour. Arno ne l'entend pas de cette oreille et juge déshonorante et même infamante l'action de copuler avec sa belle-mère. Frustrée et vexée Asbod décide de se venger et sa vengeance sera terrible.

 

Mais ne dévoilons pas trop l'histoire et le suspense offert au lecteur n'en sera que plus attrayant.

Alain Paris propose une histoire uchronique mêlée de fantastique et d'Heroïc-Fantasy. Uchronique par l'extrapolation envisagée par Alain Paris dans le cas où l'Allemagne aurait gagné la Seconde Guerre Mondiale, un Allemagne qui couvrant pratiquement toute l'Europe serait revenue à une civilisation quasi médiévale. Seuls quelques empires se partagent la Terre qui, version officielle, serait une sphère creuse dans laquelle vivrait l'humanité. Je sais que cela prête à rire, mais souvenez-vous de Galilée et sa théorie selon laquelle la Terre serait une boule alors que pour tous notre vieille planète n'était qu'une espèce d'assiette.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2.

Alors suivons dans Seigneur des Runes la suite des tribulations d'Arno von Hagen qui de jeune seigneur presque béni des dieux deviendra esclave et qui par force de sa volonté, par son courage redeviendra un guerrier et peut-être, qui sait, un haut personnage. L'empire germanique, s'il est dirigé par un empereur, normal me direz-vous, est en fait tenu en laisse par la Sainte-Vehme, qui correspond à l'Inquisition espagnole, tandis qu'une autre organisation, plus ou moins secrète et occulte elle aussi et composée d'astrologues, essaie de tirer les ficelles en coulisses, contrecarrant les projets, les agissements de la Sainte-Vehme.

Svastika, suivi de Seigneur des runes (Fleuve Noir) composent le début du cycle dit du Monde de la Terre creuse, cycle qui comporte dix titres. Grâce à une écriture flamboyante, épique, adressant des clins d'yeux à certaines époques de notre histoire, ces histoires m'ont réconcilié avec Alain Paris, lequel m'avait quelque peu déçu lors de sa précédente incursion dans la SF avec Soldat Chien 2.

Alain PARIS : Svastika et Seigneur des Runes. Le Monde de la Terre Creuse 1 & 2. Anticipation N°1629. Juin 1988 et Anticipation N°1635. Juillet 1988. Edition Fleuve Noir.

ISBN : 2-265-03849-0 et 2-265-03861-X

Réédition L'ivres-Book. Version numérique.

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 05:19

Papy fait de la Résistance…

NOËL-NOËL : Le père tranquille.

Avec son feutre noir un peu cabossé, ses lunettes et sa serviette, Edouard Martin passe quasiment inaperçu dans les rues de Moissan (Charente) et ses environs. L’homme de la rue, que tout le monde connait, que tout le monde salue, mais qui est si effacé qu’il est oublié dès que les passants l’ont croisé.

Le brave homme type, qui ne fait pas de vagues. Il est marié avec Madeleine, qui l’appelle Edouard. Ses enfants, Monique, dix-huit ans, et Pierre, seize ans et demi, lui disent papa. Mais pour tous ses amis et ses concitoyens en général, c’est le Père Tranquille. Une référence pour ce représentant régional d’une compagnie d’assurances.

Sa passion consiste en la culture des orchidées, des plantes fragiles qu’il garde soigneusement dans sa serre, pratiquant des boutures, recherchant la perfection. Ses pots sont placés sur des étagères, il les manipule avec précaution, et parfois il se glisse derrière les rayonnages, à l’abri de la vue de tous, sa famille y compris.

En ce 23 mars 1944, alors que les Allemands sont présents partout, et construisent une usine non loin de chez Martin, celui-ci sort tranquillement du Café de la République. Il croise sans y faire attention un homme qui entre et ne lui jette pas un regard. Cet homme, qui prétend se nommer Jourdan, demande à parler au patron en toute intimité. Le bistrotier, un homme à la carrure de catcheur, se demande bien ce que lui veut cet homme mais celui-ci a les mots qu’il faut pour le mettre en confiance. Les mots et les papiers.

Il a été parachuté depuis l’Angleterre afin de recruter de jeunes gens pour servir dans la Résistance et deux adolescents sont convaincus. Ils partent alors pour Aubusson mais on ne les reverra jamais.

Les jours passent, Martin tient souvent des conciliabules avec deux jeunots dont l’un est amoureux de Monique. Et inversement proportionnel. Et Monique, qui n’a ni ses yeux, ni ses oreilles dans sa poche, se rend compte que son géniteur n’est pas le Père Tranquille comme tout le monde l’a surnommé. Il œuvre pour la Résistance, mais de façon si subtile que personne ne soupçonne son appartenance à cette armée secrète. Et Pierre, le fils, se désole de cette attitude nonchalante voire quasi sympathique avec l’ennemi. Alors il décide d’entrer lui aussi dans la Résistance, mais il est bien jeune et inexpérimenté.

 

Adapté du film au titre éponyme et dont Noël-Noël a écrit le scénario et les dialogues, Le Père Tranquille revient sur un épisode réel de la fin de la guerre 39/45. Episode qui s’est déroulé en Moselle, à Woippy exactement, et dont le héros était horticulteur.

Si ce roman est destiné aux jeunes lecteurs, il n’en est pas moins vrai que les adultes vont pouvoir s’en inspirer pour leurs lectures. Il s’agit d’un hommage aux héros anonymes de la Résistance, de ceux qui travaillaient dans l’ombre et à la fin de la guerre ont préféré rester anonymes, tandis que les Résistants de la dernière heure, ceux qui étaient collabos ont tourné leur veste en même temps que le vent. Ce sont bien de ceux là que l’histoire se souvient même si les opportunistes sont souvent décriés de nos jours.

Noël-Noël possède un humour subtil, retenu, qui lui est propre, et le récit n’en prend que plus de force. Point n’est besoin de scènes d’action violentes pour donner à cette intrigue un réalisme poignant et l’épilogue joue sur les contrastes de l’époque.

Mais ce roman, et ce film, étaient nettement plus dans l’atmosphère de l’époque lors de leur parution, les cicatrices étant encore vives. De nos jours, il ne s’agit que d’un épisode durant la guerre. Mais à la fin des années 1950, cela devait rappeler de nombreux souvenirs aux lecteurs adultes voire adolescents, des souvenirs peut-être parfois honteux.

NOËL-NOËL : Le père tranquille. Collection Bibliothèque Verte N°43. Editions Hachette. Parution juillet 1959. 190 pages.

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 05:52

Bonne question !

Michel RENAUD : Qui a trahi ?

Destinée à la jeunesse, cette collection comporta environ une centaine de fascicules à parution bimensuelle dès 1946.

« Jeunesse héroïque » fera revivre pour ses lecteurs les plus belles figures, les actions les plus éclatantes des jeunes héros de la Résistance.

Et il était de bon ton, au sortir de la guerre de mettre en valeur les faits d’arme des Francs-Tireurs et Partisans Français (les FTPF ou FTP tout simplement comme ils étaient dénommés) en opposition aux collaborateurs, ou Kollaborateurs comme écrit dans ce court roman, de triste mémoire.

Et il fallait que ces éclats soient encensés auprès d’un jeune public qui n’avait connu que les horreurs de la guerre, les privations, le bruit des bottes allemandes, et la délivrance grâce au Débarquement.

Raconté avec simplicité, voire naïveté, cet épisode possède trop d’ellipses dans la narration, comme si ce récit avait été écrit sur commande sans que l’auteur y attachât une grande importance. Il est vrai qu’en si peu de pages il est difficile de tout expliquer, pourtant d’autres fascicules, comme chez Ferenczi par exemple, offraient des histoires complètes plus intéressantes, grâce à une police de caractère plus réduite.

De nos jours, cet épisode qui se déroule début mars 1944 possède peut-être moins d’impact qu’il ne l’a eu auprès des jeunes lecteurs lors de sa parution.

 

Quelques hommes sont réunis dans une pièce et étudient la possibilité de délivrer des amis Francs-Tireurs et Partisans détenus dans une prison à Pithiviers. Pierre et son groupe de Seine-et-Marne viennent de tomber entre les mains de l’ennemi et il faut les libérer. Parmi ceux qui élaborent un plan d’attaque afin de faciliter l’évasion de leurs amis, Jean, figure principale du récit, Marcel, Emile, Germain, Bernard qui arrive en retard. Pendant ce temps, leur hôtesse du jour fait le guet par la fenêtre de l’étage.

Pour chaque rendez-vous, un nouveau lieu est choisi et la prochaine réunion doit se tenir à Neuilly-sur-Marne.

Alors qu’il veut prendre le train pour assister à la nouvelle réunion, Jean assiste à l’arrestation de Robert menotté entre deux policiers. Il décide de regagner sa « planque » rue Desrenaudes, dans le XVIIe arrondissement parisien, à pied, afin de déceler d’éventuels suiveurs. Il change souvent d’endroit de repli mais cette fois-ci, il pense que la petite chambre, une mansarde située au septième étage d’un immeuble bourgeois, lui offre toutes les garanties.

Il a juste peur pour son amie Yvonne qui habite une pièce sur le même palier, la porte en face de la sienne. Il entend du bruit dans l’escalier, et d’après les échanges vocaux des individus, il est persuadé qu’il s’agit de policiers. Quatre hommes qui veulent entrer chez lui puis se rendent compte qu’ils se trompent de porte. C’est Yvonne qu’ils veulent arrêter !

Jean prend son mal en patience car le palier est surveillé. Et à la faveur de la nuit, il décide de s’échapper par les toits.

 

Jusque là tout va bien. Le lecteur suit même si le début est un peu confus. Et tout aussi confus est l’épilogue dont le nom du traître est dévoilé, certes, mais qui aurait mérité quelques pages de plus.

Mais l’auteur a pu supposer que le début et la fin n’offraient que peu d’intérêt à ses jeunes lecteurs qui seraient plus intéressés par le retranchement de Jean dans sa chambre, démuni de toutes provisions de bouche mais possédant de nombreuses armes, revolvers, mitraillettes et grenades afin de se défendre en cas d’intrusion des policiers, puis son évasion rocambolesque par les toits.

A noter que le nom de la rue Desrenaudes a été rectifié en Rue des Renaudes depuis 1897. Dans cette rue qui fit partie de Neuilly jusqu’en 1863 résida Alfred Dreyfus de 1928 jusqu’à sa mort en 1935, au numéro 7, et qu’au numéro 53 se tient le siège du Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne.

Michel RENAUD : Qui a trahi ? Collection Jeunesse héroïque n°8. Editions France d’abord. Parution 1946. 32 pages.

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