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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 04:38

Le 18 septembre 1970, disparaissait Jimi Hendrix. Sa guitare et sa voix vibrent encore dans nos oreilles.

Régis CANSELIER : Jimi Hendrix, le rêve inachevé.

L’image qui restera à jamais attachée à Jimi Hendrix, ce sera celle d’un musicien jouant de la guitare avec ses dents. Image réductrice mais oh combien prégnante, parmi d’autres.

Si l’ouvrage de Stéphane Koechlin Blues pour Jimi Hendrix narrait la vie de l’artiste en parallèle de celle de son fan Yazid Manou, Régis Canselier nous invite à mieux découvrir l’œuvre de ce musicien à travers des enregistrements d’époque et ceux qui en sont le prolongement parfois anarchique. Le lecteur ne doit pas s’attendre à lire une biographie voyeuriste sur la vie privée du musicien, mais il possèdera entre les mains un ouvrage sérieux, documenté, passionnant consacré à un phénomène musical dont les enregistrements du temps de son vivant sont relativement rares, tandis que son aura ne fléchissant pas les albums suivants font florès, pirates officiels ou non, remix de bouts de chandelles qui n’apportent rien aux exégètes et aux véritables fans.

Régis Canselier débute son ouvrage par les trois singles londoniens, et la découverte de Jimi Hendrix par Linda Keith (mannequin anglais qui sortait alors avec Keith Richards des Rolling Stones) qui persuade Chas Chandler, qui jouait comme bassiste dans le groupe des Animals mais avait décidé de se tourner vers la production, d’aller écouter le guitariste. Chandler est séduit par le jeu de ce musicien alors que d’autres managers dont celui des Stones n’avaient pas été convaincus.

C’est ainsi que débute la carrière fulgurante et trop tôt interrompue de Jimi Hendrix.

Cet ouvrage ne s’adresse pas particulièrement à une élite de musicologues mais à tout amateur curieux, désireux de connaître les dessous d’une carrière avec tous les aléas qui en découlent, l’envers du décor de la scène, les séances d’enregistrements en studio, les concerts, les galères diverses qu’il faut surmonter, les vrais et les faux amis, la vie des disques après la mort de l’interprète, de l’artiste, le piratage autorisé et ceux qui sont édités dans la plus grande anarchie, les chacals qui se déchirent un héritage qu’ils se sont appropriés, les financiers qui ne pensent qu’à écouter le cri du dollar dans leur portefeuille.

Cet ouvrage fourmille de détails, d’exemples, de références, d’instants prélevés enchaînés comme un diaporama musical. L’œuvre de Jimi Hendrix est mise à nu, décortiquée, avec passion, sensibilité et rigueur.

Ainsi penchons un peu sur la description de sa prestation télévisée du 4 janvier 1969 dans le cadre de l’émission « Happening for Lulu ». Il arrête l’interprétation de son premier morceau, Hey Joe, déclarant qu’il « aimerait arrêter de jouer cette merde et dédier cette chanson à Cream » groupe qui venait de se séparer officiellement. Mais c’est lors de l’interprétation du cinquième morceau Little Wing que se produit un léger incident qui a peut-être échappé à beaucoup d’auditeurs. Bien que sa Stratocaster soit légèrement désaccordée, Hendrix nous offre avec l’introduction de Little Wing un moment de pur lyrisme.

Jimi Hendrix, le rêve inachevé est donc accessible à tous ceux qui aiment la musique issue du blues, et point n’est besoin pour cela de connaître le solfège mais d’avoir l’oreille accueillante.

Un vrai bonheur de lecture qui peut se faire accompagner par l’écoute de disques originaux ou des éditions ultérieures pirates, officielles, qui sont recensées en fin de volume. Sont recensées également une bibliographie, la liste des concerts, un répertoire de ses morceaux, et figurent les reproductions en couleur des pochettes de disques, dans un cahier en fin d’ouvrage.

Régis CANSELIER : Jimi Hendrix, le rêve inachevé. Collection Formes. Editions Le Mot et le Reste. Parution Mai 2010. 464 pages. 26,00€.

ISBN : 9782360540150

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 07:43

Petite Fleur, Les oignons, Dans les rues d’Antibes… autant de succès à créditer à l’actif de Sidney Bechet, et qui trottinent toujours dans la tête de ceux qui ont été élevés dans l’ambiance radiophonique d’après-guerre.

Daniel-Sidney BECHET : Sidney Bechet, mon père.

Mais ces titres, ces interprétations divisent toujours les spécialistes du jazz. Cette période de création, quasi exclusivement française, est-elle à ranger au point de crête de cet instrumentiste ou à classer dans les soupes commerciales ?

Selon son premier admirateur qui a très bien connu l’homme et le musicien sur la fin de sa vie, Daniel-Sidney Bechet son fils, et cette période féconde et fastueuse qui dura dix ans de 1949 à 1959, ces morceaux « appartiennent au patrimoine français. Ces morceaux existent dans la mémoire collective et les jeunes générations réagissent favorablement. C’est comme l’accordéon musette ou les chansons d’Edith Piaf ».

Des succès énormes, repris par bon nombre d’instrumentistes, de groupes, d’interprètes, qui ont peut-être donné une impression de facilité.

Le premier disque d’or fut remis pour Petite Fleur. Autant de bonnes ou mauvaises raisons pour hurler avec les loups ? Daniel Bechet écrit encore : « J’ai rencontré des spécialistes du jazz traditionnel qui n’aimaient pas Bechet parce qu’ils ne supportaient pas le soprano. D’autres m’ont dit : Ton père était un génie, mais dommage qu’il ne soit pas resté à la clarinette ! J’ai entendu dire qu’il bêlait comme une chèvre avec son soprano, et que son vibrato était vulgaire. J’en ai entendu d’autres s’enthousiasmer sur les disques américains de mon père, les New-Orleans Feetwarmers, comme ils disent avec importance, et vouloir jeter tous les disques français à la poubelle ! C’est étonnant ! J’ai remarqué aussi que c’était toujours les musiciens les plus médiocres qui donnaient des avis aussi sévères ».

La messe est dite, la jalousie fera toujours « jaser ».

De la naissance de son père à La Nouvelle-Orléans le 14 mai 1897, et même avant, jusqu’à son décès en 1959, le jour où il devait fêter son anniversaire, Daniel Bechet retrace la carrière de celui qui fut un précurseur et un interprète magistral.

Souvent avec pudeur, parfois avec cet enthousiasme juvénile et filial que l’on ne saura lui reprocher, il relate les débuts de cette carrière qui s’accomplit en dents de scie, avec des moments privilégiés comme en ce jour de l’été 1919 lorsque Sidney Bechet joua à Londres devant le roi George V d’Angleterre et la reine Mary. Ce qui, pour la petite histoire, engendrera la parution du premier article écrit sur le jazz par le chef d’orchestre de musique classique Ernest Ansermet qui assista à plusieurs reprises aux prestations du quintet de Will Marion Cook, formation à laquelle appartenait le jeune clarinettiste.

Mais il y eut l’épisode désastreux de fin 1928, à Paris, une rixe qui opposa Bechet à un jeune banjoïste Mike McKendrik et dont l’origine peut être imputée à une histoire banale de fille, ou à une histoire de racisme.

Né au début des années cinquante, Daniel Bechet n’a pas vécu tous les épisodes décrits, mais il s’appuie sur des témoignages fiables de compagnons de route de son père. Ce qui apporte non seulement un éclairage nouveau mais donne une force, une tonicité, une authenticité, une pudeur, une réserve dans certains cas, au récit, que l’on ne retrouve pas dans les dictionnaires et certains ouvrages consacrés au jazz.

Daniel Bechet va au-delà des années soixante, intégrant sa jeunesse puis son parcours de musicien, les drames familiaux et épisodes malheureux vécus de l’intérieur, ses relations avec sa mère, avec d’autres musiciens, sur le jazz et autres considérations qui ne manquent pas d’intérêt et de sel.

Cet ouvrage, passionnant comme un roman policier et qui comporte de nombreuses photos inédites, a été écrit avec la complicité de Fabrice Zammarchi, musicien lui-même jouant des mêmes instruments que Sidney Bechet et auteur de biographies, dont dernièrement : Claude Luter, Saint-Germain Dance.

Daniel-Sidney BECHET : Sidney Bechet, mon père. Editions Alphée/Jean-Paul Bertrand. Parution 13 novembre 2009. 234 pages.

ISBN : 978-2753805187

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 03:44

Hommage à Benny Goodman décédé le 13 juin 1986.

Jean-Pierre JACKSON : Benny Goodman.

S’il ne fallait garder en mémoire qu’un seul fait marquant dans la carrière de musicien de Benny Goodman, ce serait incontestablement celui-ci : Benny Goodman fut le premier à intégrer des Noirs dans ses formations de Jazz se produisant en public.

Il avait déjà à son actif des enregistrements mixtes puisque le 24 novembre 1933 il participait au dernier enregistrement de la chanteuse Bessie Smith et trois jours plus tard il invitait en studio une jeune interprète de dix-huit ans : c’était la première prestation discographique de Billie Holiday. Le 2 juillet 1935 invité par Teddy Wilson il participe à une séance en compagnie de Ben Webster, Roy Elridge, John Trueheart, John Kirby et Cozy Cole afin d’accompagner à nouveau Billie Holiday pour une séance d’enregistrement de trois titres. Il est le seul blanc de cette formation.

Mais c’est un plus tard qu’il enfreindra, avec la complicité du batteur Gene Krupa et de John Hammond directeur artistique chez Columbia, cette loi raciale pour ne pas dire raciste qui stipulait que Noirs et Blancs ne pouvaient se produire sur scène ensemble. Au premier trimestre 1936 le Rhythm Club de Chicago désire engager les trois musiciens, c’est-à-dire Benny Goodman, Gene Krupa et Ted Wilson. Aussi Ted Wilson se produit d’abord seul sur scène, et bientôt Benny et Gene le rejoignent brisant un tabou et enfonçant un premier coin dans le racisme.

Mais Benny Goodman innove également en étant le premier musicien de jazz à se produire au Carnegie Hall, le temple de la musique classique. Benny Goodman est un musicien éclectique et par ailleurs il enregistrera en 1965 sous la direction d’Igor Stravinsky Ebony Concerto écrit par Woody Herman. Mais ce n’était pas sa première incursion dans le domaine classique puisqu’il enregistra dès 1956 le Concerto pour clarinette de Mozart en compagnie du Boston Symphony Orchestra sous la direction de Charles Munch et quelques autres plages dont le Concerto pour clarinette n°1 de Weber avec l’orchestre symphonique de Chicago sous la direction de Jean Martinon, et bien avant, en 1939, un concert au Carnegie Contrastes pour violon, clarinette et piano, une partition de Bartók, avec au piano Béla Bartók lui-même et au violon Joseph Szigeti.

Né le 30 mai 1909 d’un couple d’exilés hongrois juifs de Varsovie, le jeune Benjamin David bénéficie de leçons de musique gratuites. Son père, tailleur dans une fabrique fréquentait assidument la synagogue de Baltimore qui offrait aux jeunes garçons une formation à l’orchestre de la synagogue, profite de l’occasion pour l’inscrire lui et ses frères Harry et Freddy, d’autant que les instruments sont loués à bas prix. Benny est fasciné par la clarinette et devant les progrès de celui qui sera surnommé plus tard King of Swing, terme qu’il n’apprécie que modérément car il sait combien cette distinction peut-être fugace, il bénéficie de cours payants auprès du vénérable professeur Franz Schoepp, qui avait déjà formé notamment Jimmy Noone.

A douze ans il gagne son premier cachet, cinq dollars, alors que son père en gagne vingt par semaine. En 1923 il gagne quarante-huit dollars en se produisant quatre soirs par semaine au Guyon’s Paradise. Dès son premier cachet le jeune Benny avait décidé que la musique serait son métier et qu’il sortirait ses parents de la misère.

Sa réputation grandit rapidement et il deviendra l’un des grands noms du jazz d’avant-guerre soit en étant à la tête de grands orchestres ou de petites formations, genre quartet ou sextet. Mais ce sera avec les petites formations qu’il sera le plus à l’aise notamment son association avec Gene Krupa à la batterie, Ted Wilson au piano et Lionel Hampton au vibraphone.

Il donna également leur chance à de nombreux musiciens qui graveront leur nom au fronton du Jazz, comme Charlie Christian, Wardell Gray ou encore Stan Hasselgard, lesquels décédèrent tous malheureusement jeunes, le premier de tuberculose, le deuxième d’un accident de voiture et le dernier assassiné. Après guerre Benny Goodman, qui ne s’adapte pas au Be-bop, connait une période de latence mais grâce à sa foi en la musique il rebondit et enchaine les tournées principalement en Europe, malgré des problèmes récurrents de sciatique.

Décrié par quelques pisse-froid, pas toujours reconnu à sa juste valeur par des mélomanes partiaux, Benny Goodman a marqué le jazz durant plus de soixante ans, enchainant les succès. Et Jean-Pierre Jackson fait œuvre pie en proposant ce premier ouvrage français consacré à ce grand instrumentiste, le seul d’ailleurs car si des ouvrages de références ont été écrits et publiés aux Etats-Unis, aucun n’a été traduit à ce jour.

Jean-Pierre Jackson s’attache à la jeunesse et à la carrière musicale du clarinettiste sans entrer dans la vie privée, mettant en avant ses qualités, les artistes qu’il a côtoyé, les concerts, tout ce qui se rapporte au monde musical.

Avec quelques belles pages sur ses relations avec les autres musiciens, pour lesquels il professait souvent admiration. Ainsi avec Ted Wilson dont il déclarait : « Teddy jouait parfaitement les morceaux en trio. C’est ce que nous pensions de lui… Un sacré bon musicien. Nous n’avons juste jamais pensé à lui comme étant un Noir ». Peut-être à cause de son origine juive, car il faut se souvenir que certains hôtels et bars du Sud des Etats-Unis arboraient des écriteaux signalant que ces établissements étaient « Interdits aux Noirs, aux Juifs et aux chiens ».

L’ouvrage est complété d’une chronologie, de repères discographiques et bibliographiques, d’un index des noms et d’un autre des titres cités.

Jean-Pierre JACKSON : Benny Goodman. Editions Actes Sud/Classica. Parution 3 novembre 2010. 152 pages.

ISBN : 978-2742795222

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 03:25

Sous titrée “ Fleuve Noir Romantique ”, cette éphémère collection destinée aux femmes n’aura duré qu’un an.

TOURMENTES, une collection du Fleuve Noir.

 

Auparavant, le Fleuve Noir avait déjà proposé une collection destinée aux femmes, Présence des femmes, de janvier 1968 jusqu’en mars 1972, puis plus rien. La collection Tourmentes palliait donc un manque et fut créée à la même époque que Femme Viva, dont le ton était plus jeune, plus moderne, plus ancré dans la société contemporaine.

Tourmentes visait à concurrencer les séries sentimentales, principalement Harlequin ou J’ai Lu en puisant dans un vivier d’auteurs essentiellement anglo-saxons, dans le style de Barbara Cartland. Les dessins de couvertures (DOC. M.I.C.) reflètent cette tendance et ce style historique émotionnel.

Parmi les auteurs, William Edward Daniel Ross (16 novembre 1912-1er novembre 1995) né au Canada, se taille la part du lion avec pas moins de huit titres sous divers pseudonymes : Marilyn Ross, Clarissa Ross, W.E.D. Ross.

TOURMENTES, une collection du Fleuve Noir.

1 - Mc Evoy Marjorie : La dame noire (The queen of spades - 1975) trad. Jean Esch [nov-86]

2 - Warren Paulette : La dynastie Ganton (Brooding mansion - 1967) trad. Martine Joulié [nov-86]

3 - Mc Evoy Marjorie : Le château des rêves enfouis (No castle of dreams - 1960) trad. Annie Frézoulis [jan-87]

4 - Knight Alanna : Les sortilèges de Clodha (Castle Clodha - 1972) trad. Blandine Roques [jan-87]

5 - McCarthy Sears Ruth : Les sentinelles d'or (The golden sentinels - 1974) trad. Jean Esch [jan-87]

6 - La Tourette Jacqueline : La pierre de Joseph (The Joseph stone - 1971) trad. Bernard Blanc & Dominique Brotot [jan-87]

7 - Ross Marilyn : L'héritière du Mississipi (Desperate heiress - 1966) trad. Jean Esch [fév-87]

8 - Hayes Leal : La légende des highlands (Dark légend - 1973) trad. Claude Alvarez-Péreyre [fév-87]

9 - McCarthy Sears Ruth : Dans l'ombre de la tour (In the shadow of the tower - ) trad. Nadine Monnin [mar-87]

10 - Bond Evelyn : Les clameurs du passé (House of distant voices - ) trad. Francine Mondolini [mar-87]

11 - Ross Clarissa : Les soupirs de la nuit (Whispers in the night - 1970) trad. Blandine Roques [mai-87]

12 - Richard Susan : Les secrets de la maison Kendell (The secret of chateau Kendell - 1967) trad. Claude Hallerin [mai-87]

13 - Ruuth Mariane : Passion dans les ténèbres (Journey into fear - 1977) trad. Philippe Rouard [jun-87]

14 - Ross Marilyn : Le château d'émeraude (Shadow over emrald castle - 1975) trad. Jean Esch [jun-87]

15 - Hayes Leal : La sorcière de Bristol (The challoners of Bristol - ) trad. Laurence Lechaux [aoû-87]

16 - Ross Marilyn : L'héritage des Fenton ( - ) trad. [aoû-87]

17 - Ross W.E.D. : Les fantômes de Duncan Place () trad. [aoû-87]

18 - Brennan Alice : Le château des noirs mirages (Castle mirage - 1972) trad. Anne Sauvel [aoû-87]

19 - Knight Alanna : La malédiction des Winsley () trad. [sep-87]

20 - Thomsen Frieda : La seconde lady Cameron (The second lady Cameron - 1977) trad. Jean Esch [sep-87]

21 - Corby Jane : La maîtresse de Sky Towers () trad. [oct-87]

22 - Ross Clarissa : Les brumes de Blue Gables () trad. [oct-87]

23 - Graham Shannon : Dans l'ombre d'Hillerest () trad. [nov-87]

24 - Ross Marilyn : Prends garde, mon amour ! () trad. [nov-87]

25 - Ross W.E.D. : La symphonie des âmes mortes () trad. [déc-87]

26 - Kellier Elisabeth : La solitaire de Craigash (Nurse missing - 1981) trad. Martine Joulié [déc-87]

 

TOURMENTES, une collection du Fleuve Noir.

Cette fiche a été établie grâce à la complicité de mon ami Pierre Turpin et ses habituels complices, des chercheurs infatigables, sans lesquels bien des domaines de la littérature populaire resteraient inexplorés.

 

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 03:58

Pour briller en société !

TSF JAZZ présente : Mais qui a tordu la trompette de Dizzy et autres histoires de jazz.

Dans cet ouvrage, composé par Bruno Costemalle, sont recensées près de soixante anecdotes concernant les musiciens et interprètes vocaux du Jazz, les secrets des coulisses, les inimitiés, car il y en eut, les petits-à-côtés amusants, les rivalités, les incidents qui changent un style, et combien d’autres.

Ainsi, dans l’anecdote éponyme, Mais qui a tordu la trompette de Dizzy ? Les coupables sont désignés, un duo de comiques Stump et Stumpy qui participent dans le même programme d’une émission de télévision. En s’amusant, ils chahutent et l’un d’eux chute sur la trompette qui se plie. Or, alors qu’il se met dans une colère noire, Dizzy Gillespie se rend compte que l’entaille provoquée par cette pliure rend le son émanant de son instrument atténué à cause de la fuite d’air. Conquis il en fera effectuer des répliques.

Les nombreux orchestres de jazz qui fleurirent dans les années 1930 et 1940, ces big bands harmonieux sur scène connurent souvent des dissensions dont pâtirent certains musiciens à cause de leurs jalousies, de leurs susceptibilités, mais qui surent rebondir. Ainsi entre Cab Calloway et Dizzy, qui était l’un des membres de la formation du célèbre chef d’orchestre et chanteur, la tension qui existait déjà fut portée à son paroxysme à cause d’un crachat envoyé par un autre musicien.

Ou entre Lionel Hampton et sa chanteuse Dinah Washington. Vexée par une répartie un peu vulgaire émise à son encontre, Dinah pointe son pistolet. Naturellement elle quitte Lionel Hampton et son orchestre et verra sa carrière s’envoler puisqu’elle sera engagée ailleurs avec un cachet multiplié par cinq. Ce genre d’incidents ne sont pas tous aussi révélateurs des tensions qui animaient ces interprètes, mais souvent débouchèrent sur des carrières qui n’étaient programmées au départ pour être aussi fructueuses.

Le jazz s’est largement exporté de par le monde, même jusqu’en Russie, ou plutôt dans l’ex-URSS, mais ce ne fut pas du goût de Staline. Le jazz, considéré comme le poison de la conscience des masses. Il enverra même en Sibérie des musiciens de jazz récalcitrants, ce qui n’empêchait pas les jeunes de préférer ce genre musical à la polka et à la valse. Et lorsque Khrouchtchev adoucit légèrement la censure, la mode est passée et c’est le rock’n’roll qui s’impose.

Fats Waller, dont la popularité était établie alors qu’il n’a que vingt et un ans, un soir, à la fin de son récital, sent le canon d’un calibre enfoncé dans son ventre qui était déjà proéminent. Il est emmené dans une limousine par quatre types patibulaires dans un immeuble d’une petite ville près de Chicago. On l’installe devant un piano alors qu’une fête bat son plein. Il est le « cadeau d’anniversaire » d’un certain Al Capone qui vient d’avoir vingt-sept ans.

Le jazz est une musique contestataire largement portée par les interprètes, vocaux ou instrumentistes, et la chanson la plus connue est probablement Strange Fruit de Billy Holiday en 1939, qui dénonce le lynchage des Noirs dans le Sud raciste. Mais il y en eut d’autres moins connues mais tout autant virulentes sinon plus.

Une petite dernière pour la route ? Les big bands, afin d’attirer l’attention du public, engagèrent des jeunes filles habillées de robes du soir jaunes moulantes chantant en solo. Parmi elles, en 1935, une jeune chanteuse de dix-sept ans qui fera par la suite une carrière internationale. Son nom : Ella Fitzgerald.

Une véritable mine d’historiettes tragi-comiques qui nous révèlent les dessous de cette forme musicale mais surtout que ceux qui en forgèrent la légende. Et que vous pourrez à profusion narrer à vous amis qui ne manqueront pas de s’étonner de votre culture musicale jazzique.

 

TSF JAZZ présente : Mais qui a tordu la trompette de Dizzy et autres histoires de jazz. Nova Editions. Parution octobre 2009. 144 pages.

ISBN : 9782360150007

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 05:43

Hommage à Albert Uderzo, décédé le 24 mars 2020.

Philippe Cauvin et Alain Duchêne : UDERZO, L’intégrale. Volume 1 1941 – 1951.

Y’a-t-il une vie avant Astérix ?

Uderzo ? Personne ne l'ignore, cet homme est le créateur avec Goscinny du plus célèbre Gaulois de la planète…

Mais saviez-vous qu'Astérix est l'arbre qui cache la forêt ?

 

Avec Uderzo, l'Intégrale, Philippe Cauvin et Alain Duchêne, deux admirateurs de la première heure, nous dévoilent les multiples facettes de ce dessinateur hors pair, un autodidacte incroyablement doué.

Les auteurs ont accompli un travail considérable de recherche et de restauration des planches et illustrations. Avec la complicité du maître… qui préface l'album et leur a donné accès à ses propres archives ! Une mine de merveilles que les auteurs nous font découvrir avec ce premier volume consacré aux œuvres de la décennie 1941-1951.

Flamberge, Clopinard, Clodo et son oie, Prince Rollin, Arys Buck, Belloy, Zidor, ou encore Superatomic « Z » sont autant de personnages qui alimentent les pages des nombreuses parutions de la décennie 1941-1951.

Avant de devenir le père d'Astérix, Albert Uderzo a aussi approché le dessin animé, dessiné des brevets militaires et illustré les «chiens écrasés» de France-Dimanche et les romans noirs à épisodes de France-Soir, quotidien incontournable de l'époque.

 

Uderzo, l'Intégrale révèle une œuvre riche et plurielle, du dessin d’humour au réalisme en noir et blanc en passant par le « comics ». La maîtrise du trait et du mouvement est toujours impressionnante.

 

« LES INSTITUTIONS DANS LA BD, ÇA N’EXISTE PAS. CE SONT LES LECTEURS QUI FONT LE SUCCÈS. C’EST AUSSI SIMPLE QUE ÇA ! »

 

Albert Uderzo (Introduction à l’Intégrale 1941-1951) :

C’est un événement majeur pour le 9e art : L’Intégrale Uderzo, réalisée avec sa participation, réunit enfin toutes les planches introuvables de ce géant de la bande dessinée. Une œuvre immense, extrêmement variée et bien souvent méconnue ! 1941-1951sont celles des débuts :

424 pages de pur bonheur graphique et de trouvailles, qui donnent déjà toute la mesure du génie d’Uderzo.

 

À découvrir en version intégrale, tous les dessins, séries et albums de 1941 à 1951 :

• Dessins d’enfance et de ses débuts pendant la guerre, illustrations au service militaire…

• Les premières séries de presse pour la jeunesse : Flamberge gentilhomme gascon, Clopinard le dernier des grognards, vagabond espiègle et son acolyte Grogui, à l’allure déjà « enveloppée », Les aventures de Clodo et son Oie, strip cocasse à la française publié dans un quotidien, Zidore l’homme-macaque, version burlesque de Tarzan…

• Les séries d’aventure dans le magazine OK : Arys Buck et son épée magique, Le Prince Rollin, Belloy l’invulnérable, des comics signés Al Uderzo pour faire américain, qui regorgent d’action et d’humour, avec scènes de bagarres, duos de héros et jolies princesses à délivrer…

• La série Capitaine Marvel Junior pour le journal Bravo, et Superatomic Z pour 34 aventures…

• Les dessins de presse époustouflants pour France-Dimanche et France-Soir de la grande époque, où Uderzo illustre les faits divers et le Tour de France en bande dessinée. Albert Uderzo est un des dessinateurs vivants les plus connus dans le monde.

À 4 ans, sa maîtresse de maternelle repère son talent pour le dessin.

A 7 ans, il découvre sa vocation avec le Journal de Mickey.

À 14 ans, il publie son premier dessin.

En plus de 70 ans de carrière, Uderzo aura tout dessiné, dans tous les styles, tous les registres, avec un génie que lui reconnaissent des dessinateurs aussi variés que Pétillon, Moebius, Zep ou Gotlib, et le succès planétaire de la série Les aventures d’Astérix avec son complice Goscinny.

Publier l’intégrale d’une œuvre aussi vaste et variée, en partie dispersée, est un défi de taille. Philippe Cauvin et Alain Duchêne, deux spécialistes passionnés, ont parcouru toute l’Europe pour retrouver, rassembler, restaurer toutes les planches originales, les journaux, les albums, et publier les milliers de dessins nés du crayon magique d’Uderzo au fil du temps.

 

Philippe Cauvin et Alain Duchêne : UDERZO, L’intégrale. Volume 1 1941 – 1951. Editions Hors Collection. Parution 11 octobre 2012. 424 pages, format 290 x 290.

ISBN : 978-2258093928

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 05:08

Curiosité ou supercherie littéraire ?

L’énigme Janet Lee BEATON.

De nombreux auteurs, pour des raisons différentes liées à des contrats éditoriaux, à des demandes pour étoffer les catalogues, pour éviter de mélanger les genres, pour changer de registre et pour certains, s’immiscer dans la littérature populaire alors qu’ils sont déjà reconnus dans d’autres domaines, ont emprunté des alias.

On se souvient de Boris Vian qui signait des romans pseudo-américains sous le nom de Vernon Sullivan, traduits par lui-même, ou encore Romain Gary qui obtint le Prix Goncourt deux fois sous son nom et sous celui d’Emile Ajar. Et la liste pourrait s’échelonner ainsi sur des pages.

 

Alors qui est Janet Lee Beaton, romancière prétendument américaine ?

Penchons-nous sur le descriptif de la quatrième de couverture :

Confessons notre embarras : le mystère dont s’est entouré l’auteur du Pêcheur de Miracles, nous ne pouvons pas le dévoiler ici. Tout ce qu’il nous est permis de dire, c’est que Janet Lee Beaton est une grande, une très grande romancière, qui, un jour, avec une volonté de vérité entière, a décidé de raconter sa propre histoire. Mais cette histoire était si riche, si vivante, elle comportait tant d’acteurs divers, dont quelques-uns étaient si célèbres que, malgré les précautions qu’elle avait prises pour brouiller les pistes, Janet Lee Beaton n’a pas cru pouvoir révéler sa véritable identité.

Elle ne s’oppose pas, pour autant, à ce que l’on dise que ce roman est, pour une bonne part, autobiographique ; qu’elle a, comme Laura Nelson, son héroïne, passé son enfance et une partie de son adolescence dans une petite ville américaine ; qu’elle s’en est enfuie pour « vivre sa vie » et surtout pour écrire ; qu’elle a fait dix métiers avant de pouvoir enfin terminer, et qu’elle a été mêlée aux aventures les plus déconcertantes de la « bohème » qui hante les ateliers d’artistes de Greenwich Village.

Janet Lee Beaton, malgré son importante production littéraire a quand même trouvé le temps de faire aussi de la peinture, de se marier et d’avoir un enfant. Elle dit volontiers que, de toutes ses œuvres, c’est encore son fils qu’elle préfère.

 

C’est beau ! Comme un conte de fée ! On y croirait presque.

Mais continuons notre découverte en nous intéressant aux premières pages. On apprend que ce roman s’intitule à l’origine The Beachcomber et que la traduction est due à Michel Saint-Loup. On avance.

Car pour les curieux, les traqueurs de pseudonymes, les amateurs de littérature populaire, il s’agit bien d’un cas d’école.

En effet, sous les noms de Janet Lee Beaton et de Michel Saint-Loup, par ailleurs auteur dans la même collection Grand Roman, se cachait un romancier qui changeait d’identité selon les collections, et les éditeurs, pour lesquels il fournissait des ouvrages, seul ou en collaboration.

Ainsi pour la collection L’aventurier, on le trouve sous le nom de Jérôme Belleau ou Steve Stork. Dans la collection Feu, il signe des romans sous l’alias de Mark J. Trennery. Seul ou en collaboration avec José-Louis Lacour, il signe dans la collection Anticipation sous le pseudonyme de Christopher Stork et dans la collection Espionnage sous celui de Marc Avril. En compagnie de Claude Joste, toujours dans la collection Espionnage, sous celui de Marc Revest. Enfin il se cache sous le pseudonyme collectif de Benoît Becker en compagnie de Jean-Claude Carrière, José-André Lacour et Christiane Rochefort. Et dans la collection Femme Viva, publiée au début au Fleuve Noir, puis aux Presses de la Cité, deux romans sous les noms de Boris Ouravel

Est-ce tout ? Que nenni ! Puisqu’il a également utilisé pour divers éditeurs les noms de Claude Eymouche, de Dominique Jourier, d’Emmanuel Eyries ou encore de Michel Sernoz. Peut-être en oublie-je… Et enfin au début des années 50, sous son presque nom, il publie des romans signés Stéphane Jourat. D’ailleurs il reçoit le prix Victor Rossel en 1958 pour Entends, ma chère, entends, signé Stéphane Jourat et publié chez Julliard.

De son vrai nom Stéphane Jouravleff, cet auteur protéiforme est né le 4 décembre 1924 à Liège (autre natif de cette ville belge : Simenon) et est décédé le 8 avril 1995.

 

Mais l’accumulation de ces pseudonymes n’est pas vraiment une supercherie, puisque toutes les maisons d’éditions populaires pratiquaient ce subterfuge pour augmenter leur catalogue en nombre d’auteurs. Ferenczi, Tallandier, et bien d’autres pratiquaient ce stratagème et on ne le leur jamais reproché. Sauf les chercheurs de pseudonymes naturellement.

Et à l’époque, les lecteurs des diverses collections du Fleuve Noir et des divers éditeurs populaires, achetaient, lisaient, oubliaient souvent, ne s’intéressant guère aux noms des auteurs. Encore moins à celui des traducteurs. Nombreux sont ceux qui ne souvenaient avoir lu tel livre populaire que grâce à l’illustration de couverture, étant souvent incapable de se rappeler du nom des auteurs, et encore des titres de leurs romans. Sauf les passionnés, évidemment.

 

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 04:49

Le fantastique, c’est chic…

Francis LACASSIN : Mythologie du fantastique. Les rivages de la nuit.

Dès son enfance, le petit d’homme aime se faire peur, frissonner, à l’écoute des histoires de fantômes, de sorcières, de fées, de magie, de sorcellerie.

Il s’invente un monde onirique, ludique, dans lequel le fantastique joue un grand rôle.

Il n’y croit pas, et pourtant, dans le noir, il ressent les effets délicieusement pervers enregistrés dans son esprit. Les contes, les légendes, les histoires de grand méchant loup d’ogres et de chat botté ne sont pas si enfantins qu’ils paraissent de prime abord.

Et, arrivé à l’âge adulte, l’homme continue à vibrer à la lecture de ces histoires largement vampirisées par le cinéma. Il agit, ou plutôt réagit, comme s’il voulait exorciser les vieux démons de ses ancêtres pour qui tout phénomène surnaturel, ou prétendu tel, annonçait la colère des Dieux et de nombreux malheurs.

 

Le fantastique en littérature revêt des formes multiples selon l’inspiration ou l’état d’esprit de ces créateurs de l’imaginaire que Francis Lacassin nous présente parfois sous un jour nouveau ou méconnu.

Si la littérature fantastique obtient aujourd’hui ses lettres de noblesse, pour beaucoup ce n’est que littérature populaire, dénuée d’intérêt, et même franchement méprisable aux yeux de pisse-froids imbus d’eux-mêmes et de leur incompétence ou leur dictature intellectuelle.

Pourtant des « classiques » comme Balzac, Erckmann-Chatrian, George Sand, Henry James, Pouchkine ou Jack London ont contribué à l’édification de ce genre, apportant leurs pierres à côtés de faiseurs d’histoires tels que Lovecraft, Robert-Louis Stevenson, Conan Doyle, Alexandre Dumas et bien d’autres.

Rien n’échappe à la sagacité de Francis Lacassin, et il se vautre avec délices dans cette littérature populaire si décriée. Son éclectisme n’a d’égal que sa compétence et son érudition. Il traite avec bonheur et passion les faces cachées ou bannies de la littérature, s’instaurant le grand-prêtre du fantastique et du roman policier.

C’est un réel bonheur et de le lire et de présenter cet ouvrage.

 

Pour le plaisir de la découverte cet alléchant sommaire :

Introduction : Les itinéraires de la peur.

Quand les statues saignaient du nez.

Frankenstein ou l’hygiène du macabre.

Le vampire ou le sang vainqueur de la mort.

Walter Scott ou le miracle en liberté surveillée.

Charles Nodier ou les portes secrètes du sommeil.

Balzac ou sortie du diable et entrée du fantastique social.

Pouchkine ou le fantastique au service du destin.

Alexandre Dumas ou un courant d’air frais dans les ténèbres.

Gogol ou le diable contre les fées.

George Sand ou la nature contre les fées.

Erckmann-Chatrian ou les liens secrets de l’homme et l’univers.

Lafcadio Hearn ou le grand tourbillonnement fantôme de la naissance et de la mort.

Kipling ou quand les demi-dieux s’en vont, les dieux arrivent.

Guy de Maupassant ou le fantastique à durée limitée.

Henry James ou le surnaturel derrière la porte.

Robert-Louis Stevenson ou le fantastique de l’expiation.

Conan Doyle ou la défaite de la mort.

Jack London ou le rationaliste porte-parole de l’au-delà.

Jean Lorrain ou le bal des fantasmes.

Sax Rohmer ou Aladin et la lampe incendiaire.

Jean-Louis Bouquet ou les ténèbres de l’au-dedans.

Howard Phillips Lovecraft ou les fantômes du cosmos à la reconquête de la Terre.

 

Francis LACASSIN : Mythologie du fantastique. Les rivages de la nuit. Editions du Rocher. Parution novembre 1991. 392 pages.

ISBN : 978-2-268-01231-5

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 04:02

La Normandie, terre d’accueil des écrivains…

Gérard POUCHAIN : Balzac en Normandie.

De l'œuvre de Balzac, les scolaires retiennent surtout des extraits d'Eugénie Grandet, Le cousin Pons et quelques autres romans qu'ils durent disséquer, analyser, expliquer. Des romans dont l'action se déroule principalement en Touraine ou à Paris.

Et ce qui prévaut dans l'esprit des lecteurs, c'est cette unité de lieux dans les scènes de l'œuvre qui compose La Comédie Humaine.

C'est oublier un peu vite, ou même ignorer, qu'Honoré de Balzac fut un grand voyageur et qu'il engrangea, surtout dans sa période d'écrivain en devenir, des images qu'il restitua, dans pratiquement tous les romans qu'il écrivit, plaçant ça et là de nombreuses réminiscences géographiques, contextuelles, situationnistes, portraiturant quelques uns des personnages qu'il côtoya.

Ainsi au cours de l'année 1822, alors qu'il a vingt trois ans, Balzac rend visite à sa sœur Laure, mariée à un sieur de Surville, ingénieur des Ponts et Chaussées, et installée à Bayeux. Il y reste deux mois, se rend à Cherbourg, puis rentre à Paris. Arrivé en tant qu'étudiant en droit, comme l'atteste le registre des visas, il repart investi de la profession d'écrivain.

Un changement qui déterminera de façon notable son avenir.

Il avait écrit quelques romans sous pseudonyme, le succès tarde à poindre, n'empêche il a trouvé sa voie. Par la suite il se rendra à Alençon, à Rouen en tant que président de la Société des gens de lettres, au Havre. Un parcours dont il nourrira son œuvre plus qu'il y paraît.

Un ouvrage de référence, attrayant à plus d'un titre, comportant outre une riche iconographie d'époque ou actuelle, d'abondants exemples, qui redonne le goût de redécouvrir Balzac à travers des romans tels que Modeste Mignon, Le cabinet des antiques ou autre César Biroteau.

 

Il existe une version numérique de cet ouvrage à 6,49€.

 

Gérard POUCHAIN : Balzac en Normandie. Editions CORLET. Parution mars 1997. 178 pages.

ISBN : 9782854805505

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 04:44

Sur l’écran noir de mes nuits blanches…

Deux ouvrages du siècle dernier sur Quentin Tarantino.
Deux ouvrages du siècle dernier sur Quentin Tarantino.

Deux livres consacrés à Quentin Tarantino sont parus à quelques semaines d'intervalle chez Méréal et au Fleuve Noir en 1998.

Le premier est signé Yannick Surcouf, descendant du fameux corsaire d’empire et grand reporter-photographe - information donnée par l’éditeur -, le second est écrit par Jean-Pierre Deloux, que les habitués de la revue Polar connaissent bien pour ses articles fouillés, sérieux et précis.

Quentin Tarantino, phénomène éphémère ou gloire durable, nous le verrons et saurons à l’usage. En quelques films il est devenu une véritable coqueluche, soit comme réalisateur, soit comme acteur.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Quentin Tarantino sans avoir jamais osé le demander, vous l’apprendrez dans ces deux études différentes et complémentaires, quoique parfois des similitudes existent.

Construit comme un dictionnaire, l’ouvrage de Yannick Surcouf se décline en trois parties principales comportant de nombreuses illustrations.

Celui de Jean-Pierre Deloux se divise en séquences axées sur une importante biographie, l’étude des films que Q. T. a réalisé ou dont il est le scénariste et un article de fond suivi d’un entretien.

Mais il est bizarre de retrouver certaines analogies dans la manière d’expliquer le phénomène Tarantino dans ces deux livres. Jusqu’aux remerciements qui sont adressés pratiquement aux mêmes personnes dans un style similaire.

Faut-il en déduire que Jean-Pierre Deloux et Yannick Surcouf seraient le même et unique auteur ? Et oui ! .

 

Jean-Pierre Deloux : Quentin Tarantino, fils de pulp. Editions Fleuve Noir Hors Collection. Parution 22 juin 1998. 270 pages. ISBN : 978-2265065208

Yannick Surcouf : Quentin Tarantino, d’Alabama à Killing Zoé. Collection Mything. Editions Méréal. Parution mars 1998. 192 pages. ISBN : 9782909310701

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Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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