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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 09:03

Abraham Lincoln, président ? Mais pas que…

Abraham LINCOLN : Le mystère Trailor

En général, je lis les préfaces avec un certain recul, car cela ne présente la plupart du temps aucun intérêt. En effet, le scripteur a plus tendance à se mettre en avant, à parler de lui plutôt que d’apporter des éléments novateurs concernant l’auteur et son texte.

Naturellement, tout le monde sait, sauf la nouvelle espèce d’ignares, comme le précise le préfacier, qui arguent du fait qu’ils n’étaient pas nés, que Lincoln fut président des Etats-Unis deux fois mais n’alla pas jusqu’au bout de son second mandat par la faute de son engouement pour le théâtre. En effet il fut assassiné dans le Théâtre Ford, et non dans une automobile comme le nom pourrait le laisser supposer, d’une balle dans la tête le 14 avril 1865. Balle tirée par un Sudiste médiocre comédien, mais qui réussit sa sortie.

Faut-il y voir une relation de cause à effet, le général Robert Lee venait de signer sa reddition à Appomattox le 9 avril, soit quelques jours auparavant. Les mois d’avril sont meurtriers comme chacun sait. Le fameux Lee sudiste qui, à la tête des Confédérés, avait combattu l’abolition de l’esclavage prônée par Lincoln. Il en reste des traces encore de nos jours. Sans oublier que Lincoln fut le premier président républicain, un nouveau parti qui venait de se créer et qui depuis a bien mal tourné. Mais nous ne referons pas l’histoire, nous ne sommes pas mandatés pour.

Revenons donc à Lincoln qui lorsqu’il écrivit ce texte était en bonne santé. Autodidacte, il apprend seul le droit et devient avocat itinérant. Et ce fameux mystère Trailor ne pouvait le laisser insensible. Il en a tiré un texte qui pourrait s’apparenter à une nouvelle criminelle ou à un article journalistique, publié le 15 avril 1846, reprenant les faits, les décortiquant, les analysant et surtout s’interrogeant sur la possibilité de la Justice de rendre un verdict à l’encontre de présumés coupables, reposant sur des témoignages aléatoires, des rumeurs, des aveux peut-être extorqués, et en l’absence de corps. Mais qu’est-ce que ce mystère Trailor ?

En ce printemps 1841, les trois frères Trailor, qui vivent séparément à Springfield, petite ville située dans l’Illinois, ou dans ses environs, se retrouvent un beau (?) jour. Puis ils partent, accompagnés d’un nommé Fischer, lequel est le voisin d’un des frères, pour une promenade en voiture. A cheval je précise. Lorsqu’ils reviennent dans la soirée, un par un, le dénommé Fischer manque à l’appel. Ils s’engagent à le rechercher le lendemain, mais leurs démarches restent vaines. Les jours suivants aussi. Les suspicions des voisins, puis des habitants, puis des journalistes font qu’ils sont soupçonnés puis accusés de meurtre, mais sans qu’aucun cadavre vienne confirmer les allégations.

Pour la suite, je vous renvoie à la préface de Claude Mesplède puisque celui-ci dévoile malicieusement l’épilogue, un système intéressant pour le lecteur qui économise du temps et peut se vanter de connaître la solution, ou presque, sans avoir lu le texte. Mais il s’agit d’un fait-divers authentique que vous connaissez peut-être déjà, même si vous n’étiez pas né à l’époque.

Le fait que le texte français soit suivi du texte original, en américain, réjouira les anglophones, ou plutôt les américanophones, qui pourront lire cet article en version originale, et par la même occasion me préciser ainsi du bienfondé de cette phrase : L'accusation fit une pose. Personnellement, je pencherais pour : L’accusation fit une pause. A moins qu’il y ait une pause pour prendre une pose photographique, par exemple. Je sais, je suis un pinailleur, sans pour cela tromper ma femme.

Quoiqu’il en soit, ce texte, débarrassé de fioritures stylistiques, pose la question fondamentale d’un jugement reposant uniquement sur des intimes convictions. Ce qui peut entraîner, et cela est arrivé à moult reprises et encore dernièrement, à emprisonner de présumés coupables alors qu’ils sont innocents.

 

Abraham LINCOLN : Le mystère Trailor (The Trailor Murder Mystery. Traduction de Franq Dilo). Préface de Claude Mesplède. Collection Noir sœur/Perle noire. Editions Ska. Parution 2 novembre 2015. 33 pages. 2,99€. Edition bilingue. Ebook.

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 13:12

Vingt ans, le bel âge paraît-il. Et pas question

d’arrêter en cours de route.

Revue Rocambole N°80 : La vérité sur le « Rocambole ».

Ce numéro 80, qui salue les vingt ans d’existence de la revue Le Rocambole, est l’opportunité rêvée de la part des rédacteurs pour faire le point sur le travail accompli et sur ce qu’il reste à défricher.

C’est-à-dire tout ou presque, car la littérature populaire est si riche, depuis sa naissance que l’on ne peut dater exactement, tant les auteurs et leurs ouvrages peuvent aussi bien être considérés du domaine populaire que du classique, que l’on sait que l’on n’en verra jamais le bout, et c’est un peu cette somme de travail qui motive les troupes rédactionnelles.

Combien de découvertes et de redécouvertes au cours de ces quatre-vingts numéros, de territoires explorés, de mises au point, d’hommages, d’envies et de passion.

Daniel Compère dans son Tour du Rocambole en 80 numéros en précise la naissance, détaille les différentes approches effectuées tout au long de ces vingt années d’existence, que ce soit dans les dossiers consacrés à un auteur, une tendance, une analyse approfondie des médias, les journaux du XIXe et début XXe siècle, les éditeurs aujourd’hui disparus qui ont contribués à mette en valeur des romanciers devenus célèbres, les thèmes romanesques ou théâtraux, le contexte dans lesquels ces romans ont été rédigés, les illustrateurs qui souvent ont joué un rôle très important pour ne pas dire primordial dans le succès de certains ouvrages, ou que ce soit dans ce que l’on pourrait appeler les annexes : les Révélations du Rocambole qui ont permis de peaufiner quelques pseudonymes, d’en dévoiler d’autres, d’en confirmer ou infirmer certains. La Malle aux docs, Le Front populaire qui est un recensement des différents événements, parutions externes, de rééditions parfois confidentielles, les Varias, la Revue des autographes, et surtout, pour moi, la présentation d’auteurs méconnus et la publication de quelques-unes de leurs nouvelles publiées dans des journaux d’époque et qui n’ont jamais été rééditées ou publiées en recueils.

Et dans cette livraison, Jean-Luc Buard nous entretient d’André Birabeau qui signa également Beauby, et nous propose trois courtes nouvelles qui relèvent bien du genre populaire, avec des fins à chute. Le tout en une narration vivante, dénuée de vulgarité ou de violence, toute en finesse, et humoristiques, voire sarcastique et ironique. La première, La Profession imprévue, met en scène un pauvre hère, un mendiant parisien, qui cherche à se suicider en se jetant d’un pont tout en essayant d’attirer l’attention d’un passant. Cette historiette m’a fait penser à Boudu sauvé des eaux, pièce de théâtre à l’origine de René Fauchois avant d’être adaptée en 1932 par Jean Renoir pour le cinéma. A la différence près que la pièce de théâtre n’a été écrite qu’en 1919 tandis que la nouvelle d’André Birabeau fut publiée en 1916. Suivent De l’assassinat considéré comme une entreprise commerciale et Souvenir.

C’est par hasard que Jean-Luc Buard a découvert cet auteur et ces textes, comme bien souvent, en épluchant les journaux, Le Rire, le Journal, Le Matin, Fantasio, et bien d’autres, pour des recherches qu’il effectuait concernant Marie Aycard et Maurice Level. Mais la découverte d’un texte, d’un auteur, fournissent au chercheur passionné des pistes nouvelles, et c’est ce travail de dépouillement que Jean-Luc Buard nous narre, via des microfilms, des publications de la BnF et de Gallica et d’autres supports. Un travail de longue haleine, qui dure depuis près de trente ans et qu’il nous livre avec rigueur. Un article intitulé La littérature invisible et les aupopos, ce qui décrypté signifie que très souvent, les auteurs, et leurs textes, qui fournissaient des contes et nouvelles, voire des romans pour les journaux, n’ont pas l’heur d’être publiés en livres, ce qui fait qu’ils restent invisibles pour la plupart des lecteurs sauf lorsque d’heureuses initiatives, comme celle du Rocambole mais également d’autres éditeurs tel La Clé d’Argent, les exhument des limbes dans lesquels ils sont restés confinés durant des décennies. Quant aux Aupopos, il s’agit tout simplement des Auteurs Populaires Potentiels, un clin d’œil à l’Oulipo et son petit frère l’Oulipopo.

Je pourrais signaler également l’article d’Alfu et Francine Delauney, les publications romanesques dans la presse samarienne, c’est-à-dire du département de la Somme. Vingt trois journaux ont été consultés, ce qui prouve la vitalité de la presse de province d’avant-guerre mais qui ont connu des fortunes diverses, un millier d’auteurs encore célèbres ou totalement méconnus de nos jours. Et il est intéressant de remarquer, d’après le tableau qui figure dans l’article que tous ces romanciers ou nouvellistes ne furent pas logés à la même enseigne. Un constat édifiant. Par exemple, en tête de liste Jules Mary figure pour 54 titres dans 10 journaux, suivi de Max du Veuzit pour 34 titres dans 7 journaux, mais que Jules Verne, pourtant marié avec une Amiénoise et s’installant dans ce département en 1872, n’aura que 12 titres publiés dans 2 journaux.

Un article riche d’enseignement à divers… titres.

Bien d’autres articles complètent cette revue mais il faut garder une part de mystère, comme les bons vieux romans-feuilletons.

J’aimerai juste signaler une dernière petite chose. 18,00 € pour 176 pages, d’accord, mais la police de caractère est très petite, un peu comme ça : Après vingt années de publication de Rocambole… Ce qui pour une police de caractère plus conséquente doit avoisiner au moins les 250 pages. Une estimation à vérifier.

A signaler également que l’adhésion simple est de 49,00€ pour 4 numéros par an, dont un numéro double, ce qui fait 3 revues en réalité mais le numéro double, comme son nom l’indique comporte le double de pages, donc pas d’arnaque.

Et vous pouvez adhérer, ce qui est fortement conseillé, en vous rendant sur le lien ci-dessous :

 

Quelques chroniques sur le Rocambole afin de vous démontrer la diversité des thèmes abordés et traités :

Revue Rocambole N°80 : La vérité sur le « Rocambole ». Ouvrage dirigé par Alfu & Daniel Compère. Un volume broché, 14 × 20 cm. Parution octobre 2017. 176 pages. 18.00 €.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 09:46

Cette année, la revue Le Rocambole fête ses vingt ans d’existence et le numéro 80 vient de paraître.

Le Rocambole N° 13 : Gustave Aimard.

L’occasion, avant de s’attarder sur cette nouvelle livraison, pour nous pencher quelque peu sur d’anciennes publications, toujours disponible.

Un dossier consacré à Gustave Aimard (et non Jean comme certains pourraient le croire), écrivain, romancier mais surtout aventurier. C’est dire si ce qu’il a écrit n’est pas vraiment de la fiction mais des tranches de vie améliorées.

D’ailleurs les historiens de cet auteur un peu perdu de vue ne s’y trompent pas. Ils traquent au détour des pages le réel de la fiction, le vécu de l’imaginaire. Un travail en profondeur car le terrain était en friche et il leur a fallu démêler un véritable fil d’Ariane. Qu’en soient remerciés ici Thierry Chevrier, le maître d’œuvre de ce dossier mais également James Cartier.

Ce travail en profondeur n’est pas une apologie, genre tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, mais sait discerner aussi les lacunes, les ambiguïtés, les fautes de styles et même les imputations de plagiat.

Parmi les autres articles qui composent le sommaire de ce numéro je retiendrai une lettre d’un lecteur américano-russe qui a vibré à la lecture des aventures d’Angélique, Marquise des Anges. Pour beaucoup cette saga est devenue quelque peu bon enfant, mais dans les années cinquante et soixante, ce fut un véritable raz de marée, un best-seller avant la lettre, paru en feuilleton dans les journaux à grand tirage de l’époque, France-Soir par exemple, et ce fut également un succès cinématographique remis souvent à l’honneur par des rediffusions télévisées.

Le succès d’une série suscite parfois des jalousies, c’est peut-être pour cela qu’Angélique Marquise des Anges et les onze ou douze autres volumes qui constituent cette saga historique semble aujourd’hui boudée, pour ne pas dire dédaignée.

 

Ce numéro de la revue Rocambole peut être commandé chez tous les libraires, dignes de ce nom, ou directement sur le site du Rocambole.

Le Rocambole N° 13 : .Gustave Aimard. Un volume broché, 14 × 20 cm. 176 pages. Parution hiver 2000. 14.00 €.

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 10:07

Le papa de Rouletabille et de Chéri-Bibi qui eut tout de même bien d’autres enfants…

ALFU : Gaston Leroux, parcours d’une œuvre.

En créant la collection Références en 1996, Alfu souhaitait proposer de mettre à la portée de tous, dans une présentation claire, l’essentiel des connaissances sur un auteur et son œuvre.

Une entreprise louable qui compte aujourd’hui à son catalogue vingt titres mais qui semble être en hibernation prolongée. Dommage, car Raymond Chandler, Jean-Patrick Manchette, Dashiell Hammett, Jules Verne, Herbert-George Wells, Léo Malet, entre autres, ont eu l’honneur d’être disséqué.

Mais pour autant, comme ces titres sont toujours en vente, notamment sur le site de l’éditeur, tout amateur curieux et désireux de parfaire ses connaissances y trouvera son compte.

 

Le premier volume de cette collection est consacré à l’un des maîtres de la Littérature Populaire qui, à l’instar de bon nombre de ses confrères, Zévaco et Simenon notamment, débuta dans le journalisme. La littérature populaire, Gaston Leroux la revendiquait, mais pas n’importe comment. D’ailleurs il préférait l’appellation Roman d’aventures.

J’ai toujours apporté le même soin à faire un roman d’aventures, un roman-feuilleton, que d’autres à faire un poème. J’ai eu comme ambition de relever le niveau de ce genre si décrié.

Evidemment, le fait d’écrire des romans populaires à succès ne plaisait pas à tout le monde, surtout aux représentants d’une littérature académicienne et ennuyeuse.

Déjà, en 1909, Gaston Leroux avait réglé ses comptes avec l’Académie Française en publiant Le Fauteuil hanté. Dans ce roman trois habits verts décèdent coup sur coup d’une mort mystérieuse. Les candidats ne se pressent pas pour poser leur arrière-train sur les fauteuils des manquants et le secrétaire perpétuel n’a pour seul recours de se rabattre sur un nommé Lalouette. Or cet écrivain dicte ses livres car il ne sait ni lire ni écrire.

En 1920, un différend l’oppose à l’académicien Marcel Prévost, qui siège sous la coupole depuis 1909. Cet écrivain, qui était fort renommé à l’époque, n’appréciait pas le roman d’aventures et il le faisait savoir avec force, ne ménageant pas ses diatribes. En réponse à ces attaques, Gaston Leroux répondit, en insistant sur plusieurs sujets qui lui paraissent primordiaux :

Mon avis est que si le roman d’aventures, dénué de toute psychologie, est la chose la plus méprisable du monde, le roman psychologique dénué de toute aventure est bien, de son côté, l’œuvre la plus ennuyeuse, la plus insupportable, la plus vaine, la plus inutile et la plus haïssable qui soit, car, après avoir fait mourir d’ennui le lecteur, il ferait mourir le « roman » lui-même, qui est le genre de littérature le plus charmant que l’on ait pu imaginer pour la distraction et le délassement des esprits, les plus simples comme les plus cultivés.

Qui dit mieux ?

 

Cet ouvrage, Gaston Leroux, parcours d’une œuvre, est scindé en huit parties d’inégales longueurs. Après son introduction, Alfu s’attache à la biographie de Gaston Leroux en survolant trois étapes : Enfance et adolescence normandes, le journaliste parisien puis le romancier niçois.

Ensuite, la plus longue partie de ce volume nous propose de mieux comprendre l’homme et son œuvre dans Une œuvre double, laquelle est décomposée en cinq sections, elles-mêmes fractionnées en plusieurs sous-chapitres. Un choix d’écriture qui se traduit par une lecture aisée, aérée. Je ne vais pas vous les citer toutes, mais vous en présenter quelques-unes, révélatrices du romancier et de son parcours.

Ainsi dans Trois périodes, Alfu revient sur les trois périodes qui ont jalonné cette courte vie puisque Gaston Leroux est décédé d’une embolie suite à une intervention chirurgicale, alors qu’il n’avait pas encore atteint ses soixante ans : L’enfance et l’adolescence, le journaliste puis le romancier. Ensuite c’est Une âme de journaliste qui est analysé, sachant que dans ses romans Gaston Leroux a mis beaucoup de lui et de ses expériences. Il n’est pas anodin que Rouletabille soit un journaliste, par exemple. Mais Gaston Leroux était également un joueur, au propre comme au figuré.

 

Une autre partie non moins intéressante est la bibliographie commentée. Romans, nouvelles et ouvrages concernant son activité professionnelle de journaliste, des articles réunis dans des volumes comme L’agonie de la Russie blanche, sont disséqués en quelques lignes qui résument et éclairent ces textes.

Sans oublier une partie filmographie et bien d’autres articulets qui cernent et font le tour de la production de Gaston Leroux et mettent en valeur la personnalité de l’écrivain-journaliste homme de théâtre et de cinéma.

Un ouvrage que j’oserais qualifier d’indispensable pour aider à mieux comprendre l’œuvre de Gaston Leroux et d’en appréhender les ressorts. Et pour ceux qui ne le connaissent pas ou ont survolé ses romans, de l’apprécier et de le relire.

Et pour vous faire une opinion sur la diversité de cette collection, retrouvez ci-dessous quelques liens :

 

Si Alfu déplore, avec justesse, qu’aucun ouvrage biographique n’avait été écrit sur Gaston Leroux, quelques articles ayant été publiés par-ci par-là, cet oubli a été réparé en 2003 avec la parution de Gaston Leroux ou le vrai Rouletabille par Jean-Claude Lamy aux éditions du Rocher.

ALFU : Gaston Leroux, parcours d’une œuvre. Collection Références N°1. Encrage éditions. Parution 10 septembre 1996. 128 pages. 9,00€.

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 08:02

Non, non, rien n’a changé
Tout, tout a continué…

JEAN-CHARLES : La foire aux cancres.

Dans son préambule, Jean-Charles écrit, attention accrochez-vous aux branches car ceci est tellement d’actualité qu’on oublie que l’ouvrage a paru en 1962 :

Si les lycées avaient des clochers, ils sonneraient sans cesse le tocsin. L’enseignement secondaire français traverse en effet une crise grave qui s’explique par plusieurs raisons.Nous sommes obligés de refuser des élèves, disent les proviseurs.

Les classes sont surchargées, se plaignent les professeurs.

On ne s’occupe que des élèves les plus doués, protestent les parents.

Cela commence bien, vous ne trouvez pas ? Et les cancres là-dedans ? Ils sont furieux. Et pourquoi sont-ils furieux ?

Moins, comme l’imaginent les parents, parce que l’on ne s’occupe pas d’eux que parce qu’ils se rendent compte de l’ineptie des programmes scolaires.

Naturellement la solution est toute trouvée : modifier les programmes scolaires. Plus facile à dire qu’à faire, vous en conviendrez, à moins de laisser ce soin à des technocrates qui n’y connaissent rien mais se font fort de trouver des réponses à ces questions angoissantes.

Le Ministre de l’éducation nationale a annoncé, lors de la dernière rentrée, la création d’une commission chargée de supprimer, dans les programmes scolaires, tout ce qui n’était pas essentiel… Sur quoi, on apprit, qu’en plus du reste, les élèves allaient avoir droit à des cours d’éducation civique.

Il a dû frapper fort sur son clavier de sa machine à écrire, Jean-Charles, en rédigeant cette critique qui ne manque pas de bons sens.

 

A l’école, les cancres rivalisent d’âneries, ceci est un fait avéré. Mais ils ont de qui tenir, car nos romanciers, et non des moindres ne furent pas en reste. L’on connait les célèbres bourdes littéraires de Ponson du Terrail, mais bien moins celles de Balzac :

Un commissaire de police répond silencieusement : Elle n’est point folle.

Ou encore de Prosper Mérimée :

Enfin, mettant la main sur ses yeux comme les oiseaux qui se rassurent…

Les traducteurs n’échappent pas non plus aux erreurs. Florian, dans sa traduction de Don Quichotte affirme :

Ces belles qui, toujours sages, couraient les champs sur leurs palefrois et mourraient à quatre-vingts ans tout aussi vierges que leurs mères…

 

Il ne faut pas croire que ce livre n’est qu’une recension de bons mots, d’à-peu-près, de réponses désopilantes, de perles d’incultures qui auraient fait les délices de Ray Ventura et ses Collégiens qui ont chanté Le Lycée Papillon, une chanson de Georgius, mais il s’agit bien d’un véritable réquisitoire sous forme de diatribe, pour la défense de l’enseignement et des enseignants.

 

Ainsi peut-on lire, page 81 de la présente édition :

Je ne vais pas cependant jusqu’à prétendre qu’il faut remplacer les professeurs par des machines. … Nous savons que rien ne remplace un excellent professeur. Malheureusement il y a de moins en moins d’excellents professeurs. Pourquoi ? Je l’ai déjà dit : parce qu’ils ne sont pas assez payés. Un homme est un homme, disait ma grand-mère. Que l’on essaie donc de rétribuer les médecins de campagne au même tarif que les instituteurs et de payer les cardiologues et autres spécialistes comme les professeurs de faculté, on verra alors si le niveau de la médecine française ne diminue pas.

 

Ceci mérite réflexion, n’est-ce pas ? Mais il semble que le niveau intellectuel des hommes, et femmes, politiques a baissé plus vite et plus profondément que celui des étudiants et du commun des mortels. Et de nos jours, tous les ans on nous informe que des changements vont intervenir à chaque rentrée, que de nouveaux programmes vont être appliqués, avant d’être expérimentés, et qu’il y aura de plus en plus de bacheliers, la France en a besoin.

Comme l’écrit Jean Failler dans Mary Lester et la mystérieuse affaire Bonnadieu :

Les examinateurs ne paraissent plus aussi exigeants qu'autrefois, quand ils éliminaient impitoyablement nos grands-parents pour cinq fautes dans une dictée de certificat d'études. Si vous voyiez les rapports que rédigent certains de ces bacheliers ces dernières couvées !

 

Alors que bon nombre d’animateurs télé ou radio, de comédiens, de romanciers, de chefs d’entreprises, voire d’hommes politiques se vantent, s’enorgueillissent d’avoir été des cancres à l’école, il est désolant de constater que des BAC +3, 4, 5, frappent, sans succès, à la porte de madame Paule Emploi.

Il serait bon que cet ouvrage, dont la dernière édition remonte à 1999, soit réédité, et fourni à nos braves députés et ministres, afin de leur donner un sujet de réflexion, ce qui les occuperait au lieu de pondre des lois qui n’ont aucun sens, et répondre n’importe quoi lors des interviews. N’est-ce pas monsieur Emmanuel Macron, qui déclarait le 26 mars dernier :

Ce qu'il se passe en Guyane depuis plusieurs jours est grave. C'est grave en raison des débordements. Mon premier mot est celui d'un appel au calme parce que, je crois que bloquer les pistes d'aéroport, bloquer les décollages, parfois même bloquer le fonctionnement de l'île ne peut être une réponse apportée à la situation.

JEAN-CHARLES : La foire aux cancres. Editions Calmann-Lévy. Parution 1962. 220 pages.

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 08:43

Lady Day, un fruit étrange...

Billie HOLIDAY : Lady sings the blues.

Eleonora aurait pu s’appeler Cendrillon, tant sa jeunesse, son adolescence, sa vie même, seront calqués sur cette héroïne de conte pour enfant. Mais aucun prince charmant ne lui offrira une paire de chaussures de vair, et les souliers vernis qu’elle portera, elle se les aura achetés avec ses propres deniers.

Mais avant de devenir Lady Day, sobriquet affectueux donné par Lester Young, qu’elle même avait surnommé Prez, Billie Holiday, puisque c’est bien d’elle dont il s’agit, aura connu bien des déboires, des misères, des incidents, des viols, des enfermements en maison de redressement, la prison, des brimades familiales, des injures raciales, puis la drogue, toutes choses dont un enfant ne possédant pas sa force de caractère, aurait eu du mal à se relever.

Dès sa naissance, cela s’était mal engagé. Sa mère n’avait que treize ans, son père quinze, et quand ils se sont mariés, Billie en avait trois. Son père rêvait d’être trompettiste mais les aléas de la guerre firent qu’il rentra gazé, les poumons en capilotade. Il se reconverti en guitariste, et au bout de quelques temps trouva un engagement dans l’orchestre de Fletcher Henderson. Sa mère obligée pour gagner son pain, travailla comme boniche, et la confia à la cousine Ida, laquelle avait déjà deux enfants et vivait avec les parents et l’arrière-grand-mère.

Outre les tabassages répétés que la cousine Ida ne manquait pas de lui infliger pour n’importe quelle raison, la plupart du temps sans raison valable, le premier grand choc qu’eut Billie fut de se réveiller coincée dans les bras de l’arrière-grand-mère morte. Afin de se faire un peu d’argent elle lava les perrons blancs des bourgeoises blanches. Lorsqu’elle a commencé à chanter, ce fut pour des picaillons, mais elle courra toujours après l’argent, même lorsque les cachets devinrent conséquent. Faut dire qu’elle se laissait arnaquer naïvement, fallait qu’elle paie sa chambre, ses repas, ses tenues de gala, ses déplacements. Et ce ne sont pas ses enregistrements qui lui assuraient un pécule.

Les faces enregistrées étaient payées au compte gouttes, à la séance, et après, lorsque les disques marchaient bien, avaient du succès, c’étaient les compagnies qui empochaient. Les musiciens, les chanteurs ne touchaient pas de royalties. Et nous étions loin du piratage Internet dénoncé actuellement par les majors.

Elle se sera produit avec les plus grands orchestres et musiciens, Benny Goodman, Lester Young, Ben Webster, Louis Armstrong, et tant d’autres. Dans des clubs huppés ou minables, parfois à sa grande honte. Ne lui a-t-on pas demandé un soir de se foncer la peau car elle était jugée trop claire aux yeux d’un propriétaire de club, en comparaison de ses musiciens.

Le racisme du Sud et du Nord, différents dans leur approche mais tout aussi inconvenant, blessant, désobligeant, offensant, choisissez le qualificatif il ne sera jamais assez fort, elle le subira tout au long de sa vie.

Née le 7 avril 1915, décédée le 17 juillet 1959, Billie Holiday aura vécu un enfer, et succombera d’abus de stupéfiant et d’alcool. Heureusement il restera les disques qu’elle a enregistrés, avec son orchestre ou avec des partenaires prestigieux, et en les écoutant, après avoir lu ce livre, on ne pourra s’empêcher d’être ému et révolté par tout ce qu’elle a enduré. Un véritable roman noir, dans tous les sens du terme, même si ce n’est qu’une biographie.

Billie HOLIDAY : Lady sings the blues. Collection Eupalinos ; Editions Parenthèses. Récit recueilli par William Dufty . Traduit de l’américain par Danièle Robert. Première parution janvier 2002. Réimpression 2013. 12,00€.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 05:33

Sur la route des souvenirs...

François DARNAUDET : Boris, ses motos, les Bardenas et autres déserts....

Ne cherchez pas dans ce texte une intrigue policière, une utopie science-fictionnesque, une évasion fantastique. Non, juste un cri d'amour sous forme de rédemption, un palliatif à la douleur, une façon de retrouver par des images, par des souvenirs, des instants de vie. Et surtout de dompter un sentiment de culpabilité qui ronge, qui gangrène, de modérer un manque, une disparition.

 

Boris, le fils de l'auteur, a voulu tester les lois de la gravité le 30 août 2015, en sautant du haut du viaduc de Collioure. Mais comme Icare il s'est mal réceptionné, laissant un grand vide auprès de ses parents et ses amis.

Ses motos, c'est surtout sa Honda CB 500 rouge, celle avec laquelle il effaçait les cercles de peur de ses pneus. Et afin de ne pas être en infraction avec la code de la route, il portait un casque. Seulement le casque, comme la casquette, cela comprime le cerveau, cela met la pression. A tel point qu'il était atteint de dépression.

Les Bardenas, c'est une région désertique du nord de l'Espagne, au sud de la Navarre. Un désert qui ressemble étrangement aux paysages mythiques de l'Ouest américain comme Monument Valley.

Les autres déserts évoqués dans le titre ? Le désert affectif ressenti après la disparition brutale de Boris. Le désert d'une présence filiale, d'une connivence littéraire également.

 

François Darnaudet raconte avec pudeur ce passage à vide puis le moment où il a enfourché la moto de Boris, retrouvant des sensations de jeunesse, et parcourant de Collioure jusqu'aux Bardenas, en passant par Andernos, effectuant un trajet émotionnel, purificateur, thérapeutique, comme un exutoire physique à une douleur. Autre exutoire, l'écriture, avec laquelle l'auteur peut soulager sa peine, du moins essayer, et qui se concrétise par la parution de ce texte.

Un texte humain qui permet de se retrouver, de surmonter sa douleur, peut-être, mais aussi de communiquer avec ceux qui ont subi ce genre de traumatisme et de faire comprendre à ceux pour qui la vie et le destin se sont montrés indulgents qu'ils risquent eux aussi un jour de connaître la perte non programmée d'un être cher.

Pour découvrir littéraire de Boris Darnaudet, je vous propose quelques liens.

François DARNAUDET : Boris, ses motos, les Bardenas et autres déserts.... Parution le 17 avril 2017. 76 pages. En vente sur Amazone. Version papier (conseillée) : 6,50€. Existe en version numérique.

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 05:16

Hommage à Roger Moore, décédé le 23 mai 2017.

Roger MOORE: Amicalement vôtre. Mémoires.

“ Le 14 octobre 1927, peu après minuit, Lily Moore, née Pope, mit au monde un petit garçon de 58,4 centimètres à la maternité de Jeffrey Road, dans le quartier de Stockwell, au sud de Londres. Georges Alfred Moore, mon père, agent de police au commissariat de Bow Street, avait vingt trois ans. Ça, c’est qu’on m’a raconté. J’étais bien évidemment trop jeune pour me souvenir d’un jour aussi capital que celui de ma naissance. Je fus baptisé Roger Georges Moore et restai fils unique. Dès leur première tentative, mes parents avaient atteint la perfection. A quoi bon recommencer ? ”

Ces premières lignes de la biographie de Roger Moore donnent le ton. L’humour est omniprésent dans le voyage organisé de ses vies. Vies familiale et cinématographique, petits accrocs et grandes joies qu’il aborde avec tact. Le personnage des séries télévisées ou de cinéma ressemble à l’homme. Elégant, raffiné, charmeur, quelque peu aristocrate, il privilégie la distinction aussi bien en paroles qu’en actes mais surtout il se conduit en gentleman. Il se campe avec autodérision, et narre avec une jubilation certaine les blagues d’adolescent pré pubère dont ses partenaires subissent les conséquences. Lorsqu’il a été trop loin, il reconnaît son erreur et se promet de ne plus recommencer. Il ne dit jamais de mal de tous ceux qu’il a pu côtoyer au cours de sa carrière. D’ailleurs il affirme “ J’ai toujours pensé que si l’on a rien de gentil à dire sur quelqu’un, il vaut mieux se taire ” (page 279). L’élégance même vous dis-je.

Le père de Roger, qui était un acteur amateur doué, aimait mettre en scène des pièces de théâtre et réaliser les décors. C’était également un bon musicien et un magicien tout à fait honorable. Et comme il aimait aller au cinéma en compagnie de sa famille, tout était réuni pour que le jeune Roger trouve sa vocation. Pourtant les débuts sont assez difficiles. Il travaille dans un studio d’animation, monte sur les planches, au théâtre des armées notamment en Allemagne durant son service militaire, puis fait de la figuration, de la doublure. Comme il faut assurer sa subsistance, il pose comme modèle pour des catalogues de tricots. Il joue de petits rôles et obtient un engagement pour interpréter Ivanhoé. C’est le début de sa carrière de Serial Actor. Suivront Le Saint assurant une certaine notoriété internationale puis Amicalement vôtre, série avec Tony Curtis, la consécration. Manquait à sa carrière de vrais premiers rôles dans des films de grand spectacle. La série des James Bond y pourvoira. Roger Moore sait aussi se montrer humaniste et les derniers chapitres, parfois poignants, de sa biographie le démontrent. Sous la carapace se révèle un homme engagé, sous la houlette de Audrey Hepburn, et milite depuis plus de quinze ans dans le cadre de l’Unicef. L’épilogue illustre le caractère facétieux de Roger Moore qui conclut par une pirouette : “ …On m’a souvent demandé quelle serait mon épitaphe. La réponse est simple. Comme je n’ai pas l’intention de mourir, je n’en aurai aucune !

Plus qu’une biographie, c’est une belle leçon d’optimisme et de philosophie.

Réédition des Editions de L’Archipel. Parution octobre 2008. Cahier photos 16 pages.

Réédition des Editions de L’Archipel. Parution octobre 2008. Cahier photos 16 pages.

Roger MOORE: Amicalement vôtre. Mémoires. Editions Archipoche. Parution octobre 2012. 450 pages. 8,65€. Avec la collaboration de Gareth Owen. Traduction de Vincent Le Leurch, Bamiyan Shiff et Christian Jauberty. Réédition des Editions de L’Archipel. Parution octobre 2008. Cahier photos 16 pages.

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 09:07

Bon anniversaire à Alfred Eibel, né le 5 avril 1932.

Alfred EIBEL : Jean-Bernard Pouy ou Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Jean-Bernard Pouy sans oser le demander.

Auteur ironique, iconoclaste, sarcastique, oulipoupien, Jean-Bernard Pouy s'est imposé dans le paysage polardien en quelques titres devenus, sinon des classiques, du moins des textes recherchés par bon nombre de fans.

Révélé par la bande dans le roman Very Nice paru chez Albin Michel dans la défunte collection Sanguine, grâce à la pertinence de Patrick Mosconi, et qui contenait deux œuvres, l'une due à Patrick Raynal, La clef de seize, l'autre étant Spinoza encule Hegel, titre prémonitoire sur les relations privilégiées de J.-B. avec toute une cohorte d'écrivains se réclamant de mai 68. Pouy atteindra la notoriété avec son deuxième roman, édité à la Série Noire : Nous avons brûlé une sainte.

Pouy, découvreur ou promoteur de talents, Pennac, Syreigeol, Benacquista, Dantec, Thiébaut, Pavlof, Fonteneau... s'est également investi en aidant de petites maisons d'éditions telles que l'Atalante, Clé, La Loupiote ou encore Baleine, créant le personnage récurrent et multi-auteur du Poulpe.

On connaît la partie immergée de Pouy et grâce à Alfred Eibel, on peut maintenant en apprécier la profondeur. Modeste, Pouy prétend qu'il ne se prend pas comme un écrivain, mais plutôt comme un auteur. Ce qui n'enlève rien, au contraire à son talent.

Pouy travaille dans la spontanéité de l'écriture, tout en jouant, tout en se lançant des défis, que les lecteurs ne comprennent pas toujours, privilégiant le fond à la forme. Défis singuliers pour un personnage pince sans rire qui ne l'est pas moins.

Outre l'entretien qu'il accorde à Alfred Eibel, Pouy nous parle du roman noir, de la vie, de ses coups de cœur, de ses agacements, en petites phrases choc, coups de poing assenés avec humour.

Pouy aimerait animer une émission de deux à trois minutes à la télévision, une rubrique parlant de tout et de rien. Pourquoi pas un nouveau Mr Cyclopède ? Il en possède le talent et le rire grinçant.

Un florilège de critiques parues dans différents médias et concernant ses romans étayent ce côté non dithyrambique qu'il cultive, reconnaissant ses erreurs ou ses faiblesses.

A sa manière Alfred Eibel dissèque par petites touches les ouvrages de J.-B., les ingérant, les digérant et nous les restituant sous forme de réflexions. Enfin une bibliographie exhaustive de Pouy recense tous ses romans, nouvelles, écrits divers (jusqu'à la parution de cet ouvrage qui date de 1996). Sans oublier la nouvelle inédite, reflet d'un Pouy de sagesse, défenseur ardent de la littérature populaire. Le tout agrémenté de photos, dessins et citations. Un livre qui se lit avec plaisir, et pour employer la formule consacrée, comme si c'était un polar.

Alfred EIBEL : Jean-Bernard Pouy ou Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Jean-Bernard Pouy sans oser le demander. Collection Mything. Editions Méréal. Parution mars 1996. 176 pages.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 13:44

Si vous voulez être écrivain, ayez des chats.

Aldous Huxley (1815-1895)

Boris MAYNADIER : Lovecraft. Sous le signe du chat.

La relation entre félidés et écrivains n'est plus à démontrer. Si l'un des exemples les plus connus, et les plus poilants, est celui de Paul Léautaud, il ne faut oublier Colette, et bien d'autres auteurs représentés photographiquement avec cet animal de compagnie affectueux, indépendant et solitaire.

Le chat est aussi un personnage important dans les contes, nouvelles et romans ou sert simplement de prétexte dans des titres évocateurs sans pour autant qu'il soit présent dans la narration. Le Chat botté, naturellement, de Charles Perrault, et plus près de nous, L'espion au pattes de velours de Les Gordon, Blues pour un chat noir de Boris Vian, Patte de velours de Frédéric Fajardie, Les contes du chat perché de Jacques Prévert, Félidés d'Akif Perinçi, et bien sûr le couple de chats Koko et Yom-Yom de Lilian Jackson Braun dans la série Le chat qui....

Et parmi les romanciers qui ont entretenus des liens particuliers avec les chats, on peut citer Lovecraft. Howard Phillips Lovecraft qui, quatre-vingt ans après sa mort, le 15 mars 1937, hante toujours les bibliothèques et les esprits. Et son influence auprès des romanciers n'est pas tarie.

Et les études, essais et autres, consacrés à ce grand fantastiqueur américain, foisonnent, car s'il a marqué de son empreinte l'imaginaire de grands romanciers, il n'a jamais été égalé dans sa vision pessimiste du monde.

Selon Joyce Carol Oates, dans The King of Weird, il a exercé une influence considérable sur les générations suivantes d'écrivains d'horreur.

S'inspirant des travaux de Gilles Deleuze et Félis Guattari, dont Mille plateaux dans lequel les deux auteurs définissent la notion de devenir-animal, Boris Maynadier livre une étude qui ne manquera pas d'intéresser les nombreux admirateurs de cet écrivain né le 20 août 1890,c'est-à-dire sous le signe du Tigre dans l'astrologie chinoise.

Le tigre, félin sauvage non apprivoisé et solitaire, s'est mué en chat et est devenu indissociable de l'œuvre, de la vie et de la philosophie de Lovecraft.

C'est ce que nous explique et démontre Boris Maynadier dans les différents chapitres intitulés :

HPL, devenir animal.

Le promeneur.

Le rêveur.

L'outsider.

Le gentleman.

L'amateur.

Le génie félin.

Notes et bibliographie.

A l'aide de nombreux extraits d'ouvrages, romans, nouvelles, poèmes et correspondances diverses avec notamment Frank Belknap Long ou Clark Ashton Smith, Bruno Maynadier illustre ses propos, comme des vignettes obligatoires qui révèlent l'auteur des Chats d'Ulthar, sans vouloir, comme le précise l'auteur de cet ouvrage, expliquer l'œuvre de Lovecraft par sa vie et inversement.

Je dois avouer que, même si j'ai lu quelques romans ou nouvelles signées Lovecraft, puis par son élève, ami et continuateur August Derleth, j'ai beaucoup appris grâce à cet ouvrage. Mais c'est à lire avec concentration, dans le calme et la sérénité, pas comme un roman. Enfin presque.

 

De Lovecraft et autour de Lovecraft :

 

Boris MAYNADIER : Lovecraft. Sous le signe du chat. Collection KhThOn N°4. Editions de la Clef d'Argent. Parution 3 février 2017. 62 pages. 9,00€.

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