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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 04:54

Un calendrier de l’Avent concocté par Miss Ska avec 25 papillotes à déguster !

COLLECTIF : L’année en pente raide.

Les nouvelles proposées dans ce nouveau recueil sont à savourer comme ces friandises que l’on dépiaute avec fébrilité et gourmandise, dans un joyeux désordre.

Mais ces petites gourmandises ne possèdent pas toutes le même goût. L’emballage ôté, elles pétillent, picotent sur les papilles, exhalant une perception de douceur ou au contraire d’amertume. La fraîcheur se mêle parfois à une sensation de fabrication déjà ancienne mais à laquelle un enrobage aurait été ajouté, afin de la rendre plus comestible en adéquation avec l’ensemble.

Elles ne possèdent pas la même couleur non plus. Le noir de la réglisse, le rose des marshmallows, le vert des bonbons mentholés, le bleu des dragées, le rouge des fraises tsoin-tsoin, sans oublier les bariolées.

Et comme pour les confiseries en général, si j’ai apprécié et dégusté avec plaisir certains de ces contes, d’autres m’ont laissé totalement indifférent. Mais comme il serait de mauvais goût de citer mes préférences, je m’abstiendrai également de nommer celles qui m’ont laissé sur ma faim. Loin de moi la prétention de dire ceci est bon, ceci est mauvais, chacun de nous possédant nos propres goûts. Donc pas d’avis laudateurs, et encore moins de mise à l’écart. Certains se complaisent à le faire, je laisse ce soin à des personnes qui se haussent du col, pensant que seul leur avis compte et qu’ils sont infaillibles.

Donc, pour une fois, pas de notices sur certaines de ces nouvelles, d’abord pour la simple et bonne raison que la présentation des vingt-cinq textes serait peut-être indigeste, et ensuite parce que je ne veux pas peiner ceux qui ne seraient pas sélectionnés.

Je vous propose donc un sommaire dans lequel vous retrouverez quelques confiseurs et chocolatiers que vous affectionnez, et vous découvrirez certainement de nouveaux talents.

Et puis, à quoi bon gloser plus longtemps, place à la lecture de ce recueil dont le titre m’a fait penser à Pierre Pelot avec son roman L’été en pente douce.

Juste une dernière petite remarque : Miss Ska vous a gâté pour Noël, car si l’on calcule bien, cela ne fait que 4 centimes la friandise. Pourquoi se gêner et se priver !

 

Sommaire :

Avant-propos de Miss Ska

ALFREDO Luis : Saint Sylvestre

BOUCAULT Marie-Claude : Masque en rade

BOUQUIN Jérémy : Sous le sapin

COULOMB Patrick : La légende des Hope People

DEBLAISE Philippe : Lie to me

DEMETZ Jean-Marc : Pères Noël

DESAUBRY Jeanne : Jérôme et Juliette

GUILHOT Brigitte : Histoire de croyance

LACROIX Marie : Après lui le déluge

LHARSOON Linné : Kali a de quoi faire

MADAMOUR Baptiste : Tu es le delta

MEMBRIBE Franck : Le sel de la mère morte

OBIONE Max : La ballade de Pango

PAQUET Régine : Un temps sens dessus dessous

PETROSKY Stanislas : Tu peux pas comprendre

PICQ Claude : Success Story

SADAUNE Roland : La vie en raccourci

SBRAGIA Vincent : Et maintenant ?

Mme SOLANGE : Les mots bleus

STUART Camille : #pas le bon

TOSCA Aline : Adapter sa jouissance selon les circonstances

TRIGODET Frédérique : Marcher, recommencer

VIDAL Gilles : C'est pas ça, la vraie life !

YUNG Eric : Promenade pour un fou

ZAMPONI Francis : Le grand-père Noël

 

COLLECTIF : L’année en pente raide. Nouvelles du bout de l’an 2020. Collection Noire sœur et Culissime. Editions Ska. Parution 24 novembre 2020. 131 pages. 0,99€.

ISBN : 9791023408430

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 05:11

J’ai la mémoire qui flanche,

J'me souviens plus très bien…

 

Franck MEMBRIBE : Reflux.

Allongé sur le sable, les cheveux dans les yeux, un inconnu sort de son évanouissement peu à peu, avec au-dessus de lui un hélicoptère en vol stationnaire.

Aussitôt surgit un marin-pompier, qui une fois son casque ôté, se révèle être une femme. Enza est docteur urgentiste et s’inquiète de l’intégrité physique de ce survivant, nu, d’un mini-tsunami qui a déferlé sur les côtes de l’île de Malu Entu, au large de la Sardaigne. Hospitalisé à Cagliari cet inconnu ne se souvient de rien, ni de son nom, ni dans quelles conditions il a échoué sur cette plage. Tout ce que peut lui dire Enza, qui s’occupe de lui comme une mère poule, elle l’a appris dans un journal français.

Il serait le seul survivant d’un groupe de ressortissants français qui s’étaient installés sur l’îlot et ont été emportés par un mini tsunami.

Information qui n’apporte pas grand-chose à notre inconnu qui l’est aussi pour lui-même.

Enza lui propose de l’héberger dans un appartement attenant à la maison de sa mère à Torre Del Pozzo dans la province d’Oristano. Elle pense qu’il se reconstruira mieux qu’en restant confiné à l’hôpital. Suggestion qu’il accepte sans barguigner.

Sa photo est publiée dans les médias ce qui déclenche quelques résultats contradictoires. D’après le directeur des relations humaines (qui souvent sont inhumaines) d’une banque suisse, il serait l’un de leurs employés du nom d’Edwin Salmantin, basé dans le Sud de la France. Une nouvelle qu’elle s’empresse de lui signifier tout en lui apportant une caisse étanche qui sert aux marins pour conserver au sec quelques objets et qui a été retrouvée. Il se souvient immédiatement de la combinaison permettant d’ouvrir le caisson et en sort des carnets noirs et une clé USB.

Se promenant dans les environs, il est abordé par un petit homme qui affirme savoir qui il est l’appelant monsieur Wantmins et lui tendant un livre qu’il veut se faire dédicacer. Edwin serait donc écrivain. Peu à peu ses neurones reconstituent sa mémoire, tel un puzzle dont certaines pièces seraient manquantes. Il serait également le promoteur d’une sorte de jeu, calqué sur jeu de téléréalité, ayant recruté des participants pour cette île à tente à si on

Enza lui narre que cette île est revendiquée par un illuminé qui a proclamé l’indépendance de Malu Entu, désirant bouter hors de la Sardaigne les Italiens qu’il abhorre.

Mais Enza, tout en aidant Edwin, nous nous en tiendrons à ce prénom car les divers alias de son patient sont trop nombreux pour être déclinés, découvre qu’elle aussi vit depuis des années dans une sorte de brouillard familial.

Edwin est réellement un romancier ayant connu le succès auprès d’une certaine catégorie de lecteurs, mais il a été atteint de ce que l’on nomme syndrome d’épuisement, et tout ce qu’il a fait, vécu, réalisé, comploté depuis, découle de ce que des snobs en martyrisant la langue française appelle burn out.

 

Dans ce roman à deux voix, celles d’Enza et d’Edwin, qui narre le long chemin de reconstruction de la mémoire, puis lorsque celle-ci est à peu près reconstituée, décrit les événements qui ont amené cet effacement, le lecteur ne manquera pas de s’intéresser à l’un des aspects majeurs qui a fait basculé, peu ou prou, Edwin dans ce syndrome.

L’auteur, Franck Membribe, par la voix de son héros, jette une pierre dans le système de l’écriture de scénarios télévisés français, par des scénaristes patentés du milieu parisien en manque d’imagination et de créativité. Notamment au travers de ces séries qui durent des années sur les petites lucarnes et dont les épisodes sont rédigés par une véritable usine de scénaristes.

Mais également sont évoqués les éditeurs qui mettent la clé sous la porte après la parution d’un livre, laissant l’auteur se débrouiller avec le stock qu’il rachète afin que cela ne soit pas broyé par le pilon. Et les plateformes numériques soi-disant spécialisées qui s’accaparent les ouvrages pour rien, ou presque, et qui se soldent par Autant de téléchargements en une année que de doigts sur une main !

Des digressions, certes, mais qui sont importantes afin de comprendre ce qui a motivé Edwin dans ce qu’il a entrepris. L’histoire d’Edwin et celle d’Enza se rejoignent, et les deux amis deviennent solidaires après avoir été solitaires, même si Edwin a eu femme et enfant. Et l’on peut mettre en parallèle le parcours d’Edwin et de Franck par quelques similitudes professionnels.

On s’arrête là car je finirai par réécrire ce roman remarquable, trop peut-être, ce qui a sûrement rebuté les fameux éditeurs germanopratins qui auraient pu (dû ?) l’inscrire à leur catalogue.

 

Edité également en version numérique chez Ska, collection Noire sœur, au prix de 4,99€.

Edité également en version numérique chez Ska, collection Noire sœur, au prix de 4,99€.

Franck MEMBRIBE : Reflux. Editions du Horsain. Parution 3 juin 2020. 280 pages. 10,00€.

ISBN : 978-2369070788

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 05:08

C'est l'amour qui flotte dans l'air à la ronde
C'est l'amour qui console le pauvre monde
C'est l'amour qui rend chaque jour la gaîté
C'est l'amour qui nous rendra la liberté !...

 

Marguerite de NAVARRE : Trois Contes.

Il était une fois, en le duché de Bourgogne, un gentilhomme si beau qu'il en avait fait tourner la tête à la Duchesse malgré qu'elle fut mariée. Mais le gentilhomme, beau et honnête récusa toutes les avances dont voulait l'honorer la Duchesse. Celle-ci fort marrie n'eut de cesse de connaître les raisons qui éloignaient le gentilhomme de ses avances.

Le fidèle serviteur aimait et était aimé de la propre nièce du Duc, la belle Madame du Vergy qui lui rendait de plaisante manière son affection. Les deux amants se voyaient en cachette mais la Duchesse jalouse et ulcérée fit tant et si bien auprès de son époux que celui-ci demanda au gentilhomme quel était son secret.

Le gentilhomme ne pouvant refuser au Duc son maître de dévoiler son secret se confia à celui-ci. Hélas un secret n'est jamais bien gardé une fois dévoilé même au plus sérieux des confidents. Et s'est ainsi que Madame du Vergy meurt, affligée en son sein de la trahison de son amant. Le gentilhomme ne voulut point en rester là et se passa l'épée en travers du cœur.

 

Ce conte qui est la Nouvelle X, est extrait du recueil sobrement intitulé Trois contes lui même extrait de l'Heptaméron, dû à la plume de Marguerite de Navarre et publié après sa mort en 1558. Les deux autres contes portent la numérotation XXI et LXX.

Trois contes qui parlent d'amour, mais surtout de la difficulté d'aimer en toute simplicité. Les préjugés tenaces - caste, rang social, richesse de l'un et pauvreté relative de l'autre - étaient érigés en dogme et les amants ne pouvaient se voir et se rencontrer qu'au prix de mille ruses.

Mais existaient aussi les fourbes qui par intérêt déclaraient leur flamme et ne voyant aboutir leurs efforts se retournaient vers de plus faciles conquêtes. Ces histoires datent de quatre ou cinq siècles mais cela a-t-il vraiment changé, et certains mariages ne sont-ils pas de nos jours arrangés à la satisfaction de familles au détriment des sentiments ?

La préface (page 7 à page 25) est signée Françoise Joukovsky et est suivie d’une bibliographie, d’une chronologie, tandis qu’en fin de volume un lexique est proposé à toutes fins utiles.

 

Marguerite de NAVARRE : Trois Contes. Collection La Petite Vermillon N°34. Editions de La Table Ronde. Parution le 3 novembre 1994. 144 pages. 5,90€

ISBN : 9782710306382

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 05:13

On nous cache tout, on nous dit rien
Plus on apprend plus on ne sait rien
On nous informe vraiment sur rien…

Gildas GIRODEAU : Nuclear parano.

En allant à la pêche, occupation fort prisée lorsque le confinement le permet, Jaume Ferrer ne pensait pas trouver un aussi gros poisson. En bas de la falaise de Cap Béar, non loin de Port-Vendres, gît le corps d’une femme. Il descend pour constater les dégâts, et courageux mais pas téméraire, il informe la police d’une cabine téléphonique. En remontant il trouve dans les herbes une gourmette qu’il empoche.

Paul Feder, qui vit sur une goélette amarrée sur les quai de Port-Vendres, désire s’approvisionner en oursins, et pour cela il possède son vendeur attitré, Loïc Lebozec. Malheureusement, ce jour-là, Loïc n’a pu récolter ses hérissons de mer. Il a toutefois découvert une pierre dont Paul aura l’utilisation. Mais ce n’est pas tout. Loïc pêche parfois des moules au large pour le compte d’un laboratoire. Or une scientifique lui avait donné rendez-vous mais elle ne s’est pas présentée. De plus, et Paul assiste de loin à la scène, il est importuné par un petit vieux qui marche avec une canne.

Le soir même Loïc réveille Paul, qui dort doucement balancé par la houle. Il lui demande de l’héberger car rentrant chez lui, il s’est fait attaquer par un individu. Il a pu échapper au coup de matraque qui lui était destiné et à son agresseur, et a eu le temps d’apercevoir un second individu dans une voiture. Il s’est jeté dans les eaux du port et a nagé jusqu’à l’embarcation de son ami.

Le lendemain matin, alors que Loïc dort encore, Paul va prendre son petit jus chez Raoul. Le cafetier lui tend le journal local. D’après le journaliste, Loïc est recherché par la police pour une affaire de drogue et pour ses accointances avec la morte qui a été identifiée. Il s’agit de Laure Blanchet, une scientifique vivant à Perpignan.

Loïc affirme n’avoir jamais vu cette scientifique. Juste des relations téléphoniques et des moules. Des bivalves qu’il pêchait près d’une des bouées cardinales de la réserve marine de Banyuls et qu’il plaçait dans des emballages isothermes qu’un transporteur express venait chercher. Or, d’après le canard local et son concurrent, une histoire de drogue relierait Loïc à cette Laure. Ce qu’il dément formellement.

Paul convainc Loïc de prévenir les forces de l’ordre. Aussitôt dit, aussitôt fait. Ces braves représentants de l’ordre arriveront dans une demi-heure, le temps de venir de Perpignan. Seulement lorsque les pandores arriveront sur place, ce sera pour récolter Loïc qui vient de se farcir quelques pruneaux, expédiés aimablement par deux individus circulant à bord d’un véhicule noir.

Le commissaire principal Fernand Costes est chargé de cette affaire et demande à Paul Feder, qui fédère tout le monde apparemment, de l’aider à retrouver les assassins. Paul accepte, pour la mémoire de son ami, mémoire salie par cette présomption de marchand de drogue, alors qu’il sait pertinemment que jamais Loïc n’y aurait jamais touché ni vendu.

Paul pense que les policiers se trompent de chemin et qu’ils sont mal embarqués. Les événements vont lui donner raison et les morts vont s’accumuler sur son chemin, tels les cailloux du Petit Poucet.

 

Le lecteur avisé aura compris que cette affaire cache une affaire liée au nucléaire, la nouvelle drogue étatique. Et Gildas Girodeau nous propose par ce roman, qui relève tout autant du policier que de l’espionnage, une diatribe contre les agissements de l’Etat français de l’époque, rappelons que ce roman a été édité pour la première fis en 2009, qui veut nous faire croire que ses mains sont blanches alors qu’il amoncelle les mensonges avec effronterie. Mais ceci n’est pas nouveau.

Les Français sont forcément mêlés à ça. Dans la situation actuelle, si un accident nucléaire a eu lieu ils l’étoufferont par tous les moyens. Les enjeux sont trop importants.

Oui, en plus leur nouveau président s’est fit l’apôtre du nucléaire dans le monde. Partout où il se rend, de la Chine à l’inde en passant par la Libye ou les Emirats du Golfe, il promet le soutien de la France pour l’accès au nucléaire civil et propose la vente de leur nouvel E.P.R.

Ça ne m’étonne guère, la France a toujours penché pour le nucléaire. Le consensus est général, gauche et droite confondues. Sous les manipulations répétées du lobby, ils ont fini par croire que c’était le futur, alors que maintenant c’est franchement le passé. Mais comme leur économie va mal, ils exportent leur savoir-faire.

Ce n’est pas le seul exemple proposé.

Petit aparté : L’E.P.R. deuxième génération de Flamanville (Manche) dont la construction a débuté en décembre 2007, et dont la mise en service était prévue pour 2012, accumule retards et vice de forme si bien (ou mal) que cela est reporté à 2023. Si tout va bien, car les incidents n’en finissent pas de se déclarer et on se demande si un jour il sera opérationnel. Nonobstant, des milliards sont engloutis tous les ans pour rien, alors que cet argent pourrait servir ailleurs, dans la recherche médicale par exemple. Voir à ce sujet l’article détaillé dans le lien ci-dessous :

Avec ce roman qui aurait mérité une plus large diffusion, Gildas Girodeau fait œuvre pie, mais comme écrivit Mathias Lübeck Nul n’est prophète en son pays, et dont la citation complète est : Nul n'est prophète en son pays, mais qu'on veuille l'être à l'étranger on se fait appeler métèque.

De son petit coin catalan, Gildas Girodeau s’élève contre les mensonges, les omissions, les propos faussement vertueux, les écrans de fumée, les thèses supposées complotistes et dénoncées comme telles car trop proches d’une vérité dérangeante. Mais un jour, et peut-être ne serons nous plus là, et nos gouvernants non plus qui entre-temps auront engrangés des pots de vin et auront œuvrés pour laisser l’illusoire trace de leur passage politique à la postérité, pour constater et vérifier les méfaits de toute cette technologie prônée comme le modernisme mais qui pourrait bien être l’ouverture de nos cercueils.

Première édition : Editions Cap Béar. Parution 1er avril 2009.

Première édition : Editions Cap Béar. Parution 1er avril 2009.

Gildas GIRODEAU : Nuclear parano. Suite catalane 2. Collection Noire sœur. Editions Ska. Parution 30 septembre 2020. 150 pages. 4,99€.

Version papier éditée chez Horsain. Parution 27 février 2020. 168 pages. 11,00€.

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 05:06

Et le démon dans la maison ?

Daniel PASQUEREAU : Il y a un ange dans le garage.

Quand la banalité du quotidien s’infléchit, les personnages ordinaires vivent des tranches de vie souvent implantées dans leur mémoire, extrayant la nostalgie confinée en eux.

Souvent des souvenirs enfouis en eux et qui remontent à la surface à cause d’un petit fait, du retour inopiné d’une personne oubliée ou au contraire d’un membre proche de la famille, d’un conflit familial, ou tout simplement parce que nos « héros » se trouvent être les témoins d’un événement tragique.

Dans Comme des bêtes, le professeur Capra, qui vient de transférer un brevet pharmaceutique, le dépouillant du reliquat de ce qui lui restait, retourne chez lui, heureux de retrouver sa femme Barbara. Il voyage en autorail, la Micheline de son enfance, avec cette nostalgie qui sommeille en lui depuis son enfance. Mais, afin de conclure rapidement ce marché de dupes et malgré ses réticences, il a un peu trop bu.

 

Noël n’a pas été prénommé ainsi par hasard puisque justement il est né le jour de Noël. Agacé par la présence de son voisin, Léon Hitchens, un romancier nordique venu s’installer chez eux depuis son veuvage, Noël sent monter en lui la colère, et peut-être une pointe de jalousie. Les sujets de discussions avec sa femme Véronique et son jeune fils Romain se sont effilochés au fil du temps, leurs relations sont quasi inexistantes, et il couche seul dans son bureau depuis un énième algarade. Puis Sabrina s’est greffée dans sa vie, il y pense souvent en buvant plus que de raison moult verres de whisky. Noël de plomb relate la déliquescence d’une famille ordinaire, à cause d’une rencontre inopinée et de souvenirs familiaux issus de l’enfance

 

Paul et Sophie viennent de se marier dans la joie et la bonne humeur et ils partent au petit matin vers Menton, un voyage de noces qui promet. Ils sont jeunes, ils sont beaux, enfin surtout Sophie, et le démon de midi les chatouillant, ils décident de faire une pause câlin dans une clairière. Seulement, ils assistent à l’exécution d’un jeune homme par deux individus accompagnés d’une femme. Ils ne peuvent retenir un cri et ils ont obligés de s’enfuir. Le début d’un Engrenage tragique.

 

Dans Une question de choix, un chat noir perturbe le soir le narrateur. Le matou s’installe sous sa fenêtre et miaule à fendre l’âme. Comme un appel, une invitation à le suivre, auquel le narrateur ne résiste pas. Et c’est comme ça qu’il va faire la connaissance d’Angie.

 

Entre le narrateur et sa femme, la guerre larvée s’est installée peu à peu. Ils se sont mariés vingt-cinq ans auparavant, ce n’était que mamours, appels téléphoniques, mots doux, et puis les sentiments se sont délités. Il est écrivain, vain, et se prend pour Bukowski, surtout par le nombre de verres d’alcool qu’il ingurgite. Mais depuis un certain temps Patricia, sa femme pour l’état-civil mais pas pour les draps, a tendance à sortir avec ses copines, rentrant fort tard dans la nuit. C’est l’Erosion du foie, de la cervelle et du reste.

 

L’homme-grenouille s’installe progressivement dans la tête du narrateur, que son frère aîné Marco appelle constamment Fiston comme s’il voulait le rabaisser. Fiston, après tout pourquoi pas, ce qui importe à David, c’est Louise, une amie d’enfance qu’il a retrouvée par hasard. Et depuis elle vient le rejoindre de temps à autre, délaissant en province son mari.

 

Il y a un ange dans le garage, affirme Zoé à son père Xavier. Il vient d’hériter une confortable somme d’argent de sa mère récemment décédée, et en sortant de l’office notarial il a aperçu à la vitrine d’une agence immobilière la photo d’une ancienne ferme à vendre qui correspond en tous points, ou presque, à la résidence de leur rêve. Yola, sa femme, est tout de suite emballée, par la demeure principale et les dépendances, dont ce fameux garage. Or en visitant le bâtiment, les souvenirs affluent dans la tête de Xavier. Des souvenirs d’enfance, lorsqu’il venait passer ses vacances à la campagne, et des premiers baisers échangés avec Nelly.

 

Pourquoi on aime tant ce qui a disparu, cette phrase qui figure dans le dernier texte pourrait être le mantra qui se répercute dans tous les autres ou presque.

Et le lecteur quelque peu âgé ressentira à leur lecture comme des bouffées de nostalgie, des réminiscences de sa propre enfance, de ce qu’il a vécu peut-être, de ses aspirations, de ses désirs, de ses manques aussi, et de ses histoires d’amour contrariées élevées à un statut d’images iconiques. Tout n’est pas rose, les différents protagonistes, des hommes principalement, seront les victimes d’événements, qui s’imposent à eux ou leur échappent, qui guideront leur choix sur le chemin d’une liberté mortifère. Parfois s’en dégage un petit côté fantastique comme des interférences oniriques qui subliment les textes, leur offrant une nouvelle dimension, et permettant au lecteur de prolonger, s’il le désire, les épilogues.

Daniel Pasquereau est un auteur trop peu prolixe qui mérite d’être lu et connu. Ses nouvelles empruntent à l’amour, mais ne sont pas parfumées à l’eau de rose. Elles dégagent cette odeur d’encens que l’on retrouve lors des enterrements, sans pour autant posséder une connotation religieuse.

 

Sommaire :

Comme des bêtes

Noël de plomb

Engrenage

Une question de choix

Erosion du foie, de la cervelle et du reste

L'homme-grenouille

Il y a un ange dans le garage

 

Vous pouvez éventuellement acheter cet ouvrage directement ici :

Daniel PASQUEREAU : Il y a un ange dans le garage. Collection Texture. Editions Zinédi. Parution 14 novembre 2020. 172 pages. 16,90€. Version numérique : 6,99€.

ISBN : 9782848592176

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 04:14

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A bicyclette
Nous étions quelques bons copains…

Maurice LEBLANC : Voici des ailes.

Deux couples en promenade s’apprêtent à se restaurer dans un établissement du Bois de Boulogne. Les deux hommes comparent leurs montures, en tout bien tout honneur. En effet ils sont arrivés, ainsi que leurs compagnes, en bicyclette, et ils s’extasient devant l’étroitesse des pédaliers, la rigidité des cadres, et autres détails concernant ce moyen moderne permettant de se déplacer partout.

Il est vrai qu’en cette année 1898, la technologie a beaucoup progressé et les bicyclettes sont devenues plus légères, plus maniables et fort agréables à enfourcher.

Les deux couples sont composés de Guillaume d’Arjols et de sa femme Madeleine ainsi que de Pascal Fauvières et de son épouse Régine. Des éléments si dissemblables que l’on se demande comment ils ont pu se marier ou tout simplement se prendre d’amitié.

Au bout d’une année de mariage, Guillaume a repris son habitude de fréquenter les couloirs de théâtres et les boudoirs d’accès facile, n’ayant pas honte d’afficher ses maîtresses. Madeleine est assiégée par les hommes, et elle accueille favorablement leurs hommages. Pour autant elle reste sage, étant d’une nature équilibrée.

Pascal lui est du genre mutique, voire taiseux, sauf lorsqu’un sujet le passionne et dans ce cas il peut être prolixe. Régine est plus gamine et enjouée, alerte et bavarde.

Les deux hommes se sont connus par leurs femmes qui étaient amies de pension.

Comme ils doivent se rendre à Dieppe quelques jours après, pourquoi ne pas y aller à bicyclette, propose Guillaume. C’est un long voyage, mais ils iraient en train jusqu’à Rouen, puis dans la cité portuaire avec leurs vélos, ce qui ne leur prendrait que deux jours. L’idée est adoptée, et les préparatifs achevés, bon voyage Monsieur du mollet…

Puis, comme il fait beau, pourquoi ne pas continuer et visiter la Normandie par petites étapes. Mais bientôt des affinités se créent entre les différents partenaires des deux couples. C’est ainsi que la pétulante Régine est plus souvent en selle aux côtés de Guillaume, tandis que la réservée Madeleine appuie volontiers sur les pédales en compagnie de Pascal.

Et un jour, à l’embranchement de deux chemins, les deux groupes se séparent, volontairement ou non, peu importe, et qu’ils continuent leur périple en couples séparés.

 

Ce court roman est une ode à la nature normande, traversant les cinq départements, mais également un éloge aux bienfaits de la promenade à bicyclette, et naturellement une charmante histoire d’amour qui se développe peu à peu en cours de route.

L’auteur s’attache plus aux pérégrinations de Pascal et Madeleine, laissant Guillaume et Régine batifoler de leurs côtés. Et cet amour naissant surprend ce nouveau couple de vélocipédistes, mais avec pudeur. On est loin du temps où l’on couche d’abord puis échange les prénoms après. C’est tout doucement que les liens se créent, avec des hésitations de part et d’autre, des rougeurs et des pâleurs lors des discussions, des aveux à moitié émis, des baisers chastes volés, et ainsi de suite.

Parfois il règne comme un nuage de libertinage, comme lorsque Madeleine afin de profiter du soleil pédale buste nu, mais cela ne va pas bien loin. Tout est pudiquement décrit, en retenue, contrairement au très érotique roman que Maurice Leblanc écrira plus tard sous le titre Le scandale du Gazon bleu et publié en 1935.

 

Vous pouvez également télécharger gratuitement, en toute légalité, ce roman sur le site de la Bibliothèque numérique romande :

Maurice LEBLANC : Voici des ailes. Editions Libretto. Parution 2 mai 2016. 128 pages. 7,70€. Première édition 1898.

ISBN : 978-2369142638

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 04:50

Le poids des maux et le choc des mots, ou leur contraire.

Brigitte GUILHOT : 22/10 22 :10.

Ange ou démon ? Le démon, c’est Marcus, qui mâche ses mots mais ne les digère pas toujours. Il sort de prison, on ne sait pas pourquoi, d’ailleurs cela ne nous intéresse pas. Sachons toutefois que c’est une boule de nerfs qui ressemblerait à un soufflet. Il monte rapidement mais redescend aussi vite, sans parachute. L’ange se prénomme Lucie, fleur blanche fragile, filiforme presque, si menue qu’il pourrait la tenir dans sa pogne.

Mais comme les balourds, il fond devant Lucie. Un peu comme le Capitaine Crochet qui voudrait tenir dans sa main manquante la Fée Clochette.

Ils se sont connus dans un cinéma. Marcus l’avait remarquée à cause de sa bretelle en dentelle qui pendouillait sur son épaule dénudée. Et ils se sont revus et il en garde toujours le souvenir ému.

Puis il est parti comme colocataire terre-à-terre dans une espèce de résidence monastique où vivent des végétaliens. Ils aiment tellement la nature qu’ils la mangent crue. C’est Richard, que Marcus a baptisé l’Enorme (chut, il ne faut pas le répéter), qui l’a convoyé jusqu’à destination.

Les débuts n’ont pas été faciles. Forcément, lorsque l’on est un sanguin, un ours qui n’arrive pas à trouver son miel. Mais il trouve Loba, ou plutôt c’est elle qui l’aborde, comme si inconsciente elle s’approcherait d’un plantigrade avec pour seule arme de défense son sourire.

 

Si la cohabitation avec les autres est difficile, Marcus est en proie au même sentiment avec lui-même.

La cohabitation avec moi-même est impossible, voilà la vérité.

Car le narrateur est bien Marcus lui-même, et il n’est pas tendre envers son double. Pourtant il essaie de narrer cette histoire car il aime les mots. Il les choisit comme un gourmand fasciné devant un étalage. Toutefois il est lucide. Lucie de… ?

Peut-on raconter une histoire en n’en disant rien comme on peut raconter le vide d’un instant ?

Un texte minimaliste et intimiste comme sait si bien les écrire Brigitte Guilhot, maniant les mots et les sentiments avec aisance, leur insufflant vigueur et vivacité. Et derrière le personnage de Marcus, l’on devine la silhouette d’Hafed Benotman.

 

Vous pouvez commander cet ouvrage directement chez l’éditeur, cela lui fera plaisir :

Brigitte GUILHOT : 22/10 22 :10. Jacques Flament Alternative éditoriale. Parution novembre 2020. 70 pages. 5,90€.

ISBN : 9782363364623

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 04:29

A la recherche du tant perdu…

Gilles VIDAL : Loin du réconfort.

Franck, le narrateur a tant perdu dans sa vie.

Perdu du temps, des occasions, des illusions, une mère, un père, une arrière-grand-mère, des amantes…

Ivina, sa dernière en date, une belle blonde prometteuse d’avenir puisqu’elle porte leur fils, Ivina n’est plus. Il la découvre chez eux, attachée à une chaise, le ventre ouvert, et je vous laisse deviner la suite. Ivina, rappelle-toi…

Il se résout à appeler la police et malgré leurs dires, ils savent qu’il n’est pas coupable, il est appréhendé. Dans le bureau des pleurs ou des aveux il est confronté à un homme qui, sans être aimable mais pas persécuteur non plus, l’interroge et à la sortie lui remet un papier blanc sur lequel, il le compulsera plus tard, est inscrit un nom et une adresse.

Pour l’heure, Franck a d’autres occupations. Le voyage au cimetière, au jardin des souvenirs. Il rencontre le père d’Ivina, un Biélorusse du nom de Sergueï, arrivé en France dans des conditions mal définies.

Puis c’est le départ, un long voyage à bord de son véhicule assez vieillot, écoutant ses morceaux préférés qui vont de la musique classique aux groupes des années 1960, tout en prenant des notes dans un petit carnet. Car Franck est écrivain, mettant sa plume au service d’entreprises ou autres. Avec l’espoir de rédiger son roman.

Il se rend dans un petit village puis se dirige vers la mer, calmée mais pas lui, accumulant en cours de route des rencontres pas toujours heureuses.

 

Le lecteur à la lecture de ce texte empreint de poésie et de nostalgie, se croit sur un matelas pneumatique, dirigeant ses regards vers les nuages qui s’échelonnent dans le ciel à la queue-leu-leu, se déchirant parfois ou se rattrapant.

Comme autant de souvenirs, d’épisodes familiaux ou personnels vécus par le narrateur. Des digressions, certes, mais qui en apprennent plus sur celui qui se confie, que ne pourraient le faire des analyses oiseuses édictées par des professionnels de la psychologie.

Dans Géronima Hopkins attend le Père Noël, Gudule écrit :

Dans un texte à la première personne, l’auteur, lui aussi, s’implique différemment. Il ne raconte pas, il se raconte. Vraie ou fausse, l’histoire n’est plus une histoire, mais son histoire. Le livre devient aveu, confession. Véritable confession. Aveu authentique. Ainsi truque-t-on sa propre mémoire.

Et Gilles Vidal narre avec tant de conviction cette histoire, que le lecteur a du mal à distinguer quelle part prendre entre le fictif et le réel, entre le vécu et l’imaginé, et il se trouve balloté comme un yoyo, descendant jusqu’aux tréfonds des souvenirs et remontant jusqu’aux épisodes présents, frénétiquement ou nonchalamment.

 

Nous traversons nos existences en nous accrochant comme des sangsues à nos biens matériels, mais en réalité nous ne possédons rien, pas plus qu’un seau l’eau qu’il contient.

Il est une contrée qui s’appelle l’enfance.

Gilles VIDAL : Loin du réconfort. Editions Zinédi. Parution le 29 octobre 2020. 168 pages. 16,90€.

ISBN : 978-2848592152

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 05:59

Le cireur de pompes aura toujours de l’avenir…

Jean-Hugues OPPEL : L’imposition du cireur Touchet.

Publiée dans la Revue des Temps Modernes N°595 en 1997, en hommage à Jean-Patrick Manchette, cette nouvelle au titre en forme de contrepèterie d’un célèbre roman de l’auteur décédé le 3 juin 1995 est un conte satyrique, humoristique et cynique.

En effet Jean-Hugues Oppel joue avec les mots pour le plus grand plaisir du lecteur (que penser des Fourberies de l’escarpin !) mettant en scène un cireur de chaussures aux revenus modestes mais écrasé sous le poids des impôts.

Alors, Jean-Louis Touchet (Tiens, cela me rappelle quelqu’un…), notre héros aux pieds d’argile bien cirés, se voyant au bord du gouffre et en plein cirage, décide de trouver des revenus d’appoint.

D’abord il réfléchit à pomper une banque, mais il peut aller se brosser. Trop d’inconvénients pour des sommes dérisoires. Alors écrire un roman ? Pourquoi pas ? Mais attention à ne pas se prendre les pieds dans les lacets…

 

Pour commander cet ouvrage, une seule adresse :

Jean-Hugues OPPEL : L’imposition du cireur Touchet. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 13 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408379

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 05:44

Mais pas sans cervelle ?

Gilles SCHLESSER : Mort d’un académicien sans tête.

Prénommé Oxymor, par un père farceur dont le patronyme est Baulay, on ne peut qu’aimer les mots, voire les maux. Oxy est journaliste indépendant travaillant pour plusieurs journaux et magazines, et sous l’impulsion de deux amis, Paul Mistraki qui dirige les éditions Visconti, et Lazare, qui n’est pas un saint, il décide de rédiger des articles consacrés à des membres de l’Académie Française et un ouvrage alphabétique.

Son ami Mistraki lui a fait visionner une émission télévisée, la Grande Librairie pour ne pas la nommer, au cours de laquelle Jean Mareuil, le poulain et la tête de gondole des éditions Visconti, et l’académicien Edmond de Rohan-Soubise, auteur de nombreux ouvrages de références, surtout apologiques de sa propre personne, se sont écharpés.

C’est ainsi qu’il se rend rue Bellini, le bureau de Rohan-Soubise, afin d’obtenir un entretien avec le maître. Maître et demi lorsqu’il le retrouve, adossé tenant entre ses petits bras sa tête encadrée. Il a été décapité à l’aide d’un coutelas malais de collection et la toile signée Soutine dont le cadre servait de support éparpillée en plusieurs lambeaux représentant la femme à l’écharpe blanche.

Le commandant Cathala, chargé de l’enquête en compagnie de ses adjoints qui jouent dans la catégorie deux poids deux mesures, et Oxy se connaissent bien. Cinq ans auparavant ils ont été mêlés à la résolution d’un crime, puis ils ont fraternisé, puis le temps a passé et comme à chaque fois dans ce genre de conditions, ils se sont perdus de vue.

Si Oxy est rapidement écarté des possibles coupables (le mot est adéquat dans ce cas), les prétendants à l’embastillement foisonnent. En premier lieu, Jean Mareuil, qui avait également rendez-vous avec Rohan-Soubise, désirant s’attirer ses bonnes grâces pour son élection à l’académie. Lazare, ami d’Oxy et écrivain fantôme de l’académicien décapité, mais pour lui cela signifierait un manque de rentrée d’argent. Et il ne faut pas oublier les gitons que Rohan-Soubise payait pour satisfaire sa libido. Car, quoique marié à une ravissante femme plus jeune que lui, il recherchait d’autres plaisirs.

 

C’est ainsi qu’Oxy se retrouve plongé malgré lui, quoiqu’il l’ait cherché, dans une recherche familiale. Car en effectuant ses recherches, indépendamment de Cathala, Oxy découvre des liens que sa grand-mère, fille-mère, a entretenus avec les Surréalistes d’André Breton. Notamment avec Robert Desnos.

Débute alors un retour en arrière, pour Oxy, tandis que Cathala, plus pragmatique se contente de se pencher sur une piste islamique, puis sur des proches de Rohan-Soubise. Notamment Jean Mareuil qui était l’amant de la femme de l’académicien.

Un roman qui oscille entre des pistes contradictoires, et qui s’avère jubilatoire dans sa description des personnages, dans l’ambiance qui règne, et les nombreuses balades et découvertes que l’auteur nous propose à travers d’anecdotes souvent amusantes, érudites et littéraires.

 

A partir d’une certaine somme, l’argent n’a pas d’odeur.

Gilles SCHLESSER : Mort d’un académicien sans tête. Editions City. Parution 23 août 2017. 272 pages.

ISBN : 978-2824610290

Réédition City Poche 6 mars 2019. 7,90€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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