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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 16:39

Comme disait le boxeur à son soigneur :

Et vlan, passe-moi l'éponge...

Jean-Marie PALACH : Le théorème de l'uppercut.

Désireux de changer d'air, Gislain Chalap, professeur de mathématiques, a demandé sa mutation.

A cinquante ans et après près de trente ans à végéter dans un lycée tranquille de Bourges, il se retrouve dans une usine de l'éducation nationale à Champigny, dans le Val de Marne. Mais en ce début des vacances de la Toussaint, il ressent comme un vague à l'âme.

Il lui faudra rendre visite à ses vieux parents, qui demeurent à Savigny-sur-Orge, se remettre au sport et s'adonner à l'écriture, un vieux rêve qu'il n'a jamais accompli.

Pour l'heure, il vagabonde sous la pluie, non loin de la gare Saint-Lazare, et décide de se prendre une bière, la septième peut-être, dans un établissement au nom exotique. Le Malibu. Il faut avouer que depuis la rentrée, un changement auquel il n'était guère préparé, il déprime un peu. Il est nouveau dans l'établissement, et les étudiants le jaugent. Et il lui faut s'habituer aux têtes pensantes, et surtout aux caïds qui sévissent dans les deux quartiers qui s'affrontent pour obtenir le monopole de la drogue et autres trafics. Les jeunes des cités des Poulbots et de la Terre aux curés. Plus les ennuis de santé de son père, plus son idée de nouvelle, dont le thème est Une amitié extraordinaire, plus quelques autres contrariétés.

Tout un ensemble de désagréments qui l'ont amené à ingurgiter moult verres. Il se fait aborder par une hôtesse qui se prénomme Vanessa. Elle lui raconte ses petits malheurs tout en consommant, sur son compte, et au milieu de la nuit, il est complètement chamboulé du cerveau. A ce moment entre une jeune fille, une de ses lycéennes, qui le prend en charge et le met dans un taxi. Arrivé près de chez lui, sur le pont qui relie Champigny à Saint-Maur, il aperçoit deux hommes qui en balance un troisième par dessus la rambarde. Tout comme le chauffeur de taxi, il ne fait guère cas de cet incident.

Le lendemain après-midi, il se réveille vaseux et sa logeuse, une charmante mamie d'origine réunionnaise, lui narre le drame qui s'est déroulé dans la nuit. C'était un de ses élèves. Ce n'est pas le premier à décéder ainsi tragiquement. Peu de temps auparavant un autre avait été retrouvé mort d'overdose. L'ambiance à Marcelin Michel est vraiment délétère car une enseignante avait tenter de se suicider. Son mari, professeur d'éducation physique la soigne en hospitalisation à domicile. Il a du courage, c'est ce qu'affirment les collègue de Gislain qui en convient volontiers.

 

Gislain décide de se rendre à pied sur les lieux du drame et s'est ainsi qu'il se fait doubler par une joggeuse à l'entraînement. Il s'agit d'Emmanuelle, une enseignante comme lui, prof de philo, qui s'adonne à la course à pieds afin de perdre quelques kilos qu'elle juge superflus. Ce qui n'est pas superflu, c'est qu'elle l'embrasse au lieu de lui serrer la main, comme l'exigent les convenances, et Gislain accepte de l'accompagner le lendemain dans ses ébats sportifs. Ebats sportifs qui bientôt auront lieu dans un autre endroit et sous d'autres formes, avec une pointe de philosophie dans le boudoir mais ceci ne nous regarde pas.

Cependant l'attitude de Marie Kourilsky, son ange gardien nocturne, l'amène à se poser de nombreuses questions, dont celle primordiale : va-t-elle en informer les autres élèves du lycée, et par là-même décrédibiliser son rôle de prof ? Alors il se promet de s'immiscer dans GISELE, un programme informatique créé par le proviseur et qui permet de recenser toutes les données sur les enseignants et les lycéens. Programme auquel tout un chacun dans l'établissement peut avoir accès. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que Detourme, le proviseur, possède ses propres données confidentielles qu'il met à jour régulièrement et compulse pour son plus grand profit.

 

Lors de la rentrée, des incidents vont opposer, au sein de l'établissement, les responsables des deux bandes rivales des Poulbots et de Terre-aux-curés, ce qui va permettre à Gislain de démontrer qu'à cinquante ans il possède encore de beaux restes. Cet ancien champion international de Kick-Boxing, et autres sports de combats, même s'il a raccroché par la faute d'un Mexicain qui a eut la mauvaise idée de décéder sur le ring, n'a pas perdu ma main.

 

Au 36 Quai des Orfèvres, malgré l'affairement qui précède les grands déménagements, le commissaire Baudon et son adjoint, le commandant Franquet, gardent un œil, voire les deux, sur les activités des petites frappes des deux cités de Champigny. Ils sont dissemblables mais leur duo va se montrer efficace. Baudon possède une prostate qui n'en fait qu'à sa tête et il est obligé de recourir trop souvent à son goût, et à celui de son entourage, aux endroits adéquats pour soulager sa vessie. Le seul problème, peut-être dû à l'âge ou à un manque de réflexe dans les mouvements, il oublie de refermer sa braguette, ce qui lui occasionne des coups de froid et des simagrées de la part de ses interlocuteurs qui ne savent comment l'avertir de ce manque de retenue. Franquet, est un homme élégant, qui traîne avec lui un début de réputation de chat noir, préjudiciable pour ses coéquipiers dans les enquêtes qui leurs sont confiées.

 

Gislain Chalap va s'investir de plus en plus dans une enquête qui le dépasse : Marie ne reparait pas au lycée et sa tante tout comme ses ami(e)s n'ont aucune nouvelle d'elle depuis plusieurs jours. Et il va trouver du soutien, moral et physique, en la personne d'Emmanuelle, et de Liu Wong, un Chinois qui tient un bar et connait ses antécédents pugilistiques. Car bien des soucis le tourmentent. Ne serait-ce que l'attitude du prof d'éducation physique qui l'incite à venir l'aider dans ses projets sportifs avec les gamins de Champigny. Or Gislain n'est pas tout à fait persuadé que sa femme soit un légume, il l'a aperçue sur son lit de malade agonisante écoutant en boucle In the Navy des Village People, ce qui va un certain moment mais donne le mal de mer à la longue.

 

Tout cela donne un roman foisonnant, dans lequel plusieurs intrigues se mêlent, de même que les personnages, et qui décrit une petite ville de la banlieue proche de la capitale, surtout connue pour avoir abrité l'un des hommes politiques les plus virulents et écorchant avec délectation la langue française, Georges Marchais.

Les personnages qui gravitent dans Le théorème de l'uppercut semblent parfois caricaturaux, c'est ce qui fait la force de l'histoire, mais ils sont aussi émouvants. Les gamins, qui tous, voyous déclarés ou non, jouent dans ce roman un rôle important et violent, souvent malsain, se montrent plus matures que leur âge ne pourrait le laisser supposer. Quant aux adultes, ce sont des hommes et des femmes comme on peut en rencontrer tous les jours, mais dont on n'est pas sûr de vouloir de leur ressembler, moralement, physiquement ou professionnellement. Quoi qu'on aimerait posséder leur force de caractère dans des situations difficiles.

Un roman, imprégné d'un humour subtil et sous-jacent, qui se transforme en zoom balayant les activités occultes, ou non, de cités transformées en ghetto la plupart du temps par la volonté de certains de ceux qui y résident, à Champigny-sur Marne et Saint-Maur.

Un nouveau très bon roman de Jean-Marie Palach (vous avez remarqué la distanciation avec le patronyme de son héros ?) qui explore une nouvelle facette sociétale.

 

Jean-Marie PALACH : Le théorème de l'uppercut. Editions Daphnis et Chloé. Parution 3 décembre 2015. 310 pages. 18,00€.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 13:55

Et souvenirs vivants ?

Gilles VIDAL : Mémoire morte.

Ce n’est pas parce qu’il dormait que Carl Frot a rêvé.

Il a perçu des craquements, des frôlements et il est persuadé que quelqu’un s’est introduit dans la maison. Guère rassuré, il se lève quand même et descend à la cuisine, à tâtons, glissant inopportunément sur un objet qui traînait. Il a le temps d’apercevoir une silhouette. Il chute lourdement, ce qui à pour conséquence de réveiller sa femme Diane. Il narre succinctement ce qui vient de lui arriver, dissimulant toutefois l’intrusion d’un personnage d’apparence frêle. Puis ils remontent se coucher et en profitent pour… mais ceci ne nous regarde pas. Ah si quand même, au cours des ébats, Carl a comme une vision, le visage de sa femme se déforme, prend une autre apparence.

Gérant d’une agence d’affacturage dans une cité portuaire, Carl doit le lendemain matin se rendre chez un client potentiel, directeur d’une cimenterie. Lorsqu’il arrive sur le lieu de son rendez-vous des policiers sont déjà en plein travail. Le cadavre, ou ce qu’il en reste, d’une jeune femme vient d’être découvert, à moitié déchiqueté par une machine. Le commissaire Franck Parisot est sur les dents. C’est le deuxième corps féminin ainsi retrouvé en trois semaines. La piste d’un serial killer n’est pas à négliger, d’autant qu’un individu nommé Antoine Merlin avait été soupçonné avant de s’évaporer dans la nature. Mais d’autres affaires attendent Franck Parisot, résolues plus ou moins dans la douleur, avec des cadavres à la clé.

La journée pour Carl non plus n’est pas terminée. Il retrouve coincé sous un balai d’essuie-glaces une feuille de papier sur laquelle est inscrite cette phrase énigmatique : MA VENGEANCE EST PERDUE S’IL IGNORE EN MOURANT QUE C’EST MOI QUI LE TUE.

Dans le même temps Carl se sent épié, un regard qui lui vrille la nuque. Et alors que lui et Diane, laquelle vient de lui annoncer qu’elle est enceinte de deux mois, ce qui réjouit le couple, passent leurs temps à effectuer quelques emplettes en prévision de l’heureux événement, un individu s’est infiltré dans leur domicile. Les vêtements de Diane, du plus intime au plus épais, ont été lacérés, alors que le coffret à bijoux n’a pas attiré la convoitise de leur visiteur (visiteuse ?) indélicat. C’est le bouquet, et Carl détaille alors à Diane par le menu l’infiltration nocturne. Plus tard il reçoit à son bureau un petit colis contenant une poupée, vieillotte, amochée, cabossée, lacérée, l’expéditeur restant anonyme bien évidemment. Ils se décident à contacter le commissaire Franck Parisot.

Pendant ce temps Parisot et ses hommes ne sont pas restés inactifs. La piste gothique semble la seule probable. Les deux premières victimes étaient adeptes de ce mouvement tout comme Antoine Merlin, leur façon de vivre, de se vêtir, de décorer leurs chambres, de se connecter sur Internet le confirmant. Les deux premières à laquelle s’ajoute une troisième disparition. Une jeune fille dont le père est un peintre universellement reconnu. Parait-il. Et bien entendu le procureur s’attache à ses basques comme une colonie de morpions sur un pubis broussailleux.

 

Entre les affaires dont s’occupe Parisot et les tracas endurés par Carl Frot existe-t-il un lien ? Et si oui lequel ? Des éléments de réponse sont apportés à Parisot par Murielle, une psy qui travaille dans une clinique non loin de Gramont, ville dans laquelle se déroule cette histoire. Quant à Carl, il est aux quatre-cents coups lorsqu’il apprend que Diane est à l’hôpital, accidentée après avoir été probablement poussée dans un escalator. Et que vient faire cette personne qui se surnomme Le Lémure dans cet imbroglio ?

Après la pluie qui se fait de plus en plus insistante, la tempête prend la relève et se conjuguent alors dans une sorte de cataclysme les quatre éléments : l’eau, l’air, la terre et le feu.

 

Un roman qui débute par des scènes d’action très puissantes qui s’enchainent les unes aux autres dans un rythme infernal jusqu’à l’épilogue où enfin le lecteur peut souffler.

Tout comme chacun de nous, les protagonistes possèdent une fêlure, une fracture, ancienne ou récente, oubliée ou non, méconnue, qui influe sur leur vie quotidienne, leur moral, leurs agissements, parfois inconsciemment. L’auteur se permet quelquefois de digresser, mais sans appesantir le texte. Ainsi ces quelques lignes empreintes de bon sens, bon sens que ne possèdent pas toujours nos politiques, une réflexion pensée par Carl lors d’un incident dans un supermarché.

Il avait encore en tête ce qu’il avait lu il y avait quelque temps dans la presse, à savoir que le PDG du groupe qui détenait cette chaîne de supermarchés touchait un salaire colossal, des primes mirobolantes, sur les bénéfices et des stock-options honteuses, et qui, de surcroît, bien qu’il eut tout récemment été élevé en toute impunité au grade de chevalier de la Légion d’Honneur, résidait depuis deux ans à l’étranger, dans un ersatz de paradis fiscal, afin d’échapper au fisc.

Première édition : Collection Zone d’ombres. Editions Asgard. 384 pages. 18€.

Première édition : Collection Zone d’ombres. Editions Asgard. 384 pages. 18€.

Gilles VIDAL : Mémoire morte. Editions Multivers. Parution 18 décembre 2015. Formats ePub et Kindle. 3,99€.

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 14:03

Comme tatouage, il y a mieux...

Florent MAROTTA : Le Visage de Satan.

Grâce aux cachets qu'il doit prendre régulièrement, Gino Paradio, qui avait sombré dans l'éthylisme, remonte tout doucement la pente.

Il rouvre son officine de détective privé, mais dans sa tête les événements vécus quelques mois auparavant tournent en boucle. La disparition de ses parents, de sa sœur. Il est installé dans son bureau, son esprit travaille à plein temps, lorsqu'il est dérangé par l'intrusion d'une femme.

Malgré l'injonction que l'officine n'est pas encore ouverte, elle se présente par cette phrase lapidaire :

Je m'appelle Sybille Pech et je pense que mon mari a été assassiné.

Pour une entrée en matière, c'en est une, surtout lorsqu'elle apporte d'autres précisions non négligeables.

Gino n'est pas intéressé par une enquête sur un homme, riche, ayant vendu l'entreprise familiale de produits chimiques et dont rien ne laisse supposé qu'il a succombé à un meurtre. Mais Sybille Pech est tenace et le lendemain, alors qu'il veut signifier par téléphone son désengagement dans une affaire pour laquelle il n'a pas encore signé, Sybille Pech l'informe qu'elle sait ce qui est arrivé à ses parents et où se terre Camarone. Plus la modique somme, pour Sybille, de cinquante mille euros, pour les frais.

Coup de massue pour Gino qui pensait pouvoir tout oublier et que le destin nommé Sybille remet sur le devant de la scène.

Ancien policier, Gino a gardé quelques accointances aussi il demande au légiste qui a procédé à l'examen du corps de Pech de lui fournir quelques renseignements. Le macchabée n'était pas gâté par la nature côté gonades et pénis (pour faire savant il avait un syndrome de dysgénésie testiculaire et un hypospadias) et a été victime d'un accident cardiaque.

Le détective se rend chez Sybille à Fontainebleau et demande à voir le défunt, prénommé Walter, auprès duquel deux personnes se recueillent. Deux jeunes de la région dont une gothique.

Tout comme Gino, Walter a été victime d'un carnage familial, une sœur et des parents morts et un frère disparu. Etrange ressemblance avec son propre parcours familial.

En visionnant la télé chez lui, il est captivé par un reportage macabre. Deux cadavres ont été découverts dans la nuit, l'un empalé sur les grilles devant une église, et une silhouette au sol les bras en croix. Une vidéo montre quatre jeunes surpris dans un local et la caméra, portée par le tueur, filme leur exécution sommaire. Puis c'est l'accrochage sur la grille du corps empalé, et enfin le dessin sur le trottoir d'un pentagramme à l'aide de ce qu'il semble être du sang. Une étoile, pointe en bas avec à l'intérieur un dessin, esquisse d'un visage.

Ce reportage n'est pas anodin pour Gino qui se souvient tout à coup que le bras droit de Walter porte le même tatouage, la représentation d'une étoile, pointe en bas, et cette figure qui pourrait être une tête de bouc.

Gino décide de se renseigner auprès d'Arthur, qui fut un ami et surtout son collègue au 36 Quai des Orfèvres. Mais les deux hommes sont en froid depuis la résolution d'une affaire à laquelle Gino a participé activement mais dont Arthur a glané tous les fruits.

 

Autant l'avouer tout de suite, l'ésotérisme et le satanisme ne m'attirent guère, aussi j'ai lu cette histoire sans vraiment vibrer, sans vraiment y participer. Par contre (et non en revanche comme disent les journalistes qui voient des batailles partout) les personnages, pas tous, sont émouvants.

J'ai surtout été conquis par l'écriture tout en finesse de Florent Marotta, et c'est l'un des rares romanciers à écrire il est vingt heure, sans S à heure. En effet, on dit il est vingt heure (la vingtième heure de la journée) et au bout de vingt heures (attente par exemple). Ce n'est pas grand chose mais cela démontre que Florent Marotta est respectueux de la langue française.

Le prénom de madame devenue veuve Pech n'a pas été choisi au hasard. En effet une Sybille, dans la mythologie grecque, était une prêtresse d'Apollon, douée du don de divination et de prophétie.

Un roman qui oscille entre roman noir (dans l'ancienne acception du terme et qu'on appelle aujourd'hui gothique) et thriller fantastique, qui ravira sans aucun doute les amoureux du genre.

Florent MAROTTA : Le Visage de Satan. Collection Le Tourbillon des mots. Taurnada éditions. Parution 7 décembre 2015. 384 pages. 11,99€.

Existe en version format Kindle 5,90€.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 14:10

Lorsque l'élève dépasse le maître !

Brice TARVEL : Les dossiers secrets de Harry Dickson. Tome 4.

Ni parodiste, ni pasticheur, ni imitateur, ni copieur, Brice Tarvel est avant tout un continuateur créateur de rêves.

Et son quatrième volume, composé de deux romans, consacré aux dossiers secrets du Sherlock Holmes américain, nous démontre que non seulement Harry Dickson n'est pas un héros démodé mais que de plus Tarvel possède un imaginaire digne de Jean Ray.

D'ailleurs Brice Tarvel ne peut en aucun cas être considéré comme un pasticheur de Jean Ray puisque le grand auteur de fantastique belge lui-même avait écrit les aventures de Harry Dickson en traduisant à l'origine des fascicules hollandais dus à la plume d'auteurs allemands anonymes, et les trouvant fort médiocres les avaient retravaillées ou réécrites en se fiant aux couvertures d'origine.

 

Au sommaire de cet ouvrage deux nouvelles aventures :

 

Le Polichinelle d'argile.

En galopin turbulent et indiscipliné, Victor prend plaisir à exterminer les insectes et à martyriser les chats et les chiens. Kitty, la jeune bonne d'enfant, a eu beau le mettre en garde, lui prédisant :

Un jour, un troll, un géant, te donnera un coup de talon comme tu le fais à la gent trotte-menu.

Un soir Kitty est agressée par un gnome à la face de terre cuite, un nez crochu, coiffé d'un bicorne rouge, une fraise entourant son cou et un pourpoint chamarré ne cachant ni son ventre proéminent ni sa gibbosité. Si elle parvient à se débarrasser du gnome, Victor, lui, est enlevé. Elle a juste le temps d'entendre un homme signifier à son acolyte, c'est bon, Punch, regagnons l'auto en vitesse, et d'apercevoir le véhicule s'enfonçant dans la nuit. Tucky, le fils du pharmacien et trop timide amoureux de Kitty, alerté, découvre sur la route une main d'argile.

D'autres gamins sont portés disparus, et la police nage dans la panade. Le superintendant Goodfield se confie à Harry Dickson qui est fort intéressé par cette affaire fort étrange dont il a entendu parler par des rumeurs. Un polichinelle serait en cause. Muni de la main d'argile il se rend chez un célèbre et éminent minérographe qui après analyse donne son verdict. La terre qui a servi à mouler cette main provient d'Australie, et plus précisément de Pinjarra. Dickson va d'autant plus s'impliquer dans cette enquête qu'un de ses informateurs en culotte courte est lui aussi kidnappé.

Cette recherche va le conduire dans un moulin, en compagnie de Tom Wills, son fidèle assistant, dont une légende dit qu'il abrite un trésor viking. Et Harry Dickson va passer de sales moments par la faute d'un homme en noir borgne passionné de pratiques magiques aborigènes.

Une histoire qui ne laisse pas de pierre.

 

Brice TARVEL : Les dossiers secrets de Harry Dickson. Tome 4.

La chambre effroyable.

Tout le monde aimerait vivre le plus longtemps possible, en bonne santé bien évidemment, mais quelles pourraient être les conséquences de cette immortalité ?

Un petit groupe de commerçants et de banquier ont imaginé annihiler la mort. Ils se sont regroupés et ont fondé le Cercle sombre, ou Dark Circle. Pour cela ils ont demandé à Asuman, un fakir hindou, de la capturer grâce à des manipulations dont seul il a le secret.

La consternation règne à Londres et plus particulièrement au 221b Baker Street. Mrs Crown, sa logeuse, Tom Wills, son fidèle assistant, le superintendant Goodfield, déplorent le décès accidentel de Harry Dickson, le célèbre détective.

Harry Dickson, alors qu'il poursuivait deux malfrats, a été percuté par un train. Voici pourquoi depuis deux jours il est allongé sur son lit mortuaire. Seulement à la grande stupeur des visiteurs venus à son chevet, il se réveille frais, prêt à repartir au combat.

Ce que n'avaient pas prévus les ravisseurs de la Camarde, c'est que s'ils détiennent Atropos, cela supposent quelques conséquences. Les humains ne meurent plus, de même que la faune dont les principaux représentants se trouvent être les rats qui commencent à pulluler.

Une histoire qui ne devrait pas vous faire mourir d'ennui.

 

En apocryphe talentueux, Brice Tarvel possède une double qualité. Outre un imaginaire que Jean Ray n'aurait pas renié, il puise dans le dictionnaire des mots obsolètes afin d'en truffer ses textes, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Des vocables qui le plus souvent collent au plus près de ce qu'il décrit. Ainsi des joues rubescentes. Aujourd'hui, on ne se sert plus que de rutilant, lorsque l'on veut préciser l'état d'une voiture par exemple. Ne lit-on pas : Une voiture noire rutilante. Or l'adjectif rutilant veut dire d'un rouge éclatant. Le français se perd, ma bonne dame.

Bien d'autres mots sont ainsi remis au goût inimitable du français de bon aloi, et au lieu d'aller piocher comme les bobos (bourgeois bohêmes), ou les bonobos (bourgeois non bohêmes), dans la culture anglo-saxonne, nos romanciers devraient suivre la ligne éditoriale de Brice Tarvel, quitte à eux de s'instruire, et utiliser des mots qui ont été créés depuis des siècles pour en faire bon usage, tout en dégustant une tasse de thé dans laquelle gisent quelques effondrilles.

 

Et si vous souhaitez faire un peu plus ample connaissance avec Brice Tarvel et sa production, jetez-un petit coup d'œil sur les liens ci-dessous :

Brice TARVEL : Les dossiers secrets de Harry Dickson. Tome 4. Collection Absinthes, éthers, opium. Editions Malpertuis. Parution décembre 2014. 130 pages. 11,00€.

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 13:16

Mais tendres à digérer...

Recueil collectif : Dur(e)s à cuire.

Il existe des dates incontournables auxquelles on ne peut déroger. Le mois de novembre, par exemple : le 1er, jour de la Toussaint. Le 2, jour des morts. Le 11, signature de l'Armistice de la Première Guerre Mondiale.

Il y a celles qui affectives, sentimentales, ne doivent pas être oubliées. L'anniversaire des amis, des proches, du mari ou de l'épouse, des gamins. Celles qui peuvent se révéler juteuses financièrement : l'anniversaire de la belle-mère, qui vous couchera sur son testament, de votre patron, qui pourra vous octroyer une augmentation, de votre député, les relations ça s'entretient, du commissaire ou commandant de gendarmerie, ce n'est pas pour des prunes.

Et celle, devenue incontournable, date que vous cochez avec jubilation, impatient que vous êtes, de vous rendre à Lamballe pour le Festival Noir sur la ville.

Et cette date là, vous l'attendez avec fébrilité. Las, cette année, alors que vous vous apprêtiez à boucler vos bagages, cette sympathique manifestation a avorté avant même de naître. En cause certains événements indépendants de votre volonté. Les 14 et 15 novembre, Noir sur la ville a été plongé dans le Noir.

Heureusement, si vous n'avez pu converser avec les invités, nombreux, vous pouvez en retrouver certains grâce au recueil qui, lui, a été édité et au sommaire duquel vous pouvez retrouver les signatures de trois pointures de la littérature policière noire, et celles de trois auteurs en devenir, pour peu qu'ils continuent dans cette voie.

Honneur aux petits jeunes qui jouent dans la cour des grands et pourraient bientôt les égaler, sinon les dépasser. Félicitations aux heureux parrains qui les accompagnent dans ce recueil. Voici donc par ordre d'apparition en scène :

 

T. A... : Médusé.

En 1920, le narrateur décide d'entrer dans la police de Chicago. D'origine irlandaise, il hait tout autant les Chinois, les Grecs, les juifs, les homosexuels et les Noirs. Mais s'il quitte sa famille, une famille industrielle nantie, c'est une forme de rébellion de sa part. Il veut quitter le Ku Klux Klan natal et arrêter les individus qu'il exècre en toute légalité. Sa première enquête consiste à retrouver le meurtrier d'une jeune Noire. Cela ne l'emballe pas, mais le chef a décidé.

La narration en est fluide et rappelle les auteurs du vingtième siècle pour qui l'écriture comptait autant que l'intrigue. Un début prometteur.

 

Marin LEDUN : Quelques pas de danse.

Emilie aime danser, plus particulièrement dans la boîte de nuit qui fonctionne les deux mois estivaux. Et elle a jeté son dévolu sur le videur, un grand Noir de cent vingt kilos. Il en impose mais devant elle il se fait tout petit. Amorena qu'il se nomme, et lorsqu'il la rejoint chez elle à sa demande, il sent des sueurs froides lui dégouliner sur le front. Emilie est gérante d'un chenil mais ne s'occupe guère de ses animaux. Elle vit avec Simon, un braconnier qui passe son temps dans la forêt à relever ses pièges dans une sorte de caravane.

Si cette histoire se déroule entre Pau et Bayonne, elle pourrait très bien avoir pour cadre un coin du Sud des Etats-Unis, ces contrées chères à Jim Thompson, Erskine Caldwell ou Ernest J. Gaines.

 

Elsa MARPEAU : Comme la pierre.

Son mari a offert à Alicia une paire de boucles d'oreilles, en or blanc. Mais Alicia s'ennuie, et ne s'occupe pas de son gamin de quatre ans. La bonne est là pour ça. Son mari est militaire, un changement de caserne se précise, et il se conduit comme une bête en rut. Leur nouvelle demeure, sise en haut d'une colline, permet de voir ce qu'il se passe au dehors. Il gèle, ou il pleut. Un jour son mari invite un petit soldat, qui bientôt va s'installer chez eux.

Insidieusement, ce récit dont le décor s'inscrit dans une guerre qui ne dit pas son nom, m'a fait penser à Raymond Radiguet. Allez savoir pourquoi.

 

Patricia PORTMAN : La mue.

Parfois, on se demande si les parents réfléchissent lorsqu'ils prénomment leurs enfants. Ainsi s'appeler Bahl et affubler leur fille du prénom d'Annie, au départ, cela ne prête par à conséquence, mais quand les gamins se moquent à l'école parce qu''ils regardent à la télé Agence Tout Risque et que l'un des protagoniste se nomme Hannibal, évidemment les moqueries fusent. Alors Annie décide de devenir Marianne. Un secret que promet de garder son amie, la narratrice. Elles prennent un appartement en commun, Marianne choisit d'étudier le droit. Devenir avocat, tel est son destin. Et son destin, elle va le rencontrer en la personne d'un homme qui fricote dans l'union corse, c'est-à-dire la Mafia.

L'histoire se déroule au Canada, une petite pointe d'exotisme ne nuit pas, et narre le parcours d'une jeune femme handicapée patronymiquement mais saura s'élever dans l'échelle sociale, même si ce n'est pas forcément du bon côté des barreaux.

 

Xavier RUGIENS : Portrait d'un rino féroce.

Travailler dans une morgue et voir le sac contenant le cadavre d'un centenaire bouger, il y a de quoi se poser des questions et même ressentir une pointe d'angoisse. Salvatore Antonino Uovosodo, dit Rino, à cent-cinq ans était résident à la maison du quatrième âge La Boccadoro. Avec Viviane Rutledge, un an de moins, ils faisaient la fine équipe, jouant au scrabble tout en devisant en sourdine. Que c'est-il passé, pourquoi le mort a-t-il ressuscité ? Deux questions auxquelles Xavier Rugiens répond avec humour, dans une chute digne de Fredric Brown.

 

Marie VINDY : Tais-toi !

David est âgé de douze ans, mais il en parait dix. Mais ce n'est pas cela qui le distingue. Il est mutique. L'homme qui l'a amené dans cette maison tente de l'intéresser aux travaux divers à entreprendre pour remettre l'habitation en état, à lui proposer des livres, à lui parler de sa mère qu'il a bien connue. Jusqu'au jour où une femme se pointe chez eux, se présentant comme venant de Paris et étant policière, commandant de la brigade des familles.

Une histoire tout en non-dits, en sous-entendus, avec pudeur, dont le rôle principal est tenu par un gamin, et dont le passé est comme enfoui sous des voiles que l'on n'ose pas soulever de peur de rencontrer des cadavres. Le tout enveloppé de réminiscences de textes de chansons de Maxime Leforestier.

 

Trois jeunes pousses encadrées par trois tuteurs, un bon cru qui aurait pu se déguster avec une bolée de cidre et quelques crêpes (de deuil ?), mais que l'on lira avec plaisir au coin du feu.

Et les organisateurs vous donnent rendez-vous à l'année prochaine dans des conditions qu'ils espèrent plus favorables à des rencontres festives et littéraires.

 

Recueil collectif : Dur(e)s à cuire.

Vous pouvez lire la chronique d'un précédent recueil :

Recueil collectif : Dur(e)s à cuire. Editions Terre de Brume. Parution novembre 2015. 112 pages. 13,50€.

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 08:40

Le poète a toujours raison...

Gilles VIDAL : La fatalité est la poésie du monde.

Est-ce un recueil de nouvelles, de poésies, une compilation de brèves de comptoir, une succession d'anecdotes et de réflexions, des pensées profondes, philosophales, des billets d'humeur et d'humour...?

C'est un peu tout cela et beaucoup plus à la fois. Car l'esprit d'un littérateur ne se repose jamais. Il fourmille d'idées que son propriétaire doit coucher sur le papier, quel que soit l'endroit où il se trouve, sous peine qu'elles s'évanouissent à jamais dans les limbes de l'oubli.

 

Il est donc difficile de résumer cet ouvrage, qui d'ailleurs est la réédition de quatre livres parus chez divers éditeurs, dont Hors Commerce, dans les années 1990 et 2000, aujourd'hui épuisés. Autant les livres que les éditeurs d'ailleurs.

Des textes plus ou moins longs, comme peut l'être une courte nouvelle, d'une demi-page ou d'une trentaine, selon l'inspiration et le besoin de la chute, qui nous plongent dans un univers onirique trempé dans le quotidien d'un monde pessimiste teinté de nostalgie, d'humeur vagabonde, de dérision, d'envies, de besoins, de souhaits, de regrets, et une pointe (?!) d'érotisme coup de blues. Le spleen cher aux poètes suinte de ces lignes comme une rédemption, une panacée peut-être à effet placebo pour un esprit torturé et fébrile, le cynisme parfois cachant la timidité ou la gaucherie.

J'aurais aimé pouvoir vous donner en pâture quelques extraits, de courts textes de quelques lignes, un poème jeu de mot comme j'affectionne, mais sortir des lignes d'un contexte chimérique ou réel, résultat d'un besoin de s'exprimer, de se soulager, de s'épancher, me semble aller au-delà du souhait de l'auteur.

Pourtant les titres peuvent parler d'eux-mêmes :

Je te meurs; Courage, survivons; Pourtant, tous les espoirs semblaient permis; Je te crève tu me tues (poème); Exister relève du prodige...

 

Mais pour bien en comprendre le sens, la finalité, l'amertume qui se cache sous l'ironie, ou le contraire, l'humour désabusé, alimenté de fantasmes au charme vénéneux, il faut se plonger dans ces écrits comme on décortique un calendrier de l'Avent.

Seulement, si au début on se dit qu'on ne va en lire que quelques pages par jour, en dégustateur avisé et sage, on se prend au jeu et bientôt on se rend compte qu'on engloutit le tout en véritable affamé, avide de littérature proche de nous, que l'on ne peut s'empêcher d'avaler les textes les uns à la suite des autres, quitte à revenir en arrière afin d'en savourer tous les parfums qui se dégagent lentement dans nos petites cellules grises.

Ce recueil est composé de

Hymnes urbains; Angles d'attaque; L'endroit le plus fragile du corps de l'homme; Exister relève du prodige.

Hymnes Urbains. Hors commerce

Hymnes Urbains. Hors commerce

Angles d'attaque. Méréal

Angles d'attaque. Méréal

L'endroit le plus fragile du corps de l'homme. Hors commerce.

L'endroit le plus fragile du corps de l'homme. Hors commerce.

Exister relève du prodige. Atelier de Presse

Exister relève du prodige. Atelier de Presse

Quleques chroniques de lecture :

Gilles VIDAL : La fatalité est la poésie du monde. Hors collection. Multivers Editions. Parution décembre 2015. Format ePub et Kindle. 420 pages environ. 4,49€.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 09:16

Ne scintille plus...

Ivan ZINBERG : Etoile morte.

Décidément, il ne fait pas bon travailler comme femme de service dans les hôtels américains. Quand elles ne sont pas agressées par un individu lubrique, elles découvrent un cadavre !

Seulement celui qui vient d'être repéré n'est pas mort béatement dans son lit, même s'il a participé à une séance de copulation auparavant. L'homme bâillonné est attaché par les membres aux montants du lit, il a été éventré et émasculé d'une soixante de coups de couteau, l'arme enfoncée dans l'anus. Il existe de meilleurs endroits pour ranger ce genre d'ustensile de cuisine.

Sean Madden, de la section homicide du LAPD de Los Angeles, et son coéquipier Carlos Gomez sont chargés de cette affaire peu banale. Tout d'abord il leur faut éplucher les séquences vidéo provenant des environs de l'hôtel ou de l'établissement même. Ils repèrent une femme blonde accompagnant Paul Gamble, le défunt, mais les images sont floues. De plus cette femme prend soin de cacher son visage derrière des lunettes noires grand format, ne se montrant jamais de face.

Les premières constatations dans la chambre du crime ne sont guère positives, rien n'ayant été laissé au hasard par la meurtrière. Seules quelques empreintes sur la moquette permettent de penser qu'un trépied y avait été installé, afin de procéder à un enregistrement des ébats meurtriers.

Ils se renseignent également auprès de l'épouse de Gamble, un riche entrepreneur qui a monté une start-up informatique qui engrange les bénéfices. Auprès de la secrétaire de Gamble, ils apprennent que l'homme était une bête de sexe, qu'il l'avait violée à plusieurs reprises, ainsi que de jeunes stagiaires, les payant ensuite grassement pour qu'elles se taisent. Toutefois, la secrétaire découvre dans le coffre de l'homme d'affaire un CD montrant Gamble en pleine activité, avec elle mais aussi avec une autre jeune femme dans un endroit inconnu. Elle remet l'objet à Sean Madden et son coéquipier, ce n'est pas grand chose, mais les petites informations, révélations mises bout à bout peuvent faire avancer l'enquête.

Toutefois Sean Madden doit déranger car en sortant d'un cinéma il aperçoit une voiture, une femme blonde à l'intérieur et un tuyau qui dépasse comme s'il s'agissait d'un fusil. Le bon réflexe consiste à se coucher sur le trottoir, à l'abri, ce qu'il fait. Il est sain et sauf, mais une jeune asiatique en subit les dommages collatéraux. Elle n'est que blessée, il appelle les secours et va même lui rendre visite à l'hôpital.

 

La veille de la découverte du corps de Gamble, Michael Singer, un reporter-photographe spécialisé dans la traque des vedettes de cinéma. Il possède de très nombreux informateurs qui lui fournissent d'amples renseignements ou l'aident dans ses démarches, des policiers et un informaticien rasta, genre baba-cool adepte de la fumette notamment. Chasseur de scandales il est rémunéré par la presse à sensation, ce qui lui permet de payer ses indics en conséquence.

C'est ainsi qu'il apprend par un policier que Naomie Jenkins, une vedette d'un journal télévisé, a été kidnappée puis violée. Elle a été droguée et s'est réveillée dans un hangar dans une zone industrielle, mais elle ne se souvient de rien. Cette fois il ne s'agit plus pour Mike Singer d'une affaire croustillante mais bien d'un acte répréhensible et il comprend fort bien que les médias n'en aient pas été informés. Il va mettre tout en œuvre pour découvrir qui sont ses ravisseurs violeurs, touché par la grâce et la dignité de la jeune femme. Il en devient même secrètement amoureux.

En remontant la filière grâce à ses contacts, il va se trouver au cœur d'une sombre histoire de films pornographiques.

 

Deux enquêtes qui vont bientôt converger, des hommes étant retrouvés assassinés dans les mêmes conditions que Gamble, et des femmes ayant subi des viols selon les mêmes méthodes endurées par Naomi Jankins.

Un roman qui débute en mode diésel, avec de très nombreuses digressions, explications, mais qui peu à peu s'emballe pour finir en trombe, comme une course contre la montre en côte.

Sean Madden le policier, et Michael Singer le paparazzi, tiennent une place importante, pour ne pas dire prépondérante dans ce récit, aussi bien dans leurs recherches, leur quête, que par leur charisme.

Ivan ZINBERG : Etoile morte.

Sean Madden, est devenu orphelin très jeune, ses parents étant décédés dans un accident de voiture. Mais s'il s'est retrouvé seul, placé en orphelinat, il a eu la chance, si l'on peut dire, de ne pas être démuni, ses parents étant extrêmement riches. Mais il a décidé de travailler, et le métier de policier l'a attiré pour diverses raisons. Il habite la Chemosphère, une construction d'architecte, mais il ne fait pas étalage de sa richesse. Il vit seul, ayant eu une compagne mais celle-ci l'a quitté. Il ne boit pas d'alcool, ne se drogue pas, un homme normal en quelque sorte.

Michael Singer lui aussi est un solitaire, ne vivant que pour son travail de reporter journaliste. Il a su s'entourer d'hommes et de femmes qui sont devenus des complices, mais dans cette affaire il se prend pour un enquêteur, une sorte de détective privé, attiré sentimentalement par Naomi Jenkins et lui vouant une forme de culte.

Les deux enquêtes, totalement différentes au départ, vont converger avec comme point commun Gamble, car les motivations des différents protagonistes se rejoignent, s'aimantent, comme le Bien et le Mal s'attirent justement à cause de leur antagonisme. Deux aiguilles d'une horloge, placée sur un pivot central érectile, qui au départ vont dans des sens opposés, se rejoignent, se superposent puis reprennent leur course dans le temps.

Si les descriptions sont travaillées, sérieuses, minutieuses, détaillées, parfois de façon clinique, minutées, permettant de visiter les différents quartiers et villes qui composent Los Angeles, les traits d'humour et les allusions ne manquent pas. Ainsi Sean Madden est allé voir Bleu Bell, l'adaptation longue de 37.2 le matin, et en sortant du cinéma il distingue une voiture avec la femme blonde à l'intérieur. Ceci ne vous rappelle rien ? Mais si, le roman de Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, adapté plusieurs fois au cinéma !

 

N'hésitez pas a visiter le site des éditions Critic, vous trouverez quelques jolies pépites...

Ivan ZINBERG : Etoile morte. Thriller. Editions Critic. Parution le 5 novembre 2015. 478 pages. 20,00€.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:06

Les médicaments génériques sont-ils

des contrefaçons ?

Mathias BERNARDI : Toxic Phnom Penh.

En 2008, le jeune Pram Rainsy, voyou canadien d'origine khmère, en délicatesse avec les autorités de son pays, s'associe avec l'Oncle, criminel réputé, afin de fabriquer de faux médicaments. Les chiffres qu'il avance sont sans contestation, il y a de quoi se faire beaucoup d'argent. Ainsi pour une mise de mille dollars, le profit escompté dans le trafic de fausse monnaie est estimé à vingt mille billets verts, tandis que dans la contrefaçon de médicaments, cela peut s'élever jusqu'à quatre cent cinquante mille dollars. Il suffit juste de choisir de fabriquerr un médicament populaire et le tour est joué.

Quatre ans plus tard, les autorités policières, et plus particulièrement la division IV, service luttant contre la contrefaçon de médicaments, est alertée. Des antidépresseurs seraient à l'origine d'une mortalité inquiétante. Un incident mortifère empoisonnant pour l'Oncle qui avait misé sur ce profit en élaborant dans un laboratoire semi-clandestin des médicaments théoriquement inoffensifs, des placebos ou des produits pouvant être utilisés sans aucun impact négatif.

Le général de la police cambodgienne, You Philong, dirige également cette division IV qui possède en son sein quelques éléments extérieurs. Ainsi Alexis Renouart, bientôt quarante ans, policier français travaillant pour l'ambassade de l'Union européenne au Cambodge, en est le conseiller technique. Il est ami avec Sam Sonn, un policier local. Le sexagénaire Bob Farnhost est lui aussi conseiller technique et est payé par un consortium d'entreprises pharmaceutiques américaines. Pour ne citer que les principaux membres de cette division spéciale.

Tandis que les forces de la division IV essaient de remonter la filière de distribution et celle de fabrication des médicaments mortels, Rainsy le neveu et Vorn Vitch, un collaborateur de longue date du contrefacteur, se disputent la prépondérance au sein de l'organisation dirigée par l'Oncle.

 

Est-ce l'influence asiatique exercée sur l'auteur, qui a vécu durant de longues années au Cambodge, mais cette histoire traîne longueur comme les palabres qui s'échangent lors de négociations, de longues heures de discussions pour arriver parfois à pas grand-chose. En réduisant de moitié la taille de ce roman, cette intrigue aurait gagné en puissance.

Dès le début, le lecteur habitué à dévorer des romans policiers se doute de l'identité de l'Oncle, d'autant qu'il n'est pas indiqué dans la liste des personnages principaux. Donc l'un d'entre eux joue un double-jeu.

Le principal intérêt ne réside donc pas dans la construction et la résolution d'une énigme, mais dans la description d'un pays déchiré entre la présence et l'influence encore importante des Khmers rouges, et entre les rapports des Cambodgiens avec leurs voisins chinois et vietnamiens. La trame policière n'est que le vecteur d'une narration géopolitique et socio-économique concernant un pays en pleine mutation.

Mathias BERNARDI : Toxic Phnom Penh. Le Masque Poche N° 67. Prix du roman d'Aventures. Parution le 3 juin 2015. 480 pages. 7,90€.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 16:17

Et n'oubliez pas de vous essuyer les pieds par la même occasion !

Jérôme ZOLMA : En main propre !

Parfois il vaut mieux tourner sa langue sept fois dans sa bouche (ou dans celle de sa copine) avant de prononcer des phrases qui peuvent faire mal, même si l'on n'a pas l'intention de nuire ou de vexer son interlocuteur.

Clerc de notaire chez Maître Bergeaud, à Avignon, Ilyès Janin-Zenati est surpris et agacé lorsque son patron lui dit :

Ilyès ? Vous êtes Algérien, vous, non ?

Le jeune homme lui répond sur le mode poli, mais cinglant, que non, il est Français mais d'origine algérienne par son père. Ce pourrait être un point final, mais le notaire enfonce le clou :

Oui, j'entends bien. Mais vous êtes quand même un petit peu Algérien.

Tout ça pour savoir si un voyage sur la terre de ses ancêtres plairait à Ilyès et s'il parle arabe. Car Maître Bergeaud veut confier une mission à son jeune clerc, une mission dont il n'aura la teneur que le lendemain, lors de l'ouverture du testament Daniel Genovese.

Le défunt ne lègue à ses deux neveux, les seuls héritiers, que des bricoles, le mas qu'il possédait dans les Alpilles devenant la propriété de Noël Ramon dont le dernier domicile connu se situe à Tizi-Ouzou. Et Ilyès est chargé de contacter ce Noël Ramon, sur place, car il ne possède pas le numéro de téléphone et les policiers locaux ne semblent guère intéressés à aider dans ses démarches un notaire Français.

Genovese, soixante-douze ans, se serait tué en tombant d'une échelle. Son héritier est un ancien camarade de régiment, resté sur place après la fin des hostilités en Algérie.

Ilyès est chargé de famille depuis la mort de son père dix ans auparavant. Son jeune frère Nouredine, bientôt quatorze ans, lui cause bien des soucis. Alors qu'il n'avait que onze ans, son instituteur avait découvert du shit dans son cartable, et depuis Nouredine traficote toujours au grand dam de sa mère et d'Ilyès. Pourtant celui-ci aimerait bien que le frérot s'amende, d'autant qu'il fréquente Céline, une jeune fille bien sous tout rapport, sa Gauloise comme disent les jeunes et moins jeunes de la cité. Le père est hypocondriaque, ça se soigne, et surtout il n'aime pas les Arabes tout en affirmant qu'il n'est pas raciste.

 

Il faut remonter quarante trois ans en arrière, en juillet 1962 exactement, alors que Noël Ramon et Daniel Genovese, complices sur le terrain et dans les mauvais coups, avaient spoliés un riche colon, lui barbotant ses lingots d'or, et lui prenant la vie par la même occasion. Daniel Genovese était rentré en France comme un bon petit soldat tandis que Noël Ramon, sur qui les soupçons policiers s'étaient focalisés, a préféré rester sur place, en changeant son nom.

Depuis, ils correspondaient épisodiquement, Daniel Genovese étant le dépositaire de la part de lingots de son copain.

Mais tout ceci, Ilyès ne le sait pas encore, seulement la mort prématurée de Daniel Genovese le tracasse. Il se rend donc en Algérie sur la terre de ses ancêtres, comme lui a dit son patron de notaire. Ses recherches se révèlent ardues, d'autant que peu après il se trouve flanqué du père de Céline, lequel est trop souvent dans ses jambes et le gêne plus qu'autre chose.

 

La guerre d'Algérie, les événements d'Algérie comme il était de bon ton d'appeler cela à l'époque, a provoqué des plaies qui se cicatrisent difficilement, et de temps en temps, cinquante ans plus tard, elles se réveillent provoquant quelques purulences.

Zolma nous décrit avec pudeur et sans parti pris cette histoire, qui oscille entre 1962 et 2005, sans forcer le trait d'un côté comme de l'autre.

Les événements décrits ne sont guère en faveur ni des uns ni des autres. Les Algériens étaient traités de terroristes alors qu'ils souhaitaient tout simplement recouvrer leur liberté, leur autonomie, parfois dans des circonstances extrêmes et avec des moyens belliqueux, tout comme les Résistants français affrontaient les hordes nazies durant la Seconde Guerre Mondiale, employant des méthodes de tortures ne faisant pas partie de l'arsenal guerrier. Mais certains militaires Français, et surtout leurs chefs ne s'embarrassaient guère de scrupules non plus, usant de méthodes similaires proscrites par la déontologie martiale.

Quant aux colons, implantés en Algérie depuis plusieurs générations, si certains essayaient de vivre en bonne intelligence avec les autochtones, d'autres se conduisaient en véritables esclavagistes ne se rendant pas compte qu'ils étaient à l'origine de ce conflit meurtrier.

Mais le parcours d'Ilyès prend également une grande part dans ce récit, plongé dans une enquête riche en péripéties, colportant avec lui ses propres soucis familiaux et se trouvant en butte aux idées préconçues et aux déductions hâtives, comme le décrit si bien le premier chapitre.

Un Zolma grand cru !

 

Voir également l'avis éclairé de Claude Le Nocher sur Action-Suspense :

Jérôme ZOLMA : En main propre ! Editions Lajouanie. Parution 7 mai 2015. 234 pages. 18,00€.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 14:55

Aime et rôde...

Marie WILHELM : La petite musique de mort.

Un inconnu s'est infiltré dans l'appartement dans lequel Jonathan joue seul. L'homme est un ogre qui casse tout, vandalise, déchiquète, à la recherche d'un objet.

Caroline vient de finir son service de nuit dans le bar où elle travaille afin de compléter son salaire. Elle est obligée de laisser son fils seul durant quelques heures.

 

Cinq ans auparavant, Caroline vit à la Martinique, où elle est née, son père dirigeant une grosse entreprise d'import-export de fruits. Elle est heureuse, insouciante, du haut de ses quinze ans de magnifique jeune fille rousse. Elle écoute en boucle un vieux CD de Cabrel, Je l'aime à mourir, que lui a prêté son amie Roseanne et en échange elle lui a confié une boîte à musique, à laquelle elle tient beaucoup.

Ce jour là ses parents organisent une fête, comme souvent, mais son père semble soucieux. Elle part se baigner mais un hurlement de terreur retentit. Elle regagne vite le rivage, aperçoit sa mère dans une flaque de sang, égorgée. Son père l'entraîne rapidement vers la maison mais sur le seuil une main se plaque sur sa bouche, perd connaissance tandis que son père est assommé.

Lorsqu'elle sort de son évanouissement, elle est à côté de son père mort. Nouveau choc vite réprimé par une main qui lui enfile une cagoule sur la tête.

Jim, son kidnappeur et auteur du massacre est à la recherche d'émeraudes, une mission que lui a confiée un nommé Pelletier, un trafiquant. Jim se rend compte qu'il a saboté son travail, n'ayant pu mettre la main sur les pierres précieuses. Le calvaire de Caroline va durer plusieurs semaines au bout desquelles elle parvient à s'échapper. Elle plonge à la mer au large des côtes californiennes et est récupérée par un garde-côtes.

Les policiers n'ébruitent pas ce sauvetage, mais cela relance l'enquête dans la tuerie martiniquaise. Caroline, qui s'appelait Lassalle va devenir Caroline Dumaine. Elle récupère sa boite à musique auprès de Roseanne, seul objet précieux qui lui reste, les biens familiaux ayant été vendus pour rembourser les créanciers de l'entreprise de son père. Une grand-tante vient la chercher et l'emmène chez elle à Limoges, ville d'où était originaire sa mère. Mais Caroline est enceinte des œuvres malfaisantes de Jim. Au début elle n'accepte pas l'idée de porter un enfant du meurtrier de ses parents, mais à la naissance elle est émue par ce petit être fragile.

C'est ainsi que cinq ans après, se produit l'incident narré en début de chronique. L'inspecteur Bellevue, un jeune policier de vingt-deux ans, est chargé de l'enquête par le commissaire Méziane. Caroline et son gamin sont hébergés par Mama, une amie, mais elle n'en a pas fini avec ses ennuis. Voulant récupérer quelques affaires elle tombe sur la cadavre de monsieur Tsao, son voisin, un vieux monsieur affable, victime de Jim qui a retrouvé la piste de Caroline alors qu'il la croyait noyée.

Pendant ce temps, la bonne ville de Limoges est secouée par des affaires de disparitions et de meurtres de jeunes filles rousses. Le commissaire Bertrand Savigny du SRPJ est chargé de résoudre cette énigme, et en plus de ses deux adjoints, il est assisté d'une stagiaire, Nathalie Fontenay, qui va se montrer très précieuse dans la résolution de l'enquête qui rejoint, le lecteur s'en doutait, celle dont est chargé Bellevue.

 

Une histoire narrée avec pudeur, sans trop de détails morbides, suffisamment explicite pour que le lecteur se sente ému, touché, consterné parfois, concerné par cette jeunesse maltraitée. Caroline à vingt ans n'est pas encore vraiment mûre ou l'est trop à cause des avanies subies. Malheureusement elle n'en a pas fini avec son psychopathe qui est tombé amoureux d'elle, du moins de son image, et en même temps ressent un sentiment de vengeance envers celle qui a réussi à le fuir.

Deux enquêtes qui se télescopent, menées par des policiers qui ne se prennent pas pour l'inspecteur Harry. Et qui comportent de très nombreuses péripéties mouvementées, tragiques.

Marc Bellevue débute dans la profession tandis que Savigny est marié et père de famille. Il ne rechigne pas au travail et aimerait passer plus de temps en famille. Son rêve, faire une coupure d'une semaine et aller en Jordanie en compagnie de Béatrice son épouse.

Outre les personnages de policiers, n'oublions pas Nathalie et les autres qui tous jouent un rôle prépondérant, chacun à leur manière et selon leurs possibilités, ce sont bien Caroline d'un côté et Jim de l'autre qui accaparent l'attention. Caroline marquée à vie et dont les réactions surprennent, parfois défavorablement. Jim le psychopathe qui incarne le Mal sans espoir de rédemption.

L'une de mes marottes, je n'y peux rien j'ai une petite calculette greffée dans la tête, est de comparer les dates et de relever les incohérences. Ainsi Marc Bellevue est âgé de vingt-deux ans. C'est écrit en toute lettres. Or page 55, on peut lire : La jeune femme (Caroline) qu'il devait interroger avait quatre ans de moins que lui. Sauf que Caroline au début de l'histoire a quinze ans et que cinq ans se sont passés depuis. Si je calcule bien, cela devrait lui faire vingt ans, donc pas quatre ans de moins que Bellevue. Ce n'est qu'un petit détail.

Un autre détail, géographique celui-là, m'a chiffonné. Le commissaire Méziane, dans le cadre de l'enquête téléphone à ses collègues de Pointe-à-Pitre afin d'obtenir des renseignements sur Caroline. Et il est agacé car les précisions demandées ne lui sont pas fournies assez rapidement. Ce qui est normal, Pointe-à-Pitre se trouvant en Guadeloupe et non en Martinique. C'est comme ça que des enquêtes pataugent.

Marie WILHELM : La petite musique de mort. Sous-titré Traque à Limoges. Collection Zones Noires. Editions Wartberg. Parution 17 septembre 2015. 208 pages. 10,90€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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