Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 10:32

Un chemin de croix...

 

deaver.jpg


On aperçoit souvent, trop souvent malheureusement, une croix et des bouquets de fleurs sur la berme de certaines routes, ceci pour rappeler qu’un accident de la circulation s’est produit et qu’une victime est à déplorer. Or découvrir un bouquet de roses au pied d’une croix sur laquelle est fixé un carton indiquant la date du lendemain peut surprendre. Pourtant c’est ce que remarque un jeune policier sur la route 1 au sud de Monterey, non loin des dunes qui bordent la plage.

Le lendemain, un promeneur est intrigué par une voiture, les pneus dans l’eau de mer. Aussitôt avertis les policiers trouvent dans le coffre du véhicule une jeune fille évanouie. Si le véhicule avait été plus en avant sur le sable, nul doute que la marée aurait noyée l’occupante qui s’en sort bien mais traumatisée.

L’affaire est confiée à Kathryn Dance, synergologue au California Bureau of Investigation. La jeune femme qui a perdu son mari, attaché au FBI, dans un accident quelques années auparavant, élève seule ses deux enfants. Mais son travail l’accapare et il n’y a guère de temps mort entre deux missions. Elle interroge Tammy, l’adolescente qui a failli périr, à l’hôpital où celle-ci se remet de ses émotions. En observant les mouvements corporels, les expressions du visage, sa façon de se comporter, Kathryn se rend compte que Tammy ment sciemment ou par omission. Les déclarations de Tammy concernant son enlèvement, à bord de sa voiture, à la sortie d’une boîte de nuit, sont plutôt confuses. D’après elle un latino serait à l’origine de son kidnapping. Bref, il vaut mieux chercher ailleurs que de prendre pour argent comptant ses assertions. Et le meilleur moyen pour découvrir une piste est peut-être de s’intéresser à l’ordinateur de Tammy qui était dans son véhicule. L’appareil est un peu endommagé par l’eau de mer et un spécialiste en informatique, Jon Boling, consultant auprès des services de police et enseignant, va leur apporter une aide qui s’avèrera précieuse.

Tammy et bien d’autres visiteurs avaient posté des commentaires sur le site Le Rapport Chilton, un site situé près de Monterey et dont l’animateur se propose de dénoncer les travers politiques, financiers et autres dont la région de Monterey était sujette et plus si affinités. Les projets de l’usine de désalinisation, par exemple, mais aussi les potins comme l’accident provoqué par un adolescent au volant d’un véhicule et qui aurait fait deux victimes, deux jeunes filles assises à l’arrière. Et les commentaires virulents ne manquent pas. D’abord ceux qui les laissent s’en prennent à la municipalité et aux services d’entretien de la voirie mais bientôt c’est une déferlante sur celui qui est surnommé l’assassin de la route. Les signatures sont anonymes ou assorties de pseudos, le nom du conducteur est effacé mais en consultant les rapports de police, il s’avère qu’il s’agit d’un adolescent de dix-sept ans nommé Travis.

Kathryn et son ami Michael O’Neil, shérif-adjoint du comté de Monterey, se rendent chez les parents de Travis, dont le frère Sammy est un peu niais. Tout d’abord les deux policiers n’ont rien à reprocher à Travis, seulement celui-ci disparait et d’autres croix sont découvertes, d’autres meurtres ou tentatives de meurtres sont perpétrés.

Chilton qui se prend pour un journaliste refuse de jouer ce qu’il appelle les délateurs et de donner les noms de ceux qui laissent les commentaires et jouent à la mouche du coche. C’est là qu’intervient Jon Boling dont le rôle est primordial dans les recherches sur le Net. Si, grâce à lui le profil de certaines victimes peut être cerné, d’autres échappent à la logique.

Mais une autre affaire accapare Kathryn. Lors de l’arrestation mouvementée d’un voyou, un policier a été grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il est décédé peu après. Il réclamait que quelqu’un mette fin à ses jours, et il a été entendu. Son frère accuse le personnel soignant. Or le procureur Robert Harper, qui est en charge du dossier accuse la mère de Kathryn, infirmière, d’avoir procéder à une injection létale. D’ailleurs Edie est arrêtée et Kathryn a toutes les peines du monde à empêcher que les services sociaux la séparent de ses enfants.

 

Dans cette double intrigue à multiples rebondissements, Jeffery Deaver dénonce aussi bien le rôle néfaste et délétère joué par le procureur Robert Harper, rôle qui est reproché à quasiment tous les procureurs, aussi bien en Amérique qu’en France. Des fonctionnaires de justice souvent obtus, dont les préjugés négatifs vis-à-vis des présumés coupables influent fortement sur le bon déroulement des enquêtes.

L’auteur met également en avant les événements qui secouent la société, et pas seulement la société américaine puritaine engluée dans la religion, comme la manifestation organisée à l’entrée de l’hôpital dénonçant l’euthanasie et par voie de conséquence l’avortement, par des personnes, des religieux qui ne sont pas toujours exempts de reproches.

croix-route.jpgEnfin c’est quasiment une diatribe contre les effets pervers des blogs, pas tous, mais ceux tenus par de prétendus redresseurs de torts, qui se prennent pour des journalistes sans avoir eu de formation d’investigateur, qui font feu de tout bois, qui accusent à tout va, même sous des propos feutrés, et pis, par les commentaires qui deviennent, par une surenchère verbale, haineux. Et je n’aurai garde d’oublier les effets négatifs de certains jeux vidéos qui procurent une addiction à ceux qui les utilisent, se propulsant dans des univers virtuels et incapables de rester connectés au monde réel.

Un roman qui démarre tout doucement, malgré quelques scènes poignantes, mais prend de la force au fur et mesure de son double développement et le lecteur est happé à son insu dans cette histoire qui n’a pas de frontières.


Du même auteur lire : Instinct de survie.


Jeffery DEAVER : Des croix sur la route. (Roadside crosses – 2009. Traduction de Pierre Girard. Première édition : Editions des Deux terres Novembre 2012). Réédition Le Livre de Poche. Parution 30 octobre 2013. 608 pages. 8,10€.

Repost 0
2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 08:53

Loin de l'Eden ?

 

jardindiable.jpg


La prohibition, qui débute le 16 janvier 1920 suite au vote du 18ème amendement de la constitution américaine ratifié le 29 janvier 1919 et le Volstead Act du 28 octobre 1919, durera jusqu’en 1933, entraînant des effets pervers contraires à ce qui était souhaité. La vente d’alcool était interdite ce qui n’empêcha pas ceux qui en consommait de continuer à satisfaire leurs envies, leurs besoins, leurs dépendances. Si les ouvriers devaient se contenter d’alcool frelaté, les riches pouvaient se permettre des folies.

C’est dans ce contexte que Roscoe Arbuckle, surnommé Fatty en raison de sa surcharge pondérale, vedette du cinéma muet, investit une suite de l’hôtel St. Francis de San Francisco en septembre 1921. Il est accompagné de ses deux meilleurs copains, de son chien Luke qui lui est si fidèle qu’il connait lui aussi les honneurs de films comiques, et d’une palanquée de jeunes femmes, starlettes, aventurières, hétaïres et courtisans. Pour cette petite fête en rien improvisée, il se fait livrer des caisses de gin et autres boissons alcoolisées en toute impunité. Qui dit fête et alcool dit tentative de copulation, rapprochement des corps libres consenti ou non. Et lorsque le drame arrive, tout le monde est éberlué.

RoscoeArbuckleRet.jpgLes autorités s’invitent mais tous les témoins, encore sous le coup des effets délétères d’eau-de-vie de diverses provenances et ingurgitées à la bonne franquette, tout ce petit monde sait ce qu’il s’est passé tout en se contredisant. Virginia Rappe, jeune vedette de cinéma qui a enchainé les rôles sous la direction de son mari Henry Lherman, est retrouvée morte sur un lit dans l’une des chambres composant la suite. Apparemment elle aurait été écrasée par Fatty. Les circonstances de son décès sont obscures, chacun y allant de sa version. Elle aurait été violée, elle aurait ressenti de violentes douleurs abdominales, Fatty se serait amusé à lui glisser un glaçon dans son intimité, ou une bouteille de Coca, selon d’autres, en guise d’olisbos. Fatty se souvient de quelques-unes des phases érotiques mais pas de tout ce qui est avancé, et surtout il réfute la thèse de l’assassinat et surtout de sa participation dans la mort de Virginia Rappe. Néanmoins il est arrêté et traduit au tribunal.

Samuel Hammett, qui lors de sa reconversion comme écrivain prendra l’alias de Dashiell, devenant pour certains Dash, peut-être en référence à la lessive puisque son travail de détective était de blanchir les clients de l’agence Pinkerton qui recourrait à ses services, Sam Hammett est chargé d’interroger les témoins du procès et de démêler le vrai du faux et vice versa.

A cette époque Hammett est marié avec Jose, enceinte de ses œuvres, il fume malgré son handicap de tuberculeux cigarettes sur cigarettes, ne dédaigne pas ingurgiter de petits verres d’alcool. Ils vivent chichement : « Ils possédaient quatre assiettes, des couverts empruntés, la table et un lit escamotable qui se dépliait la nuit ».

Sans vouloir crier au chef d’œuvre, ce roman est un ouvrage qui restitue une ambiance pesante dans une affaire de meurtre supposé et Fatty est en butte à la vindicte de nombreuses personnes. De la ligue féminine notamment car la pruderie est érigée comme une bannière. C’est ainsi que lors de sa comparution au tribunal Fatty reçoit les crachats de la part de femmes en noir et de leurs filles. A croire qu’à cette époque ce n’était pas l’alcool qui embrumait les esprits mais le manque. Ce sont également les débuts, de la part des policiers, des violences envers les membres du parti communiste local.

Le cinéma connait déjà les frasques sexuelles et les magouilles qui feront son charme et alimentera les journaux à scandales. Dans cet univers frelaté, Ace Atkins mélange personnages imaginaires et réels et sa narration emprunte à une sombre histoire véridique qui activa la chute de Fatty, lequel ayant débuté dans l’écurie de Mack Sennett se targuait d’avoir tout appris à Charlie Chaplin. On remarquera un duo de policiers qui se nomment Reagan et Kennedy, comme deux anciens présidents des USA. Les petites phrases humoristiques ne manquent pas et je ne peux résister au plaisir de vous en livrer quelques-unes.


« Je ne fais pas confiance à un journaliste qui ne boit pas. Ça montre qu’il n’a pas d’encre dans le sang ».

« Tes bagages ? Le seul bagage que tu aies jamais eu, c’est une culotte propre dans ton sac à main ».


Ace ATKINS : Le jardin du diable. (Devil’s garden – 2009 ; traduction de Christophe Mercier). Editions du Masque. Parution Janvier 2011. 360 pages. 21,90€.

Repost 0
1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 16:09

C'est une gamine charmante, charmante, charmante,
Qui possède une âme innocente, innocente...

 

 

veuve-noire.jpg

 En cet après-midi du 11 novembre 1918, tandis que les rues de la capitale bruissent au son d'une victoire douloureusement acquise, une jeune femme s'habille, rangeant son corset au placard, enfilant juste sur son torse une camisole et des dentelles sous sa veste de tailleur. La liberté de l'esprit passe peut-être d'abord par celui du corps.

Léonie Rivière, jeune veuve de guerre d'à peine trente ans, son mari Antoine a été porté disparu dans les tranches du chemin des Dames en 1917, est journaliste pigiste à Paris. Elle rédige des articles sur les arts, les spectacles et la littérature, pour L'Excelsior ou L'Illustration sous le nom d'emprunt de Lys de Pessac. Son appartement de la rue de Rennes, dont elle a hérité, est quasiment vide. Il lui a fallu vendre une grande partie de ses meubles, l'argenterie, la vaisselle, pour éponger les dettes de son mari qui avait acheté de l'emprunt russe, pour l'entretien de l'appartement, et vivoter. Il lui reste toutefois quelques bouteilles de Pessac-Léognan, vin dont son mari était amateur, d'où son pseudonyme. Ses anciens amis lui tournent le dos, mais elle s'en est fait d'autres. Car entre Saint Germain et Montparnasse, qu'elle parcourt avec son maroquin sous le bras, contenant carnet, crayon et canif pour affûter son outils de travail, les peintres, les sculpteurs, les poètes et écrivains en devenir ne manquent pas.

A Odéon, elle entre dans un bar et tandis qu'elle tente de ravaler ses larmes, survenues comme ça d'un coup, peut-être à cause des conversations entendues au bar, un homme s'installe à sa table. Il se présente, Edgar Prouville, poignard-clou.jpget offre à Léonie un cognac afin de la réconforter. Même si elles sont nombreuses dans son cas, veuve de guerre incite au respect. Et le joli cœur, il est vrai qu'il est fort avenant, débite quelques fadaises de carte postale avant de réprimer une grimace. Une blessure à l'aine, provoquée par un poignard-clou comme celui qu'il montre à sa voisine, le sien terminé par une tête de serpent, se réveille. Les confidences s'échangent, pas encore sur l'oreiller mais cela ne tardera pas, il travaillait comme chef de rang au Bal Bullier, avant son incorporation mais il a décidé de changer de tout au tout de travail et devenir marchand d'art, il possède déjà de sérieux contacts.

Le lendemain, mardi 12, Léonie assiste à la représentation générale de Phi-Phi de Christiné aux Bouffes-Parisiens, dont cette chanson C'est une gamine charmante a été popularisée par Max de Rieux puis Bourvil. Edgar qui était au courant de cette sortie se présente à elle et ils s'installent au deuxième balcon, le meilleur endroit pour tout voir, la scène et ceux qui vont applaudir ou siffler cette comédie leste dont les comédiennes ne sont pas avares de leurs charmes, les représentants du monde des arts et de la littérature, et à la fin du spectacles deux clans se dressent, les invectives fusent, des bousculades se produisent, un photographe essaie de protéger son appareil. Edgar a disparu, Léonie le retrouve à la sortie, il est blessé, un inconnu lui a donné un coup de couteau semblable au sien. Elle l'emmène chez elle, le panse, elle est émue et comme il n'est pas égoïste, il lui prouve sa reconnaissance jusque dans son lit.

Le mercredi 13, ont lieu les obsèques de Guillaume Apollinaire, au Père-Lachaise, Léonie repère le photographe entrevu la veille au théâtre. Il se nomme Norbert Rameau et travaille à l'Excelsior mais également pour tout journal qui accepterait de prendre ses clichés. Edgar suggère à Léonie d'entreposer chez elle des tableaux, de rapins en devenir, oh les toiles ne valent pas grand chose, enfin pas encore, mais en les revendant au compte-goutte, cela ferait monter leur côte et elle toucherait un pourcentage sur les transactions. Aussitôt dit, aussitôt fait, les peintures sont déposées, Léonie en devient la gardienne, seulement Edgar disparait. Il ne donne plus signe de vie. Elle s'associe à Norbert, suggérant à leur patron des thèmes de reportages, celui sur les agences matrimoniales par exemple, qui prospèrent avec le désarroi des veuves de guerre qui aimeraient pouvoir refaire leur vie. Première étape Les Belles Alliances dont la patronne accepte de leur montrer son catalogue. Des photos d'hommes proposés à la clientèle féminine, des dames mûres qui peuvent rencontrer dans un cabinet celui qu'elle ont choisi sur papier noir et blanc, et si l'un des prétendants est indisponible, un substitut est désigné. Tout ce passe bien, jusqu'à ce qu'à la dernière page, Léonie interloquée voit son Edgar offert à la gent féminine. Ah non, ce n'est pas Edgar, la directrice des Belles Alliances est formelle, il s'appelle Arthur Séverin. Il figure également sur le catalogue d'autres agences, elles fleurissent en ces temps de crise, et Léonie est estomaquée. Norbert lui est soufflé, essoufflé, il a été gazé à Ypres et en garde des séquelles.


modigliani.jpgCommence alors une série d'enquêtes menées par Léonie et Norbert. Il faut absolument retrouver Edgar/Arthur, peut-être est-il mort, et que faire des tableaux qu'elle détient, il s'agit sans aucun doute d'un trafic, voir avec le commissaire Meissonnier, assisté de l'inspecteur Bonny, échanger avec lui des informations, continuer de rédiger des articles pour son journal, rechercher parmi les peintres ceux qui sont les auteurs des toiles, et soulever un voile qui s'étend sur le Chemin des Dames, un drame qui s'est déroulé en 1917 avec trois soldats et un lieutenant comme protagonistes, et si Antoine son mari n'était pas mort. Et cette toile, intitulée La femme à l'écharpe rouge est-elle vraiment de Modigliani, dit Modi tout simplement, la seule rescapée d'un incendie.

 

Léonie Rivière devient la Figure emblématique de l'émancipation de la femme, déclarant : Je veux être journaliste et maîtresse de ma vie, de mon corps et de mes idées... C'est fini la république des types ! Et le lecteur la suit dans sa quête, faisant au passage connaissance avec Gertrude Stein, André Breton, Jean Cocteau et son ami du moment Raymond Radiguet, Soutine, Jeanne Hébuterne et surtout Modigliani, et bien d'autres, mais également Clémenceau, qui échappe à un attentat sous l'œil de l'appareil photographique de Rameau et suit en filigrane une enquête sur des disparitions inexpliquées de femmes qui les mènent, Léonie et Norbert, à Gambais.

Michel Quint nous convie à la mixité d'événements et de personnages réels et fictifs, en intercalant dans son intrigues l'atmosphère qui régnait alors dans la capitale. La grippe espagnole et ses ravages, le désarroi des militaires, les tickets de ravitaillement, et l'espoir que cette guerre sera la dernière, la popularité de Clemenceau incarnant la droite face à Blum qui rêve d'un socialisme combattant le capitalisme naissant. Un contexte social entaché par la Conférence de la Paix à laquelle participe le président des Etats-Unis, Wilson, chacun des contributeurs ayant une opinion tranchée sur l'après-guerre et les dommages-intérêts à infliger à l'Allemagne, certains pensant déjà qu'il ne faut pas humilier le pays vaincu au risque de le voir un jour vouloir se rebeller.

 

Des phrases écrites comme s'il s'agissait de valses entrainantes et le lecteur se plonge dans un tourbillon de mots auxquels il ne peut échapper, lisant avec une sorte de frénésie, tournant les pages avec avidité.

 

Du même auteur, lire : Bella Ciao, Cake Walk, Les Joyeuses.


Michel QUINT : Veuve noire. Editions de l'Archipel, collection Cœur Noir. Parution le 16octobre 2013. 242 pages.17,95€.

Repost 0
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 10:13

Un titre de circonstance...

 

halloween.jpg


Il pensait avoir toutes les cartes en main, tout au moins une bonne partie des bulletins de vote acquis à sa cause et à son programme. Hélas, Arthur, élève en CM2 à l’école de Villéchard sur Ept, est dépité et enrage à l’annonce des résultats du second tour.

Au premier tour il avait obtenu huit voix, Célia son adversaire directe sept, plus quelques autres réparties entre trois autres candidats. Mais au second tour il tablait sur treize voix. Arthur avait fait son décompte, rameuté ses amis, enregistré leur adhésion à son programme électoral. Il était persuadé de gagner sans l’ombre d’un doute.

Parlons-en de son programme : d’abord sauver la planète en éteignant les lumières dans les pièces qui ne sont pas occupées, fermer les radiateurs dans des endroits aérés, un distributeur de ketchup pour avaler les choux-fleurs à la cantine, et pourquoi pas une glace au dessus des lavabos destinés aux filles. Le programme de Célia lui était complètement aberrant. Pensez donc : installer des toilettes Pokémon automatiques et distribution de bonbons à chaque goûter ! Alors se faire battre à plate couture par Célia onze voix à six, six bulletins blancs et un nul ! Il est en colère Arthur, malgré le soutien de son ami Indy et de sa copine Fatou, qui depuis quelques jours fait bande à part. Mais ce n’est pas tout.

Lors du premier tour, l’urne était en plexiglas, tandis qu’au second, c’était une boîte verte en ferraille. Et la procédure de dépouillement n’a pas été respectée. De plus à imaginer qu’une escroquerie aux voix a été organisée, il n’y a qu’un pas à faire. Ce que fait Arthur. Tout ça pour une élection au conseil municipal des enfants. D’abord grâce à la gardienne de l’école, il parvient à mettre la main sur la fameuse urne en ferraille et ce qu’il pensait s’avère juste. C’est même Indy et Fatou qui découvrent l’astuce. Et durant les vacances de la Toussaint, Arthur décide de surveiller la maison de Célia et de sa mère le soir. Installé dans une voiture garée en face du pavillon, il attend et remarque qu’un véhicule arrive en douceur, un homme en sortir et s’engouffrer dans l’habitation. La voiture du maire, il en jurerait. Parfois l’homme ne reste qu’une demi-heure, parfois beaucoup plus longtemps. Et un soir son regard est attiré par des lueurs dansantes se reflétant derrière une fenêtre. Le feu ! N’écoutant que son courage, il s’engouffre dans le pavillon et parvient à signaler aux secours qui arrivent promptement qu’une personne est à l’intérieur d’une pièce. Mais cela ne s’arrête pas là.

Jeanne Desaubry nous a concocté une histoire pleine de saveur, de rebondissements, de réalisme aussi. Enfin quand je dis nous, l’ouvrage s’adresse surtout aux enfants de neuf ans et plus. Et comme j’ai plus de neuf ans, je me suis régalé comme disent certains commentateurs sportifs qui n’ont guère de vocabulaire. Disons que j’ai hautement apprécié cette mise en scène et cette histoire de vote truqué. Et l’épilogue nous suggère qu’une suite est en préparation.

Ceci est donc une histoire destinée aux enfants et comme chacun sait l’auteur doit trouver des situations qui ne relèvent pas toujours de la réalité. Des programmes électoraux bidon, populistes, personne n’oserait en proposer pour se faire élire. Ou alors c’est que cette personne prend les électeurs pour des demeurés, gobant toutes les déclarations pour argent comptant. En réfléchissant bien, peut-être parfois des telles situations ont eu lieu par le passé. Mais de nos jours ! Et la triche électorale, là encore ce n’est que pure trouvaille née de l’imagination de l’auteur. Qui s’amuserait à frauder lors d’enjeux si importants. Importants pour les élus, c’est vrai, pas pour les électeurs qui écoutent ceux qui crient le plus fort mais ne se retrouvent pas plus riches les lendemains de scrutin. L’affaire des chaussettes, ah oui, j’oubliais, mais ça ce n’était que du folklore, du grand guignol destiné à amuser la galerie et les médias.


Jeanne DESAUBRY : L’incendie d’Halloween. Collection Larpo & Rino. Editions Krakoen. Parution février 2011. 182 pages. 9,20€.

Repost 0
30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 15:44

Des preuves marquantes...

 

preuves1.jpg


Il n'est rien de plus frustrant pour un policier enquêtant sur un meurtre que de se retrouver sur une scène de crime saccagée. Surtout lorsque l'enquête qui se profile est délicate à gérer.

L'enquêtrice de la criminelle D.D. Warren qui appartient à la police municipale de Boston est alertée par Bobby Dodge, son ancien amant et enquêteur à la police d'état, pour se rendre immédiatement sur le lieu d'un crime concernant le meurtre d'un homme et la disparition d'une gamine. Mais elle ne comprend pas pourquoi cette insistance car en général les deux services ne se mélangent pas et reçoivent leurs ordres de leurs supérieurs hiérarchiques.

Le mort est un nommé Brian Darby, atteint de trois balles dans la poitrine. Seulement la coupable présumée n'est autre que sa femme Tessa Leoni, agent de la police d'état. Leur petite fille Sophie, six ans, a disparu.

Lorsque D.D. Warren et Bobby, à qui a été dévolu le rôle d'agent de liaison, arrivent sur place, les policiers piétinent le jardin enneigé allègrement. Shane Lyons, le collègue et ami de Tessa et représentant syndical, lui murmure à l'oreille des conseils. En attendant l'arrivée de l'avocat. D'ailleurs c'est Shane qui lui avait présenté Brian lors d'un repas en plein air chez lui. A l'époque Tessa avait déjà sa petite fille de trois ans, mais elle était célibataire. D'ailleurs personne ne sait qui est le père. Une alerte enlèvement est déclenchée.

D.D. Warren apprend par bribe la vie de Tessa. Brian, ingénieur sur un navire, partait en mer soixante jours, puis revenait à terre pour soixante jours, et ainsi défilait le temps. Sophie s'était entichée de celui qu'elle appelait papa. Tout le monde voyait ce couple d'un bon œil, mais il faut croire que tout n'allait pas forcément bien dans le ménage. Pour preuve les marques de coups que Tessa arbore sur le visage et une commotion cérébrale. Elle est emmenée d'urgence à l'hôpital. Mais en grattant dans le dossier de la jeune femme, D.D. Warren découvre qu'à l'âge de seize ans elle avait tué le frère de sa meilleure amie avec une arme à feu. Le mobile résidait dans une tentative de viol alors qu'elle couchait chez cette amie. Elle avait bénéficié de l'indulgence du juge lors du procès qui avait considéré que cette affaire relevait de la légitime défense. Ensuite elle était devenue alcoolique mais avait lâché la bouteille lorsque sa fille était née et avait travaillé d'arrache-pied afin de passer le concours d'entrée dans la police d'état.

D.D. Warren et Bobby se posent toutefois des questions,preuves2.jpg dont celle-ci primordiale et urgente à résoudre. S'il s'agit d'un banal (!) conflit dans un couple, qu'est devenue Sophie? D.D.Warren pense qu'il y a une entourloupe quelque part, mais laquelle. D'autant qu'en fouillant un peu plus, dans les comptes financiers du couple, de l'argent aurait transité entre banques, que Brian entretenait une addiction au casino qui lui aurait fait perdre des sommes d'argent dont sa femme n'était pas au courant. En fouillant encore un peu plus, un détournement aurait été effectué dans la caisse du syndicat au profit d'un compte opaque.

Dernière découverte par le médecin légiste, le corps de Brian aurait été congelé, ou enfoui dans la neige au moins durant une douzaine d'heures, ce qui modifie sensiblement l'heure du décès.

Durant les trois jours que se déroule l'enquête, D.D. Warren et Bobby vont tenter de remonter progressivement la piste de cet embrouillamini où tout se décante progressivement. Comme les multiples rideaux d'un théâtre qui s'entrouvriraient les uns après les autres pour enfin dévoiler une scène finale de toute beauté.

Tout tourne autour de Tessa, de cette jeune femme qui semble mener les enquêteurs où elle veut, pour des motivations dont ils ne comprennent que peu à peu le sens. Mais aussi autour de Sophie, la gamine dont D.D. Warren s'attache particulièrement à retrouver la trace, désirant plus que tout la retrouver vivante, car elle-même ressent dans son corps les débuts d'un changement auquel elle ne veut croire au début. Elle redoute d'être enceinte.

Le lecteur aura toujours un étage d'avance dans cette progression de l'intrigue par rapport aux policiers. Pour autant Lisa Gardner ne dévoile qu'avec parcimonie ce qui a précédé le meurtre puis la suite. Les chapitres se succèdent, écrits soit à la preuves3.jpgtroisième personne, soit à la première personne le récit de Tessa étant en intercalé. Le lecteur devient obnubilé par cette intrigue parfaitement construite où tout s'emboite comme les pièces d'un puzzle qui se dévoile progressivement.

Il existe comme un mimétisme entre Lisa Gardner et Tessa car si l'on compare la photo de l'auteure qui figure sur le dos de la jaquette et cette phrase : Mes traits sont trop durs et même moi je me rends compte que je n'ai pas souri depuis longtemps, on ne peut que constater une grande similitude, physique entre la romancière et son héroïne.

 

A lire du même auteur : Les morsures du passé, La maison d'à côté et Derniers adieux.


Lisa GARDNER : Preuves d'amour. Collection Spécial Suspense, éditions Albin Michel. Parution le 3 octobre 2013. 448 pages. 20,90€.

Repost 0
29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 08:57

Bon anniversaire à Jean-Jacques Reboux né le 29 octobre 1958 !

 

castro.jpg


Tout a commencé lorsque Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe, s’est vu abandonné par Chéryl, et qu’il s’est fâché avec Gérard, le patron de son troquet habituel qui lui remet toutefois une enveloppe, que Pedro est décédé et que Léon le brave chien de Gérard est parti au cimetière des canidés.

Bref tout va mal et ce n’est pas parce qu’il a trouvé une remplaçante à Chéryl que Le Poulpe nage dans l’euphorie. La missive contient, outre un billet d’avion aller et retour pour la Havane, une réservation pour un hôtel, une carte de tourisme et le summum, un véritable passeport établi à son nom. Pas de coups bas à Cuba pense Gabriel qui embarque donc sans arrière pensée. Hélas, son arrivée déclenche l’hilarité parmi les douaniers.

Erreur fatale, Le Poulpe s’est mélangé dans les papiers et a présenté un autre, plus vrai que nature établi par Pedro, avant son décès je le rappelle, établi au nom de Walker Bush. La honte !

D’autant que les policiers qui ont découvert son autre passeport, le vrai celui-là, se demandent pourquoi ce touriste se trimbale avec un appareil photo qui ne lui appartient pas, du moins il le jure, mais les alguazils ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont des preuves. Pourtant cet appareil était la propriété de son voisin, un homme qui ressemblait à Trotsky. Et pourquoi a-t-il ânonné pendant son sommeil libérez Batista ? Là encore Gabriel se défend : il a été obnubilé par un graffiti qui énonçait “ Libérez Battisti, enfermez Dantec ”. Allez faire comprendre ça à des personnages butés.

Et puis cette rengaine, il n’en sait que la musique car il ne connaît ni de Battisti ni de Dantec. Nouvelle surprise, presque une épreuve éprouvante pour notre héros, tout le monde dans la rue l’appelle Gabriel. Sa renommée aurait-elle dépassé les frontières ?

Jean-Jacques Reboux a écrit avec cette aventure du Poulpe un roman jubilatoire, ironique et iconoclaste, pour ne pas dire irrévérencieux.

On y retrouve des personnages chers à J.-J. Reboux ainsi Simone Dubois la postière, mais également des clins d’œil à des auteurs comme Francis Mizio. Sans oublier Battisti, dont Gabriel Lecouvreur ignore l’existence, Maurice G. Dantec, tout aussi inconnu mais qu’il rencontrera sur l’île de Cuba et avec lequel il établira de nombreux dialogues savoureux. Exit les personnages récurrents qui composaient l’entourage du Poulpe. Mais le protagoniste phare de ce roman, c’est bien évidemment Fidel Castro, pour des raisons que je ne me permettrai pas de dévoiler ici. Certains n’ont pas aimé ce nouvel opus, moi j’y vois une blague de potache désabusé qui veut tourner une page.

J.-J. Reboux force parfois le trait mais y démontre aussi son talent de conteur, et il est urgent qu’un éditeur sérieux se penche enfin sur lui et l’encourage à continuer d’écrire non plus en dilettante mais en véritable professionnel qu’il peut devenir. Hélas les années passent, il est obligé de devenir éditeur mais il engrange les problèmes avec ses poulains...


 Du même auteur, lire :  Pour l'amour de Pénélope ainsi que  Pain perdu chez les Vilains.


Jean-Jacques REBOUX : Castro, c’est trop ! Collection Le Poulpe N°249, Editions Baleine. Mai 2004. 350 pages. 8,00€.

Repost 0
28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:08

Prendre un enfant par la main...

 

egemar.JPG


Les événements qui se sont déroulés en l'année 1720 est encore présente dans les mémoires des Parisiens et il semblerait bien que de nouveau les mêmes faits se reproduisent trente ans après. Si en 1720 c'étaient des femmes du monde (prostituées) et des vauriens qui étaient enlevés pour être déportés en Mississipi, plus connu de nos jours sous le nom de Louisiane, ce nouvel épisode de disparitions inquiétantes se concentre sur celui de jeunes enfants. Les rumeurs courent, comme toujours, sans véritable fondement, arguant qu'un ladre (lépreux) serait à l'origine de ces enlèvements afin de guérir grâce à des bains de sang pur. Et nul n'est plus pur que des gamins. Il en est même qui insinuent qu'à la cour, un personnage important du royaume en serait à l'origine...

Dans la famille Dupré, on est parfumeur de père en fils, et même fille, depuis trois générations. Marie-Anne, la plus jeune, n'a que dix-neuf ans mais cela fait déjà sept ans qu'elle travaille dans l'échoppe familiale après avoir quitté l'école. Manon, puisqu'elle a ainsi été surnommée, est peut-être la plus douée. Le créateur, Joseph Tombarelli, était originaire de Grasse, la ville des parfums et des senteurs. Puis son gendre Jérôme lui avait succédé mais depuis sa mort un an auparavant, c'est Madeleine son épouse, Claude, le fils, et Manon qui tiennent la boutique, s'affairant aux préparations de parfums, d'onguents, de poudres et de crèmes, à la vente et à la livraison, aidés par leur jeune apprenti Gaspard.

En ce vendredi 10 avril 1750, Catherine, l'aînée mariée à un chirurgien, entre dans la boutique, quelque peu affolée. Elle vient de récupérer son fils Jean-Baptiste, un peu simplet, qu'elle avait confié à sa belle-sœur en Normandie, mais celle-ci malade ne peut plus s'en occuper. Barbe, la cuisinière, arrive précipitamment expliquant qu'un gamin vient d'être enlevé, un de plus, et d'autres étant déjà enfermés dans un carrosse gardé par des exempts.

Quelques jours plus tard, Jean-Baptiste disparait.

Violette, une amie d'enfance de Manon, légèrement plus âgée que la jeune fille vient lui présenter son nouvel amoureux, Joseph Vérité, appartenant au régiment des Gardes-françaises. Au premier abord celui-ci déplait quelque peu à Manon qui le trouve prétentieux. Mais elle change vite d'opinion, non pas parce que Violette est actrice et cueilleuse d'hommes, mais parce que Joseph se montre courageux. Notamment lorsque, à la recherche de Jean-Baptiste il intervient lorsqu'un gamin parvient à échapper aux exempts, se dressant devant les policiers et aidant les autres gamins retenus dans un carrosse à s'échapper. Manon aperçoit une boiteuse accompagnée d'un gamin fuyant l'agitation provoquée par cette échauffourée.

Tout le monde s'active pour retrouver le gamin. Manon a une idée et elle dépêche Gaspard chez son beau-frère afin de lui porter un message. Gaspard veut lui dire quelque chose, mais Manon diffère les révélations que le jeune apprenti veut lui confier. Posture dont elle se mordra les doigts plus tard. Car si le jeune Jean-Baptiste est retrouvé au bout de quelques jours, il s'était perdu en voulant se rendre à la boutique Au bouquet de Senteurs attiré par les fragrances qui émanent des sacs, des pots et autres récipients, c'est au tour de Gaspard de disparaître.

 

Cette affaire concernant les disparitions en plein Paris de jeunes enfants, miséreux ou non, pour des motivations diverses, est un des nombreux épisodes troubles qui secouèrent la capitale et que les manuels de l'histoire de France ignorent. Or la foule qui se révolte contre l'attitude des exempts reflète l'acrimonie qu'elle voue à ces policiers qui exécutent certains ordres venus de leur hiérarchie. Et il ne faut pas s'étonner que quarante ans plus tard les Parisiens seront à la pointe de la Révolution. L'antagonisme entre exempts et Gardes-françaises perdure un peu comme cet antagonisme larvé entre policiers et gendarmes que nous connaissons aujourd'hui.

Mais le propos principal de l'auteure est bien de mettre en avant l'esprit licencieux dont font preuve certains personnages hauts placés, pensant que leur rang permet d'assouvir leurs besoins en toute impunité. La dégradation d'une époque est remarquablement décrite et tout ne baigne pas dans la fange. Grâce à Manon, et à ses préparations esthétiques destinées à soulager les petites gens comme les nobles, dont Marie-Jeanne Poisson plus connue sous le nom de la Pompadour, une certaine fraîcheur plane sur ce roman. C'était le temps où les décoctions, pommades, onguents et autres produits de beauté ou médicinaux étaient préparés à base de substances simples, recherchées, rares même, d'origine minérale, végétale ou même animal dont le fameux sperme de baleine qui n'est autre qu'une substance blanchâtre qui réside dans le cerveau de certains cétacés, mais sans adjonction de produits chimiques.

Comme dans la plupart des romans historiques la majorité des protagonistes évoluant dans ce récit ont réellement existé ce qui donne une authenticité à ce roman dont certains des épisodes ont malheureusement existé. Brigitte Egemar dont ce n'est pas le premier ouvrage publié, puisqu'elle a écrit une vingtaine d'ouvrages pour les enfants et adolescents chez Fleurus, Gulf Stream ou Galapagos, propose une histoire émouvante qui peut convenir aux adolescents mais dont tout amoureux de la grande Histoire se régalera. Je reprocherai seulement un tout petit défaut, l'emploi abusif du mot Joli dans les premières pages.


Béatrice EGEMAR : Le printemps des enfants perdus. Collection Terres de France. Presses de la Cité. Parution le 17 octobre 2013. 228 pages. 19,50€.

Repost 0
25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 08:56

Heureux qui, comme l’Oncle Paul, a fait un beau voyage dans l’univers littéraire tortueux du Hameau des Purs sous la houlette du guide Sonia Delzongle.

 

hameau.jpg

 

En effet l’intrigue emprunte des chemins sinueux, jalonné de chausse-trappes, de bifurcations, de ronds-points, de panneaux indicateurs signalant des retours en arrière, et autres vicissitudes vicinales propres à égarer le lecteur. Mais celui-ci, un peu obstiné comme tout lecteur friand de découvertes, prend des repères et arrive au bout de l’ouvrage tout en se demandant toutefois s’il ne s’est pas un temps fourvoyé.

Si je devais employer une métaphore mobilière pour décrire ce roman, je dirais qu’il s’agit d’un meuble à multiples tiroirs. Mais attention, pas du meuble industriel suédois, à monter soi-même, recouvert d’une feuille de papier plastique qui retient les particules de sapin, et qui s’effondre à la première secousse. Non ! Mais d’un meuble conçu et fabriqué par un ébéniste qui utilise du bois noble, le peaufine en élaborant des circonvolutions à l’aide de gouges de tailles différentes et le recouvre de marqueterie.

Par exemple par un André-Charles Boulle, un Charles Spindler, ou un Pierre Golle. Du massif qui s’avère léger, avec des tiroirs apparents, des fonds secrets, des caches, qui recèlent toutes sortes de babioles et d’objets qui s’apparentent à des cadavres dans un placard.

Si je me suis servi de cette image sylvestre, c’est bien parce que la forêt en est l’un des décors plantés au fin fond d’une campagne dans laquelle se niche un hameau. Le Hameau des Purs, une congrégation qui ressemble à celle des Amish. Une communauté qui vit quasiment en autarcie, ne fréquentant pas les villageois établis à quelques kilomètres du hameau, et qui ne sont pas assujettit à de petits plaisir modernes, tels que phonographe, radio, et autres bricoles pouvant les rattacher à un monde moderne considéré comme pervers. Ils sont vêtus à l’ancienne, les femmes de robes longues, grises, ternes, les hommes de chemises à carreaux, le chef recouvert de chapeaux à larges rebords. Et ils se déplacent à bord de carrioles, toujours en groupe, comme pour se protéger d’éventuelles agressions.

La petite Audrey est amenée durant les vacances par ses parents. Le père, natif du hameau, s’est émancipé mais devenu avocat aide parfois les Purs dans leurs démêlés. Audrey vit entourée durant ces périodes avec Ma Grimaud et Abel, ses grands-parents. Elle fréquente, malgré que celui-ci ne fasse pas vraiment partie de la communauté, le Gars, Léman de son prénom. Il vit chez sa grand-mère, la Crochue, de rapine, braconne, et a pour compagnon un corbeau et est affublé d’un bec-de-lièvre. Il possède une technique rapide et impitoyable pour dépiauter les lapins et autres bêtes à fourrure qu’il attrape au collet. Cette inclination n’est pas du goût de tous, mais Audrey est une gamine indépendante. Elle fréquente aussi parfois Gauvain, un autiste, ou Isobel, une sourde et muette dont les parents bientôt interdiront toute visite de la part d’Audrey.

Quelques années plus tard, Audrey devenue journaliste, retourne sur ce lieu qui est le théâtre d’un double drame. L’Empailleur continue à perpétrer ses méfaits, à dates régulières. Le cadavre d’un individu est retrouvé vidé de ses entrailles, de ses os, et l’enveloppe humaine, bourrée de pierres et de mousses, est recousu, telle une peluche. Des habitations du hameau ont été incendiées et dans les décombres ont été retrouvés sept corps dont l’identification est difficile à établir. Elle enquête pour le compte de son journal, malgré sa réticence à revenir sur les lieux qui ont marqué son enfance, en compagnie de l’inspecteur Frank Tiberge et de son adjoint Lagarde.

Ce retour aux sources fait resurgir toute une époque avec son lot de frayeur, de peur, de frissons, de petites joies indicibles dont le chat Dickens qui se couchait avec le soir lui réchauffant les pieds. Des interrogations aussi avec l’accident qui s’est produit au lieu-dit de La Femme Morte, et surtout la découverte d’un album-photos, d’une lettre en provenance d’Israël, et les révélations parcimonieuses de Ma Grimaud. Et surtout du docteur Bonnaventure, un Noir intransigeant, désagréable, qui n’accepte aucune compromission. Et la mort rôde, s’infiltrant insidieusement dans l’esprit de la gamine, la hantant au point que « Depuis que j’avais appris qu’on pouvait mourir de rire, je ne riais plus ».

Hameau-des-pursLes tiroirs s’ouvrent et se referment, dévoilant peu à peu les secrets qui se nichent dans les recoins, mais le fouillis indescriptible réside bien dans les caissons du bas, où tout est mélangé, emmêlé. Un embrouillamini qui s’éclaircit peu à peu tout en gardant quelques zones d’ombre. Un épilogue qui explique tout, ou presque car l’auteur joue finement avec les miroirs qui se reflètent les uns dans les autres, découvrant des pans d’histoire, invisibles au départ et qui à nouveau rentrent dans l’ombre au profit d’autres, au fur et à mesure que le lecteur approche du mot fin (qui d’ailleurs n’est pas imprimé).

Un roman qui flirte avec le fantastique, comme lorsque l’on tente d’explorer la psychologie de personnages vivant en marge de la société. Un roman prenant, que l’on ne peut lâcher avant de tourner la dernière page, et bizarrement, moi qui suis pour les romans courts, j’aurais aimé que l’histoire continua.


Sonia DELZONGLE : Le hameau des Purs. Editions Cogito. Parution Février 2011. 380 pages. Réédition Touche Noire en format E. book.

Repost 0
24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 07:13

Les jeux de la mort et du 7ème Art...

 

Derniere-seance.jpg


Cela aurait pu être une mise en scène imaginée par les concepteurs de Paris-Plages ou des décorateurs employés par l'organisation des parcs Disney. Pour autant le cadavre qui gît au pied du château de sable trônant sur les quais de la Seine, sensé représenter celui de la Belle au bois dormant et parrainé par Disneyland, est bien réel. Et il faut se dépêcher de le dégager car même si les amoureux des succédanés de plages ne sont pas encore arrivés, à même pas neuf heures il fait déjà près de vingt degrés. La canicule pointe son nez. L'été sera chaud.

Le capitaine Jean-François Murray, plus communément surnommé Jeff, officier de police au 36 quai des Orfèvres est appelé par son adjoint, le lieutenant Leroux pour effectuer les premières constatations. Dans les poches du mort, seulement un bristol indiquant Bernard Kalers, Centre de l'image. C'est peu mais suffisant pour situer le bonhomme. Un bouquiniste qui se penchant par-dessus le parapet a aperçu le corps a averti aussitôt les forces de l'ordre. Rien à glaner de ce côté là.

Jeff est un mutilé de la vie, côté cœur. Il a perdu sa femme et sa fille dans un accident de voiture sous ses yeux et il en est toujours marqué. Depuis, il regarde tranquillement chez lui des films et écoute des CD de Steven Seegal dans son véhicule de service.

Kalers est connu au Centre de l'Images des Halles et après avoir obtenu l'adresse du défunt, Jeff se rend sur place. L'homme était un solitaire, vivant seul, veuf depuis déjà de nombreuses années, et il était quelqu'un de tranquille selon les voisins. Un peu bourru peut-être, mais ce n'est pas rédhibitoire. Sa journée terminée, Jeff rentre chez lui et écoute un message déposé sur son répondeur téléphonique : Bonne nuit capitaine, faites de beaux rêves.

Un nouveau client attend les policiers dans un magasin de fringues, plus spécialement dans la cabine d'essayage. Etranglé. Serait-ce le début d'une série ? Mais il ne faut pas oublier le premier mort qui avait été évincé d'une cinémathèque qu'il dirigeait, à cause de ses choix, et dont son successeur n'a pas su redresser la barre. Jeff remonte peu à peu la filière, rencontrant notamment un peintre qui avait bien connu Kalers, mais les morts continuent à fleurir et surtout, quelqu'un lui en veut. Gênerait-il ? Un individu s'est introduit chez lui enlevant toutes les photos de sa femme et de sa fille qui étaient affichées sur un mur, les déchirant, les pliant. D'autres messages lui parviennent, téléphoniques ou sous forme papier glissé sous le pare-brise de sa voiture.

Grâce à l'agenda de Kalers récupéré grâce à l'un de ses rares amis restants, Jeff et Leroux parviennent non seulement à obtenir l'identité des victimes, toutes étant retrouvées sans papier ou sac, mais également leur adresse et surtout en mettant le doigt sur un point crucial. Car outre le lieu et parfois la position incongrue dans lesquels elles ont été retrouvées, l'une d'elle par exemple sur un parking dans le chariot d'un supermarché, tous ces endroits correspondent à l'emplacement d'un ancien cinéma.

La piste d'une vengeance n'est pas à écarter, quelqu'un qui aurait eu maille à partir avec Jeff Murray, mais pour quelle raison, et surtout pourquoi s'attaquer à des personnes gravitant d'une façon ou d'une autre dans le 7ème Art.

 

Ce roman s'articule comme un jeu de piste ayant pour thème le cinéma, et auxquels divers acteurs, à prendre dans le sens large, participent (Un scénariste, une critique de cinéma, une affichiste par exemple) évoluant dans le Paris d'avant, lorsque les petites salles obscures étaient disséminées dans tous les quartiers de la capitale pour la plus grande joie des ouvriers, des cinéphiles et des cinéphages. Des petites salles aujourd'hui disparues, transformées en garage, salle de remise en forme, supermarché... et dont la cause peut être imputée à plusieurs facteurs. La télévision, bien sûr, mais également les DVD et tout récemment la vidéo à la demande, les suppressions de petites salles au profit des grands complexes qui n'offrent le plus souvent que l'artillerie américaine, et autres loisirs liés à l'informatique.

Le personnage meurtri de Jeff Murray est attachant, préservant le souvenir de sa femme et de sa fille par des photos collées sur le mur de sa chambre. Il s'est installé à Paris après le drame, quittant le pavillon de banlieue où il résidait en famille. Sa passion pour le cinéma est indéfectible et le duo qu'il forme avec Leroux est plus qu'une relation de travail. Il existe entre les deux hommes, qui sont sensiblement du même âge et qui se vouvoient, une forme d'amitié bourrue. Et s'il se rend quelquefois au restaurant avec Elodie, une psycho-criminologue, une profileuse, c'est toujours à l'initiative de celle-ci, et il ne sait pas trop comment se conduire avec elle.

Roland Sadaune est un cinéphile averti et il prend ici non pas la défense du cinéma, mais il fait partager ce que je pense être une forme de nostalgie. Le romancier est surtout artiste peintre, et l'on ne s'étonnera pas que l'un des personnages soit lui-même peintre, d'origine polonaise.

Les illustrations de couvertures sont de Roland Sadaune.

A lire également de Roand Sadaune : Deauville entre les planches; Le Loup d'Abbeville et  Game Auvers.


Roland SADAUNE : Dernière séance. Val d'Oise éditions. 212 pages. 13,80€

Repost 0
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 12:58

Une librairie qui meurt, ce n'est pas une page qui se tourne, c'est un livre qui se ferme, à jamais.

 

loevenbruck.jpg


Depuis le temps qu'elle le pressentait, qu'elle le redoutait, Lola est au pied du mur. Son patron, un vieil anarchiste bolivien, propriétaire-gérant de la Librairie Le Passe-muraille située près de la Bastille, a décidé de fermer boutique. Personne ne voulait reprendre l'échoppe et il s'est vu contraint de la céder à une chaine de téléphonie mobile.

Lola est mère d'un petit Maxime, quatorze mois, et vit avec Thomas, cameraman qui donc émarge comme intermittent du spectacle et dont les revenus sont aléatoires. Quatre ans auparavant elle sortait avec Ari Mackenzie, un policier de la DCRI. Elle voulait un enfant, lui n'en voulait, comme chantait Nougaro. Mais elle se rend compte que Thomas la trompe et dépitée, déçue, elle quitte le domicile emportant quelques affaires et son fils Maxime. Elle téléphone à un ami, Krysztov, garde du corps et ami de son ancien compagnon Ari, le priant de les héberger elle et son fils.

Mais que fait Ari pendant ce temps ? Il vit de ses rentes qui fondent plus rapidement que neige au soleil (cliché). Et l'entrepreneur à qui il avait demandé de restaurer une vieille maison, sise dans l'Héraut, qu'un incendie a ravagé l'année précédente, vient de le lâcher pour des problèmes de finances. Il déguste régulièrement quelques whiskies au Sancerre (le nombre ne nous importe peu, c'est lui qui paie) et c'est là qu'un ancien camarade, policier de son état, fait irruption. Radenac, brigadier-chef au poste de police du Palais-Royal, connaissant le penchant qu'Ari entretient pour l'ésotérisme et l'alchimie lui demande des renseignement sur Fulcanelli.

fulcanelli4.jpgAri Mackenzie est à l'aise pour lui répondre car il s'est fortement intéressé à ce personnage mystérieux lorsque, adolescent, un jardinier dans un square près du Sacré-Cœur le voyant lire un ouvrage de Gérard de Sède, lui a prêté Le Mystère des cathédrales de Fulcanelli. Or règne sous ce pseudo un mystère qui n'a jamais été élucidé. L'alchimiste aurait signé deux livres en 1926 et 1930, un troisième intitulé Finis Gloriae Mundi étant prévu pour paraître mais qui le fut jamais. La préface était signée Eugène Canseliet et les dessins de Julien Champagne.

Radenac désire qu'Ari l'accompagne chez Gabriella Mazzoleni, dont le père, célèbre galeriste, vient de décéder. L'homme possédait une bibliothèque composée d'ouvrages précieux, sur l'alchimie et l'ésotérisme, datant pour certains de plusieurs siècles. L'appartement est protégé par une porte blindée, pour autant un carnet de Fulcanelli, un exemplaire unique, de seize pages dont seules trois ont été écrites, a disparu. Sceptique au début, Ari va bientôt fortement s'intéresser à cette disparition, lorsqu'en lisant dans un journal le décès de Jacques Caillol, poignardé alors qu'il visitait de nuit, étant entré par effraction, l'église de la Santa Caridad à Séville. Un meurtre qui relance l'intérêt d'Ari car ce meurtre a été perpétré devant un tableau de Juan de Valdès Leal dont le titre est Finis Gloriae Mundi. Ce ne peut être une coïncidence. Gabriella propose à Ari de le rétribuer grassement pour enquêter, ce que le policier accepte.

Aussi il se rend à Séville afin de glaner des renseignements fulcanelli3.jpgqui peuvent s'avérer précieux et prendre des photos du tableau et de l'endroit où il est apposé. Radenac, resté à Paris, a un doute sur la mort supposée naturelle de Mazzoleni, et effectivement le galeriste n'est pas décédé d'une crise cardiaque mais bien empoisonné. Chacun de leur côté ou ensemble Radenac et Ari vont donc procéder à des recherches, d'autant qu'un nouveau meurtre est découvert. Le nom de Caillol titille l'esprit d'Ari qui demande à une de ses relations d'effectuer des informations dans les fichiers de la police. Caillol faisait partie d'une association, la Fraternité d'Héliopolis, dont les membres sont connus sous des pseudonymes comme Archo (Caillol), Sophronos, Orthon, Epistemon. Si le véritable patronyme de certains d'entre eux est connu, il n'en est pas de même pour tous. Et ces Frères Chevaliers d'Héliopolis ont une corrélation avec Fulcanelli. Si Ari possède encore des amis susceptibles de pouvoir l'aider Radenac aussi et il s'en servira, pas conscient que cela pourra leur être préjudiciable.

Un homme qui se déplace en moto de marque italienne s'attache à suivre Ari dans ses déplacements, ce qui nous offre quelques belles pages de poursuite et l'intrusion d'un collègue de Radenac, à l'apparence de motard, tatoué, cheveux longs et au parler argotique.

 

fulcanelli1Construisant son énigme autour de protagonistes ayant réellement existés, Henri Lœvenbruck traite bien sûr de l'alchimie, de l'ésotérisme et de l'hermétisme mais d'une façon détournée, sans s'appesantir dessus. Il passionne le lecteur en proposant deux enquêtes en une. D'abord l'enquête criminelle que l'auteur dénomme enquête Scoubidou et que moi j'appelle Marabout de ficelle : un individu A est tué par un personnage B qui lui-même est assassiné par C et ainsi de suite. Mais cette intrigue est sujette à dénouer le mystère qui plane sur le personnage de Fulcanelli, en apportant sa solution, en l'étayant, en insérant dans son histoire épisodes réels et fictifs, en les liant d'une manière harmonieuse grâce aux différents protagonistes qui évoluent d'une façon naturelle. Il entremêle les différentes histoires, Lola et ses amours et déceptions, la double recherche de Radenac et de MacKenzie sur les crimes de sang qui sont perpétrés, et la recherche des mystères qui entourent Fulcanelli et les liens entre les événements qui se déroulent. Les protagonistes fictifs sont en relation plus ou moins étroites à travers le temps avec des personnages ayant réellement existés, Camille Flammarion, Anatole France, Victor Hugo, ou la famille de Ferdinand de Lesseps.

Mystère et suspense sont au rendez-vous. Mais mystère surtout avec ses ingrédients naturels : carnet secret et messages à décrypter. Une ambiance digne des anciens romans de mystère qui offraient aux lecteurs des moments de lecture de pur plaisir. Un peu une atmosphère à la Blake et Mortimer.

Mais le véritable héros de cet ouvrage, toujours présent mais qui ne s'exprime pas, c'est le Livre. Au début avec cette librairie qui s'étiole, mais aussi dans les différentes bibliothèques somptueuses, celle d'Ari Mackenzie, celle de Mazzoleni dont les ouvrages, des exemplaires uniques, des incunables, doivent être donnés selon le testament rédigé par le galeriste, aux Archives Nationales, mais également au travers d'œuvres évoquées au cours du récit comme Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, La Rôtisserie de la Reine Pédauque d'Anatole France, Du côté de chez Swann de Marcel Proust sans oublier les vedettes que sont les livres ésotériques publiés de Fulcanelli, Le Mystère des Cathédrales et l'interprétation ésotérique des symboles hermétiques du Grand-Œuvre et Les Demeures philosophales et le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'art sacré et l'ésotérisme du Grand-Œuvre et celui qui ne l'a jamais été et fait l'objet de toutes les supputations : Finis Gloriae Mundi.

Bien sûr ceci n'est qu'une fiction mais ce panachage entre faits réels et historiques et l'imagination de l'auteur offre une histoire savoureuse qui n'aborde en aucun cas le fantastique ou le surnaturel, et nous change agréablement des romans noirs actuels.

Chacun de nous possède ses passions, que l'on cultive avec plus ou moins d'ardeur, mais sans pour autant vouloir se montrer pédant. C'est le cas d'Henri Lœvenbruck qui d'ailleurs précise en fin de volume ses références bibliographiques et dresse une chronologie historique de cette affaire qui intéresse de nombreux chercheurs.

 A lire également d'Henri Loevenbruck : L'Apothicaire.
Henri LŒVENBRUCK : Le mystère Fulcanelli. Editions Flammarion. Parution le 5 octobre 2013. 416 pages. 21,00€.

Repost 0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables