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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 05:20

Il ne s’agit pas de rester planté devant sans rien faire…

Gustave GAILHARD : Devant le coffre-fort.

Viré de son emploi de pion par le directeur de l’établissement scolaire dans lequel il travaillait, en région parisienne, Marc Bigle se rend par le train dans une petite ville du Sud-est où, théoriquement, il devrait trouver une place chez un notaire comme quatrième clerc.

Le train est en retard (déjà, à cette époque ?) et il arrive juste quelques minutes avant son rendez-vous. Il demande à un cheminot qui vaque à la sortie son chemin pour se rendre chez Maître Duvaillant. Seulement il arrive avec deux ou trois minutes trop tard. Pourtant la porte est ouverte. Les clercs sont partis terminer leur journée au café et seul reste le notaire. Mais Bigle comprend immédiatement qu’il n’aura jamais la place convoitée.

L’homme est affalé sur son bureau. Il vient de se suicider, et sous son nez gît un papier sur lequel le tabellion a justifié son geste. Il a dépensé l’argent de l’étude pour entretenir une petite femme de Lyon. Toutefois il possède une réserve de quatre cent mille francs (Je vous laisse convertir en euros, sachant qu’il s’agit de la fin de guerre) qui est rangée dans le coffre-fort. Celui-ci est ouvert et Bigle n’a qu’à se servir. Ses ennuis pécuniaires sont résolus. Toutefois, il efface à l’aide d’un corrector les dernières lignes mentionnant ce petit pactole, et puisque plus rien ne le retient dans cette ville, il décide de filer à l’anglaise.

Il attrape de justesse un train qui l’emmène jusqu’à Monte-Carlo. Sur place il s’installe dans une chambre d’hôtel puis se rend régulièrement au casino. Il arrive même à fructifier ses gains de quelques milliers de francs, une chance incroyable.

 

Pendant ce temps, alors qu’il venait de résoudre une affaire épineuse, Lamouroux, profession détective privé, prépare son départ pour la capitale. Mais auparavant il doit passer la soirée avec un ami avocat, maître Sorieux. Une soirée écourtée car Sorieux est prévenu du décès du notaire. Le neveu de celui-ci est fortement soupçonné de meurtre et de vol.

Lamouroux accepte d’accompagner l’avocat sur les lieux et rapidement il démontre que le suicide ne peut être démenti. Le buvard, examiné grâce à un miroir, prouve qu’il existait une forte somme d’argent dans le coffre. La déduction du vol d’argent est démontrée. Mais vol par qui ? C’est ce qu’il faut chercher à découvrir.

Mais que fait Bigle, qui n’est pas aveugle, à Monte-Carlo ? Il se prélasse et il joue, toujours gagnant. Il fait la connaissance d’une jeune femme blondinette dans un bar. Elle est gentille, elle est mignonne… Mais elle semble obnubilée par une silhouette qui se laisse deviner derrière la vitrine. Il la retrouve à son hôtel où elle se fait appeler madame Liane de Valombreuse, Lily pour les intimes.

 

Ce roman débute un peu comme un épisode de l’inspecteur Columbo, puisque l’on suit à la trace Marc Bigle. Et le lecteur sait fort bien qu’il est innocent du meurtre du notaire.

Seulement, à l’évidence, ce personnage commet plusieurs erreurs. Il débute, il ne réfléchit pas. Contrairement au lecteur qui sait que l’histoire risque de se mal terminer pour notre apprenti voleur.

C’est en cela que ce roman devient intéressant. Quand et comment se fera-t-il démasquer ?

Dans Panorama du roman historique, style et langage paru aux éditions SODI en 1969, Gilles Nelod écrit : Gustave Gailhard, comme Albert Bonneau, a ouvert l’éventail des époques et des lieux. Ses romans, souvent longs, assez mal bâtis, cherchent les situations paroxystiques, les supplices atroces, les amours impossibles.

Il s’agit d’une appréciation personnelle qui ne convient pas du tout à ce court texte.

Gustave GAILHARD : Devant le coffre-fort. Collection Mon Roman policier N°10. Editions du Livre Moderne. Parution 2e trimestre 1944. 32 pages.

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 04:45

Il faut savoir lire une carte aux trésors…

René POUPON : L’assassinat de M. Magre.

Le cadavre qui gît dans le hall, devant la porte d’entrée d’un petit immeuble, n’intéresse guère l’inspecteur Lebreton. Il s’agit d’un dommage collatéral, car un autre corps l’attend au premier étage, celui de monsieur Magre, un diamantaire.

Un petit homme replet, M. Paillot, courtier en pierres précieuses, ami et client de Magre, a découvert le cadavre. L’inspecteur effectue les premières constatations et ramasse un petit étui de cuivre blond, une douille. Le coffre-fort n’a pas été fracturé, et un trousseau de petites clés pend encore à la serrure. L’intérieur est examiné et le courtier sort d’une pochette quelques pierres finement taillées. Tout y est, rien n’a été dérobé.

Survient alors Raoul, le fils du diamantaire, qui possède un alibi en béton, armé naturellement, puisqu’il était en bonne compagnie à Montmartre dans un bar et un cabaret. Pour preuve, il possède encore les tickets de réservation. Raoul est un noctambule qui dépense son argent, et celui de son père, en fêtes et beuveries.

Il précise immédiatement la provenance de la douille ramassée par l’inspecteur, un 7,63 tiré par un pistolet Mauser légalement introuvable en France. Devant l’étonnement de l’inspecteur, il explique que non seulement il est adepte de la Saint-Hubert, qu’il est champion de tir et qu’à la guerre il n’a jamais loupé sa cible.

Raoul est écarté provisoirement de la liste des suspects, il faut donc aller voir ailleurs. Puis le jeune homme se rend chez Paillot, rencontrer Lily, la fille du courtier. Ils se connaissent bien, étant presque fiancés. Mais Lily se plaint que le jeune homme la délaisse. Pour l’heure il a d’autres chats à fouetter, car il veut lui aussi enquêter sur ce meurtre.

Il sait que son père avait engagé des tractations pour acquérir un terrain en Afrique qui recèle un gisement important de gemmes précieuses. Mais d’autres personnes, des diamantaires étrangers, sont eux aussi intéressés. La carte de l’emplacement de ce terrain a été dérobée. Mais une carte factice, ne comportant aucun nom, un calque.

C’est grâce à un planisphère collé sur un mur de l’appartement que sera dévoilé l’endroit du gisement. Une carte aux trésors, en quelque sorte.

 

Agréable à lire, ce court roman est simple dans sa conception, et l’intrigue est rondement menée. Toutefois, l’épilogue réserve quelques surprises, qu’il m’est difficile de préciser, sinon tout le charme du roman serait évaporé. Disons que l’histoire ne se termine pas dans la joie et la bonne humeur.

René Poupon fut l’un des plus importants prosateurs des éditions Ferenczi, livrant de nombreux fascicules et petits romans sous divers pseudonymes : Pierre Chatel, R. Pol Dry, René Paul Noêl, René Paul Poupon, R. René Poupon, Léopold Remon, Louis Remon, Eric Ruthless.

Voir ci-dessous un portrait de l’auteur.

René POUPON : L’assassinat de M. Magre. Collection Mon Roman Policier illustré N°80. Editions J. Ferenczi et fils. Parution 3e trimestre 1948. 32 pages.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:55

Donne-moi ton ranch, eh, poupée !
Ou j'te transforme en purée"
Puis il l'empoigna
- Et alors ?
Ben, il la ficela…

Maurice de MOULINS : La captive de Sonora Bill.

Des bandits braquent la banque Stern de Stark City, petite ville située dans l’état du Nouveau-Mexique, et s’enfuient à cheval. Le shérif et ses adjoints les prennent en chasse peu après, mais ils sont rapidement distancés. Les malfrats se sont réfugiés dans les contreforts rocheux des Jicarillas Mountains proches de la petite ville.

Tout le monde est persuadé que le chef de bande se nomme Antonio Ramirez. Le shérif Hobart Wills est furieux et le directeur de la banque déplore ce vol estimé à trois cent cinquante mille dollars.

Le lendemain, deux détectives se réclamant de la banque Stern, dont le siège est à Santa-Fe, arrivent à bord d’une automobile. Ils se proposent d’aider le shérif et de capturer la bande. Pour cela ils empruntent des chevaux et s’élancent à l’assaut de la montagne.

Pendant ce temps, Antonio Ramirez, à la tête d’une bande d’une douzaine de repris de justice et criminels depuis longtemps recherchés par la police, plonge ses mains dans les sacs contenant les billets. La pêche a été bonne et il peut être satisfait. A ce moment, la sentinelle entre en trombe dans la caverne où ils ont élus domicile, annonçant que deux cavaliers approchent.

Aussitôt les malfrats surveillent l’installation des deux voyageurs, qui s’apprêtent à manger, dans un canyon. Ils ne sont pas peu stupéfaits lorsqu’ils se rendent compte qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, et que la femme est ligotée. Aussitôt, alors que ses compagnons surveillent l’homme et sa prisonnière, Antonio Ramirez s’enquiert de leur identité et surtout de leur but, leur signifiant que le territoire leur est interdit.

L’homme prétend se nommer Sonora Bill, être un Yankee, et avoir pris en otage la femme, une quinquagénaire, quelques dizaines de milliers de dollars lui étant promis en échange de sa libération.

Antonio Ramirez emmène ses captifs dans la grotte tandis que la femme se défend comme un beau diable. Sonora Bill est ligoté tandis que Norah Daventry, la quinquagénaire, est laissée libre de ses mouvements, après avoir signé un gros chèque que s’empresse d’aller encaisser un des hommes du chef des bandits, à une banque de Santa-Fe.

 

Naturellement, le lecteur un peu perspicace se doute que ce couple est composé des deux détectives lancés sur les traces des voleurs de banque. Pour autant l’auteur laisse planer le suspense jusqu’au bout ou presque.

Un court roman, qui allie western et policier, rapidement lu et qui convient aussi bien aux adultes qu’aux adolescents.

En ce temps-là, la plupart des auteurs écrivaient indifféremment pour un lectorat allant de 7 à 77 ans, comme le proclamait plus tard un célèbre magazine, et ne s’embarrassaient pas de psychologie.

Sous le pseudonyme de Maurice de Moulins se cachait Albert Bonneau, le créateur de Catamount, qui fit les riches heures de lectures des adolescents, et des autres.

Maurice de MOULINS : La captive de Sonora Bill. Mon roman policier N°204. Editions Ferenczi. Parution 1er trimestre 1952. 32 pages.

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 04:10

Le grand feuilleton : épisode 4.

Jean de La HIRE : Le défilé suspect.

En cette fin de journée du 24 juin, Paul Mandar dresse un foulard blanc, en signe de demande de paix et de trêve, afin de pouvoir échanger son prisonnier, le cheik, contre les six boy-scouts aux mains des Bédouins rescapés de l’échauffourée.

Le pacte est conclu et en échange du cheik Hadji ben Omar ben Garbit (ceci n’est pas de la publicité !) les prisonniers scouts sont délivrés. De plus à la demande de Paul Mandar, le cheik lui remet un turban sacré ainsi qu’une pierre gravée qui devraient servir de sauf-conduit en cas d’une nouvelle attaque.

Pour fêter cet événement, les scouts britanniques invitent leurs homologues français à partager leur repas qui se révélera un véritable festin. Comme quoi les conserves parfois !

Ils décident de passer une bonne nuit afin de récupérer de leurs émotions et de partir le lendemain ensemble afin de ne favoriser aucune des deux équipes. Et donc, le lendemain, avant de regagner la ligne de départ fixée de l’autre côté du ravin, il faut grimper la pente. L’équipe britannique peine car est accrochée à leur autochenille une remorque contenant les fameuses conserves prévues pour leur voyage.

Un coup de feu en l’air et les deux véhicules s’élancent à l’assaut du désert. Nous suivons l’équipe française qui arrive à Ghadamès. Les scouts visitent la ville, s’y reposent puis à nouveau c’est le départ vers l’aventure.

Mais de nouveaux incidents se dressent devant eux sous la forme de Maltais, des déserteurs de la garnison italienne chargée de défendre Ghadamès, qui veulent s’emparer de leurs équipements. Pourtant, Paul Mandar avait établi un tour de garde rotatif pendant que les autres compagnons se reposaient. Et c’est ainsi qu’au petit matin, Mandar et le reste de ses équipiers s’aperçoivent que Mijon et Moutiers, qui devaient être les derniers à garder le campement, ont disparus.

En partant à leur recherche, ils découvrent un individu qui appartenait au groupe de Maltais. Il est blessé, une cheville tordue, et a été laissé en plan par ses camarades qui ne s’avèrent pas si sympathiques que ça à son encontre. Promesse lui est faite de lui laisser la vie sauve s’il les aide à retrouver Mijon et Moutiers. Darbois est chargé de rester près de leur véhicule tandis que les trois scouts restant partent à la recherche de leurs deux compagnons.

 

Cet épisode mouvementé au début et à la fin se veut également pédagogique.

Alors qu’ils dégustent leur festin improvisé, les scouts remarquent au loin un troupeau d’autruches africaines. C’est ainsi que la vie et les mœurs des autruches, leur mode de reproduction, le système économique et l’élevage qui y est lié, particulièrement en Australie, sont décrits soigneusement par l’un des membres de l’équipe britannique dont le père fut éleveur de ces animaux dans la Nouvelle Galle du Sud.

De même les descriptions géographique, démographique, économique de Ghadamès, sont largement énoncées, un peu à la façon d’un guide touristique. Ce qui permet à l’auteur de reprendre son souffle dans l’épopée des boy-scouts et peut-être de retrouver l’inspiration pour la narration de nouveaux épisodes.

Dont le prochain s’intitule Angoissant mystère.

 

Voir l’épisode précédent :

Jean de La HIRE : Le défilé suspect. L’As des Boy-scouts fascicule N°4. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 21 novembre 1932. 16 pages.

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 03:24

Le grand feuilleton : épisode 3.

Jean de La HIRE : Le siège tragique. L’As des Boy-scouts fascicule N°3.

Lorsque nous avons quitté les boy-scouts dans l’épisode précédent, ceux-ci crapahutaient à bord d’une auto-chenille dans le sud du désert tunisien. Et ils entendaient des coups de feu dont ils se demandaient bien la provenance.

Mais, en même temps, j’effectuais un constat : le lecteur n’avait eu que succinctement des nouvelles de l’équipe anglaise.

Or, les coups de feu proviennent d’armes différentes et bientôt Mandar et ses amis se rendent compte qu’il s’agit de l’équipe britannique qui est aux prises avec deux bandes de Bédouins pillards. John Dogg et ses compagnons sont réfugiés dans leur véhicule, une auto-chenille également, et doivent faire face à gauche et à droite à des détrousseurs du désert. Ils sont en mauvaise posture et Paul Mandar décide de se porter à leur secours.

Ils sont munis d’armes à feu, carabines, brownings, et même d’une mitrailleuse, car tout a été prévu lors de leur départ. Ils ont été entraînés au maniement de ces armes.

Ils rejoignent l’équipe britannique et après concertation, décident de prendre les Bédouins à leur propre piège en se scindant en deux équipes, composées par moitié de Français et de Britanniques. Paul Mandar explique sa stratégie : tandis que deux boy-scouts resteront dans l’auto-chenille, les autres, passant par le plancher du véhicule, rejoindront un ravin qui se trouve juste sous les roues avant, et se dirigeront d’un côté et de l’autre de cet encaissement afin de prendre les Bédouins à revers.

Si Mandar parvient à contourner les assaillants, John Dogg est repéré par un Bédouin blessé qui se dirigeait en rampant vers le ravin, espérant trouver de l’eau pour nettoyer ses plaies.

Aussitôt l’homme retourne en arrière afin de prévenir son chef, un vieil homme que l’on pourrait croire sage avec sa barbe blanche, mais il n’en est rien. Prévenu, le chef de cette bande de pillards veut contrer l’attaque des scouts. Il parvient à s’emparer de John Dogg et ses compagnons. Mais Madar et compagnie les repèrent courant vers leurs chevaux. La mitraille qui s’ensuit provoque de nombreux blessés et morts. Ils réussissent même à prendre le cheikh en otage.

 

Ce nouvel épisode, fort mouvementé, permet aux lecteurs de mieux faire connaissance de l’équipe anglaise, dans des conditions dramatiques il est vrai.

Mandar se montre à son avantage, grâce à son esprit de décision, de son audace, de son courage. Mais les autres scouts, Britanniques et Français, ne sont pas en reste. Juste un mauvais concours de circonstance, un mauvais coup du sort, qui arrête les Britanniques, mais un excellent épisode qui démontre que les scouts sont solidaires dans l’adversité. Du moins côté Français.

Mais en sera-t-il de même si les scouts Français tombent eux aussi dans un guet-apens ou se trouvent en difficulté pour des raisons qui sont encore à définir.

Mais pour l’heure, il faut aller délivrer les otages. Dans quelles conditions ? C’est ce que nous verrons dans l’épisode suivant :

Le défilé suspect.

 

Voir l’épisode précédent ci-dessous :

Jean de La HIRE : Le siège tragique. L’As des Boy-scouts fascicule N°3. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 14 novembre 1932. 16 pages.

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 03:52

Le grand feuilleton : épisode 2.

Jean de La HIRE : L’auto attaquée.

Ayant échappés à l’incendie qui embrase le dirigeable Paris, les six boy-scouts se retrouvent éparpillés dans le désert tunisien.

L’on retrouve en premier Paul Mandar, qui s’est réceptionné sans difficulté grâce à sa maîtrise nouvelle du parachute dont il a été muni, mais il lui faut dès alors retrouver ses compagnons d’aventures.

Tout en les cherchant, il se demande ce qu’ont pu devenir les membres de l’équipage du dirigeable ainsi que les passagers qui voyageaient en première classe.

Le premier boy-scout récupéré est Moutiers, indemne, puis au fond d’un ravin, Cadérac, qui a échappé à une catastrophe inévitable grâce à son parachute qui s’est accroché à des rochers. Grâce aux cordes dont ils disposent, ils parviennent à sortir leur camarade de sa position périlleuse. Puis Darbois qui gît évanoui mais reprend peu à peu ses esprits à l’aide de la pharmacopée dont sont munis les boy-scouts. Il est atteint de nombreuses contusions douloureuses mais pas de blessures graves à déplorer. Mijon est découvert derrière un rocher mais il n’a pas entendu les appels de ses amis, car il est complètement hébété. Enfin il reprend peu à peu ses esprits, et malgré une légère foulure à la cheville, Mijon et les quatre autres survivants repartent. Il manque toutefois Gallec qui est récupéré un peu plus tard, mais en mauvaise posture. Il est sain et sauf dans une crevasse, mais un chacal et ses petits lui tiennent compagnie. Apparemment l’animal ne lui veut pas de mal, pensant surtout à protéger sa portée, mais on ne peut préjuger des réactions s’il se sent attaqué. Une corde servant de lasso entoure bientôt le cou du chien du désert et Gallec peut s’extirper de son trou.

L’équipe reconstituée, les six amis doivent maintenant rejoindre Tunis et pointer la feuille de route. Ils arrivent sur place le 19 juin au soir et apprennent auprès du sous-chef de cabinet du résident général que le dirigeable a été emporté par la tornade à plus de cent cinquante kilomètres de là et que quasi tout l’équipage et les passagers sont sains et saufs. L’équipe de John Dogg est devant eux avec trente-huit heures d’avance.

Après une nuit réparatrice, ils s’apprêtent à foncer vers le lac Tchad à bord d’une auto-chenille, commandée à Paris plus de trois semaines auparavant. Mais auparavant il leur faut procéder au plein d’essence, arrimer des bidons d’huile, vérifier la caisse à outils et les pièces de rechange, sans oublier les provisions nécessaires pour un voyage de trois mille kilomètres. Le temps estimé pour les parcourir est de vingt jours.

Et les voilà partis, traversant des villages, recueillant des informations sur leurs prédécesseurs, avançant cahin-caha dans le désert. Un jour, ils entendent des coups de feu… Une attaque !

 

Il est à noter que le titre de cet épisode correspond uniquement à la fin, alors que des coups de feu retentissent mais que l’attaque n’est pas encore engagée.

Le match entre les deux équipes est véritablement lancé et les dangers ne manquent pas d’être au rendez-vous. Il ne s’agit pas d’une promenade de plaisir ni de santé, mais bien d’un match à distance. Pour le moment, le lecteur ne suit que Paul Mandar et ses coéquipiers, n’ayant des nouvelles de l’équipe britannique que par bribes.

Les verrons-nous à l’œuvre ? Suite au prochain numéro :

Le siège tragique.

 

Présentation du recueil : L’as des boy-scouts :

Premier épisode : Le long courrier aérien :

Jean de La HIRE : L’auto attaquée. L’As des Boy-scouts fascicule N°2. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 10 novembre 1932. 16 pages.

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 04:38

Le grand feuilleton : Episode 1

Jean de La HIRE : Le long courrier aérien.

En cette matinée du 17 mai, alors qu’il prépare ses leçons pour le lycée, Paul Mandar reçoit une lettre recommandée qu’il s’empresse de lire, sa mère penchée sur son épaule.

Cette missive émane de Maurice Rondet-Saint, le président des boy-scouts de France, qui le convoque pour le lendemain. Paul Mandar est un peu étonné mais toutefois il se présente à l’heure dite, en compagnie de sa mère, à ce rendez-vous inhabituel. Rondet-Saint les rassure et leur dévoile ce qui l’a conduit à mander Mandar.

Un milliardaire américain, James Brackfeller, a décidé de consacrer une somme de dix millions de dollars à la réalisation d’une idée.

Deux équipes de six boy-scouts, l’une française, l’autre anglaise, devront s’affronter dans une course autour du monde, en respectant toutefois quelques règles, simples mais contraignantes. Les deux équipes devront passer obligatoirement par des points géographiques déterminés, et les autorités officielles contrôleront leur passage.

Après le départ, situé à Calais, les deux équipes devront traverser toute la France jusqu’à Menton, passer par Tunis, Lac Tchad et Fort-Lamy, Addis-Abbaba, capitale de l’Abyssinie, Bombay, Pékin, Batavia, Sidney, Santiago de Chili, Caracas de Venezuela, Chicago, Québec, Reykjavik d’Islande, Edimbourg, Douvres et Paris. L’arrivée s’effectuera sous l’Arc de Triomphe, l’équipe première devant entourer la dalle du soldat inconnu. Remise à la clé de la prime promise à une œuvre sociale dont bénéficiera principalement le scoutisme de la nation gagnante : collège, école des Arts et Métiers, ou maison de retraite pour parents pauvres de boy-scouts. Une somme est mise à disposition du comité directeur de la course, afin de pallier les frais du voyage, tant pis si l’une des équipes dépense tout en cours de route, elle devra se débrouiller par ses propres moyens, interdiction leur étant faire de recevoir de nouveaux subsides de la part de qui que ce soit.

D’autres restrictions sont définies dans le règlement, comme définis dans l’article 1 : Les boy-scouts pourront user de tous les moyens de locomotion possible. Toutefois l’automobile et l’aéroplane ne leur seront permis que s’ils sont eux-mêmes mécaniciens et conducteurs.

Naturellement, il n’est pas question d’entraver mutuellement et retarder l’autre équipe, et ainsi de suite.

 

Paul Mandar accepte sans réserve cette proposition, de même que sa mère qui en a quand même un peu gros sur le cœur de voir son fils partir à l’aventure.

Ensuite, il s’agit de constituer l’équipe française qui sera composée de cinq autres boy-scouts issus de diverses régions françaises afin d’équilibrer ce petit groupe. Ainsi sont pressentis Jean Cadénac le Méridional, désigné comme le lieutenant de Paul Mandar, Yves Gallec, le Breton, Pierre Moutiers le Tourangeau, Hubert Mijon le Bourguignon et Jacques Darbois le Picard et Franc-Comtois. Tous auraient pu prétendre au titre de capitaine de route car leur valeur physique et morale, leur charisme, leur offraient cette chance mais il en a été décidé ainsi avec l’aval de tous. La fine équipe se prépare activement, s’initiant à la conduite et au mécanisme des avions ainsi qu’à la science de l’automobile.

Le grand départ est programmé de Calais le 15 juin au matin et le 14 juin au soir Paul Mandar et ses coéquipiers font la connaissance de leurs rivaux menés par John Dogg. Tandis que l’équipe anglaise file vers Menton en voiture, selon les règles prescrites, l’équipe française prend le train, direction Menton, via Paris et Marseille. A Menton, ils récupèrent un véhicule, remplissent les formalités et signent les formulaires attestant de leur passage, puis direction Cuers-Pierrefeu afin d’effectuer la traversée à l’aide d’un dirigeable. Ils ne contreviennent pas à l’article 5 du règlement qui stipule qu’il leur est interdit d’accepter des subsides pécuniaires et de se faire aider par des sociétés privées ou gouvernementales sauf en cas de péril mortel. Le directeur de la société commerciale propriétaire du long-courrier Paris étant un ami du père de Cadénac, une acceptation de passage leur avait été accordée.

Ils vont donc pouvoir s’installer à bord, en seconde classe, et voyager par les airs en direction de Bizerte, destination du dirigeable Paris. Durant le vol, ils sont initiés à l’emploi d’un système innovant de parachute et heureusement car le vol va bientôt être confronté à un violent orage.

 

Si la présentation du règlement de cet affrontement sportif de par le monde prend une grande place dans la narration, ainsi que la présentation de l’équipe française, le départ de la grande aventure qui aurait pu se dérouler presque normalement va connaître rapidement des couacs à cause l’orage au dessus de la Méditerranée. Le dirigeable Paris est atteint par des éclairs et nos boy-scouts l’abandonnent, sous l’injonction de l’équipage, et vont pouvoir mettre en pratique les conseils fournis quant à l’utilisation des parachutes.

Nous retrouverons la suite des aventures et mésaventures mouvementées de ces intrépides adolescents dans le fascicule 2 intitulé :

L'auto attaquée.

 

Jean de La HIRE : Le long courrier aérien. L’As des Boy-scouts fascicule N°1. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 5 novembre 1932. 16 pages.

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 03:46

A pied, à cheval, en voiture et tout autre moyen de locomotion…

Jean de LA HIRE : L’As des Boy-scouts.

Reprenant le principe des voyages autour du monde, dont les principaux titres sont bien évidemment Le tour du monde en 80 jours et Cinq semaines en ballon, de Jules Verne, ou encore Les cinq sous de Lavarède de Paul d’Ivoi, sans oublier les nombreux ouvrages d’Arnould Galopin aux titres significatifs tels que Le Tour du monde de deux gosses, Le Tour du monde d'un boy scout, Le Tour du monde en aéroplane, L’As des Boy-scouts de Jean de La Hire s’immisce dans cette veine, reprenant la façon de procéder qui est d’effectuer le tour du monde selon des critères spécifiques.

Mais ce n’était pas la première fois que Jean de La Hire mettait en scène des boy-scouts et l’on peut citer en vrac et dans le désordre :

Le Roi des scouts, Les trois boy-scouts, les grandes aventures d’un boy-scout, Le million des scouts.

Initialement publiée en 1925 en 52 fascicules, de chacun 64 pages (format 13x17,5 cm) chez Ferenczi, cette histoire à épisodes est rééditée du 5 novembre 1932 au 21 octobre 1933 mais dans un format différent. Il s’agit de fascicules de 16 pages format grand in-8 (18x28 cm) avec des illustrations de R. Houy. Certains titres sont identiques, d’autres changent, la loi des rééditions et peut-être de légères modifications des textes l’exigeant.

 

Dans le fascicule numéro 1, intitulé Le long courrier aérien, le lecteur fait la connaissance de Paul Mandar, un adolescent de seize ans qui s’est déjà signalé à plusieurs reprises dans le monde du scoutisme français et international par plusieurs actes de courage individuel. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler tout au long des semaines qui viennent et d’affiner le caractère de cet adolescent qui est décrit comme un jeune homme doué magnifiquement des plus viriles qualités : intelligence, esprit de décision, audace, avec de la prudence et de la bonté, et le sens bien rare chez un garçon de cet page, de l’esprit d’autorité et de discipline.

 

Cet ouvrage est ainsi présenté :

C’est le match sportif des Boy-Scouts français et des Boy-Scouts anglais autour du vaste monde.

Quelles péripéties dramatiques, parfois angoissantes, parfois drôles !... Quelles aventures, avec la mise en œuvre des découvertes et inventions les plus modernes. Quelles épreuves de courage, d’intelligence, de sang-froid, d’adresse, de vigueur.

L’auteur de L’AS DES BOY-SCOUTS n’est autre que M. JEAN DE LA HIRE, universellement connu et estimé, puisque la plupart de ses œuvres, particulièrement celles pour la jeunesse, sont traduites dans le monde entier.

Les aventures de l’As des Boy-scouts vous seront présentées au fil des semaines, dans une périodicité aléatoire (et pourquoi aller à Thouars ?).

Et voici le sommaire alléchant qui devait enthousiasmer bon nombre de jeunes et moins jeunes lecteurs, durant une année, et encore de nos jours pour les nostalgiques :

 

1 : Le long courrier aérien.

2 : L'auto attaquée.

3 : Le siège tragique.

4 : Le défilé suspect.

5 : Angoissant mystère.

6 : La clé du mystère.

7 : L'avion perdu.

8 : La Reine des Touaregs.

9 : Les fauves du lac Tchad.

10 : Au secours !...

11 : Nuit dramatique.

12 : Le drame éthiopien.

13 : La chasse terrible.

14 : La course au bateau.

15 : Le mystère du "Titan".

16 : Mandar détective.

17 : L'aventure hindoue.

18 : Les voleurs de rubis.

19 : Le rubis vivant.

20 : Les cataractes.

21 : Les Pirates Chinois.

22 : Le trésor des Mongols.

23 : La lutte pour la vie.

24 : La Fantasia.

25 : Le terrible Oeil de Lynx.

26 : Mystérieux Yankees.

27 : Au pays des ours.

28 : La ville mystérieuse.

29 : La trombe aérienne.

30 : Le navire maudit.

31 : Les Robinsons polaires.

32 : L'île fantastique.

33 : Les rivaux d'Admundsen       .

34 : L'étreinte du Pôle.

35 : Reprise du match.

36 : Les Djangkangs.

37 : Le duel capital.

38 : L'immense tragédie.

39 : Le temple en feu.

40 : La vengeance des Thugs.

41 : Le serpent de mer        .

42 : Le courant interocéanique.

43 : Le pays des centaures.

44 : La ruée des patagons.

45 : Les captifs.

46 : La tragique poursuite.

47 : Le nouveau sous-marin.

48 : L'énorme guet-apens.

49 : Le suprême départ.

50 : Le dernier drame.

51 : John Dogg, salut!...

52 : Sous l'arc de triomphe.

Jean de LA HIRE : L’As des Boy-scouts. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Recueil de 52 fascicules de 16 pages chacun.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 04:14

Un romancier qui pétille ?

Maurice CHAMPAGNE : Le refuge mystérieux.

Dans la nuit du 17 au 18 juin 1929, La France, un paquebot parti trois jours auparavant du Havre, qui vogue par mer d’huile, se dirige vers New-York.

Le 18, dans la matinée, un garçon chargé du service alerte le commandant de bord. L’un des passagers, l’ingénieur Gérard Aubierne, a disparu. Il a été vu pour la dernière fois vers 22 heures, et dans sa cabine, son lit n’est pas défait. Les recherches entreprises immédiatement restent vaines. Et il est, selon les autres passagers, impossible de songer à un acte suicidaire. Un autre passager manque lui aussi à l’appel, le docteur Soudraka, un Hindou de Calcutta. Deux disparitions simultanées incompréhensibles.

La relation de cet événement est relatée par Gérard Aubierne lui-même.

Débute alors la narration de cette mystérieuse aventure par le héros lui-même.

Désemparé par un chagrin d’amour, Gérard Aubierne, alors qu’il rentre un soir chez lui, est abordé par un Hindou qui prétend se nommer Soudraka. Et dans le discours qu’il lui tient, Aubierne retient cette phrase : Il vous importe peu de vous tuer à telle heure plutôt qu’à telle autre.

Puis l’homme l’emmène chez lui et la conversation qui s’ensuit est assez édifiante. Soudraka connait un certain nombre de choses sur l’ingénieur, dont sa peine de cœur. Et c’est ainsi que quelques jours plus tard, Aubierne, entraîné par Soudraka, quitte le paquebot à bord duquel ils voyagent, accrochés l’un à l’autre par un filin. Ils plongent dans l’océan et sont récupérés par un hydravion. Aubierne est invité à boire une boisson relaxante, et lorsqu’il se réveille, il se trouve dans un appartement luxueux. Des toiles de maîtres sont accrochées et un portrait, celui de sa bienaimée qui l’a quitté, est déposé sur un meuble.

Bientôt il fait la connaissance dans la salle à manger des autres résidents, sept étrangers de nationalités différentes. Deux Russes, dont une jeune femme, un Argentin, un Américain, un Hollandais, un Japonais et un Espagnol. Tous ces personnages se côtoient sans véritablement entretenir de relations amicales. Il règne même une certaine froideur. Un serviteur Hindou pique une fiche sur un panneau. Un nom et une date sont inscrits sur cette fiche. Le Japonais laisse tomber ces quelques mots : Mort cette nuit.

Aubierne découvre qu’il voyage à bord d’une île flottante, ne comportant ni faune ni flore. L’île des Désespérés. Une plaque métallique comme celle du pont d’un porte-avion, et posé dessus un hangar contenant l’hydravion. Tout autour de cette île, la mer, l’océan Pacifique, immense vivier à requins. Soudraka lui apprend que cette île se déplace à l’aide d’un moteur à radium, une invention de l’un des ses frères. Et l’un des Russes les quitte, appelé à subir une expérience.

Des liens se tissent, qui ne sont pas encore d’amitié, entre Aubière et le Japonais, ou avec Nadia, la frêle jeune femme russe. Mais Aubierne est impressionné, lorsque déjeunant en compagnie du Japonais et de Soudraka, un panneau glisse dévoilant un immense aquarium. Un aquarium qui entoure l’île plongée dans les profondeurs sous-marines. La salle est plongée dans le noir, et le confinement ne semble pas encourager les relations entre certains des convives. Un cri, Nadia dressée avec à la main un couteau à dessert, et à quelques pas l’Argentin un filet de sang sur la joue.

 

Ce roman n’est pas sans rappeler deux ouvrages de Jules Vernes, 20 000 lieux sous les mers et L’île à hélice, mais traité différemment, comportant une intrigue qui n’a rien à voir avec ces deux ouvrages. Juste une analogie avec le décor et cet engin qui ressemble à un immense sous-marin. Et le confinement forcé de quelques personnages. Mais le contexte est différent, et la pagination ne permet pas un développement à la façon de Jules Verne.

Aussi, les motifs qui animent le docteur Soudraka et ses frères est-il passé sous silence. L’on sait juste qu’ils s’adonnent à des recherches scientifiques médicales, et qu’ils pratiqueraient à des vivisections, selon l’un des confinés.

Mais ce qui importe, ce sont les relations qui s’établissent entre ces candidats potentiels à la mort, ayant eu à subir des épisodes douloureux, affectifs ou financiers, précédemment. Chacun réagit selon sa sensibilité, ou son manque de sensibilité, son courage devant l’adversité et le fait accompli.

Et la jalousie guide certains des personnages, alors qu’entre Nadia et Aubierne le narrateur s’ébauche une histoire d’amour. L’épilogue est un peu tiré par les cheveux mais les actions qui amènent à ce dénouement sont dignes de scènes cinématographiques.

Un bon moment de détente dans ces temps qui conduisent à la morosité.

Maurice CHAMPAGNE : Le refuge mystérieux. Collection Livre d’aventures. N.S. N°35. Editions Tallandier. Parution 1938. 64 pages.

Première édition Collection Voyages lointains et Aventures étranges. N° 25. Parution 1928.

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 05:29

Sans fleurs ni couronnes…

Francis RICHARD : Regrets éternels.

Depuis quelques temps, le Vieux semble se ramollir. Il n’a plus autant d’allant, d’entrain, regarde évasivement le plafond, ne répond pas ou à contresens à ses interlocuteurs.

C’est ce que remarquent Francis Richard, agent secret, et son collègue Madrier dit Merdouille à cause de sa propension à utiliser ce terme à tout propos.

La cause de cette conduite inhabituelle réside en une phrase : Valsetti n’est pas mort. Le Vieux l’a rencontré et il ajoute qu’il envoie son meilleur souvenir à Francis Richard. C’est impossible pense celui-ci qui est tout éberlué mais ne précise pas le pourquoi. Valsetti était un agent de l’autre bord et il est mort. Et si Richard en est persuadé, c’est parce lui-même a appuyé sur le revolver fatal. Mais pour tous, il s’agit d’un meurtre imputé à un inconnu.

Donc Valsetti serait vivant. D’ailleurs Richard est convié à une séance de spiritisme chez un voyant nommé Eliphelme de Saint-Phaas. Un nom qui provoque un rire inextinguible chez l’agent qui se souvient de ses lectures, et plus particulièrement du roman La Double vie de Théophraste Longuet, de Gaston Leroux, roman dans lequel évolue le personnage de d’Eliphas de Saint-Elme.

La séance se déroule donc chez le voyant mais Richard ne découvre aucun trucage, aucune supercherie. L’homme se contente de taper sur sa table avec ses doigts, comme s’il était animé par le mort s’exprimant en Morse. Et il repart chargé d’une mission, récupérer des documents dans un fauteuil arrière d’une voiture. Seulement l’opération se déroule en queue de poisson et Olga, celle qui fut la maîtresse de Valsetti fait sa réapparition. Richard est même kidnappé mais il parvient à s’échapper, dans des circonstances heureuses.

Il découvre que Eliphelme de Saint-Phaas, un alias, est hypnotisé dans un salon de coiffure, recevant ses informations sous un casque-séchoir. Ses pérégrinations l’amènent à soupçonner soit la gérante, soit l’employée. Alors en compagnie de Merdouille, pardon de Madrier, il s’élance sur leurs traces, mais il y aura de la viande morte au bout du chemin.

 

L’intrigue de ce roman mi-espionnage, mi-policier, est particulièrement tarabiscotée, mais l’auteur, Francis Richard qui donne son nom au héros, s’en sort avec les honneurs. Si certains de ses romans ne sont guère convaincants, celui-ci tient bien la route et n’a pas vieilli, même si, publié de nos jours, il faudrait procéder à quelques rectifications et à des ajustements. Et il existe une bonne dose d’humour qui cache quelques faiblesses. Mais aussi une grande part est dédiée au hasard, hasard sans lequel les romanciers populaires n’arriveraient pas à imaginer leurs intrigues.

Sous le pseudonyme de Francis Richard se cachait Paul Bérato, plus connu sous les alias d’Yves Dermèze, pour des romans en tous genres allant du policier au roman de cape et d’épée, et de Paul Béra, grand fournisseur des collections Angoisse et Anticipation du Fleuve Noir.

Francis RICHARD : Regrets éternels. Collection Service Secret 078 N° 31. Editions S.E.G. Parution 3e trimestre 1961. 96 pages.

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