Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 03:59

Romanciers, attention : ceci peut vous arriver !

Michel PAGEL : Désirs cruels.

Toute jeune voleuse, Marilith s’introduit nuitamment dans une propriété afin de dérober une toile de maître. Seulement elle ignore qu’une caméra dissimulée dans une boiserie filme ses faits et gestes. Et elle est toute surprise lorsqu’un homme armé l’arrête dans son élan. Il n’est pas seul, étant suivi par son patron, le romancier Marbœuf.

Après l’avoir complimentée sur sa jeunesse, sa joliesse, ses yeux verts, Marbœuf lui intime de se déshabiller. Pas de quoi déstabiliser le domestique nommé Baptiste, tranquille comme son prénom l’indique, ni la jeune femme qui se défait de son collant intégral. Alors qu’elle s’apprête de se débarrasser de ses sous-vêtements, l’écrivain l’arrête dans son élan. Ce n’est pas un individu lubrique. C’était juste pour vérifier qu’elle n’est pas armée.

Il sort de l’ombre dans laquelle il était resté et Marilith distingue alors un homme âgé, décrépit, le visage rongé comme s’il y avait eu projection d’acide. Marbœuf a connu son heure de gloire et a même loupé le Prix Goncourt quinze ans auparavant. Mais depuis, non seulement il est atteint d’une sorte de maladie qui le ronge physiquement, mais de plus, il ne produit plus rien. Son inspiration s’est épuisée. Lui aussi d’ailleurs est épuisé. Alors il propose un étrange marché à sa visiteuse nocturne.

Elle doit lui narrer quatre histoires, complètes et inédites, durant quatre nuits. Une par nuit. Et Marilith ne manque pas d’imagination, se renouvelant à chaque fois, abordant des thèmes différents.

 

La première nuit, Marilith raconte Rosie, nouvelle dédiée à Richard D. Nolane et S.K. Sheldon. Une histoire de routier légèrement éméché qui prend en stop une jeune femme trempée par la pluie. A bord deux petits personnages sèment la perturbation, Séraphin et Adonides, ange et démon. Castaing, le routier, sympa, sauve un vieux couple qui se défend, en pleine nature, comme il peut des attaques de deux loubards. Un couple bizarre qui roule à bord d’un vieux véhicule, une voiture vivante qui se délecte de chair et de sang.

L’île des révélations, c’est l’île d’Yeu qui sert de décor. Ou plutôt de lieu d’arrivée prévu pour quelques touristes d’horizons divers qui empruntent la navette qui relie le continent à l’île. Mais au cours du voyage, le ferry est victime d’un naufrage et les rescapés échouent sur une île inconnue. Chacun d’eux va peu à peu révéler sa véritable nature.

Les mains de Farah Yole met en scène une femme peintre qui œuvre dans le surréalisme morbide. Cette nouvelle est dédiée à Clive Barker et il n’est donc point besoin de décrire plus l’ambiance qui règne dans ce récit.

Enfin quatrième nuit, La balade de Luna Park nous entraîne dans un parc d’attractions un peu, voire beaucoup, spécial. Et cette promenade monstrueuse met en scène, entre autre, Imma, une Noire qui se métamorphose, devant les yeux ébaubis du public, en gorille. Une nouvelle dédiée à Roland C. Wagner.

 

Peu à peu, au fil des nuits, Marbœuf se régénère, rajeunit. Le vieil homme scrofuleux reprend des forces et guérit, physiquement et psychiquement. Mais il existe un revers à la médaille.

Calqué sur le principe des Contes des mille et une nuits, mais avec toutefois une notable différence : une nuit, une histoire complète, ce roman de Michel Pagel qui contient non pas quatre nouvelles mais cinq, le fil conducteur pouvant être considéré comme une nouvelle également, est un exercice de style qui conforte tout le bien que l’on pensait de l’auteur comme romancier et nouvelliste accompli. Même si certaines de ces nouvelles sont un peu faibles, l’univers décrit est captivant, souvent surréaliste, et lorgne aussi bien vers le romantique, sans que cela soit pour autant une bluette, que vers le gore.

 

Réédition dans La Comédie inhumaine. Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1998. 640 pages.

Réédition dans La Comédie inhumaine. Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1998. 640 pages.

Réédition : La comédie inhumaine volume 1. Les Moutons électriques. Parution mai 2020. 960 pages.

Réédition : La comédie inhumaine volume 1. Les Moutons électriques. Parution mai 2020. 960 pages.

Michel PAGEL : Désirs cruels. Collection Anticipation N°1725. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1989. 192 pages.

ISBN : 2-265-04232-3

Partager cet article

Repost0
5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 04:25

A l’ombre des gnomes en fleurs ?

Serge BRUSSOLO : L’ombre des gnomes.

Dans le cimetière de San Carmino, quelque part entre l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, près de l’océan, des singes n’en font qu’à leur tête. Des singes nus, sans poils, roses comme des petits cochons qu’ils sont, déterrant les cadavres et les mangeant. L’endroit est négligé, laissé à l’abandon.

Pourtant une vieille dame, Maria Estravieja, qui parfois nourrit l’un des gamins du bidonville, sent une force en elle l’inciter à se rendre au cimetière visiter la tombe de son mari afin de vérifier les dire. Tout semble normal. C’est alors qu’elle est victime d’une sorte d’hallucination. La chaleur intense peut-être. Les singes s’amusent avec des cadavres, mordant des index. Lorsqu’elle sort de son étourdissement, tout est normal ou presque. Pourtant sur sa jambe la trace bleuâtre d’une morsure apparaît. Une blessure qui attire l’attention du père Papanatas, le curé du village.

Journaliste scientifique new-yorkais, Mathias Gregory Mikofsky est reçu par le lieutenant de police Manuel Corco. Lequel est troublé par les événements qui se propagent dans la cité divisée en deux, d’un côté les riches retraités vivant dans des constructions neuves, de l’autre le bidonville où sont parqués les miséreux, d’anciens ouvriers la plupart du temps. Et au milieu, dans une sorte de no man’s land, le territoire des frères Zotès, des ferrailleurs débiles qui entretiennent une garde composés de gamins sélectionnés pour garder l’endroit. Corco se plaint de ce que la ville devient folle.

Et les habitants deviennent véritablement fous. Comme une sorte d’épidémie qui se propagerait mais dont l’origine est inconnue. Au départ. Car bientôt Corco et le journaliste se rendent compte que cette épidémie se transmet par morsure. Ceux qui en sont atteints mordent leurs congénères, attirés par la viande fraîche. Et ils se dévorent eux-mêmes, s’automutilant avec délectation.

L’origine résiderait, selon le père Papanatas, d’une invasion d’extra-terrestres datant de quinze mille ans auparavant et dont les vestiges sont encore visibles au Pérou. Du moins c’est ce qu’il déclare à Mikofsky. Et le village de San Carmino aurait été édifié sur un territoire tabou, les singes roses atteints d’alopécie défendant leur terroir. Cet invasion se serait produite soixante ans auparavant, lorsqu’un religieux, un missionnaire accompagné de deux nonnes, se seraient installés dans ce petit village de pêcheurs, s’incrustant dans une ethnie Ayacamaras. Ce qui se produit alors serait une conséquence de cette intrusion.

 

Comme très souvent avec Serge Brussolo le très bon côtoie le n’importe quoi. Je ne parle pas des scènes scatologiques, mais de l’intrigue qui partant dans un sens, se disperse et propose une fin ouverte, comme si l’auteur en cours de route avait décidé de changer d’orientation et ne savait plus comment conclure.

Serge Brussolo ouvre une possibilité sur la compréhension des méfaits des colonisations et du prosélytisme envers des populations qui ne demandent rien à personne, mais que l’on veut asservir à des idées, des modes de vie, un mode de société dont ils n’ont rien à faire et qui se montrent délétères.

Mais pourtant ce roman, qui aurait très bien pu figurer dans la collection Gore, et qui fait suite au roman Les animaux funèbres, promettait et était même addictif. Mais l’épilogue laisse sur sa faim, et on s’en mordrait les doigts.

Serge BRUSSOLO : L’ombre des gnomes. Collection Anticipation N°1594. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03730-3

Partager cet article

Repost0
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 04:14

Fermeté, fidélité, vérité… Emeth-ez vous bien ça dans la tête !

Michel HONAKER : Return of Emeth.

Dans une rue vide et tortueuse de Jérusalem, Charly Silowsky tient un magasin de brocante.

Un jour un étrange client fait irruption dans cette échoppe, accompagné de trois enfants turbulents. Ce sera le dernier client de Silowsky et une affreuse gargouille en bois disparait de tout ce fatras.

Le lendemain, le Grand Rabbin Assi Lehmann, en provenance de New-York, trouve la mort dans un hôtel de Jérusalem dans d’affreuses circonstances. Le fragment de pierre, le Verbe de vie, qu’il était chargé de convoyer et remettre aux autorités religieuses de la ville a disparu.

Le Verbe de vie qui avec ses mystérieuses inscriptions permet de donner la vie à des êtres d’argile et de sang.

Encore du travail sur la planche pour Ebenezer Graymes, alias le Commandeur, qui pensait à tort s’être à tout jamais débarrassé de Emeth lors d’un combat homérique sur le pont de Brooklyn.

Plus nous avançons dans cette série, plus les romans écrits par Michel Honaker sont consistants, intéressants, dépouillés de ces faux attraits scatologiques, violents ou érotiques qui imprégnaient le premier volume de la série.

L’aura de mystère y est plus épaisse également avec des descriptions en images fortes qui font un peu penser à ces bandes dessinées où le fantastique, l’enquête, la démonologie se côtoient, s’interfèrent en un heureux mariage. Des bandes dessinées des années cinquante de l’école belge au graphisme pur, simple, dans une ambiance urbaine nocturne, récréant le rêve, la magie, le fantastique dans des histoires simples, bon enfant, mais attrayantes.

 

Michel HONAKER : Return of Emeth. Le Commandeur N°3. Collection Anticipation N°1748. Editions Fleuve Noir. Parution avril 1990. 192 pages.

ISBN : 2-265-04317-6

Partager cet article

Repost0
1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 03:33

Un univers fantastique intimiste

Gérard PREVOT : Le démon de février et autres contes fantastiques.

Le fantastique selon Gérard Prévot lorgne vers le surnaturel mais s’inscrit dans le passé-présent comme le souligne Franz Hellens dans sa présentation qui figure en fin de volume, dans la partie dédiée au dossier concernant l’auteur. Mais ce pourrait être dans l’avenir présent.

Ce sont comme des prémonitions d’événements à venir, des images qui s’imposent, conduisant le personnage principal souvent narrateur, à extrapoler des épisodes qui ne sont pas encore réalisés. Exemples en sont donnés dans les deux premières nouvelles, et plus particulièrement dans L’affaire du Café de Paris. Le narrateur aperçoit un soir, en sortant du café où il a ses habitudes, un chat dans une vitrine jouant avec une tête. Pourtant le lendemain, alors qu’il s’attend à ce que des personnages relatent l’événement, personne ne commente cette vision. Et la serveuse du café le soir même avoue qu’il s’agit de son petit chat qu’elle s’empresse d’aller délivrer. Mais aucun incident n’est à signaler. Pourtant c’est un peu plus tard, dans des circonstances étranges, que cette vision se réalisera. Dans Le démon de février, la nouvelle titre du recueil, la vision qu’aurait eu la nourrice du narrateur est quelque peu provoquée.

Ce pourraient être également des divinations, des prédictions annoncées par une cartomancienne qui affirme dans Des lions, un jour, à Louisa accompagnée de son fiancé Julius Pfistermeister qu’elle se mariera avec un bel homme brun. Or Julius est blond. Quant à l’avenir de Julius, elle préfère garder vers elle sa vision. Toutefois, pressée par son interlocuteur, elle avoue peu après qu’il sera dévoré par des lions. Cela se déroulait durant l’Oktoberfest de Munich et Julius avait quelque peu bu.

 

Le coup de pouce du destin, cela existe. Il y a des hasards brusques comme des coups de vent qui peuvent, en quelques secondes, bousculer les vies les mieux établies.

Telles sont les deux premières phrases de la nouvelle intitulée Par temps de pluie et de brouillard, et effectivement, ce coup de pouce du destin est tout simplement une frange qui pourrait confiner au fantastique mais qui n’est qu’une simple étourderie.

Mais le plus souvent il s’agit d’une émanation, d’un état d’esprit plus que d’une manifestation physique. La sensation de fantastique qui en résulte conduit à un transfert de personnalité. Ainsi dans Correspondance, qui comme son titre l’indique est une nouvelle épistolière. Dans La doublure, le fantastique qui régit l’intrigue peut s’expliquer comme mettant en scène une jeune fille atteinte de troubles bipolaires.

Le guitariste de minuit s’inscrit dans la lignée des nombreuses nouvelles mettant en scène des automates. Ici, l’automate est un joueur d’échecs qui ne connait pas souvent l’échec justement. Mais un autre automate lui fait pendant, un joueur de guitare qui ne s’exprime qu’une minute, à minuit, jouant à chaque fois un air différent. Une nouvelle qui s’inspire librement des automates du baron Von Kempelen, ingénieur à la cour impériale de Vienne.

Bien d’autres nouvelles mériteraient d’être légèrement disséquées, mais cette façon de procéder risquerait de trop en dévoiler et détourner l’éventuel lecteur de cet ouvrage qui œuvre dans le feutré, l’indicible, contrairement à certains ouvrages dont l’aspect fantastique se réduit à mettre en scène des monstres issus d’une imagination lovecraftienne ou à débordement sanglant à la manière de Clive Barker.

 

Sommaire :

1 - Le Démon de février, pages 5 à 9, nouvelle

2 - L'Affaire du Café de Paris, pages 11 à 25, nouvelle

3 - Les Amours de Pergolèse, pages 27 à 34, nouvelle

4 - Un jardin dans l'île d'Arran, pages 35 à 41, nouvelle

5 - Les Confidences de Gert Verhoeven, pages 43 à 47, nouvelle

6 - Le Mathématicien, pages 49 à 55, nouvelle

7 - Le Feu purificateur, pages 57 à 63, nouvelle

8 - Le Guitariste de minuit, pages 65 à 74, nouvelle

9 - Correspondance, pages 75 à 81, nouvelle

10 - Par temps de pluie et de brouillard, pages 83 à 87, nouvelle

11 - Des lions, un jour, pages 89 à 93, nouvelle

12 - L'Amnésique, pages 95 à 105, nouvelle

13 - Le Diable dans la forteresse, pages 107 à 110, nouvelle

14 - La Valse interdite, pages 111 à 115, nouvelle

15 - Les Fous de Damme, pages 117 à 121, nouvelle

16 - Le Cadavre de Beachy Head, pages 123 à 126, nouvelle

17 - La Doublure, pages 127 à 132, nouvelle

18 - La Trajectoire, pages 133 à 139, nouvelle

19 - La Petite gare de North Berwick, pages 141 à 151, nouvelle

20 - Étrange éclipse, pages 153 à 157, nouvelle

21 - Le Rapport venu du Rhin, pages 159 à 179, nouvelle

 

Gérard PREVOT : Le démon de février et autres contes fantastiques. Collection Marabout N°369. Editions Gérard. Parution 1970. 192 pages.

Partager cet article

Repost0
27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 04:17

Animal, on est mal…

Serge BRUSSOLO : Les animaux funèbres.

San Carmino, petite ville qui pourrait se situer en Amérique Centrale ou du Sud, construite sur un terrain arraché à la jungle, face à la mer, n’est habitée que de retraités ou presque. La mort et tout ce qui s’y rattache est tabou.

Les retraités vivent paisiblement, protégés par une police intègre. Seul un ghetto, un bidonville fait ombrage dans cette ville nouvelle, proprette. Un bidonville dont les occupants sont en majeure partie d’anciens ouvriers ayant procédé à la construction de San Carmino, mais qui n’ont pas été payés, certains entrepreneurs ayant fait faillite.

Cette sorte de verrue située entre la ville nouvelle et la jungle qui n’a de cesse de reconquérir le territoire perdu, abrite en son sein une vieille femme, surnommée la Sorcière. Elle prépare divers onguents afin de soulager les maux affligeant les représentants dits du troisième âge.

Autrefois, elle était prêtresse d’une église vénérant les divinités locales. Dans ce bidonville, vivent aussi les frères Zotès, des voyous dont la réputation de cruauté s’amplifie de jour en jour.

Pourtant tout irait bien, malgré les délires du lieutenant de police Corco, malgré les tentatives de la jungle d’annihiler les efforts de débroussaillage. Pourtant un jour les singes font irruption et sèment parmi la population une panique qui va crescendo.

 

La suite de cette histoire est éditée dans le volume n°1594 de cette même collection, sous le titre L’ombre des gnomes.

Uns fois encore, la couverture signée Stuart Hugues n’a rien à voir avec le texte, ce qui ne lui ôte en rien sa beauté. Et de plus en plus la collection Anticipation s’oriente vers le fantastico-policier, s’éloignant de plus en plus de sa vocation première l’Anticipation et la Science-fiction. Mais qui s’en plaindrait ?

Serge BRUSSOLO : Les animaux funèbres. Collection Anticipation N°1572. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03676-5

Partager cet article

Repost0
11 juillet 2020 6 11 /07 /juillet /2020 04:07

Le chiffre et les lettres : C.T.H.U.L.H.U. !

Brian STABLEFORD : Le chiffre de Cthulhu

Même s’il possède son propre appartement parisien, Dupin se rend souvent chez le narrateur et ils passent leurs soirées ensemble. Ce soir là, un troisième personnage dîne en leur compagnie. Il se nomme Chapelain et est hypnotiseur à Bicêtre où il soigne, comme adjoint de Leuret, l’éminent spécialiste de la psychiatrie, les déficients mentaux. Ou, plus prosaïquement, les fous.

Chapelain a l’air abattu. Il s’est disputé avec Leuret à cause d’une patiente qui est à l’article de la mort. Cette femme, à l’aspect vieillot, atteinte de syphilis, probablement dû à son passé de prostituée, prétend s’appeler Ysolde Léonys, et a souvent des hallucinations. Pourtant elle est sensible aux séances d’hypnose pratiquées par Chapelain, qu’elle appelle Merlin. Elle se réfère à un certain Tristan, mais surtout, elle possède gravé sur le dos comme un tatouage. Une sorte de cryptogramme que Chapelain a recopié sur un bout de papier.

Il s’agit de symboles inconnus, quarante-neuf au total, disposés en carré de sept lignes sur sept. Pour Dupin, il s’agit d’un carré magique dit aussi Sceau ou Clé de Salomon. Or le nom d’Ysolde Léonys, Dupin l’a entendu récemment. Le père France, libraire fort respecté des bibliophiles, lui avait raconté qu’un bibliotaphe de province qui se fait appeler Breizh s’intéressait à un cryptogramme, et plus précisément au cryptogramme de Levasseur.

Dupin narre alors l’histoire d’Olivier Levasseur était un corsaire devenu pirate et qui allié à John Taylor, un flibustier anglais, s’est emparé d’un immense trésor en s’emparant d’un vaisseau portugais ainsi que d’un vice-roi. Il est mort pendu le 17 juillet 1730 à Saint-Paul de la Réunion, mais son trésor n’a jamais été retrouvé.

Après toutes les explications concernant la vie, l’œuvre et la mort de ce pirate et ses accointances avec d’autres forbans de son acabit, mais également des entourloupes faites, Dupin demande à examiner Ysolde Léonys à Bicêtre. Ce qu’acceptent volontiers Chapelain et Leuret. Ysolde est réveillée et lorsqu’elle aperçoit le narrateur, elle l’appelle Tom. Tom Linn, le Rimeur. Quant à Dupin, pour elle il s’agit de Tristan.

Elle prononce enfin une phrase étrange qui est en rapport avec le cryptogramme que Dupin examine sur son dos.

Ph’nglui mglw’nat Cthulhu R’laiyeh wgah’ngl fhtaign.

Dupin demande alors s’il est possible de transporter cette malade chez le narrateur, offrant comme garde-malade sa concierge, madame Lacuzon, dite la Gorgone à cause de son aspect rébarbatif.

Puis le narrateur reçoit un message l’invitant à se rendre à l’église Saint Sulpice. Il s’y rend et retrouve le Comte de Saint-Germain, lequel lui remet un petit paquet contenant une sorte de pendentif en bois sur lequel sont gravés les mêmes symboles que sur le dos d’Ysolde Léonis. Seulement leur aparté est interrompu par l’arrivée des Shoggoths qui désirent s’emparer de l’objet. Un combat terrible s’engage entre ces démons mi-humains mi-monstres gélatineux.

Puis ce sera le départ vers la Bretagne, avec le Comte de Saint-Germain devançant la petite troupe constituée du narrateur, de Dupin, d’Ysolde Léonis et madame Lacuzon, à la recherche du trésor du pirate Olivier Levasseur.

 

Les personnages ayant réellement existés fourmillent dans ce roman qui reste une fiction, mais les parties qui leurs sont consacrés, sont remarquablement documentées, offrant un aspect vivant non dénué d’intérêt dans cette intrigue de piraterie et de fantastique.

Parmi les références littéraires qui émaillent ce récit, on ne manquera pas de souligner la compétition entre Dumas et Sue, et surtout le rapport singulier de cette histoire avec Le Comte de Monte-Cristo. Egalement est évoqué le père France, qui fut bouquiniste notamment sur le Quai Malaquais, et n’était autre que le père d’Anatole France, le célèbre écrivain Pris Nobel de Littérature en 1921. Ainsi que le frère puîné de Victor Hugo qui est atteint de démence.

Si les créatures imaginaires et monstrueuses nées de l’esprit pessimiste de Howard Philips Lovecraft, sont citées alors qu’elles n’avaient pas encore été créées, d’autres sources littéraires issues de légendes arthuriennes imprègnent ce roman, dont Tristan et Iseut ou Isolde.

Un roman hypnotique qui doit beaucoup à la psychiatrie dont les docteurs Leuret et Chapelain en furent les importantes personnalités de l’époque, mais aussi de l’hypnotisme, du mesmérisme, de l’ésotérisme et du somnambulisme.

Si le début démarre en mode diesel, au fur et à mesure que le lecteur entre dans cette intrigue, l’action prend le pas sur la narration un peu verbeuse parfois, surtout axée sur les discussions entre les principaux protagonistes concernant l’état d’Ysolde Léonis ou sur les tribulations d’Olivier Levasseur et ses nombreuses pérégrinations et conflits avec d’autres pirates de nationalités différentes.

Didactique et en même temps (oui, le en même temps est à la mode) truffé de trouvailles littéraires mêlant habilement fiction et réalité. L’hommage à Howard Philips Lovecraft est évident, même si son nom n’est pas cité, et pour cause, puisqu’à l’époque à laquelle se déroule l’histoire, le célèbre fantastiqueur n’était pas encore né et donc n’avait pas encore imaginé ses monstrueuses créatures.

 

J’imagine fort bien Catherine Rabier, la traductrice, avoir été excitée à l’idée de traduire ce roman mais au cours de l’avancée dans le texte, se tirer les cheveux (métaphoriquement) afin de trouver les mots justes dans un texte parfois complexe afin de rester au plus près de l’idée de l’auteur.

 

A noter une petite coquille : Olivier Levasseur n’est pas mort pendu en 1830 mais en 1730. Mais il ne devrait pas faire de réclamation.

Brian STABLEFORD : Le chiffre de Cthulhu (The Cthulhu encryption : A romance of piracy- 2011. Traduction de Catherine Rabier). Les Saisons de l’Etrange. Les Moutons Electriques éditeur. Parution le 15 mai 2020. 254 pages. 17,00€. La version numérique : 5,99€.

ISBN : 978-2361836191

Partager cet article

Repost0
9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 04:25

Des cérémonies privées au cours desquelles on ne se prive pas…

Michel HONAKER : Bronx cérémonial.

A New-York, le Bronx c’est comme la tavelure qui dépare un beau fruit.

Ce n’est pas un quartier, c’est un cancer, une gangrène qui ronge la ville. Au milieu des immeubles abandonnés, délabrés, en ruine, vivent les miséreux, les clochards, la pègre, le rebut de la société plus quelques spécimens indéfinissables, mi-êtres, mi-démons.

Certains jeunes gens de la bourgeoisie aiment venir s’encanailler, accompagnés de jeunes filles que les sensations fortes excitent. Mais parfois ils mettent le pied là où il ne faudrait pas et assistent à des scènes qu’il aurait mieux valu ne pas voir.

Ces immeubles recèlent d’étranges pratiques, genre vaudou, et malheur à ceux qui y assistent sans être invités.

Le Commandeur qui avait pris sa retraite se sent obligé de reprendre du service.

 

A mi-chemin du fantastique, ce roman de Michel Honaker pêche par un début quelque peu scatologique.

Mais l’ambiance cauchemardesque prend vite le pas sur ce faux pas et le final tient ses promesses.

Ceci est le premier volet des aventures du Commandeur (à ne pas confondre avec le héros de la série d’espionnage de Georges-Jean Arnaud) une espèce de justicier mythique et huit autres aventures suivront dans cette collection.

Cette série, expurgée, sera rééditée dans une collection Jeunesse chez Rageot.

Première édition : Le démon du Bronx. Le Commandeur 1. Editions Média 1000. Mars 1988.

Première édition : Le démon du Bronx. Le Commandeur 1. Editions Média 1000. Mars 1988.

Michel HONAKER : Bronx cérémonial. Le Commandeur 1. Collection Anticipation N° 1723. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1989. 192 pages.

ISBN : 2-265-04230-7

Partager cet article

Repost0
5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 04:40

Douze nouvelles anciennes

mais non rassises à déguster…

Robert E. HOWARD : Le Tertre maudit.

Comme bien des romanciers populaires, le nom de Robert E. Howard a été éclipsé par celui de l’un de ses personnages principaux, Conan le Barbare, et dans un moindre rayonnement par Solomon Kane.

Pour autant, malgré son décès prématuré à l’âge de trente ans suite à un suicide, Robert E. Howard reste l’un des nouvellistes de talent constamment réédité.

Son univers est entièrement tourné vers le fantastique surnaturel, et il lorgne vers d’autres grands maîtres de cette discipline dont il fut le contemporain et dont il put lire les œuvres et peut-être parfois s’en inspirer tout en gardant sa propre personnalité.

Ainsi dans La malédiction de la mer, voire Du fond des abîmes, on le sent proche littérairement parlant de William Hope Hodgson, mais l’on perçoit également une parenté avec Howard Phillips Lovecraft toujours dans Du fond des abîmes plus que dans Le monolithe noir qui a été publié sous le titre La pierre noire dans le recueil Légendes du mythe de Cthulhu, une anthologie d’August Derleth connu pour ses relations avec H.P.L.

Douze nouvelles d’inspiration diverse qui parfois sont liées entre elles par le décor, un personnage apparaissant ou évoqué à deux ou trois reprises, par l’emplacement géographique.

Ainsi dans … En replis tortueux et Le cœur de Jim Garfield, les deux histoires débutent de la même façon. Le narrateur, accompagné, se repose le soir installé sur sa véranda. Mais l’histoire est totalement différente.

De même La malédiction de la mer et Du fond des abîmes se passent au même endroit, à Faring, petit port au bord de la mer.

On retrouve le docteur Blaine à deux reprises dans des épisodes qui n’ont rien à voir entre eux, et le Texas et états proches, servent souvent de décor, d’aujourd’hui ou prenant leur genèse au moment de la guerre entre Fédérés et Confédérés, la fameuse guerre de Sécession, qui a cessé c’est sûr, mais dont les traces persistent encore dans les mémoires.

Une sonnerie de trompettes évoque le personnage de Jim Garfield, déjà mis en scène dans Le cœur de Jim Garfield.

Ainsi de nombreuses convergences lient plus ou moins ces nouvelles entre elles, et seule Lance et crocs, son premier texte publié à l’âge de dix neuf ans dans la revue Weird Tales, qui publie également Lovecraft et Clark Ashton Smith, se démarque de par sa teneur qui n’est pas sans rappeler les romans dits préhistoriques ou romans des Âges farouches de J.H. Rosny Aîné, dont principalement La guerre du feu ou Helgvor du Fleuve bleu.

 

Robert E. Howard possédait une imagination débordante, malgré les quelques similitudes évoquées, et l’on se demande quelle serait l’importance bibliographique de ses œuvres s’il ne s’était pas suicidé à l’âge de trente ans. C’est en 1928, alors qu’il a vingt-deux ans, que sa carrière débute réellement avec des récits de boxe publiés dans divers Pulps, et que Weird Tales publie les premières aventures de Solomon Kane.

 

Sommaire :

Lance et crocs (Spear and Fang - 1925)

La malédiction de la mer (Sea Curse - 1928)

Du fond des abîmes (Out of the Deep - 1967)

... en replis tortueux (The Dream Snake - 1928)

Coup double (The Man on the Ground - 1933)

Le cœur de Jim Garfield (Old Garfield's Heart - 1933)

Pour l'amour de Barbara Allen (For the Love of Barbara Allen - 1966)

Le Tertre Maudit (The Horror from the Mound - 1932)

Le Monolithe Noir (The Black Stone - 1931)

Une sonnerie de trompettes (A Thunder of Trumpets - 1938)

Le Cavalier-Tonnerre (The Thunder-Rider - 1972)

La Vallée Perdue (The Valley of the Lost - 1966)

Première édition : Collection Fantastique/SF/Aventures N°154. Editions NEO. Parution 1985.

Première édition : Collection Fantastique/SF/Aventures N°154. Editions NEO. Parution 1985.

Robert E. HOWARD : Le Tertre maudit. Recueil de nouvelles. Collection Howard. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1991. 224 pages.

ISBN : 9782265045538

Partager cet article

Repost0
30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 04:31

Satan m’habite ?

Sheridan LE FANU : Le baron hanté

Supposons que nous ne sommes que tous les deux, vous le lecteur, et moi le scripteur. Fermez les yeux.

Imaginez un petit village, entouré de bois et de montagnes. Dans ce village, une auberge accueillante. Dans la cheminée crépite un feu de bois guilleret. Trois ou quatre personnes devisent calmement.

Il paraîtrait que Sir Bale Mardyke reviendrait au pays, après de longues années d’absence.

Sur le lac plane une étrange légende : celle de la femme noyée. Mais au fait, la femme noyée, n’était-elle pas de la même famille que Philipp Feltram, secrétaire de Sir Bale ? Et ne serait-ce point un ancêtre de Sir Bale qui serait à l’origine de la noyade de la jeune femme ? Une rumeur, une légende.

Et le lac, omniprésent dans toutes les conversations. Et le lac immuable, aux profondeurs insondables. Certains auraient même vu une main sortir des ondes et happer le voyageur imprudent.

Racontars que tout ça. N’empêche que Philipp Feltram, ce compagnon triste et réservé de Sir Bale, s’est aventuré sur le lac et qu’il est mort noyé. Le docteur constate même la rigidité cadavérique.

Un lac, ce n’est jamais qu’un miroir, un reflet. Où est l’original, où est le reflet.

 

Shéridan Le Fanu est surtout connu en France grâce à Carmilla, son œuvre le plus souvent citée. D’autres livres ont pourtant traversé le Channel, comme Le fantôme de Madame Crowl, un recueil de nouvelles. Ou encore L’Oncle Silas.

Des romans ou nouvelles dans lesquels l’angoisse côtoie la terreur feutrée. A conseiller à tous ceux pour qui angoisse n’exclut pas poésie, à tous ceux qui aiment frissonner, mais qui n’apprécient pas forcément l’étalage sanguinolent de mauvais goût.

Autre édition : Le Hobereau maudit. Traduction de Jean-Louis Degaudenzi. Editions NEO. Parution novembre 1987.

Autre édition : Le Hobereau maudit. Traduction de Jean-Louis Degaudenzi. Editions NEO. Parution novembre 1987.

Sheridan LE FANU : Le baron hanté (The Haunted Baronet – 1870. Traduction de Alain Le Berre) Collection Terre étrangère. Editions Hatier. Parution septembre 1990. 248 pages.

ISBN : 2-218-02764-X

Partager cet article

Repost0
25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 04:40

C'est moi la servante du château
J'remplis les vases et j'vide les siaux
J'manie l'balai et pis l'torchon
J'fais la pâtée pour les cochons
Et pis la soupe pour les patrons…

Ricet Barrier.

Maurice LIMAT : Chantespectre.

Au bout du rouleau, Jean-Luc Bernier, le narrateur, répond à une petite annonce assez vague dans la description du travail qui sera demandé à celui qui sera choisi. Il rencontre dans une chambre d’hôtel un homme dont il ne se rappelle pas grand-chose. Il aurait signé un papier, un contrat, mais tout cela est vague dans son esprit. Peut-être la cigarette offerte était-elle droguée.

Quoiqu’il en soit, le voici arrivé au Manoir de Chantespectre, en Picardie, à la disposition du comte de Velmor. Un manoir construit sur d’anciennes ruines dont ne subsistent qu’une tour, des couloirs sombres, des oubliettes, et surtout peuplé de corbeaux et qui résonne d’étranges plaintes lugubres.

Alors qu’il est prêt et près de repartir, de quitter cet endroit sinistre, remettant ses affaires dans sa valise, une lettre est glissée sous la porte de la chambre qui lui est dévolue. Cette missive lui enjoint de rester, malgré son désir de quitter la place. Il comprendra pus tard. Mais pour l’heure, Jean-Luc ne comprend rien. Alors il défait sa valise et advienne que pourra.

Seule une autre personne vit dans ce manoir, une demoiselle d’après Jean-Luc, qui le sert à table, ayant préparé elle-même les plats, et qui fait office de servante. Elle l’invite à rejoindre le comte en sa bibliothèque, mais pour cela il lui faut passer par une sorte de salon. Et dans cette pièce, accrochée au mur, une panoplie dont un poignard qui semble défier notre narrateur. Un poignard Renaissance qui prendra une grande importance dans ce récit.

Quant à celle qu’il prend pour la servante du château (chère à Ricet-Barrier) il s’agit tout simplement d’Elisabeth, la femme du comte. Et le soir, comme elle est confinée au château, que son mari est malade, atteint de la leucémie et autres affections mortifères, elle rejoint Jean-Luc dans son lit. Ce n’est pas de l’amour, mais un passe-temps accouplé à un besoin physique.

Et toujours ce poignard qui fait des siennes, qui se trouve à un endroit où il ne devrait pas être, comme dans le lit de Jean-Luc lorsqu’Elisabeth le rejoint entre ses draps. Elle en a la cuisse balafrée, ce qui ne plait guère à la gente personne. N’y tenant plus, Jean-Luc se débarrasse de l’arme encombrante en la jetant dans les douves.

Et Jean-Luc, qui pourtant n’est pas un indiscret, entend à travers la porte de la chambre du malade, des discussions qui s’enveniment. A moi comte deux mots, pourrait-il s’écrier, mais il se tait sous le coup de la révélation Elisabeth aurait un amant à Paris.

 

C’est dans cette atmosphère délétère, cette ambiance angoissante que se déroule le séjour de Jean-Luc. Il ne se souvient plus exactement dans quelles conditions il a accepté cet emploi, mais il sent confusément qu’il a signé un contrat. Et ce contrat, probablement signé lors de sa rencontre avec un personnage dont il ne se souvient pas des traits, il tient à l’honorer.

Ce roman qui tient plus de l’angoisse que du fantastique, malgré ce poignard qui semble doué de vie, est aussi une incursion psychologique, les pensées prévalant sur les actions.

Depuis mon arrivée, cette lame me hantait et les propos quelque peu fiévreux du comte à son sujet n’étaient pas faits pour m’apaiser. Il me semblait obscurément que, quel que fut celui des deux époux qui songeât au crime, ce serait avec ce poignard qu’il chercherait à armer ma main, pour exécuter le geste fatal.

Un bon roman de Limat, quoiqu’en pensent les détracteurs de l’auteur. L’écriture est élégante, travaillée, et en remontrerait de beaucoup à certains auteurs actuels qui privilégient le sensationnel et les scènes de violence à la simplicité d’une intrigue tournant autour de trois personnages.

 

Maurice LIMAT : Chantespectre. Collection Angoisse n°95. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1963. 224 pages.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables