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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 07:03

Cette revue, ou fanzine, sympathique dont le numéro 1 est paru en 2007, s'est donné pour vocation, je cite :

de s’intéresser à cette branche tantôt ignorée, tantôt méprisée, qu’est la science-fiction populaire. On trouvera au fil des numéros des dossiers sur les auteurs, les héros, les genres ou les diverses séries, mais aussi sur les diverses éditions, en particulier la collection emblématique du genre, FLEUVE NOIR ANTICIPATION, les traductions à l’étranger ou les adaptations en bandes dessinées.

LE MÉTÉORE se consacrera aussi à ce pilier du roman populaire qu’est Bob Morane (plus de deux cents aventures parues) et abordera d’autres séries comme Doc Savage, la bande dessinée avec pour commencer Guy L’Eclair (version Dan Barry) ou des auteurs jeunesse comme Philippe Ebly.

 

Revue Le Météore N°21.

Louable initiative pour plusieurs raisons, dont la primordiale est de rester simple, de ne pas vouloir absolument rédiger des articles universitaires parfois abscons, de proposer aux amoureux de la littérature populaire ce qui les intéresse sans les dévaloriser.

Dans ce numéro, le sommaire décliné ci-dessous est alléchant :

Page 5 : Les maîtres de la SF en France : Jean-Pierre Andrevon. Article signé Reboussin. Le parcours éditorial de cet écrivain multidisciplinaire, qui œuvre aussi bien dans la science-fiction, l'angoisse et le fantastique, le roman noir ou policier mais qui est également auteur-compositeur et interprète, scénariste, poète et dessinateur.

Page 13 : Skull Island : une aventure de Doc Savage. Un article signé Michel Vannereux. Résumé du roman écrit par Will Murray mais non traduit en France. Dommage.

Page 15 : Des nouvelles de Daniel Piret par André Borie. Une courte présentation de Daniel Piret plus une lettre de l'auteur à ses lecteurs.

Page 17 : Daniel Piret : Vae Victis par Michel Vannereux. Un roman décortiqué après une rapide présentation de la collection Anticipation, via les auteurs préférés de Michel Vannereux.

Page 22 : Ardo l’Enthousiaste par Jean-Pierre Laigle. Présentation de La Maison du genre humain, seul roman de Mario Viscardini traduit en français en 1944, le premier d'une trilogie dont les autres n'ont pas eu l'heur de bénéficier de cette reconnaissance. Mario Viscardini se montre utopiste et le thème central préfigure la Cité radieuse de Le Corbusier.

Page 32 : Bob Morane : les dernières parutions par Michel Vannereux. Sont disséqués, Opération Chronos de Brice Tarvel et Retour à Gray de Serge Allemand chez Ananké, dans des collections différentes. Un éditeur difficile à suivre, les rééditions et les inédits des Bob Morane étant mélangés allègrement, dans diverses collections dont Grand format pour Brice Tarvel et Hors commerce pour Serge Allemand. Une bizarrerie éditoriale qui ne sert pas forcément les auteurs.

Page 40 : Table ronde sur Jacques Bergier. Retranscription par Marie-Christine Bussière et André Borie de la table ronde qui s'est tenue à Sèvres en novembre 2015 avec pour intervenants : Natacha Vas-Deyres, modératrice, Gérard Klein et Joseph Altairac. Une évocation notamment de la collaboration entre Jacques Bergier et Louis Pauwels, les auteurs du Printemps des magiciens, l'influence de Jacques Bergier dans les différentes collections dans les années 60/70 chez divers éditeurs, sauf au Fleuve Noir, la mythique revue Planète et autres sujets abordés.

 

En lisant les différents articles écrits par Michel Vannereux, un passionné, je n'ai pas toujours été d'accord avec ses prises de position et ses analyses, mais c'est ce qui justement permet de générer et d'entretenir des discussions qui ne sont pas stériles et d'alimenter les échanges.

Ainsi lorsqu'il affirme avoir lu quelques livres de Maurice Limat mais que ceux-ci ne l'ont jamais emballé, c'est méconnaître à mon avis le pouvoir de Maurice Limat sur l'imaginaire. Michel Vannereux préférait lire les Jimmy Guieu et les K.H. Scheer et Clark Darlton, les heureux créateurs de Perry Rhodan dont les aventures se poursuivent actuellement sous diverses plumes. A ce sujet la traduction des premiers Perry Rhodan date de 1966. S'il cite quelques auteurs de la période fin 1960, Pierre Barbet, J. L. et D. Le May, il est dommage, lorsqu'il écrit et ceux dont je n'ai rien lu (ou alors je n'en garde aucun souvenir), d'oublier quelques romanciers qui ont marqué les années 50/60, Stéfan Wul, Kurt Steiner, et Gilles d'Argyre, pseudo sous lequel se cachait Gérard Klein, par exemple.

Dans son article sur le roman de Brice Tarvel, Michel Vannereux avoue avoir été dérangé par deux éléments : les relations entre Bob et Lady Jamie, reprochant que le caractère de cette dernière ne soit pas très développé. Pour moi, ce ne fut en aucun cas dérangeant, il s'agit d'un roman d'action et non d'une étude de caractère, destiné à des adolescents et plus si affinités. Plus gênante, pour Michel Vannereux, est la présence d'une amie d'enfance de Bob, Chloé. C'est un point positif, à mon avis, à mettre en l'honneur de Tarvel qui justement offre de nouvelles possibilités. L'évocation d'une amie d'enfance de Bob Morane, donne de l'ampleur au personnage, lève un coin du voile sur l'enfance du héros, offrant de nouvelles possibilités, et surtout démontrant que Brice Tarvel a non seulement intégré dans son imaginaire l'Aventurier mais qu'il se démarque du romancier originel se refusant à le copier. Tarvel n'est pas un clone d'Henri Vernes mais se dresse en suppléant, la révélation d 'une partie de la jeunesse du héros dont il poursuit les aventures s'érigeant en petit plus, le petit plus qui lui permet de se démarquer et d'insuffler une nouvelle vitalité à Bob Morane.

De même, Michel Vannereux ne digère pas qu'un produit, en l'occurrence le Juvénis, puisse avoir des effets contraires sur les être humains et les pierres. Un roman d'aventures à dominante fantastique même si le thème repose sur une étude scientifique ne doit pas être lu avec un esprit cartésien. Et puis une des explications scientifiques pourrait être trouvée dans le dosage, comme les engrais dont se servent les horticulteurs, agriculteurs, et autres, dont on sait qu'ils sont à manier avec précaution. Un bon dosage permet à la plante de croître, un surdosage grille celle-ci et se montre donc néfaste à sa croissance. On pourrait arguer également qu'il s'agit d'une asymétrie, comme peuvent l'être le bien et le mal, le noir et le blanc, le riche et le pauvre...

Mis à part ces deux ou trois réserves, mais chacun lit selon sa sensibilité et dans le cas des Bob Morane, il faut garder à l'esprit que ce sont d'abord des romans destinés à des adolescents.et que la part de rêve doit toujours exister et être respectée.

 

Pour commander ce numéro ou s'abonner au fanzine, une seule adresse :

Voir également :

Revue Le Météore N°21. Novembre 2016. 60 pages. 8,00€.

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 06:07

Un remarquable bouquet de Lupin...

Paul GAYOT & Jacques BAUDOU : Dictionnaire de Lupinologie. Arsène Lupin dans tous ses états.

Lupin, Arsène de son prénom, tout le monde connait, ne serait-ce que par les adaptations cinématographiques et télévisuelles de ses aventures. Des adaptations par ailleurs fort controversées, aussi bien dans la réalisation, les scénarios, que dans le choix des comédiens interprétant notre Gentleman cambrioleur national. Ceci n'est qu'affaire de goût, et les scripteurs des deux articles concernant le cinéma et la télévision fournissent leurs appréciations auxquelles on adhère, ou pas.

Plus qu'un dictionnaire, cet ouvrage pourrait s'apparenter à une encyclopédie lupinienne, s'intéressant de A, comme Aiguille d'Etretat, à Z comme Zoologie.

Comme le précisent les deux auteurs dans leur avant-propos, Que le lecteur ne s'attende pas à ce que le présent ouvrage soit un Dictionnaire Arsène Lupin. Le gentleman-cambrioleur a déjà eu son Emile Littré avec Jacques Derouard, auteur de deux dictionnaires parus aux éditions Encrage. Le propos développé ci-après est différent : s'il concerne évidemment Arsène Lupin, il traite surtout de ce pourquoi celui-ci n'est au fond qu'un prétexte : la lupinologie. Une recherche savante et inutile car purement désintéressée et dégagée des contingences universitaires ou commerçantes.

Il s'agit donc d'effectuer un recensement d'études éparpillées un peu partout, dans des revues difficilement accessibles, pour diverses et multiples raisons, ces revues (et fanzines) ayant le plus souvent bénéficié d'un tirage réduit. Et encore fallait-il les connaître afin d'adhérer à ces associations qui les publiaient. Profitons-en pour signaler l'existence de l'Association des Amis d'Arsène Lupin, qui édite l'Aiguille preuve, bulletin qui a succédé à l'Aiguille creuse, plus un bulletin d'actualités, L'Echo de France, plus un blog et une page Facebook sur Internet. On peut adhérer et s'abonner en écrivant à l'association des Amis d'Arsène Lupin, 4 boulevard du Président Coty. 76790 Etretat, pour la somme de 39,00€.

Le site : http://aaal.hautetfort.com/

 

Cela précisé, passons au contenu que l'on peut grappiller comme on pioche dans les différents plats qui sont proposés lors d'un buffet garni, ou le dévorer page après page, article après article, dans une lecture linéaire.

Dans l'article intitulé Des Astres, les deux complices reviennent sur différentes études selon lesquelles la figuration de La Grande Ourse serait semblable à un document qui aurait inspiré Maurice Leblanc, la carte des abbayes installées par Colomban sur l'emplacement d'anciens dolmens. De même l'emplacement des immeubles construits par L. Destanges dans Herlock Sholmès arrive trop tard serait, selon Bernard Côme, une spéculation stellaire de la Grande Ourse.

Tout comme l'avait fait Conan Doyle pour Sherlock Holmes, Maurice Leblanc aurait évoqué des aventures qui n'ont pas été écrites et qui font l'objet d'une recension, de même que les voyages qu'a été censé effectuer son héros.

Sont présentés également les inspecteurs Ganimard et Béchoux, Isidore Bautrelet, Dorothée danseuse de corde, ainsi que les nombreuses identités d'Arsène Lupin, et des écrivains qui ont eu des relations post-mortem avec Maurice Leblanc ou Arsène Lupin. Parmi ceux-ci, Jacques Bens, Boileau-Narcejac et principalement Thomas Narcejac auteur de pastiches fort réussis des aventures du gentleman cambrioleur, Francis Lacassin, ou encore Michel Lebrun, auteur d'un texte peu connu, Ma vie est un roman, hommage qui fut réédité en 1982 par la Maison de la Culture de Reims. Michel Lebrun qui est également l'auteur d'un Décalogue publié entre autre dans la revue Europe N°604/605 d'août/septembre 1979, qui était consacrée à Arsène Lupin. Dans ce même article Michel Lebrun recensait les imitateurs, émules et épigones d'Arsène Lupin.

Un article intitulé Contrepets s'attache à recenser quelques tournures de phrases dans lesquelles se seraient glissées des contrepèteries. Or, si l'on étudie attentivement tous les textes des romanciers, on peut retrouver des tournures similaires qui sont glissées soit par inadvertance, soit sciemment. Et bien évidemment, lorsqu'un Quai est évoqué, il faut l'associer immédiatement à un mot qui comporte la syllabe en U. Par exemple Tu te trouveras dans une rue perpendiculaire au quai. (La femme aux deux sourires). Une déviance qui a fait le bonheur des chansons paillardes du début du XXe siècle avec notamment Le trou de mon quai chanté en 1928 par Dranem et reprise en 1971 par Les Charlots. Pour ceux qui ne connaissent pas, en voici un petit extrait :

Y a un quai dans ma rue

Y a un trou dans mon quai

Tu pourras sans t'déranger

Voir le quai de ma rue et le trou de mon quai.

Et bien entendu Il court, il court le furet (Victor de la Brigade mondaine) renvoie à une célèbre comptine enfantine qui n'était pas si sage. Mais là, je vous laisse décrypter.

Les auteurs reviennent sur certains articles parus ici et là, les compilent, les analysent, en démontrent parfois l'aspect quelque peu farfelu, des élucubrations qui veulent à tout prix démontrer ce que le rédacteur a voulu prouver, mais qui en fin de compte ne prouvent rien. Jubilatoire, amusant, distrayant, intéressant et qui nous change des ouvrages barbant.

Je passe sous silence bien d'autres articles captivants et édifiants, à des titres divers mais que vous découvrirez sûrement avec intérêt.

Ce Dictionnaire de Lupinologie, ou cette Encyclopédie, ravira tous ceux qui professe envers le célèbre Gentleman-Cambrioleur une forme d'affection, une nostalgie anarchisante à mettre aux côtés des exploits de Robin des bois et autres serviteurs des pauvres au détriment des plus nantis. Un ouvrage qui donne envie de lire ou relire les aventures d'Arsène Lupin, pour le plaisir.

 

Paul GAYOT & Jacques BAUDOU : Dictionnaire de Lupinologie. Arsène Lupin dans tous ses états. Bibliothèque d'Abdul Alhazred N°16. Editions Œil du Sphinx. Parution 31 juillet 2016. 250 pages. 20,00€.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:07

Edgar Allan a-t-il eu du Poe ?

Revue Le Rocambole N°77 : Retours sur Edgar Poe.

Considéré comme le précurseur du roman policier, Edgar Poe n'a vécu que quarante ans, et il est mort dans des conditions qui n'ont toujours pas été éclaircies.

En effet retrouvé inanimé dans une rue de Baltimore le 3 octobre 1849, il est décédé sans avoir repris connaissance le 7 octobre le même année.

Il avait à son actif un roman, soixante-douze nouvelles, de très nombreux poèmes, sans compter les essais et critiques littéraires, des articles divers et une correspondance abondante. Mais ce dossier consacré à Edgar Poe ne se veut pas, comme le souligne Daniel Compère dans son article-introduction, Retours sur Edgar Poe, une présentation générale de l'œuvre de cet écrivain et surtout nouvelliste qui aura touché à toutes les formes de la littérature populaire. Aujourd'hui considéré comme un écrivain classique il n'aura jamais obtenu le statut de Populaire malgré son souhait.

Car, et toujours selon Daniel Compère, Par bien des points il (Edgar Poe) est proche des romanciers populaires. D'abord, il s'éloigne de la conception de son époque pour qui la littérature est encore une pratique élitiste, un passe-temps : il est un mercenaire de l'écriture et cherche à en vivre.

On pourrait émettre éventuellement une comparaison avec notre époque, car les romanciers jugés populaires, gros vendeurs, ne sont pas toujours considérés comme de véritables écrivains. La renommée devenant suspecte, alors que bon nombre d'auteurs aimeraient profiter de cet engouement pour vivre décemment de leur plume. Mais ceci est un autre sujet.

Le dossier Edgar Poe aborde donc des aspects moins connus, voire méconnus de l'œuvre d'Edgar Poe, et vise à explorer des points inédits. Ou à les compléter, tel l'article de François Rahier, chroniqueur littéraire et auteur de science-fiction, qui amène des éléments nouveaux sur L'étonnante aventure de L'assassinat de la rue Saint-Roch d'Alexandre Dumas. Et il met en parallèle les adaptations théâtrales et autres de romans, ou inversement, qui ont pu être effectuées, entre Dumas, Fenimore Cooper, ainsi qu'il évoque les nombreuses recherches ou découvertes liées au hasard, concernant des manuscrits, entamés parfois par Dumas mais pas terminés pour diverses raisons. Affabulation, pastiche, ou autre, toutes les hypothèses sont recevables. D'autant que de nombreux mystères entourent encore l'œuvre de Dumas, et Claude Schopp, le spécialiste dumassien, maître incontesté en la matière affirme que Dumas aurait narré sa rencontre avec Poe dans ses Mémoires, si tel avait été le cas. Mais il arrive aussi parfois à Claude Schopp de se tromper, par exemple lorsqu'il a attribué à Dumas Le roman de Violette, avec une longue préface à la clé, édité au Mercure de France en mars 1992. Or il s'avère que ce roman sulfureux a été écrit par la Marquise de Mannoury d'Ectot, identité déjà avancée mais non retenue par Claude Schopp.

Thierry Chevrier revient sur la période au cours de laquelle Edgar Poe et Mayne Reid [furent] complices à Philadelphie en 1843. Il insère un document dans lequel Mayne Reid remet les pendules à l'heure concernant les accusations injustes dont fut victime Poe, sans pourtant le porter au pinacle et tout en restant impartial : Je réponds à cette demande avec la ferveur que chacun mettrait à secourir la mémoire d'un homme soumise à la dégradante emprise de la calomnie. Loin de moi pour autant l'idée d'ériger Poe en parangon de la vertu, ni en modèle de l'homme parfait. Je souhaite simplement qu'on lui rende justice.

Pourquoi ces calomnies ? Tout simplement peut-être à cause de la jalousie de la part d'un journaliste qui lança des rumeurs reprises à bon compte par des personnes ne vérifiant pas les informations, entachant l'honorabilité d'Edgar Poe, système qui perdure encore.

Dans son article Edgar Poe et le récit policier, Daniel Compère place dans leur contexte historique et littéraire les nouvelles dites policières, et précise que l'affirmation selon laquelle Edgar Poe serait l'inventeur du roman policier ne serait ni fausse ni exacte, et il développe ses argumentations.

Jacques Baudou, célèbre pour les diverses anthologies et les nombreux essais qu'il a écrits sur Le vrai visage du Masque, Les métamorphoses de la Chouette, Les nombreuses vies de Maigret, de Miss Marple, sur les séries télévisées, développe dans un court article les Dernières survies d'Edgar Allan Poe, recensant les quelques romans mettant en scène ce poète et nouvelliste.

D'autres articles complètent ce dossier dont Cristallisation médiatique du récit criminel au XIXe siècle par Jean-Luc Buard, revenant sur les précurseurs puis les continuateurs de ce qui était dénommé à l'époque le roman criminel.

Hors dossier Edgar Poe, ce nouveau numéro du Rocambole nous propose les Varias et Chroniques habituels, soit la Revue des autographes par Jean-Pierre Galvan, Images de la femme chez le capitaine Danrit, militaire et écrivain qui a eu les honneurs du Rocambole N°74 intitulé Les guerres du Capitaine Danrit. Un article signé Marie Palewska.

Dans Les mines du Second rayon, Jérôme Serme de la Librairie Mompracem ( https://www.le-rayon-populaire.com/ ) analyse un roman peu connu d'un auteur tout aussi mystérieux : L'énigme de la rue Cassini de Georges Dombre. Peut-on apparenter Georges Dombre à un autre romancier, plus connu celui-là, Roger Dombre un pseudonyme derrière lequel se cachait Marguerite Sisson (1859 - 1914) ?

Enfin, pour la bonne bouche, deux nouvelles sur lesquelles je me suis précipité, comme à chaque numéro du Rocambole :

La Fouine de Marie Aycard (1794 - 1859), qui malgré son prénom féminin était un homme (mais ceci était fréquent à une certaine période. Le célèbre amiral de Tourville par exemple se prénommait Anne-Hilarion !). Une nouvelle qui date de 1841.

Calibre 7 par E.-A. Spoll, nom de plume d'Edouard-Auguste Leprieur-Accoyer (1833 - 1913 ?). Cette nouvelle a été publiée en 1886.

Ces deux charmantes nouvelles, qui n'ont guère subi les effets de l'âge, sont agréablement présentées par Jean-Luc Buard, essayiste, collectionneur, collaborateur de nombreuses publications, bibliographe, spécialiste de la littérature conjecturale liée aux arbres anthropophages (et pas seulement la fiction!), membre de l'Association des Amis du Roman Populaire... Chercheur infatigable et érudit, il puise dans les fonds des journaux, revues,... souvent négligés.

On lui doit la (re)découverte de nombreux textes dont certains qu'on croyait mythiques comme Le Gorilloïde et autres contes de l'avenir d'Edmond Haraucourt publié dans la Collection “Périodica” n° 20 aux Editions “Apex” en 2001 (tirage limité à 250 exemplaires) et il alimente régulièrement la rubrique "Les Contes du Rocambole". Informations empruntées au site :

http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/).

 

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 06:02

Quand l'auteur du Bossu s'invite chez vous...

Revue Le Rocambole N° 75/76. Le mystérieux Paul FEVAL.

Mon petit plaisir lorsque j'achète une revue, c'est de débuter par les articles courts laissant le dossier principal pour la bonne bouche, ou les bons yeux, comme vous voulez.

Donc, ce nouveau numéro a bénéficié de cette approche qui peut sembler singulière mais qui pour moi possède l'attrait d'une entrée rafraîchissante avant de passer au principal et roboratif.

Georges Spitzmuller, romancier pluri-générique comme le signale Daniel Compère rédacteur de cette rétrospective, est aujourd'hui méconnu, voire oublié, pourtant auteur d'un très grand nombre de romans de guerre, historiques, de livrets d'œuvres lyriques, de pièces de théâtre, puis de romans policiers et sentimentaux sous son nom et les pseudonymes d'Henri de Chazel (ou Henry de Chazelle), Jean Floréal ou encore Eugène Géral, sans oublier celui de Paule Bruys pour les romans sentimentaux, pseudonyme partagé avec sa femme. Ses romans de guerre lui ont été pour la plupart inspirés par sa participation à la guerre de 14/18, ayant été nommé capitaine de réserve en 1913 à l'âge de quarante sept ans.

Un auteur à redécouvrir au hasard des recherches dans des vide-greniers et autres brocantes, car il est impensable de le trouver sur des étagères de bibliothèques municipales. Dans des médiathèques spécialisées, peut-être, mais cela suppose des déplacements longs et coûteux pour la plupart d'entre-nous.

Parmi les varias, la présentation d'un roman d'Henri Balesta, Deux crimes; souvenirs d'un juge d'instruction, publié en 1883 chez Maurice Dreyfous éditeur, notice établie par Jérôme Serme. Plus quelques chroniques dont la revue des autographes présentée par Jean-Pierre Galvan, complètent cet opulent numéro double consacré à Paul Féval.

Le lecteur ne pourra s'empêcher de rêver de posséder l'œuvre complète de Paul Féval, qui est répertoriée par Jean-Pierre Galvan, et qui avait déjà bénéficiée d'un recensement dans Paul Féval, parcours d'une œuvre, ouvrage édité par Encrage/Les Belles Lettres en 2000. De même une bibliographie des études récentes consacrées à Paul Féval est proposée par Dominique Laporte.

 

Mais intéressons-nous maintenant au plat de résistance qui mijote doucement sur le feu de notre curiosité : Le dossier Paul Féval.

Parmi les seize articles qui composent ce volumineux et intéressant dossier et dont je n'aurai la fatuité de tous vous les décortiquer, mais d'en présenter quelques-uns au hasard, hasard habilement dirigé par le scripteur curieux de cet article, j'ai relevé :

Ainsi Paul Féval, père... et fils, de Marie Pierre Rootering, revient sur la vie et l'œuvre du fils du célèbre feuilletoniste, auteur fécond et dont souvent ne restent à l'esprit que quelques ouvrages, des suites au célèbre roman et personnages créés par son père, Le Bossu : dont le principal, La jeunesse du Bossu, roman posthume publié en 1935.

Je me permets de signaler, à ce propos une petite anecdote qui me ramène à ma jeunesse et que vous-même avez peut-être vécue :

On m'avait offert pour un Noël, Le Bossu de Paul Féval, puis à une autre occasion, La jeunesse du Bossu. Je m'étais étonné que ces deux romans, publiés dans la Bibliothèque Verte, ne se suivent pas chronologiquement puis je m'étais rendu compte qu'en réalité il s'agissait de deux auteurs différents. Par la suite, mais beaucoup plus tard mes parents n'ayant pu me fournir d'explications, j'eus enfin une réponse à cette question, et appris que Paul Féval Fils écrivit de nombreuses suites au Fils de Lagardère, de la Petite-fille du Bossu, mais également repris les personnages de D'Artagnan et de Cyrano, les opposant dans des aventures épiques.

Autre article, celui de Virginie Fernandez, La Fabrique de crimes de Paul Féval, ou le pastiche du roman criminel, disponible chez SKA notamment en version numérique.

Deux articles méritent d'être signalés, revenant sur la fameuse conversion de Paul Féval et ce qu'il advint de ses œuvres.

En effet, de 1877 à 1884, trente-et-un volumes parurent chez l'éditeur catholique Victor Palmé.

Les œuvres revues et corrigées de Paul Féval et la Société des Gens de Lettres, article de Jean-Pierre Galvan, article étayé par la correspondance échangée, et D'énormes ballots, avec Féval complet et converti, vont s'éparpiller dans les bibliothèques paroissiales, par Agnès Sandras, reviennent sur cette étonnante conversion à la religion catholique, conversion en trompe-l'œil mais qui pour beaucoup signifia une relance des ventes des romans de Paul Féval.

Ruiné, Paul Féval retrouva un second souffle financier en procédant à l'expurgation de ses romans. Et donc il serait bon de savoir, lors de rééditions, si les romans proposés, comme La Fée des grèves aux éditions Astoure, proviennent du fond Victor Palmé et sont expurgés, ou s'il s'agit d'œuvres originelles.

 

Il existe parfois de petites coquilles qui ont échappé aux auteurs des articles et à la vigilance du rédacteur en chef, et donc n'ont été rectifiées.

Ainsi page 13, peut-on lire :

En témoignent quelques-unes des études recueillies dans les actes du colloque tenu à Rennes à l'occasion du centenaire de sa naissance en 1987. Paul Féval serait donc né en 1887 ? Non, il s'agit bien du centenaire de sa mort, survenue à l'hospice des frères de Saint-Jean de Dieu, rue Oudinot à Paris.

Ce ne sont que broutilles, comme le caillou égaré dans un plat de lentilles, mais c'est gênant.

Nonobstant, cette revue éditée par l'Association des Amis du Roman Populaire est une fois de plus fort captivante et intéressera tous ceux pour qui la Littérature populaire est à l'image de la vie, pleine de suspense (Dominique Rocher).

L'abonnement à la revue Rocambole, trois numéros dont un double, est de 49,00€, et le meilleur moyen est de se rendre ici :

Revue Le Rocambole N° 75/76. Le mystérieux Paul FEVAL. Publication des Amis du Roman Populaire. Eté-automne 2016. Parution juillet 2016. 352 pages. 29,00€.

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 18:47

Et pourquoi les magazines féminins seraient-ils

destinés uniquement aux femmes ?

Magazine Nous Deux N°3598 du 14 au 20 juin 2016.

Ne serait-ce pas de la ségrégation ?

Faisant fi du ricanement de certains, et sachant que le ridicule ne tue pas, la preuve, je me suis acheté puis ai offert à ma femme le dernier Nous Deux en date.

Pour des raisons simples qui se nomment littérature et découverte.

En effet les magazines, les périodiques qui proposent des nouvelles inédites et variées sont de plus en plus rares. Plus rares que les vulgaires revues consacrées au voyeurisme ciblé stars et politiciens en mal de publicité et qui font tout pour attirer le regard sur eux.

Donc revenons à Nous Deux que j'ai feuilleté, comme il m'arrive souvent de parcourir des revues dans mon hypermarché, que ce soit musicales, historiques ou politiques, de moins en moins ces dernières puisqu'elles ne reflètent que le bon vouloir de leur financier de patron, donc en feuilletant le Nous Deux en question, j'ai découvert qu'au sommaire figuraient deux nouvelles signées par des figures littéraires qui ne m'étaient pas inconnues : Frédérique Trigodet qui est publiée chez SKA éditeur, et Jean-Marie Palach chez Pavillon Noir et Daphnis et Chloé.

Pour 2,10€, je me suis dit in petto, oui je me parle à moi-même parfois ne craignant pas la contradiction, que pour ce prix-là je pouvais me l'offrir, et qu'éventuellement je l'offrirai à quelqu'un d'autre, femme ça je l'ai déjà dit, filles, belle-sœur, voire pourquoi pas mon médecin afin qu'il renouvelle son stock, en ayant soin au préalable de mettre de côté les textes des deux auteurs cités et hypothétiquement d'autres textes qui me sembleraient intéressants.

Pour une fois, je vais essayer de faire court, ça me changera, dans la présentation de ces deux nouvelles, sachant qu'il y en a quatre au sommaire, plus des romans-photos pour ceux qui s'intéressent à ce genre romanesque.

 

Frédérique Trigodet : Le pavillon d'été, catalogué sentiments.

Avoir un master de Lettres et Communication peut être pénalisant, Coraline s'en rend compte et en est fort marrie. Elle est obligée de rabaisser son niveau d'études afin d'obtenir un emploi, loin de Paris, dans le bassin d'Arcachon. Quatre mois sans emploi, quatre mois de repos forcé, et le loyer à régler, Coraline a accepté le statut d'employée polyvalente pour l'été, pour une famille de la bonne société bordelaise. Elle va loger dans un pavillon d'été, un cabanon de jardin, non loin de la mer et de la villa de ses patrons.

Entre divers petits boulots qui lui prennent son temps, au potager, à la cuisine, au ménage, lecture au maître de maison dont les yeux sont défaillants, Coraline n'a guère le temps à batifoler. Pourtant il lui semble bien que l'un des fils, Antoine, le célibataire, charmant et irritant à la fois, la drague. Mais son ton mielleux l'importune.

Une nouvelle romanesque charmante, pleine de douceur, et le personnage de Coraline est attachant et sympathique. Les autres protagonistes, à vous de voir si leur comportement vous agrée.

 

Jean-Marie Palach : Justice céleste. Suspense.

A quelques semaines de son départ à la retraite, le capitaine Didier Virnois est en planque dans sa voiture banalisée devant un hangar désaffecté face à une cité en banlieue parisienne. C'est son collègue le lieutenant Christophe Coton, un gars taciturne, sérieux, cachant jalousement sa vie privée, qui lui a donné rendez-vous. Ils sont sur la piste du Gang des oiseaux, des malfaiteurs qui détroussent les clients des restaurants et hôtels de luxe de la capitale, attifés de masques de volatiles.

Au dehors, la tempête fait rage, les éclairs illuminent par à-coups le parking, le tonnerre gronde, la pluie ne cesse de tomber et le vent arrache des tôles. En attendant une accalmie, Virnois pense, revoit des épisodes du passé, notamment un de ses collègues qui s'est suicidé, des affaires qui remontent à loin, lorsqu'il était jeune et fringuant.

Un suspense habilement maîtrisé et qui réserve son lot de surprises. Aide-toi, le ciel t-aidera, paraît-il. Jean-Marie Palach a dû imaginer son historiette lors d'un orage.

Une petite rectification toutefois : Le théorème de l'uppercut n'est pas le dernier roman en date de Jean-Marie Palach, comme annoncé en marge de la nouvelle mais Du sang sur le tapis rouge dont vous pouvez découvrir la chronique ci-dessous.

Conclusion : Dorénavant et désormais, toutes les semaines, je surveillerai le sommaire de Nous Deux, en solitaire, afin de découvrir si un nom connu ne s'est pas glissé au sommaire des nouvellistes, et en n'oubliant pas que de nombreux romanciers ont fourni à Nous Deux des nouvelles, ne serait-ce qu'André Caroff et d'autres. Malheureusement, souvent ce fut sous pseudonyme, et il est parfois difficile de traquer qui est qui.

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Published by Oncle Paul - dans Revues Nouvelles
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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 13:42

Bécassine et Pieds Nickelés : même combat !

Revue Rocambole N°73 : Héros illustres et illustrés populaires.

La distraction évidemment, loin de la mission première des illustrés pour la Jeunesse dont le mot d'ordre était d'abord instruire puis distraire.

Ce numéro 73 de la revue Rocambole prend pour thème les journaux illustrés pour la jeunesse. Vaste domaine qui a déjà été abordé dans de précédents numéros, dont Histoire de l'Intrépide (Rocambole N°34/35), Les illustrés pour la Jeunesse (Rocambole N°52/53), plus de nombreux articles dans d'autres dossiers, comme dans Hetzel, éditeur populaire (Rocambole N°68/69) créateur du célèbre Magasin d'éducation et de récréation - toujours la référence à l'éducation et à la distraction - dans lequel les jeunes lecteurs découvriront les textes de P.J. Stahl, pseudonyme de Hetzel lui-même, traducteur et adaptateur notamment des fameux Patins d'argent, et les débuts de Jules Verne qui alimentera sans discontinuer cette revue devenue mythique.

Une fois de plus ce dossier n'établit que les bases d'une communication qui ne peut être complète qu'en plusieurs volumes. Mais il a l'avantage d'en fournir les bases et l'historique, comme dans l'article de Guillemette Tison : Plaire et instruire : la presse pour les jeunes au XIXe siècle.

L'initiateur de ces fascicules qui deviendront pléthore et connaitront leur âge de gloire au XXe siècle a pour nom Berquin, lequel publie en 1782 un mensuel, L'ami des enfants, qui ne durera que 24 numéros et sera par la suite repris en volume traduit notamment en Angleterre dès 1783.

D'autres suivront dont Le Journal des enfants, qui durera de 1832 à 1897, une longévité dont peu de publications peuvent se prévaloir. Mais ces publications n'ont pour d'autre but que d'éduquer et distraire (oserai-je écrire que cette dernière visée ne possède pas le même sens que celle d'aujourd'hui qui tend à la franche rigolade) avec la plupart du temps une connotation morale.

Dans l'éditorial du numéro Un du Journal des enfants, Jules Janin écrit cette déclaration d'intention édifiante :

Enfants ! nous voulons prendre de vous tous les soins que mérite notre enfance; vous êtes bien jeunes, mais vous vivez dans un temps où il faut grandir vite...

Que ce soit à leurs débuts, où les textes prédominaient, contes, nouvelles, articles géographiques, scientifiques, biographiques, puis par la suite quand place fut faite aux bandes dessinées, le succès de ces publications n'auraient pas été aussi éclatant sans l'apport des illustrations dues aux talentueux dessinateurs que furent Gustave Doré, Grandville, Benjamin Rabier, André Galland....

Revue Rocambole N°73 : Héros illustres et illustrés populaires.

Daniel Compère, dans Le développement des publications au début du XXe siècle, prolonge l'article précédent et développe un panorama des journaux et fascicules pour la Jeunesse créés entre 1889 et 1914, des magazines qui perdureront pour certains jusqu'au début des années 1960, parfois en changeant de titre et de formule grâce à des regroupements économiques bénéfiques.

Ainsi Le Petit Français illustré accueille en son sein, et en 1889, un auteur, scénariste et dessinateur qui sera l'un des précurseurs de la bande dessinée : Christophe, de son véritable patronyme Marie-Louis-Georges Colomb. Son œuvre, riche, prend véritablement son envol avec La famille Fenouillard, puis suivront Les facéties du sapeur Camenber, L'idée fixe du savant Cosinus, ou encore Les malices de Plick et Plock, certaines histoires se chevauchant dans le temps. Ce ne sont encore que des textes surmontés d'images, les premières véritables bandes dessinées avec phylactères datant de 1908 avec Sam et Sap, Les aventures surprenantes d'un petit nègre et de son singe de Georges Le Cordier pour les textes et Rose Candide pour les dessins.

Suivront d'autres héros qui nous sont plus familiers, tels que Les Pieds-Nickelés et Bibi Fricotin de Louis Forton, Bécassine d'Emile-Joseph Pinchon, Lili, l'espiègle, et bien d'autres accueillis dans des supports qui ont pour noms L'Epatant, La semaine de Suzette, tous titres qui ne sont pas sans rappeler de bons souvenirs à certains d'entre nous, et des héros qui défient le temps, plus connus parfois que leurs créateurs.

Mais Daniel Compère en parle (écrit) mieux que je ne saurais le faire et je me contente de puiser, sans vergogne dans son texte.

 

Revue Rocambole N°73 : Héros illustres et illustrés populaires.

Ce dossier est complété par les articles suivants :

Les petits enfants pendant la Grande Guerre de Jean-Paul Gourévitch, dont un sous-article est intitulé : L'instrumentalisation de l'enfance dans les journaux pour adulte. Rien n'a changé.

Les supers-héros américains pendant l'Occupation de Jean-Michel Ferragatti aurait mérité d'être plus développé, mais ce n'est qu'une approche de la part de l'auteur dont on peut retrouver des chroniques hebdomadaires sur le site Comic Box. Il est dommage que cet article soit truffé, comme le boudin blanc à 1/100, de coquilles.

Les Spirou et Tintin des années 1940-1960 : un catholicisme en cases et en bulles de Philippe Delisle. Deux magazines franco-belges, qui se partageaient le marché avec Le Journal de Mickey dont les héros sont Mickey Mouse, Donald Duck et Picsou créés par l'équipe Disney.

Il est évident que la ferveur catholique affichée par les fondateurs de ces deux magazines. Jean Dupuis, pour Spirou, était un fervent chrétien, tandis que Raymond Leblanc, qui a su inciter Hergé à fonder un magazine portant le label de son héros, faisait partie de la Résistance d'obédience royaliste et catholique. Si Spirou, Tintin et les principaux héros qui voisinaient dans les pages de ces deux revues, et connaissent encore aujourd'hui de beaux jours, Blake et Mortiner et Lucky Luke, ne font pas montre de prosélytisme, certaines histoires, planches, vignettes sont résolument tournées vers une représentation religieuse ou en font une apologie insidieuse. Les Belles histoires de l'Oncle Paul ont narré par exemple de nombreuses biographies de saints et de religieux, ou ont pris comme thème des manifestations plus ou moins religieuses comme la Première Croisade. Une approche qui a perduré jusqu'au début des années 1960, la tradition catholique se délitant peu à peu, et étant moins prégnante en France qu'en Belgique.

Sont également inclus deux contes charmants :

L'oie rouge de A(dèle) Genevray, publié dans le Magasin d'éducation et de récréation N°5 du 1er semestre 1864, est une révision inversée du thème de la bergère et du prince charmant mais avec toutefois un épilogue plus moral.

Le trésor du Carbonaro de Jacques Bellême, publié dans Mon bonheur N°45 de 1907, nous montre un commissaire parisien dans une sombre histoire corse à base de déductions mathématiques.

 

Deux articles, hors dossier, complètent, outre les chroniques habituelles, ce numéro. Toutefois l'article de Maurice Dubourg, Les Pieds-Nickelés auront bientôt soixante-quinze ans, aurait pu être intégré dans ce dossier. Et ne cherchez pas une erreur comptable dans cet anniversaire de la création de ces trois filous qui ont pour noms : Croquignol, Ribouldingue et Filochard, car cet article date de 1982 et a été publié dans Normandie-Magazine, numéro 4, en 1982.

Revue Rocambole N°73 : Héros illustres et illustrés populaires.

 

Dernier article qui m'a fortement intéressé, étant un fervent passionné du père de Pardaillan, Roman populaire et (dés)engagement : la violence politique désactivée chez Michel Zévaco par Luce Roudier.

Ayant lu, voire dévoré, la saga des Pardaillan mais également Le Capitan, Nostradamus, et combien d'autres, j'ai découvert que cet auteur, socialiste libertaire, était plus engagé qu'il y paraissait dans ses romans historiques. Et si ses romans historiques paraissent moins virulents que ces écrits journalistiques, notamment lorsqu'il est secrétaire de rédaction au journal L'Egalité, des propos qui le conduisent à plusieurs reprises à être incarcéré à la prison Sainte Pélagie, ils n'en sont pas moins un réquisitoire détourné de ses convictions en ce qui concerne la politique et l'impact religieux dans la gouvernance, prenant appui pour développer ses idées dans des trames historiques avec quelques siècles de recul.

Des engagements que l'on ne perçoit pas forcément lors de lectures adolescentes et une analyse qui offre des clés à la compréhension de certains dialogues.

 

Un nouveau numéro du Rocambole, très riche iconographiquement, et ne vous fiez pas au nombre de pages, la taille de la police de caractère étant réduite, ce qui ne facilite pas le lecture à ceux qui ont des problèmes de vision.

Une sélection de chroniques d'anciens numéros du Rocambole.

Revue Rocambole N°73 : Héros illustres et illustrés populaires. Edité par l'association des Amis de la littérature Populaire. 176 pages.17,00€.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 12:34

Lire ou relire Paul d'Ivoi, un agréable plongeon dans le passé...

La revue Rocambole N°70 : Dossier Paul d'Ivoi. Explorations de Paul d'Ivoi.

Si Paul d'Ivoi est surtout connu pour son roman Les cinq sous de Lavarède, cosigné avec Henri Chabrillat, et premier volume de la série Les Voyages excentriques, il ne faut pas oublier qu'il est l'auteur d'autres romans non moins intéressants mais quelque peu confinés dans des placards dépourvus de lumière.

C'est justement pour mettre en lumière ces romans que le comité de rédaction de la revue et la coordinatrice du dossier, Marie Palewska, ont choisi de développer des articles sur des romans mais également des récits dits d'exploration méconnus ou dont le propos a parfois été déformé.

Ainsi, avoir présenté brièvement la dynastie Paul d'Ivoi - en effet ils furent trois à porter ce nom : le père, né Charles Deleutre, peintre avant de devenir homme de lettres et chroniqueur pour divers journaux, Paul d'Ivoi fils, celui qui nous intéresse, puis le fils de celui-ci qui se tournait également vers la profession de chroniqueur avant de mourir sur le front, dans la Somme, le 6 septembre 1916, un an jour pour jour après son père - Marie Palewska nous présente le roman Les juifs à travers les âges. Publié pour la première fois en 1890 en vingt-neuf livraisons de huit pages, cette œuvre aurait dû être plus conséquente mais fut abandonnée pour des raisons mal définies.

Ne furent offertes aux lecteurs que deux parties, Jésus puis La république de Gaule. Contrairement aux idées antisémites de l'époque, idées relayées par l'église catholique et qui perdurent encore de nos jours, Paul d'Ivoi démontre que les juifs ne furent pas à l'origine de la crucifixion du Christ mais bien les Romains. Marie Palewska intitule son chapitre consacré à cette première partie : Jésus ou les juifs innocents de la mort du Christ et propagateurs des idées de liberté, égalité et fraternité. L'auteur de l'article dissèque les écrits de Paul d'Ivoi et démontre qu'en réalité il était philosémite, donc à contre-courant des idées de son époque. Idées délétères qui amenèrent à la condamnation injuste du capitaine Dreyfus.

 

Charles Ridoux nous entretient ensuite de deux romans napoléoniens : La mort de l'Aigle et Les cinquante. Si Paul d'Ivoi se dresse en apologue de l'Empereur Napoléon 1er, une démarche qui peut en réjouir certains et offusquer d'autres, le trait marquant, que l'on retrouvera dans d'autres romans, est bien le constat suivant. Si l'Angleterre est considérée comme l'ennemi séculaire de la France, Paul d'Ivoi met l'accent sur l'Allemagne, ou à l'époque la Prusse, et l'accable de tous les maux, démontrant que de l'autre côté du Rhin cet ennemi était encore plus virulent que l'Angleterre.

 

Aussi bien dans les deux volumes napoléoniens, que dans La Patrie en danger, histoire de la guerre future, coécrit avec le colonel Royet, et publié en 1904, ou encore Un, la mystérieuse, publié en 1905, toujours avec la participation du colonel Royet. L'Allemagne, qui semble être la bête noire de Paul d'Ivoi, lequel décrit des événements futuristes prémonitoires, notamment la révolution russe. L'analyse est signée Daniel Compère.

Paul d'Ivoi va même plus loin dans ses romans historiques car dans Jalma la double, il place son intrigue en Turquie, avec comme principaux protagonistes des personnages encore en exercice à l'époque, dont Abdul Hamid, le sultan successeur de Mourad V. Un roman qui aurait pu figurer dans la série des Voyages excentriques comme le fait justement remarquer Marie Palewska, signataire de l'article.

Et un dossier sur un auteur, un écrivain, un romancier ne serait pas complet sans quelques textes choisis. Deux nouvelles parachèvent donc ce dossier, deux nouvelles tournées vers l'humour et la dérision. Le siège d'un cœur et L'Ad-mi-nis-tra-tion : plaidoyer d'une petite feuille de papier.

 

Vous pouvez retrouver les rubriques habituelles, Le courrier des lecteurs, Le Front Populaire qui présente les nouveautés en matière d'études, de thèses, de magazines et revues, ou encore La revue des autographes par Jean-Pierre Galvan, qui nous propose quelques extraits de lettres écrites par Hector Malot, de Maurice Leblanc ou encore d'Emile Richebourg.

Enfin, rubrique qui pourrait devenir permanente, celle de Jérôme Serme de la Librairie Mompracem : l'analyse d'un roman catalogué dans les seconds rayons, ces ouvrages qui ont connu un succès fort honorable mais depuis longtemps oubliés de même que leurs auteurs. Pour cette livraison Jérôme Serme s'est penché sur La fille des fétiches d'Henri-Georges, auteur dont on ne possède guère de renseignement, ouvrage publié dans la collection Grandes aventures, Voyages excentriques et plus familièrement nommée les Tallandier Bleus.

Retrouvez sur ce blog quelques chroniques concernant des numéros du Rocambole :

 

Vous pouvez vous abonner au Rocambole, 48,00 euros par an pour trois numéros dont un double, en dirigeant le curseur de votre souris ci-dessous:

La revue Rocambole N°70 : Dossier Paul d'Ivoi. Explorations de Paul d'Ivoi. Parution avril 2015. 176 pages. 17,00€.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 13:43

Les noms de Hetzel et Jules Verne sont indissolublement liés. Et réciproquement. Leur association l'un comme éditeur, l'autre comme romancier les a portés au Panthéon des Lettres. Pourtant, l'un sans l'autre, ils auraient sûrement existés mais pas forcément de la même manière ni avec la même longévité.

La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire.

La revue Rocambole n° 68/69 datée Automne-Hiver 2014 rend hommage à Pierre-Jules Hetzel à l'occasion d'un double anniversaire. En effet le libraire éditeur nait le 15 janvier 1814, et en 1914 c'est la vente des éditions Hetzel à Hachette par son fils Louis-Jules.

Mais si la popularité de Hetzel doit beaucoup à Jules Verne et ses Voyages Extraordinaires, il ne faut pas non plus oublier qu'il édita également Balzac, reprenant la succession de Charles Furme, qui n'avait plus les moyens financiers de poursuivre la publication de La Comédie Humaine en 1842. Mais également bien d'autres, dont André Laurie, Proudhon, Hector Malot, Alexandre Dumas, George Sand ou encore un certain P.J. Stahl qui n'est autre que Hetzel lui-même, soit en les éditant soit en facilitant leur publication chez d'autres éditeurs et dans les journaux de l'époque. Etant fervent républicain, Hetzel tâte de la politique et devient même chef de cabinet de Lamartine, en 1848, qui est alors ministre de l'Intérieur. Mais le retournement de situation avec le coup d'état du 2 décembre 1851 par Louis Napoléon Bonaparte, l'oblige à s'exiler en Belgique. Cela ne l'empêche pas de continuer son travail d'éditeur et il publie clandestinement Napoléon le petit, les Châtiments et les Contemplations de Victor Hugo.

Son apport à l'édition est considérable. Il crée notamment la Bibliothèque illustrée des Familles, qui devient Le Magasin d'éducation et de récréation en 1864 auquel participe Jean Macé qui fut enseignant, journaliste et homme politique (1815-1894). Son ambitieux projet est de faire collaborer dans une même revue savants, écrivains et illustrateurs, mariant les domaines de la science et de la fiction, ce qui amènera tout naturellement à la publication des ouvrages de Jules Verne qui allient ces deux domaines.

Il est un domaine dans lequel Hetzel est précurseur : la création, l'invention même, de l'album illustré pour la jeunesse : les Albums Stahl. Et comme pour bien d'autres collections dont notamment les Voyages extraordinaires, Hetzel les propose simultanément en plusieurs versions. La première dite économique et qui ne comporte pas d'illustrations, une deuxième de petit format mais cette fois avec quelques illustrations et enfin l'édition de luxe, d'une format plus grand, richement illustrée, celle que nous connaissons tous mais ne possédons pas ou rarement, car très recherchée par les bibliophiles et les collectionneurs, et qui est reprise dans certains fac-similés. Hetzel publiera aussi de nombreuses romancières, parfois sous des pseudonymes masculins, mais dont l'œuvre aujourd'hui est quasiment oubliée. Pourtant certaines d'entre elles figureront dans la catalogue Hachette, prenant le même chemin que Jules Verne, Erckmann-Chatrian, André Laurie, soit dans la Bibliothèque Verte Première série, ou dans d'autres collections.

Tout ceci est décortiqué dans le copieux dossier qui est consacré à Hetzel au travers de son œuvre, d'éditeur et de romancier.

La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire.

Si ce dossier, copieux et complété par une iconographie réduite au maximum à cause des nombreux textes, représente environ la moitié de la revue, la seconde partie est consacrée à une revue devenue mythique : Encrage. De octobre 1984 avec la sortie du numéro 0 jusqu'en 1990 avec le numéro 24, cette revue qui ne vivait que par les abonnements aura marqué le paysage de l'exploration de l'autre-littérature. L'innovation tenait en fiches consacrées à des auteurs, des personnages, des collections, des romans, des études, des bibliographies avec en complément Encrage-Actua rédigé par Jean-Claude Alizet traitant des nouveautés dans les différents genres de la littérature populaire. Ce complément deviendra l'Année de la fiction, et qui sera publié durant seize ans. Aujourd'hui les jolis volumes cartonnés ont été remplacés par un outil internet : Fiction-bis que tout un chacun peut consulter, voire éventuellement compléter en devenant rédacteur. La seule contrainte étant de rédiger une notice qui résume l'ouvrage jusqu'à son épilogue.

Des quelques fiches représentatives de la revue Encrage qui sont donc proposées aux lecteurs du Rocambole qui n'auraient pas connu cette merveilleuse aventure, je retiens deux travaux de longue haleine :

Du Moulin Noir à Détective Pocket, les curieuses collections des éditions Baudelaire, fiche établie par Pierre Turpin qui décortiquaient les différentes rééditions issues d'autres collections, des pillages, avec changement des noms des auteurs, des titres, ou des inédits d'auteurs différents regroupés sous un nom maison, retravaillés par la suite lors de la réédition dans les diverses collection, lors de leur imbrication dans ce méli-mélo derrière lequel se cachaient les sulfureux Guerber et Dermée. Des romanciers qui avaient pour nom Robert Debeurre plus connu sous les alias de Georges Mera et Irving Le Roy par exemple, ou encore André Héléna, Claude Ferny, et même Léo Malet.

Autre fiche importante et conséquente rédigée par Jean-Luc Buard : le dépouillement systématique des feuilletons dans le Journal L'Œuvre avec la liste auteurs publiés sur une période de vingt-neuf années avec, bien entendu le ou les titres de leurs romans. Et on y trouve pêle-mêle Henri Barbusse Vicky Baum, Rodolphe Bringer, Christian Brulls (Simenon), A. Conan Doyle, Maurice Genevoix, Restif de la Bretonne, H. de Vere Stackpoole, bref un bel échantillonnage de la production littéraire tous genres confondus. Un travail de longue haleine réalisé par un amoureux de la culture littéraire ancienne et qui offre de nombreux débouchés pour tous ceux qui traquent des feuilletons qui n'ont pas forcément été édités en romans par la suite.

La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire. La Revue Rocambole : Hetzel éditeur populaire.

Quelques autres rubriques complètent ce numéro ainsi que deux textes, qui datent de 1874, de P.J. Stahl.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 13:23

Dans les coulisses de Hetzel et Jules Verne

Revue LE ROCAMBOLE N°51 : Dossier André LAURIE.

Fidèles à leurs principes, oserai-je écrire leur déontologie, les rédacteurs de la revue Le Rocambole poursuivent avec ténacité leur exploration du domaine de la littérature populaire, et dans ce nouveau numéro, le dossier est consacré à un auteur totalement méconnu, tombé en désuétude, et dont pourtant la vie est elle-même est un roman.

André Laurie, puisque c’est de lui dont il s’agit, n’est pas tout à fait un inconnu pour les amateurs des romans de Jules Verne, car figurent les deux signatures sur L’épave du Cynthia. Mais qui sait que deux autres romans signés Jules Verne seul ont été écrits, à quatre-vingt dix pour cent par André Laurie ? Le premier est L’héritage de Langévol devenu Les cinq cents millions de la Bégum et le second Le diamant bleu rebaptisé L’Etoile du Sud.

Mais bientôt André Laurie deviendra un auteur à part entière signant tout aussi bien André Laurie que Philippe Daryl ainsi que de deux autres pseudonymes Tiburce Moray et Léopold Virey. Mais André Laurie n’est pas son véritable patronyme. Pascal Grousset, dont le prénom sera rapidement transformé en Paschal, est né en Corse en 1844. Alors qu’il n’a qu’un an ses parents s’installent à Grisolles, village du Tarn et Garonne car son père est professeur de mathématiques. Très tôt il monte à Paris afin de poursuivre ses études. Il n’a que dix-sept ans. Il fréquente l’Ecole de médecine durant quatre ans, et commence à s’investir dans le journalisme privilégiant deux axes : la vulgarisation scientifique et la politique. Et malgré qu’il soit d’origine corse, par sa mère, il n’apprécie pas du tout les régimes bonapartiste et napoléonien. Il écrit des pamphlets et se trouve impliqué dans l’affaire Victor Noir.

En 1871, à vingt-sept ans il est ministre et fait partie du conseil de la Commune. Ce qui lui vaudra de connaître les geôles de Fort Boyard puis d’être déporté en Nouvelle Calédonie. Ses pérégrinations ne s’arrêtent pas là et Xavier Noël, qui a écrit une biographie de Paschal Grousset alias André Laurie, narre mieux que moi ces aventures. Je me contenterai d’ajouter qu’il (André Laurie) milite et encourage la pratique de l’éducation physique et du sport en général, « souhaitant une pratique sportive partagée par tous, y compris les femmes, tandis que Pierre de Frédy, baron de Coubertin, a une vision élitiste et machiste de la pratique sportive ». L’histoire n’a retenu que le nom de ce dernier !

Ce dossier du à de nombreux contributeurs est épais de plus de cent-trente pages dans lesquelles sont disséquées l’homme, l’auteur et son œuvre.

Revue LE ROCAMBOLE N°51 : Dossier André LAURIE. Revue LE ROCAMBOLE N°51 : Dossier André LAURIE.

Mais comme j’ai déjà eu le plaisir de le signaler, mon Rocambole à peine déballé de son enveloppe, je recherche la partie consacrée aux révélations et concoctée par Jean-Paul Gomel, Paul J. Hauswald et Claude Herbulot. Dans ce numéro nos trois complices se penchent sur les éditions de L’Arabesque, qui pour beaucoup d’entres nous sont synonymes de Luc Ferran, héros incontournable des années 50/60. Ils s’attachent également à décrypter les pseudonymes de quelques uns de ces auteurs dont Jean Bure qui sera plus connu sous le nom de Jan de Fast dans la collection Anticipation du Fleuve Noir. Mais Jean Bure possédait d’autres pseudos chez L’Arabesque et je vous laisse les découvrir dans ce numéro de Rocambole. Jean-Michel Sorel, autre touche-à-tout accumulant les alias, et le catalogue qui proposait moult auteurs se réduit considérablement à ce recensement.

D’autres révélations attendent les amateurs de romans populaires, tous genres confondus. Personnellement j’aimerai qu’un dossier complet sur les éditions de l’Arabesque soit enfin réalisé, car cette maison d’édition révéla de nombreux romanciers, dont Michel Lebrun et Fred Kassak et permit à Georges-Jean Arnaud de pouvoir enfin s’exprimer en littérature après avoir connu les joies du Grand Prix de littérature policière puis galérer à la recherche d’un éditeur reconnaissant son talent et sa capacité de produire de bons romans à une vitesse phénoménale.

Pour tous renseignements vous pouvez vous rendre utilement sur le site du Rocambole.

 

Revue LE ROCAMBOLE. Bulletin des amis du roman populaire. N°51 : Dossier André LAURIE. Parution été 2010. 176 pages. 15,00€

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 14:14

L'as des fantômes...

Revue Rocambole N° 54 : Spécial FANTÔMAS.

2011 fut l’année Fantômas. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en février 1911 la première des aventures du génie du Mal paraissait chez Arthème Fayard, au prix promotionnel de 35 centimes au lieu des 65 habituels. Signé Souvestre et Allain, cet inquiétant personnage connaitra 32 aventures.

Le placard publicitaire précisait, les 17 et 18 février dans Le Petit Journal, Le Petit Parisien et Le Matin : Plus inquiétant que Cartouche, Plus subtil que Vidocq, plus fort que Rocambole… De quoi appâter les lecteurs qui tout de suite furent au rendez-vous. Et il était normal, logique, indispensable que la revue le Rocambole, consacrée à la Littérature Populaire, lui consacra un numéro entier.

Alfu, dont on connait l’attachement à ce genre littéraire, entame les débats en ardent défenseur, avec un article intitulé Fantômas et la critique. Il regrette que peu d’études aient été consacrées à ce « héros », et fustige quelque peu des universitaires qui « pompent » sur des textes écrits par des passionnés, sans citer leurs sources, et qui reproduisent les erreurs sans avoir vérifié auparavant les données.

Jean-Luc Buard se penche, avec sa minutie et sa précision habituelle, sur La Royalda, feuilleton paru du 14 juillet au 24 septembre 1910 dans le quotidien Cœmedia, écrit par les créateurs de Fantômas. Et bizarrement, ce feuilleton n’a jamais été repris en volume, pourtant deux personnages faisaient leur apparition, ou plutôt revenaient puisqu’ils avaient été créés pour un précédent roman, L’Empreinte, je nomme Juve et Fandor.

L’article de Daniel Compère, L’étrange retour de Fantômas en 1926, soulève quelques points litigieux d’histoire littéraire et de paternité. Les assertions de Marcel Allain concernant cette saga faites en public et publiées dans les années 60, sont recoupées par l’article d’Alfu : Marcel Allain est-il l’auteur de Fantômas ?

Marc Georges dissèque en trois articles le personnage de Fantômas hors romans : Le roman-photo mystérieux, Marcel Allain scénariste de bandes dessinées et Fantômas au cinéma. Mais il ne faut pas oublier un homme qui est peut-être aussi à l’origine de l’engouement des lecteurs envers la série des Fantômas et plus généralement de la collection 65 centimes chez Arthème Fayard : l’illustrateur Gino Starace, qui connut également les honneurs des couvertures en Italie.

Ce numéro, qui est tout autant un dossier, qu’une étude et une mise au point, est complété par les chroniques habituelles. Le trio d’archéologues du roman populaire, Jean-Paul Gomel, Paul J. Hauswald et Claude Herbulot, effectue un retour sur d’anciennes collections et maisons d’éditions, parfois éphémères, de la littérature populaire, éditées par les trop connus et mystérieux Dermée et Guerber, les recherches, les suppositions, les postulats concernant certains pseudonymes qui pour le moment sont encore des nébuleuses et le resteront peut-être tant que rien ne pourra étayer les présomptions d’attribution à tel ou tel auteur, soulignant les approximations, le tout accompagné de reproductions de couvertures.

Et comme les bonus deviennent indispensables, quatre contes de Pierre Souvestre, parus dans le quotidien L’Auto, l’ancêtre de notre Journal l’Equipe, dont il était un fidèle collaborateur, nous sont proposés.

 

Le Rocambole, c’est un outil de travail, d’étude, d’approfondissement des connaissances, de découvertes, sur la littérature populaire française des décennies passées, des auteurs et des collections dédaignées par certains mais qui font partie de notre patrimoine culturel.

Par exemple, pour les curieux et les chercheurs et les fouineurs avides des vide-greniers, et grâce à notre trio précédemment cité, saviez-vous que Charles Frémanger emprunta le nom de Jean Froissard, le célèbre chroniqueur du Moyen-âge, lors de la fondation de sa maison d’éditions, et que dans l’une de ses collections intitulée Mélusine, Jacques Laurent alias Cecil Saint-Laurent, écrivit sous le pseudo de Roland Jarnaise, et qu’Antoine Blondin sous celui de Patrick Lawrence. Charles Frémanger publia aussi des romans de guerre à tendance érotique et Jean Lartéguy, récemment décédé, y fit ses débuts, sous pseudonyme.

 

Vous pouvez vous abonner au Rocambole, 48,00 euros par an pour trois numéros dont un double, en dirigeant le curseur de votre souris ci-dessous:

Revue Rocambole N° 54 : Spécial FANTÔMAS. Parution printemps 2011. 176 pages. 16,00€ le numéro.

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