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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 05:18

Un hommage plus que mérité à celui qui incarne la littérature populaire dans son ensemble.

Le multiple Georges-J. ARNAUD. Revue ROCAMBOLE N°88/89.

Dernier, ou presque, représentant vivant de la longue lignée des romanciers populaires, Georges-Jean Arnaud est un monstre de la littérature populaire.

Monstre, qualificatif amical décerné à celui qui depuis 1952 avec son premier roman Ne tirez pas sur l’inspecteur en 1952 jusqu’à Les Indésirables en 2005, aura écumé tous les genres, policiers, espionnage, science-fiction, fantastique, érotique, historique, aventures, guerre, autobiographique, monstre certes Georges-Jean Arnaud l’est, mais par sa production imposante qui ne compte pas moins de 426 titres recensés.

Comme le démontre le sommaire décrit ci-dessous, Georges-Jean Arnaud est un romancier multiple, autant par son œuvre littéraire que par les nombreux pseudonymes imposés ou non par les éditeurs auxquels il présentait ses manuscrits.

Et le premier pseudonyme imposé, celui de Saint-Gilles, est pour lui comme une frustration. Tout ça à cause d’un autre romancier, du nom d’Henri Girard, a pris comme alias littéraire celui de Georges Arnaud, tout auréolé par le succès de son livre Le salaire de la peur et de son adaptation cinématographique par Henri-Georges Clouzot avec Yves Montand et Charles Vanel comme acteurs principaux.

Quelque soit le domaine exploré, Georges-Jean Arnaud s’est toujours montré respectueux envers son lectorat, multipliant les thèmes, et lorsqu’il utilise les mêmes approches, il sait se renouveler, au contraire de Serge Brussolo dont parfois le lecteur se demande s’il ne réécrit pas pour la ixième fois le même roman.

Il a abordé le roman policier sous un angle faussement simenonien, une influence revendiquée, mais dont il a su se détacher progressivement, privilégiant le roman policier d’aventures mais y incluant un côté psychologique dont la plupart de ses protagonistes sont les petites gens, les humbles, les cabossés de la vie, ceux qui n’ont pas d’histoire et à qui justement il en arrive, des histoires parfois sordides et intimistes, des plongées insistantes dans l’angoisse.

Mais sous les intrigues, qui ne sont pas innocentes, se cachent des paraboles pas toujours perçues. Ainsi Michel Vannereux, dans son analyse des romans de science-fiction écrits par Arnaud, et plus particulièrement la saga de La Compagnie des glaces puis le prolongement dans Chroniques glaciaires puis La compagnie des glaces nouvelle époque, met en lumière que la lutte contre les compagnies (ferroviaires) renvoie à l’actualité, que ce soit celle de 1980 ou celle de 2018, avec la lutte des simples citoyens contre la toute-puissance des multinationales.

Les rédacteurs des notules s’attachent aussi bien à l’homme, l’auteur, à ses débuts, ses relations avec les éditeurs, les différents genres abordés par l’exploration des genres et des séries, mais le summum de ce dossier réside dans la déclinaison de tous les romans publiés par éditeurs et par collections avec des notules de quelques lignes pour chacun des ouvrages avec l’indication de la date de parution, les numéros dans chaque collection et naturellement les divers pseudonymes sous lesquels romans sont parus et éventuellement les rééditions. Juste un petit oubli : La soif aux lèvres signé Georges Ramos dans la collection Parme des éditions de L’Arabesque, en 1959, a bien été réédité chez Eurédif dans la collection Quotidien fantastique en 1980 dans une version remaniée et écourtée mais sous le pseudonyme d’Ugo Solenza. Une broutille parmi toutes les sommes d’informations dont le lecteur saura tirer partie.

 

Sinon, dans la partie Varia, celle que je lis en premier en général, à signaler la présence d’un court conte de Marie Aycard, Un mariage en quinze minutes, qui est probablement la première fiction ferroviaire puisqu’il a été publié pour la première fois en 1839. Ce conte est accompagné d’un dossier dû à l’infatigable chercheur qu’est Jean-Luc Buard. Lequel a rédigé une thèse sur ce romancier et auteur dramatique :

A l'ombre du roman-feuilleton: Marie Aycard et la circulation internationale du feuilleton-nouvelle parisien et de la variété (autour de 1840) : Un acteur oublié de la communication de masse dans la sphère médiatique de son temps, sous la direction de Jean-Pierre Bacot, Villetaneuse, Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité, décembre 2015, 3 volumes.

Jean-Luc Buard réédite également des ouvrages d’André Laurie, dont certains n’ont jamais été publiés en volume, redécouvert un auteur de science-fiction Marius Monnier, créant l’ADPF (Archives et documents presse et feuilleton), un micro-éditeur micro-diffusé qui se consacre uniquement à l’édition ou réédition de contes et feuilletons parus dans la presse et les magazines, de préférence inédits en volume.

Une trentaine de titres ont été produits en deux ans et demi (liste sur demande), à raison d’environ un titre par mois.

Pour tous renseignements, vous pouvez lui envoyer un petit message à l’adresse suivante :

jlbuard@laposte.net

 

Sommaire de la revue :

Editorial
Vie de l’association

Dossier : Le multiple Georges-J. Arnaud
— Le multiple Georges-J. Arnaud, par Alfu
— Aliénations. Le versant criminel de l’œuvre de G.-J. Arnaud, par Robert Bonaccorsi
— Le contre-espionnage de Georges-J. Arnaud, par Alfu
— Glissements progressifs de l’angoisse, par R. Bonaccorsi
— Chroniques de la Grande Séparation, par Didier Reboussin
— La Compagnie des glaces, par Michel Vannereux
— Un monde sans fin ?, par Noé Gaillard
— Frère Roquebère, par Paul Maugendre
— Bas les masques ?, par Robert Bonaccorsi
— Georges-J. Arnaud, homme de terroir, par Noé Gaillard
— Les voluptueux dialogues de Georges, Frédéric, Gino… et les autres, par Robert Bonaccorsi
— Le fourbe Pascal, par Jean-Michel Sévin
— D’une translation l’autre, par Robert Bonaccorsi
— G.-J. Arnaud passe aux aveux. A travers trois entretiens
— G.-J. Arnaud en couvertures, par Alfu
— G.-J. Arnaud en BD, par Noé Gaillard
— A plus d’un titre : Georges J. Arnaud, par Alfu
— Bibliographie commentée, par Alfu, Robert Bonaccorsi & Noé Gaillard

Varia
— Les romans spirites : le paranormal en littérature (2e partie), par Christophe Marécaille
— Variétés numériques et populaires (n° 2). Quelques précisions sur les débuts de Léon Groc : Quel entretien avec Bertillon ?, par Jean-Luc Buard

Chroniques
— Le front populaire
— Le coin des pseudonymes et autres recherches biographiques (6e épisode), par Patrick Ramseyer
— La revue des autographes, par Jean-Pierre Galvan
— Jean Faber, une énigme résolue, par Patrick Ramseyer
— Les Contes du Rocambole :
La première fiction ferroviaire ? Un mariage en quinze minutes par Marie Aycard

 

Cette revue, dont le prix pourrait rebuter certains, est un numéro double donc 15€ théoriquement le numéro mais il est possible de s’abonner aux deux numéros doubles de 2019 (le précédent étant consacré à Pinchon, Bécassine et Cie en adhérant à l’Association des Amis du roman populaire pour 50,00€. En 2020, le montant de l’adhésion est de 55,00€ et vous recevrez les prochains numéros du Rocambole gratuitement.

Il est toutefois utile de préciser que, contrairement à bien des revues que l’on trouve en kiosque, Le Rocambole n’est pas pollué par la publicité, ce qui de nos jours est une denrée rare !

 

Bonne lecture !

Le multiple Georges-J. ARNAUD. Revue ROCAMBOLE N°88/89. Automne-Hiver 2019. Editions AARP. Ouvrage dirigé par Alfu & Robert Bonaccorsi. Un volume broché, 14 × 20 cm. 352 pages. 30,00€.

ISBN : 978-2-912349-74-3

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 04:34

Maurice Limat, 53 ans de carrière et 472 titres recensés ! Cela représente quelques millions de mots….

Collectif : Maurice LIMAT, l’entreprise du Rêve.

Coïncidence ou non, peu après la mort de Maurice Limat, l’un des piliers des collections Anticipation et Angoisse du Fleuve Noir, en janvier 2002, est paru un ouvrage consacré à ce maître de la littérature populaire.

Décrié par bon nombre de plus ou moins jeunes écrivains de S.F. française qui se prennent pour des intellectuels, s’immiscent dans ce genre de littérature mais ne parviennent pas à véritablement construire une histoire qui tient en haleine, décriée également par bon nombre de lecteurs, Maurice Limat était donc mis à l’honneur.

La biographie de Maurice Limat, titrée L’homme aux millions de mots, a été établie, d’après un documentaire tourné par les Productions de la Lanterne. Sont évoquées les années Fleuve Noir, mais aussi les années Ferenczi, là où il fut peut-être le plus prolifique, narrant moult anecdotes savoureuses. Il jette un regard critique sur toutes ces années de production effrénées, passant d’un éditeur à un autre, éditeurs qui changeaient souvent la donne sans prévenir les auteurs. Et des traces d’amertume suintent au détour des lignes. Suivent deux textes rédigés par Maurice Limat, Travailler chez Ferenczi, regrettant la disparition de cette maison d’édition supplantée par les magazines dits du cœur, terminant son article par ces lignes :

Mais les millions et les millions d’exemplaires diffusés, vilipendés par certains (ne parlait-on pas de littérature au kilo ?) ont apportés tant de rêves, tant de joies saines et simples à d’innombrables lecteurs aux moyens financiers limités (comme les auteurs) qu’il faut donner un souvenir reconnaissant de ce que fut la maison d’édition Ferenczi.

Une lettre de Teddy Verano, le héros mythique, le détective de l’étrange et de l’impossible, à Maurice Limat, complète cette première partie avec un regard de Claude Hermier qui dissèque quelques petits romans parus dans de petites (par le format) collections populaires telles que Mon Roman d’Aventure.

La deuxième partie, est consacrée à divers textes de Maurice Limat, des contes et nouvelles, des poèmes et même une pièce de théâtre, un drame en un acte, Les yeux de l’autre, dont la première représentation eut lieu au Théâtre du Grand-Guignol le 14 décembre 1948.

 

En fin de volume, c’est une recension de la bibliographie exhaustive de Maurice Limat, Bibliographie établie par ordre chronologique, Bibliographie par éditeur et par collection et enfin Bibliographie par titre. De quoi s’y retrouver parmi les 472 romans signés Maurice Limat, Maurice d’Escrignelles, Lionel Rey, Lionel Rex ou encore Jean Scapin sans oublier des contes et nouvelles et des scénarios de bandes-dessinées.

Bref un formidable outil de travail pour les chercheurs et les amateurs de Maurice Limat (si, il y en a !) qui peuvent établir ainsi une liste de recherche des titres qui leur manquent, si leur moyen financier le leur permet.

 

Pour ceux qui seraient intéressés par cet ouvrage, il est toujours disponible à l’adresse ci-dessous :

Quelques chroniques d’ouvrages de Maurice Limat :

Collectif : Maurice LIMAT, l’entreprise du Rêve. Collection La Bibliothèque d’Abdul Alhazred N°4. Editions Œil du Sphinx. Parution 10 mars 2002. 264 pages. 16,20€

ISBN : 978-2914405089

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 03:16

Bécassine n’était pas si bécasse que ça !

Revue Rocambole N° 86/87 : Dossier Pinchon, Bécassine et C°.

Si une frange bretonnante rejette le personnage de Bécassine, il n’en va pas de même des autres provinciaux qui se reconnaissent plus ou moins en elle. Et elle aurait pu être aussi bien Picarde que Limousine, car même si certains affirment qu’elle porte une coiffe de Pont-Aven, qui d’ailleurs n’est guère ressemblante à la véritable, cela ne veut rien dire. En effet, de nos jours, tous ces gamins et adultes qui arborent fièrement des maillots de l’équipe de France de football, ou de footballeurs richissimes, sont-ils tous des joueurs pratiquants ?

Donc Bécassine, qui a enchanté des générations de jeunes lecteurs, aussi bien masculins que féminins, mais aussi d’adultes, est représentative des Français migrants vers la capitale pour trouver un emploi. Evidemment les Bretons sont largement représentés dans cet arrivage massif de demandeurs d’emploi, mais d’autres régions peuvent revendiquer également cet afflux. Auvergnats, les fameux bougnats et cafetiers, Savoyards, ces petits ramoneurs, et bien d’autres. Donc les Bretons, qui se sont même constitués en associations, se proclamant fièrement les Bretons de Paris.

Bécassine était une jeune fille naïve et ingénue, comme bien d’autres jeunes provinciales (ou provinciaux) qui encore de nos jours débarquent dans la capitale sans posséder de repères. Un peu moins maintenant que les concours de fonctionnaires et les mutations changent la donne.

Ce dossier, copieux, consacré à la première des héroïnes de bandes dessinées, revisite le mythe mais présente surtout son auteur, ou plutôt son dessinateur. Car Joseph Porphyre Pinchon, même s’il a écrit par ailleurs des nouvelles, n’est pas le scénariste des histoires qui mettent en scène Bécassine. D’ailleurs Bécassine est née un peu par hasard, le 6 février 1913 dans La Semaine de Suzette. Jacqueline Rivière, la rédactrice en chef de ce magazine, signe L’erreur de Bécassine, une histoire en une planche afin de boucler la dernière page, la page 16 restée vierge. Et comme Pinchon passait par là afin de remettre quelques dessins, elle lui demande d’illustrer cette historiette. Et c’est ainsi que tout débute.

Ensuite ce sera un certain Caumery qui écrira les scénarii des aventures de Bécassine. Caumery qui n’est autre que le pseudonyme de Maurice Languereau, le neveu de l’éditeur, Henri Gautier, et dont le nom perdure de nos jours sous le label des éditions Gautier-Languereau.

Pinchon, dont seul le nom surnage encore dans les esprits des lecteurs, et encore, a débuté comme peintre, mais fait plus méconnu, il fut dessinateur en chef à l’Opéra, dessinant les maquettes de très nombreux costumes, se montrant même révolutionnaire en ce domaine. Et encore plus méconnu, il fut durant la Première Guerre Mondiale chef de section dans une compagnie de camouflage. Mais il tâtonna également du cinéma.

 

Bécassine jouissant d’impopularité ? Comment ce fait-ce ? Pourtant cette brave jeune fille, native de Clocher-les-Bécasses, un nom de village qui n’est pas à proprement parler typiquement breton, connut les opprobres, encore peu, avec le film de Bruno Podalydès en 2018.

Les œuvres de Joseph Porphyre Pinchon, une bibliographie critique, un coup d’œil sur les romanciers publiés dans La Semaine de Suzette, Bécassine après Pinchon, et d’autres articles complètent ce dossier sur le créateur de Bécassine.

Mais ce numéro double du Rocamble propose également un article de Francis Lacassin, sur Bécassine et publié en 1969 dans Le Magazine Littéraire. Et dans la partie Varia, on trouvera des précisions sur un auteur méconnu, Maryan, sur L’enfance dans l’œuvre de Delly, Quand Maurice Leblanc cite Gustave Aimard ou encore Dans les mines du second rayon ou lorsque Albert Bonneau (re)visite Harlem, des précisions complémentaires à RétrofictionS, sans oublier les Contes du Rocambole : trois nouvelles signées Pinchon, Ferdinand le Gourmand ; Max Daireaux qui, avant Agatha Christie, écrivit Un crime de l’Orient-Express et une nouvelle méconnue de Paul Féval, Le banquier de cire et bien d’autres articles encore.

Petit reproche : au début le Rocambole paraissait quatre fois l’an. Depuis quelques années, un numéro double s’intercale, rétrécissant le rythme de parution. Et cette année, il n’y aura que deux numéros doubles. D’accord, le nombre de pages est identique que s’il y avait quatre volumes, mais quand même. Le plaisir n’est plus aussi vif que lorsqu’on attendait tous les trois mois son numéro du Rocambole.

Pour commander ce numéro ou s’abonner (ce qui est préférable) au Rocambole, une seule adresse :

 

Revue Rocambole N° 86/87 : Dossier Pinchon, Bécassine et C°. Editions AARP. Parution le 1er juin 2019. 352 pages. 30,00€.

ISBN : 978-2912349736

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 03:41

Anticipation ancienne ou retour vers le futur ?

Revue Galaxie 1ère série

Cette revue française de science-fiction, dont le premier numéro paraît en novembre 1953, est une émanation d’une revue américaine, comme le furent d’autres magazines à cette époque et dont les plus célèbres furent Fiction magazine, pour la SF, et Mystère Magazine Ellery Queen ou Alfred Hitchcock Magazine ou encore Le Saint Magazine.

A l’origine elle ne comporte que des textes américains et le nom du traducteur est omis.

Au sommaire de ce numéro 1, quatre nouvelles et un roman découpé en feuilleton sur trois numéros.

 

Damon Knight : comment servir l’homme. (Page 7)

Peuple venu de l’au-delà des étoiles, les Kanamites ne sont guère engageant de par leur aspect physique. Aussi, leur proposition de faire des cadeaux à l’Homme, est accueillie avec méfiance. Naturellement les scientifiques se penchent sur la question, posant leurs questions à l’aide d’un appareillage placé sur la tête de l’un des Extra-terrestres, mais il leur faut par deux fois demander la réponse exacte. Deux traducteurs attachés à un organisme international sont chargés de se mettre en contact avec les Kanamites, de comprendre leurs motivations et l’un d’eux va même essayer de traduire un de leur livre. Un épilogue en forme de pirouette.

Citation :

Il existe plus d’énigmes dans une pierre que dans la tête d’un philosophe. Les motifs qui font agir un être intelligent, bien qu’ils puissent sembler parfois obscurs, sont la simplicité même en comparaison du fonctionnement complexe de l’univers naturel.

 

Clifford D. Simak : Dans le torrent des siècles. 1er épisode. (Page 14).

 

Théodore Sturgeon : Les étoiles sont vraiment le Styx. (Page 56).

 

Fredric Brown : Lune de miel en Enfer. (Page 83).

Cette nouvelle rééditée dans la collection Présence du Futur chez Denoël dans un recueil éponyme en compagnie d’une vingtaine d’autres du même auteur, a été traitée dans un article dont vous pouvez lire la teneur ici :

http://leslecturesdelonclepaul.over-blog.com/2019/04/fredric-brown-lune-de-miel-en-enfer.html

 

Isaac Asimov : Deux touffes de fourrure verte. (Page 109).

L’Être s’est introduit dans un vaisseau spatial regagnant la Terre. Un Être minuscule que l’on ne peut distinguer que par la particularité de posséder deux touffes de fourrure verte sur le corps. Les Fragments-de-vie (les hommes) qui se sont à l’intérieur du vaisseau sont inquiets, persuadés d’avoir été contaminés, lorsque la Barrière qui protégeait la planète dont ils se sont approchés a craqué. L’Être pour se cacher se transforme en filament et prend la place d’un bout de cordon électrique qu’il a scindé.

L’épilogue est logique et amusant, mais méfiez-vous quand même.

 

Ce recueil ne propose qu’une présentation rapide de ce premier numéro en guise de préface, mais les titres originales des nouvelles et leur(s) traducteur(s) ne sont pas indiqués. Seul le dessinateur Don Sibley, illustrateur de la nouvelle de Fredric Brown, est mentionné.

Cette revue paraîtra de 1953 à 1959 puis après un arrêt d’un peu plus de quatre ans renaîtra de ses cendres avec Maurice Renault comme directeur, qui publia Mystère Magazine à partir de 1948, Alfred Hitchock Magazine en 1961, pour le domaine policier, Galaxie et Fiction pour la science-fiction, et Alain Dorémieux en tant que rédacteur en chef.

 

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 04:25

Une idée pour le rapprochement des peuples ?

Recherche bébés mâles désespérément !

Fredric BROWN : Lune de miel en Enfer

Ecrite en 1950, cette nouvelle nous transporte dans une anticipation proche, le 16 septembre de l’année 1962 et les jours qui suivent très exactement. Les lecteurs qui lurent ce texte à l’époque de sa parution pouvaient tout imaginer, mais de nos jours, on se dit que si certaines situations ont pu se réaliser, d’autres sont loin d’être accomplies.

Ce qui n’était pas nouveau, et qui perdura durant quelques décennies, c’est l’antagonisme entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Alliance Orientale composée de la Russie, de la Chine et leurs satellites de moindre importance. La course à la Lune en était le motif immédiat et principal.

Seulement les donnes changent lorsque les naissances commencent à n’enregistrer que des enfants de sexe féminin. Les mâles bientôt vont disparaitre de la surface de la Terre si cette particularité se perpétue. A début cela n’était qu’épisodique, mais bientôt l’état-civil n’enregistre que des gamines. Et cela aussi bien dans le boc de l’Est qu’en Amérique. Et partout sur Terre, quelle que soit la nation et son appartenance politique. Un phénomène qui inquiète savants et gouvernements de tous bords.

La solution viendrait, peut-être, du recrutement de Ray Carmondy, obscur employé comme opérateur auprès d’un appareil cybernétique ou calculateur électronique appelé Junior, chargé de poser des questions et de recueillir les réponses. Cela fait quelques années qu’il officie un peu comme programmateur, mais auparavant il fut l’un des premiers et rares pilotes de fusée à alunir, ce qui lui confère une aura certaine et lui aura permis d’obtenir le grade de capitaine.

En effet, après avoir étudié son profil, les responsables pensent qu’en le mariant (heureusement qu’il est célibataire) à une jeune femme russe possédant le même profil, cosmonaute célibataire, ils pourraient procréer de petits garçons. Mais pour cela il leur faut envoyer les deux candidats désignés d’office sur la Lune, afin d’échapper à une quelconque entité négative provenant, peut-être de l’espace.

Après quelques préliminaires, accord obligatoire de la Russie et de la future mariée, qui se prénomme Anna, rencontre par visioconférence et mariage idem, voilà les deux tourtereaux en devenir fonçant chacun à bord de leur nef. Ils doivent se retrouver dans le Cratère de l’Enfer, et grâce aux fusées-ravitailleuses qui vont les accompagner, se construire un petit nid douillet.

 

L’on retrouve dans ce texte tout l’humour de Fredric Brown pour un sujet grave. La disparition de l’être humain par la sélection d’un sexe unique sans possibilité de procéder à des inséminations artificielles. La dérision du propos ne cache pas non plus l’antagonisme entre Russes et Américains, leur volonté de parvenir à s’accaparer le domaine spatial.

Mais Fredric Brown trouve une solution qui équivaudrait à instaurer une paix durable, alors qu’au même moment, mais cela il ne pouvait le prévoir, la guerre froide est à son apogée avec la construction du mur de Berlin et la crise des missiles de Cuba.

Ce qu’il avait imaginé en 1950 ne peut donc se réaliser en 1962, mais ceci pourrait être une solution aux guerres qui se déclenchent un peu partout. Sans que la génétique soit un facteur de rapprochement obligé quoique de nos jours certains palliatifs ont été découverts. Mais ceci est une autre histoire.

Goûtons plutôt cette histoire qui joue avec dérision sur un problème sensible.

 

Cette nouvelle a été reprise en compagnie de dix-neuf autres nouvelles dans un volume titré Lune de miel en Enfer, et a connu diverses rééditions principalement dans la collection Présence du Futur chez Denoël à huit reprises entre 1964 et 1997.

Fredric BROWN : Lune de miel en Enfer

Pour plus de renseignements sur ces nouvelles et ces rééditions :

 

Fredric BROWN : Lune de miel en Enfer (honeymoon in Hell – 1950. Traduction Jean Sendy révisée par Thomas Day). Collection Folio SF N°280. Parution 14 juin 2007. 368 pages. 7,90€.

Première édition : Revue Galaxie 1ère série. Illustrations de Don Sibley. Novembre 1953.

ISBN : 9782070342723

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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 15:12

Tout petit avec des grandes oreilles… !

Revue Rocambole N°85 : Mickey, une publication populaire.

A quatre-vingt-dix ans, la petite souris aurait pu prendre une retraite bien méritée ! C’est sans compter sur son charisme, son empathie avec les enfants (et les adultes !), son altruisme, sa joie de vivre, sa bonne humeur communicative, son éternelle jeunesse, et il n’est pas près d’abandonner !

Plus qu’un hommage à Mickey, ce dossier est consacré au Journal qui a enchanté durant des années bon nombre de lecteurs juvéniles, adolescents, et pourquoi pas adultes qui lisaient (lisent encore ?) ce magazine en cachette dans les toilettes.

Les collaborateurs de ce dossier se sont attachés à effectuer une rétrospective des deux magazines et à leurs cousins qui, en France, ont inondé les étals des kiosquiers. En effet Le Journal de Mickey a connu deux vies, la première à partir de 1934 lorsque Paul Winkler l’a créé avec l’aval de Walt Disney, la seconde en 1952, après une période de latence durant la Seconde guerre mondiale au cours de laquelle ne survécurent pas quelques magazines publiés en simultané : Robinson et Hop-là, fin des années 1930, et Donald qui fut édité de 1947 à 1953

 

Ce numéro, qui semble avoir été bouclé en urgence, est le complément indispensable à la revue hors-série du Journal de Mickey, éditée pour les 90 ans de la petite souris, une chronique que vous pouvez retrouver en fin d’article.

En effet, au travers des divers articles composant le dossier, on retrouve parfois les mêmes éléments décrits par leurs auteurs, éléments répétitifs et plus ou moins développés selon le thème proposé. Les différents rédacteurs se penchent sur la partie française du magazine, revenant sur sa création puis l’essor qui marqua les années 1952 à 1970.

Dans ce magazine, ne figuraient pas uniquement des planches ou des histoires complètes dont Mickey était le héros, dont la série historique de Mickey à travers les siècles, mais des romans puisés dans l’univers de Jules Verne à travers les adaptations télévisées ou cinématographiques par Disney et son équipe ou des romans-feuilletons issus de la littérature américaine, que ce soit dans la première série de Mickey, c’est-à-dire de 1932 à 1940 ou dans la seconde série à partir de 1952. Des romans qui mettaient en scène des personnages récurrents comme Franck Sauvage alias Doc Savage, signés Kenneth Robeson, ou des romans de H. Rider Haggard, d’Edgar Rice Burroughs, ou encore Yves Dermèze, Conan Doyle et bien d’autres.

Des feuilletons qui s’inscrivaient également dans l’air du temps sous forme de bandes dessinées et dont les titres ne manqueront pas de raviver d’agréables souvenirs à certains lecteurs : Zorro, Thierry la Fronde, Le temps des copains dont l’un des interprètes se fera un nom comme imitateur de Charles De Gaulle, j’ai nommé Henri Tisot.

Un numéro, malgré certaines répétitions et erreurs, intéressant et se démarquant quelque peu de la production éditoriale du Rocambole, même si cette revue est destinée à explorer la littérature populaire sous toutes ses formes.

Parmi les erreurs et bévues relevés, je citerai une affirmation qui dure depuis des années, malgré les nombreux rappels que j’ai pu effectuer ici ou là. A ce propos voir mon entretien avec Alain Page ici. Jacques Baudou, dans son article De l’influence des feuilletons et des séries TV sur les bandes dessinées publiées dans Le Journal de Mickey, écrit dans sa note 2 : La forêt frémit à l’aube d’Henri Dalbret (pseudonyme d’Alain Page). Or Alain Page n’a jamais utilisé le pseudonyme d’Henri Dalbret !

Dans Histoire du Journal de Mickey, article signé Michel Mandry qui a travaillé durant quarante dans le magazine d’abord comme rédacteur, puis rédacteur-en-chef et enfin comme conseiller technique, adaptateur, formateur et archiviste, des notes sont annoncées mais ont mystérieusement disparu.

Enfin Daniel Compère écrit, dans Un romancier populaire dans Le Journal de Mickey : le cas particulier de Jules Verne, … plus récemment, en avril 2005 (année du centenaire de la naissance de Jules Verne)… il faut lire évidemment année du centenaire du décès de Jules Verne !

D’autres articles complètent ce dossier dont ceux de Jérôme Serme qui exhume Les enquêtes de Rossiter Simon Logan de Roger Hutchins, article Dans les mines du second rayon, ou encore de Fleur Hopkins qui nous raconte L’histoire du prix Maurice Renard, ou encore de Patrick Ramseyer qui nous livre le Coin des pseudonymes et autres recherches biographiques.

Enfin, pour la bonne bouche dans la rubrique Les contes du Rocambole, La vapeur écarlate, une courte nouvelle illustrée de Gustave Le Rouge et présentée par Alfu. Ce court récit, publié en six feuilletons dans l’hebdomadaire Les Trois couleurs du 4 avril au 9 mai 1918, ressemble à un scénario ou à un synopsis qui aurait pu être plus longuement détaillé mais ne boudons pas notre plaisir.

 

Revue Rocambole N°85 : Mickey, une publication populaire. Editions AARPP. Parution décembre 2018. 176 pages. 18,00€.

ISBN : 978-2-912349-72-9

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 09:20

Soixante ans d’éditions populaires !

Les publications Ferenczi. Revue Le Rocambole N°82.

Les jeunes n’ont pas connu cette maison d’édition qui inonda le marché de fascicules en tous genres, policiers, fantastiques, aventures, amour, pour un petit prix jusqu’au début des années 1960.

De petits livres dont la pagination variait en fonction des collections, ainsi que des aléas éditoriaux, qui pouvaient osciller entre 16 jusqu’à 128 pages, et dont la parution était hebdomadaire. On peut encore dénicher dans les vide-greniers ces petits ouvrages, parfois bien endommagés, et que recherchent les collectionneurs et amateurs de littérature populaire ancienne. De nos jours il n’existe plus de collections populaires, à des prix abordables. Mais comme à toute règle il existe des exceptions, me faut-il signaler toutefois Les Editions du Carnoplaste, sous la sainte bénédiction de Robert Darvel, qui proposent des fascicules de 32 pages au prix gastronomique (seuls les gourmands de littérature populaire apprécieront) de 3€. Mais ceci est une autre histoire et un autre débat.

Ce nouveau numéro de la revue le Rocambole retrace cette épopée littéraire qui œuvra pour le plus grand plaisir des lecteurs prolétaires, mais posséda sa collection dite de prestige.

De l’origine de cette maison d’édition créée en 1896 par Jozsef Fischer, né en Hongrie en 1855, arrivé en France en 1879, changeant ses prénom et nom vers 1886 en Joseph Ferenczy, puis vers 1916/1947 en Ferenczi, jusqu’en 1964 avec la disparition d’Henri Ferenczi, l’un des deux fils de Joseph, les différents contributeurs proposent une étude quasi complète.

Les débuts difficiles, les maisons d’éditions concurrentes, les années de la Première Guerre Mondiale, les remous, les diverses collections, une tentative de listage des fascicules, la Seconde Guerre Mondiale, la main mise par Jean de La Hire, la transformation en Editions du Livre Moderne, puis le retour à la dénomination originelle des éditions Ferenczi et les dernières publications avec les collections Le Verrou et Feux Rouges.

Le mieux est peut-être de vous détailler le sommaire de ce dossier intéressant en tout point, comportant de très nombreuses illustrations, avec ce sentiment de frustration car on aurait aimé en savoir encore beaucoup plus :

 

Les publications Ferenczi, par Daniel Compère & Jean-François Le Deist.

Les débuts des éditions Ferenczy, par Daniel Compère.

La maison d’édition J. Ferenczi & fils, par Myriam Quéré.

Ferenczi éditeurs. Repères chronologiques, par Jean-François Le Deist.

Ferenczi et le roman policier, par Jacques Baudou.

Ferenczi, de Maurice Level à Colette, par Jean-Luc Buard.

L’aryanisation des éditions Ferenczi (1940-1942), par Marie Puren.

Henri Armangol, par François Ducos.

La gouache du rêve, par Guy Costes.

Les débuts de Ferenczy révélés, par l’assassin de Sadi Carnot, par Marcel Hutin.

Le bluff des tirages, par Pierre Lagarde.

 

Comme on peut s’en rendre compte, un dossier copieux et pourtant incomplet, car la recension des diverses collections, fascicules ou grands formats, mériterait à elle seul un volume épais de plusieurs centaines de pages. Jacques Baudou s’attache à recenser quelques-unes de ces collections. Le Roman policier, créée en 1916 perdurant jusqu’en 1923 avec un total de 206 titres, passant de 48 pages à l’origine puis à 32 pages. Sont ainsi déclinés, avec l’historique et les principaux auteurs marquants, Police & Mystère, Crime & Police et Police, Le Petit Roman Policier, Mon Roman Policier, Le Verrou et Le Fantôme, Police & Mystère nouvelle série, et enfin Feux Rouges.

Mais comme les éditions Ferenczi ont œuvré dans tous les domaines du roman populaire, fantastique, policier, science-fiction, aventure, sentimental, jeunesse, romans-cinéma, le travail à effectuer est colossal, car décliner les titres des collections sans établir un listage du contenu n’offre guère d’intérêt. En effet, parmi les très nombreux auteurs qui ont publié chez Ferenczi, certains auteurs, célèbres à leur époque comme Georges Spitzmuller, Michel Nour, Félix Léonnec, Marcel Idiers, René Poupon, rédigeant dans tous les domaines de la littérature populaire ; d’autres qui possèdent encore une petite aura auprès des anciens lecteurs, Marcel Allain, Jean de La Hire, Marcel Priollet, Albert Bonneau, H.J. Magog, tous utilisant de nombreux pseudonymes, et ceux dont on parle encore, Léon Sazie avec les rééditions de Zigomar, Maurice Limat, Ange Arbos plus connu sous le nom de Marc Agapit et surtout Georges Simenon, qui signa Jean du Perry et Christian Brulls.

Liste non exhaustive bien évidemment.

Mais les éditions Ferenczi, ne pouvaient se contenter des publications populaires et, tout comme le fit plus tard les éditions Fleuve Noir avec la collection Grands Romans, elle se lança dans une collection de romans dits littéraires, avec la collection Le Livre Moderne Illustré qui accueillit en son sein des auteurs prestigieux tels que Georges Duhamel, Francis Carco, les deux frères Rosny pour des romans individuels, Céline, François Mauriac, Gabriel Chevalier, Rachilde… Là encore, liste non exhaustive.

On ne peut passer sous silence les divers illustrateurs des couvertures des fascicules, qui furent également à l’origine du succès de cette maison d’édition, tels que Henry Armengol, Georges Vallée, Raymond Houy ou encore Georges Sogny.

 

En forme de digestif, après ce repas copieux, ce dossier est suivi de l’analyse de Les enfants de la Louve d’André Beucher par Jérôme Sorme et Le coin des pseudonymes par Patrick Ramseyer. Mais dans le dossier des éditions Ferenczi, d’autres pseudonymes sont dévoilés, ce qui est toujours intéressant pour les chercheurs de lectures anciennes. Bonne lecture !

 

 

Pour commander cet ouvrage ou pour tout simplement vous abonner, ce qui serait encore mieux :

Vous pouvez également pointer le curseur de votre souris sur le lien suivant qui offre une synthèse et quelques liens sur différentes collections des éditions Ferenczi :

Les publications Ferenczi. Revue Le Rocambole N°82. Editions AARP. Parution Avril 2018. 176 pages. 18,00€.

ISBN : 9782912349705

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 09:18

Le mystère est résolu : c’est un palindrome !

Revue Rocambole N°81 : Le mystère Maurice LEVEL.

Certains auteurs disparaissent de la mémoire littéraire sans que leur talent soit mis en cause, tandis que d’autres continuent leur petit bonhomme de chemin alors qu’ils ne sont que des tâcherons.

Pourquoi cette dichotomie ? Les raisons, valables, pour expliquer cette différence de traitement, sont nombreuses, mais il en est une qui prévaut : le support sur lesquels les textes, nouvelles ou romans-feuilletons, ont été publiés.

Cette particularité a été étudiée par Alfu dans le Rocambole N°80, La vérité sur le Rocambole, et plus particulièrement dans son article Les publications dans la presse samarienne. De très nombreux auteurs ont été publiés dans des journaux, quotidiens ou hebdomadaires au XIXe et début XXe siècle, des magazines littéraires ou dans des almanachs, sans que leurs écrits soient réunis en volumes par des maisons d’éditions. Ce qui fait que ces textes, et parfois leurs auteurs, sont tombés dans l’oubli, les archives disponibles et consultables n’étant guère à la disposition de tous, de par leur antériorité.

Et l’on peut se demander aujourd’hui si les auteurs de nouvelles, publiés dans des magazines féminins comme Nous Deux, par exemple, ne tomberont pas eux aussi dans le cimetière de l’indifférence générale, or pourtant certains d’entre eux mériteraient une véritable reconnaissance. Surtout quand des auteurs comme André Caroff et Brice Tarvel ont fourni des nouvelles, sous d’autres alias, pour ce magazine et que leurs textes seront définitivement perdus s’ils ne bénéficient pas un jour d’une réédition papier en volumes. Et l’on peut extrapoler sur les supports genre liseuses, quid des textes publiés par ce biais sans qu’il y ait une trace papier ?

Mais revenons au sujet qui nous préoccupe et qui est le fondement même du dossier de ce numéro de la revue Rocambole. Maurice Level. Un écrivain injustement oublié, en France, alors que sa popularité dépassa les frontières, puisqu’il fut traduit aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie et même jusqu’au Japon.

Et en France, retrouver les contes et nouvelles de Maurice Level, écrits entre 1901 et 1926, année de son décès, n’est pas une sinécure. Pourtant d’infatigables chercheurs, des fervents se sont attelés à cette tache ingrate mais passionnante. En premier lieu Jean-Luc Buard, maître d’œuvre de ce dossier copieux et pourtant incomplet.

Dans son article Maurice Level, récit d’une expérience, Jean-Luc Buard décrit les difficultés qu’il a rencontrées pour retrouver des traces des textes de ce conteur dans les différents supports qui l’ont publié. Et le titre du premier chapitre est assez significatif : Comment faire revenir un auteur oublié ? Heureusement, depuis quelques années, la numérisation des journaux du début du XXe siècle, et les bases de données de Gallica, mais également d’autres sites, lui ont permis, non seulement de retrouver les publications en France, mais également à l’étranger. Et de pouvoir communiquer avec d’autres amateurs de cette littérature qui s’est largement exportée.

Et en lisant cet article, me rendant compte du travail colossal effectué, de recherches, de comparaisons, de la rédaction d’introductions pour divers supports, je me suis demandé quand Jean-Luc Buard trouvait le temps de se reposer. Car tout en s’activant sur les textes de Maurice Level, il travaille sur d’autres auteurs, comme sa thèse sur Marie Aycard, et comme de plus il est très exigeant, il ne laisse passer aucune scorie dans ses écrits et recherches.

Suspense et épouvante chez Maurice Level, tel est le sujet traité par Daniel Compère. Et Suspense et épouvante sont bien les maîtres mots de l’œuvre de Maurice Level, qui joue également sur la peur, l’effroi, avec parfois une sorte de dérision et un humour noir. En témoignent d’ailleurs les quatre nouvelles qui complètent ce dossier.

Quant à Philippe Gontier, il s’intéresse aux médecins et aux malades dans l’œuvre de Maurice Level. Des personnages récurrents, traités dans des approches différentes, avec toujours ce goût pour la peur, le machiavélisme, l’effroi, et un humour noir qui fait renverser certaines situations, offrant des chutes plus ou moins réalistes, frisant parfois le fantastique tout en restant dans le domaine du possible.

Mais il ne faut pas oublier que Maurice Level, comme bien d’autres de ses confrères romanciers, de Conan Doyle jusqu’à Frank Slaughter en passant par A.J. Cronin, et quelques Français dont Octave Belliard, Georges Duhamel, Victor Segalen et le trop encensé Louis-Ferdinand Céline, fit des études de médecine avant de se tourner vers l’écriture.

Suivent des articles recensant et présentant les contes de Level, traduits en Espagne, en Italie, au Japon, et des adaptations cinématographiques en Turquie, dès 1919, ce qui complète l’article de Jacques Baudou, Maurice Level au cinéma et à la télévision.

Enfin, Jean-Luc Buard nous offre une chronologie de Maurice Level, tandis que dans un autre domaine, Patrick Ramseyer a concocté le Coin des pseudonymes et autres recherches biographiques.

Pour les amateurs, signalons que Jean-Luc Buard a procédé à des éditions ou rééditions en recueil des nouvelles de Maurice Level chez Lulu.com et dans la revue Le Visage vert. Et bientôt chez Les Moutons électriques éditions.

 

Revue Rocambole N°81 : Le mystère Maurice LEVEL. Ouvrage dirigé par Jean-Luc Buard. Editions Amis du Roman Populaire. Parution décembre 2017. 176 pages. 18,00€.

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 13:12

Vingt ans, le bel âge paraît-il. Et pas question

d’arrêter en cours de route.

Revue Rocambole N°80 : La vérité sur le « Rocambole ».

Ce numéro 80, qui salue les vingt ans d’existence de la revue Le Rocambole, est l’opportunité rêvée de la part des rédacteurs pour faire le point sur le travail accompli et sur ce qu’il reste à défricher.

C’est-à-dire tout ou presque, car la littérature populaire est si riche, depuis sa naissance que l’on ne peut dater exactement, tant les auteurs et leurs ouvrages peuvent aussi bien être considérés du domaine populaire que du classique, que l’on sait que l’on n’en verra jamais le bout, et c’est un peu cette somme de travail qui motive les troupes rédactionnelles.

Combien de découvertes et de redécouvertes au cours de ces quatre-vingts numéros, de territoires explorés, de mises au point, d’hommages, d’envies et de passion.

Daniel Compère dans son Tour du Rocambole en 80 numéros en précise la naissance, détaille les différentes approches effectuées tout au long de ces vingt années d’existence, que ce soit dans les dossiers consacrés à un auteur, une tendance, une analyse approfondie des médias, les journaux du XIXe et début XXe siècle, les éditeurs aujourd’hui disparus qui ont contribués à mette en valeur des romanciers devenus célèbres, les thèmes romanesques ou théâtraux, le contexte dans lesquels ces romans ont été rédigés, les illustrateurs qui souvent ont joué un rôle très important pour ne pas dire primordial dans le succès de certains ouvrages, ou que ce soit dans ce que l’on pourrait appeler les annexes : les Révélations du Rocambole qui ont permis de peaufiner quelques pseudonymes, d’en dévoiler d’autres, d’en confirmer ou infirmer certains. La Malle aux docs, Le Front populaire qui est un recensement des différents événements, parutions externes, de rééditions parfois confidentielles, les Varias, la Revue des autographes, et surtout, pour moi, la présentation d’auteurs méconnus et la publication de quelques-unes de leurs nouvelles publiées dans des journaux d’époque et qui n’ont jamais été rééditées ou publiées en recueils.

Et dans cette livraison, Jean-Luc Buard nous entretient d’André Birabeau qui signa également Beauby, et nous propose trois courtes nouvelles qui relèvent bien du genre populaire, avec des fins à chute. Le tout en une narration vivante, dénuée de vulgarité ou de violence, toute en finesse, et humoristiques, voire sarcastique et ironique. La première, La Profession imprévue, met en scène un pauvre hère, un mendiant parisien, qui cherche à se suicider en se jetant d’un pont tout en essayant d’attirer l’attention d’un passant. Cette historiette m’a fait penser à Boudu sauvé des eaux, pièce de théâtre à l’origine de René Fauchois avant d’être adaptée en 1932 par Jean Renoir pour le cinéma. A la différence près que la pièce de théâtre n’a été écrite qu’en 1919 tandis que la nouvelle d’André Birabeau fut publiée en 1916. Suivent De l’assassinat considéré comme une entreprise commerciale et Souvenir.

C’est par hasard que Jean-Luc Buard a découvert cet auteur et ces textes, comme bien souvent, en épluchant les journaux, Le Rire, le Journal, Le Matin, Fantasio, et bien d’autres, pour des recherches qu’il effectuait concernant Marie Aycard et Maurice Level. Mais la découverte d’un texte, d’un auteur, fournissent au chercheur passionné des pistes nouvelles, et c’est ce travail de dépouillement que Jean-Luc Buard nous narre, via des microfilms, des publications de la BnF et de Gallica et d’autres supports. Un travail de longue haleine, qui dure depuis près de trente ans et qu’il nous livre avec rigueur. Un article intitulé La littérature invisible et les aupopos, ce qui décrypté signifie que très souvent, les auteurs, et leurs textes, qui fournissaient des contes et nouvelles, voire des romans pour les journaux, n’ont pas l’heur d’être publiés en livres, ce qui fait qu’ils restent invisibles pour la plupart des lecteurs sauf lorsque d’heureuses initiatives, comme celle du Rocambole mais également d’autres éditeurs tel La Clé d’Argent, les exhument des limbes dans lesquels ils sont restés confinés durant des décennies. Quant aux Aupopos, il s’agit tout simplement des Auteurs Populaires Potentiels, un clin d’œil à l’Oulipo et son petit frère l’Oulipopo.

Je pourrais signaler également l’article d’Alfu et Francine Delauney, les publications romanesques dans la presse samarienne, c’est-à-dire du département de la Somme. Vingt trois journaux ont été consultés, ce qui prouve la vitalité de la presse de province d’avant-guerre mais qui ont connu des fortunes diverses, un millier d’auteurs encore célèbres ou totalement méconnus de nos jours. Et il est intéressant de remarquer, d’après le tableau qui figure dans l’article que tous ces romanciers ou nouvellistes ne furent pas logés à la même enseigne. Un constat édifiant. Par exemple, en tête de liste Jules Mary figure pour 54 titres dans 10 journaux, suivi de Max du Veuzit pour 34 titres dans 7 journaux, mais que Jules Verne, pourtant marié avec une Amiénoise et s’installant dans ce département en 1872, n’aura que 12 titres publiés dans 2 journaux.

Un article riche d’enseignement à divers… titres.

Bien d’autres articles complètent cette revue mais il faut garder une part de mystère, comme les bons vieux romans-feuilletons.

J’aimerai juste signaler une dernière petite chose. 18,00 € pour 176 pages, d’accord, mais la police de caractère est très petite, un peu comme ça : Après vingt années de publication de Rocambole… Ce qui pour une police de caractère plus conséquente doit avoisiner au moins les 250 pages. Une estimation à vérifier.

A signaler également que l’adhésion simple est de 49,00€ pour 4 numéros par an, dont un numéro double, ce qui fait 3 revues en réalité mais le numéro double, comme son nom l’indique comporte le double de pages, donc pas d’arnaque.

Et vous pouvez adhérer, ce qui est fortement conseillé, en vous rendant sur le lien ci-dessous :

 

Quelques chroniques sur le Rocambole afin de vous démontrer la diversité des thèmes abordés et traités :

Revue Rocambole N°80 : La vérité sur le « Rocambole ». Ouvrage dirigé par Alfu & Daniel Compère. Un volume broché, 14 × 20 cm. Parution octobre 2017. 176 pages. 18.00 €.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 09:46

Cette année, la revue Le Rocambole fête ses vingt ans d’existence et le numéro 80 vient de paraître.

Le Rocambole N° 13 : Gustave Aimard.

L’occasion, avant de s’attarder sur cette nouvelle livraison, pour nous pencher quelque peu sur d’anciennes publications, toujours disponible.

Un dossier consacré à Gustave Aimard (et non Jean comme certains pourraient le croire), écrivain, romancier mais surtout aventurier. C’est dire si ce qu’il a écrit n’est pas vraiment de la fiction mais des tranches de vie améliorées.

D’ailleurs les historiens de cet auteur un peu perdu de vue ne s’y trompent pas. Ils traquent au détour des pages le réel de la fiction, le vécu de l’imaginaire. Un travail en profondeur car le terrain était en friche et il leur a fallu démêler un véritable fil d’Ariane. Qu’en soient remerciés ici Thierry Chevrier, le maître d’œuvre de ce dossier mais également James Cartier.

Ce travail en profondeur n’est pas une apologie, genre tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, mais sait discerner aussi les lacunes, les ambiguïtés, les fautes de styles et même les imputations de plagiat.

Parmi les autres articles qui composent le sommaire de ce numéro je retiendrai une lettre d’un lecteur américano-russe qui a vibré à la lecture des aventures d’Angélique, Marquise des Anges. Pour beaucoup cette saga est devenue quelque peu bon enfant, mais dans les années cinquante et soixante, ce fut un véritable raz de marée, un best-seller avant la lettre, paru en feuilleton dans les journaux à grand tirage de l’époque, France-Soir par exemple, et ce fut également un succès cinématographique remis souvent à l’honneur par des rediffusions télévisées.

Le succès d’une série suscite parfois des jalousies, c’est peut-être pour cela qu’Angélique Marquise des Anges et les onze ou douze autres volumes qui constituent cette saga historique semble aujourd’hui boudée, pour ne pas dire dédaignée.

 

Ce numéro de la revue Rocambole peut être commandé chez tous les libraires, dignes de ce nom, ou directement sur le site du Rocambole.

Le Rocambole N° 13 : .Gustave Aimard. Un volume broché, 14 × 20 cm. 176 pages. Parution hiver 2000. 14.00 €.

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Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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