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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 03:40

A ne pas confondre avec L’époux vante…

Maurice LEVEL : L’épouvante.

La trentaine, Onésime Coche, journaliste au Monde, désire s’imposer dans la profession. Et il égratigne souvent les représentants de l’ordre en déclarant à la fin de ses billets : La police est mal faite.

Un soir d’hiver, en sortant de chez son ami Ledoux où il a dîné, il entrevoit comme dans un rêve, la Gloire se promettre à lui. Comme si un double s’immisçait dans son esprit. Il est vrai que des vapeurs d’alcool flottent dans sa tête,

Il avait [déjà] éprouvé cette même sensation inattendue et nette d'être quelqu'un, de porter en lui de grandes choses, et de se dire: «En ce moment, si j'avais une plume, de l'encre et du papier, j'écrirais des phrases immortelles...»

Il est minuit et demi et il sait qu’il vient de louper le dernier tramway. Il ne lui reste qu’à remonter le boulevard Lannes, emprunter la rue Henri-Martin et rentrer chez lui à pied. C’est alors qu’il est le témoin d’une scène opposant deux hommes et une femme. Ils viennent de s’introduire dans l’une des demeures de l’avenue, s’emparant d’objets précieux. Mais l’un des hommes est blessé, ensanglanté.

Alors, effectuant des recherches, et grâce à quelques déductions, Onésime retrouve l’endroit du cambriolage. Il s’introduit dans la demeure, découvre un vieil homme décédé depuis peu, assassiné, et la pièce où il gît chamboulée. Comme l’un de ses mantras est de déclarer que la police est mal faite, il décide de ranger le bazar, et de disposer négligemment quelques indices, dont un bouton de manchette et des morceaux épars d’une enveloppe dont la suscription portait son nom mais n’est plus qu’une sorte de message. Il met les policiers au défi de remonter jusqu’à lui, qui est innocent.

Onésime fait parvenir à son journal un papier dans lequel il narre ce meurtre et le vol. Puis, au petit matin, il s’insère parmi les enquêteurs, se mêle aux journalistes présents, recueille auprès du commissaire du quartier quelques renseignements qu’il divulgue à certains de ses confrères. Puis il donne sa démission et décide de quitter son appartement, change deux trois fois de lieu de résidence afin d’effacer ses traces.

Le commissaire du quartier est dans l’embarras, échafaude un raisonnement ni bon, ni mauvais, mais son adjoint s’attelle à la tâche de résoudre cet imbroglio. La chasse est ouverte et Onésime se sent peu à peu traqué. Au départ ce qui n’était dans son esprit qu’un jeu, une bravade, se retourne contre lui. La descente aux enfers débute.

Qui va gagner dans ce bras de fer ?

 

Placé sous le signe de l’angoisse, qui peu à peu va transformer en épouvante comme l’indique le titre de ce roman, ce texte pourrait être considéré comme la fable de l’arroseur arrosé.

Et à force de vouloir jouer avec le feu, Onésime risque de se brûler les ailes et de finir sur l’échafaud. C’est ce combat entre le journaliste orgueilleux et bravache et les policiers déboussolés mais accrocheurs que Maurice Level raconte. Le suspense va grandissant, étant de plus en plus prégnant. La tension monte progressivement mais inéluctablement.

 

Vous pouvez télécharger gratuitement et légalement ce texte en vous rendant à l’adresse ci-dessous :

Maurice LEVEL : L’épouvante. Edition Ebooks libres et gratuits. Date parution mars 2012. 156 pages.

Première édition 1908.

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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 03:51

Loft story…

Luis ALFREDO : Téléréalité.

Pour le commandant René-Charles de Villemur, cette soirée aurait dû se dérouler comme les autres. Dans le calme et la sérénité, avec ses pensées vagabondes et mortuaires.

A partir de 19h30, la télévision est éteinte, et il préfère choisir un livre au hasard dans sa monumentale bibliothèque, placer un CD dans le lecteur, déguster un verre et un cigarillo. Et ses idées vagabondent, revoyant les morts qui jalonnent son parcours amoureux. Christian, son ami-amant avec lequel il a vécu deux ans, leur séparation et la découverte de son cadavre sur une plage landaise, ou encore Patricia dont il avait fait la connaissance lors de la traque d’un serial-qui-leurre, Patricia qui s’est suicidée. Il pense également à Joan Nadal, le détective parti à Lourdes pour régler une affaire de cocufiage confiée à lui par un mari jaloux.

Le téléphone l’arrache à ses pensées négatives. D’abord Patrick, le journaliste, qui l’informe qu’il se rend immédiatement à Lourdes, un reportage sur un mort tombé du haut de la Basilique et retrouvé parmi les cierges une dizaine de mètres plus bas. Les cierges ont-ils résisté à cette chute, l’histoire ne le dit pas.

Nouvel appel téléphonique, émanant cette fois-ci de son adjoint Octave avec lequel il fait ses gammes depuis dix ans. L’affaire est sérieuse. Une concurrente d’une émission de téléréalité a été découverte morte, un poignard dans le cœur. Dwelling s’appelle cette émission culturelle suivie par des millions de téléspectateurs qui se délectent à regarder les évolutions d’une bande de jeunes au physique hollywoodien confinés dans une demeure aménagée exprès pour cette étude sociale.

Cette demeure (dwelling en français) se situe à une dizaine de kilomètres de Toulouse (pour la candidate, c’est to loose !) aux portes de Muret, dans un ancien restaurant. Géraldine, la concurrente, a été retrouvée morte dans les toilettes, un poignard dans le cœur. Et les cabinets d’aisance n’étaient pas fermés de l’intérieur !

 

Débute pour le commandant Villemur, une enquête en local clos avec tout ce que cela implique d’interrogations et de démarches parfois inutiles.

René-Charles de Villemur se fait d’abord expliquer les règles du jeu auprès de la productrice déléguée, du réalisateur, du psychiatre de service, de quelques concurrents. Géraldine aurait dû depuis longtemps quitter cette résidence, mais le vote des téléspectateurs l’avait à chaque fois repêchée. Et il apprend également que les séquences montrées à la télévision ne reflètent pas forcément la réalité, car il faut du gratiné pour entretenir le suspense et surtout capter l’attention du public, sinon c’est la désaffection, et donc une perte irrémédiable de recettes publicitaires.

Et il hésite entre conclure à un meurtre, certains des candidats n’appréciant guère leur compagne de réclusion, volontaire au départ, ou à un suicide. Mais le suicide n’est guère envisageable car la poignée du couteau a été soigneusement nettoyée. De plus certaines séquences enregistrées ont été effacées, et d’autres caméras, dont celle placée dans les WC, sont factices.

Une enquête résolue en quelques heures par le commandant et son adjoint, mais cette intrigue n’est pas le seul intérêt de cette histoire. Le lecteur découvre les coulisses de ce genre d’émission de téléréalité suivie par des millions de téléspectateurs-voyeurs et se rend compte que le sensationnel prime sur la vérité.

Il est dommage que Luis Alfredo se complaise à cette mode abêtissante de l’utilisation d’un vocabulaire anglo-saxon, le mot dwelling et ses déclinaisons étant assénés à longueur de pages alors qu’il possède ses équivalents en français. D’autant que Villemur se montre quelque peu vieille France avec son nœud papillon, son couvre-chef mitterrandien et ses cigares dont il se délecte dès la nuit tombée, ses vis-à-vis profitant souvent des émanations fumigènes nocives.

Luis ALFREDO : Téléréalité. Itinéraire d’un flic. Saison 2, épisode 1. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Parution 24 août 2020. 96 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408256

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 03:05

A la mi-Août
On se sent plus dynamique
A la mi-Août
On s'amuse comme des fous…

Ray Ventura

Max OBIONE : Le pont.

Il fait chaud, il fait beau, c’est la canicule. Le narrateur n’est pas serein, d’abord parce que son serin bat de l’aile, ensuite parce qu’il lui faut garder sa mère. C’est moins pénible que garder un gosse turbulent mais quand même.

Sa sœur Mireille lui a confié la gestion de leur génitrice et des appareillages auxquels elle est attachée. Pas de risque qu’elle s’envole la mère. Pas plus que le serin d’ailleurs qui bat de plus en plus de l’aile.

Pour s’occuper, notre narrateur (en fait il n’appartient à personne, c’est une façon de s’exprimer) démonte puis remonte son outil de travail. Il en a soin de son Glock, il ne faut pas qu’il lui fasse défaut à un moment inopportun, ce qui pourrait lui être fatal. Et un revolver, c’est comme un portefeuille, ça ne se prête pas, c’est bien connu. Donc les révisions, l’entretien, c’est pour sa pomme.

Il fait toujours aussi chaud, le serin en a eu marre et il est couché dans sa cage. Dans l’autre pièce, celle où repose sa mère (j’allais écrire gît, mais ce n’est pas encore l’heure) le bip résonne. C’est bien la première fois depuis longtemps que sa mère le réclame. D’ailleurs l’a-t-elle aimé un jour, eu besoin de lui ? Bonne question, mais ce n’est pas l’heure de se la poser et encore moins d’y chercher une réponse.

Il faudrait qu’il appelle l’hôpital, mais en cette période de canicule, un quinze août qui plus est, pas sûr de trouver un palliatif. Débordés comme d’habitude.

 

Sous des dehors bourrus, comme une personne qui cache se pudeur et sa sensibilité en bougonnant, Max Obione nous livre une historiette émouvante et poignante.

Une mère malade et un fils indigne. Des retrouvailles après des années de conflits. Faut avouer qu’il l’avait bien cherché aussi Michel (oui, on apprend que notre narrateur se prénomme Michel au fil du récit) en se laissant enfermé pour cause d’indélicatesse avec la loi et la vie d’autrui.

Mais une petite visite, cela lui aurait fait plaisir, de temps à autre. Et aujourd’hui le voici transformé en garde-malade, en veilleur d’agonisante, en intérimaire de surveillant de moribond.

Michel oscille, et pourtant il n’a pas bu d’alcool, mais il sent monter en lui comme un sentiment qu’il n’avait jamais, ou si peu, ressenti. Et il balance, sachant très bien qu’il ne peut pas la soulager.

Le lecteur est au cœur d’un drame familial, temporisé par cette espèce d’humour noir qui est la caractéristique des auteurs sensibles, humains.

Max OBIONE : Le pont. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Parution 25 mai 2020. 11 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023408157

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 03:51

Emmenez-moi
Au bout de la terre…

Frédérique TRIGODET : Soudain, partir.

Elle n’en demande pas tant, notre narratrice accoudée à la rambarde de sa fenêtre. Il fait nuit et aperçoit au loin un navire, probablement un cargo.

Elle n’a pas envie de dormir. Son mari est couché et dort du sommeil d’un bienheureux, mais elle a envie d’un temps de latence, de ce moment qui favorise la réflexion. Depuis des années, depuis que les enfants sont partis du foyer comme de jeunes hirondelles voguant de leurs propres ailes, depuis qu’elle vit seule avec son mari, elle est devenue insomniaque. La décompression sans aucun doute, après des années de stress.

Notre quadra génère des images dans sa tête. Elle entend peut-être aussi les chansons que diffusait Radio-Nostalgie que sa mère écoutait. Voyage, voyage de Desireless, Cargo de nuit d’Axel Bauer, Tous les bateaux, tous les oiseaux de Michel Polnareff… Ces incitations à l’évasion.

Pourtant elle ne reste pas confinée chez elle, travaillant dans un pressing l’après-midi. Les bruits des calandres et de leurs rouleaux happant les draps dans un bruit de machinerie, la vapeur des fers à repasser comme autant de navires bourlinguant remontant les manches des chemises étalées telles des bras de mer, des exhortations à fuir un quotidien banal. La repasseuse fait des repas sages.

Elle déguste une tisane, jalouse de Monmari comme elle appelle son époux qui béatement pionce dans le lit conjugal. Lien de cause à effet ? Pas vraiment. Mais l’image de son père s’incruste en elle, un père qui partait parfois, se murgeait consciencieusement mais qui sagement ne reprenait pas la voiture pour rentrer à la maison.

Ce flot de souvenirs la pousse à sortir, à déambuler dans la rue puis à se diriger vers le port. Dans le port d’Amsterdam ? Non, un port de pêche, Roscoff peut-être, et au loin l’île de Batz.

 

Quelques heures dans la vie d’une femme qui a donné (trop donné ?) à son mari, à ses enfants, et un jour se sent le besoin de vivre, autrement, mais vivre, enfin. Pas forcément recommencer sa vie, mais se débarrasser d’un carcan d’habitudes, de sentir un vent de liberté, de changer de monde, de vivre pleinement. Par procuration. Mais en faisant le premier pas, un peu comme le chantait Claude-Michel Schonberg :

Le premier pas
J'aimerais qu'elle fasse le premier pas…

J'aimerais qu'elle fasse le premier pas
On peut s'attendre longtemps comme ça
On peut rester des années à se contempler
Et vivre chacun de son coté…

Mais ce premier pas, c’est à elle de le faire, pour elle, éventuellement pour se réconcilier avec son passé, son présent ennuyeux, son avenir incertain.

Un texte qui pourrait sembler engoncé dans un quotidien banal mais qui remue les tripes car combien de femmes, voire d’hommes, se reconnaitront dans ce beau portrait.

Frédérique TRIGODET : Soudain, partir. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution 27 avril 2020. 19 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023408102

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 04:02

Qui a volé, a volé, a volé le DVD…

Jeanne DESAUBRY : Super N.

Une adolescente dans un supermarché chourave des bricoles qu’elle place dans la poussette d’un gamin d’emprunt. Des DVD, des bouteilles d’alcool. Elle a quand même placé quelques achats dans le panier sous la poussette. Faut bien justifier son passage en caisse.

Seulement le môme gigote, pleurniche, braille, les conditions requises pour ne pas passer inaperçue. Tt l’un des DVD qu’elle avait caché, épris de liberté, tombe à terre.

Bien obligée de mettre ses achats sur le tapis roulant. Tous ? Non, elle en garde sous sa veste. Mais le vigile, un nouveau, un blanc coriace, qui malmenait un jeune Noir, la convoque dans son cagibi.

Etonnez-vous après que les jeunes deviennent un peu excités !

 

Un petit fait-divers utilisé habilement par Jeanne Desaubry, qui décrit l’affligeante banalité quotidienne avec humanisme et force. Un peu comme un photographe qui fixe sur le cliché une scène prise sur le vif sans vouloir l’atténuer ou la fausser. En laisser la force sans la dénaturer.

Première édition collection Petit Noir N°2. Editions Krakoen. Parution 11 janvier 2012.

Première édition collection Petit Noir N°2. Editions Krakoen. Parution 11 janvier 2012.

Pour acheter cette nouvelle, un lien :

Jeanne DESAUBRY : Super N. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution 27 avril 2020. 13 pages. 1,99€.

ISBN : 9791023408119

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 04:10

On redécouvre tous les jours Alexandre Dumas !

Alexandre DUMAS : Récits fantastiques. Volume 1.

Ce volume numérique proposé gratuitement par la Bibliothèque électronique du Québec comprend trois nouvelles axées sur le fantastique, le surnaturel, vous l’auriez deviné, parfois réédités dans divers recueils, ou pas. Car il est difficile de s’y retrouver dans la multitude de contes et nouvelles rédigées par Dumas et ses différents collaborateurs. Même le site qui lui est consacré par la Société des amis d’Alexandre Dumas (voir ici) ne les recensent pas toutes.

 

Donc ce volume nous propose de découvrir : Histoire d'un mort racontée par lui-même, Un dîner chez Rossini et Le lièvre de mon grand-père. Ces nouvelles possèdent en commun d’être des histoires gigognes, Dumas se mettant en scène dans diverses situations, lors de ces nombreux voyages, recueillant des historiettes narrées par des convives ou des personnages de rencontres. Mais parfois les préambules sont tout aussi intéressants que les nouvelles en elle-même, car ils offrent une vision de l’auteur et sa façon de travailler.

 

Histoire d’un mort racontée par lui-même.

Auteur réputé, Alexandre Dumas est habitué à recevoir des courriers anonymes ou non. Celui qu’il vient de recevoir émane d’un grincheux qui lui reproche de ne pouvoir trouver les Mémoires de la Fère, ce qui est somme toute normal puisque l’auteur des Trois Mousquetaires avait inventé ce manuscrit. Le soir même, il reçoit un autre courrier lui proposant une histoire, lui intimant d’en disposer à son idée, car de toute façon, lorsqu’il aura réceptionné cette missive, l’auteur en sera mort.

Trois personnages, réunis dans l’atelier d’un peintre, discutent autour d’un pot de punch, et la conversation tourne autour de contes fantastiques et plus particulièrement d’Hoffmann. L’un d’eux narre alors une histoire édifiante dont il fut, sinon le héros, du moins l’un des protagonistes. Médecin, il fut demandé un soir au chevet d’une jeune femme, résidant juste en face de chez lui. Une saignée, pense-t-il, devrait résoudre le problème de la magnifique jeune femme qui se languit dans son lit. Elle est triste et pourtant, se sentant mieux, elle demande si elle pourra danser, devant donner un bal chez elle. Rentré chez lui, le médecin ausculte les fenêtres de sa voisine, des fenêtres qui obstinément restent sombres et silencieuses. Il n’en dort plus, ne mange plus, dépérit et le lendemain il est mort ! Dans la fosse où il a été plongé, un inconnu vient le réveiller. Il s’agit de Satan… qui lui propose de retrouver le soir même cette belle femme à cause de laquelle il est mort d’amour.

 

Un dîner chez Rossini.

En voyage en Italie, Dumas est hébergé par son ami Rossini, et participe à l’un des dîners dont le compositeur est si friand. Il fait même passer les nourritures terrestres avant celles de l’esprit. Lors d’une discussion qui s’ensuit, reproche est fait à Rossini de ne plus composer. En général, un poème est proposé puis la musique est composée. Dumas demande à inverser le cours habituel et Rossini se lance le lendemain dans une improvisation musicale. Seulement il n’inscrit pas ce qu’il joue et alors que l’un des convives avait écrit un texte concernant un épisode survenu à un de ces ancêtres, c’est Dumas qui en hérite.

L’histoire contée se déroule en 1703. Deux étudiants, l’un pauvre et l’autre riche, partagent le même logement car ce qui les lie, c’est une amitié indéfectible. Il est même envisagé que l’un va épouser la sœur de l’autre, sans qu’ils se soient vus, car le frère a été si prolixe envers les deux jeunes gens qu’il est persuadé que sa sœur reconnaîtrait son ami sans qu’ils aient été présentés l’un à l’autre. Or ce frère si aimable reçoit une missive de sa sœur le prévenant que leur père est au plus mal. Il quitte donc Bologne pour Rome, promettant de donner de ses nouvelles, mais au bout de trois jours, son ami s’inquiète. Il sait que la route est peu sûre et il craint pour la vie de celui qui est parti si précipitamment. Avec raison.

 

Le lièvre de mon grand-père.

Lors d’un voyage près de Liège, trois touristes s’arrêtent dans une petite auberge et l’un d’eux est intrigué par tableau représentant un chasseur, un lièvre et saint Hubert. Le chasseur n’est autre que le grand-père de l’hôtelier qui raconte volontiers l’origine de cette peinture. Un épisode qui s’est déroulé quelques cent ans auparavant mettant en scène deux hommes qui se haïrent à cause d’une femme. L’un fut dédaigné, l’autre épousa la belle. L’un devint garde-chasse du prince-évêque et l’autre, grand chasseur se consacra peu à peu à cette passion, devenant braconnier. Le garde-chasse tua un jour, alors que le prince-évêque et ses invités forçaient un dix-cors, deux des chiens du braconnier qui avait eu l’imprudence d’entrer dans le territoire défendu. La vengeance fut terrible et le braconnier, quelques mois plus tard, après bien des vicissitudes, trouva sur son chemin le garde-chasse et l’abattit. Sur le cadavre de celui-ci se jucha un lièvre qui nargua le meurtrier.

 

Mais ce qui importe le plus, à mes yeux, ce n’est point cette nouvelle surnaturelle mais ce qui est développé en préambule.

En effet, Alexandre Dumas n’hésite pas à répondre, avec humour, à quelques critiques qui dénoncent son emploi exagéré d’écrivains fantômes, de collaborateurs, dans ce qui pourrait être la préface du Lièvre de mon grand-père.

 

Causerie en manière d’explication

Chers lecteurs,

Pour peu que vous m’ayez suivi avec quelque intérêt dans ma vie littéraire et dans ma vie privée, je n’ai pas besoin de vous dire que j’ai habité la ville de Bruxelles en Brabant du 11 décembre 1851 au 6 janvier 1854. Les quatre volumes de Conscience l’Innocent, les six volumes du Pasteur d’Ashbourn, les cinq volumes d’Isaac Laquedem, les dix-huit volumes de la Comtesse de Charny, les deux volumes de Catherine Blum, et douze ou quatorze volumes de mes Mémoires datent de là. Ce sera un jour une matière difficile à explorer, un problème difficile à résoudre pour mes biographes, que de découvrir quels collaborateurs anonymes ont fait ces cinquante volumes. Car, vous le savez, cher lecteur, il est connu (des biographes bien entendu) que je n’ai pas fait un seul de mes douze cents volumes.

Dieu fasse paix à mes biographes comme il veut bien, dans sa miséricorde infinie, me faire paix à moi-même ! Aujourd’hui, chers lecteurs, je vous apporte un nouveau conte. La véritable date de celui qui surgit à vos yeux sous le titre un peu excentrique mais qui sera pleinement justifié, du Lièvre de mon grand-père, doit en réalité remonter à la période de ses frères belges. Mais comme je ne veux pas qu’à l’endroit de son véritable auteur plane sur lui la fâcheuse obscurité qui plane sur les autres, j’entreprends de raconter aujourd’hui dans cette causerie-préface la façon dont il voit le jour, et, tout en me réservant le titre du parrain qui le tient sur les fonts de baptême de la publicité, de faire connaître son véritable père. Son véritable père a nom : M. de Cherville.

M. de Cherville pour vous, chers lecteurs Cherville tout court pour moi. Le temps passait vite et doucement, pour moi surtout qui étais exilé volontaire dans cette bonne ville de Bruxelles. Un grand salon situé rue de Waterloo, 73, réunissait tous les soirs, ou à peu près, quelques bons amis, des amis de cœur, des amis de vingt ans : Victor Hugo, – à tout seigneur tout honneur, – Charras, Esquiros, Noël Parfait, Hetzel, Péan, Cherville.

 

Suivent ces quelques lignes qui donnent un éclairage particulier sur la naissance de ce conte :

On restait ainsi jusqu’à une heure ou deux heures du matin autour d’une table à thé, causant, bavardant, riant, pleurant quelquefois. Pendant ce temps, en général, je travaillais ; seulement, deux ou trois fois, d’habitude, dans la soirée, je descendais de mon second et venais jeter un mot au milieu de la conversation générale, comme un voyageur qui arrive au bord d’une rivière jette une branche au courant. Et la conversation emportait le mot comme le courant emporte la branche.

Puis je remontais travailler.

 

Donc, nous connaissons maintenant la provenance de ce conte rédigé par Dumas mais dont la provenance vient de monsieur de Cherville qui lui-même la tient de l’aubergiste cité plus haut.

Et si le site des Amis d’Alexandre Dumas nomme comme collaborateurs de cette histoire, Paul Bocage et Paul Lacroix, c’est parce que ce conte est inclus dans Les mille et un Fantômes. Ce qui est peut-être vrai, sauf que, précision est donnée concernant ce recueil :

Les Mille et un Fantômes, recueil de nouvelles écrit en 1849, constitue l’une des quelques incursions de Dumas dans le registre de la littérature fantastique. Histoires de revenants, damnation d’un chasseur condamné à poursuivre un lièvre géant et immortel, aventures extravagantes d’un marin marié à une sirène : c’est un autre versant de l’imagination de Dumas qui apparaît là.

Collaborateurs : Paul Bocage, Paul Lacroix

Personnellement, je m’en tiens aux propos de Dumas. D’autant que Cherville fut connu pour ses ouvrages de cynégétique mais surtout que Le lièvre de mon grand-père se termine par cette phrase :

Samedi 22 février 1856, à une heure trois quarts du matin.

Etonnant, non ! Qu’un texte soit publié dans un recueil datant de 1849, alors qu’il n’a été écrit qu’en 1856. Ou alors, il y a quelque confusion dans le recensement des Mille et un fantômes.

Que ceci ne nous empêche point de lire, ou relire, ces quelques textes charmants.

 

Alexandre DUMAS : Récits fantastiques. Volume 1. Version numérique. Bibliothèque électronique du Québec. 164 pages.

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 04:27

Frappez avant d’entrer !

Maurice LEVEL : Les portes de l’Enfer. Nouvelles.

Les Français n’aiment pas la nouvelle comme genre littéraire, paraît-il. Maurice Level est l’exemple frappant du nouvelliste dédaigné, plongé dans les oubliettes des bibliothèques, alors qu’à l’étranger, il a été, et l’est toujours, traduit aussi bien en Espagne, en Italie, en Turquie ou encore au Japon.

Des tentatives de reconnaissance sont tentées, notamment par Jean-Luc Buard qui réédite confidentiellement une partie de son œuvre et a dirigé le Dossier Maurice Level pour le numéro 81 de la Revue Rocambole.

Dans l’éditorial de cette revue, on peut lire :

Le fait est là : Level est au cimetière des lettres, sa tombe n’est pas entretenue et les inscriptions en sont effacées, illisibles. C’est un écrivain en déshérence. C’est un échappé par la trappe de l’histoire littéraire. Il a eu un grand tort, celui d’écrire pour les journaux et les magazines ; non seulement ces supports sont dévalués dans la hiérarchie éditoriale, mais ils disparaissent des bibliothèques de conservation.

Il est vrai que les journaux et les magazines ne sont guère collectionnés, et lorsque leurs propriétaires décèdent, la plupart du temps ces vieux papiers finissent dans des déchetteries ou au feu.

Heureusement il existe quelques passionnés qui proposent via des sites de mises en ligne d’ouvrages numériques dont Ebooks Libres et Gratuits, que je ne saurais trop vous conseiller de visiter.

 

Les vingt-six nouvelles qui sont présentes dans Les portes de l’Enfer, reflètent bien cet imaginaire souvent intimiste, dans une plongée sous apnée de l’angoisse, la peur, l’effroi, la frayeur, le frisson, la terreur avec parfois un soupçon de fantastique.

Les personnages sont quasiment tous issus du prolétariat, des ouvriers, des pauvres, des chemineaux, des paysans, des prisonniers ou délinquants, des cabossés et déshérités de la vie. Ils peuvent être jeunes toubibs, comme dans Le droit au couteau, mais ils tirent le diable par la queue et sont inexpérimentés.

Des thèmes reviennent souvent, comme la jalousie, souvent justifiée, la cécité, les drames de la misère, et l’épilogue ne peut qu’être douloureux, même si cela confine à l’humour noir comme dans Mes Yeux, surnom donné à une jeune fille qui veut se rendre sur la tombe de son ami, exécuté car assassin. Et elle vend son corps afin de pouvoir disposer quelques fleurs sur l’emplacement où est enterré son ami, dans le carré des indigents. La dernière phrase que je me garderai bien de dévoiler est assez féroce.

Ce sont les plus pauvres qui sont les plus généreux. Cette assertion trouve son sens profond dans Illusion, alors qu’un mendiant, qui vient de recueillir quelques piécettes, donne un peu d’argent à un autre mendiant qui possède un chien et surtout qui est aveugle. Il va même jusqu’à lui offrir un repas, mais ne mange rien lui-même car il vient de dépenser son dernier sou.

Level est moins connu que Maupassant, et pourtant il a écrit de très belles pages, ne négligeant ni l’humanisme ni l’aspect sociologique. Des nouvelles noires, percutantes car courtes, et qui trottinent dans la tête longtemps après leur lecture.

 

Sommaire :

Sous la lumière rouge

Soleil

Le droit au couteau

Le coq chanta

L'horloge

Le mauvais guide

Fascination

Circonstances atténuantes

Le puits

Le miracle

Le disparu

Le baiser

Le rapide de 10H50

Illusion...

Un savant

Mes yeux

L'encaisseur

Les corbeaux

Un piquet ?

Sur la route

Le coupable

Le mendiant

Confrontation

La maison vide

Un maniaque

Le père

 

Outre le numéro de la Revue Rocambole qui est consacré à Maurice Level, vous pouvez découvrir cet auteur avec le recueil : La Peur et autres contes cruels, fantastiques et terrifiants édité par la clef d’argent.

Maurice LEVEL : Les portes de l’Enfer. Nouvelles. Ebooks Libres et Gratuits. Version numérique gratuite.

Première édition : Edition du Monde Illustré. 1910.

Réédition récente : Collection L’Aube poche. Editions de l’Aube. Parution 15 juin 2006. 218 pages.

ISBN : 978-2752602619

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 04:03

Martine broie du noir…

Jeanne DESAUBRY : La viande hurle.

Comme le chantaient les Poppys au début des années 1970, Non, non, rien n’a changé Tout, tout a continué… et que ce soit dans les années 1980 ou de nos jours, les petits chefs se permettent des privautés sur les pauvres femmes dont le quotidien dépend de leur emploi.

Martine est l’une des nombreuses jeunes filles ou femmes travaillant dans une usine textile du Nord. Seulement, le tissage, ça eut payé, mais ça ne paie plus. L’industrie textile connait un véritable marasme, mais pas les actionnaires, qui sont toujours prioritaires lorsque de l’argent est bon à être distribué. Et pour en distribuer plus, on rogne sur le personnel, quitte à délocaliser.

Martine n’est pas gréviste, contrairement à ses collègues, et à son père syndicaliste. Ce n’est pas par manque de solidarité mais parce qu’elle ne peut pas. Elle est enceinte, et ses parents ne le savent pas. Pas encore.

Et celui qui a mis ses pattes sales et le reste sur et dans son corps, c’est le contremaître qui n’est pas contre les maîtres, au contraire. Et à la moindre incartade de sa part, elle est virée, et ses parents seront embarqués dans la même charrette.

 

On pourrait croire à une nouvelle d’actualité, mais comme l’on sait, l’histoire se renouvelle souvent. Alors que ce soit hier, aujourd’hui ou demain, ce sera toujours pareil et ce seront toujours les mêmes qui trinqueront malgré le désir de changement.

Dans un contexte social, sans trop le développer car nous l’avons tout connu, ou entendu parler, Jeanne Desaubry s’attache au parcours de Martine, une jeune fille un peu perdue parmi ses parents, un père rigide, et un contremaître harceleur.

Juste le temps d’une nouvelle, car trop gloser en ferait perdre la force.

 

Jeanne DESAUBRY : La viande hurle. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution le 22 mars 2020. 1,99€.

ISBN : 9791023408041

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 04:37

Dans l’enfer du quotidien…

Gaétan BRIXTEL : Deux heures à tuer.

Dans la sphère littéraire des nouvellistes talentueux, Gaétan Brixtel trace son sillon, tranquillement, obstinément, malgré le rejet quasi systématique des lecteurs qui considèrent ce genre comme mineur, ou alors qui se tournent vers les valeurs américaines, supposées plus enrichissantes intellectuellement. Une erreur de plus quand on sait que souvent les pays anglo-saxons se réfèrent à l’un de nos meilleurs représentants, Guy de Maupassant.

L’univers de Gaétan Brixtel est intimiste et au fur et à mesure que Miss Ska (gloire à elle qui sait dénicher les talents hauts) nous invite à lire ses textes, il nous délivre ses angoisses, ses peurs, son stress, adaptés de son quotidien, fictif ou réel.

Deux heures à tuer ne déroge pas à son habitude de se mettre en scène narrativement via l’emploi de la première personne dans son environnement géographique. C’est lui et pas lui à la fois, comme si son double écrivait à sa place, ou le contraire. Comme s’il rédigeait les mémoires de son moi.

 

Le début de ce texte est fort et s’impose telle une image prégnante dans un contexte morbide. Le narrateur déclare qu’à la suite d’un entretien d’embauche avec une directrice des ressources (in)humaines en compagnie du maire, il tranche la tête de cette femme avec ses ongles, sous les rires de l’édile. Trop beau pour être vrai.

L’embauche n’est que fictive. Un rêve ou un cauchemar. Et en attendant de se rendre à la médiathèque, il se prépare. Il est midi et a donc deux heures à tuer. Alors il procède à ses petits rituels, presque comme des troubles obsessionnels compulsifs, sans oublier de prendre son cachet d’anxiolytique.

Puis il part pour la médiathèque en voiture, et connait des déconvenues, des agacements, des contrariétés qui n’arrangent ni son moral ni son comportement.

 

Deux heures dans la vie d’un jeune homme, c’est rien, c’est peu. Et c’est beaucoup aussi, car en deux heures, c’est fou ce que l’on peut faire et ressentir. J’ai écrit fou ? Oui, car en lisant cette nouvelle, je n’ai pu m’empêcher de penser, alors qu’il n’y a aucune corrélation, à la nouvelle de Nicolas Gogol : Le journal d’un fou.

 

Gaétan BRIXTEL : Deux heures à tuer. Nouvelle numérique. Collection Noire Sœur. Editions Ska. Parution le 22 mars 2020. 1,99€.

ISBN : 9791023408065

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 05:39

Joueurs de blues
On est des joueurs de blues…

Paul COUTURIAU: Blues pour Mary Jane.

De la Grosse Pomme à la Cité du Croissant, il n’y a qu’un pas que Jason Nash a allègrement franchi, désirant changer de vie, d’atmosphère, de lieu, de travail.

Ex-flic à New-York, Jason Nash s'est reconverti comme musicien, saxophoniste ténor à La Nouvelle-Orléans, berceau du Jazz, et occasionnellement comme détective privé.

Par Sam, son amie avocate, il rencontre Mary Jane, une jeune fille à l'esprit en cavale, qui s'accuse d'avoir tué un homme. Il n'y pas, ou plus, de cadavre dans la baignoire lorsque le lendemain Jason se rend en compagnie de Mary Jane chez elle. Par contre un homme fraîchement assassin‚ gît dans le salon et Mary Jane a disparu.

La présence de Gerry Cramer, un flic, près de la maison n'est qu'un pur hasard. Entre les deux hommes la méfiance prend le pas sur l'amitié. Sam a effectué sa petite enquête de son côté : Mary Jane habite une maison appartenant à Malcolm Laird, le gouverneur de la Louisiane et son oncle par la même occasion.

Hank le père de Mary Jane, est foncièrement égoïste, Loretta, la mère, déteste tout ce qui dérange ses petites habitudes, quant à Alan, le fiancé, c'est un escroc qui a su séduire la fille et les parents. Malcolm Laird, inquiet par la fugue de Mary Jane, avait fait surveiller sa maison de Bayou road par Earl Blythe, un lieutenant de la Criminelle qui, apercevant des ombres et un inconnu s'échapper, était entré dans la maison et a procédé au déménagement du cadavre.

Le corps découvert par Jason est un policier quant au cadavre baladeur, retrouvé à la morgue, ce n'est autre que le père de Mary Jane. Jason confie Mary Jane, qui s'était réfugiée chez sa mère, à ses voisins et amis Dalt et Joséphine. Alors que Cramer l'attend chez lui, Jason est invité à rencontrer Alan. Perplexe, le détective musicien se demande qui de Malcolm, Blythe ou Cramer a pu renseigner l'escroc.

 

Placé résolument sous l'influence du Jazz, ce qui devrait séduire les amateurs, ce roman est construit en deux parties: la première relève de l'énigme tandis que la seconde s'intègre profondément dans le roman noir. Le titre est emprunté à un morceau de Stan Getz, Blues for Mary Jane, Stan Getz qui vient de décéder le jour où débute cette histoire.

Hommage au Jazz donc mais surtout à Stan Getz, décédé le 6 juin 1991 à Malibu, en Californie.

Un roman à placer entre Mercredi des Cendres de Bill Pronzini et Docteur Jazz de Jacques Sadoul, entre autres, ces romans ayant comme point communs La Nouvelle Orléans.

 

Réédition version numérique : Editions Otago. 9,99€. En attendant la version papier…

Réédition version numérique : Editions Otago. 9,99€. En attendant la version papier…

Paul COUTURIAU: Blues pour Mary Jane. Editions du Rocher. Parution 16 novembre 1993. 158 pages.

ISBN : 9782268016016

 

Réédition version numérique : Editions Otago. 9,99€. En attendant la version papier…

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Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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