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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 06:43

Juste quelques litres de sang suffiront !

Pierre BAMEUL : Pour nourrir le soleil.

A l'origine ce roman a été édité en deux tomes dans la collection Anticipation du Fleuve Noir : La saga d'Arne Marsson (N°1458 - mai 1986) et Le choix des destins (N°1489 - octobre 1986). Plus qu'une anticipation, il s'agit d'une uchronie se déroulant en deux épisodes qui peuvent se lire indépendamment, mais prennent toute leur saveur dans ce volume complet car des incompréhensions, ou du moins ce que le lecteur aurait pu juger comme telles en s'arrêtant à la première partie, sont expliquées et dévoilées à la fin de la seconde partie.

Collection Anticipation N°1458. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1986. 192 pages.

Collection Anticipation N°1458. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1986. 192 pages.

La saga d'Arne Marsson :

Le knorr est dans le potage et le bateau est soumis à la pression des eaux qui déferlent. Cela fait deux jours que la tempête s'amuse avec le drakkar qui est parti du Vinland quinze jours auparavant.

Les avaries sont nombreuses et dix hommes et quatre femmes ont péri dans la tourmente. Il ne reste plus à bord qu'Arne Marsson, le capitaine, Oleg, Olaf, Rolf et Franck dit le Savant, ses compagnons, ainsi qu'Erika, sa femme enceinte.

Soudain Arne rugit Trollstein, le mot magique qui calme peu à peu les éléments déchaînés. Il aurait dû y penser plus tôt, se morigène-t-il, mais dans la confusion ceci lui était sorti de l'esprit. Et puis il s'inquiète de cette fameuse pierre qu'il transporte à son bord, la Pierre des Trolls, une plaque de granit poli gravé de runes qui lui été offerte par un troll, lors d'un voyage en Suomie.

Les éléments marins calmés, il faut penser à remettre en état le drakkar, et puis sacrifier à quelques traditions, si l'on veut tenir en main son équipage. Arne accepte donc que son épouse Erika, quoique celle-ci soit réticente au départ, procède à un exutoire génital de ses compagnons, et, si l'on de réfère aux gémissements qui sortent du taud, Franck le Savant y met du sien afin de satisfaire ses exigences naturelles et qu'Erika ne dédaigne pas à le rejoindre dans ses transports.

Bientôt ils abordent la terre à quelques mille-deux-cents miles marins de leur point de départ. Alors qu'ils réparent leur navire, les premiers Skraelings font leur apparition. Cette invasion sur leurs terres n'a pas l'heur de leur plaire, une bataille est inévitable. Grâce à sa magnanimité et à son sens de la diplomatie, bientôt Arne et ses compagnons sont acceptés par la tribu. Ils vont même les défendre contre les attaques de barbares qui veulent déposséder leurs hôtes de leurs terrains de chasse.

Tant et si bien qu'Arne devient le chef à la place du jeune chef Skraeling qui a été tué dans un combat. Mais il pense toujours à l'inscription gravée sur sa Pierre de troll, et toute la compagnie s'exile vers le Sud, au pays des Chichimèques et des Toltèques, avant de partir plus loin à la conquête du mystérieux pays évoqué par la pierre. Une légende va naître, celle de Quetzalcoatl, plus connu sous le nom de Serpent à plumes, ainsi dénommé à cause de ses vêtements militaires, une adaptation de la vêture viking et des coutumes des autochtones.

Mais là aussi, il faut sacrifier à certaines traditions, lorsque le Soleil risque de s'éteindre. Et un voile noir issu du fin fond de la galaxie s'amuse parfois à frôler la Terre plongeant le peuple dans la crainte et l'anxiété.

Collection Anticipation N°1489. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1986. 192 pages.

Collection Anticipation N°1489. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1986. 192 pages.

Le choix des destins.

Ce second volet se déroule environ mille ans après les événements décrits ci-dessus.

Les Aztèques ont conquis le monde et étendent leur domination jusqu'en Orient. L'ordre par obscurantisme règne et Motecuhzoma V est l'empereur incontesté du Royaume du Soleil et de l'Antique Anáhuac. Son frère Tonatiuh arrive face à l'île Réac à bord d'un dirigeable.

Marié depuis deux mois, Malic, à peine vingt ans, quitte son travail à l'arsenal et rejoint, juché sur sa draisienne, le port de Tarochellan où l'attend théoriquement son épouse la belle Orana. Théoriquement car arrivé sur place, il ne peut que constater que celle-ci a été sélectionnée, comme bien d'autres femmes, pour servir d'offrande à Tonatiuh.

Mais un vent de fronde, d'insurrection règne sur l'Heurohuac et plus particulièrement en pays Franhauc. Les Sarrazins concentrent leurs troupes dans le Mahgreb, et Gallix, un ancien officier franhauc s'est exilé dans les îles du Nord afin de diriger la rébellion.

Malic se révolte contre l'enlèvement de sa femme et il est arrêté par la soldatesque. Emprisonné, il sera délivré par des partisans, résistants pour les uns, terroristes pour les autres, et rejoindra la Résistance.

Evidemment cet épisode ramène le lecteur à des événements qui se sont déroulés il y a maintenant plus de soixante-dix ans mais dans des conditions différentes. Ce sont les Aztèques qui ont conquis le monde et non le contraire. Un peu grâce à Quetzalcoatl, alias Arne Marsson.

Auparavant, les Indios n'avaient pas de chevaux, et ils ignoraient l'usage de la roue, du fer, de l'arbalète et du mousquet. En outre, contrairement aux Vikings païens, les Espaňoles, poussés par le mythe manichéen chrétien, pratiquaient la guerre totale.

Mais le régime aztèque interdit les avancées scientifiques, pensant, à tort ou à raison, que justement le modernisme leur serait fatal. Il s'agit donc bien d'une uchronie, mais ce roman ne serait pas complet, et ne justifierait pas l'appellation d'Anticipation et de Science-fiction, si Pierre Bameul n'intégrait des données supplémentaires. D'abord ce voile noir qui perturbe le bon déroulement des événements, et d'ailleurs voile noir pourrait tout aussi bien être la métaphore de l'obscurantisme scientifique et son refus des avancées techniques, louables ou non ceci est une autre histoire.

Et ce voile noir provoque un phénomène bien connu des romanciers de science-fiction, les mondes parallèles. Et alors, ce qui semblait antinomique dans la première partie, les distances en miles par exemple qui n'avaient pas cours en pays viking lors de leurs premières migrations en Vinland, c'est-à-dire, Terre-Neuve et le haut du Canada. D'autres éléments, que je n'ai pas évoqués afin de laisser un peu de suspense, sont également décryptés. Quant au pays Franhuac et Tarochellan, il s'agit bien évidemment de la France et La Rochelle. Je vous laisse deviner qui se cache sous Gallix.

Un roman plaisant à lire aussi bien dans le fond que dans la forme, et il est dommage que Pierre Bameul se montre aussi discret.

 

Pierre BAMEUL : Pour nourrir le soleil. Collection e-Anticipations. Editions L'Ivre book. Parution le 06 janvier 2017. Version numérique. 3,99€.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 09:04

Bon anniversaire à Pierre Colin-Thibert

né le 29 janvier 1951.

Colin THIBERT : Le bâtard de l’espace.

Projetant, dans un futur plus ou moins proche, des faits de société, pseudo culturels ou scientifiques, Colin Thibert extrapole avec une ironie grinçante des petits événements qui semblent de prime abord anodins. Seulement il faut se méfier de ce que l’avenir nous réserve.

Dans Le bâtard de l’espace, nouvelle éponyme de ce recueil, des producteurs de télévision ont imaginé, afin de redorer leur blason et reconquérir une part d’audience qui fléchit, de réaliser un nouveau concept de Loft Story à bord d’une navette spatiale. Bien sûr les dés sont pipés, seulement pendant que les téléspectateurs se focalisent sur cette émission, des actes graves se déroulent sur Terre.

Fauché par un camion alors qu’il s’amusait en skate, le héros de Bonheur et Alacrité se réveille dans une chambre d’hôpital en 3057. Décédé, il avait été cryogénisé, et c’est par hasard que son corps a été découvert. Les êtres humains sont devenus plus paisibles, plus tolérants, plus calmes, plus pacifiques. Mais il suffit d’une visite, en compagnie d’autres élèves, d’un musée pour que tout se dérègle.

Dans Pivorce un jeune adolescent rencontre un avocat afin de se plaindre des mauvais traitements qu’il subit de la part de ses parents. Il veut pivorcer, comme les parents qui divorcent. Mais ses revendications sont-elles recevables ?

Le jour de ses quinze ans Lionel a comme cadeau d’anniversaire la surprise d’apprendre que son père lui a programmé un clone, pour si un jour il lui arrivait un accident. Tel est le point de départ de Alter Ego, une nouvelle qui prouve que parfois il est plus commode de se retrancher dans la facilité que d’affronter l’adversité.

Nettement plus poignante Le cobra nous entraîne à la suite de touristes qui découvrent avec effroi que dans le pays qu’ils visitent, de nombreux autochtones sont handicapés. Se renseignant auprès de l’un d’eux, ils apprennent avec horreur que tous ces mutilés vendent soit un œil, soit un bras, soit une jambe pour survivre.

Dans Vendredi sur la huitième lune, un chercheur de sélénium va se rendre compte, à ses dépens, qu’il n’est pas bon de trafiquer un robot, même s’il manque de compagnie. Quatre autres nouvelles complètent ce recueil qui s’intéresse à l’avenir, notre avenir, et sous couvert d’un humour souvent ravageur, décapant, et nous amène à réfléchir à un soi-disant progrès. A classer auprès des ouvrages de Fredric Brown.

 

Colin THIBERT : Le bâtard de l’espace. Nouvelles. Editions Thierry Magnier. Parution 19 janvier 2009. 186 pages. 10,10€.

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 14:04

Une projection dans l'avenir qui n'est

guère réjouissante...

François DARNAUDET : Quartier bleu.

Paris, 2044. Le réchauffement climatique n'a fait qu'empirer malgré les décisions prises par certains gouvernements. En ce mois d'octobre, il fait encore 35° et il n'a pas plu depuis huit mois.

Le quartier de l'ancienne Gare de Lyon est bouclé, mis en quarantaine à cause du virus Gros Chat qui se propage malgré l'intervention des pompiers et de leurs lances à incendie qui déversent l'acide purificateur.

Franz Keller, vigile solo, se rend non loin, ayant lui aussi une mission de purification. Un nettoyage en règle commandé par le copse Papex. Il abat froidement un Corse et dans la foulée une blonde qui se trouvait dessous celui qui désormais n'est plus qu'un cadavre. Un métier dont les dommages collatéraux ne comptent pas, ou si peu.

En chemin, il consulte sa messagerie. Un appel a été enregistré émanant d'une certaine Nikita Warlock, une jeune femme charmante d'après l'hologramme affiché. Elle se réfère à un ami commun, et Keller renifle un piège, ou tout au moins quelque chose de pas vraiment clair car cette relation est décédée quelques jours auparavant.

Toutefois, il rentre chez lui, un cagibi qu'il partage avec Charlot, un drogué. Partageait, car la veille il a signifié à son colocataire que celui-ci ne ferait pas de vieux os s'il ne dégageait pas immédiatement et même plus vite. Enfin seul, en attendant que l'office HLM lui impose un nouveau locataire.

Keller profite de cette solitude bienvenue pour contacter la fameuse Nikita qui requiert ses services, contre rétribution naturellement.

Elle veut savoir ce qu'il s'est réellement déroulé dans le Quartier Bleu, le quartier de l'ancien cimetière du Père Lachaise. Ce quartier est hanté par les prostituées Noires, et est surveillé par les Kamis, une engeance sans foi ni loi qui tire d'abord et demande des explications ensuite.

Selon Nikita, son mari, cadre sup-sup chez Electroneurep, fréquentait quotidiennement ce quartier payant tous les soirs les prestations d'une pute Black (ce sont ses mots). Or trois mois auparavant, il s'est fait exploser avec une grenade en pratiquant le système vieux comme le monde du simulacre de la reproduction.

Keller accepte la mission qui lui est confiée, à ses risques et périls, car les Kamis qui gardent jalousement le terrain de jeux des cadres sup-sup sont du genre belliqueux. Et Keller, enquêtant sur place et donnant de sa personne se rend compte que Warlock n'est pas le premier à défunter dans des conditions pour le moins explosives.

 

Ce quartier bleu, avec ce halo céruléen qui attire les clients et ses prostituées noires, pourrait être la parabole de la vie politique et surtout de ses représentants qui veulent faire prendre aux électeurs des vessies pour des lanternes à l'aide de discours hypnotisants et d'ambiance hallucinogène.

Publié en 2006 ce roman d'anticipation dans l'action est sensée se dérouler en 2044 nous ramène à une époque proche de la notre avec des insinuations politiques qui ne relèvent pas uniquement de la fable. C'est également une vision d'un système politique axé sur la violence policière privée qui est mise en avant. Mais pas que.

Si l'intrigue se déroule en 2044, le côté politique est prorogé, rappelons-nous que ce roman est paru en 2006, à celle d'un homme qui un an plus tard deviendra président de la République et dont les effets néfastes continueront et même amplifiés.

Les livres sont devenus obsolètes et seuls restent deux ou trois bouquinistes qui proposent ces objets rares.

Franz se dit que cette histoire était bourrée de pervers : accros aux putes blacks ou aux livres... Mais les putes, c'était quand même plus sain.

Un roman d'anticipation prémonitoire par bien des aspects, dont je ne vous ai pas révélé toutes les facettes, à découvrir ou à redécouvrir.

 

Première édition Collection Novella SF. Editions du Rocher. Parution 23 novembre 2006. 128 pages. 13,10€.

Première édition Collection Novella SF. Editions du Rocher. Parution 23 novembre 2006. 128 pages. 13,10€.

François DARNAUDET : Quartier bleu. Réédité en version numérique sous le nom d'auteur : Darnaudet-Malvy. 3,05€.

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 10:08

Sans faire de taupinières...

Robert DARVEL : L'homme qui traversa la Terre. Roman d'amour et de vengeance.

Le zoo de Bréval, un zoo comme un autre puisqu'il possède comme pensionnaire un rhinocéros indien, est toutefois le théâtre de deux incidents, sans aucun rapport entre eux, c'est l'auteur qui nous l'affirme.

La santé de Dürer, le mammifère herbivore appartenant à la famille des Rhinocerotidae, ordre des Périssodactyles, inquiète la belle et jeune Emerance de Funcal, fille de monsieur Funcal, riche et redoutable homme d'affaires, et fiancée de Louis Zèdre-Rouge, un savant dont les neurones sont perpétuellement en ébullition et qui vient de mettre au point, ou presque, une invention qui devrait révolutionner le monde moderne.

Emerance s'inquiète donc de Dürer et elle demande à examiner l'animal dont la peau pèle. Elle entre dans la cage, veut flatter le rhinocéros, placide habituellement, mais qui n'apprécie pas le geste, peut-être trop appuyé et lourd sur le corps de l'unicornis, et elle se fait bousculer. Rien de grave. Mais cette main pesante et les frissons qui parcourent la belle Emerance sont probablement dus à un incident qui s'est produit la veille dans le laboratoire de Louis Zèdre-Rouge, en compagnie de Gilping, l'assistant du savant.

Remise de ses émotions, Emerance rentre chez son père, or, en cours de route, un étrange phénomène se produit. Elle marche sur le bitume mais ses pieds s'enfoncent comme s'il ne s'agissait que de vulgaire boue.

Elle a été exposée la veille, une maladresse de Gilping probablement, au rayon ZR, mais elle a confiance. Louis Zèdre-Rouge a sûrement, elle n'en doute point, mis au point le procédé inverse, le rayon RZ.

Seulement les conséquences sont plus graves qu'elle pouvait penser. Rentrée chez elle, elle est accueillie par son père en colère. Il vitupère contre Louis Zèdre-Rouge, passant sous silence que la faute n'en incombe point au savant mais à son assistant. Louis, prévenu, se rend chez de Funcal où il est reçu plus que fraîchement. Mais les deux amants peuvent se voir, dans la salle de bain, elle nue et lui habillé, et se réconfortent mutuellement.

Ils se rendent au laboratoire, ils c'est-à-dire Louis Zèdre-Rouge, Thomas Gilping et Emerance afin de procéder à de nouvelles expériences avec le rayon RZ qui doit, théoriquement contrebalancer les effets du rayon ZR. Les jours passent et Louis calcule toujours d'improbables spéculations afin de remédier au désagrément du funeste rayon. Funeste ? Et oui, Louis aperçoit Emerance s'enfoncer dans le sol bétonné, et bientôt il ne reste plus de la jeune fille qu'une vague trace bientôt effacée.

Louis Zèdre-Rouge est accusé d'avoir attenté à la vie d'Emerance et est emprisonné. Mais il se promet bien de sortir de geôle, car incarcéré pour un crime qu'il n'a pas commis, et spolié de ses inventions, il compte bien rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui sont à l'origine du drame. Selon les journaux, à scandale ou non, il se serait pendu dans sa cellule.

Dix ans plus tard, en Islande, à Snæfellsjökull exactement, où cas l'envie vous prendrait d'aller visiter les lieux, des ouvriers-racleurs altérés, en langage courant des altéracs (comme Joseph ?), travaillent en sous-sol afin d'extraire un minerai fort convoité pour la réalisation de procédés modernes n'étant plus astreints à fonctionner à la vapeur et au gaz. Ils explorent la lithosphère pour le compte de Funcal, dont l'empire ne cesse de grandir. Un empire en pire.

 

Si ce roman est placé sous les augustes parrainages de Jules Verne et de Paul Féval, il ne faut pas non plus oublier ces étonnants précurseurs du roman de merveilleux scientifique, à la trame et aux intrigues débridées que furent Paul d'Ivoi, Arnould Galopin, Jean de la Hire, Ernest Pérochon ou encore Maurice Renard et quelques autres dont l'imagination débordante produisait des feuilletons extraordinaires qui offraient des heures de lecture rafraîchissantes aux grands comme aux petits.

Mais Robert Darvel, tout en possédant ce don de romancier-hypnotiseur (dont on ne peut lâcher les romans avant le mot fin), va plus loin dans l'extrapolation tout en employant les recettes des grands anciens, mais sans la lourdeur de la narration, parfois, ou le style ampoulé, voire amphigourique et emphatique qui étaient de mise.

Robert Darvel possède et exploite habilement une élégance d'écriture au service du roman populaire, faisant la nique aux détracteurs de la littérature dite de genre ou populaire, qui justement avancent effrontément, et sans avoir lu les ouvrages, que ceux-ci sont mal écrits, bourrés de fautes et donc sans intérêt. Les pauvres qui se contentent de romans de la Blanche aux nombreuses coquilles qu'ils placent devant leurs yeux d'intégristes de la littérature les prenant pour une nouvelle forme d'orthographe.

En vérité, je vous le dis, Robert Darvel mérite de figurer dans votre bibliothèque en compagnie des plus grands noms de la littérature de l'imaginaire.

Robert DARVEL : L'homme qui traversa la Terre. Roman d'amour et de vengeance. Collection La Bibliothèque Voltaïque. Les Moutons électriques éditeurs. Parution 6 octobre 2016. 224 pages. 15,90€. Existe en version numérique : 5,99€.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 13:10

Bon anniversaire à Thomas Bauduret, alias Samuel Dharma, alias Patrick Eris, né le 22 octobre 1963.

Samuel DHARMA : Nécromancies.

Par la folie d'un souverain, à cause de sa soif de domination et de pouvoir, Khemen, une cité pourtant pacifique, succombe sous les coups des Hommes Jaunes, et ce malgré la vaillance de ses guerriers, hommes et femmes.

Parmi eux Jehna et sa compagne Kehro. Mais Kehro fait partie des nombreuses victimes de la guerre et Jehna accablé par le chagrin, miné, erre à l'aventure.

Comment il parvient à Fadyen, il ne saurait le dire.

Lorsqu'un soudard l'agresse dans une auberge où il espérait le gîte et le couvert, il tente de se dérober mais le combat devient inévitable. Ses réflexes guerriers sont intacts et Jehna sort vainqueur de la rixe.

Fait prisonnier, il sera chargé par le roi Hunn d'éduquer son armée de soudards. Jehna retrouvera confort auprès de la belle Erikap une servante mise à son service mais cela ne l'empêche pas de penser à celle qu'il aime et aimera toujours : Kehro.

S'il est chargé de mission par le roi Hunn c'est bien parce que la cité de Fadyen est menacée. Mais quel est ce danger qui risque d'anéantir une cité quelque peu moribonde?

 

 

Samuel Dharma avec Nécromancies nous propose un roman plus achevé, plus dense et mieux construit que son précédent roman paru dans la même collection et qui avait pour titre Le Traqueur.Les effets sanguinolents sont quelque peu gommés, ce qui n'est pas un mal au contraire.

Il semble avoir trouvé un juste équilibre, ne forçant pas sur les clichés sur les sentiments ou les scènes d'horreur et de violence. Un auteur à suivre donc et si Dharma continue dans cette voie, je pense qu'il a devant lui- un bel avenir d'écrivain populaire; populaire étant à prendre comme un compliment évidemment.

Chroniqué sur Radio Manche. Août 88.

 

Thomas Bauduret s'est révélé en 1987 avec Mickey Meurtre publié dans la collection Espionnage N°1889. Il était alors le plus jeune romancier du Fleuve Noir. Depuis Thomas Bauduret a enchainé les traductions et l'écriture de romans dans différents genres populaires, dont je vous propose de découvrir ci-dessous quelques productions récentes :

 

 

 

 

Samuel DHARMA : Nécromancies. Collection Anticipation N°1637. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Réédité en format numérique : 4,49€.

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:30

Les grands espaces,

comme un Far-West stratosphérique*...

Louis THIRION : Dans les espaces déjantés.

Durant de longues années il fut de bon goût pour les chroniqueurs spécialistes ou spécialisés, de critiquer négativement la production populaire du Fleuve Noir.

Trop populaire, justement. Pas assez élitiste. Production trop abondante et présence trop importante dans les points de distributions, trop envahissante même. Et naturellement cette production ne pouvait qu'être décriée, jugée comme mauvaise, écrite par des tâcherons n'ayant aucun talent. La jalousie certainement qui animait ces chroniqueurs qui pour certains ne se firent un nom que par leurs articles virulents, ayant du mal à percer eux-mêmes en littérature. Vaste débat récurrent...

Heureusement, depuis quelques années, le vent a tourné, et les avis, s'ils ne sont pas encore dithyrambiques, ne sont pas toujours négatifs, reconnaissant à certains romanciers (pas tous quand même) un véritable talent et une imagination débordante et sans faille. Il faut avouer que souvent les pensées politiques influaient (influent encore) les critiques selon les opinions des uns et des autres.

Heureusement, écrivais-je, le venta tourné et des maisons d'éditions, des petites structures indépendantes ont osé bravé les sentences, et ont tiré de l'oubli volontaire dans lequel les avait plongé la désaffection du Fleuve noir vis à vis de ses collections phares, virant ses auteurs comme de vulgaires serpillères. Rivière Blanche, la première, bientôt suivie par les éditions Critic, se sont attachées à redonner des couleurs aux anciens pourvoyeurs de textes du Fleuve, publiant inédits et rééditions, découvrant également de nouveaux talents dignes de leurs prédécesseurs.

 

C'est ainsi que Louis Thirion figure au catalogue de Rivière Blanche et depuis peu à celui de Critic, malheureusement quelques années après sa disparition. Une forme de reconnaissance tardive mais bienvenue, car si la valeur n'attend pas le nombre des années (déjà lu quelque part !) le talent lui est éternel.

Dans ce volume trois romans qui ont marqué la production torrentielle du Fleuve Noir, et comme le premier de cette trilogie a été publié en juin 1968, on peut supposer une relation de cause à effet.

Les Stols (Anticipation N°354), Ysée-A (Anticipation N°427) et Sterga la Noire (Anticipation N°456) sont suivis d'une postface signée Roland C. Wagner, un article paru en 1995 dans Le feu aux étoiles aux éditions Destination Crépuscule.

Admirateur fervent de Louis Thirion, Roland C. Wagner (décédé le 5 août 2012) connaissait l'œuvre de celui qu'il considérait comme son maître et il en parlait avec passion.

Après une analyse rapide de la collection Anticipation jusqu'en 1968, année qui vit la parution du premier roman de Louis Thirion, avec la présence de nombreux auteurs français qui ont marqué de leur empreinte cette vénérable institution littéraire et qui ont pour noms Gilles d'Argyre (Gérard Klein), Kurt Steiner (André Ruellan), Pierre Barbet, Stéphan Wul... Roland C. Wagner s'attarde sur le cycle de Jord Maogan, six romans dont seuls trois ici sont réédités.

Les Stols :

Après la deuxième guerre atomique qui opposa les Etats-Unis à la Chine, et comme jamais deux sans trois, une troisième guerre est déclarée entre les Etats-Unis, toujours eux, et l'Union Soviétique. Mais celle-ci se déroule dans l'espace et les Terriens ne sont guère affectés par cet affrontement. Toutefois, le 12 juin 2009, d'étranges événements se déroulent dans le laboratoire de Savhanah Flood, dans l'Arizona.

Le vaisseau intersidéral du commodore Jord Maogan a été capturé et il se retrouve sur Stol IV, la dernière planète habitable de la Galaxie. Les Stols, qui sont en phase de dégénérescence, ont décidé d'envahir la Terre et de se fondre dans les Terriens, qui deviendraient une sorte de coffre-fort susceptibles de garder leurs souvenirs et leur personnalité. Les Stols auraient alors cannibalisé les humains dont ils auraient accaparé l'enveloppe préalablement vidée à l'aide d'une mousse verte de leur composition.

Jorg Maogan échappe à cette vampirisation grâce à une Stol, Sane Mac Kinley. Mais une grande partie de la population terrienne est déjà atteinte par cette intrusion corporelle et mentale.

 

Dans Ysée-A, on retrouve Jord Maogan en l'an 2370. Sa mission, explorer Cirva à des fins d'adapter ce monde et le terraformer. Mais il tombe sous le contrôle psychique d'un Tulg nommé Oen-Vur, dont l'apparence est celle d'un œuf lumineux. Oen-Vur et sa compagne Ysée-A ont dormi quelques milliards d'années sur Gmour, devenue Cirva. Une bagatelle en comparaison du temps écoulé depuis le Big-bang. Ysée-A, elle, s'est fondue dans le corps de Solène, une biologiste Stol. C'est le début d'une histoire incroyable ponctuée de scènes délirantes. D'ailleurs Roland C. Wagner, dans son article, met en parallèle Ysée-A et l'univers littéraire de Van Vogt de par sa dimension et son souffle.

Enfin avec Sterga la Noire, Jord Maogan n'est plus le héros omniprésent, puisqu'il n'apparait qu'au premier et dernier chapitre. Le héros négatif est le puissant consortium Mac Dewitt.

 

L'univers de Louis Thirion, bousculant les codes établis, est à fois empreint d'humour et d'une forme nouvelle d'inspiration : l'écologie et le gaspillage des ressources naturelles. Louis Thirion reste le précurseur de ces thèmes, qui depuis ont connu différentes variations de traitement, mais aborde bien d'autres sujets comme l'exploitation de l'homme par l'homme. Des romans qui étaient novateurs pour l'époque, même si le space-opera n'est pas loin, et qui aujourd'hui prennent toute leur signification, l'exploration, l'exploitation et l'asservissement des planètes en moins, mais cela ne saurait tarder.

Les côtés déjantés, ou décalés, de certaines scènes font penser à des feuilletonistes et écrivains du début du XXe siècle dans leurs romans d'anticipation comme Arnould Galopin, Jean de La Hire ou René-Marcel de Nizerolle alias Marcel Priollet. Mais la rigueur en plus et les approches sous-jacentes signalées plus haut car Louis Thirion était scientifique de formation, notamment dans la recherche biologique moderne.

 

Stratosphérique est un mot devenu à la mode depuis qu'un journaliste sportif l'a employé en natation, qualifiant le temps réalisé de stratosphérique. Encore une imbécilité de plus à mettre à son actif, mais on en entend tellement à la télévision de nos jours !

 

Louis THIRION : Dans les espaces déjantés. Réédition de trois titres parus précédemment au Fleuve Noir. Editions Critic. Parution le 19 novembre 2015. 472 pages. 25,00€.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 06:53

Fallait oser y penser !

J.-M. LOFFICIER et J.-M. ARCHAIMBAULT : Le quatorzième signe du Zodiaque. Inédit. Précédé de Le treizième signe du Zodiaque de Maurice LIMAT.

Maurice Limat, grand auteur prolifique de romans populaires, fut et reste le symbole même du romancier banni des chroniqueurs et critiques inspirés de la littérature dite de deuxième zone et plus. Trop de déchets dans son écriture bâclée, selon certains, trop d’invraisemblances, pour d’autres. Bref pas de quoi fouetter un chat, car le propre même du littérateur est de justement d’innover, d’inventer, au risque de déplaire les exégètes d’une prose lisse et maniérée.

Maurice Limat avançait sans contrôler son inspiration, dérogeant aux principes primaires scientifiques, dans un style parfois ampoulé, truffé de clichés. Du moins c’étaient les grands reproches qui lui étaient adressés, souvent par des critiques, eux-mêmes romanciers incapables de créativité et attachés à des figures de styles qui ont dérouté des lecteurs qui préféraient le grand souffle de l’aventure au soufflet de la rhétorique absconse.

Mais foin de tous ces prolégomènes, et plongeons-nous dans les deux romans qui composent ce volume.

 

Le treizième signe du Zodiaque de Maurice Limat.

Trois drames se sont déroulés en quelques semaines sur la ligne interstellaire Sol-Persée. Trois drames auxquels Robin Muscat doit apporter une solution. Il pleut sur Paris et il s'attelle distraitement à l'étude des dossiers qui lui ont été confiés par son patron, le directeur de l'Interpol-Interplan, la police multiplanétaire dont il est l'un des lieutenants.

Un crime sur la personne d'un natif de Persée, mort d'une façon peu compréhensible, comme foudroyé. Yum Akatinor était un curieux personnage versé dans la cosmomancie, science ancêtre de l'astrologie. Un autre passager du Spica, l'astronef, était devenu fou subitement. Cladek Halstar, d'origine martienne, était jusqu'alors un financier très prisé dans le Martervénux, et était amené à voyager très souvent, brassant des milliards de devises.

Quant à Giovanna Hi-Ling, Terrienne sino-italienne, elle a tout simplement disparu. Peu de choses sont décrites dans le rapport la concernant, sauf qu'elle venait rarement sur la planète-patrie et qu'elle était férue d'occultisme.

Robin Muscat déplore le manque de photo la représentant nue, non pas par lubricité et voyeurisme, mais parce qu'il a remarqué sur le torse des deux autres individus, une sorte de tatouage à la hauteur du cœur. Robin Muscat s'applique à déchiffrer cette marque qui représente une boucle, deux lancées évoquant des accents circonflexes, six petits traits en dessous. Cela lui rappelle vaguement un oiseau. Peut-être un signe du Zodiaque. C'est à ce moment qu'il est dérangé dans ses réflexions.

Un jeune homme désire le voir se présentant comme le fiancé de Giovanna Hi-Ling. Lorsqu'il demande à Spontini, son visiteur, au cours de la conversation de lui montrer son torse, et tandis que celui-ci accepte à contre-cœur, il aperçoit le signe qui devient tout d'un coup flamboyant. Spontini parait enrobé d'une aura de feu. Il est mort mais Muscat prévient le labo afin que son ami le docteur Stewe, et un jeune toubib d'avenir, Dusaule, puissent procéder à la récupération de l'esprit, ou l'âme de Spontini mort cliniquement. Mais un court laps de temps existe entre les deux phases et il faut se dépêcher.

Ils récupèrent ainsi des images captées dans l'esprit de Spontini, dont celles de Giovanna et d'une surface circulaire divisée en cases, comme pour la représentation des signes du Zodiaque, sauf qu'il n'y a pas douze segments mais treize.

Pendant ce temps, sur le Cygne noir sur lequel voyage Bruno Coqdor, le Chevalier joue avec des enfants en compagnie de Râx, le pstôr, un chiroptère ressemblant à un mélange de bouledogue et de chauve-souris. Il retrouve avec plaisir les scientifiques Monique et Jean Farnel, le frère et la sœur, qui voyagent eux aussi à bord du vaisseau spatial.

Coqdor, qui a reçu les images transmises par Robin, les soumet à l'appréciation de Jean Farnel, lequel examine attentivement les documents à l'aide d'un mini-projecteur. La conclusion est qu'un treizième signe du Zodiaque vient d'être découvert mais personne ne sait à quoi il correspond, ni à quelle constellation il faut le rattacher. Et bientôt Coqdor va se trouver aux prises d'ennemis inconnus, ces gens du Zodiaque, ceux qui jouaient selon un procédé un peu démodé, sentant le vieux roman populaire du XXe siècle, d'un signe ésotérique pour signer leurs abominations, d'un signe mystérieux qu'ils tatouaient sur le cœur de leurs victimes, ces gens - vivant on ne savait sur quelle planète, voire dans quelle dimension - semblaient en permanence épier les faits et gestes de Coqdor

Et ces êtres, Coqdor va rapidement s'en rendre compte, sont doués de métamorphisme, ce qui va entraîner des combats homériques et il ne sera pas au bout de ses surprises. Le lecteur non plus.

 

Maurice Limat, en bon auteur de science-fiction, imagine des méthodes nouvelles, des appareils révolutionnaires, dont il était à l'époque où il rédigeait ce roman - 1969 - impossible de penser qu'un jour proche ils existeraient. En effet, Coqdor et Muscat peuvent converser et communiquer à l'aide d'un objet appelé sidéroradiotélé avec écran miniature, de n'importe quel endroit où ils se trouvent. Ainsi, alors que Coqdor et ses amis se trouvent sur la planète Accora, premier relais du Capricorne, il peut non seulement s'entretenir et mais voir Robin Muscat qui se trouve dans une espèce de caverne dans le Hoggar, site montagneux au sud de l'Algérie.

Première édition Collection Anticipation N°379. Editions Fleuve Noir. Parution 1969.

Première édition Collection Anticipation N°379. Editions Fleuve Noir. Parution 1969.

Réédition collection Super Luxe N°147. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1984.

Réédition collection Super Luxe N°147. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1984.

Le quatorzième signe du Zodiaque, de Jean-Marc Lofficier et Jean-Michel Archaimbault.

Construit comme une suite logique du Treizième signe du Zodiaque, par Jean Michel Archaimbault d'après un scénario très précis de Jean-Marc Lofficier, ce roman permet de retrouver la plupart des protagonistes du précédent, mais également de se remémorer ou de plonger dans l'univers littéraire de Maurice Limat.

Car Maurice Limat laissait une porte entrebâillée à la fin du Treizième signe du Zodiaque, porte que nos deux compères se sont empressés de franchir afin d'apporter des éléments supplémentaires et complémentaires au précédent roman.

Cladek Halstar, l'une des victimes de la mystérieuse secte du Zodiaque, délire dans sa chambre au nouvel hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris-sur-Terre. Les médecins peuvent s'en rendre compte en l'entendant déclamer une sorte de poème dédié à l'oiseau-foudre. La nuit même, une silhouette entièrement habillée de noir pénètre dans la pièce, sort Cladek Halstar de sa démence et ils s'enfuient tous deux par les toits.

Devenu commissaire, Robin Muscat se voit attribuer un jeune inspecteur débutant, Marc Vérano, lointain descendant du célèbre détective des fantômes Teddy Vérano. Pour l'heure, c'est une organisation criminelle qui occupent leurs pensées, le Cercle Noir. Et Vérano a réussi a localiser l'une des cellules, à Melun-3.

L'offensive est menée contre des individus en combinaison couleur nuit par les hommes de l'Interplan. Quelques policiers restent sur le bitume et la plupart des membres du Cercle Noir sont annihilés. Toutefois la surprise provient de la découverte sur le corps de l'un d'eux d'un tatouage semblable à celui découvert dans le précédent épisode.

Robin Muscat en informe immédiatement son ami Bruno Coqdor, le Chevalier de la Terre, mais leurs analyses de la situation divergent. S'agirait-il d'une recrudescence des méfaits du maître du Zodiaque, malgré sa parole donnée, ou alors se pourrait-il qu'une autre secte issue de la première soit née de ses cendres et qu'une nouvelle guerre soit déclenchée ? Les deux amis se quittent légèrement fâchés, chacun s'accrochant à sa position et ils vont devoir enquêter, d'abord séparément, confortés dans leurs sentiments par des événements divers.

Le premier acte se produit lorsque la sonnette d'entrée de l'appartement de Coqdor retentit. Lorsqu'il ouvre la porte, c'est pour recueillir dans ses bras la belle et ténébreuse Giovanna Hi-Ling, la sino-italienne autre personnage présent dans l'épisode du Treizième signe du Zodiaque.

A nouveau les deux amis vont affronter de terribles dangers et s'apercevoir qu'il vaut mieux s'unir que se faire la tête à cause d'une appréhension différente de la résurgence du Zodiaque.

 

Dans un style un peu plus verbeux et un peu moins nerveux que celui de Maurice Limat, cet épisode offre l'avantage de prolonger le plaisir de lecture et de plus évoquer certains épisodes des aventures de Robin Muscat et surtout Bruno Coqdor.

Ainsi le lecteur est invité à visiter une partie de l'appartement du Chevalier de la Terre, dans les pièces où sont entreposés tous les trophées, objets, babioles et souvenirs récoltés au cours de ses missions. Et les références sont nombreuses, ce qui prouve que les auteurs connaissent l'œuvre de Maurice Limat dans la collection Anticipation et ont pris des notes lors de leurs lectures.

 

Chroniques de lectures Maurice Limat :

Chronique d'un essai de Jean-Michel Archaimbault :

Chronique d'un roman de Jean-Marc Lofficier :

J.-M. LOFFICIER et J.-M. ARCHAIMBAULT : Le quatorzième signe du Zodiaque. Inédit. Précédé de Le treizième signe du Zodiaque de Maurice LIMAT. Postface et étude de Jean-Michel Archaimbault. Collection Blanche N°2028. Editions Rivière Blanche. Parution décembre 2006. 364 pages. 20,00€.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 11:05

Le bon temps du Fleuve Noir Populaire ! Mais ça, c'était avant...

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk.

Au sommaire de cet ouvrage, une préface signée Daniel Riche, quinze textes soigneusement sélectionnés par le même Daniel Riche (lequel dirigea notamment les collections Gore et Aventures sans Frontière, fut le rédac’ chef de Fiction, d’Orbites et signa des scénarii de cinéma et de télévision), un dictionnaire des auteurs, des illustrations de Fred Blanchard et Fabrice Le Minier.

Parmi les signataires, Daniel Walther, Roland C. Wagner, Michel Pagel, Laurent Genefort, René Réouven, Jean-Marc Ligny, Jean-Claude Dunyach, Christian Vilà, Francis Valéry et de petits nouveaux prometteurs (pour l'époque) tels que Sylvie Denis, Thomas Day, David Calvo, David Prasson, Yves Letort et enfin quelqu’un qui se fait trop rare Michel Demuth. Mais penchons nous un peu plus sur ce beau bébé.

D’abord, que veut dire Steampunk ?

C’est pour l’auteur un exercice dans lequel il doit imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. Il ne s’agit donc pas d’uchronie, qui réécrit le passé dans un monde différent, mais d’allier le futur au passé avec les armes littéraires et scientifiques dont nous disposons à l’heure actuelle.

Tous les auteurs rassemblés dans ce recueil n’ont pas toujours réussi à interpréter cette définition, mais ne boudons pas notre plaisir.

Avec Celui qui bave et qui glougloute, Roland C. Wagner nous entraîne dans un western parodique et farfelu dans lequel évoluent Kit Carson, les Frères Dalton, et quelques autres personnages bien connus, confrontés au mythe de Chtulhu de Lovecraft. Un pur joyau tout comme Âme qui vive de René Réouven qui redonne vie une fois de plus à quelques romanciers du XIXème siècle avec l’érudition et le talent que nous lui connaissons.

Muchamor de Christian Vilà nous emmène dans la Russie alors que le régime tsariste est sur son déclin et que Raspoutine mène la danse. Michel Pagel renoue dans L’étranger, avec une forme littéraire peu souvent usitée, la narration épistolaire dont le contexte spirite permet à l’auteur de confronter dreyfusards et anti dreyfusards.

Le véritable voyage de Barbicane de Laurent Genefort s’inscrit dans les voyages extraordinaires de Jules Verne, le fabuleux De la Terre à la Lune, et Les premiers hommes dans la Lune de Wells. Jean-Claude Dunyach propose une aventure inédite du professeur Challenger, héros créé par Conan Doyle et le fait évoluer à Toulouse alors que Clément Ader s’obstine à démontrer que le plus lourd que l’air peut voler.

Les textes de Sylvie Denis, David Calvo, Thomas Day ou encore David Prasson sont un ton en dessous mais laissons leur le temps de s’affirmer, quand à celui de Daniel Walther, qui reprend le mythe de Mayerling, il m’a quelque peu déçu. Peut-être parce que j’attendais plus d’un auteur confirmé.

Yves Letort nous invite à découvrir Théophile Grandin, un texte servi par les illustrations de Francis Le Minier.

Quant à la préface de Daniel Riche, elle est justement très riche, érudite, et évite l’écueil du pontifiant. En vérité je vous le dis, ce recueil est une véritable bible que doivent se procurer tous les amateurs d’aventures et de lecture populaire.

 

Daniel RICHE présente : Futurs Antérieurs, 15 récits de littérature steampunk. Collection Grands Formats. Editions Fleuve Noir. Parution 21 avril 1999. 624 pages.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 10:33

Comme un ouragan...

François RAHIER : L'ouragan des Enfants-Dieux.

Dans le froid, la neige, deux hommes surveillent deux enfants et un chien qui s'ébrouent, s'ébattent en riant.

Ce sont des chasseurs d'une espèce nouvelle. Des chasseurs d'enfants.

Il les traquent et les conduisent à une destination inconnue. Des rumeurs circulent. Il paraitrait que les gosses serviraient à alimenter en chair fraîche des laboratoires. Des rumeurs.

Depuis l'explosion, conséquence funeste d'adultes jouant à la guerre, tout est désorganisé, retour à un monde aride et inhumain. Les pillards quadrillent les vallées, les montagnes.

Entre Hilberto, le chef du convoi, et Jori, le gamin arraché à se tranquillité, la méfiance règne. La méfiance et la haine. Hilberto et ses six compagnons qui se disputent un pouvoir illusoire encadrent une quarantaine d'enfants perdus dans la tourmente d'éléments déchaînés.

C'est l'hiver, saison de la froidure et aube de la création.

Jori veille sur Mogol, le petit débile, et sur Husband le chien. Chez les enfants comme chez les adultes, des clans se forment. Des complots se fomentent, des idées de révolte gagnent les esprits. La caravane avance péniblement, bravant tous les dangers.

La nature et l'homme conjuguent leurs efforts, accumulant les embûches sur leur route. Au bout du voyage, le printemps ou l'enfer.

 

L'ouragan des Enfants-Dieux est construit comme si deux histoires prenaient le relais, s'imbriquant peu à peu l'une dans l'autre.

La première partie, à la narration plus fluide, relate l'intégration de Jori et de ses deux compagnons dans le convoi et le long cheminement dans la nature hostile et déchaînée.

La seconde partie, plus hermétique, se veut un peu la parabole sur les progrès de la science et leurs applications à des fins malveillantes.

Mais c'est surtout l'antagonisme dans les relations entre enfants et adultes qui prévaut, et l'incompréhension entre deux mondes, deux époques de la vie, le tout régit par la méfiance et les mensonges.

 

François RAHIER : L'ouragan des Enfants-Dieux. Collection Anticipation N°1853. Editions Fleuve Noir. Couverture de Florence Magnin. Parution décembre 1991. 192 pages.

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 16:28

L'inusable Perry Rhodan...

Jean-Michel ARCHAIMBAULT : Perry Rhodan, lecture des textes.

Jean Michel Archaimbault, grand spécialiste de Perry Rhodan devant l’Eternel et les autres, a consacré un ouvrage de référence à cette saga unique dans les annales spatiales, si l’on excepte celle de Georges-Jean Arnaud avec la mémorable Compagnie des Glaces.

La saga Perry Rhodan a débuté le 8 septembre 1961 en Allemagne et dès le départ le succès a été foudroyant. Alors que les auteurs n’escomptaient écrire qu’une cinquantaine d’épisodes, il leur fallut remettre chaque semaine la plume dans l’encrier. Heureux Clark Darlton et K.H. Scheer qui avaient véritablement trouvé le filon d’une série populaire dépassant en audience le fameux Jerry Cotton. Et de s'adjoindre des collaborateurs qui écrivirent les épisodes suivants, tout en gardant l'esprit et la lettre à l'aide d'une bible.

Un fabuleux travail de Jean-Michel Archaimbault, et la réhabilitation d’une série trop souvent décriée par les critiques. Faut avouer que cette saga d’origine allemande, donc ne possédant pas la même aura que la production américaine en général, est connue et méconnue à la fois en France. Cent trente et quelques volumes, soit un peu plus de deux cents épisodes traduits seulement en France depuis 1966 jusqu'en 1999, alors qu’en Allemagne on arrive allègrement à plus de deux mille titres, voilà de quoi faire rêver.

Jean Michel Archaimbault fournit la chronologie, critique et commente, décortique la série cycle par cycle, présente les différents auteurs, et propose mille petits détails capables de réjouir tout un chacun, les fans comme les autres.

Le propos de Jean Michel Archaimbault est de démontrer l’intérêt de ces aventures, d’expliquer leur succès, aussi bien en Germanie que durant un certain temps aux Etats-Unis. Mais il va plus loin car rien qu’à la lecture de son ouvrage on a envie de lire, de s’imprégner de cette saga pas comme les autres. Bravo.

Quant à la collection Référence qui abrite cet ouvrage, elle s’affirme au fil des ouvrages proposés comme une collection indispensable aux amateurs de littérature populaire, quel que soit leur genre de prédilection.

Depuis quelques années, les éditions Pocket ont repris le flambeau des éditions Fleuve Noir qui avaient d'abord publié les premiers romans dans la collection Anticipation, à raison de deux titres par volume, puis avaient créé une collection particulière à ce navigateur de l'espace.

 

Jean-Michel ARCHAIMBAULT : Perry Rhodan, lecture des textes.

Jean-Michel ARCHAIMBAULT : Perry Rhodan, lecture des textes. Collection Références N°10. Editions Encrage. Parution février 1999. 184 pages. 10,20€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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