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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 03:53

Limat ? C'est le Pérou...

Maurice LIMAT : L’étoile de Satan.

En cette année 2931, les membres de l’astronef Scorpion se déplacent aux confins de l’univers, vers la constellation d’Hercule. Ils sont à la recherche d’un vaisseau fantôme qui se signale par un œil rouge. Or aucun des vaisseaux s’étant aventurés près de cet Œil Rouge n’est jamais revenu sur Terre, perdus corps et biens, ou alors des navigateurs ont recueillis, en plein espace, des naufragés flottant dans leurs scaphandres protecteurs. Ces naufragés de l’espace étaient vivants mais fous.

A bord du Scorpion, outre les membres d’équipage, des scientifiques sont présents. Ils savent qu’ils encourent des nombreux dangers, mais la curiosité et l’espoir de percer le secret de l’Œil Rouge les animent. Deux couples, des scientifiques, des pionniers, composés de la brune Wanda, minéralogiste, Ulric son coéquipier océanographe, la blonde Norma et son compagnon Didier, tous deux botanistes-zoologistes.

Un fanal rouge étincelle dans l’immensité galactique et aussitôt tout le monde se retrouve dans la cabine du commandant. Il leur faut se mettre en contact avec cet astronef inconnu, et cette tâche est confiée au lieutenant Bruno Coqdor qui possède un pouvoir hors du commun. Il est capable de se mettre en relation mentalement avec d’autres êtres, humains ou non, et il est considéré par tous comme un voyant.

Coqdor communique donc par télépathie avec les occupants de ce vaisseau au fanal rouge. La réponse qui émane de ses correspondants le laisse sans voix. Presque puisqu’il peut restituer leur message : ils veulent périr de leur main. Ils rendent un culte à la Mort, la vie leur fait horreur. Ce vaisseau navigue depuis des siècles avec toujours le même équipage à bord. Et de l’Œil Rouge émane cette pensée : Bienvenue à nos meurtriers. Etrange accueil qui incite le commandant et Coqdor à envisager une sortie afin de se rendre auprès de cet astronef.

Coqdor, accompagné des quatre savants et de deux hommes d’équipage, rejoignent le vaisseau fantôme où ils sont accueillis d’abord par un drôle d’animal tenant du chien et de l’écureuil, avec des ailes membraneuses qui lui permettent de sauter et de se soutenir en l’air, et une gueule de bouledogue. Il se nomme Râx, explique le chef des morts vivants, des sortes de zombies complètement décharnés, vieux de plusieurs siècles qui apparaissent alors. Râx veut s’élancer sur Coqdor mais il est rapidement mâté par le Chevalier de la Terre. Un échange de regards et une forme de communion s’établit entre l’homme et l’animal.

Les spectres, du moins ces vieillards issus de la planète Dzo, qui ressemblent à des spectres, sont devenus immortels grâce, ou à cause d’un savant fou qui s’était trompé dans ses préparations. Depuis, ils ne peuvent décéder que lors d’un accident. Mais le suicide, la tuerie collective, ou individuelle, leur sont interdits. Aussi ils demandent à Coqdor et à ses compagnons de les aider à mourir, ce que refuse naturellement le Chevalier. Alors ils sont pris en otages et débute une aventure qui s’avérera dramatique, tragique, pour certains mais dont Bruno Coqdor s’en sortira non sans mal, ce qui n’est pas le cas de tous ses compagnons.

 

L’étoile de Satan constitue la première aventure du Chevalier de la Terre, ainsi est-il défini dans ce roman qui met en scène l’un des héros récurrents de Maurice Limat dans la collection Anticipation.

Il s’agit d’un roman philosophique et psychologique dont les meurtres et le suicide sont ardemment prohibés aussi bien par ces centenaires, que par Coqdor et ses compagnons qui ne veulent pas tuer délibérément des créatures humaines. Un cas de conscience difficile à supporter et qui est proche de celui de l’euthanasie.

Seulement le prosélytisme est trop appuyé, trop de références religieuses sont énoncées, et cela retire un peu du crédit que l’on pourrait apporter à cette histoire qui se déroule en l’an 2931. Car toutes les extrapolations sont possibles en matière d’avancées technologiques et d’explorations des planètes, mais le sixième commandement du Décalogue, Tu ne tueras point, est bien ce qui constitue la trame principale de ce roman.

 

Réédition Les Maîtres Français de la S.F. N°6. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Réédition Les Maîtres Français de la S.F. N°6. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Maurice LIMAT : L’étoile de Satan. Collection Anticipation N°241. Edition Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1964. 186 pages.

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 03:44

Un roman dans lequel l'anticipation est peut-être plus proche qu'on veut le croire...

Pierre BARBET : L'Univers des Géons.

A l’issue de sa mission sur Terre, Conrad, un géotechn Eridanien, s’apprête à regagner sa planète. Il est agressé par des policiers des Forces de Sécurité et échappe miraculeusement à la mort. Sa navette n’ayant pu l’attendre, il embarque à bord d’un vaisseau intergalactique, véritable cité volante.

A bord il fait la connaissance de Hysala, la belle Hydienne qui se prétend esthéticienne, de Thur le Cétien, un bionicien, et d’un physicien, Hervad le Dracon, qui travaille sur un ordinateur révolutionnaire. Conrad et Hysala ressentent une profonde attirance l’un pour l’autre ce qui agrémente le voyage. Le vaisseau spatial est attaqué par des pirates de l’air menés par Zirug, un cyborg.

Les quatre compagnons échappent au forban et gagnent Eridan où Conrad peut remettre son rapport. Les Terriens, dirigés par un dictateur, sont racistes et tyrannisent les autres planètes de la Galaxie mettant en danger un équilibre précaire. Ils ont détruit le système écologique, privilégiant à outrance la société de consommation. Les Eridaniens menés par Conrad et ses amis Thur, Hervad et sa technologie, et Hysala qui est en réalité une scientifique, alliés à Zirug et à un contestataire Terrien, vont tenter de remettre de l’ordre dans la Galaxie.

 

Cet ouvrage démontre les méfaits néfastes de la surconsommation effrénée au dépens de l’écologie, de la pérennité de la faune et de la flore, mais aborde également le problème politique du racisme

les êtres intelligents ne doivent pas opprimer les autres races

et de l’effet néfaste de trop de temps libre que de nos jours on appellerait chômage.

Les enfants devront se mêler à la vie active et apprendre, par un contact direct, les nécessités de l’existence.

 

Pierre BARBET : L'Univers des Géons. Collection Anticipation N°598. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1974. 224 pages.

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 03:44

Plus dure sera la chute ?

Jean-Claude LAMART : Top niveau.

Dans les bas fonds de la ville, vivent les Loques-Traînes, les rebuts de la société, tandis qu’en haut de la tour principale siège le Maître, le Top.

Mais pour s’élever des sous-sols jusqu’au faîte de l’immeuble, il faut se battre, souvent à mort. D’ailleurs, la devise de la cité reprise par tous ceux qui veulent s’élever dans la hiérarchie, vers l’opulence et la reconnaissance de soi en tant qu’être humain, est Vaincre ou mourir.

Big Nurtling, qui se contentait volontiers de son sort, va se trouver obligé de se lancer dans la bagarre, dans la compétition, dans la course au pouvoir.

Il va même y prendre goût, lui qui au départ était un pacifiste convaincu.

 

Etres humains et clones se côtoient dans cette allégorie, dans ce roman parabole où tout nous rappelle que l’ascension d’un être humain dans la hiérarchie s’effectue dans le sang, la bagarre et la douleur.

Les miséreux en bas de l’échelle, les riches, les puissants en haut.

Et pour gravir les degrés, il faut jouer des coudes. Ceux qui parviennent ne sont pas forcément les meilleurs, mais souvent les plus rusés, les plus audacieux, les plus entreprenants, les plus magouilleurs. L’histoire de l’humanité fourmille d’exemples concrets.

Une fable moderne, actualisée et guère optimiste.

 

Jean-Claude LAMART : Top niveau. Collection Anticipation N°1708. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1989. 192 pages.

ISBN : 2-265-04189-0

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 04:17

Animal, on est mal…

Serge BRUSSOLO : Les animaux funèbres.

San Carmino, petite ville qui pourrait se situer en Amérique Centrale ou du Sud, construite sur un terrain arraché à la jungle, face à la mer, n’est habitée que de retraités ou presque. La mort et tout ce qui s’y rattache est tabou.

Les retraités vivent paisiblement, protégés par une police intègre. Seul un ghetto, un bidonville fait ombrage dans cette ville nouvelle, proprette. Un bidonville dont les occupants sont en majeure partie d’anciens ouvriers ayant procédé à la construction de San Carmino, mais qui n’ont pas été payés, certains entrepreneurs ayant fait faillite.

Cette sorte de verrue située entre la ville nouvelle et la jungle qui n’a de cesse de reconquérir le territoire perdu, abrite en son sein une vieille femme, surnommée la Sorcière. Elle prépare divers onguents afin de soulager les maux affligeant les représentants dits du troisième âge.

Autrefois, elle était prêtresse d’une église vénérant les divinités locales. Dans ce bidonville, vivent aussi les frères Zotès, des voyous dont la réputation de cruauté s’amplifie de jour en jour.

Pourtant tout irait bien, malgré les délires du lieutenant de police Corco, malgré les tentatives de la jungle d’annihiler les efforts de débroussaillage. Pourtant un jour les singes font irruption et sèment parmi la population une panique qui va crescendo.

 

La suite de cette histoire est éditée dans le volume n°1594 de cette même collection, sous le titre L’ombre des gnomes.

Uns fois encore, la couverture signée Stuart Hugues n’a rien à voir avec le texte, ce qui ne lui ôte en rien sa beauté. Et de plus en plus la collection Anticipation s’oriente vers le fantastico-policier, s’éloignant de plus en plus de sa vocation première l’Anticipation et la Science-fiction. Mais qui s’en plaindrait ?

Serge BRUSSOLO : Les animaux funèbres. Collection Anticipation N°1572. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03676-5

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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 04:15

Un roman toujours d’actualité !

Christopher STORK : Alter Ego.

Les manipulations génétiques sont arrivées à un stade tel que le bon sens et la morale jugent ses expériences suffisamment poussées, suffisamment avancées pour que nos scientifiques, nos biologistes prennent enfin un peu de repos.

D’ailleurs l’un de ceux-ci ne l’a dit-il déclaré publiquement il y a peu ? (Je précise que cette chronique a été écrite en février 1988).

Mais que se passerait-il si un de ces savants, qui jouent aux apprentis-sorciers, découvrait et mettait en application un nouveau mode de reproduction, comme celui décrit dans Alter Ego par exemple ?

Quel serait le sort et l’avenir de l’humanité déjà bien attaquée par d’autres expériences et qui produisent bon nombre de nuisances, comme la pollution ?

Mieux vaut ne pas trop y penser et plutôt passer un bon moment d’évasion avec qui en fin de compte n’est qu’un roman.

Et si vous le désirez vous pouvez toujours essayer de répondre à cette question posée par l’un des personnages :

Quelle est exactement la différence entre un chef et un dictateur ?

Christopher STORK : Alter Ego. Collection Anticipation N°1604. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1988. 192 pages.

ISBN : 2-265-03750-8

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 03:43

Y’a-t-il un arbitre dans la salle ?

Gérard DELTEIL : Hors-jeu.

Vous êtes bien tranquillement installé dans votre chambre à jouer au Wartronic, un jeu vidéo, avec un camarade.

Soudain, l’écran vidéo devient gris, une odeur de plastic brûlé se dégage du récepteur ainsi qu’un filet de fumée. Puis c’est l’implosion.

Dans le brouillard qui envahit la pièce un curieux personnage se tient debout devant vous, avec à la main une arme étrange ressemblant à un jouet.

Cette situation, deux adolescents la vivent en proie à une frayeur bien justifiée. Ce personnage insolite leur explique qu’il vient de la planète B2 sur laquelle la guerre fait rage entre les Centauriens et les Sidariens. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la matérialisation d’un univers ludique.

Cochrane, puisque tel est le nom de ce guerrier, voudrait bien retourner sur B2 et combattre à nouveau, prêter main-forte à ses compagnons. Le meilleur moyen étant de se renseigner auprès du fabricant, Cochrane entame des recherches qui de Paris le mèneront à New-York.

 

Un roman plaisant que Gérard Delteil a dû écrire en s’amusant et qui est truffé de clins d’œil. Une ville de la banlieue parisienne s’appelle Courvilliers, contraction de Courbevoie et d’Aubervilliers. Une référence à Didier Daeninckx.

L’un des personnages se nomme Richard Matheson, du nom d’un célèbre auteur de romans de science-fiction, tandis qu’un autre a pour nom, Ed Lacy, un auteur américain de romans policiers.

Hors-jeu ne renouvelle pas le genre, mais c’est un agréable roman qui sévit dans le système des jeux-vidéos, jeux qui n’avaient pas encore atteint à cette époque la côte et l’engouement dont ils bénéficient de nos jours, et auxquels on joue, confiné ou non.

Gérard DELTEIL : Hors-jeu. Collection Anticipation N°1597. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03733-8

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 04:00

Voyage, voyage…

avec Gérard Klein sous pseudonyme !

Gilles d’ARGYRE : Le long voyage.

Après un voyage particulièrement long et ennuyeux qui a duré vingt-cinq ans, dix ans en temps réel, cinq si l’on défalque les temps de sommeil, Hiram Walker revient à la maison. Il était parti à bord de l’Enfant-prodigue en 2177, retour en 2202, explorer les environs de Proxima du Centaure mais il revient déçu, persuadé avoir raté sa mission. Et la maison, c’est sa planète, la Terre. Un peu comme E.T. l’a dit après et plus tard…

Hiram se souvient de sa jeunesse, de l’autre côté de la Frontière séparant l’Est des Etats-Unis de l’Ouest, frontière grillagée érigée après la Grande Guerre des Trois Semaines. Il a vécu, misérable petit Noir, dans une sorte d’immense ghetto, parqué comme ses semblables, vivant de rien, quand il y en avait. Mais à quinze ans, il avait décidé de passer de l’autre côté de la frontière, comme bien de ses compagnons de misère.

Il avait passé des tests, dont il était sorti victorieux, à son grand étonnement, car il n’avait guère eu le loisir de fréquenter l’école, et était parvenu à réaliser son rêve : devenir pilote de fusée. Et c’est ainsi qu’il était parti dans l’espace, seul, muni de la mission de découvrir une planète accueillante susceptible de recevoir un flot de migrants, la Terre n’étant plus à même de nourrir ses enfants.

Il est reçu par le Président des Etats de la Terre, et ses ministres qui fomentent une destitution. L’Administration spatiale a elle aussi son mot à dire, et entre les deux assemblées les divergences sont nombreuses. La dissension règne.

Pourtant Hiram Walker propose une idée, qui pour farfelue qu’elle soit, est acceptée. Il faudrait qu’une des planètes solaires, Pluton, soit arrachée à l’attraction du Soleil, et amenée près de Proxima du Centaure, après avoir été colonisée et transformée en planète habitable.

 

Dans l’ombre, des discordes entravent cette utopie, mais sur les deux assemblées règne la Mémoire qui, théoriquement, doit avoir le dernier mot. Une sorte de zombie, un mort qui ne se meut que grâce à des artifices technologiques, portant un masque cachant un visage squelettique (d’où l’illustration de couverture) et dont seul le cerveau est encore capable de fonctionner, est activé afin de jeter la perturbation comme un chien dans un jeu de quilles. Il s’intègre dans l’équipe devant partir sur Pluton dont le Chef de bord est Hiram Walker, bientôt rejoint par des compagnons qui poursuivent le même but.

 

Si ce roman se place dans la longue série des voyages interplanétaires, thème fort utilisé à l’époque dans la collection Anticipation, d’autres aspects développés dans l’intrigue ne sont pas négligeables.

L’édification par exemple de cette frontière séparant les Etats-Unis en deux, une muraille grillagée d’une centaine de mètres de haut, avec des sas d’accès pour permettre aux migrants ayant passés des tests avec succès de rejoindre la partie Ouest. Les habitants de l’Est étant confinés, en grande majorité des Noirs et des miséreux. Une nouvelle forme de ségrégation raciale et sociale.

Les dissensions également qui s’établissent entre deux formes de gouvernement, gérés dans des tensions où chacun se veut calife à la place du calife, mais le tout surveillé par une entité fantômatique qui se réveille de temps à autre, s’érigeant comme un Dieu appelé la Mémoire, et serait la représentation d’un ancien dirigeant. Comme si en France un ancien président de la République mort serait toujours en activité grâce à des hommes politiques se réclamant de sa parole, de ses actions, de son charisme.

Réédition : J’Ai Lu Science-fiction N°2324, sous le nom de Gérard Klein. Parution 1988 et 1990.

Réédition : J’Ai Lu Science-fiction N°2324, sous le nom de Gérard Klein. Parution 1988 et 1990.

Gilles d’ARGYRE : Le long voyage. Collection Anticipation N°243. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1964. 192 pages.

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 04:06

Déconfiné ?

KEMMEL : Je reviens de… (L’incroyable aventure).

La trentaine avenante et célibataire endurci, Henri Boulanger prend quelques jours de vacances à la neige. En cours de route il a fait la connaissance de Conchita, une Espagnole, mais alors qu’il est en train de déjeuner avec elle, dans l’hôtel où ils ont pris pension, il est attiré par une superbe jeune femme blonde prénommée Hubna. Il commence à lui faire la cour en suédois, au grand dam de Conchita.

Henri Boulanger est traducteur à l’Onu et parle couramment six langues, ce qui est un avantage dans la drague internationale. Et donc le lendemain, comme il n’y a pas de neige, ce qui est somme toute bête lorsque l’on veut faire du ski surtout à Noël, le restaurateur leur propose un panier garni pour un petit pique-nique sur le plateau. Et les voilà tous les trois grimpant hardiment mais arrivés à l’endroit idéal qu’elle n’est pas leur surprise de découvrir allongé sur l’herbe un sous-marin. Enfin c’est ce que croit Conchita qui se trompe. Il s’agit d’une soucoupe.

Les trois amis, oui ils sont devenus amis, tentent de repartir mais ils sont bloqués par une barrière électrifiée invisible. Et deux boules de feu ou de foudre les obligent à entrer dans l’appareil. Ils sont réceptionnés par des poulpes, attachés sur des civières, et endormis grâce à une injection. Au bout de quelques heures Henri se réveille, ainsi que ses compagnes ne les oublions pas, et bientôt ils distinguent une forêt, des villages. Toute une vie. La soucoupe s’est posée sur la face cachée de la Lune. Mais Henri et ses compagnes ne sont plus seuls.

En effet à bord de la soucoupe sont également présents un pasteur Anglais et l’une de ses fidèles paroissiennes ainsi qu’un mécano vivant à Puteaux. Il raconte qu’il a été happé, alors qu’il se promenait du côté de Sartrouville à l’aide d’un immense filet de pêche venu du ciel. Et ce n’est pas tout. Car il y a également des vaches, des moutons, des poules, et autres animaux de la ferme ramassés dans les mêmes conditions de chalut. Naturellement, tout ce petit monde a faim et ils se rabattent sur le lait des vaches, une première depuis bien des décennies pour le mécano qui aurait préféré un bon petit vin de Touraine ou d’ailleurs.

Donc débarquement sur la face cachée de la Lune et nos astronautes malgré eux sont face à des humains venus de Mars. Les poulpes ne sont que des serviteurs occupés à régler de multiples tâches d’intendance. Ces Martiens prennent d’abord Henri et consorts pour des animaux comme ceux qu’ils ont déjà récupérés, mais en langage des signes et autres façons de s’exprimer, bientôt Martiens et Terriens vont pouvoir communiquer, aidés de boitiers mis au point par les kidnappeurs venus d’’ailleurs.

Et c’est ainsi que débute la folle équipée des six prisonniers de l’espace, leur débarquement sur Mars, puis une visite prolongée sur Vénus, découvrant que la technologie de leur ravisseurs est d’une modernité confondante, ayant plus de cinq cents d’avance sur les technologies terriennes. Et surtout, le nucléaire est banni de leur bagage scientifique depuis des siècles après avoir eux-mêmes goûté à la guerre atomique.

Nos amis vont vivre des aventures… rocambolesques spatiales !

 

L’humour règne sur ce roman, mais un humour qui confine à la dérision, au quolibet parfois, à un détachement de la part du personnage principal qui prend les événements à la légère tout en étant sensible à leurs aléas. C’est surtout dans la mise en scène et dans la narration que cet humour s’exprime le mieux, parfois dans les dialogues. Cela m’a fait penser, époque oblige, à Robert Lamoureux, dans les situations cocasses décrites.

Mais sous ces propos racontés avec raillerie, se cachent quelques énoncés qui ne dépareraient pas de nos jours et sont souvent empreints d’une sobre gravité.

Je vais boire du lait… Je ne sais pas traire une vache ! Je connais six langues à fond, j’ose le dire… Mais je suis incapable d’extraire une goutte de lait du pis d’une vache, fut-il plein à craquer ! Ah, les lacunes du bachot et de l’éducation moderne !

L’automatisation est portée à un degré tel sur Mars, que le travail est superfétatoire.

Ne travaille pas qui veut, vous savez ! fit N°1. Les machines font ici presque tout. Pour les surveiller, on a d’autres machines ! Quelques ingénieurs suffisent ! Leur durée de travail est de deux heures une semaine sur quatre… Mais cela va être prochainement réduit encore, paraît-il.

 

Quant à ce que pense de l’armée Henri Boulanger, via l’auteur interposé, je vous laisse découvrir son opinion savoureuse.

J’étais épouvanté. Sur la Terre avant mon départ – même à l’O.N.U. – on parlait de la guerre atomique fort paisiblement. Il ne faisait aucun doute que l’éventualité n’est fut acceptée par tout le monde, hormis quelques savants que l’on priait de se taire. Ils avaient inventé la bombe ; on les avait payés, félicités, décorés. L’emploi de leur engin regardait maintenant les généraux et non eux. Les généraux étaient ravis d’avoir à manier une arme aussi épatante. Si elle amenait la Fin du Monde ? Allons donc ! Un général ne croit pas à la Fin du Monde. S’il avait assez d’imagination pour cela, il ne serait pas général !

 

A de nombreuses reprises, évocation est faite concernant le Prince de Monaco et son attirance pour la pêche.

 

Sous le pseudonyme de Kemmel, se cachait le créateur du personnage du capitaine Sauvin, alias le Poisson chinois, c’est-à-dire Jean Bommart. Il a écrit de nombreux romans policiers et d’espionnage qui connurent un grand succès depuis le milieu des années 1930 jusqu’au milieu des années 1970, édités aussi bien dans la collection Le Masque qu’en Série Noire, pour ne citer que les plus célèbres.

D’ailleurs le lecteur qui s’intéresse aux dédicaces et aux envois qui précèdent le début de l’histoire, savaient sans qu’on le leur souffle que Kemmel et Jean Bommart n’étaient qu’une seule et même personne grâce à cette petite phrase : A Jean Bommart mon alter ego.

KEMMEL : Je reviens de… (L’incroyable aventure). Collection Anticipation N°84. Parution 1er trimestre 1957. 192 pages.

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 04:14

Un romancier qui pétille ?

Maurice CHAMPAGNE : Le refuge mystérieux.

Dans la nuit du 17 au 18 juin 1929, La France, un paquebot parti trois jours auparavant du Havre, qui vogue par mer d’huile, se dirige vers New-York.

Le 18, dans la matinée, un garçon chargé du service alerte le commandant de bord. L’un des passagers, l’ingénieur Gérard Aubierne, a disparu. Il a été vu pour la dernière fois vers 22 heures, et dans sa cabine, son lit n’est pas défait. Les recherches entreprises immédiatement restent vaines. Et il est, selon les autres passagers, impossible de songer à un acte suicidaire. Un autre passager manque lui aussi à l’appel, le docteur Soudraka, un Hindou de Calcutta. Deux disparitions simultanées incompréhensibles.

La relation de cet événement est relatée par Gérard Aubierne lui-même.

Débute alors la narration de cette mystérieuse aventure par le héros lui-même.

Désemparé par un chagrin d’amour, Gérard Aubierne, alors qu’il rentre un soir chez lui, est abordé par un Hindou qui prétend se nommer Soudraka. Et dans le discours qu’il lui tient, Aubierne retient cette phrase : Il vous importe peu de vous tuer à telle heure plutôt qu’à telle autre.

Puis l’homme l’emmène chez lui et la conversation qui s’ensuit est assez édifiante. Soudraka connait un certain nombre de choses sur l’ingénieur, dont sa peine de cœur. Et c’est ainsi que quelques jours plus tard, Aubierne, entraîné par Soudraka, quitte le paquebot à bord duquel ils voyagent, accrochés l’un à l’autre par un filin. Ils plongent dans l’océan et sont récupérés par un hydravion. Aubierne est invité à boire une boisson relaxante, et lorsqu’il se réveille, il se trouve dans un appartement luxueux. Des toiles de maîtres sont accrochées et un portrait, celui de sa bienaimée qui l’a quitté, est déposé sur un meuble.

Bientôt il fait la connaissance dans la salle à manger des autres résidents, sept étrangers de nationalités différentes. Deux Russes, dont une jeune femme, un Argentin, un Américain, un Hollandais, un Japonais et un Espagnol. Tous ces personnages se côtoient sans véritablement entretenir de relations amicales. Il règne même une certaine froideur. Un serviteur Hindou pique une fiche sur un panneau. Un nom et une date sont inscrits sur cette fiche. Le Japonais laisse tomber ces quelques mots : Mort cette nuit.

Aubierne découvre qu’il voyage à bord d’une île flottante, ne comportant ni faune ni flore. L’île des Désespérés. Une plaque métallique comme celle du pont d’un porte-avion, et posé dessus un hangar contenant l’hydravion. Tout autour de cette île, la mer, l’océan Pacifique, immense vivier à requins. Soudraka lui apprend que cette île se déplace à l’aide d’un moteur à radium, une invention de l’un des ses frères. Et l’un des Russes les quitte, appelé à subir une expérience.

Des liens se tissent, qui ne sont pas encore d’amitié, entre Aubière et le Japonais, ou avec Nadia, la frêle jeune femme russe. Mais Aubierne est impressionné, lorsque déjeunant en compagnie du Japonais et de Soudraka, un panneau glisse dévoilant un immense aquarium. Un aquarium qui entoure l’île plongée dans les profondeurs sous-marines. La salle est plongée dans le noir, et le confinement ne semble pas encourager les relations entre certains des convives. Un cri, Nadia dressée avec à la main un couteau à dessert, et à quelques pas l’Argentin un filet de sang sur la joue.

 

Ce roman n’est pas sans rappeler deux ouvrages de Jules Vernes, 20 000 lieux sous les mers et L’île à hélice, mais traité différemment, comportant une intrigue qui n’a rien à voir avec ces deux ouvrages. Juste une analogie avec le décor et cet engin qui ressemble à un immense sous-marin. Et le confinement forcé de quelques personnages. Mais le contexte est différent, et la pagination ne permet pas un développement à la façon de Jules Verne.

Aussi, les motifs qui animent le docteur Soudraka et ses frères est-il passé sous silence. L’on sait juste qu’ils s’adonnent à des recherches scientifiques médicales, et qu’ils pratiqueraient à des vivisections, selon l’un des confinés.

Mais ce qui importe, ce sont les relations qui s’établissent entre ces candidats potentiels à la mort, ayant eu à subir des épisodes douloureux, affectifs ou financiers, précédemment. Chacun réagit selon sa sensibilité, ou son manque de sensibilité, son courage devant l’adversité et le fait accompli.

Et la jalousie guide certains des personnages, alors qu’entre Nadia et Aubierne le narrateur s’ébauche une histoire d’amour. L’épilogue est un peu tiré par les cheveux mais les actions qui amènent à ce dénouement sont dignes de scènes cinématographiques.

Un bon moment de détente dans ces temps qui conduisent à la morosité.

Maurice CHAMPAGNE : Le refuge mystérieux. Collection Livre d’aventures. N.S. N°35. Editions Tallandier. Parution 1938. 64 pages.

Première édition Collection Voyages lointains et Aventures étranges. N° 25. Parution 1928.

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 04:34

J'étais sur la route
Toute la sainte journée
J'n'ai pas vu le doute en toi s'immiscer…

Pierre PELOT : Observation du virus en temps de paix.

Après cinq ans passés loin de chez elle, Cathy revient enceinte de sept mois et peu de bagages. Elle avait quitté Sainte-Agnès-de-Tambour, un petit village proche de Houma, en Louisiane, pour une raison propre à elle mais elle revient au pays.

Elle pratique le covoiturage avant l’heure, et arrivée sur un parking elle entre délibérément dans la cabine d’un vieux van, un vieil homme au volant. Snoop, ainsi se présente-t-il, accepte Cathy comme passagère, mais peut-il faire autrement vu son état.

Ils devisent sans se confier, sans vraiment étaler leur passé. Surtout Snoop qui en réalité se nomme Burden, un monstre solitaire, et qui surveille dans son rétroviseur s’ils ne sont pas suivis.

Ils n’ont guère de provisions. Snoop se sustentant de bricoles glanées dans les distributeurs, et Cathy possédant un vieil hamburger dont la date limite de péremption est probablement dépassée.

Enfin, ils arrivent à Sainte-Agnès de Tambour, à la maison familiale de Cathy. Rien n’a changé, sauf que son père n’est plus là. La poussière si. Les alligators non, et la cage de congélateur où étaient entreposés les poulets à destination des sauriens est vide. Avant, elle explique à Snoop, ils élevaient des alligators. Mais le père n’est plus là. Elle demande à Nancy Reagan, enfin c’est pas son vrai prénom mais son patronyme si.

Alors départ pour Houma où le père serait hospitalisé.

 

Si le décor de ce roman intimiste n’était la Louisiane, on pourrait penser à un roman vosgien de Pierre Pelot. Il ne se passe rien, ou presque. Tout est axé sur les descriptions de paysages, sur les réflexions intérieures des personnages, sur leurs non-dits, sur de vagues discussions.

Observation du virus en temps de paix repose sur deux personnages, même si d’autres font une rapide apparition surtout vers la fin. Beaucoup de digressions dans ce roman parfois répétitives. Des faits, des pensées, des impressions qui languissent sans que l’intrigue avance. Il faut attendre le troisième tiers du roman pour enfin connaître l’histoire de Burden et savoir comment il est devenu un monstre recherché par bon nombre d’individus, des chasseurs, le FBI et consorts.

Pas besoin de développer le processus qui a déclenché cette fuite, car déjà raconté dans le roman qui clôt la série des ballades ( !) de Burden dans Offensive du virus sous un champ de bataille. Mais c’est véritablement dans le dernier tiers du roman que l’intrigue prend toute son ampleur.

Les cinq romans qui composent cette saga peuvent se lire indépendamment les une des autres, même s’il est préférable de les découvrir dans leur ordre de parution. J’en profite pour remercier Jean-Michel A. qui m’a gentiment transmis cet ouvrage afin que je puisse le lire et en établir une chronique en cette période où le virus est roi. Roi des médias, bien évidemment.

 

Pierre PELOT : Observation du virus en temps de paix. Collection Anticipation N°1495. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1986. 192 pages.

ISBN : 2-265-03419-3

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  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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