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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 10:41

Orages, oh des espoirs !

Michel PAGEL : Orages en terre de France.

Et si la révolution de 1789 avait avorté, les guides de la France étant tenues par l’église et les représentants de la religion Catholique ?

Et si la Guerre de Cent ans n’avait jamais cesser d’exister, l’antagonisme franco-britannique perdurant depuis l’an mil ?

Extrapolant sur ces deux hypothèses, Michel Pagel narre quatre pages d’histoire, imaginant notre pays, de l’an de grâce 1991 à l’an de grâce 1995, sous la domination d’évêques, d’archevêques prenant leurs ordres et leurs consignes auprès du Vatican.

Le Roi de France, régnant dans un régime constitutionnel, fait figure de pantin. Les provinces, toujours divisées en comtés, passent successivement de la domination anglaise à l’occupation française, et vice-versa, ce qui engendre moult conflits permanents entre parents et enfants. Selon leur lieu de naissance, sol annexé par l’un ou l’autre de ces deux pays, ils vivent, réagissent en opprimés, en révoltés ou, au contraire, se conduisent en loyalistes.

Les séquelles de l’Inquisition exercent leur oppression sur la population, constituant dans certains domaines scientifiques un frein puissant. L’obscurantisme est lié à de nombreux préceptes et l’application à la lettre des commandements de Dieu, et leur déviance inéluctable, empêchent le développement des moyens de communication. “ Tu ne voleras point ” prends une signification absurde jusqu’au jour où la science est reconnue comme un progrès vital pour les belligérants.

Dans d’autres domaines, au contraire, la technologie est performante et toujours profitable aux stratégies militaires.

 

Dans ce recueil de quatre nouvelles uchroniques se déroulant dans le Comté de Toulouse, le Comté du Bas-Poitou, l’Île de France et le Comté d’Anjou, le fil conducteur est issu d’une rivalité toujours latente, d’une rancune tenace : Jeanne d’Arc et Napoléon servent de référence encore aujourd’hui dans nos récriminations quotidiennes et épidermiques.

Ce roman est la réédition d’un ouvrage paru en 1991 dans la défunte collection Anticipation du Fleuve Noir sous le numéro 1851, version revue et corrigée en 1998 dans la collection SF métal.

Ce qui à l’époque pouvait passer pour d’aimables fabliaux prend aujourd’hui une consistance nouvelle, alors que l’on nous parle de plus en plus d’intégration, de droit du sang et droit du sol, de sans-papiers, d’identité nationale et tout le tintouin.

Michel Pagel qui alterne romans humoristiques et récits plus sérieux, plus graves dans la teneur et le propos, possède plusieurs cordes à son arc. Il construit petit à petit une œuvre solide, et s’inscrit, non seulement comme une valeur sûre de la jeune S.F. française (à l'époque de la première édition de ce roman) mais comme un romancier tout court.

Première édition Collection Anticipation N°1851. Parution décembre 1991.

Première édition Collection Anticipation N°1851. Parution décembre 1991.

Réédition Collection S.F. métal, N°48. Fleuve Noir. Parution mars 1998.

Réédition Collection S.F. métal, N°48. Fleuve Noir. Parution mars 1998.

Michel PAGEL : Orages en terre de France. Réédition version numérique. Editions Les moutons électriques. Parution le 5 septembre 2014. 6,99€.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 09:05

Maintenant on dit Préposé à la distribution du courrier. Avec une telle dénomination à rallonges, m'étonne pas que le courrier arrive en retard !

David BRIN : Le facteur

Nous sommes en 2011 (le roman date de 1985, précision utile, il me semble) et Les Etats-Unis, suite à des émeutes post-atomiques, ne sont plus que décadences et ruines.

Des communautés vivotent ou survivent selon des moyens de fortune dans ce pays qui est devenu les Etats-Unis Restaurés d'Amérique.

Gordon Kranz court les bois à la recherche, de ces communautés mais les dangers sont nombreux. Au froid et à la difficulté de trouver son alimentation, s'ajoutent les bandes de pillards, les Survivalistes.

Dépouillé par des bandits lors d'une confrontation avec ceux-ci il découvre par hasard le cadavre d'un facteur des Postes des Etats-Unis. Endossant les habits de l'employé administratif, il va s'efforcer de réunir les différents groupes éparpillés dans la nature sauvage grâce au système du courrier.

Il rencontrera successivement Le Cyclope, ordinateur vestige d'une communauté scientifique un peu plus épargnée que d'autres, puis le chef indien Pawotan.

La restructuration ne va pas sans difficultés, les dangers sont nombreux, mais seule la bonne transmission du courrier peut encourager la population à résister aux hordes bien entraînées et supérieurement équipées des Survivalistes.

 

Un roman axé sur la solidarité et le refus de la résignation. L'ancien slogan de la Poste française trouve là toute sa signification : Les hommes qui relient les hommes. Ce qui n'est guère vrai de nos jours.

 

Première édition : Editions J'ai Lu. Collection Science-fiction N°2261. Parution septembre 1987. 448 pages.

Première édition : Editions J'ai Lu. Collection Science-fiction N°2261. Parution septembre 1987. 448 pages.

David BRIN : Le facteur (The Postman - 1985. Traduction de Gérard Lebec). Editions Milady. Parution 18 septembre 2015. 480 pages. 8,20€.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 13:55

Lorsque la Terre prend l'eau...

G. Elton RANNE : New-York Underwater.

Après avoir en scène Ange Gabriel, détective amateur, dans Chute libre (collection SF Polar N°20) puis Dan Campbell et Spencer Goren, deux détectives en un, dans Double Jeu (SF Polar N°20) nous retrouvons Alex Green, un policier de San Francisco, chargé d’enquêter dans une cité sous-marine sur les agissements d’une faction terroriste appelée La Terre est à vous.

Vite fait un petit résumé, je sais que vous aimez çà.

Un attentat a été perpétré dans l’un des dômes, provoquant de nombreuses victimes et selon les rumeurs un Hyash, c’est-à-dire un espion, se serait infiltré. Ce qui pourrait amener à d’autres dégradations plus sérieuses encore, préjudiciables à la cité même.

Les Terriens vivent en compagnie d’autres représentants de la galaxie, mais l’osmose n’est pas parfaite. Les jalousies, les récriminations sont légions, bref l’harmonie ne règne pas.

Pour Alex Green, la mission qui lui est confiée est plus que périlleuse.

 

Cette fois le lecteur est plongé plus loin dans le temps puisque l’action se déroule dans les années 2340 et que la Terre est devenue l’une des composantes de la Fédération Galactique. Et faut pas croire. Rien ne s’est arrangé dans les relations entre les différents représentants de cette confédération.

Les Terriens n’apprécient pas, mais pas du tout, ceux qu’ils jugent comme des envahisseurs. Et c’est bien ce qui sous-tend les romans de G. Elton Ranne (et Franck Morrisset) : comment les humains réagissent face à des entités venues d’ailleurs.

Une façon détournée de dénoncer le racisme, le sectarisme, la ségrégation. Et au lieu de placer ce sentiment dans un roman noir actuel, ils ont préféré le support de la S.F. Des romans à découvrir même si vous préférez la littérature policière à la S.F. ou vice-versa.

 

Alex Green est le héros de deux autres romans : La résolution Andromède de... Franck Morrisset (SF N°27) et La mâchoire du dragon de... G. Elton Rannne (Anticipation N°1991).

Un nouvel échange de personnage entre Elton G. Ranne et Franck Morrisset qui avaient déjà procédé avec Ange Gabriel : L'Ange et la Mort de Franck Morrisset (collection Anticipation N°1996). et Chute libre d'Elton G. Ranne Collection SF Polar 20), de même que Dan Campbell et Spencer Goren dans Alice qui dormait de Franck Morrisset (Collection Anticipation N° 1990) et Double Jeu de Elton G. Ranne (Collection SF POLAR N° 3).

Des romans qui seront peut-être réédités chez Multivers, pourquoi pas, et qui ont fait l'objet d'un article plus conséquent dans L'Annonce-Bouquins N°154 de Janvier 1999.

Première édition Collection S.F. N°44. Alien World 3. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1998. 250 pages.

Première édition Collection S.F. N°44. Alien World 3. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1998. 250 pages.

G. Elton RANNE : New-York Underwater. Editions Multivers. Parution 19 juin 2015. 163 pages. Format ePub, Kindle. 2,49€.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 08:53

L'homme propose, l'avenir dispose.

Gérard DELTEIL : Tchernobagne.

Un avenir pas très lointain, de trente à quarante ans environ, mais au combien d'actualité lors de la parution du roman en 1989.

Alors que la révolte gronde dans les prisons, que les gardiens revendiquent, que le système des prisons privées (de quoi on se le demande !) est envisagé depuis quelques années, penchons-nous sur ce roman de Gérard Delteil.

Un roman directement inspiré de son enquête sur les geôles françaises (Prisons - Dossiers brûlants. Le Carrousel, Presses de la cité - 1986), et sur un événement qui a défrayé la chronique et ému plus d'une personne, la catastrophe de Tchernobyl.

Phénix VIII est un bagne quelque peu spécial. Fini les corvées de cailloux à casser. Les prisonniers qui travaillent dans ce complexe bouffent du nucléaire à longueur de journées. Ils sont volontaires pour ce labeur, ils ont signé, alléchés par une remise de peine aléatoire. Mais il suffit de deux ou trois éléments plus déterminés que d'autres pour remettre en cause cet ordonnancement, et le nouveau directeur se trouve en butte à une révolte en bonne et due forme. Lui qui pensait que Phénix VIII servirait de tremplin à sa carrière !

 

Pas vraiment de science-fiction, tout juste de légère anticipation, ce roman de Gérard Delteil propose une vision pas très réjouissante de l'univers carcéral.

D'ailleurs la réalité n'est guère éloignée de la fiction, et si les prisonniers ne sont pas encore employés dans des centrales nucléaires (et encore, c'est à prouver !) les mines de sel et autres lieux aussi divertissants existent de par le monde.

Quant à Gérard Delteil, il aura marqué l'année 1989 d'excellents romans et ce dans des genres différents. Outre Tchernobagne, il faut signaler Fenêtre sur route aux éditions de l'Instant, Les huit dragons de jade chez Philippe Picquier, Le fils Capet se fait la malle chez Syros, et Riot-gun à la Série Noire.

Gérard Delteil aura signé en tout quatre romans (Transfert; La septième griffe de Togor; Hors-jeu et celui-ci) dans la collection Anticipation du Fleuve Noir, romans qui mériteraient une réédition en volume Omnibus, par exemple.

 

Quelques titres à découvrir :

Gérard DELTEIL : Tchernobagne. Collection Anticipation N°1709. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1989. 192 pages.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:22

Bon anniversaire à Jacques Vettier,

né le 8 décembre 1959.

 

Jacques VETTIER : Sous les nuées vertes.

Dans les années 2060 existent encore, et peut-être plus qu’aujourd’hui, les S.R., les Sans Revenus.

Ils quémandent un morceau de viande que leur jettent, comme aux animaux des zoos, les nantis. Pas toujours par bonté d’âme mais en protection car la bidoche peut parfois être contaminée. Ce ne sont que des cobayes.

Sortant d’une boucherie devant laquelle s’agglutinent les S.R., une jeune femme refuse de jeter son obole, arguant qu’elle possède déjà ses propres pauvres.

Un délit que ne manque pas de sanctionner Jess Monroni, un civpol, sorte mutante de milicien. Seulement la contrevenante s’avère être une huile, un juge chargé des délits d’information, sous-entendu, elle fabrique des dossiers avant de les transmettre au Parquet.

Un avatar dont se serait bien passé Jess qui le lendemain est trahi par son chef, lequel l’accuse de frayer avec des marginaux et peut-être même avec Macno.

Mais les relations entre la justice et les forces de l’ordre ne sont pas toujours très claires, Jess va rapidement s’en rendre compte et que les manipulateurs sont souvent manipulés et vice versa.

 

Sous une enveloppe S.F., Jacques Vettier nous propose un univers noir du XXIe siècle, un monde régit par la magouille, asservi aux forces de l’ordre lesquelles sont dominées par une Justice qui n’accepte que les coupables qui lui conviennent, en fabriquant à l’occasion.

Serait-ce une parabole, une parodie de ce que nous vivons aujourd’hui ? Pourquoi pas, il n’y a qu’à lire les journaux et écouter la radio.

Jacques VETTIER : Sous les nuées vertes. Collection Macno N°12. Editions Baleine. Parution avril 1999. 196 pages. 8,00€.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 13:48

Ça doit faire du boucan !

Michel PAGEL : La sirène de l’espace.

Malgré les technologies modernes, aujourd’hui la vidéo, l’ordinateur et Internet, les enfants, et ceux qui le sont restés dans leur tête, rêveront toujours à des lendemains enchanteurs issus de la littérature d’évasion.

Ainsi Francis Briand, nouvel héros de Michel Pagel, vient d’achever en ce 19 janvier 2312 son service militaire d’une période de cinq ans. Pacifiste convaincu, il n’apprécie pas du tout la guerre que livre la Fédération terrienne à Jupiter.

En transit sur la Lune, il passe la soirée dans un café et les commentaires vont bon train devant la télévision. Il n’est pas d’accord sur l’analyse des consommateurs sur cette guerre qui dure depuis des années et n’est pas près de s’éteindre, encouragée par une forme perverse de racisme.

Il est abordé par un inconnu qui abonde dans son sens et lui offre à boire. Une invite dont il se repentira car la boisson est droguée et il se réveille à bord d’un vaisseau spatial pirate. Il a été enrôlé comme les marins aux 17è et 18è siècles et se voit promu officier de bord grâce à ses connaissances comme navigateur radio.

Cette façon de procéder le révolte mais le capitaine John Golden possède des arguments afin de le réduire à la raison. Alors qu’il croupit dans la cale Francis entend un chant merveilleux qui lui tourneboule l’esprit et les sens. Il n’aura de répit de découvrir qui se cache derrière cette mélopée.

 

Michel Pagel nous entraîne dans un space-opéra qui puise son thème dans les romans maritimes, et principalement l'île aux trésors de Stevenson.

D’ailleurs le lecteur reconnaîtra l’analogie du nom du capitaine John Golden avec John Silver le héros de Stevenson.

Mais ce n’est pas la seule approche, puisque Ulysse et le chant des sirènes est également présent. En toile de fond ce sont la guerre et le racisme qui sont évoqués.

Un roman qui une fois de plus, sous couvert de simplicité et d’humour, démontre le talent de conteur de Michel Pagel.

Première édition Collection SF N°68. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1999. 222 pages.

Première édition Collection SF N°68. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1999. 222 pages.

Michel PAGEL : La sirène de l’espace. Réédition Collection S.F. Multivers éditions. Format ePub et Kindle. 2,49€.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 09:11

Lorsque le Futur est déjà dépassé...

Maurice LIMAT : Les Foudroyants.

La collection Anticipation du Fleuve Noir était sous-titrée : La Réalité de Demain. Et Maurice Limat, pour ce roman publié en 1960, plaçait son intrigue en 1998. Soit pour l'époque un délai raisonnable d'anticipation de quatre décennies. Seulement en 2015, les avancées technologiques, scientifiques, médicales ont-elles été réalisées, voire dépassées ?

 

L'orage éclate dans la forêt de Senlis et tandis que Martine prépare sous la tente le repas, Ric et René partent chercher de l'eau. En cet été finissant de l'année 1998, il est amusant de renouer avec la nature et de se comporter comme des primitifs. Enfin Ric et René reviennent en courant sous la pluie lorsque soudain la foudre atteint les deux garçons.

Martine est éblouie mais parvient à distinguer René qui est couché évanoui près d'un grand orme. De Ric, plus rien, sauf un tas de vêtements gisant sur l'herbe détrempée. Ric, son fiancé, a disparu. Et elle croit devenir folle lorsque René, sortant de son léthargie se redresse et arbore sur ses pectoraux l'image de Ric.

Ce qu'elle ignore, tout comme René ainsi que les vigiles qui viennent à leur secours, c'est que Ric est vivant, mais n'est plus qu'un ectoplasme. Il voit, il pense, mais il est devenu invisible et ne peut s'exprimer.

Au siège de l'Interplan, c'est à dire la Police Interplanétaire, le pendant d'Interpol, Lepinson le chef suprême de l'organisation est en colère. Non pas envers Robin Muscat qui navigue à bord d'un stratonef et avec lequel il communique mais parce que celui-ci était sur une mission concernant des pierres radioactives à Madagascar, et qu'il a fallu interrompre l'enquête en cours pour s'occuper d'un cas insensé. Selon ces messieurs du gouvernement, Ric aurait été enlevé par des Mercuriens, ou des kidnappeurs venus d'une autre planète.

Pour Lepinson, il s'agit d'une affaire banale, mais Robin Muscat n'en est guère persuadé. Aussi il se rend chez la jeune Martine afin de se renseigner sur la disparition étrange de son fiancé. Il l'appelle par l'audiophone électronique, mais la demoiselle l'éconduit, probablement en proie à une émotion violente. Robin Muscat ne se démonte pas et s'introduit dans l'immeuble de belle facture. Sur le palier il entend des voix, la télé peut-être pense-t-il, toutefois le rythme est haché. Le voyant lumineux, posé près de la porte d'entrée et indiquant si le visiteur peut ou non entrer, clignote de façon bizarroïde : Rouge - Néant - Rouge - Rouge - Néant... Comme s'il s'agissait d'un message en Morse, mais provenant d'une interférence électrique.

Soudain il entend Martine qui s'exprime d'une voix affolée, demandant à un interlocuteur de la laisser, de partir... Il entre mais Martine est seule dans la pièce. Il se fait connaître et il essaie d'amadouer la jeune femme qui lui propose un ztax, un whisky martien. Il parle d'un ton détaché, parvient à endormir quelque peu la méfiance de la jeune femme et aperçoit sur une table un stylo et une feuille de papier sur laquelle s'allongent une série de points et de tirets. Il s'agit bien d'une écriture en Morse Voretz, une variante de l'Espéranto pour le langage parlé. D'étranges manifestations se produisent dans l'appartement et des appareils électriques paraissent déréglés. Ce ne sont que des messages comme ceux qu'a interceptés Robin lors de son attente sur le palier. Il se demande pourquoi un châle est posé sur le téléviseur. Il découvre alors que sur l'écran en relief-color se profile le buste de Ric qui peu à peu s'efface.

L'ectoplasme tente de revenir et Martine est complètement affolée. Robin se rend compte alors que sur un meuble trône une photo de Ric. Seulement le visage est entièrement calciné. Les autres photos que possèdent la jeune femme ont subi le même sort.

D'autres manifestions étranges se produisent dans la Cité éblouissante, surnom de Paris, et René subit des attaques d'une entité inconnue. En compagnie du docteur Stewe, un savant, et du professeur Mac Grégor, Robin Muscat enquête sur ces phénomènes et les résultats qu'il en tire va les conduire jusque sur Vénus qui a été colonisée.

 

Insensiblement le roman passe de la science-fiction, de l'anticipation proche, vers un fantastique plus prononcé lorsque les protagonistes se retrouvent sur Vénus.

Anticipation proche et même dépassée puisque nous sommes en 2015 et l'action est sensée se dérouler en 1998. Mais ce qu'imaginait Maurice Limat en 1958 en matière de technologie s'est-il concrétisé ?

L'aérodrome du Bourget est transformé en Astrodrome et la Lune, Mars et Vénus sont devenues des satellites et des planètes régulièrement fréquentées et colonisées. Dans la vie courante, les téléviseurs sont en couleurs et relief, ce qui est une avancée technologique si l'on compare à  la 3D actuelle réservée pour les films. Les citoyens se déplacent en électrauto, les policiers comme Robin Muscat sont munis d'atomiseurs de poche, tandis que l'armée et la police terrienne ont fusionné pour devenir une milice.

Nous sommes donc loin des améliorations et des inventions imaginées par Maurice Limat mais nous nous en approchons petit à petit.

Un roman extrêmement plaisant à lire, même si en tenant compte de la date proche au cours de laquelle Maurice Limat plaçait son intrigue, on se rend compte qu'il y a encore du chemin à faire et des progrès à accomplir. Dans certains domaines, bien évidemment. Le lecteur n'est pas perdu dans cette narration, les personnages n'ayant pas de noms baroques, bizarres ou imprononçables et la vie quotidienne est quasiment celle que nous vivons actuellement.

 

De Maurice Limat, découvrir également :

Ce roman est disponible sous format E. book chez Rivière Blanche :

Maurice LIMAT : Les Foudroyants. Collection Anticipation N°164. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1960. 192 pages.

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 15:40

Chez Baleine, il n'y a pas que des Poulpes...

Rémy GALLART & Roland C. WAGNER : Le pacte des esclavagistes.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas MACNO, sachez que l’action se passe en 2064, et que MACNO alias Magasin des Armes, Cycles et Narrations Obliques est une entité sans véritable identité, dont l’essence est puisée dans un ordinateur superpuissant et qui se comporte en redresseur de torts.

Bon, je schématise, mais comme de toute façon c’est de la fiction, ce n’est pas la peine de s’étendre et de sodomiser les diptères en vol.

En cette année 2064 donc, une nouvelle vague hippie déferle sur la planète, célébration du Summer of love, et dont les membres sont les Mysthiques. Apparemment ils sont pacifiques comme leurs vénérables ancêtres, et seule la musique, les musiques, est leur arme.

Mais dans ce cas pourquoi les sociologues, les chercheurs qui tentent de résoudre le mystère de leur résurgence, de comprendre le pourquoi de leur présence, de leur prolifération, meurent dans des conditions bizarres, assassinés par des Kontrats qui théoriquement ne ratent jamais leur cible et propagent la mort à l’aide d’aragnelles, sorte de petites araignées ?

Bonne question mais si vous souhaitez connaître la réponse je vous engage à lire ce roman écrit en duo, qui ne possède pas le souffle, la démence, la démesure, la poésie, le style jubilatoire wagnérien de la série des Nouveaux Mystères de Paris, mais énonce toutefois des vérités premières telle que la diatribe contre l’Organisation Mondiale du Commerce (de la fiction vous dis-je !).

Les auteurs se sont fait plaisir, communions avec eux. Amen.

 

Rémi GALLARD & Roland C. WAGNER : Le pacte des esclavagistes. MACNO N°14. Editions Baleine. Parution janvier 2000. 168 pages. 8,00€.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 11:16

La suite des pérégrinations d’Alain et Jocelyne dont nous avons fait la connaissance dans Onde de choc.

Alain BLONDELON : Dégénération future.

 

Réfugiés sur l’île d’Yeu, quelques rescapés de l’Onde de choc survivent, confrontés à un nouveau problème. La vie continue, les femmes enfantent, mais quelques mois après le début de leur grossesse, elles sont atteintes de violentes céphalées et saignent du nez. Pas alarmant à priori, sauf qu’à la naissance les enfants sont handicapés. Les gamins sont difformes et accusent un net retard mental. Une dégénérescence natale qui affecte le moral de ceux qui vivent sur l’île. Une scission est provoquée et quelques membres de la communauté embarquent vers d’autres lieux, pensant qu’il s’agit probablement d’une maladie liée à l’endroit où ils vivent. Alors Lionel et son amie Sandrine, qui sont les responsables naturels du groupe, confient une mission à Alain et Jocelyne. Celle de trouver un médecin qui pourrait installer un hôpital de fortune.

Jocelyne veut profiter de ce voyage afin de retrouver son amie Christelle qui vit en Irlande et qu’elle n’a pas revu depuis les événements qui ont bouleversé la Terre. A bord d’un petit voilier ils entament leur périple en longeant les côtes bretonnes, mais bientôt il leur faut songer à se ravitailler. Ils abordent donc à Brest.

Le port et la ville sont dévastés, en ruines, et il leur est malaisé de trouver un magasin pouvant recéler quelque denrée. Lors de leur exploration ils entendent un vrombissement inquiétant.

Un énorme frelon pique sur eux. Ils se réfugient avec précipitation dans une boutique et l’hyménoptère s’assomme contre la vitre. Alain en profite pour abattre la bébête avec son fusil à canon scié. Fin du combat ? Que nenni ! D’autres bestioles, par dizaines, mesurant une quarantaine de centimètres, arrivent en escouade. Les grosses goulues déchiquètent le frelon hors de combat puis repartent repues. Alain et Jocelyne reprennent leur périple et arrivés sur dans une grande surface entièrement saccagée, ils se trouvent quasiment nez à nez avec des individus qui poursuivent une jeune femme. Ils s’interposent et parviennent à faire s’enfuir les malotrus.

Après quelques péripéties mouvementées, ils parviennent enfin en Irlande mais Christelle n’habite plus l’endroit où ils pensaient la trouver. Alors retour sur le continent jusqu’à Nevers via Rouen, où encore une fois ils ont maille à partir avec des prédateurs humains et rencontrent des dégénérés survivant avec difficulté et des communicants, une faculté de transmettre des messages par la pensée qui leur sera bien utile. Les combats sont nombreux et ils risquent leur vie à moult reprises.

Dans une atmosphère de canicule, Alain Blondelon trimballe ses personnages, ne leur épargnant aucune vicissitude. Le Futur pointe à notre fenêtre avec ses rayons qui dardent en étouffant tout. Mais s’il s’agit d’une extrapolation de l’avenir, et un peu une parabole d’Adam et Eve découvrant ou redécouvrant le monde, il est à noter que ce n’est pas tant comment est devenue la Terre après l’Onde de choc que de s’apercevoir que malgré toutes les avanies, les êtres humains n’ont pas retenu la leçon. Au lieu de s’entraider, de signer une alliance cordiale, ils vivent en petits comités, et très nombreux sont les rapaces, les nuisibles, qui ne pensent qu’à exterminer leurs congénères. Autre époque, autres mœurs, mais encore et toujours de la discrimination.

Il est bon aussi de se poser la question de savoir si les efforts, les essais, les recherches scientifiques concernant les modifications génétiques, quelle que soit leur provenance nucléaire ou chimique, ne peuvent pas se retourner contre l’homme. Mais de toute façon ceux qui sont à l’origine des mutations, animales ou végétales, ne seront pas là pour apprécier leurs résultats. Les bienfaits sont tout de suite avancés sans que quoi que ce soit n’est fait pour en analyser les méfaits.

Quant au dénouement, il induit une suite qui j’espère ne saurait tarder. La couverture, signée Adam Tredowski, est très belle, mais reflète peu le contenu du roman.

Et je ne saurai trop vous conseiller de vous rendre sur le site des Editions RIvière Blanche et de consulter leur catalogue.

Alain BLONDELON : Dégénération future. Collection blanche N° 2090. Editions Rivière Blanche. 210 pages. 17,00€.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:09

Et si c'était l'avenir ?


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Leur partie de pêche n’ayant rencontré qu’un maigre succès, Alain, le narrateur et son ami Lionel décident de plier bagages et de rentrer. Les petites routes qu’ils empruntent son désespérément vides mais lorsqu’ils parviennent aux alentours de Lyon, un spectacle de désolation se présente à eux. Des voitures, des camions sont encastrés les uns dans les autres, comme si un immense carambolage s’était produit. Mais aucun être humain à l’horizon, vivant ou mort, n’apparaît dans le décor. Arrivés chez eux ils échangent leur voiture pour des motos.

A Lyon ils recueillent deux jeunes femmes, Sandrine et Jocelyne, qui sont poursuivies par des militaires. Parfois des meutes de chiens, agressifs et vindicatifs, les poursuivent, auxquels ils échappent non sans mal. Ils se réfugient sur une île, au sud de Chalon, s’approvisionnant dans des magasins déserts, se servant en carburant au petit bonheur la chance et s’équipant de fusils et de munitions. Pendant qu’Alain dévalise un magasin de sport deux militaires en patrouille s’emparent de sa moto et il est obligé de rentrer à pied. Non sans avoir obtenu de précieuses informations sur l’emplacement du camp de la soldatesque : au Haut-Folin, en un endroit surnommé le Pylône, près d’un étang.

Un détail s’impose à l’esprit d’Alain : au moment de l'incident qui est survenu faisant disparaître comme par enchantement les humains, ils étaient tous quatre près d’un point d’eau. Lionel emprunte deux motos et vogue la galère. Une nouvelle meute de chiens les pourchasse et Alain est mordu assez gravement au mollet. Tandis que Lionel et Sandrine continuent leur route, Jocelyne le soigne et ils retournent sur leur île. Une terrible explosion se produit et une pluie de cendre recouvre les environs. Ils repartent à la recherche de Lionel avec qui ils communiquent par talkies-walkies.

A bord d’un 4X4 ils se dirigent dans le Morvan sachant leur ami et Sandrine réfugiés dans une grotte près d’un lac. Ils se font agresser par trois individus qui s’emparent de leur véhicule. Il ne leur reste plus qu’à retrouver Lionel et Sandrine à pied. La jonction effectuée Lionel leur raconte qu’ils ont rencontré un vieil homme, le professeur Bernard, qui s’était enfui du camp de prisonniers. Le savant leur a expliqué qu’une équipe de chercheurs avait mis au point, à la demande des armées d’une dizaine de nations parmi les plus riches, un “ système capable d’émettre une série d’ondes basées sur la combinaison des ondes cérébrales associées à une partie du spectre du rayonnement solaire… Toutes formes de vie dont le Q.I. supérieur à un seuil prédéfini et réglable se volatilisaient ”. Bref pratiquement l’effacement de toute vie humaine, à part dans quelques îlots protégés par des nappes d’eau. Ils quittent leur refuge et traversent la France s’installant sur l’île d’Yeu. Mais les soucis sont toujours présents, les militaires, les chiens enragés et les rats pouvant à tout moment envahir le havre de paix qu’ils se sont confectionnés à force de persévérance.

Comme nos grands anciens qui œuvraient plus dans la fiction que dans la science proprement dite, tel Paul d’Ivoi et quelques autres, Alain Blondelon écrit un roman d’aventures, une sorte de road-movie, avec pour personnages de nouveaux Robinson des temps modernes. Au contraire de leur illustre aïeul tout ou presque se trouve à portée de main, encore faut-il pouvoir s’en emparer et savoir s’en servir. Jeune adolescent, j’aurais adoré ce livre, adulte vieillissant, j’ai aimé, comme quoi en prenant de l’âge, on retrouve son âme d’enfant tout en devenant plus exigeant. Tout n’est pas parfait, loin de là, il existe des imperfections pardonnables pour un premier roman. Mais Alain Blondelon devra gommer ces quelques défauts, dont l’épilogue convenu qui utilise un poncif maintes fois rabâché malgré une fin ouverte, dans ses prochains romans et s’il le fait, alors il pourra se révéler comme un grand.

Alain BLONDELON: Onde de choc. Collection Rivière Blanche N°2054. Editions Black Coat Press. 184 pages. 16€.

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