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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 05:20

Il ne s’agit pas de rester planté devant sans rien faire…

Gustave GAILHARD : Devant le coffre-fort.

Viré de son emploi de pion par le directeur de l’établissement scolaire dans lequel il travaillait, en région parisienne, Marc Bigle se rend par le train dans une petite ville du Sud-est où, théoriquement, il devrait trouver une place chez un notaire comme quatrième clerc.

Le train est en retard (déjà, à cette époque ?) et il arrive juste quelques minutes avant son rendez-vous. Il demande à un cheminot qui vaque à la sortie son chemin pour se rendre chez Maître Duvaillant. Seulement il arrive avec deux ou trois minutes trop tard. Pourtant la porte est ouverte. Les clercs sont partis terminer leur journée au café et seul reste le notaire. Mais Bigle comprend immédiatement qu’il n’aura jamais la place convoitée.

L’homme est affalé sur son bureau. Il vient de se suicider, et sous son nez gît un papier sur lequel le tabellion a justifié son geste. Il a dépensé l’argent de l’étude pour entretenir une petite femme de Lyon. Toutefois il possède une réserve de quatre cent mille francs (Je vous laisse convertir en euros, sachant qu’il s’agit de la fin de guerre) qui est rangée dans le coffre-fort. Celui-ci est ouvert et Bigle n’a qu’à se servir. Ses ennuis pécuniaires sont résolus. Toutefois, il efface à l’aide d’un corrector les dernières lignes mentionnant ce petit pactole, et puisque plus rien ne le retient dans cette ville, il décide de filer à l’anglaise.

Il attrape de justesse un train qui l’emmène jusqu’à Monte-Carlo. Sur place il s’installe dans une chambre d’hôtel puis se rend régulièrement au casino. Il arrive même à fructifier ses gains de quelques milliers de francs, une chance incroyable.

 

Pendant ce temps, alors qu’il venait de résoudre une affaire épineuse, Lamouroux, profession détective privé, prépare son départ pour la capitale. Mais auparavant il doit passer la soirée avec un ami avocat, maître Sorieux. Une soirée écourtée car Sorieux est prévenu du décès du notaire. Le neveu de celui-ci est fortement soupçonné de meurtre et de vol.

Lamouroux accepte d’accompagner l’avocat sur les lieux et rapidement il démontre que le suicide ne peut être démenti. Le buvard, examiné grâce à un miroir, prouve qu’il existait une forte somme d’argent dans le coffre. La déduction du vol d’argent est démontrée. Mais vol par qui ? C’est ce qu’il faut chercher à découvrir.

Mais que fait Bigle, qui n’est pas aveugle, à Monte-Carlo ? Il se prélasse et il joue, toujours gagnant. Il fait la connaissance d’une jeune femme blondinette dans un bar. Elle est gentille, elle est mignonne… Mais elle semble obnubilée par une silhouette qui se laisse deviner derrière la vitrine. Il la retrouve à son hôtel où elle se fait appeler madame Liane de Valombreuse, Lily pour les intimes.

 

Ce roman débute un peu comme un épisode de l’inspecteur Columbo, puisque l’on suit à la trace Marc Bigle. Et le lecteur sait fort bien qu’il est innocent du meurtre du notaire.

Seulement, à l’évidence, ce personnage commet plusieurs erreurs. Il débute, il ne réfléchit pas. Contrairement au lecteur qui sait que l’histoire risque de se mal terminer pour notre apprenti voleur.

C’est en cela que ce roman devient intéressant. Quand et comment se fera-t-il démasquer ?

Dans Panorama du roman historique, style et langage paru aux éditions SODI en 1969, Gilles Nelod écrit : Gustave Gailhard, comme Albert Bonneau, a ouvert l’éventail des époques et des lieux. Ses romans, souvent longs, assez mal bâtis, cherchent les situations paroxystiques, les supplices atroces, les amours impossibles.

Il s’agit d’une appréciation personnelle qui ne convient pas du tout à ce court texte.

Gustave GAILHARD : Devant le coffre-fort. Collection Mon Roman policier N°10. Editions du Livre Moderne. Parution 2e trimestre 1944. 32 pages.

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 04:45

Il faut savoir lire une carte aux trésors…

René POUPON : L’assassinat de M. Magre.

Le cadavre qui gît dans le hall, devant la porte d’entrée d’un petit immeuble, n’intéresse guère l’inspecteur Lebreton. Il s’agit d’un dommage collatéral, car un autre corps l’attend au premier étage, celui de monsieur Magre, un diamantaire.

Un petit homme replet, M. Paillot, courtier en pierres précieuses, ami et client de Magre, a découvert le cadavre. L’inspecteur effectue les premières constatations et ramasse un petit étui de cuivre blond, une douille. Le coffre-fort n’a pas été fracturé, et un trousseau de petites clés pend encore à la serrure. L’intérieur est examiné et le courtier sort d’une pochette quelques pierres finement taillées. Tout y est, rien n’a été dérobé.

Survient alors Raoul, le fils du diamantaire, qui possède un alibi en béton, armé naturellement, puisqu’il était en bonne compagnie à Montmartre dans un bar et un cabaret. Pour preuve, il possède encore les tickets de réservation. Raoul est un noctambule qui dépense son argent, et celui de son père, en fêtes et beuveries.

Il précise immédiatement la provenance de la douille ramassée par l’inspecteur, un 7,63 tiré par un pistolet Mauser légalement introuvable en France. Devant l’étonnement de l’inspecteur, il explique que non seulement il est adepte de la Saint-Hubert, qu’il est champion de tir et qu’à la guerre il n’a jamais loupé sa cible.

Raoul est écarté provisoirement de la liste des suspects, il faut donc aller voir ailleurs. Puis le jeune homme se rend chez Paillot, rencontrer Lily, la fille du courtier. Ils se connaissent bien, étant presque fiancés. Mais Lily se plaint que le jeune homme la délaisse. Pour l’heure il a d’autres chats à fouetter, car il veut lui aussi enquêter sur ce meurtre.

Il sait que son père avait engagé des tractations pour acquérir un terrain en Afrique qui recèle un gisement important de gemmes précieuses. Mais d’autres personnes, des diamantaires étrangers, sont eux aussi intéressés. La carte de l’emplacement de ce terrain a été dérobée. Mais une carte factice, ne comportant aucun nom, un calque.

C’est grâce à un planisphère collé sur un mur de l’appartement que sera dévoilé l’endroit du gisement. Une carte aux trésors, en quelque sorte.

 

Agréable à lire, ce court roman est simple dans sa conception, et l’intrigue est rondement menée. Toutefois, l’épilogue réserve quelques surprises, qu’il m’est difficile de préciser, sinon tout le charme du roman serait évaporé. Disons que l’histoire ne se termine pas dans la joie et la bonne humeur.

René Poupon fut l’un des plus importants prosateurs des éditions Ferenczi, livrant de nombreux fascicules et petits romans sous divers pseudonymes : Pierre Chatel, R. Pol Dry, René Paul Noêl, René Paul Poupon, R. René Poupon, Léopold Remon, Louis Remon, Eric Ruthless.

Voir ci-dessous un portrait de l’auteur.

René POUPON : L’assassinat de M. Magre. Collection Mon Roman Policier illustré N°80. Editions J. Ferenczi et fils. Parution 3e trimestre 1948. 32 pages.

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 03:55

Donne-moi ton ranch, eh, poupée !
Ou j'te transforme en purée"
Puis il l'empoigna
- Et alors ?
Ben, il la ficela…

Maurice de MOULINS : La captive de Sonora Bill.

Des bandits braquent la banque Stern de Stark City, petite ville située dans l’état du Nouveau-Mexique, et s’enfuient à cheval. Le shérif et ses adjoints les prennent en chasse peu après, mais ils sont rapidement distancés. Les malfrats se sont réfugiés dans les contreforts rocheux des Jicarillas Mountains proches de la petite ville.

Tout le monde est persuadé que le chef de bande se nomme Antonio Ramirez. Le shérif Hobart Wills est furieux et le directeur de la banque déplore ce vol estimé à trois cent cinquante mille dollars.

Le lendemain, deux détectives se réclamant de la banque Stern, dont le siège est à Santa-Fe, arrivent à bord d’une automobile. Ils se proposent d’aider le shérif et de capturer la bande. Pour cela ils empruntent des chevaux et s’élancent à l’assaut de la montagne.

Pendant ce temps, Antonio Ramirez, à la tête d’une bande d’une douzaine de repris de justice et criminels depuis longtemps recherchés par la police, plonge ses mains dans les sacs contenant les billets. La pêche a été bonne et il peut être satisfait. A ce moment, la sentinelle entre en trombe dans la caverne où ils ont élus domicile, annonçant que deux cavaliers approchent.

Aussitôt les malfrats surveillent l’installation des deux voyageurs, qui s’apprêtent à manger, dans un canyon. Ils ne sont pas peu stupéfaits lorsqu’ils se rendent compte qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, et que la femme est ligotée. Aussitôt, alors que ses compagnons surveillent l’homme et sa prisonnière, Antonio Ramirez s’enquiert de leur identité et surtout de leur but, leur signifiant que le territoire leur est interdit.

L’homme prétend se nommer Sonora Bill, être un Yankee, et avoir pris en otage la femme, une quinquagénaire, quelques dizaines de milliers de dollars lui étant promis en échange de sa libération.

Antonio Ramirez emmène ses captifs dans la grotte tandis que la femme se défend comme un beau diable. Sonora Bill est ligoté tandis que Norah Daventry, la quinquagénaire, est laissée libre de ses mouvements, après avoir signé un gros chèque que s’empresse d’aller encaisser un des hommes du chef des bandits, à une banque de Santa-Fe.

 

Naturellement, le lecteur un peu perspicace se doute que ce couple est composé des deux détectives lancés sur les traces des voleurs de banque. Pour autant l’auteur laisse planer le suspense jusqu’au bout ou presque.

Un court roman, qui allie western et policier, rapidement lu et qui convient aussi bien aux adultes qu’aux adolescents.

En ce temps-là, la plupart des auteurs écrivaient indifféremment pour un lectorat allant de 7 à 77 ans, comme le proclamait plus tard un célèbre magazine, et ne s’embarrassaient pas de psychologie.

Sous le pseudonyme de Maurice de Moulins se cachait Albert Bonneau, le créateur de Catamount, qui fit les riches heures de lectures des adolescents, et des autres.

Maurice de MOULINS : La captive de Sonora Bill. Mon roman policier N°204. Editions Ferenczi. Parution 1er trimestre 1952. 32 pages.

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 03:24

Le grand feuilleton : épisode 3.

Jean de La HIRE : Le siège tragique. L’As des Boy-scouts fascicule N°3.

Lorsque nous avons quitté les boy-scouts dans l’épisode précédent, ceux-ci crapahutaient à bord d’une auto-chenille dans le sud du désert tunisien. Et ils entendaient des coups de feu dont ils se demandaient bien la provenance.

Mais, en même temps, j’effectuais un constat : le lecteur n’avait eu que succinctement des nouvelles de l’équipe anglaise.

Or, les coups de feu proviennent d’armes différentes et bientôt Mandar et ses amis se rendent compte qu’il s’agit de l’équipe britannique qui est aux prises avec deux bandes de Bédouins pillards. John Dogg et ses compagnons sont réfugiés dans leur véhicule, une auto-chenille également, et doivent faire face à gauche et à droite à des détrousseurs du désert. Ils sont en mauvaise posture et Paul Mandar décide de se porter à leur secours.

Ils sont munis d’armes à feu, carabines, brownings, et même d’une mitrailleuse, car tout a été prévu lors de leur départ. Ils ont été entraînés au maniement de ces armes.

Ils rejoignent l’équipe britannique et après concertation, décident de prendre les Bédouins à leur propre piège en se scindant en deux équipes, composées par moitié de Français et de Britanniques. Paul Mandar explique sa stratégie : tandis que deux boy-scouts resteront dans l’auto-chenille, les autres, passant par le plancher du véhicule, rejoindront un ravin qui se trouve juste sous les roues avant, et se dirigeront d’un côté et de l’autre de cet encaissement afin de prendre les Bédouins à revers.

Si Mandar parvient à contourner les assaillants, John Dogg est repéré par un Bédouin blessé qui se dirigeait en rampant vers le ravin, espérant trouver de l’eau pour nettoyer ses plaies.

Aussitôt l’homme retourne en arrière afin de prévenir son chef, un vieil homme que l’on pourrait croire sage avec sa barbe blanche, mais il n’en est rien. Prévenu, le chef de cette bande de pillards veut contrer l’attaque des scouts. Il parvient à s’emparer de John Dogg et ses compagnons. Mais Madar et compagnie les repèrent courant vers leurs chevaux. La mitraille qui s’ensuit provoque de nombreux blessés et morts. Ils réussissent même à prendre le cheikh en otage.

 

Ce nouvel épisode, fort mouvementé, permet aux lecteurs de mieux faire connaissance de l’équipe anglaise, dans des conditions dramatiques il est vrai.

Mandar se montre à son avantage, grâce à son esprit de décision, de son audace, de son courage. Mais les autres scouts, Britanniques et Français, ne sont pas en reste. Juste un mauvais concours de circonstance, un mauvais coup du sort, qui arrête les Britanniques, mais un excellent épisode qui démontre que les scouts sont solidaires dans l’adversité. Du moins côté Français.

Mais en sera-t-il de même si les scouts Français tombent eux aussi dans un guet-apens ou se trouvent en difficulté pour des raisons qui sont encore à définir.

Mais pour l’heure, il faut aller délivrer les otages. Dans quelles conditions ? C’est ce que nous verrons dans l’épisode suivant :

Le défilé suspect.

 

Voir l’épisode précédent ci-dessous :

Jean de La HIRE : Le siège tragique. L’As des Boy-scouts fascicule N°3. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 14 novembre 1932. 16 pages.

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 03:52

Le grand feuilleton : épisode 2.

Jean de La HIRE : L’auto attaquée.

Ayant échappés à l’incendie qui embrase le dirigeable Paris, les six boy-scouts se retrouvent éparpillés dans le désert tunisien.

L’on retrouve en premier Paul Mandar, qui s’est réceptionné sans difficulté grâce à sa maîtrise nouvelle du parachute dont il a été muni, mais il lui faut dès alors retrouver ses compagnons d’aventures.

Tout en les cherchant, il se demande ce qu’ont pu devenir les membres de l’équipage du dirigeable ainsi que les passagers qui voyageaient en première classe.

Le premier boy-scout récupéré est Moutiers, indemne, puis au fond d’un ravin, Cadérac, qui a échappé à une catastrophe inévitable grâce à son parachute qui s’est accroché à des rochers. Grâce aux cordes dont ils disposent, ils parviennent à sortir leur camarade de sa position périlleuse. Puis Darbois qui gît évanoui mais reprend peu à peu ses esprits à l’aide de la pharmacopée dont sont munis les boy-scouts. Il est atteint de nombreuses contusions douloureuses mais pas de blessures graves à déplorer. Mijon est découvert derrière un rocher mais il n’a pas entendu les appels de ses amis, car il est complètement hébété. Enfin il reprend peu à peu ses esprits, et malgré une légère foulure à la cheville, Mijon et les quatre autres survivants repartent. Il manque toutefois Gallec qui est récupéré un peu plus tard, mais en mauvaise posture. Il est sain et sauf dans une crevasse, mais un chacal et ses petits lui tiennent compagnie. Apparemment l’animal ne lui veut pas de mal, pensant surtout à protéger sa portée, mais on ne peut préjuger des réactions s’il se sent attaqué. Une corde servant de lasso entoure bientôt le cou du chien du désert et Gallec peut s’extirper de son trou.

L’équipe reconstituée, les six amis doivent maintenant rejoindre Tunis et pointer la feuille de route. Ils arrivent sur place le 19 juin au soir et apprennent auprès du sous-chef de cabinet du résident général que le dirigeable a été emporté par la tornade à plus de cent cinquante kilomètres de là et que quasi tout l’équipage et les passagers sont sains et saufs. L’équipe de John Dogg est devant eux avec trente-huit heures d’avance.

Après une nuit réparatrice, ils s’apprêtent à foncer vers le lac Tchad à bord d’une auto-chenille, commandée à Paris plus de trois semaines auparavant. Mais auparavant il leur faut procéder au plein d’essence, arrimer des bidons d’huile, vérifier la caisse à outils et les pièces de rechange, sans oublier les provisions nécessaires pour un voyage de trois mille kilomètres. Le temps estimé pour les parcourir est de vingt jours.

Et les voilà partis, traversant des villages, recueillant des informations sur leurs prédécesseurs, avançant cahin-caha dans le désert. Un jour, ils entendent des coups de feu… Une attaque !

 

Il est à noter que le titre de cet épisode correspond uniquement à la fin, alors que des coups de feu retentissent mais que l’attaque n’est pas encore engagée.

Le match entre les deux équipes est véritablement lancé et les dangers ne manquent pas d’être au rendez-vous. Il ne s’agit pas d’une promenade de plaisir ni de santé, mais bien d’un match à distance. Pour le moment, le lecteur ne suit que Paul Mandar et ses coéquipiers, n’ayant des nouvelles de l’équipe britannique que par bribes.

Les verrons-nous à l’œuvre ? Suite au prochain numéro :

Le siège tragique.

 

Présentation du recueil : L’as des boy-scouts :

Premier épisode : Le long courrier aérien :

Jean de La HIRE : L’auto attaquée. L’As des Boy-scouts fascicule N°2. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 10 novembre 1932. 16 pages.

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 04:38

Le grand feuilleton : Episode 1

Jean de La HIRE : Le long courrier aérien.

En cette matinée du 17 mai, alors qu’il prépare ses leçons pour le lycée, Paul Mandar reçoit une lettre recommandée qu’il s’empresse de lire, sa mère penchée sur son épaule.

Cette missive émane de Maurice Rondet-Saint, le président des boy-scouts de France, qui le convoque pour le lendemain. Paul Mandar est un peu étonné mais toutefois il se présente à l’heure dite, en compagnie de sa mère, à ce rendez-vous inhabituel. Rondet-Saint les rassure et leur dévoile ce qui l’a conduit à mander Mandar.

Un milliardaire américain, James Brackfeller, a décidé de consacrer une somme de dix millions de dollars à la réalisation d’une idée.

Deux équipes de six boy-scouts, l’une française, l’autre anglaise, devront s’affronter dans une course autour du monde, en respectant toutefois quelques règles, simples mais contraignantes. Les deux équipes devront passer obligatoirement par des points géographiques déterminés, et les autorités officielles contrôleront leur passage.

Après le départ, situé à Calais, les deux équipes devront traverser toute la France jusqu’à Menton, passer par Tunis, Lac Tchad et Fort-Lamy, Addis-Abbaba, capitale de l’Abyssinie, Bombay, Pékin, Batavia, Sidney, Santiago de Chili, Caracas de Venezuela, Chicago, Québec, Reykjavik d’Islande, Edimbourg, Douvres et Paris. L’arrivée s’effectuera sous l’Arc de Triomphe, l’équipe première devant entourer la dalle du soldat inconnu. Remise à la clé de la prime promise à une œuvre sociale dont bénéficiera principalement le scoutisme de la nation gagnante : collège, école des Arts et Métiers, ou maison de retraite pour parents pauvres de boy-scouts. Une somme est mise à disposition du comité directeur de la course, afin de pallier les frais du voyage, tant pis si l’une des équipes dépense tout en cours de route, elle devra se débrouiller par ses propres moyens, interdiction leur étant faire de recevoir de nouveaux subsides de la part de qui que ce soit.

D’autres restrictions sont définies dans le règlement, comme définis dans l’article 1 : Les boy-scouts pourront user de tous les moyens de locomotion possible. Toutefois l’automobile et l’aéroplane ne leur seront permis que s’ils sont eux-mêmes mécaniciens et conducteurs.

Naturellement, il n’est pas question d’entraver mutuellement et retarder l’autre équipe, et ainsi de suite.

 

Paul Mandar accepte sans réserve cette proposition, de même que sa mère qui en a quand même un peu gros sur le cœur de voir son fils partir à l’aventure.

Ensuite, il s’agit de constituer l’équipe française qui sera composée de cinq autres boy-scouts issus de diverses régions françaises afin d’équilibrer ce petit groupe. Ainsi sont pressentis Jean Cadénac le Méridional, désigné comme le lieutenant de Paul Mandar, Yves Gallec, le Breton, Pierre Moutiers le Tourangeau, Hubert Mijon le Bourguignon et Jacques Darbois le Picard et Franc-Comtois. Tous auraient pu prétendre au titre de capitaine de route car leur valeur physique et morale, leur charisme, leur offraient cette chance mais il en a été décidé ainsi avec l’aval de tous. La fine équipe se prépare activement, s’initiant à la conduite et au mécanisme des avions ainsi qu’à la science de l’automobile.

Le grand départ est programmé de Calais le 15 juin au matin et le 14 juin au soir Paul Mandar et ses coéquipiers font la connaissance de leurs rivaux menés par John Dogg. Tandis que l’équipe anglaise file vers Menton en voiture, selon les règles prescrites, l’équipe française prend le train, direction Menton, via Paris et Marseille. A Menton, ils récupèrent un véhicule, remplissent les formalités et signent les formulaires attestant de leur passage, puis direction Cuers-Pierrefeu afin d’effectuer la traversée à l’aide d’un dirigeable. Ils ne contreviennent pas à l’article 5 du règlement qui stipule qu’il leur est interdit d’accepter des subsides pécuniaires et de se faire aider par des sociétés privées ou gouvernementales sauf en cas de péril mortel. Le directeur de la société commerciale propriétaire du long-courrier Paris étant un ami du père de Cadénac, une acceptation de passage leur avait été accordée.

Ils vont donc pouvoir s’installer à bord, en seconde classe, et voyager par les airs en direction de Bizerte, destination du dirigeable Paris. Durant le vol, ils sont initiés à l’emploi d’un système innovant de parachute et heureusement car le vol va bientôt être confronté à un violent orage.

 

Si la présentation du règlement de cet affrontement sportif de par le monde prend une grande place dans la narration, ainsi que la présentation de l’équipe française, le départ de la grande aventure qui aurait pu se dérouler presque normalement va connaître rapidement des couacs à cause l’orage au dessus de la Méditerranée. Le dirigeable Paris est atteint par des éclairs et nos boy-scouts l’abandonnent, sous l’injonction de l’équipage, et vont pouvoir mettre en pratique les conseils fournis quant à l’utilisation des parachutes.

Nous retrouverons la suite des aventures et mésaventures mouvementées de ces intrépides adolescents dans le fascicule 2 intitulé :

L'auto attaquée.

 

Jean de La HIRE : Le long courrier aérien. L’As des Boy-scouts fascicule N°1. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 5 novembre 1932. 16 pages.

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 05:05

Ce soir j’attends Madeleine…

Léopold REMON : Madeleine du faubourg.

Un regard au hasard d’un croisement dans une rue, un matin de décembre neigeux et froid, ce fut tout et pourtant ce fut beaucoup.

Se rendant à pied comme tous les jours à son travail de bureaucrate, Roger Perrin croise la route d’une jeune fille qui le regarde non point avec insistance mais non plus avec indifférence.

Les jours suivants, le même manège se produit, et ce regard prend une signification particulière qui l’amène à observer plus attentivement cette passante qui passe. Une aguicheuse ?

Quoi qu’il en soit, ils se croisent souvent, et un jour il la suit jusqu’à son travail. Puis le soir, même manège et ils sont amenés à échanger quelques mots. Puis ce sont de longues conversations, une relation qui s’établit comme entre deux jeunes gens qui se sentent attirés l’un vers l’autre. Elle avoue avoir dix-huit ans, lui frôle la trentaine. Ce n’est pas rédhibitoire.

Ce qui l’est plus, c’est qu’il a oublié de lui avouer qu’il était marié et avait un enfant. Elle s’en rend compte lorsqu’un jour elle l’aperçoit en compagnie de sa petite famille.

 

Paul Norvès est l’un des plus vieux amis de Roger Perrin, mais depuis quelques mois, il végète, car il lui est arrivé la même mésaventure, mais à l’envers.

En effet l’un de ce qu’il supposait être un ami, et qui lui demandait souvent de l’argent, lui promettant de le rembourser plus tard, quand il serait en fond, l’un de ses amis ne s’est pas contenté de lui prendre de l’argent sous des prétextes fallacieux, mais il a aussi emprunté sa femme. Et pourtant celle-ci connaissant la situation, s’était enfuie avec son amant. Un coup rude dont il ne se relève pas.

 

Un court roman dans lequel sont imbriqués deux histoires d’amour ayant pour protagoniste le personnage de Roland Perrin. Si les deux histoires sont différentes et pourtant similaires à la base, elles se complètent mais avec des finalités divergentes. L’une se termine bien, l’autre se clôt dans la tragédie.

D’un côté l’homme marié qui tait son statut familial, de l’autre la femme volage qui part avec un homme qui spolie son mari. Pas très moral tout cela mais si représentatif de la vie.

Cependant j’émets quelques réserves car Madeleine si elle se montre aguicheuse, l’auteur commet toutefois une petite erreur. Au début Roland Perrin lui donne au moins vingt ans, sinon un peu plus. Or elle avoue n’en avoir que dix-huit. Seulement, lorsque la femme de Perrin rencontre la mère de Madeleine, celle-ci est toute étonnée car sa fille n’a que seize ans. Je sais que parfois certaines jeunes filles paraissent un peu plus que leur âge, qu’elles sont plus matures, mais quand même. Ce n’est pas tant son côté de jeune séductrice qui est à mettre en avant, après tout elle ne sait pas que Roland est marié, et donc que la faute en incombe à l’homme, mais cette propension à vouloir séduire les mâles à un âge qui n’est plus consacré aux poupées, mais pas encore à la drague. Du moins à cette époque. Et c’est toujours l’homme qui est fautif au bout du compte.

 

Sous le pseudonyme de Léopold Rémon se cachait René Poupon, l’un des grands fournisseurs de petits fascicules chez Ferenczi.

Léopold REMON : Madeleine du faubourg. Collection Le Roman d’amour illustré N°19. Editions Ferenczi et fils. Parution le 11 juin 1932. 32 pages.

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 05:55

Peut-être est-ce un poète ?

Max-André DAZERGUES : Le Bossu est dans la Lune.

Comme bien souvent, la mer est démontée dans les parages de l’île d’Ouessant, et nul ne sait quand elle sera remontée comme le signalait Raymond Devos.

A bord de l’Armoric, le capitaine Canaille (déformation de son véritable nom de Kharnouailles mais un surnom qui n’est pas usurpé) presse ses matelots de mettre un canot à la mer. Yves Plougarel, marin de confiance, doit conduire jusqu’à une petite crique un passager qui a payé largement la traversée depuis l’Irlande. Il s’agit du Bossu, alias Martial Lucas, un insaisissable malfaiteur.

L’esquif brave les éléments et le Bossu est débarqué sur le continent, au pied des falaises à l’Anse des Farfadets. Tandis qu’Yves Plougarel attend tranquillement que son passager revienne, le Bossu grimpe l’escarpement rocheux, presqu’abrupt, puis se dirige vers une maisonnette isolée et perdue dans la nature.

Il est attendu par le professeur Foxa, un alias en référence au docteur Ox de Jules Verne, qui doit lui remettre des plans. Le savant travaille également sur l’énergie nucléaire et la bombe atomique, mais ce sont bien des documents secrets sur une fusée interplanétaire que le Bossu achète pour le compte d’une tierce personne.

Deux hommes sur la falaise surveillent les horizons, cachés derrière des rochers. Ils remarquent le bateau stationné, puis le débarquement de la chaloupe et la montée du Bossu. Marco, l’un des deux hommes, descend le raidillon, surprend Yves Plougarel qui attend le retour du Bossu et il l’assomme. Puis il rejoint son compère Andy et les deux hommes se dirigent vers la maisonnette du docteur Foxa. Ils croisent le Bossu qui ne les voit pas et redescend vers l’Anse des Farfadets, puis ils s’introduisent chez le savant et l’embarquent à bord d’un véhicule. Ils déclarent qu’une certaine madame Hetlinger, malade, le réclame à Rennes.

 

Peu avant, à Paris au siège de la Police Judiciaire, une jeune fille prolongée, Mlle Berges, fait tout un foin. Elle désire parler à l’inspecteur Courtois, qu’elle connait bien pour l’avoir eu comme locataire quelques temps auparavant. Elle désire signaler la disparition de sa nouvelle locataire, une certaine madame Hetlinger, qui n’a pas donné de ses nouvelles depuis quatre jours. Elle applique la consigne que cette dame avait donnée. Le commissaire Guerlandes, amusé, assiste à cet entretien. Et c’est ainsi que les deux policiers se rendent à Rennes à la recherche de cette fameuse dame.

 

Roman policier et roman d’espionnage, Le Bossu est dans la lune est la septième aventure de Martial Lucas alias le Bossu narrée dans cette collection Le Verrou.

Un roman qui ne manque pas de péripéties, de rebondissements en tous genres, avec des personnages qui se croisent, ne se voient pas, s’ignorent presque, qui ne se connaissent pas, et qui agissent pour des raisons personnelles, distinctives, interférant par la bande. Un roman qui pourrait être la somme de deux histoires qui se rejoignent via le personnage du Bossu, individu bien connu des services de police et plus particulièrement du commissaire Guerlandes et de l’inspecteur Courtois.

A mon avis, ce n’est pas le meilleur de Max-André Dazergues, mais c’est toutefois un roman plaisant à lire, qui permet de passer le temps agréablement, ce qui était bien le but des publications populaires.

 

Max-André DAZERGUES : Le Bossu est dans la Lune. Collection Le Verrou N°66. Editions Ferenczi. Parution 2e trimestre 1953. 96 pages.

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 05:53

Fais comme l’oiseau…

R. & R. BOREL-ROSNY : T’as vu ça d’ta fenêtre !

Pensait-elle que sa carrière allait décoller en se jetant par la fenêtre, rien n’est moins sûr.

La pauvre Gina de Sarlande, jeune chanteuse pleine d’avenir est projetée du cinquième étage et s’écrase sur le bitume. En général, on ne s’en relève pas. C’est Rosette, dite Rosie, qui en voulant baisser le store de la fenêtre de sa chambre d’hôtel sise au quatrième étage, a aperçu le corps tomber alors que deux mains poussait Gina. Du moins c’est ce qu’elle déclare à Maxie les Belles dents, son compagnon qui se prélasse sur le lit en se plaignant de la chaleur de ce mois de juin.

Les policiers, arrivés rapidement sur place, pensent d’abord à un suicide. La porte est fermée de l’intérieur, c’est le taulier, le gardien des clefs, qui leur ouvre. Nouvelle surprise, la fenêtre est fermée ! Le meurtre semble indiscutable. Mais comment à pu réaliser son forfait le meurtrier que nul n’a aperçu. Ni Rosie, entraîneuse dans un cabaret, ni Maxie qui se fait entretenir et entretenait des relations douteuses avec Gina, ni Albert Lepreux, l’hôtelier, ni Zulma sa compagne qui vaquait au rez-de-chaussée. Les complications de ce genre sont réservées à la Criminelle et l’inspecteur Tiburce est chargé de cette enquête.

Il commence ses investigations en s’entretenant avec Rosie, qui a aperçu de sa fenêtre le vol plané, ainsi que Maxie qui était vautré sur le lit. Rosie le soupçonne d’avoir eu des relations avec la défunte, mais il ne peut être coupable puisqu’il était dans sa chambre en compagnie de Rosie, qui est sure de reconnaitre les bras qui empoignaient Gina. Puis Tiburce interroge Albert Lepreux, le patron des Deux cigognes, l’hôtel où s’est déroulé le drame, et sa compagne Zulma, une forte femme. Il est notoire qu’Albert se rendait assez souvent dans la chambre de Gina pour régler certains problèmes, ce qui attise la vindicte de Zulma. Toutefois Albert résout une partie de l’énigme de ce possible meurtre en chambre close.

Il remarque le manège d’une toute jeune fille aux cheveux courts qui traîne dans les environs de l’hôtel puis à la brasserie où Tiburce déguste une choucroute en compagnie de Fredy Marlin, un ami souvent en délicatesse avec les forces de l’ordre. La gamine s’éclipse et Tiburce aimerait lui poser quelques questions aussi charge-t-il Fredy de la retrouver, ce qui n’est guère difficile à cet habitué de Saint-Germain-des-Prés.

La gamine récupérée par Fredy et amenée à la brasserie afin de ne pas l’effaroucher, confie à Tiburce qu’elle s’appelle Pierre – choix de son père poète méconnu et aux idées baroques, surnommé l’homme aux chats puisqu’il en possède neuf qu’il promène souvent en laisse – et sa sœur avait, elle, été prénommée Trujillo. Mais celle-ci avait changé de nom adoptant le nom de scène de Gina de Sarlande. Quant à leur mère, elle est partie dix ans auparavant avec un noir, abandonnant le foyer familial.

Alors Tiburce continue son enquête mais en dilettante, mais comme il est pris par ailleurs il demande à Fredy de le suppléer dans ses recherches, ce que le jeune homme fait avec plaisir et pugnacité. D’autres personnages s’immiscent dans cette intrigue, dont un jeune qui fréquentait Gina mais dont Pierre est amoureuse.

 

Le couple Robert et Raymonde Borel-Rosny propose une enquête qui s’avère simple dans l’esprit du lecteur, qui est persuadé connaître l’identité du coupable. Mais la solution à triple détente offre un épilogue inattendu et bien amené prenant à contre-pied le lecteur.

Saint-Germain-des-Prés du début des années cinquante sert de décor, époque aujourd’hui révolue mais qui génère quelque nostalgie.

Evidemment au moment de sa parution, ce roman n’avait pas ce côté historique, mais plus de soixante ans plus tard il devient un témoignage permettant de se remémorer un pan de la capitale réservé aux artistes en tout genre, même si cela n’est abordé que par la frange sans appesantir le récit. Les auteurs décrivent ce qu’ils observent, le vivant de près.

 

Les cafés grouillaient d’une populace miteuse et ne recélaient rien dans leurs salles enfumées que des tas de petites filles aux pantalons collants […] et des garçons aux pantalons identiques, tout aussi collants sur les fesses. Ce qui différenciait les garçons des filles, c’était la longueur des cheveux. Seulement, les garçons avaient les cheveux trop longs dans le cou et les filles trop courts. Presque tondus, ils mesuraient à peine un centimètre. De quoi déconsidérer à tout jamais le cher J.-P. Sartre, et aussi Gréco qui avait lancé la mode des mèches raides et sales qui descendent jusqu’à la taille.

 

R. & R. BOREL-ROSNY : T’as vu ça d’ta fenêtre ! Collection Le Verrou N°69. Editions Ferenczi. Parution juin 1953. 96 pages.

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 05:51

Une fleuriste à qui l’on ne fait pas de fleurs…

Léo GESTELYS : Une enfant de Paris.

Désireux d’acheter des fleurs pour une cérémonie de fiançailles, Fernand est ébloui par Ginette, la jeune vendeuse. Elle est encore plus belle que les plantes qu’elle propose : roses, œillets, orchidées…

Il en veut tout un bouquet et lui demande une composition florale, comme si c’était pour elle. Ginette s’exécute mais bientôt sa patronne, une personne acariâtre, l’appelle du fond de la boutique. Fernand quitte l’échoppe avec son bouquet serré sur sa poitrine, à la façon d’une nourrice berçant un bébé.

Ginette doit livrer une parure de fleurs naturelles chez mademoiselle Monique de Berteval. Monique est issue d’une riche famille demeurant dans le quartier. La course ne sera pas trop longue. Et lorsqu’elle arrive chez sa cliente, Ginette peut se rendre compte qu’un véritable essaim de couturières, de femmes de chambre et petites mains sont aux pieds de Monique, la parant, l’habillant, jouant des aiguilles et des dentelles.

Ginette est priée de se rendre dans le cabinet de toilette de Mademoiselle en attendant de disposer ses œillets roses sur la robe et les affutiaux de la fiancée. C’est à ce moment qu’est annoncé monsieur Fertèze, Fernand de son prénom, précédé d’un bouquet de fleurs.

Toute étonnée, Ginette se trouve face à son client. Etonnement qui ne dure guère car elle est renvoyée dans ses foyers, où plutôt à sa boutique, n’ayant plus rien à faire dans la pièce et devenant même encombrante. Mais Fernand semble plus intéressé par cette jeune fille simple que par sa fiancée capricieuse.

Le dimanche se passe et le lundi matin, Ginette a la douloureuse surprise de se voir convoquée au commissariat. Elle est accusée d’avoir volé un bijou lors de son passage chez Monique. Fernand, prévenu, ne met guère de temps à confondre le (ou la) coupable de ce forfait, pour autant Ginette est renvoyée par sa patronne. Un affront que sa mère ne supporte pas et Ginette est obligée de se réfugier chez une amie qui vit avec un peintre à la notoriété naissante.

Mais ses malheurs ne sont pas terminés.

 

Dans un registre simple, ce roman sentimental inédit propose une enquête policière rapidement résolue et non pas par des policiers.

Pourtant Ginette porte cette honte sur son front. L’accusation portée contre elle, si elle se révèle fausse, ne lui en est pas moins néfaste. Elle est renvoyée par sa patronne, par sa mère, et malgré ses dénégations, personne ne veut la croire. Même lorsque le bijou est retrouvé.

Léo Gestelys met l’accent sur ce qui constitue le contraire de ce qui devrait être. L’accusée obligée de se défendre alors qu’aucune preuve de sa culpabilité est démontrée, pis, elle est rejetée même si son innocence est prouvée malgré tout par la suite, car il ne fait pas bon d’avoir été convoquée par la police. Comme une tache indélébile alors qu’elle est pure comme les fleurs qu’elle vend.

La morale est sauve, mais la fréquentation forcée de la police laisse souvent des traces.

Léo GESTELYS : Une enfant de Paris. Collection Le Petit Roman N°488. Editions Ferenczi. Parution le 16 octobre 1936. 32 pages.

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