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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 05:15

Quand l’espion se jette à l’eau…

P.J. HERAULT : Le barrage maudit.

Avant de se lancer avec brio dans l’écriture de romans de science-fiction, P.J. Hérault avait tâté de l’espionnage, genre alors fort en vogue dans les années 1960 et 1970.

Afin de démontrer l’innocence de Gorringe, un ingénieur français accusé de sabotage, Loïc Prach, agent des Services Secrets français, est envoyé au Mozambique sur le chantier de l’édification d’un barrage à Cabora-Bassa.

Il se présente, sous le nom de Gérard Grandier, comme ingénieur-électronicien, envoyé par la Compagnie Européenne d’Electricité, aux autorités locales ainsi qu’aux responsables du chantier. Le Mozambique est toujours sous domination portugaise et il tout naturel que la plupart des conducteurs de travaux relèvent de la nationalité portugaise. Mais il s’agit d’un programme concocté par des pays européens, et Grandier va côtoyer outre les Lusitaniens, des Belges, des Allemands, et de nombreux autochtones. Seulement la région est sous la coupe de rebelles qui combattent pour l’indépendance du pays.

Grandier est présenté comme il se doit à quelques nouveaux collègues et il consacre les premiers jours de son installation à la visite du chantier et à se faire une idée de l’avancée des travaux. Il a un rôle particulier dans l’organisation et ne dépend de personne, aux yeux de tous.

Mais apparemment sa venue n’a pas l’heur de plaire car il manque tomber dans un guet-apens. Il doit sa survie grâce à un missionnaire, le père Angelo, qui est inconnu du supérieur de la mission locale. Le religieux explique qu’il est l’héritier des émissaires du Vatican, ce qui fait de lui, au grand étonnement de Grandier, un curé-barbouze.

Un autre religieux est lui aussi dans les parages, un pasteur protestant, qui vit à l’écart de ses coreligionnaires. Grandier va apprendre qu’entre les deux communautés, les deux religions en général, c’est Je t’aime, moi non plus. Chacune désirant étendre son monopole auprès des autochtones.

Mais plus que la preuve de l’innocence de Gorringe, ce qui importe à l’Ordinateur, le patron de Grandier, c’est de savoir qui a décidé et organisé ce sabotage qui est avéré. Et à qui cela profite. Outre les responsables des travaux, que Grandier retrouve le soir au bar, jouant avec eux au poker, Grandier fait également la connaissance de la comptable du camp, une très jolie jeune femme pas très farouche mais qui promène dans son sac une arme à feu.

 

Naturellement on retrouve dans ce roman les ingrédients indispensables, qui étaient peut-être notifiés dans un cahier des charges édicté par le Fleuve Noir, c’est à dire l’alcool principalement le whisky mais également la vodka, les cartouches de cigarettes (pour faire un écran de fumée ?) et la scène de frotti-frotta destinée à remettre les neurones en place.

Mais ce qui importe dans l’intrigue, c’est déjà la présence des Chinois sur le continent africain, afin de déstabiliser les finances européennes. Chinois qui jouent les sous-marins car ils n’apparaissent jamais dans le récit, comme s’il s’agissait d’hypothèses.

Et naturellement, les rebelles appartenant au Frelimo, organisation qui dès 1964 lance la guerre d’indépendance du Mozambique, guerre qui se poursuivra durant dix ans.

Et comme souvent dans les romans d’espionnage de cette époque, la mention authentique est maintes fois portée en note de bas de page.

Cinquante ans après sa parution, ce roman n’a pas vieilli. On peut juste le considérer comme un roman historique avec une trame d’aventures et d’espionnage et l’activité chinoise en Afrique y est encore plus prégnante car affichée.

A noter que le barrage de Cabora-Bassa existe réellement et a été construit à l’époque de la rédaction du roman. Seul le nom a été très légèrement modifié.

 

P.J. HERAULT : Le barrage maudit. Collection Espionnage N°948. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1972. 240 pages.

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 08:27

Un Sou, c’est un Sou !

Jean LAUNE : Torpédos en Java.

Grâce à son ami Lu qui émarge au Koung An Pou, le Service de contre-espionnage chinois, Sou espère pouvoir échapper aux remous de la Révolution Culturelle qui agite l’Empire du Milieu sous la domination de Mao. Lui-même responsable d’une section des Affaires Etrangères, Sou n’accepte plus les conditions sociologiques et politiques dans lesquelles il se retrouve. D’autant que Lu se montre convaincant dans ses propos.

Sou espère rejoindre Hong-Kong puis un pays où la démocratie n’est pas un vain mot. Muni de microfilms récupérés lors d’un voyage en Albanie, il attend que Lu lui facilite le passage, la traversée de la Rivière des Perles pour rejoindre Kowloon. Dans la nuit il distingue les miradors. Une salve est tirée, mais pas dans la direction prévue. Sou comprend que son ami Lu l’a trahi. Il le tue d’un coup de couteau, lui prend ses papiers et s’enfonce dans la rizière.

Il parvient, après quelques périples, à rejoindre Djakarta, la capitale de l’Indonésie dans l’île de Java. Il s’installe dans un hôtel miteux tenu par Ping un Chinois borgne (comme l’hôtel ?) puis il se rend à l’ambassade du Portugal où il rencontre le capitaine Moreira de Andrada. Les discussions sont assez difficiles, d’autant que la somme exigée est conséquente. 400 000 dollars qui lui permettront de s’exiler dans un autre pays, loin de la Chine. En contrepartie l’attaché d’ambassade demande un échantillon des documents. Une lettre adressée à Tchou, son nouveau nom d’emprunt, lui est remise par l’hôtelier et comme la suscription est en anglais, Ping la lui traduit. Un certain King lui donne rendez-vous au Musée, dans la salle des porcelaines. Il est abordé par un individu qui l’appelle par son véritable nom. Il réagit immédiatement, bouscule son agresseur potentiel et s’évanouit dans la nature.

Le Portugal ne peut débourser une telle somme et le capitaine Andrada fait appel aux services spéciaux australiens. Hank Turnbull, le directeur du service, envoie sur place deux de ses Torpédos. Roy Gilroy, appelé familièrement Gil, et Chess qui doit lui servir de couverture. Gil embauche un jeune conducteur de betjack débrouillard pour le mener en différents endroits de la ville, puis il va lui confier la mission de retrouver Sou en lui fournissant une photographie.

Si Sou se doute qu’il est suivi depuis son départ de Chine par agents des services secrets chinois, Gil lui l’ignore. Et c’est ainsi qu’il se retrouve par hasard dans le même taxi que Yung-mei, une charmante jeune femme qui se produit comme chanteuse dans un cabaret qui lui a été enseigné. Yung-mei ne ménage pas ses charmes auprès de l’Australien mais Chess veille au grain. Et lorsque son compatriote est en mauvaise posture Chess la doublure l’extraie des ennuis dans lesquels il s’est fourvoyé.

Un véritable jeu de piste entraîne les divers protagonistes dans une course effrénée, avec morts d’hommes à la clé.

 

Roman d’espionnage classique, Torpédos en Java dont on comprend mieux le titre lorsque l’on sait que les contre espions australiens sont ainsi surnommés et que l’île de Java sert de décor, utilise les clichés de l’époque. Les microfilms, un personnage désirant fuir un régime politique, l’espionne femme fatale qui boit trois whiskys sans perdre sa lucidité, l’agent spécial qui allume une cigarette au mégot de la précédente. Par exemple. Toutefois la Chine et surtout la présence d’agents australiens changent un peu des éternelles confrontations Est-Ouest.

Jean Laune, un auteur de l’Arabesque, est fort disert sur la géopolitique et décrit, peut-être grâce aux encyclopédies mises à sa disposition, avec nombre de détails la région, surtout la ville de Kowloon, les mœurs et coutumes, et emploie de nombreux mots du dialecte local dont il donne la traduction immédiatement.

Recruté par Roger Maury, qui sous le nom de Jacky Fray est chargé des relations publiques, Jean Laune est un auteur peu prolifique. Un reproche justement de Roger Maury à son encontre dans une lettre adressée à Pierre Turpin avec lequel il fut longtemps en relations épistolaires, car Jean Laune rédigeait un roman en trois ou quatre mois. Ce qui était rédhibitoire pur un auteur qui pondait un roman en huit ou dix jours.

Mais justement ce roman fourmille de détails et l’écriture est travaillée, essayant de placer le mot juste et de définir avec pertinence le profil psychologique des différents protagonistes.

Jean LAUNE : Torpédos en Java. Collection La Cible Noire N°1. Transworld Publications-Holding. Parution 2e trimestre 1972. 192 pages.

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 03:53

Pris dans le filet…

Jean BOMMART : Le Poisson chinois et l’homme sans nom.

Non seulement le Marie-Félix revient à La Rochelle ses soutes chargées de langoustes, mais avec un matelot récupéré dans la mer des Antilles. L’homme a été repêché transi, frigorifié, et depuis trente quatre jours, il aide à la manœuvre avec tous les autres matelots de l’équipage. Il a été habillé de bric et de broc, et surnommé Johnny par défaut. Car il est muet, mais il comprend toutefois ce qu’on lui dit.

Le Marie-Félix arrive de nuit à La Rochelle, par marée basse, mais les marins sont pressés d’aller à terre, sevrés depuis des jours de leur pinard reconstituant. Le pinard, c’est de la vinasse, ça fait du bien par où ce que ça passe… Refrain bien connu.

Aussi Gustave, dit Gugusse, le capitaine, et ses hommes se rendent dans un troquet, laissant Johnny à la charge de Bastien, le mousse. Seulement Bastien ne respecte pas les consignes et Johnny en profite pour se jeter à l’eau et rejoindre le quai un peu plus loin. Pour tous il s’est noyé, car à cause de la marée basse, ce n’est que de la vase qui entoure le navire.

Toutefois Gugusse fait part de sa découverte halieutique humaine auprès des affaires maritimes qui elles-mêmes en informent la police, un ricochet qui arrive aux oreilles du Capitaine Sauvin dit le Poisson chinois, un agent secret qui prend la nouvelle au sérieux.

Aussitôt, le capitaine Sauvin, qui retrouve avec plaisir le lieutenant de vaisseau Manuel, se met à enquêter et remonte peu à peu la piste de Johnny, grâce à des indices dont la vase laissée près de l’endroit où l’homme a réussi à s’extirper du piège marin.

 

C’est auprès d’une prostituée du port que Sauvin et son ami Manuel récupèrent quelques informations, non sans mal. Et l’affaire mène Le Poisson chinois à Paris mais la trace de l’homme se perd dans les rues de la capitale. Et il faut se méfier des services secrets russes, américains, voire britanniques, qui œuvrent dans l’ombre

Le lecteur suit les déambulations du rescapé et apprend son identité. Identité multiple puisqu’il s’agit d’un espion Russe qui n’est pas du tout muet.

Il change une fois de plus d’identité grâce à une relation auprès des diplomates russes installés dans la capitale qu’il contacte de La Rochelle, puis parvient à gagner Paris, loge dans un petit hôtel et travaille dans un garage afin de subvenir à ses besoins. Il est mal à l’aise car il sait qu’il a failli à sa mission aussi il essaie d’échapper à d’éventuels poursuivants de la police française ou espions russes. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance d’une jeune fille d’origine russe et qu’il va intégrer la communauté des Russes blancs installés à Paris. Lui le Russe rouge fraie avec ceux qui ont fui le pays suite à la Révolution d’Octobre.

Pourtant, alors que l’on pourrait croire que cette aventure se déroule durant l’entre-deux guerres, cet épisode se déroule bien fin 1957, puisqu’il est fait référence au lancement du premier Spoutnik.

Tout autant roman d’espionnage que roman policier, voire même roman d’amour par certains côtés, Le Poisson chinois et l’homme sans nom est agréable à lire et n’a pas subi les outrages du temps. L’écriture et la narration sont fluides, et il s’agit véritablement d’un classique parmi les classiques.

 

Jean BOMMART : Le Poisson chinois et l’homme sans nom. Collection Les Trois A… Editions Librairie Arthème Fayard. Parution 26 septembre 1958. 222 pages.

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 04:15

Un auteur plus connu sous le pseudonyme de Piet Legay, et quelques autres…

Baudouin CHAILLEY : Rush sur Faya.

En 1990, lors de la parution de ce roman qui inaugurait une nouvelle collection, qui s’avèrera éphémère comme bien des collections du Fleuve Noir à l’époque, j’écrivais cette chronique.

De véritables collections Espionnage, il n’en existe plus. Seules perdurent péniblement Coplan et OSS117, les rescapés des années 1950. Ainsi que quelques traductions provenant d’une production principalement britannique alimentée par des auteurs de renommée internationale comme Ken Follett, John Le Carré, Robert Ludlum ou Frederick Forsyth.

C’est extrêmement maigre, pour en pas dire inexistant, alors que vingt ans auparavant, les séries, les collections consacrées à l’espionnage ne se comptaient pas.

Une désaffection du lecteur due peut-être à une répétition des situations mises en scène, principalement une guerre Est-Ouest qui se déroulait aussi bien derrière le rideau de fer que dans divers pays, le Moyen-Orient étant un lieu privilégié.

Pourtant la guerre secrète ne s’arrête pas ou ne commence pas à cet antagonisme capitalisme/communisme désuet et les histoires d’espionnage et de contre-espionnage devraient non seulement pouvoir se renouveler mais retrouver une nouvelle jeunesse.

Outre l’abolition du mur de Berlin, et l’espoir de s’échapper du système féodal instauré par l’URSS sur les pays de l’Est, les données économiques et sociales changent continuellement dans le monde et tout est prétexte à intervention occulte.

 

Baudouin Chailley l’a fort bien compris et après avoir signé un roman ayant pour cadre la Nouvelle-Calédonie, il propose au Fleuve Noir une nouvelle série intitulée Secret Défense, avec comme numéro 1 de la collection Rush sur Faya.

Un regard et une aventure située au moment du raid sur Faya-Largeau, conduit par Hissène Habré avec à la clé la déroute des Lybiens. Nul ne peut nier l’intervention de la France, mais comme les poupées russes, une histoire peut en cacher une autre.

Erik Montclar, de la DGSE, est envoyé au Tibesti avec comme mission, soit exfiltrer c’est-à-dire identifier et prendre en charge un scientifique allemand, soit récupérer le matériel mis au point par ce conseiller : un brouilleur de missile.

Bien sûr, Montclar fait partie de ces héros anonymes surentraînés et au physique avantageux, mais il est plus humain que les supermen auxquels nous étions habitués. Nous n’avons pas droit non plus, et c’est heureux, au cliché éculé de la blonde espionne qui se fourre dans le lit du héros pour mieux l’entraîner à sa perte.

 

Un bon début de collection avec un personnage sous toute sympathique et espérons qu’il aura plus de succès que les autres séries, telles DPJ6 et Beretta 9mm par exemple qui ne furent que collections éphémères.

 

Pour la première fois, Baudouin Chailley écrivait des romans sous son véritable patronyme alors qu’il produisait depuis des décennies dans des genres différents, sous les pseudonymes de Piet Legay, le plus connu, mais aussi sous ceux de Guy Lespig, Baldwin Wolf, Igor Ivanov, Guy Jacquelin, B. Hilley, Pat Marcy ou encore Pierre Lucas. D’autres pseudonymes sont avancés, comme ceux de Henry Lewis, H.B. Perkins, B. Hilley ou encore Duke Grant, probablement en collaboration avec Henri Trémesaigues, mais ceci est à prendre au conditionnel.

 

Baudouin CHAILLEY : Rush sur Faya. Collection Secret Défense N°1. Editions Fleuve Noir. Parution 3 mars 1990. 192 pages.

ISBN: 2265042900

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 04:39

Brantonne signant la couverture d’un Espionnage du Fleuve Noir ? C’est pas clair comme aurait Chazal !

Robert CHAZAL: La nuit des espions.

Hiver 41. Les responsables de l’antenne des services secrets allemands, basée à Londres, confient à Elga des documents confidentiels qu’elle doit remettre dans un petit village de Normandie à l’un de ses compatriotes.

Les services secrets britanniques sont sur les dents et investissent l’immeuble où se tient la réunion. Elga parvient toutefois à échapper au filet.

Aussitôt les Anglais ripostent et un agent féminin se rend en France afin de rencontrer l’espion allemand et lui fournir de faux documents. Parallèlement un agent masculin est lui aussi envoyé en France afin de prendre si possible la place du Teuton au cas où Elga parviendrait à quitter le sol britannique et accomplir sa mission.

La rencontre entre la femme et l’homme a lieu à l’endroit indiqué, mais chacun est sur ses gardes. N’est-il pas en face de l’ennemi ou au contraire de son compatriote ?

Comme le déclare Robert Hossein dans sa préface : « ...La situation est complexe. L’homme et la femme peuvent être l’un et l’autre Anglais ou Allemand. L’on voit le jeu des combinaisons : deux Anglais; deux Allemands; un Anglais et une Allemande; un Allemand et une Anglaise. Et cela sans certitude possible. Avec la complication supplémentaire des rapports sentimentaux inévitables entre deux êtres jeunes, beaux, et qui, s’ils ne sont pas de la même race géographique, sont de la même espèce humaine ; celle des audacieux, des aventuriers, des conquérants, des héros ».

 

Cette intrigue, qui se déroule quasiment en vase clos, est l’adaptation romancée du film La nuit des espions, coécrit et réalisé par Robert Hossein avec dans les rôles principaux Robert Hossein et Marina Vlady.

Sur la fiche Wikipedia de ce film, il est précisé que le scénario aurait été adapté d’après le roman La Nuit des espions de Robert Chazal, pourtant c’est bien le contraire qui s’est produit, comme l’indique toujours Robert Hossein dans sa préface. Et comme le précise le bandeau sur l’ouvrage.

Donc, puisqu’il s’agit d’une novellisation de ce scénario, le roman pêche d’un manque de liant, de lyrisme. Il est écrit d’une façon sèche, dense, froide, presque comme s’il s’agissait d’un nouveau scénario. Chaque geste, chaque action sont décrits soigneusement, mais il manque ce petit plus du romancier qui se libère d’un carcan pour en faire une œuvre originale. Il manque la sympathie, l’affection de l’auteur pour ses personnages. Il manque l’émotion.

 

Robert Chazal, né le 3 septembre 1912 à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines) a été rédacteur en chef de Cinémonde, chef du service des spectacles de Paris-Presse, puis de France-Soir et du Journal du Dimanche. Critique cinématographique de France-Soir, il était président d'honneur du Syndicat de la critique de cinéma et a produit de nombreuses émissions radiophoniques et télévisées, dont Pour le cinéma. Il fut également l'auteur de romans et d'ouvrages sur le cinéma, consacrés à Marcel Carné, Jean-Paul Belmondo, Louis de Funès, Gérard Depardieu, Les années Cannes.

Cet ouvrage possède deux particularités. C’est un numéro bis dans cette collection et, une fois n’est pas coutume, la couverture n’est pas signée par Gourdon mais par Brantonne.

Robert CHAZAL: La nuit des espions. Collection espionnage N°211bis. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1959. 224 pages.

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 05:29

Sans fleurs ni couronnes…

Francis RICHARD : Regrets éternels.

Depuis quelques temps, le Vieux semble se ramollir. Il n’a plus autant d’allant, d’entrain, regarde évasivement le plafond, ne répond pas ou à contresens à ses interlocuteurs.

C’est ce que remarquent Francis Richard, agent secret, et son collègue Madrier dit Merdouille à cause de sa propension à utiliser ce terme à tout propos.

La cause de cette conduite inhabituelle réside en une phrase : Valsetti n’est pas mort. Le Vieux l’a rencontré et il ajoute qu’il envoie son meilleur souvenir à Francis Richard. C’est impossible pense celui-ci qui est tout éberlué mais ne précise pas le pourquoi. Valsetti était un agent de l’autre bord et il est mort. Et si Richard en est persuadé, c’est parce lui-même a appuyé sur le revolver fatal. Mais pour tous, il s’agit d’un meurtre imputé à un inconnu.

Donc Valsetti serait vivant. D’ailleurs Richard est convié à une séance de spiritisme chez un voyant nommé Eliphelme de Saint-Phaas. Un nom qui provoque un rire inextinguible chez l’agent qui se souvient de ses lectures, et plus particulièrement du roman La Double vie de Théophraste Longuet, de Gaston Leroux, roman dans lequel évolue le personnage de d’Eliphas de Saint-Elme.

La séance se déroule donc chez le voyant mais Richard ne découvre aucun trucage, aucune supercherie. L’homme se contente de taper sur sa table avec ses doigts, comme s’il était animé par le mort s’exprimant en Morse. Et il repart chargé d’une mission, récupérer des documents dans un fauteuil arrière d’une voiture. Seulement l’opération se déroule en queue de poisson et Olga, celle qui fut la maîtresse de Valsetti fait sa réapparition. Richard est même kidnappé mais il parvient à s’échapper, dans des circonstances heureuses.

Il découvre que Eliphelme de Saint-Phaas, un alias, est hypnotisé dans un salon de coiffure, recevant ses informations sous un casque-séchoir. Ses pérégrinations l’amènent à soupçonner soit la gérante, soit l’employée. Alors en compagnie de Merdouille, pardon de Madrier, il s’élance sur leurs traces, mais il y aura de la viande morte au bout du chemin.

 

L’intrigue de ce roman mi-espionnage, mi-policier, est particulièrement tarabiscotée, mais l’auteur, Francis Richard qui donne son nom au héros, s’en sort avec les honneurs. Si certains de ses romans ne sont guère convaincants, celui-ci tient bien la route et n’a pas vieilli, même si, publié de nos jours, il faudrait procéder à quelques rectifications et à des ajustements. Et il existe une bonne dose d’humour qui cache quelques faiblesses. Mais aussi une grande part est dédiée au hasard, hasard sans lequel les romanciers populaires n’arriveraient pas à imaginer leurs intrigues.

Sous le pseudonyme de Francis Richard se cachait Paul Bérato, plus connu sous les alias d’Yves Dermèze, pour des romans en tous genres allant du policier au roman de cape et d’épée, et de Paul Béra, grand fournisseur des collections Angoisse et Anticipation du Fleuve Noir.

Francis RICHARD : Regrets éternels. Collection Service Secret 078 N° 31. Editions S.E.G. Parution 3e trimestre 1961. 96 pages.

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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 05:55

Le Talent d’Achille !

Peter RANDA : Remous dans la Base.

Dans leur chambre d’hôtel, sis place de la Concorde, Achille Nau et son ami le Balèse, font leurs comptes. Ils n’ont plus rien, mais pour autant Nau ne s’en inquiète pas.

En effet un certain Julius Eskers, d’origine suédoise, a réservé une chambre juste au-dessus de la leur, et Nau compte bien lui rendre une petite visite, en passant par le balcon.

Quelques semaines auparavant, évoluant sous le nom d’Arthur Durand, il avait été contacté par Thérèse Dewasme qui était inquiète pour la santé de son mari le Commandant Dewasme. L’homme était attaché au Centre aéronaval de Brest, section des Recherches, et en compagnie de quelques collègues, avait mis au point un nouveau moteur atomique. Nau n’avait rien découvert de particulier, mais une semaine auparavant Dewasme a été découvert mort. Conclusion officielle un suicide. Dewasme ayant de sérieux problèmes d’argent, or son suicide ne résout rien.

Nau ne croit en rien la version annoncée et s’il s’agit d’un assassinat, sa veuve devrait pouvoir toucher l’argent de l’assurance. Or Eskers était également présent à Brest au moment des faits. Nau a pisté Eskers et il pense que l’homme s’est emparé des plans du fameux moteur. Il n’est pas le seul à se trouver aux basques du Suédois. Un nommé Valdimoff doit se présenter le lendemain matin à l’hôtel afin de rencontrer Eskers. Les plans doivent passer d’une main à l’autre.

Bingo. Nau s’introduit dans la pièce et neutralise Eskers. Puis il s’empare d’une serviette contenant les fameux documents, ainsi que d’une forte somme d’argent, en se faisant passer pour Eskers auprès de la réception. Il étourdit l’individu, l’attache solidement, le cache sous une couette dans le lit, et repart par le balcon, ni vu ni connu. Seulement le lendemain matin, après avoir intercepté Valdimoff il lui remet dans un café de faux plans contre de jolis billets craquants, en lui indiquant qu’il remplace le secrétaire d’Eskers, Peraldi. Celui-ci se trouve en déplacement à Monte-Carlo afin de mener à bien des négociations concernant les plans auprès d’un agent du FBI. Rentré à l’hôtel, Nau découvre le Suédois mortellement assassiné à l’aide d’un couteau.

Il dépose un bouton de rose sur le corps, l’accompagne d’une carte visite sur laquelle il décrit une partie de ce qu’il vient de se dérouler, puis prévient le commissaire Ferrand, une vieille connaissance.

Auprès de Ferrand, Nau révèle une partie des épisodes précédents, déclarant qu’il veut enquêter sur la mort de Dewasme. Deux officiers de la sécurité de la base sont également prévenus. Mais entre les militaires et Nau, les points de divergence sont nombreux. Les deux membres de la Grande Muette veulent garder leurs prérogatives et sont persuadés qu’ils vont pouvoir résoudre seuls cette affaire et trouver l’identité du coupable sans s’encombrer d’un personnage extérieur. Et pour apprendre comment les plans ont pu sortir de la Base, de même que des microfilms. Mais c’est sans compter sur la pugnacité de Nau qui part pour Nogent en compagnie de son ami le Balèse. Peraldi s’est réfugié dans une grande maison de banlieue en compagnie de son amie et maîtresse Ina. Mais celle-ci semble bien mener la barque.

Puis ce sera Fontainebleau où Nau a tendu un piège à ses ennemis les truands et enfin direction Brest. Nau aura bien du mal à se faire accepter par les deux officiers militaires mais il aura le dernier mot.

 

Remous dans la Base est tout autant un roman policier qu’un roman d’espionnage, rondement mené. Et le personnage de Nau pourrait être, par certains côtés, intégré dans la catégorie des imitateurs, émules et épigones d’Arsène Lupin.

Toutefois il collabore activement avec le commissaire Ferrand, proposant de lui fournir les plans dérobés, gracieusement. Pour l’honneur de la France. Et s’il accepte de remettre les fameux plans et retrouver les microfilms, ainsi que la façon dont ceux-ci sont sortis du Centre de Recherches, ce n’est que pour la beauté du geste, d’un côté, car de l’autre il ponctionne les truands et les agents secrets, Russes et Américains.

 

Achille Nau : Son pseudonyme lui est donné après un malentendu téléphonique par le commissaire Ferrand qu’il retrouvera au cours de ses nombreuses aventures. Âgé de vingt cinq à trente ans, un visage clair aux traits régulier sous des cheveux châtains. Une sorte de nonchalance féline dans l’allure. La lèvre un peu gourmande, retroussée dans un sourire vaguement ironique. Il protège soigneusement son identité, et lorsqu’il agit à visage découvert se fait appeler Durand. Ce qui lui permet vis à vis des policiers de se démarquer de Nau. Né près de Royan, il est fils d’un procureur de la République, une révélation donnée dans le premier roman de la série. Mais ses papiers sont en règle et personne ne peut en douter puisque les registres de l’état civil ont été détruits pendant la guerre. Il s’adjoint, au fil des ses aventures, d’un bras droit surnommé le Balèse.

 

Peter RANDA : Remous dans la Base. Collection L’Aventurier N°27. Editions Fleuve Noir. Parution le 1er trimestre 1958. 224 pages.

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 05:55

Peut-être est-ce un poète ?

Max-André DAZERGUES : Le Bossu est dans la Lune.

Comme bien souvent, la mer est démontée dans les parages de l’île d’Ouessant, et nul ne sait quand elle sera remontée comme le signalait Raymond Devos.

A bord de l’Armoric, le capitaine Canaille (déformation de son véritable nom de Kharnouailles mais un surnom qui n’est pas usurpé) presse ses matelots de mettre un canot à la mer. Yves Plougarel, marin de confiance, doit conduire jusqu’à une petite crique un passager qui a payé largement la traversée depuis l’Irlande. Il s’agit du Bossu, alias Martial Lucas, un insaisissable malfaiteur.

L’esquif brave les éléments et le Bossu est débarqué sur le continent, au pied des falaises à l’Anse des Farfadets. Tandis qu’Yves Plougarel attend tranquillement que son passager revienne, le Bossu grimpe l’escarpement rocheux, presqu’abrupt, puis se dirige vers une maisonnette isolée et perdue dans la nature.

Il est attendu par le professeur Foxa, un alias en référence au docteur Ox de Jules Verne, qui doit lui remettre des plans. Le savant travaille également sur l’énergie nucléaire et la bombe atomique, mais ce sont bien des documents secrets sur une fusée interplanétaire que le Bossu achète pour le compte d’une tierce personne.

Deux hommes sur la falaise surveillent les horizons, cachés derrière des rochers. Ils remarquent le bateau stationné, puis le débarquement de la chaloupe et la montée du Bossu. Marco, l’un des deux hommes, descend le raidillon, surprend Yves Plougarel qui attend le retour du Bossu et il l’assomme. Puis il rejoint son compère Andy et les deux hommes se dirigent vers la maisonnette du docteur Foxa. Ils croisent le Bossu qui ne les voit pas et redescend vers l’Anse des Farfadets, puis ils s’introduisent chez le savant et l’embarquent à bord d’un véhicule. Ils déclarent qu’une certaine madame Hetlinger, malade, le réclame à Rennes.

 

Peu avant, à Paris au siège de la Police Judiciaire, une jeune fille prolongée, Mlle Berges, fait tout un foin. Elle désire parler à l’inspecteur Courtois, qu’elle connait bien pour l’avoir eu comme locataire quelques temps auparavant. Elle désire signaler la disparition de sa nouvelle locataire, une certaine madame Hetlinger, qui n’a pas donné de ses nouvelles depuis quatre jours. Elle applique la consigne que cette dame avait donnée. Le commissaire Guerlandes, amusé, assiste à cet entretien. Et c’est ainsi que les deux policiers se rendent à Rennes à la recherche de cette fameuse dame.

 

Roman policier et roman d’espionnage, Le Bossu est dans la lune est la septième aventure de Martial Lucas alias le Bossu narrée dans cette collection Le Verrou.

Un roman qui ne manque pas de péripéties, de rebondissements en tous genres, avec des personnages qui se croisent, ne se voient pas, s’ignorent presque, qui ne se connaissent pas, et qui agissent pour des raisons personnelles, distinctives, interférant par la bande. Un roman qui pourrait être la somme de deux histoires qui se rejoignent via le personnage du Bossu, individu bien connu des services de police et plus particulièrement du commissaire Guerlandes et de l’inspecteur Courtois.

A mon avis, ce n’est pas le meilleur de Max-André Dazergues, mais c’est toutefois un roman plaisant à lire, qui permet de passer le temps agréablement, ce qui était bien le but des publications populaires.

 

Max-André DAZERGUES : Le Bossu est dans la Lune. Collection Le Verrou N°66. Editions Ferenczi. Parution 2e trimestre 1953. 96 pages.

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 05:27

Un Maurice Limat sous pseudonyme…

Maurice d’ESCRIGNELLES : Stop… Secret.

Une jeune femme au bord de la route et qui faisant du stop (l’ancêtre du covoiturage) manque être écrasée par un conducteur roulant à toute vitesse. Comme s’il avait le feu ou la police aux trousses.

D’ailleurs cela se précise rapidement car des motos de la police de la route se font entendre. Et un peu auparavant, la radio du bord avait annoncé que Serge Dermond, fondé de pouvoirs d’une banque parisienne, était en fuite, coupable de graves malversations et responsable d’une agression sur la personne de son directeur de succursale.

La jeune femme, qui se prénomme Pola, est tour à tour moqueuse, apeurée, téméraire, angoissée, pourtant elle refuse de descendre de voiture lorsque Dermond l’y invite. Elle préfère continuer ainsi jusqu’à sa destination qui est le port de Dieppe.

Afin d’échapper aux motards, Dermond vire brusquement dans un petit chemin qui s’offre à eux au milieu d’un bois juste après un virage pris sur les chapeaux de roues. Pola, entêtée, prend l’initiative et longeant des rails, ils arrivent à Neuchâtel en Bray, puis prennent le train pour Dieppe où ils arrivent sans encombre.

Pola l’entraîne dans un café où elle a rendez-vous avec un certain Worms. Elle s’entretient d’abord seule avec cet individu puis Dermond est prié de la rejoindre. En se référant aux antécédents récents de Dermont, le vol dans la caisse et l’assassinat du directeur de l’agence bancaire, Worms propose une mission au fondé de pouvoirs en fuite.

Après quelques heures passées agréablement dans une chambre d’hôtel, enfin je suppose car je n’y étais pas, Pola et Dermond se rendent près du pont tournant. Dermond doit aborder un homme transportant une serviette et s’en débarrasser, d’une façon ou d’une autre et récupérer les documents contenus dans le cartable.

L’opération se déroule sans incident notable et Dermond, toujours accompagné de Pola, monte à bord d’un canot qui l’emmène jusqu’au Vampire, un navire qui doit prendre la mer vers une destination inconnue. Le capitaine et ses marins ne sont pas du genre enfants de chœur et Dermond n’est guère rassuré. Il vient de voler les plans du port à un agent de la Sécurité Maritime.

Au cours du voyage qui s’ensuit, Dermond se montre moins falot qu’il y paraissait au début de l’histoire, tandis que Pola joue avec le feu, avec son caractère versatile.

 

Ce roman d’espionnage est inscrit dans une veine très mouvementée, chaque personnage jouant au chat et à la souris.

Car le lecteur se doute, dès le début du récit, que tout autant Dermond que Pola jouent un rôle et qu’ils ne sont pas les personnages qu’ils prétendent être.

Une intrigue rocambolesque, voire grandiloquente, l’action prédominant dans une histoire qui aurait pu se dérouler à la fin des années 1930 et non fin 1950, car les documents convoités recèlent une réelle importance pour la sécurité du port de Dieppe, en cas d’une invasion par la mer.

D’ailleurs ce roman est l’adaptation d’une pièce radiophonique, mais sans autre précision. Ce fut le dernier roman publié avant l’entrée de Maurice Limat aux éditions du Fleuve Noir.

Certains rechigneront, prétendant que ceci n’est pas de la grande littérature, mais le principal est de prendre du plaisir à la lecture et d’oublier pour un temps les aléas de la vie quotidienne liés aux décisions parfois aberrantes de nos politiciens.

Maurice d’ESCRIGNELLES : Stop… Secret. Collection Service Secret 078. Editions S.E.G. Parution 3e trimestre 1959. 96 pages.

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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 04:47

A vendre île tout confort…

Maurice LIMAT : Explosion A…

Les ventes aux enchères réservent parfois des surprises intéressantes, avec des objets précieux dont la valeur n’est découverte qu’au moment de l’expertise.

Mais ce que propose ce jour là le commissaire-priseur à la vente dans une salle de la mairie de Plougalec, en Bretagne, n’est pas un objet courant. Ce n’est pas même un objet puisqu’il s’agit d’une île. L’île du Goéland. Un domaine exceptionnel mis à prix pour la modique somme de cinq cent mille francs. Personne dans l’assistance semble intéressé pourtant une jeune femme enchérit à dix mille francs de plus. Un concurrent propose un peu plus pour ce rocher perdu d’une douzaine d’hectares non cultivables.

Enfin, la jeune femme, une belle et charmante blonde aux yeux bleus, d’origine probablement bretonne puisqu’elle prétend se nommer madame Cairelec, emporte les enchères pour trois millions de francs. Son concurrent l’invite à déjeuner, puis le repas terminé, tente de la kidnapper en voiture. Pas si bon joueur que ça l’homme qui se fait appeler Pérard. Mais la jeune femme résiste, deux coups de feu claquent, l’auto file et cette charme dame Cairelec brandit son arme à feu et tire. Le véhicule effectue une embardée et s’abîme dans la mer.

Quelques mois plus tard, sur l’île du Goéland, des travaux sont en bonne voie d’avancement. Les pelleteuses sont en action quasiment jour et nuit, du béton est coulé sur place afin d’édifier des sortes de bunkers et des murs de protection.

Le capitaine Caretti, le chef du Cinquième Bureau, les Services Secrets français, arrive sur place pour se renseigner sur l’avancement des travaux. Il est accompagné, en autre, de Domenica Still, surnommée l’Ange du Mystère, une ancienne cantatrice qui a trouvé sa voie dans le renseignement. Personne ne reconnait en cette femme brune aux yeux sombres l’acheteuse, madame Cairelec, qui avait été arrêtée par les policiers mais dont le procès n’avait jamais eu lieu.

Parmi les ouvriers du chantier, Pierre Grantin et Riton, qui émargent eux aussi au service de renseignements. Ils se retrouvent tous à l’auberge du village et les deux ouvriers racontent qu’ils ont aperçu l’un de leurs collègues envoyer des signaux à l’aide d’une lampe vers la mer. Il se tenait sur le bord de l’eau mais Riton affirme qu’aucun navire ne croisait au large. Personne n’était en vue, et l’idée d’un sous-marin de poche est avancée. Celui qui est considéré comme un espion par Caretti et compagnie s’appelle Mérard. Une ressemblance patronymique bizarre avec le sieur Pérard qui désirait acquérir l’île.

Toutefois les travaux avancent sans discontinuer. Mérard est surveillé et un soir alors qu’il envoie ses signaux, Grantin et Riton tentent de l’appréhender. Mais l’homme tombe et il est retrouvé mort, une sorte de flèche dans le cœur. Pourtant il n’y avait personne d’autre qu’eux sur cette plage abandonnée. Olivier Denis, l’amant de Domenica, l’Ange du Mystère, et agent du Cinquième Bureau lui aussi, a rejoint sa maîtresse et le capitaine Caretti. Et un aviso de la Marine de Guerre patrouille en permance.

Il semble que les travaux réalisés en secret intéressent fortement une nation, probablement ennemie. Car des essais d’explosion d’une bombe atomique sont prévus afin de vérifier si le béton employé ainsi que les constructions semi-enterrées résistent au choc.

 

Soixante-cinq ans après la parution de ce roman, l’angoisse et l’effet dramatique de l’intrigue ne sont pas ressentis aussi fortement qu’a pu éprouver le lecteur en découvrant cette histoire.

Les temps ont changé, les technologies ont évoluées, et l’appréhension de la bombe nucléaire est toujours aussi présente mais il existe une sorte de fatalisme dans les esprits plus préoccupés par les questions matérielles, écologiques, sociales, voire financières.

Mais pour Maurice Limat, ce n’est pas tant l’explosion nucléaire et son intensité qui importent, quoi que, mais la protection en construisant des abris antiatomiques à l’aide d’un nouveau béton capable d’empêcher le rayonnement lors d’une déflagration.

Toutefois, cette intrigue pêche par le manque de la résolution d’un élément capital, mais peut-être les explications seront révélées dans le roman suivant intitulé Sous la hache.

Maurice LIMAT : Explosion A… Collection 0-78 Service secret N°70. Editions S.E.G. Parution 3e trimestre 1954. 32 pages.

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