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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 03:47

Quand André-Paul Duchâteau s’adonnait à la sherlockmania !

André-Paul DUCHÂTEAU : Sherlock Holmes revient.

Surtout connu pour les scénarii de Ricochet, illustrés par son compère Tibet, André-Paul Duchâteau a également écrit de nombreux romans policiers à dominance humoristique.

Dans ce recueil, il s’attaque, gentiment et toujours avec humour, à un monument de la littérature policière en offrant quatre nouvelles, qui ne révolutionnent pas la geste de Sherlock Holmes mais contribuent à magnifier la légende du détective créé par Arthur Conan Doyle.

Quatre nouvelles sans fil conducteur mais dont certains personnages apparaissent et réapparaissent au long des récits, et je ne parle pas bien sûr de Sherlock Holmes et de son inamovible ami, secrétaire, et biographe.

 

Le Noël de Sherlock Holmes :

Une jeune actrice, Janet Fields, se présente le soir de Noël chez Sherlock Holmes. Elle est reçue par Watson qui, coïncidence heureuse, vient de lire un article concernant la pièce de théâtre dans laquelle elle joue.

Mal apparemment d’après un spectateur car elle vient de recevoir un message l’avertissant que son correspondant va la tuer ce 24 décembre, au cours de la représentation. Et c’est signé Jack l’Eventreur.

Alors Sherlock et son ami Watson se rendent au théâtre afin d’assister à la représentation et se présenter dans la loge de la jeune comédienne. Mais c’est le directeur de l’établissement qui est retrouvé assassiné.

 

Défis à Sherlock Holmes :

Raffles, le célèbre aventurier et gentleman cambrioleur, lance deux défis à Sherlock Holmes, lequel accepte galamment et s’en tirera à son avantage. Ce n’est point tant ces deux défis, bien imaginés par André-Paul Duchâteau, qui comptent, quoi que, mais bien ce personnage de Raffles, précurseur d’Arsène Lupin, créé par William Ernest Hornung, lequel n’était autre que le beau-frère d’Artur Conan Doyle. Une affaire de famille.

 

Le meurtre de Diana Bonté :

Trois sœurs, les sœurs Hawkins, se présentent chez Sherlock Holmes, requérant son aide dans une affaire de meurtre programmé. Elles sont toutes trois romancières, écrivant sous le pseudonyme commun de Diana Bonté des romans catalogués comme livres pour dames. Elles ont reçu un de leurs ouvrages avec une croix rouge tracée à côté de leur nom de plume, puis une boîte contenant une veuve noire, cet amical arachnide poilu.

A Sherlock Holmes rien d’impossible, ce qui n’empêche pas une pendaison. Suicide ou meurtre ?

On reconnaîtra aisément dans ce pseudonyme commun (mais pas commun) un clin d’œil appuyé aux sœurs Brontë.

 

Le propriétaire de Chelsea :

Etre un riche industriel, cela n’empêche de mourir d’un accident de la route. Une deux-chevaux, une voiture hippomobile, renverse le richissime Fortescue victime d’un meurtre avéré, le véhicule ayant été volé et retrouvé la nuit suivante. Pour Sherlock Holmes, l’assassin ne peut être que l’un des quatre locataires d’un immeuble dont Fortescue était le propriétaire. Des personnages étant étroite relation avec le défunt.

Le lecteur retrouve, dans cette nouvelle, Janet Fields dont il a fait la connaissance dans Le Noël de Sherlock Holmes ainsi que l’inspecteur Lestrade.

 

Quatre nouvelles empreintes d’un humour très British, ce qui ne gâte rien, et des déductions émises par Watson lequel est souvent contredit par Holmes. Ce qui ne l’empêche pas de tarabuster parfois le grand homme.

Mais il vous faut réagir et prendre un peu de distraction, Holmes. Vous ne pouvez pas continuer à rester confiné ici vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

André-Paul DUCHÂTEAU : Sherlock Holmes revient. Collection Attitudes. Claude Lefrancq éditeur. Couverture et illustrations intérieures de René Follet. Parution 1992. 160 pages.

ISBN : 9782871530862

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 04:10

Quand on vous dit de ne pas laisser traîner vos déchets un peu partout !

Jean FAILLER : Brume sous le Grand pont.

Deux gamins découvrent un cadavre dans un square désert situé près du pont de Saint Nazaire, et il n’en faut pas plus pour que la grande maison, la Chancellerie, demande à Marie Lester de se rendre sur place afin d’enquêter sur ce meurtre apparemment banal.

Sauf que le cadavre lui n’est pas banal. L’ex juge Ménaudoux, le défunt, n’avait bonne presse aussi bien dans ses anciennes relations professionnelles que dans son voisinage. Un homme renfermé, qui avait côtoyé l’extrême-gauche et dont les jugements allaient à l’encontre de celle de la justice. Sa femme, acariâtre, n’est guère appréciée non plus. Tous les jours, à la même heure, il sortait son chien, effectuant le même parcours immuable. Le commissaire local et ses adjoints ont rapidement conclu à un crime de rôdeur. Quant au petit chien il gisait mort dans une mare, comme s’il avait reçu un coup de tatane mortel.

Pour Mary Lester, qui a été détachée de son commissariat de Quimper, tout est à reprendre de zéro. Son arrivée dans la cité portuaire, dans laquelle flotte encore l’ombre de Tintin, est entachée de quelques incidents. D’abord elle est accueillie par un gardien de la paix rébarbatif, puis comme elle est en retard, le commissaire est parti déjeuner. Tant pis, après son repas, elle retourne à son lieu d’affectation provisoire, et se fait remonter les bretelles car elle est élastique sur les horaires.

Seulement la belle et jeune officier de police n’est pas une personne à se laisser monter sur les pieds, et elle remet tout ce petit monde en place, sans s’énerver, ce qui énerve encore plus ses interlocuteurs. Elle prend une chambre puis se rend sur les lieux du drame à la recherche d’un indice omis par ses collègues. Bingo, elle trouve près d’un feu de camp un bout de papier. La notice d’emploi d’une pellicule photographique peu courante. Un premier indice important qu’elle recueille.

Elle revient sur place le lendemain matin, armée d’un appareil photo et d’une pellicule idoine en noir et blanc, et commence à prendre quelques clichés. Le manège de deux hommes autour d’une camionnette et d’une femme l’intriguent mais d’autre faits également. Elle s’inscrit dans le club-photo local afin de développer sa pellicule, se liant avec le responsable de l’association ainsi qu’avec d’autres membres de ce club. L’un des adjoints du commissaire reconnait sur l’une des photos un ancien rugbyman, une gloire qui était fort connue pour ses coups de poings, sur et en dehors des terrains et qui, en véritable brute, a eu maille à partir avec la justice. Devenu petit truand, il était arrivé à Saint-Nazaire incognito et totalement désargenté.

Or il circule des billets de deux cents francs reconstitués, laissant à penser qu’une moitié des billets avaient été donnés comme acompte, puis l’autre moitié lors de la réalisation du petit travail demandé.

 

Peu à peu Mary Lester remonte le fil de cette enquête linéaire, ce qui ne veut pas dire que les péripéties sont inexistantes, au contraire, pour arriver à une solution simple et subtile dans sa résolution, malgré les sarcasmes du commissaire local et de ses adjoints. Au début ils se gaussent d’elle mais bientôt ils sont obligés de rabattre leur caquet.

 

Si la trame de cette énigme n’est pas trop tarabiscotée, ce sont surtout l’humour qui se dégage principalement dans les dialogues, et les réflexions pleines de bon sens émises principalement par l’auteur qui priment et en donnent le sel.

Une lecture agréable qui ne s’embarrasse pas trop de digressions philosophiques de comptoir mais dont le contenu met le doigt parfois sur les travers de la société. Et Mary Lester possède une répartie que bon nombre de personnes aimeraient détenir face à leurs patrons, les remettant en place lors de leurs délires sans pour autant user de propos mal sonnants. L’art de la dialectique et de la rhétorique, le tout asséné avec un sourire plein de candeur mais efficace pour démonter les interlocuteurs.

 

De cette plate-forme elle avait une vue plongeante sur feu le magasin. Comme dans le bureau, il restait des ferrailles tordues, les squelettes métalliques de ces présentoirs appelés gondoles non par souci d’introduire un vocabulaire poétique dans cet univers de rentabilité à tout prix, mais, qui sait, pour signifier ironiquement au chaland qu’on le menait en bateau à grand renfort de promotions bidons et de faux prix coutants.

Jean FAILLER : Brume sous le Grand pont. Mary Lester 10. Editions du Palémon. Parution 2e trimestre 1997. 270 pages.

ISBN : 9782907572057

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 04:05

Au rendez-vous des bons copains,

y'avait pas souvent d'lapins...

Georges Brassens : Les copains d'abord.

 

Jules ROMAINS : Les copains.

Attablés dans un café de la Butte, ils sont sept. Comme les sept jours de la semaine, les sept mercenaires, ou les sept nains. Ce sont les sept copains, Broudier, Bénin, Lesueur, Omer, Huchon, Martin et Lamendin, qui, un peu éméchés, s’en prennent d’abord au tavernier, désirant vérifier si ses pichets d’un litre contiennent bien un litre. Une vérification s’impose. D’ailleurs, en France tout s’impose.

C’est alors que Bénin, l’une des têtes pensantes, et penchantes, du groupe avec Broudier, déclare qu’il est monté au grenier et que sur une carte de France, apparaissent des yeux plaqués sur chaque département. Deux yeux lui ont parus insolents. Deux yeux auxquels sont accolés les noms d’Ambert et d’Issoire dans le Puy de Dôme. Il n’en faut pas plus pour exciter les esprits et bientôt les strophes, plus ou moins nourries et adéquates, bouts rimés et à-peu-près, fusent des sept convives éméchés. Une sanction envers ces deux sous-préfectures auvergnates est envisagée.

Et les deux compères que sont Bénin et Broudier décident de solliciter l’avis d’un somnambule qui déambule nuitamment sur l’arête d’un toit, après avoir consulté un annuaire, plantant une aiguille au hasard sur un nom. Munis de renseignements aléatoires (Et pourquoi aller à Thouars ?) ils organisent un déplacement vers Ambert, leurs comparses les rejoignant, effectuant eux aussi le voyage dans des conditions différentes. Le tout est de se retrouver sur place.

Une partie de la promenade de Bénin et Broudier s’effectue à vélo avec les rencontres et les avatars que cela implique. Enfin ils arrivent à Ambert et, après avoir visité la caserne, Broudier endossant l’identité d’un ministre, Bénin, se faisant passer pour un théologien, un envoyé du pape auprès du curé de la paroisse locale, harangue les fidèles. Il prend le contre-pied de l’Eglise en prônant l’acte de chair, en chaire, démontrant à l’assemblée médusée les bienfaits de la copulation et de la luxure. Un sermon qui ne laisse pas de glace les paroissiens médusés.

Puis à Issoire, ils organisent l’inauguration d’une statue de Vercingétorix. Une cérémonie qui étonne les badauds, et émoustille certaines femmes, puisque le Vercingétorix n’est autre qu’un des compères, juché nu sur un cheval.

 

Les Copains est un roman facétieux, humoristique, iconoclaste, rabelaisien, et possède une verve avinée dont Marcel Aymé et René Fallet furent les dignes continuateurs. Les dialogues sont savoureux et plus les chopines se vident, plus l’éloquence des convives est comparable à celle des tribuns. Pas de bafouilllement de leur part mais des tirades théâtrales, des conversations qui peuvent être décousues mais une logorrhée jamais défaillante.

Et les personnages sont campés avec une description désopilante, je vous laisse en juger avec l’extrait ci-dessous :

Une femme obèse parut. Son abdomen la précédait d’un bon pas. Sa poitrine venait ensuite, comparable à deux sacs de farine battant la croupe d’un cheval ; puis sa tête, renversée, bourrée d’une graisse blanche ; et, sur sa tête, deux yeux ronds et saillants que la marche ballotait du même mouvement que sa poitrine.

 

Le roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma, sortie en janvier 1965, sous le titre Les Copains, dans un film réalisé par Yves Robert, sur un scénario d'Yves Robert et François Boyer, avec notamment, pour interpréter les rôles des sept copains, Philippe Noiret (Bénin), Guy Bedos (Martin), Michael Lonsdale (Lamendin), Christian Marin (Omer), Pierre Mondy (Broudier), Jacques Balutin (Lesueur) et Claude Rich (Huchon). Le film a donné lieu à la création, par Georges Brassens, d'une de ses plus célèbres chansons, Les Copains d'abord, en ouverture de l'album éponyme, sorti en novembre 1964, deux mois avant le film (Source Wiki).

 

Jules ROMAINS : Les copains. Le Livre de Poche N°279. Parution 4e trimestre 1966. 192 pages.

Première édition 1913.

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 04:05

Ric Hochet est orphelin : après Tibet en 2010, André-Paul Duchâteau est décédé le 26 août 2020

André-Paul DUCHÂTEAU : Crimes par ricochet.

Si André-Paul Duchâteau est le scénariste de la célèbre bande dessinée ayant pour héros Ric Hochet, il ne faut pas oublier qu’il a écrit quelques romans et nouvelles dont les savoureux Palmarès pour cinq crimes, Mourir à Angoulême, La vieille dame à la poupée, ou encore De cinq à sept avec la mort, maniant le noir et l’humour avec un réel bonheur et un talent incontestable.

Et cette association d’humour et de noirceur on la retrouve dans Crimes par ricochet, titre clin d’œil à son personnage fétiche.

Ceux qui ont apprécié l’exercice de style de Palmarès pour cinq crimes, incursion de nouvelles dans la trame du récit (ce qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres de Dickens dont l’inénarrable Monsieur Pickwick) prendront un vif plaisir à découvrir cet ouvrage d’André-Paul Duchâteau.

L’auteur ne se contente pas d’associer dix nouvelles disparates comme le font bon nombre de romanciers, mais il les relie par un fil conducteur, lui-même nouvelle dont la chute, sinon prévisible, est fort bien amenée gardant le suspense jusqu’au bout.

Mais André-Paul Duchâteau s’amuse et se pirate, reprenant deux nouvelles déjà utilisées dans Palmarès pour cinq crimes, Carambolages et Chambre noire, les réécrivant et les améliorant tout en gardant l’intrigue.

 

André-Paul Duchâteau sans Tibet, ce serait un peu comme un festival polar sans auteurs de romans policiers.

Aussi nous retrouvons le dessinateur de Ric Hochet, le complice de toujours, apportant sa touche personnelle pour la présentation, le coup d’envoi de chaque chapitre-nouvelle.

A noter l’amicale préface de François Rivière, lui-même romancier scénariste et critique.

André-Paul DUCHÂTEAU : Crimes par ricochet. Collection Attitudes. Claude Lefrancq éditeur. Couverture Gisèle Simon. Illustrations intérieures de Tibet. Parution 1991. 176 pages.

ISBN : 978-2871530633

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 03:05

Désormais, je ne réponds plus aux invitations, on ne sait jamais…

Christian JACQ : Meurtre sur invitation.

Pour se faire pardonner de quelques indélicatesses perpétrées à leur encontre, le comte Brian de Lechtworth envoie des cartons d’invitations à ses meilleurs ennemis, tous collectionneurs comme lui d’objets hétéroclites mais précieux.

Pourtant l’intitulé et surtout les deux PS ne manquent ni d’originalité, ni d’interrogations. Il promet à ces collectionneurs un cadeau qui devrait les satisfaire et contenter leur soif de recherches, en leur offrant à chacun une pièce rarissime. Seulement, selon le premier PS, ils doivent se présenter avec quelques-unes de leurs pièces de collection, les plus remarquables. Ensuite, dans le petit deux, il précise que cette rencontre sera sans précédent et sera accompagnée d’un meurtre.

Sont donc invités à cette réunion extraordinaire : Lady Jane Berwick, une veuve à laquelle on ne donnerait pas ses soixante printemps, qui collectionne entre autres les canes-épées ; la belle Kathlyn Amwell, qui à vingt-cinq ans s’est forgée une solide réputation de portraitiste et dont la passion se fixe pour les lunettes anciennes et d’ailleurs elle en arbore une paire aux verres teintés en permanence ; Lord Tennyson Buzzard, grand amateur de Bugatti anciennes ; le jeune érudit Emmett Barkway, chercheur scientifique à Oxford, qui s’est entiché de tanagras ; enfin le couple John Kintbury, lui banquier à la collection impressionnante de chaussons de danse, et sa femme Margaret, conseillère conjugale et adepte des bouteilles de vin historiques.

Tous entretiennent une profonde animosité, pour ne pas dire une haine, envers leur hôte qui à un moment donné de leur existence leur a mis des bâtons dans les roues dans leurs quêtes de l’objet convoité. Pourtant l’accueil qui leur est réservé est plutôt chaleureux, surtout de la part de Despina, la jeune et unique domestique du comte. Invité surprise de dernière heure, l’ex-inspecteur chef Higgins, qu’un de ses amis a contacté, lui demandant de veiller sur Emmett Barkway.

Au cours de la séance de remise des cadeaux prévus par Brian de Lechtworth, dans une mise en scène théâtrale, le comte s’excuse des méfaits qu’il a ou aurait pu provoquer à l’encontre de ses invités. Réfutant toutefois d’avoir agi délibérément dans l’intention de leur nuire. Ainsi Lord Tennyson Buzzard a été victime d’un accident de la circulation occasionné malencontreusement par le comte, le privant de compétitions sportives automobiles alors qu’il était un conducteur accompli. Depuis il boîte et porte en permanence un foulard jaune autour du cou afin de cacher une cicatrice. Mais les autres éléments du groupe sont sujets eux aussi à leurs petites manies, à leurs tocs, à leurs défauts et autres problèmes.

Deux tentatives de meurtre à l’encontre du comte Brian de Lechtworth attisent la curiosité de Higgins qui ne peut malgré tout en empêcher une troisième qui elle sera fatidique. Plus de comte à rendre.

Des indices sont disposés à des endroits stratégiques mais il semblerait que ce ne soient que des leurres. Et les motifs pour se venger du comte ne manquent pas chez les uns et les autres. Alors Higgins se résout à demander à son ami le superintendant Scott Marlow de venir le rejoindre au château avec quelques hommes qui procéderont à des perquisitions tandis que le légiste devra examiner le cadavre.

 

Ce roman résolument ancré dans le genre fort prisé durant un certain temps et de nos jours négligé, le roman de détection, fait penser un peu à ce qu’auraient pu écrire Agatha Christie et John Dickson Carr pour l’ambiance et la mise en scène, et à P.G. Wodehouse pour l’humour subtil et toujours présent dans certaines situations, descriptions et dialogues.

Comme souvent la vérité se niche dans le passé et heureux qui comme Higgins a fait de longs voyages, en Inde notamment. Ce qui lui permet de découvrir une partie de la solution et l’identité du ou de la coupable parmi les sept personnes qui gravitaient autour du comte. Car il ne faut pas oublier la jeune domestique Despina parmi les prétendants au meurtre.

Les nombreux couloirs secrets qui mènent d’une pièce à une autre et la disposition des différents bâtiments du château autour d’une cour, le caractère des intervenants, tout est bon pour mener le lecteur dans un labyrinthe énigmatique.

L’on découvre une facette cachée de l’ex-inspecteur-chef Higgins, qui outre ses nombreux voyages à l’étranger, est atteint d’arthrose, ce qui arrive à tout un chacun arrivé à un certain âge mais de plus il n’est pas fier de lui. Il est perturbé et se reproche constamment de ne pas avoir pu éviter le drame. Mais dans ce cas, l’histoire aurait tourné net et n’aurait pu donner lieu à un roman.

L’art des grands criminels, souligna Higgins d’une voix douce, consiste parfois à commettre leur forfait en pleine lumière pour mieux aveugler les témoins.

Première édition : J.B. Livingstone. Meurtre sur invitation. Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 15 mai 1991. 238 pages.

Première édition : J.B. Livingstone. Meurtre sur invitation. Les dossiers de Scotland Yard. Editions du Rocher. Parution 15 mai 1991. 238 pages.

Christian JACQ : Meurtre sur invitation. Les enquêtes de l’inspecteur Higgins N°5. Editions XO. Editions Limitée. Parution 2 juillet 2020. 218 pages. 6,90€.

ISBN : 978-2374482507

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 03:40

Pour le plaisir…

Raffaele PAPARELLA : Le secret de Silly Bill.

Longtemps, les bandes dessinées dites Petit Format, inondèrent les étalages des maisons de la Presse, des librairies, chez les marchands de journaux qui proposaient également jouets et confiseries, et ces bandes dessinées, qui s’échangeaient dans les cours de récréation, ne comportaient pas les noms des scénaristes et des dessinateurs, contrairement aux Grands Formats.

Et ces petits formats avaient pour titre la plupart du temps le nom du héros principal tels que Buck John, Kit Carson, Blek le Rock, Akim, Kiwi, Pecos Bill, ou encore Zembla. Mais à l’intérieur, étaient nichées d’autres histoires dont la mémoire collective n’a pas retenu les noms sauf auprès des amateurs et des spécialistes.

Ainsi Benny des marais fut publié dans les Spécial Zembla (voir la liste ici) et les signataires en étaient, pour les dessins Raffaele Paparella et pour le scénario Maurizio Torelli. Et il est évident que le succès enregistré par ces petits formats et par leurs héros, le doit souvent grâce au graphisme des dessins, souvent très travaillé, fouillé, nettement supérieur, à mon avis, aux bandes dessinées actuelles.

 

Raffaele PAPARELLA : Le secret de Silly Bill.

Benny des marais narre les aventures d’une famille Cajun en Louisiane, composée de Benny, de sa mère, de sa sœur, de Popescu et du comédien Silly Bill, sans oublier le cochon Oreste. L’implantation de ces épisodes, qui ne manquent pas d’humour, en Louisiane change des nombreux westerns qui se déroulaient au Texas et autres états Nord-américains.

Dans Le secret de Silly Bill, la famille de Benny et Popescu s’activent à la préparation de la petite fête organisée pour l’anniversaire de Silly Bill. Au programme, gâteau et cadeaux. Au dehors la tempête fait rage. Mais de Silly, point. Puis tout le monde décide d’aller se coucher. Popescu qui dort dans la même chambre que Silly Bill est importuné par de sonores ronflements. C’est Oreste, le cochonnet de Silly Bill qui dort dans le lit de son maître.

Par le temps qu’il fait, Silly n’a pas eu le cœur de laisser son animal favori dehors par le froid qu’il fait, avec la pluie qui tombe. Popescu n’en a cure et il met dehors manu militari Silly Bill et Oreste.

Le lendemain, Silly Bill est effondré. Le sheriff Morgan arrive à la ferme pour les prévenir que quatre dangereux criminels se sont évadés de la prison d’Alverton à bord d’un canot volé. Ils faisaient partie de la bande Bonner. Silly Bill qui a couché dehors affirme n’avoir rien vu, rien remarqué. Puis il sort.

Popescu le suit et il l’aperçoit pleurant, geignant, déclarant qu’il ne veut pas révéler son secret. Rentré à la ferme, il est bien obligé d’avouer que désirant se réfugier dans la grange, il s’était retrouvé nez-à-nez avec les quatre évadés. Ceux-ci ont pris Oreste en otage.

C’en est trop. Popescu et Benny des marais se lancent sur la trace des quatre malfrats, mais ils vont connaître de terribles péripéties, dans les bayous, affrontant les bandits mais pas que. Un puma, des alligators qui rôdent et aimeraient bien déguster Oreste qui s’est échappé, vont se trouver sur leur chemin. Sans oublier les bandits qui veulent éviter la prison et donc se débarrasser des importuns.

Une histoire qui ne manque pas de péripéties ni d’humour. Une histoire simple, destinée aux enfants à l’origine mais que reliront avec plaisir les adultes.

Raffaele PAPARELLA : Le secret de Silly Bill.

Pour tous les nostalgiques de ces petites histoires, les éditions Rivière Blanche/Black Coast Press ont réédités les aventures de Benny en trois recueils comportant chacun onze ou douze épisodes.

 

Préface: Jean-Marc Lofficier

Couverture: Eduardo Garcia

TABLE DES MATIERES:

12 - Le Secret de Silly Bill

13 - La Reine de la Louisiane

14 - Le Rapt de la Mariée

15 - Terreur dans les marais

16 - Un Prix pour Oreste

17 - L'Alligator Blanc

18 - Jalousie

19 - La Fille d’Oscian

20 - L’Homme de feu

21 - Drame à Lake River

22 - Les Gitans

23 - Chantage

 

Raffaele PAPARELLA : Le secret de Silly Bill. Scénario de Maurizio Torelli. Spécial Zembla N°79. Editions LUG. Parution décembre 1983.

Réédition dans Benny des marais Tome 2. Hexagon Comics. 560 pages. 40,00€.

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 04:01

Les joies de la randonnée !

M.C. BEATON : Randonnée mortelle

Revenue à Londres, à la demande de celui qui lui a racheté la boîte de communication qu’elle avait créée puis vendue, Agatha Raisin n’a qu’une hâte, retourner dans le petit village des Costwolds où elle s’est installée pour une retraite anticipée mais méritée.

Elle a acceptée de travailler quelques mois en dépannage, mais la nature, les amis, la Société des Dames de Carsely, les bavardages autour d’une tasse de thé, les résolutions d’énigmes, lui manquent. De plus son collègue Roy Silver commence à l’énerver par ses remarques parfois fielleuses. Elle vient de terminer sa communication de presse, avec succès, mettant en valeur un jeune chanteur dont elle n’a que faire, uniquement pour embêter un journaliste arrogant. Mais cette fois, c’est bien fini, elle repart à la campagne retrouver ses habitudes, et son voisin James Lacey dont la présence lui manque.

 

Pendant ce temps, Les Marcheurs de Dembley, sous la houlette autoritaire de Jessica Tartinck, s’apprêtent à effectuer leur randonnée hebdomadaire. Jessica s’est imposée, dès son intégration, comme la chef de file du petit groupe composé d’hommes et de femmes amoureux de la marche. Elle ne se contente pas d’emmener ses camarades dans les sentiers balisés, mais elle recense tous les droits de passage existants et oubliés la plupart du temps et annexés par des propriétaires terriens qui ne demandent qu’à agrandir leurs domaines.

Naturellement, les propriétaires terriens et leurs employés, les gardes des domaines, n’apprécient guère ces intrusions intempestives, surtout lorsque Jessica ouvre les barrières et, sans les refermer, traverse un champ de colza, suivant fidèlement le droit de passage alors qu’elle pourrait effectuer un petit détour sans endommager les cultures.

Et ceux qui l’accompagnent regimbent parfois devant son autorité pesante, se conduisant toutefois comme des moutons. Des dents grincent, mais d’autres, comme son amie Dorothy, lui vouent de l’admiration. Personne n’ose se rebeller. Bref, ils balisent.

Jessica a découvert en compulsant ses cartes, qu’un droit de passage existe sur les terres d’un baronnet, Sir Charles Fraith. Toutefois elle écrit au baronnet son intention de traverser le champ de colza. Sir Charles après avoir lu la bafouille décide de proposer aux randonneurs d’effectuer un petit détour et de les inviter à prendre le thé. Une invitation qui ne plaît guère à Gustav, le majordome arrogant.

Agatha, qui apprécie son retour au pays s’intègre aux Randonneurs de Carsely, un groupe dirigé par son ami James Lacey.

 

Deborah, pensant faire bien, se rend chez sir Charles. Il lui offre le thé, comme tout bon gentleman se doit de le faire, et le courant passe si bien entre eux que Sir Charles est agréablement surpris et aimerait revoir cette jeune fille, un peu maigrichonne mais si gentille. En apprenant cette incartade, Jessica est furieuse. Elle envisage de traverser seule ce champ.

Quelques jours plus tard, elle manque à l’appel. Un poids en moins pour les Marcheurs de Dembley, qui retrouvent le sourire. Ils le perdent lorsque Jessica est découverte morte, enterrée sous un petit monticule de terre. La police est naturellement avertie, et les membres des Marcheurs de Dembley sont interrogés, révélant parfois des failles et des imbrications qui ne sont toujours à l’avantage de ces amateurs de marches champêtres.

La présidente de la Société des dames de Carsely, laquelle est apparentée à Deborah, demande à Agatha Raisin, dont la réputation de détective amateur a dépassé les frontières du village, de bien vouloir découvrir l’auteur de ce meurtre.

 

Plus que l’enquête en elle-même, c’est la description d’un microcosme qui retient l’attention du lecteur. En effet, la personnalité de Jessica est complexe, appréciant aussi bien les hommages masculins que féminins, à condition que ce soit elle qui maîtrise le jeu.

La personnalité des différents protagonistes, aussi bien chez les Marcheurs de Dembley que chez les Randonneurs de Carsely, est développée avec humour, révélant les dissensions qui s’élèvent entre les divers participants à ces randonnées. Des jalousies, des rancunes, des faces cachées, des amours contrariées également.

Quant à Agatha Raisin et son ami James Lacey, ils se sentent obligés de se présenter comme époux lorsqu’ils se rendent dans les petites villes voisines, dans le cadre de leur enquête, louant des chambres dans une auberge, afin de détourner l’attention qui ne manquerait pas de se focaliser sur leurs personnes si les villageois, voire les policiers, apprenaient leur rôle d’enquêteurs.

 

 

Dans la presse, on affecte souvent les journalistes vieillissants aux rubriques de faits de société ou de divertissement ou, pire, au courrier des lecteurs.

 

Le problème avec vous, les féministes, est que votre idée de l’égalité, c’est d’adopter tous les défauts des hommes que vous méprisez.

 

Il y a des êtres ainsi faits, qui se fichent pas mal de l’environnement, des baleines ou de quoi que ce soit, mais se servent de la défense de ces causes pour accaparer le pouvoir.

 

M.C. BEATON : Randonnée mortelle (The Walkers of Dembley - 1995. Traduction Jacques Bosser). Série Agatha Raisin enquête. Editions Albin Michel. Parution 2 novembre 2016. 252 pages.

ISBN : 978-2226322708

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 03:47

Mais que fait Fantômette confinée dans un lave-linge ?

Georges CHAULET : Pas de vacances pour Fantômette.

Dans la journée, Fantômette et ses amies, Ficelle et Boulotte, se sont rendues dans une laverie automatique mais lorsqu’elles veulent récupérer leurs effets, elles ne peuvent que constater les dégâts. Leurs affaires sont déchirées ou ont changé de couleur. Le gérant, pas aimable, leur signifie que de toute façon la laverie fermera le soir même et en dédommagement les force à accepter des billets neufs.

Mais Françoise, alias Fantômette, réfléchit en reprenant le chemin de la maison. Il n’y a guère de clients dans cette laverie, et pourtant les machines semblent tourner jour et nuit. Elle a remarqué également que l’homme avait les mains noires, ce qui est incompatible avec sa profession. Alors elle décide d’en informer son ami Œil de Lynx, journaliste à France-Flash et feuilletoniste se délectant à écrire les aventures de Lady Namytte.

Et c’est ainsi que le soir même elle s’introduit dans la laverie par l’arrière mais elle est réceptionnée par trois individus, dont le gérant, qui n’apprécient pas du tout cette intrusion. Elle les dérange dans leur travail de confection de faux billets. Et c’est ainsi qu’elle se retrouve ficelée et emballée dans le tambour de la machine à laver. Une grande, pour famille nombreuse, est-il besoin de le préciser. Et l’eau étant branchée elle a droit à un bain gratuit. Heureusement, alors que les bandits sont sur le point de partir, Œil de Lynx arrive fort à propos pour la délivrer. Il a juste le temps de sortir Fantômette de sa position fœtale et de remarquer les faux-monnayeurs s’enfuir à bord d’un camion blanc.

Le temps de téléphoner à la police et le camion s’est évaporé dans la nature. Ils ont fait leur devoir, le commissaire Maigrelet est prévenu, ils n’ont plus qu’à aller se coucher afin de se reposer de leurs émotions.

Le lendemain matin, un article, signé Œil de Lynx ne tarit pas d’éloges sur Fantômette et sa découverte de la présence de faux-monnayeurs. Mais la jeune fille n’est pas véritablement confiante en la police aussi se renseigne-t-elle sur la direction prise par le camion blanc et persuade son ami journaliste de se lancer sur la trace des bandits. Mais les imprévus s’amoncellent de même que les dangers sur le chemin des deux téméraires.

 

L’intrigue de cette nouvelle aventure de Fantômette, une façon comme une autre de blanchir de l’argent, est simple, pour ne pas dire simpliste, mais l’auteur accumule les épisodes à haut risque sans perdre de temps, ni son humour.

Evidemment, pour suivre un camion blanc lorsque l’on se retrouve à un embranchement de quatre routes, il faut déduire quelle voie a emprunté le véhicule car les témoins ne se pressent guère pour les renseigner. Même en 1965, les camions blancs sur les routes devaient se compter par centaines, et retrouver sa trace grâce à un pompiste, les malfrats n’ayant pas pris leurs précautions avant leur voyage, cela ressemble un peu à de la facilité, mais lorsque l’on a une dizaine d’années, pense-t-on vraiment à ces quelques anomalies ou facilités.

Il est amusant de lire les comptes-rendus d’œil de Lynx dans un article journalistique, qui s’il est proche de la vérité, contient toutefois quelques détournements de ce qu’il s’est réellement passé. Il faut avouer que le journaliste veut se montrer à son avantage. Mais dans la réalité, n’est-ce point ce qu’il se passe dans les relations d’événements au quotidien, la vérité légèrement déformée pour induire, sans l’avouer, le lecteur en erreur.

L’humour se cache aussi bien dans la narration des épisodes épiques subis par Fantômette et son compagnon de route, mais également dans les noms de lieux. Ainsi s’arrêtent-ils dans une auberge à l’enseigne antinomique du Roy et de la République.

 

Quand un auteur est à court d’imagination, il raconte que ses héros ont eu un cauchemar.

Georges CHAULET : Pas de vacances pour Fantômette. Bibliothèque Rose. Editions Hachette. Parution Janvier 1975. 190 pages. Première édition 1965.

ISBN : 2010009096

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 03:50

C’est un cas, Binet…

BINET : Bidochon mère (môman).

Parfois, l’on pense faire bien mais l’on ne sait pas qu’un petit geste peut déclencher une tornade familiale.

Lorsque Raymonde Bidochon reçoit une lettre émanant d’une voisine de la mère de Robert, elle essaie de prendre toutes les précautions oratoires pour ne pas affoler son mari, béatement affalé dans le canapé. C’est le contraire qui se produit, car Robert est resté mentalement dans les jupes de Môman.

Elle n’a pas grand-chose, Môman, elle s’est juste pincé un doigt dans la porte, mais tout de suite il grossit ce que Raymonde veut lui dire, il amplifie les dégâts, il exagère les conséquences. La gangrène, Môman a la gangrène ! Et, alors il faut tout de suite et immédiatement se rendre à son chevet. Raymonde, fait les valises !

Quelle n’est pas la stupéfaction de Robert et Raymonde, en arrivant chez Môman, de voir celle-ci couper des bûches à l’aide d’une hache maniée vigoureusement. Robert est rassuré, mais il fond devant Môman, le pauvre qui retournerait presque en enfance s’il le pouvait.

Môman est despotique, dominatrice, odieuse, manipulatrice et autres qualités qui exaspèrent Raymonde. Seulement celle-ci est bien obligée de boire la coupe jusqu’à la lie et même l’hallali.

Raymonde est rejetée tandis que Robert est pouponné, et il en profite. Bref tout pour être heureux. Raymonde est réveillée au son du clairon ce qui n’empêche pas Robert de dormir à poings fermés. Tout juste s’il ne suce pas son pouce. Ou alors le soir, Robert et Môman communiquent par de petits coups frappés sur la cloison qui sépare les deux chambres, une forme de télégraphe familial.

Ils rendront visite aussi à des cousins cultivateurs joyeux et fiers de leurs productions maraîchères, énormes car engraissées à l’aide de produits non naturels qui transforment, par exemple, des radis en ballons de rugby qui pourraient nourrir une quinzaine de personnes. Au moins.

 

Une suite de gags qui n’amusent pas Raymonde mais le lecteur, Binet grossissant le trait de la mère possessive et d’agriculteurs qui ne jurent que par les engrais chimiques.

Môman en veut toujours au brave docteur qui avait administré un laxatif à Robert lorsqu’il était tout gamin parce qu’il avait avalé l’œil de son nounours.

Quant aux agriculteurs, Binet dénonce leur credo : faire de la quantité, et pas de la qualité. C’est tellement vrai.

Amusant et l’on s’habitue peu à peu au dessin qui change de la ligne claire, celle que je préfère, mais à chacun son style.

Seulement, la fin m’a déçu quelque peu, comme si Binet ne savait de quelle façon clore son histoire. A moins que je n’ai pas compris le message.

Une lecture distrayante mais, à cause des éloges que j’ai pu lire ici ou là, qui m’a laissé sur ma faim.

BINET : Bidochon mère (môman). Les Bidochon 15. Editions Fluide Glacial. Parution 3 mai 1999. 52 pages.

ISBN : 978-2858152261

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 04:22

Il était un p’tit homme

Qui s’appelait Guilleri

Carabi…

Claude IZNER : Le petit homme de l’Opéra.

Haut comme trois bottes empilées l’une sur l’autre, Melchior Chalumeau n’apprécie pas du tout se faire interpeller sous le sobriquet de Guilleri par les nombreux employés de l’Opéra Garnier, où il exerce, entre autres, la fonction d’avertisseur.

Malgré le mépris affiché, il leur rend de petits services, rémunérés bien entendu, et s’amuse à reluquer les petits rats (au fait, doit-on pour respecter l’écriture inclusive, écrire Les petites rattes de l’Opéra ?) dans leurs évolutions et dans les coulisses.

En cette fin mars 1897, une joyeuse petite troupe de fêtards composée d’Olga Vologda, la danseuse étoile, de quelques musiciens et habitués du foyer de la Danse, célèbrent le mariage de Maria Bugne avec Agénor Féralès. N’ayant pas été invité, mais étant toutefois présent, Melchior refuse la proposition d’Olga de se joindre à eux, préférant flâner dans les environs et ressasser un épisode ancien de sa vie tumultueuse.

Quelques membres de cette petite assemblée décident de faire du canotage sur un lac mais ils se dandinent dans l’embarcation et Tony Arcouet, le clarinettiste, tombe à l’eau. Elle est peu profonde et pourtant il se noie. Il sera suivi dans la tombe par d’autres participants à cette cérémonie les semaines suivantes, mais dans des conditions différentes. Olga, la danseuse étoile, est atteinte d’indisposition lors d’une représentation sur la scène de l’Opéra. Nul ne sait ce qui lui est arrivé, mais Melchior traîne dans les coulisses. D’ailleurs il est toujours non loin lors des incidents ou accidents qui déciment les compagnons d’Olga.

Victor Legris, qui délaisse la librairie Elzévir à cause sa passion pour la photographie, et Joseph Pignot qui est toujours débordé par les clients qui recherchent des incunables, sont sollicités par Eudoxie Maximova, une ancienne, disons connaissance de Kenji, le propriétaire associé, beau-père de l’un et père adoptif de l’autre, d’enquêter sur ces morts suspectes.

Tous les subterfuges leurs sont bons pour délaisser l’échoppe, voire leurs femmes enceintes respectives et se lancer sur les brisées du malfaisant qui distribue des petits cochons en pain d’épice mortifères. Leurs soupçons se portent sur Melchior, mais se référant à leurs anciennes enquêtes, ils se méfient des coïncidences. Melchior est le tueur idéal aux pains d’épice, mais comme le déclare Joseph :

Il est compromis jusqu’aux narines, exact, à moi aussi mon instinct le souffle. Mais je me souviens de nos déboires relatifs à des déductions hâtives, voire malavisées.

Cinq ou six suspects sérieux sont donc recensés mais il leur faut trier le bon grain de l’ivraie.

Sans qu’ils s’en doutent, les deux beaux-frères sont suivis dans leurs démarches par un inspecteur du Quai des Orfèvres, Augustin Valmy, ce qui a du bon et du moins bon.

 

Ce nouvel épisode de la saga des membres de la librairie Elzévir est semblable aux autres pour la construction mais pas pour l’intrigue. En effet cette intrigue est diluée dans les nombreux faits-divers qui se déroulent en cette année 1897, dans les nombreuses références souvent littéraires mais pas que, et dans la vie familiale et professionnelle de nos protagonistes et de leurs compagnes.

Mais le lecteur pourra visiter l’Opéra Garnier, assister à un concert spirituel et profane dans les Catacombes, à s’immerger dans la foire du Trône et se perdre dans les dédales des quartiers miséreux, aujourd’hui dénommés pudiquement quartiers défavorisés, assister à des séances du cinématographe, surtout Victor Legris qui est intéressé par les nouvelles techniques et les appareils adéquats, ou encore d’une pythonisse âgée mais toujours extra-lucide, dont le salon accueille quelques personnalités dont José-Maria de Heredia.

Le tout sur fond musical de Coppélia, d'Arthur Saint-Léon, sur un livret de Charles Nuitter, musique de Léo Delibes, d'après le conte d'Hoffmann L'Homme au sable, et de La Danse macabre de Saint-Saëns d'après le poème Égalité-Fraternité d'Henri Cazalis, tiré des Heures sombres, quatrième partie de son recueil L'Illusion paru en 1875.

 

Roman policier, roman historique, roman social, documentaire reflet d’une époque qui connu bon nombre de tragédies, dont l’incendie du Bazar de la charité, des rebondissements dans l’Affaire Dreyfus, et des nouvelles technologies, aussi nombreuses que celles d’aujourd’hui, le tout dans un environnement touristique en vélocipède en compagnie de Victor Legris, lorsqu’il est seul à se déplacer. Sans oublier l’humour qui se glisse parfois dans la narration.

Claude IZNER : Le petit homme de l’Opéra. Collection Grands Détectives N°4345. Editions 10/18. Parution 20 mai 2010. 352 pages.

ISBN : 9782264049193

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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