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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 05:15

Quand l’espion se jette à l’eau…

P.J. HERAULT : Le barrage maudit.

Avant de se lancer avec brio dans l’écriture de romans de science-fiction, P.J. Hérault avait tâté de l’espionnage, genre alors fort en vogue dans les années 1960 et 1970.

Afin de démontrer l’innocence de Gorringe, un ingénieur français accusé de sabotage, Loïc Prach, agent des Services Secrets français, est envoyé au Mozambique sur le chantier de l’édification d’un barrage à Cabora-Bassa.

Il se présente, sous le nom de Gérard Grandier, comme ingénieur-électronicien, envoyé par la Compagnie Européenne d’Electricité, aux autorités locales ainsi qu’aux responsables du chantier. Le Mozambique est toujours sous domination portugaise et il tout naturel que la plupart des conducteurs de travaux relèvent de la nationalité portugaise. Mais il s’agit d’un programme concocté par des pays européens, et Grandier va côtoyer outre les Lusitaniens, des Belges, des Allemands, et de nombreux autochtones. Seulement la région est sous la coupe de rebelles qui combattent pour l’indépendance du pays.

Grandier est présenté comme il se doit à quelques nouveaux collègues et il consacre les premiers jours de son installation à la visite du chantier et à se faire une idée de l’avancée des travaux. Il a un rôle particulier dans l’organisation et ne dépend de personne, aux yeux de tous.

Mais apparemment sa venue n’a pas l’heur de plaire car il manque tomber dans un guet-apens. Il doit sa survie grâce à un missionnaire, le père Angelo, qui est inconnu du supérieur de la mission locale. Le religieux explique qu’il est l’héritier des émissaires du Vatican, ce qui fait de lui, au grand étonnement de Grandier, un curé-barbouze.

Un autre religieux est lui aussi dans les parages, un pasteur protestant, qui vit à l’écart de ses coreligionnaires. Grandier va apprendre qu’entre les deux communautés, les deux religions en général, c’est Je t’aime, moi non plus. Chacune désirant étendre son monopole auprès des autochtones.

Mais plus que la preuve de l’innocence de Gorringe, ce qui importe à l’Ordinateur, le patron de Grandier, c’est de savoir qui a décidé et organisé ce sabotage qui est avéré. Et à qui cela profite. Outre les responsables des travaux, que Grandier retrouve le soir au bar, jouant avec eux au poker, Grandier fait également la connaissance de la comptable du camp, une très jolie jeune femme pas très farouche mais qui promène dans son sac une arme à feu.

 

Naturellement on retrouve dans ce roman les ingrédients indispensables, qui étaient peut-être notifiés dans un cahier des charges édicté par le Fleuve Noir, c’est à dire l’alcool principalement le whisky mais également la vodka, les cartouches de cigarettes (pour faire un écran de fumée ?) et la scène de frotti-frotta destinée à remettre les neurones en place.

Mais ce qui importe dans l’intrigue, c’est déjà la présence des Chinois sur le continent africain, afin de déstabiliser les finances européennes. Chinois qui jouent les sous-marins car ils n’apparaissent jamais dans le récit, comme s’il s’agissait d’hypothèses.

Et naturellement, les rebelles appartenant au Frelimo, organisation qui dès 1964 lance la guerre d’indépendance du Mozambique, guerre qui se poursuivra durant dix ans.

Et comme souvent dans les romans d’espionnage de cette époque, la mention authentique est maintes fois portée en note de bas de page.

Cinquante ans après sa parution, ce roman n’a pas vieilli. On peut juste le considérer comme un roman historique avec une trame d’aventures et d’espionnage et l’activité chinoise en Afrique y est encore plus prégnante car affichée.

A noter que le barrage de Cabora-Bassa existe réellement et a été construit à l’époque de la rédaction du roman. Seul le nom a été très légèrement modifié.

 

P.J. HERAULT : Le barrage maudit. Collection Espionnage N°948. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1972. 240 pages.

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