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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 03:24

Il ne faut pas oublier que pour anticiper certains événements, il faut savoir prendre du recul.

Emmanuelle et Benoît de SAINT CHAMAS : La 37e prophétie.

En ce mois de décembre, la Commanderie du Louvre est en effervescence. Les séides sont regroupés, venant du monde entier, ainsi que les stromillons de la Commanderie Europe. Il ne s’agit pas d’un rassemblement ordinaire et festif car l’heure est venue pour la trente-septième et dernière horloge de délivrer son secret. Le moment est grave. Les Chevaliers de l’Insolite vont découvrir la 37e et dernière prophétie de Michel de Nostredame, plus connu sous le nom de Nostradamus. Des prophéties inconnues du commun des mortels et qui n’ont pas été répertoriées. Une fois sortie du coffre-fort dans lequel elle était soigneusement mise à l’abri, cette prophétie cryptée n’augure rien de bon. En général ce sont des séides qui sont chargés de contrecarrer la prédiction et ils sont désignés par des Furolins, sorte de feu-follets. Or ces langues de feu après avoir voleter dans la salle se positionnent au dessus des têtes de Raphaël et Raphaëlle. Une première dans l’histoire de l’Organisation, car les jumeaux ne sont que stromillons, apprentis chevaliers, et théoriquement ne peuvent participer à des opérations de grande envergure qu’en compagnie et sous les ordres de séides. Mais il n’est pas question de mettre en cause la décision des Furolins, sauf si Raphaël et sa sœur refusent de réaliser la mission qui leur a été confiée, ne se sentant pas sûrs et prêts pour affronter un danger qui peut être fatal au monde.

Intrépides, les jumeaux acceptent cette responsabilité et ils s’entourent d’aides précieux tels leur parrain Tristan, leur ami Arthur et quelques autres. Le message est peu à peu déchiffré par un Alchimiste et il en appert qu’une sorte d’Apocalypse est en préparation. La date est fixée à la prochaine éclipse de lune soit dans une quinzaine de jours. Le temps tourne et pas forcément en leur faveur. Ils doivent annihiler le Margilin, un démon particulièrement vindicatif, connu depuis la nuit des temps sous les appellations de Prince Noir, voyageur des ténèbres, malestre aux mille visages, dont le but est de semer le chaos dans l’humanité, de dresser les hommes les uns contre les autres. Il existerait bien une solution, ou plutôt une arme pour le combattre et l’anéantir. Ce serait de posséder Ascalon, la lance dont s’était servi Saint-Georges pour se débarrasser du dragon, un démon. Cette lance est depuis longtemps perdue et l’idéal serait de remonter le temps pour la récupérer. L’idée est donc d’utiliser les portails d’outre-temps qui ont été découverts dans l’épisode précédent justement nommé Les Portails d’Outre-temps. Mais un nouvel inconvénient se dresse devant eux : il faut absolument arriver à la date adéquate.

Peut-être est-ce pour cela que Tristan emmène les jumeaux dans les entrailles de la Commanderie et leur montre enfin leur mère plongée dans un coma profond. Une révélation pour Raphaël et sa sœur qui croyaient depuis leur plus tendre enfance que leurs parents étaient morts dans un accident. Mais en ce qui concerne leur père, il n’y a pas eu de miracle selon Tristan. Mais un autre fait étonne nos jeunes stromillons qui accumulent des points afin d’être proclamés chevaliers. Aymeric, ami d’enfance de Raphaël a un comportement étrange. Il est devenu renfermé, inabordable, et possède une montre dont il refuse de dire la provenance.

Appartenir à l’Organisation ne délie pas les jumeaux des obligations scolaires et cela offre quelques scènes qui n’empruntent pas au fantastique. L’affectation de jeunes filles refusant tout contact avec des garçons jugés inférieurs à leur rang, de petites jalousies, ou au contraire l’intérêt porté par des groupies à quelqu’un qui a su trouver la parade. Et l’école des stromillons réserve elle aussi son lot de surprises, avec des professeurs apparemment revêches, acerbes, mais qui cachent sous des dehors austères un cœur d’or. Ou encore des recherches d’applications qui au premier abord n’offrent aucun intérêt mais se révèlent par la suite indispensables dans la réalisation de projets aventureux.

 

Ce troisième volet de Strom clôt les aventures des jumeaux et des Chevaliers de l’Insolite. Mais il est peut-être envisageable de supposer que d’autres péripéties les attendent et seront dévoilées aux lecteurs, car comme le déclare le Maëstrom, le grand-maître de l’organisation qui n’apparait qu’en hologramme et dissimulé dans un brouillard, Je ne crois pas aux fins définitives, car ce que l’on appelle fin n’est souvent que le début d’autre chose.

Comme dans les épisodes précédents de petits énigmes sont proposées aux apprentis chevaliers et donc à la sagacité des lecteurs, énigmes qui paraissent évidentes lorsque la solution est dévoilée. Et des aphorismes dignes de Lao Tseu s’adressent tout autant aux adolescents qu’aux adultes : Il faut deux ans pour apprendre à parler et toute une vie pour apprendre à se taire.

 

Emmanuelle et Benoît de SAINT CHAMAS : La 37e prophétie. Collection Strom N°3. Réédition Pocket Jeunesse. Parution 7 mai 2015. 336 pages. 6,95€.

ISBN : 978-2266258111

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 04:07

Entre le rêve et la réalité, il n’y a que l’épaisseur d’une paupière…

Sylvie HUGUET : Rêve de Licorne.

Depuis quelques temps, la jeune Louise n’est plus assidue dans son travail scolaire, pour des raisons qui échappent à madame Dorgueil, son enseignante. Mais lorsque celle-ci fait remarquer à son élève, qu’elle a prise en affection, les erreurs disséminées dans ses rédactions aussitôt Louise les corrige sans difficulté.

Madame Dorgueil a effectué sa petite enquête mais à première vue, rien dans sa vie familiale ou autre n’a pu conduire la jeune Louise à ce comportement inhabituel et bizarre. Alors, elle lui propose de relire un manuscrit qu’elle vient d’achever, car elle écrit des livres pour adolescents, et de lui donner ses impressions. Une occupation que Louise accepte avec plaisir. Et c’est ainsi que nous découvrons en même temps que l’adolescente cette histoire intitulée Rêve de Licorne.

Diane est une gamine qui vit dans un élevage de chevaux et elle s’épanouit dans ce paradis de vallons et de bocages, au domaine de la Châtaigneraie. Mais c’est bien connu, les châtaignes sont enfermées dans des bogues protégées par des piquants. Et les piquants sont ce que l’on pourrait appeler les réactions de sa mère lorsqu’elle a ses nerfs. Pourtant le père est prévenant, mais la mère est une forte femme qui sait s’y prendre pour que ses envies ou ses refus soient satisfaits sans barguigner de la part de sa fille ou de son mari.

Diane a appris à monter sur un poney toute jeune puis elle a eu droit de posséder un magnifique poulain qu’elle nomme Brume de Neige à cause de sa robe. Elle a assisté à l’accouchement de la jument, qui en est décédée, a élevé le poulain au biberon, couchant même dans le box la nuit, au grand dam de sa mère. Entre Brume de Neige et Diane, c’est une entente parfaite, presque ou autant qu’avec le père. Quant à la mère elle a toujours ses nerfs, et cela va se compliquer le jour où le père décède dans un accident.

Près d’un an après, la mère se remarie avec Alex le palefrenier embauché du vivant du père. Et Alex ne trouve rien de mieux que de complimenter Diane sur sa féminité naissante, de l’importuner par des propos inconvenants et d’effectuer des gestes déplacés trop bien placés. Diane veut en parler à sa mère qui réfute ses allégations, et les confidences avortent dans des crises de nerfs maternelles. Il ne faut pas dire du mal d’Alex en qui elle a trouvé un bel étalon. Alors Diane se réfugie dans ses rêves, dans un pays qu’elle découvre peu à peu, l’Outre-Monde.

Elle est subjuguée par un animal magnifique qui ressemble un peu à Brume de Neige mais portant au front un rostre en ivoire : une Licorne. Cet animal fabuleux est accompagné de Vif-Argent, un cheval qui mène une harde, ainsi que d’autres animaux qui vivent, malgré leur antagonisme ancestral, en bonne intelligence. Il y a Vent-d’Orage, le loup, et sa meute, Lame de Saphir, le tigre, Œil-de-Silex, l’aigle, et surtout Vieux Cerf, le vieux sage qui explique à Diane qu’ils sont toutefois sous la menace des Ténébriens, vivant de l’autre côté et les pourchassant impitoyablement. Mais bientôt cette douceur va connaître des heures sombres. Car le rêve devient cauchemar à cause d’un épisode réel vécu avec peine par l’adolescente.

 

Cette histoire, Rêve de Licorne, est enchâssée entre le prologue et l’épilogue, ce qui est normal me direz-vous avec juste raison, et seule elle aurait pu constituer un aimable conte bucolique rédigé sur le thème de la Fantasy.

Seulement, les deux barrières qui l’entourent donnent toute la saveur à ce court roman, une saveur amère et très actuelle. L’auteur retombe ainsi sur ses pieds tout en fournissant une histoire familiale qui se tient, trop bien, et le lecteur navigue entre rêve et cauchemar, dans ce que l’on pourrait définir comme une réalité virtuelle.

De beaux moments de poésie, une ode à la nature, et une dégringolade dans un concept dont malheureusement il est question tous les jours depuis la nuit des temps. Et la présence des loups et des chevaux n’est pas dénuée d’innocence, car ces animaux alimentent l’actualité malgré eux. Une coïncidence ?

Sylvie HUGUET : Rêve de Licorne. Editions Assyelle. Parution 15 septembre 2020. 140 pages. 12,00€.

ISBN : 9782378550219

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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 04:48

Si tu ne vas pas à l’aventure, l’aventure viendra à toi…

Henri VERNES : Trafic aux Caraïbes.

En villégiature à Port-au-Prince, Bob Morane et son ami Bill Ballantine ont loué une villa située sur les hauteurs de la ville. Mais l’aventure guette nos héros. Elle vient à eux sous la forme d’une silhouette s’introduisant nuitamment dans le garage.

Il s’agit d’un individu du nom de Phil Jourdan, qui désirait se venger de l’actuel propriétaire, un certain Mathias Van Horn, qui l’a fait inculper pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Aussi s’était-il mis en tête de bricoler le véhicule de location de Bob Morane, qu’il pensait appartenir à Van Horn, afin de provoquer un accident.

Il narre aux deux amis ses déboires. Jourdan habitait à La Havane et était à la tête d’une petite entreprise de pêche au gros. Il possédait une petite vedette à moteur et emmenait les touristes désireux de sacrifier à leur passion, la pêche au thon, au tarpon ou encore à l’espadon. Sa femme malade devait subir une opération, mais il n’avait pas assez d’argent et était au désespoir. Mathias Van Horn, connu dans les Caraïbes sous le nom de Requin de La Havane, surnom qui lui a été donné à cause de son implication dans divers trafics, lui demande de conduire sur la côte américaine, une personnalité cubaine du nom de Ramon Ramirez. Pressé par le besoin d’argent, Jourdan accepta non sans réticence.

Le jour dit, Ramon Ramirez, à la main une serviette à laquelle il semble tenir beaucoup, embarque sur le bateau de Jourdan en compagnie de Van Horn. Les deux hommes s’enferment dans la cabine, puis Van Horn en ressort, la fermant à clé, arguant que Ramirez désire se reposer. Puis Jourdan fait cap sur la Floride où il est arraisonné par la police maritime américaine. Le cadavre de Ramirez gît dans la cabine et le contenu de la serviette a disparu. Jourdan est accusé de meurtre et emprisonné. Il parvient à s’échapper de longs mois plus tard. Cependant sa femme est morte et Van Horn s’est réfugié à Port-au-Prince, d’où sa présence dans la villa.

Bob Morane promet de faire la lumière sur cette affaire et il se rend en priorité chez Forceville, l’agent immobilier qui a procédé à la location. Celui-ci se retranche derrière le secret professionnel et ne peut donner aucun renseignement concernant Van Horn. Dépité, Morane ressort mais un employé de l’agence lui glisse dans l’oreille, dans la rue, le nom de Basil Cortés qui vivrait au Cap Haïtien. Un appel téléphonique anonyme confirme le renseignement, un dédommagement financier à la clé.

C’est ainsi que Morane et Ballantine se rendent au Cap Haïtien, après avoir mis Jourdan en sécurité. Localiser Cortès n’est guère aisé mais ils parviennent enfin à le trouver dans un bouge à Port-de-Paix où il officie derrière le comptoir. Cortès, prévenu de leur visite, déclare ne pas aimer les curieux et bientôt les clients présents, ses copains, se lancent dans une rixe destinée à réduire les deux amis comme appâts à requins. Heureusement, l’un des clients, qui était de passage, se joint à eux et ils peuvent s’extraire de cette souricière.

Leur sauveur providentiel s’appelle Tiger Jack et il déclare avoir bourlingué durant des années dans cette région des Caraïbes, ayant participé au Boulevard du Rhum durant la Prohibition. Il leur indique un éventuel individu, à qui il a rendu service un jour, pouvant leur fournir des éléments de recherches. Et c’est ainsi qu’ils rencontrent Hiéronimus Li lequel affirme ne pas pouvoir leur être de grand secours.

De Haïti aux Bahamas, près d’un petit îlot où gît une épave, en passant par La Havane, Bob Morane et Bill Ballantine vont affronter moult dangers et Tiger Jack sera toujours là à point nommé pour les tirer des griffes de leurs adversaires.

 

Roman d’aventures de facture classique, Trafic aux Caraïbes vaut surtout par la présence de Tiger Jack, sobriquet sous lequel se cache Jean Ray. Même si celui-ci n’est jamais nommé, le lecteur reconnaitra aisément ce fantastiqueur belge.

Né en Belgique à Gand sur Escaut, la merveilleuse cité flamande qui mire ses vieux pignons, les façades précieuses de ses anciens hôtels et son château moyenâgeux, compact comme un œuf de pierre, dans les eaux béates et glauques de ses canaux, Tiger Jack était le fils d’une famille de marins et c’était à sa grand-mère, une authentique indienne Dakota, qu’il devait son profil courbe de Sioux.

Après avoir décrit ses aventures maritimes de trafiquant d’alcool, ce sexagénaire et plus a raccroché un jour et s’est installé chez lui dans sa bonne ville de Gand.

Un beau jour il en avait eu assez de la flibuste, avait vendu au plus offrant bateau et arsenal pour aller chercher le calme à l’ombre des pignons espagnols de sa bonne ville de Gand, où il s’était mis à écrire de merveilleuses histoires pleines d’aventures, de sel, de brume et d’angoisse, où les spectres du passé se pressaient en fantastiques sarabandes. Ces histoires, traduites dans le monde entier, avaient valu la célébrité à leur auteur qui, après avoir été l’un des derniers pirates, était devenu l’un des plus prodigieux conteurs de son temps, sinon de tous les temps.

Un magnifique hommage d’Henri Vernes à Jean Ray.

Mais on n’aurait garde d’oublier le contexte de ce roman, l’aspect politique, avec des personnages qui pourraient ressembler à Batista et Fidel Castro.

L’illustration de couverture est signée Pierre Joubert et les illustrations intérieures de Forton.

Henri VERNES : Trafic aux Caraïbes. Bob Morane N°49. Collection Junior Marabout N°206. Editions Gérard & C°. Parution 1961. 160 pages.

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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 03:42

Par l’auteur de L’Inspecteur de la mer, devenu Flic ou voyou au cinéma.

Michel GRISOLIA : L’été rouge.

Lorsqu’on a une mère qui ne roule pas sur l’or, loin de là, et qui aurait grand besoin de repos, le meilleur moyen est de la suppléer dans l’une des tâches qu’elle effectue pour subvenir à la subsistance de ses enfants. Et c’est ainsi que Frédéric, quatorze ans, et sa sœur Adriana, de deux ans plus jeune, sont embauchés pour distribuer des échantillons dans des boîtes aux lettres.

En compagnie d’autres jeunes distributeurs de leur âge, ils sont emmenés par la patronne de leur mère à quelques dizaines de kilomètres de chez eux, en Haute-Provence. Un petit village tout en montées, et en descentes dans le sens contraire.

Munis d’une sacoche dans laquelle sont glissés les échantillons de crème solaire, Frédéric et Adriana entame leur périple, selon l’itinéraire choisi par madame Longhi. Ils doivent respecter la consigne, c’est à dire mettre un échantillon dans chaque boîte aux lettres, sans en oublier une seule, et marquer leur passage au sol par une croix inscrite dans un rond avec des craies de couleur. Comme ça, pas d’oubli ni de doublon.

Alors qu’ils grimpent une rude montée, ils aperçoivent une maison semblant abandonnée. Puis ils entendent des cris. Ils s’introduisent dans le jardin, puis dans la bâtisse. A ce moment, en plus des cris, la détonation d’une arme à feu attise leur curiosité. A l’étage ils découvrent un couple, un homme tenant un revolver et une femme ensanglantée. C’est elle qui a poussé les cris. Elle est blessée, mais l’homme ne désirait pas la meurtrir. Du moins c’est ce qu’il prétend.

Le coup de feu et les cris ont alertés les voisins qui sont sortis de leurs maisons et se sont rassemblés. Afin de pouvoir s’échapper, l’homme entraîne la femme et les deux enfants, qui sont consentants mais ne le font pas voir. Bientôt ce sera la chasse à l’homme.

 

Cet épisode se passe en 1963, à Nice et dans ses environs. Un peu plus de trente ans plus tard, Frédéric, le narrateur, revient sur cette histoire qui l’a profondément marqué.

Les relations entre le frère et la sœur sont conflictuelles à cause du caractère d’Adriana. Elle est susceptible, soupe au lait comme l’on dit dans le langage populaire. Pourtant à certains moments leurs idées se rejoignent.

Pour Frédéric, Rochester, leur ravisseur, est un homme amoureux de Marianne, son amie blessée, jaloux aussi. Mais il est emporté et c’est probablement accidentellement qu’il a tiré sur son amie.

Rochester parlait comme certains héros, ou plutôt comme certains hommes qui, dans les films, ne sont pas supposés paraître sympathiques. C’est eux que je préfère.

Frédéric est plus mâture que son âge et peut-être est-ce pour cela qu’il analyse la situation avec une certaine indifférence. Ou qu’il ressent une vive sympathie à l’égard de Rochester.

Je n’avais que quatorze ans mais je ne me fiais déjà plus beaucoup aux apparences, je n’accordais déjà plus ma confiance aux réponses toutes faites, aux réactions qui nous viennent par facilité et par paresse, aux déclarations des adultes pour nous endormir. Il ne faut pas trop prendre les enfants pour des enfants.

Ce premier roman pour enfants de Michel Grisolia ne manque pas d’humour dans certaines situations et dialogues. Et il ne se gêne pas pour égratigner au passage sa ville natale et sa région.

Un jour, Marianne et moi, on a surpris du trafic d’animaux. De la contrebande, des trucs pas nets, entre le contremaître d’une réserve et des hommes d’affaires véreux. Vous savez ce que ça veut dire, véreux, les enfants ?

Bien sûr qu’on sait, m’sieur, a dit Adriana. On habite la Côte d’Azur.

 

 

Michel GRISOLIA : L’été rouge. Collection Vertige N°809. Editions Hachette. Parution 21 mars 1997. 192 pages.

ISBN : 9782012097117

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 04:06

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l'aventure au galop…

Michael GIBSON : L’auberge du loup blanc

Ce n’est pas une nuit à sortir à cheval, et pourtant, dans la lande qui garnit la route de la corniche, un homme file au galop, au risque de se précipiter du haut de la falaise dans l’océan qui mugit en bas.

Dans ce coin de la Cornouaille anglaise, est niché le petit village de Tregavenney, entre Helston et Penzance, habité principalement par des pêcheurs. Lesquels, le soir se rendent à l’auberge du Loup Blanc, tenue par John Mitchell, le propriétaire, sa femme et ses deux garçons, David et Paul. L’établissement est situé à environ cinq cents mètres de la plus proche maison, un lieu idéal pour qui veut être à l’abri des curieux.

Les deux garçons, âgés respectivement de seize et quatorze ans, se tiennent avec leurs parents près du feu, attendant l’heure proche d’aller se coucher. Soudain, le marteau de la porte retentit. Mitchell sort de la pièce et ils l’entendent parler mais il revient peu après disant qu’il s’agissait d’un voyageur égaré.

David et Paul, qui dorment à l’étage se posent de nombreuses questions, sans pouvoir y apporter le moindre début de réponse. Toutefois ils entendent leur père parler avec quelqu’un puis peu après un individu encapuchonné s’enfuit de l’auberge. Le lendemain matin, ils sont réveillés par des bruits dans la cour. Il s’agit d’un petit groupe de gendarmes avec à leur tête le sergent Bassett.

Il est à la recherche d’un criminel qui vient de s’évader et les deux frères sont fort étonnés d’apprendre que l’homme recherché n’est autre que Kit, leur oncle, le jeune frère de leur père. Il avait été accusé de vol par un seigneur des environs qui lui-même avait hérité des biens et du domaine de son frère, décédé dans des conditions litigieuses.

David et Paul sont persuadés, à raison, que l’inconnu de la veille n’est autre que Kit qui désirait trouver refuge à l’auberge ou tout au moins un endroit où se cacher. Ils entament donc leur enquête en fouillant dans les environs du village, se rendant dans la grotte d’un ermite avec lequel ils ont lié amitié.

La nuit un mystérieux cavalier parcourt la campagne, traînant derrière lui une boule de feu, ce qui ravive la légende qui règne depuis deux cents ans sur la contrée.

Un voyageur s’installe à l’auberge du Loup blanc, un personnage mystérieux nommé Lightfoot, d’une stature imposante le faisant ressembler à un tonneau sur pattes ce qui ne l’empêche pas de démontrer une agilité incroyable et une débauche d’énergie inconcevable aux yeux de des deux gamins. Il est trop souvent sur leur chemin, les obligeant à se méfier. N’est-il point à la recherche de Kit ?

 

David et Paul vont tout faire pour aider Kit afin d’échapper aux recherches de la maréchaussée, mais ils vont devoir affronter moult dangers. Et quand David semble jeter l’éponge, c’est Paul, son jeune frère qui prend la relève, l’invectivant et l’encourageant.

Et surtout ils se mettent en tête l’idée de démontrer que leur oncle est innocent de ce qui lui est reproché. Alors il faut découvrir le véritable coupable et résoudre l’énigme du décès soi-disant accidentel du seigneur du château d’Akin-Tor, sir Brandon Chase. Son frère Barney devenant l’héritier, mais dont le caractère est totalement opposé à celui de son aîné.

 

Ce roman d’aventures historiques, l’histoire se déroule dans les années 1830 en Cornouaille, est l’exemple même du livre pour enfant qui procure découverte et plaisir de lecture.

Il fait partie de ces ouvrages qui enflamment l’imagination, et l’on pourrait le mettre aux côtés des romans de Stevenson, de Walter Scott, et autres auteurs dont certains romans furent adaptés pour les adolescents.

Un personnage mystérieux qui s’installe dans l’auberge, des apparitions nocturnes qui confinent au fantastique, un ermite dont le rôle est mal défini au départ, des grottes qui renferment des secrets, tout concourt à entretenir le suspense. Et pour les plus jeunes, une aura d’angoisse provoquant le petit frisson qui oblige le lecteur à continuer sa lecture au lieu de l’abandonner pour quelques heures.

Michael GIBSON : L’auberge du loup blanc (traduction de Thérèse Lannes). Illustrations d’Henri Dimpre. Collection Rouge et Or Souveraine N°124. Editions G.P. Parution janvier 1958. 192 pages.

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 04:03

Perry en la demeure !

Félix SALTEN : Perri l’écureuil

Un roman animalier prisé par Walt Disney, tout comme le grand succès de Félix Salten : Bambi !

Aussitôt réveillée, la petite Annette, trois ans, s’habille et s’installe sur son petit banc à l’extérieur de la maison. Elle parle, elle discute, elle converse, elle bavarde avec ses amis les animaux. Elle s’inquiète des uns et des autres et les réconforte.

Ainsi ce matin-là, elle est en compagnie de la pie et du geai et d’une nouvelle invitée, une maman écureuil. L’écureuille (orthographe selon Colette qui dans La paix chez les bêtes fait ainsi la distinction entre mâle et femelle) se plaint. Elle avait cinq enfants et il ne lui en reste plus qu’un. Sa petite Perri. Les autres ont été enlevés par la martre, la chouette et l’épervier. Mais le pinson la rassure, Perri vit.

Lorsque son père, garde-chasse, et son propriétaire reviennent, Annette veut leur raconter sa matinée et ses conversations avec ses petits amis, mais ils ne comprennent rien à ce qu’elle dit. Ce sont des hommes et elle n’est encore qu’une enfant au babillage confus.

Faisons maintenant la connaissance de Perri, la jeune écureuille qui découvre son environnement. Elle sait qu’elle doit se méfier de la martre, toujours à rôder, des corneilles et du renard, son amie la pie l’a mise en garde.

On va la suivre dans ses différentes pérégrinations dans la forêt au cours de la fin d’un printemps jusqu’au début du printemps suivant. Ses retrouvailles avec sa mère, la connaissance de Porro qui devient son ami et avec lequel elle joue dans les arbres, ramassant noisettes et faînes, les cachant puis oubliant où ils ont déposés leurs provisions.

La peur alors que la martre, le renard, les corneilles les surveillent et essaient de s’emparer d’eux, les mises en garde de la pie et du geai, du pivert et du pinson. L’orage qui les surprend et leur fait peur, les feuilles d’automne qui tombent mettant à découvert leurs cachettes sur les branches, les battues des chasseurs, leur surprise en découvrant d’autres animaux tels que lièvres et chevreuils ou encore les fiers cerfs, le contact visuel avec l’Homme, les visites à Annette de temps à autres, la séparation avec la mère, et bien d’autres péripéties comme la neige et la froidure qui font de Perri un animal presqu’adulte.

Et Porro qui s’éclipse parfois, la rencontre d’un écureuil noir, puis les aventures narrées par un écureuil inconnu qui a connu l’enfermement dans une cage grillagée (c’est quoi un grillage ?) et l’obligation qu’il avait pour se défouler et entretenir sa forme de se glisser dans une espèce de rouleau qui fait avancer tout en restant sur place. Des balivernes, des mensonges pour certains des animaux qui écoutent les divagations de cet écureuil qui a vécu bien des avatars qui ressemblent à des inventions de l’esprit, des mensonges, mais qu’il aura pourtant connus. Il a subi les méfaits de l’Homme, mais tous ne savent pas ce dont il veut parler.

Un univers vu et décrit par des animaux en liberté devant affronter moult dangers mais sachant en même temps profiter de la nature, quelle que soit la saison, avec ses bienfaits et ses inconvénients.

C’est également le roman du courage de l’animal, considéré comme sauvage, face à l’Homme supposé civilisé.

Un roman destiné aux filles et aux garçons jusqu’à 14 ans selon l’éditeur. Mais un grand nombre d’adultes devraient lire ou relire ce conte charmant, s’en imprégner et partager les multiples aventures de Perri et vibrer avec elle. Peut-être l’adulte portera-t-il un autre regard sur la Nature après cette lecture.

 

Félix SALTEN : Perri l’écureuil (Die Jugend Des Eichhörnchens Perri – 1938). Texte français de Jacqueline Des Gouttes. Illustrations d’Henri Blanc. Collection Idéal Bibliothèque N°158. Parution 1958. 192 pages.

Première édition : Delachaux & Niestlé à Neufchâtel. 1943. 182 p.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 04:04

Urbanisme contre vestiges !

Jerry WEST : Les Jolivet et l’or des pionniers.

L’arrivée d’engins de chantier à Shoreham signifie le début d’une nouvelle aventure et d’une épopée dangereuse pour les cinq enfants Jolivet.

Bob, 12 ans, et Ricky, 7 ans, et leurs sœurs, Patty, 10 ans, Jenny, 6 ans, et Susie, la petite dernière de 4 ans mais qui ne donnerait pour rien au monde sa place dans les tribulations de cette fratrie, composent cette famille dont le père est un homme aimable, toujours souriant, pour ne pas dire rieur, et d’une mère jolie, mince et toujours prête à confectionner des gâteaux. Bref une famille américaine comme l’on aimerait en voir plus souvent.

Ce jour-là, alors que débutent les vacances de Pâques, les enfants sont abordés par l’un des conducteurs qui leur demande son chemin, pensant s’être perdu. Il conduit un énorme tracteur remorquant un plateau sur lequel est placé un énorme engin de terrassement, une pelle mécanique. Il se nomme Buster et est accompagné de Stan, et invite les enfants à monter dans la cabine ou sur la remorque afin qu’ils leur montrent le chemin jusqu’à l’entrée du chantier de la nouvelle route.

Ce chantier avait été retardé à cause de l’emplacement d’un vieux fort historique, le fort de la Liberté, mais la décision vient d’être prise. Et si durant les travaux les ruines de ce vieux fort sont mises au jour, le tracé de la nouvelle route sera dévié afin de les contourner. En cours de route, l’engin manque écraser un jeune cycliste. Il s’agit de Jo Brill, le mauvais garnement, la teigne, le tourmenteur des Jolivet. Plus de peur que de mal, heureusement.

Rentrés chez eux, les enfants Jolivet trouvent leur mère en train de lire Le phare de Shoreham, la gazette locale. Un article retient son attention : la municipalité offre 10 000$ au propriétaire du terrain sur lequel se trouvent les vestiges du Fort de la Liberté, et 500$ à la personne qui découvrira le fort.

Il n’en faut pas plus pour que les Jolivet construisent des châteaux en Espagne, même s’ils vivent aux Etats-Unis, probablement dans l’état du Vermont. Patty et Jenny décident de se rendre au musée municipal, la bibliothèque regorgeant de vieux papiers, vieux livres et journaux d’autrefois tandis que les garçons retournent sur le chantier.

Dans un ancien magazine, mis aimablement à leur disposition par le bibliothécaire, Patty et Jenny lisent un article dans lequel il est question d’un vieux monsieur de quatre-vingt-quinze ans. Il avait écrit au conseil municipal et dans sa missive il avait joint un parchemin indiquant l’emplacement du fort de la Liberté. Or cette lettre n’était jamais parvenue à destination. Un individu au long nez, appendice pratique pour fouiller dans les affaires des autres, s’intéresse à leur lecture. Elles ne le connaissent pas et s’en méfient.

Les travaux de démolition avancent et les ouvriers s’attaquent à l’ancienne gare, où justement était placée la boîte aux lettres. Les enfants Jolivet parviennent à découvrir le fameux pli avant la démolition complète. Il ne leur reste plus qu’à continuer leurs recherches, recherches qui sont entravées par le fouineur et la teigne toujours placée dans leurs jambes au mauvais moment.

Mais un autre fait se dresse sur leur chemin. La maison d’une famille est située non loin et doit être rasée. Ils vont tout faire pour empêcher un drame familial et social avec cette nouvelle démolition programmée. Mais ils n’ont guère de temps pour réaliser leur projet. Le relogement ou plutôt le transport de cette maison sur un nouveau terrain, lequel est à définir.

 

Une charmante histoire avec les bons éléments, les enfants Jolivet, leurs parents et la famille qui doit être expulsée, et les mauvais éléments, Jo Brill et l’homme au long nez. Avec pour conclusion la découverte de l’emplacement de cet ancien fort, et de ses ruines, ainsi que d’un trésor signalé dans le titre fort explicite.

Le point intéressant dans cette intrigue réside dans le fait du transport d’une maison à l’aide d’un plateau avec des madriers et des poutres de soutènement. Une technique hasardeuse qui demande un savoir-faire sans précédent, mais qui date de plus d’un siècle. A ce propos voir l’intéressant article paru dans Sciences et Voyages N°272 du 13 novembre 1924 ici.

Une raison de plus pour les adultes de se pencher sur les romans publiés à l’attention des juvéniles et qui se révèlent être source d’informations tout en restant un plaisir de lecture.

L’auteur, qui se cache sous le pseudonyme de Jerry West, se nomme en réalité Andrew E. Svenson, et a également écrit sous l’alias d’Alan Stone. Il est l’auteur de plus de soixante-dix romans pour enfants, sous divers pseudonymes dont certains sont partagés avec d’autres romanciers.

Sur les trente-trois romans consacrés à la série Les Joyeux Jolivet, seuls dix-huit titres ont été traduits en France. Quant aux personnages, l’auteur n’a pas eu besoin de chercher loin puisqu’il s’est inspiré de ses propres enfants, et de son entourage. Même celui de Jo Brill évoluait près de chez eux. Ainsi que le chien Zip et le chat Nez-blanc de la famille Jolivet ne sont que des projections des propres animaux de Jerry West.

Toutefois on peut se demander par quelle aberration le patronyme de cette famille américaine a été modifié dans la version française en Joyeux Jolivet. Mais ce n’était pas une première car d’autres séries traduites ont subies le même sort dont Alice de Caroline Quine, ou encore Le Club des Cinq d’Enid Blyton. Bizarre et inconvenant, pour ma part.

Jerry WEST : Les Jolivet et l’or des pionniers. Série Les Joyeux Jolivet (The Happy Hollisters and The Secret Fort – 1955. Texte français de Suzanne Pairault). Illustrations de Maurice Paulin. Nouvelle Bibliothèque Rose N°340. Editions Hachette. Parution 30 janvier 1970. 190 pages.

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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 04:17

En se promettant d'aller des millions,
Des milliards de fois, et mêm' davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons…

Georges Brassens

Enid BLYTON : Le club des 5 et les papillons

Vive les vacances ! Même si ce ne sont que celles de la Pentecôte, qu’il n’y aura que cinq jours à consacrer aux balades et aux découvertes, c’est toujours bon à prendre.

Et les Cinq, c’est-à-dire Claude, et son chien Dagobert qui est de toutes les entreprises, et ses cousins Annie, Mick et François, repèrent attentivement sur une carte l’emplacement prévu pour installer leurs tentes. Car l’un des camarades de lycée de François leur a proposé de passer quelques jours non loin de chez lui, au Mont-Perdu. Il existe en effet une vieille ferme aménagée en élevage de papillons.

Et pendant ce temps, le père de Claude, qui n’aime pas être dérangé, pourra travailler en toute quiétude dans son bureau, à l’abri du bruit. Le Mont-Perdu n’est pas loin, juste quelques dizaines de kilomètres à parcourir à vélo. Mais auparavant il faut penser au ravitaillement, à emmener quelques bricoles indispensables comme des chandelles, des allumettes, des gâteaux secs et des bonbons, le transistor pour écouter les nouvelles, le pique-nique en cours de route, car il ne faut jamais se laisser abattre. Pour le reste ils le trouveront sur place, car les parents de Philippe, le copain de François, sont agriculteurs et ils pourront les dépanner en pain, fraises, légumes et autres ingrédients nécessaires à la survie alimentaire.

Arrivés sur place, ils sont accueillis par un porcelet rose, tout mignon, qui répond au doux nom de Dudule, suivi par un petit garçon de cinq ans, Jeannot qui n’est autre que le frère de Philippe. Les Cinq sont accueillis à bras ouverts par les parents de Philippe, Philippe lui-même et son chien Clairon qui ne tarde pas à manifester un intérêt amical envers Dagobert. Il ne leur reste plus qu’à découvrir l’endroit sur le Mont-Perdu où ils pourront planter leurs tentes.

En se promenant, ils se rendent à la ferme où sont hébergés les deux éleveurs de papillons. Mais ils sont reçus par une femme acariâtre qui vitupère sur son fils absent. La bâtisse est délabrée, seules les serres aux lépidoptères implantées à côté semblent neuves. Et ils rencontrent l’un des amateurs éclairés passionnés de papillons rares muni d’un filet, pas garni. Mais d’autres personnages plus inquiétants gravitent autour de cette ferme, se prétendant amateurs de papillons mais n’ayant pas l’air de s’y connaitre vraiment.

Mais de là où ils sont les Cinq ont également vue sur un terrain d’aviation particulier car il s’agit d’un établissement destiné à l’essai de nouveaux modèles. Justement le cousin de Philippe est pilote attaché à ce terrain et il leur fournit de plus amples renseignements.

Or, une nuit, les Cinq entendent des avions dans le ciel. Le lendemain ils apprennent par la radio, en écoutant par hasard les infos, que deux avions ont été volés dans la nuit, et que deux pilotes de la base sont manquants, dont le cousin de Philippe. Les journalistes n’hésitent pas à additionner deux plus deux, d’autant que les absents ont toujours tort. Et les appareils d’un nouveau modèle se seraient abîmés en mer.

La tension est à son comble lorsque Jeannot ne donne plus signe de vie ainsi que son porcelet Dudule.

 

Les Cinq se retrouvent au cœur d’un mystère et comme d’habitude ils se sentent presque obligés de le résoudre. Ne serait-ce que pour aider leur ami Philippe et sa famille.

Le hasard les sert comme souvent mais n’est-ce point le lot des enquêteurs en général ?

Une gentille histoire bucolique à lire en toute sérénité mais il m’a semblé que les personnages des Cinq sont un peu plus falots que lorsque Claude Voilier s’en est emparés pour leur inventer de nouvelles aventures, Enid Blyton les ayant abandonnés pour cause de décès.

Pourtant ce n’est pas l’intrépidité qui leur manque, ni le petit côté humoristique de certaines situations comme celles dans lesquelles évolue Dudule.

La question du jour est posée par François :

Pourquoi sommes-nous toujours mêlés à quelque étrange aventure ?

Enid BLYTON : Le club des 5 et les papillons (Five go to the Billycock Hill – 1955. Traduction de Mme Duchêne). Illustrations de Jeanne Hives. Collection Bibliothèque Rose. Editions Hachette. Première publication 1962. Réédition 10 mai 1978. 190 pages.

ISBN : 2010007344

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 04:10

Le grand feuilleton : épisode 4.

Jean de La HIRE : Le défilé suspect.

En cette fin de journée du 24 juin, Paul Mandar dresse un foulard blanc, en signe de demande de paix et de trêve, afin de pouvoir échanger son prisonnier, le cheik, contre les six boy-scouts aux mains des Bédouins rescapés de l’échauffourée.

Le pacte est conclu et en échange du cheik Hadji ben Omar ben Garbit (ceci n’est pas de la publicité !) les prisonniers scouts sont délivrés. De plus à la demande de Paul Mandar, le cheik lui remet un turban sacré ainsi qu’une pierre gravée qui devraient servir de sauf-conduit en cas d’une nouvelle attaque.

Pour fêter cet événement, les scouts britanniques invitent leurs homologues français à partager leur repas qui se révélera un véritable festin. Comme quoi les conserves parfois !

Ils décident de passer une bonne nuit afin de récupérer de leurs émotions et de partir le lendemain ensemble afin de ne favoriser aucune des deux équipes. Et donc, le lendemain, avant de regagner la ligne de départ fixée de l’autre côté du ravin, il faut grimper la pente. L’équipe britannique peine car est accrochée à leur autochenille une remorque contenant les fameuses conserves prévues pour leur voyage.

Un coup de feu en l’air et les deux véhicules s’élancent à l’assaut du désert. Nous suivons l’équipe française qui arrive à Ghadamès. Les scouts visitent la ville, s’y reposent puis à nouveau c’est le départ vers l’aventure.

Mais de nouveaux incidents se dressent devant eux sous la forme de Maltais, des déserteurs de la garnison italienne chargée de défendre Ghadamès, qui veulent s’emparer de leurs équipements. Pourtant, Paul Mandar avait établi un tour de garde rotatif pendant que les autres compagnons se reposaient. Et c’est ainsi qu’au petit matin, Mandar et le reste de ses équipiers s’aperçoivent que Mijon et Moutiers, qui devaient être les derniers à garder le campement, ont disparus.

En partant à leur recherche, ils découvrent un individu qui appartenait au groupe de Maltais. Il est blessé, une cheville tordue, et a été laissé en plan par ses camarades qui ne s’avèrent pas si sympathiques que ça à son encontre. Promesse lui est faite de lui laisser la vie sauve s’il les aide à retrouver Mijon et Moutiers. Darbois est chargé de rester près de leur véhicule tandis que les trois scouts restant partent à la recherche de leurs deux compagnons.

 

Cet épisode mouvementé au début et à la fin se veut également pédagogique.

Alors qu’ils dégustent leur festin improvisé, les scouts remarquent au loin un troupeau d’autruches africaines. C’est ainsi que la vie et les mœurs des autruches, leur mode de reproduction, le système économique et l’élevage qui y est lié, particulièrement en Australie, sont décrits soigneusement par l’un des membres de l’équipe britannique dont le père fut éleveur de ces animaux dans la Nouvelle Galle du Sud.

De même les descriptions géographique, démographique, économique de Ghadamès, sont largement énoncées, un peu à la façon d’un guide touristique. Ce qui permet à l’auteur de reprendre son souffle dans l’épopée des boy-scouts et peut-être de retrouver l’inspiration pour la narration de nouveaux épisodes.

Dont le prochain s’intitule Angoissant mystère.

 

Voir l’épisode précédent :

Jean de La HIRE : Le défilé suspect. L’As des Boy-scouts fascicule N°4. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 21 novembre 1932. 16 pages.

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 04:09

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien…

Claude VOILIER : Le Marquis appelle les Cinq.

En ce mois de juillet, Claude, onze ans, est contente : ses cousins, François, treize ans, Mick, onze ans, et Annie, neuf ans, arrivent pour passer les vacances en sa compagnie à la villa Les Mouettes et cela promet de nouvelles aventures.

Promenades en bateau puis en vélos sont au programme. Les cousins sont toujours accompagnés de Dagobert, le chien de Claude, qui participe à toutes leurs pérégrinations. Les bonnes comme les mauvaises.

A la radio, les informations révèlent qu’une succession de vols d’objets précieux et de bijoux sont perpétrés dans la région. Les cousins n’y font guère attention, pris par leurs promenades à bicyclettes. Ils arrivent à un château, le château de la Mulotière, qu’ils n’avaient encore jamais visité mais la déception les attend. Les objets en vitrine ne sont que de banales bricoles sans grand intérêt.

Le marquis de Penlech qui habite les lieux est tout autant désolé et il leur confie qu’il vient d’avoir la visite non programmée de cambrioleurs qui ont tout emporté, notamment une précieuse collection de montres. Pourtant il était persuadé que son château était un véritable coffre-fort, à l’abri de toute intrusion malveillante.

Peu après, alors qu’ils sont en mer à bord de leur embarcation, ils sont pris dans un orage. L’esquif coule et ils doivent rejoindre la plage à la nage. Arrivés au pied de la falaise, sains et saufs, ils repèrent une grotte qu’ils se mettent en devoir de visiter. Dagobert les précède, leur signalant parfois des dangers, et ils parcourent de nombreux couloirs, grimpent, et se retrouvent au bout d’un certain temps (ce n’est pas précisé) en haut de la falaise, à l’endroit où ils ont pique-niqués peu auparavant.

Ils se souviennent d’un buisson qui bougeait et apparemment ils ne sont pas les seuls à emprunter ce passage. Ils décident donc d’explorer à nouveau les nombreux couloirs, passages, trouées, et leurs ramifications. Et c’est ainsi qu’ils découvrent dans un renfoncement des caisses contenant le produit des vols, dont les montres du marquis. Tandis qu’ils cachent quelques unes de ces caisses dans un autre renfoncement, ils entendent du bruit. Ce sont les bandits qui se sont engouffrés dans la grotte, désireux de récupérer ces caissons.

Naturellement ils se terrent, tentant de faire le moins de bruit possible afin de ne pas dévoiler leur présence. C’est sans compter sans un rat inoffensif qui passait par là tranquillement. Dagobert se lance à la poursuite du rongeur.

 

Ce roman écrit par Claude Voilier, qui a repris les personnages imaginés par Enid Blyton en 1971, après le décès en 1968 de la célèbre créatrice de la série du Club des Cinq, se lit de deux façons différentes : page de gauche le texte pur, page de droite l’adaptation en bande dessinée par Jean Sidobre. Un double plaisir qui permet de lire en deux versions les aventures de Claude, François, Michel et Annie et du chien Dagobert. Plus les personnages récurrents, les parents de Claudine, dite Claude, dont le père un savant qui aime se confiner dans son bureau et détestant être dérangé.

Claude est véritablement le chef de la bande, non seulement parce que c’est chez elle que tous se retrouvent, mais par son caractère difficile. Elle se montre autoritaire, désireuse d’imposer ses décisions, se voulant l’égale, voire plus, des garçons. Et tout comme ses cousins, elle se montre plus mature que son jeune âge le laisserait supposer.

Ils ne vieillissent pas, le privilège d’être des héros de papier. Et cela m’a rappelé l’excellent roman de Michel Pagel, Le Club, dans lequel l’auteur imaginait nos amis devenus adultes se retrouvant pour une réunion familiale cahoteuse.

Mais comme souvent, Le Marquis appelle les Cinq, une légère erreur s’est glissée, qui ne prête pas à conséquence, mais qui peut choquer les lecteurs âgés comme moi qui possèdent peut-être plus de recul. Ainsi à un certain moment, les vélos des quatre, Dagobert se laissant trimbaler, deviennent des vélomoteurs. De nos jours, il s’agirait probablement de vélos électriques, modernisme oblige !

Claude VOILIER : Le Marquis appelle les Cinq. Illustrations de Jean Sidobre. Collection Bibliothèque Rose Imagée. Editions Hachette. Parution mai 1972. 192 pages.

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