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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 09:04
MARIE & JOSEPH : Venez voir les cadavres, mesdames.

C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit...

MARIE & JOSEPH : Venez voir les cadavres, mesdames.

Au Pâtural Chevron, une vieille ferme décrépite au bout d'une route en cul-de-sac et située aux confins de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne, reconvertie en centre d'hébergement et de réinsertion pour ex-drogués, les pensionnaires tentent de se refaire une santé.

Le bon air, les travaux de réfection, l'ambiance entretenue par quelques employés devraient permettre à ces marginaux de reprendre le droit chemin, de se débarrasser de leur sale habitude.

Il y a le Patron, Dominique la psychologue, Bébert, Colin et Lolo, les éducateurs, moniteurs de choc, plus les hommes à tout faire. Sans compter le Docteur qui vient pratiquement tous les jours, et la mère Tyrannie qui fait office de cuisinière. Parmi les toxicos, Didine, Yan l'homme au pendule, Max et Marlène et quelques autres.

Sur la ferme on pourrait croire qu'il plane un mauvais sort. D'ailleurs, le jour de leur installation au Pâtural Chevron, les résidents ont découvert un pied de vache accroché au linteau au dessus de la porte. Un soir Dominique sort prendre l'air, et ne reparait pas. C'est un peu l'affolement général.

Tout e monde s'active à sa recherche et les gendarmes sont prévenus. Les dépendances, les bois environnants sont passés au peigne fin, mais rien n'y fait. Dominique a bel et bien disparu.

Ressurgissent alors les vieux démons. Quelques années auparavant des jeunes femmes et des enfants ont disparu également et leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Le spectre de la Bête inconnue se dresse, mais plus prosaïquement les forces de l'ordre pensent à un dangereux maniaque. Un homme avait été remarqué, rôdant dans les parages.

Le train-train quotidien s'installe, comme si rien ne s'était passé. Cependant des précautions sont prises. Interdit de sortir seul le soir, et toujours se munir d'un talkie-walkie. Un soit Lolo aperçoit de loin des hommes qui semblent observer les bâtiments à l'aide de jumelles. Bizarrement, Roumoune, le chat qui était toujours à réclamer sa pâtée ne s'intéresse plus à sa gamelle. Pourtant il semble grossir. Il s'évanouit dans la nature alors que toutes les portes sont fermées.

Des traces de pas salissent le couloir, alors que théoriquement personne ne pouvait entrer. Le narrateur et Lolo distinguent dans la nuit des lumières, comme des lampes-tempêtes tenues à bout de bras. Arrivés sur place, ils sont violemment agressés par une ombre immense et en réchappent de justesse.

Le moral n'est pas au beau fixe. Max se demande si ce n'est pas à lui qu'on en veut. A la suite d'une bêtise, d'une vague histoire de chantage, il s'était mis à dos des tueurs. Enfin, c'est ce qu'il dit. Pourtant il était persuadé de ne pas avoir laissé de traces derrière lui. La tension monte...

 

Dans ce dernier roman de Marie et Joseph, plus de trace de blues, de jazz, de cette musique qui imprégnait si fortement leurs précédentes œuvres.

Pourtant demeure le côté rural, poétique, ode à la nature. Il plane une atmosphère de fantastique, de mystère, d'irrationnel. Comme une résurgence des contes de fées dans lesquels la sorcière, les loups-garous se taillaient la part belle.

L'onirisme perdure accommodé à la sauce vingtième siècle et ses références à la drogue, la réinsertion et aux magouilles.

Même s'ils ne faisaient pas l'unanimité, Marie et Joseph laissent un grand vide à la Série Noire.

MARIE & JOSEPH : Venez voir les cadavres, mesdames. Série Noire N°2276. Parution septembre 1991. 192 pages. 6,65€.

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 12:07
Janine ORIANO : O.K. LEON !

Ça marche aussi comme ça : ! NOEL K.O.

Janine ORIANO : O.K. LEON !

Installé depuis peu dans son appartement, Léon reçoit des colis alimentaires de luxe de la part d'un mystérieux donateur. L'intérieur des papiers d'emballage est couvert de graffitis en forme de rébus qu'il ne peut déchiffrer.

Auprès de Berthe sa fiancée, qui passe trop de temps avec son cousin Gaston, et de la mère de celle-ci, il attribue ces dons à un oncle d'Amérique qu'il a perdu de vue depuis une vingtaine d'années et dont le seul cadeau qui lui reste est l'œil de verre du grand Buggy. Le dernier colis contient quatre mitraillettes, sur la crosse desquelles sont gravées des initiales dont les siennes. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à faire du porte à porte, en compagnie de la Dussèche, une vieille fille en forme de planche à pain amoureuse de lui, et de tenter de placer des livres reliés.

Deux malabars du nom d'Okay et de Biffetons débarquent chez lui et l'appellent Patron, se mettant à son service. Ils le conduisent auprès du Caïd, un vieillard qui expire dans ses bras avant de pouvoir lui confier un secret. L'Aristo, un troisième larron, se joint au duo, attendant que Léon retrouve un coffret rempli de dollars.

Ils obéissent aux moindres désirs ou ordres de Léon, qui ne pense qu'à son futur mariage. Un dénommé la Violette s'introduit chez lui et réclame le magot. Le trio l'en débarrasse vite fait, bien fait. Dans un bar où il a ses habitudes, il comprend en voyant un gros bras que la méprise provient de l'œil de verre qu'il exhibe n'importe où. L'homme vient des USA, spécialement chargé de déchiffrer le rébus. Léon lui donne rendez-vous chez la Dussèche qui l'aide à séquestrer le truand dans sa cave dont l'aménagement date de la Seconde Guerre Mondiale, engins de torture y compris.

Jaloux Léon propose à ses sbires de forcer le coffre-fort de Gaston, le cousin trop empressé de sa fiancée qu'il a surpris rentrant chez lui un volumineux paquet à la main. Le lendemain, Léon se rend chez Gaston : Berthe n'a pas donné signe de vie depuis 48 heures. Il reçoit un message signé du Furet, ami de La Violette, et se rend à l'adresse indiquée. Il retrouve sa fiancée sous l'emprise d'un somnifère et du Furet. Il négocie la liberté de sa promise contre le trio de choc et l'identité du gus chargé de déchiffrer le rébus.

 

Quiproquos et méprises ponctuent cette histoire digne d'une comédie policière de boulevard et dans laquelle l'action prime sur la description. Comme dans un célèbre magasin parisien, à chaque instant il s'y passe quelque chose. Il ne faut pas chercher de messages dans ce roman, simplement le plaisir de céder à la bonne humeur communicative et ambiante qui s'en dégage malgré les avatars de son héros et ses problèmes post-maritaux.

Janine Oriano ne se montre pas excessivement féministe, au contraire. Ses personnages, Berthe et la future belle-mère, sont empreints de duplicité et de cupidité, défauts éminemment communs aux deux sexes. Quant au héros, il fait partie de cette cohorte de personnages falots qui se subliment à un moment critique de leur existence et se découvrent un trésor intérieur de rouerie et de courage, capables alors de renverser le monde à leur profit. Janine Oriano possède le sens de l'intrigue et sait raconter une histoire.

Ce roman a été adapté au cinéma par Claude Vital en 1973 sous le titre de OK. patron

Il me regardait maintenant comme on regarde un mec qui retire sa chemise dans la rue, la partage en deux et offre la meilleure moitié à Boussac.

Réédition Carré Noir N° 441. Parution juillet 1982. 192 pages. 3,80€.

Réédition Carré Noir N° 441. Parution juillet 1982. 192 pages. 3,80€.

Janine ORIANO : O.K. LEON ! Série Noire N°1531. Première parution octobre 1972. 192 pages.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 09:30
J.A. JANCE : Point de chutes

Et chutes à point !

J.A. JANCE : Point de chutes

Si vous êtes un fidèle visiteur de ce blog, et plus particulièrement de ma rétrospective Série Noire, point n'est besoin de présenter J.P. Beaumont, inspecteur de la police de Seattle, qui exerce ce métier non pas pour l'appât du gain mais par vocation, presque par amour.

Détaché comme conseiller auprès du réalisateur de cinéma Sam Ciné Goldfarb, il doit veiller à une bonne image de marque de la police, à ce que les faits et gestes des policiers ne soient pas dénaturés dans le film. En un mot, qu'on ne les prenne pas pour des guignols.

C'est difficile avec quelqu'un comme Sam Ciné Goldfarb, un réalisateur imbu de sa petite personne et qui se préoccupe plus de sensationnel que de véracité.

En tout cas le cadavre qui flotte entre deux eaux dans le port de Seattle, au moment d'effectuer une prise de vue, est bien réel celui-là. Et parce qu'il a un accrochage avec l'un de ses jeunes collègues de la Criminelle, qui fait des pieds et des mains pour se mettre en valeur, J.P. Beaumont décide d'enquêter en parallèle.

Une enquête qui le conduira à côtoyer des monteurs en charpente métallique. Des monteurs qui savent descendre en chute libre du 43è étage, et cela sans filet. Par exemple Angie Dixon. Mais est-ce bien un accident ?

Dans cette cinquième aventure, Beaumont prend un peu plus d'étoffe, est toujours fâché avec le matériel téléphonique moderne, branle souvent du chef mais est toujours aussi efficace et éminemment sympathique.

 

Si J.A. Jance n'innove pas beaucoup, elle construit des romans solides, agréables à lire, et c'est le principal, pour ne pas dire l'essentiel.

 

Il y a une chose sur les hôpitaux que je ne suis jamais arrivé à comprendre : si les malades sont censément là pour se reposer et reprendre des forces, comment se fait-il que les infirmières les réveillent à l'aube, les nourrissent, prennent leur température puis les abandonnent toute la journée à ne rien faire?

 

Bonne question, n'est-ce pas ?

J.A. JANCE : Point de chutes (A more perfect union - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2196. Parution août 1989. 288 pages. 7,80€.

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:29
Jack BARNAO : Adios pesetas !

Viva el dollars !

Jack BARNAO : Adios pesetas !

John Locke, ancien du SAS britannique, s'est reconverti comme garde du corps privé à Toronto.

Souvent ce sont les vedettes du spectacle qui font appel à lui, mis lorsque Martin Cahill de la Police Montée canadienne requiert son concours, il ne peut le lui refuser.

Il doit convoyer un trafiquant de drogue du Canada au Mexique et retour. Greg Amadeo, c'est le nom du délinquant, avant de cracher le morceau, désire passer une semaine au Mexique et remettre l'argent qu'il possède à sa femme.

Un véritable marchandage.

Un convoyage que seule une personne étrangère à la police peut se permettre d'entreprendre, et John Locke doit non seulement veiller à la sécurité d'Amadeo mais également ramener celui-ci sain et sauf au Canada.

 

Ce roman serait intéressant si, ne cédant à la mode actuelle, l'auteur ne s'emberlificotait dans des longueurs, des considérations sans fin. Ce qui nuit à la rapidité et la vivacité du récit.

Si longtemps les puristes ont vilipendé les traducteurs pour les coupes sombres effectuées dans le romans noir américains, il me semble que l'excès contraire n'est as toujours en faveur du lecteur qui recherche n livre d'aventures vivant et non un salmigondis de descriptions oiseuses.

Dommage car le roman démarrait bien, avec même une certaine dose d'humour qui s'est perdue en cours de route.

 

Curiosité :

Jack Barnao est le pseudonyme de Ted Wood, romancier anglais ayant fait carrière au Canada. Sous son véritable patronyme ont été publiés quatre autres romans à la Série Noire dont La brigade du diable (SN N°2165) et Mercenaire à tout faire (SN N°2226).

Jack BARNAO : Adios pesetas ! (Lockestep - 1987. Traduction de Paul Kinnet). Série Noire N°2194. Parution août 1989. 320 pages. 7,80€.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 12:02
Karim MADANI : Le jour du fléau.

Un jour tu verras

On se rencontrera

Quelque part, n'importe où

Guidés par le hasard...

Karim MADANI : Le jour du fléau.

Après avoir bourlingué de longues années à la brigade des stups, Paco Rivera est muté à la brigade des mineurs. Et il est aussitôt plongé dans le bain avec sur les bras une gamine qui a subi des violences sexuelles de la part de son beau-père. Et Paco, pourtant habitué aux dérives quotidiennes d’une certaine frange de la société, n’accepte pas le sort réservé à ces adolescentes maltraitées par de pseudos parents.

Paco vit avec un fantôme qu’il croit retrouver un peu partout lors de ses déplacements. Katia, qui fut son informatrice lorsqu’il travaillait aux Stups, est morte, violentée et torturée. Il possède même une cassette de ses derniers moments. Il forme équipe avec Gina, une fille des îles qui n’a pas sa langue dans sa poche. Surtout lorsqu’elle s’aperçoit que son interlocuteur, quel qu’il soit, la regarde au dessous de sa ligne de flottaison. Faut dire que sa volumineuse poitrine attire inconsciemment les regards. Entre Paco et Gina se tisse une relation basée sur la sympathie, une onde qui flotte peut-être parce qu’ils ressentent le même écœurement vis-à-vis des violeurs et autres kidnappeurs d’ados.

Une affaire chasse l’autre. Des parents séparés s’inquiètent de la disparition de leur fille Pauline. C’est surtout la mère, vétérinaire, qui est inquiète. Le père, dentiste, lui est absent. Pauline, seize ans, fréquentait une copine de classe, ce que désapprouvait sa mère, en vain. Pauline avait commencé par fumer des cigarettes, puis à boire de la bière, des alcools forts. L’engrenage était lancé et le cannabis s’était invité. Trois jours que Pauline a disparu, et la mère signale seulement ce qui peut être une fugue, voire un enlèvement. Tout est possible.

Alors direction quartier d’HLM blêmes à la rencontre de Sabrina, la copine qui elle-même renvoie les deux policiers vers une autre gamine, Julie. Une tireuse. Une gamine qui soustrait avec habileté le portefeuille de touristes peu méfiants. Paco et Gina parviennent à tirer les vers du nez de Julie. Les deux gamines étaient encore ensemble la veille, puis dans un bar un homme les avait abordées. Julie avait refusé mais Pauline l’a suivi. Il s’était présenté comme photographe.

Gina propose à Paco de participer à une petite fête qu’elle organise chez elle. Il est prévenu, il n’y aura rien entre eux, elle est lesbienne et vit avec sa copine. C’est alors qu’ils sont dérangés par un appel téléphonique leur apprenant que Julie a été retrouvée le visage, le cou et une grande partie du corps parsemé de brûlures de cigarette. Mutique depuis, elle a toutefois déliré et l’infirmière a recueilli des mots, des bribes de phrases, un nom. Le Photographe. Le Photographe du Vatican. Ce nom dit quelque chose à Paco qui s’empresse d’interroger un camé de sa connaissance. Peu à peu le chemin est balisé, presque, mais faut le remonter, et bien des obstacles se présentent devant Paco et Gina. Et des flics, hargneux, de la Brigade criminelle s’imposent pour accompagner Paco et Gina dans leurs tribulations.

Paco, ancien alcoolique qui n’a pas vraiment décroché, engloutit des bouteilles de sirop à la codéine contre la toux, breuvage parfois agrémenté de bourbon. Il suit, par obligation, des séances de thérapie auprès d’une psychiatre. Mais il est obnubilé par la mort de Katia dans des conditions atroces. Et il essaie de chasser cette image obsédante, à moins qu’au contraire cela le plonge encore plus dans la déprime, en écoutant en boucle des CD de Béla Bartók.

 

Arkestra. Ville imaginaire qui pourrait être Paris et ses nombreux quartiers pauvres, qui ressemblent à un vaste marécage dans lequel s’ébattent des prédateurs et des personnages englués dans un quotidien peuplé de démons. Des quartiers riches mais encore plus de quartiers pauvres, délabrés. Qui répondent aux noms comme Trope Terminal, Calliope, des stations de métro dénommées Christ Eternel, Templiers.

Si l’on peut penser à l’apport d’Ed McBain dans la mise en place du décor d’une ville imaginaire, je crois qu’il faut plutôt se référer à Iceberg Slim (auteur évoqué par Karim Madani), Clarence Cooper et à Donald Goines pour l’atmosphère qui règne dans ce roman et à David Goodis pour la descente aux enfers entreprise par ses héros et le désespoir qui s’en dégage. A rapprocher aussi de Marc Villard pour son regard sur la ville, sur ses paumés, ses drogués. Un roman glauque mais fascinant.

Karim MADANI : Le jour du fléau. Série Noire, Gallimard. Parution novembre 2011. 304 pages. 14,10€.

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:40
Histoires à mourir debout. Présentées par Jon L. Breen et John Ball.

Dans l'esprit d'Alfred Hitchcock mais pas dans la forme...

Histoires à mourir debout. Présentées par Jon L. Breen et John Ball.

Histoires présentées par... Il eut mieux valu écrire Non présentées par... car en guise de présentation, nib de nib. Choisies par... est le mot qui convient le mieux.

Heureusement pour les vieux routiers de la littérature policière, certains noms sont familiers. Certains, mais pas tous. Alors une fois de plus, j'enfourche mon cheval de bataille, je me répète, et déplore qu'une courte biographie des auteurs ne soit pas en complément des nouvelles de ce recueil, avec un appareil critique de présentation ou de choix des textes.

Quoiqu'il en soit, j'ai pris plaisir à lire des histoires inédites de grand messieurs de la littérature noire américaine, dont les noms sont :

William Campbell Gault, Michael Collins, Robert Bloch, Brian Garfield, Howard Browne, Dan J. Marlowe ou encore Gary Brandner...

Un heureux mélange de textes anciens et modernes, par des auteurs qui ont largement contribué pour certains au succès de la Série Noire, et que les jeunes ou nouveaux lecteurs de cette vénérable collection découvriront avec intérêt.

Il est dommage, par exemple, qu'un auteur comme William Campbell Gault soit quelque peu oublié alors qu'il fut l'un des représentants les plus marquants de la Hard Boiled Scool.

Difficile de faire une sélection parmi toutes les nouvelles proposées, mais j'avoue avoir un faible pour La Dernière représentation de Robert Bloch.

Disons qu'en un heureux mélange toutes les facettes ou presque de a littérature noire sont représentées, du noir très noir, à l'humour morbide en passant pas la Detective Story.

 

Richard Levinson & William Link : Jeu d'enfant (Child's play - 1958).

Elizabeth McCoy : Henry et Madame Huit (Henry's Eight - 1977).

Howard Browne : Visite à domicile (House call - 1956).

Dan J. Marlowe : C'est du joli ! (By Mean's Unlovely - 1985).

Maxine O'Callaghan : La charmante vieille dame assise dans le parc (The Sweet Old Lady Who Sits in the park - 1987).

Brian Garfield : La trève (King's X - 1987).

Nan Hamilton : Faits l'un pour l'autre (Made for Each Other - 1987).

Rayond Obstfeld ; Il y a quelqu'un dans la cuisine avec Dinah (Someone's in the Kitchen with Dinah - 1981).

John Ball : Bonsoir, Monsieur Tibbs (Good Evening, Mr Tibbs - 1987).

Robert Bloch : La Dernière Représentation (Final Performance - 1960).

Michael Collins : Meurtre d'une nuit d'été (Hot Night Homocide - 1968).

William F. Nolan : Un type vraiment sympa (A Real Nice Guy - 1980).

William Campbell Gault : Quatre chute (And murder Makes Four ! - 1951).

Gary Brandner : Les Chasseurs de pigeon (The Pigeon Hunters - 1974).

 

Histoires à mourir debout. Présentées par Jon L. Breen et John Ball. (Murder, California Styles - 1987. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire N°2177. Parution avril 1989. 288 pages. 7,10€.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 08:53
Terry STEWART : Pas de vieux os.

Pas même pour jouer aux os...laids ?

Terry STEWART : Pas de vieux os.

Quinze jours de retard sur un rendez-vous, et c'est la pagaille.

Shean Kearny devait rencontrer son ami Paulton Smett près de Los Angeles. Seulement, parti de New-York, il a dû s'arrêter à Des Moines, Iowa, pour régler quelques affaires, et comme il ne voyage qu'en train, son estomac ne supportant l'altitude, il apprend à son arrivée que Smett est décédé huit jours auparavant d'un accident de voiture.

Kearny avait sorti cinquante mille dollars de ses économies afin d'aider son ami, qui l'avait sorti du pétrin quelques années auparavant, à monter une boite de danse et de jeux. Ce n'était pas à fonds perdus car tous les deux mois il recevait deux mille cinq cents dollars de dividende. Il se rend au Paradise, la boite dont il est actionnaire et est légèrement étonné de ne pas connaitre le personnel en place. Il entre dans le bureau de Smett mais celui-ci est occupé par le nouveau directeur, Ole Bagley. Celui-ci refuse de rembourser Kearny, arguant que si contrat il y avait, celui-ci est devenu caduc. Quant à Gert Ames, le secrétaire de Smett, il a disparu.

Kearny fait un petit tour en salle et il danse avec une entraineuse, puis la reconnait. Il a eu une petite aventure avec elle l'année précédente. Elle se nomme Ry Allison et il semble bien qu'il ne lui est pas indifférent. Leur aparté est interrompu par les gardes du corps de Bagley, mais Kearny les met rapidement hors de combat. C'est un ancien boxeur qui a dû raccrocher les gants ayant pulvérisé dans ses premiers combats deux adversaires, les envoyant à la morgue.

Le lendemain il est réveillé par des coups frappés à sa chambre d'hôtel. L'inspecteur Frost, accompagné du sergent Ruhle, lui demande ce qu'il est venu faire à Las Arenas et Santa Lucia, et surtout de rester tranquille. Sans aucun doute ils sont au courant de l'incident de la veille. Ce genre d'intimidation ne plait guère à Kearny qui va fouiner du côté de la jeune femme de Smett, chez elle. Fan n'est guère farouche et avoue avoir épousé Smett, depuis peu, sans vraiment l'aimer. Il rencontre également Pola Ames, la femme alcoolique de Gert, puis retrouve à nouveau Ry. Il étudie l'endroit où la voiture de Smett a basculé dans la mer, encastrée entre des rochers, à quelques mètres de profondeur.

Seulement il existe de nombreuses divergences entre les déclarations des uns et des autres, particulièrement concernant la mort de Smett. Et comme Kearny ne se laisse pas influencer, il se rend au cimetière où repose Smett. Il s'introduit dans le caveau, et constate que le cercueil ne contient que des sacs de sable. De même, il plonge en compagnie de Ry afin d'examiner la voiture de Smett pour constater que s'il y a un corps dans le véhicule, c'est celui de Gert Ames. Et ce n'est pas le chèque de cinquante mille dollars que lui remet Bagley pour solde de tout compte, qui va infléchir la décision de Kearney, découvrir ce qu'il s'est réellement passé. Quant au manège de Fan et de Ry à son encontre, il se dit qu'il ne tourne pas rond.

 

Plus connu sous l'alias littéraire de Serge Laforest, Terry Stewart, de son véritable patronyme Serge Arcouet, fut le premier auteur français à écrire pour la Série Noire avec L'Ange et la Mort, Série Noire N°18.

Pas de vieux os est une véritable réussite, le lecteur, ne connaissant pas l'identité réelle de l'auteur et sa nationalité, pense vraiment qu'il s'agit d'un véritable roman américain, dans l'esprit et dans la forme. Le lieu, le thème même du boxeur qui veut enquêter sur la disparition d'un ami, la personnalité ambivalente des différents personnages féminins, le rôle ambigu des policiers, tout concourt à donner l'impression d'une traduction. Ce roman n'est pas affligé des rides de la vieillesse, ou alors elles sont imperceptibles.

Enfin, à part une deux expressions par ci par là, Terry Stewart n'emploie pas l'argot comme le firent des auteurs tels qu'Auguste Le Breton, Albert Simonin ou encore Ange Bastiani.

 

Ce roman a fait l'objet d'une adaptation télévisée en 1985 par Gérard Mordillat avec dans les rôles principaux Elisabeth Bourgine, Sabine Haudepin, Yves Robert et Gérard Blain.

 

Sa robe rouge moulait un buste affligé de deux œufs sur le plat et, rien qu'à voir la forme de ses maigres cuisses, je devinai que j'aurais glisser mon pied entre les deux sans y toucher. La môme avait dû commencer à marcher trop tôt, à moins qu'elle n'eut fait du bourrin dès l'âge de sa première bouillie.

Réimpression avril 1985. 192 pages. 4,00€.

Réimpression avril 1985. 192 pages. 4,00€.

Terry STEWART : Pas de vieux os. Série Noire N°162. Parution mai 1953. 190 pages.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 13:58
Lawrence BLOCK : Le monte-en-l'air dans le placard

Pas pire que sous le lit...

Lawrence BLOCK : Le monte-en-l'air dans le placard

Bernie, qu'est-ce que vous diriez de vous faire vraiment un joli paquet ? Je suppose que les cambrioleurs ont chacun leur spécialité mais il ne doit pas y en avoir un seul qui n'aime pas voler des bijoux.

Cette réflexion émanant de Craig Sheldrake, son dentiste, alors que Bernie Rhodenbarr est en train de procéder à la révision systématique de son matériel de mastication, est une demande déguisée. Craig et sa femme Crystal, qui sont en instance de divorce, vivent séparément. Or Craig, qui n'a pas déclaré toutes ses interventions dentaires, a placé son argent dans des bijoux, bijoux qui sont en possession de Crystal. Et il aimerait pouvoir les récupérer.

Bernie accepte de dérober les fameux joyaux de Crystal, pendant une absence de celle-ci, sachant qu'il en récupérera une grosse partie. Crystal habite une résidence huppée, et il est facile pour Bernie de s'introduire dans l'appartement de Crystal le jeudi, et non le samedi comme il l'avait laissé entendre à Craig. Il met main basse sur des billets, cachés comme le supposait Craig dans le réfrigérateur, puis sur les bijoux dans la pièce principale de la dame, c'est-à-dire la chambre. Et il range le tout soigneusement, soit dans son portefeuilles, soit dans une mallette qu'il a emprunté à un étourdi. Enfin, quand je dis emprunté...

La mauvaise surprise est le retour inopinée de Crystal, qui plus est en compagnie. Bernie a juste le temps de se cacher dans un placard à vêtements, avant l'entrée du couple dans la chambre. Comme Bernie, nous passerons rapidement sur ce qu'il se déroule, pendant exactement vingt-trois minutes. Le partenaire reparti chez lui, Crystal décide de prendre une douche afin de nettoyer la patine de l'amour, et prenant une sortie de bain dans le placard, enferme à clé notre pauvre cambrioleur. Ce ne sont pas les quelques manipulations à effectuer pour se dégager de cet endroit exigu qui gênent Bernie, mais bien le fait que la sonnette retentit, que Crystal ouvre la porte d'entrée, puis qu'il entend des cris, un hurlement, et découvre, enfin libéré, la jeune femme sur son lit, le cœur transpercé par un objet pointu. Le pis n'est pas que Crystal soit morte, mais que la mallette ait disparu.

 

Par Jillian, l'assistante de Craig, Bernie apprend que celui-ci a été inculpé, les soupçons de meurtre se focalisant sur lui. Jillian est très proche de Craig, et elle sait que Bernie devait visiter l'appartement de Crystal. C'est le moment choisi par deux policiers, qui ressemblent à Laurel et Hardy mâtinés de Starsky et Hutch, en charge de l'enquête sur le meurtre, de se présenter. Ils possèdent soi-disant l'arme du crime, un scalpel dentaire, mais en réalité, ils en ont acheté un en cours de route, là où tous les dentistes s'approvisionnent pour ce genre d'appareils. Le véritable est en lieu sûr.

Mais Bernie est bien obligé de se présenter, et de déclarer qu'il rendait une petite visite à son amie. Rhodenbarr, un nom qui éveille quelques souvenirs dans l'esprit de Todras et Nyswander, les duettistes de la criminelle. Bernie n'a pas beaucoup de marge de manœuvre pour essayer de découvrir qui est le véritable assassin, afin non seulement de disculper Craig mais également pour se disculper lui-même car il sent que les soupçons vont bientôt se focaliser sur lui. Et bien évidemment il souhaite retrouver la mallette contenant les bijoux qu'il a dérobé !

Bernie commence à rechercher les personnes ayant pu avoir un contact avec Crystal, et ce sera au détriment de sa santé car il est obligé d'écumer les bars et de consommer, notamment lorsqu'il rencontre Frankie une jeune femme qui aime la bouteille. Toutefois les renseignements qu'il récolte ne sont pas vains, et cela le mène vers des individus mariés, ou pas, potentiellement amants de Crystal, et qui sont soit avocat, soit artiste peintre ou autre.

L'épine dans le pied de Bernie se concrétise sous la forme de Ray, policier miteux, fauché, pas subtil comme il aime à l'avouer et qui marche à l'évidence. Et pour lui l'évidence réside en le fait que Bernie est le voleur de bijoux, et il aimerait bien palper quelques gros billets en échange de sa neutralité.

 

Sur le thème classique de l'accusé qui doit se débrouiller pour établir son innocence, Lawrence Block déroule une histoire à la trame simple mais efficace, en remontant les pistes de personnages qui souvent sortent de l'ordinaire, de par leurs faits et gestes.

Bernie Rhodenbarr, le cambrioleur malchanceux, narre à la première personne cette aventure dans laquelle l'humour est toujours présent. Humour de situation, humour des dialogues, humour des réflexions qu'il se fait, le tout enrobé de noir.

Le réfrigérateur est toujours intéressant. Un nombre surprenant de gens rangent leur argent dans la cuisine et beaucoup le cachent dans le frigo. Pour avoir de l'argent frais, je suppose.

Lawrence BLOCK : Le monte-en-l'air dans le placard (The Burglar in the Closet - 1978.Traduction de France-Marie Watkins). Super Noire N°130. Parution mars 1979. 256 pages. 2,80€.

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 11:28
Max Allan COLLINS : La Mafia ne passera pas

Et Daesh non plus !

Max Allan COLLINS : La Mafia ne passera pas

A 34 ans, Eliot Ness est le tout jeune directeur de la Sécurité publique de Cleveland.

Il doit intervenir pour éviter les troubles lorsque mille cinq cents personnes, ouvriers et leur famille, manifestent dans la rue. Mais la grève des employés de la sidérurgie et les débordements qui s’ensuivent ne sont que péripéties dans la ville.

Deux pontes du patronat, James MacFate, dit Little Jim, et James Caldwell, également secrétaire général du syndicat des vitriers (!), surnommé Big Jim, rackettent la ville, étranglant son économie, imposant aux commerçants leurs employés, prélevant une dîme sur les travaux et infligeant aux récalcitrants un saccage en règle de leur magasin.

Ness décide de s’attaquer à la tête. Il demande à Whitehall, nouveau président des syndicats, au nom de leur vieille camaraderie — ils ont travaillé ensemble quinze ans plus tôt en usine à Chicago — de l’aider. Malgré sa répugnance d’aider les cops, Whitehall accepte et apprend à Ness l’existence d’une liste recensant les victimes ou futures victimes de bris de glace par lesquels les deux « Jim » exercent une part de leurs rackets. Cette « liste noire », Ness veut la récupérer pour recruter des témoins à charge contre les « Jim ».

Parmi les coups tordus, la veille de son ouverture, le restaurant de Gordon se retrouve en ruines. Alors Ness fait pression sur lui afin qu’il témoigne contre les deux escrocs. Ces deux là contre-attaquent en organisant une parade dans les rues de Cleveland. Mais Ness les fait appréhender et les enferme dans une cellule en compagnie d’une cinquantaine de clochards. Jack Whitehall dérobe, en compagnie de Sam Wild, le journaliste, la fameuse « liste noire » dans les bureaux du syndicat. Ness convoque alors les anciennes et futures victimes des deux racketteurs et les exhorte, vainement, à déposer plainte.

Quand Whitehall est abattu chez lui, Ness se sent responsable de cette mort. Le syndicaliste laisse derrière lui une veuve et deux jeunes orphelines. Mais ce n’est point tant pour son coup d’éclat en volant la fameuse liste qu’il a été assassiné que parce qu’il devenait gênant à tous points de vue…

Ness effectue un rapprochement entre cet assassinat, l’attentat contre le restaurant de Gordon et une sorte de démonstration de force par Gibson, alors qu’il était encore grand patron des Halles, envers un fermier récalcitrant. En comparant les différentes douilles, il pense pouvoir inculper Gibson.

Le temps passe.

 

La lecture de ce roman peut s’effectuer à deux niveaux.

Soit on le considère comme un polar et on s’amuse à la narration de la traque des deux truands par Eliot Ness, de ces racketteurs qui, sous le couvert d’un syndicat, extorquent de l’argent aux commerçants. Certaines scènes s’avèrent franchement grand-guignolesques et font irrésistiblement penser aux feuilletons populaires et à l’adaptation cinématographique de Dick Tracy. D’ailleurs ce roman est dédié à John Locher, ami et collaborateur de Max Allan Collins pour la BD Dick Tracy. Et on retrouve en fin de volume Nate Heller, le héros de la série Faisans et Malfaisants.

Soit on prend du recul avec l’intrigue en s’attachant plus particulièrement aux personnages et on découvre que l’on est en train de lire un livre social. Ness désire rester neutre mais ses sympathies vont au monde ouvrier malgré sa propension à graviter dans le monde huppé de Cleveland, une exigence de sa condition d’homme public en vue de la cité, chargé de la Sécurité. Les différents entretiens qu’il peut avoir avec George Owens et Whitehall, responsables intègres de syndicats, mais parfois brutaux dans leur démonstration et dans leurs actes, sont assez édifiants.

A l’écriture d’un agréable polar s’imbrique une étude sociale de mœurs et ce roman se veut reflet d’une société en pleine crise industrielle après la prohibition et le crack financier et à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, l’histoire se déroulant de juillet 37 à mars 38.

 

Max Allan COLLINS : La Mafia ne passera pas (Bullet proof - 1989. Traduction de Noël Chasseriau). Série Noire N°2227. Parution avril 1990. 288 pages.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 10:21

Fantasia au pays des mogettes...

Jacques SYREIGEOL : Miracle en Vendée.

En cette fin du mois d'août 1989, il fait chaud, très chaud.

Les mares sont desséchées, dans les prés l'herbe ressemble à de la paille, quant aux tournesols et aux maïs, pas de quoi faire son beure à défaut d'huile.

De quoi remuer les souvenirs algériens de Victor Soulard et faire remonter à la surface ses obsessions.

Par exemple le cou gracile et tendre des jeunes filles.

Deux événements qui ne possèdent aucun lien apparent, quoiqu'une légère superstition laisse supposer que l'un découle de l'autre, deux événements vont le faire sortir de sa torpeur, de sa léthargie de célibataire endurci qui vit avec papa et maman à la ferme familiale.

La Germaine, sa marraine et cousine de sa mère, décède, tandis qu'en face de chez eux s'installe la Lucienne. On peut dire qu'elle en a fait des ravages celle-là. Par sa faute, son mari a tué et depuis croupit en prison. Et elle a tant et si bien tourné la tête des mâles qu'elle a eu un fils, demi-frère de Victor.

Ramassant sa haine et ses souvenirs, Victor sent monter en lui comme une sourde colère, d'autant que son père, dérogeant à ses habitudes, va fournir de l'eau à son accorte voisine et pourquoi pas, renouer une ancienne liaison.

Victor ne s'est jamais complètement remis de sa guerre d'Algérie, de son passage à l'hôpital psychiatrique de Rennes. Ça fermente dans son crâne. Il vit, ou plutôt vivote, comme dédoublé. Ses souvenirs lui collent à la peau; ses expériences malheureuses avec les femmes, il les traîne comme des boulets mais aussi des envies. Jusqu'au jour où dans un accès de folie, il va se laver de ses inhibitions.

 

Miracle en Vendée est un roman dur, paysan, situé entre Le petit arpent du Bon Dieu de Caldwell et Une souris et des hommes de Steinbeck saupoudré de Goupi-Mains rouges de Véry et de La terre de Zola. Le sud des Etats-Unis transposé en Vendée.

Le soleil, la sécheresse, la fausse simplicité des villageois, leur rouerie, leur propension à s'esbaudir, à l'amusement juvénile des phénomènes scatologiques, peut-être dans le but de conjurer un mauvais sort, la proximité d'une femme honnie et arrogante, et surtout ce ressassement infernal des réminiscences, comme des incrustations dans le cerveau de Victor, tout accélère les processus de fêlure, de déchirure et de colère.

Troisième et malheureusement dernier roman de Jacques Syreigeol, Miracle en Vendée s'inscrit comme le troisième volet d'un triptyque entamé avec Vendetta en Vendée et continué avec Une mort dans le Djebel.

 

Lucienne est à l'origine de la déchéance de Marc Martin et la mère du demi-frère de Victor, quant à celui-ci, il apparait dans les dernières pages d'Une mort dans le Djebel. Mais chaque histoire est indépendante et Jacques Syreigeol en reprenant l'un des personnages de son dernier roman aurait pu en écrire un autre, construisant alors une saga à la Zola. A chaque fois l'atmosphère est différente, le style de narration aussi, et pourtant il existe un fil conducteur. Mais Jacques Syreigeol est décédé le 25 mars 1992, à la Roche-sur-Yon.

Réédition collection Folio N°2642. Parution octobre 1994. 192 pages. 6,40€.

Réédition collection Folio N°2642. Parution octobre 1994. 192 pages. 6,40€.

Jacques SYREIGEOL : Miracle en Vendée. Série Noire N°2260. Parution mars 1991. 192 pages.

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