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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 04:54

Un calendrier de l’Avent concocté par Miss Ska avec 25 papillotes à déguster !

COLLECTIF : L’année en pente raide.

Les nouvelles proposées dans ce nouveau recueil sont à savourer comme ces friandises que l’on dépiaute avec fébrilité et gourmandise, dans un joyeux désordre.

Mais ces petites gourmandises ne possèdent pas toutes le même goût. L’emballage ôté, elles pétillent, picotent sur les papilles, exhalant une perception de douceur ou au contraire d’amertume. La fraîcheur se mêle parfois à une sensation de fabrication déjà ancienne mais à laquelle un enrobage aurait été ajouté, afin de la rendre plus comestible en adéquation avec l’ensemble.

Elles ne possèdent pas la même couleur non plus. Le noir de la réglisse, le rose des marshmallows, le vert des bonbons mentholés, le bleu des dragées, le rouge des fraises tsoin-tsoin, sans oublier les bariolées.

Et comme pour les confiseries en général, si j’ai apprécié et dégusté avec plaisir certains de ces contes, d’autres m’ont laissé totalement indifférent. Mais comme il serait de mauvais goût de citer mes préférences, je m’abstiendrai également de nommer celles qui m’ont laissé sur ma faim. Loin de moi la prétention de dire ceci est bon, ceci est mauvais, chacun de nous possédant nos propres goûts. Donc pas d’avis laudateurs, et encore moins de mise à l’écart. Certains se complaisent à le faire, je laisse ce soin à des personnes qui se haussent du col, pensant que seul leur avis compte et qu’ils sont infaillibles.

Donc, pour une fois, pas de notices sur certaines de ces nouvelles, d’abord pour la simple et bonne raison que la présentation des vingt-cinq textes serait peut-être indigeste, et ensuite parce que je ne veux pas peiner ceux qui ne seraient pas sélectionnés.

Je vous propose donc un sommaire dans lequel vous retrouverez quelques confiseurs et chocolatiers que vous affectionnez, et vous découvrirez certainement de nouveaux talents.

Et puis, à quoi bon gloser plus longtemps, place à la lecture de ce recueil dont le titre m’a fait penser à Pierre Pelot avec son roman L’été en pente douce.

Juste une dernière petite remarque : Miss Ska vous a gâté pour Noël, car si l’on calcule bien, cela ne fait que 4 centimes la friandise. Pourquoi se gêner et se priver !

 

Sommaire :

Avant-propos de Miss Ska

ALFREDO Luis : Saint Sylvestre

BOUCAULT Marie-Claude : Masque en rade

BOUQUIN Jérémy : Sous le sapin

COULOMB Patrick : La légende des Hope People

DEBLAISE Philippe : Lie to me

DEMETZ Jean-Marc : Pères Noël

DESAUBRY Jeanne : Jérôme et Juliette

GUILHOT Brigitte : Histoire de croyance

LACROIX Marie : Après lui le déluge

LHARSOON Linné : Kali a de quoi faire

MADAMOUR Baptiste : Tu es le delta

MEMBRIBE Franck : Le sel de la mère morte

OBIONE Max : La ballade de Pango

PAQUET Régine : Un temps sens dessus dessous

PETROSKY Stanislas : Tu peux pas comprendre

PICQ Claude : Success Story

SADAUNE Roland : La vie en raccourci

SBRAGIA Vincent : Et maintenant ?

Mme SOLANGE : Les mots bleus

STUART Camille : #pas le bon

TOSCA Aline : Adapter sa jouissance selon les circonstances

TRIGODET Frédérique : Marcher, recommencer

VIDAL Gilles : C'est pas ça, la vraie life !

YUNG Eric : Promenade pour un fou

ZAMPONI Francis : Le grand-père Noël

 

COLLECTIF : L’année en pente raide. Nouvelles du bout de l’an 2020. Collection Noire sœur et Culissime. Editions Ska. Parution 24 novembre 2020. 131 pages. 0,99€.

ISBN : 9791023408430

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 05:08

C'est l'amour qui flotte dans l'air à la ronde
C'est l'amour qui console le pauvre monde
C'est l'amour qui rend chaque jour la gaîté
C'est l'amour qui nous rendra la liberté !...

 

Marguerite de NAVARRE : Trois Contes.

Il était une fois, en le duché de Bourgogne, un gentilhomme si beau qu'il en avait fait tourner la tête à la Duchesse malgré qu'elle fut mariée. Mais le gentilhomme, beau et honnête récusa toutes les avances dont voulait l'honorer la Duchesse. Celle-ci fort marrie n'eut de cesse de connaître les raisons qui éloignaient le gentilhomme de ses avances.

Le fidèle serviteur aimait et était aimé de la propre nièce du Duc, la belle Madame du Vergy qui lui rendait de plaisante manière son affection. Les deux amants se voyaient en cachette mais la Duchesse jalouse et ulcérée fit tant et si bien auprès de son époux que celui-ci demanda au gentilhomme quel était son secret.

Le gentilhomme ne pouvant refuser au Duc son maître de dévoiler son secret se confia à celui-ci. Hélas un secret n'est jamais bien gardé une fois dévoilé même au plus sérieux des confidents. Et s'est ainsi que Madame du Vergy meurt, affligée en son sein de la trahison de son amant. Le gentilhomme ne voulut point en rester là et se passa l'épée en travers du cœur.

 

Ce conte qui est la Nouvelle X, est extrait du recueil sobrement intitulé Trois contes lui même extrait de l'Heptaméron, dû à la plume de Marguerite de Navarre et publié après sa mort en 1558. Les deux autres contes portent la numérotation XXI et LXX.

Trois contes qui parlent d'amour, mais surtout de la difficulté d'aimer en toute simplicité. Les préjugés tenaces - caste, rang social, richesse de l'un et pauvreté relative de l'autre - étaient érigés en dogme et les amants ne pouvaient se voir et se rencontrer qu'au prix de mille ruses.

Mais existaient aussi les fourbes qui par intérêt déclaraient leur flamme et ne voyant aboutir leurs efforts se retournaient vers de plus faciles conquêtes. Ces histoires datent de quatre ou cinq siècles mais cela a-t-il vraiment changé, et certains mariages ne sont-ils pas de nos jours arrangés à la satisfaction de familles au détriment des sentiments ?

La préface (page 7 à page 25) est signée Françoise Joukovsky et est suivie d’une bibliographie, d’une chronologie, tandis qu’en fin de volume un lexique est proposé à toutes fins utiles.

 

Marguerite de NAVARRE : Trois Contes. Collection La Petite Vermillon N°34. Editions de La Table Ronde. Parution le 3 novembre 1994. 144 pages. 5,90€

ISBN : 9782710306382

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 05:06

Et le démon dans la maison ?

Daniel PASQUEREAU : Il y a un ange dans le garage.

Quand la banalité du quotidien s’infléchit, les personnages ordinaires vivent des tranches de vie souvent implantées dans leur mémoire, extrayant la nostalgie confinée en eux.

Souvent des souvenirs enfouis en eux et qui remontent à la surface à cause d’un petit fait, du retour inopiné d’une personne oubliée ou au contraire d’un membre proche de la famille, d’un conflit familial, ou tout simplement parce que nos « héros » se trouvent être les témoins d’un événement tragique.

Dans Comme des bêtes, le professeur Capra, qui vient de transférer un brevet pharmaceutique, le dépouillant du reliquat de ce qui lui restait, retourne chez lui, heureux de retrouver sa femme Barbara. Il voyage en autorail, la Micheline de son enfance, avec cette nostalgie qui sommeille en lui depuis son enfance. Mais, afin de conclure rapidement ce marché de dupes et malgré ses réticences, il a un peu trop bu.

 

Noël n’a pas été prénommé ainsi par hasard puisque justement il est né le jour de Noël. Agacé par la présence de son voisin, Léon Hitchens, un romancier nordique venu s’installer chez eux depuis son veuvage, Noël sent monter en lui la colère, et peut-être une pointe de jalousie. Les sujets de discussions avec sa femme Véronique et son jeune fils Romain se sont effilochés au fil du temps, leurs relations sont quasi inexistantes, et il couche seul dans son bureau depuis un énième algarade. Puis Sabrina s’est greffée dans sa vie, il y pense souvent en buvant plus que de raison moult verres de whisky. Noël de plomb relate la déliquescence d’une famille ordinaire, à cause d’une rencontre inopinée et de souvenirs familiaux issus de l’enfance

 

Paul et Sophie viennent de se marier dans la joie et la bonne humeur et ils partent au petit matin vers Menton, un voyage de noces qui promet. Ils sont jeunes, ils sont beaux, enfin surtout Sophie, et le démon de midi les chatouillant, ils décident de faire une pause câlin dans une clairière. Seulement, ils assistent à l’exécution d’un jeune homme par deux individus accompagnés d’une femme. Ils ne peuvent retenir un cri et ils ont obligés de s’enfuir. Le début d’un Engrenage tragique.

 

Dans Une question de choix, un chat noir perturbe le soir le narrateur. Le matou s’installe sous sa fenêtre et miaule à fendre l’âme. Comme un appel, une invitation à le suivre, auquel le narrateur ne résiste pas. Et c’est comme ça qu’il va faire la connaissance d’Angie.

 

Entre le narrateur et sa femme, la guerre larvée s’est installée peu à peu. Ils se sont mariés vingt-cinq ans auparavant, ce n’était que mamours, appels téléphoniques, mots doux, et puis les sentiments se sont délités. Il est écrivain, vain, et se prend pour Bukowski, surtout par le nombre de verres d’alcool qu’il ingurgite. Mais depuis un certain temps Patricia, sa femme pour l’état-civil mais pas pour les draps, a tendance à sortir avec ses copines, rentrant fort tard dans la nuit. C’est l’Erosion du foie, de la cervelle et du reste.

 

L’homme-grenouille s’installe progressivement dans la tête du narrateur, que son frère aîné Marco appelle constamment Fiston comme s’il voulait le rabaisser. Fiston, après tout pourquoi pas, ce qui importe à David, c’est Louise, une amie d’enfance qu’il a retrouvée par hasard. Et depuis elle vient le rejoindre de temps à autre, délaissant en province son mari.

 

Il y a un ange dans le garage, affirme Zoé à son père Xavier. Il vient d’hériter une confortable somme d’argent de sa mère récemment décédée, et en sortant de l’office notarial il a aperçu à la vitrine d’une agence immobilière la photo d’une ancienne ferme à vendre qui correspond en tous points, ou presque, à la résidence de leur rêve. Yola, sa femme, est tout de suite emballée, par la demeure principale et les dépendances, dont ce fameux garage. Or en visitant le bâtiment, les souvenirs affluent dans la tête de Xavier. Des souvenirs d’enfance, lorsqu’il venait passer ses vacances à la campagne, et des premiers baisers échangés avec Nelly.

 

Pourquoi on aime tant ce qui a disparu, cette phrase qui figure dans le dernier texte pourrait être le mantra qui se répercute dans tous les autres ou presque.

Et le lecteur quelque peu âgé ressentira à leur lecture comme des bouffées de nostalgie, des réminiscences de sa propre enfance, de ce qu’il a vécu peut-être, de ses aspirations, de ses désirs, de ses manques aussi, et de ses histoires d’amour contrariées élevées à un statut d’images iconiques. Tout n’est pas rose, les différents protagonistes, des hommes principalement, seront les victimes d’événements, qui s’imposent à eux ou leur échappent, qui guideront leur choix sur le chemin d’une liberté mortifère. Parfois s’en dégage un petit côté fantastique comme des interférences oniriques qui subliment les textes, leur offrant une nouvelle dimension, et permettant au lecteur de prolonger, s’il le désire, les épilogues.

Daniel Pasquereau est un auteur trop peu prolixe qui mérite d’être lu et connu. Ses nouvelles empruntent à l’amour, mais ne sont pas parfumées à l’eau de rose. Elles dégagent cette odeur d’encens que l’on retrouve lors des enterrements, sans pour autant posséder une connotation religieuse.

 

Sommaire :

Comme des bêtes

Noël de plomb

Engrenage

Une question de choix

Erosion du foie, de la cervelle et du reste

L'homme-grenouille

Il y a un ange dans le garage

 

Vous pouvez éventuellement acheter cet ouvrage directement ici :

Daniel PASQUEREAU : Il y a un ange dans le garage. Collection Texture. Editions Zinédi. Parution 14 novembre 2020. 172 pages. 16,90€. Version numérique : 6,99€.

ISBN : 9782848592176

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 03:57

Ce n’est pas la clé de Sol, alors ?

Sax ROHMER : La clé du temple du ciel.

Le véritable héros, le véritable protagoniste des œuvres de Sax Rohmer, romans et nouvelles, ce n’est pas le diabolique docteur Fu-Manchu, mais bien l’Orient.

Pas seulement la Chine et ses habitants, quoiqu’ils tiennent une place prépondérante, mais également l’Inde ou l’Asie mineure. C’est l’Orient, l’Orient mystérieux transposé, transplanté, réduit telle une maquette dans un quartier londonien, Chinatown, situé entre Limehouse Causeway et Pennyfields.

Un quartier mal famé, aux impasses noyées dans le brouillard, aux ruelles peu sûres, aux bouges enfumés, exhalant une forte odeurs d’épices et d’encens, avec une arrière senteur d’opium ; des façades grises, monotones, des fenêtres aux carreaux sales qui dissimulent des richesses incomparables, anachroniques, dans un décor de misère, de beuveries, de crimes crapuleux et sinistres, avec en bruit de fond la Tamise et ses docks.

L’on pourrait croire que Sax Rohmer a un compte à régler avec les Asiatiques, mais en réalité ce n’est qu’un paravent (chinois). Pour preuve ce dialogue extrait de la première nouvelle de ce recueil, Rhapsodie pour Limehouse.

Parfois dans vos écrits vous avez dit du mal de mes compatriotes. N’est-ce pas la vérité ?

C’est la vérité, répondis-je, mais seulement dans une certaine limite. Peut-être ai-je dépeint sous un jour défavorable certains individus de votre race ; mais jamais le Chinois en général. Il y a des méchants en Chine comme dans tous les pays.

L’exotisme et le mystère ont toujours fasciné et l’aventure est toujours plus belle lorsqu’elle est parée de dorures et de brocards scintillants, dissimulée dans des boîtes ou des cercueils à secrets, parfumée à l’encens et aux extraits de pavots, gardée et défendue par des dragons de jade.

Sans oublier les sectes mystérieuses et leurs mots de passe, leurs rendez-vous énigmatiques.

Composant ce volume, où l’on retrouve les inspecteurs Wessex et Kerry, le détective Paul Harley et le journaliste Malcolm Knox, le narrateur, huit nouvelles aux titres alléchants, dans la tradition des feuilletons et romans populaires. Parmi ces nouvelles deux ont déjà été traduites en France et non pas une seule comme annoncée dans la bibliographie due à Francis Lacassin. Mais tout ceci est détaillé dans le sommaire ci-dessous :

 

Préface par Francis Lacassin.

Rhapsodie pour Limehouse (Limehouse Rapsody – 1939. Traduction Jacques Brécard. Publiée dans Le Saint Détective Magazine n°53 de juillet 1959 sous le titre Un bourreau respectable).

La clé du temple du ciel (The Key of the Temple of Heaven – 1922. Traduction Robert-Pierre Castel)

Le mandarin noir (The Black Madarin – 1922. Traduction de Jacques Brécard. Publiée dans Le Saint Détective Magazine n° 139 de septembre 1966).

La fille de Huang Chow (The daughter of Huang Chow - 1921. Traduction Robert-Pierre Castel).

La natte de Hi Wing Ho (The Pigtail of Hi Wing Ho – 1916. Traduction Robert-Pierre Castel).

La maison de l’idole d’or (The House of the Golden Joss – 1920. Traduction Robert-Pierre Castel).

L’homme au crâne rasé (The Man with the Shaven Skull – 1920. Traduction Robert-Pierre Castel).

Le gosse de Kerry (Kerry’s Kid – 1922. Traduction Robert-Pierre Castel).

Bibliographie par Francis Lacassin avec l’indication des revues et éventuellement des recueils dans lesquels ces nouvelles ont été publiées.

Sax ROHMER : La clé du temple du ciel. Série L’Aventure insensée dirigée par Francis Lacassin N°2067. Edition 10/18. Parution décembre 1989. 320 pages.

ISBN : 9782264013040

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 04:03

Une porte doit être ouverte… ou bleue !

Brigitte GUILHOT : Les portes suivi de Le voyage astral ; dialogue avec mon anesthésiste.

Se retrancher derrière une porte ou, au contraire, l’ouvrir afin de passer de l’ombre à la lumière, ou inversement, c’est ce que l’on fait inconsciemment parfois.

Deux voix s’expriment dans Les Portes, une d’enfant et une d’adulte, mais est-ce la même personne à des âges différents, cela se peut. Car cette nouvelle, tout comme Le voyage astral, est le fruit de réflexions internes, qui s’entremêlent, se poursuivent, vagabondent, mais toujours avec un objectif précis, ou alors il s’agit du regard porté par la narratrice sur les petits faits quotidiens impactant une situation, une façon de procéder, de se mouvoir, de penser sans se raconter à un quelconque interlocuteur pourtant présent et de la part de la gamine ou d’une tierce personne de s’invectiver afin de se motiver.

Alors, s’agit-il de souvenirs de l’auteur, d’introspection, de mélanges de vécus et d’imaginés ? On peut tout envisager, mais il plane sur ces nouvelles comme des instants concrets, des moments d’existence issus du passé.

Et il se dégage de ces nouvelles comme des opportunités d’optimisme, forcées peut-être, mais réelles.

Ainsi dans Le voyage astral, une image se dégage, celle de la narratrice à qui le médecin généraliste prescrit des bas de contention. Elle rêve que ces bas soient améliorés par de la dentelle. Ce n’est pas parce que l’on est malade que l’on ne doit pas se préserver une part de sa féminité.

Derrière les portes, il y a l’amour, les souvenirs, le désir, parfois la rage… Brigitte Guilhot nous livre deux courtes nouvelles qui se complètent dans le même registre, quasi onirique, subtile et poignant en même temps. Avec cette très belle écriture, cette écrivaine possède en plus une voixTelle est la présentation de ces deux textes par l’éditeur et j’aurais pu m’en contenter. Mais il faut toujours que j’ajoute mon grain de sel, au risque de peut-être être confus dans mon propos.

Vous pouvez commander cet ouvrage numérique en vous rendant sur le lien ci-dessous :

Brigitte GUILHOT : Les portes suivi de Le voyage astral ; dialogue avec mon anesthésiste. Collection Mélanges. Editions SKA. Parution 30 septembre 2020. 19 pages. 2,99€.

ISBN : 9791023408331

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 03:20

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre...

Etranges floraisons. Anthologie de Fantastique botanique.

L’Homme a besoin de la nature. La réciproque est-elle vraie ?

La Flore existait avant l’Homme, et malgré tout ce que celui-ci invente pour la « dénaturer », il est probable qu’elle lui survivra.

Mon propos n’est point d’établir une tribune sur la déforestation au Brésil, sur l’emploi de produits phytosanitaires préjudiciables, sur la nouvelle façon de procéder dite permaculture, écologique pour certains, paresseuse pour d’autres, sur les nouvelles pratiques urbaines qui est de laisser pousser dans les rues les herbes dites adventices, et autres recherches de légumes anciens. Non, mon souhait est juste de présenter comme un bouquet de fleurs ces nouvelles dues à des auteurs habitués des éditions Clef d’Argent, mais pas que.

 

Mon amie la rose de Philippe Gontier occupe la première place de ces nouvelles, et elle est peut-être celle que je préfère.

Flore n’aurait jamais dû annoncer à son mari qu’elle désirait divorcer. Résultat il l’a étranglée. Puis il simule un accident de voiture mais enterre le corps de sa femme dans la serre, une roseraie dont elle était fière. Et dont elle pourrait être fière de là-haut car ce sont bien ses fleurs qui dénonceront l’assassin. Naturellement, le titre de ce texte m’a remémoré la chanson de Françoise Hardy.

Pierre Brulhet nous entraîne dans une région de l’Afrique qu’il connait bien pour y avoir vécu. D’où l’origine peut-être de Le Kulu-Néré.

Le jeune Seydou attend son tour devant la case du sorcier, mais il y a tellement de monde qu’il renonce et se promet de revenir le lundi suivant. Au bout de la troisième fois et en se levant de très bonne heure, il peut enfin accéder dans la case du sorcier qui lui annonce qu’il faut être courageux. Et sans prévenir, le sorcier lui coupe une main. Lorsqu’il sort de son évanouissement, Seydou se rend compte qu’il n’a pas mal, et que son poignet cicatrise déjà, une mousse verte au moignon. Et des plaques brunâtres s’étalent sur sa peau.

Dans quelques dizaines d’années, ou quelques siècles, cela dépend des avancées technologiques, peut-être seront nous confrontés aux personnages de Canopée de Patrick Mallet. Terra IV est au bord de l’épuisement, et il faut pour que l’humanité survive découvrir une autre planète. Terra V, une exoplanète habitable, est entièrement recouverte de végétation. Elle accueille déjà quelques nouveaux pionniers mais une navette, qui devait patrouiller dans des endroits encore inexplorés, s’écrase au sol. Les deux survivants cherchent à regagner Ourobor, une cité construite grâce à la déforestation intensive, mais malgré leurs cartes, ils s’aperçoivent que quelque soit le chemin suivi, ils tournent le dos à leur destination, et que des Canopéens poursuivent le même chemin ou les précèdent vers un arbre immense. Naturellement, ceci rappelle la déforestation intensive du Brésil, de l’Indonésie, du Canada, et quelques autres pays, bouleversant la biodiversité au profit d’hommes politiques ou d’industriels qui ne voient pas plus loin que le bout de leur portefeuille.

Confinée dans un abri souterrain, une petite fille se réveille grâce à la lumière artificielle. Son père est sorti la veille mais il n’est pas revenu. Il voulait savoir si la vie au grand air était possible, alors que cela fait si longtemps qu’ils sont tous deux confinés. Alors malgré les objurgations de son père, la gamine monte l’échelle et sort de cet abri. Elle se retrouve dans la cour de leur maison, mais le père n’est nulle part en vue. La bâtisse est en ruine, le vent souffle. Alors la gamine se dirige vers une sorte parc. Tel est le thème de Automne de Jérôme Sorre.

 

Ce ne sont que quelques fleurs, vénéneuses ou non, odoriférantes ou non, que je vous propose, mais sachez que les préoccupations actuelles, les nouvelles façons de procéder, comme étreindre un arbre entre ses bras afin de communier avec la nature par exemple, font partie des sujets d’inquiétude des auteurs et par voie de conséquence de nous-mêmes.

Des nouvelles qui se veulent optimistes mais se révèlent la plupart du temps pessimistes, et abordent aussi bien le roman policier que le fantastique, la science-fiction que l’horreur, et autres thèmes qui servent de support aux préoccupations actuelles.

Ces auteurs là ont la main verte !

 

Sommaire :

GONTIER Philippe : Mon amie la rose. Illustration de Léo et Philippe Gontier.

BRULHET Pierre : Le Kulu-Néré. Illustration de Soxara.

MALTERE Céline : Sexburge. Illustration Audrey Faury

FIEROBE François : Fantaisies botaniques de Mirgance et d'Aiquose. Illustration de Léo Gontier.

SORRE Jérôme : Automne. Illustration de Okiko.

MALLET Patrick : Canopée. Illustration Patrick Mallet.

MOURET Stéphane : La grande offensive du printemps. Illustration Inès Cherraben.

MANTESE Laurent : L'homme qui se prenait pour un arbre. Illustration Ferdinand Springer.

FAVARD Jean-Pierre : Une belle plante. Illustration Inès Cherraben.

Etranges floraisons. Anthologie de Fantastique botanique. Testes réunis par Jean-Pierre Favard, Philippe Gontier et Patrick Mallet. Introduction de Jean-Guillaume Lanuque. Couverture Léo Gontier. Editions de La Clef d’Argent. Parution le 8 septembre 2020. 180 pages. 13,00€.

ISBN : 979-1090662599

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 03:47

Quand André-Paul Duchâteau s’adonnait à la sherlockmania !

André-Paul DUCHÂTEAU : Sherlock Holmes revient.

Surtout connu pour les scénarii de Ricochet, illustrés par son compère Tibet, André-Paul Duchâteau a également écrit de nombreux romans policiers à dominance humoristique.

Dans ce recueil, il s’attaque, gentiment et toujours avec humour, à un monument de la littérature policière en offrant quatre nouvelles, qui ne révolutionnent pas la geste de Sherlock Holmes mais contribuent à magnifier la légende du détective créé par Arthur Conan Doyle.

Quatre nouvelles sans fil conducteur mais dont certains personnages apparaissent et réapparaissent au long des récits, et je ne parle pas bien sûr de Sherlock Holmes et de son inamovible ami, secrétaire, et biographe.

 

Le Noël de Sherlock Holmes :

Une jeune actrice, Janet Fields, se présente le soir de Noël chez Sherlock Holmes. Elle est reçue par Watson qui, coïncidence heureuse, vient de lire un article concernant la pièce de théâtre dans laquelle elle joue.

Mal apparemment d’après un spectateur car elle vient de recevoir un message l’avertissant que son correspondant va la tuer ce 24 décembre, au cours de la représentation. Et c’est signé Jack l’Eventreur.

Alors Sherlock et son ami Watson se rendent au théâtre afin d’assister à la représentation et se présenter dans la loge de la jeune comédienne. Mais c’est le directeur de l’établissement qui est retrouvé assassiné.

 

Défis à Sherlock Holmes :

Raffles, le célèbre aventurier et gentleman cambrioleur, lance deux défis à Sherlock Holmes, lequel accepte galamment et s’en tirera à son avantage. Ce n’est point tant ces deux défis, bien imaginés par André-Paul Duchâteau, qui comptent, quoi que, mais bien ce personnage de Raffles, précurseur d’Arsène Lupin, créé par William Ernest Hornung, lequel n’était autre que le beau-frère d’Artur Conan Doyle. Une affaire de famille.

 

Le meurtre de Diana Bonté :

Trois sœurs, les sœurs Hawkins, se présentent chez Sherlock Holmes, requérant son aide dans une affaire de meurtre programmé. Elles sont toutes trois romancières, écrivant sous le pseudonyme commun de Diana Bonté des romans catalogués comme livres pour dames. Elles ont reçu un de leurs ouvrages avec une croix rouge tracée à côté de leur nom de plume, puis une boîte contenant une veuve noire, cet amical arachnide poilu.

A Sherlock Holmes rien d’impossible, ce qui n’empêche pas une pendaison. Suicide ou meurtre ?

On reconnaîtra aisément dans ce pseudonyme commun (mais pas commun) un clin d’œil appuyé aux sœurs Brontë.

 

Le propriétaire de Chelsea :

Etre un riche industriel, cela n’empêche de mourir d’un accident de la route. Une deux-chevaux, une voiture hippomobile, renverse le richissime Fortescue victime d’un meurtre avéré, le véhicule ayant été volé et retrouvé la nuit suivante. Pour Sherlock Holmes, l’assassin ne peut être que l’un des quatre locataires d’un immeuble dont Fortescue était le propriétaire. Des personnages étant étroite relation avec le défunt.

Le lecteur retrouve, dans cette nouvelle, Janet Fields dont il a fait la connaissance dans Le Noël de Sherlock Holmes ainsi que l’inspecteur Lestrade.

 

Quatre nouvelles empreintes d’un humour très British, ce qui ne gâte rien, et des déductions émises par Watson lequel est souvent contredit par Holmes. Ce qui ne l’empêche pas de tarabuster parfois le grand homme.

Mais il vous faut réagir et prendre un peu de distraction, Holmes. Vous ne pouvez pas continuer à rester confiné ici vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

André-Paul DUCHÂTEAU : Sherlock Holmes revient. Collection Attitudes. Claude Lefrancq éditeur. Couverture et illustrations intérieures de René Follet. Parution 1992. 160 pages.

ISBN : 9782871530862

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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 03:23

Dans la lignée d’Ernest Hemingway, mais avec sa propre personnalité.

James SALTER : American Express

Pratiquement inconnu en France, James Salter, soixante dix ans, s'inscrit dans la lignée des auteurs américains attirés par la vieille Europe, et ses nouvelles font indéniablement penser à Hemingway. Ce recueil dont les nouvelles sont de petites tranches de vie puisées à Barcelone, ou encore en Italie, ou tout simplement dans son pays d'origine permettent à Salter de faire une entrée discrète mais réussie chez nous.

Des polaroïds qui fixent des voyages empreints d'amour, d'amitié mais également d'échecs, d'espoirs déçus.

Malcolm aime Barcelone parce qu'il est né le jour où Gaudi est mort, renversé par un autobus; parce que Paul Morand a su magnifier cette ville dans une de ses nouvelles. Malcolm et Nico, son amie, partent pour la plage en compagnie d'Inge dont les amours sont contrariées. Un après-midi et une soirée qui s'étiolent comme l'oiseau de Nico qui a perdu son compagnon de cage une semaine auparavant. Telle est le trame de Am Strande von Tanger.

Dans American Express, nouvelle titre du recueil, deux amis, avocats new-yorkais, visitent l'Italie, partageant la même chambre et les mêmes filles, tout en se souvenant de Brenda, un de leurs amours, mariée et divorcée.

Autres rivages met en scène une jeune hollandaise, jeune fille au pair chargée de l'éducation d'un bambin et qui reçoit de son amant, parti en Europe, des lettres dont la teneur est trop explicite aux yeux de la mère de l'enfant. Mais la nouvelle peut-être la plus poignante de cet ouvrage est la mort solitaire d'une écuyère à la suite d'un accident de cheval.

 

Le recueil terminé, le lecteur ne peut s'empêcher de ressasser certaines des phrases qui parsèment l'ouvrage de Salter et de les méditer.

Ainsi celle-ci extraite de Américan Express :

Les femmes tombent amoureuses quand elles commencent à vous connaître. Pour les hommes, c'est exactement l'inverse : quand ils finissent par vous connaître, ils sont prêts à vous quitter."

 

Sommaire :

Am Strande von Tanger

Vingt minutes

American express

Autres rivages

Le cinéma

Fils perdus

Akhnilo

Crépuscule

Via Negativa

La destruction d Goethanum

Terre

 

James SALTER : American Express (Dusk and other stories –1988. Traduction de Lisa Rosenbaum). Editions de l'Olivier. Parution janvier 1995. 210 pages.

ISBN : 9782879290232

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 03:52

Crème anglaise… et américaine !

HITCHCOCK présente : Histoires de la crème du crime.

Comme c’est l’habitude dans cette collection, il n’existe aucune présentation des auteurs et des textes. Il faut faire appel à l’Archiviste qui a dénombré cinq nouvelles déjà publiées dans Hitchcock Magazine, les autres étant inédites. Quant aux auteurs, certains sont de célèbres inconnus et une petite notice les concernant eut été la bienvenue. D’autant que le nom William Jeffrey est attribué à Bill Pronzini par certains spécialistes, mais la nouvelle qui figure dans ce recueil est recensée dans la bibliographie du créateur du détective sans nom (le Nameless) en collaboration avec Jeffrey Wallman.

 

Mais détaillons un peu ce recueil.

A la fenêtre de Kim Antieau est ce que l’on peut définir comme une histoire en boucle. En voyage au Mexique avec son mari et le frère de celui-ci, une jeune femme aperçoit un soir dans la rue une autre femme trainée par deux policiers prêts à se servir de leurs armes. Cet incident la perturbe fortement, déjà influencée par son beau-frère qui ressent continuellement de la peur. Rentrée chez elle, elle ne peut s’empêcher de penser à ce qu’elle a vu et décide de retourner dans le village mexicain.

 

Le grand saut de Gary Brandner est comme une parodie mettant un jeune détective privé de vingt-deux ans qui a obtenu sa licence par correspondance. Comme il ne peut payer son loyer, sa logeuse est décidée à le flanquer dehors, à moins qu’il accepte une petite enquête. Il se prend tout aussi bien pour Bogart que pour Mike Hammer de Mickey Spillane.

Le mariage, cita-t-il, c’est comme le piment. Une fois qu’on y est habitué, on ne trouve plus ça aussi piquant.

Mensonges d’un jour d’été de Nora H. Caplan, met en scène une gamine dont les parents viennent de s’installer dans une vieille maison plus que centenaire dans un petit village à quelques cinquante kilomètres de Washington. La fillette s’ennuie jusqu’au jour où elle se trouve une amie de son âge. Mais à chaque fois que la mère veut voir cette nouvelle compagne, celle-ci vient de partir. Une histoire qui frise le fantastique.

Fortune de mer de James Holding, un habitué de Mystère Magazine et Hitchcock Magazine, est plus une nouvelle maritime qu’une nouvelle policière proprement dite. Vetuka, vieux pêcheur, appartenant au Clan des Requins, installé dans une des îles Salomon et ayant participé au conflit mondial lors de la bataille de Guadalcanal, reçoit la visite de son neveu Likuva et d’un ami de celui-ci, un Japonais du nom de Michiko. Ils désirent se rendre sur le lieu d’échouage d’un navire japonais, coulé lors du conflit, et contenant 50 000 yens or. Ils demandent donc à Vetuka de les emmener sur place avec une arrière-pensée en tête.

Mauvaise mine de William Jeffrey a pour personnage principal Flagg, qui prétend appartenir à l’administration du fisc américain, département des fraudes. C’est ce qu’il déclare à la jeune serveuse du bar L’oasis de Barney qui l’a surpris en pleine nuit farfouillant dans le bar. Il s’est rendu compte que le whisky qui lui avait été servi quelques heures plus tôt était un alcool de contrebande. Il vérifie donc les bouteilles au bar et dans la réserve et sa conviction est faite. Il ne lui suffit plus qu’à remonter à la source. L’épilogue nous réserve une surprise enivrante.

 

Permettez-moi de présenter les autres histoires très rapidement afin de ne pas déflorer tout le contenu du recueil et de vous occasionner une indigestion. Précisons donc que Charles Peterson, dans Idolâtries met en scène un loubard rangé des voitures et qui est sollicité pour effectuer un nouveau petit travail illégal. Dans Hold-up de Talmage Powell, une vieille femme se présente au trésorier et chef-comptable d’un hôpital et sous la menace l’oblige à lui remettre l’argent confiné dans le coffre. La fin morale ne surprendra personne, lorsque l’on connait les difficultés que subissent les Américains pour payer les établissements de santé. Une histoire toujours d’actualité.

Ça sent mauvais de John F. Suter nous propose une virée dans la campagne. Un individu à la mauvaise réputation est découvert assassiné dans un terrain boisé près d’une rivière. Seuls les deux propriétaires des lieux sembleraient être les coupables, tandis qu’une odeur nauséabonde poursuit le shérif, voire le précède. Ce n’est qu’une mouffette qui secrète un liquide malodorant dans son sillage.

Dans Comme un porc de Brice Walton, nous pataugeons dans la mangrove et les bayous à la suite d’un adolescent de dix-huit ans, qui vient de se marier avec une gamine de seize ans. Le lendemain de son mariage il a été arrêté pour voies de fait à cause d’un accès de jalousie, soupçonnant sa femme de le tromper. Il a bu, un acte inhabituel chez lui. Mais il n’est pas le véritable responsable moral, étant trop dépendant psychiquement de son père.

Enfin, dans L’âge ne fait rien à l’affaire, de Stephen Wasilik, nous suivons deux retraités se lançant dans une enquête concernant la petite-fille d’une amie d’une résidente qui est accusée de meurtre envers son compagnon trop volage. Ils vont démontrer, avec humour, au policier chargé de l’enquête qu’il a trop rapidement résolue, qu’il faut voir parfois plus loin que le bout de son nez et ne pas se fier aux apparences.

Décidément, Morley, tu n’arriveras jamais à te mettre dans la tête qu’il n’y a plus de vieux dans ce pays, mais seulement des électeurs du troisième âge que les hommes politiques doivent choyer et traiter avec le plus grand respect, car ils seront la majorité de demain.

 

Sommaire :

ANTIEAU Kim : A la fenêtre (At a window facing west – 1990. Traduction Christiane Aubert).

BRANDNER Gary : Le grand saut (The wet goodbye – 1979. Traduction Jean-Paul Gratias). Publié dans Hitchcock Magazine Nouvelle série N°3.

CAPLAN Nora H. : Mensonges d'un jour d'été (Summer evil – 1960. Traduction Bruno Martin). Publié dans Hitchcock Magazine N°87.

HOLDING James : Fortune de mer (Shima Maru – 1980. Traduction Philippe Kellerson).

JEFFREY William : Mauvaise mine (Day of the moon – 1970. Traduction Arlette Rosenblum). Publié dans Hitchcock Magazine N°114.

MCKIMMEY James : Epaves (A delicate balance – 1969. Traduction Pierre Billon).

MULLINS Terry :         Peuple de paix (People of peace – 1990. Traduction Jean Esch)

NATSUKI Shizuko : Châtiment divin (Divine punishment – 1991. Traduction Philippe Kellerson).

NEVINS Junior Francis M. : La leçon de choses (A picture in the mind – 1977. Traduction D. Wattwiller).

PETERSON Charles : Idolâtries (Works for Idol hands – 1982. Traduction Philippe Barbier).

POWELL Talmage : Hold-up (The hold-up. 1979. Traduction Maurice-Bernard Endrèbe). Publié dans Hitchcock Magazine Nouvelle série N°6.

SUTER John F. : Ça sent mauvais (Haunted my memory – 1990. Traduction L. de Pierrefeu).

WALTON Brice : Comme un porc (Just like a hog – 1958. Traduction Jean-Bernard Piat). Réédition de Travail de boucher publié dans Hitchcock Magazine N°41.

WASYLYK Stephen : L'âge ne fait rien à l'affaire (The liberating of Olivette Goudy – 1979. Traduction Louis de Pierrefeu).

HITCHCOCK présente : Histoires de la crème du crime. Le Livre de Poche N°4299. Parution février 1992. 320 pages.

ISBN : 9782253059318

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 03:59

Romanciers, attention : ceci peut vous arriver !

Michel PAGEL : Désirs cruels.

Toute jeune voleuse, Marilith s’introduit nuitamment dans une propriété afin de dérober une toile de maître. Seulement elle ignore qu’une caméra dissimulée dans une boiserie filme ses faits et gestes. Et elle est toute surprise lorsqu’un homme armé l’arrête dans son élan. Il n’est pas seul, étant suivi par son patron, le romancier Marbœuf.

Après l’avoir complimentée sur sa jeunesse, sa joliesse, ses yeux verts, Marbœuf lui intime de se déshabiller. Pas de quoi déstabiliser le domestique nommé Baptiste, tranquille comme son prénom l’indique, ni la jeune femme qui se défait de son collant intégral. Alors qu’elle s’apprête de se débarrasser de ses sous-vêtements, l’écrivain l’arrête dans son élan. Ce n’est pas un individu lubrique. C’était juste pour vérifier qu’elle n’est pas armée.

Il sort de l’ombre dans laquelle il était resté et Marilith distingue alors un homme âgé, décrépit, le visage rongé comme s’il y avait eu projection d’acide. Marbœuf a connu son heure de gloire et a même loupé le Prix Goncourt quinze ans auparavant. Mais depuis, non seulement il est atteint d’une sorte de maladie qui le ronge physiquement, mais de plus, il ne produit plus rien. Son inspiration s’est épuisée. Lui aussi d’ailleurs est épuisé. Alors il propose un étrange marché à sa visiteuse nocturne.

Elle doit lui narrer quatre histoires, complètes et inédites, durant quatre nuits. Une par nuit. Et Marilith ne manque pas d’imagination, se renouvelant à chaque fois, abordant des thèmes différents.

 

La première nuit, Marilith raconte Rosie, nouvelle dédiée à Richard D. Nolane et S.K. Sheldon. Une histoire de routier légèrement éméché qui prend en stop une jeune femme trempée par la pluie. A bord deux petits personnages sèment la perturbation, Séraphin et Adonides, ange et démon. Castaing, le routier, sympa, sauve un vieux couple qui se défend, en pleine nature, comme il peut des attaques de deux loubards. Un couple bizarre qui roule à bord d’un vieux véhicule, une voiture vivante qui se délecte de chair et de sang.

L’île des révélations, c’est l’île d’Yeu qui sert de décor. Ou plutôt de lieu d’arrivée prévu pour quelques touristes d’horizons divers qui empruntent la navette qui relie le continent à l’île. Mais au cours du voyage, le ferry est victime d’un naufrage et les rescapés échouent sur une île inconnue. Chacun d’eux va peu à peu révéler sa véritable nature.

Les mains de Farah Yole met en scène une femme peintre qui œuvre dans le surréalisme morbide. Cette nouvelle est dédiée à Clive Barker et il n’est donc point besoin de décrire plus l’ambiance qui règne dans ce récit.

Enfin quatrième nuit, La balade de Luna Park nous entraîne dans un parc d’attractions un peu, voire beaucoup, spécial. Et cette promenade monstrueuse met en scène, entre autre, Imma, une Noire qui se métamorphose, devant les yeux ébaubis du public, en gorille. Une nouvelle dédiée à Roland C. Wagner.

 

Peu à peu, au fil des nuits, Marbœuf se régénère, rajeunit. Le vieil homme scrofuleux reprend des forces et guérit, physiquement et psychiquement. Mais il existe un revers à la médaille.

Calqué sur le principe des Contes des mille et une nuits, mais avec toutefois une notable différence : une nuit, une histoire complète, ce roman de Michel Pagel qui contient non pas quatre nouvelles mais cinq, le fil conducteur pouvant être considéré comme une nouvelle également, est un exercice de style qui conforte tout le bien que l’on pensait de l’auteur comme romancier et nouvelliste accompli. Même si certaines de ces nouvelles sont un peu faibles, l’univers décrit est captivant, souvent surréaliste, et lorgne aussi bien vers le romantique, sans que cela soit pour autant une bluette, que vers le gore.

 

Réédition dans La Comédie inhumaine. Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1998. 640 pages.

Réédition dans La Comédie inhumaine. Bibliothèque du Fantastique. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1998. 640 pages.

Réédition : La comédie inhumaine volume 1. Les Moutons électriques. Parution mai 2020. 960 pages.

Réédition : La comédie inhumaine volume 1. Les Moutons électriques. Parution mai 2020. 960 pages.

Michel PAGEL : Désirs cruels. Collection Anticipation N°1725. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1989. 192 pages.

ISBN : 2-265-04232-3

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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