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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 07:20

Petits fours, chauds ou froids, sucrés ou salés,

à déguster sans modération…

Céline MALTERE : Les nouvelles charcutières.

Les nouvelles ayant pour thème la charcuterie et ses dérivés et en général la nourriture, font flores en littérature populaire ainsi que dans les contes destinés, à l’origine pour des adultes, mais rapidement dégraissés pour un lectorat juvénile. Et les ogres mangeant, ou voulant déguster de petits enfants, ne sont pas les moindres de ses protagonistes affamés.

Alors on pense immédiatement à Gargantua dévorant les pèlerins, ou plus proche de l’idée de Céline Maltère, aux Souhaits ridicules de Charles Perrault, un conte, recueilli dans Les contes de ma mère l’Oye en 1697, qui met en scène un brave bûcheron qui se voyant offrir trois souhaits, les perds par inadvertance puis sous une impulsion colérique. Il a une envie de boudin, puis sous les remontrances de sa femme, les boudins obtenus se retrouvent pendus au nez de son épouse, et enfin le dernier souhait est utilisé afin de permettre à celle-ci de reprendre figure humaine.

 

Et c’est bien dans cette continuité satirique que s’engouffre Céline Maltère, nous proposant une vingtaine de nouvelles et poèmes avec quelques illustrations de Jean-Paul Verstraeten, dans l’esprit de Topor et Jean-Christophe Averty.

Céline Maltère fait œuvre de création, mettant en scène des personnages simples, des femmes de préférence, des charcutières particulièrement, concoctant des pâtés, des saucissons, des andouilles (Ah l’andouille d’Elvire !), autant de plats appétissants sublimés par l’art culinaire et littéraire de la conteuse.

L’alchimie de la charcuterie dans un laboratoire ! Car l’endroit où les charcutiers officient s’appelle bien un laboratoire ! Et bien évidemment cela entraîne toutes les suppositions que l’esprit peut se faire en évoquant ce mot.

Mais si on parlait un peu des nouvelles, non ? Je vous sens impatients, affamés, l’estomac dans les talons et non dans l’étalon.

Dans le prologue, Charcutières de légende, l’auteur nous entraîne dans une assemblée, entre théâtre et tribunal, afin d’assister à un Agôn, une compétition ou joute oratoire. Ont été convoqués les esprits des grandes meurtrières qui vont s’affronter en déclinant leurs forfaits.

Un préambule pour nous offrir d’autres voies issues de l’imaginaire de l’auteur, empruntant parfois à des événements historiques ou mythologiques, mais en les détournant. Un humour noir décapant qui démontre la dérision dont nous sommes victimes consentantes, comme, lorsque nous lisions les contes et nouvelles d’auteurs tels que Perrault et confrères, ou en regardant des films issus de la grande tradition du théâtre du Grand Guignol dont le représentant le plus célèbre fut André de Lorde.

 

Si le prologue pourrait être comparé à l’entame d’un pâté ou d’un saucisson, le reste est découpé en tranches, avec une pause dite intermède qui serait propice à déguster un bon verre de vin, ou un verre de bon vin, et la fin, tout comme l’entame, est tout aussi délicieuse, car elle n’a pas eu le temps de sécher.

Prenons quelques tranches au hasard et croquons dedans avec gourmandise.

Ainsi dans Profession artiste, la narratrice revendique le côté artiste de sa profession, et non artisan. Elle travaille sa viande, ses abats, enfin les abats des bêtes, tel un sculpteur le ferait de l’argile, mais elle n’aime pas être importunée, comme par exemple les trois petits vauriens qui se moquent d’elle, vitrine interposée.

La guerre de Troyes nous invite à revisiter la mythologie, et non la mite au logis, avec la belle Hélène, principale protagoniste de cette histoire. Hélène, qui travaille à la ferme, sert un jour au fils du propriétaire quatre saucisses alléchantes, baignant dans la gelée, grosses comme un sexe d’homme. Il n’en faut pas plus pour que ce bourgeois demande la main de la fermière. Mais la renommée d’Hélène, avec ou sans sabots l’histoire ne le précise pas, et de ses saucisses dépasse les frontières de la petite ville, attisant la jalousie. Et une famille de viticulteurs spécialisée dans le vin à bulles prend ombrage. Peut-être un moyen de caser Pâris, le frère attardé du châtelain Hector.

Dans Les pieds dans le plat, la narratrice narre l’époque où toute jeune elle possédait des lapins. De compagnie pensait-elle, sauf que sa mère refuse qu’elle promène Jeannot en laisse. Alors que sa copine Cécile possède un joli angora blanc. Seulement les parents sont plus sadiques que les enfants, malgré ce que l’on voudrait nous faire croire. Et plus tard, beaucoup plus tard, la narratrice se souviendra d’un épisode de sa jeunesse et saura se venger.

Une petite dernière bouchée ? Enfant de lait nous propulse dans un monde dont les animaux auraient acquis la particularité de se tenir debout, sur leurs deux pattes. Marguerite, un prénom pas anodin, emmène son bébé au spectacle. Son dernier né qui marche encore à quatre pattes.

Quant à Rosande, une femme à l’âge indéfini, fouine et récupère dans les poubelles sises près des boucheries, des cliniques, des entrepôts, des morceaux de barbaque qu’elle ramène chez elle, un lieu où elle est née et qu’elle a transformé en laboratoire.

 

Bon, maintenant je vous laisse, j’ai un petit creux et des pieds amoureusement préparés n’attendent que mon bon vouloir…

 

Céline MALTERE : Les nouvelles charcutières. Collection l’Ange du Bizarre. Editions Ginkgo. Parution 4 novembre 2017. 128 pages. 9,00€.

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 08:04

Attention, un écrivain peut en cacher un autre, ou comment, grâce au double de Cicéron Angledroit, vous passerez de O,O à o!o…

Isidore LELONZ : Casting.

Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec Casting :

Les petites annonces dans les journaux gratuits ne manquent pas de piquant, parfois. Ainsi Jérôme lit qu’une production cinématographique internationale recherche un comédien ayant une ressemblance physique avec Willy Ruiz, l’idole des femmes du moment. Pour Sonia, sa petite amie qui d’ailleurs lui a montré le journal, il ne fait aucun doute que cet emploi lui est réservé. D’ailleurs ne l’a-t-on pas surnommé Willy tellement il est son sosie ?

Malgré quelques arguties, notamment qu’il n’est pas cascadeur, et avec les encouragements de Sonia, Jérôme se présente donc dès potron-minet à l’endroit désigné, Ris-Orangis en la circonstance. Il est accueilli dans un pavillon de banlieue par un homme qui lui demande de remplir un formulaire et l’emmène dans une salle d’attente où sont déjà agglomérés un bon nombre de prétendants.

Au suivant, comme chantait Jacques Brel, une litanie répétée moult fois et injonctive jusqu’à ce que ce soit lui le suivant.

Le portier semble être l’homme à tout faire puisque c’est lui qui indique à Jérôme qu’il pourrait convenir et il commence à lui déblatérer son laïus.

La vedette n’a pas voulu se déplacer des Etats-Unis pour l’unique scène qui se déroule en région parisienne, de plus cette séquence, il ne tenait pas trop à la tourner. Et comme la vedette féminine pressentie a, elle aussi, refusé de participer à ce petit bout de film, ce sont donc deux figurants sosies qui vont s’y coller.

Dernière petite précision, la vedette féminine, Angéla Layderon, est plus proche de Pauline Carton (ce n’est pas moi qui le précise) que d’une starlette en herbe ou d’une star en l’air bête, avec un petit côté Emmanuelle. Et la scène est quand même, le portier recruteur l’avoue, assez spéciale, pour ne pas dire torride.

Veuillez m’excuser mais pour la suite, je vous conseille de lire vous-même ce morceau d’anthologie ou Dante au logis, c’est comme vous voulez. Et n’oubliez pas : Souriez, vous êtes filmé

 

Cette nouvelle est suivie par Génuflexion, qui comme son titre l’indique est un problème de genoux mais ne signifie pas Jeune et flexion, quoique. Une brave dame qui n’est encore octogénaire mais presque a rendez-vous chez son toubib. C’est un remplaçant mais elle s’en arrange. Pour ce qu’elle a, un problème d’articulation des rotules, elle a surtout besoin de conseils.

Ce que ne manque pas de lui prodiguer ce descendant d’Esculape, lui conseillant de faire du sport. Or Marie-Paule, c’est le petit nom de la patiente, qui l’est, marche quotidiennement au moins huit kilomètres. Il va lui falloir trouver une autre occupation, ou alors changer ses habitudes. Tout est dans la fin, un petit joyau d’humour.

 

Bon, d’accord, je l’avoue volontiers, la première de ces deux nouvelles n’est pas à mettre entre toutes les mains, ou alors prévoyez un essuie-tout papier, mais si cela peut sembler scabreux, c’est si joliment et humoristiquement décrit que l’on ne peut que s’esbaudir. Et s’il fallait une moralité, ce serait : Faut bien que vieillesse se passe… Et bien oui, pourquoi toujours les jeunes ?

Pour commander cette bluette doublée, n’hésitez pas à glisser le pointeur de votre souris sur le lien ci-dessous.

Isidore LELONZ : Casting. Suivi de Génuflexion. 2 Nouvelles. Collection Culissime. Editions Ska. Parution octobre 2017. 23 pages. 2,99€. Version numérique.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:39

Prom'nons-nous dans les bois

Pendant que le loup n'y est pas…

Chantal ROBILLARD et Claudine GLOT : Dimension Brocéliande.

Si les anthologies n’existaient pas, il faudrait les inventer !

Pour plusieurs raisons, toutes meilleures les unes que les autres.

D’abord, on se rend compte combien un même thème peut aborder un spectre d’imaginaires innombrables. Ensuite, cela permet à de jeunes plumes de s’exprimer et de prendre de l’assurance dans l’écriture tout en se faisant connaître des lecteurs qui attendront, peut-être, un roman de leur part.

Enfin des auteurs connus par une frange du lectorat obtiennent une meilleure audience. Oserais-je vous avouer que si je connais de nom Lionel Davoust, Estelle Faye ou Na        thalie Dau, je n’ai encore jamais eu l’occasion de lire un de leurs ouvrages. Donc pour moi une première, mais pas une dernière. Personne n’est parfait, surtout moi !

 

Mais foin de tergiversations, et entrons dans la forêt accompagnés de nos deux guides, et partons à la recherche des farfadets, trolls et korrigans, de Merlin lent chanteur et de Morgane la bien-aimée, de la fée Viviane, d’Arthur et de sa bande, cachons-nous derrière les hêtres, chênes et châtaigniers, soulevons les fougères, passons au travers des buissons de bruyères, des fourrés de genêts et d’ajonc, laissons-nous porter par le vent jusqu’à ces endroits mythiques et mystiques que sont le château de Comper, la Fontaine de Barenton, le Perron de Merlin…

Vous vous croyez seuls ? Non, d’autres solitaires parcourent la sylve comme par exemple Gwenn, qui a perdu un œil et sa bien-aimée dans des conditions tragiques, mais pas en même temps ni au même endroit. Il aime les livres, normal il est bibliothécaire, spécialiste des romans fantastiques et médiévaux, et adossé à un arbre, il lit. Une jeune femme s’intéresse à son ouvrage. Une histoire concoctée par Estelle Faye dans Cent retours.

Pour Sarah Doke, celui qui déambule ainsi est lui aussi un solitaire, qui court, fuit. Les halliers arrachent ses vêtements. Mais que fuit-il ainsi ? C’est ce que vous découvrirez dans Le ventre de l’arbre. Autre solitaire, le personnage qui stationne son véhicule dans un chemin, remonte une allée, aperçoit une joggeuse. Pierre Dubois, elficologue célèbre, nous propose L’histoire du monsieur dans la forêt.

Le fils unique du Merle et de ma mère, de Jacques Jouet, narre un amour impossible et pourtant qui a porté ses fruits surtout si l’on sait que le Merle blanc est une émanation de… Chut ! Et Justine Niogret nous narre une autre histoire d’enfant dont la mère est obligée de quitter le village, et de se rapprocher de plus en plus de la forêt. Tout ça parce qu’un jour elle a été abusée. Et cet enfant qu’elle nourrit au sein, elle l’aime sans l’aimer. Le souvenir de sa langue est une histoire pleine de non-dits et d’apparence trompeuse.

Continuons notre incursion et avec Anne Fakhouri nous entrons dans le monde moderne qui s’attache à restituer le passé. Un échange savoureux de mails entre une éditrice qui prodigue ses conseils et ses points de vue à une romancière qui se plie à ses volontés. Et mon tout donne Amours entérines.

Moi, j’y croirais jamais ! affirme le protagoniste imaginé ( ?) par Claudine Glot. Kevin est un gamin de banlieue, un sauvageon, qui n’avait rien demandé, surtout de ne pas aller en camp de vacances en Bretagne. Et avec sa chance habituelle, il avait été sélectionné avec une quarantaine d’autres gamins pour une semaine vivifiante dans les bois. Et naturellement, il faut qu’il se fasse remarquer.

Et Arthur alors, le fameux roi Arthur, la reine Guenièvre, Excalibur l’épée, on n’en parle pas ? Mais si. Lionel Davoust revient sur cette épopée légendaire dans Le meilleur d’entre eux, et principalement sur les amours entre Guenièvre, la reine et épouse du roi Arthur, et Lancelot. Lancelot revient, après quelques années passées en Palestine et en Judée, à Camelot. Les temps ont changé, la peste, les guerres, la famine mine le petit peuple qui accueille toutefois le revenant. Lancelot avoue à Arthur qu’il a failli à sa mission, ramener le Graal. Arthur est déçu toutefois il autorise Lancelot à aller voir la reine Guenièvre, sa maîtresse. Une entente entre les deux hommes qui doit rester secrète. Hélas, même dans les châteaux aux murs épais comme des coffres-forts, les secrets les mieux gardés fuitent.

You were only waiting fort this moment, de Bernard Visse, n’est pas un titre en Breton, mais en Grand-breton. Le narrateur n’est autre que Blaise, le confident de Merlin, son homme de confiance, son scribe. Sous les coups de baguette de la fée Viviane, Merlin est depuis seize siècles perdu dans les limbes, ni mort, ni vivant. Mais il demande à Blaise de consigner ce qu’il s’est passé depuis et entre temps.

Le conseil du jour nous est prodigué par Chantal Robillard qui nous convie à Ne jamais baisser la garde ! L’auteur détourne gentiment, enfin gentiment, c’est vite dit, la légende arthurienne et ses protagonistes en mettant en scène les membres d’un commissariat partis en forêt de Brocéliande afin de se ressourcer. Sous la houlette du commandant Odilon Merlin, sont présents Liselotte Lance, Florian Arthur, Caradoc, ancien champion olympique d’athlétisme qui peine à suivre avec ses prothèses en guise de jambes, Jauffré, handicapé des jambes lui aussi, Govin, Hamm et Hummel. Ils dépendent du commissariat de Strasbourg, et leur nouveau chef, le commissaire Singral, a été parachuté en remplacement de Comper, parti sans prévenir, alors que la place aurait dû échoir à Merlin. De toute façon Merlin n’en a cure, il a d’autres visées.

Et comme la poésie a toujours droit de cité, je vous conseille deux autres textes. L’un est de Frédéric Rees, un courrier de Samuel de Champlain à l’intention de Savinien Cyrano, Champlain l’enchanteur, écrit en vers rimés, tandis qu’Isabelle Minière nous convie au Mystère de la forêt en vers libres.

 

La forêt de Paimpont, lieu présumé de Brocéliande

La forêt de Paimpont, lieu présumé de Brocéliande

La balade est terminée pour moi, je vous laisse maintenant vous débrouiller seuls, défricher et déchiffrer les autres nouvelles qui composent ce recueil. Empruntez les sentiers balisés, faites une pause de temps à autre, grignotez par-ci par-là, vous êtes en bonne compagnie de guides-conférenciers de talent. Vous ressortirez même de cet endroit magique avec des étoiles plein les yeux, et au mot Fin, vous ressentirez peut-être un début de manque.

Sachez toutefois que les éditions Rivière Blanche proposent des ouvrages en tout point compatibles avec vos attentes de merveilleux, d’imaginaire, de frissons, d’exotisme, voire plus si affinité.

 

Sommaire :

Préface.

Estelle Faye : Cent retours.
Sara Doke : Le ventre de l’arbre. 
Pierre Dubois : L’histoire du monsieur dans la forêt 
Jacques Jouet : Le fils unique du Merle et de ma mère. 
Justine Niogret : Le souvenir de sa langue
Anne Fakhouri : Amours entérines. 
Claudine Glot : Moi, j’y croirai jamais ! 
Emmanuel Honegger : La fée et le hérisson. 
Lionel Davoust : Le meilleur d’entre eux. 
Hélène Larbaigt : Feuille fée. 
Bernard Visse : You were only waiting for this moment 
Pierre Marchant : Sur les routes du Graal 
Ozégan : La harpe de Merlin. 
Françoise Urban-Menninger : Biens mal acquis ne profitent jamais !
Marc Nagels : La Quête de Méliant
Elisabeth Chamontin : Les Topinambours de Viviane.
Hélène Marchetto : Cai Hir.
Séverine Pineaux : La Forêt des songes. 
Frédéric Rees : Champlain l’Enchanteur.
Nicolas Mezzalira : Le Mystère de l’Etoile Verte.
Patrick Fischmann : La fleur du chevalier. 
Hervé Thiry-Duval : Le Fada de Féerie.
Claudine Glot : La mort est un cheval pâle. 
Chantal Robillard : Ne jamais baisser la garde ! 
Nathalie Dau : Dame du val et doux dormeur. 
Lionel Davoust : L’île close. 
Isabelle Minière : Le mystère de la forêt 
Postface. 

 

Chantal ROBILLARD et Claudine GLOT : Dimension Brocéliande. Collection Fusée N°60. Editions Rivière Blanche. Parution Août 2017. 272 pages. 20,00€.

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 08:03

Un compromis entre les nourritures terrestres et les nourritures spirituelles.

Mark CRICK : La soupe de Kafka.

Un menu à la carte qui ne manque pas de saveur. La carte elle-même est à la hauteur du menu proposé. Livre avec couverture cartonnée rigide, relié avec jaquette, pages papier glacé, et illustrations ad hoc (et non haddock comme le capitaine) pour chaque recette proposée.

Au piano, ce qui en langage culinaire signifie un fourneau, Mark Crick adapte quelques recettes, à la manière littéraire de dix neuf auteurs mondialement connu mais que l’on n’a pas forcément lus. Je parle pour moi, évidemment.

Des pastiches qui ressemblent à s’y méprendre à des textes que ces auteurs auraient pu écrire, mais non des parodies qui grossiraient le trait et en dénatureraient le goût. Des recettes de cuisine constituées comme on prépare des paupiettes, un emballage viandeux et une farce à l’intérieur.

Un exercice de style enjolivé par des dessins, peintures ou photographies de l’auteur, puisque celui-ci est photographe, peintre et dessinateur, en plus d’être un maître-queue littéraire.

Mark Crick nous propose donc de retrouver en cuisiniers avertis ou du dimanche, des auteurs tels que Jane Austen, Virginia Woolf, Raymond Chandler, Le Marquis de Sade, Charles Dickens, Graham Greene, Gustave Flaubert, Homère, Italo Calvino… dans leurs œuvres.

Se mettant dans la peau d’Italo Calvino, par exemple, il écrit :

Par bonheur, les recettes ne sont pas aussi périssables que les plats ou les écrivains, bien que celles d’Aristophane, si toutefois il en a laissé, ne semblent pas s’être aussi bien conservées que ses pièces.

Ne croyez pas que les recettes, avec la liste des ingrédients plus ou moins indispensables pour élaborer un plat, soient développées comme un cours de cuisine. Elles s’intègrent dans un texte, plus ou moins long, donnant lieu à des réminiscences familiales, des préparations à la vite fait pour contenter des amis, à des recherches dans des manuels qui encombrent des étagères mais qui ne sont jamais ceux que l’on voudrait compulser, à des recettes faciles ou élaborées que vous pourrez toujours essayer de réaliser chez vous. Des recettes qui parfois ne sont qu’un alibi pour développer une histoire dans laquelle le cuistot, amateur ou non, démontre ses défaillances ou au contraire son savoir-faire.

Les soles à la dieppoise de José Luis Borges débute ainsi :

L’histoire que je vais vous raconter concerne un incident qui a eu lieu à Londres, au début de l’année 1944. Bien que sn protagoniste ait été considéré comme un héros par les deux belligérants, les conséquences de son acte ne favorisèrent que l’un d’eux et précipitèrent la chute d’un tyran à l’appétit insatiable et dont l’invincibilité n’était qu’illusoire.

Une excellente mise en bouche qui incite à continuer la lecture de cette recette, à mon avis. Je ne vais pas vous dévoiler tout ce que ce recueil recèle et le mieux est peut être de vous en lister le sommaire.

Un dernier conseil :

Cet ouvrage est trop précieux pour le laisser traîner dans votre cuisine, victime de taches de graisse et d’auréoles jaunâtres de muscadet.

 

Menu :

Agneau à la sauce à l’aneth, à la Raymond Chandler. Traduction de Patrick Raynal.

Œufs à l’estragon à la Jane Austen. Traduction de Geneviève Brisac.

Soupe Miso express à la Franz Kafka. Traduction d’Eliette Abécassis.

Gâteau au chocolat à la Irvine Welsh. Traduction d’Alain Defossé.

Coq au vin à la Gabriel Garcia Márquez. Traduction de Claude Durand.

Risotto aux champignons à la John Steinbeck. Traduction de Frédéric Jacques Temple.

Moules marinières à la Italo Calvino. Traduction de Patricia Reznikov et Gérard de Cortanze.

Poussins désossés et farcis à la Marquis de Sade. Traduction de Patrice de Méritens.

Clafoutis Grand-mère à la Virginia Woolf. Traduction d’Anne Freyer-Mauthner.

Fenkata à la Homère. Traduction d’Isabelle D. Philippe.

Tiramisu à la Marcel Proust. Traduction d’Alain Malraux.

Poulet vietnamien à la Graham Greene. Traduction de François Rivière.

Sole à la dieppoise à la Jorge Luis Borges. Traduction de Patricia Reznikov et Gérard de Cortanze.

Pain grillé au fromage à la Harold Pinter. Traduction de Jean Pavans.

Rösti à la Thomas Mann. Traduction d’Anne Freyer-Mauthner.

Tarte à l’oignon à la Geoffroy Chaucer. Traduction d’André Crépin.

Plum pudding à la Charles Dickens. Traduction d’Yves Sarda.

Pain perdu à la François de la Rochefoucauld. Traduction de Julie Maillard-Pujos.

Gâteau breton à la Gustave Flaubert. Traduction d’Yves Sarda.

 

Cet ouvrage est la réédition d’un livre paru en 2008 chez Flammarion, mais enrichi de trois nouvelles recettes pastiches.

 

Bon appétit, bien sûr !

Mark CRICK : La soupe de Kafka. Une histoire complète de la littérature mondiale en 19 recettes. Editions Baker Street. Parution le 8 septembre 2017. 176 pages. 17,00€.

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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 08:18

Mais attention aux piquants des bogues…

Arthur MORRISON : Dorrington, détective marron

Si Arthur Morrison, 1863 – 1945, fut célébré de son vivant comme un brillant représentant anglais du naturalisme et un des maîtres de la detective fiction, de nos jours il est quasiment oublié, sauf des nostalgiques des parutions anciennes.

Or cet auteur fut un précurseur et un innovateur dans le domaine de la littérature policière, mettant en scène Dorrington, un détective peu scrupuleux. Ses aventures sont narrées par l’une de ses victimes, James Rigby, ce qui le différencie d’un Watson par exemple lequel était béat d’admiration devant son colocataire et ami, mais de plus ses exploits sont racontés à rebrousse-temps.

Nous découvrons le personnage Dorrington, par l’intermédiaire de James Rigby qui voyage à bord d’un steamer le menant en Angleterre. Rigby, en confiance envers ce compagnon affable et fin diseur, lui narre son enfance en Australie, puis lors d’un voyage en Europe la mort de son père assassiné par la Camorra alors qu’il n’avait que huit ans, son adolescence, la mort de sa mère et son intention de réaliser ses affaires, un héritage immobilier concernant un terrain susceptible de receler des gisements de cuivre. Il doit rencontrer un solicitor mais Dorrington est fort intéressé et il envisage de s’approprier les documents. Rigby va se trouver dans une fâcheuse posture et grâce à un ouvrier parvient à s’en sortir vivant. C’est ainsi qu’il s’accapare quelques documents appartenant à Dorrington, dans le bureau de celui-ci, et qu’il va pouvoir remonter le parcours délictueux de ce détective peu commun.

 

Après Le récit de Mr. James Rigby, nous remontons donc le temps, avec toujours ce spolié comme narrateur. Janissaire est un jeune cheval de course, un yearling, prometteur. Naturellement, peu de temps avant la course auquel ce poulain de deux ans doit participer, les paris vont bon train. Dorrington, apprenant par hasard que l’animal risque de subir un traitement néfaste, imagine un artifice pour déjouer les manigances.

Le Miroir de Portugal est, comme son nom ne l’indique pas forcément, un diamant à la valeur inestimable qui a parcouru les siècles, passant de main en main jusqu’à sa disparition au cours de la Révolution Française. Deux cousins, d’origine française mais installés à Londres, se disputent cette pierre, et Dorrington est sollicité pour trancher. Il le fera, mais à sa façon.

Dans La Compagnie Avalanche, Bicycle et Pneu, Limited, nous retrouvons le monde des paris, mais cette fois dans un sport en plein développement, la course de bicycle sur piste. Le vélocipède prend une telle ampleur que de nombreuses entreprises se montent, et afin de se développer lancent un système de participation financière par action. Et naturellement, certains petits débrouillards s’immiscent dans ce qui peut devenir un marché juteux. Heureusement Dorrington est là pour rétablir la situation.

Comme le dit fort justement l’un des protagonistes :

Comme je l’ai dit mille fois, les parieurs sont, de nos jours, le fléau de tous les sports.

Plus de cent ans après cette déclaration, cela ne s’est pas arrangé.

 

La mort étrange de Mr. Loftus Deacon nous entraine dans les aîtres d’un vieux collectionneur d’objets japonais. L’homme a été retrouvé assassiné dans son appartement, et les policiers se trouvent devant un problème de meurtre en chambre close. Un ami de cet amateur de japonaiseries et exécuteur testamentaire sollicite l’aide de Dorrington, lequel va découvrir, sinon l’assassin, mais comment il s’est débrouillé pour perpétrer son forfait. Une arme blanche a été dérobée, un Katana forgé par un maître armurier quelques siècles auparavant. Or ce Katana est un objet sacré dont un Samouraï ne peut se défaire, quel qu’en soit le motif. L’un des principaux présumés coupables n’est autre que le fils de celui qui a cédé le Katana à Mr. Loftus Deacon, et il désirait à tout prix récupérer l’objet.

L'argent du vieux Cater prend pour intrigue également, comme Le Miroir de Portugal, une histoire d’héritage que se disputent deux cousins. Dorrington va mettre son grain de sel dans cet imbroglio dont les trois protagonistes principaux, le vieux Cater et les deux cousins, sont de fieffés usuriers, n’ayant aucun scrupule et n’hésitant pas à mettre sur la paille leurs débiteurs.

 

Si ces trois histoires mettent en scène un détective dont la préoccupation principale est de gruger clients et autres, parfois la morale est sauve.

L’auteur s’attache plus à décrire les traits de caractère des personnages que leur physique, et n’hésite pas à remonter dans le temps pour leur donner du volume.

Ces nouvelles, qui ont été publiées dans The Windsor Magazine de janvier à juin 1897, n’ont en rien perdu de leur saveur, et ne sont en rien désuètes, même si elles reflètent une certaine époque. Or justement, c’est cette plongée dans le vieux Londres, qui parfois fait penser à Dickens, dans les milieux sportifs ou des collectionneurs, milieux qui n’ont guère changé dans leur comportement même si le modernisme est passé par là, ou des usuriers dont les pratiques sont aujourd’hui celles de certaines banques, qui donnent du charme à ces historiettes. Les valeurs morales sont battues en brèche, légalement ou non, et Dorrington est toujours présent pour essayer d’en tirer profit. Essayer, car parfois il se retrouve le bec dans l’eau, ne tirant pas le profit qu’il escomptait, mais sachant retomber toutefois sur ses pieds.

Arthur Morrison, un auteur à découvrir ainsi que son personnage dont Arsène Lupin a emprunté quelques traits de caractère et de façon de procéder.

 

Sommaire :

Introduction de Jean-Daniel Brèque.

Le récit de Mr. James Rigby

Janissaire

Le Miroir de Portugal

La Compagnie Avalanche, Bicycle et Pneu, Limited

La mort étrange de Mr. Loftus Deacon

L'argent du vieux Cater

Sources.

Arthur MORRISON : Dorrington, détective marron (Dorrington Deed-Box – 1897. Traduction d’Albert Savine, revue et complétée par Jean-Daniel Brèque). Collection Baskerville N°35. Editions Rivière Blanche. Parution février 2017. 236 pages. 20,00€.

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 10:20

Toujours vivaces malgré les nouvelles

technologies… ou peut-être à cause !

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

Si la région du Berry vous fait penser tout de suite à quelques images, dont celles qui figuraient dans nos livres d’histoires, connues sous le nom des Très Riches Heures du Duc de Berry, il ne faut pas s’arrêter à cette particularité de cette belle province, à ces représentations médiévales, mais en explorer l’histoire littéraire, culturel, patrimoniale, et j’en passe sciemment sinon je serais vite hors sujet.

Parmi les personnages célèbres qui possèdent des accointances avec le Berry, citons Jacques Cœur, Benjamin Rabier fabuleux dessinateur animalier, Jacques Tati, le cinéaste à la pipe et son personnage de Monsieur Hulot dont le premier long-métrage, Jour de fête, se déroule à Sainte-Sévère, et bien d’autres dont une certaine Amantine, Aurore, Lucille Dupin, baronne Dudevant plus connue sous le nom de George Sand.

Cet alias, elle le doit à sa collaboration avec Jules Sandeau, lorsqu’ils écrivirent ensemble Blanche et Rose en 1831 après avoir rédigé de nombreuses nouvelles, puis elle signera seule Indiana en 1832. Mais ce ne sont pas là ses débuts littéraires puisque dès 1829 elle avait écrit des récits de voyage sous son véritable patronyme, ainsi qu’un roman La Marraine.

Elle est connue, hors littérature, pour son engagement féministe, fustigeant le mariage et luttant contre les préjugés, par ses frasques amoureuses et sa tenue vestimentaire masculine, lançant une mode dont elle ne savait pas combien ceci allait prendre de l’importance quelques décennies plus tard.

Si ses premiers romans bousculent les conventions sociales et magnifient la révolte des femmes, c’est bien par la suite qu’elle aborde les problèmes de société, mettant en scène dans des romans champêtres le milieu paysan, avec des romans comme La Mare au diable, François le Champi, La Petite Fadette, pour ne citer que les plus connus, souvent édités dans des versions abrégées pour des collections juvéniles.

Elle s’inscrit dans un mouvement que l’on pourrait désigner comme romantique quoique s’imposant à contre-courant des idées prônées en ce qui concerne la Femme, et en même temps dans ces mouvements littéraires comme le naturalisme, l’existentialisme, l’humanisme, avant la lettre.

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

George Sand s’intéresse beaucoup à la vie des paysans, mais également aux légendes narrées à la veillée, ainsi qu’au folklore local, les mettant en scène dans ses romans et nouvelles, avec son apport personnel en ce qui concerne la religion. Dans l’une de ses correspondances avec un membre du clergé, en 1844, elle écrit ceci :

Je puis avoir beaucoup d'estime et d'affection personnelle pour des membres du clergé, et je fais point de guerre systématique au corps dont vous faites partie. Mais tout ce qui tendra à la réédification du culte catholique trouvera en moi un adversaire, fort paisible à la vérité (à cause du peu de vigueur de mon caractère et du peu de poids de mon opinion), mais inébranlable dans sa conduite personnelle. Depuis que l'esprit de liberté a été étouffé dans l'Église, depuis qu'il n'y a plus, dans la doctrine catholique, ni discussions, ni conciles, ni progrès, ni lumières, je regarde la doctrine catholique comme une lettre morte, qui s'est placée comme un frein politique au-dessous des trônes et au-dessus des peuples.

 

Or, dans certains des textes qui composent Croyances et légendes de nos campagnes, souvent George Sand revient sur la religion, gardant ses convictions et les intégrant dans des histoires à résonnance fantastique.

Ainsi dans La Petite Fadette, dont le nom masculin est Fadet ou Farfadet, créature légendaire qui signifie aussi esprit follet ou fée, le lecteur peut-il lire ce passage édifiant :

 

-Mais, disait Landry, ce que tu crois là, que le diable n’existe point, n’est pas déjà trop chrétien, ma petite Fanchon.

-Je ne peux pas disputer là-dessus, répondit-elle ; mais s’il existe, je suis bien assurée qu’il n’a aucun pouvoir pour venir sur la terre nous abuser et nous demander notre âme pour la retirer du bon Dieu.

 

Une façon de montrer que l’église joue avec les superstitions, quoiqu’elle s’en défende, lorsque cela l’arrange. De même dans Le curé et son sacristain païen, extrait de Promenades autour d’un village en 1857, un prêtre est choqué lorsque son sacristain lui demande de bénir des figurines en bois. Il prétend que ces personnages grossièrement taillés ne sont que la représentation d’idoles. Or, pourtant, les santons sont entrés dans les crèches des églises et y ont largement leur place, sans que quiconque y voie quoi que ce soit de profane. Et si dans Le métayer sorcier, même ouvrage d’origine, une superstition veut que les bœufs et les ânes aient la faculté de s’exprimer lors de la messe de minuit, ce symbole de la nativité m’a toujours étonné. Comment placer dans une crèche près du berceau de l’enfant Jésus un bœuf, un animal castré. ? Puis l’arrivée des bergers accompagnés de leurs moutons, animaux symboles de manque de réflexion et prêts à suivre un individu sans se poser de question.

Mais ce ne sont pas les seuls exemples mettant en scène un curé, souvent s’élevant contre les superstitions animant ses paroissiens, ceux-ci amalgamant les anciennes coutumes druidiques, ou ayant fait un ou des vœux durant leur jeunesse, ne voulant pas revenir sur la parole donnée.

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

Georges Sand défend également, entre autres, les Compagnons du Tour de France, origine de la Franc-maçonnerie. Dans Le sabbat des compagnons, extrait de Le compagnon du Tour de France 1840, un vieillard, entrepreneur en menuiserie, reproche à son fils de vouloir embaucher deux ouvriers issus du compagnonnage, déclarant :

Il te faut des compagnons du Tour de France, des enfants du temple, des sorciers, des libertins, de la canaille de grands chemins.

L’on retrouve bien cette peur de l’étranger, issu d’autres régions, et de ceux qui pratiquent une façon de travailler, de penser, de vivre, que celle à laquelle les anciens sont habitués. Or cette appréhension existe toujours, malgré le brassage, les moyens modernes de communication. Mais elle s’exprime autrement.

Les animaux, dits surnaturels, surtout les loups, font partie du folklore paysan, et l’on ne s’étonnera dont point de retrouver certains personnages qui étaient considérés comme marginaux, le meunier ou le cornemuseux.

 

Ce recueil est constitué d'un florilège de George Sand car si tout tourne autour des légendes, il s'agit d'extraits puisés, soigneusement, par Christophe Matho dans les ouvrages de la grande Dame de Nohant, tels que La petite Fadette, Jeanne, Légendes rustiques ou encore Les maîtres sonneurs.

Et il nous incite à lire ou relire ces ouvrages, dans des versions non édulcorées, non abrégées, et l’on se rendra compte que Georges Sand fut une grande femme de lettres, dont les écrits n’étaient pas si anodins que ceux qui étaient destinés à la jeunesse pouvaient le laisser croire, et que dans ses textes, elle prônait un humanisme, mot un peu galvaudé de nos jours, dont devraient s’inspirer de nos jours bien des religieux, des hommes politiques, ou tout simplement des intégristes de tous bords.

 

A signaler les très beaux et charmants textes de Jeannine Berducat qui signe la préface, de Maud Brunaud, l’avant-propos, et de Michèle Dassas qui a écrit la postface, sans oublier l’iconographie dont certaines images signée de Gustave Doré mais de bien d’autres illustrateurs, dont malheureusement le nom n’apparait pas toujours.

 

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

A lire également dans le même registre :

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes. Collection Passeurs de mémoire. Editions CPE. Parution 3 mars 2017. 158 pages. 20,00€.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 09:59

Mais ce livre n’en est pas un… !

EDOGAWA RANPO : Mirage.

Maître et précurseur du roman policier nippon, Edogawa Ranpo, écrit aussi parfois Rampo, nous propose deux nouvelles d’inspiration fort différente.

Mirage, nouvelle éponyme de ce recueil, se révèle plus à connotation fantastique que policière. Le narrateur est intrigué par le manège de son voisin de compartiment qui a placé un oshi (tableau en relief : petite planche de bois sur laquelle sont collés des personnages ou des animaux de papier épais rembourré de coton pour leur donner de l’épaisseur et recouverts de soie) face contre la vitre du train à bord duquel ils voyagent.

Le voyageur raconte alors l’histoire de ce tableau vivant.

 

Vermine. Depuis sa jeunesse, Masaki, riche orphelin, ressent une profonde et anormale aversion pour l’humanité, aversion doublée d’une timidité excessive. Seul son ami Ikeuchi trouve grâce à ses yeux. Mais autant Masaki est timide, réservé, replié sur lui-même, autant Ikeuchi brille en société. Et c’est par l’entremise d’Ikeuchi que Masaki retrouve Fumiko dont il était amoureux à l’école, et qui depuis est devenue une grande comédienne. En dix ans, la petite écolière chrysalide s’est transformée en belle jeune fille papillon.

Leurs retrouvailles se concrétisent dans un restaurant et Fumiko fait comprendre à Masaki qu’il ne lui est pas indifférent. Mais Masaki n’est que le jouet de la duplicité de Fumiko.

 

Le lien entre ces deux textes, l’un fantastique, l’autre cannibalo-policière, se révèle être l’amour.

L’amour fou que porte un homme à une jeune fille. Amour impossible dans Mirage, amour contrarié dans Vermine. Et au travers de cet amour, c’est un engrenage en spirale qui s’amorce.

Edogawa Ranpo puise dans deux cultures à l’influence profonde. Il retient la suavité, la poésie japonaise, et il les incorpore à une trame plus dure, d’inspiration américaine, oscillant entre le roman noir moderne et les classiques.

N’oublions pas qu’Edogawa Ranpo est la prononciation japonaise d’Edgar Poe, un hommage. Il est le précurseur et l’un des fondateurs d’une nouvelle école littéraire nipponne et de la littérature policière. Pour certains, ces textes paraîtront un peu désuets, puisqu’ils datent tous deux de 1929, mais que l’on découvre avec plaisir tout comme l’on se plonge avec délices, par exemple, dans l’univers de Pierre Véry.

EDOGAWA RANPO : Mirage. Traduction Karine Chesneau. Collection Picquier Poche N°138. Editions Philippe Picquier. Parution avril 2015. 144 pages. 6,00€.

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 08:34

A en perdre la tête…

Jérôme SORRE & Stéphane MOURET : Le Chérisseur de têtes et autres pacotilles pour Le Club Diogène

Combinaison entre le Club des Cinq d’Enyd Blyton et celui des Veufs noirs d’Isaac Asimov, (il en existe d’autres, mais ce n’étaient que deux exemples) voici le Club Diogène créé par Jérôme Sorre et Stéphane Mouret.

Ou plutôt dont les aventures sont narrées par Jérôme Sorre et Stéphane Mouret et créé par Monsieur dont la tête de bébé joufflu repose sur un corps de vieillard et qui intervient de temps à autres dans les récits. « Le club Diogène n’a vœu d’exister que pour contrecarrer l’anesthésie croulante dans laquelle nous maintient la société », déclaration prononcée dans Un péché presque de chair.

Composé de sept membres, cinq hommes, Le Maréchal, D’Orville, Vayec, Franklin et Fédor, et deux femmes, Camille et Lison, ce club évolue dans le Paris de la fin du XIXème siècle, à l’affût de faits divers croustillants et mystérieux.

Ils ne se connaissent que par leur nom d’emprunt, et ne possèdent aucune précision sur leur vie privée. Ils se réunissent le soir rue du Tonneau dans une suite, la 52, d’un hôtel décrépit, l’hôtel Impérial. Ils peuvent se chamailler pour un rien, cela devient un jeu, une joute verbale.

Dans Attention : Traquenard, la nouvelle qui introduit nos personnages, le lecteur est invité à les rencontrer, en chair et en os, une expérience déchirante.

Une amie commune se déroule pendant la semaine sanglante, fin mai 1871. Les Versaillais et les Communards s’affrontent dans des combats sans merci, alors que les denrées viennent à manquer. Le Maréchal, le plus âgé du groupe, accompagné de Lison et Fédor, sent que La Bosse, entité diabolique qui se repaît de la chair fraîche, va sortir de son trou. Tous trois tentent de la pourchasser, de l’annihiler, jusque dans les gargouilles de Notre-Dame ou dans les égouts parisiens jusqu’au Père Lachaise.

Dans Chef d’œuvre, Le Maréchal, doyen du club, vient d’assister à un événement étrange. Un homme s’est emparé de la tête d’un condamné à mort et du panier qui la contenait, avec l’aval du bourreau qui a actionné la guillotine. Qui est donc cet homme, et pourquoi cette emplette d’un genre macabre ? C’est ce que vont s’attacher à découvrir les membres du Club Diogène, dans une enquête qui donnera quelques sueurs froides à l’un d’eux et mettra en scène un personnage mystique et collectionneur.

Ça pour une… met en scène une étrange bestiole tandis que dans Stupre une séance de spiritisme va se clore au cimetière du Père Lachaise.

 

Ce club de l’étrange est un recueil de onze nouvelles plaisantes à lire, écrites dans une langue savoureuse. Cet opus, premier d’une série qui en comporte plusieurs, joue avec la terreur, l'épouvante, mais sans artifice grandguignolesque ou outrageusement sanglant quoique certaines scènes se révèlent assez dégoulinantes. Bref un petit bonheur de lecture.

Un conseil, si vous désirez acquérir cet ouvrage que je vous recommande fortement, évitez de passer par la Zone mais commander le directement chez l’éditeur, cela vous reviendra moins cher et il sera neuf.

 

Jérôme SORRE & Stéphane MOURET : Le Chérisseur de têtes et autres pacotilles pour Le Club Diogène (1871-1877). Collection Absinthes, éthers, opiums N°9. Editions Malpertuis. Parution décembre 2009. 402 pages. 18,00€.

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 08:42

Et si Django Reinhardt n’avait pas succombé à une congestion cérébrale le 16 mai 1953 ?

Patrick WILLIAMS : Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt.

Partant de ce postulat Patrick Williams, éminent connaisseur du guitariste, imagine, en empruntant trois identités, quatre chemins parcourus par Django, quatre destins vécus par le musicien sorti du coma.

Dans cette première vie, relatée par un journaliste du nom de Guy Leclère, intitulée Sensationnel ! Un concert de Django Reinhardt et Thelonius Monk en duo, le 16 mai 1973 Django se tue dans un accident de la route entre Fontainebleau et Paris. Ce journaliste est chargé d’écrire l’article nécrologique et c’est pour lui l’occasion de revenir sur les deux journées qu’il a partagées avec le Gitan quelques années auparavant. Deux jours composés de déambulations dans le 18ème arrondissement parisien, en évitant toutefois certaines rues, certains quartiers, revisitant les lieux où Django aime manger, boire, jouer. Il va s’infiltrer dans des clubs de jazz en compagnie du musicien, prendre le train pour Samois, l’une des résidences de Django, et l’écouter parler, de Bud Powell, de sa conception de la musique, de l’improvisation, de Bud Powell, des artistes avec lesquels il a joué et enregistré des faces mémorables, de Bud Powell, de son concert programmé avec Monk, de Bud Powell qui inlassablement revient comme une antienne, comme une fixation, un refrain entre deux couplets plus ou moins longs.

A signaler qu’une discographie posthume est recensée, comprenant des enregistrements effectués en compagnie de Mary-Lou Williams, Gerry Mulligan, Henri Crolla, Dizzy Gillespie, Benny Golson, Donald Byrd, Ben Webster ou encore le trio Arvanitas. Que de disques perdus dans la nature !...

 

Dans A room with a view, 43e étage, James D. Cszernynk, critique littéraire nous entraîne à New York sur les traces de Django et de sa femme Naguine dans Manhattan où le guitariste s’est installé après sa sortie du coma. Il vit dans un grand appartement dont les murs sont remplacés par d’immenses baies vitrées et il peut ainsi voir la Grosse Pomme quasiment à 360 degrés. Le plus surprenant n’est pas son insouciance légendaire, ses flâneries dans le quartier, mais bien qu’il se soit reconverti, avec succès, dans la musique électro-acoustique. Une hérésie, peut-être, pourtant le succès discographique est au rendez-vous. Il décède le 23 avril 1983, paisiblement endormi dans son fauteuil préféré, face à l’ouest, rêvant, méditant, contemplant le décor, une ouverture sur l’espace, la liberté.

Laissons les grincheux (de moins en moins nombreux) se lamenter en rappelant que le succès n’est pas obligatoirement synonyme de qualité – il est vrai que l’industrie de la musique populaire en a apporté de multiples preuves dans la seconde moitié du XXème siècle. Il serait étonnant, pouvons-nous leur répliquer, en leur rappelant le caractère spontané de l’emballement populaire, que l’humanité tout entière se trompât. Quel crédit apporter à ce dogme élitiste que la faveur du plus grand nombre dévalorise ce qui en est l’objet ?

 

Dans Sous une pluie de fleurs d’acacias, l’auteur qui se cache sous le pseudo de Bertrand Journens, romancier, nous montre un Django flâneur, bucolique, champêtre, adepte éphémère d’une existence pastorale, puisqu’il fréquente durant un moment l’Eglise Pentecôtiste. Django, se réveillant après un coma de dix-huit mois fin octobre début novembre 1954, déclare avec un surprenant Bonjour ! à l’infirmière de garde, qu’il n’a jamais dormi durant son long séjour dans l’au-delà de la vie active, malgré toute les visites que lui ont rendu sa famille, ses proches, ses amis, des visites souvent bruyantes peu propices au repos. S’est-il reposé, a-t-il réfléchi à un avenir musical ?

Il reprend sa guitare, avec difficulté, à force d’obstination retrouve sa dextérité, mais la foi n’est plus le même. Il apprécie plus les longues balades solitaires sur les bords de la Seine que les concerts, et lorsqu’il se rend dans les clubs de jazz, c’est pour écouter ses amis, ses confrères que pour participer. Et lorsqu’il accepte d’enregistrer à nouveau, fidèle à son habitude, il oublie les rendez-vous. Ensuite il s’établira avec Naguine à Paris, enfin il s’établira, c’est un bien grand mot, disons qu’il vagabondera d’hôtel en hôtel et qu’enfin il s’installera dans une petite maison de ville dans le quartier de Charonne.

Avec Naguine ou seul, de plus en plus souvent seul, il déambulera à Belleville, Ménilmontant, La Chapelle, Barbès, Pigalle, Clichy arpentant l’allée centrale située entre les deux voies des boulevards, là où s’érigent platanes et acacias (en réalité faux-acacias ou robiniers), des arbres presque incongrus comme ceux qui défient les immeubles des deux côtés de cette longue voie qui sépare les 9ème, 10ème, 11ème arrondissements des 17ème, 18ème et 19ème arrondissements ou, plus au nord, les rues parallèles aux boulevards des Maréchaux. Et lorsque Naguine ne pourra plus le suivre dans ses déambulations il continuera, même lorsqu’elle sera hospitalisée. Il la quittera endormi sur un banc, embaumé par la senteur de fleurs d’acacias, trois jours avant le décès de sa compagne de toujours.

 

Enfin la dernière partie de cet ouvrage Une postérité à n’en plus finir, signée Patrick Williams porte bien son titre puisque Django Reinhardt règne toujours dans les cœurs et les oreilles de tous ceux qui apprécient sa musique, jazz manouche, et dont les nombreux émules et membres de la famille des Gitans, portent encore le flambeau, qu’il s’agisse d’Angelo Debarre, Bireli Lagrène, pour citer les plus connus, mais aussi Ninine, Tchavolo Schmitt, Romane, Babik, Coco et David Reinhardt, la famille Ferret : Boulou, Matlo, Sarane, Elios et bien d’autres sans oublier Patrick Saussois et le tout jeune et prometteur Swann.

Un ouvrage dans lequel fiction et réalité se disputent la prépondérance, et qui démontre la connaissance et la virtuosité de Patrick Williams, le djangologue le plus averti des connaisseurs de la vie de Django et de sa musique, et qui lui permet d’imaginer ce qui aurait pu être et ne sera jamais.

Patrick WILLIAMS : Les quatre vies posthumes de Django Reinhardt. Collection Eupalinos. Editions Parenthèses. Parution mars 2010. 288 pages. 16,00€.

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 12:17

La France profonde possède ses charmes littéraires à ne pas négliger.

Les Contes et Légendes du Poitou.

Chaque province, ou région, possède un réservoir inépuisable de Contes et légendes transmises oralement depuis des siècles, voire des millénaires, qui ont fait par la suite la plus grande joie des scripteurs, perpétuant sur papier leur transmission. Et incidemment offrant une source d'inspiration à de nouveaux conteurs qui pouvaient à loisir améliorer, transposer, enrichir ces textes à leur convenance, puisant l'idée conductrice comme Lafontaine s'inspira d'Esope.

Ces contes et nouvelles sont évidemment le reflet d'une société, la roublardise, la jalousie, l'amusement aux dépens d'autrui, la conjuration d'une peur, l'exorcisme du Diable, l'adjuration d'un animal fantastique auquel on prête des pouvoirs surnaturels, ou tout simplement de petits faits quotidiens tournés en dérision.

Le Poitou, composé de la Vienne et des Deux-Sèvres, ainsi que de la Vendée et d'une partie de la Haute-Vienne et du nord de la Charente, n'est pas une province réputée pour ses contes et légendes, comme la Bretagne par exemple. Pourtant, elle possède un patrimoine historique et littéraire indéniable qui forgea une partie de ces contes. En oblitérant les batailles célèbres qui se déroulèrent sur son sol, celle de Poitiers par exemple qui opposa Charles Martel aux Sarrazins, puis toujours à Poitiers celle qui vit s'affronter le Prince Noir à Jean II dit le Bon, en ne tenant pas compte de ses personnages célèbres, dont Théophraste Renaudot, père du premier journal imprimé, la Gazette, le 31 mai 1631, support indispensable pour relater les faits-divers et accessoirement devenir le vecteur littéraire par excellence, il reste dans l'imaginaire populaire au moins un personnage légendaire qui perdure : la Fée Mélusine. Et quelques animaux issus du bestiaire fantastique dont la Bête d'Angles, un ours qui fit de nombreux ravages parmi les jeunes filles concurrençant la Bête du Gévaudan.

Les quarante-huit textes recueillis dans ce volume sont regroupés en chapitres aux noms évocateurs : Les revenants, Les créatures fantastiques, Les pactes avec le diable, Légendes pieuses, Génies et fées, Des faits à la légende, Conte des oiseaux, Contes facétieux et contes de fées.

 

Parcourons quelques-uns de ces contes afin de nous donner une idée plus précise du contenu, contes que l'on peut retrouver dans d'autres régions, sous des formes différentes mais dont l'idée principale est la même.

Ainsi dans Le Curé de Parthenay-le-Vieux, nous retrouvons l'histoire d'un curé qui pour aller au ciel, est obligé de trouver un servant pour célébrer une messe comme dans Le moine du Castennec, issu des Contes et légendes de Bretagne.

Plus étonnant est le conte intitulé Le Conte de la fève. Un pauvre homme nommé Jacquet, dont la femme s'appelle Jacquette et ses onze enfants surnommés les petits Jacquilou, plante une fève dans son courtil. Cette fève pousse et devient si haute qu'elle touche les nuages. Il en entreprend l'ascension et se retrouve au Paradis, devant Saint-Pierre. Cette histoire ressemble par certains points à Jacques et le haricot magique, conte d'origine anglaise, ainsi qu'avec quelques historiettes qui mettent en scène Trois vœux. Mais bien évidemment il ne s'agit que d'un contexte similaire, le développement est différent ainsi que l'épilogue.

Le Fermier bien avisé démontre toute la rouerie dont peut faire preuve un paysan face à un maître qui se montre jaloux de ses bonnes fortunes. Lassé de voir les veaux de Rouleau, le paysan, venir brouter dans ses blés, le maître lui promet que la prochaine fois il tuera les bêtes. N'importe répond Rouleau, je porterai les peaux à la foire. Et ce qui fut dit, fut fait. Par un heureux concours de circonstances, des bandits de grands chemins passent par là et Rouleau grimpe à un arbre, lâche ses peaux à terre. Les malandrins apeurés s'enfuient, pensant à un sort diabolique, et laissent leur baluchon empli d'or. Et c'est ainsi que Rouleau va berner à plusieurs reprises son maître bien moins finaud que lui.

La véritable histoire de Mélusine prend sa source dans les nombreux contes de fées qui de touts temps alimentèrent l'imaginaire. Pour avoir offensé son père, le roi d'Albanie Elinas, elle fut châtiée par sa mère, la fée Pressine, laquelle lui infligea comme malédiction de se transformer, les samedis, en serpent de la ceinture jusqu'aux pieds. Elle rencontra Raimondin, le neveu du comte de Poitiers, ils tombèrent amoureux l'un de l'autre, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Mais Raimondin, un jour, dérogea à sa promesse de ne pas regarder Mélusine le samedi.

 

Les animaux tiennent une place non négligeable et l'on retrouve le Loup-garou, emblème du bestiaire fantastique, ou encore le Cheval Mallet, animal fabuleux qui lorsqu'il a une personne sur son dos traverse les airs, pouvant parcourir en une nuit l'univers, non sans contrepartie.

Les guerres ne sont pas oubliées, et outre les deux principaux faits d'armes évoqués plus haut, il ne faut pas oublier cette année 1202, au cours de laquelle Philippe-Auguste, roi de France, et le roi Jean dit Sans-Terre qui règne sur l'Angleterre et une partie de l'Aquitaine, s'opposent. Les troupes anglaises sont répandues dans le Périgord et le Limousin, et le Poitou est une province attisant les convoitises, principalement la ville de Poitiers, comme en atteste Le siège de Poitiers.

 

Les textes, courts, sont agrémentés de nombreuses illustrations, dessins et photographies noir et blanc, qui apportent un cachet et un intérêt supplémentaires à cet ouvrage. Les auteurs, dont Francine Poitevin, respectent le parler local, patois ou dialecte, dans les dialogues, et nul n'est besoin d'un dictionnaire pour comprendre le sens des échanges verbaux.

 

A lire dans la même collection :

Les Contes et Légendes du Poitou. Avec la participation amicale de Francine Poitevin, Casimir Puichaud, Léo Desaivre, et autres auteurs poitevins. Préface de Gérard Bardon. Collection Contes & Légendes. Editions Marivole. Parution juin 2017. 160 pages. 20,00€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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