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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 04:25

A l’ombre des gnomes en fleurs ?

Serge BRUSSOLO : L’ombre des gnomes.

Dans le cimetière de San Carmino, quelque part entre l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, près de l’océan, des singes n’en font qu’à leur tête. Des singes nus, sans poils, roses comme des petits cochons qu’ils sont, déterrant les cadavres et les mangeant. L’endroit est négligé, laissé à l’abandon.

Pourtant une vieille dame, Maria Estravieja, qui parfois nourrit l’un des gamins du bidonville, sent une force en elle l’inciter à se rendre au cimetière visiter la tombe de son mari afin de vérifier les dire. Tout semble normal. C’est alors qu’elle est victime d’une sorte d’hallucination. La chaleur intense peut-être. Les singes s’amusent avec des cadavres, mordant des index. Lorsqu’elle sort de son étourdissement, tout est normal ou presque. Pourtant sur sa jambe la trace bleuâtre d’une morsure apparaît. Une blessure qui attire l’attention du père Papanatas, le curé du village.

Journaliste scientifique new-yorkais, Mathias Gregory Mikofsky est reçu par le lieutenant de police Manuel Corco. Lequel est troublé par les événements qui se propagent dans la cité divisée en deux, d’un côté les riches retraités vivant dans des constructions neuves, de l’autre le bidonville où sont parqués les miséreux, d’anciens ouvriers la plupart du temps. Et au milieu, dans une sorte de no man’s land, le territoire des frères Zotès, des ferrailleurs débiles qui entretiennent une garde composés de gamins sélectionnés pour garder l’endroit. Corco se plaint de ce que la ville devient folle.

Et les habitants deviennent véritablement fous. Comme une sorte d’épidémie qui se propagerait mais dont l’origine est inconnue. Au départ. Car bientôt Corco et le journaliste se rendent compte que cette épidémie se transmet par morsure. Ceux qui en sont atteints mordent leurs congénères, attirés par la viande fraîche. Et ils se dévorent eux-mêmes, s’automutilant avec délectation.

L’origine résiderait, selon le père Papanatas, d’une invasion d’extra-terrestres datant de quinze mille ans auparavant et dont les vestiges sont encore visibles au Pérou. Du moins c’est ce qu’il déclare à Mikofsky. Et le village de San Carmino aurait été édifié sur un territoire tabou, les singes roses atteints d’alopécie défendant leur terroir. Cet invasion se serait produite soixante ans auparavant, lorsqu’un religieux, un missionnaire accompagné de deux nonnes, se seraient installés dans ce petit village de pêcheurs, s’incrustant dans une ethnie Ayacamaras. Ce qui se produit alors serait une conséquence de cette intrusion.

 

Comme très souvent avec Serge Brussolo le très bon côtoie le n’importe quoi. Je ne parle pas des scènes scatologiques, mais de l’intrigue qui partant dans un sens, se disperse et propose une fin ouverte, comme si l’auteur en cours de route avait décidé de changer d’orientation et ne savait plus comment conclure.

Serge Brussolo ouvre une possibilité sur la compréhension des méfaits des colonisations et du prosélytisme envers des populations qui ne demandent rien à personne, mais que l’on veut asservir à des idées, des modes de vie, un mode de société dont ils n’ont rien à faire et qui se montrent délétères.

Mais pourtant ce roman, qui aurait très bien pu figurer dans la collection Gore, et qui fait suite au roman Les animaux funèbres, promettait et était même addictif. Mais l’épilogue laisse sur sa faim, et on s’en mordrait les doigts.

Serge BRUSSOLO : L’ombre des gnomes. Collection Anticipation N°1594. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03730-3

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 03:40

A ne pas confondre avec L’époux vante…

Maurice LEVEL : L’épouvante.

La trentaine, Onésime Coche, journaliste au Monde, désire s’imposer dans la profession. Et il égratigne souvent les représentants de l’ordre en déclarant à la fin de ses billets : La police est mal faite.

Un soir d’hiver, en sortant de chez son ami Ledoux où il a dîné, il entrevoit comme dans un rêve, la Gloire se promettre à lui. Comme si un double s’immisçait dans son esprit. Il est vrai que des vapeurs d’alcool flottent dans sa tête,

Il avait [déjà] éprouvé cette même sensation inattendue et nette d'être quelqu'un, de porter en lui de grandes choses, et de se dire: «En ce moment, si j'avais une plume, de l'encre et du papier, j'écrirais des phrases immortelles...»

Il est minuit et demi et il sait qu’il vient de louper le dernier tramway. Il ne lui reste qu’à remonter le boulevard Lannes, emprunter la rue Henri-Martin et rentrer chez lui à pied. C’est alors qu’il est le témoin d’une scène opposant deux hommes et une femme. Ils viennent de s’introduire dans l’une des demeures de l’avenue, s’emparant d’objets précieux. Mais l’un des hommes est blessé, ensanglanté.

Alors, effectuant des recherches, et grâce à quelques déductions, Onésime retrouve l’endroit du cambriolage. Il s’introduit dans la demeure, découvre un vieil homme décédé depuis peu, assassiné, et la pièce où il gît chamboulée. Comme l’un de ses mantras est de déclarer que la police est mal faite, il décide de ranger le bazar, et de disposer négligemment quelques indices, dont un bouton de manchette et des morceaux épars d’une enveloppe dont la suscription portait son nom mais n’est plus qu’une sorte de message. Il met les policiers au défi de remonter jusqu’à lui, qui est innocent.

Onésime fait parvenir à son journal un papier dans lequel il narre ce meurtre et le vol. Puis, au petit matin, il s’insère parmi les enquêteurs, se mêle aux journalistes présents, recueille auprès du commissaire du quartier quelques renseignements qu’il divulgue à certains de ses confrères. Puis il donne sa démission et décide de quitter son appartement, change deux trois fois de lieu de résidence afin d’effacer ses traces.

Le commissaire du quartier est dans l’embarras, échafaude un raisonnement ni bon, ni mauvais, mais son adjoint s’attelle à la tâche de résoudre cet imbroglio. La chasse est ouverte et Onésime se sent peu à peu traqué. Au départ ce qui n’était dans son esprit qu’un jeu, une bravade, se retourne contre lui. La descente aux enfers débute.

Qui va gagner dans ce bras de fer ?

 

Placé sous le signe de l’angoisse, qui peu à peu va transformer en épouvante comme l’indique le titre de ce roman, ce texte pourrait être considéré comme la fable de l’arroseur arrosé.

Et à force de vouloir jouer avec le feu, Onésime risque de se brûler les ailes et de finir sur l’échafaud. C’est ce combat entre le journaliste orgueilleux et bravache et les policiers déboussolés mais accrocheurs que Maurice Level raconte. Le suspense va grandissant, étant de plus en plus prégnant. La tension monte progressivement mais inéluctablement.

 

Vous pouvez télécharger gratuitement et légalement ce texte en vous rendant à l’adresse ci-dessous :

Maurice LEVEL : L’épouvante. Edition Ebooks libres et gratuits. Date parution mars 2012. 156 pages.

Première édition 1908.

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 04:14

Fermeté, fidélité, vérité… Emeth-ez vous bien ça dans la tête !

Michel HONAKER : Return of Emeth.

Dans une rue vide et tortueuse de Jérusalem, Charly Silowsky tient un magasin de brocante.

Un jour un étrange client fait irruption dans cette échoppe, accompagné de trois enfants turbulents. Ce sera le dernier client de Silowsky et une affreuse gargouille en bois disparait de tout ce fatras.

Le lendemain, le Grand Rabbin Assi Lehmann, en provenance de New-York, trouve la mort dans un hôtel de Jérusalem dans d’affreuses circonstances. Le fragment de pierre, le Verbe de vie, qu’il était chargé de convoyer et remettre aux autorités religieuses de la ville a disparu.

Le Verbe de vie qui avec ses mystérieuses inscriptions permet de donner la vie à des êtres d’argile et de sang.

Encore du travail sur la planche pour Ebenezer Graymes, alias le Commandeur, qui pensait à tort s’être à tout jamais débarrassé de Emeth lors d’un combat homérique sur le pont de Brooklyn.

Plus nous avançons dans cette série, plus les romans écrits par Michel Honaker sont consistants, intéressants, dépouillés de ces faux attraits scatologiques, violents ou érotiques qui imprégnaient le premier volume de la série.

L’aura de mystère y est plus épaisse également avec des descriptions en images fortes qui font un peu penser à ces bandes dessinées où le fantastique, l’enquête, la démonologie se côtoient, s’interfèrent en un heureux mariage. Des bandes dessinées des années cinquante de l’école belge au graphisme pur, simple, dans une ambiance urbaine nocturne, récréant le rêve, la magie, le fantastique dans des histoires simples, bon enfant, mais attrayantes.

 

Michel HONAKER : Return of Emeth. Le Commandeur N°3. Collection Anticipation N°1748. Editions Fleuve Noir. Parution avril 1990. 192 pages.

ISBN : 2-265-04317-6

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 04:21

Peggy Sue, Peggy Sue
Jolie, jolie, jolie, jolie Peggy Sue...

Serge BRUSSOLO : Armés et dangereux.

Heureux les auteurs soutenus par leurs éditeurs ! Peggy Sue Fairway a connu le succès avec la publication de son premier roman, mais depuis quatre ans, plus rien. L’imagination n’est plus au rendez-vous et conséquence inévitable, elle n’a plus rien écrit. Elle essaie, mais en vain.

Obligée de se loger dans un vieil immeuble, elle est en proie au cafard. Aux cafards, devrais-je dire, car ça grouille de partout. Heureusement le propriétaire fait appel à une entreprise spécialisée dans la destruction de ces insectes nuisibles et un jeune homme se présente afin de la débarrasser de ces blattes envahissantes. Au cours de la conversation, Andy lui apprend que son entreprise, Exterminator, recherche des participants pour un stage afin de déterminer si leur nouveau produit est efficace.

Comme elle est aux abois financièrement, elle se présente au siège de la société mais déjà d’autres prétendants attendent leur tour. A son vif contentement, et étonnement, elle est sélectionnée avec 1000 dollars à la clé pour une semaine de travail.

Départ donc pour ce stage particulier organisé par la société Exterminator, et quelle n’est pas la surprise de Peggy Sue de se retrouver en compagnie d’Andy, grand amateur de whisky, de June Dawson, présidente du Club des Amis de Kitty et Dum, de Ken adepte des préceptes de la religion tibétaine enregistrés sur cassettes. Leur lieu de résidence, la maison Hellsander, est une bâtisse décrépite et à peine terminée, à la lisière du désert de Mojave, gardée par un vieil homme qui se déclare en avoir été le guide lorsque cette demeure avait été transformée en musée.

Car cette vieille maison possède une histoire, elle fut le théâtre d’un épisode tragique que connait fort bien Peggy Sue. En effet son père s’était pris de passion vingt ans auparavant pour l’épopée de deux jeunes truands, Kitty Doyle et Dum Heresford, qui se prenant pour Bonnie and Clyde, avaient braqué avec succès douze banques. Mais lors de l’attaque de la treizième, un gros pépin les attendait. Ils durent fuir les policiers et se réfugièrent dans la maison Hellsander. Cette histoire Peggy Sue l’a entendue et digérée durant toute son enfance et son adolescence, aussi la connaît-elle par cœur sous toutes ses coutures.

Le couple résista tant bien que mal, tuant une trentaine de policiers, avant de succomber sous les balles. Seulement leur magot, qui devait être conséquent, ne fut jamais retrouvé. De même que les corps d’ailleurs. Depuis une légende circule dans le pays, et Peggy Sue se rend compte que ses compagnons, chargés d’exterminer les cafards, ne sont pas insensibles à cette légende.

Outre le vieil homme qui se veut le gardien du temple, vivent à quelques centaines de mètres de là, une vieille femme et sa nièce, dérangée mentalement.

 

On retrouve dans ce roman, qui est plus d’aventures que policier, les thèmes chers à Serge Brussolo, notamment la montée progressive de l’angoisse conjuguée au déchaînement des éléments atmosphériques, et la présence supposée de fantômes, le désert et l’atmosphère délétère qui se dégage d’une bâtisse en ruines. Peu de personnages mais de forts contrastes entre eux. Et les monstres sont remplacés par des cafards, des blattes énormes.

La tension entre les divers protagonistes monte progressivement et l’angoisse s’installe, sans qu’il y ait une once de fantastique dans ce récit.

L’atmosphère repose sur des fantômes supposés, sur la présence d’un énigmatique trésor, et sur les préoccupations des différents protagonistes. Et pour sublimer cette ambiance baignant dans l’angoisse, un orage se déchaîne ajoutant à la peur diffuse qui s’est installée progressivement dans le groupe.

 

Ecrire est un métier, répétait la grande Carrie. Un roman est un produit comme un autre, il faut le bricoler en y mettant tous les ingrédients réclamés par le public. Un roman c’est une recette de cuisine… si on ne respecte pas, on gâche la pâte pour rien. Aujourd’hui, ce qui marche, ce sont les histoires de bonnes femmes coupées en morceaux. Les bouquins avec des psychotiques, vous voyez ? Les têtes tranchées qu’on conserve au réfrigérateur. Les tueurs en série. Faites-moi quelque chose avec un tueur en série. Sans oublier les détails sexuels qui s’imposent, bien sûr. Ça fait vendre.

 

Serge BRUSSOLO : Armés et dangereux. Collection Le Masque N°2157. Librairie des Champs-Elysées. Parution novembre 1993. 224 pages.

ISBN : 9782702424247

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 04:11

Faut en profiter !

Peter VANETT : Trois jours à vivre.

Méthodique, maniaque, célibataire, Simon Auclair effectue tous les jours, à la même heure, les mêmes gestes avant de se rendre à son travail. Seulement, ce vendredi matin, il entend aux informations une nouvelle qui le ramène cinq ans en arrière et va le perturber pour le début de la journée.

Aldo Frascati avait été inculpé cinq ans auparavant pour meurtre et il avait écopé de la perpétuité. Or c’est Simon Auclair qui l’avait identifié et avait témoigné à charge. Les dénégations de Frascati n’avaient rien changé à la donne, il avait été condamné. Mais Frascati vient de s’évader de la prison où il était enfermé et Simon commence à se poser des questions quant à son avenir.

Au bureau, son chef de service et ses collègues sont évidemment informés de cette évasion, eux qui l’avaient chaudement félicité cinq ans auparavant. Simon était même devenu un petit héros au sein de l’entreprise. Soudain le téléphone sonne, c’est Frascati qui se rappelle à son bon souvenir, lui signifiant qu’il n’a plus que trois jours à vivre.

Simon Auclair décide de se rendre au commissariat et demander une protection. Le commissaire ne croit pas trop en la vengeance du truand, mais il va mettre quand même des hommes en faction, chargés de surveiller les alentours et les déplacements de Simon Auclair, lequel n’est pas au courant des précautions prises.

Et Simon Auclair se trouve le lendemain en présence de Frascati dans la rue mais une voiture arrive sur les entrefaites. Simon s’enfuit pensant à des complices de Frascati et le truand parvient à s’échapper. Dès lors, Simon Auclair va vivre des heures sombres, angoissantes, au cours desquelles il se sent traqué, à juste titre.

Parallèlement, le lecteur suit Frascati dans sa nouvelle vie d’évadé. Il s’est réfugié dans une mansarde, dans l’immeuble où vit Mario, son ancien complice, un truand sur le retour. Il est approvisionné par Mimi, seize ans, qui a bien changé depuis qu’il l’avait vue pour la dernière fois. Et Mimi, jeune plante pas encore tout à fait en fleur, tombe amoureuse de Frascati, et veut absolument l’aider dans sa fuite. Les sentiments de Frascati prennent le même chemin, malgré le jeune âge de Mimi.

 

Si la première partie du roman est consacrée à Simon Auclair et à ses affres qui enflent au fur et à mesure que les heures passent, peu à peu l’intérêt du roman se déplace sur Frascati qui devient le personnage principal avec Mario et la jeune Mimi.

Roman psychologique à suspense, dont l’épilogue est franchement noir et pessimiste, Trois jours à vivre est le seul roman de Viviane Syrmen, plus connue des amateurs de littérature populaire sous les noms de Viviane Pernet et Liane Méry, à avoir été publié au Fleuve Noir. Et ce roman, de par certaines scènes et descriptions, sa structure et les différentes phases (et phrases) d’écriture semble bien être une collaboration entre Viviane Syrmen avec son mari de l’époque, Pierre Cambon.

Mais il infirme également les suppositions que ce roman a été réédité dans la collection Femme Viva sous le titre Véronique et signé Isabelle Verdet. Il s’agit juste d’une légère homonymie entre Syrmen/Vernet et Verdet.

 

Les flics ne sont pas des gens bien malins, tout le monde le sait, mais tout de même, tu pourrais finir par te faire posséder…

Peter VANETT : Trois jours à vivre. Collection Spécial Police N°86. Editions Fleuve Noir. Parution 4ème trimestre 1955. 224 pages.

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 04:17

Animal, on est mal…

Serge BRUSSOLO : Les animaux funèbres.

San Carmino, petite ville qui pourrait se situer en Amérique Centrale ou du Sud, construite sur un terrain arraché à la jungle, face à la mer, n’est habitée que de retraités ou presque. La mort et tout ce qui s’y rattache est tabou.

Les retraités vivent paisiblement, protégés par une police intègre. Seul un ghetto, un bidonville fait ombrage dans cette ville nouvelle, proprette. Un bidonville dont les occupants sont en majeure partie d’anciens ouvriers ayant procédé à la construction de San Carmino, mais qui n’ont pas été payés, certains entrepreneurs ayant fait faillite.

Cette sorte de verrue située entre la ville nouvelle et la jungle qui n’a de cesse de reconquérir le territoire perdu, abrite en son sein une vieille femme, surnommée la Sorcière. Elle prépare divers onguents afin de soulager les maux affligeant les représentants dits du troisième âge.

Autrefois, elle était prêtresse d’une église vénérant les divinités locales. Dans ce bidonville, vivent aussi les frères Zotès, des voyous dont la réputation de cruauté s’amplifie de jour en jour.

Pourtant tout irait bien, malgré les délires du lieutenant de police Corco, malgré les tentatives de la jungle d’annihiler les efforts de débroussaillage. Pourtant un jour les singes font irruption et sèment parmi la population une panique qui va crescendo.

 

La suite de cette histoire est éditée dans le volume n°1594 de cette même collection, sous le titre L’ombre des gnomes.

Uns fois encore, la couverture signée Stuart Hugues n’a rien à voir avec le texte, ce qui ne lui ôte en rien sa beauté. Et de plus en plus la collection Anticipation s’oriente vers le fantastico-policier, s’éloignant de plus en plus de sa vocation première l’Anticipation et la Science-fiction. Mais qui s’en plaindrait ?

Serge BRUSSOLO : Les animaux funèbres. Collection Anticipation N°1572. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03676-5

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 04:00

Un engrenage infernal.

Jan THIRION : Ego Fatum.

Tout a commencé à cause d’un adorable arachnide velu. Enfin, pas tout à fait. Tout a commencé par un coup dans la tronche de l’inspecteur Cédric alors qu’il cuisinait, à l’huile ou au beurre, on ne sait pas, un dangereux récidiviste réputé pour être violent. Un nommé Grégorioux dit le Gaulois. L’individu suspecté d’avoir tué un vieil homme a profité d’un moment d’inattention de Cédric pour lui balancer un coup de pied magistral en pleine tête. Résultat un arrêt de travail suite à un coma provoqué dans l’exercice de ses fonctions.

Et c’est comme ça qu’il se retrouve dans l’appartement de sa maîtresse, la fine Delphine, à zapper les films ou séries policières. Car un flic, même lorsqu’il est en congé forcé, s’instruit afin de parfaire ses connaissances. Et ce n’est pas parce que c’est la période d’Halloween et que le Beaujolais nouveau se profile qu’il faut se laisser aller.

Il pense soudain que dans la pièce du dessus, se repose Milly, la fille de Delphine, treize ans. Une idée qui lui procure une réaction qui déforme son pantalon. Il monte et naturellement, elle est là, jambes nues, un long T-shirt noir cachant le haut du corps. Elle veut bien discuter un moment avec lui, mais il a trop bu de boisson gazeuse sucrée, et inévitablement le trop plein demande à être évacué dans les toilettes proches.

Alors qu’il satisfait une miction bienfaisante pour sa vessie, il entend hurler Milly. Il se précipite, se demande ce qui lui arrive, et aperçoit une énorme araignée qui a profité que la fenêtre soit ouverte alors que le radiateur chauffe, pour s’immiscer dans la pièce. Milly qui est arachnophobe, encore fallait-il le savoir, enjambe la balustrade de la mezzanine et tombe malencontreusement. L’araignée, elle, se cache et Cédric est affolé. Milly gît en bas et elle ne criera plus lorsqu’elle apercevra une épeire en train de déambuler.

Cédric se demande bien comment se dépatouiller de cette situation lorsque Delphine entre. Horreur, malheur, ce qu’elle voit en premier, c’est Cédric, le vermisseau sortant de son pantalon, tenant dans ses bras Milly allongée à terre. Une situation qui prête à confusion. Elle n’accepte pas le début d’une explication, crie, le traite de tous les noms et s’engage une lutte entre les deux amants, lutte qui se termine par le retentissement du gong. Au revoir, ou plutôt adieu, Delphine.

Une tragédie dont il est l’acteur involontaire, mais ce n’est pas fini, comme les séries à épisodes qu’il aurait mieux fait de continuer à visionner au lieu de monter voir sa belle-fille. Car une petite vieille, une voisine, passe la tête par la porte restée entrouverte et naturellement voit le carnage. Elle repart vers son appartement, il la suit, elle entre chez elle et n’a pas le temps de fermer sa porte qu’elle est bousculée. Qu’elles sont bousculées. La porte et la petite vieille qui était derrière et qui ne pourra pas établir un compte-rendu de la situation à son mari arrimé à une bouteille d’oxygène.

La série continue…

Alors Cédric balance entre deux solutions : se suicider ou faire appel à quelques-unes de ses connaissances qui lui doivent un petit service, lui qui les a aidés lorsqu’ils étaient dans le besoin.

 

Araignée du matin, chagrin ; araignée du soir, espoir. Les dictons sont parfois, souvent, mensongers.

Comme un mantra, qui est l’une des phrases favorites de son chef, tourne dans sa tête cette évidence, cette lapalissade : Tant qu’on n’est pas mort, on est vivant.

Mais Cédric pourrait tout autant chanter Ô Toulouse comme Nougaro. To lose surtout serait plus approprié. Mais il n’a pas le cœur à fredonner ce texte, ode à la ville où il travaille et vit. Il pense surtout à se dépatouiller de cet engrenage infernal dans lequel il est entraîné à son corps et son esprit défendant.

Un engrenage infernal qui se produit à cause d’une confusion, qui pourrait prêter à sourire, comme l’escalade de mauvaises nouvelles dans la chanson Tout va très bien madame la marquise de Ray Ventura. Sauf que Cédric n’a vraiment pas le cœur à fredonner, plutôt à s’extirper de cette spirale infernale qui continue, encore et encore.

Jan Thirion manipule ses personnages et le lecteur par une histoire baroque, insolite, biscornue, se jouant des situations avec une écriture fouillée, travaillée, parfois ciselée au scalpel. Il œuvre dans la dérision tout en construisant une intrigue dont l’épilogue ne peut être qu’un pied de nez au destin.

 

 

Les chaussures de luxe n’empêchent pas de marcher de temps à autre dans la merde.

Première parution : Editions Krakoen. Parution 7 décembre 2006. 188 pages.

Première parution : Editions Krakoen. Parution 7 décembre 2006. 188 pages.

Jan THIRION : Ego Fatum. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Parution 3 juillet 2020. 135 pages. 3,99€.

ISBN : 9791023408201

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 04:17

Dans la lignée de Fantômas, de Zigomar et de Fu-Manchu…

Anonyme : Le professeur Flax, monstre humain.

Si le personnage de Harry Dickson est surtout connu grâce aux traductions du néerlandais par Jean Ray qui a décidé par la suite d’imaginer de nouvelles aventures au célèbre détective surnommé le Sherlock Holmes américain en s’appuyant sur des illustrations de couvertures, il ne faut pas oublier non plus qu’il fut d’abord édité en France grâce à des traductions, non signées, de Gustave Le Rouge en autres.

En effet, cet auteur prolifique a traduit les six aventures au cours desquelles Harry Dickson et son fidèle ami et élève Tom Wills vont être confrontés à l’ennemi public numéro 1, le professeur Flax, qui est un peu une émanation de personnages malfaisants dont le plus représentatif est peut-être Fantômas. Sans oublier, mais il n’est pas Français, l’horrible Fu Manchu du britannique Sax Rohmer, un malfaisant incarnant le péril jaune souvent utilisé pour l’édification des jeunes et moins jeunes lecteurs.

Ces aventures totalement débridées (de nombreuses poursuites à dos de cheval ont lieu), paraissent invraisemblables dans leur démesure, tout comme le furent les épisodes consacrés à un autre héros le célèbre Furax. Et pourtant, malgré les débordements parfois outranciers des épisodes qui se succèdent sans répit ni relâche, ces textes possèdent encore de nos jours un parfum de nouveauté loin des aventures policées qui étaient publiées à cette époque.

Dans La prisonnière du clocher, nous retrouvons Harry Dickson dans la région de l’Epire, chevauchant seul en compagnie d’un léopard et arrivant près d’une auberge. Muni de documents officiels, il est pris pour un ministre. Les habitants sont effrayés à la vue du léopard mais cela ne les empêche pas de se presser auprès de l’étranger. Le maire annonce que le prêtre du village a été assassiné une heure auparavant, probablement par un des brigands qui infestent la région. La bonne du curé, qui voudrait bien en peut point, lui apprend que quelques jours auparavant une jeune fille, apparemment de bonne famille, s’était entretenue avec le prêtre puis était repartie à cheval dans la nuit.

En compagnie de son léopard qui lui sert de chien, cherchant des traces et des empreintes dans la cave, Harry Dickson découvre le corps emmuré d’une femme en costume macédonien. La servante reconnait en cette dépouille l’inconnu qui s’était entretenue avec le prêtre. Une lettre est découverte signée Flax, qui se fait désormais appeler Mustapha Bey. Aussitôt il se décide à se rendre à Jannuia où Flax s’est probablement rendu pour se diriger ensuite vers Constantinople.

Harry Dickson prend le train, placé dans un compartiment où est déjà installé un voyageur endormi. Mais le léopard, de par ses mouvements, déclenche une machine infernale reliée à un revolver. L’animal décède. Un piège qui était destiné à Harry Dickson. Le contrôleur du train n’était autre que Flax et le combat qui devait s’engager entre les deux hommes est perturbé par l’attaque d’Albanais.

Le train est arrêté et l’un des jeunes Albanais se fraie un chemin entre les agresseurs. Il parvient à monter sur le marchepied du wagon : il s’agit de Tom Wills, l’élève et apprenti de Dickson.

L’aventure continue pour les deux amis jusqu’en Chine où Flax les a précédé, continuant ses méfaits. Et dans la capitale chinoise, Dickson et Tom Wills vont affronter leur ennemi jusqu’à un clocher où est attachée une jeune femme dont la vie ne tient qu’à un battant de cloche. Ce qui justifie le titre de cet épisode.

Suivent deux autres épisodes tout aussi échevelés, hauts en couleurs et en péripéties improbables, Flax et Dickson possédant l’art du grimage et du déguisement.

 

 

Sommaire :

La prisonnière du clocher

Le rajah rouge

Le bourreau de Londres

Postfaces de Jacques Bisceglia et Gérard Dôle.

Anonyme : Le professeur Flax, monstre humain. Collection Harry Dickson. Volume 2. Corps 9 éditions. Parution janvier 1984. 288 pages.

ISBN : 2-904846-01-8

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 04:40

C'est moi la servante du château
J'remplis les vases et j'vide les siaux
J'manie l'balai et pis l'torchon
J'fais la pâtée pour les cochons
Et pis la soupe pour les patrons…

Ricet Barrier.

Maurice LIMAT : Chantespectre.

Au bout du rouleau, Jean-Luc Bernier, le narrateur, répond à une petite annonce assez vague dans la description du travail qui sera demandé à celui qui sera choisi. Il rencontre dans une chambre d’hôtel un homme dont il ne se rappelle pas grand-chose. Il aurait signé un papier, un contrat, mais tout cela est vague dans son esprit. Peut-être la cigarette offerte était-elle droguée.

Quoiqu’il en soit, le voici arrivé au Manoir de Chantespectre, en Picardie, à la disposition du comte de Velmor. Un manoir construit sur d’anciennes ruines dont ne subsistent qu’une tour, des couloirs sombres, des oubliettes, et surtout peuplé de corbeaux et qui résonne d’étranges plaintes lugubres.

Alors qu’il est prêt et près de repartir, de quitter cet endroit sinistre, remettant ses affaires dans sa valise, une lettre est glissée sous la porte de la chambre qui lui est dévolue. Cette missive lui enjoint de rester, malgré son désir de quitter la place. Il comprendra pus tard. Mais pour l’heure, Jean-Luc ne comprend rien. Alors il défait sa valise et advienne que pourra.

Seule une autre personne vit dans ce manoir, une demoiselle d’après Jean-Luc, qui le sert à table, ayant préparé elle-même les plats, et qui fait office de servante. Elle l’invite à rejoindre le comte en sa bibliothèque, mais pour cela il lui faut passer par une sorte de salon. Et dans cette pièce, accrochée au mur, une panoplie dont un poignard qui semble défier notre narrateur. Un poignard Renaissance qui prendra une grande importance dans ce récit.

Quant à celle qu’il prend pour la servante du château (chère à Ricet-Barrier) il s’agit tout simplement d’Elisabeth, la femme du comte. Et le soir, comme elle est confinée au château, que son mari est malade, atteint de la leucémie et autres affections mortifères, elle rejoint Jean-Luc dans son lit. Ce n’est pas de l’amour, mais un passe-temps accouplé à un besoin physique.

Et toujours ce poignard qui fait des siennes, qui se trouve à un endroit où il ne devrait pas être, comme dans le lit de Jean-Luc lorsqu’Elisabeth le rejoint entre ses draps. Elle en a la cuisse balafrée, ce qui ne plait guère à la gente personne. N’y tenant plus, Jean-Luc se débarrasse de l’arme encombrante en la jetant dans les douves.

Et Jean-Luc, qui pourtant n’est pas un indiscret, entend à travers la porte de la chambre du malade, des discussions qui s’enveniment. A moi comte deux mots, pourrait-il s’écrier, mais il se tait sous le coup de la révélation Elisabeth aurait un amant à Paris.

 

C’est dans cette atmosphère délétère, cette ambiance angoissante que se déroule le séjour de Jean-Luc. Il ne se souvient plus exactement dans quelles conditions il a accepté cet emploi, mais il sent confusément qu’il a signé un contrat. Et ce contrat, probablement signé lors de sa rencontre avec un personnage dont il ne se souvient pas des traits, il tient à l’honorer.

Ce roman qui tient plus de l’angoisse que du fantastique, malgré ce poignard qui semble doué de vie, est aussi une incursion psychologique, les pensées prévalant sur les actions.

Depuis mon arrivée, cette lame me hantait et les propos quelque peu fiévreux du comte à son sujet n’étaient pas faits pour m’apaiser. Il me semblait obscurément que, quel que fut celui des deux époux qui songeât au crime, ce serait avec ce poignard qu’il chercherait à armer ma main, pour exécuter le geste fatal.

Un bon roman de Limat, quoiqu’en pensent les détracteurs de l’auteur. L’écriture est élégante, travaillée, et en remontrerait de beaucoup à certains auteurs actuels qui privilégient le sensationnel et les scènes de violence à la simplicité d’une intrigue tournant autour de trois personnages.

 

Maurice LIMAT : Chantespectre. Collection Angoisse n°95. Editions Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1963. 224 pages.

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 03:57

Il y en avait une de trop !

Louis C. THOMAS : Pour le meilleur et pour le pire.

Professeur de philosophie dans une institution versaillaise, plus par occupation que par besoins financiers réels, Hervé Savenay est dans le box des accusés, soupçonné d’avoir tué sa sœur, avec laquelle il vivait dans leur maison de Saint-Cloud. Le mois de juillet commence vraiment mal pour lui.

Anne-Marie, âgée de quarante ans alors que lui en a vingt-neuf, a élevé son frère depuis la mort tragique de leurs parents. Seulement, il a commis l’impensable : il s’est marié deux ans auparavant avec Catherine. Une union qui déplaisait fortement, pour ne pas dire plus, à Anne-Marie qui a toujours considéré Hervé comme son bien. Possessive, jalouse, elle n’a jamais accepté l’intruse dans le domicile familial. Elle avait tellement couvé son petit frère que celui-ci était vierge lorsqu’il a couché pour la première fois avec Catherine, qui lui a tout appris. Mais n’entrons pas dans les détails, cela relève de la vie privée.

Or début mai, Catherine est partie avec son bagage au bout du bras, et depuis Hervé n’a jamais eu de nouvelles de sa femme. Il a demandé à une officine de détectives privés d’enquêter, payant assez grassement pour des résultats maigrelets.

Il est au bout du rouleau mentalement, d’ailleurs il est suivi par un docteur qui lui préconise des calmants susceptibles de lui remettre les neurones dans le bon ordre de marche. Et un soir, il décide de se suicider. Ni plus, ni moins, à l’aide d’une arme à feu provenant de son père. C’est à ce moment qui aurait pu être fatal et en même temps une délivrance, que surgit hors de la nuit, non pas Zorro mais un homme qui prétend s’appeler Ribérac et être détective privé.

Au compte-gouttes et promesse de gros billets à l’appui, Ribérac prétend pouvoir fournir des informations, alors que lorsqu’il était employé dans l’officine, il n’y avait jamais eu de résultats probants. Comme depuis il a donné sa démission, il est libre. Hervé accepte ce marchandage afin de pouvoir remonter la piste de Catherine et retrouver sa femme.

Anne-Marie confisque le Browning dont voulait se servir Hervé et le cache afin qu’il ne récidive. Ribérac revient à la charge et lui remet un bijou de famille qu’Hervé avait offert à Catherine. Une preuve selon le détective qui affirme avoir rencontré début mai la jeune femme. Une collègue de Catherine se manifeste, affirmant elle aussi avoir rencontré en coup de vent sa copine début mai, et bientôt entre Nathalie, c’est son nom, et Hervé, les atomes sont tellement crochus qu’ils se retrouvent dans le même lit.

 

Louis C. Thomas est, était puisqu’il est décédé le 10 mai 2003, le spécialiste du roman policier de suspense psychologique mais pas que. En effet il fut l’auteur de nombreuses pièces radiophoniques dans le cadre des Maîtres du mystère, et le scénariste de nombreux scenarii pour la série télévisée des Cinq dernières minutes.

Peu de personnages dans ce roman, comme souvent, et qui fait penser un peu à une pièce de théâtre. Tout tourne autour d’Hervé, le personnage principal, de sa sœur Anne-Marie, de Ribérac le détective privé et de Nathalie, la jolie et accueillante collègue de Catherine. Plus quelques personnages, des seconds rôles, plus particulièrement à la fin, dans le prétoire.

Et l’épilogue ne manque pas de suspense, car si Hervé est accusé d’avoir tué sa sœur, ce dont il se défend, le fantôme de Catherine est omniprésent.

 

Louis C. THOMAS : Pour le meilleur et pour le pire. Collection Les Maîtres de la Littérature Policière. Editions du Rocher. Parution février 1985. 246 pages.

Première édition : éditions Opta. 1976.

ISBN : 9782268003528

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  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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