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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 10:51

La galette bretonne de Marc ? Un disque vinyle...

Sylvette HEURTEL : Sortie de piste.

Marc, chanteur embarque sur le navire reliant le continent à l'île. Contrairement à la plupart des autres passagers qui préfèrent converser à deux appuyés au bastingage, il se pose au bar où il est rejoint par de nombreux fans dont bon nombre d'enfants, heureux de retrouver leur idole.

Au même moment, Jane, juchée sur des chaussures à talon-échasses qui la font tituber, monte à bord, lunettes noires fixées sur le nez, les oreilles bouchées par des écouteurs, trainant sa valise à roulettes. Parmi la foule qu'elle ignore elle continue sa conversation avec son correspondant invisible.

Marc est assailli de partout. Un prochain disque et un concert de prévus, on le sent habité par le blues des îles. Mais ces jours de fête qui se profilent, dans la maison et les trois bars insulaires ne plaisent pas tout le monde. Comme une pause nocive qui se prépare.

Le débarquement se déroule dans la fièvre, comme une ruée vers l'or. Le bateau ne reste à quai que dix minutes, alors pas de tergiversations. Jane descend la dernière et constate avec dépit que la batterie de son portable a rendu l'âme. Alors destination du village à pied, deux kilomètres à parcourir perchée sur ses talons inadéquats pour la route pavée. Heureusement une camionnette ralentit, le conducteur, un peintre en bâtiment-photographe spécialisé dans les clichés d'épaves, lui propose de la prendre à bord. Au moins, elle échappe à la pluie qui a détrempé sa veste et peut jouir à l'abri de la vue du paysage.

A l'auberge, elle est étonnée de s'apercevoir que la patronne qu'elle imaginait vieille, est une aimable trentenaire blonde appuyée sur des béquilles.

Jane et Karine, la tenancière, se jaugent, s'estiment et Jane propose même à l'aider dans son travail de livraison de colis en provenance du continent, l'auberge n'étant qu'un complément de revenus.

 

Mais que vient faire Jane sur cette île fouaillée par la pluie ? Sylvette Heurtel laisse monter doucement la pression, le lecteur envisage plusieurs pistes, tragiques de préférence, mais laquelle aura la préférence de l'auteur qui joue avec les nerfs. Et si c'était pour faire chanter le chanteur près tout ? A moins qu'il ne s'agisse que d'une vengeance, ou d'un obscur caprice de groupie, ou d'un besoin inavoué de.. de quoi, au fait ? Les motivations de Jane ne se dévoilent que peu à peu lors de l'épilogue. Sylvette Heurtel nous mène en bateau, et nous plongeons volontiers dans les vagues suppositions, à la découverte d'une île bretonne.

La carte postale musicale est jubilatoire et énigmatique à souhait.

 

Un ouvrage à commander sur le site de la librairie Ska

Sylvette HEURTEL : Sortie de piste. Nouvelle numérique. Collection Noire sœur. Editions Ska. 1,49€.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 13:29

Du miroir ?

Gilles VIDAL & Francine ANDRES : De l'autre côté.

Entre bande dessinée à l'ancienne dont les textes sont en dessous des vignettes et bande dessinée moderne avec phylactères incrustés, De l'autre côté nous plonge dans un univers mélangeant Anticipation, Fantastique et Onirisme noir.

Le narrateur, qui se prénomme Julius, vient d'échapper à une rafle qui n'a pas épargné ses parents. La ville de Markszbourg, et plus particulièrement son quartier le Blok III est sous la coupe du Blokmaster. Ses sbires, des hommes habillés d'uniformes gris métallique, ont enlevé son père et sa mère, auxquels il n'était pas vraiment attaché, et Julius se retrouve à la rue. Il a épongé les dettes et se déambule sans un fifrelin en poche. D'ailleurs tout se paie par cartes informatisées. L'argent ne circule plus, ou alors il s'agit de troc.

Après avoir erré dans la cité, Julius recherche de la nourriture, la plupart du temps sous forme de plaquettes nutritives. Il voyage en stop à bord de tankers qui daignent le prendre à bord. Il pense pouvoir continuer jusqu'à ce qu'une voiture s'arrête non loin de lui. Alerte ! Il prend ses jambes à son cou, perdant dans la foulée une chaussure et s'écroule sous des arbres dans la forêt proche.

Changement de décor, les lieux maudits de science-fiction sinistres et funestes, déshumanisés, laissent place à la nature vivifiante et propice aux rêves éveillés. Mais est-ce un rêve que cette jeune fille qu'il aperçoit sur la berge d'un lac ?.

 

Gilles Vidal ne fait qu'anticiper ce que tous nous redoutons : l'emprise tyrannique du progrès à outrance, la perte du goût des choses simples. L'homme est dépossédé de sa liberté en voulant s'affranchir par l'informatique et ses dérivés de contraintes qui sont encore plus contraignantes avec améliorations de la vie courante fallacieuses.

Francine Andrès met ses pinceaux au service du texte, alternant les styles, les adaptant au texte. Elle passe allègrement du flou évanescent en touches déclinant toutes les nuances du noir et blanc avec des gris pastels ou en lavis, aux traits fins et précis géométriques, aux figurines en ombres chinoises au pochoir ou encore aux personnages esquissés à traits rapides comme des ébauches. Mais ceci n'est que l'avis d'un ignare en peinture qui décrit sa propre perception des images.

Gilles VIDAL & Francine ANDRES : De l'autre côté.

Gilles VIDAL & Francine ANDRES : De l'autre côté. Nouvelle graphique. Editions du Horsain. Parution le 1er décembre 2014. 46 pages. 9,00€. Version numérique aux édition Ska. 3,99€.

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 09:01

A la soupe... !

Louisa KERN : Gaspacho.

La voiture tombée dans le contrebas, près d'une rive de la Garonne, et au volant Rodriguez apparemment mort. Elle s'en assure en lui balançant un coup de pied dans le flanc. Pour la narratrice, ce n'est pas le plus important. Elle a une épaule démise et tente de remettre à sa place le bras droit en se cognant contre un arbre. Là haut elle entend une voiture arriver. Pas de temps à perdre.

Après avoir subtilisé la bague de Rodriguez, et l'avoir ingérée, elle s'empare d'un sac de sport dans le coffre de la bagnole amochée, et elle court malgré ses blessures. Là-haut, ça se précipite. Ses poursuivants se précipitent dans le précipice afin de constater les dégâts, tandis que par un chemin détourné elle parvient en haut. Elle s'installe à la place du conducteur, farfouille dans la boite à gants, déniche un revolver et attend la remontée en file indienne de ses poursuivants. Ensuite, c'est comme au chamboule-tout, ils restent tous le carreau.

Elle quitte Toulouse pour rejoindre le Sud, loin, en bas vers les Pyrénées. Pas de pièces d'identité, c'est pas grave quand on a de l'argent, puisé dans le sac de sport. Et puis elle s'est installée dans une ruine, une vieille épicerie qu'elle a racheté et elle vend de tout, de l'alcool surtout aux ouvriers de l'usine non loin, acceptant de faire crédit mais pas trop aux mères de famille et proposant les charmes de Julieta, pas trop cher quand même, aux hommes qui frappent la nuit à la porte située sur le côté. Et puis Julieta n'a pas trop son mot à dire, elle l'a récupérée alors qu'elle n'avait pas encore quinze ans.

Bref tout irait bien, malgré son épaule toujours en vrac, et fume les petits joints depuis la fenêtre de sa chambre sise au dessus du commerce. Car elle se ravitaille elle-même en marijuana qu'elle produit dans son jardin, du bio. Et elle a toujours de la sangria ou du gaspacho frais en pichet pour les touristes perdus dans le coin et qui recherchent de l'authentique. Jusqu'au jour deux hommes déguisés en touristes avec lunettes et chapeaux débarquent.

 

Ceux qui se sont longtemps immergés dans les romans des années cinquante ou soixante retrouveront une histoire à la Peter Randa, auteur prolifique du Fleuve Noir qui a également été édité à la Série Noire sous le nom d'André Duquesne. Une histoire dans laquelle les malfrats occupent le rôle principal, tournant la plupart du temps sur une affaire de cambriolage qui finit plus ou moins bien. Mais Louisa Kern apporte une autre dimension, avec un petit air bucolique, car au lieu des éternels truands de sexe masculin c'est une femme qui s'exprime.

Les phrases sont ciselées, courtes, vives, comme des rafales de mitraillettes qui s'enchaînent les unes aux autres. Et elles font mouche, un tir précis presque à bout portant. Louisa Kern, un pseudonyme, je serais tenté de le penser, car le texte et l'histoire sont travaillées, avec juste les ellipses qu'il faut pour privilégier l'action sans perturber pour autant le lecteur. Et cette nouvelle pourrait très bien être la trame (certains disent Pitch !) d'un roman.

Vous pouvez commander cet ouvrage numérique et bien d'autres auprès de la Librairie Ska.

Louisa KERN : Gaspacho. Collection Noire Sœur. Editions SKA. 1,49€.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 14:57

Comme la peur ?

José NOCE : Sniper au ventre.

Un local commercial qui abrite deux boutiques cela semble banal n'est-ce pas ? A droite une bijouterie, spécialisée dans la vente à crédit, tenue par Romain, un homme qui s'autoproclame sexygénaire. A gauche, une boutique d'art contemporain, où officie Alessandra, quarantaine épanouie, dont le visage supporte quelques cicatrices peu voyantes.

Moins banal lorsqu'on sait que s'ils sont côte à côte dans cette île édénique - cela change de paradisiaque - c'est bien parce qu'ils se connaissent depuis de longues années, ils ont même été amants - c'est leur problème - mais surtout à cause d'une retraite anticipée.

Alessandra réside sur cette verrue océanique depuis cinq ans, conseillée par Romain qui lui y vit depuis sept années déjà. Et ce n'est pas le hasard qui l'a mené à Funchal, Madère, mais bien à cause de sa ressemblance avec Lisbonne.

Elle travaillait officiellement comme pute de luxe, mais selon les ordres qui lui étaient signifiés, elle aidait à s'endormir définitivement des rupins en leur proposant un verre contenant un produit létal. Grâce à ses charmes, elle avait réussi à obtenir la composition de cette drogue et s'en était servie à des fins personnelles, ce qui bien évidemment l'avait obligée à se retirer du circuit. Romain faisait partie de cette même organisation des Nettoyeurs Internationaux Révolutionnaires, tenant le rôle de tour de contrôle.

Mais cette relative sérénité ne peut durer car s'ils ont été envoyés sur cette île, un peu comme des bannis, c'étaient bien pour les mettre sur une voie de garage. Ils ont atteint la date de validité de leur séjour, sur l'île et peut-être sur Terre.

José NOCE : Sniper au ventre.

Humour noir garanti pour cette nouvelle concoctée par José Noce qui n'oublie pas qu'il est aussi artiste-peintre. Un texte qui ressemble à ses toiles, plein de fureur et de couleurs. Et qui cache sous la douceur factice d'une terre promise une volonté sans faille, quelle que soit l'adversité. Et dans les moments les plus tragiques, on s'aperçoit parfois que l'on peut compter sur un ami dont on ignorait l'existence.

José NOCE : Sniper au ventre.

Il vous est fortement conseillé de visiter le site de José Noce et de vous ébaubir devant ses créations.

A lire mes chroniques concernant : Snipper Bleu et Villa Confusione, une nouvelle et un roman de José Noce.

 

José NOCE : Sniper au ventre. Série Sniper. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 1,49€.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 13:16

Infirmière, infirme aujourd'hui...

Jean-Jacques REBOUX : Il était moins une.

Un panache de fumée qui s'échappe, le signal qu'une panne bête et méchante se profile. Au lieu d'ouvrir le capot de sa bagnole, et d'attendre que quelqu'un s'arrête, il préfère rouler jusqu'à un parking pour se garer. Puis il rejoint la route et tente d'attendrir un voyageur qui compatirait à ses problèmes. Hélas, les auto-stoppeurs n'ont plus la côte sur la RN13. De plus il pleut, le vent souffle en rafales. Pas un temps à mettre un conducteur dehors. Alors il réintègre l'habitacle de son véhicule et s'endort.

Il est réveillé par une jeune femme qui frappe à la vitre. Elle lui tend un verre, mais son apparence est froide, pourtant ça déménage dans les organes vitaux d'Hubert. D'ailleurs si elle l'appelle ainsi, comment connaît-elle son prénom ? Et puis elle porte une blouse blanche, un stéthoscope autour du cou, parle d'accident, d'une gauche qu'elle aurait réussi à sauver, et autres balivernes dont il ne comprend pas la signification. Des reproches aussi, mais pour quelles raisons... Et elle lui montre un pansement placé sur le bas-ventre.

Une hallucination qui se transforme en véritable cauchemar lorsque déboulent dans la pièce dix flics, cagoulés, habillés de noir. Un hôpital cette fois avec une vraie infirmière.

 

Une nouvelle qui fait froid dans le dos et ailleurs, et qui ne donne pas envie de prendre à son bord une auto-stoppeuse. On n'est en sécurité nulle part, mais il faut prendre tout cela avec philosophie. Et se dire que cela aurait pu être pire. Petit conseil, surtout si vous devez circuler entre Caen et Lisieux : prenez vos précautions. Vérification de l'état du véhicule indispensable avant de partir en voyage et un téléphone portable avec une batterie chargée afin d'éviter toute défaillance technique qui vous empêcherait de prévenir la personne de votre choix.

Jean-Jacques Reboux manie l'humour noir avec virtuosité, cette virtuosité indispensable par exemple à un chirurgien qui pratiquerait une ablation.

 

Vous pouvez commander cet ouvrage à la Librairie Ska qui vous accueille avec un sourire virtuel mais chaleureux.

 

Jean-Jacques REBOUX : Il était moins une. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 1,49€.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 08:44

Une histoire gigogne ?

José NOCE : Sniper Bleu.

L’histoire s’enchaine un peu comme la publicité de la peinture Ripolin, célèbre affiche des années 1913 et suivantes.

Erri avait préparé le terrain soigneusement afin que les occupants dégagent et lui laissent place nette, en bordure de la plage près de Dannes, une petite commune du Boulonnais.

C’est qu’il voulait être seul, avec son chien, pour mener à bien sa mission. Mais il est pris en défaut par une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux, normal, puisqu’elle est gradée dans les Douanes volantes, et accessoirement fournit des relevés ornithologiques. Et elle assure qu’elle-même est surveillée par un troisième personnage dissimulé dans les dunes.

Qui ne va pas être à la noce, dans ce texte de José Noce ?

 

Cette nouvelle est la réédition version numérique d'un petit livre publié dans la collection Petit Noir N°5 des éditions Krakoen en février 2012. Elle constitue le premier volet d'une série intitulée Snipper. Et bientôt sur vos écrans : Snipper au ventre.

 

Et je ne me lasse pas de le répéter, vous pouvez commander cet ouvrage à la Librairie Ska qui vous accueille avec un sourire virtuel mais chaleureux.

 

José NOCE : Sniper Bleu. Collection Noire Soeur. Editions Ska. 0,99€.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:40

A lire en écoutant Tell me more and more...

Marc VILLARD : La pierre noire.

Andy Parker est infirmier au Metropolitan Hospital et lorsqu'il ne soigne pas ses patients, il dessine des portraits à la pierre noire, plus propre que le fusain. Des personnes rencontrées dans le métro, sur son lieu de travail également. Surtout. Ce jour-là il vient de croquer Costello, un vieil homme qui est décédé quelques minutes auparavant lorsqu'il apprend que Billie Holiday a été admise dans les locaux.

Andy se souvient d'avoir vu et entendu la chanteuse au Five Spot où elle avait interprété en compagnie du contrebassiste Mal Weldron quelques airs en échange de verres de bourbon. Emu il avait puisé dans sa maigre réserve afin de s'acheter les vinyles de la diva du jazz.

Avant de se rendre dans la chambre où Billie Holiday repose, il téléphone à un nommé Weinstein qui lui demande de passer le voir. Car Andy outre son statut d'infirmier fournit à Weinstein, un paralytique directeur d'une galerie, des portraits de personnes décédées, connues du grand public de préférence.

Outre l'alcool, Billie Holiday est dépendante d'une autre substance, la drogue, et son biographe indique qu'il faudrait lui en faire parvenir, malgré son état délabré, et l'interdiction d'en introduire en milieu hospitalier. Andy est accablé lorsqu'il voit Lady Day gésir dans ce lit et il refuse à Weinstein de faire le portrait d'une femme qu'il vénère, allongée, moribonde.

 

En amateur (dans le sens noble du terme) éclairé du jazz, Marc Villard se penche sur les derniers jours d'une icône du jazz. Ce n'est pas la première fois qu'il exprime sa compassion envers ces jazzmen, hommes ou femmes, qui ont joué d'un instrument, de leur voix et avec leur vie. Il nous les restitue dans des moments particuliers de leur existence, leur rend hommage, avec cette indulgence et cette affection tendres et affectueuses de l'amoureux qui pardonne tout et veut transmettre ses sentiments, ses sensations, ses émotions à un large public, passionné du jazz ou non.

Le lecteur habitué des romans policiers américains relèvera une référence cachée à Ed McBain, puisqu'il y est question du commissariat du 87ème.

Cette nouvelle a été pré publiée dans le défunt magazine Jazzman au début des années 2000.

De Marc Villard, voir également parmi les dernières parutions : Scènes de crime; Sharon Tate ne verra pas Altamont; El Diez.

Vous pouvez commander directement cette nouvelle numérique à la Librairie Ska, la livraison est gratuite.

 

Marc VILLARD : La pierre noire. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 1,49€.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 12:14

Pour preuve cette petite sélection de titres proposés dans la sélection d'octobre prélevée aussi bien dans la collection Noire Sœur que dans celle au nom explicite de Culissime :

Déesse SKA aime la littérature érotique mais pas que...

Dominique GUERIN : Zag-Zig : Ce n'est pas en mettant sa main sur le thorax que le sang s'arrêtera de couler, parsemant sa course comme autant de pointillés rougeâtres déposés par ce nouveau Petit Poucet. Il zigzague afin de rejoindre son wagon, celui qui accroché à la loco conduite par Marmine l'emmènera peut-être ailleurs. Et tout en courant il pense au père de Marmine qui avait pris ses doigts pour des saucisses et les avait carbonisés en jouant du chalumeau. Zag-Zig est blessé, tout ça à cause de disques, cd ou vinyle et accessoires à refourguer sur un site de revente en ligne. La faute à pas de chance et d'un vigile surpris. Dans sa tête résonne la musique, la sienne, celle qu'il aime, d'aujourd'hui.

Un texte qui clape comme du rap et est loin de jouer une petite musique de nuit. Pas trop mon truc, mais la musique est universelle et il en faut pour tout le monde. Un texte qui, à mon avis est plus destiné aux jeunes qu'aux vieux qu'on de l'âge comme moi.

Collection Noire Soeur. 1,49€.

Déesse SKA aime la littérature érotique mais pas que...

Pascal Jahouel : Just like a hobo. Le Havre sous la pluie, le vent, et le narrateur qui se bat contre les éléments déchainés. Dans les oreilles Just like a hobo de Little Bob. Il s'est aventuré sur les quais, pour la présentation avant-départ de la Jacques Vabre. Il n'en a rien à faire de course au goût de café amer. Il a, avait, tout pour être heureux, mais c'est un paumé de la vie. Il traîne sa déglingue sur les pontons, s'enfourne dans un bar, se remémore des souvenirs de vie familiale et fait la connaissance d'un officier de la marine marchande argentine.

Dans ce texte la musique est prégnante, comme dans le précédent, mais une musique que je comprends, qui m'a accompagnée, Little Bob Story, les Dogs, les imaginaires Stratocasters dont je tirais des sons avec la bouche comme si je savais en jouer. Mais c'est bien le syndrome de la cinquantaine qui englobe ce texte, et la liberté qui se rythme dans la tête est peut-être une utopie.

Collection Noire Soeur. 1,49€.

Déesse SKA aime la littérature érotique mais pas que...

Et pour justifier le titre de cette chronique passons à une autre sorte de musique.

 

Madame Solange : La turlute enchantée.

Madame Mado est une vieille prostituée qui a baladé ses guiboles un peu partout et ses veines s'en ressentent. Pourtant Guitte, une gamine de quinze ans montée en graine, les trouve belles ces jambes et elle le dit tout en aidant la péripatéticienne à enfiler ses bas. Tandis que Guitte complimente sa voisine, celle-ci lui propose d'apprendre à jouer de la flûte avec son petit copain, un timide, et revient sur son passé. La tendresse linguale dans un monde de brutes, la délicatesse d'une bouche accueillante au service des routiers dont la morphologie était en rapport avec leurs camions. Une décoincée de la glotte qui prodigue ses conseils à une Guitte extatique.

Madame Mado ne le sait pas, mais c'est une poétesse de l'amour. Et madame Solange sa fidèle transcriptrice.

Collection Culissime. 1;49€.

 

Vous pouvez commander ces textes en vous rendant sur le site

de la Librairie Ska. Vous êtes les bienvenus.

 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 08:04

Profitant de la rentrée littéraire les éditions SKA proposent en ce mois de septembre une nouvelle fournée de romans et nouvelles publiées dans les collections Mélanges et Cullissime.

Au menu de cette chronique vous pouvez déguster un assortiment digne d'un buffet froid garni de petits fours sucrés et salés.

Au hasard du piochage voici quelques amuse-bouches :

Et SKA les littéraires.

Roland SADAUNE : vue sur le cimetière.

Robert Marsouin a depuis sa prime jeunesse été attiré par les cimetières et par la mer. Enfant il jouait aux osselets sur les pierres tombales, endroit de circonstance et aucun mort ne serait venu le gronder à cause du bruit provoqué sur les dalles. Ensuite ce fut la mer, et il admire les mâts, les coques, les embarcations tout en rêvant, sous le parasol, d'Hélène se bronzant au soleil, brunette en bikini affolant la plage et ses occupants. Les rêves sont ainsi faits qu'ils peuvent se confondre avec la réalité. En excellent artiste peintre Roland Sadaune joue avec les couleurs comme avec les sensations.

Collection Mélanges. 1,49€.

Et SKA les littéraires.

Jan THIRION : Visa pour le 7ème ciel.

Sally traîne son chariot de ménage tout en surveillant sa fille Yolande qui est installée dans le sas avec ses animaux. Un merle, c'est facilement apprivoisable paraît-il, surtout lorsqu'on l'a recueilli jeune et soigné une patte blessée. Et peu de choses suffisent pour lui faire un nid, une culotte par exemple. Yolande dans le sas attire les animaux qui se désagrègent ensuite. Et puis il y a aussi Julien son frère, et tous deux font l'apprentissage de l'amour charnel tout en philosophant sur les étoiles, de l'évolution cosmique dans la salle des combinaisons. Sally ne veut pas les déranger, d'autant que d'autres pensées accaparent son esprit, celles de l'inconnu par exemple qui alimente ses phantasmes. Ceci est-il vraiment réel, n'est qu'un rêve érotique de la part de Sally ? Comme d'habitude avec Jan Thirion, nous entrons dans un univers déconcertant.

Collection Cullissime. 1,49€.

Et SKA les littéraires.

Jérémy BOUQUIN : L'Archange.

L'homme se décrit comme assistant sexuel. Ce n'est qu'une partie de sa multi-profession puisqu'il exerce également la pratique de kiné, masseur et chiropracteur et donne des cours de yoga et de sophrologie. Son client, qui lui a demandé de passer chez lui, n'est guère convaincu et le prend presque pour un gigolo. Faut bien gagner sa vie mais la manipulateur affirme qu'il est hétéro, qu'il ne couche pas mais masse et caresse. Tout est dans la nuance. Au fait sa cliente se prénomme France, est âgée de quatre-vingt quatre ans et est clouée au lit par de multiples AVC. Alors Gabriel, oui c'est le nom du kiné, commence sa thérapie manuelle, avec douceur et doigté, réveillant la vieille France. Même si c'est pour la bonne cause, tout le monde ne comprend pas ses motivations, surtout sa femme, ou encore le fils de France. Il faut dépoussiérer les esprits et ne pas placer des pensées erronées dans des urnes.

Collection Mélanges. 1,49€.

 

Vous pouvez découvrir toutes les nouvelles parutions des éditions SKA, ainsi que les anciennes, sur le site de leur librairie, l'entrée est gratuite et n'engage à rien. Le plaisir de la découverte ne se refuse pas.

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 14:00

Rêveries ou cauchemars ?

 

roche-lalheue-copie.jpg


Grand-Mère est vraiment impossible. Marie et Jeanne, ses petites filles ont beau faire, grand-mère se conduit en vieille dame indigne, se rendant infecte auprès d'elles. Elle les tyrannise, les persécute, leur en fait voir de toutes les couleurs et même de toutes les odeurs.  

Marie surtout subit la mauvaise humeur de cette grand-mère acariâtre, tandis que Jeanne, elle, court le guilledou allègrement. Le vieux castel délabré dans lequel elles vivent manque de présence masculine, et il faut bien rechercher ailleurs le réconfort ou l'épaule tutélaire qu'on n'a pas à la maison. Quant au point de vue voisinage, ce n'est guère folichon. Jusqu'au jour où Marie rêve d'un pays et d'un homme, inconnus tous deux. Un homme attirant physiquement, et à qui apparemment elle produit une forte impression.

Et réciproquement. Ses phantasmes se libèrent. Un rêve troublant qui la poursuit éveillée, et Marie ne sait plus dans quel monde étrange elle évolue. Deux mondes oscillent en elle, se partageant son corps. Un phénomène qui fait tâche d'huile et Jeanne également se trouve en proie à ces curieux phantasmes. Marie la Sage et Jeanne la délurée, si dissemblables dans la vie réelle se rejoignent au travers de leurs rêveries érotiques.  

La Mort rôde, sanglante, barbare, et les faits corroborent la fiction. Imagination de jeune fille frustrée ou diversion démoniaque ? Réalité ou vision ? Les chimères gangrènent la raison, à moins que tout ne soit qu'interférence.

Rêveries ou cauchemars ? 

 

roche-lalheue2.jpgDans ce roman à essence onirique, Hugues Douriaux utilise les thèmes récurrents du fantastique: le mythe de la vie éternelle et celui de la dimension parallèle. Deux mythes qui perdurent à travers les âges, fascinant le commun des mortels et non seulement l'écrivain. Deux allégories au service d'un combat plus vieux que le monde, celui du Bien et du Mal. Entre les Ténèbres et la Lumière, entre le Chaud et le froid, entre le Négatif et le Positif, Entre Satan et Dieu, entre le Nord et le Sud, entre ces deux entités qui se partagent la Mort et la Vie, les jeunes filles sont ballotées, trimbalées, manipulées, et le cartésianisme d'un officier de police ne pourra résoudre leur dilemme. Seule la force de caractère l'emportera, mais qui sera le vainqueur ?

 

Réédition version numérique chez L'ivre-Book au prix de 2,99€.

 

 

Hugues DOURIAUX : Roche-Lalheue. Editions Fleuve Noir, Collection Anticipation N° 1844. Parution novembre 1991. 192 pages. Réédition L'Ivre-Book. Parution le 5 septembre 2014.

 

 

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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