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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 14:57

Comme la peur ?

José NOCE : Sniper au ventre.

Un local commercial qui abrite deux boutiques cela semble banal n'est-ce pas ? A droite une bijouterie, spécialisée dans la vente à crédit, tenue par Romain, un homme qui s'autoproclame sexygénaire. A gauche, une boutique d'art contemporain, où officie Alessandra, quarantaine épanouie, dont le visage supporte quelques cicatrices peu voyantes.

Moins banal lorsqu'on sait que s'ils sont côte à côte dans cette île édénique - cela change de paradisiaque - c'est bien parce qu'ils se connaissent depuis de longues années, ils ont même été amants - c'est leur problème - mais surtout à cause d'une retraite anticipée.

Alessandra réside sur cette verrue océanique depuis cinq ans, conseillée par Romain qui lui y vit depuis sept années déjà. Et ce n'est pas le hasard qui l'a mené à Funchal, Madère, mais bien à cause de sa ressemblance avec Lisbonne.

Elle travaillait officiellement comme pute de luxe, mais selon les ordres qui lui étaient signifiés, elle aidait à s'endormir définitivement des rupins en leur proposant un verre contenant un produit létal. Grâce à ses charmes, elle avait réussi à obtenir la composition de cette drogue et s'en était servie à des fins personnelles, ce qui bien évidemment l'avait obligée à se retirer du circuit. Romain faisait partie de cette même organisation des Nettoyeurs Internationaux Révolutionnaires, tenant le rôle de tour de contrôle.

Mais cette relative sérénité ne peut durer car s'ils ont été envoyés sur cette île, un peu comme des bannis, c'étaient bien pour les mettre sur une voie de garage. Ils ont atteint la date de validité de leur séjour, sur l'île et peut-être sur Terre.

José NOCE : Sniper au ventre.

Humour noir garanti pour cette nouvelle concoctée par José Noce qui n'oublie pas qu'il est aussi artiste-peintre. Un texte qui ressemble à ses toiles, plein de fureur et de couleurs. Et qui cache sous la douceur factice d'une terre promise une volonté sans faille, quelle que soit l'adversité. Et dans les moments les plus tragiques, on s'aperçoit parfois que l'on peut compter sur un ami dont on ignorait l'existence.

José NOCE : Sniper au ventre.

Il vous est fortement conseillé de visiter le site de José Noce et de vous ébaubir devant ses créations.

A lire mes chroniques concernant : Snipper Bleu et Villa Confusione, une nouvelle et un roman de José Noce.

 

José NOCE : Sniper au ventre. Série Sniper. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 1,49€.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 13:16

Infirmière, infirme aujourd'hui...

Jean-Jacques REBOUX : Il était moins une.

Un panache de fumée qui s'échappe, le signal qu'une panne bête et méchante se profile. Au lieu d'ouvrir le capot de sa bagnole, et d'attendre que quelqu'un s'arrête, il préfère rouler jusqu'à un parking pour se garer. Puis il rejoint la route et tente d'attendrir un voyageur qui compatirait à ses problèmes. Hélas, les auto-stoppeurs n'ont plus la côte sur la RN13. De plus il pleut, le vent souffle en rafales. Pas un temps à mettre un conducteur dehors. Alors il réintègre l'habitacle de son véhicule et s'endort.

Il est réveillé par une jeune femme qui frappe à la vitre. Elle lui tend un verre, mais son apparence est froide, pourtant ça déménage dans les organes vitaux d'Hubert. D'ailleurs si elle l'appelle ainsi, comment connaît-elle son prénom ? Et puis elle porte une blouse blanche, un stéthoscope autour du cou, parle d'accident, d'une gauche qu'elle aurait réussi à sauver, et autres balivernes dont il ne comprend pas la signification. Des reproches aussi, mais pour quelles raisons... Et elle lui montre un pansement placé sur le bas-ventre.

Une hallucination qui se transforme en véritable cauchemar lorsque déboulent dans la pièce dix flics, cagoulés, habillés de noir. Un hôpital cette fois avec une vraie infirmière.

 

Une nouvelle qui fait froid dans le dos et ailleurs, et qui ne donne pas envie de prendre à son bord une auto-stoppeuse. On n'est en sécurité nulle part, mais il faut prendre tout cela avec philosophie. Et se dire que cela aurait pu être pire. Petit conseil, surtout si vous devez circuler entre Caen et Lisieux : prenez vos précautions. Vérification de l'état du véhicule indispensable avant de partir en voyage et un téléphone portable avec une batterie chargée afin d'éviter toute défaillance technique qui vous empêcherait de prévenir la personne de votre choix.

Jean-Jacques Reboux manie l'humour noir avec virtuosité, cette virtuosité indispensable par exemple à un chirurgien qui pratiquerait une ablation.

 

Vous pouvez commander cet ouvrage à la Librairie Ska qui vous accueille avec un sourire virtuel mais chaleureux.

 

Jean-Jacques REBOUX : Il était moins une. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 1,49€.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 08:44

Une histoire gigogne ?

José NOCE : Sniper Bleu.

L’histoire s’enchaine un peu comme la publicité de la peinture Ripolin, célèbre affiche des années 1913 et suivantes.

Erri avait préparé le terrain soigneusement afin que les occupants dégagent et lui laissent place nette, en bordure de la plage près de Dannes, une petite commune du Boulonnais.

C’est qu’il voulait être seul, avec son chien, pour mener à bien sa mission. Mais il est pris en défaut par une jeune femme qui n’a pas froid aux yeux, normal, puisqu’elle est gradée dans les Douanes volantes, et accessoirement fournit des relevés ornithologiques. Et elle assure qu’elle-même est surveillée par un troisième personnage dissimulé dans les dunes.

Qui ne va pas être à la noce, dans ce texte de José Noce ?

 

Cette nouvelle est la réédition version numérique d'un petit livre publié dans la collection Petit Noir N°5 des éditions Krakoen en février 2012. Elle constitue le premier volet d'une série intitulée Snipper. Et bientôt sur vos écrans : Snipper au ventre.

 

Et je ne me lasse pas de le répéter, vous pouvez commander cet ouvrage à la Librairie Ska qui vous accueille avec un sourire virtuel mais chaleureux.

 

José NOCE : Sniper Bleu. Collection Noire Soeur. Editions Ska. 0,99€.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:40

A lire en écoutant Tell me more and more...

Marc VILLARD : La pierre noire.

Andy Parker est infirmier au Metropolitan Hospital et lorsqu'il ne soigne pas ses patients, il dessine des portraits à la pierre noire, plus propre que le fusain. Des personnes rencontrées dans le métro, sur son lieu de travail également. Surtout. Ce jour-là il vient de croquer Costello, un vieil homme qui est décédé quelques minutes auparavant lorsqu'il apprend que Billie Holiday a été admise dans les locaux.

Andy se souvient d'avoir vu et entendu la chanteuse au Five Spot où elle avait interprété en compagnie du contrebassiste Mal Weldron quelques airs en échange de verres de bourbon. Emu il avait puisé dans sa maigre réserve afin de s'acheter les vinyles de la diva du jazz.

Avant de se rendre dans la chambre où Billie Holiday repose, il téléphone à un nommé Weinstein qui lui demande de passer le voir. Car Andy outre son statut d'infirmier fournit à Weinstein, un paralytique directeur d'une galerie, des portraits de personnes décédées, connues du grand public de préférence.

Outre l'alcool, Billie Holiday est dépendante d'une autre substance, la drogue, et son biographe indique qu'il faudrait lui en faire parvenir, malgré son état délabré, et l'interdiction d'en introduire en milieu hospitalier. Andy est accablé lorsqu'il voit Lady Day gésir dans ce lit et il refuse à Weinstein de faire le portrait d'une femme qu'il vénère, allongée, moribonde.

 

En amateur (dans le sens noble du terme) éclairé du jazz, Marc Villard se penche sur les derniers jours d'une icône du jazz. Ce n'est pas la première fois qu'il exprime sa compassion envers ces jazzmen, hommes ou femmes, qui ont joué d'un instrument, de leur voix et avec leur vie. Il nous les restitue dans des moments particuliers de leur existence, leur rend hommage, avec cette indulgence et cette affection tendres et affectueuses de l'amoureux qui pardonne tout et veut transmettre ses sentiments, ses sensations, ses émotions à un large public, passionné du jazz ou non.

Le lecteur habitué des romans policiers américains relèvera une référence cachée à Ed McBain, puisqu'il y est question du commissariat du 87ème.

Cette nouvelle a été pré publiée dans le défunt magazine Jazzman au début des années 2000.

De Marc Villard, voir également parmi les dernières parutions : Scènes de crime; Sharon Tate ne verra pas Altamont; El Diez.

Vous pouvez commander directement cette nouvelle numérique à la Librairie Ska, la livraison est gratuite.

 

Marc VILLARD : La pierre noire. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 1,49€.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 12:14

Pour preuve cette petite sélection de titres proposés dans la sélection d'octobre prélevée aussi bien dans la collection Noire Sœur que dans celle au nom explicite de Culissime :

Déesse SKA aime la littérature érotique mais pas que...

Dominique GUERIN : Zag-Zig : Ce n'est pas en mettant sa main sur le thorax que le sang s'arrêtera de couler, parsemant sa course comme autant de pointillés rougeâtres déposés par ce nouveau Petit Poucet. Il zigzague afin de rejoindre son wagon, celui qui accroché à la loco conduite par Marmine l'emmènera peut-être ailleurs. Et tout en courant il pense au père de Marmine qui avait pris ses doigts pour des saucisses et les avait carbonisés en jouant du chalumeau. Zag-Zig est blessé, tout ça à cause de disques, cd ou vinyle et accessoires à refourguer sur un site de revente en ligne. La faute à pas de chance et d'un vigile surpris. Dans sa tête résonne la musique, la sienne, celle qu'il aime, d'aujourd'hui.

Un texte qui clape comme du rap et est loin de jouer une petite musique de nuit. Pas trop mon truc, mais la musique est universelle et il en faut pour tout le monde. Un texte qui, à mon avis est plus destiné aux jeunes qu'aux vieux qu'on de l'âge comme moi.

Collection Noire Soeur. 1,49€.

Déesse SKA aime la littérature érotique mais pas que...

Pascal Jahouel : Just like a hobo. Le Havre sous la pluie, le vent, et le narrateur qui se bat contre les éléments déchainés. Dans les oreilles Just like a hobo de Little Bob. Il s'est aventuré sur les quais, pour la présentation avant-départ de la Jacques Vabre. Il n'en a rien à faire de course au goût de café amer. Il a, avait, tout pour être heureux, mais c'est un paumé de la vie. Il traîne sa déglingue sur les pontons, s'enfourne dans un bar, se remémore des souvenirs de vie familiale et fait la connaissance d'un officier de la marine marchande argentine.

Dans ce texte la musique est prégnante, comme dans le précédent, mais une musique que je comprends, qui m'a accompagnée, Little Bob Story, les Dogs, les imaginaires Stratocasters dont je tirais des sons avec la bouche comme si je savais en jouer. Mais c'est bien le syndrome de la cinquantaine qui englobe ce texte, et la liberté qui se rythme dans la tête est peut-être une utopie.

Collection Noire Soeur. 1,49€.

Déesse SKA aime la littérature érotique mais pas que...

Et pour justifier le titre de cette chronique passons à une autre sorte de musique.

 

Madame Solange : La turlute enchantée.

Madame Mado est une vieille prostituée qui a baladé ses guiboles un peu partout et ses veines s'en ressentent. Pourtant Guitte, une gamine de quinze ans montée en graine, les trouve belles ces jambes et elle le dit tout en aidant la péripatéticienne à enfiler ses bas. Tandis que Guitte complimente sa voisine, celle-ci lui propose d'apprendre à jouer de la flûte avec son petit copain, un timide, et revient sur son passé. La tendresse linguale dans un monde de brutes, la délicatesse d'une bouche accueillante au service des routiers dont la morphologie était en rapport avec leurs camions. Une décoincée de la glotte qui prodigue ses conseils à une Guitte extatique.

Madame Mado ne le sait pas, mais c'est une poétesse de l'amour. Et madame Solange sa fidèle transcriptrice.

Collection Culissime. 1;49€.

 

Vous pouvez commander ces textes en vous rendant sur le site

de la Librairie Ska. Vous êtes les bienvenus.

 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 08:04

Profitant de la rentrée littéraire les éditions SKA proposent en ce mois de septembre une nouvelle fournée de romans et nouvelles publiées dans les collections Mélanges et Cullissime.

Au menu de cette chronique vous pouvez déguster un assortiment digne d'un buffet froid garni de petits fours sucrés et salés.

Au hasard du piochage voici quelques amuse-bouches :

Et SKA les littéraires.

Roland SADAUNE : vue sur le cimetière.

Robert Marsouin a depuis sa prime jeunesse été attiré par les cimetières et par la mer. Enfant il jouait aux osselets sur les pierres tombales, endroit de circonstance et aucun mort ne serait venu le gronder à cause du bruit provoqué sur les dalles. Ensuite ce fut la mer, et il admire les mâts, les coques, les embarcations tout en rêvant, sous le parasol, d'Hélène se bronzant au soleil, brunette en bikini affolant la plage et ses occupants. Les rêves sont ainsi faits qu'ils peuvent se confondre avec la réalité. En excellent artiste peintre Roland Sadaune joue avec les couleurs comme avec les sensations.

Collection Mélanges. 1,49€.

Et SKA les littéraires.

Jan THIRION : Visa pour le 7ème ciel.

Sally traîne son chariot de ménage tout en surveillant sa fille Yolande qui est installée dans le sas avec ses animaux. Un merle, c'est facilement apprivoisable paraît-il, surtout lorsqu'on l'a recueilli jeune et soigné une patte blessée. Et peu de choses suffisent pour lui faire un nid, une culotte par exemple. Yolande dans le sas attire les animaux qui se désagrègent ensuite. Et puis il y a aussi Julien son frère, et tous deux font l'apprentissage de l'amour charnel tout en philosophant sur les étoiles, de l'évolution cosmique dans la salle des combinaisons. Sally ne veut pas les déranger, d'autant que d'autres pensées accaparent son esprit, celles de l'inconnu par exemple qui alimente ses phantasmes. Ceci est-il vraiment réel, n'est qu'un rêve érotique de la part de Sally ? Comme d'habitude avec Jan Thirion, nous entrons dans un univers déconcertant.

Collection Cullissime. 1,49€.

Et SKA les littéraires.

Jérémy BOUQUIN : L'Archange.

L'homme se décrit comme assistant sexuel. Ce n'est qu'une partie de sa multi-profession puisqu'il exerce également la pratique de kiné, masseur et chiropracteur et donne des cours de yoga et de sophrologie. Son client, qui lui a demandé de passer chez lui, n'est guère convaincu et le prend presque pour un gigolo. Faut bien gagner sa vie mais la manipulateur affirme qu'il est hétéro, qu'il ne couche pas mais masse et caresse. Tout est dans la nuance. Au fait sa cliente se prénomme France, est âgée de quatre-vingt quatre ans et est clouée au lit par de multiples AVC. Alors Gabriel, oui c'est le nom du kiné, commence sa thérapie manuelle, avec douceur et doigté, réveillant la vieille France. Même si c'est pour la bonne cause, tout le monde ne comprend pas ses motivations, surtout sa femme, ou encore le fils de France. Il faut dépoussiérer les esprits et ne pas placer des pensées erronées dans des urnes.

Collection Mélanges. 1,49€.

 

Vous pouvez découvrir toutes les nouvelles parutions des éditions SKA, ainsi que les anciennes, sur le site de leur librairie, l'entrée est gratuite et n'engage à rien. Le plaisir de la découverte ne se refuse pas.

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 14:00

Rêveries ou cauchemars ?

 

roche-lalheue-copie.jpg


Grand-Mère est vraiment impossible. Marie et Jeanne, ses petites filles ont beau faire, grand-mère se conduit en vieille dame indigne, se rendant infecte auprès d'elles. Elle les tyrannise, les persécute, leur en fait voir de toutes les couleurs et même de toutes les odeurs.  

Marie surtout subit la mauvaise humeur de cette grand-mère acariâtre, tandis que Jeanne, elle, court le guilledou allègrement. Le vieux castel délabré dans lequel elles vivent manque de présence masculine, et il faut bien rechercher ailleurs le réconfort ou l'épaule tutélaire qu'on n'a pas à la maison. Quant au point de vue voisinage, ce n'est guère folichon. Jusqu'au jour où Marie rêve d'un pays et d'un homme, inconnus tous deux. Un homme attirant physiquement, et à qui apparemment elle produit une forte impression.

Et réciproquement. Ses phantasmes se libèrent. Un rêve troublant qui la poursuit éveillée, et Marie ne sait plus dans quel monde étrange elle évolue. Deux mondes oscillent en elle, se partageant son corps. Un phénomène qui fait tâche d'huile et Jeanne également se trouve en proie à ces curieux phantasmes. Marie la Sage et Jeanne la délurée, si dissemblables dans la vie réelle se rejoignent au travers de leurs rêveries érotiques.  

La Mort rôde, sanglante, barbare, et les faits corroborent la fiction. Imagination de jeune fille frustrée ou diversion démoniaque ? Réalité ou vision ? Les chimères gangrènent la raison, à moins que tout ne soit qu'interférence.

Rêveries ou cauchemars ? 

 

roche-lalheue2.jpgDans ce roman à essence onirique, Hugues Douriaux utilise les thèmes récurrents du fantastique: le mythe de la vie éternelle et celui de la dimension parallèle. Deux mythes qui perdurent à travers les âges, fascinant le commun des mortels et non seulement l'écrivain. Deux allégories au service d'un combat plus vieux que le monde, celui du Bien et du Mal. Entre les Ténèbres et la Lumière, entre le Chaud et le froid, entre le Négatif et le Positif, Entre Satan et Dieu, entre le Nord et le Sud, entre ces deux entités qui se partagent la Mort et la Vie, les jeunes filles sont ballotées, trimbalées, manipulées, et le cartésianisme d'un officier de police ne pourra résoudre leur dilemme. Seule la force de caractère l'emportera, mais qui sera le vainqueur ?

 

Réédition version numérique chez L'ivre-Book au prix de 2,99€.

 

 

Hugues DOURIAUX : Roche-Lalheue. Editions Fleuve Noir, Collection Anticipation N° 1844. Parution novembre 1991. 192 pages. Réédition L'Ivre-Book. Parution le 5 septembre 2014.

 

 

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 11:00

Une sauce juvénile ?

 

thirion-copie-1.jpg


Traiter par la dérision, l’ironie, l’humour, un fait de société grave est la meilleure façon de narrer une histoire dramatique mais en même temps de montrer aux lecteurs que ceci, s’il s’agit d’une fiction, pourrait s’inspirer d’une histoire vraie. Ce qui n’est pas impossible comme vous le verrez par la suite.

Tandis qu’Odilon, le patron du café restaurant La Périchole, et Azraël, le directeur d’une petite agence de détectives privés, discutent sur les vertus des boissons capables de remonter le moral et la virilité du second, un individu cagoulé fait irruption dans l’estaminet. Il pointe à travers sa poche ce qui semble être un gros calibre, mais la stupeur passée, ce client inopportun se révèle être Danh, un artiste dont les chansons ont conquis le public français mais surtout un vieux copain d’enfance d’Azraël, perdu de vue depuis la fin de leurs études. Ils étaient inséparables avec Domi la sœur de Danh.

Cette intrusion dans le bar d’Odilon n’est pas due au hasard. Danh recherchait son ami et lui demande de l’accompagner pour un seul et unique spectacle à Hô-Chi-Minh-Ville, anciennement Saïgon, mais surtout parce que Diêm, le prénom vietnamien de Domi, est soupçonnée dans un trafic humain.

Elle est responsable d’Ambre et Jade, une ONG qui dérange, et selon Danh « elle serait impliquée à son corps défendant, dans une affaire de corruption inventée de toute pièce pour l’entraver dans ses actions humanitaires ». Et toujours selon Danh, elle serait la forêt qui cache l’arbre, et non le contraire comme on a l’habitude de dire. Car la traite d’humains existe bien et sous des activités humanitaires s’en cachent d’autres qui n’auraient rien d’humaines. Des affaires d’enlèvements de femmes et d’enfants au Vietnam, au Cambodge, en Thaïlande circulent, mais elles ne sont considérées que comme des rumeurs. Et Long 2, le mari de Diêm, serait impliqué dans ces actions délictueuses.

Long 2 fait partie d’une fratrie comprenant trois frères qui dirigent la Long Brothers Company. Long 1 est à Singapour, Long 3 à Hong Kong, et leurs affaires sont florissantes et variées, concernant de nombreux commerces. Or il se pourrait que les Long Brothers soient engagés dans ce trafic.

Azraël le calmar et son ami Danh vont être confrontés à des dangers en risquant leur vie, tout autant à Ho-Chi-Minh-Ville qu’à Paris où ils reviennent précipitamment. Ils sont invités à déguster des repas présentés dans de petites verrines, des plats composés sous forme de cuisine moléculaire qui possède au moins l’avantage de guérir les ennuis liés à la libido d’Azraël. Mais à Paris, une autre réunion va dégénérer en course poursuite, et l’auteur nous emmène dans un endroit anachronique parisien, la Cité des Fleurs, un passage bordé de petits pavillons qui rejoint la rue de la Jonquière à l’avenue de Clichy.

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Ce roman est une sorte de pastiche du Poulpe, qui fait référence à Jean-Bernard Pouy, et qui met en scène également l’auteure Thanh-van Tran-Nhut. Un roman jubilatoire tout en traitant un registre grave. Evidemment on ne peut pas ne pas penser à la fille adoptée de Johnny Halliday, prénommée elle-même Jade, mais aussi à cette association caritative humanitaire qui connu des déboires au Tchad et en Somalie, l’Arche de Zoé. Un roman agréable à lire qui sert également de poil à gratter.

 

 

 

 

La version numérique de cet ouvrage peut être commandée directement sur le site de Ska librairie


Jan THIRION : Nuoc mâm Baby. Première édition Collection Forcément Noir. Editions Krakoen. 214 pages. 10,00€. Réédition Version numérique éditions SKA. 3,99€.

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 14:04

Sur l'écran noir de mes nuits blanches...

 

darnaudet2.jpg


Chroniqueur et critique cinématographique spécialisé dans les films d’horreur, pigiste pour un petit magazine parisien, Boris Phécrier est aussi auteur de romans du même genre sous le nom de Julien Gras. Et ce n’est pas parce qu’il habite place du Panthéon qu’il roule sur l’or. Il vivote dans un petit studio de huit mètres carrés, est marié mais sa femme va voir ailleurs si c’est meilleur, et une gamine de douze ans nommée Cuivre. Il a Cuivre en garde de temps en temps, lorsque sa femme est en déplacement charnel, et l’amusement principal entre le père et la fille est de se faire de petits quizz sur des films d’horreur.

En compagnie de son ami Fuchiglia, qui est bouquiniste sur les quais mais également touche-à-tout puisqu’il cumule les emplois de photographe de jazz, d’agent musical, de directeur littéraire chez Dupneu, directeur de la collection qui a accueilli Le rivage des tripes de Julien Gras, Boris se rend à une soirée prétendument littéraire. En réalité il s’agit de fêter la sortie d’un livre géant, texte de Dhûle et dessins de Nick Mégalo, une nouvelle aventure imaginaire de Gary Pinson, le Sherlock Holmes belge. En effet beaucoup de monde se presse dans cette galerie d’art, sise dans une petite rue du XIVème arrondissement de la capitale, le gratin de la littérature populaire, auxquels se sont adjoints quelques pique-assiettes, sans lesquels les soirées parisiennes ne seraient pas ce qu’elles sont, et une jeune femme qui fait du charme à Boris.

Phécrier et Fuchi retrouvent parmi les convives le capitaine Duclos, fervent passionné de Gary Pinson, Le Mosque, ancien directeur de la défunte collection Saignant chez Talbin Michel et agent littéraire et scénariste, JBPP, intellectuel et inventeur de la série La Pieuvre et auteur à la Série Glauque, Faty romancier chez Talbin Michel et directeur de la Série Glauque, ainsi qu’Aldo Selma, le meilleur rital de polars français qui a signé Eviscéré comme une playmate dans le plumard d’un GI. Seul manque à l’appel, pour le moment car il est attendu avec impatience, Dhûle qui devait assister à une séance un peu spéciale avec quelques amis. Selma prend à part Phécrier et lui propose un travail qui devrait être juteux. Un scénario d’horreur déniché par Le Mosque, mais les quatre amis achoppent sur l’épilogue, incapables de terminer le texte sur une scène finale forte. Quatre pages à écrire et un gros paquet de billets à la clé.

Une rumeur circule concernant un film, Au château d’alcool, un film d’horreur dont la projection s’avérerait maléfique et mortelle. Lors d’une première séance privée, des spectateurs, une quarantaine environ, seraient décédés ou devenus fous. Et lors de la fameuse séance spéciale organisée par Dhûle, séance dont quelques uns se gaussaient laissant penser qu’il s’agissait d’une partie fine, quelques-uns des participants dont Dhûle lui-même, décèdent d’une crise cardiaque. L’écrivain s’était procuré une copie de ce film funeste. Duclos, le policier, a récupéré dans le lecteur de DVD l’enregistrement et invite Boris Phécrier et des spécialistes de l’analyse de vidéos à participer à un visionnage de l’objet du délit, en prenant toutefois quelques précautions.

Si la lecture du disque permet de solutionner quelques mystères, l’enquête n’en est pas pour autant close. Qui et pourquoi sont les questions qui restent en suspens, plus quelques autres qui en découlent.

 

alcool01.jpgAvec Au château d’alcool, François Darnaudet nous invite à lire un roman transgenre, qui marie polar, fantastique, gore et suspense, ce qui n’est pas forcément incompatible. La dose entre tous ces éléments est savamment mesurée, pondérée, et chacun pourra y trouver son content. Des passages savoureux où alternent humour, émotion (Ah la petite Cuivre !), petits coups de griffe pas méchants et réflexions pertinentes. Ainsi, Boris Phécrier déclare sans acrimonie aucune, une simple constatation de sa part que se partagent bon nombre de lecteurs de journaux : La critique cinématographique moderne répugne souvent à résumer un film. Il m’arrive parfois de lire des articles dans Libé ou Le Monde en me demandant de quoi parle le journaliste et quel est le thème du film chroniqué. Moi, à 7 jours sur Paris je commence toujours par donner un résumé avant de décortiquer la structure scénaristique et rappeler les principaux titres de gloire du réalisateur et des acteurs. Mais je suis sûrement un tocard puisque je ne suis pas à Libé ou au Monde. Cela sent le vécu…

De plus François Darnaudet, outre l’intrigue resserrée, invite le lecteur à s’amuser et pose des jalons, en incitation à découvrir quels auteurs réels se cachent sous les patronymes des personnages du roman. De même que pour les maisons d’éditions citées ou les titres des romans évoqués. Un des protagonistes qui apparait plus tard dans l’histoire se nomme Piter Surlot. Il compte à son actif plus de cent-quarante titres de romans, vit dans les Vosges et possède un chien qu’il a appelé Gallimard, parce que c’est la seule maison d’édition qui a refusé de le publier. Je suis persuadé qu’avec votre sagacité habituelle vous découvrirez tous ces private-joke, comme l’on dit en bon français, et que vous vous amuserez à la lecture. Je ne vous donne pas d’indice et si vous séchez, vous pouvez toujours me laisser un commentaire afin que j’éclaire votre lanterne.

Au château d’alcool, un livre comme je les aime : divertissant, plaisant, amusant, alerte, prenant, dénué de digressions vaseuses. Une véritable récréation. Une petite citation en passant :

-      C’est quoi un louseure ?

-      Un loser ! Le mot anglais… C’est un soixante-huitard qui a mal digéré l’avènement du socialisme libéral !

A lire également de François Darnaudet, chez Rivière Blanche et chez Actu SF : La Lagune des mensonges.

François DARNAUDET : Au château d’alcool. Collection Noire 34.

Editions Rivière Blanche. 204 pages. 17,00 €. Version E-book chez Actu

SF : 3,99 €.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 13:29

Dans l'univers de Lovecraft...

 

darnaudet1.jpg


Tom, le jeune détective de l’étrange de l’agence HPL se rend en compagnie de Dominique, un ami rencontré à la Convention de la B.D. d’Angoulême, à Venise. Un dérapage sur l’autoroute et la moto chasse. Tom parvient à stabiliser l’engin puis à s’arrêter sur une aire. Il est abordé par un étrange bonhomme vert qui lui remet une missive l’enjoignant de se rendre à un endroit donné de Venise. Les deux compères embarquent à l’heure dite sur un vaporetto les conduisant à l’île de Torcello en compagnie de trois autres personnes.

Ils apprendront peu après leur identité : Le professeur Flax, Fantomès et miss Brunner. Ils sont suivis de près par deux aventuriers, le Commandant Robert et William le géant roux. Suivant leur guide, un homme vert, les cinq “ touristes ” rencontrent sur leur chemin de nombreuses embûches. D’abord un ver immense, puis des mercenaires en armures, en réalité des vampires, se dressent sur leur route.

Heureusement le Commandant et William arrivent à leur rescousse. Tandis que la bataille fait rage, et que Dominique est blessé par une morsure de vampire, Tom reconnaît en Miss Brunner Maria, une employée de l’agence. Mais elle l’ignore. Puis c’est l’apparition de L’Homme Mort. Flax veut faire le malin mais L’Homme Mort lui brise la nuque. Les survivants lui font ses poches et lisent le billet qu’il avait reçu. Bissolatti y dévoile avoir découvert le sérum de longévité. Mais les surprises s’enchaînent. Le guide se transforme soudain en loup-garou et Fantomès lui transperce le cœur de sa canne-épée. Des rhinocéros bipèdes, des jonglômes, se lancent à leur poursuite.

 

darnaudet.jpgFrançois Darnaudet joue avec les héros notre enfance, les réunissant dans une aventure ébouriffante, proposant mille pièges conçus avec une machiavélique détermination. Héros humains mais aussi monstres de tous poils issus de la littérature populaire fantastique. Tom, de l’Agence HLP, sigle évident pour Howard Philipps Lovecraft, subira mille avatars en compagnie d’ersatz de Bob Morane et Bill Balantine, de Fantômas et de bien d’autres. Un jeu et un tour de force pour agglomérer tout ce petit monde dans une histoire cohérente et fantastique. Mais d’autres clins d’yeux parsèment cet ouvrage, dont un certain Gal’Ern. Un hommage en forme de pastiche dans lequel François Darnaudet se parodie lui-même.


François DARNAUDET : La lagune des mensonges. Collection Blanche N°2003. Editions Rivière  Blanche . 128 pages. 14€. Disponible en version numérique chez Actusf : 3,99€.

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Published by Oncle Paul - dans Livre Numérique
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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