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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 08:40

Le poète a toujours raison...

Gilles VIDAL : La fatalité est la poésie du monde.

Est-ce un recueil de nouvelles, de poésies, une compilation de brèves de comptoir, une succession d'anecdotes et de réflexions, des pensées profondes, philosophales, des billets d'humeur et d'humour...?

C'est un peu tout cela et beaucoup plus à la fois. Car l'esprit d'un littérateur ne se repose jamais. Il fourmille d'idées que son propriétaire doit coucher sur le papier, quel que soit l'endroit où il se trouve, sous peine qu'elles s'évanouissent à jamais dans les limbes de l'oubli.

 

Il est donc difficile de résumer cet ouvrage, qui d'ailleurs est la réédition de quatre livres parus chez divers éditeurs, dont Hors Commerce, dans les années 1990 et 2000, aujourd'hui épuisés. Autant les livres que les éditeurs d'ailleurs.

Des textes plus ou moins longs, comme peut l'être une courte nouvelle, d'une demi-page ou d'une trentaine, selon l'inspiration et le besoin de la chute, qui nous plongent dans un univers onirique trempé dans le quotidien d'un monde pessimiste teinté de nostalgie, d'humeur vagabonde, de dérision, d'envies, de besoins, de souhaits, de regrets, et une pointe (?!) d'érotisme coup de blues. Le spleen cher aux poètes suinte de ces lignes comme une rédemption, une panacée peut-être à effet placebo pour un esprit torturé et fébrile, le cynisme parfois cachant la timidité ou la gaucherie.

J'aurais aimé pouvoir vous donner en pâture quelques extraits, de courts textes de quelques lignes, un poème jeu de mot comme j'affectionne, mais sortir des lignes d'un contexte chimérique ou réel, résultat d'un besoin de s'exprimer, de se soulager, de s'épancher, me semble aller au-delà du souhait de l'auteur.

Pourtant les titres peuvent parler d'eux-mêmes :

Je te meurs; Courage, survivons; Pourtant, tous les espoirs semblaient permis; Je te crève tu me tues (poème); Exister relève du prodige...

 

Mais pour bien en comprendre le sens, la finalité, l'amertume qui se cache sous l'ironie, ou le contraire, l'humour désabusé, alimenté de fantasmes au charme vénéneux, il faut se plonger dans ces écrits comme on décortique un calendrier de l'Avent.

Seulement, si au début on se dit qu'on ne va en lire que quelques pages par jour, en dégustateur avisé et sage, on se prend au jeu et bientôt on se rend compte qu'on engloutit le tout en véritable affamé, avide de littérature proche de nous, que l'on ne peut s'empêcher d'avaler les textes les uns à la suite des autres, quitte à revenir en arrière afin d'en savourer tous les parfums qui se dégagent lentement dans nos petites cellules grises.

Ce recueil est composé de

Hymnes urbains; Angles d'attaque; L'endroit le plus fragile du corps de l'homme; Exister relève du prodige.

Hymnes Urbains. Hors commerce

Hymnes Urbains. Hors commerce

Angles d'attaque. Méréal

Angles d'attaque. Méréal

L'endroit le plus fragile du corps de l'homme. Hors commerce.

L'endroit le plus fragile du corps de l'homme. Hors commerce.

Exister relève du prodige. Atelier de Presse

Exister relève du prodige. Atelier de Presse

Quleques chroniques de lecture :

Gilles VIDAL : La fatalité est la poésie du monde. Hors collection. Multivers Editions. Parution décembre 2015. Format ePub et Kindle. 420 pages environ. 4,49€.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 13:48

Ça doit faire du boucan !

Michel PAGEL : La sirène de l’espace.

Malgré les technologies modernes, aujourd’hui la vidéo, l’ordinateur et Internet, les enfants, et ceux qui le sont restés dans leur tête, rêveront toujours à des lendemains enchanteurs issus de la littérature d’évasion.

Ainsi Francis Briand, nouvel héros de Michel Pagel, vient d’achever en ce 19 janvier 2312 son service militaire d’une période de cinq ans. Pacifiste convaincu, il n’apprécie pas du tout la guerre que livre la Fédération terrienne à Jupiter.

En transit sur la Lune, il passe la soirée dans un café et les commentaires vont bon train devant la télévision. Il n’est pas d’accord sur l’analyse des consommateurs sur cette guerre qui dure depuis des années et n’est pas près de s’éteindre, encouragée par une forme perverse de racisme.

Il est abordé par un inconnu qui abonde dans son sens et lui offre à boire. Une invite dont il se repentira car la boisson est droguée et il se réveille à bord d’un vaisseau spatial pirate. Il a été enrôlé comme les marins aux 17è et 18è siècles et se voit promu officier de bord grâce à ses connaissances comme navigateur radio.

Cette façon de procéder le révolte mais le capitaine John Golden possède des arguments afin de le réduire à la raison. Alors qu’il croupit dans la cale Francis entend un chant merveilleux qui lui tourneboule l’esprit et les sens. Il n’aura de répit de découvrir qui se cache derrière cette mélopée.

 

Michel Pagel nous entraîne dans un space-opéra qui puise son thème dans les romans maritimes, et principalement l'île aux trésors de Stevenson.

D’ailleurs le lecteur reconnaîtra l’analogie du nom du capitaine John Golden avec John Silver le héros de Stevenson.

Mais ce n’est pas la seule approche, puisque Ulysse et le chant des sirènes est également présent. En toile de fond ce sont la guerre et le racisme qui sont évoqués.

Un roman qui une fois de plus, sous couvert de simplicité et d’humour, démontre le talent de conteur de Michel Pagel.

Première édition Collection SF N°68. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1999. 222 pages.

Première édition Collection SF N°68. Editions Fleuve Noir. Parution juin 1999. 222 pages.

Michel PAGEL : La sirène de l’espace. Réédition Collection S.F. Multivers éditions. Format ePub et Kindle. 2,49€.

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 12:16

A ne pas confondre avec Le Mort descend ou Le Sort dément...

Gilles VIDAL : Le sang des morts.

Séance de rattrapage !

Pour tous ceux qui n'auraient pas lu ce roman en version papier lors de sa sortie, une séance de rattrapage est proposée en version Epub et Kindle sur le site de l'éditeur Multivers.

Vernais, paisible station balnéaire, sur laquelle brille implacablement le soleil estival... Mais en grattant bien la couche superficielle, il s'avère que le côté débonnaire n'est que de façade, vanté pour des fins touristiques. Ainsi que fait le cadavre d'un homme dans une piscine hors sol posée sur la pelouse en attendant l'installation d'un véritable aquarium pour humains ? Margot Farges la sirène déçue par un mariage où elle pensait trouver uniquement calme et prospérité est en colère. Elle vient d'apprendre que son mari diffère d'une journée sa rentrée au bercail.

Théoriquement il est en déplacement pour son travail, mais elle sait qu'il en profite pour planter ailleurs son couteau qui lui sert à découper le contrat de mariage. De toute façon elle s'en moque, du moment que sa carte de crédit est approvisionnée, il peut faire ce qu'il veut. Elle lui reproche surtout son manque de franchise. Alors pour calmer sa mauvaise humeur légitime, elle décide de prendre un bain dans le jardin et c'est ainsi qu'elle trouve au pied de l'échelle amovible, une paire de chaussure et des vêtements. Et un corps qui flotte sur le ventre. Suicide ? C'est à Garcia, le médecin légiste d'en décider. Les policiers ont été prévenus par un appel téléphonique anonyme et le lieutenant Stanislas Delorme, Stan pour les intimes dont bientôt fera partie Margot, est sur place lorsqu'elle reprend ses esprits.

Stan est un inspecteur consciencieux, apprécié de son supérieur le commissaire Vignes, et lorsqu'il rentre chez lui, il est accueilli avec une joie exubérante par Lucky, un Westie blanc qu'il a adopté. Il distribue les câlins comme si c'était un gamin. On pourrait penser que tout va bien pour Stan, seulement son père qui vit en dehors de la ville est bloqué dans un fauteuil roulant, suite à un accident vasculaire cérébral, ce qui ne l'empêche pas de se rouler un petit joint de temps à autre, reliquat de sa période hippie. Un défaut qu'il pense ignoré de son fils.

Félicien Faderne est atteint de troubles obsessionnels compulsifs, et il lui faut vérifier à plusieurs reprises si tout est bien rangé, les fenêtres closes et les robinets fermés. Maniaque il néglige toutefois sa vêture. Du moment que sa clé USB soit bien entreposée dans la poche intérieure de son blouson, peu lui importe la façon dont il s'habille. Une clé précieuse, car Félicien travaille toute la journée sur un écran manipulant des chiffres. Et à trente ans il a l'avenir devant lui. Il travaille pour un centre de recherches. Et quelques balles qui sifflent à ses oreilles en sortant ce jour là de chez lui. Une voiture qui vrombit, une voix qui l'interpelle, il n'a pas le temps de réfléchir et le voici à bord d'un véhicule conduit par une jeune femme qui n'a pas froid aux yeux. Devant l'attitude autoritaire d'Anne, c'est ainsi qu'elle se présente, il se demande si elle l'a sauvé des envies meurtrières de personnages vindicatifs, ou si elle l'a enlevé pour des raisons qui restent à déterminer. Il doit jeter son téléphone portable par la fenêtre de la voiture, quant à son ordinateur portable elle ira le récupérer. Du moins elle le promet car il se sent tout nu sans son micro qui est un prolongement de lui-même. Et elle s'entretient régulièrement par téléphone avec un certain Horb.

Walter, qui travaille pour une agence en écrivant des articles pour des catalogues, mais rêve de devenir romancier, est contacté par son jeune frère Stephan, avec lequel il communique rarement. Stéphan lui apprend que leur père a été retrouvé. Il s'était échappé d'un hôpital où il était interné depuis des mois. Quant à leur mère, elle a disparu douze ans auparavant, sans plus jamais donner de nouvelles, et Stéphan a eu beau effectuer des recherches et alerter le commissariat, elle est toujours dans la nature. Quant à Irène, l'ancienne petite amie de Walter, elle refait surface, sans crier gare et il semblerait qu'elle soit totalement paumée.

Un nouveau meurtre est découvert, et le corps pourrait être celui d'un Russe car il possède des tatouages, des inscriptions en cyrillique.

Un homme tout nu brandissant une pioche (peu après ce sera une bêche, comme quoi on ne peut pas se fier aux témoignages) a été arrêté en pleine rue. Il est interné d'office pour démence, mais en pénétrant dans le jardin puis dans la maison, Stan et les policiers qui l'accompagnent sont stupéfaits par ce qu'ils voient. Un véritable dépotoir, pire qu'une décharge, et à l'intérieur, des cadavres. D'autres corps seront retrouvés peu après en déblayant les ordures, mais ils ont en commun d'avoir le visage scarifier, comme si quelqu'un s'était amusé à le remodeler.

 

Ces événements, en apparence disparates et sans rapport entre eux vont bientôt se réunir pour former un tableau à la Jérôme Bosch, des pièces de puzzle qui vont s'emboiter inexorablement.

Tous les protagonistes de ce roman possèdent une coupure, une fêlure, une fissure, une fracture mentale ou physique, et personne n'est épargné par le sort qui s'acharne inéluctablement sur leur intégrité. Même ceux qui ne font qu'une apparition furtive ont droit à un petit portrait, soit de leur aspect vestimentaire, de leur déchéance, de leur passé. Ainsi cette dame qui arbore des tee-shirts avec des phrases en forme de contrepèteries du genre : Pensez le changement au lieu de changer le pansement. Et sous forme de bande-son, des nombreuses références discographiques ponctuent le récit, tout comme celles qui sont littéraires. Anne est aussi appelée Zatte, car Ouarzazate et mourir, titre d'un roman d'Hervé Prudon dans la série du Poulpe.

Certaines scènes, certaines extrapolations dans le déroulement du récit viennent parfois interférer, mais cela apporte un petit piquant tout comme quelques feuilles de persil ou deux trois brins de ciboulettes disposés élégamment donnent une touche de couleur à un plat de crudités sans le dénaturer.

 

Première édition Collection Zone d'Ombres. Editions Asgard. Parution 22 janvier 2014. 380 pages. 19,00€.

Première édition Collection Zone d'Ombres. Editions Asgard. Parution 22 janvier 2014. 380 pages. 19,00€.

Gilles VIDAL : Le sang des morts. Réédition Epub et Kindle chez Multivers Editions. 3,99€.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 13:54

Une Miss qui ne doit rien à un quelconque concours, pour ne pas dire à un concours quelconque !

Philippe THIRAULT, Marc RIOU & Mark VIGOUROU : Bloody Manhattan et Une chanson douce.

Deux bandes dessinées, signées pour le scénario Philippe Thirault, pour les dessins Marc Riou et Mark Vigouroux, qui constituent les deux premiers volets d’une série appelée Miss.

Dans le premier tome – Bloody Manhattan – le lecteur fait la connaissance de Nola, dont l’enfance ne fut pas gâtée, loin de là.

Née à Brooklyn, après un passage dans une école tenue par des religieuses, elle fait l’apprentissage de la vie avec Franck, ancien flic qui tient une officine de détective privé, puis rencontre Slim, un Noir dont la profession n’est guère avouable.

Miss sait se servir de sa langue, de ses pieds et éventuellement des armes qui lui tombent sous la main.

Dans le volume deux, Une chanson douce, elle est associée à Slim et des contrats particuliers leur sont proposés.

Tuer un mari riche et encombrant par exemple. Elle retrouve sa mère également, dans un sale état. Le scénario est toutefois plus confus que dans le premier ouvrage et part un peu dans tous les sens.

 

Philippe Thirault, auteur de romans au héros déjanté (Hémoglobine blues ou Speedway aux éditions Serpent à plumes, collection Serpent noir) possède l’art des petites phrases caustiques et des métaphores corrosives. Exemple le texte de Bloody Manhattan qui débute ainsi : “ On a appelé ça les années folles. New-York s’élargissait comme une tâche d’urine sur un buvard ” ou encore “ Chez les flics […] les bons deviennent voyous et les mauvais, ils restent flics ” .

 

Les dessins qui enchâssent le texte et les couleurs qui les habillent s’intègrent parfaitement à l’humeur prônée par Philippe Thirault. Le verdâtre prédomine ainsi que le rouge carmin.

Les traits sont parfois esquissés, flous, surtout en ce qui concerne les personnages, alors qu’en d’autres planches, les décors sont plus que réalistes.

Les rues du New-York décrit ne se resserrent pas comme des canyons sous la domination des gratte-ciel mais s’élargissent en Champs-Elysées, peut-être pour mieux montrer du doigt la pauvreté, le dénuement, mettre en évidence l’indigence de ces quartiers déshérités.

L’envers du décor des Etats-Unis d’Amérique, avec toutefois une pointe de nostalgie, celle du rêve américain qui synonyme de liberté est aussi celui d’esclavage.

 

Philippe THIRAULT, Marc RIOU & Mark VIGOUROU : Bloody Manhattan et Une chanson douce.

Philippe THIRAULT, Marc RIOU & Mark VIGOUROU : Bloody Manhattan et Une chanson douce. Miss volumes 1 et 2. Humanoïdes Associés. 48 pages chaque. Parution avril 1999 et décembre 1999.

Disponible en version Kindle : 5,99€ chaque.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 09:11

Lorsque le Futur est déjà dépassé...

Maurice LIMAT : Les Foudroyants.

La collection Anticipation du Fleuve Noir était sous-titrée : La Réalité de Demain. Et Maurice Limat, pour ce roman publié en 1960, plaçait son intrigue en 1998. Soit pour l'époque un délai raisonnable d'anticipation de quatre décennies. Seulement en 2015, les avancées technologiques, scientifiques, médicales ont-elles été réalisées, voire dépassées ?

 

L'orage éclate dans la forêt de Senlis et tandis que Martine prépare sous la tente le repas, Ric et René partent chercher de l'eau. En cet été finissant de l'année 1998, il est amusant de renouer avec la nature et de se comporter comme des primitifs. Enfin Ric et René reviennent en courant sous la pluie lorsque soudain la foudre atteint les deux garçons.

Martine est éblouie mais parvient à distinguer René qui est couché évanoui près d'un grand orme. De Ric, plus rien, sauf un tas de vêtements gisant sur l'herbe détrempée. Ric, son fiancé, a disparu. Et elle croit devenir folle lorsque René, sortant de son léthargie se redresse et arbore sur ses pectoraux l'image de Ric.

Ce qu'elle ignore, tout comme René ainsi que les vigiles qui viennent à leur secours, c'est que Ric est vivant, mais n'est plus qu'un ectoplasme. Il voit, il pense, mais il est devenu invisible et ne peut s'exprimer.

Au siège de l'Interplan, c'est à dire la Police Interplanétaire, le pendant d'Interpol, Lepinson le chef suprême de l'organisation est en colère. Non pas envers Robin Muscat qui navigue à bord d'un stratonef et avec lequel il communique mais parce que celui-ci était sur une mission concernant des pierres radioactives à Madagascar, et qu'il a fallu interrompre l'enquête en cours pour s'occuper d'un cas insensé. Selon ces messieurs du gouvernement, Ric aurait été enlevé par des Mercuriens, ou des kidnappeurs venus d'une autre planète.

Pour Lepinson, il s'agit d'une affaire banale, mais Robin Muscat n'en est guère persuadé. Aussi il se rend chez la jeune Martine afin de se renseigner sur la disparition étrange de son fiancé. Il l'appelle par l'audiophone électronique, mais la demoiselle l'éconduit, probablement en proie à une émotion violente. Robin Muscat ne se démonte pas et s'introduit dans l'immeuble de belle facture. Sur le palier il entend des voix, la télé peut-être pense-t-il, toutefois le rythme est haché. Le voyant lumineux, posé près de la porte d'entrée et indiquant si le visiteur peut ou non entrer, clignote de façon bizarroïde : Rouge - Néant - Rouge - Rouge - Néant... Comme s'il s'agissait d'un message en Morse, mais provenant d'une interférence électrique.

Soudain il entend Martine qui s'exprime d'une voix affolée, demandant à un interlocuteur de la laisser, de partir... Il entre mais Martine est seule dans la pièce. Il se fait connaître et il essaie d'amadouer la jeune femme qui lui propose un ztax, un whisky martien. Il parle d'un ton détaché, parvient à endormir quelque peu la méfiance de la jeune femme et aperçoit sur une table un stylo et une feuille de papier sur laquelle s'allongent une série de points et de tirets. Il s'agit bien d'une écriture en Morse Voretz, une variante de l'Espéranto pour le langage parlé. D'étranges manifestations se produisent dans l'appartement et des appareils électriques paraissent déréglés. Ce ne sont que des messages comme ceux qu'a interceptés Robin lors de son attente sur le palier. Il se demande pourquoi un châle est posé sur le téléviseur. Il découvre alors que sur l'écran en relief-color se profile le buste de Ric qui peu à peu s'efface.

L'ectoplasme tente de revenir et Martine est complètement affolée. Robin se rend compte alors que sur un meuble trône une photo de Ric. Seulement le visage est entièrement calciné. Les autres photos que possèdent la jeune femme ont subi le même sort.

D'autres manifestions étranges se produisent dans la Cité éblouissante, surnom de Paris, et René subit des attaques d'une entité inconnue. En compagnie du docteur Stewe, un savant, et du professeur Mac Grégor, Robin Muscat enquête sur ces phénomènes et les résultats qu'il en tire va les conduire jusque sur Vénus qui a été colonisée.

 

Insensiblement le roman passe de la science-fiction, de l'anticipation proche, vers un fantastique plus prononcé lorsque les protagonistes se retrouvent sur Vénus.

Anticipation proche et même dépassée puisque nous sommes en 2015 et l'action est sensée se dérouler en 1998. Mais ce qu'imaginait Maurice Limat en 1958 en matière de technologie s'est-il concrétisé ?

L'aérodrome du Bourget est transformé en Astrodrome et la Lune, Mars et Vénus sont devenues des satellites et des planètes régulièrement fréquentées et colonisées. Dans la vie courante, les téléviseurs sont en couleurs et relief, ce qui est une avancée technologique si l'on compare à  la 3D actuelle réservée pour les films. Les citoyens se déplacent en électrauto, les policiers comme Robin Muscat sont munis d'atomiseurs de poche, tandis que l'armée et la police terrienne ont fusionné pour devenir une milice.

Nous sommes donc loin des améliorations et des inventions imaginées par Maurice Limat mais nous nous en approchons petit à petit.

Un roman extrêmement plaisant à lire, même si en tenant compte de la date proche au cours de laquelle Maurice Limat plaçait son intrigue, on se rend compte qu'il y a encore du chemin à faire et des progrès à accomplir. Dans certains domaines, bien évidemment. Le lecteur n'est pas perdu dans cette narration, les personnages n'ayant pas de noms baroques, bizarres ou imprononçables et la vie quotidienne est quasiment celle que nous vivons actuellement.

 

De Maurice Limat, découvrir également :

Ce roman est disponible sous format E. book chez Rivière Blanche :

Maurice LIMAT : Les Foudroyants. Collection Anticipation N°164. Editions Fleuve Noir. Parution 3e trimestre 1960. 192 pages.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 12:54

Et tape, et tape avec tes battoirs,

et tape, et tape, tu dormiras mieux ce soir..

Jérémy BOUQUIN : No limit.

Une usine désaffectée transformée en salle de spectacle et Jane qui est là, concentrée, attendant dans sa bulle l'heure de se mettre en jambe.

Charlie a tout prévu, il veille à tout, véritable mère poule veillant sur Jane, vérifiant sa trousse de secours avec ses petites doses d'amphétamines, de cocaïne, et autres produits dopants, effectuant la mise en place.

L'heure approche, Jane commence à se dévêtir et à réciter ses gammes, dansant sur place, s'échauffant, s'étirant, tout un processus à respecter avant d'entrer en scène.

Combat dans cinq minutes !

Derniers préparatifs dont s'acquitte Charlie avec conscience. Jane est sérieusement amochée, côtes fêlées lors de son dernier combat, mains cassées, gonflées, bandées.

Malgré tous ses bobos, Jane est prête à combattre. Elle a la hargne, la haine, pourtant ce qui l'attend n'est pas une promenade de plaisir sur un ring.

Car Charlie, son entraîneur, préparateur physique, soigneur, est également recruteur pour Augusto. Et il recrute de tout, des professionnelles, des clochardes, des prostituées, des alcooliques, des droguées, des déprimées, toutes celles qui acceptent de s'affronter sur un ring qui n'est pas délimité, nues, sans observance de règles définies et précises de combat. Tout les coups sont permis, et parfois la mort est au rendez-vous.

Ce sont des tueuses ! Elles se font démonter le portrait pour le plus grand plaisir du public qui en redemande. Parbleu, s'il paie, le public n'est pas à leur place, il n'encaisse pas les coups le public. Des voyeurs vicieux qui peut-être rampent devant leurs femmes, la tête et le reste en berne. Et qui se complaisent dans ce jeu de massacre monté en toute illégalité. Et parmi les spectateurs qui se pressent pour ce genre de démonstration alliant le sexe et le combat, de nombreux bourgeois, des patrons, des cadres qui s'encanaillent et se rincent l'œil.

Mais c'est Jane qui est venue dans la salle de boxe de Charlie, c'est elle qui a voulu entrer dans son harem de "Girl's Fight", délibérément, en pleine conscience, peut-être avec une arrière-pensée.

 

Pire qu'un combat de coqs, cette forme de pugilat où tous les coups sont permis, même les plus bas, d'ailleurs ils sont fortement conseillés, ces rencontres laissent un goût amer. Et l'on se prend de pitié pour Jane qui ne veut pas plier, coucher les pouces. On encaisse en même temps qu'elle les horions distribués avec sauvagerie.

Jérémy Bouquin n'y va pas avec le dos de la cuiller, ce serait même plutôt avec une fourchette qu'il pique afin de faire mal. Pauvre clavier, il a dû en recevoir des coups lorsque l'auteur tapait son texte. Mais c'est le reflet d'une époque, il faut un exutoire pour compenser les coups de la vie.

Une nouvelle âpre, rude, violente et pourtant il se dégage comme une forme d'humanisme. Certes Charlie n'est pas présenté à son avantage, il possède plusieurs coups fourrés dans ses gants qui ne sont pas de velours. Aussi oublions-le et tournons nos regards vers Jane qui se livre à ce jeu de massacre pour une raison bien précise. Et ce n'est pas pour la gloriole.

La parabole de la violence qui insidieusement d'étend des banlieues jusqu'à la campagne, pour des doléances diverses, car la parole ne suffit plus pour revendiquer le besoin de s'exprimer et d'affirmer des positions que les manifestants jugent légitimes. Mais surtout la dénonciation de cet attrait malsain des voyeurs qui recherchent la violence par procuration via le cinéma, la télévision, les jeux vidéos et les exhibitions tarifées.

 

Jérémy BOUQUIN : No limit. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 0,99€.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 12:32

Sombres, les héros sombrent...

Gilles VIDAL : Sombres héros.

Né en 1955 à Carcanpoix, village placé nulle part mais ailleurs et loin de tout, orphelin à six ans ses parents s'étant bêtement tués dans leur bagnole toute neuve, élevé par son grand-père qui n'a jamais quitté le village sauf en 1936, Antoine Fouget vivote comme détective.

Après avoir vécu une enfance un peu comme tous les gamins puis adolescents de son âge, le refus de son grand-père de le voir fréquenter l'église puis sa petite amie qu'il accompagnait au bal, lui ne dansant pas alors qu'elle virevoltait sur la piste, après les réglementaires quatre vodkas à l'orange leurs ébats dans un coin tranquille, il part à vingt et un ans pour Paris. Il passe le concours d'inspecteur de police, concours auquel il échoue lamentablement, il se fait embaucher après des mois de galère dans une agence de détectives privés. Puis il s'installe à son propre compte. Il se marie, divorce, hérite de son grand-père la vieille demeure de Carcanpoix habitée son ex afin de garder l'endroit en vie, et un message : Creuse au pied de la pyramide.

L'agence tenue par Fouget n'est guère fréquentée, et cela fait trois semaines qu'un client n'a pas franchi l'huis. Suzie, sa secrétaire s'ennuie, ce qui la met de mauvaise humeur, on la comprend, et elle ne s'en cache pas auprès de son patron, quadragénaire, qui n'en peut mais. Enfin le client providentiel se pointe : Raymond Waringue, assureur, recommandé précise-t-il par le commissaire Ferrer. Au grand étonnement de Fouget, mais après tout client, c'est un client.

Aurique Summer, jeune comédienne très en vue, qui vivait avec Aldin, footballeur talentueux sympa sur le terrain mais une vraie peste dans la vie, est dans la tourmente. Aldin est décédé au domicile d'Aurique et de Mike son frère qui lui sert également d'imprésario, à moitié calciné, ou consumé. Les journaux se sont emparés avec avidité de cette affaire accusant Mike d'être à l'origine de la mort du footballeur, qui était annoncé en partance pour un club italien. Un déchaînement médiatique qui alimente l'appétence des lecteurs pour ce genre de fait-divers.

 

Un décès pour le moins bizarre car les scientifiques qui se sont penchés sur le cas d'Aldin parlent d'auto-combustion. Un phénomène qui tend à se généraliser, se produisant en vase clos, sans flammes, le feu ne se propageant pas. Un non-lieu a été prononcé, donc théoriquement il n'y aurait pas d'affaire, sauf que depuis Summer frère et sœur reçoivent des menaces de mort. Or si le ou les expéditeurs anonymes passent à l'acte, le courtier en assurances, l'un des rares indépendants qui subsistent dans sa profession, en sera de cinq millions de francs de sa poche. Un joli pactole qu'il peut se permettre de perdre. Et comme la somme que lui propose son client est assez conséquente, Fouget ne peut refuser surtout qu'une transaction à l'américaine, sur laquelle je ne m'étendrai pas mais est assez significative des accroches envers la clientèle, lui est offerte. Bref, il doit enquêter et protéger Aurique Summer.

Seulement, le client une fois parti, Fouget ne peut s'empêcher de se poser moult questions et la première chose à faire est de se renseigner sur le footballeur défunt. Et ce qu'il apprend auprès d'un copain journaliste qui connaissait le talentueux Aldin, n'est joli, joli. Mais la famille Summer non plus n'est pas en odeur de sainteté. Sans compter son agent, qui comme tous les agents de joueurs, ou presque, n'est pas net et le transfert programmé sujet à controverse financière.

Fouget est contacté par Summer sœur qui lui apprend qu'elle a reçu des menaces, quant à la porte de son appartement, elle a été fracturée, un petit mot étant scotché le sommant de s'occuper de ses affaires et pas de celles des autres. Je synthétise. Et comme plus on est de footballeurs, plus on s'amuse, un des coéquipiers d'Aldin lui aussi est menacé. Or l'équipe doit jouer un match de la plus haute importance.

 

Un préliminaire onirique, une ambiance très polar des années 50 pour une histoire ancrée résolument dans notre siècle. L'écriture est rythmée tout en gardant une part de poésie, l'humour y est présent, et les métaphores abondent apportant une touche de légèreté dans une atmosphère parfois tragique. Et le lecteur ne sera pas déboussolé d'apprendre qu'il s'agit d'un jeu de manipulation, le détective servant un peu de pion dans une partie d'échec, ou de remplaçant dans un match de foot dont le résultat pourrait être connu à l'avance. Un petit clin d'œil est adressé à Léo Malet au passage, mais surtout à son personnage de détective Nestor Burma, dont peut s'inspirer Antoine Fouget.

Gilles Vidal ancre son intrigue dans les milieux du foot, ce qui n'est pas anodin car ce sport est l'une de ses passions, et les histoires de transfert et de matchs truqués. Et il nous gratifie d'un article journalistique sur le déroulement d'un match de foot, tel qu'aurait pu en écrire, mieux même peut-être, un journaliste de l'Equipe. Il n'oublie pas également sa passion pour les romans noirs et le cinéma de même couleur, en plaçant ici et là quelques références. Seulement une seconde histoire se greffe sur l'enquête de la mort du footballeur, celle de l'énigme que le grand-père d'Antoine Fouget laisse à sa mort.

Je ne les ai pas tous recensés, mais certains noms de protagonistes m'ont fait tilt, comme un hommage rendu à des copains. Par exemple un policier se nomme Merle, comme Jean-François, qui est romancier, traducteur et éditeur, notamment aux Presses de la Cité.

 

Gilles VIDAL : Sombres héros. (Première édition Atelier Presse, collection Atelier Noir). Editions Ska. Collection Noire Sœur. Parution juillet 2015. Environ 180 pages. 3,99€.

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Published by Oncle Paul - dans Livre Numérique
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 13:20

Au moins, cela ne peut être considéré comme du racolage sur la voie publique...

Jérémy BOUQUIN : Phone sex.

Accrochée au téléphone, Cynthia attend que son client se manifeste. Elle a l'habitude Cynthia, qui d'ailleurs ne se prénomme pas ainsi mais on ne va pas chipoter. Michel est un mutique.

Ses autres clients ne se conduisent pas lui, ils ont tous leurs propres réactions. Ceux qui causent beaucoup ne laissant pratiquement pas Cynthia placer une parole, ceux qui vitupèrent, ceux qui quémandent, des brutaux de la gueule, des timides, des passionnés, il y en a pour tous les goûts. Il y en même un qui parfait son éducation sexuelle en posant des questions. De toute façon, cela ne la gêne pas, Cynthia, bien cachée derrière son écouteur.

Michel ne s'exprime pas, ou si peu. Alors elle est obligée de combler les silences, et faire durer le plaisir. Elle est payée au temps passé, et plus longtemps reste le client au bout du fil, plus les piécettes tombent dans son escarcelle. Les billets plutôt, mais j'aime bien l'image sonore des piécettes.

Car Cynthia, qui est comédienne, pratique un métier pas très difficile en apparence mais qui requiert une grande imagination, une voix sensuelle et doigté avec les clients. Il ne faut pas les brusquer et les garder le plus longtemps possible. Elle est employée au téléphone rose. Elle ne fait de mal à personne, au contraire. Ils sont soulagés de l'entendre Cynthia lorsqu'elle suggère qu'elle déboutonne son corsage, que ses petits tétons pointent sous la dentelle, qu'elle glisse un doigt sur la couture du pantalon. Certains en bavent de plaisir.

Mais Michel ce soir là est en veine de confidence. Et il trouve que Cynthia a la voix de quelqu'un qu'il connait.

 

Rangée dans la collection Culissime, cette nouvelle aurait tout aussi bien pu être cataloguée comme Noire Soeur. En effet le final, particulièrement bien amené, nous démontre que tout n'est pas rose dans la vie, pas comme le téléphone, et que les à-côtés sont frangés de noir. Jérémy Bouquin laisse monter la pression tout en finesse, avec subtilité, et nombreux sont ceux qui, je le pense, vont se laisser piéger par l'épilogue.

Jérémy BOUQUIN : Phone sex. Collection Culissime. Editions Ska. 0,99€.

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 14:26

Et le narrateur ne se nomme pas Quasimodo...

Pascal PRATZ : Esméralda.

La grande Ducasse bat son plein et le narrateur flâne parmi les manèges, les stands, assailli par les odeurs de frites, de barbe à papa et pommes d'amour. Une fête foraine qui va durer pendant deux mois.

Il est seul et donc il peut se rendre où il le désire sans être tiraillé par des demandes émanant de gamins turbulents et exigeants ou de femme désireuse de trouver le grand frisson ailleurs que dans la chambre conjugale.

Ce n'est pas le décor externe du Palais des Horreurs qui l'attire, ni les cris, les hurlements d'extase des demoiselles qui s'engouffrent dans cette bouche géante pour en ressortir par une ouverture en forme d'anus (c'est pas moi qui ai eu l'idée de cette image suggestive, mais l'auteur), non, c'est la gente demoiselle qui se tient à la caisse.

Elle est belle comme... Tiens l'image m'échappe... Ses cheveux couleur d'incendie et ses yeux verts l'aspirent et aussitôt il lui pose une question qui dénote une recherche linguistique savante et osée, du genre : Vous finissez à quelle heure ?

Rendez-vous est pris pour minuit, heure de fermeture de l'attraction. Minuit personne, le temps passe, un peu plus tard, personne, il poireaute, personne, enfin vers une heure du matin, la voilà qui arrive, toujours aussi belle, éblouissante, provocante. Et à ce moment se joue une scène qui le pétrifie. Elle lui prend la main et s'en va et lui, il reste comme un manchot accroché à sa banquise. Retour arrière et s'engage une conversation pour le moins passionnante, qui consiste à savoir ce qu'ils vont pouvoir faire et où.

Non seulement elle a un corps admirable, qu'il dévore des yeux, mais au goût c'est une déferlante de friandises dont il se repait avec volupté. Et rendez-vous est pris pour le lendemain soir, afin de savoir si les sensations seront les mêmes et aussi sensationnelles. Mais il semblerait bien qu'une diablerie se soit glissée dans leur chambre, des pattes fourchues pouvant en attester.

 

Nouvelle érotique, comme le laisse supposer le titre de la collection, mais également à tendance onirique et fantastique, Esméralda joue avec les sens, et pas uniquement celui du toucher du narrateur, et par voie de conséquence du lecteur. Esméralda, comment dire, s'envoie en l'air dans toute l'acception du terme, aussi bien au figuré qu'au propre. Et le narrateur la suit dans cette explosion charnelle, à sa grande joie mais également à son grand étonnement. Bref ils passent tous les deux une nuit mémorable et le lecteur un moment lui aussi mémorable.

 

Pascal PRATZ : Esméralda. Collection Culissime. Editions Ska. 0,99€.

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 12:38

Oui mais Salve à tort...

Eva SCARDAPELLE : Salves.

La narratrice est devenue misanthrope. Comme ça d'un seul coup ou presque. En réalité cela c'est fait progressivement mais à son insu et un beau jour elle s'est rendu compte qu'elle n'aimait plus les gens.

Et quand je dis, j'écris, les gens, c'est tout le monde. Même ses enfants. D'ailleurs ce rejet a débuté par ses gamins qu'elle nourrissait à la va-comme-je-te-pousse. Des plats trop froids. Des bains trop chauds. Allant même jusqu'à les oublier à l'école.

La vie continue, en pointillé, sans elle. Elle a autre chose à faire.

Salves est une courte nouvelle pour exprimer une longue dégringolade. A cause d'une addiction, à cause de réseaux sociaux aussi, des miroirs aux alouettes qui ne tiennent pas leurs promesses. A cause d'un abandon de soi et des autres.

Une nouvelle profondément pessimiste, mais qui reflète sûrement le lot quotidien de nombreuses personnes, des jeunes principalement, qui ne savent pas ou plus quoi faire de leur vie. Dont l'esprit est englué de pensées négatives. Une nouvelle alarmiste dont il serait bon de chercher les origines de ce dédain de soin, de cette forme de rejet envers les autres, de ce repli.

 

Eva SCARDAPELLE : Salves. Nouvelle. Collection Noire Sœur. Editions SKA. 0,99€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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