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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 10:03

Où Panthéra passe, l'ennui trépasse !

Pierre-Alexis ORLOFF : La mère de Panthéra.

Il aura fallu attendre trois ans pour retrouver nos amis, Panthéra et consorts, que l'on avait laissé en piteux état, dans une situation périlleuse mais pas désespérée, quoique, on ne sait jamais avec l'auteur. Certains protagonistes ont quitté définitivement la scène, d'autres sont mal en point physiquement et moralement.

Heureusement, grâce à la magie des blogs, dont celui-ci en particulier, vous pouvez suivre en intégralité ou presque cette histoire ô combien édifiante, pittoresque, démoniaque, échevelée, et tout ce que vous voulez de positif, en quelques jours.

Donc Panthéra a réussi à s'échapper mais elle a été touchée gravement à une jambe par les balles tirées par l'inspecteur (stagiaire) Carlier. Elle se réfugie derrière une voiture, affalée sur le trottoir, et elle sera récupérée quelques temps plus tard par son amie Tanya, qui avait senti l'embrouille venir grâce, ou à cause, d'un article journalistique écrit par Renouard dans Soir Nouvelles.

Article qui d'ailleurs a engendré en partie cette réunion inopinée. Et Renouard s'en mord les doigts tout en buvant, rentré chez lui, verre sur verre, ce qui l'oblige à rester cuver dans son lit et même par terre. Ce qui n'est pas plus mal, pendant ce temps il n'écrit pas n'importe quoi, même s'il approche plus ou moins de la réalité.

Carlier a préféré tirer sur Panthéra au lieu d'abattre Faustus le faune, le laissant s'enfuir rapidement, juché sur ses sabots sans passer par la Lorraine. Et cet incident va lui coûter cher. Va leur coûter cher devrai-je préciser. Car Fautus est mis à l'index par son employeur Marcel, enfin par son fils Antoine, qui n'apprécie pas vraiment le genre de bévue dont s'est rendu coupable le satyre. Quant à Carlier, il se voit proposer une promotion loin de Paris, à Cahors. Il ne se résigne pas à entrer dans un placard et préfère démissionner, au grand dam de sa femme qui ne s'était marié avec lui que parce qu'il avait embrassé la profession de policier. Ah, l'amour de l'uniforme ! Et Carlier est embauché par l'avocat Formellot pour réaliser quelques opérations de filature.

Passons rapidement sur la présence d'Erynia, la nymphe qui accompagnait Carlier, sur les blessures de Percival Arlington qui s'en remettra, et les autres participants de cette joyeux rassemblement qui aurait pu tourner au drame, et tournons notre regard vers Marcel Duchard qui a la bonne idée de décéder, Antoine ayant décidé de prendre définitivement sa place. Et son amie Berthe Windgassen se mue en Jane Camden, afin de ne pas dépareiller par rapport à son ami Duchard fils.

 

L'article de Renouard ne pas inaperçu non plus d'un ancien nazi réfugié en Bolivie, et qui fut vingt ans auparavant le complice de Duchard, de Windgassen, et d'un prêtre, Honorin, devenu prélat. Et Heinrich von Verschtaufen, ancien colonel de la Waffen SS, décide de venir à Paris, endroit qu'il n'a pas fréquenté depuis des années alors qu'il se rend régulièrement à Londres.

 

Et voilà, tous les personnages sont mis en place ou presque. Dorilien le farfadet compagnon habituel de Faustus, a eu la tête tranchée par Panthéra, mais ne le plaignons pas, il le méritait.

Non, l'incident primordial a été déclenché par Faustus le satyre qui avait commencé à envoûter Panthéra, obligeant la jeune femme à retirer sa cagoule et à avouer son nom, Alice de Sérigny. Et ce patronyme fait réfléchir Marcel/Antoine Duchard et Berthe Windgassen/Jane Camden. Une hypothèse qui les laisse rêveurs se forge dans leurs esprits, les ramenant vingt ans en arrière.

 

Aventures endiablées pour ce troisième opus et ce n'est pas fini, tant mieux pour le lecteur qui se prend d'addiction pour Panthéra. D'autant que l'auteur en révèle un peu plus sur la genèse en incluant dans son récit des épisodes qui se sont déroulés en octobre 1943. Rappelons que les événements décrits se déroulent eux en 1963.

Michel Pagel, zut je l'ai dit, Michel Pagel signe donc un roman-feuilleton en tout point remarquable sans omettre quelques références littéraires, voulues ou non.

Ainsi, si Michel Pagel a pris pour pseudonyme Pierre-Alexis Orloff, ce n'est pas innocent. Mais disséquons, un peu seulement, faut en laisser pour les autres.

Orloff, de son prénom Tania, n'est pas un rôti, mais un personnage de la série Bob Morane. Et on retrouve une Tanya dans ce feuilleton. Tandis que le prénom Pierre-Alexis nous renvoie à Pierre-Alexis de Ponson du Terrail, le créateur de Rocambole, d'ailleurs les aventures de Panthéra sont effectivement rocambolesques. Et puisque l'on cite le nom de Terrail, signalons au passage que le supérieur hiérarchique de l'inspecteur stagiaire Carlier se nomme Duterrail. Et précisons que le commissaire chargé de reprendre l'affaire retirée à Carlier s'appelle Malet, Léon Malet. Comme le monde est petit ! Mais les grands hommes ne manquent pas ! Et pour finir la romancière Marie-France d'Aygues-Vives, dont Alice de Sérigny est la secrétaire lorsqu'elle n'enfile pas la combinaison de Panthéra, écrit un roman qui a pour titre Marion. Faut-il y voir un clin d'œil à la série des Marion de Georges-Jean Arnaud, quinze romans au total publiés sous le pseudonyme d'Ugo Solenza ? Georges-Jean Arnaud, né à Saint-Gilles du Gard, commune du Gard, tout comme, non pas Aygues-Vives qui se situe en Haute-Garonne, mais Aigues-Mortes.

 

Pour commander cet ouvrage, placez le curseur de votre souris sur le lien suivant :

Si vous préférez la version numérique c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : La mère de Panthéra. Panthéra, roman feuilleton, épisode numéro 3. Introduction de Jean-Marc Lofficier & Jean-Luc Rivera. Collection Noire N°69. Editions Rivière Blanche. Parution novembre 2014. 248 pages. 17,00€.

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:59

Entre Fantômette et Madame Atomos, n'hésitez pas : Panthéra est là !

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus.

Mais qui est cette Panthéra qui défraie la chronique, pas plus tard que la semaine dernière, c'est à dire en temps compensé, le 22 octobre 1963 ? Nul ne saurait le dire, pas même François Renouard, journaliste au quotidien Soir-Nouvelles, pourtant toujours bien informé.

Maître Joseph Gorvain, notaire à Corbeil-Essonnes, a été retrouvé mort dans son étude, et si le crime n'est pas formellement établi, une carte signée Panthéra sur laquelle est suscrite la phrase suivante, la vengeance est mienne, a été déposée près du corps.

Or une semaine auparavant, à quinze kilomètres de là, à Saint-Firmin sur Essonne, Mrs Margareth Arlington avait été assassinée, et les témoins, Percival le fils de la victime, et Mireille, la domestique, avaient décrit la meurtrière comme féline. Et coïncidence c'était ce même notaire qui avait procédé à la vente des Peupliers, la propriété des Arlington, à la fin de la guerre.

Un article journalistique qui n'échappe pas à Antoine Duchard, l'héritier de Marcel, industriel dans l'armement et l'aéronautique. Enfin, fils de Marcel, c'est à voir, car il s'agit de Marcel qui grâce à un artifice, disons démoniaque, est resté jeune et pour la galerie a pris sa propre succession. Antoine Duchard fait part de sa lecture à son amie Berthe Windgassen qu'il a connue durant la guerre, grâce à des accointances avec un officier Allemand. Bertha est devenue Bertha Camden, Lady Dunsmore, a hérité de la propriété les Peupliers, et de temps à autre se mue en miss Jane Camden, sa nièce. Elle vit actuellement dans le Devon, secondée par son majordome et amant occasionnel James Fischer.

Il demande, ordonne pourquoi ne pas employer les termes exacts, à Faustus, le satyre, le faune, et son compagnon Dorilien, le farfadet, tous deux faëriens, de découvrir qui se cache sous l'enveloppe de Panthéra. Les Faëriens sont issus d'une lointaine entité ayant pignon sur rue, puisqu'une ambassade de Faërie est implantée à Londres.

 

Alice de Sérigny est depuis peu la secrétaire de Marie-France d'Aygues-Vives, romancière et rédactrice d'un hebdomadaire féminin, ce qui déplait fortement à Tanya Morin, son amie d'enfance et même plus, puisqu'elles ont été élevées ensemble, mais pas que. Tanya, dont le nom d'emprunt est Farnèse, est chercheuse auprès du professeur Bellières, dans un domaine particulier, celui de l'influx nerveux face à l'envoi de fausses informations. Tanya, qui est handicapée, bossue et pied-bot, est quelque peu jalouse mais il faut bien faire avec sa colocataire-amie. D'autant qu'Alice doit ressortir ce soir, après la réception littéraire à laquelle elle a assisté, et redevenir le temps de quelques heures Panthéra, celle dont tout Paris et la France parle, et pas obligatoirement en bien.

Ayant enfilé sa combinaison noire et sa cagoule, Panthéra se rend aux Peupliers afin de vérifier, parmi les papiers, l'acte de vente de la propriété. Seulement l'inspecteur (stagiaire) Carlier a disposé deux hommes afin de garder la demeure et ses occupants. Une demeure dans laquelle elle a vécu les premiers mois de sa vie et dont le blason porte encore les armes de la famille Sérigny. Elle s'introduit dans la pièce où se trouve déjà Percival et celui-ci est tout de suite subjugué par la jeune femme. Mais Mireille, qui a subi les foudres peu avant de son amant de patron, ne peut s'endormir et elle perçoit des bruits. Curieuse, elle aperçoit Panthéra qui s'introduit dans la pièce et immédiatement alerte le policier en faction. Le drame couve, car lorsque le policier veut intervenir, le démon qui est en Panthéra prend du poil de la bête et non seulement se défend mais attaque. Le policier est grièvement blessé, Panthéra peut s'échapper mais le mal est fait.

 

L'inspecteur (stagiaire) Carlier, ami de Renouard le journaliste, est aussitôt sur les lieux, enquêtant et accusant Percival de connivence. Carlier possède d'autres accointances, dont Erynia, la nymphe, et lui fait part de la présence possible d'un démon. Erynia révèle cette information à son compère Sargo, le centaure, et celui-ci embarque pour l'Angleterre et plus précisément dans le Devon, chez lady Dunsmore. Sargo, le faune, et Erynia, la nymphe, sont deux Faëriens, chasseurs de démons, et ne jouent pas dans la même cour de récréation que Faustus et Dorilien.

 

Cette histoire prend sa genèse, du moins une grande partie, durant la seconde guerre mondiale, et en cette année 1963, soit vingt ans après, rien n'est effacé, rien n'est oublié, rien n'est terminé.

A l'instar des grands feuilletonistes des siècles précédents, de Dumas à Léon Sazie, en passant par Féval, Zevaco, Arnould Galopin, Souvestre et Allain, et quelques autres, Pierre-Alexis Orloff, qui est un pseudonyme bientôt dévoilé, construit avec Panthéra une œuvre magistrale, dont les différents volumes se lisent indépendamment mais se suivent, l'épilogue relançant l'action, et comme l'on sait, action - réaction. Car les réactions sont nombreuses et les épisodes s'enchaînent sans discontinuer, le lecteur ne prenant même pas le temps de souffler, à peine celui de boire et de manger.

Un roman épique mélangeant avec bonheur les genres, allant du fantastique au policier, du dramatique au mystérieux, avec incursion historique, et un côté sentimental et familial dont étaient friands les auteurs précités, sans oublier Xavier de Montépin et Hector Malot.

Mais les personnages ne sont pas tous issus de la fiction et de l'imaginaire de Pierre-Alexis Orloff. Ainsi sous le nom de Marcel Duchard, puis de son "fils" Antoine, industriels dans l'armement et l'aéronautique, on ne manquera pas d'accoler ceux d'industriels ayant réellement existé ou vivant encore, le fils entretenant quelques indélicatesses avec la justice. Quant à Maître Roger Formellot, il possède un air de ressemblance avec René Fleuriot, célèbre avocat d'après-guerre.

Et l'on pourra poursuivre les aventures de Panthéra bientôt avec les autres titres de cette série qui ne manque pas d'allant, d'humour, de piquant, et d'imagination. Et surtout on apprendra que les amours entre personnes de même sexe parfois peuvent sauver la vie, ou pas.

 

Pour commander ce livre, version papier, une seule adresse :

 

Mais si vous préférez la version numérique, n'hésitez pas, c'est par ici :

Pierre-Alexis ORLOFF : Panthéra contre Faustus. Collection Noire N°30. Editions Rivière Blanche. Parution juillet 2011. 228 pages. 17,00€.

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 10:06

La cuisine, mais pas au beurre, car depuis Pierre Dac et Francis Blanche, l'on sait que le Sâr dîne à l'huile...

Pascal BASSET-CHERCOT : La Passion du Sâr.

Surtout connu pour la saga de l'inspecteur Déveure, le Boiteux, ainsi surnommé à cause de sa claudication due à un accident de service, Pascal Basset-Chercot s'éloigne parfois à contre courant de sa production littéraire policière avec des romans dont la psychologie est encore plus marquée.

Toine, mémoires d'un enfant laid par exemple en est la parfaite illustration. Un roman poignant dans lequel le personnage principal est un enfant maltraité, en proie à un acharnement quasi sadique, et qui comme tous les ingénus de son âge ne comprend pas cette constance dans la méchanceté dont il est l'objet.

Avec La passion du Sâr, Pascal Basset-Chercot emprunte une nouvelle voie de traverse, un petit chemin qui fleure l'initiatique, une récréation dans son univers noir. Pour une fois l'enfant n'est pas le personnage principal, même si la mort d'une gamine s'avère obsédante dans la quête des protagonistes qui gravitent dans ce roman où le spiritisme côtoie le suspense.

Jean Baptiste Grandier vient de s'échapper d'une clinique psychiatrique et si pour les uns ce n'est qu'un mage au pouvoir paranormaux incontestables, pour d'autres ce n'est qu'un assassin. Sophie Fallières dont le mari, lui même psychiatre dans cet établissement, est dans le coma suite à un accident provoqué par le mage - une collision bénigne pour tous les témoins qui ont assisté à l'incident - Sophie Fallières décide de retrouver ce personnage mystérieux qui a rejoint Lyon, son fief.

Mais Jeanba comme l'appelle ses anciens disciples, enfin ceux qui lui restent, connaît mieux que quiconque les traboules, passages et venelles de la cité qui se partage entre Saône et Rhône.

Mentor d'une confrérie, Jeanba apprend que celle-ci est sous l'influence d'un de ses disciples, échappant à son influence. Entre quête spirituelle et enquête initiatique, entre recherche d'identité et avidité de compréhension des évènements, la jeune femme, aidée d'un voyant et d'un policier, va remonter le temps et les évènements, croisant sur sa route un cordonnier, un prêtre et un antiquaire.

Alors que Lyon en liesse est prêt à accueillir le pape, le Sâr Jeanba va vivre sa passion qui se renouvelle tous les trente trois ans depuis des siècles. Avec La Passion du Sâr Pascal Basset-Chercot nous propose un livre envoûtant comme en écrivait Conan Doyle lorsqu'il découvrit le spiritisme.

 

Pascal BASSET-CHERCOT : La Passion du Sâr. Editions Calmann-Lévy. Parution 5 avril 1995. 240 pages. 19,50€. Version numérique 10,99€.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 08:42

Hommage aux anciens forçats du vélo et à René Vietto !

Max OBIONE : Le Roi René

Les coureurs participants au Tour de France cycliste se sont élancés à l'assaut de l'asphalte et ils l'ont si bien mangé, l'asphalte, qu'ils en sont venus à bout. Pas tous, certains ayant préféré vagabonder en cours de route. Mais ils ne furent pas les seuls à sillonner les belles routes de nos campagnes, puisqu'ils étaient précédés de la caravane publicitaire, des norias des voitures des directeurs sportifs, des motos des journalistes et des gendarmes, sans oublier tous ceux qui ont salué leurs exploits dans un esprit sportif dénué de tout trucage lié au dopage.

En ce début des années soixante, Louis Hortiz se promène en bicyclette sur les chemins et routes du Pays d'Auge, à Villers sur mer. Comme tous les ans, il est arrivé en éclaireur en compagnie de sa sœur Lucette et de sa copine Gisèle. Ils logent à la villa Les Fusains, une location qui se perpétue d'année en année, en attendant le flux touristique. Plus jeune que les adolescentes, qui révisent au calme, Louis est toutefois obligé de participer aux tâches ménagères, un jour sur trois. Faire les courses, cela lui convient, mais débarrasser la table et laver la vaisselle, il s'en passerait bien.

Alors qu'il dépose son vélo contre une clôture grillagée, Louis se fait interpeller par le propriétaire, un vieil homme bourru. Toutefois le père Carillon ainsi surnommé pour une plaque émaillée vantant les bienfaits d'un café et clouée sur la porte de la remise, est intéressé par la bécane de Louis, il en connait la marque et surtout celui qui lui a donné son nom. Une ancienne gloire du cyclisme qui aurait abrégé sa carrière en préférant l'alcool à la course cycliste. Le père Carillon invite Louis à visiter sa remise où il parque avec un soin méticuleux sa vieille moto, une TerroT de 1936 dont il connait par cœur la fiche technique. Et surtout le side-car qui lui est accroché comme un bigorneau sur l'un de ses flancs.

C'était l'époque bénie du transistor et le père Carillon en possède un qu'il porte à son oreille : c'est l'heure de la retransmission de l'étape du jour du Tour de France qui se déroule dans la région. Il propose même à Louis d'aller le lendemain de suivre l'étape contre la montre qui doit effectuer un parcours dans les environs de Deauville. Ils se rendront sur place avec Daisybelle sa moto. Louis est heureux, fier mais contrarié car il va désobéir en se lançant à l'aventure sans l'accord de ses parents. Il va leur envoyer une lettre et il laissera un mot à Lucette.

Entre le vieil homme et l'enfant, s'établit une sorte d'amitié, et ils ne savent pas encore qu'ils vont se trouver confrontés à des hommes dont la morale s'efface devant l'appât du gain.

 

Sans vraiment situer la date de cette aventure, qui doit se dérouler selon quelques indices au début des années soixante, puisque Lucette écoute à la radio La Famille Duraton et qu'une Renault 4L est stationnée près d'un hôtel, Max Obione joue avec des événements qui se sont réellement déroulés bien des années après. Je me contenterai de signaler juste quelques dates fatidiques qui ont marqué le Tour de France : 1967 et 1998, par exemple, ainsi que des personnages à la réputation sulfureuse et un produit surnommé le Pot belge.

Mais il est indéniable que ce roman pour jeunesse nous fera plonger dans la nôtre, non seulement par les noms des cyclistes qui y sont évoqués comme Robic ou Vietto, par les illustrés pour la jeunesse comme Cœurs Vaillants, mais aussi par les interdits parentaux : Quant à la télévision, les parents de Louis y voyaient le début de la perversion de la famille : Lis au lieu de quémander la télévision ! déclarait le père.

Louis et le père Carillon, se sentent seuls, chacun de leur côté. La compagnie d'amis et des siens manque à Louis, quant au père Carillon, il vit en solitaire, ayant perdu sa femme et sa fille dans des conditions qui ne sont pas évoquées. Et c'est cette solitude et l'attrait pour le vélo, entre autre, qui les rapproche. D'autant que le père n'est pas souvent à la maison pour des raisons professionnelles et Louis le connait à peine.

 

Première édition : Collection Roman Jeunesse, éditions du Jasmin. Parution 16 avril 2014. 120 pages. 9,90€.

Première édition : Collection Roman Jeunesse, éditions du Jasmin. Parution 16 avril 2014. 120 pages. 9,90€.

Max OBIONE : Le Roi René (Daisybelle). Collection Noire Sœur. Polarado. Editions SKA. Parution 20 juillet 2017. 4,99€. Epub.

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 13:32

Sur cette terre, ma seule joie, mon seul bonheur
C'est mon homme
.

Max OBIONE : Gun.

Gérard est un petit maquereau sans grande envergure, n’ayant qu’une gagneuse, qui est en même temps sa copine. Ginette.

Elle est chouette Ginette, mais elle commence à se faire vieille.

Aussi, lorsqu’une jeunette en provenance des pays de l’Est lui propose de compléter et rajeunir son effectif, Gérard n’y voit aucun inconvénient, Ginette non plus d’ailleurs.

Azhor attire de nombreux clients sur le parking, des routiers sympas, qui n’ont pas peur à la dépense. Elle incite Gérard à embaucher ses copines, mais dans la vie il ne faut pas transformer sa petite entreprise en multinationale, le revers de la médaille se profile rapidement.

Dans cette nouvelle, Max Obione prend son style bourru et attendrissant, façon langue verte des julots d'antan.

Mais comme pour tout, l'économie de marché, le capitalisme sauvage, la mondialisation, la délocalisation du pain-de-fesses vers les pays demandeurs de chairs blondes et originaires des pays de l'Europe de l'Est, le rajeunissement de la "main" d'œuvre, perturbent les petites entreprises qui comme la grenouille veulent devenir plus grosse que le bœuf. Et dans ces cas là il vaut lieux être taureau que bœuf !

 

 

Première édition : éditions Krakoen. Collection Petits Noirs. Parution janvier 2012. 20 pages.

Première édition : éditions Krakoen. Collection Petits Noirs. Parution janvier 2012. 20 pages.

Max OBIONE : Gun. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Version numérique. Parution mai 2017. 2,99€.

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 09:23

Dans les coulisses du pouvoir...

Rien n'est plus jouissif pour un non initié que de se promener dans les arcanes du monde de la politique française et de débusquer tous les petits secrets qui alimentent les couloirs des hôtels particuliers transformés en maisons closes gouvernementales.

Edouard DEVARENNE : Meurtre à Matignon et Michel SOLFERINO : Meurtre au PS.

Les deux romans que nous propose Calmann-Lévy dans la collection Les Lieux du Crime en sont la représentation écrite parfaite. Si Meurtre à Matignon possède une intrigue un peu mince, les personnages décrits ont une saveur qui n'offusquera personne, sauf peut-être les intéressés. L'humour parfois ravageur et caustique de ce roman compense les faiblesses de l'enquête qui se termine en un pied de nez dont malheureusement l'actualité ne sera plus de mise. Jacques Toubon, le Ministre de la Culture, et Jacques Attali, le conseiller du Président, sont présentés comme les bouffons, les Jacques de cette aimable historiette. Au cours d'une réception organisée par le Premier Ministre, Jacques Chirac et Philippe Seguin disparaissent. Tout laisse à supposer qu'il s'agit d'un enlèvement et un mouchoir taché de sang retrouvé près d'une statue invite à toutes les suppositions même les plus pessimistes. Joxe, avec toute l'austérité qui le caractérise, mène l'enquête.

 

Edouard DEVARENNE : Meurtre à Matignon et Michel SOLFERINO : Meurtre au PS.

Meurtre au PS est plus grave dans le propos, et si là encore l'épilogue tient dans une pirouette, l'intrigue proprement dite s'apparente plus au roman policier. Laurent Fabius est sérieusement blessé par deux hommes alors qu'il sort de l'Ecole Normale où il s'est rendu en visite. Les langues vont bon train et au PS les factions sont divisées. Michel Rocard est-il à l'origine de cette tentative de meurtre afin de mieux asseoir sa prépondérance aux instances nationales, ou Fabius lui-même comme certains aiment à le laisser croire, est-il à l'origine de cet attentat ? La droite assiste à ces échanges de propos parfois venimeux en spectateur qui se voudrait impartial.

Là encore nous avons droit à une galerie de portraits à la limite de la caricature, et Michel Charasse n'est pas loin de se servir de ses bretelles comme d'une fronde, fronde qui couve parmi les quadras. Un véritable commissaire dirige l'enquête et il marche sur des œufs, devant éviter l'omelette et les œufs brouillés, même si la sauce est parfumée au Cresson. Deux divertissements qui n'engendrent pas la morosité, au contraire de la politique.

Edouard DEVARENNE : Meurtre à Matignon et Michel SOLFERINO : Meurtre au PS. Collection Les Lieux du crime. Editions Calmann-Lévy. Parution 1993. Ces deux ouvrages sont disponibles en version numérique pour 5,99€ chacun.

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 10:08

Je ne suis pas un héros

Mes faux pas me collent à la peau

Je ne suis pas un héros...

Frédérique TRIGODET : An American Hero.

Pas facile de devenir un écrivain lorsqu'on a connu une enfance perturbée. Pourtant ce n'était pas l'envie ni le désir de se hisser au sommet des ventes avec des piles de livres sur les étals et d'entretenir une petite cour d'écrivaillons qui lui manquait.

Seulement devenir écrivain ne s'improvise pas, on en couche pas des mots sur le papier à la simple demande d'un rêve. Alors, afin de ne pas se déconnecter du monde du livre, il essaie de devenir bibliothécaire. Mais les examens de passage, ce n'est pas son truc. Pourtant il bûche l'oral, l'écrit, tout en effectuant de petits boulots. Il faut bien manger quand même.

Résigné, il laisse les années s'écouler, jusqu'au jour où il prend en stop, l'ancêtre du covoiturage, un individu, ancêtre des hippies, pas très net question propreté et peut-être encore moins net dans sa tête. Bref le genre de personnage qu'il vaut mieux éviter, et qu'il prend quand même à bord de son véhicule. Il lui paie même un petit-déjeuner. Un bienfait qui n'est pas perdu. L'homme fait à notre narrateur une proposition honnête et inattendue.

 

Frédérique Trigodet rêvait-elle d'être un homme et de devenir un jour écrivain célèbre ? Pour se muer en homme, c'est peut-être trop tard, quoi que avec les progrès de la science médicale, rien n'est perdu. Mais devenir un écrivain célèbre, disons qu'elle a déjà parcouru quelques étapes, et que ce n'est pas près de terminer en eau de boudin.

En effet, elle est déjà l'auteur de quelques nouvelles chez Madame Ska, cinq au total, mais ce n'est pas fini, du moins c'est une supposition qui n'engage que moi. Et si vous être curieux, que vous lisez les magazines féminins, ce qui n'est pas rédhibitoire malgré les réticences de quelques pseudos intellectuels qui dénigrent tout sans savoir, sans comprendre, sans avoir lu ni même s'y intéresser un tant soit peu, persuadés qu'ils sont les détenteurs de la Vérité, si donc vous lisez des magazines féminins genre Nous Deux, vous pouvez retrouver le nom de Frédérique Trigodet parfois au sommaire. Et là non plus, ce n'est pas fini puisque de nouvelles publications sont prévues.

Quant à ceux qui crachent dans la soupe sans l'avoir goutée, des auteurs comme Jean-Marie Palach, Brice Tarvel et André Caroff ont fourni des nouvelles pour ce magazine, et ce ne sont pas les seuls. Mais comme c'était sous d'autres pseudonymes...

 

Frédérique TRIGODET : An American Hero. Collection Noire Sœur. Nouvelle numérique. Editions SKA. Parution Juin 2017. 14 pages. 1,99€.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:33

Les lacunes de Venise ou Les lagunes de l'Histoire ?

François DARNAUDET : Le papyrus de Venise.

Il existe certaines professions qu'il vaut mieux éviter de se flatter d'exercer. Ainsi Despons est le médiateur entre les propriétaires d'œuvres d'art et ceux qui veulent les acquérir. Mais justement ces détenteurs ne sont pas forcément prêts à se débarrasser de tableaux, de sculptures ou autres objets qui font leur fierté mais sont parfois relégués aux greniers.

Despons sert donc d'intermédiaire, s'emparant de façon illicite des bricoles convoitées par des amateurs n'hésitant pas à le défrayer grassement, et en les remplaçant par des faux exécutés de main de maître par des artistes qui eux aussi n'ont pas obligatoirement pignon sur rue.

En ce mois de novembre 2025, Despons réside à Venise et il se définit comme antiquaire-libraire. Mais il possède beaucoup de temps libre et se rend régulièrement dans un bar où officie la belle et jeune Sofia et où il déguste indifféremment café ou fragolino blanc. Ce jour du 23 novembre 2025, un homme entouré de deux gardes du corps gigantesques s'installe face à lui. Il se présente, Karl Minkmar, galeriste à Hambourg.

Despons ne le connait pas personnellement mais il a déjà travaillé pour son interlocuteur. L'homme a un petit travail à lui confier, l'objet qu'il recherche se trouve précisément à Venise. La proposition financière de dédommagement n'étant pas à négliger Despons accepte alors de rencontrer Minkmar chez lui, à l'abri des oreilles indiscrètes.

Minkmar possède des objets uniques qui vont d'une tablette rongo-rongo, une pièce qu'avait dérobé, ou emprunté, c'est selon l'appréciation du lecteur, Despons à la collection du Vatican et remplacée par une œuvre similaire mais factice, à un vélociraptor. Le clou de la collection réside en une pièce inconnue des exégètes d'Isidore Ducasse, un inédit signé Lautréamont rédigé quelques jours avant le décès du poète maudit, une traduction, maladroite selon Minkmar, du grec de La Minoade de Solon.

Cet ouvrage et Solon sont répertoriés par Platon dans Le Timée mais il s'agit de savoir s'il s'agit d'une affabulation ou la traduction d'une copie imprimée en grec ancien réalisée par un érudit, Marco Mussuros, quelques siècles auparavant. Un expert de la mythologie grecque s'appuie sur la traduction qu'il aurait effectuée du deuxième dialogue de Platon consacré à l'Atlantide dans le Critias, et particulièrement un passage concernant la dernière guerre entre les Atlantes et les Athéniens. Despons doit donc retrouver ce manuscrit ancien, sachant qu'un éventuel danger peut le guetter, l'expert ayant disparu depuis une quinzaine de jours. S'agit-il d'un meurtre, d'un enlèvement ou d'un simple voyage ?

 

Débute alors une enquête non dénuée de dangers comme le supposait avec raison son commanditaire, dans Venise, et ses îles, Murano, Burano et Torcello, mettant aux prises descendants d'Atlantes et des membres d'une secte constituée d'hommes en noir, ou rencontrant un vieil érudit nommé Odilon Vergé.

Cette narration est entrecoupée d'emprunts à l'Histoire, la découverte d'un Dinosaure dans le Wyoming en 1878, la bataille de Little Big Horn le 25 juin 1876 entre Sitting Bull et Custer, et surtout les quelques semaines précédant la disparition d'Isidore Ducasse dans des conditions ici dévoilées, et du fameux manuscrit de la Minoade. Ducasse qui résidait dans un hôtel rue du faubourg Montmartre, dont l'un des locataire, Antoine Milleret, a rédigé dans ses confessions les événements qui se sont déroulés.

 

François Darnaudet nous plonge dans une histoire entre mythe et réalité, entre personnages réels et fictifs, une étape de transition entre quelques romans, parus précédemment ou qui suivirent cette édition, dont principalement Les Dieux de Cluny et Le Fantôme d'Orsay, d'une part, et de l'autre Trois guerres pour Emma.

Ces extensions dans le passé s'intègrent parfaitement dans cette narration qui emprunte au feuilleton littéraire publié sous forme de fascicules mensuels. Et l'on retrouve des thèmes chers à François Darnaudet, l'art en général et la peinture en particulier, la bataille de Little Big Horn mettant aux prises Custer et d'amers indiens, mais aussi la répression sanglante de la Commune de 1870 par les Versaillais, thèmes qu'il développe dans les romans précités.

Le lecteur qui aborde ce roman, sans connaître François Darnaudet et l'univers fantastique dont il aime s'entourer dans son œuvre, pourrait penser que l'auteur nage en plein délire. Mais il s'agit d'un délire organisé, méthodique, dans lequel le virtuel emprunte à des faits établis. Ou ne transposant dans l'avenir que ce qui pourrait advenir. Ce roman date pour sa première édition de 2006, pourtant on peut lire, concernant Odilon Vergé :

A la retraite depuis une dizaine d'années, conformément aux lois européennes sur les 62 années de cotisation, il continuait, malgré ses 95 ans déclarés, à donner tous les 16 juin, une unique conférence aux étudiants vénitiens.

Ainsi les références aux Atlantes et à l'Atlantide ne sont pas pures suppositions, et François Darnaudet s'appuie sur des écrits et des textes anciens, ce qui ne prouve pas l'existence de ce qui était une île mais ne la dément pas non plus.

L'œuvre de François Darnaudet mériterait d'être plus connue, plus présente sur les étals des libraires, afin d'échapper au sort de quelques romanciers ou poètes qui ne connurent la gloire qu'après leur décès.

Quant à Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont, il pourrait avoir emprunté son pseudonyme, c'est moi qui l'avance, au titre d'un ouvrage d'Eugène Sue, datant de 1837, Latréaumont.

 

Cet ouvrage est complété par une autobiographie évolutive ainsi que de trois nouvelles dont l'inspiration est puisée par l'auteur dans le décès de sa mère alors qu'il n'avait dix ans. Trois nouvelles regroupées sous le titre de Nouvelles amères mais qui pourraient également s'intituler Nouvelles à mère.

Réédition version numérique 23 novembre 2012. Couverture d'Elric Dufau. 2,99€.

Réédition version numérique 23 novembre 2012. Couverture d'Elric Dufau. 2,99€.

François DARNAUDET : Le papyrus de Venise. Editions Nestiveqnen. Parution le 16 novembre 2006. 224 pages. 17,30€.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 11:13

Bon anniversaire à Pascal Basset-Chercot né le 1er avril 1956. Et ce n'est pas un poisson !

Pascal BASSET-CHERCOT : Toine, mémoires d'un enfant laid.

Toine est un enfant très laid, tout aux moins aux yeux des autres. Personne ne l’aime, tout le monde le rejette. A l’école, il est la risée de la classe et des professeurs. Seul Paulus lui offre son amitié, et encore. Mais Paulus lui aussi est rejeté parce que trop gros, trop gourmand. Toine n’a pas de père, et sa mère ne peut le souffrir. Elle préfère fricoter avec les hommes et boire un coup de rouge avec son amant en titre, Patrice. Avant, c’était Jean-Claude. Il était gentil, mais il a déserté la maison pendant que maman était à l’hôpital, enceinte d’Anne. Anne, la petite sœur, la seule qui aimait Toine, la seule qui jouait avec lui. Anne maintenant est morte. Toine n’est pas malheureux, il subit.

Il n’aime pas être enfermé dans le noir et, lorsque Patrice le consigne dans le placard, il attend stoïquement. Pauvre Toine qui ne sait pas ce que ce sont l’amour, la haine, la justice, la révolte. Et, dans son placard, Toine revit sa jeunesse. Le cerveau de Toine, c’est comme une casserole dans laquelle les souvenirs remontent à la surface, à gros bouillons. Les bulles crèvent, un souvenir s’en échappe, accrochant un autre souvenir au passage. Et chaque bulle renferme un personnage : grand-mère qui se lavait morceau par morceau, Anne qui dansait les bras en cerceau, Joseph le clochard qui chantait des chansons de marin, et Coulant l’ancien musico, et Paulus son ami qui, un jour, chronométra sa noyade et sa mère qui ne veut pas le reconnaître dans la rue. Et Patrice, qui l’a surnommé Bus parce que Toine est trop laid.

Lorsque Patrice le libère enfin de son placard, Toine meurtri se réfugie dans une cave de l’immeuble. La nuit tombée, il part, guidé par la lune. Il est recueilli dans un orphelinat. Un docteur et une psychologue tentent une réadaptation, en lui faisant consigner ses souvenirs dans un cahier, en lui apprenant à jouer du piano. Mais Toine vit avec Bella, une poupée, et une pensée qui l’obsède, celle de rejoindre un jour Anne.

 

Les images défilent, et l’on voudrait protéger ce petit garçon martyr qui se contente de jeter sur le monde un regard naïf, étonné, supportant dans l’indifférence la douleur. Un véritable roman noir, émouvant, écrit avec simplicité. Toine ne pleure pas sur son sort, il le subit. Il n’a aucun désir de revanche, seulement celui de retrouver sa sœur Anne.

Un livre étonnant, dur et beau à la fois, dans un registre totalement différent de ce que Pascal Basset-Chercot avait abordé dans ses romans policiers ayant l’inspecteur Déveure pour héros. Quoique, comme le faisait remarquer Jean-Paul Schweighaeuser: Les missions confiées à l’inspecteur Déveure ont toujours un petit aspect de brimade.

Ici, il ne s’agit plus de brimades, mais de tortures physiques et morales. Et l’on se prend à réfléchir à ce petit mot situé entre le nom de l’auteur et celui de l’éditeur : « roman ». S’il n’y a pas une seule parcelle de vérité ou de souvenir dans ces pages, c’est que Pascal Basset-Chercot est un sacré écrivain.

Pascal BASSET-CHERCOT : Toine, mémoires d'un enfant laid. Editions Calmann-Lévy. Parution avril 1994. 194 pages. 18,20€. Version numérique 9,99€.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 16:19

  Du côté de Lovecraft, mais pas que...

Jacques FUENTEALBA : Scribuscules.

Plus proche de Pierre Dac et de Pierre Desproges que de Chamfort et la Rochefoucault, Jacques Fuentealba joue avec les aphorismes pour rédiger 365 micronouvelles réparties en 10 chapitres.

Les références lovecraftiennes sont légion, d’ailleurs l’un de ces chapitres s’intitule Lovecrafteries, mais c’est toute la littérature fantastique dont son univers parfois loufoque, parfois sarcastique, s’imprègne.

Jacques Fuentealba revisite également la mythologie, les contes pour enfants, les légendes vampiriques. 365 textes qui sont composés de quelques mots à une page ou deux, genre que n’a pas renié non plus Jacques Sternberg, et qui offrent toute la palette des sentiments chez le lecteur. Ce sont surtout l’émotion et le rire qui prévalent avec souvent une bonne dose de bons sens. Mais je pense que le mieux pour illustrer ces propos est de vous en délivrer quelques extraits qui jouent avec la dialectique et les jeux de mots :

Extraits de Vampire en pire :

Dis pour sang, vin pour sang, carence pour sang, cinq hantent pour sang… devenu vampire, l’assureur redécouvre avec fascination son métier.

Dracula s’enfuit de la chambre de Mina Harker en un battement d’ails et mourut dans d’atroces souffrances. Il avait suffit, pour le tuer, d’une faute d’orthographe.

Dracula rassura le Gitan cartomancien du mieux qu’il put : Je ne bois jamais… de devin !

Extrait de Le joueur de flûte de Hamelin :

Quand Georges Perec alla demander conseil au joueur de flûte afin d’écrire La Disparition, ce dernier ne trouva rien d’autre à répondre que : Euh…

Extraits de Mythe au logis :

Alice se trancha les veines avec un éclat de verre. Elle allait enfin passer de l’autre côté du miroir.

Même lorsqu’il se trouvait complètement pris au dépourvu, Casanova ne perdait jamais une occasion de séduire les femmes, de préférence déjà court vêtues. Il avait ainsi une façon bien à lui de tomber des nues.

Je pourrais continuer ainsi à vous dévoiler ces quelques raisonnements qui frisent parfois le loufoque mais il ne faut pas abuser des bonnes choses.

D’ailleurs 365 micronouvelles, une par jour si vous êtes raisonnable, cela peut vous faire passer un an. Mais si comme moi, vous vous comportez en glouton de la littérature, une ingestion déraisonnée n’est pas déconseillée, et n’écoutez pas les montreurs d’exemple qui profèrent à tout va que Tout abus… vous connaissez la suite. Vous pouvez visiter le site de la Clef d’argent et acquérir ces 365 micronouvelles qui, lorsque vous les énoncerez à votre entourage, vous feront passer pour un homme ou une femme d’esprit.

 

Réédition version numérique : ActuSF. Parution avril 2013. 2,99€.

Réédition version numérique : ActuSF. Parution avril 2013. 2,99€.

Jacques FUENTEALBA : Scribuscules. Collection KholekTh n°8. Editions de La Clef d’argent. Parution 10 juin 2011. 92 pages. 9,00€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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