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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 14:03

L’Hydrangea, plus communément appelé hortensia, est l’un des éléments floraux les plus représentatifs de la Bretagne avec le chou-fleur et l’artichaut.

Hugo BUAN : Hortensias blues. Une enquête du commissaire Workan N°1.

Sauf que, jusqu’à preuve du contraire, cette fleur ne se déguste pas. Mais oser planter une fleur d’hortensia dans la partie charnue d’un individu, ce qui vous l’avouerez n’est pas le récipient idéal pour une décoration florale, dépasse l’entendement du quidam, et plus encore au commissaire Lucien Workan, enquêteur de la police rennaise. Et si encore le défunt était horticulteur ! Mais non, ce n’est qu’un chirurgien-dentiste dont le fondement est orné d’une fleur de cette plante originaire du Mexique, une fleur bleue doit-on préciser.

Marotan, tel est le patronyme du défunt fleuri, exerçait son art dans un immeuble dédié aux professions médicales sis quai de la Vilaine. La maison médicale l’Albatros gérée en SCI, abrite en ses murs un proctologue, un ORL, un psy, un allergologue, un rhumatologue, un généraliste, une kiné, une gynéco, une ophtalmo et une pédiatre. C’est la veuve de Marotan qui a découvert le corps de son mari, s’inquiétant de ne pas le voir rentrer à la maison après sa dure journée de labeur, et de labour dentaire. Il a été assassiné avec un club de golf, sport que pratiquait régulièrement l’arracheur de dents qui par ailleurs ne se contentait pas de lancer les balles dans les trous mais accumulait les conquêtes féminines.

Workan et son équipe sont sur les dents, d’autant qu’un autre cadavre , l’ORL, est bientôt découvert, lui aussi affublé d’un tel ornement floral. Workan soupçonne l’un des toubibs de la maison médicale de s’amuser aux dépens de ses collègues en fleurissant prématurément leurs cadavres, et plus particulièrement le psychiatre qu’il tarabuste avec une joie sadique. Mais il ne montre guère d’affabilité avec ses subordonnés, dont son adjoint Lerouyer, la Berbère Leïla avec qui il couche occasionnellement ce qui adoucit toutefois leurs relations, et quelques autres qui se demandent dans quelle galère ils se sont fourrés.

Sans oublier la Procureur, Sylviane Guérin, qu’il ne ménage pas non plus, par pur plaisir sadique. A moins qu’il s’agisse tout simplement de s’affirmer, lui qui doit sa relative tranquillité professionnelle au passé de résistant d’un aïeul d’origine polonaise. Et pourtant il les aime bien ses hommes (adjointes y compris) et se montre parfois paternaliste, bon enfant avec eux. Selon son humeur.

 

Hugo Buan visiblement s’amuse dans cette histoire mettant en scène un personnage quelque peu déjanté, le commissaire Workan un passionné des œuvres de Francis Bacon, et des adjoints qui parfois frisent le ridicule. Une fine équipe qui ne peut empêcher les cadavres de s’amonceler, au grand dam de Prigent, le grand patron. Le caractère souvent acariâtre de Workan l’amène à se montrer vindicatif, quelque soit son interlocuteur.

Hugo Buan est également un admirateur de Michel Audiard, ça se sent, ça se lit, ça se déguste.

 Pour preuve :

A ce niveau de crétinisme Workan regretta qu’il n’y eut pas de prix Nobel de la connerie, il y aurait au moins un Français vainqueur chaque année.

Un livre de divertissement plaisant à lire.

Hugo BUAN : Hortensias blues. Une enquête du commissaire Workan N°1. (Première édition Collection Univers Grands Romans - 2010. Pascal Galodé éditeurs). Editions du Palémon. Parution le 15 janvier 2016. 352 pages. 10,00€. Existe en version numérique 5,99€.

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 13:55

Lorsque la littérature Noire et la littérature Blanche s'unissent, cela donne cinquante nuances de Gris... ponctuées de rose tendre.

Marcus MALTE : Le Garçon.

Le Garçon. Un roman plein de bruit et de fureur, de charme et d'amour, de violence et de morts, de calme et de poésie, un roman qui relate à travers l'existence d'un garçon puis d'un homme trente ans d'histoire et d'histoires de 1908 à 1938.

Chargé de vieilles hardes déposées dans une hotte fabriquée en peaux de chèvres le Garçon s'en va là-bas, vers la mer. C'est un adolescent de quatorze ans, mutique, qui ne sait ni lire, ni écrire. Les hardes bougent. C'est sa vieille mère d'une petite trentaine d'années qu'il porte ainsi, encouragé par la voix qui répète comme une antienne, la mer, la mer. Vieille avant l'heure, la mère, usée, affaiblie, malade, poitrinaire, la mère ne verra pas la mer. Parce que, lorsque le Garçon arrive devant l'étendue d'eau, il ne s'agit pas de la mer qui s'étale devant lui, mais l'étang de Berre. Et puis parce que la mère est morte.

Il ne lui reste plus qu'à retourner d'où ils sont partis, quatre heures de marche, chargé de son fardeau qui ne marmonne plus. Plus rien ne le rattache à la masure dans laquelle ils vivaient tous d'eux d'expédients. Il construit un bûcher et place le corps de la mère dessus, et lorsqu'il ne reste plus que des cendre il part à l'aventure.

Il monte vers le nord, grimpant dans les arbres, vivant de braconnages et de rapines. Des fruits, des poissons, parfois un animal. De sa vie il n'a côtoyé personne, juste aperçu de temps à autre des voyageurs. Il marche, durant des semaines, effectuant un périple circulaire, s'approchant parfois des fermes, des bourgades, épiant les habitants, singeant leurs gestes. Il apprend, sans comprendre. Il se repose dans une grotte dans laquelle il a découvert des trésors, des os, des tessons de vase, une pointe de javelot en silex, des pendeloques, un dé à jouer qu'il enfoui dans sa boîte d'allumettes, où gît déjà un os de grenouille. Il continue sa route jusqu'à une nouvelle caverne et lorsqu'il se réveille un fusil est pointé sur lui.

Il est emmené dans un hameau d'une petite quinzaine de personnes, des enfants, des vieillards, des adultes, qui le considèrent comme une anomalie vivante. Pourtant il vivra durant des semaines dans ce petit bourg retiré, participant même comme figurant à la traditionnelle crèche de Noël. Mais comme tous les intrus dont on ne connaît pas l'origine, il est chassé lorsqu'un incident géologique se produit.

Il sera recueilli par un forain, un ancien lutteur de foire qui a parcouru les Etats-Unis dans un cirque. Le Garçon devient l'aide, l'assistant de Brabek, l'ogre des Carpates, qui se produit sur les places des villages et petites villes, couchant dans la roulotte tiré par un cheval hongre.

Mais le bonheur est relatif et de courte durée. Bientôt le Garçon devra tailler la route avec pour compagnon le cheval et comme toit la roulotte. Jusqu'au jour où le destin se manifeste sous la forme d'une voiture conduite trop rapidement par une jeune fille sur une route où il n'y a passage que pour un seul véhicule. Le choc est inévitable et le Garçon se réveille avec Emma, la responsable du choc, comme ange-gardien. Et pour le Garçon c'est vraiment un choc.

Il est adopté par Emma, de quelques années plus vieille que lui, il a maintenant seize ans, et par son père. Elle va l'appeler Félix, en hommage à Mendelssohn, car elle apprécie particulièrement ce compositeur dont elle joue admirablement les œuvres au piano. Son père et elle se chargent de l'éducation du Garçon mais il ne sait toujours pas lire et écrire. Il ne le saura jamais. Et s'il ne parle pas, cela ne gêne pas Emma qui se chargera de son éducation sentimentale. Emma, fille de Gustave, tout un symbole... C'est le temps des découvertes, des relations charnelles, de l'empire des sens, mais au loin se profilent de lourds nuages, annonciateurs de grêles d'obus, de mitrailles, de tranchées. Le Garçon part à la guerre.

 

Si au début de ce récit, je n'ai pu échapper à une vague réminiscence d'Hector Malot et de Sans famille, avec les tribulations du Garçon, balloté de gauche à droite et inversement, et ses pérégrinations du sud au nord-est de la France, en compagnie d'un forain qui ne possède ni un chien ni singe, mais un cheval, d'autres souvenirs remontent insidieusement à la surface, accompagnant la lecture.

Et pourtant il s'agit bien d'un roman qui allie tous les genres ou presque de la littérature dite populaire et sociale. Marcus Malte souffle le chaud et le froid sur trente ans de l'existence du Garçon, trente années au cours desquelles toutes les couleurs de la vie sont déclinées, le noir alternant avec le rose. Mais un noir dominant.

C'est un roman de l'apprentissage, apprentissage de la solitude, de la relation en société de personnes issues de différents milieux, de la tolérance, de l'amour sentimental et charnel, de la guerre, de la violence, des petites joies simples et des grandes colères.

Marcus Malte sait décrire et faire partager ses sentiments d'amour et de révolte. Il est aussi à l'aise dans les scènes d'amour desquelles se dégage un érotisme plus souvent suggestif que descriptif, que dans les scènes de la vie courante ou des épisodes de la Grande guerre, que dans la poésie.

 

Pour mieux placer ce roman dans l'époque traversée par le Garçon, Marcus Malte établit les rétrospectives d'une année sans la dater mais que le lecteur pourra reconnaître. Et il balaie en quelques pages les événements nationaux ou internationaux. Ainsi, Georges Clémenceau, encensé par Luc Ferry, n'hésita pas à envoyer gendarmes et dragons tirer sur les ouvriers des sablières de Vigneux, Draveil et Villeneuve-Saint-Georges. Une réponse à ceux qui étaient en grève depuis cent jours et fit plus de six morts et une centaine de blessés. Les principaux dirigeants du syndicat de la Confédération Générale du Travail, la C.G.T., étant arrêtés et emprisonnés. Beau fait d'arme courageux de la part d'un ministre, socialiste radical, de l'Intérieur et président du Conseil (l'appellation du Premier Ministre d'alors)

De petits épisodes, comme des vignettes, sont placés ici et là, telle la rencontre inopinée avec un soldat. Le Garçon se trouve nez à nez dans la Somme face à un peintre allemand pourvu d'une petit moustache carrée sous le nez.

Marcus Malte recense également la longue liste des morts, tombés comme on dit au champ d'honneur le 28 septembre 1915, liste qui devrait être soumise, apprise à tous ces intolérants sectaires, racistes, ségrégationnistes, xénophobes qui crachent sur les réfugiés et les migrants, oubliant que parmi les nombreux soldats ayant donné leur vie pour la France, nombreux étaient ceux qui provenaient des colonies d'Outre-mer ou simplement des étrangers.

 

Ai-je oublié quelque chose dans ma chronique ? Voyons cherchons bien... Ah oui, ce roman a reçu le prix Fémina 2016. Pour une fois, une récompense méritée, et la reconnaissance enfin d'un talent indéniable !

Mais tous ceux qui suivent régulièrement la parution des romans de Marcus Malte pressentaient déjà le talent de celui-ci en lisant ses premiers ouvrages, dont notamment Carnage constellation paru au Fleuve Noir en février 1998.

Que nul ne sache jamais d'où provient l'émotion qui nous étreint devant la beauté d'un chant, d'un récit, d'un vers.

Et pour quelques Malte de plus...
 

Marcus MALTE : Le Garçon. Editions Zulma. Parution le 18 août 2016. 544 pages. 23,50€. Existe en version numérique : 12,99€.

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 12:08

C'est la musique de camionneur !
Embrasse-moi de minuit à cinq heures
Sur la musique de camionneur
Pose la main là, sur mon genou
Embrasse-moi là, là dans le cou
Sur la musique de camionneur...

Marcus MALTE : Carnage, constellation.

Césaria a tout d’une femme, mais c’est un travesti.

Césaria, son ancien prénom n’a pas d’importance, s’est retrouvé(e) seul(e) à quatorze ans. Ne voulant pas connaître l’Assistance, la DDASS, les foyers, il est parti de chez lui.

Casper le clodo l’a pris sous sa protection et ils ont vécu ensemble pendant quelques années de petits rackets. Jusqu’au jour où Césaria a découvert que le rôle de femme ne lui était pas insensible.

Casper mort, Césaria a de nouveau bourlingué, jusqu’à sa rencontre avec Clovis qui traîne derrière lui dix ans de taule. Clovis sort de prison et joue les durs, les fiers à bras. Clovis veut savoir pourquoi le braquage auquel il participait c’est terminé en eau de boudin, pourquoi il s’est retrouvé en prison, qui a pu les dénoncer, lui et ses complices.

Charles, dit le Vieux, l’avait engagé comme chauffeur et avec Larosa et Savatini ils ont réalisé un nombre impressionnant de petits coups qui leur ont assuré des rentrées d’argent conséquentes. Jusqu’au jour où Charles a engagé un nouveau chauffeur, William.

 

Avec Carnage, Constellation, Marcus Malte a écrit un roman plein de finesse, de sensibilité, d’humanisme, abordant un sujet que tant d’autres auraient traité avec cynisme ou obscénité.

Quelques pages d’anthologie parsèment ce livre qui font presque oublier qu’il y a aussi une histoire, celle de Clovis d’avant la prison, et ce qui se passe après sa libération.

Le héros, c’est Césaria. Son parcours plein d’embûches pour muer d’homme en femme, les affres, les douleurs physiques et mentales qu’elle ressent, ses petites joies, ses petits bonheurs, ses peines, en font un livre qui ne s’oublie pas.

Un livre de la misère humaine, marginale mais profonde.

Réédition Folio Policiers N°506. Parution juin 2008. 7,10€. Version numérique à 6,99€ !

Réédition Folio Policiers N°506. Parution juin 2008. 7,10€. Version numérique à 6,99€ !

Marcus MALTE : Carnage, constellation. Collection les Noirs N°39. Editions Fleuve Noir. Parution février 1998. 270 pages.

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 13:31

Une histoire mi-ange mi-démon...

Michel PAGEL : Les Antipodes. La Comédie inhumaine N°5.

La comédie inhumaine de Michel Pagel est un vaste cycle de 8 volumes proposé par les Moutons électriques en version papier, reliés, toilés, sous jaquette, mais dont l'ensemble est indissociable au prix de 220€ et dont le tirage est limité à 299 exemplaires. Mais comme tout le monde ne peut acquérir cette version de luxe, les Moutons électriques proposent également ces textes en version numérique en attendant une version papier (?) moins onéreuse pour le lecteur qui ne possède pas l'âme d'un collectionneur mais celle d'un affamé de lecture.

Les deux romans qui composent ce volume 5 ont été publiés pour la première fois aux éditions Fleuve Noir dans la collection Anticipation et s'intègrent dans une vaste saga qui se lit indépendamment mais possède des points de convergence comme souligné en fin d'article.

 

L'antre du serpent :

L'histoire est un éternel recommencement, dit-on. Et c'est d'après cet aphorisme que Michel Pagel a imaginé cette histoire d'inspiration biblique. Jennifer qui a survécu à un naufrage près de l'Ile d'Yeu, naufrage raconté dans la nouvelle L'Ile des Révélations dans le recueil Désirs Cruels paru dans la même collection (Anticipation N°1725), Jennifer a décidé de renoncer à sa vie de nomade et de retourner à la vie civile.

Elle a vingt et un ans et vit avec Arthur de trois ans son cadet. Si elle ne croit plus en sa vocation de religieuse, elle possède néanmoins la foi.

Un matin alors qu'elle se recueille dans une église, assistant à une messe basse, un jeune homme l'interpelle. Il s'agit de l'ange Gabriel qui lui confie qu'elle a été choisie pour enfanter le Fils de Dieu. Le monde a besoin d'un nouveau Sauveur.

Enfermé depuis près de deux mille ans aux Enfers, Satan a réussi à s'échapper de sa prison et pis, à prodiguer lui aussi sa semence. Une libération et un acte qui risquent de remettre en cause l'équilibre du monde, des forces du Bien et du Mal.

Investie de cette mission, Jennifer, ex Sœur Marie-Ange, malgré les contraceptifs, tombe enceinte. Pendant ce temps à l’hôpital, Anne Doleau vient de subir une IVG, c'est à dire en langage décrypté, une interruption volontaire de grossesse. A l'étonnement du médecin et à la grande fureur de la jeune femme, l'intervention s'est révélée inefficace. Anne est toujours enceinte des œuvres de Lucifer qui a pris les traits d'un industriel, Julien Nomade.

De retour chez elle Anne tente de se suicider mais elle est sauvée par Jo Vannier un ancien catcheur garde du corps de l'industriel. Nomade décide alors de la conduire en Vendée et de la faire surveiller afin qu'elle ne renouvelle pas son acte suicidaire. C'est qu'il y tient à son petit Diable. Mais un nouveau problème se présente à lui lorsqu'il apprend que Dieu lui a joué un mauvais tour en le contrant de la même manière.

Une parturiente primipare attend un sauveur qui sera prénommé Emmanuel.

Dans un style sobre et onirique, Michel Pagel a écrit un roman savoureux, mais en aucun cas choquant, irrespectueux ou risquant de blesser les lecteurs chrétiens. Il a simplement extrapolé sur un fait qui pourrait après tout, rien n'empêche de le croire, arriver un jour. A moins que cela ne soit déjà arrivé.

Michel PAGEL : L'antre du serpent. Les Antipodes, N°1. Collection Anticipation N°1794. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1990. 192 pages.

Michel PAGEL : L'antre du serpent. Les Antipodes, N°1. Collection Anticipation N°1794. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1990. 192 pages.

 

Le refuge de l'Agneau.

Anne Doleau qui n'acceptait pas l'idée de donner naissance au fils de Lucifer, à un petit Diable dont rien ne pouvait laisser supposer qu'il fut bon un jour, Anne Doleau s'est défenestrée dans la propriété de Vendée où pourtant elle était surveillée. Mais on a beau s'appeler Lucifer, on ne peut pas tout prévoir semble-t-il.

Heureusement pour lui, et pour l'histoire, Lucifer avait sous la main une femme de rechange, Diane, la propriétaire de cette grande maison bourgeoise à l'abandon.

Marilith, la succube un peu à l'origine de la disparition prématurée d'Anne Doleau, est prévenue. A la première faute de sa part, elle retourne en Enfer. Dassin, un tueur professionnel recruté par Julien Nomade, alias Lucifer, est chargé de supprimer Jennifer, qui je vous le rappelle attend un petit Emmanuel, réincarnation de Jésus Christ Bis. Mais Dassin qui connaît la jeune femme et l'estime, refuse le contrat et au contraire aide Jennifer et son ami Arthur à échapper aux griffes du Diable. Il va même jusqu’à obtenir l'aide d'un exorciste occultiste.

Au début celui-ci est réticent mais bien vite se prend au jeu. Lucifer voudrait bien contrer Dassin voyant que celui-ci va à l'encontre de ses projets, mais le tueur est athée, agnostique, ce qui fait que rien n'a prise sur lui. Ni les séances d'hypnose, ni les manipulations diaboliques de toute sorte.

Le final, de toute beauté, est apocalyptique ou presque. Sachez simplement qu'il a pour cadre le couvent où Jennifer devait rester cloîtrée jusqu'à la fin de ses jours et que le destin, malin et peut-être prévoyant, lui avait permis de quitter.

 

La plupart des personnages de ce roman en deux volumes ne sont pas des inconnus pour les lecteurs fidèles de la collection Fleuve Noir Anticipation et de Michel Pagel. En effet on a pu faire leur connaissance dans la nouvelle L'Ile des Révélations dans le recueil Désirs Cruels (Anticipation n°1725) et dans le roman Le Diable à quatre (Anticipation N°1657). Après la Science-fiction, l'anticipation, le fantastique et l'héroïcfantasy, voici un nouveau genre : La Fantasy Biblique. D'ailleurs tous ceux qui connaissent bien la Bible seront d'accord avec moi : certains passages de l'Ancien et du Nouveau Testament relèvent du fantastique le plus débridé.

Michel PAGEL : Le refuge de l'Agneau, Les Antipodes N°2. Collection Anticipation N°1801. Editions Fleuve Noir. Parution février 1991. 194 pages.

Michel PAGEL : Le refuge de l'Agneau, Les Antipodes N°2. Collection Anticipation N°1801. Editions Fleuve Noir. Parution février 1991. 194 pages.

Pour tous renseignements sur cette édition, un éditeur, un lien :

Quelques ouvrages de Michel Pagel chroniqués sur ce blog :

Michel PAGEL : Les Antipodes. La Comédie inhumaine N°5. Collection Bibliothèque Voltaïque. Les Moutons électriques éditeur. Parution Octobre 2016. Version numérique. 7,99€.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 13:10

Bon anniversaire à Thomas Bauduret, alias Samuel Dharma, alias Patrick Eris, né le 22 octobre 1963.

Samuel DHARMA : Nécromancies.

Par la folie d'un souverain, à cause de sa soif de domination et de pouvoir, Khemen, une cité pourtant pacifique, succombe sous les coups des Hommes Jaunes, et ce malgré la vaillance de ses guerriers, hommes et femmes.

Parmi eux Jehna et sa compagne Kehro. Mais Kehro fait partie des nombreuses victimes de la guerre et Jehna accablé par le chagrin, miné, erre à l'aventure.

Comment il parvient à Fadyen, il ne saurait le dire.

Lorsqu'un soudard l'agresse dans une auberge où il espérait le gîte et le couvert, il tente de se dérober mais le combat devient inévitable. Ses réflexes guerriers sont intacts et Jehna sort vainqueur de la rixe.

Fait prisonnier, il sera chargé par le roi Hunn d'éduquer son armée de soudards. Jehna retrouvera confort auprès de la belle Erikap une servante mise à son service mais cela ne l'empêche pas de penser à celle qu'il aime et aimera toujours : Kehro.

S'il est chargé de mission par le roi Hunn c'est bien parce que la cité de Fadyen est menacée. Mais quel est ce danger qui risque d'anéantir une cité quelque peu moribonde?

 

 

Samuel Dharma avec Nécromancies nous propose un roman plus achevé, plus dense et mieux construit que son précédent roman paru dans la même collection et qui avait pour titre Le Traqueur.Les effets sanguinolents sont quelque peu gommés, ce qui n'est pas un mal au contraire.

Il semble avoir trouvé un juste équilibre, ne forçant pas sur les clichés sur les sentiments ou les scènes d'horreur et de violence. Un auteur à suivre donc et si Dharma continue dans cette voie, je pense qu'il a devant lui- un bel avenir d'écrivain populaire; populaire étant à prendre comme un compliment évidemment.

Chroniqué sur Radio Manche. Août 88.

 

Thomas Bauduret s'est révélé en 1987 avec Mickey Meurtre publié dans la collection Espionnage N°1889. Il était alors le plus jeune romancier du Fleuve Noir. Depuis Thomas Bauduret a enchainé les traductions et l'écriture de romans dans différents genres populaires, dont je vous propose de découvrir ci-dessous quelques productions récentes :

 

 

 

 

Samuel DHARMA : Nécromancies. Collection Anticipation N°1637. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Réédité en format numérique : 4,49€.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 06:05

Méfiez-vous des quidams lambdas, ce sont les pires...

Gilles VIDAL : Plus mort tu meurs

Tout jeune, à sa majorité, il avait estourbi et envoyé ad-patres son premier candidat à la mort avec doigté et facilité. Candidat involontaire faut-il préciser.

Il avait écouté et assimilé les leçons prodiguées par son père, un orfèvre en la matière. Puis les avait appliquées dans la plus pure tradition paternelle.

Vêtu d'un survêtement banal, il était entré dans le parc où batifolaient des gamins surveillés par des parents omniprésents. Il s'était caché dans des buissons, puis s'était approché d'un banc sur lequel se reposait un quadragénaire pensif.

Un gantelet en mailles de fer à la main, il avait occis sa cible sans coup férir de deux tapes, nullement amicales, et il avait accroché à son tableau de chasse son premier cadavre. Un inconnu qui ne lui avait rien fait, mais qu'importe. Seul le geste compte et il l'avait réalisé avec brio.

Par la suite il avait enchaîné les contrats et le carnet de commande ne désemplissait pas.

Ce jour là il a pris le train. Il est devenu un quinquagénaire bien conservé même s'il est démuni côté capillaire. C'est un homme passe-partout qui a rendez-vous à Voroy, une commune qu'il connait bien, même si cela fait déjà un bon moment qu'il ne s'y est pas rendu. Et il est joyeux. Allez savoir pour quoi...

 

 

 Avec un humour noir féroce et froid, glacial presque et pourtant empli de sentiments, Gilles Vidal nous entraîne dans le sillage d'un tueur aguerri, qui ne regrette rien. D'ailleurs qu'aurait-il à regretter ? Sûrement pas sa trajectoire professionnelle qui n'a jamais failli.

Tueur est un métier comme un autre, comme ces soldats qui s'engagent parce qu'ils ont envie d'en découdre.

Mais la vie, ou la mort réserve parfois de drôles de surprises, qui finalement ne sont pas si drôles que ça.

Une ode au père qui a tout appris, ou presque.

 

 

 

Gilles VIDAL : Plus mort tu meurs. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Parution octobre 2016. Version numérique. 12 pages. 1,99€.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 11:26

Teddy est revenu, alléluia...

Gilbert GALLERNE. Teddy est revenu.

Depuis l'enlèvement de sa fille Lucie et le divorce d'avec un mari qui ne tenait plus guère à elle, Laura vit dans une espèce de brouillard, travaillant comme un zombi, se gavant de cachets.

Une tragédie qui s'est déroulée cinq ans auparavant. Jusqu'au jour où elle reçoit par la poste dans un carton l'ours en peluche de Lucie.

Elle décide de rejoindre sans plus tarder à Saint-Nazaire d'où a été expédié le colis. Elle rend visite aux directrices d'écoles, surveille les sorties de classe dans l'espoir de reconnaître sa fille, mais en vain.

Alerté, le commissaire Cointeau ne croit guère en son histoire, d'autant qu'elle ne veut montrer le jouet qui lui a permis de relancer ses recherches. Il n'ouvrira le dossier que si elle apporte un élément irréfutable justifiant sa présence et ses démarches.

Elle est démoralisée et ne reprend espoir qu'en lisant dans une feuille locale les avis de bienvenue aux nouveaux habitants de la cité. Elle pense pouvoir découvrir un nom, une piste dans la rubrique parue cinq ans auparavant. Le journaliste local, Albert Toulouse se propose de l'aider.

C'est un être quelque peu désabusé, alcoolique, mais l'idée de pouvoir damer le pion aux journalistes nationaux, et pourquoi pas à la police, lui revigore le moral. Il trouve une piste qui avait échappé à Lucie, mais comment aurait-elle pu la débusquer, elle qui n'est pas de la région. Tandis que lui, qui de par sa profession et de son origine est au courant de pas mal de petits secrets, peut relier entre eux des faits divers qui sont passés inaperçus aux yeux de beaucoup de monde, même de la police.

 

Par petites touches, sans effets grandiloquents, mais avec efficacité, Gilbert Gallerne nous entraîne en compagnie de cette mère qui recherche son enfant, persuadée que sa fille est toujours en vie, malgré les avis de ses proches ou de la police.

Il fait monter la tension jusqu'au dénouement avec pudeur et justesse, dosant subtilement psychologie, montée de l'angoisse et action. Il évite les écueils de la sensiblerie ou du misérabilisme trop larmoyant, trouvant le ton en adéquation entre le fatalisme et le je m'enfoutisme de quelques personnages, de la perversité qui mène certains autres.

Le tout pour en arriver à un mobile mercantile qui règle de nos jours encore, malheureusement, les actes de certaines familles provinciales.

 

Première édition : Collection Attitude. Editions LEFRANCQ.

Première édition : Collection Attitude. Editions LEFRANCQ.

Réédition Edition City 2010.

Réédition Edition City 2010.

Gilbert GALLERNE. Teddy est revenu.

Réédition Collection Objectif Noir. Disponible en version numérique Kindle. Samedi 24 septembre et dimanche 25 septembre : Promotion à 0,99€. Sinon, 4,99€.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 09:57

Un roman de politique fiction qui n'est pas tout à fait une fiction mais est résolument politique...

Marek CORBEL : En proie au labyrinthe. Volume 1 La lutte.

13 février 2016.

Arno et Julie attendent l'arrivée des copains puis l'heure de la manifestation organisée par le Collectif. Le rassemblement des mécontents doit partir de la Bastille et rejoindre la place de la République où ils se trouvent.

Arno, d'origine italienne, habitant dans l'Oise, connait le marasme comme la plupart des diplômés. Avec une maîtrise d'histoire en poche, il est réduit à travailler comme chauffeur-livreur pour une boîte de la Plaine Saint-Denis. Ce qui ne l'empêche pas de s'imprégner d'un ouvrage de Curzio Malaparte. Julie est vendeuse de produits de luxe et son salaire, c'est vraiment pas du luxe. Alors vendre des sacs de marque pour vivre chichement dans une cité à Goussainville, il y a de quoi regimber. Dans le petit groupe, il y a aussi Adeeb, l'instigateur du Collectif, ou encore Geneviève, la trésorière qui travaillant à la Mairie de Paris est en colère car l'édile ne veut pas embaucher sa fille, malgré ses nombreux bagages.

Ils se sont connus quelques années auparavant, alors que des tracts étaient distribués à la Gare du Nord pour réclamer l'embauche de cheminots et la réfection des rails de chemin de fer. Les retards ne se comptent plus, ça rouspète, et les patrons des entreprises sont prompts à montrer la porte de sortie pour accumulation de prises de service tardives des pauvres voyageurs qui n'y peuvent rien. Le Collectif a gagné sa bataille pour réhabiliter le Transrégional.

Mais en ce 13 février, la manifestation a un tout autre but. Il s'agit de protester contre la décision gouvernementale de baisser le salaire minimum. Et ça, ça ne passe pas du tout.

 

Pendant ce temps, à Bruxelles, Jan Herrero de La Pena, le président du Cartel, doit prononcer une allocution à la télévision. Mais auparavant deux personnalités politiques françaises demandent à être reçues. Un ancien secrétaire général adjoint de l'Union du rassemblement républicain de droite et un ancien ministre social-démocrate congédié (viré) depuis deux ans. Cet Espagnol qui dirige le Cartel d'une main ferme, veut obliger certains pays européens à opérer des réformes en profondeur afin de résorber leur déficit. Et la France est l'une de ces nations en état de crise. Le président Govin a remplacé le président Akni, mais pour autant rien n'a évolué, ou en pire. Le président actuel ne veut pas se laisser monter sur les pieds par le Cartel, et encore moins se faire commander, de se voir imposer des décisions qui sont contraires à sa politique. Mais en coulisses, les tractations sont âpres, et la NSA, en la personne du Colonel Ted Winsley, tente de contrer l'emprise du Cartel.

 

Quelques semaines auparavant, le capitaine Girod qui avait été affecté aux archives du 36 Quai des Orfèvres après un différent avec son supérieur, Langlois dit L'Angle, se voit muté à la BOPMO, un acronyme rébarbatif. Il est en délicatesse avec son fils Thomas depuis sa séparation d'avec sa femme, ce qui le ronge. Il retrouve avec un certain plaisir et comme Chef Madame Raymonde, qui elle aussi avait purgé une peine de placard. Faut préciser que Langlois était le protégé d'Akni, lorsqu'il était président de la République, mais que depuis l'élection de Govin, les chaises musicales ont fait leur œuvre. Tellement bien que Langlois, après avoir été convaincu de corruption, s'est suicidé. Seul point noir dans cette mutation, celle de son adversaire le commandant Daumal dans le même service. Faut dire que le dernier mot revient tout de même à la commissaire Béhar, alias Madame Raymonde, et les embrouilles entre collègues ne doivent pas dégénérer dans le service.

 

Et en ce 13 février, alors que la révolte gronde, tous les éléments se mettent en place pour l'affrontement.

Un climat délétère entretenu en sous main par Herrero de La Pena et ses deux adjoints, Enzo Van Den Huyghen et Ernst Waldman qui s'étaient résignés à faire élire Govin.

Le Président Govin, malgré ses talents indéniables de rassembleur, n'a pas fait prendre clairement position à sa majorité afin de consolider le traité d'intégration.

Herrero de La Pena s'est également attaché les services de trois grosses pointures de l'économie française : Darbot, dit le maçon, premier groupe de BTP européen, contrôlant une dizaine de journaux régionaux; Ramon, qui pilote un des premiers conglomérats mondiaux d'aérospatiale et qui s'est diversifié dans l'édition et quatre chaines de télévision qu'l dirige d'une main de fer. Sans oublier Viguer qui perpétue la tradition familiale de l'armement sous toutes ses formes et poursuit l'emprise croissante sur la presse dite d'opinion. Darbot se justifie auprès de Herrero de La Pena en lui déclarant :

De toute façon, on a rempli notre part du job. L'extrême-droite, la guerre des sexes, la diversité, l'islam on a usé tous les sujets et titres jusqu'à la corde. Il (Govin) n'a même pas été foutu de faire passer la baisse du salaire minimal, durant les trois années ni d'augmenter certaines exonérations, comme il nous l'avait promis les yeux dans les yeux.

Govin doit rendre des comptes à de La Pena, et se justifie comme il peut.

Vous savez, monsieur Herrero, le pays est à bout. Le conseil national du parti se présente comme houleux. L'extrême-droite prospère... J'ai fait ce que j'ai pu.

Et lorsque je vous aurai présenté ce personnage selon une rapide description physique, vous aurez toutes les clés en mains pour mettre des noms réels sur ces personnages fictifs.

La touche d'humour de Christian Govin ne seyait guère à l'embonpoint du président français. Ce crétin trouvait le moyen de faire de l'esprit. La face guillerette du chef d'état blanchit... Govin, levant ostensiblement son goitre naissant...

 

Politique-fiction uchronique, ce roman a été publié en version numérique en2014 et les événements se déroulent en 2016. Or la version papier parait justement fin 2016, et les événements sont donc devenus obsolètes.

Peut-être eut-il mieux valu placer l'action dans une dizaine d'années plus tard, afin de pouvoir se projeter plus facilement dans le temps.

Mais l'auteur a voulu se placer au plus près des échéances électorales et si certaines décisions n'ont pas été prises, la crise européenne existe et la Loi Travail a remplacé la proposition romanesque de l'abaissement du salaire minimum.

Le propos principal est bien de démontrer les tractations en coulisses des dirigeants européens, nul n'est besoin de remplacer Herrero de la Pena par un patronyme espagnol existant, et des décisions politiques prises en totale contradiction avec les programmes de campagne électorale.

Marek Corbel est diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Toulouse, et cela se ressent dans le contexte décrit par le roman, dans ses analyses également. Et le lecteur, qui comme moi ne s'intéresse guère justement à la politique politicienne, surtout lorsqu'elle est commentée par les médias, peut se trouver parfois largué. Pour autant, il ne s'agit pas d'indifférence mais de lassitude et il ne faut pas assimiler cette désaffection vis à vis des partis à l'engouement provoqué par certaines thèses et réduire le tout comme cet antifasciste de salon, ne sachant pas de quoi il parlait, enseignant ou profession libérale vraisemblablement, dont l'appréhension de cette province en proie au labyrinthe du délitement économique, se résumait à une approche assez sommaire, finalement : des émissions de téléréalité consacrant le côté débile léger de ces familles nombreuses  au chômage depuis des lustres. L'alcool, la misère, autant d'éléments qui permettaient d'expliquer le vote crypto-nazi, dans ces terres reculées.

 

Un livre intéressant à plus d'un titre, qui nous aide à nous y retrouver dans les arcanes, dans le labyrinthe, voire la jungle des politiques européennes, pour ne pas dire internationales.

Marek CORBEL : En proie au labyrinthe. Volume 1 La lutte. Editions La Liseuse. Parution version papier 20 juin 2016. 252 pages. 17,99€.

Parution en version numérique 5 novembre 2014. 2,99€.

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 08:33

A défaut d'une épaule féminine compatissante...

Alain PARIS : Sur l'épaule du Grand Dragon.

Après Svastika et Le Seigneur des Runes, voici la suite des aventures d'Arno von Hagen.

Résumé des épisodes précédents :

Parce qu'il a refusé ses faveurs à Asbod, la maîtresse de son père, Arno von Hagen, de jeune seigneur riche et puissant va devenir esclave et toute sa famille est décimée, périssant sous la hache du bourreau à la suite d'un horrible complot.

C'est l'an 800 du Reich et l'Allemagne étend sa puissance, sa domination sur pratiquement toute l'Europe. Mais une Europe qui est redevenue médiévale, superstitieuse, livrée aux mains de sectes secrètes et jalouses les unes des autres.

Parmi ces sectes avides de pouvoir, la Sainte-Vehme, qui ressemble à s'y méprendre à l'Inquisition espagnole.

Existe également le Vril, société composée de savants et d'astrologues, et la Fraternité Runique, confrérie guerrière.

Arno von Hagen est engagé par la Fraternité Runique et grâce à sa valeur guerrière, sa bravoure, son courge, son esprit d'initiative, il monte aussi bien dans l'estime de ses nouveaux maîtres que dans l'échelle sociale.

Mais le désir de venger sa famille le taraude.

Le Vril et les Runes mettent leurs forces en commun pour lutter contre la Sainte-Vehme.

Envoyé en mission, Arno fera la rencontre en cours de route d'une jeune femme, Adallinde, qui appartient au groupe Stern. Est-elle amie ou ennemie ? Quel est ce mystérieux groupe Stern ?

 

Ce roman plein de fureur, de combats, d'actions, d'épisodes mouvementés fait penser aux bons vieux romans de cape et d'épées, avec justement ses combats, ses traquenards, ses sociétés secrètes, ses héroïnes mystérieuses.

Un roman fort, bien enlevé, rapide, et qui ne laisse qu'un regret : attendre quelques semaines ou mois pour connaître la suite des aventures du jeune Arno et de ses compagnons. Un roman, ou plutôt une série au souffle épique, digne des grands feuilletonistes des siècles derniers.

 

Première édition collection Anticipation N°1640. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1988. 192 pages.

Première édition collection Anticipation N°1640. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1988. 192 pages.

Alain PARIS : Sur l'épaule du Grand Dragon. Le Monde de la Terre Creuse 3. Collection Imaginarium. Editions Livre-Book. Version numérique. Parution 6 août 2016. 2,99€.

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 15:13

Et de la belle aussi ?

Pierre PELOT : Si loin de Caïn.

Si les personnages de Pierre Pelot sont des marginaux, de doux dingues, des colériques, des brutes, des simples d'esprit, des bornés, mais aussi des hommes et des femmes pour qui la droiture, l'intégrité, la force morale sont des vertus parfois portées à leur paroxysme et qui au moindre accroc perdent la boussole, l'environnement, le paysage sont également des composantes essentielles du roman.

Les Vosges, la région et pas seulement le département, les forêts, la campagne, l'hiver, la solitude forment un décor naturel et intrinsèque au récit. Transposés en Bretagne, en Normandie, ou en toute autre région, auraient-ils la même force, la même impression de détresse poignante, je n'en suis pas sûr.

Comme un coin de terre irréel que l'on découvre avec ravissement, avec une peur rétrospective également. Un coin de terre que l'on sait exister mais que l'on découvre par l'écrit.

Comme dans les récits de Steinbeck, et je pense plus particulièrement à Des souris et des hommes, ou d'Erskine Caldwell avec Le petit arpent du bon Dieu, dont les personnages voient leur avenir déraper à cause d'un rien : une odeur, une senteur, une image, une vision, une pensée, que ne pourraient ressentir le citadin englué dans ses propres problèmes.

 

Si Bibi, le bûcheron que l'on montre du doigt en exemple, si Zuco, le fils du meilleur ami de celui-ci et apprenti bûcheron lui-même, se trouvent entraînés dans un engrenage infernal, impitoyable, c'est à cause d'une effraction et d'un vol.

Mais entre cette effraction et ce vol, qu'est-ce qui a conduit Gamine à les perpétrer ? Pourquoi les Samson, qui vivent dans ce qui ressemble plus à un taudis qu'à une ferme, en sont-ils arrivés à ce point de déchéance ?

Ironie féroce de Pelot qui ose nommer l'un de ses personnages le plus veule, le plus brutal, le plus ignoble, le catalyseur de l'horreur : Parfait Samson !

Parfait Samson, qui dès sa sortie de prison, n'a de cesse de reconquérir une autorité qu'il n'a pas perdue sur le clan déboussolé. Parler des hommes du clan, ce n'est rien, dévoiler leurs fantasmes, leurs lubies, leurs peurs, leurs regrets, c'est simplement soulever un coin du voile tenu à chaque extrémité par les éléments féminins du groupe, avec leur résignation, leur mutisme, leurs secrets, leur sexualité exacerbée, non par un manque d'homme mais par manque de communication, un manque d'amour.

Un roman, comme bien d'autres, écrit avec les tripes, avec le cœur de l'écrivain tout autant sinon plus qu'avec le stylo !

Et pour tous ceux qui ne jurent que par les classiques, lisez Pelot, relisez La Terre de Zola, et dites-vous que les sentiments, bons ou mauvais, sont éternels.

 

Première édition Collection Rue Racine. Editions Flammarion. Parution mars 1988. 284 pages.

Première édition Collection Rue Racine. Editions Flammarion. Parution mars 1988. 284 pages.

Existe en format numérique chez Bragelonne. 2,99€.

Existe en format numérique chez Bragelonne. 2,99€.

Pierre PELOT : Si loin de Caïn. Réédition collection Rivages/Noir N°430. Editions Rivages. Parution avril 2002. 320 pages. 8,65€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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