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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 06:30

Les grands espaces,

comme un Far-West stratosphérique*...

Louis THIRION : Dans les espaces déjantés.

Durant de longues années il fut de bon goût pour les chroniqueurs spécialistes ou spécialisés, de critiquer négativement la production populaire du Fleuve Noir.

Trop populaire, justement. Pas assez élitiste. Production trop abondante et présence trop importante dans les points de distributions, trop envahissante même. Et naturellement cette production ne pouvait qu'être décriée, jugée comme mauvaise, écrite par des tâcherons n'ayant aucun talent. La jalousie certainement qui animait ces chroniqueurs qui pour certains ne se firent un nom que par leurs articles virulents, ayant du mal à percer eux-mêmes en littérature. Vaste débat récurrent...

Heureusement, depuis quelques années, le vent a tourné, et les avis, s'ils ne sont pas encore dithyrambiques, ne sont pas toujours négatifs, reconnaissant à certains romanciers (pas tous quand même) un véritable talent et une imagination débordante et sans faille. Il faut avouer que souvent les pensées politiques influaient (influent encore) les critiques selon les opinions des uns et des autres.

Heureusement, écrivais-je, le venta tourné et des maisons d'éditions, des petites structures indépendantes ont osé bravé les sentences, et ont tiré de l'oubli volontaire dans lequel les avait plongé la désaffection du Fleuve noir vis à vis de ses collections phares, virant ses auteurs comme de vulgaires serpillères. Rivière Blanche, la première, bientôt suivie par les éditions Critic, se sont attachées à redonner des couleurs aux anciens pourvoyeurs de textes du Fleuve, publiant inédits et rééditions, découvrant également de nouveaux talents dignes de leurs prédécesseurs.

 

C'est ainsi que Louis Thirion figure au catalogue de Rivière Blanche et depuis peu à celui de Critic, malheureusement quelques années après sa disparition. Une forme de reconnaissance tardive mais bienvenue, car si la valeur n'attend pas le nombre des années (déjà lu quelque part !) le talent lui est éternel.

Dans ce volume trois romans qui ont marqué la production torrentielle du Fleuve Noir, et comme le premier de cette trilogie a été publié en juin 1968, on peut supposer une relation de cause à effet.

Les Stols (Anticipation N°354), Ysée-A (Anticipation N°427) et Sterga la Noire (Anticipation N°456) sont suivis d'une postface signée Roland C. Wagner, un article paru en 1995 dans Le feu aux étoiles aux éditions Destination Crépuscule.

Admirateur fervent de Louis Thirion, Roland C. Wagner (décédé le 5 août 2012) connaissait l'œuvre de celui qu'il considérait comme son maître et il en parlait avec passion.

Après une analyse rapide de la collection Anticipation jusqu'en 1968, année qui vit la parution du premier roman de Louis Thirion, avec la présence de nombreux auteurs français qui ont marqué de leur empreinte cette vénérable institution littéraire et qui ont pour noms Gilles d'Argyre (Gérard Klein), Kurt Steiner (André Ruellan), Pierre Barbet, Stéphan Wul... Roland C. Wagner s'attarde sur le cycle de Jord Maogan, six romans dont seuls trois ici sont réédités.

Les Stols :

Après la deuxième guerre atomique qui opposa les Etats-Unis à la Chine, et comme jamais deux sans trois, une troisième guerre est déclarée entre les Etats-Unis, toujours eux, et l'Union Soviétique. Mais celle-ci se déroule dans l'espace et les Terriens ne sont guère affectés par cet affrontement. Toutefois, le 12 juin 2009, d'étranges événements se déroulent dans le laboratoire de Savhanah Flood, dans l'Arizona.

Le vaisseau intersidéral du commodore Jord Maogan a été capturé et il se retrouve sur Stol IV, la dernière planète habitable de la Galaxie. Les Stols, qui sont en phase de dégénérescence, ont décidé d'envahir la Terre et de se fondre dans les Terriens, qui deviendraient une sorte de coffre-fort susceptibles de garder leurs souvenirs et leur personnalité. Les Stols auraient alors cannibalisé les humains dont ils auraient accaparé l'enveloppe préalablement vidée à l'aide d'une mousse verte de leur composition.

Jorg Maogan échappe à cette vampirisation grâce à une Stol, Sane Mac Kinley. Mais une grande partie de la population terrienne est déjà atteinte par cette intrusion corporelle et mentale.

 

Dans Ysée-A, on retrouve Jord Maogan en l'an 2370. Sa mission, explorer Cirva à des fins d'adapter ce monde et le terraformer. Mais il tombe sous le contrôle psychique d'un Tulg nommé Oen-Vur, dont l'apparence est celle d'un œuf lumineux. Oen-Vur et sa compagne Ysée-A ont dormi quelques milliards d'années sur Gmour, devenue Cirva. Une bagatelle en comparaison du temps écoulé depuis le Big-bang. Ysée-A, elle, s'est fondue dans le corps de Solène, une biologiste Stol. C'est le début d'une histoire incroyable ponctuée de scènes délirantes. D'ailleurs Roland C. Wagner, dans son article, met en parallèle Ysée-A et l'univers littéraire de Van Vogt de par sa dimension et son souffle.

Enfin avec Sterga la Noire, Jord Maogan n'est plus le héros omniprésent, puisqu'il n'apparait qu'au premier et dernier chapitre. Le héros négatif est le puissant consortium Mac Dewitt.

 

L'univers de Louis Thirion, bousculant les codes établis, est à fois empreint d'humour et d'une forme nouvelle d'inspiration : l'écologie et le gaspillage des ressources naturelles. Louis Thirion reste le précurseur de ces thèmes, qui depuis ont connu différentes variations de traitement, mais aborde bien d'autres sujets comme l'exploitation de l'homme par l'homme. Des romans qui étaient novateurs pour l'époque, même si le space-opera n'est pas loin, et qui aujourd'hui prennent toute leur signification, l'exploration, l'exploitation et l'asservissement des planètes en moins, mais cela ne saurait tarder.

Les côtés déjantés, ou décalés, de certaines scènes font penser à des feuilletonistes et écrivains du début du XXe siècle dans leurs romans d'anticipation comme Arnould Galopin, Jean de La Hire ou René-Marcel de Nizerolle alias Marcel Priollet. Mais la rigueur en plus et les approches sous-jacentes signalées plus haut car Louis Thirion était scientifique de formation, notamment dans la recherche biologique moderne.

 

Stratosphérique est un mot devenu à la mode depuis qu'un journaliste sportif l'a employé en natation, qualifiant le temps réalisé de stratosphérique. Encore une imbécilité de plus à mettre à son actif, mais on en entend tellement à la télévision de nos jours !

 

Louis THIRION : Dans les espaces déjantés. Réédition de trois titres parus précédemment au Fleuve Noir. Editions Critic. Parution le 19 novembre 2015. 472 pages. 25,00€.

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 07:39

La forêt qui murmurait à l'oreille du gendarme...

Patrick ERIS : Les arbres, en hiver.

Une semaine parfois c'est long, surtout lorsqu'on attend un événement, de préférence heureux.

Une semaine, ce n'est rien comparé à une espérance de vie de, soyons modeste, soixante-quinze ans. Cela ne représente qu'une semaine sur près de quatre-mille que nous serons sur Terre, et quelques fois dans la Lune.

A sept ans, le narrateur s'est perdu dans les bois, dans le Jura, une semaine à déambuler et vivre en osmose avec l'air, les plantes, les animaux, une communion qui pourrait ressembler à celle qu'a pu enregistrer Mowgli, l'enfant de la jungle de Rudyard Kipling ou Greystoke, le Tarzan d'Edgar Rice Burroughs. Lorsqu'il a été retrouvé et ramené à ses parents, l'enfant a ressenti comme un manque, un vide. Il avait perdu ses amis qu'il s'était forgé durant une semaine.

Les années passent. L'enfant grandit, vieillit, va à l'école, obtient ses diplômes, et entre à la gendarmerie, comme son père, et obtient de rester sur place chez lui dans le Jura. Mais il est différent, ne se sentant pas à l'aise en compagnie, solitaire avec ancré dans l'esprit sa forêt qui lui manque. Il y retourne parfois afin de se vivifier le cerveau.

A la gendarmerie de Clairvaux-les-Lacs, les effectifs sont réduits, Garonne a pris sa retraite deux mois auparavant et il n'a pas été remplacé, réduction du budget oblige. Il ne reste donc que Caro, une autochtone comme lui, et Serge. Le Scooby Gang.

 

Un horrible crime vient d'être découvert dans une petite ferme des environs. C'est un voisin intrigué par une fumée annonçant un début d'incendie qui a prévenu la maréchaussée. La scène de crime est comme une représentation pour le Musée Grévin. Quatre personnes, le père, la mère et les deux adolescents, un garçon et une fille, égorgés, habillés normalement et attachés sur leurs chaises devant la table de la cuisine.

Ce n'est pas le premier massacre ainsi perpétré. Une semaine auparavant, près de Saint-Claude, le préposé à la distribution du courrier, en langage clair le facteur, a découvert une famille, deux adultes et un ado attachés et placés devant la table de la salle à manger. Les coups de couteau assenés ne se comptent plus, ou alors il faut du temps.

Mais qui peut s'intéresser à ces deux faits divers d'hiver, qui se sont déroulés dans un coin perdu de la province française ? Sûrement pas les médias car sévit un jeu à la télévision qui accapare l'attention de la population. Un jeu débile de téléréalité avec des concurrents pas très futés, et cela fait des années que ça dure. Et pour donner du piment à ce jeu, les téléspectateurs peuvent parier sur l'un ou l'autre des rivaux, et naturellement l'appât du gain entretient l'intérêt dans les chaumières, dans les cafés, à la télé, dans les journaux.

Seul le journaliste local suit la progression de l'enquête par les gendarmes livrés à eux-mêmes, car les autorités compétentes et la capitale ont d'autres préoccupations en tête. Economiser dans tous les domaines étant le maître mot. Les ordinateurs rament sauf lorsqu'ils se plantent, le véhicule de fonction devrait être à la retraite depuis longtemps, et la caserne, comme bien d'autres, est insalubre. L'avantage est de pouvoir vivre chez soi, et faire taire les mauvaises langues (si, si , ça existe !) qui considèrent que le logement gratuit était un privilège éhonté et exorbitant.

Il faut au gendarme et ses deux collègues essayer de dénicher le lien entre ces deux, non trois, drames. Car un nouvel assassinat de groupe est signalé près de Macon. Les modalités ne sont pas tout à fait les mêmes, le meurtrier ayant employé une arme à feu à la place du couteau, tout de même moins bruyant.

C'est le journaliste ami du gendarme qui met le doigt sur le lien existant entre ces trois affaires. Du moins le suppose-t-il. Mais le tueur n'apprécie pas que l'on s'occupe de ses petites affaires de meurtres en série.

 

Patrick Eris nous propose deux pistes de lectures dans ce roman. L'appel de la nature, l'appel de la forêt, symbole cher à Jack London, qui scande la vie du gendarme, lequel se rend dans ce refuge boisé afin de se ressourcer, de réfléchir, de se recomposer, de communier en paix.

Mais également Patrick Eris, dans ce roman légèrement anticipatif, la date n'est pas précisée, dénonce la déliquescence, la dégénérescence de la société plus passionnée par un jeu de téléréalité que par les affaires graves qui la secoue.

Les moyens octroyés pour enquêter sont réduits au strict minimum. L'on ne peut même pas parler de portion congrue, puisque la définition de portion congrue est quantité de ressources versées mais qui est à peine suffisante pour vivre. Dans ce cas, les ressources financières et les aides en logistique et en matériel sont réduites à néant.

Laisser pourrir pour ensuite obtenir sans trop de remous ce qui a toujours été le but du jeu est une vieille tactique à laquelle les politiciens sont rompus.

L'auteur aborde également un sujet d'actualité, touchant de nombreuses communes françaises. La Poste et son désengagement dans le courrier. Il n'y a qu'à lire les compte-rendu dans les quotidiens locaux actuellement.

Ce facteur que les décideurs des villes voudraient voir supprimé au nom de la modernité.

Et bien entendu le problème de l'information mâchée, formatée, est abordé.

La forêt est la parabole du silence, de la quiétude, de la paix, de la sérénité, du retour vers des choses moins frelatées que la politique (par exemple). Le gendarme y retourne souvent avec en tête les variations Goldberg qui lui permettent de se déconnecter d'une réalité trop anxiogène.

 

Retrouvez les avis de deux amis, spécialistes qui plus est...

Patrick ERIS : Les arbres, en hiver. Meurtres en série dans le Jura. Collection Zones Noires. Editions Wartberg. Parution le 3 octobre 2016. 214 pages. 12,90€.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 08:26

Une famille décomposée...

Cicéron ANGLEDROIT : Qui père gagne.

Détective privé, d'argent mais pas d'ambition ni de femmes, Cicéron Angledroit est tout surpris que le commissaire Saint Antoine lui confie une mission.

Ce n'est pas vraiment un ami, tout juste un copain, une relation privilégiée qui lui amène parfois des affaires que ses hommes ne peuvent résoudre, mais là, que le commissaire Saint Antoine lui demande d'enquêter sur la vertu de sa femme, il en reste comme deux ronds de flan notre sympathique Burma de banlieue.

Saint Antoine entretient des soupçons sur la fidélité de sa quinquagénaire d'épouse qui travaille au service relationnel de la mairie. Cicéron ne peut refuser, et il s'attelle à la tâche, pas trop difficile ni compliquée. Il suit la dite gente dame qui effectivement se rend dans des hôtels, le Grabhôtel à Rungis, le Break and Baise d'Alfortville, mais il se rend bien vite compte que ces démarches ne sont effectuées que pour permettre à des personnalités en déplacement de trouver un hébergement. Pour le reste, ceci ne le regarde pas, le commissaire non plus et l'honneur de l'épouse est sauf.

Cicéron n'a jamais connu son père. Un appel téléphonique émanant de Paul Automne, un vieil ami de la famille, va lui donner l'occasion de démontrer ses talents et le plonger dans des affres propres à lui faire tourner le ciboulot. Paul Automne chantait dans les cabarets, un répertoire qui allait de Brel à Perret, mais il a raccroché son micro depuis quelques années. Paul qui venait de temps à autre chez lui, quand il était gamin, et longtemps Cicéron a même cru qu'il était son père. Et puis, les années passant, ils se sont perdus de vue.

Paul Automne, qui est près de l'hiver, lui annonce qu'il est dans la merde (en français dans le texte et sans en changer un mot), mais ce qui tourneboule Cicéron, c'est que le vieil homme l'appelle mon fils. Pourtant il n'est pas curé. L'âge ou l'émotion peut-être. Rendez-vous est pris pour le lendemain dans la matinée. Toujours à l'heure Cicéron, mais c'est pour tomber sur le commissaire Saint Antoine et constater la présence de voitures de police, gyrophares en action.

Paul Automne ne dira pas ce qui le turlupinait. Il est mort d'un excès de courants d'air, une trentaine de balles dans le corps, plus deux dans la tête et le cœur, au cas où. Ce ne peut être un suicide. Donc la thèse du meurtre est privilégiée. Double effet qui secoue, vous savez comme dans la pub pour un soi-disant bonbon, c'est lorsque Cicéron apprend que Paul Automne ne s'appelait pas ainsi mais tout bonnement Angledroit, comme lui. Et ce n'est pas une coïncidence. Automne n'étant qu'un nom de scène. Cicéron hérite donc d'un père, mort.

Comme il est reconnaissant pour toutes les bontés qu'avait pratiquées le chanteur en retraite, Cicéron va enquêter sur le meurtrier, en marge du commissaire Saint Antoine, mais aidé par ses amis, Momo et René.

Débute une histoire tragi-comique, avec quelques scènes croquignolettes dont il serait dommage que je vous en révèle la teneur. Sachez toutefois qu'un autre cadavre va être découvert, que des photos prises à Créteil vont intriguer le commissaire et Cicéron, séparément tout en trouvant ensemble dans le même lieu, et les mettre sur la piste d'objets pieux made in China et autres aventures plus ou moins épiques.

 

Bien entendu, ce roman fait insensiblement penser à l'écriture san-antonienne, mais pourtant il ne s'agit ni d'une parodie, d'un pastiche, ou d'un ouvrage apocryphe. Juste un hommage. Cicéron Angledroit fait de l'Angledroit, même s'il affiche ouvertement ses références livresques. Ainsi, outre le commissaire Saint Antoine, notre détective-narrateur a une petite fille, Elvira Angledroit (Vous avez remarqué le jeu de mot ?), dont la mère est partie et qui est élevée par sa grand-mère, c'est à dire la mère de Cicéron. Une de ses voisines se prénomme Félicie, aussi, quant à ses deux compères, René et Momo, ce sont presque les fidèles reproductions de Bérurier et de Pinaud. Presque car si René est un adepte dipsomane de la bouteille sous tous goûts et couleurs pourvue que son contenu soit alcoolisé, il est employé à l'Hyperpascher comme ramasseur de chariots. Momo, manchot depuis un attentat, vend Le Belvédère, journal des SDF, à la sortie du magasin et il réfléchit plus qu'il parle.

Cicéron vit et travaille surtout en banlieue sud de Paris, dans le Val de Marne principalement. Il aime les femmes qui le lui rendent bien. Ne parlons plus de son épouse, mais de Brigitte la pharmacienne, qui le convie à d'agréables passe-temps, de Monique qui est enceinte des œuvres charnelles de Cicéron mais vit avec Carolina, ayant une tendance déclarée mais non prohibée à sacrifier au rite de Lesbos. Et puis il ne faut pas oublier Vaness' R'messa, l'adjointe de Saint Antoine, qui démontre à notre héros qu'on peut prendre son pied avec justement ce bout extrême de membre inférieur délicatement manipulé (ou pédiculé puisque manipulé c'est avec la main).

 

Cicéron ANGLEDROIT : Qui père gagne.

Cicéron Angledroit pratique l'humour avec sérieux et inversement proportionnel. Il existe entre lui et le lecteur une connivence de bon aloi qui n'est pas sans rappeler son illustre prédécesseur en littérature. Il s'amuse à évoquer certaines personnalités publiques et à déformer les propos, jouant avec les mots et les situations, surtout lorsque c'est René qui s'exprime. Et comme les grands esprits se rencontrent, tout comme Frédéric Dard, il apprécie Céline, mais aussi Léo Malet (avec un seul L, malgré ce qui est noté en quatrième de couverture et même si avec deux L on s'envoie mieux en l'air). Et il ya bien une légère corrélation avec Burma chez Angledroit, celui de la tendresse et du goût de la liberté, un petit côté ronchon parfois et naïf à la fois. Seulement Angledroit ne boit pas ou rarement, le plus souvent du café sans sucre, il ne fume pas, il ne parle pas pour ne rien dire mais il baise* la vie et les deux mains de ses amies complices et compagnonnes.

Un remède à la morosité dont il faudrait user plus souvent, car ne nuit pas grave à la santé.

* Dans le sens de donner une bise, embrasser étant le plus souvent employé mais dont le sens primaire est tenir dans ses bras. Je ne voulais pas vous laisser croire à une quelconque salacité dans mes propos.

 

Pour illustrer certaines de mes assertions dans l'antépénultième paragraphe :

Comment qu'elles ont pu faire ? Elle a dû se faire faire une infécondation vitrée.

Par exemple, vous connaissez Christiane Boudin, la député intégriste ?
Oui, bien sûr...
Eh ben il lui a inculqué (verbe choisi) la sodomie. Ça vous étonne, hein ?
En effet !
Mais c'est inutile de le mentionner dans votre article. Et Micheline Amiot-Larry, vous voyez qui c'est ?
Oui, l'ancienne ministre.
C'est ça ! Eh ben, elle, il l'a fait se prostituer dans le bois de Meudon. Avec une perruque, elle ne voulait pas qu'on la reconnaisse. Voilà, c'était ça, Paul ! Un artiste, un conceptuel, un visionnaire !

Du même auteur, dans la même collection :

Cicéron ANGLEDROIT : Qui père gagne. Les enquêtes de Cicéron N°5. Editions du Palémon. Parution le 9 septembre 2016. 256 pages. 10,00€.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 08:39

Tiennent sans jarretelles...

Pascal GARNIER : Les Hauts du Bas.

Edouard Lavenant est un vieux monsieur riche, solitaire, d’un caractère irascible et handicapé d’un bras.

Il perd parfois un peu les pédales, mais Thérèse sait le remettre gentiment sur le droit chemin. Thérèse, c’est son infirmière, la cinquantaine légèrement avancée, célibataire et dévouée à ce vieux grincheux qui la rabroue à tout bout de champ. Il a quitté Lyon et les affaires, et ils se sont installés dans un petit village de la Drôme.

Peu à peu s’établit une complicité entre le patient et sa garde-malade. Une complicité qui confine à une sorte d’affection, d’union, que Lavenant ne pensait pas pouvoir éprouver un jour, et qu’il chasse comme on chasse une mouche. Mais celle-ci revient toujours se poser au même endroit.

Jusqu’au jour où Jean-Baptiste fait incursion dans leur retraite. Il se prétend le fils de Lavenant, un fils issu d’une relation sans lendemain avec une secrétaire. Et c’est à ce moment que la vie de Lavenant va basculer.

 

Ce roman de Pascal Garnier contient une grande dose de suspense mâtinée d’humour noir, comme il se doit, penchant entre férocité et humanisme. Pourtant Pascal Garnier tresse ici et là de grosses ficelles qui retiennent le lecteur, mais l’épilogue est époustouflant de réalisme et clôt l’intrigue en forme de pied de nez. Le savoir faire de l’écrivain qui fait croire au lecteur qu’il a déjà lu ce genre d’ouvrage et qui pourtant se révèle tout autre.

Première édition : Collection Quatre-Bis, éditions Zulma. Parution 11 septembre 2003. 15,30€.

Première édition : Collection Quatre-Bis, éditions Zulma. Parution 11 septembre 2003. 15,30€.

Réédition Le livre de Poche. Parution 18 février 2009.

Réédition Le livre de Poche. Parution 18 février 2009.

Pascal GARNIER : Les Hauts du Bas. Collection Poche. Editions Zulma. Parution le 3 octobre 2016. 192 pages. 9,95€.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 06:53

Fallait oser y penser !

J.-M. LOFFICIER et J.-M. ARCHAIMBAULT : Le quatorzième signe du Zodiaque. Inédit. Précédé de Le treizième signe du Zodiaque de Maurice LIMAT.

Maurice Limat, grand auteur prolifique de romans populaires, fut et reste le symbole même du romancier banni des chroniqueurs et critiques inspirés de la littérature dite de deuxième zone et plus. Trop de déchets dans son écriture bâclée, selon certains, trop d’invraisemblances, pour d’autres. Bref pas de quoi fouetter un chat, car le propre même du littérateur est de justement d’innover, d’inventer, au risque de déplaire les exégètes d’une prose lisse et maniérée.

Maurice Limat avançait sans contrôler son inspiration, dérogeant aux principes primaires scientifiques, dans un style parfois ampoulé, truffé de clichés. Du moins c’étaient les grands reproches qui lui étaient adressés, souvent par des critiques, eux-mêmes romanciers incapables de créativité et attachés à des figures de styles qui ont dérouté des lecteurs qui préféraient le grand souffle de l’aventure au soufflet de la rhétorique absconse.

Mais foin de tous ces prolégomènes, et plongeons-nous dans les deux romans qui composent ce volume.

 

Le treizième signe du Zodiaque de Maurice Limat.

Trois drames se sont déroulés en quelques semaines sur la ligne interstellaire Sol-Persée. Trois drames auxquels Robin Muscat doit apporter une solution. Il pleut sur Paris et il s'attelle distraitement à l'étude des dossiers qui lui ont été confiés par son patron, le directeur de l'Interpol-Interplan, la police multiplanétaire dont il est l'un des lieutenants.

Un crime sur la personne d'un natif de Persée, mort d'une façon peu compréhensible, comme foudroyé. Yum Akatinor était un curieux personnage versé dans la cosmomancie, science ancêtre de l'astrologie. Un autre passager du Spica, l'astronef, était devenu fou subitement. Cladek Halstar, d'origine martienne, était jusqu'alors un financier très prisé dans le Martervénux, et était amené à voyager très souvent, brassant des milliards de devises.

Quant à Giovanna Hi-Ling, Terrienne sino-italienne, elle a tout simplement disparu. Peu de choses sont décrites dans le rapport la concernant, sauf qu'elle venait rarement sur la planète-patrie et qu'elle était férue d'occultisme.

Robin Muscat déplore le manque de photo la représentant nue, non pas par lubricité et voyeurisme, mais parce qu'il a remarqué sur le torse des deux autres individus, une sorte de tatouage à la hauteur du cœur. Robin Muscat s'applique à déchiffrer cette marque qui représente une boucle, deux lancées évoquant des accents circonflexes, six petits traits en dessous. Cela lui rappelle vaguement un oiseau. Peut-être un signe du Zodiaque. C'est à ce moment qu'il est dérangé dans ses réflexions.

Un jeune homme désire le voir se présentant comme le fiancé de Giovanna Hi-Ling. Lorsqu'il demande à Spontini, son visiteur, au cours de la conversation de lui montrer son torse, et tandis que celui-ci accepte à contre-cœur, il aperçoit le signe qui devient tout d'un coup flamboyant. Spontini parait enrobé d'une aura de feu. Il est mort mais Muscat prévient le labo afin que son ami le docteur Stewe, et un jeune toubib d'avenir, Dusaule, puissent procéder à la récupération de l'esprit, ou l'âme de Spontini mort cliniquement. Mais un court laps de temps existe entre les deux phases et il faut se dépêcher.

Ils récupèrent ainsi des images captées dans l'esprit de Spontini, dont celles de Giovanna et d'une surface circulaire divisée en cases, comme pour la représentation des signes du Zodiaque, sauf qu'il n'y a pas douze segments mais treize.

Pendant ce temps, sur le Cygne noir sur lequel voyage Bruno Coqdor, le Chevalier joue avec des enfants en compagnie de Râx, le pstôr, un chiroptère ressemblant à un mélange de bouledogue et de chauve-souris. Il retrouve avec plaisir les scientifiques Monique et Jean Farnel, le frère et la sœur, qui voyagent eux aussi à bord du vaisseau spatial.

Coqdor, qui a reçu les images transmises par Robin, les soumet à l'appréciation de Jean Farnel, lequel examine attentivement les documents à l'aide d'un mini-projecteur. La conclusion est qu'un treizième signe du Zodiaque vient d'être découvert mais personne ne sait à quoi il correspond, ni à quelle constellation il faut le rattacher. Et bientôt Coqdor va se trouver aux prises d'ennemis inconnus, ces gens du Zodiaque, ceux qui jouaient selon un procédé un peu démodé, sentant le vieux roman populaire du XXe siècle, d'un signe ésotérique pour signer leurs abominations, d'un signe mystérieux qu'ils tatouaient sur le cœur de leurs victimes, ces gens - vivant on ne savait sur quelle planète, voire dans quelle dimension - semblaient en permanence épier les faits et gestes de Coqdor

Et ces êtres, Coqdor va rapidement s'en rendre compte, sont doués de métamorphisme, ce qui va entraîner des combats homériques et il ne sera pas au bout de ses surprises. Le lecteur non plus.

 

Maurice Limat, en bon auteur de science-fiction, imagine des méthodes nouvelles, des appareils révolutionnaires, dont il était à l'époque où il rédigeait ce roman - 1969 - impossible de penser qu'un jour proche ils existeraient. En effet, Coqdor et Muscat peuvent converser et communiquer à l'aide d'un objet appelé sidéroradiotélé avec écran miniature, de n'importe quel endroit où ils se trouvent. Ainsi, alors que Coqdor et ses amis se trouvent sur la planète Accora, premier relais du Capricorne, il peut non seulement s'entretenir et mais voir Robin Muscat qui se trouve dans une espèce de caverne dans le Hoggar, site montagneux au sud de l'Algérie.

Première édition Collection Anticipation N°379. Editions Fleuve Noir. Parution 1969.

Première édition Collection Anticipation N°379. Editions Fleuve Noir. Parution 1969.

Réédition collection Super Luxe N°147. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1984.

Réédition collection Super Luxe N°147. Editions Fleuve Noir. Parution janvier 1984.

Le quatorzième signe du Zodiaque, de Jean-Marc Lofficier et Jean-Michel Archaimbault.

Construit comme une suite logique du Treizième signe du Zodiaque, par Jean Michel Archaimbault d'après un scénario très précis de Jean-Marc Lofficier, ce roman permet de retrouver la plupart des protagonistes du précédent, mais également de se remémorer ou de plonger dans l'univers littéraire de Maurice Limat.

Car Maurice Limat laissait une porte entrebâillée à la fin du Treizième signe du Zodiaque, porte que nos deux compères se sont empressés de franchir afin d'apporter des éléments supplémentaires et complémentaires au précédent roman.

Cladek Halstar, l'une des victimes de la mystérieuse secte du Zodiaque, délire dans sa chambre au nouvel hôpital psychiatrique Sainte-Anne à Paris-sur-Terre. Les médecins peuvent s'en rendre compte en l'entendant déclamer une sorte de poème dédié à l'oiseau-foudre. La nuit même, une silhouette entièrement habillée de noir pénètre dans la pièce, sort Cladek Halstar de sa démence et ils s'enfuient tous deux par les toits.

Devenu commissaire, Robin Muscat se voit attribuer un jeune inspecteur débutant, Marc Vérano, lointain descendant du célèbre détective des fantômes Teddy Vérano. Pour l'heure, c'est une organisation criminelle qui occupent leurs pensées, le Cercle Noir. Et Vérano a réussi a localiser l'une des cellules, à Melun-3.

L'offensive est menée contre des individus en combinaison couleur nuit par les hommes de l'Interplan. Quelques policiers restent sur le bitume et la plupart des membres du Cercle Noir sont annihilés. Toutefois la surprise provient de la découverte sur le corps de l'un d'eux d'un tatouage semblable à celui découvert dans le précédent épisode.

Robin Muscat en informe immédiatement son ami Bruno Coqdor, le Chevalier de la Terre, mais leurs analyses de la situation divergent. S'agirait-il d'une recrudescence des méfaits du maître du Zodiaque, malgré sa parole donnée, ou alors se pourrait-il qu'une autre secte issue de la première soit née de ses cendres et qu'une nouvelle guerre soit déclenchée ? Les deux amis se quittent légèrement fâchés, chacun s'accrochant à sa position et ils vont devoir enquêter, d'abord séparément, confortés dans leurs sentiments par des événements divers.

Le premier acte se produit lorsque la sonnette d'entrée de l'appartement de Coqdor retentit. Lorsqu'il ouvre la porte, c'est pour recueillir dans ses bras la belle et ténébreuse Giovanna Hi-Ling, la sino-italienne autre personnage présent dans l'épisode du Treizième signe du Zodiaque.

A nouveau les deux amis vont affronter de terribles dangers et s'apercevoir qu'il vaut mieux s'unir que se faire la tête à cause d'une appréhension différente de la résurgence du Zodiaque.

 

Dans un style un peu plus verbeux et un peu moins nerveux que celui de Maurice Limat, cet épisode offre l'avantage de prolonger le plaisir de lecture et de plus évoquer certains épisodes des aventures de Robin Muscat et surtout Bruno Coqdor.

Ainsi le lecteur est invité à visiter une partie de l'appartement du Chevalier de la Terre, dans les pièces où sont entreposés tous les trophées, objets, babioles et souvenirs récoltés au cours de ses missions. Et les références sont nombreuses, ce qui prouve que les auteurs connaissent l'œuvre de Maurice Limat dans la collection Anticipation et ont pris des notes lors de leurs lectures.

 

Chroniques de lectures Maurice Limat :

Chronique d'un essai de Jean-Michel Archaimbault :

Chronique d'un roman de Jean-Marc Lofficier :

J.-M. LOFFICIER et J.-M. ARCHAIMBAULT : Le quatorzième signe du Zodiaque. Inédit. Précédé de Le treizième signe du Zodiaque de Maurice LIMAT. Postface et étude de Jean-Michel Archaimbault. Collection Blanche N°2028. Editions Rivière Blanche. Parution décembre 2006. 364 pages. 20,00€.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 12:33

L'or à Laura...

Christian BLANCHARD : Les orpailleurs de la fosse.

S'appeler Le Gall en Bretagne, c'est presque commun, même si c'est un nom propre. Kervella, à Plougatel-Daoulas, c'est la même chose, du genre copié-collé. Alors répondre au patronyme de Le Gall-Kervella, cela sent le Breton pure souche à cent lieux, voire plus car l'on sait que le Breton est voyageur. Se prénommer Napoléon fait un peu désordre dans le paysage, mais après tout pourquoi pas, quoique les références historiques ne sont guère en faveur du petit Caporal. Mais Napoléon Le Gall-Kervella possède une autre singularité particulière ou une particularité singulière. Il est Noir. Il est Noir Breton, et non pas Breton noir car cela laisserait supposer qu'il abuse du Lambig et du Chouchen. Ce qui est faux et pourrait même porter atteinte à son honneur.

Le Gall-Kervella est agent de collecte des ordures (ou déchets) ménagères, c'est-à-dire éboueur ou poubelleur, et en jargon des agents territoriaux affectés à cette tâche ingrate mais indispensable, on s'en rend compte lors des grèves, un ripeur.

Derrière la benne à 05H30, en binôme avec Albert, et c'est parti pour un tour de la ville de Brest et de sa communauté d'agglomération ou de communes, à pousser les bacs, les vider, les repositionner, un labeur assez fatiguant même si le système de levage des poubelles est agréablement (?) amélioré.

Mais Napoléon Le Gall-Kervella ne se contente pas de cet emploi, et il travaille au noir, ayant créé la BBK, la Black Breiz Kaoc'h, Kaoc'h signifiant, je vous livre la signification sans l'odeur, merde, excrément, détritus... Et il est demandé par des particuliers désireux de se débarrasser de produits encombrants sans passer par la case déchèterie, pour des raisons parfois évidentes et qui ne tiennent qu'à eux.

Il est fort bien équipé notre ripeur, en matériel informatique, en incinérateur, broyeur, cuves diverses, en buses, un équipement adapté pour satisfaire ses employeurs occasionnels, un immense terrain avec hangars sur la pointe de Porsguen.

Il est contacté par téléphone, numéro masqué ce qui est pratique lorsqu'on désire garder l'anonymat, pour se rendre route du Rocher de l'Impératrice, pour procéder à la vidange d'une fosse septique. Napoléon l'est aussi, sceptique, car après tout ce travail relève de l'assainissement ou d'entreprises privées ayant pignon sur rue. Il se rend donc de nuit afin d'opérer à un repérage et est reçu par un gorille humain puis par un certain John Smith.

Or, lorsqu'il soulève le couvercle en béton, des odeurs nauséabondes se dégagent de l'ouverture, normal me direz-vous, mais il est anormal que le cadavre d'un homme se tienne debout à l'intérieur de la cuve. Il serait allongé encore, mais non debout, et il résiste le cadavre aux efforts déployés. Enfin, Napoléon parvient à l'extraire de sa gangue d'excréments, et il touche un acompte conséquent pour le faire disparaitre de la circulation. Il touchera l'autre partie de ses émoluments lorsqu'il reviendra avec les preuves de son travail.

Rentré chez lui il s'occupe de son cadavre, mais découvre dans les défécations accrochées à ses pieds des particules, élémentaires, qui se révèlent être de l'or. Mais peu après un autre corps attend ses bons soins dans la réserve d'une bijouterie. Un Asiate comme le précédent et qui possède la particularité d'avoir un gros trou dans la tête. Laura, la jeune femme qui l'a appelé et le réceptionne, affirme à Napoléon que l'homme s'est suicidé. Notre éboueur n'est pas convaincu car tout laisse supposer que son nouveau cadavre a été assassiné.

Il remarque que les deux cadavres se ressemblent étrangement, comme s'il s'agissait de jumeaux. Ce dont il aura confirmation par un de leurs compatriotes, un Bengali comme eux. Napoléon sent qu'il vient de mettre le bras jusqu'à l'épaule dans un engrenage qui pourrait le rendre manchot.

 

Lorsque j'ai rencontré Christian Blanchard, alors qu'il dédicaçait ses livres sur la place du marché, non loin du calvaire (tout un symbole pour un écrivain !) de Plougastel-Daoulas, il m'a affirmé que ce roman était "soft" par rapport à ses autres écrits. Soft, je crois, est un vieux mot breton qui veut dire doux, souple, mou, moelleux, ou quelque chose comme ça. Je veux bien le croire, et malgré les lieux où cette histoire se déroule et les petites manipulations opérées par Napoléon Le Gall-Kervella, vous n'êtes pas obligés de vous munir d'un mouchoir ou d'un protège-nez.

Partant d'un fait divers réel, Christian Blanchard mêle astucieusement pointe d'humour, mais surtout petits coups de griffe au passage. Ainsi il s'en prend, gentiment (?), au maire qui cumule les emplois, comme si son héros narrateur était bien placé pour donner la leçon.

Il revient sur l'affaire d'une chemise déchirée, et l'adapte à sa manière entre un éboueur et son chef hiérarchique. Mais cela fait moins de vagues qu'à Air France. Je ne reviendrai pas sur cet épisode lamentable d'un pauvre directeur des Ressources humaines (déjà la dénomination montre le mépris affiché envers les salariés !) qui peut mettre à la porte qui il veut, quand il veut, et qui se plaint pour une chemise qu'il se fera rembourser comme accident du travail.

Il émet également quelques réflexions, bienvenues, sur ces Français partis s'installer, pour des raisons qui leur sont propres, professionnelles ou personnelles, à l'étranger, Canada, Australie, Chine, liste que vous pouvez compléter à votre guise, et qui sont devenus des migrants. Comment sont-ils perçus par les autochtones et sont-ils rejetés comme la plupart des immigrés en France ?

L'on sent que l'auteur n'en est pas à son premier roman, ni à sa première diatribe (je vous conseille d'aller visiter son site) et l'intrigue est solide, intéressante, et traite d'un sujet peu souvent abordé, celui du retraitement des déchets. Du moins dans le contexte qu'il propose. Et de plus, les clandestins ont toute sa sympathie. Celle du héros également puisqu'il se rendra même jusqu'à Dhaka.

Pour visiter le site de Christian Blanchard, cliquez sur le lien ci-dessous :

Christian BLANCHARD : Les orpailleurs de la fosse. Collection Hermine noire. Editions Chemin Faisant. Parution 1er juin 2016. 226 pages. 10,00€.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 12:29

Tricher n'est pas tuer, quoi que...

Hugo BUAN : La nuit du tricheur.

Il y a Workanowski et Workanowski. L’un est flic à Rennes, et a rétréci son nom en Workan. L’autre est de l’autre côté de la barrière et a raccourci le sien en Nowski. L’un se prénomme Lucien, l’autre Fletcher, appelé aussi Fletch. Le point commun entre ses deux hommes ? Ils sont cousins, plus exactement petits-cousins.

Tandis que Workan doit assurer la sécurité de l’exposition Georges de La Tour dans les locaux du couvent désaffecté des Jacobins, Nowski ne pense qu’à s’emparer des cinq tableaux qui y seront accrochés. Il est accompagné de trois acolytes, Ben, Vence et Baudouin-Baudouin, qui ressemblent plus à une équipe des Pieds-Nickelés ou de Branquignols qu’à un commando de parachutistes le petit doigt placé sur la couture du pantalon.

Après avoir simulé un enlèvement d’enfant, Nowski and Co se rendent à Chinon afin de commander à Charbonnot, un faussaire en toiles de maîtres, de réaliser des copies des œuvres de La Tour qui seront proposées au public. Ce sont bien des copies et non des faux qu’il veut, et pour connaître la différence, vous pouvez vous référer au roman qui vous l’expliquera mieux que moi.

Fletch nargue par téléphone son cousin et ce verbiage prend un nouveau tour lorsque le commissaire de l’exposition, un sous-ministre de la culture, et non point un ministre saoul de la culture, est retrouvé le lendemain de l’inauguration, son corps surnageant dans la Vilaine, un trou de balle dans le front. Ce n’est pas une erreur de la nature et de morphologie.

Workan est sur les dents ainsi que sa petite équipe, sa subordonnée et maîtresse Leïla, le capitaine Lerouyer et les deux adjoints Cindy et Roberto. Le Divisionnaire Prigent a beau tempêter, Workan est bien décidé à mener l’enquête à son idée, quitte à déplaire à la hiérarchie, car il ne veut pas que son cousin, qui possède déjà un casier judiciaire aussi épais que l’annuaire de Paris, soit directement mis en cause.

L’esprit de famille peut-être. D’autant qu’un malfrat et ses séides espèrent bien que Nowski tirera les marrons du feu à leur place.

 

Outre l’humour qui réside dans les descriptions de situations et de personnages, c’est celui des dialogues qui entraine le lecteur, un peu à la façon des répliques de Michel Audiard : « De quoi est-il mort, crise cardiaque ? Non ! Courant d’air dans le cerveau, provoqué par une arme à feu ».

Le personnage de Workan vaut à lui seul le déplacement. Il possède ses tics, ses manies qui vont parfois à l’encontre de la déontologie de la profession, il est insolent, se conduisant presqu’en marginal. Pourtant il est éminemment sympathique, peut-être justement à cause de ses défauts.

De toute façon il est lucide, se rendant compte qu’à certains moments il dérape. « Etait-ce un elfe ou, plus sûrement en Bretagne : un korrigan, qui jouait dans les méandres de son cerveau et lui soufflait les phrases les plus incongrues aux moments les plus inopportuns ? ».

Hugo Buan et son commissaire Workan commencent à s’imposer dans le polar français et je vous invite à retrouver les premiers tomes qui ont pour titres Hortensias Blues, Cézembre noire, L'Œil du singe, dans de prochaines chroniques.

Première édition : Pascal Galodé éditeurs. Parution janvier 2010. 384 pages. 17,90€.

Première édition : Pascal Galodé éditeurs. Parution janvier 2010. 384 pages. 17,90€.

Hugo BUAN : La nuit du tricheur. Editions du Palémon. Parution 6 novembre 2015. 368 pages. 9,00€.

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 08:12

Sherlock Holmes ? Même pas mort !

Arthur Conan DOYLE : La maison vide précédé de Le dernier problème.

Si tout le monde connait Sherlock Holmes et a entendu parler de Sir Arthur Conan Doyle, son créateur, moins nombreux sont ceux qui ont lu et se souviennent de ses multiples aventures. Des images rémanentes surgissent, surtout entretenues par les adaptations cinématographiques et télévisées, parfois par des bandes dessinées.

Bien sûr la disparition du célèbre détective dans les chutes de Reichenbach reste un souvenir pour la plupart d'entre nous, ne serait-ce parce qu'il s'agit d'un épisode mémorable, et sa résurrection littéraire est bien ancrée dans les esprits.

Mais vous souvenez-vous dans quelles conditions le locataire du 221 Baker Street a, momentanément, disparu dans les eaux tourbillonnantes du torrent suisse, et surtout comment et pourquoi il a effectué sa réapparition devant les yeux ébaubis du docteur Watson, son biographe officiel.

 

Le dernier problème (The Final Problem - décembre 1893) clôturait le volume intitulé Les Mémoires de Sherlock Holmes.

Et le bon docteur Watson dans les premières lignes de cette nouvelle mais dernière aventure déclarait : C'est avec tristesse que je prend ma plume pour évoquer une dernière fois les talents prestigieux qui firent de mon ami M. Sherlock Holmes un être exceptionnel.

Le ton était donné.

Le 24 avril 1891, Sherlock Holmes se présente devant Watson, plus blanc et plus maigre que d'habitude. Son premier geste est de fermer les volets. Pour une fois Watson se rend compte que son ami a peur. De fusils à vent précise le détective qui narre pourquoi il est venu rendre visite à son ami. Il traque depuis un certain temps le professeur Moriarty, un homme très cultivé et véritable phénomène en mathématiques. Seulement alors qu'il était promis à une grande carrière universitaire des bruits fâcheux ont commencé à courir et Moriarty a dû donner sa démission. Il s'est installé à Londres et ses instincts criminels lui ont permis de devenir le chef occulte d'une bande de malfrats aux multiples méfaits. Moriarty n'a jamais été inquiété par la police et Sherlock s'est mis en tête d'annihiler ce Napoléon du crime.

Entre les deux hommes s'est engagée une lutte sans pitié et Sherlock a décidé de rejoindre le continent et demande à Watson de le suivre. De France jusqu'en Suisse, les deux hommes vont essayer de fuir le professeur mais en vain. Et c'est ainsi que Watson découvrira un mot placé sous l'étui à cigarettes de Sherlock sur une pierre surplombant un précipice. Moriarty avait imaginé un stratagème pour éloigner le docteur du détective et parvenir à ses fins. Mais les deux hommes ont disparu, probablement dans l'eau tourbillonnante, enlacés au cours de leur affrontement.

 

Dans La Maison vide, (The Adventure of the Empty House - Octobre 1903), Watson s'attelle à nouveau à la relation des nouvelles aventures réunies dans le volume Le Retour de Sherlock Holmes. Il reprend la plume à peine dix ans après l'affaire Ronald Adair qui a secoué Londres au printemps 1894.

L'homme, gros parieur, qui revenait d'un club où il avait joué aux cartes, a été retrouvé mort atteint d'une balle en pleine tête. L'arme n'a pas été retrouvée, et la porte de la pièce était fermée de l'intérieur. Le début d'un mystérieux crime en chambre close.

C'est à ce moment que Sherlock refait son apparition au grand étonnement de Watson qui n'avait pas reconnu son ami déguisé en vieux monsieur bibliophile. Sherlock Holmes narre son épopée helvétique, comment il a réussi à échapper aux eaux tumultueuses du Reichenbach, ce qu'il fit ensuite, les nombreux voyages effectués, du Tibet jusqu'à Khartoum en passant par la Perse, et ce qui l'amène à Londres. Car le détective a appris par les journaux, alors qu'il était depuis de nombreux mois en France, le drame mystérieux de Park Lane.

Sherlock possédait deux ennemis, le professeur Moriarty et le colonel Sebastian Moran, ami du précédent et tireur émérite. Sherlock sait que les hommes de Moriarty, ou ce qu'il en reste, se doutaient eux-mêmes qu'il n'avait pas sombré dans le torrent et n'attendaient que son retour pour lui ôter définitivement la vie. Alors il a imaginé un traquenard pour résoudre l'affaire de Park Lane et se débarrasser définitivement de Moran.

 

Ces deux nouvelles qui terminent un cycle et qui en entament un autre possèdent néanmoins une forme de continuité, l'une dans le prolongement de l'autre.

La noyade de Sherlock Holmes est simplement évoquée, ce qui est normal puisque Watson n'ayant pu être le témoin des événements il ne peut que supposer la mort de Sherlock. Les corps n'ont jamais été retrouvés, tenter de les repêcher était hors de question. Et bien qu'intitulé Le dernier Problème, cette nouvelle laissait entrevoir, le cas échéant une porte de sortie avec réapparition à la clé. Si les lecteurs n'avaient pas réclamé la résurrection de Sherlock à corps et à cris, si sa mère n'avait pas joint sa voix à celles de tous ceux qui déploraient ne plus pouvoir lire les aventures du célèbre détective, et si le besoin d'argent conjugué à une carrière de romancier historique en demi-teinte ne l'avait obligé à procéder à la renaissance de son héros, nul doute que Conan Doyle l'eut laissé naviguer entre deux-eaux.

Toutefois Conan Doyle avait publié Le chien des Baskerville en 1902, mais ce roman n'entrait pas dans la chronologie des aventures de Sherlock Holmes.

Certains m'objecteront que cela sent l'ancien, le renfermé, le daté. Peut-être. Personnellement j'ai trouvé ces deux lectures rafraîchissantes, intemporelles, procurant un grand plaisir de (re)lecture et une invitation et une incitation à en (re)lire d'autres, ce qui est indubitablement le propos caché de Madame Folio.

 

Arthur Conan DOYLE : La maison vide précédé de Le dernier problème. Deux aventures de Sherlock Holmes. Traduction d'Alain Jumeau. Collection Folio 2€ N° 6180. Editions Folio. Parution 8 septembre 2016. 96 pages. 2,00€.

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 11:30

Tu ne tueras point, sauf si tu gardes ton calme !

Cicéron ANGLEDROIT : Sois Zen et tue-le.

Les romans humoristiques ou à tendance humoristique sont trop rares parmi la production actuelle pour les oublier lorsqu’un auteur, même débutant, s’y colle.

C’est ainsi que Cicéron Angledroit, auteur et héros de De la part des enfants, devenu Soit zen et tue-le, s’inscrit en marge de l’actualité polardeuse. Son roman avait paru déjà depuis un peu plus d’un an (lorsque j’écrivais cette chronique en 2002, lors de la première édition de ce roman) mais il n’est jamais trop tard pour réparer un oubli.

 

Cicéron Angledroit est donc détective en banlieue parisienne. Divorcé il a une fille à charge, confiée à sa mère (la mère du détective, je précise) et côté finances, ce n’est pas la joie. Entre deux constats d’adultère, il passe son temps avec Brigitte, une pharmacienne mariée mais délaissée.

Une vieille dame lui demande d’enquêter sur la mort de son époux, décès survenu dix ans auparavant d’une crise cardiaque, mais qu’elle juge peu naturelle. Il a pour habitude de prendre son café matinal dans un bistrot d’une galerie marchande et ce matin là, une explosion jette la perturbation parmi les promeneurs. Un SDF qui s’était probablement emparé d’une valise oubliée et tentait de l’ouvrir rejoint le pays des sans logis.

Parmi les témoins René employé pour ranger les caddies et Momo, qui vend le Belvédère, journal des sans abris. Entre l’enquête à lui confiée par la vieille dame et la prolifération d’attentats envers les petits voleurs, jeunes ou vieux, Angledroit ne va perdre son temps et va même trouver quelques heures de libres pour consoler la belle-fille de sa cliente.

 

Ecrit à la première personne, ce roman oscille vers l’humour mais ne vous y trompez pas, l’épilogue est noir.

Parfois on pense un peu à San-Antonio à ces débuts, lorsque l’histoire n’était pas délayée dans une logorrhée verbeuse. D’ailleurs l’un des personnages se prénomme Félicité, presque pareil que la mère du célèbre commissaire. Et l’auteur narrateur s'entretient avec son lecteur de la même façon.

Un roman plaisant à lire et délasse après une longue journée de labeur. Le sourire est omniprésent, pourtant, vous vous en rendrez compte à sa lecture, le sujet est grave.

Et cette réédition est la bienvenue car le talent de Cicéron Angledroit (c'est un alias, vous vous en serez douté !) est indéniable et mérite d'être reconnu, même si ses romans n'entrent pas dans les critères souvent pessimistes des lecteurs. Alors, justement, pour chasser les miasmes de la morosité ambiante, n'hésitez pas. L'humour est présent mais n'oblitère pas le côté humain du sujet.

Certains auteurs écrivent en blanc cassé, d'autres en rouge hémoglobine, Cicéron Angledroit rédige en noir tendresse.

Première édition sous le titre : De la part des enfants. Goutte d’Or productions. Décembre 2000. 256 pages.

Première édition sous le titre : De la part des enfants. Goutte d’Or productions. Décembre 2000. 256 pages.

Cicéron ANGLEDROIT : Sois Zen et tue-le. Enquêtes de Cicéron N°1. Editions du Palémon. Parution 9 septembre 2016. 272 pages. 10,00€. Version numérique : 5,99€.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 11:26

Teddy est revenu, alléluia...

Gilbert GALLERNE. Teddy est revenu.

Depuis l'enlèvement de sa fille Lucie et le divorce d'avec un mari qui ne tenait plus guère à elle, Laura vit dans une espèce de brouillard, travaillant comme un zombi, se gavant de cachets.

Une tragédie qui s'est déroulée cinq ans auparavant. Jusqu'au jour où elle reçoit par la poste dans un carton l'ours en peluche de Lucie.

Elle décide de rejoindre sans plus tarder à Saint-Nazaire d'où a été expédié le colis. Elle rend visite aux directrices d'écoles, surveille les sorties de classe dans l'espoir de reconnaître sa fille, mais en vain.

Alerté, le commissaire Cointeau ne croit guère en son histoire, d'autant qu'elle ne veut montrer le jouet qui lui a permis de relancer ses recherches. Il n'ouvrira le dossier que si elle apporte un élément irréfutable justifiant sa présence et ses démarches.

Elle est démoralisée et ne reprend espoir qu'en lisant dans une feuille locale les avis de bienvenue aux nouveaux habitants de la cité. Elle pense pouvoir découvrir un nom, une piste dans la rubrique parue cinq ans auparavant. Le journaliste local, Albert Toulouse se propose de l'aider.

C'est un être quelque peu désabusé, alcoolique, mais l'idée de pouvoir damer le pion aux journalistes nationaux, et pourquoi pas à la police, lui revigore le moral. Il trouve une piste qui avait échappé à Lucie, mais comment aurait-elle pu la débusquer, elle qui n'est pas de la région. Tandis que lui, qui de par sa profession et de son origine est au courant de pas mal de petits secrets, peut relier entre eux des faits divers qui sont passés inaperçus aux yeux de beaucoup de monde, même de la police.

 

Par petites touches, sans effets grandiloquents, mais avec efficacité, Gilbert Gallerne nous entraîne en compagnie de cette mère qui recherche son enfant, persuadée que sa fille est toujours en vie, malgré les avis de ses proches ou de la police.

Il fait monter la tension jusqu'au dénouement avec pudeur et justesse, dosant subtilement psychologie, montée de l'angoisse et action. Il évite les écueils de la sensiblerie ou du misérabilisme trop larmoyant, trouvant le ton en adéquation entre le fatalisme et le je m'enfoutisme de quelques personnages, de la perversité qui mène certains autres.

Le tout pour en arriver à un mobile mercantile qui règle de nos jours encore, malheureusement, les actes de certaines familles provinciales.

 

Première édition : Collection Attitude. Editions LEFRANCQ.

Première édition : Collection Attitude. Editions LEFRANCQ.

Réédition Edition City 2010.

Réédition Edition City 2010.

Gilbert GALLERNE. Teddy est revenu.

Réédition Collection Objectif Noir. Disponible en version numérique Kindle. Samedi 24 septembre et dimanche 25 septembre : Promotion à 0,99€. Sinon, 4,99€.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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