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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 09:11

On trouve de tout sur les marchés aux puces…

Marie-Claire BOUCAULT : Le mystère de la tombe Gaylard.

Ses parents sont divorcés et pour des raisons pratiques Sybille Mercier a préféré vivre chez sa mère non loin de la porte de Vanves. Chez son père, avenue de Villiers, ce n’est pas mal non plus, mais elle s’y sent moins à l’aise.

En fin de semaine sa mère, ancien mannequin reconvertie dans les magazines de mode se rend chez son nouvel amant, son patron, quant à son père, célèbre animateur à la télévision, il ne peut la recevoir tout le temps. Alors elle passe son temps à chiner dans les brocantes, les marchés aux puces notamment celui de Vanves et souvent elle découvre son bonheur. Ce ne sont que des bricoles mais cela lui fait plaisir.

C’est ainsi qu’elle tombe un jour devant un objet insolite qui ne devrait, en théorie, ne pas se trouver au milieu d’un ramassis de bricoles usagées. Un album photos, pareil à celui que possédait sa grand-mère, ouvert sur un cliché représentant une tombe sur laquelle figure l’inscription Gaylard. Elle ramène l’album chez elle et découvre sur la face intérieure de la couverture, un nom et une adresse. Germaine Turpin, avenue de Villiers. La rue où elle a vécu et où réside encore son père.

Elle décide de rendre l’album à sa propriétaire et pour cela elle se renseigne auprès de la concierge de l’immeuble. Hélas la propriétaire est décédée, ne restent que quelques héritiers. La bignole lui fournit, après avoir été amadouée par la jeune Sybille, l’adresse du fils de Germaine, antiquaire dans le XVIème arrondissement. L’antiquaire ne se montre pas si heureux que ça de recevoir l’album, qu’il garde néanmoins. Puis c’est le petit-fils, Pierre, qui contacte Sybille.

Mais elle aimerait bien percer le mystère de la tombe Gaylard, qui selon les renseignements qui lui sont fournis serait la sépulture d’un ami de la famille. Mais l’enquête ne s’arrête pas là, car elle a gardé par devers elle un cliché qui est doublé d’un fort carton. La réapparition de cet album n’a pas l’heur de plaire à certains descendants de la famille Turpin, tout du moins cela sème quelque peu la zizanie et Sybille est au cœur du conflit.

 

Dans cette histoire bon chic bon genre, enfin serait-on tenté d’écrire, les protagonistes ne se livrent pas à une débauche de grossièretés, de vulgarité. Il faut dire que les lieux décrits ne sont pas propices à ce genre de débordements.

Le personnage de Sybille est touchant. Elle est esseulée, ne possédant que peu d’amis, tout au plus Charles son confident, ce qui lui suffit amplement, même si parfois elle aspire à autre chose. Lucide, elle avoue être d’un naturel réservé et d’une intelligence moyenne. Alors aller fouiner dans les affaires des autres ce n’est pas vraiment son style. Ce qui l’amène à rechercher la propriétaire de l’album photos, c’est que justement celui-ci ressemble à un objet semblable ayant appartenu à sa grand-mère, elle aussi décédée depuis peu. Et c’est en souvenir de son aïeule qu’elle va entamer ses démarches. Dans le but de faire une bonne action sans en tirer le moindre parti. Elle le fait gratuitement, mais cela lui permettra de découvrir en certains personnages, l’âme noire qui se cache sous des apparences trompeuses.

Marie-Claire BOUCAULT : Le mystère de la tombe Gaylard. Collection Syros Noir. Editions Syros. Parution le 25 novembre 2010. 82 pages. Existe en version numérique 5,99€. A partir de 12 ans.

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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 10:57

Une incursion à la Foire du Trône et ses baraques de saltimbanques…

Fortuné du BOISGOBEY : Le Pouce crochu.

Dans le boulevard Voltaire, sis dans le XIe arrondissement parisien, non loin de la place du Trône, se dresse une maison, entourée d’un jardinet. Cette demeure ne paie pas de mine de l’extérieur, mais l’intérieur est confortable, douillet.

Vivent dans cette maisonnette, le père Monistrol, mécanicien et chercheur dont la femme est décédée lors l’accouchement, et sa fille de vingt ans, Camille, qui travaille à une tapisserie. Il vient de mettre au point un condensateur qui devrait équiper des machines à vapeur. Un associé vient de lui remettre vingt-mille francs, une somme qui devrait lui permettre de débuter la fabrication. Cette somme il l’a gardée par devers lui, mais il affirme que dès le lendemain il la déposera à la banque.

Seulement, il n’en aura pas la possibilité. Camille aperçoit une main derrière les rideaux, avec un pouce griffu d’une longueur démesurée, puis comme un éclair d’argent, et un homme surgit, étrangle Monistrol et le bouscule, s’empare des billets et s’enfuit. Le père Monistrol reste à terre après s’être cogné la tête à un angle.

N’écoutant que son courage, et non la voix de la raison, Camille s’élance sur les traces de l’inconnu, jusqu’à la place du Trône qui est en pleine effervescence. En effet c’est l’époque de la fameuse Foire du Trône et l’individu se glisse dans l’une des baraques foraines.

Elle choque quelque peu les badauds, habillée en négligé, certains pensent même qu’il s’agit d’une fille, d’une coureuse, mais elle n’en a cure. Elle s’intéresse au spectacle qui se déroule sur les planches, car démunie elle a pu entrer grâce à un jeune homme qui lui a payé sa place. Elle pense reconnaitre en Zig-Zag le clown son voleur, mais il est masqué et ses bras sont enfermés dans une sorte de sac qui lui couvre le corps.

Elle fait le foin, importune les spectateurs, et se retrouve à la porte de la baraque où les saltimbanques continuent leurs exhibitions. Son bienfaiteur financier qui est accompagné d’un ami, se présente. Il se nomme Julien Gémozac et n’est autre que le fils de l’associé du père de Camille. Heureuse coïncidence. Camille narre ses déboires et Julien lui propose de la raccompagner chez elle, tandis qu’Alfred de Fresnay préfère se rendre à son cercle où ils ont l’habitude de rencontrer des horizontales et jouer à quelques parties de cartes, enjeu sur table.

Le père Monistrol est décédé et ils font appel à des policiers qui soupçonnent la jeune fille. Celle-ci tombe en syncope et ne se réveillera que quelques jours plus tard. Zig-Zag est passé devant la justice et a été libéré, faute de preuves. Camille décide donc de se venger elle-même et déclare qu’elle épousera l’homme qui l’aidera. Julien se met sur les rangs, mais il ne l’aide pas beaucoup. Comme elle se retrouve sans ressources Gémozac père lui offre une belle somme d’argent, un acompte sur l’argent qu’elle doit percevoir en guise d’héritage, l’invention de son père s’avérant plus que rentable.

Camille se rend donc à la Foire aux pains d’épices, seulement il ne reste plus devant la baraque des saltimbanques que le pitre, du nom de Courapied, qui est accablé et son fils Georget, âgé d’une douzaine d’années. Le patron a fait faillite et a préféré partir sous d’autres cieux. Amanda, qui n’est autre que la marâtre de Georget, les a plantés là, s’enfuyant en compagnie de Zig-Zag. Vigoureux, le chien de Zig-Zag arrive en courant, et commence à fouiner dans une cache, ressortant avec une cassette dans la gueule. Courapied et son fils parviennent à l’attraper et lui mettent autour du cou une laisse. L’animal tire sur son collier improvisé et repart, entraînant derrière lui l’homme et l’enfant suivis de Camille, jusque dans les terrains vagues de la Plaine Saint-Denis. Ils aperçoivent une maison délabrée où vit Amanda et ils veulent pénétrer dans la bicoque. Malheureusement Courapied et son fils tombent dans la cave et Camille pense qu’ils sont décédés lors de leur chute. Deux malfrats s’en prennent à elle, tentant de la détrousser, et elle est sauvée par un hobereau de province, Georges de Menestreau, qui va la ramener chez elle, puis l’aider dans ses recherches.

Pendant ce temps, Julien et son ami Alfred font la connaissance dans un café-concert d’une jeune femme rousse, la comtesse de Lugos, d’origine hongroise, communiquant par signes avec un homme qui pourrait être Zig-Zag. Alfred rencontre également une femme aux mœurs légères et tireuse de cartes, entre autres. Alfred va même jusqu’à installer la prétendue comtesse dans ses meubles, dans une petite maison qu’il a reçu en héritage. Julien essaie de renouer avec Camille, dont il est tombé amoureux, mais la jeune fille le dédaigne, monsieur de Menestreau lui semblant plus fiable dans ses démarches et dans sa volonté de l’aider.

 

Fortuné du Boisgobey fait paraître ce roman en 1885, et il évoque quelques-uns de ses confrères romanciers, incidemment lors des conversations entre protagonistes. De Gaboriau et ses romans criminels ou d’Adolphe d’Ennery et de ses romans mettant en scène des orphelines. Mais le style de Fortuné du Boisgobey est plus vivant, plus actuel que celui de ses confrères, même si Gaboriau est plus souvent réédité que lui et par ce fait plus connu.

Ce roman est intéressant à plus d’un titre, même s’il existe des coïncidences heureuses, des hasards inexpliqués, car il permet de retrouver un mode de vie parisien lors de la fin du XIXe siècle, avec ses cabarets, ses bourgeois et hobereaux dépensant leur argent dans des cercles de jeux, et ses femmes de petite vertu, entretenues mais libres.

C’est le plaisir de découvrir comment Paris et sa proche banlieue ont bien changé depuis des décennies, remplaçant les bidonvilles qui proliféraient par des immeubles. Il est à noter, que ces bidonvilles s’appelaient alors des cités et de nos jours ce mot a été remplacé par jungle. Vivaient là toute une faune hétéroclite, marlous et gens honnêtes. Principalement les biffins ou chiffonniers et pauvres hères. Et les maisons, ou plutôt les baraques et bicoques, étaient construites à l’aide de boîtes de sardines emplies de terre et jointes par du plâtre.

S’élevaient aussi les fortifications ou Enceinte de Thiers, les Fortifs chers à quelques romanciers dont Auguste Le Breton, et qui ont disparu peu à peu remplacées par le Périphérique. Sans oublier les postes de l’Octroi, la douane qui vérifiait surtout les entrées de voyageurs et de marchandises. Mais s’agit bien d’une photographie instantanée de Paris et ses environs, et non pas une reconstitution aléatoire par un romancier moderne. De même la narration est fluide, et les dialogues ne sont pas ampoulés, relevant d’un langage argotique populaire de l’époque, sans pour autant que ce soit vulgaire. Certaines scènes sont décrites avec réalisme sans violence inutile.

Bref, un roman policier, même si les représentants des force de l’ordre ne sont que des personnages évanescents sans réelle consistance, agréable à lire, élégant, plus contemporain que l’on pourrait penser, qui n’a pas vieilli, mais dans lequel on retrouve quelques thèmes qui à l’époque étaient abondamment développés, mais qui ne tombe pas forcément dans le misérabilisme, entre Victor Hugo et ses Misérables et Eugène Sue et ses Mystères de Paris.

 

Fortuné du BOISGOBEY : Le Pouce crochu. Avant-propos de Franq Dilo. Collection Noire sœur, Perle noire. Parution 20 juillet 2017. 230 pages. 3,99€.

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 08:56

Sous la houlette du Chien de Montargis.

Armelle GUEGANT et Daniel DAIX : Crime à la Société d’Emulation.

Arriver à son travail un lundi matin, vaillante et reposée, et découvrir un cadavre, voila de quoi fiche en l’air un début de semaine qui semblait tout ce qu’il y a de plus ordinaire.

Un épisode de la vie montargoise que lit Guy dans le journal local tout en dégustant son café matinal dans le petit bar où il se rend quotidiennement. Selon le canard, la femme de ménage de la bibliothèque Durzy, autrement dit la bibliothèque de Montargis, a découvert le corps inanimé de William Husley, professeur d’anglais au Lycée en forêt et membre de la Société d’Emulation de Montargis.

Cet érudit, qui était venu des Etats-Unis et s’était intégré dans la petit communauté, aurait heurté de la tête un coin d’armoire métallique, décédant de ses blessures. Mais la porte du bureau où son corps a été retrouvé était fermée à clé, et la clé posée sur une table. De plus ses mains portaient des traces de morsures ainsi que des traces d’encre.

Un mystère de meurtre en chambre close, voilà qui n’est pas pour déplaire à Guy ce qui va le changer de ses habitudes de vieux garçon. Il arrondit ses fins de mois en bricolant par-ci par-là, remplaçant par exemple l’antiquaire lorsque celui-ci par en vacances, mais ce n’est qu’un pis-aller. Or donc, il lit l’article et en discute avec Dédé le Tatoué, un petit malfrat qui pourtant est ami avec Marco, un policier.

Puis il se rend à la bibliothèque, où il possède ses habitudes, malgré la foule qui se presse dans les locaux, des badauds attirés par ce fait-divers. Virginie, la préposée aux prêts d’ouvrages, en est toute chamboulée. Elle ne se fait pas prier pour narrer la soirée du samedi, alors que sa patronne, la directrice de la bibliothèque, mademoiselle Lenoir, avait rendez-vous avec le sieur Husley à un concert de musique baroque donné en l’église de la Madeleine. Elle l’avait vue inquiète de la non-présence de l’érudit.

Dans un nouvel article de la Nouvelle République, la journaliste est plus prolixe concernant Husley, ses antécédents, et surtout les dernières heures avant son arrivée à la bibliothèque pour effectuer de nouvelles recherches. Il se serait rendu dans l’après-midi à Cortrat, objet d’une possible communication à la SEM. Guy fréquente également un bouquiniste qui apporte quelques renseignements sur cette société ainsi que sur le site de Cortrat.

Une piste possible que va remonter Guy. Alors il se rend sur place et admire le porche d’une vieille église, proche sur lequel sont gravés des sortes de hiéroglyphes, découvre un souterrain, puis près du cimetière Lète, il aperçoit un grand chien noir, perdu sans collier, qu’il va adopter et affubler du nom de Clovis.

Guy rencontre le président de la Société d’Emulation de Montargis, une société savante crée en 1853 et publiant une revue d’études historiques, scientifiques et littéraires, comme il en existe beaucoup en France. Mais le docteur Garnier, psychiatre, était en froid avec Husley, comme l’apprend Guy de la bouche même de l’intéressé. Husley, vice-président, voulait devenir président à la place du président. Guy va rencontrer d’autres personnages évoluant au sein de cette société, qui devaient assister eux-aussi au concert, dont un baron dont il ne lui reste que la particule en guise de fortune, et quelques personnages hauts en couleurs, par exemple Régis Mougin, employé municipal à la retraite et ufologue, persuadé que des extraterrestres, des petits gris, vivent parmi nous.

Guy randonne dans la région à bord de son vélo Solex, vestige qu’il entretient amoureusement, et lorsque son engin ne peut l’emmener dans des endroits qui exigent un peu plus d’ardeur motorisée, c’est Huguette, sa bonne amie Huguette, la gironde Huguette, qui va conduire notre « héros » par vaux et par monts. Huguette est très gentille, bourrue mais gentille, et elle lui offre souvent le couvert, à défaut du gîte. Mais elle le réprimande à l’occasion, il n’existe pas d’entente parfaite.

 

Armelle GUEGANT et Daniel DAIX : Crime à la Société d’Emulation.

Ce roman est placé sous le signe du chien. Le chien de Montargis, célèbre figure locale, honoré de nos jours par ses crottes, dites crottes du Chien, un praliné noisette dans une coque de nougatine entourée de chocolat noir ou encore Clovis, véritable estomac sur pattes.

Ce roman aborde également plusieurs thématiques de la littérature policière sans vraiment les exploiter à fond. Ainsi le meurtre en chambre close, le fantastique avec les petits gris chers à Régis Mougin, des extraterrestres selon son idée fixe, alors que tout réside dans une intrigue dont l’épilogue est relativement simple et cartésienne.

Mais les auteurs se sont amusés dans cette intrigue à suspense érudite, dont l’approche tourne autour de Cortrat et de sa chapelle, à tourner autour du pot, et laisser Guy mijoter durant quelques semaines avant qu’il découvre la solution à cette énigme, une solution en cascade.

Armelle GUEGANT et Daniel DAIX : Crime à la Société d’Emulation. Collection Polars du Gâtinais N°1. Editions de l’Ecluse. Parution 1er novembre 2009.

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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 07:14

Comme celui de tomber du lit ?

Marie-Bernadette DUPUY : Nuits à haut risque.

Ce volume contient trois historiettes, courts romans ou longues nouvelles selon les appréciations, de 140 pages environ chaque. Il s’agit de L’enfant mystère des terres confolentaises, de Maud sur les chemins de l’étrange et de Nuits à haut risque qui donne son titre à ce volume.

 

L’enfant mystère des terres confolentaises :

Brigueuil, 2 juin 1998.

C’est bientôt l’heure pour Irwan Vernier, inspecteur divisionnaire au commissariat d’Angoulême, de Maud Delage, inspectrice principale et accessoirement amante du susdit Irwan, et de Xavier Boisseau, inspecteur principal aussi et ami des deux précités, de boucler la journée. Il est vingt-deux heures et un repas et une bonne nuit de sommeil ne seraient pas de refus. Sauf qu’un accident de la route vient de se produire et qu’ils doivent immédiatement se rendre sur place. Normalement le SAMU devrait suffire dans ce cas d’intervention banale, mais si l’homme est blessé, c’est d’une balle dans le ventre. Et le revolver gît sur le siège passager.

Il leur faut prévenir la femme de ce Flavien Rousselot, VRP de profession, seulement personne ne répond au bout du fil. Alors Irwan et Maud se rendent à Brigueuil, dans la région de Confolens, au nord du département de la Charente, tandis que Xavier est chargé de nourrir et éventuellement rassurer Albert, le chat persan blanc de Maud.

Or cette brave épouse répondant au doux prénom de Michèle, ne se résout à leur ouvrir la porte qu’après plusieurs appels et déclinaisons d’identité. Elle est choquée car elle pensait son mari à Limoges. Il donnera une explication, valable, plus tard, ne nous attardons pas, car Michèle, ma belle, est dans tous ses états. Depuis quelque temps, elle reçoit des appels téléphoniques mais personne ne lui parle, ainsi que des lettres anonymes dont le texte est composé de lettres découpées dans des journaux. Et elle a peur pour sa fille Raphaëlle, bientôt treize ans, qui dort chez une amie.

Une enquête qui va se régler assez rapidement mais pas sans dommages, mésaventures, ni sans révélations qui confinent au drame familial. Une belle opportunité pour Xavier de démontrer ses connaissances d’historien amateur éclairé, mais qui parfois se fait damer le pion par la jeune Raphaëlle. Le plaisir de la découverte de la région par la description de vieux quartiers, de maisons anciennes et de monuments, sans pour autant que cela relève d’une déclinaison sèche d’un guide touristique, et un thème social et familial comme support de l’intrigue. L’intrigue est gentiment développée, sans pathos, mais assez révélatrice de drames et tensions dont parfois les médias se font l’écho et qui sont plus dramatiques dans la réalité que dans les romans.

 

Maud sur les chemins de l’étrange :

Bonnes 6 novembre 1998.

Comme son titre l’indique ce texte est ancré dans le paranormal. Alors que Maud et Irwan se prélassent au lit, il faut bien décompresser un peu de temps en temps, les assassins eux ne prennent pas de repos. En attendant qu’Irwan prépare le petit-déjeuner, Maud lit le journal. C’est ainsi qu’elle apprend qu’un homme a été retrouvé dans la Dronne, à Aubeterre, le corps lardé de coups de couteau. Elle regrette que cette affaire ne dépende pas de leur circonscription.

C’est à ce moment que le téléphone sonne, comme toujours au mauvais moment. Une certaine Jasmine Corvisier la contacte, ayant entendu parler de ses dons de médium, et elle souhaite la rencontrer chez elle au manoir de Bellevigne, à Bonne, non loin d’Aubeterre. Elle affirme être victime de phénomènes paranormaux.

Maud refuse tout d’abord, car elle doit partir en Bretagne en compagnie de son amant et supérieur. Mais voilà, l’attrait d’une nouvelle enquête, qui plus est requérant son don, est plus fort. Ce qui occasionne une brouille avec Irwan qui refuse tout net de reporter leurs vacances en famille.

Si tu m’aimais vraiment, tu viendrais, tu m’accompagnerais là-bas, ose-t-elle lui répliquer, un chantage qui met en fureur Irwan.

Maud décide toutefois de se rendre chez Jasmine, en compagnie de Xavier qui est toujours prêt à lui rendre service. Lors de la conversation qui s’ensuit avec Jasmine, Maud apprend non seulement que cette belle femme est importunée par des bruits à l’étage, des coups sur les murs comme si quelqu’un frappait avec une masse, son chien est lui aussi perturbé, grognant,qu’elle se réveille avec dans la tête des images horribles, et surtout un homme lui apparait, et pourtant ce n’est qu’une ombre, une vision. Arrive sur les entrefaites, Amélie, une amie chère, c’est ainsi que Xavier va tomber amoureux de cette jeune personne au corps sculptural. Mais Maud distingue elle aussi, et elle est la seule, cet homme évoqué par Jasmine.

Une enquête à la rencontre d’un fantôme, plaisante à lire pour le lecteur, mais déplaisante à vivre pour Maud et Irwan. Mais ils s’en remettront, heureusement sinon il n’y aurait pas une troisième intrigue en commun développée ci-dessous.

 

Nuits à haut risque.

Angoulême 22 mai 1999.

Une série de meurtres secoue la bonne ville d’Angoulême, qui n’en demandait pas tant pour se réveiller de sa torpeur pré-estivale.

A une heure d’écart deux corps sont découverts, morts par strangulation. Une infirmière et un docteur, qui tous deux exerçaient leur art dans la clinique des Ajassons située dans la commune de La Couronne, célèbre pour sa papeterie et sa cimenterie. Bientôt la découverte par la femme de ménage du docteur Dhuillier, des cadavres de ses patrons et de leurs enfants, sans oublier le chien, est enregistrée au commissariat. Tous ont été étranglés, sauf le chien qui lui a été égorgé. Dhuillier travaillait également à la clinique des Ajassons, mais faut-il parler d’épidémie ? Xavier remarque qu’ils vont manquer de personnel à force.

Alors Maud, Xavier et Irwan décident de se rendre à l’établissement qui perd ses employés comme si un raz-de-marée mortifère venait de se produire, et rencontrent la docteur Eléonore Bonnel, psychiatre, mais elle ne peut leur apporter aucun élément de début de réponse à cette hécatombe. Une protection rapprochée lui est proposée, mais pour Irwan, cette enquête ne devrait pas trop poser de problèmes. Pour le commissaire non plus, puisqu’il les enjoint de résoudre cette affaire pour le lundi.

Or le couple Dhullier avait reçu à dîner toutes ces personnes, plus un artiste mais celui-ci reste introuvable. Il ne figure nulle part. Dans aucun registre. Probablement un nom d’emprunt. Mais autre chose se profile à l’horizon, et qui n’est pas du goût de Maud. Son Irwan semble plus qu’intéressé par la belle Eléonore, amoureux même. Et il n’apprécie pas la jalousie qui étreint Maud. Maud qui la nuit fait des cauchemars, avec une araignée comme protagoniste.

Parmi les personnages qui évoluent dans cette enquête, on remarquera la présence d’une femme romancière qui signe ses ouvrages M.B.D.

 

Des histoires simples, charmantes, prenantes, parfois un peu naïves, et qui s’intéressent tout autant à une énigme dont le thème n’est jamais le même, qu’à une région, l’Angoumois, géographiquement et historiquement, ainsi à la personnalité des protagonistes et les aléas subis principalement pas Maud et Irwan, et surtout leurs rapports parfois tendus.

Xavier est un historien amateur qui connait fort bien la région, les vieilles maisons et les monuments intéressants mais il trouve en Raphaëlle, la gamine de L’enfant mystère des terres confolentaises, un interlocuteur qui lui arrive non seulement à la cheville, mais lui apprend quelques anecdotes.

Quant à Maud et Irwan, leurs relations sont parfois sur la corde raide. Ils vivent séparément, même si l’inspecteur principal se rend souvent à Gond-Pontouvre chez Maud. Maud dont on apprend dans la première de ces historiettes qu’elle est enceinte.

Et l’évolution de leurs rapports se montre plus souvent intéressante que les intrigues policières en elles-mêmes.

Autre édition : JCL Editions (Chicoutimi – Québec - Canada). Décembre 2013.

Autre édition : JCL Editions (Chicoutimi – Québec - Canada). Décembre 2013.

Marie-Bernadette DUPUY : Nuits à haut risque. Les enquêtes de Maud Delage. Editions de l’Archipel. Parution le 7 juin 2017.  Pages. 19,50€.

Autre édition : JCL Editions (Chicoutimi – Québec - Canada). Décembre 2013.

Première édition : L’enfant mystère des terres confolentaise. Editions Le soleil de minuit 1998. 10,00€.

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 06:57

Le seul arbre sur lequel poussent les citrouilles…

 

Ils sont venus, ils sont tous là, ils vont fêter Halloween, et ils sont tout excités !

Tom Skelton, qui pour être digne de son nom se transforme en Squelette. Skelton, Skeleton… pas difficile à trouver, mais fallait quand même qu’il le confectionne son costume. Sont également présents, prêts pour la course aux friandises, la Sorcière, l’Homme-singe, la Gargouille, le Mendiant, la Mort, la Momie… Horreur, malheur, il manque Pipkin !

Les gamins se dirigent immédiatement vers la maison de leur ami, qui se présente enfin à eux, aussi délabré physiquement que les maisons qu’il aime dénicher pour jouer avec ses copains. C’est un bon garçon Pipkin, toujours le plus en retard à l’école et le premier à fuir lorsque la cloche sonne. Mais sa préférence va à l’école buissonnière   

Pipkin, s’il est bien chez lui, n’a pas l’air en forme. Il n’est même pas déguisé, il ne porte pas de masque. Il se tient le flanc, il n’en n’a pas parlé à ses parents, afin que ceux-ci ne s’inquiètent pas, il mais promet à Tom et consorts de les rejoindre. A plus tard Pipkin, et les gamins commencent leur tournée de récoltes de friandises !

Puis ils se dirigent vers un ravin, profond, descendent puis remontent de l’autre côté, là où une baraque immense se dresse avec moult fenêtres, cheminées, et un battant ressemblant à Marley, le compagnon de Scrooge dans Un conte de Noël de Dickens. Un vieil homme leur ouvre et les reçoit comme des chiens dans un jeu de quilles, lorsqu’ils prononcent la phrase rituelle : Un don ou t’es dindon ! Alors, en désespoir de cause, ils se promènent dans le jardin, dans lequel se dresse un arbre couvert de citrouilles. Un millier peut-être de cucurbitacées, des sculptures grimaçantes avec des bougies à l’intérieur.

Près de l’arbre, ils observent en frissonnant des phénomènes étranges, une main blanche et squelettique qui émerge d’un tas de feuilles qui craquètent, un crâne qui plane et se fait éplucher par la main volante, un homme en noir qui surgit des feuilles et qui déclame : Pas de sucreries, les petits, mais des fourberies ! Pas de gourmandises mais des traîtrises ! Et Pipkin ? Il est là-bas, se tenant toujours le flanc, essayant de grimper le sentier du ravin, mais glissant vers le fond, inexorablement.

Alors, sous l’impulsion de Carapace Clavicule Montsuaire, l’homme en noir, ils construisent un énorme cerf-volant auquel ils s’accrochent les uns derrière les autres, formant une traîne dans le ciel. Débute un étrange voyage dans le temps et dans l’espace. Ils se retrouvent d’abord quatre mille ans en arrière, au temps des pyramides. Une cérémonie se déroule célébrant l’anniversaire de la mort du soleil, et ils retrouvent en momie Pipkin. Puis arrivée chez les hommes des cavernes autour d’un feu, puis dans l’Angleterre des druides, dans l’Europe médiévale, ou sous le ciel de Paris parmi les gargouilles, jusqu’au Mexique…

 

Conte philosophique, onirique, fantastique, poétique, L’Arbre d’Halloween nous emmène dans un voyage à la découverte d’Halloween, de ses mystères, de son origine.

Aujourd’hui Halloween est fêté par tous les petits Français, mais lors de la traduction en France de ce roman, cette fête païenne n’était pas aussi implantée, et encore moins lors de sa parution aux Etats-Unis en 1972. Cette célébration des morts est issue, selon la légende, d’une culte se déroulant au début de l’automne par les Celtes, mais elle s’est implantée surtout dans les pays anglo-saxons, importée aux Etats-Unis par des Irlandais chassés par la famine dans le milieu des années 1850.

Ce conte semble destiné plus particulièrement aux enfants, puisque ce sont eux qui sont directement concernés dans cette chasse aux bonbons, des bonbons ou un sort étant la phrase rituelle lorsqu’ils se présentent aux portes des futurs donateurs, mais que peut lire tout adulte désirant s’imprégner de cette atmosphère si particulière.

 

 

Première édition : Le Seuil. Octobre 1994. 160 pages.

A lire sur le même thème :

Ray BRADBURY : L’arbre d’Halloween. (The Halloween tree – 1972. Traduction d’Alain Dorémieux). Collection Folio SF N°525. Editions Folio/Gallimard. Parution octobre 2015. 176 pages. 6,60€.

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29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 07:40

Sous le signe du scorpion…

Serge QUADRUPPANI : Loups solitaires.

Dans un restaurant situé en face de la gare piémontaise de Bardonecchia, dernière station avant la frontière avec la France, un sexagénaire grisonnant tapote sur un micro ordinateur portable, tout en sirotant un cappuccino. Entre alors un homme grand, svelte, portant sac à dos de luxe, Pierre Dhiboun de son nom qui l’a repéré derrière la vitrine de l’établissement. Alors que Dhiboun s’apprête à passer commande, son téléphone vibre. Sa correspondante, Nathalie Dubien, qui détient le grade de général dans une section de la DGSI ou organisme similaire, lui confie qu’elle sait où il se trouve, qu’elle veut qu’il se rende à Paris afin de discuter ensemble, et que Claire, l’amie de cœur de Dhiboun sera présente. Un coup dur pour Dhiboun qui pensait passer à travers les mailles du filet.

Alors il se présente au sexagénaire, Andrea Gandolfo, écrivain de son état, et lui demande de pouvoir consulter sa messagerie électronique, n’ayant pu le faire auparavant, invoquant des problèmes techniques. Gandolfo accepte et en profite pour se rendre aux toilettes, se grillant une petite cigarette par la même occasion. Lorsqu’il revient dans la salle, Dhiboun s’est évaporé, avec les bagages de l’écrivain. Début de panique, il le retrouvera sur le quai de la gare. Mais Pierre Dhiboun ne se rend pas à la convocation de Nathalie Dubien, qui apparemment lui en veut, du bien, et il s’évanouit dans la nature.

A peu près au même moment, Christian Meynandier est transporté par hélicoptère sur les lieux d’un accident de la route à la sortie de Limoges. Un gamin salement blessé qui ne peut survivre malgré l’intervention chirurgicale. Meynandier est effondré. Non pas par l’échec qu’il vient de connaître, mais parce qu’il apprend par téléphone qu’Amandine n’est pas rentrée. Ce qui le met en colère. Faut le comprendre car Amandine est une poule de luxe, une poule de Marans. Aussi décide-t-il de faire un pause dans son travail et d’aller se reposer dans son domaine. Gédéon, son ami qui s’occupe de ses volailles, n’a pas que de bonnes nouvelles à lui annoncer. Toutefois, il fait la connaissance d’une jeune femme rousse qui vient d’enterrer un proche ami, et entre eux deux s’établit une sorte de complicité amoureuse.

Dans le Maghreb, des djihadistes se concertent, se demandant quelle est la position de Dhiboun, alias Lakhdar al Firensi dans l’organisation de Daech. Notamment, un Touareg borgne qui avait fait sa connaissance à Tombouctou six mois auparavant. Ce Dhiboun ou Lakhdar al Firansi lui avait avoué travailler pour les forces spéciales françaises et qu’il était chargé de les infiltrer. Mais il portait sur lui une lettre d’un iman affirmant qu’il s’était converti à l’Islam.

Pendant que tout ce petit monde s’active plus ou moins à la recherche de Dhiboun, un loup quitte le plateau de la Margeride car sa compagne a fait l’objet d’un prélèvement en conformité avec un arrêté préfectoral. Devenu solitaire, il part à l’aventure, et arrive dans le Limousin, sur le plateau de Millevaches.

C’est ainsi que l’on suit les parcours des loups, l’animal et les humains. Mais d’autres bestioles se promènent à deux pattes, des scorpions tatoués sur le cou de nombreux protagonistes. Signe de ralliement, signe de reconnaissance auprès d’organisations secrètes, amusements et paris entre bidasses pour se changer les idées lors de leurs déplacements en Syrie ?

 

Loups solitaires est un roman intrigant, déconcertant, touffu, complexe, jouant sur le sérieux et la dérision, recelant quelques petites pointes d’humour souvent en forme de double-sens. Mais souvent avec Serge Quadruppani, derrière l’humour acerbe ou potache, se cachent quelques vérités tout autant sous la forme politique que dans la vie quotidienne.

Il existe une forme de jubilation dans la narration avec un petit côté anarchiste, la révolte ne se plaçant pas là où le lecteur peut l’attendre. Un peu de désabusement se glisse également entre ces lignes.

Connaissez-vous Andrea Gandolfo, le romancier qui parcourt cet ouvrage ? Il s’agit ni plus ni moins de Serge Quadruppani puisqu’il a signé en 1993 Le Plagiat édité sous ce pseudonyme aux éditions Métailié.

 

Serge QUADRUPPANI : Loups solitaires. Collection Noir. Editions Métailié. Parution le 5 octobre 2017. 238 pages. 18,00€.

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 13:12

Vingt ans, le bel âge paraît-il. Et pas question

d’arrêter en cours de route.

Revue Rocambole N°80 : La vérité sur le « Rocambole ».

Ce numéro 80, qui salue les vingt ans d’existence de la revue Le Rocambole, est l’opportunité rêvée de la part des rédacteurs pour faire le point sur le travail accompli et sur ce qu’il reste à défricher.

C’est-à-dire tout ou presque, car la littérature populaire est si riche, depuis sa naissance que l’on ne peut dater exactement, tant les auteurs et leurs ouvrages peuvent aussi bien être considérés du domaine populaire que du classique, que l’on sait que l’on n’en verra jamais le bout, et c’est un peu cette somme de travail qui motive les troupes rédactionnelles.

Combien de découvertes et de redécouvertes au cours de ces quatre-vingts numéros, de territoires explorés, de mises au point, d’hommages, d’envies et de passion.

Daniel Compère dans son Tour du Rocambole en 80 numéros en précise la naissance, détaille les différentes approches effectuées tout au long de ces vingt années d’existence, que ce soit dans les dossiers consacrés à un auteur, une tendance, une analyse approfondie des médias, les journaux du XIXe et début XXe siècle, les éditeurs aujourd’hui disparus qui ont contribués à mette en valeur des romanciers devenus célèbres, les thèmes romanesques ou théâtraux, le contexte dans lesquels ces romans ont été rédigés, les illustrateurs qui souvent ont joué un rôle très important pour ne pas dire primordial dans le succès de certains ouvrages, ou que ce soit dans ce que l’on pourrait appeler les annexes : les Révélations du Rocambole qui ont permis de peaufiner quelques pseudonymes, d’en dévoiler d’autres, d’en confirmer ou infirmer certains. La Malle aux docs, Le Front populaire qui est un recensement des différents événements, parutions externes, de rééditions parfois confidentielles, les Varias, la Revue des autographes, et surtout, pour moi, la présentation d’auteurs méconnus et la publication de quelques-unes de leurs nouvelles publiées dans des journaux d’époque et qui n’ont jamais été rééditées ou publiées en recueils.

Et dans cette livraison, Jean-Luc Buard nous entretient d’André Birabeau qui signa également Beauby, et nous propose trois courtes nouvelles qui relèvent bien du genre populaire, avec des fins à chute. Le tout en une narration vivante, dénuée de vulgarité ou de violence, toute en finesse, et humoristiques, voire sarcastique et ironique. La première, La Profession imprévue, met en scène un pauvre hère, un mendiant parisien, qui cherche à se suicider en se jetant d’un pont tout en essayant d’attirer l’attention d’un passant. Cette historiette m’a fait penser à Boudu sauvé des eaux, pièce de théâtre à l’origine de René Fauchois avant d’être adaptée en 1932 par Jean Renoir pour le cinéma. A la différence près que la pièce de théâtre n’a été écrite qu’en 1919 tandis que la nouvelle d’André Birabeau fut publiée en 1916. Suivent De l’assassinat considéré comme une entreprise commerciale et Souvenir.

C’est par hasard que Jean-Luc Buard a découvert cet auteur et ces textes, comme bien souvent, en épluchant les journaux, Le Rire, le Journal, Le Matin, Fantasio, et bien d’autres, pour des recherches qu’il effectuait concernant Marie Aycard et Maurice Level. Mais la découverte d’un texte, d’un auteur, fournissent au chercheur passionné des pistes nouvelles, et c’est ce travail de dépouillement que Jean-Luc Buard nous narre, via des microfilms, des publications de la BnF et de Gallica et d’autres supports. Un travail de longue haleine, qui dure depuis près de trente ans et qu’il nous livre avec rigueur. Un article intitulé La littérature invisible et les aupopos, ce qui décrypté signifie que très souvent, les auteurs, et leurs textes, qui fournissaient des contes et nouvelles, voire des romans pour les journaux, n’ont pas l’heur d’être publiés en livres, ce qui fait qu’ils restent invisibles pour la plupart des lecteurs sauf lorsque d’heureuses initiatives, comme celle du Rocambole mais également d’autres éditeurs tel La Clé d’Argent, les exhument des limbes dans lesquels ils sont restés confinés durant des décennies. Quant aux Aupopos, il s’agit tout simplement des Auteurs Populaires Potentiels, un clin d’œil à l’Oulipo et son petit frère l’Oulipopo.

Je pourrais signaler également l’article d’Alfu et Francine Delauney, les publications romanesques dans la presse samarienne, c’est-à-dire du département de la Somme. Vingt trois journaux ont été consultés, ce qui prouve la vitalité de la presse de province d’avant-guerre mais qui ont connu des fortunes diverses, un millier d’auteurs encore célèbres ou totalement méconnus de nos jours. Et il est intéressant de remarquer, d’après le tableau qui figure dans l’article que tous ces romanciers ou nouvellistes ne furent pas logés à la même enseigne. Un constat édifiant. Par exemple, en tête de liste Jules Mary figure pour 54 titres dans 10 journaux, suivi de Max du Veuzit pour 34 titres dans 7 journaux, mais que Jules Verne, pourtant marié avec une Amiénoise et s’installant dans ce département en 1872, n’aura que 12 titres publiés dans 2 journaux.

Un article riche d’enseignement à divers… titres.

Bien d’autres articles complètent cette revue mais il faut garder une part de mystère, comme les bons vieux romans-feuilletons.

J’aimerai juste signaler une dernière petite chose. 18,00 € pour 176 pages, d’accord, mais la police de caractère est très petite, un peu comme ça : Après vingt années de publication de Rocambole… Ce qui pour une police de caractère plus conséquente doit avoisiner au moins les 250 pages. Une estimation à vérifier.

A signaler également que l’adhésion simple est de 49,00€ pour 4 numéros par an, dont un numéro double, ce qui fait 3 revues en réalité mais le numéro double, comme son nom l’indique comporte le double de pages, donc pas d’arnaque.

Et vous pouvez adhérer, ce qui est fortement conseillé, en vous rendant sur le lien ci-dessous :

 

Quelques chroniques sur le Rocambole afin de vous démontrer la diversité des thèmes abordés et traités :

Revue Rocambole N°80 : La vérité sur le « Rocambole ». Ouvrage dirigé par Alfu & Daniel Compère. Un volume broché, 14 × 20 cm. Parution octobre 2017. 176 pages. 18.00 €.

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 08:18

C'est la femme aux bijoux,

Celle qui rend fou

C'est une enjôleuse

Tous ceux qui l'ont aimé

Ont souffert, ont pleuré…

Alain BLONDELON : Le collier des Corrilimbes.

Atteint par la limite d’âge, l’ex-sergent Jalnius a dû quitter les FIG, Forces d’Interventions Galactiques, et depuis il s’ennuie. Et comme sa pension n’est pas mirobolante, au trentième siècle rien n’a changé dans ce domaine, il végète. Aussi, lorsque son pote Loukian, qui est parti un peu avant lui avec le grade de caporal, lui demande de le rejoindre sur Gormania, il n’hésite nullement, malgré un long voyage de deux semaines dans une navette dont l’équipement laisse à désirer.

A bord du Dexo VI, un antique vaisseau de transport civil, Jalnius profite de son temps libre pour approfondir ses connaissances sur Gormania, et les légendes qui entourent cette planète et plus particulièrement celle de la prêtresse Alba et de La légende des Corrilimbes. Une malédiction s’attache à celle qui régna en despote sur les Corrilimbes durant deux décennies et un collier, composé de perles toriques, serait un vecteur de désastre.

Délaissant son ouvrage, Jalnius étudie ses compagnons de voyage, notamment Spike et Ghislain, deux explos qui pensent qu’en éclusant et en se saoulant copieusement, le temps passera plus vite. Et surtout il s’intéresse à Sherrilyne, une ancienne danseuse reconvertie en directrice d’un spectacle érotique. Elle va diriger un cabaret à Siphré, la ville principale de Gormania. L’aura de Sherrilyne, et ses longues jambes ainsi que sa sveltesse, ne laissent pas Jalnius indifférent, et comme sans aucun doute, Jalnius possède un charme indéfinissable, tous deux se retrouvent dans le même lit, à la conquête d’un septième ciel qui leur permet de rejoindre leur destination dans un passe-temps agréable.

Enfin ils atterrissent sur Gormania et Jalnius est accueilli par Loukian. L’ex-caporal a opté pour la recherche et l’extraction de Billium, et il a un projet qu’il détaille à son ami. Il a acheté pour une poignée de Crédits une concession sur une île. Mais apparemment il est moins bien renseigné que Jalnius car ce morceau de terre n’est autre que les Corrilimbes.

Les vols en basse altitude étant interdits à cause de la pollution, il ne leur reste plus qu’à rallier ce rocher qui tombe à pic dans la mer à bord d’un navire. Loukian connait un armateur qui pourrait mettre à leur disposition un bateau avec son équipage, mais cela ne va pas sans contrepartie. Il leur faut ramener des pierres précieuses qui ne se trouvent que sur l’île afin de reconstituer le fameux collier.

Jalnius, Loukian, les deux ivrognes, un Gormanien et Sherryline embarquent donc, destination Corrilimbes et ses pierres. Jalnius a étudié le Tismal, un livre d’archéologie très ancien, unique exemplaire prêté par l’armateur, et il se pose des questions. D’autant que leur départ a été retardé pour des problèmes entre Loukian et la justice. Bref, ce voyage débute sous de mauvais auspices, car ce retard va être préjudiciable météorologiquement.

Et entendu, les voyageurs vont subir la brume, la tempête ainsi que les assauts des brocchias, d’énormes sangsues qui escaladent les flancs du navire et étouffent les marins qui se défendent comme ils peuvent. Jalnius et ses compagnons, aidés par Sherryline qui n’a pas ses mains dans ses poches, parviennent à s’en dépêtrer, non sans mal. Puis il va falloir aborder la côte abrupte, les plages du débarquement ne sont pas prévues au programme, en chaloupe. Et lorsque Jalnius, assommé, sort de son évanouissement couché sur un rocher, c’est pour se rendre compte que les dégâts sont nombreux. Sherryline en a réchappé, Loukian est tourneboulé des neurones, et d’autres mésaventures les attendent au coin du bois.

Ils vont devoir affronter des reptiles volants, des insectes monstrueux, des plantes carnivores qui lancent des dards, faire connaissance avec les Corrilimbiens, des hommes-lézards, sans compter les blessures et autres avanies corporelles et psychiques.

 

Si au départ on pense se trouver dans un roman d’anticipation, l’histoire se déroule quand même au trentième siècle et plus, bientôt on est plongé dans un véritable roman d’aventures, mâtiné d’amour, ça c’est pour le côté tendresse, avec monstres à l’appui, éléments déchaînés, sans oublier le côté quelque peu sauvage des indigènes. A oui, c’est vrai, on ne dit plus indigène, on dit autochtone. C’est pareil, mais en plus politiquement correct.

En lisant ce roman, j’ai eu l’impression de ressentir les affres de ces aventuriers, comme si je participais moi-même à une forme de Koh-Lanta, grandeur nature dans une nature, justement, hostile.

J’ai pensé à tous ces petits maîtres et ces grands romanciers du roman d’aventures, René-Marcel de Nizerolles, Maurice Limat, Max-André Dazergues, sous leur nom ou sous pseudonymes, avec un soupçon de Jean Ray, une pincée de Jules Verne, une bonne dose de Rider Haggard, une larme de Rosny Aîné, bref tous ces écrivains qui concoctaient des histoires peut-être invraisemblables mais qui font passer le temps agréablement, surtout lorsqu’on est tranquillement installé dans son fauteuil.

Et cela nous change du roman noir qui est à la littérature populaire ce que le glyphosate est à l’agriculture. Un peu, ça va, beaucoup, bonjour les dégâts. Il faut savoir varier les plaisirs sans s’avarier les neurones. Enfin, je parle pour moi, évidemment.

 

Alain BLONDELON : Le collier des Corrilimbes. Collection Blanche N°2140. Editions Rivière Blanche. Parution avril 2016. 196 pages. 20,00€.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 10:55

Une couverture plus sage que celle de Michel Gourdon lors de la précédente édition dans la collection Spécial Police du Fleuve Noir.

André LAY : Les enlisés.

La première d’un film est toujours un événement et les soirées qui suivent, autour d’un pot alcoolisé, permettent aux participants d’échanger leurs impressions, souvent dithyrambiques, se traduisant par des compliments qui servent et resservent à satiété à chaque sortie. Les petites phrases assassines sont réservées pour le lendemain dans les journaux, écrites par de prétendus spécialistes qui n’ont pas la même optique que les spectateurs.

Le dernier film en date de Pierre Chauset ne déroge pas à l’habitude et Claude Combel, le scénariste-dialoguiste, Maud, sa femme, et les deux principales vedettes, Marina Grey et Alain Priss, sont présentes également. Mais la fin du film étonne quelques personnes, et Maud parait soucieuse. Il est vrai que le scénario avait été écrit en quelques jours, d’après un paquet de lettres traînant dans les tiroirs de Claude Combel, une vieille histoire d’amour d’avant sa liaison avec Maud.

En rentrant chez eux, Maud et Claude, chacun de leur côté, ruminent. Surtout Maud apparemment qui se met à pleurer. D’après Claude, Maud pense qu’il la trompe, mais il n’a aucun reproche à se faire. Une interprétation erronée du scénario dont elle se serait fait des idées malvenues. Mais non, ce n’est pas ça, et Claude devine que ce qu’elle pourrait lui reprocher, pourrait tout aussi bien s’appliquer à elle. La soirée se termine dans les draps qui s’en souviennent encore.

Et Claude commence à se poser des questions. Si c’était Maud qui le cocufiait ? Il est vrai que si elle a débuté dans les milieux du cinéma, comme technicienne, et c’est ainsi qu’ils se sont connus, depuis elle ne travaille plus. Et elle passe ses temps libres à pratiquer du sport et principalement du tennis. Notamment avec Richard, un de ses amis, du temps de l’adolescence, qui a quatre ans plus que Maud. Tandis que lui, Claude, en a dix de plus que ce riche propriétaire de magasins de sports. Bref, ce Richard a tout pour lui, et surtout tout pour plaire à Maud.

Que faire dans ce cas ? Vérifier si les soupçons de Claude se confirment. En effet, au lieu d’embaucher un détective privé, il épie sa femme et se rend compte qu’après la partie de tennis, Maud semble s’adonner à une partie de jambes en l’air dans l’appartement de Richard. Mais au lieu de se débarrasser de ce concurrent en employant la solution radicale, il préfère reconquérir Maud en la couvrant de ses petits soins, en la couvrant d’attentions, comme le font les amoureux transis. Car il est toujours amoureux de Maud.

La solution pour que Maud lui soit reconnaissante, il la doit à Marina Grey lors d’une nouvelle séance de présentation du film. Des aménagements ont été réalisés en effet, coupures de certaines scènes, dialogues plus incisifs, ce qui d’ailleurs n’est pas forcément au goût des acteurs.

Au cours de cette soirée, il s’aperçoit que Marina, la vedette féminine, a maigri et comme il lui en fait la remarque, elle lui avoue innocemment qu’elle est allée voir un toubib qui lui a conseillé quelques médicaments susceptibles de diminuer l’appétit et de fondre les graisses.

C’est ainsi que Claude Combel met en pratique sa petite vengeance en mélangeant dans les boissons et les repas de Maud des produits pharmaceutiques, en cachette évidemment de Maud et de Mathilde, la vieille servante qui est au service de Maud depuis des années. Mais cela ne va pas sans préjudices sur la santé de Maud.

Une inquiétude partagée par le médecin de famille qui aimerait comprendre d’où proviennent cet alanguissement de sa patiente, ses vomissements et son amaigrissement.

 

Sur un thème cher à Jean-Pierre Ferrière, le monde du cinéma, Les enlisés nous propose un drame intime qui se déroule dans un coin de banlieue que connait bien l’auteur, puisqu’il y a habité. La région de La Varenne-Saint-Hilaire, Chennevières-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés, Champigny-sur-Marne. Localités où il exerçait son métier de boucher sur les marchés de ces différentes communes.

Roman intimiste, renforcé par la narration à la première personne, le Je obligeant à ne percevoir qu’une seule posture, Les enlisés oscille entre suspense et angoisse, avec une grosse dose de psychologie. Les Enlisés est plus un roman d’amour qu’un roman policier, malgré la présence justement des représentants des forces de l’ordre, car évidemment cette relation tourne mal.

C’est tout en finesse qu’André Lay nous narre cette histoire dont le final est logique et en même temps dénote une certaine rouerie de la part de l’auteur.

Première édition Collection Spécial Police N°1041. Editions Fleuve Noir. Parution 2e trimestre 1973

Première édition Collection Spécial Police N°1041. Editions Fleuve Noir. Parution 2e trimestre 1973

Et comme trois avis valent mieux qu’un, je vous propose de lire ceux de Pierre dans Black Novel1 et de Claude sur Action-Suspense.

André LAY : Les enlisés. Editions French Pulp. Parution septembre 2017. 224 pages. 9,50€.

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 08:04

Attention, un écrivain peut en cacher un autre, ou comment, grâce au double de Cicéron Angledroit, vous passerez de O,O à o!o…

Isidore LELONZ : Casting.

Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec Casting :

Les petites annonces dans les journaux gratuits ne manquent pas de piquant, parfois. Ainsi Jérôme lit qu’une production cinématographique internationale recherche un comédien ayant une ressemblance physique avec Willy Ruiz, l’idole des femmes du moment. Pour Sonia, sa petite amie qui d’ailleurs lui a montré le journal, il ne fait aucun doute que cet emploi lui est réservé. D’ailleurs ne l’a-t-on pas surnommé Willy tellement il est son sosie ?

Malgré quelques arguties, notamment qu’il n’est pas cascadeur, et avec les encouragements de Sonia, Jérôme se présente donc dès potron-minet à l’endroit désigné, Ris-Orangis en la circonstance. Il est accueilli dans un pavillon de banlieue par un homme qui lui demande de remplir un formulaire et l’emmène dans une salle d’attente où sont déjà agglomérés un bon nombre de prétendants.

Au suivant, comme chantait Jacques Brel, une litanie répétée moult fois et injonctive jusqu’à ce que ce soit lui le suivant.

Le portier semble être l’homme à tout faire puisque c’est lui qui indique à Jérôme qu’il pourrait convenir et il commence à lui déblatérer son laïus.

La vedette n’a pas voulu se déplacer des Etats-Unis pour l’unique scène qui se déroule en région parisienne, de plus cette séquence, il ne tenait pas trop à la tourner. Et comme la vedette féminine pressentie a, elle aussi, refusé de participer à ce petit bout de film, ce sont donc deux figurants sosies qui vont s’y coller.

Dernière petite précision, la vedette féminine, Angéla Layderon, est plus proche de Pauline Carton (ce n’est pas moi qui le précise) que d’une starlette en herbe ou d’une star en l’air bête, avec un petit côté Emmanuelle. Et la scène est quand même, le portier recruteur l’avoue, assez spéciale, pour ne pas dire torride.

Veuillez m’excuser mais pour la suite, je vous conseille de lire vous-même ce morceau d’anthologie ou Dante au logis, c’est comme vous voulez. Et n’oubliez pas : Souriez, vous êtes filmé

 

Cette nouvelle est suivie par Génuflexion, qui comme son titre l’indique est un problème de genoux mais ne signifie pas Jeune et flexion, quoique. Une brave dame qui n’est encore octogénaire mais presque a rendez-vous chez son toubib. C’est un remplaçant mais elle s’en arrange. Pour ce qu’elle a, un problème d’articulation des rotules, elle a surtout besoin de conseils.

Ce que ne manque pas de lui prodiguer ce descendant d’Esculape, lui conseillant de faire du sport. Or Marie-Paule, c’est le petit nom de la patiente, qui l’est, marche quotidiennement au moins huit kilomètres. Il va lui falloir trouver une autre occupation, ou alors changer ses habitudes. Tout est dans la fin, un petit joyau d’humour.

 

Bon, d’accord, je l’avoue volontiers, la première de ces deux nouvelles n’est pas à mettre entre toutes les mains, ou alors prévoyez un essuie-tout papier, mais si cela peut sembler scabreux, c’est si joliment et humoristiquement décrit que l’on ne peut que s’esbaudir. Et s’il fallait une moralité, ce serait : Faut bien que vieillesse se passe… Et bien oui, pourquoi toujours les jeunes ?

Pour commander cette bluette doublée, n’hésitez pas à glisser le pointeur de votre souris sur le lien ci-dessous.

Isidore LELONZ : Casting. Suivi de Génuflexion. 2 Nouvelles. Collection Culissime. Editions Ska. Parution octobre 2017. 23 pages. 2,99€. Version numérique.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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