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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 04:08

Faty, moins offensant que Le Gros ?

Frédéric FAJARDIE : Gentil, Faty !

La première fois que j’ai lu un roman de Fajardie, c’était en 1987. Pourquoi avais-je évité cet auteur, jusqu’alors ? Parce que les critiques négatives concernant l’auteur et sa production, et les quelques pages lues au détour d’un étalage chez les libraires ne m’avaient guère incité à mieux me pencher sur sa production.

Le déclic s’est effectué à la découverte d’Une charrette pleine d’étoiles paru chez Payot. L’occasion m’étant donnée de découvrir cette réédition d’un roman paru en 1981 dans la défunte collection Fayard Noir, j’ai abordé ce roman sans préjugé, sans parti pris, sans opinion préconçue, en ayant fait abstraction de tout ce que j’avais pu entendre ou lire auparavant concernant la production littéraire de Fajardie.

Et je dois avouer que Gentil, Faty ! m’a fait découvrir un univers fajardien glauque, triste, plein de détresse, et en même temps porteur d’espoir. Les personnages sont des marginaux malgré une certaine banalité environnante et enveloppante comme une gangue.

Prenons l’exemple du commissaire Stievet et de ses adjoints Kasbarian et Teissère. Stievet est intérieurement rongé par le Mal, pourtant l’enquête qui lui est confiée, qu’il dirige, il veut la mener au bout, malgré le peu de temps qui lui reste à vivre. Kasbarian, un inspecteur d’origine arménienne, et Teissère, inspecteur lui aussi qui ne manque pas d’asticoter son collègue pour des raisons personnelle mais obscures. Et Amar, l’Algérien, la cinquantaine triste et désabusée, témoin, désire garder l’incognito. Enfin, Faty, le monstre, le tueur, dont la vie a basculé le jour où il a perdu sa mère.

En phrases courtes, concises, rapides, Fajardie entraîne son lecteur sans lui donner le temps de respirer, de reprendre son souffle, et plus que l’histoire de Faty, le tueur de jeunes femmes, ce sont les à-côtés, les personnages qui comptent à ses yeux.

Une histoire, oui, mais peut-être aussi une façon de dire son amour de l’humanité, de l’homme en général, surtout celui du déstabilisé, du marginal, du déséquilibré, de l’immigré. Toute une aura de tendresse baigne ce roman dans une subtilité qui dénote une profonde pudeur. Comme un halo de sensibilité nimbant une morbidité agressive.

Les couvertures de Jean-Claude Claeys sont à l’origine de la renommée et l’engouement pour cette collection dont les titres sont recherchés justement pour leurs illustrations.

Première édition Fayard Noir en 1981.

Première édition Fayard Noir en 1981.

Frédéric FAJARDIE : Gentil, Faty ! Collection Le Miroir Obscur N°150. Edition Néo. Couverture de Jean-Claude Claeys. Parution août 1988. 192 pages.

ISBN : 9782730405072

Première édition Fayard Noir en 1981.

Réédition Babel Noir N°21. Editions Actes Sud. Juin 2008.

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 03:49

L’inoubliable compositeur et interprète d’Ascenseur pour l’échafaud.

Alain GERBER : Miles.

Après Chet, Lady Day, Louie, Charlie, Paul Desmond, ouvrages tous réédités au Livre de Poche, Alain Gerber nous offre sa vision personnelle d’un autre monstre du jazz : Miles Davis.

Et pour cela il a endossé les personnalités de Max Roach, le batteur qui a joué avec Miles et Charlie Parker alias Bird, quelques autres comparses dont, étonnant quoi que, Jimi Hendricks, et Miles lui-même, changeant à chaque fois de style d’écriture afin de mieux se mettre dans la peau du rôle.

Les relations de Miles avec son père, chirurgien dentiste, sa mère Cleota Henry, ses compagnons de route, la musique, la drogue, sont décrites avec verve, tendresse, virulence, sérieux, rage parfois.

Ainsi le témoignage de Max Roach qui décrit l’état de Miles de retour de Paris et dont la liaison avec Juliette Gréco lui trottine toujours dans la tête. Les virées jusqu’à East Saint-Louis en compagnie de Charlie Mingus dit Le Baron, son père étant allé le repêcher en cours de route suite à un appel au secours, la fausse décontraction de ce père envers un fils qui n’arrive pas à se détacher de la drogue. Un père qui paie les dettes sans sourciller, écœuré par les frasques de son fils, mais qu’il tente à chaque fois de remettre sur la bonne voie.

Le témoignage de Miles vis-à-vis de sa mère, qui ayant quitté le foyer familial pour de fumeuses raisons financières et autres, restera toujours un symbole. Et ce malgré les tannées qu’elle lui infligeait enfant, et lorsqu’elle en avait marre de taper sur son fils passait le fouet au père qui trouvait des subterfuges afin de faire croire qu’il corrigeait le jeune Miles.

Cette femme m’aurait tué sur place, que ça ne m’aurait pas dissuadé de l’admirer. Et il continue sur ce registre « Disons que je suis spécial, de ce côté-là. Je suis ainsi fait que je ne peux pas admirer quelqu’un sans l’aimer (sauf Bird, je l’admets, mais c’est l’exception qui confirme la règle). A l’inverse, j’ai beaucoup de mal à aimer si je n’admire pas. Même s’il s’agit de mes propres enfants ».

Effectivement, les rapports entre Bird et Miles n’étaient que purement musicaux, et encore, Dizzy Gillespie servant de tampon. Une rencontre musicale qui le propulse alors qu’auparavant il s’était produit aux côtés d’Eddy Randle et les Blues Devils.

Il s’engagera, sur les conseils de Clark Terry, dans un orchestre de la Nouvelle-Orléans, les Six Brown Cats d’Adam Lambert. Il les suit jusqu’à Chicago, mais ce n’est pas son truc.

Je ne supportais déjà plus ces vieilleries. Pour moi, dès qu’une musique n’est pas du lendemain, c’est qu’elle est de la veille. Et si elle est de la veille, elle est déjà morte. Ce n’est plus qu’un fossile.

Miles Davis, c’est ce caractère progressiste, avec l’envie, le besoin, de toujours aller de l’avant, d’innover, de rechercher, d’explorer, d’inventer. C’est ainsi que par épisodes Alain Gerber nous entraîne sur les traces de ce musicien qui défraya la chronique tant par sa musique que par son comportement, fidèle à lui-même, orgueilleux, technicien, « poussant l’histoire du jazz dans le dos ».

Des témoignages poignants, révélateurs, qui semblent réels, véridiques. Mais Alain Gerber, même s’il extrapole, a construit ce roman avec des matériaux nobles, solides, fiables. Et à la lecture, il me semble encore entendre Alain Gerber narrer à la radio cette pseudo-biographie de Miles Davis. C’était fin 2006 me semble-t-il.

Alain GERBER : Miles. Le Livre de Poche N°31596. Parution novembre 2009. 480 pages.

ISBN : 9782253124856

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 03:52

Crème anglaise… et américaine !

HITCHCOCK présente : Histoires de la crème du crime.

Comme c’est l’habitude dans cette collection, il n’existe aucune présentation des auteurs et des textes. Il faut faire appel à l’Archiviste qui a dénombré cinq nouvelles déjà publiées dans Hitchcock Magazine, les autres étant inédites. Quant aux auteurs, certains sont de célèbres inconnus et une petite notice les concernant eut été la bienvenue. D’autant que le nom William Jeffrey est attribué à Bill Pronzini par certains spécialistes, mais la nouvelle qui figure dans ce recueil est recensée dans la bibliographie du créateur du détective sans nom (le Nameless) en collaboration avec Jeffrey Wallman.

 

Mais détaillons un peu ce recueil.

A la fenêtre de Kim Antieau est ce que l’on peut définir comme une histoire en boucle. En voyage au Mexique avec son mari et le frère de celui-ci, une jeune femme aperçoit un soir dans la rue une autre femme trainée par deux policiers prêts à se servir de leurs armes. Cet incident la perturbe fortement, déjà influencée par son beau-frère qui ressent continuellement de la peur. Rentrée chez elle, elle ne peut s’empêcher de penser à ce qu’elle a vu et décide de retourner dans le village mexicain.

 

Le grand saut de Gary Brandner est comme une parodie mettant un jeune détective privé de vingt-deux ans qui a obtenu sa licence par correspondance. Comme il ne peut payer son loyer, sa logeuse est décidée à le flanquer dehors, à moins qu’il accepte une petite enquête. Il se prend tout aussi bien pour Bogart que pour Mike Hammer de Mickey Spillane.

Le mariage, cita-t-il, c’est comme le piment. Une fois qu’on y est habitué, on ne trouve plus ça aussi piquant.

Mensonges d’un jour d’été de Nora H. Caplan, met en scène une gamine dont les parents viennent de s’installer dans une vieille maison plus que centenaire dans un petit village à quelques cinquante kilomètres de Washington. La fillette s’ennuie jusqu’au jour où elle se trouve une amie de son âge. Mais à chaque fois que la mère veut voir cette nouvelle compagne, celle-ci vient de partir. Une histoire qui frise le fantastique.

Fortune de mer de James Holding, un habitué de Mystère Magazine et Hitchcock Magazine, est plus une nouvelle maritime qu’une nouvelle policière proprement dite. Vetuka, vieux pêcheur, appartenant au Clan des Requins, installé dans une des îles Salomon et ayant participé au conflit mondial lors de la bataille de Guadalcanal, reçoit la visite de son neveu Likuva et d’un ami de celui-ci, un Japonais du nom de Michiko. Ils désirent se rendre sur le lieu d’échouage d’un navire japonais, coulé lors du conflit, et contenant 50 000 yens or. Ils demandent donc à Vetuka de les emmener sur place avec une arrière-pensée en tête.

Mauvaise mine de William Jeffrey a pour personnage principal Flagg, qui prétend appartenir à l’administration du fisc américain, département des fraudes. C’est ce qu’il déclare à la jeune serveuse du bar L’oasis de Barney qui l’a surpris en pleine nuit farfouillant dans le bar. Il s’est rendu compte que le whisky qui lui avait été servi quelques heures plus tôt était un alcool de contrebande. Il vérifie donc les bouteilles au bar et dans la réserve et sa conviction est faite. Il ne lui suffit plus qu’à remonter à la source. L’épilogue nous réserve une surprise enivrante.

 

Permettez-moi de présenter les autres histoires très rapidement afin de ne pas déflorer tout le contenu du recueil et de vous occasionner une indigestion. Précisons donc que Charles Peterson, dans Idolâtries met en scène un loubard rangé des voitures et qui est sollicité pour effectuer un nouveau petit travail illégal. Dans Hold-up de Talmage Powell, une vieille femme se présente au trésorier et chef-comptable d’un hôpital et sous la menace l’oblige à lui remettre l’argent confiné dans le coffre. La fin morale ne surprendra personne, lorsque l’on connait les difficultés que subissent les Américains pour payer les établissements de santé. Une histoire toujours d’actualité.

Ça sent mauvais de John F. Suter nous propose une virée dans la campagne. Un individu à la mauvaise réputation est découvert assassiné dans un terrain boisé près d’une rivière. Seuls les deux propriétaires des lieux sembleraient être les coupables, tandis qu’une odeur nauséabonde poursuit le shérif, voire le précède. Ce n’est qu’une mouffette qui secrète un liquide malodorant dans son sillage.

Dans Comme un porc de Brice Walton, nous pataugeons dans la mangrove et les bayous à la suite d’un adolescent de dix-huit ans, qui vient de se marier avec une gamine de seize ans. Le lendemain de son mariage il a été arrêté pour voies de fait à cause d’un accès de jalousie, soupçonnant sa femme de le tromper. Il a bu, un acte inhabituel chez lui. Mais il n’est pas le véritable responsable moral, étant trop dépendant psychiquement de son père.

Enfin, dans L’âge ne fait rien à l’affaire, de Stephen Wasilik, nous suivons deux retraités se lançant dans une enquête concernant la petite-fille d’une amie d’une résidente qui est accusée de meurtre envers son compagnon trop volage. Ils vont démontrer, avec humour, au policier chargé de l’enquête qu’il a trop rapidement résolue, qu’il faut voir parfois plus loin que le bout de son nez et ne pas se fier aux apparences.

Décidément, Morley, tu n’arriveras jamais à te mettre dans la tête qu’il n’y a plus de vieux dans ce pays, mais seulement des électeurs du troisième âge que les hommes politiques doivent choyer et traiter avec le plus grand respect, car ils seront la majorité de demain.

 

Sommaire :

ANTIEAU Kim : A la fenêtre (At a window facing west – 1990. Traduction Christiane Aubert).

BRANDNER Gary : Le grand saut (The wet goodbye – 1979. Traduction Jean-Paul Gratias). Publié dans Hitchcock Magazine Nouvelle série N°3.

CAPLAN Nora H. : Mensonges d'un jour d'été (Summer evil – 1960. Traduction Bruno Martin). Publié dans Hitchcock Magazine N°87.

HOLDING James : Fortune de mer (Shima Maru – 1980. Traduction Philippe Kellerson).

JEFFREY William : Mauvaise mine (Day of the moon – 1970. Traduction Arlette Rosenblum). Publié dans Hitchcock Magazine N°114.

MCKIMMEY James : Epaves (A delicate balance – 1969. Traduction Pierre Billon).

MULLINS Terry :         Peuple de paix (People of peace – 1990. Traduction Jean Esch)

NATSUKI Shizuko : Châtiment divin (Divine punishment – 1991. Traduction Philippe Kellerson).

NEVINS Junior Francis M. : La leçon de choses (A picture in the mind – 1977. Traduction D. Wattwiller).

PETERSON Charles : Idolâtries (Works for Idol hands – 1982. Traduction Philippe Barbier).

POWELL Talmage : Hold-up (The hold-up. 1979. Traduction Maurice-Bernard Endrèbe). Publié dans Hitchcock Magazine Nouvelle série N°6.

SUTER John F. : Ça sent mauvais (Haunted my memory – 1990. Traduction L. de Pierrefeu).

WALTON Brice : Comme un porc (Just like a hog – 1958. Traduction Jean-Bernard Piat). Réédition de Travail de boucher publié dans Hitchcock Magazine N°41.

WASYLYK Stephen : L'âge ne fait rien à l'affaire (The liberating of Olivette Goudy – 1979. Traduction Louis de Pierrefeu).

HITCHCOCK présente : Histoires de la crème du crime. Le Livre de Poche N°4299. Parution février 1992. 320 pages.

ISBN : 9782253059318

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 03:53

Limat ? C'est le Pérou...

Maurice LIMAT : L’étoile de Satan.

En cette année 2931, les membres de l’astronef Scorpion se déplacent aux confins de l’univers, vers la constellation d’Hercule. Ils sont à la recherche d’un vaisseau fantôme qui se signale par un œil rouge. Or aucun des vaisseaux s’étant aventurés près de cet Œil Rouge n’est jamais revenu sur Terre, perdus corps et biens, ou alors des navigateurs ont recueillis, en plein espace, des naufragés flottant dans leurs scaphandres protecteurs. Ces naufragés de l’espace étaient vivants mais fous.

A bord du Scorpion, outre les membres d’équipage, des scientifiques sont présents. Ils savent qu’ils encourent des nombreux dangers, mais la curiosité et l’espoir de percer le secret de l’Œil Rouge les animent. Deux couples, des scientifiques, des pionniers, composés de la brune Wanda, minéralogiste, Ulric son coéquipier océanographe, la blonde Norma et son compagnon Didier, tous deux botanistes-zoologistes.

Un fanal rouge étincelle dans l’immensité galactique et aussitôt tout le monde se retrouve dans la cabine du commandant. Il leur faut se mettre en contact avec cet astronef inconnu, et cette tâche est confiée au lieutenant Bruno Coqdor qui possède un pouvoir hors du commun. Il est capable de se mettre en relation mentalement avec d’autres êtres, humains ou non, et il est considéré par tous comme un voyant.

Coqdor communique donc par télépathie avec les occupants de ce vaisseau au fanal rouge. La réponse qui émane de ses correspondants le laisse sans voix. Presque puisqu’il peut restituer leur message : ils veulent périr de leur main. Ils rendent un culte à la Mort, la vie leur fait horreur. Ce vaisseau navigue depuis des siècles avec toujours le même équipage à bord. Et de l’Œil Rouge émane cette pensée : Bienvenue à nos meurtriers. Etrange accueil qui incite le commandant et Coqdor à envisager une sortie afin de se rendre auprès de cet astronef.

Coqdor, accompagné des quatre savants et de deux hommes d’équipage, rejoignent le vaisseau fantôme où ils sont accueillis d’abord par un drôle d’animal tenant du chien et de l’écureuil, avec des ailes membraneuses qui lui permettent de sauter et de se soutenir en l’air, et une gueule de bouledogue. Il se nomme Râx, explique le chef des morts vivants, des sortes de zombies complètement décharnés, vieux de plusieurs siècles qui apparaissent alors. Râx veut s’élancer sur Coqdor mais il est rapidement mâté par le Chevalier de la Terre. Un échange de regards et une forme de communion s’établit entre l’homme et l’animal.

Les spectres, du moins ces vieillards issus de la planète Dzo, qui ressemblent à des spectres, sont devenus immortels grâce, ou à cause d’un savant fou qui s’était trompé dans ses préparations. Depuis, ils ne peuvent décéder que lors d’un accident. Mais le suicide, la tuerie collective, ou individuelle, leur sont interdits. Aussi ils demandent à Coqdor et à ses compagnons de les aider à mourir, ce que refuse naturellement le Chevalier. Alors ils sont pris en otages et débute une aventure qui s’avérera dramatique, tragique, pour certains mais dont Bruno Coqdor s’en sortira non sans mal, ce qui n’est pas le cas de tous ses compagnons.

 

L’étoile de Satan constitue la première aventure du Chevalier de la Terre, ainsi est-il défini dans ce roman qui met en scène l’un des héros récurrents de Maurice Limat dans la collection Anticipation.

Il s’agit d’un roman philosophique et psychologique dont les meurtres et le suicide sont ardemment prohibés aussi bien par ces centenaires, que par Coqdor et ses compagnons qui ne veulent pas tuer délibérément des créatures humaines. Un cas de conscience difficile à supporter et qui est proche de celui de l’euthanasie.

Seulement le prosélytisme est trop appuyé, trop de références religieuses sont énoncées, et cela retire un peu du crédit que l’on pourrait apporter à cette histoire qui se déroule en l’an 2931. Car toutes les extrapolations sont possibles en matière d’avancées technologiques et d’explorations des planètes, mais le sixième commandement du Décalogue, Tu ne tueras point, est bien ce qui constitue la trame principale de ce roman.

 

Réédition Les Maîtres Français de la S.F. N°6. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Réédition Les Maîtres Français de la S.F. N°6. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Maurice LIMAT : L’étoile de Satan. Collection Anticipation N°241. Edition Fleuve Noir. Parution 1er trimestre 1964. 186 pages.

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 04:05

Au rendez-vous des bons copains,

y'avait pas souvent d'lapins...

Georges Brassens : Les copains d'abord.

 

Jules ROMAINS : Les copains.

Attablés dans un café de la Butte, ils sont sept. Comme les sept jours de la semaine, les sept mercenaires, ou les sept nains. Ce sont les sept copains, Broudier, Bénin, Lesueur, Omer, Huchon, Martin et Lamendin, qui, un peu éméchés, s’en prennent d’abord au tavernier, désirant vérifier si ses pichets d’un litre contiennent bien un litre. Une vérification s’impose. D’ailleurs, en France tout s’impose.

C’est alors que Bénin, l’une des têtes pensantes, et penchantes, du groupe avec Broudier, déclare qu’il est monté au grenier et que sur une carte de France, apparaissent des yeux plaqués sur chaque département. Deux yeux lui ont parus insolents. Deux yeux auxquels sont accolés les noms d’Ambert et d’Issoire dans le Puy de Dôme. Il n’en faut pas plus pour exciter les esprits et bientôt les strophes, plus ou moins nourries et adéquates, bouts rimés et à-peu-près, fusent des sept convives éméchés. Une sanction envers ces deux sous-préfectures auvergnates est envisagée.

Et les deux compères que sont Bénin et Broudier décident de solliciter l’avis d’un somnambule qui déambule nuitamment sur l’arête d’un toit, après avoir consulté un annuaire, plantant une aiguille au hasard sur un nom. Munis de renseignements aléatoires (Et pourquoi aller à Thouars ?) ils organisent un déplacement vers Ambert, leurs comparses les rejoignant, effectuant eux aussi le voyage dans des conditions différentes. Le tout est de se retrouver sur place.

Une partie de la promenade de Bénin et Broudier s’effectue à vélo avec les rencontres et les avatars que cela implique. Enfin ils arrivent à Ambert et, après avoir visité la caserne, Broudier endossant l’identité d’un ministre, Bénin, se faisant passer pour un théologien, un envoyé du pape auprès du curé de la paroisse locale, harangue les fidèles. Il prend le contre-pied de l’Eglise en prônant l’acte de chair, en chaire, démontrant à l’assemblée médusée les bienfaits de la copulation et de la luxure. Un sermon qui ne laisse pas de glace les paroissiens médusés.

Puis à Issoire, ils organisent l’inauguration d’une statue de Vercingétorix. Une cérémonie qui étonne les badauds, et émoustille certaines femmes, puisque le Vercingétorix n’est autre qu’un des compères, juché nu sur un cheval.

 

Les Copains est un roman facétieux, humoristique, iconoclaste, rabelaisien, et possède une verve avinée dont Marcel Aymé et René Fallet furent les dignes continuateurs. Les dialogues sont savoureux et plus les chopines se vident, plus l’éloquence des convives est comparable à celle des tribuns. Pas de bafouilllement de leur part mais des tirades théâtrales, des conversations qui peuvent être décousues mais une logorrhée jamais défaillante.

Et les personnages sont campés avec une description désopilante, je vous laisse en juger avec l’extrait ci-dessous :

Une femme obèse parut. Son abdomen la précédait d’un bon pas. Sa poitrine venait ensuite, comparable à deux sacs de farine battant la croupe d’un cheval ; puis sa tête, renversée, bourrée d’une graisse blanche ; et, sur sa tête, deux yeux ronds et saillants que la marche ballotait du même mouvement que sa poitrine.

 

Le roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma, sortie en janvier 1965, sous le titre Les Copains, dans un film réalisé par Yves Robert, sur un scénario d'Yves Robert et François Boyer, avec notamment, pour interpréter les rôles des sept copains, Philippe Noiret (Bénin), Guy Bedos (Martin), Michael Lonsdale (Lamendin), Christian Marin (Omer), Pierre Mondy (Broudier), Jacques Balutin (Lesueur) et Claude Rich (Huchon). Le film a donné lieu à la création, par Georges Brassens, d'une de ses plus célèbres chansons, Les Copains d'abord, en ouverture de l'album éponyme, sorti en novembre 1964, deux mois avant le film (Source Wiki).

 

Jules ROMAINS : Les copains. Le Livre de Poche N°279. Parution 4e trimestre 1966. 192 pages.

Première édition 1913.

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 04:26

Cours plus vite Charlie et tu gagneras
Ne te retourne pas…

Alain GERBER : Charlie.

Alain Gerber se nourrit de jazz et son corps en est tellement imprégné que sous ses doigts la musique s’écoule comme d’une source intarissable et multiforme. Ses ouvrages réédités au Livre de Poche en sont la parfaite exemplarité.

Charlie Parker, the Bird. Dès la première phrase il nous en dit tout le bien qu’il pense, sans ambages, sans affectation, concernant celui qui fut considéré, et l’est aujourd’hui encore, comme l’un des tout saxophonistes alto majeurs de tous l’ère jazzistique : Dans le domaine du jazz, je ne place aucun créateur au-dessus de Charlie Parker. Pourtant comme il nous le narre si bien Charlie n’était à l’origine aucunement un génie précoce. Mais ceci n’est qu’une entame, juste de quoi faire saliver le lecteur et l’amateur de jazz.

Le début de l’ouvrage résonne comme une incantation, empreinte de la marque de fabrique poétique d’Alain Gerber, mettant en place le décor de Kansas City, Kay Cee pour les initiés, usant d’une image biblique avec Benjamin le prophète. Puis il laisse la parole à plusieurs interlocuteurs, comme se relayent les solistes d’un band, se réservant le rôle de scripteur d’arrangeur et chef d’orchestre.

Du 29 août 1920, naissance de Charlie Parker junior à Kansas City au 12 ars 1955, décès à New-York de celui qui entre temps est devenu le Bird, chez la baronne Pannonica de Koeningswarter, la mécène du jazz, toute la vie du musicien défile sous la plume sensible d’Alain Gerber ; ses débuts d’enfant « gâté – fils unique et surprotégé par sa mère, querelleur, tyrannique, plein de morgue – et comme un apprenti musicien aux dispositions plus que médiocres, aux progrès laborieux, aux débuts catastrophiques », les influences subies, car Kansas City était à l’époque le lieu de réunion, de rendez-vous des grands musiciens de jazz, comme Count Basie, qui se rencontraient et s’affrontaient par instruments interposés, jusqu’à sa mort à l’âge de trente quatre ans, le médecin légiste devant ce corps usé, abimé, épuisé lui en donnant entre cinquante et soixante.

La vie de Charlie Parker est consacrée au saxophone. Il débute à cet instrument à onze ans et intègre l’orchestre de l’école à quatorze. A dix-sept ans il joue dans des bands de Kansas, et pour parfaire sa technique il écoute sans relâche les disques qu’il parvient à acquérir, enregistrés par les maitres du saxophone de l’époque : Coleman Hawkins, Lester Young, Johnny Hodges, mais aussi d’autres artiste comme Duke Ellington ou Louis Armstrong. Puis il effectue une tournée à New-York. En 1942, date approximative, ce sont les débuts du Be-bop, style engendré avec des musiciens comme le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Thelonius Monk, le guitariste Charlie Christian, et les batteurs Max Roach ou Kenny Clarke, et créé dans le but que ceux qui tenaient le haut du pavé en matière de swing, Benny Goodman, Glenn Miller, Tommy Dorsey et autres représentants d’une « ancienne » génération, ne puissent pas jouer ce nouveau genre.

Mais la musique n’adoucit pas forcément les mœurs, l’alcool et la drogue s’immiscent souvent dans le quotidien de ces artistes en recherche de sensations. L’addiction aux drogues, morphine puis héroïne, plus l’abus d’alcool, n’entachent pas sa créativité. Seulement la recherche frénétique de ses doses prime souvent sur ses engagements et il arrive en retard ou n’assure pas concerts et sessions d’enregistrement.

En 1946 il séjournera six mois dans un hôpital psychiatrique. Si ses enregistrements réalisés avec entre autres Dizzy Gillespie et un jeune trompettiste qui deviendra célèbre, Miles Davis, sont aujourd’hui encore considérés comme des chefs d’œuvre, ce ne sont que la partie visible de l’iceberg Charlie Parker.

Alain Gerber s’intéresse aussi profondément à la partie immergée, mais avec compassion, avec sympathie, avec empathie même pourrait-on dire. Car Alain Gerber ne rédige pas une simple biographie, il retrace avec brio et enthousiasme la vie de ces musiciens dont l’existence fut torturée, mouvementée, accidentée, connaissant des hauts et bas, des heures de gloire mais éphémères, des heures de mélancolie et de cauchemar, leur dépendance aux produits illicites étant trop prégnante.

Aujourd’hui c’est Charlie Parker qu’il délivre du mal, tout comme il l’avait fait pour Chet Baker ou Lady Day. Pour Alain Gerber, le jazz est un roman et il en est le chantre.

Un livre indispensable pour mieux comprendre un musicien, une musique, une époque.

Alain GERBER : Charlie. Le livre de Poche n° 32012. Première édition Fayard. Parution Janvier 2011. 512 pages.

ISBN : 9782253123774

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 04:25

A l’ombre des gnomes en fleurs ?

Serge BRUSSOLO : L’ombre des gnomes.

Dans le cimetière de San Carmino, quelque part entre l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, près de l’océan, des singes n’en font qu’à leur tête. Des singes nus, sans poils, roses comme des petits cochons qu’ils sont, déterrant les cadavres et les mangeant. L’endroit est négligé, laissé à l’abandon.

Pourtant une vieille dame, Maria Estravieja, qui parfois nourrit l’un des gamins du bidonville, sent une force en elle l’inciter à se rendre au cimetière visiter la tombe de son mari afin de vérifier les dire. Tout semble normal. C’est alors qu’elle est victime d’une sorte d’hallucination. La chaleur intense peut-être. Les singes s’amusent avec des cadavres, mordant des index. Lorsqu’elle sort de son étourdissement, tout est normal ou presque. Pourtant sur sa jambe la trace bleuâtre d’une morsure apparaît. Une blessure qui attire l’attention du père Papanatas, le curé du village.

Journaliste scientifique new-yorkais, Mathias Gregory Mikofsky est reçu par le lieutenant de police Manuel Corco. Lequel est troublé par les événements qui se propagent dans la cité divisée en deux, d’un côté les riches retraités vivant dans des constructions neuves, de l’autre le bidonville où sont parqués les miséreux, d’anciens ouvriers la plupart du temps. Et au milieu, dans une sorte de no man’s land, le territoire des frères Zotès, des ferrailleurs débiles qui entretiennent une garde composés de gamins sélectionnés pour garder l’endroit. Corco se plaint de ce que la ville devient folle.

Et les habitants deviennent véritablement fous. Comme une sorte d’épidémie qui se propagerait mais dont l’origine est inconnue. Au départ. Car bientôt Corco et le journaliste se rendent compte que cette épidémie se transmet par morsure. Ceux qui en sont atteints mordent leurs congénères, attirés par la viande fraîche. Et ils se dévorent eux-mêmes, s’automutilant avec délectation.

L’origine résiderait, selon le père Papanatas, d’une invasion d’extra-terrestres datant de quinze mille ans auparavant et dont les vestiges sont encore visibles au Pérou. Du moins c’est ce qu’il déclare à Mikofsky. Et le village de San Carmino aurait été édifié sur un territoire tabou, les singes roses atteints d’alopécie défendant leur terroir. Cet invasion se serait produite soixante ans auparavant, lorsqu’un religieux, un missionnaire accompagné de deux nonnes, se seraient installés dans ce petit village de pêcheurs, s’incrustant dans une ethnie Ayacamaras. Ce qui se produit alors serait une conséquence de cette intrusion.

 

Comme très souvent avec Serge Brussolo le très bon côtoie le n’importe quoi. Je ne parle pas des scènes scatologiques, mais de l’intrigue qui partant dans un sens, se disperse et propose une fin ouverte, comme si l’auteur en cours de route avait décidé de changer d’orientation et ne savait plus comment conclure.

Serge Brussolo ouvre une possibilité sur la compréhension des méfaits des colonisations et du prosélytisme envers des populations qui ne demandent rien à personne, mais que l’on veut asservir à des idées, des modes de vie, un mode de société dont ils n’ont rien à faire et qui se montrent délétères.

Mais pourtant ce roman, qui aurait très bien pu figurer dans la collection Gore, et qui fait suite au roman Les animaux funèbres, promettait et était même addictif. Mais l’épilogue laisse sur sa faim, et on s’en mordrait les doigts.

Serge BRUSSOLO : L’ombre des gnomes. Collection Anticipation N°1594. Editions Fleuve Noir. Parution décembre 1987. 192 pages.

ISBN : 2-265-03730-3

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 03:59

Bouche des goûts ?

Pascal DESSAINT : Bouche d'ombre.

Ce n'est pas vraiment par humanisme que Daniel sort du caniveau où il croupissait depuis quelques mois Simon. Le jeune homme l'apprendra à ces dépens, mais tout compte fait, sa nouvelle vie n'est pas pour lui déplaire.

La condition de chauffeur garde du corps n'est certes pas bien payée, mais le travail n'est guère fatiguant.

Et puis il y a Elvire, la sœur de Daniel, qui ne le laisse pas insensible. Elvire, elle, est à la merci de ce frère qui ne lui donne que le minimum vital pour acheter les provisions. Ce qui ne l'empêche pas de rogner pour se payer une bouteille de porto, trouvant dans l'euphorie dispensée par l'alcool, la force de continuer à vivre.

Daniel ne possède pas vraiment la fibre familiale et considère sa sœur un peu comme une Cendrillon dont il pourrait abuser à volonté. D'ailleurs il vérifie si elle prend bien la pilule, on ne sait jamais, certains débordements peuvent amener à une grossesse non désirée.

Julia, c'est l'extra, le jardin secret de Daniel, sa fleur sauvage. Elle ne connaît rien de lui mais couche avec lorsqu'il en ressent l'envie.

 

Perfidie, machiavélisme, duplicité sont les maîtres mots de ce roman qui aurait pu être un vaudeville si Pascal Dessaint sciemment ne l'avait profondément ancré dans le drame.

Noir c'est Noir, un univers que ce jeune auteur explore avec de plus en plus d'intensité, fouillant, creusant, extirpant de l'âme humaine toute la vilenie qu'elle recèle, la mettant en lumière, la portant à bout de bras. Chaque nouveau roman semble être une gageure que Pascal Dessaint s'impose et dont il sort avec brio.

Il s'affirme comme le prétendant sérieux du roman noir français, apportant sa touche, sa sensibilité, sa conviction dans l'écriture.

(Chronique rédigée le 28 octobre 1996)

Pascal DESSAINT : Bouche d'ombre. Collection Rivages Noir N°255. Editions Rivages. Parution septembre 1996. 252 pages.

ISBN : 9782743601218

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2 septembre 2020 3 02 /09 /septembre /2020 03:41

Trompette de la renommée…

Michel BOUJUT : Souffler n’est pas jouer.

Le jeu, c’est aussi une façon de communiquer avec son prochain, de lui faire partager des sentiments. Mais dans le cas que je vais vous évoquer, il ne s’agit plus du jeu tel que décrit ci dessus, mais de musique, dans un roman qui ne manque pas de souffle. Guest star, comme on dit au cinéma, Louis Armstrong. Année de référence, 1934. Lieu, la France, principalement Paris et sa région, mais également Le Havre et la frontière suisse. Le thème, l’argent, bien évidemment, ou plutôt la corruption.

Attention, ce mot n’est pas écrit, mais c’est tout comme. Louis Armstrong s’est séparé de son agent et celui-ci, affilié avec la Mafia, n’a pas apprécié ce congé venant de la part d’une vedette internationale, d’autant que son poulain n’est pas de race blanche. Alors il lance sur les notes du trompettiste un duo d’affreux jojos dont la mission est d’opérer un kidnapping, histoire de montrer au musicien qui commande. Commence une histoire qui va entraîner les deux ravisseurs dans une course poursuite qui deviendra une cavale.

La reconstitution d’une époque où le jazz prenait son envol, accueilli en France comme une musique évolutive, les divers personnages qui émaillent le parcours tels que Joséphine Baker, Hugues Panassié, Robert Desnos, Henry Miller, Howard Hugues ou encore Boris Vian adolescent, insufflent à ce court roman picaresque une note musicale harmonieuse, joyeuse et triste à la fois, comme seuls savent les musiciens de jazz exprimer leurs sentiments à l’aide de leurs instruments.

Michel Boujut est un fin connaisseur et il s’est amusé, pour son plus grand plaisir et celui du lecteur, à imaginer un avatar à l’une des plus grandes stars de la musique, avatar qui est en même temps un divertissement. Un régal.

Michel BOUJUT : Souffler n’est pas jouer. Collection Rivages Noir N°349. Editions Rivages. Parution 2 février 2000. 156 pages.

ISBN : 978-2743606015

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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 08:31

Un roman wagnérien ?

Edmund CRISPIN : Prélude et mort d’Isolde

Isolde possède le don d’agacer son entourage. En réalité, c’est une enquiquineuse, pour ne pas employer un mot plus trivial mais qui la qualifierait d’une façon plus juste.

Tous ceux qui la côtoient pensent, parfois tout haut, qu’un jour, un mauvais plaisant pourrait lui apprendre les bonnes manières en l’envoyant ad patres. Aussi bien les hommes que les femmes.

D’ailleurs c’est l’unanimité parmi les représentants des deux sexes pour la vouer aux gémonies. De sa demi-sœur Helen qu’elle déteste, en passant par les acteurs d’une troupe théâtrale d’Oxford, jusqu’à son ex-amant, l’auteur de la pièce dans laquelle elle doit jouer un rôle insignifiant.

Pourtant, lorsqu’elle est découverte morte, avec un pistolet à la main, la police conclut à un suicide.

Hypothèse rassurante mais non partagée par Gervase Fen, un professeur de littérature anglaise à Oxford qui joue les détectives à ses heures perdues.

Faut avouer qu’il ne connait pas l’échec, d’ailleurs il ne le supporterait pas.

 

Ce roman d’Edmund Crispin est délicieusement rétro et classique.

Des personnages hauts en couleurs, une ambiance théâtrale assaisonnée d’une pincée de jalousie et d’un soupçon de sexe, quelques réparties humoristiques, font de ce roman un agréable passe-temps.

Edmund CRISPIN : Prélude et mort d’Isolde (The Case of the Gilded Fly ou Obsequies at Oxford – 1944. Traduction de Jean André et Claudine Rey). Le Masque Jaune N°1935. Librairie des Champs Elysées. Parution 26 octobre 1988. 222 pages.

ISBN : 978-2702418451

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Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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