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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 12:21

Je suis une légende était le titre d'un de ses romans. Aujourd'hui, c'est devenu une réalité puisque Richard Matheson nous a quitté le 23 juin à l'âge de 87 ans.

Je vous propose de revisiter deux de ses ouvrages.

 

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Richard Matheson : Echos (A Stir of echoes – traduit par Jean-Paul Gratias). Clancier-Guénaud, collection Série 33 N°3. (Réédition Editions Rivages, collection Rivages Noir N°217). 248 pages.

Roman fantastique construit avec la rigueur et le suspense qui caractérisent les romans policiers, Echos n'utilise aucun des artifices chers aux romanciers du début du siècle dernier. Sa force réside dans l'écriture et l'atmosphère enserrant les protagonistes.

Tout commence par une banale réunion entre voisins, dans une cité pavillonnaire. Tom Wallace, le narrateur, et son beau-frère Phil s'asticotent comme à l'habitude, passent le temps en joutes oratoires. Mais au cours de cette soirée conviviale vont se dérouler des événements qui vont influer sur Tom et son psychisme.

Malgré ses réticences il va se laisser hypnotiser par son beau-frère. Peu après il sera il sera sujet à des prémonitions, il sentira des présences. Ses nouveaux pouvoirs supranormaux le conduiront à anticiper certains événements, ce qui ne sera pas sans lui causer quelques désagréments non seulement dans sa vie familiale mais aussi auprès de ses relations de voisinage.

Et que vient faire en pleine nuit le fantôme d'une femme qui semble être la précédente locataire du pavillon où vit Tom, son épouse et leur fils.

Ecrit par un spécialiste de la science-fiction et du roman policier - souvenez-vous des "Seins de glace", de "Jour de fureur", de "L'homme qui rétrécit" ou encore de "Je suis une légende" - Echos est un roman dont l'angoisse sourde et diffuse ne cesse de croître à chaque page.

 

 

 

cimetière

 

 

Richard MATHESON : Cimetière Blues. (Traduit de l’américain par Stéphane Bourgoin). Collection Série 33 N°9. Editions Clancier-Guénaud. Juin 1988. 222 pages.

Un journaliste qui découvre qu’une marionnette humaine peut ressentir les effets néfastes des outrages et de la ségrégation comme tout un chacun.

Un homme qui disparait en plein désert alors qu’il s’apprêtait à se rafraîchir dans un bar miteux en compagnie de sa femme ;

La vampirisation des Etats-Unis par une ville devenue tentaculaire ;

Un étudiant qui ressent avec stupeur une attirance sexuelle pour sa voisine ainsi que des fantasmes étrangers à son comportement habituel ;

Des grillons en relation avec les morts et qui complotent en paix ;

Les réactions de trois couples d’amis, vingt quatre heures sur vingt quatre avant la fin du monde ;

Telles sont quelques unes des neuf histoires que Richard Matheson a écrites en 1952 et 1962 et réunies en recueil par Stéphane Bourgoin sous ce titre de Cimetière Blues.

Neuf nouvelles qui traitent du fantastique, de la science-fiction, du policier, mais qui toutes expriment un certain désarroi des personnages devant des événements prévus ou imprévus. C’est le combat en un optimisme mesuré et un pessimisme latent qui ronge les protagonistes malgré leur désir de forcer la fatalité, de dominer un destin qu’ils réfutent.

 

Voir également l'article de Claude consacré à Richard Matheson sur Action Suspense.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 12:48

Mais pas un modèle d'assassin !

 

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Alors qu’elle pouvait espérer devenir dans un proche délai ministre à la tête de l’économie et des finances, la belle Patricia Langford est retrouvée assassinée d’une façon horrible. Un coup dans le bas-ventre et égorgement à l’aide d’un couteau à huîtres. Finies les ambitions pour cette demoiselle de quarante-deux ans « qui passait pour une vipère au sang très froid », particulièrement douée pour l’analyse des finances publiques, et délaissant au profit de sa carrière sa vie privée et sentimentale. Pourtant ce n’étaient pas les charmes physiques qui lui manquaient.

L’idée première qui vient à l’esprit du surintendant Dodson, est qu’il s’agit d’un crime politique. Horreur et scandales se profilent à l’horizon. Il fait appel à Lord Percival, célèbre criminologue écossais, qui ne demande qu’à l’aider dans les enquêtes périlleuses, n’hésitant pas à abandonner son chien Abercrombie, Lady Ophélia, sa maîtresse malgré les tensions séculaires entre leurs clans respectifs, son domaine et Dorothéa qui gère ses actions en bourse.

Mais revenons à Patricia, qui de toute façon n’a plus rien à dire. Son assassinat a été perpétré un lundi, jour faste pour qui veut entamer la semaine d’un bon pied. Le jeudi, quatre autres meurtres sont enregistrés, un homme et trois femmes. Un véritable casse-tête pour notre criminologue et surintendant. Rien ne semble relier ces victimes, hors la méthode employée, pourtant Lord Percival ne part pas battu. D’après la collaboratrice pour l’entretien de l’appartement, autrement dit l’employée de maison pakistanaise de Patricia Langford, l’ex-future ministre avait une liaison avec un homme qui, après recherches et portrait-robot à l’appui, Stephen Palton, s’avère être un peintre renommé.

Stephen est divorcé et fume volontiers le cigare. Ce qui n’a rien à voir. Quoique… En effet des débris de tabac ont été retrouvés chez deux des victimes. Et l’alibi de Stephen n’est guère fameux. D’autres prétendants au crime vont bientôt grossir les rangs, mais comment démêler le vrai du faux dans cet imbroglio ? Après tout c’est le travail de nos deux enquêteurs. Le lecteur, lui, se contente de suivre béatement les deux hommes dans leurs recherches.

La série des enquêtes de Lord Percival, dont un assassin modèle est le troisième volet après Le cheval du crime et Le dernier meurtre d’Agatha Christie, nous entraîne dans l’atmosphère d’une aimable parodie de romans « British » bon chic, bon genre, un peu à la manière des enquêtes de l’inspecteur Buckingham, romans parus aux éditions du Rocher. Un livre dont la seule prétention est de faire passer un moment de détente et qui y réussit, même s’il puise dans l’art rétro.

assassin-modele.jpgCe qui n’empêche pas l’auteur de brocarder gentiment les artistes, ou plutôt une conception de l’art et du spectacle qui, sous couvert de créativité, se permet n’importe quoi et principalement de jouer dans la vulgarité, synonyme pour certains de modernité. L’aspect roman noir et sociologique est édulcoré car seul l’esprit ludique plane sur cette collection, n’en déplaise aux esprits chagrins qui voudraient que tout roman soit axé sur le message politique, social ou autre. Il est bon parfois de se reposer les neurones, d’échapper aux vicissitudes de la vie quotidienne, de se laisser à lire sans réfléchir.

Dernière précision : Si j’ai fait référence à J.B. Livingstone, ce n’est évidemment pas par hasard. Entre ces auteurs les ressemblances sont frappantes aussi bien dans le style que dans leurs personnages. Car tous les deux sont le même romancier, l’écrivain égyptologue Christian Jacq.


Christopher CARTER : Un assassin modèle. Collection Sir Percival. Editions Robert Laffont. Octobre 1998. Réédition Pocket novembre 2002.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 06:27

Bon anniversaire à Lawrence Block né le 24 juin 1938 !

 

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Matthew Scuder, ex-flic, s’est mis à boire afin d’effacer une vieille histoire. Cela ne l’empêche pas de travailler de temps en temps, pour faire plaisir, aidant des amis lorsque ceux-ci sont dans la panade.

Alors il effectue des recherches, de ci de là, en dilettante, surtout pour arrondir ses fins de mois et pouvoir contenter ses envies de bière et de bourbon.

Accessoirement envoyer un mandat à sa femme, dont il est séparé, afin qu’elle élève dignement ses deux garçons.

Coup sur coup il est chargé, quoi que cela ne l’enchante guère, d’enquêter sur le vol dont ont été victimes les tenanciers d’un bar clandestin, de retrouver les registres d’une comptabilité légèrement falsifiée et d’innocenter un homme accusé d’avoir tué sa légitime. Il passe ainsi d’une enquête à l’autre ou il les conduit de front selon son humeur.

Principale caractéristique de ce privé sans officine : il fait don du dixième de ce qu’il perçoit aux communautés religieuses.

Comme dans Huit millions de morts en sursis Lawrence Block nous dépeint une tranche de vie new-yorkaise avec humour, noir parfois, et les personnages sont profondément humains et vivants.

Les dialogues sont incisifs mais ne tombent pas dans une certaine facilité où la vulgarité est de mise.

 

A lire également mes chroniques sur : Le voleur qui aimait Mondrian, L'amour du métier, Les lettres mauves et Le Blues du libraire

Lawrence BLOCK : Le blues des alcoolos (When the sacred ginmill closes – 1986. Traduit par Daniel Lemoine). Série Noire N° 2106. 318 pages.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 07:43

Le libraire voleur et esthète.

 

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Le chat de Carolyn, l'amie lesbienne de Bernie Rhodenbarr, a été enlevé. La ravisseuse, à l'accent allemand, demande en échange un tableau du peintre Mondrian. Bernie qui cumule les activités de bouquiniste et de monte-en-l'air est convoqué par Onderdonk pour estimer sa collection de livres. Il remarque accroché au mur un tableau du peintre. Profitant de l'absence de son client il s'introduit nuitamment dans la résidence. Le tableau a disparu mais Andréa, une jeune femme qui semble apeurée, attend Onderdonk. Bernie la rassure et écoute ses explications oiseuses quant à sa présence.

Ray Kirschmann, policier et ennemi intime de Bernie, l'accuse de la mort d'Onderdonk dont on a retrouvé le cadavre dans un placard de son appartement. Libéré sous caution, Bernie prend un avocat, Hemphill, auquel il est obligé d'avouer qu'il a visité un autre appartement, Onderdonk ayant été assassiné pendant qu'il réalisait son fric-frac.

Elspeth Peters, cliente de la librairie raconte à Bernie que sa jeunesse a été bercée par un tableau de Mondrian, qu'elle a vu accroché deux ans auparavant dans une galerie privée. Tableau qui aurait été prêté, selon Bernie par un certain Barlow, selon Elspeth par Onderdonk. Carolyn entre dans la boutique et dévisage avec insistance cette cliente dont la voix rappelle quelque chose au monte-en-l'air. En fait Elspeth ressemble à Alison, la maîtresse en titre de Carolyn.

Survient Kirschmann qui accuse Bernie d'avoir volé le Mondrian. Il lui propose de le retrouver et de partager la somme offerte par la compagnie d'assurance. Carolyn découvre dans les waters de Bernie le cadavre de Turnquist, un peintre obscur qu'ils avaient croisé au musée Hewlett. Ils transportent le corps dans un immeuble désaffecté et Bernie prévient anonymement la police. Il contacte Denise, une de ses anciennes petites amies qui vit de sa peinture et lui demande de reproduire le tableau de Mondrian exposé au Hewlett. Bernie est soupçonné d'avoir tué Turnquist, dénoncé par un coup de téléphone anonyme. Dans une salle de cinéma où il s'est réfugié, Bernie a une illumination en repassant le film des évènements déroulés durant ces dernières journées. Se faisant passer pour un flic il donne quelques coups de téléphone et fait un petit tour à la morgue reconnaître le corps d'Onderdonk. Des initiatives qui confortent son hypothèse.

A la faveur d'une diversion organisée par le fils de Denise, Bernie vole le Mondrian exposé au musée. Grâce à la complicité involontaire d'une femme en manque de tendresse, Bernie réussit à s'infiltrer une nouvelle fois dans la résidence d'Onderdonk, et téléphone à divers interlocuteurs afin d'organiser la scène finale. Sont convoqués Ray le flic, Carolyn et Alison, Barlow et sa femme, Elspeth Peters de son vrai nom Petrossian, Hemphill l'avocat, quelques autres invités et un tableau de Mondrian. Tout est prêt pour l'emballage final.

Lawrence Block joue, avec ses personnages de Matt Scuder et de Bernie Rhodenbarr au docteur Jekyll et Mister Hyde de la littérature. La saga de Rhodenbarr est humoristique, tirant parfois à la ligne, avec des dialogues à l'emporte-pièce. Mais elle se lit facilement, avec plaisir, et procure ce qu'elle est sensée donner, un bon moment de détente. Ce qui ne l'empêche pas d'asséner par ci par là quelques réflexions bien senties ou des digressions non dénuées de bon sens. Le chat de Carolyn s'appelle Archie Goodwin, comme l'assistant de Néro Wolfe. Une façon comme une autre de rappeler que Lawrence Block a écrit des pastiches de Rex Stout.


Lawrence BLOCK : LE VOLEUR QUI AIMAIT MONDRIAN. (The burglar who painted like Mondrian, 1983) Trad. de l'américain : Daniel Lemoine. Gallimard, Série Noire N°2403.

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 07:37

Assurance tous risques....

 

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Vincent, démarcheur en assurance vie, tente de placer auprès de Julien, un plombier, et Maryse, sa femme, un contrat. Excédé parce qu’il ne peut regarder la télévision, Julien signe mais Maryse n’est pas tout de son avis. Comment vont-ils payer les traites ? C’est alors que ce forme ce trio de vaudeville. Vincent couche avec Maryse, qui ne demande que ça, à l’insu bien entendu du mari. Comme ils vivotent tous trois et que Maryse possède des goûts de luxe ; ils envisagent de braquer une banque ? L’opération est réussie, sans casse, mais par la radio ils apprennent qu’ils sont passés à côté du pactole. Alors ils recommencent un second hold-up, qui se déroule mal et Vincent est reconnu par une des employées. Sortant de l’établissement bancaire, ils prennent en otages un quinquagénaire plutôt bien de sa personne et une vieille dame marmottant à tout bout de champ. Ils ont été repérés par des flics et l’un d’eux a même réussi à les prendre en photo. De plus comme ils se servent de leur voiture personnelle, ils sont rapidement identifiés. Ce que les apprentis voleurs ne savent pas, c’est que le monsieur cossu n’est autre qu’un truand fiché par la police, Jojo la Seringue. Poursuivis, ils se réfugient chez leur otage masculin. Le comparse de Jojo croit que son pote a voulu le doubler, d’où nouvelle embrouille.

Ecrit sur le mode humoristique, ce seul roman de Virgil Lernay au Fleuve Noir, par ailleurs il signe René Escudié pour des romans destinés à la jeunesse, s’inscrit dans la bonne moyenne de la production de l’époque. Un aimable divertissement comme diraient certains qui pourtant aurait pu connaître des jours meilleurs puisque le manuscrit a été retenu au départ comme possible scénario de film.

 

Voir mon portrait de Virgil Lernay

 

Virgil LERNAY : Minables story. Editions Fleuve Noir, collection Spécial Police n°1232.

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 14:07

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Pas vraiment policier, pas fantastique, La Muraille emprunte aux éléments de ces deux genres pour mieux se démarquer. Roman noir également, un peu comme on l’entendait à l’origine de cette appellation et que l’on désigne aujourd’hui sous celle de roman gothique, dans une ambiance moyenâgeuse, historique, épique, chevaleresque, ce roman vous plonge dans un univers onirique composé de bruit, de fureur, de couleurs, de faux semblants, de miroirs aux alouettes et de drames sordides.

Troubadours et bateleurs se pressent pour participer à la fameuse fête des fous qui chaque année se déroule au village de Mornas, dont la forteresse se dresse fièrement au dessus d’un ravin. Thibault, Ninon et leurs compagnons, La Pie et Taureau arrivent alors que l’orgie bat son plein. Mais pour La Pie, comme pour Taureau, l’intérêt ne réside pas dans ce débordement d’énergie.

Ils sont obnubilés par l’hypothétique trésor du seigneur de Mornas, réputé pour ses nombreuses épousailles et les disparitions souvent prématurées de ses femmes. Tandis qu’Arlequins italiens subjuguent Ninon, pourtant en proie à des cauchemars destructeurs, que Thibault endosse tant bien que mal son accoutrement usurpé de chevalier, que La Pie et Taureau ne pensent qu’à remplir leurs sacoches, Côme de Blagnac et ses troupes assiègent la forteresse. Les villageois n’ont qu’une seule échappatoire, se réfugier dans la citadelle. Malgré le manque d’eau et de vivres qui ne va pas tarder à se faire ressentir, le seigneur de Mornas ne semble pas abattu. C’est le moment choisi par La Pie pour mener son enquête dans les souterrains.

Sur une trame historique, servi par une atmosphère lourde, angoissante, fantasmatique, ce roman de fureur et d’action, de cupidité et d’amour, d’honneur et d’humeur, de trompe l’œil et d’horreur, de comédie et de tragédie, souffle le froid et le chaud, décoiffe mais ne rase pas. Une plongée médiévale qui laisse peu de place à la réflexion tant l’auteur enchaîne rapidement les rebondissements, les morceaux de bravoure, les moments d’émotion, parfois entre rire et larme.


Jean Luc BIZIEN : La Muraille. Collection Moyen Format, Le Masque. Octobre 2001. 396 pages.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 10:00

Mais auparavant il faudrait le laver !

 

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Reporter criminel, Peter Callaway se voit confier par sa tante Caroline Donoland, qui vient de s'établir comme détective privée, une mission à première vue pas très dangereuse. Arozlan Smith a des doutes sur la fidélité de sa femme Lisbeth. Peter suit la jeune femme jusqu'à un pavillon de banlieue. Lisbeth se fait assassiner et Peter a juste le temps d'apercevoir l'un des agresseurs avant d'être assommé. Il se réveille en pleine campagne, démuni de son portefeuille, que les truands ont laissé sur les lieux de leur forfait, ainsi qu'une lettre signée Lisbeth et dénonçant un chantage. Smith est retrouvé abattu de plusieurs balles dans le corps. Washington Crofty, ennemi intime du journaliste, accuse Peter mais Caroline se montre persuasive. Peter est alors convié à participer à l'enquête en compagnie de l'inspecteur March. Kid Weiss, journaliste lui aussi et Déborah son épouse, Caroline, Mona la pulpeuse et nouvelle secrétaire, viennent renforcer les effectifs.

Une vieille dame, témoin d'allées et venues suspectes le jour du crime, est étranglée alors que March et Peter étudient les lieux. March soupçonne un temps Peter. L'associé de Smith déclare que celui-ci aurait détourné de l'argent. March et Peter se rendent dans un bar tenu par Sagourian et où Smith avait ses habitudes, y rencontrant une jeune femme dont la couleur de cheveux changeait selon les jours. Trois clients, qui s'avèrent être des hommes de main de Panastia, un gangster notoire, s'en prennent aux deux investigateurs. Ceux-ci mettent les gros bras en fuite et relèvent des indices les persuadant du passage de Smith à l'état de cadavre.

Peter passe l'après-midi agréablement avec Mona puis les choses sérieuses commencent selon les instructions de Caroline. March et lui même se mettent en planque dans un bar proche de celui de Sagourian. Peter suit l'un des hommes de Panastia jusqu'à une maison isolée. March est assassiné avec l'arme de Peter, cependant Crofty, malgré les apparences, sait que le détective amateur n'est pas le meurtrier. Lui aussi était sur place. En compagnie de Kid, Peter se rend à une autre adresse et échappe de peu à un attentat, grâce à la présence de Caroline. Peter met en action ses petites cellules grises et arrive à la conclusion que Mona Parker est à l'origine des fuites sur ses déplacements. Ce que confirme Caroline qui a enquêté sur l'identité de sa secrétaire.

Ce roman construit avec enchaînement de deux intrigues, dont une se révèle un peu légère au point de vue départ - d'ailleurs André Goss, par l'intermédiaire de Crofty le chef de la police, le concède en écrivant : "Comment Billy Finger et Mona May ont mis le nez dans cette affaire ? Je l'ignore et personne ne pourra le dire" - est résolument placé sous le signe de l'humour. Un humour utilisant surtout les métaphores mais qui se dilue au fur et à mesure que se décante l'intrigue. Un roman qui a légèrement vieilli mais dont le mobile lui est toujours d'actualité. Les fusillades fleurissent et les cadavres se ramassent à la pelle.

Citation : Je m'absorbe dans la contemplation de la moquette comme si j'étais occupé à rechercher un cachet d'aspirine dans un paquet d'ouate hydrophile.

A lire du même auteur : Sérénade aux colts et Après vous madame.

 

 

André GOSS: Repassez le suaire. Spécial Police N°55, Editions Fleuve Noir. 1954.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:47

Un Goss qui ne fait pas l'enfant...

 

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Peter Callaway est le témoin d'une tentative d'enlèvement. Trois hommes kidnappent une jeune fille. Mais ils se trompent de voiture, prenant celle de Peter pour la leur. Le journaliste les expédie au tapis et emmène la belle chez lui. Marjorie Pigella, fille unique et délaissée d'un riche veuf, s'est enfuie du collège où elle était sensée poursuivre ses études. Peter a écrit un article sur la traite de blanches sévissant dans la région ce qui ne plaît pas à un Mexicain qui le fait kidnapper. Son copain Grégory, qui a assisté à l'enlèvement, le sauve de la noyade. Peter est renvoyé, son patron ayant peur des retombées provoquées par ses articles. Marjorie narre ses avatars. Elle a fait la connaissance d'un Don Juan, nommé Juan qui a drogué sa boisson. Après une tentative avortée pour s'échapper, elle a été présentée à Sanchez, psychiatre, et Peter l'a tirée des griffes des Mexicains alors qu'ils regagnaient leur voiture.

En compagnie de Grégory et de Jimmy, spécialiste des coffres-forts, Peter s'introduit chez Sanchez, apprend par l'assistante que les kidnappées sont emmenées dans un ranch au sud du pays et s'empare de documents. Des gros bras les poursuivent jusqu'aux docks. Grégory est touché et Peter décide de l'emmener ainsi que Peggy, la petite amie de Greg et Marjorie chez sa tante Caro à Sunshine cottage. De retour en ville il apprend que Jimmy est décédé après avoir été torturé. Il revient au cottage lequel est dévasté. Caro lui explique que les autres ont été enlevés. Pigella, qui tient les flics dans sa main, l'accuse de séquestrer sa fille. Peter retrouve la trace de ses amis mais il tombe dans un piège. Lui et Grégory sont délivrés par Caro. Ils repèrent l'emplacement du ranch et arrivent au moment où les kidnappées allaient passer la frontière séquestrées à bord d'un camion leurre.

Tour à tour écrit sur un ton badin, humoristique, poétique, dur ou réaliste, ce roman n'a pas trop vieilli. Il s'inscrit dans la veine des romans noirs américains dus à de petits maîtres tels que M.E. Chaber. La femme ne joue pas forcément, comme il était de bon ton à l'époque, le rôle de la garce ou de l'ingénue. L'emploi de certaines métaphores qui se voulaient drôles pourrait cataloguer aujourd'hui l'auteur comme raciste. Lorsqu'il traite par exemple les Mexicains de pains d'épice.


Citation : Toutes les pièces restantes sont aussi vides qu'un cerveau de député.


André GOSS : Sérénade aux colts. Fleuve Noir Spécial Police N°37. 1953.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 07:53

Une bouffée de nostalgie !

 

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Chargé par son patron d'élucider la disparition d'un de ses collègues, Jupiter Clark se rend en compagnie de Perkins dans un parc d'attraction. Les deux équipiers sont enlevés et tabassés par les sbires de Max, le propriétaire d'un manège. Perkins est ensuite abattu avec le revolver de Clark. Celui-ci est appréhendé par les policiers et il profite de l'évasion d'un co-détenu pour se faire la belle. Clark, embringué dans la bande de malfrats, est persuadé qu'il a été victime d'un mouchard. Lors d'un braquage qui se termine mal, il se réfugie par hasard dans l'appartement d'une jeune femme, Effie, qui a un contentieux avec Max et dont elle lui révèle toutes les combines. Il l'entraîne dans son repaire puis se rend à un rendez-vous fixé par son patron. Celui-ci se fait enlever à sa barbe par les tueurs de Max. Clark doute de la bonne foi d'Effie qui finit par lui révéler sa parenté avec Max qu'elle désire sauver. Elle disparaît et Clark, passant entre les mailles du filet tissé par les flics, va à Hollywood où réside Max. Dans un restaurant il reconnait en l'une des clientes une jeune femme qui était entrée en même temps que lui dans l'attraction foraine. Il s'agit de Scarlett Irving, une jeune actrice en devenir, accompagnée de Wytness, son metteur en scène. Clark se fait engager comme figurant et apprend que le film dans lequel elle tourne est produit par Max. Il est kidnappé, en compagnie de Scarlett, par Effie qui termine sa vie une balle entre les deux yeux. Scarlett l'emmène chez elle mais Max les attend. Il apprend à Clark qu'il fournit des renseignements à des pays de l'Est. Les documents, des photographies d'usines atomiques, sont insérés dans des bobines de film. Libéré par deux de ses hommes, Ben et Jhonny, Clark s'empresse de faucher la bobine de film incriminée, fait surveiller les allées et venues de Scarlett et la kidnappe. 

Ce roman mi-policier, mi-espionnage, ancré dans l'esprit roman noir américain de l'époque, joue sur les coïncidences, sur les situations, jusqu'à ce que tout se décante à l'épilogue. L'ambigüité sur le véritable métier de Clark est entretenue jusqu'à la fin.  L'alcool coule à flot et les scènes de bagarre ou de torture sont légions. Afin de parfaire une égalité des sexes, qui dans ce cas n'est pas revendiquée, les protagonistes masculins ne se privent pas de rudoyer avec une joie sadique Effie ou Scarlett.

Curiosité : L'on n'apprend le statut professionnel exact de Jupiter Clark qu'à l'épilogue. Bizarrement le nom d'un des personnages est écrit Jhonny tout le long du récit.

Citation : Je ne me voyais pas menant la vie incolore et monotone d'employé de bureau ou de commerçant, confiné dans un local, obligé de faire risette à des casse-pieds.


André GOSS : Après vous madame. Spécial Police N°33, éditions Fleuve Noir. 1952.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:27

Il ne faut jamais rester sur sa soif… de livres !

 

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Certains romans ne se lisent pas comme on débouche une bouteille de gros rouge. Il faut d'abord les caresser des yeux, les palper, les humer, les ouvrir sans précipitation, puis les déguster, dans le calme, le repos et la sérénité.

Avec Rue de la soif, Lebrun est toujours aussi humoristique et manie les mots avec dextérité. Il nous entraîne dans un parcours initiatique qui se veut balade. Balade au fil des rues et des camarades de comptoirs à la quête d’un personnage mystérieux, véritable parcours d'un combattant de la soif. Balade de l'éthylisme bon enfant, en une apologie narquoise et poétique des libations confraternelles.

Tandis qu'il se livre à une miction afin de délivrer sa vessie des litres de liquide ingurgités dans les différents bars qu'il hante, notre narrateur est intrigué par un graffiti diffamateur et anonyme. Un certain le Baron est accusé, qualifié par moult scripteurs d'une tare dont bon nombre de personnes peuvent se prévaloir sans le savoir et dont l'origine remonte à un certain monsieur Conart ayant vécu au 13ème siècle. C'est dire si la descendance de ce brave homme fut considérable.

Un échange d'imperméable dû à la distraction et à la précipitation du dénommé Baron va amener notre quidam à squatter bars, cafés, troquets, bouges et autres bistrots d'un triangle des Bermudes parisien et à remonter un fil d'Ariane parsemé d'un nombre infini de verres, chopes, gobelets, godets et autres coupes dans lesquels il risque se noyer. Mais chaque fois qu'il pense toucher au but notre héros en mal de liquide se heurte à cette déclaration affligeante et décourageante: "Le Baron, il vient de partir à l'instant !"

Rue de la soif est un livre rafraîchissant. Après avoir absorbé ces quelques cent trente pages roboratives, on le garde en main, comme ce demi de bière que l'on a enfilé d'une traite et que l'on examine avec le regret de ne pas l'avoir fait suffisamment durer. Michel Lebrun est un romancier doublé d'un écrivain, ce qui en ces moments de disette littéraire jubilatoire, est à apprécier comme un cru bourgeois d'une année de référence, pourquoi pas 47. Et si on apprécie ce petit gorgeon fort sympathique, on attend la réédition avec impatience afin de partager ensemble le coup de l'étrier. Il est dur de rester sur sa soif ! Patron, remettez nous ça !


Michel LEBRUN : Rue de la soif. Coll. Mots, Seghers. Septembre 1991. 142 pages.

challenge régions

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