Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 03:24

Le grand feuilleton : épisode 3.

Jean de La HIRE : Le siège tragique. L’As des Boy-scouts fascicule N°3.

Lorsque nous avons quitté les boy-scouts dans l’épisode précédent, ceux-ci crapahutaient à bord d’une auto-chenille dans le sud du désert tunisien. Et ils entendaient des coups de feu dont ils se demandaient bien la provenance.

Mais, en même temps, j’effectuais un constat : le lecteur n’avait eu que succinctement des nouvelles de l’équipe anglaise.

Or, les coups de feu proviennent d’armes différentes et bientôt Mandar et ses amis se rendent compte qu’il s’agit de l’équipe britannique qui est aux prises avec deux bandes de Bédouins pillards. John Dogg et ses compagnons sont réfugiés dans leur véhicule, une auto-chenille également, et doivent faire face à gauche et à droite à des détrousseurs du désert. Ils sont en mauvaise posture et Paul Mandar décide de se porter à leur secours.

Ils sont munis d’armes à feu, carabines, brownings, et même d’une mitrailleuse, car tout a été prévu lors de leur départ. Ils ont été entraînés au maniement de ces armes.

Ils rejoignent l’équipe britannique et après concertation, décident de prendre les Bédouins à leur propre piège en se scindant en deux équipes, composées par moitié de Français et de Britanniques. Paul Mandar explique sa stratégie : tandis que deux boy-scouts resteront dans l’auto-chenille, les autres, passant par le plancher du véhicule, rejoindront un ravin qui se trouve juste sous les roues avant, et se dirigeront d’un côté et de l’autre de cet encaissement afin de prendre les Bédouins à revers.

Si Mandar parvient à contourner les assaillants, John Dogg est repéré par un Bédouin blessé qui se dirigeait en rampant vers le ravin, espérant trouver de l’eau pour nettoyer ses plaies.

Aussitôt l’homme retourne en arrière afin de prévenir son chef, un vieil homme que l’on pourrait croire sage avec sa barbe blanche, mais il n’en est rien. Prévenu, le chef de cette bande de pillards veut contrer l’attaque des scouts. Il parvient à s’emparer de John Dogg et ses compagnons. Mais Madar et compagnie les repèrent courant vers leurs chevaux. La mitraille qui s’ensuit provoque de nombreux blessés et morts. Ils réussissent même à prendre le cheikh en otage.

 

Ce nouvel épisode, fort mouvementé, permet aux lecteurs de mieux faire connaissance de l’équipe anglaise, dans des conditions dramatiques il est vrai.

Mandar se montre à son avantage, grâce à son esprit de décision, de son audace, de son courage. Mais les autres scouts, Britanniques et Français, ne sont pas en reste. Juste un mauvais concours de circonstance, un mauvais coup du sort, qui arrête les Britanniques, mais un excellent épisode qui démontre que les scouts sont solidaires dans l’adversité. Du moins côté Français.

Mais en sera-t-il de même si les scouts Français tombent eux aussi dans un guet-apens ou se trouvent en difficulté pour des raisons qui sont encore à définir.

Mais pour l’heure, il faut aller délivrer les otages. Dans quelles conditions ? C’est ce que nous verrons dans l’épisode suivant :

Le défilé suspect.

 

Voir l’épisode précédent ci-dessous :

Jean de La HIRE : Le siège tragique. L’As des Boy-scouts fascicule N°3. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 14 novembre 1932. 16 pages.

Partager cet article

Repost0
17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 03:59

Hommage à René REOUVEN décédé le 6 mars 2020 à Montmorency (Val d’Oise).

René REOUVEN : La partition de Jéricho.

De René Reouven, le lecteur connaît surtout ses romans policiers, dont certains pastichent, parodient et rendent hommage à Conan Doyle et sa célèbre créature Sherlock Holmes, et tous les autres qui souvent ont pour point commun des références littéraires, le tout enrobé d’humour et d’une culture indéniable dénuée de pédagogie ou d’affèterie, d’infatuation. Le plaisir de communiquer avec le lecteur et de lui faire partager ses goûts en matière de romans policiers.

Il ne faut point oublier cependant que René Reouven est aussi un auteur de Science Fiction, soit sous son nom, sous celui de René Soussan, et les amateurs se souviendront de L’anneau de fumée, de Les insolites, ou encore de Les Survenants.

 

Avec La partition de Jéricho, publié dans la collection Lunes d’encre dirigée par Gilles Dumay aux éditions Denoël, il intègre sa passion de ces deux genres pour proposer un ouvrage qui frise avec les merveilleuses aventures à la Indiana Jones.

Hope est une jeune physicienne obsédée par la recherche et la mise au point d’un ordinater quantique. Depuis quelques temps elle est sujette à des sueurs, des nausées, des bourdonnements d’oreille, de légères déficiences du sens de l’équilibre, sans oublier des visions qui viennent l’assaillir, comme une projection vers l’avenir.

Par exemple l’image d’un flirt perdu de vue depuis vingt ans, et qu’elle retrouve en pensée non pas sous les traits du jeune homme qu’il était, mais celui qu’il devrait être aujourd’hui.

Pendant ce temps Scott Lorne, le petit ami en question est en Irak, dans l’après guerre du Golfe à la recherche pour le compte d’un riche Sud-Africain, d’une des trompettes de Jéricho, et de la partition dont se serait servi Josué pour faire tomber les murs de la forteresse. Invitée à prendre trois mois de repos par son supérieur et ami, Hope retrouve Scott et l’équipe de chercheurs.

Il s’agit pour eux de décrypter un message qui devrait les conduire au but dans une sorte de rallye semé d’embûches, d’incidents, d’accidents.

Une nouvelle fois René Reouven nous propose un vrai régal

 

Pour en savoir un peu plus sur cet auteur qui fit le bonheur de nos nuits blanches, je vous propose de lire un entretien que j’avais réalisé lors de la parution de son roman Le Cercle de Quincey :

 

René REOUVEN : La partition de Jéricho. Collection Lunes d’encre N°4. Editions Denoël. Parution novembre 1999. 256 pages.

ISBN : 2-207-24790-2

Partager cet article

Repost0
16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 03:53

Pris dans le filet…

Jean BOMMART : Le Poisson chinois et l’homme sans nom.

Non seulement le Marie-Félix revient à La Rochelle ses soutes chargées de langoustes, mais avec un matelot récupéré dans la mer des Antilles. L’homme a été repêché transi, frigorifié, et depuis trente quatre jours, il aide à la manœuvre avec tous les autres matelots de l’équipage. Il a été habillé de bric et de broc, et surnommé Johnny par défaut. Car il est muet, mais il comprend toutefois ce qu’on lui dit.

Le Marie-Félix arrive de nuit à La Rochelle, par marée basse, mais les marins sont pressés d’aller à terre, sevrés depuis des jours de leur pinard reconstituant. Le pinard, c’est de la vinasse, ça fait du bien par où ce que ça passe… Refrain bien connu.

Aussi Gustave, dit Gugusse, le capitaine, et ses hommes se rendent dans un troquet, laissant Johnny à la charge de Bastien, le mousse. Seulement Bastien ne respecte pas les consignes et Johnny en profite pour se jeter à l’eau et rejoindre le quai un peu plus loin. Pour tous il s’est noyé, car à cause de la marée basse, ce n’est que de la vase qui entoure le navire.

Toutefois Gugusse fait part de sa découverte halieutique humaine auprès des affaires maritimes qui elles-mêmes en informent la police, un ricochet qui arrive aux oreilles du Capitaine Sauvin dit le Poisson chinois, un agent secret qui prend la nouvelle au sérieux.

Aussitôt, le capitaine Sauvin, qui retrouve avec plaisir le lieutenant de vaisseau Manuel, se met à enquêter et remonte peu à peu la piste de Johnny, grâce à des indices dont la vase laissée près de l’endroit où l’homme a réussi à s’extirper du piège marin.

 

C’est auprès d’une prostituée du port que Sauvin et son ami Manuel récupèrent quelques informations, non sans mal. Et l’affaire mène Le Poisson chinois à Paris mais la trace de l’homme se perd dans les rues de la capitale. Et il faut se méfier des services secrets russes, américains, voire britanniques, qui œuvrent dans l’ombre

Le lecteur suit les déambulations du rescapé et apprend son identité. Identité multiple puisqu’il s’agit d’un espion Russe qui n’est pas du tout muet.

Il change une fois de plus d’identité grâce à une relation auprès des diplomates russes installés dans la capitale qu’il contacte de La Rochelle, puis parvient à gagner Paris, loge dans un petit hôtel et travaille dans un garage afin de subvenir à ses besoins. Il est mal à l’aise car il sait qu’il a failli à sa mission aussi il essaie d’échapper à d’éventuels poursuivants de la police française ou espions russes. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance d’une jeune fille d’origine russe et qu’il va intégrer la communauté des Russes blancs installés à Paris. Lui le Russe rouge fraie avec ceux qui ont fui le pays suite à la Révolution d’Octobre.

Pourtant, alors que l’on pourrait croire que cette aventure se déroule durant l’entre-deux guerres, cet épisode se déroule bien fin 1957, puisqu’il est fait référence au lancement du premier Spoutnik.

Tout autant roman d’espionnage que roman policier, voire même roman d’amour par certains côtés, Le Poisson chinois et l’homme sans nom est agréable à lire et n’a pas subi les outrages du temps. L’écriture et la narration sont fluides, et il s’agit véritablement d’un classique parmi les classiques.

 

Jean BOMMART : Le Poisson chinois et l’homme sans nom. Collection Les Trois A… Editions Librairie Arthème Fayard. Parution 26 septembre 1958. 222 pages.

Partager cet article

Repost0
13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 03:44

Hommage à Benny Goodman décédé le 13 juin 1986.

Jean-Pierre JACKSON : Benny Goodman.

S’il ne fallait garder en mémoire qu’un seul fait marquant dans la carrière de musicien de Benny Goodman, ce serait incontestablement celui-ci : Benny Goodman fut le premier à intégrer des Noirs dans ses formations de Jazz se produisant en public.

Il avait déjà à son actif des enregistrements mixtes puisque le 24 novembre 1933 il participait au dernier enregistrement de la chanteuse Bessie Smith et trois jours plus tard il invitait en studio une jeune interprète de dix-huit ans : c’était la première prestation discographique de Billie Holiday. Le 2 juillet 1935 invité par Teddy Wilson il participe à une séance en compagnie de Ben Webster, Roy Elridge, John Trueheart, John Kirby et Cozy Cole afin d’accompagner à nouveau Billie Holiday pour une séance d’enregistrement de trois titres. Il est le seul blanc de cette formation.

Mais c’est un plus tard qu’il enfreindra, avec la complicité du batteur Gene Krupa et de John Hammond directeur artistique chez Columbia, cette loi raciale pour ne pas dire raciste qui stipulait que Noirs et Blancs ne pouvaient se produire sur scène ensemble. Au premier trimestre 1936 le Rhythm Club de Chicago désire engager les trois musiciens, c’est-à-dire Benny Goodman, Gene Krupa et Ted Wilson. Aussi Ted Wilson se produit d’abord seul sur scène, et bientôt Benny et Gene le rejoignent brisant un tabou et enfonçant un premier coin dans le racisme.

Mais Benny Goodman innove également en étant le premier musicien de jazz à se produire au Carnegie Hall, le temple de la musique classique. Benny Goodman est un musicien éclectique et par ailleurs il enregistrera en 1965 sous la direction d’Igor Stravinsky Ebony Concerto écrit par Woody Herman. Mais ce n’était pas sa première incursion dans le domaine classique puisqu’il enregistra dès 1956 le Concerto pour clarinette de Mozart en compagnie du Boston Symphony Orchestra sous la direction de Charles Munch et quelques autres plages dont le Concerto pour clarinette n°1 de Weber avec l’orchestre symphonique de Chicago sous la direction de Jean Martinon, et bien avant, en 1939, un concert au Carnegie Contrastes pour violon, clarinette et piano, une partition de Bartók, avec au piano Béla Bartók lui-même et au violon Joseph Szigeti.

Né le 30 mai 1909 d’un couple d’exilés hongrois juifs de Varsovie, le jeune Benjamin David bénéficie de leçons de musique gratuites. Son père, tailleur dans une fabrique fréquentait assidument la synagogue de Baltimore qui offrait aux jeunes garçons une formation à l’orchestre de la synagogue, profite de l’occasion pour l’inscrire lui et ses frères Harry et Freddy, d’autant que les instruments sont loués à bas prix. Benny est fasciné par la clarinette et devant les progrès de celui qui sera surnommé plus tard King of Swing, terme qu’il n’apprécie que modérément car il sait combien cette distinction peut-être fugace, il bénéficie de cours payants auprès du vénérable professeur Franz Schoepp, qui avait déjà formé notamment Jimmy Noone.

A douze ans il gagne son premier cachet, cinq dollars, alors que son père en gagne vingt par semaine. En 1923 il gagne quarante-huit dollars en se produisant quatre soirs par semaine au Guyon’s Paradise. Dès son premier cachet le jeune Benny avait décidé que la musique serait son métier et qu’il sortirait ses parents de la misère.

Sa réputation grandit rapidement et il deviendra l’un des grands noms du jazz d’avant-guerre soit en étant à la tête de grands orchestres ou de petites formations, genre quartet ou sextet. Mais ce sera avec les petites formations qu’il sera le plus à l’aise notamment son association avec Gene Krupa à la batterie, Ted Wilson au piano et Lionel Hampton au vibraphone.

Il donna également leur chance à de nombreux musiciens qui graveront leur nom au fronton du Jazz, comme Charlie Christian, Wardell Gray ou encore Stan Hasselgard, lesquels décédèrent tous malheureusement jeunes, le premier de tuberculose, le deuxième d’un accident de voiture et le dernier assassiné. Après guerre Benny Goodman, qui ne s’adapte pas au Be-bop, connait une période de latence mais grâce à sa foi en la musique il rebondit et enchaine les tournées principalement en Europe, malgré des problèmes récurrents de sciatique.

Décrié par quelques pisse-froid, pas toujours reconnu à sa juste valeur par des mélomanes partiaux, Benny Goodman a marqué le jazz durant plus de soixante ans, enchainant les succès. Et Jean-Pierre Jackson fait œuvre pie en proposant ce premier ouvrage français consacré à ce grand instrumentiste, le seul d’ailleurs car si des ouvrages de références ont été écrits et publiés aux Etats-Unis, aucun n’a été traduit à ce jour.

Jean-Pierre Jackson s’attache à la jeunesse et à la carrière musicale du clarinettiste sans entrer dans la vie privée, mettant en avant ses qualités, les artistes qu’il a côtoyé, les concerts, tout ce qui se rapporte au monde musical.

Avec quelques belles pages sur ses relations avec les autres musiciens, pour lesquels il professait souvent admiration. Ainsi avec Ted Wilson dont il déclarait : « Teddy jouait parfaitement les morceaux en trio. C’est ce que nous pensions de lui… Un sacré bon musicien. Nous n’avons juste jamais pensé à lui comme étant un Noir ». Peut-être à cause de son origine juive, car il faut se souvenir que certains hôtels et bars du Sud des Etats-Unis arboraient des écriteaux signalant que ces établissements étaient « Interdits aux Noirs, aux Juifs et aux chiens ».

L’ouvrage est complété d’une chronologie, de repères discographiques et bibliographiques, d’un index des noms et d’un autre des titres cités.

Jean-Pierre JACKSON : Benny Goodman. Editions Actes Sud/Classica. Parution 3 novembre 2010. 152 pages.

ISBN : 978-2742795222

Partager cet article

Repost0
11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 03:25

Sous titrée “ Fleuve Noir Romantique ”, cette éphémère collection destinée aux femmes n’aura duré qu’un an.

TOURMENTES, une collection du Fleuve Noir.

 

Auparavant, le Fleuve Noir avait déjà proposé une collection destinée aux femmes, Présence des femmes, de janvier 1968 jusqu’en mars 1972, puis plus rien. La collection Tourmentes palliait donc un manque et fut créée à la même époque que Femme Viva, dont le ton était plus jeune, plus moderne, plus ancré dans la société contemporaine.

Tourmentes visait à concurrencer les séries sentimentales, principalement Harlequin ou J’ai Lu en puisant dans un vivier d’auteurs essentiellement anglo-saxons, dans le style de Barbara Cartland. Les dessins de couvertures (DOC. M.I.C.) reflètent cette tendance et ce style historique émotionnel.

Parmi les auteurs, William Edward Daniel Ross (16 novembre 1912-1er novembre 1995) né au Canada, se taille la part du lion avec pas moins de huit titres sous divers pseudonymes : Marilyn Ross, Clarissa Ross, W.E.D. Ross.

TOURMENTES, une collection du Fleuve Noir.

1 - Mc Evoy Marjorie : La dame noire (The queen of spades - 1975) trad. Jean Esch [nov-86]

2 - Warren Paulette : La dynastie Ganton (Brooding mansion - 1967) trad. Martine Joulié [nov-86]

3 - Mc Evoy Marjorie : Le château des rêves enfouis (No castle of dreams - 1960) trad. Annie Frézoulis [jan-87]

4 - Knight Alanna : Les sortilèges de Clodha (Castle Clodha - 1972) trad. Blandine Roques [jan-87]

5 - McCarthy Sears Ruth : Les sentinelles d'or (The golden sentinels - 1974) trad. Jean Esch [jan-87]

6 - La Tourette Jacqueline : La pierre de Joseph (The Joseph stone - 1971) trad. Bernard Blanc & Dominique Brotot [jan-87]

7 - Ross Marilyn : L'héritière du Mississipi (Desperate heiress - 1966) trad. Jean Esch [fév-87]

8 - Hayes Leal : La légende des highlands (Dark légend - 1973) trad. Claude Alvarez-Péreyre [fév-87]

9 - McCarthy Sears Ruth : Dans l'ombre de la tour (In the shadow of the tower - ) trad. Nadine Monnin [mar-87]

10 - Bond Evelyn : Les clameurs du passé (House of distant voices - ) trad. Francine Mondolini [mar-87]

11 - Ross Clarissa : Les soupirs de la nuit (Whispers in the night - 1970) trad. Blandine Roques [mai-87]

12 - Richard Susan : Les secrets de la maison Kendell (The secret of chateau Kendell - 1967) trad. Claude Hallerin [mai-87]

13 - Ruuth Mariane : Passion dans les ténèbres (Journey into fear - 1977) trad. Philippe Rouard [jun-87]

14 - Ross Marilyn : Le château d'émeraude (Shadow over emrald castle - 1975) trad. Jean Esch [jun-87]

15 - Hayes Leal : La sorcière de Bristol (The challoners of Bristol - ) trad. Laurence Lechaux [aoû-87]

16 - Ross Marilyn : L'héritage des Fenton ( - ) trad. [aoû-87]

17 - Ross W.E.D. : Les fantômes de Duncan Place () trad. [aoû-87]

18 - Brennan Alice : Le château des noirs mirages (Castle mirage - 1972) trad. Anne Sauvel [aoû-87]

19 - Knight Alanna : La malédiction des Winsley () trad. [sep-87]

20 - Thomsen Frieda : La seconde lady Cameron (The second lady Cameron - 1977) trad. Jean Esch [sep-87]

21 - Corby Jane : La maîtresse de Sky Towers () trad. [oct-87]

22 - Ross Clarissa : Les brumes de Blue Gables () trad. [oct-87]

23 - Graham Shannon : Dans l'ombre d'Hillerest () trad. [nov-87]

24 - Ross Marilyn : Prends garde, mon amour ! () trad. [nov-87]

25 - Ross W.E.D. : La symphonie des âmes mortes () trad. [déc-87]

26 - Kellier Elisabeth : La solitaire de Craigash (Nurse missing - 1981) trad. Martine Joulié [déc-87]

 

TOURMENTES, une collection du Fleuve Noir.

Cette fiche a été établie grâce à la complicité de mon ami Pierre Turpin et ses habituels complices, des chercheurs infatigables, sans lesquels bien des domaines de la littérature populaire resteraient inexplorés.

 

Partager cet article

Repost0
10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 03:40

Viens voir les comédiens
Voir les musiciens,
Voir les magiciens
Qui arrivent…

Paul-Jacques BONZON : Le jongleur à l’étoile.

Epuisé par une journée de dur labeur, le jeune Jehan des Huttes s’endort. Il a d’abord aidé son père, Eloi des Huttes, à labourer le champ puis, en fin de journée, il est allé ramasser des branches mortes. Le fagot est lourd, il se plante une épine dans le pied, il fait nuit, il se perd et il s’assied attendant le couvre-feu de la cloche de Montmaur afin de se guider au son.

Et c’est ainsi, que se réveillant, il aperçoit une petite lumière briller dans le bois. S’approchant du chaleil, une petite lampe à huile, il entend une musique douce et distingue une forme bizarre. Il n’est pas trop rassuré, pensant qu’il s’agit d’une bête, peut être dangereuse. La lune monte dans le ciel et il peut retrouver son chemin. Il est accueilli fraîchement par son père, mécontent du retard. Dans la nuit tout en rêvant il se met à chantonner et sa sœur Gisquette lui affirme que c’était un très joli air. Alors il lui raconte tout mais défense d’en parler aux parents, des fois que le père prenne sa fourche pour tuer la bête.

Deux soirs plus tard, Jehan peut enfin retourner dans la forêt et entend à nouveau la douce musique. Il s’agit d’un nain contrefait, au visage laid, qui l’apostrophe. Jehan est conquis par cet homme qui vit seul et lui offre son bois d’olivier, un pipeau. Jehan découvre sa vocation, il deviendra jongleur, musicien, et parcourra la Provence, son terroir. Mais les premières notes sortant de sa flûte ne sont guère harmonieuses. Pourtant bientôt il maîtrisera son instrument pour la plus grande joie de ceux auxquels il offre ses ballades.

Jehan connaîtra de nombreuses aventures, heureuses ou malheureuses, notamment auprès du seigneur Bruno de Gumiane, mais les rencontres avec des personnages amicaux sont plus constructives. Ainsi Grégoire, le nain, qui lui offre par le truchement du don de la flûte une possibilité de voir du monde et de s’affirmer, de Fleuric, le gamin qui lui donne trois souris blanches domestiquées capables de réaliser des tours provoquant l’amusement des badauds, et d’autres contacts dont ce musicien atteint de la lèpre et obligé de se cacher, qui lui offre une vielle qu’il apprivoisera. Des rencontres toutes plus enrichissantes moralement et professionnellement les unes que les autres et qui vont décider de son avenir.

Jehan permettra même à des familles qui s’étaient perdues de vue, de se retrouver à la plus grande satisfaction de tous, mais au détriment d’autres personnages dont les actions néfastes et navrants ne plaident guère en leur faveur.

 

Loin des séries des Six Compagnons ou de la Famille H.L.M., ce roman se démarque d’abord parce qu’il est unique dans la production de Paul-Jacques Bonzon, mais également parce qu’il entraîne le lecteur dans une épopée médiévale, là-bas vers le grand Rhône, cette région où il avait déménagé à la suite de son mariage avec une Drômoise.

L’histoire de ce petit jongleur musicien aurait pu être écrite par Hector Malot, par exemple, car souvent les enfants qu'il met en scène sont confrontés à la misère, au handicap, à l'abandon.

La misère, est bien celle d’Eloi des Huttes et de sa famille, des manants comme l’on disait à l’époque médiévale, de pauvres paysans aujourd’hui travaillant une terre ingrate, mais le handicap et l’abandon sont représentés par Grégoire, nain, bossu, laid, et dont l’origine de la naissance est floue, très floue ou ce lépreux obligé de se cacher.

Il existe dans ce roman historique une part de suspense, d’aventures riches moralement, ou déprimantes, selon les cas, mais l’auteur ne force jamais le trait. L’histoire de Jehan des Huttes est remarquable par sa simplicité et en même temps par sa force évocatrice. Et l’on sait tous que de nombreux musiciens furent ou sont incapables de lire une partition et ne jouent qu’à l’oreille.

Paul-Jacques BONZON : Le jongleur à l’étoile. Bibliothèque Rose. Editions Hachette. Parution 20 avril 1976. 192 pages.

Première parution 1948.

ISBN : 2010010493

Partager cet article

Repost0
9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 04:01

Les joies de la randonnée !

M.C. BEATON : Randonnée mortelle

Revenue à Londres, à la demande de celui qui lui a racheté la boîte de communication qu’elle avait créée puis vendue, Agatha Raisin n’a qu’une hâte, retourner dans le petit village des Costwolds où elle s’est installée pour une retraite anticipée mais méritée.

Elle a acceptée de travailler quelques mois en dépannage, mais la nature, les amis, la Société des Dames de Carsely, les bavardages autour d’une tasse de thé, les résolutions d’énigmes, lui manquent. De plus son collègue Roy Silver commence à l’énerver par ses remarques parfois fielleuses. Elle vient de terminer sa communication de presse, avec succès, mettant en valeur un jeune chanteur dont elle n’a que faire, uniquement pour embêter un journaliste arrogant. Mais cette fois, c’est bien fini, elle repart à la campagne retrouver ses habitudes, et son voisin James Lacey dont la présence lui manque.

 

Pendant ce temps, Les Marcheurs de Dembley, sous la houlette autoritaire de Jessica Tartinck, s’apprêtent à effectuer leur randonnée hebdomadaire. Jessica s’est imposée, dès son intégration, comme la chef de file du petit groupe composé d’hommes et de femmes amoureux de la marche. Elle ne se contente pas d’emmener ses camarades dans les sentiers balisés, mais elle recense tous les droits de passage existants et oubliés la plupart du temps et annexés par des propriétaires terriens qui ne demandent qu’à agrandir leurs domaines.

Naturellement, les propriétaires terriens et leurs employés, les gardes des domaines, n’apprécient guère ces intrusions intempestives, surtout lorsque Jessica ouvre les barrières et, sans les refermer, traverse un champ de colza, suivant fidèlement le droit de passage alors qu’elle pourrait effectuer un petit détour sans endommager les cultures.

Et ceux qui l’accompagnent regimbent parfois devant son autorité pesante, se conduisant toutefois comme des moutons. Des dents grincent, mais d’autres, comme son amie Dorothy, lui vouent de l’admiration. Personne n’ose se rebeller. Bref, ils balisent.

Jessica a découvert en compulsant ses cartes, qu’un droit de passage existe sur les terres d’un baronnet, Sir Charles Fraith. Toutefois elle écrit au baronnet son intention de traverser le champ de colza. Sir Charles après avoir lu la bafouille décide de proposer aux randonneurs d’effectuer un petit détour et de les inviter à prendre le thé. Une invitation qui ne plaît guère à Gustav, le majordome arrogant.

Agatha, qui apprécie son retour au pays s’intègre aux Randonneurs de Carsely, un groupe dirigé par son ami James Lacey.

 

Deborah, pensant faire bien, se rend chez sir Charles. Il lui offre le thé, comme tout bon gentleman se doit de le faire, et le courant passe si bien entre eux que Sir Charles est agréablement surpris et aimerait revoir cette jeune fille, un peu maigrichonne mais si gentille. En apprenant cette incartade, Jessica est furieuse. Elle envisage de traverser seule ce champ.

Quelques jours plus tard, elle manque à l’appel. Un poids en moins pour les Marcheurs de Dembley, qui retrouvent le sourire. Ils le perdent lorsque Jessica est découverte morte, enterrée sous un petit monticule de terre. La police est naturellement avertie, et les membres des Marcheurs de Dembley sont interrogés, révélant parfois des failles et des imbrications qui ne sont toujours à l’avantage de ces amateurs de marches champêtres.

La présidente de la Société des dames de Carsely, laquelle est apparentée à Deborah, demande à Agatha Raisin, dont la réputation de détective amateur a dépassé les frontières du village, de bien vouloir découvrir l’auteur de ce meurtre.

 

Plus que l’enquête en elle-même, c’est la description d’un microcosme qui retient l’attention du lecteur. En effet, la personnalité de Jessica est complexe, appréciant aussi bien les hommages masculins que féminins, à condition que ce soit elle qui maîtrise le jeu.

La personnalité des différents protagonistes, aussi bien chez les Marcheurs de Dembley que chez les Randonneurs de Carsely, est développée avec humour, révélant les dissensions qui s’élèvent entre les divers participants à ces randonnées. Des jalousies, des rancunes, des faces cachées, des amours contrariées également.

Quant à Agatha Raisin et son ami James Lacey, ils se sentent obligés de se présenter comme époux lorsqu’ils se rendent dans les petites villes voisines, dans le cadre de leur enquête, louant des chambres dans une auberge, afin de détourner l’attention qui ne manquerait pas de se focaliser sur leurs personnes si les villageois, voire les policiers, apprenaient leur rôle d’enquêteurs.

 

 

Dans la presse, on affecte souvent les journalistes vieillissants aux rubriques de faits de société ou de divertissement ou, pire, au courrier des lecteurs.

 

Le problème avec vous, les féministes, est que votre idée de l’égalité, c’est d’adopter tous les défauts des hommes que vous méprisez.

 

Il y a des êtres ainsi faits, qui se fichent pas mal de l’environnement, des baleines ou de quoi que ce soit, mais se servent de la défense de ces causes pour accaparer le pouvoir.

 

M.C. BEATON : Randonnée mortelle (The Walkers of Dembley - 1995. Traduction Jacques Bosser). Série Agatha Raisin enquête. Editions Albin Michel. Parution 2 novembre 2016. 252 pages.

ISBN : 978-2226322708

Partager cet article

Repost0
8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 03:52

Le grand feuilleton : épisode 2.

Jean de La HIRE : L’auto attaquée.

Ayant échappés à l’incendie qui embrase le dirigeable Paris, les six boy-scouts se retrouvent éparpillés dans le désert tunisien.

L’on retrouve en premier Paul Mandar, qui s’est réceptionné sans difficulté grâce à sa maîtrise nouvelle du parachute dont il a été muni, mais il lui faut dès alors retrouver ses compagnons d’aventures.

Tout en les cherchant, il se demande ce qu’ont pu devenir les membres de l’équipage du dirigeable ainsi que les passagers qui voyageaient en première classe.

Le premier boy-scout récupéré est Moutiers, indemne, puis au fond d’un ravin, Cadérac, qui a échappé à une catastrophe inévitable grâce à son parachute qui s’est accroché à des rochers. Grâce aux cordes dont ils disposent, ils parviennent à sortir leur camarade de sa position périlleuse. Puis Darbois qui gît évanoui mais reprend peu à peu ses esprits à l’aide de la pharmacopée dont sont munis les boy-scouts. Il est atteint de nombreuses contusions douloureuses mais pas de blessures graves à déplorer. Mijon est découvert derrière un rocher mais il n’a pas entendu les appels de ses amis, car il est complètement hébété. Enfin il reprend peu à peu ses esprits, et malgré une légère foulure à la cheville, Mijon et les quatre autres survivants repartent. Il manque toutefois Gallec qui est récupéré un peu plus tard, mais en mauvaise posture. Il est sain et sauf dans une crevasse, mais un chacal et ses petits lui tiennent compagnie. Apparemment l’animal ne lui veut pas de mal, pensant surtout à protéger sa portée, mais on ne peut préjuger des réactions s’il se sent attaqué. Une corde servant de lasso entoure bientôt le cou du chien du désert et Gallec peut s’extirper de son trou.

L’équipe reconstituée, les six amis doivent maintenant rejoindre Tunis et pointer la feuille de route. Ils arrivent sur place le 19 juin au soir et apprennent auprès du sous-chef de cabinet du résident général que le dirigeable a été emporté par la tornade à plus de cent cinquante kilomètres de là et que quasi tout l’équipage et les passagers sont sains et saufs. L’équipe de John Dogg est devant eux avec trente-huit heures d’avance.

Après une nuit réparatrice, ils s’apprêtent à foncer vers le lac Tchad à bord d’une auto-chenille, commandée à Paris plus de trois semaines auparavant. Mais auparavant il leur faut procéder au plein d’essence, arrimer des bidons d’huile, vérifier la caisse à outils et les pièces de rechange, sans oublier les provisions nécessaires pour un voyage de trois mille kilomètres. Le temps estimé pour les parcourir est de vingt jours.

Et les voilà partis, traversant des villages, recueillant des informations sur leurs prédécesseurs, avançant cahin-caha dans le désert. Un jour, ils entendent des coups de feu… Une attaque !

 

Il est à noter que le titre de cet épisode correspond uniquement à la fin, alors que des coups de feu retentissent mais que l’attaque n’est pas encore engagée.

Le match entre les deux équipes est véritablement lancé et les dangers ne manquent pas d’être au rendez-vous. Il ne s’agit pas d’une promenade de plaisir ni de santé, mais bien d’un match à distance. Pour le moment, le lecteur ne suit que Paul Mandar et ses coéquipiers, n’ayant des nouvelles de l’équipe britannique que par bribes.

Les verrons-nous à l’œuvre ? Suite au prochain numéro :

Le siège tragique.

 

Présentation du recueil : L’as des boy-scouts :

Premier épisode : Le long courrier aérien :

Jean de La HIRE : L’auto attaquée. L’As des Boy-scouts fascicule N°2. Voyages et aventures modernes autour du monde. Editions J. Ferenczi & Fils. Parution 10 novembre 1932. 16 pages.

Partager cet article

Repost0
7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 04:43

Un contrat qu’elle n’avait pas demandé à signer !

Sue GRAFTON: Le contrat Kinsey

Le jour de ses trente-trois ans, Kinsey Milhone est embauchée pour retrouver une vieille dame et apprend que Tyrone Patty, truand emprisonné grâce à ses bons soins, lance un contrat la visant, elle et quelques autres personnalités du monde judiciaire.

Irène Gersh demande à Kinsey d'enquêter dans le désert de Mojave, où vit sa mère Agnès Grey, quatre-vingts ans, et dont elle n'a pas eu de nouvelles depuis des mois. Agnès a disparu des Slabs, une ancienne base de Marines construite durant la Seconde Guerre Mondiale. Kinsey repère assez facilement le baraquement d'Agnès et découvre sous le plancher une dînette d'enfant. La vieille dame turbulente est soignée dans un hôpital et en fait voir de toutes les couleurs aux employés.

Elle confie un secret incompréhensible à Kinsey dans lequel il est question d'Emily, de Charlotte, à Kinsey qui est agressée par deux fois sur la route. La première fois elle retrouve dans son pneu crevé une balle, la seconde fois sa voiture sert d'auto-tamponneuse. Elle se décide à demander à Robert Dietz, un détective dont elle a fait la connaissance dans une précédente enquête, de lui servir de garde du corps.

Agnès, sur la demande d'Irène et de Clyde, son gendre, est rapatriée à Santa Thérésa. L'identité du tueur attaché aux basques de Kinsey est établie. Il s'agit de Messinger, dangereux repris de justice qui voyage accompagné de son fils de cinq ans.

Kinsey est inquiète pour son indépendance: Dietz s'incruste, surveille ses moindres déplacements. Cette collaboration rapprochée lui sauve la vie à maintes reprises. Tout en la protégeant, Dietz seconde Kinsey dans son enquête. La vieille dame a disparu de l'hôpital où elle était soignée. Kinsey et Irène Gersh se renseignent en vain auprès des voisins. Agnès est retrouvée peu après, décédée d'un arrêt cardiaque, mais des meurtrissures et de la terre sous ses ongles laissent supposer un assassinat.

Devant produire un certificat de naissance, Irène confie celui qu'elle possède à Kinsey qui s'aperçoit que cet acte n'est qu'une photocopie d'un original ayant été‚ falsifié. Une remarque d'une employée de la California Fidelity Insurance, apporte un début de solution à ce qui s'apparentait à des délires d'Agnès.

Emily, Charlotte et Agnès ont un point commun : les sœurs Brontë et leurs ouvrages. Kinsey et Dietz en ont confirmation en compulsant les archives des journaux puisqu'une certaine Emily Bronfen, nom proche de Brontë, est décédée en 1929 lors d'un séisme, phénomène courant en Californie.

 

Une fois de plus Kinsey Millhone paye de sa personne dans cette double histoire. Véritable garçon manqué, elle ne s'inquiète guère de ses tenues vestimentaires, n'attache pas une grande importance aux soins domestiques et ne sait pas faire la cuisine.

Pourtant sous la carapace se révèle un être parfois fragile, soucieux de garder son indépendance. Son amie Véra joue les entremetteuses lui proposant de rencontrer un homme qu'elle juge comme un époux possible pour Kinsey.

Kinsey déjoue ce petit complot et Véra finira par épouser celui qu'elle destinait à Kinsey (CF Assurance tous risques).

Sue Grafton sait nous faire aimer ce personnage de détective féminin, qui se veut une dur à cuire, à la forte personnalité, mais s'avère attachant, sensible aux malheurs de ses concitoyens, refusant d'afficher sa féminité. Un héros de chair et de sang dont on suit avec plaisir les enquêtes et ses démêlés dans sa vie privée.

Sue GRAFTON: Le contrat Kinsey (G. Is For Gumshoe - 1990. Traduction de Joëlle Girardin). Collection Sang d’encre. Presses de la Cité. Parution janvier 1992. 264 pages.

ISBN : 978-2258034938

Réédition : Pocket noir N°4214. 1994.

Partager cet article

Repost0
4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 03:47

Mais que fait Fantômette confinée dans un lave-linge ?

Georges CHAULET : Pas de vacances pour Fantômette.

Dans la journée, Fantômette et ses amies, Ficelle et Boulotte, se sont rendues dans une laverie automatique mais lorsqu’elles veulent récupérer leurs effets, elles ne peuvent que constater les dégâts. Leurs affaires sont déchirées ou ont changé de couleur. Le gérant, pas aimable, leur signifie que de toute façon la laverie fermera le soir même et en dédommagement les force à accepter des billets neufs.

Mais Françoise, alias Fantômette, réfléchit en reprenant le chemin de la maison. Il n’y a guère de clients dans cette laverie, et pourtant les machines semblent tourner jour et nuit. Elle a remarqué également que l’homme avait les mains noires, ce qui est incompatible avec sa profession. Alors elle décide d’en informer son ami Œil de Lynx, journaliste à France-Flash et feuilletoniste se délectant à écrire les aventures de Lady Namytte.

Et c’est ainsi que le soir même elle s’introduit dans la laverie par l’arrière mais elle est réceptionnée par trois individus, dont le gérant, qui n’apprécient pas du tout cette intrusion. Elle les dérange dans leur travail de confection de faux billets. Et c’est ainsi qu’elle se retrouve ficelée et emballée dans le tambour de la machine à laver. Une grande, pour famille nombreuse, est-il besoin de le préciser. Et l’eau étant branchée elle a droit à un bain gratuit. Heureusement, alors que les bandits sont sur le point de partir, Œil de Lynx arrive fort à propos pour la délivrer. Il a juste le temps de sortir Fantômette de sa position fœtale et de remarquer les faux-monnayeurs s’enfuir à bord d’un camion blanc.

Le temps de téléphoner à la police et le camion s’est évaporé dans la nature. Ils ont fait leur devoir, le commissaire Maigrelet est prévenu, ils n’ont plus qu’à aller se coucher afin de se reposer de leurs émotions.

Le lendemain matin, un article, signé Œil de Lynx ne tarit pas d’éloges sur Fantômette et sa découverte de la présence de faux-monnayeurs. Mais la jeune fille n’est pas véritablement confiante en la police aussi se renseigne-t-elle sur la direction prise par le camion blanc et persuade son ami journaliste de se lancer sur la trace des bandits. Mais les imprévus s’amoncellent de même que les dangers sur le chemin des deux téméraires.

 

L’intrigue de cette nouvelle aventure de Fantômette, une façon comme une autre de blanchir de l’argent, est simple, pour ne pas dire simpliste, mais l’auteur accumule les épisodes à haut risque sans perdre de temps, ni son humour.

Evidemment, pour suivre un camion blanc lorsque l’on se retrouve à un embranchement de quatre routes, il faut déduire quelle voie a emprunté le véhicule car les témoins ne se pressent guère pour les renseigner. Même en 1965, les camions blancs sur les routes devaient se compter par centaines, et retrouver sa trace grâce à un pompiste, les malfrats n’ayant pas pris leurs précautions avant leur voyage, cela ressemble un peu à de la facilité, mais lorsque l’on a une dizaine d’années, pense-t-on vraiment à ces quelques anomalies ou facilités.

Il est amusant de lire les comptes-rendus d’œil de Lynx dans un article journalistique, qui s’il est proche de la vérité, contient toutefois quelques détournements de ce qu’il s’est réellement passé. Il faut avouer que le journaliste veut se montrer à son avantage. Mais dans la réalité, n’est-ce point ce qu’il se passe dans les relations d’événements au quotidien, la vérité légèrement déformée pour induire, sans l’avouer, le lecteur en erreur.

L’humour se cache aussi bien dans la narration des épisodes épiques subis par Fantômette et son compagnon de route, mais également dans les noms de lieux. Ainsi s’arrêtent-ils dans une auberge à l’enseigne antinomique du Roy et de la République.

 

Quand un auteur est à court d’imagination, il raconte que ses héros ont eu un cauchemar.

Georges CHAULET : Pas de vacances pour Fantômette. Bibliothèque Rose. Editions Hachette. Parution Janvier 1975. 190 pages. Première édition 1965.

ISBN : 2010009096

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables