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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 08:05
Stuart KAMINSKY : La case de l'oncle atome

Et l'oncle atome n'avait pas de cases vides...

Stuart KAMINSKY : La case de l'oncle atome

Stuart Kaminsky aime le cinéma, d'ailleurs c'est le titre de l'un de ses romans parus à la Série Noire. Il s'amuse à mettre en scène acteurs et personnalités du 7ème art des années 1940 avec une verve, un humour jamais démentis.

Son héros le détective privé Tobias Pevsner, dit Toby Peters, a travaillé pour la Warner en qualité de gardien, de vigile, puis il s'est mis à son compte, ce qui lui a permis de sauver parfois d'une situation périlleuse ou compromettante des acteurs tels que John Wayne, Errol Flynn, Judy Garland, Gary Cooper, Mae West, Bela Lugosi ou encore les Marx Brothers. Mais il ne se contente pas de secourir des célébrités du grand écran, il lui arrive d'enquêter pour des personnalités comme Joe Louis ou Franklin Delanoe Roosevelt, le président des Etats-Unis de l'époque.

Dans ce roman, l'homme qui a recours aux bons offices de Toby Peters, ne fait pas partie du monde cinématographique, puisqu'il s'agit tout simplement d'Albert Einstein lui-même, qui dans une Amérique traumatisée par les effets de la guerre contre les Nazis, requiert les qualités de déduction du détective.

Le roman débute, comme tous ceux de la série, par nous montrer Toby et son ami le dentiste arracheur de dents Shelly Minck dans une fâcheuse posture.

Toby, une balle dans le bras, essaye de retenir et remonter Shelly qui pend dans le vide. Une dégringolade de vingt-huit étages avant d'atterrir, c'est beaucoup pour un simple mortel. Comment en sont-ils arrivés là, c'est ce que le détective des stars va nous narrer en décrivant humoristiquement ses aventures mêlées de situations dramatiques, cocasses, bizarres, naïves, inextricables.

Nous avons droit à d'aimables digressions sur le golf, la chirurgie dentaire en pleine expansion, à des scènes burlesques, comiques, candides, mais elles sont trop nombreuses pour être recensées. Sachez toutefois que si Einstein à recours au talent d'enquêteur de Toby Peters, c'est qu'une sombre machination se trame autour de lui. Et être Juif et Allemand en 1942, n'est pas toujours perçu d'un bon œil, surtout si l'on détient les secrets d'une bombe révolutionnaire.

Mais qui en veut à sa vie ?

Encore un excellent roman de Stuart Kaminsky qui connait la recette pour nous faire passer des heures agréables à la lecture d'un livre.

Stuart KAMINSKY : La case de l'oncle atome (Smart movies - 1986. Traduction de Madeleine Charvet). Série Noire N°2123. Parution février 1988. 320 pages.

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 10:31
Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

Couché dans le train avec la nuit pour témoin...

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

Antoine est couchettiste. C'est à dire qu'il travaille à la compagnie des Wagons-lits et non pas qu'il se couche n'importe où et avec n'importe qui. Il est employé, pas forcément pour son plaisir, sur le Galiléo, Paris-Venise ou Paris Florence, selon les cas, des voyageurs tarifés 2ème classe. Il réceptionne les clients, s'occupe des passeports, des billets, fournit la literie, sert d'intermédiaire avec les douaniers et les contrôleurs français, suisses ou italiens, fait office de réveille-matin.

Dans les bons jours, ou plutôt les bonnes nuits, il peut se reposer un peu. Et comme le veut la légende accrochée aux pompons des marins, une femme au départ et une à l'arrivée.

Souvent il tombe sur des grincheux, des inquiets, des bavards, des exigeants, des malades, mais il est habitué et d'un ton rogue, rembarre les importuns. Mais ce voyage Paris-Venise, il s'en rappellera.

Que n'a-t-il changé avec Eric, un de ses collègues qui désirait permuter de destination. D'abord un des voyageurs se plaint de ce que son portefeuilles a pris la fille de l'air. Ensuite il en découvre un autre dans sa cabine, sous son lit. Crime de lèse-majesté ! Viol de propriété privée ! Foi d'Antoine, cela ne se passera pas comme ça.

Mais l'autre s'accroche comme une sangsue, et les ennuis déboulent, s'accumulent, une cascade niagaresque dans son compartiment.

Les douaniers, des truands et d'autres personnages louches aux prétentions mal définies se passent le relais, à croire que la Terre entière s'est liguée contre lui.

 

Ce roman de Tonino Benacquista, le premier à la Série Noire, mais le deuxième dans l'œuvre de l'auteur après Comme une pin-up épinglée dans un placard de G.I, démarre un peu à la vitesse d'une micheline, mais prend bientôt un rythme de croisière pour s'achever comme un TGV brûlant les étapes.

Il nous fait découvrir les aspects d'un métier qui pour beaucoup signifient vacances, soleil et Dolce Vita. L'envers, l'enfer ? du décor n'est guère reluisant et couchettiste n'est vraiment pas un métier de tout repos.

 

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.
Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.
Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

 

Curiosité :

Ce titre a également été utilisé par Gilles Soledad en 1981 pour un roman publié à La Brigandine.

 

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings. Série Noire N°2167. Parution février 1989. 256 pages. Réédition Folio Policier N°3. Parution octobre 1998. 288 pages. 8,00€. Folio Policier N°340. (contient 4 romans). Parution mai 2005. 896 pages. 12,40€.

Une version illustrée par Jacques Ferrandez a été publiée chez Futuropolis/Gallimard en octobre 1991. 456 pages. 9,30€. Retrouvez ces ouvrages sur le site de la Série Noire.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 12:35
Jack EARLY : La mort dans l'art

Combien ce mannequin dans la vitrine ?

Jack EARLY : La mort dans l'art

Fortune, diminutif de l'italien Fortunato, Fortune est un détective privé et ancien policier.

Mais s'il a quitté son ancien métier, ce n'est pas à cause d'une blessure ou d'un renvoi, mais uniquement parce qu'il a hérité d'une somme d'argent assez conséquente.

En réalité il est détective par plaisir et parce qu'il faut bien s'occuper dans la vie, bien que la garde de ses deux enfants, suite à son divorce, lui procure pas mal de soucis et de travail.

Il vit à Soho, un quartier new-yorkais envahi peu à peu d'artistes et de boutiques dans le vent.

Or justement un jour, dans l'échoppe de vêtements sise en face de chez lui, en vitrine un mannequin fait plus vrai que nature. Mais un mannequin qui saigne de la tête, ce n'est pas vraiment normal. Il s'agit d'une jeune fille qui a quitté le domicile familial, à la recherche de son jeune frère, fugueur lui aussi.

Fortune est chargé par leur oncle de rechercher, primo le meurtrier de Jennifer, secundo, Patrick qui avait donné de ses nouvelles à Jennifer peu de temps auparavant et qui de nouveau a disparu.

 

Une enquête qui fera découvrir à Fortune des endroits et des personnages dont il ne soupçonnait pas l'existence. Il fera la connaissance d'une voisine, jeune femme, divorcée elle aussi, qui saura lui remonter le moral au bon moment.

 

Sous l'alias de Jack Early se cache Sandra Scoppettone qui écrivit également avec succès les aventures Lauren Laurano, détective privée lesbienne. Ses romans ont été édités au Fleuve Noir, et celui-ci a été réédité sous le même titre en 2003 mais sous le nom de Sandra Scoppettone, puis chez Pocket.

Jack EARLY : La mort dans l'art
Jack EARLY : La mort dans l'art

Jack EARLY : La mort dans l'art (A Creative Kind of Killer - 1984. Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°2033. Parution janvier 1986. 256 pages.

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 13:19

Hommage à Robin Cook, le Britannique, né le 12 juin 1931.

Robin COOK : Mémoire vive.

Le roman noir n'a pas pour objectif de distraire; sa fonction est d'informer la société sur certains de ses aspects en lui montrant la mauvaise image dans le miroir, l'image d'elle-même qu'elle refuse de voir comme l'ont fait Edwin Drood, Le Procès, Thérèse Raquin, Erostrate, Le grand Sommeil ou Les copains d'Eddie Coyle. On ne peut pas séparer le meurtre, le chantage et les représailles du reste de la réalité, car sinon, vous obtiendrez un résultat bâtard qui passera à côté de tout ce qui a une chance d'éveiller, même confusément, les sentiments et la conscience du lecteur.

 

Ce credo, cette profession de foi, Robin Cook va tenter de l'expliquer tout au long de ses mémoires cachant ses années de jeunesse, ses années d'errance derrière la pudeur de l'homme secret.

Certes Robin Cook parle de son enfance, de l'indifférence de son père, du non amour qu'il voue à sa mère, de sa scolarité à Eton et dans une école privée et de ses vagabondages.

Le refus de ressembler à son entourage lui ordonne de vivre différemment, à la recherche d'un Graal de liberté, de justice et de compréhension du monde et de l'humanité en ce qu'elle recèle de plus inquiétant.

Cook est un être torturé, déchiré, sensible. L'amitié, l'amour ne sont pas de vains mots. Il goûte à une joie simple, dénuée de toute hypocrisie. Du milieu huppé de son enfance à la maison d'ermite dans laquelle il vit maintenant la plupart du temps, ses incartades à peine évoquées avec la pègre londonienne, il tisse un voile pudique, s'étendant plus volontiers sur la mort. Celle de ses amis, des femmes qu'il a connu, la mort qu'il a côtoyé personnellement.

Il se réfère souvent à des poètes méconnus, mais également à Sartre ou à Orwell.

 

La lecture de Mémoire vive nous propose l'autre facette de ce grand échalas dégingandé, affublé d'un inamovible béret, à la faconde joyeuse qu'il affiche lors des réunions polardesques.

Le personnage public s'efface devant l'homme. Et l'on comprend le grand débat intérieur qui l'agite et transparait dans ses romans.

 

Robin COOK : Mémoire vive.

Robin COOK : Mémoire vive. Traduit de l'anglais par Jean Esch. Collection Ecrits Noirs. Editions Rivages. Parution décembre 1993. 338 pages. Réédition Rivages/Noir N°374. Parution novembre 2000. 10,65€.

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 12:46
Marvin ALBERT : Le paradis des poulettes.

Le paradis accueille beaucoup de monde, n'est-il pas ?

Marvin ALBERT : Le paradis des poulettes.

Ilona, jeune fille d'origine hongroise, fausse compagnie à son ami resté sur son yacht et demande à Pete Sawyer de remettre un pli à Désiré Brissac.

Le destinataire du pli, lui aussi exilé hongrois, est un camarade de Pete, de même que sa femme Mireille qui fut le premier amour du détective. Lorsqu'il arrive chez Désiré, Pete butte sur Roland, un tueur à gages qu'il a déjà eu l'occasion de rencontrer.

Le Hongrois a disparu depuis quelques jours et Mireille est inquiète. Sawyer prend en charge la jeune femme et sa fille et se fait traduire par une amie la missive destinée à Brissac dans laquelle Ilona prévient l'immigré qu'il est en danger, à cause de son passé et de ses activités annexes de mercenaire. Sawyer rencontre ou téléphone à de nombreuses relations. Désiré est localisé. Blessé il s'est réfugié chez un toubib.

Pete se rend chez le docteur, aperçoit Désiré qui s'enfuit laissant derrière lui le médecin mortellement atteint et un tueur dans le même état. Sawyer est pris en filature mais il parvient à échapper à ses poursuivants. Les indications recueillies l'amènent à la famille Falicon, fort bien connue du milieu policier mais intouchable. La grand-mère, surnommée la Vieille Araignée, a monté une entreprise prospère spécialisée dans l'espionnage industriel, et le petit-fils a élargi ses activités en fournissant des armes et des mercenaires, à des pays africains.

 

La série des Pete Sawyer prend son rythme de croisière, c'est à dire qu'elle ronronne gentiment, et cette septième aventure de Pete Sawyer se déroule tranquillement, écrite par un auteur qui connait bien sa partition.

L'histoire est classique et ne vaut que par le regard porté par un Américain amoureux du Midi de la France qui se complait à distiller ses impressions sociologiques.

 

Il faut que tu apprennes à distinguer entre une fille de joie et une héritière qui donne la joie.

 

Curiosité :

Le Paradis des Poulettes est le surnom donné par une paparazzi à la Côte d'Azur. Ce roman est dédié aux gendarmes d'Eze et de Cap d'Aïl.

 

Marvin ALBERT : Le paradis des poulettes. (Bimbo heaven - 1990. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2236. Parution juin 1990. 320 pages. 8,55€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 10:49

Bon anniversaire à Frédérick Tristan, né le 11 Juin 1931 à Sedan, écrivain et poète. Frédérick Tristan a utilisé le pseudonyme de Mary London entre 1986 et 2001 pour signer une douzaine de romans policiers relatant les Enquêtes de sir Malcolm Ivory.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons.

Sir Malcolm Ivory est appelé à la rescousse par son ami le superintendant Douglas Forbes, lequel est complètement débordé par la nouvelle affaire qui vient de lui tomber sur les bras.

Lors d’une cérémonie maçonnique, un banquier est assassiné d’une curieuse façon. D’ailleurs tout est curieux aux yeux de Forbes et d’Ivory. Scotland Yard a été prévenu alors que théoriquement personne ne pouvait sortir du local où se tenait la réunion.

Bousculant les habitudes, une femme était présente à cette cérémonie, qui plus est la veuve de la victime, et le mort portait un tablier brodé du XVIIIème siècle. Bigre de cornegidouille, un crime en vase clos qui n’est pas pour déplaire à Sir Malcolm qui en a vu d’autres, et ne se laisse pas démonter par cet embrouillamini du plus mauvais effet, du moins dans les rangs de la Franc-maçonnerie.

Bon, qu’en quatrième de couverture soit portée la mention : voici enfin rééditée dans une traduction revue et complétée l’une des enquêtes les plus fascinantes de Sir Malcolm, cela me fait doucement sourire. Pour moi, ce n’est que farce et canular, que cette traduction dont la mention du copyright n’est même pas mentionnée, sauf un titre anglais, mais cela n’a pas valeur de preuve.

Donc pour moi il s’agit d’un auteur français qui s’amuse, et il a bien raison. Les plus intransigeants resteront de marbre devant ce texte, mais comme j’aime bien m’amuser moi aussi de temps en temps et passer de bons moments, j’ai apprécié, d’autant que ce texte est peut-être mieux écrit que certains romans que l’on nous propose parfois sous couvert de noir et de réalisme. La jalousie, personne n’y coupe, même les plus obscurs.

Lecture amusante, qui ne prend pas le chou comme savent si bien s’exprimer nos adolescents, expression qui déteint chez les plus âgés.

Cette chronique a été écrite lors de la parution de ce roman, alors que le pseudonyme de Frédérick Tristan n'avait pas encore été dévoilé.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons.

Mary LONDON : Un meurtre chez les Francs-Maçons. Une enquête de Sir Malcolm Ivory aux éditions du Rocher. Parution février 1999. 220 pages. 12,20€. Réédition Pocket décembre 2005. 212 pages. 6,10€.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 07:48
Gérard DELTEIL : Balles de charité.

Et pour dix balles, t'as plus grand chose...

Gérard DELTEIL : Balles de charité.

Les associations caritatives ne se comptent plus et se déclarent une guerre impitoyable.

C'est à qui aura le plus de parts de marché, le plus de partenaires sociaux, d'aides des finances publiques et de clients secourus, la meilleure image de marque. La répartition du budget humanitaire étant fonction du nombre de secourus.

Dans un Paris où les pauvres sont légion et vivent dans des quartiers déclassés, où les riches paradent dans des sites protégés tout en s'ennuyant fermement, Cesbran, l'un des employés de la Compagnie du Christ tente de sortir son épingle du jeu. Alors qu'il démarche dans une tour du Front de Seine et promet le rétablissement de l'électricité si les habitants lui confient leurs intérêts, Deschiens, le chef de marketing, lui propose une mission particulièrement délicate.

A cause de l'insécurité, des attentats terroristes, des restrictions de déplacement, les riches n'osent plus bouger de chez eux d'où leur ennui. Cesbran doit recruter parmi les déclassés des animateurs sociaux qui organiseront des soirées récréatives, racontant de quelle façon ils survivent dans leur zone, dans leur ghetto. Une mission simple en apparence, qui flatte l'égo de Cesbran mais en même temps le démarcheur se demande s'il n'est pas l'homme de paille d'un coup fourré.

Il se rend au Nouvel Auber, lieu de sa nouvelle activité, et prend contact avec le directeur d'une agence de voyage susceptible de le mettre en relation avec des personnes intéressées par ce genre de soirées. Cela ne plait guère à Dorval, héritier d'un consortium électronique mais Cesbran sait défendre sa cause. Parmi ses trois recrues, une femme, Hélène et deux hommes dont il n'est pas sûr à cent pour cent. La première soirée, avec Hélène comme animatrice, se passe bien et Cesbran est conforté dans sa mission. Il découvre dans la chambre d'hôtel voisine de la sienne le cadavre d'un journaliste, qui enquêtait sur un trafic de conserves soi-disant fabriquées pour le compte de la Compagnie par de nouveaux esclaves, ce qui est contraire à l'éthique des associations humanitaires. Il a juste le temps de copier sur disquettes les fichiers du journaliste avant l'intrusion des policiers, disquette qu'il soumet à l'un de ses amis.

L'homme est assassiné et sa femme révèle à Cesbran que la Compagnie procédait à des jeux d'écriture pour racheter des actions du groupe Dorval. Ce qui là encore est contraire à la déontologie des associations caritatives. L'un des deux collaborateurs de Cesbran, chargé de surveiller Hélène, lui apprend qu'elle bricole dans sa chambre avec du matériel électronique. Il n'a guère confiance en Hélène qu'il a vue en compagnie d'un pontife de chez Dorval puis au restaurant avec Deschiens. Alors qu'il flâne dans la Boule avec Véro, sa compagne, il est témoin d'un attentat. Les victimes se comptent par dizaines. Cet attentat a pour conséquence de faire chuter les actions du Groupe Dorval.

 

A une époque où l'on ne parle que de solidarité, aides pécuniaires, assistance en tout genre, cette vision futuriste d'un Paris contrôlé par différentes associations de bienfaisance n'est qu'une fabulation qui malheureusement risque de devenir à plus ou moins longue échéance réalité.

Un roman d'anticipation, en marge au catalogue de la Série Noire, qui malgré cette extrapolation d'un avenir plutôt sombre reste foncièrement policier et noir.

Curiosité :

Ce roman a été écrit sur une idée d'Eric Le Braz.

Gérard DELTEIL : Balles de charité.

Gérard DELTEIL : Balles de charité. Série Noire N°2213. Parution janvier 1990. 192 pages. Réédition Folio Policier N°145. Parution janvier 2000. 5,80€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 10:54
Julius A. LION : Les corbillards reviennent à vide.

Un problème de coordination dans la logistique ?

Julius A. LION : Les corbillards reviennent à vide.

L'inspecteur Boule est en congés forcés à cause d'une vilaine blessure écopée lors d'une arrestation mouvementée. Et sa convalescence, il va la passer en Normandie, près de Louviers, dans sa famille.

Ce n'est pas de gaieté de cœur mais parce que son chef le lui a demandé et que Jacquelin Le Vougier, journaliste véreux, est déjà sur place. Une enquête pas si banale qu'il y paraît à première vue puisque vont se greffer sur une ténébreuse affaire d'empoisonnements quelques drageons non moins vénéneux.

Trois des participants à un symposium d'astrologie reçoivent des menaces de mort alors que du poison a été prélevé dans un laboratoire. Boule propose de manière officieuse sa collaboration à Margaret Lockton, l'épouse du commissaire de police local, lequel possède deux passions : les femmes et la peinture. Boule, qui est loin d'être misogyne, retrouve en Sylvaine Sellier, la juge chargée de l'affaire, une vieille connaissance.

Les trois astrologues décèdent d'empoisonnement mais c'est l'arbre qui cache la forêt. En réalité Boule doit enquêter, et démontrer, la malhonnêteté d'un député véreux, Taillandier, qui bénéficie de la protection d'un flic ripou : Tardy. Ce qui l'amène à rouvrir le dossier d'un ancien député, Peychmarty, impliqué dans un trafic de prostituées maliennes, recrutées dans la brousse pour venir travailler en France.

 

Les corbillards reviennent à vide est un roman complètement délirant, aux dialogues caustiques, percutants, acides et humoristiques. D'ailleurs l'humour est toujours présent que ce soit dans les conseils prodigués pour mener à bien une partie de pêche en rivière ou cette scène grand-guignolesque de rodéo stock-car dont les engins motorisés ne sont autres que des corbillards.

Sans avoir fait véritablement parler de lui, Julius A. Lion, en quatre romans, a construit une œuvre dense et efficace. Il est dommage qu'il soit venu sur la tard à la littérature et que le changement de direction de la vénérable collection l'ait écarté du catalogue, car il possède un sens indéniable de la construction, de la dérision et de la mise en scène spectaculaire.

Il aurait pu marquer de son empreinte d'une façon plus indélébile son passage dans la collection. Peut-être est-ce parce qu'il n'épargne personne dans la famille politique, que ce soient des représentants de gauche ou de droite.

 

Elle avait un rire qu'il eut fallu prendre avec une pince à cornichons tant il était aigre.

Nous ne fréquentons pas les politiciens véreux, ce qui revient à dire que nous ne fréquentons aucun politicien.

Julius A. LION : Les corbillards reviennent à vide. Série Noire N°2208. Parution novembre 1989. 7,10€. Disponible sur le site de la Série Noire

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 08:06
Max Allan COLLINS : Le boucher de Cleveland

Vente en gros et au détail...

Max Allan COLLINS : Le boucher de Cleveland

Neuf cadavres en pièces détachées ont été retrouvés sur le Run et dans les bidonvilles de Cleveland, en l'espace de quelques mois.

Eliot Ness, le directeur de la sécurité, décide après avoir mené à bien l'épuration dans la police de Cleveland, de s'atteler à la tâche. L'inaction lui pèse, pourtant il sait qu'un échec lui serait fatal.

Les inspecteurs Merlo et Curry n'ont pas ménagé leurs efforts, sans grands résultats. Seuls deux cadavres ont pu être formellement identifiés. Ness se grime en chômeur afin de tirer les vers du nez du cafetier d'un des bidonvilles de la banlieue. Il suit plusieurs pistes et les soupçons pèsent bientôt sur Franck Dolezal, un immigré alcoolique qui a travaillé quelques années auparavant comme tueur dans un abattoir. Fait aggravant Dolezal est homosexuel, l'un des profils attribués à celui qui est surnommé le Boucher. Le shérif, dont l'un des adjoints a reconnu Ness sous son déguisement, décide de s'approprier l'enquête. Il incarcère Dolezal qui, en manque d'alcool, avoue tout ce qu'on lui demande. L'homme se suicide mais Ness n'est pas pour autant convaincu de sa culpabilité.

Vivian, une jeune femme qu'il a fréquenté, confie à Ness qu'elle soupçonne Lloyd Watterson, le fils d'un chirurgien ami du maire de Cleveland, comme étant le tueur recherché. Lloyd, chirurgien raté, s'occupe des affaires financières de son père. Pensant que Ness ne l'a pas écoutée, elle demande à Wild, le journaliste, de s'introduire dans la demeure du jeune homme. Wild se fait surprendre et ne doit la vie sauve qu'à ses réflexes et à Vivian. Seulement lorsque Ness arrive sur les lieux Lloyd a déménagé emportant les preuves de ses assassinats.

 

Véritable reportage et histoire romancée, ce livre pêche pourtant par sa froideur, même si les problèmes de cœur d'Eliot Ness apportent le côté sentimental.

Le personnage du tueur, un psychopathe, n'est pas assez développé. Traitée à la manière de Robert Bloch, c'est à dire côté assassin et non pas enquêteur, cette histoire aurait eu plus de rayonnement, de profondeur, en mettant l'accent sur l'aspect psychologique, sur les motivations, les affres, les problèmes de conscience de celui qui fut surnommé le Boucher de Cleveland. Mais il est vrai que le héros est Eliot Ness, et seulement Eliot Ness.

Le crime, ce n'était pas de vivre dans un bidonville, c'était qu'une telle agglomération puisse exister.

Max Allan COLLINS : Le boucher de Cleveland (Butcher's Dozen - 1988. Traduction de Noël Chassériau). Série Noire N°2206. Parution novembre 1989. 320pages. 7,80€. Disponible sur le site de la Série Noire

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 08:14
Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit.

N'est pas la sœur de mes nuits...

Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit.

L'avocate, et petite amie de Pete Sawyer, Arlette Alfani est soupçonnée par la police de complicité dans l'évasion d'André Colin, dit Dédé le Dingue, dangereux récidiviste et tueur patenté.

Celui-ci avait été incarcéré à la suite d'un vol de bijoux, dénoncé par sa maîtresse, Christine Boyer. Sawyer se rend à Anvers mais Christine, une Eurasienne, qui était serveuse de bar a disparu. Colin est sur ses traces et abat deux des gardes du corps de Huang, le propriétaire du bar. Sawyer pense que Huang, qui est impliqué dans un trafic de main d'œuvre clandestine et autres activités illégales, a organisé l'évasion de Colin afin de faire main basse sur les bijoux.

De retour à Paris, Sawyer reçoit la visite d'Alfani, truand notoire en retraite et père d'Arlette, bien décidé à sauver l'honneur de sa fille. Grâce aux contacts et relations de son ami et associé Fritz Donhoff, qui se remet lentement de ses blessures (voir Le tombeau du dernier sourire), Sawyer rencontre quelques personnages dont un Asiatique patron d'immigrés clandestins œuvrant dans le prêt-à-porter, une ancienne amie de Christine, serveuse dans un bar, un ancien moine bouddhiste qui pense qu'elle se cache chez les chèvres, la secrétaire d'un hebdomadaire, une comtesse qui avait embauché pour des soirées, sans la déclarer, la jeune fille, et d'autres qui alimentent sa moisson de renseignements.

Les gardes du corps fournis par Alfani lui sauvent la mise, lui évitant quelques désagréments corporels, ce qui n'est pas le lot de tout le monde. Sawyer se rend compte que Huang et Colin, séparément, le suivent dans ses démarches pour retrouver la jeune fille. Huang est le responsable en Europe d'une sorte de triade appelée La Sœur de Minuit, l'un des noms sous lequel est désignée la déesse Kali.

 

D'une trame un peu mince, Marvin Albert réussit à tirer trois cents pages, grâce à son professionnalisme et à ses digressions, retours en arrière sur le passé de certains personnages, extrapolations philosophiques, descriptions géographiques, et dialogues travaillés. Un roman agréable à lire mais qui date un peu, comparé à la production américain et française due à la nouvelle génération.

 

Il y a, dans toute prison, au moins un gardien susceptible de se laisser corrompre par une offre alléchante.

Curiosité :

L'évasion de prison de Colin à l'aide d'un hélicoptère ressemble à un fait-divers qui s'est déroulé à cette époque.

 

Marvin ALBERT : La Sœur de Minuit. (The Midnight sister - 1989 -  Traduit de l'américain par Rosine Fitzgérald). Série Noire N°2200. Parution octobre 1989. 320 pages. 7,80€. Disponible sur le site de la Série Noire

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