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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 09:52

Bon anniversaire à Paul Halter né le 19 juin 1956.

Paul HALTER : Meurtre dans un manoir anglais.

Invités par un mystérieux Docteur Lenoir, Mlle Rose, Mme Leblanc, Mme Pervenche, le docteur Olive, le professeur Violet et le colonel Moutarde font connaissance en attendant leur hôte.

Celui-ci est absent, mais a laissé un message à leur intention. Il ne saurait tarder selon la missive. Il leur propose afin de passer le temps d’échanger leurs souvenirs concernant des affaires criminelles auxquelles ils ont tous été plus ou moins impliqués, et de se restaurer. Des indices ont été disposés dans les pièces de l’imposante bâtisse.

C’est mademoiselle Rose qui entame les débats en découvrant dans la bibliothèque un poignard. Elle narre comment son oncle et tuteur a été tué dans une bibliothèque alors qu’il était enfermé avec Philipp le prétendant de la jeune femme. Naturellement Philipp est accusé du meurtre pourtant il jure ses grands dieux n’y être pour rien. Cette énigme sera résolue peu après et le mystère de la chambre close se dénouera d’heureuse façon.

Comme entracte le docteur Lenoir a proposé une séance de tir au pistolet dans le jardin avant que sa propre histoire soit lue par le docteur Olive. Puis c’est au tour des autres de se vider chacun la conscience, en attendant l’arrivée de cet hôte fantôme. Seulement l’un d’eux a menti et le drame couve parmi cette assemblée.

 

Délicieusement rétro cette histoire de Paul Halter, fervent admirateur de John Dickson Carr, est un moment de détente dans une production de plus en plus noire.

L’ingéniosité et l’humour présents dans ce petit livre en font une récréation agréable et les historiettes en forme de nouvelles sont liées par l’emprunt des personnages du célèbre jeu de Cluedo.

Paul Halter sans faire de remous, sans que son nom soit souvent cité comme aspirant dans les trophées, s’avère comme le maître actuel de ce genre un peu désuet qui garde ses fervents admirateurs, et l’on ne peut que saluer son sens de l’intrigue, son habileté à construire ses énigmes, le tout allié à une solide écriture qui nous change des romans bâclés annoncés comme l’essence de la littérature moderne.

 

Paul HALTER : Meurtre dans un manoir anglais. Le Masque Jaune N°2409. Editions des Champs Elysées. Parution 16 septembre 1998. 156 pages.

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 08:11
Tonino BENACQUISTA : Trois carrés rouges sur fond noir.

Pas facile de jouer au billard avec des boulées carrées !

Tonino BENACQUISTA : Trois carrés rouges sur fond noir.

Le jour, Antoine travaille dans une galerie d'Art moderne, accrochant les tableaux, disposant les œuvres à l'aide de marteaux et de crochets nés sous X.

Mais pour lui, un vernissage n'est que l'occasion, le lieu de rencontre de vieux tableaux et de jeunes cadres. Et même s'il côtoie des huiles, Antoine a l'impression de gouacher sa jeunesse.

Aussi, à dix-huit heure, il s'éclipse et sa joie de vivre, son évasion, il les trouve sur un bout de pré, moquette verte ou paissent deux boules d'ivoire et une rouge sang qu'il manie à la baguette.

Son univers, c'est le billard dans une salle enfumée.

C'est lors de l'exposition consacrée à Morand, virtuose du noir, que son avenir bascule, comme la statue qui lui tombe dessus. Une toile anachronique disparait et Antoine se réveille à l'hôpital, mais pas sur un billard.

Dès lors, en marge de la police, Antoine mène son enquête personnelle, à la force du poignet.

 

Tonino Benacquista puise allègrement dans ses souvenirs et ses expériences pour écrire ses romans. Rappelez-vous Epinglé comme une pin-up dans un placard de G.I. dans lequel un jeune émigré italien partait à la découverte de l'Amérique et du monde des jeux. Ou encore La Maldonne des sleepings, roman ferroviaire entre Paris et Venise en compagnie d'un couchettiste de wagon-lit.

Dans ce nouveau roman, il nous entraîne dans les mondes interlopes de la peinture et des joueurs de billard. Et disons tout net, en tranchant dans le vif que l'enquête conduite par son héros pathétique ne sera justement pas du billard.

Il ne se contente pas d'esquisser mais peint à grands coups de pinceaux une étude de mœurs joyeusement féroce, à l'aide d'une palette où prédominent le rouge et le noir.

Tonino BENACQUISTA : Trois carrés rouges sur fond noir.

Tonino BENACQUISTA : Trois carrés rouges sur fond noir. Série Noire N°2218. Parution 1990. Réédition Folio Policier N°49. Parution mai 1999. 240 pages. 6,40€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 09:41
Joseph BIALOT : La nuit du souvenir.

Et le souvenir ne nuit pas... Quoique...

Joseph BIALOT : La nuit du souvenir.

L’enlèvement de son petit-fils Julien, la veille du Jour de l’An et sa reconstitution contre une énorme rançon n’abat pas Lucien Perrain. Au contraire, il se charge de remettre lui-même l’argent réclamé aux ravisseurs, dans la banlieue parisienne près d’Etampes.

Hélas la neige qui recouvre la campagne environnante d’un blanc linceul transformera cette nuit de fête en tragédie. Pour Lucien c’est un retour en arrière qui s’effectue. Les souvenirs affluent. Des souvenirs vieux de quarante cinq ans, la déportation, la vie, si l’on peut appeler ainsi l’existence larvaire dans le camp de concentration de Bonne Espérance.

Des images qui s’impriment en surimpression, lui faisant perdre les esprits, la notion du temps. Et c’est le drame.

Lucien Perrain abat les deux truands chargés de la transaction. Un geste irréfléchi, impulsif, subordonné à des souvenirs poignants. Le fil ténu qui pouvait le mener à son petit-fils semble irrémédiablement cassé.

 

Dans ce roman, Joseph Bialot puise dans ses souvenirs personnels tout en adaptant ce qui pourrait être un fait-divers.

L’humour qui imprégnait son précédent roman, Un violon pour Mozart n’est plus de mise. Ici, c’est le combat âpre d’un homme seul contre les éléments, contre l’adversité, contre lui-même : « Lucien Perrain vivait ainsi, tiraillé entre la nausée et cette passion féroce de respirer, de marcher, de chanter, de jouir qu’il connaissait si bien depuis quarante-cinq ans ».

Un roman qui s’inscrit directement dans la définition que Joseph Bialot donne du roman policier : « Le roman policier représente la tragédie moderne au quotidien. C’est une littérature qui permet d’explorer un univers où les situations individuelles sont poussées au paroxysme. Il y a dans tout roman noir un moment, un seul où tout bascule, où tout le code social, où tout le corps social, se trouve confronté avec sa logique à une situation affective. Et c’est le clash ». Une excellente réédition à ne pas manquer.

Joseph BIALOT : La nuit du souvenir.

Joseph BIALOT : La nuit du souvenir. Série Noire N°2215. Parution février 1990. 224 pages. Réédition Folio Policier N°603. Parution le 16 décembre 2010. 240 pages. 7,00€. Disponible sur le site de la Série Noire

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 12:21
Daniel PICOULY : NEC.

Plus ultra... ?

Daniel PICOULY : NEC.

Lorsque le destin est lié à la reproduction sur carte postale d'une fresque italienne d'une peinture du XVe siècle, lorsqu'un commissaire est dirigé sur l'enquête de la crémation d'un diplomate Sud-Africain parce qu'on le juge trop nul pour réussir, lorsque des attachés d'ambassade désirent que cette enquête avorte, lorsqu'une pellicule photo joue au pigeon voyageur et lorsque plusieurs personnages ne pensent qu'à se tirer dans les pattes, cela donne un roman bizarre, aux formules à l'emporte-pièce, aux phrases oniriques et à l'action quelque peu embrouillée.

Mais Daniel Picouly avait-il envie d'écrire un roman à la trame littéraires ? Non. Il jongle avec les mots, et ses phrases courtes sont autant de déchirures figures de style.

Qu'il s'agisse de NEC? le héros-meurtrier, du commissaire Lomron, de Scoop le journaliste, de Météo l'arroseur de neige, de Béa l'accueillante, de Hondo, l'enfant fasciné par les allumettes, chacun vit avec ses souvenirs, ses allégories, ses envies accrochés à ses basques comme une colonie de pucerons sur une tige de rosier. L'humour et la mort rôdent, s'entrechoquent, et tout n'est que manipulations et images délétères.

Déroutant au premier abord NEC vaut plus par la description des personnages et leurs pulsions que pour l'intrigue faire-valoir. Si l'on a du mal à s'immiscer dans l'histoire labyrinthique, plus on approche de la sortie plus on est absorbé dans une description d'un délire apocalyptique, d'une chasse à l'homme nocturne dans des décors naturels issus d'un film noir et blanc impressionniste.

La Série Noire a accueilli par le passé d'autres romans qui sortaient d'un cadre bien défini et ce livre difficilement classable, à l'atmosphère sulfureuse et à l'écriture râpeuse, joue plus sur le concept surréaliste que sur une intrigue sortie d'un moule à la structure rigide.

 

Daniel PICOULY : NEC.

Daniel PICOULY : NEC. Série Noire N°2297. Première parution mai 1992. Nouvelle édition août 2003. 224 pages. 7,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 09:40

Bon anniversaire à François Darnaudet né le 16 juin 1959.

François DARNAUDET : Les ports ont tous la même eau.

Sur un coup de tête, et parce qu’il en marre d’être commandé par de jeunes loups arrogants, sans foi ni loi, incompétents et vulgaires, Marsal claque la porte de la boîte d’informatique dans laquelle il travaille puis il quitte Bordeaux.

Il part un peu à l’aventure avec toutefois l’idée de revoir Anna-Maria, son ex et leurs deux filles. En compagnie de Rémy, qui a plaqué son emploi dans un fast-food, direction la Catalogne. Ils s’installent à Collioure, et Marsal flâne, visite les galeries, fait la connaissance des peintres locaux. Il effectue pour le plaisir une recherche sur un tableau pour le compte d’un détective privé.

Francis, le peintre chez lequel loge Marsal à Collioure, est prié par son ami Charly de venir le rejoindre dans le bassin d'Arcachon, afin de peindre le portrait de sa fille Audrey. Une jolie fille d’une vingtaine d’année. Mais Marsal soupçonne bientôt que le désir de Charly n’est qu’un prétexte et que derrière ce motif ce cache quelque chose de plus grave. Charly est né des amours de sa mère et d’un Allemand durant la seconde guerre mondiale. Un épisode douloureux qui soixante ans plus tard ressurgit avec violence dans la vie de Charly.

 

Cette histoire, dans laquelle s’imbrique la relation des amours coupables de la mère de Charly, est elle-même ensachée dans les tribulations de Marsal et en filigrane s’intercale le récit de la destinée de Charles Rennie Mackintosh, architecte décorateur écossais du début du XXème siècle.

Comme à son habitude François Darnaudet fait partager aux lecteurs sa passion pour les arts plastiques et la peinture en particulier. Il s’attache également à montrer les à-côtés de la guerre, celle d’Espagne ou la dernière guerre mondiale, avec un esprit d’humanisme bourru, celui qui manquait aux belligérants, surtout ceux qui se réclamaient de la Résistance de la dernière heure.

Des effets pervers qui aujourd’hui encore marquent la conscience d’un bon nombre d’hommes et femmes et de leur descendance. Un roman simple, parfois émouvant, auquel on pardonnera volontiers une légère faiblesse de l’intrigue. Le propos n’étant pas justement de focaliser sur une intrigue mais d’être le vecteur de ses démons.

A signaler que le début de ce roman cannibalise une nouvelle que François Darnaudet avait écrite pour le CCASINFO, (journal d’information du personnel des industries électriques et gazières) en décembre 2003, sous le titre Les hommes vivent, une nouvelle à connotation fantastique.

 

Quelques articles sur les romans de François Darnaudet :

 

 

Une bande dessinée :

Et un portrait de François Darnaudet :

François DARNAUDET : Les ports ont tous la même eau. Collection Les Polars catalan. Mare Nostrum Editions. Parution 15 juin 2007. 272 pages.

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 08:12
Pierre LEON : Comme de la peste.

Un journaliste pestiféré ?

Pierre LEON : Comme de la peste.

Chroniqueur, responsable dans un journal d'une rubrique sur les manifestations musicales, le narrateur découvre au lendemain d'une cuite carabinée sa chère tante Vitamine étendue au pied de son lit, un couteau dans le cœur.

Le cerveau encore embrouillé par ses libations nocturnes, il se demande, pas trop longtemps, s'il est le meurtrier. Alors, en mémoire de sa chère tante Vitamine mais également pour se disculper, il se lance sur les traces d'un problématique meurtrier.

D'abord il y a l'argent que la vieille dame devait remettre à ses parents et qui se prélasse dans son sac à main. Et puis il y a le portefeuille d'où s'échappe un fragment de photo avec au dos l'inscription Panthère agile. Le plus urgent est de se débarrasser du cadavre encombrant malgré tout le respect qu'il lui porte.

S'emparant sans vergogne d'un fauteuil roulant dans lequel il installe la défunte, notre quidam entame un périple dans les rues de Paris. Pendant ce temps la famille attend l'argent avec impatience. Le père, grognon et vindicatif, comme à son habitude. La mère qui se retranche derrière les décisions paternelles. Et les deux autres tantes, Agathe et Amélie. Et le cousin Elie, que notre héros malgré lui ne peut décidément pas encaisser en peinture. De plus il lui faut subir les humeurs de Réquichot, le rédacteur en chef. Pendant ses tribulations parisiennes notre narrateur fait de drôle de rencontres, des profiteurs, et d'autres qui débarquent comme des cheveux sur la soupe.

Le cadavre déposé dans un cinéma porno, il subit dans la salle les avances de George, un Américain homosexuel, et l'accompagne dans un hôtel. Puis il se cache dans un autre hôtel, tenu par une Anglaise russophile, puis se rend chez sa grand-mère. Il ne découvre que son cadavre. Trahi par sa famille il est aidé par son amie Gudule, d'Albert son chef de rubrique, de Bertha l'hôtelière et de George.

 

Pierre Léon, petit nouveau de la Série Noire, happe le lecteur par la main et l'entraîne dans un tourbillon duquel il ressort un groggy. Un peu comme le malheureux pékin qui déboule dans un drame sans en connaître les tenants et les aboutissants. Pourtant il existe de bonnes choses dans ce roman prometteur et il en reste plus à espérer que l'auteur parviendra à canaliser ses idées et se montrer un peu moins brouillon dans une trame mince comme un filigrane.

 

Ah, c'est assommant ce que les gens peuvent être aimables. Surtout quand on ne leur demande rien.

Pierre LEON : Comme de la peste. Série Noire N°2302. Parution septembre 1992. 176 pages.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 10:42

Hommage à Pierre Siniac né le 15 juin 1928.

Pierre SINIAC : Sombres soirées chez Madame Glauque.

Un sinistre individu rôde la nuit dans cette petite sous-préfecture de la Charente, et, lors de la pleine lune, ne peut s'empêcher de satisfaire ses besoins de meurtres.

Un homme affublé d'un chapeau, d'un foulard blanc, au visage couturé de cicatrices, s'adonne à cette répréhensible occupation d'envoyer ad patres des innocents qui ne lui ont rien demandé.

Pendant ce temps, dans une espèce de gargote, refuge d'âmes en peine, se réunissent quelques épaves de la cité. Leur souhait, justement se faire trucider. Ils en ont marre de la vie et de son cortège de soucis. Ils ont trop payé et désirent se décharger de leur fardeau.

Alors, si le tueur veut bien d'eux, ils sont candidats.

Leur souhait semble bien avoir été entendu de Satan puisque l'un d'eux rejoint ses ancêtres, abattu par celui qui est surnommé le Maudit. Puis un deuxième, un troisième. Parfois les rouages se grippent quelque peu, mais il ne faut pas se décourager.

 

Dans ce roman, Pierre Siniac laisse libre cours à son imagination diabolique et machiavélique. Un texte noir à l'humour ravageur.

Une farce dont Siniac a le secret et comme à l'habitude l'épilogue prend le contre-pied d'un déroulement qui semble logique.

Tous ceux qui connaissent Siniac et son univers débridé, ne se laisseront pas abuser par une histoire sans faille et avidement aborderont le final avec la curiosité d'un amateur de rebondissements littéraires.

Sinic sortait, à l'occasion de la parution de ce roman, de sa coquille dans laquelle il paraissait hiberner depuis quelques années, et s'épanouissait à nouveau telle une fleur chatoyante et vénéneuse.

Pierre SINIAC : Sombres soirées chez Madame Glauque. Le Masque Jaune N°1983. Parution le 16 novembre 1989. 220 pages.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 08:05
Stuart KAMINSKY : La case de l'oncle atome

Et l'oncle atome n'avait pas de cases vides...

Stuart KAMINSKY : La case de l'oncle atome

Stuart Kaminsky aime le cinéma, d'ailleurs c'est le titre de l'un de ses romans parus à la Série Noire. Il s'amuse à mettre en scène acteurs et personnalités du 7ème art des années 1940 avec une verve, un humour jamais démentis.

Son héros le détective privé Tobias Pevsner, dit Toby Peters, a travaillé pour la Warner en qualité de gardien, de vigile, puis il s'est mis à son compte, ce qui lui a permis de sauver parfois d'une situation périlleuse ou compromettante des acteurs tels que John Wayne, Errol Flynn, Judy Garland, Gary Cooper, Mae West, Bela Lugosi ou encore les Marx Brothers. Mais il ne se contente pas de secourir des célébrités du grand écran, il lui arrive d'enquêter pour des personnalités comme Joe Louis ou Franklin Delanoe Roosevelt, le président des Etats-Unis de l'époque.

Dans ce roman, l'homme qui a recours aux bons offices de Toby Peters, ne fait pas partie du monde cinématographique, puisqu'il s'agit tout simplement d'Albert Einstein lui-même, qui dans une Amérique traumatisée par les effets de la guerre contre les Nazis, requiert les qualités de déduction du détective.

Le roman débute, comme tous ceux de la série, par nous montrer Toby et son ami le dentiste arracheur de dents Shelly Minck dans une fâcheuse posture.

Toby, une balle dans le bras, essaye de retenir et remonter Shelly qui pend dans le vide. Une dégringolade de vingt-huit étages avant d'atterrir, c'est beaucoup pour un simple mortel. Comment en sont-ils arrivés là, c'est ce que le détective des stars va nous narrer en décrivant humoristiquement ses aventures mêlées de situations dramatiques, cocasses, bizarres, naïves, inextricables.

Nous avons droit à d'aimables digressions sur le golf, la chirurgie dentaire en pleine expansion, à des scènes burlesques, comiques, candides, mais elles sont trop nombreuses pour être recensées. Sachez toutefois que si Einstein à recours au talent d'enquêteur de Toby Peters, c'est qu'une sombre machination se trame autour de lui. Et être Juif et Allemand en 1942, n'est pas toujours perçu d'un bon œil, surtout si l'on détient les secrets d'une bombe révolutionnaire.

Mais qui en veut à sa vie ?

Encore un excellent roman de Stuart Kaminsky qui connait la recette pour nous faire passer des heures agréables à la lecture d'un livre.

Stuart KAMINSKY : La case de l'oncle atome (Smart movies - 1986. Traduction de Madeleine Charvet). Série Noire N°2123. Parution février 1988. 320 pages.

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 10:31
Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

Couché dans le train avec la nuit pour témoin...

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

Antoine est couchettiste. C'est à dire qu'il travaille à la compagnie des Wagons-lits et non pas qu'il se couche n'importe où et avec n'importe qui. Il est employé, pas forcément pour son plaisir, sur le Galiléo, Paris-Venise ou Paris Florence, selon les cas, des voyageurs tarifés 2ème classe. Il réceptionne les clients, s'occupe des passeports, des billets, fournit la literie, sert d'intermédiaire avec les douaniers et les contrôleurs français, suisses ou italiens, fait office de réveille-matin.

Dans les bons jours, ou plutôt les bonnes nuits, il peut se reposer un peu. Et comme le veut la légende accrochée aux pompons des marins, une femme au départ et une à l'arrivée.

Souvent il tombe sur des grincheux, des inquiets, des bavards, des exigeants, des malades, mais il est habitué et d'un ton rogue, rembarre les importuns. Mais ce voyage Paris-Venise, il s'en rappellera.

Que n'a-t-il changé avec Eric, un de ses collègues qui désirait permuter de destination. D'abord un des voyageurs se plaint de ce que son portefeuilles a pris la fille de l'air. Ensuite il en découvre un autre dans sa cabine, sous son lit. Crime de lèse-majesté ! Viol de propriété privée ! Foi d'Antoine, cela ne se passera pas comme ça.

Mais l'autre s'accroche comme une sangsue, et les ennuis déboulent, s'accumulent, une cascade niagaresque dans son compartiment.

Les douaniers, des truands et d'autres personnages louches aux prétentions mal définies se passent le relais, à croire que la Terre entière s'est liguée contre lui.

 

Ce roman de Tonino Benacquista, le premier à la Série Noire, mais le deuxième dans l'œuvre de l'auteur après Comme une pin-up épinglée dans un placard de G.I, démarre un peu à la vitesse d'une micheline, mais prend bientôt un rythme de croisière pour s'achever comme un TGV brûlant les étapes.

Il nous fait découvrir les aspects d'un métier qui pour beaucoup signifient vacances, soleil et Dolce Vita. L'envers, l'enfer ? du décor n'est guère reluisant et couchettiste n'est vraiment pas un métier de tout repos.

 

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.
Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.
Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

 

Curiosité :

Ce titre a également été utilisé par Gilles Soledad en 1981 pour un roman publié à La Brigandine.

 

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings.

Tonino BENACQUISTA : La Maldonne des sleepings. Série Noire N°2167. Parution février 1989. 256 pages. Réédition Folio Policier N°3. Parution octobre 1998. 288 pages. 8,00€. Folio Policier N°340. (contient 4 romans). Parution mai 2005. 896 pages. 12,40€.

Une version illustrée par Jacques Ferrandez a été publiée chez Futuropolis/Gallimard en octobre 1991. 456 pages. 9,30€. Retrouvez ces ouvrages sur le site de la Série Noire.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 12:35
Jack EARLY : La mort dans l'art

Combien ce mannequin dans la vitrine ?

Jack EARLY : La mort dans l'art

Fortune, diminutif de l'italien Fortunato, Fortune est un détective privé et ancien policier.

Mais s'il a quitté son ancien métier, ce n'est pas à cause d'une blessure ou d'un renvoi, mais uniquement parce qu'il a hérité d'une somme d'argent assez conséquente.

En réalité il est détective par plaisir et parce qu'il faut bien s'occuper dans la vie, bien que la garde de ses deux enfants, suite à son divorce, lui procure pas mal de soucis et de travail.

Il vit à Soho, un quartier new-yorkais envahi peu à peu d'artistes et de boutiques dans le vent.

Or justement un jour, dans l'échoppe de vêtements sise en face de chez lui, en vitrine un mannequin fait plus vrai que nature. Mais un mannequin qui saigne de la tête, ce n'est pas vraiment normal. Il s'agit d'une jeune fille qui a quitté le domicile familial, à la recherche de son jeune frère, fugueur lui aussi.

Fortune est chargé par leur oncle de rechercher, primo le meurtrier de Jennifer, secundo, Patrick qui avait donné de ses nouvelles à Jennifer peu de temps auparavant et qui de nouveau a disparu.

 

Une enquête qui fera découvrir à Fortune des endroits et des personnages dont il ne soupçonnait pas l'existence. Il fera la connaissance d'une voisine, jeune femme, divorcée elle aussi, qui saura lui remonter le moral au bon moment.

 

Sous l'alias de Jack Early se cache Sandra Scoppettone qui écrivit également avec succès les aventures Lauren Laurano, détective privée lesbienne. Ses romans ont été édités au Fleuve Noir, et celui-ci a été réédité sous le même titre en 2003 mais sous le nom de Sandra Scoppettone, puis chez Pocket.

Jack EARLY : La mort dans l'art
Jack EARLY : La mort dans l'art

Jack EARLY : La mort dans l'art (A Creative Kind of Killer - 1984. Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°2033. Parution janvier 1986. 256 pages.

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