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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 09:33
Mickey FRIEDMAN : La Grande Roue de Brahma.

Et la Grande Roue brama le soir au fond des bois ?

Mickey FRIEDMAN : La Grande Roue de Brahma.

L'Inde et plus particulièrement Bombay et ses environs, avec ses coutumes, ses paysages, ses bidonvilles, ses croyances, nous est décrite un peu à la façon de Rudyard Kipling. Et avec plus d'un siècle de recul on s'aperçoit qu'en réalité peu de choses ont changé.

Même grouillement, même fourmillement humain, même pauvreté, misère, même résurgence du passé. D'ailleurs l'auteur a su s'entourer et prendre conseils auprès de spécialistes.

 

La Grande Roue de Brahma, apparemment composée de deux histoires en deux temps, est fort habilement construite, contrairement au Loopy-Doop, grande roue d'une fête foraine dont une avarie engendrant morts et blessés, obligera notre héroïne à enquêter sur cet accident malgré elle.

Déprimée, dépressive, Marina reçoit un appel téléphonique mystérieux en provenance des Indes, ainsi qu'une lettre, de même provenance. Tout semble désigner Catherine comme auteur de ces messages.

Or Catherine., sa soeur cadette, est décédée dix ans auparavant, en Indes, entraînées par son gourou et ce malgré tous les efforts de Marina pour briser l'envoûtement subi par l'unique élément familial qui lui reste.

Elle décide d'aller enquêter sur place.

Quête et enquête qui se déroule, je me répète, dans une histoire un peu à la Rudyard Kipling. Evasion assurée, frissons garantis qui parfois semble extraite d'un roman d'Edmond About, Le Roi des montagnes.

 

 

Mickey FRIEDMAN : La Grande Roue de Brahma.(The Fault Tree - 1984. Traduction de Jean-Bernard Piat). Série Noire N°2018. Parution août 1985. 288 pages. 6,05€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 11:02
Eva DAVID : Cavale.

Bon anniversaire à Eva David, née un 26 juin.

Eva DAVID : Cavale.

Jeune femme bien sous touts rapports, quoiqu'elle en soit à son septième mari, Alexandra Delys surnommée Cavale à juste titre par Geoffroy son troisième époux, découvre dans le studio qu'elle habite en colocation, quelle aberration, avec celui-ci, le cadavre de Malika.

Malika, elle connait. C'est la maîtresse de son ex et ce fut la femme de leur jardinier Ahmed. Oui, mais voilà, au lieu de prévenir la police Cavale s'affole et demande conseil à Tao, son cinquième mari, et restaurateur de son état. Il est vrai qu'il est délicat d'expliquer à numéro 7 que l'on revoit de temps en temps numéro 3, même en ami, en tout bien tout honneur. En réalité, la raison primordiale et secrète pour laquelle elle ne veut pas prévenir la police réside en ce que Cavale aime, inconsciemment, le danger.

Tu as peur mais ça te plait, comme le fait remarquer finement Tao psychologue à ses heures et imprégné de la légendaire sagesse asiatique. Alors Cavale, femme de décision et impulsive, demande à son amie Gloria de lui prêter un passe-partout, héritage d'un père serrurier, et une robe du soir.

Première chose à faire, visiter la chambre de Malika au casino où celle-ci travaillait et possédait une chambre. Ensuite Cavale organisera son enquête en fonction de ses découvertes.

Ce trio de choc dans lequel chacun se sent plus ou moins impliqué, par amitié ou par vengeance, va devancer l'inspecteur divisionnaire Luc Colin. En quarante-huit heures l'affaire sera réglée, non sans embûches, pour Cavale et ses acolytes, débouchant sur un trafic de drogue et un scandale politico-lubrique de proxénétisme pédophile.

 

Eva David signe son entrée à la Série Noire avec un roman haut en couleurs, épique, et dont l'humour, toujours présent, ne s'impose pas au détriment de l'action.

L'épilogue en cascade confine au jubilatoire et nul doute que cette conclusion en la ville de Nice, lieu de l'action, chère à Patrick Raynal qui était alors directeur de la collection, l'écriture fouillée et la trame dont le suspense est en constante progression, ont joué en faveur de cette intronisation pour une fois justifiée.

Cavale, cette héroïne fantasque, qui masque sa peur par des initiatives impulsive d'aventurière chevronnée et par des répartie cinglantes, impertinentes, du genre de celles que nous aimerions parfois tenir face à un interlocuteur ayant la force et le droit pour lui, mais qu'une certaine timidité, réserve ou respect, nous empêche de proférer, Cavale pourrait bien connaître de nouvelles aventures dans de prochains épisodes. Enfin, ce n'est qu'un souhait...

 

Eva DAVID : Cavale. Série Noire N°2308. Parution novembre 1992. 240 pages. 6,05€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 08:08
Laurent FETIS : Chien-Froid.

Le contraire du Hot-dog ?

Laurent FETIS : Chien-Froid.

Agé d'à peine vingt ans, le narrateur débarque à Londres avec déjà derrière lui un passé qui s'attache à lui comme du chewing-gum à la semelle d'une godasse.

Il se présente dans un bureau d'accueil où il fait la connaissance d'une pauvre paumée, Claire, qui l'amène chez elle. Elle a besoin d'une présence amicale, ce que le narrateur peut lui fournir. La nuit il regagne sa chambre d'hôtel, pensant à son avenir pas très rose. Il lui faut assurer sa pitance et le travail ne court pas les rues.

Il apprend par le journal la mort de Claire, et cela lui fout un coup au moral. Tout en cuisinant des hamburgers dans une chaîne de restauration rapide, il va battre le pavé à la recherche du mystérieux meurtrier. On l'avait vu en compagnie de Claire, et il préfère devancer les policiers. Un vigile du bureau d'accueil lui apporte son soutien, mais il est en butte à la vindicte de petits malfrats qui le surnomme Chien-Froid. Ses compagnons sont de pauvres déjantés, des exilés pour la plupart, qui ne pensent qu'à subsister, mal la plupart du temps, pourtant il trouve auprès d'eux un certain réconfort. Et toujours ce souvenir qui le taraude.

 

Depuis qu'il est à la barre de la Série Noire, Patrick Raynal a renouvelé le ton et le style de la glorieuse collection, recherchant de nouveaux auteurs aussi bien à l'étranger qu'en France. Cette démarche revivifie le Polar dans son ensemble puisque d'autres maisons d'éditions le suivent dans cette quête.

En ce qui concerne les auteurs, on peut déplorer la disparition de quelques noms, comme Julius A. Lion, dont l'humour noir était particulièrement tonique, ou Marie et Joseph, mais les petits nouveaux ne se défendent pas mal non plus. Qu'ils s'appellent Pascale Fonteneau, Eva David ou Laurent Fétis. Si le premier roman de Laurent Fétis, Le mal du double-bang, une histoire de truands mâtinée de drogue, m'avait quelque peu laissée sur ma faim, Chien-froid possède une autre envergure, une sensibilité digne d'un grand écrivain. Avec ses vingt-deux printemps (à l'époque de la parution de ce roman) Laurent Fétis s'affirme comme une valeur montante et même si résident encore quelques imperfections, son roman fait preuve d'une grande maturité d'esprit.

 

Laurent FETIS : Chien-Froid. Série Noire N°2328. Parution octobre 1993. 240 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 10:07
Joseph HANSEN : Les ravages de la nuit

Ne sont pas réparés par la chirurgie esthétique !

Joseph HANSEN : Les ravages de la nuit

Chantre de l'homosexualité, Joseph Hansen a osé le premier en parler en termes non stéréotypés, sans clichés, sans complaisance, bannissant la vulgarité, ne vilipendant pas, n'encensant pas, ne ridiculisant pas non plus.

Joseph Hansen a écrit: Dans la plupart de mes romans, mon intention a été de traiter aussi honnêtement que possible des homosexuels et de l'homosexualité en tant que partie intégrante de notre vie contemporaine, et non comme une chose bizarre et étrange.

Nous retrouvons dans Les ravages de la nuit, Dave Brandstetter, enquêteur au service des compagnie d'assurance.

 

Un camionneur indépendant mortellement blessé au cours d'un accident de la route, ça arrive. Lorsqu'une assurance-vie de 100 000 dollars a été souscrite un mois auparavant, cela mérite bien une petite enquête de routine. Surtout si une bombe est à l'origine de cet accident.

Qu'un voyou, chef de bande, soit retrouvé derrière les barreaux à cause de ce camionneur et dont le séjour carcéral vient de se terminer, cela appelle réflexion. Surtout si des paroles vengeresses ont été proférées lors du jugement.

Qu'un routier de ses meilleurs amis, transporteur indépendant lui aussi, soit décédé peu de temps auparavant d'une maladie brutale et subite, drôle de coïncidence !

 

Une enquête qui ne sera pas de tout repos pour Dave Brandstetter dont le petit ami a des problèmes de santé.

Et Joseph Hansen brise un tabou offrant la possibilité à d'autres auteurs, masculins et féminins de s'exprimer sur ce sujet et d'avouer leur homosexualité, ce qui n'entache en rien leurs qualités, au contraire, car leurs personnages sont peut-être plus humains.

Joseph HANSEN : Les ravages de la nuit

Joseph HANSEN : Les ravages de la nuit (Nightwork - 1984. Traduction de Jean-Michel Alamagny). Série Noire N°2026. Parution novembre 1985. 256 pages. Réédition collection Folio N°2626. Parution septembre 1994. 256 pages. 6,40€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 12:15
Emmanuel ERRER : L'envol des corneilles.

Des corneilles qui ne prennent pas racine...

Emmanuel ERRER : L'envol des corneilles.

Pour tous ceux qui comme moi pensent que l'humour est indispensable, même et surtout dans le roman noir et le roman policier, je conseille la lecture de cet Envol des corneilles, jubilatoire à souhait.

Esope Manzonnetta, qui fait ici sa troisième apparition après La came à nous autres et Saint-Tropez Oil Compagnie, et malheureusement la dernière, est un personnage haut en couleurs. D'origine napolitaine, Esope s'installe en 1938 à Tunis où il fera la connaissance d'une payse, Maria Candida Sparcamuzzo, laquelle travaille dans une maison close afin de constituer son trousseau. Coup de foudre ! Esope après avoir abattu le patron de l'hôtel se verra confier la direction de l'établissement.

Pendant la guerre il s'engagera dans la Légion étrangère, pendant que Maria Candida fera fructifier les affaires.

En 1954, quittant la Tunisie pour la France, la Côte d'Azur précisément, ils seront possesseurs de trois maisons dites de passe. Rangés des affaires, plus ou moins, ils reçoivent dans leur mas de Saint-Paul de Vence de nombreuses personnalités, que ce soit du monde du spectacle, des arts ou de la politique.

Dans L'envol des corneilles, Esope décide pour son dernier gros coup de s'attaquer à la Banque de France, braquage qui sera fomenté à l'aide de données d'ordinateur.

Seulement l'ordinateur n'avait pas prévu deux choses : une grève de la CGT et la convoitise d'une bande rivale.

 

Ce roman possède le ton que l'on retrouve dans les romans de Donald Westlake, l'un des nouveaux maîtres (lors de la publication de ce roman) de la nouvelle génération des écrivains américains.

 

Emmanuel ERRER : L'envol des corneilles.

Curiosité :

Les corneilles citées dans le titre sont les billets de 100 francs qui eurent cours en France entre 1965 et 1979. Cela ravivera sûrement quelques souvenirs à quelques-uns d'entre nous.

 

Quelques chroniques montrant les multiples facettes d'Emmanel Errer - Jean Mazarin - Nécrorian :

Un entretien avec Emmanuel Errer - Jean Mazarin

Emmanuel ERRER : L'envol des corneilles.

Emmanuel ERRER : L'envol des corneilles. Série Noire N°1711. Parution mars 1976. 192 pages. Réédition collection Carré Noir N°558. Parution novembre 1985. 192 pages. 4,10€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 07:45
Franck PAVLOFF : Le vent des fous.

Il est vrai que le vent rend fou parfois...

Franck PAVLOFF : Le vent des fous.

Ancien baroudeur, ancien mercenaire, Victor Boris a quitté l'Afrique où il a connu quelques déboires que nous connaîtrons à la fin de cette histoire.

Pour l'heure il est en villégiature, si l'on peut dire, dans un couvent des Hautes Alpes. Il se refait une santé, il s'oxygène, il en apprécie la quiétude, mais il n'est pas pour autant cloitré. Il se ressource pour employer un mot à la mode. D'ailleurs il ne se prive pas d'arpenter la région à bord de sa DS qu'il bichonne et dont il est assez fier. Après le bol d'air il déguste une consommation au café du village, chez Ornella.

Drôle de village que Sauveterre puisqu'il abrite une communauté de harkis, une autre de jeunes loubards marseillais et une maison de retraite pour anciens du spectacle. Le passé de Victor est derrière lui mais il le rejoint lors de la découverte d'un cadavre encore tout chaud dans les jardins du couvent. Le lendemain le cadavre est toujours là, mais le meurtre a été trafiqué.

Le mort est un jeune délinquant échappé de Lapalud, la communauté des Marseillais. Victor Boris fait la connaissance de Lalou qui, ancienne prostituée, s'est reconvertie comme antiquaire, se ménageant les faveurs du maire du village. D'autres cadavres parsèment le chemin de Victor Boris: Stanislas, ancien vieux beau de la scène, puis Lalou.

A chaque fois les crimes ont été‚ maquillés. Sur ces affaires plane un étrange trafic de tableaux de maîtres. En compagnie d'Ornella, Victor Boris mène son enquête, parallèlement à celle de la police, et son passé lui rebondit entre les dents.

 

Franck Pavloff met en scène un personnage dont le passé est dévoilé peu à peu, attisant la curiosité du lecteur. Mais ce n'est pas la seule force de l'intrigue. Par la même occasion l'auteur dénonce quelque peu l'exclusion, des harkis principalement, et l'histoire d'aujourd'hui rejoint celle d'hier.

Parfois onirique, Frank Pavloff use de métaphores et son écriture est ample, l'inverse des auteurs de romans noirs qui utilisent un style haché.

 

Rien de tel pour éponger l'inquiétude d'un religieux que de sortir la serpillière du positivisme.

Les contours du village de Sauveterre tremblotaient comme un mirage, un paillasson mal secoué avec quelques touffes d'arbres en manque de chlorophylle.

Franck PAVLOFF : Le vent des fous. Série Noire N° 2334. Parution janvier 1994. 208 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 11:29

Bon anniversaire à Elena Arseneva, née le 21 juin 1958.

Elena ARSENEVA : La fourche du Diable.

En cette fin de l’an de grâce 1073, la petite ville de Kremni s’apprête à fêter Noël tout en sacrifiant avec joie aux rites païens qui se traduisent par un carnaval masqué auquel tous les habitants participent, quelle que soit leur condition et leur rang dans la société.

Un qui ne pourra partager cette liesse populaire, c’est bien Procope, le fils aîné d’Olaf, le richissime seigneur du lieu. Il est retrouvé dans une clairière, au lieu dit la Fourche du Diable, affreusement mutilé. Mais s’il a eu la main tranchée et a été énucléé, une estafilade à la poitrine un coup de poignard au cœur, il semble que le décès soit dû à un empoisonnement.

Toutefois la mise en scène est signée : il ne peut s’agir que d’un meurtre perpétré par les Drégoves, de dangereux païens installés dans la forêt proche. Olaf requiert auprès du prince Vladimir de dépêcher sur les lieux son meilleur enquêteur.

Artem, puisque c’est de lui qu’il s’agit, arrive en compagnie de son fils adoptif, Philippos, et de ses deux fidèles Varlets, Mitko et Vassili.

Un étrange personnage habite non loin du lieu du meurtre. Il s’agit du Passeur, reconnu comme sorcier et vivant en ermite, que les habitants de Krimni considèrent comme une brebis galeuse, capable de tous les maux mais qu’ils ne dédaignent pas consulter à l’occasion, pour se procurer quelque potion magique.

Au château la tension règne. Natalia, la jeune veuve est sur la corde raide, car sans enfant, elle ne pourra rester longtemps et devra se trouver un autre mari. Olaf songe à convoler une nouvelle fois ce qui n’est pas du goût de ses autres enfants, Stepan et Ipate, les garçons, et Alia, turbulente jeune fille qui ne s’en laisse pas conter.

Mais Artem et ses acolytes côtoient également Titos, le médecin grec, un érudit dont ils se demandent pourquoi il s’est installé dans une petite bourgade comme Krimni. Et puis il y a aussi leur logeuse, Varvara, la belle et jeune veuve qui a eu un garçon du fruit de ses amours éphémères avec Stépan. D’autres décès se succèdent, d’autres meurtres, signés plus ou moins de la même manière, et sur lesquels plane l’ombre du liéchy, le démon tout puissant qui règne sur les bois et les forêts.

 

Nimbé d’une aura de sorcellerie, de superstitions, dans une ambiance de fêtes païennes et de religion orthodoxe, de carnaval et des cérémonies proches de la Nativité, ce roman d’Elena Arseneva nous propose une incursion dans le moyen âge de la Russie, période méconnue de l’histoire mais qui se révèle riche et moins obscurantiste que l’on pourrait le croire. Le commerce et la culture intellectuelle sont en plein épanouissement, avant de sombrer dans des siècles de régression avec l’invasion des Koumans ou Tatars.

Elena Arseneva nous livre un roman qui éclaire d’une façon particulièrement vivante une époque et une contrée secrètes et mystérieuses. Un plongeon vivifiant, exotique, historique, à la limite du fantastique, mais en aucun cas rébarbatif.

 

Elena ARSENEVA : La fourche du Diable. Collection Grands Détectives N° 3412, éditions 10/18. Parution mai 2002. 320 pages. 7,50€

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 09:21
Laurent FETIS : Le mal du double-bang.

Pourrait être le Big-bang...

Laurent FETIS : Le mal du double-bang.

Rico, propriétaire d’un garage à Béroir, la capitale du Midi, est habillé été comme hiver d’une chemise jaune héliotrope, artistiquement froissée, et d’un costume italien couleur bleu cobalt.

Un chapeau mou de même couleur et des chaussures blanches complètent sa tenue vestimentaire. Avec son œil gauche qui clignote de manière incontrôlée, il ressemble à un gangster. Au gangster qu’il est d’ailleurs, car son garage n’est qu’une couverture. Mais ce n’est qu’un minable petit malfrat, tenu pour quantité négligeable par les truands de la ville, les vrais, les durs, les pros.

Sa femme Bélinda est responsable de la bonne tenue d’un trio de gagneuses zaïroises. Quant à son frère Gus, vingt ans, il se came, exécutant à la lettre les ordres de son frère. Trafics d’autoradios, de bagnoles, de faux-papiers, assurent de confortables revenus.

Mais Rico est ambitieux. Il veut devenir le caïd de Béroir et il n’hésite pas à s’attaquer à la Baleine et au Kabyle qui se partagent la ville. C’est Gus, qui enfermé dans un asile psychiatrique, nous raconte cette épopée épique, parfois haute en couleurs et assaisonnée à la sauce du double-bang, une drogue spéciale concoctée par Arthur Hylgon, le chimiste bidouilleur de came et bras droit de la Baleine. Les autres personnages qui complètent la galerie de portraits peints pas Laurent Fétis oscillent entre farce et attrape.

Si cette histoire de tentative d’ascension par un petit malfrat dans la coterie huppée du grand banditisme ne manque pas d’humour, versant parfois dans la caricature grandguignolesque, le côté apothéose de la came me laisse dubitatif et un rien songeur. Il faut soigner le mal par le mal parait-il, soit, mais il est difficile d’accrocher à cette attirance.

Mais ce n’est que le simple avis d’un lecteur lambda et sexagénaire qui ne comprend pas cette attirance à la drogue.

Laurent FETIS : Le mal du double-bang.

Laurent FETIS : Le mal du double-bang. Série Noire n° 2305. Parution octobre 1992. 272 pages. Réédition Collection Baleine Noire. Editions Baleine. Parution décembre 2009. 326 pages.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 10:59
Olivier THIEBAUT : L'enfant de cœur.

N'en était pas un !

Olivier THIEBAUT : L'enfant de cœur.

Féru de poésie et rimailleur à ses heures, Benoît, dix sept ans, tue sa mère à coups de couteau, et aux policiers qu'il a appelé, dénonce Antoine Lacaze, l'amant de sa génitrice, comme le meurtrier.

Au commissaire qui prend sa déposition, qui l'invite au restaurant et le fait parler, il raconte sa version édulcorée des faits. La jeunesse de Benoît n'a pas été toujours rose. Le divorce de ses parents, l'alcoolisme de sa mère et sa fringale sexuelle ont quelque peu perturbé son enfance.

L'amour des vers est un héritage paternel et il se plonge avec délice dans Rimbaud. Il revit les scènes qui l'ont marqué enfant, des scènes de violences entre ses parents, leur séparation, les algarades entre Antoine et sa mère, les moments au cours desquels sa mère recherchait une affection sexuelle auprès de lui, et il y incorpore ses rêves.

Des rêves de conquêtes féminines auprès de jeunes filles et qui se terminent toujours par des accidents. Antoine Lacaze se défend d'être le meurtrier mais Benoît ne démord pas de sa déposition. Ce jour là, Antoine a effectivement rendu visite à sa mère, lui a fait l'amour, d'ailleurs des traces de sperme l'attestent, puis il a essayé de renverser Benoît en fonçant en voiture sur lui.

Sa mère lui ayant fait une confidence, Benoît l'a tuée et il recherche auprès du commissaire confirmation. Benoît se rend auprès du cadavre à la morgue où il jette la perturbation parmi les corps qui gisent dans les tiroirs. Sa mère n'était pas enceinte comme elle le lui avait annoncé. Le commissaire confie Benoît à son père qui malgré tout aime son fils, mais Benoît l'accuse d'avoir été à l'origine de la déchéance de sa mère, de la multiplicité de ses amants, de son alcoolisme.

 

Olivier Thiébaut fait partie de cette nouvelle génération d'auteurs qui renouvellent le roman noir français, en lui apportant une dose d'intimisme, de sensibilité qui jusqu'alors n'apparaissait qu'en filigrane.

Le déroulement de cette histoire n'est que le prétexte à mettre en scène un personnage d'adolescent perturbé dans ses relations familiales, et principalement maternelles. Cette graine d'homme est engluée dans ses souvenirs, dans ses rêves, ses cauchemars, dans son ressentiment envers son père qui n'a pas su assumer son rôle de pater familias.

La poésie contribue pour une bonne part à l'atmosphère glauque, pernicieuse qui se dégage de ce roman. Quant à l'épilogue il est assez déroutant, logique et perturbant.

 

Ça vous arrive d'avoir à faire à des assassins sympathiques ?

Olivier THIEBAUT : L'enfant de cœur. Série Noire N°2332. Parution novembre 1993. 176 pages. 6,65€. Disponible sur le site de la Série Noire

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 09:52

Bon anniversaire à Paul Halter né le 19 juin 1956.

Paul HALTER : Meurtre dans un manoir anglais.

Invités par un mystérieux Docteur Lenoir, Mlle Rose, Mme Leblanc, Mme Pervenche, le docteur Olive, le professeur Violet et le colonel Moutarde font connaissance en attendant leur hôte.

Celui-ci est absent, mais a laissé un message à leur intention. Il ne saurait tarder selon la missive. Il leur propose afin de passer le temps d’échanger leurs souvenirs concernant des affaires criminelles auxquelles ils ont tous été plus ou moins impliqués, et de se restaurer. Des indices ont été disposés dans les pièces de l’imposante bâtisse.

C’est mademoiselle Rose qui entame les débats en découvrant dans la bibliothèque un poignard. Elle narre comment son oncle et tuteur a été tué dans une bibliothèque alors qu’il était enfermé avec Philipp le prétendant de la jeune femme. Naturellement Philipp est accusé du meurtre pourtant il jure ses grands dieux n’y être pour rien. Cette énigme sera résolue peu après et le mystère de la chambre close se dénouera d’heureuse façon.

Comme entracte le docteur Lenoir a proposé une séance de tir au pistolet dans le jardin avant que sa propre histoire soit lue par le docteur Olive. Puis c’est au tour des autres de se vider chacun la conscience, en attendant l’arrivée de cet hôte fantôme. Seulement l’un d’eux a menti et le drame couve parmi cette assemblée.

 

Délicieusement rétro cette histoire de Paul Halter, fervent admirateur de John Dickson Carr, est un moment de détente dans une production de plus en plus noire.

L’ingéniosité et l’humour présents dans ce petit livre en font une récréation agréable et les historiettes en forme de nouvelles sont liées par l’emprunt des personnages du célèbre jeu de Cluedo.

Paul Halter sans faire de remous, sans que son nom soit souvent cité comme aspirant dans les trophées, s’avère comme le maître actuel de ce genre un peu désuet qui garde ses fervents admirateurs, et l’on ne peut que saluer son sens de l’intrigue, son habileté à construire ses énigmes, le tout allié à une solide écriture qui nous change des romans bâclés annoncés comme l’essence de la littérature moderne.

 

Paul HALTER : Meurtre dans un manoir anglais. Le Masque Jaune N°2409. Editions des Champs Elysées. Parution 16 septembre 1998. 156 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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