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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 08:39
Max Allan COLLINS : Un flingue peut en cacher un autre.

Chicago au temps de Dillinger, comme si vous y étiez !

Max Allan COLLINS : Un flingue peut en cacher un autre.

Amant de la belle Sally Rand, une strip-teaseuse qui se produit dans l'enceinte de l'Exposition Universelle de Chicago, Nathan Heller, ex-flic légèrement véreux reconverti comme détective privé, est prié par John Howard, représentant de commerce, d'enquêter sur sa jeune femme Polly dont la vertu lui semble élastique.

Nate Heller reconnait en Polly une prostituée avec qui il a couché une fois et qui travaille dans un bar. Elle a des relations avec un certain Jimmy Lawrence et serait divorcée depuis quelques mois. Anna Sage, proxénète et amie de Polly, confie à Heller que Lawrence pourrait être Dillinger, l'ennemi public n° 1, lequel s'est récemment évadé de prison. La ressemblance n'est pas frappante mais la chirurgie plastique serait passée par là.

N'étant pas en odeur de sainteté auprès de Stege, de la Brigade Criminelle et des policiers en général, Heller décide de s'adresser à Cowley, un agent fédéral, de préférence à Purvis, autre agent spécial, son ami Eliot Ness le méprisant. Il indique toutefois à Purvis qu'il pense être sur la piste de Dillinger. Le sergent Zarkovitch, d'East Chicago dans l'Indiana et ami d'Anna Sage, lui aussi préconise à Heller de se manifester auprès des fédéraux. Mais le détective sent le coup fourré. On veut trop qu'il s'occupe du présumé Dillinger. Sally Rand est de son avis. Selon elle, Heller sert de mouche du coche, alors qu'un appel téléphonique aurait été aussi efficace.

Cowley apprend au détective que l'avocat de Dillinger s'appelle Piquett, lequel aurait conseillé à Howard de s'adresser à Heller. L'avocat ne se rappelle pas l'avoir recommandé à qui que ce soit et le dénommé Howard n'existe pas. Frank Nitti, l'ancien associé d'Al Capone, demande à Heller de ne pas aller plus loin dans ses investigations. Deux gros bras attendent le détective à son bureau et le tabassent à coups de tuyaux de caoutchouc. Heller est persuadé qu'il s'agit de flics envoyés par Zarkovitch.

La chasse à courre est lancée et seul Heller est persuadé que Dillinger ne se cache pas sous les traits de Lawrence. Un guet-apens est organisé à la sortie du cinéma Biograph où Lawrence doit se rendre en compagnie de Polly et Anna Sage. Celle-ci est habillée d'une robe rouge, très voyante, afin que les policiers ne puissent louper leur proie. Heller assiste de loin à la curée. Cowley et Purvis sont sur place ainsi que Zarkovitch et son capitaine O'Neil, et d'autre policiers. Zarkovitch et O'Neil tirent dans le dos de Lawrence et tout le monde est d'accord pour affirmer qu'il s'agit bien de Dillinger. D'ailleurs il a un revolver à la main.

 

Prenant pour base des faits et des personnages réels, Max Allan Collins raconte la saga des truands de Chicago, mine inépuisable s'il en est. Mais il n'écrit pas un reportage ou un documentaire. Il construit une véritable histoire avec des personnages attachants et narre avec vivacité cette enquête dans laquelle Nathan Heller est un peu le pigeon de la farce, démontrant que les véritables truands se cachent parfois derrière un uniforme.

La reconstitution de la ville de Chicago, et de son atmosphère, est très réaliste et le détective mis en scène est dépeint avec ses faiblesses, mais également une dose d'humanisme, le tout empreint d'un certain humour.

Les symptômes de la peur et de la passion sont les mêmes.

Max Allan COLLINS : Un flingue peut en cacher un autre. (Faisans et malfaisants 3) (True Crime - 1984. Traduction de F. M. Watkins). Série Noire N°2045. Parution avril 1986. 320 pages.

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 08:57
Paul KINNET : La Tour, prends garde !

La tour infernale !

Paul KINNET : La Tour, prends garde !

Arrivés en ordre dispersés, à 9 heure du matin le 18 juin 1985, au 17ème étage de la tour Montparnasse, Lorraine, chef du commando, Albert, Isidore, Samuel, Tonton et Anicet se rendent maîtres des lieux.

Ils prennent en otage près de deux cents personnes et bloquent les ascenseurs desservant respectivement les locaux situés entre le 1er et le 30ème étage. Puis n'ayant gardé que deux lignes téléphonique, une intérieure et une extérieure, ils contactent le gardien de l'immeuble. Le commissaire du 15ème arrondissement, Parpant, après un moment de doute, envoi sur place quelques policiers. La colère gronde, principalement parmi les patrons des différentes sociétés siégeant dans la tour.

Bédoré, sous directeur de la gestion quotidienne de l'immeuble, prend les choses en main. Il calme les esprits. Seul Gaspéri ne veut pas suivre les consignes et déboule par les escaliers. Il est abattu sans pitié. De même, aux derniers étages et à la terrasse, deux gardiens, Pétraz et Viella, membres du commando infiltrés sur place refluent les visiteurs. L'un d'eux, un peu trop curieux, reçoit deux balles dans la tête.

Une cellule de crise est constituée et le Préfet de police est prié de dénouer la situation. Leripinsec, chef de la Brigade de Répression du Banditisme, se substituant à celui-ci, téléphone à Lorraine qui lui fixe ses conditions : deux cents millions de francs en lingots d'or et deux hélicoptères. Tandis que ses subordonnés en dépouillant les dossiers concernant les truands et les preneurs d'otages recensés, pensent que les frères Astaba - Isidore et Albert - feraient partie du commando, Leripinsec par l'indiscrétion d'un des ravisseurs au téléphone, apprend le prénom de Lorraine. Bientôt l'identité d'icelle n'est plus un secret, vu ses antécédents.

Marc Laffrey, le fils d'un de ses collègues des Moeurs, travaille dans la tour ainsi que de nombreux employés coincés entre le 18ème étage et le 56ème. Leripinsec lui demande de se rendre sur la terrasse afin de le renseigner sur le nombre de truands pouvant s'y être installés. Le jeune homme monte du 19ème étage jusqu'à la terrasse à pied. Il rend compte à Leripinsec de la présence des deux gardiens, c'est tout, mais il se fait piéger par les deux hommes et est fait prisonnier. Le GIGN arrive en renfort. Bédoré connaît bien les lieux et propose une solution : l'un des membres du commando, ancien employé dans un cirque, grimpe le long des câbles de l'un des ascenseurs jusqu'au 17ème et déroule une échelle de corde. Il est rejoint par ses collègues qui investissent l'étage.

Pendant ce temps Lorraine est légèrement débordée par ses otages.

 

Après avoir été édité dans de nombreuses collections, dont le Masque, Paul Kinnet, auteur belge, fait son apparition à la Série Noire, après quelques années de silence. Ce sera d'ailleurs son seul roman à paraître dans cette collection.

 

Il décrit d'une façon très précise, très détaillée, et fort documentée, cette prise d'otages gigantesque qui se déroule de 09h00 à 13h37. L'humour ne figure qu'épisodiquement, avec parcimonie. Il dénonce l'habileté des hommes politiques et des hauts fonctionnaires à proclamer des déclarations rassurantes, mais lorsqu'il s'agit de prendre des responsabilités, de prendre des décisions, cela redescend en cascade, le pékin se trouvant souvent seul confronté à résoudre les problèmes.

Il y a des attachés-cases discrets, pour P.-D.G, où l'on peut enfermer quelques minces documents confidentiels, et des attachés-cases pour les tâcherons qui doivent emporter du travail chez eux tous les soirs s'ils veulent se faire bien voir.

Curiosité :

Paul Kinnet a traduit pour les éditions Marabout Le Mystère d'Edwin Drood de Charles Dickens et écrit la fin de ce roman inachevé, sous le pseudonyme de Paul Maury.

Paul Kinnet est issu de l’agence Maréchal qui proposa des auteurs belges aux débuts du Fleuve Noir. Des auteurs belges qui se nommaient José-André Lacour, (plus connus sous le pseudonyme de Paul Kenny), et Paul Kinnet. D'ailleurs Jean Libert, Gaston Van den Panhuise et Paul Kinnet ont rédigé ensemble des romans pour la collection Rouge et Noire, plus connue sous l'appellation La Flamme. Il n'est donc pas interdit de penser que le pseudonyme de Paul Kenny, sous lequel se cachaient Jean Libert, Gaston Van den Panhuise, est un hommage en verlan à Paul Kinnet.

Paul KINNET : La Tour, prends garde ! Série Noire N°2037. Parution février 1986. 224 pages. 5,55€ disponible sur le site de la Série Noire.

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 16:20
Bill S. BALLINGER : En Java

N'est pas la Java de Brodway...

Bill S. BALLINGER : En Java

La nouvelle mission confiée à Hawks débute sous de mauvais auspices.

Son voisin de chambre à l'hôtel où il réside le menace d'une arme. Il connait une partie de sa mission, l'appelle par son nom de guerre, Maousse, seulement il veut des éclaircissements sur la dite mission. Hawks s'en débarrasse à l'aide d'un briquet-bombe, l'installe dans son lit et procède à un échange de papiers d'identité.

Grimé en Indonésien, Hawks se rend à bord du Marguerita et le commandant lui précise ce qu'il doit faire. Convoyer un électronicien afin de dépanner le Manta Ray, un sous-marin atomique dont l'ordinateur de navigation est défectueux. Kent, un officier du sous-marin, a réussi à alerter l'ambassade et s'est évaporé dans la nature. Il est le seul à connaître l'emplacement du bâtiment perfectionné.

Hawks se rend ensuite à l'ambassade des Etats-Unis où il contacte l'agent du service de renseignements local. Celui-ci lui apporte de nouvelles précisions. Kent serait réfugié dans la petit île de Lebih, à environ onze cents kilomètres de Djakarta, sur laquelle règne un rajah qui officie en tant que gouverneur.

L'expert électronicien se nomme Leigh Housman. Quelle n'est pas la stupéfaction de Hawks, lui qui s'attendait à rencontrer un homme, d'être confronté à une femme désirable et spécialiste en électronique. Seulement il se rend vite compte que celle-ci n'est qu'un agent ennemi à la solde du PKI, parti communiste indonésien, en relation avec la Chine et l'URSS, inquiets de la présence du sous-marin près de leurs frontières. Il l'emmène à bord d'une péniche désaffectée et réussit à lui soutirer le lieu où Housman est détenu. Housman libéré et Hawks en possession de la fameuse carte électronique, les deux hommes quittent à l'aide d'un canot de sauvetage le port de Djakarta.

Pris dans une tempête, ils se voient contraints d'aborder une petite île. Afin de payer leur tribu à l'hospitalité, Dewa, le chef du village, défie Hawks de combattre son champion à l'arme blanche. Muni d'un couteau Hawks gagne contre son adversaire armé d'un redoutable kriss malais. L'agent américain propose alors à Dewa d'organiser une nouvelle joute et s'il en sort vainqueur, de lui prêter une nouvelle embarcation et deux marins. Ayant surmonté cette nouvelle épreuve, dite duel du fouet, Hawks débarque à Lebih en compagnie de Housman. Le rajah les reçoit avec affabilité, comptant sur les Etats-Unis pour régler ses problèmes le cas échéant, conflit avec la capitale par exemple.

Leurs ennemis sont leurs traces à cause d'un message inconsidérément transmis par Kent.

 

Nouvelle aventure pour Joaquim Hawks, descendant de la tribu indienne des Nez-Percés, dans laquelle il se montre une fois de plus à son avantage. Prototype du parfait agent de renseignement, il parle couramment plusieurs langues, dont le malais, se montre habile faussaire, est rompu à tous les arts martiaux, et est muni de gadgets indispensables à tout espion qui se respecte.

Plaisante à lire, cette histoire ne possède cependant pas l'humour et le brin de fantaisie qui émaillaient par exemple Le cirque de Pékin.

Aucune jeune fille de l'île bien élevée ne songerait à exhiber ses cuisses, aussi n'y a-t-il pas encore d'interdiction pour les jambes.

Curiosité :

Les jeunes filles de l'archipel indonésien sont extrêmement pudiques, cependant il n'était pas immoral de porter un sarong qui laisse les seins nus. A cause des étrangers, des touristes qui s'entêtaient à prendre des photos, et les payaient même pour poser, les autorités ont fini par interdire les seins nus, sous peine d'amende, afin d'éviter ce genre de ridicule vêtement obscène. Comme quoi l'instauration de tabous est liée à peu de chose.

 

Bill S. BALLINGER : En Java (The spy in teh Java sea - 1966. Traduction de France-Marie Watkins). Série Noire N°1120. Parution avril 1967. 192 pages.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 12:08

Hommage à Pierre Barbet né le 16 mai 1925.

Pierre BARBET : Magiciens galactiques.

De retour d’une mystérieuse mission, le chevalier Roland croise sur le chemin qui le mène à la capitale Alberto, un magicien en proie à la vindicte des paysans. Les deux compagnons arrivent à la cour de l’empereur Carlus lequel organise un tournoi en l’honneur de la venue d’Angélique, impératrice de Cathay.

Roland tombe amoureux de la jeune femme mais au cours de la joute il blesse mortellement le frère d’icelle. Sous l’emprise du charme et de la douleur il s’éloigne de la cour de France. Pendant ce temps les Sarrazin franchissent la frontière et sans l’appui de son fidèle chevalier, Carlus a bien du mal à contenir l’avance de l’ennemi.

 

Située dans un futur lointain cette histoire prend son essence dans l’épopée carolingienne, mais pas seulement. La Terre a subi de profondes transformations et elle traverse une ère au cours de laquelle chaque pays, dans un anachronisme déconcertant, revit une période marquante de son histoire tandis que des orques et des hippogriffes jouent le rôle de gardiens du temple.

C’est ainsi qu’Alberto le mage et un de ses confrères voyageant sur le dos d’un hippogriffe obéissant à un appareil sophistiqué appartenant à Roland, traversent les Etats-Unis alors que les Indiens et les cow-boys s’affrontent.

Roland qui n’est autre que Setni, sortant enfin de la torpeur dans laquelle il a été plongé, peut mener à bien la mission qui lui a été confiée. Un roman qui mêle habilement les passions de Pierre Barbet - les légendes, l’histoire, et la science.

 

Pierre BARBET : Magiciens galactiques. Collection Anticipation N°609. Editions Fleuve Noir. Parution 2èe trimestre 1974. 224 pages.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 09:22

Les militaires sont-ils comme les livres d'une bibliothèque ? Plus ils sont hauts placés, moins ils sont utiles...

Irwin R. BLACKER : Du rif à l'échelon

Responsable de l'Opégé, service concurrent de la CIA, le général LeGrand rêve de retourner sur le terrain afin d'obtenir une troisième étoile, au Viêt-Nam par exemple.

Suite à une réduction des subsides, son service se réduit à peau de chagrin pour disparaître peu à peu, ce qui n'a pas l'air de le contrarier. Mais la CIA au lieu de se voir attribuer la moitié de l'effectif de l'Opégé, préférerait obtenir une augmentation de crédits.

LeGrand doit cependant continuer à s'intéresser aux affaires courantes avec son adjoint Harry Fuller et sa secrétaire-maîtresse Janet Garner. Janet n'accepte pas cette démission morale et claque la porte du bureau et de son appartement.

Parmi les dépêches, l'annonce de convois de wagons-citernes en provenance de la Tchécoslovaquie et franchissant la frontière allemande le fait tiquer, ainsi que celle de mouvements de troupes soviétiques en direction de la Tchécoslovaquie. Une femme s'est même présentée à Berlin-Ouest au péril de sa vie pour fournir comme preuves des pattes d'épaule provenant d'uniformes de l'armée soviétique.

Les réunions avec les pontes de la CIA et les chefs d'état-major se multiplient mais il n'en ressort pas grand chose. Personne n'est capable de définir si ces événements sont réels ou de l'intoxication. Tout semble corroborer l'exactitude des informations mais quelque chose chagrine LeGrand. Une intuition. Un indicateur sis à Berlin-Est se propose de vendre des renseignements au prix fort. Il s'agit de Tubérian, soixante six ans, qui a travaillé durant la guerre dans la résistance comme chef du service des renseignements dans l'équipe de Bénès. Depuis il n'a fourni que des bricoles. Les informateurs disparaissent mystérieusement ou décèdent.

Les documents ou informations ont pu être falsifiés selon LeGrand, mais des repérages et des photos aériennes démontrent que les Soviétiques ont disposé leur flotte aérienne au combat. Les Etats-Unis ne sont pas en reste et partout en Europe l'alerte est donnée. Le personnel américain en poste en Europe est prévenu de la tension qui règne. Ce n'est plus qu'une question d'heures que LeGrand doit gérer au mieux. Le Département d'Etat statue sur l'avenir de l'Opégé, reportant à sine die sa suppression.

A Francfort il rencontre Iliya, la fille de Tubérian, afin d'obtenir un rendez-vous avec le principal informateur de cette affaire. Ce rendez-vous est lancé par radio sous forme de message particulier. Elle réclame en échange un visa pour les Etats-Unis, un billet d'avion, de l'argent et un contrat à Hollywood. Dans l'avion qui les emmène de Francfort à Berlin, LeGrand subtilise dans le sac à main de la jeune femme un étui à cigarettes sur lequel est gravé le nom de Tubérian.

 

Lent, trop lent à démarrer, ce roman ne prend sa véritable dimension qu'au dernier quart, lorsque l'histoire se décante et prend son envol dans l'action et sa signification profonde.

Irwin R. Blacker se contente d'exprimer une vérité, sans faire l'apologie d'un système ou d'un autre, sans dénigrer, sans juger. Il constate. Les Américains ont été menés en bateau, les Russes aussi, et seule la sagesse de deux vieux routiers de Renseignement permet de prolonger une paix fragile. Les décisions sont difficiles à prendre, aussi bien sur le terrain que dans les bureaux des états-majors, et seuls la réflexion et le bon sens peuvent dénouer des situations inextricables.

Un homme seul, par cupidité et nostalgie de son ancienne influence, est capable de pousser deux nations à s'affronter. Que penser des décisions prises dans un moment de panique si l'analyse des éléments n'a été faite que superficiellement par des arrivistes ?

 

Ils faisaient partie de cette élite de sémillants blanc-bec que l'on avait fait venir à Washington pour enseigner aux vieux routiers l'art et la manière d'opérer.

 

Curiosité :

L'histoire est entrecoupée par la narration des différents incidents incitant à prendre en considération les renseignements fournis, tant à Vienne qu'à Usküdar, ce qui hache un peu le récit.

Irwin R. BLACKER : Du rif à l'échelon (Chain of command - 1965. Traduction de Philippe Marnhac). Série Noire n°1032. Parution mai 1966. 192 pages.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 12:14
Thierry JONQUET : La bête et la belle.

Le numéro 2000 de la Série Noire : un numéro... impérissable !

Thierry JONQUET : La bête et la belle.

Dans un petit cimetière de Normandie le commissaire Gabelou surveille l'exhumation du cercueil du Gamin. Le médecin légiste qui l'accompagne ne peut déterminer avec certitude si la mort a été accidentelle ou le fait du Coupable. De loin l'Emmerdeur, agent d'une compagnie d'assurances, assiste à cette étrange cérémonie. Une énigme qui s'ajoute à celles du Commis Boucher et de la Vieille.

De retour à Paris Gabelou s'enferme dans son bureau avec Léon, le Clodo, l'ami du Coupable. Etrange affaire que celle du Coupable et que doit démêler Gabelou. Le Coupable était instituteur à Altay, ville champignon de la banlieue. Malgré sa jeunesse, c'est un homme effacé, maniaque, propre, prônant les vieux principes de la scolarité. Irène, sa femme, ne lui accorde ses faveurs qu'une fois par an, étant beaucoup plus sensible aux charmes de ses collègues de l'Education nationale. Le Coupable possède une passion : les maquettes de train.

Un jour la coupe déborde. Irène se moque une fois de plus du Coupable qui a encore loupé le concours d'Inspecteur, alors qu'il n'avait pas le temps de le préparer, obligé de faire des heures supplémentaires en garderies, en cours particuliers, afin de satisfaire ses goûts dispendieux. Il tue Irène et cache son corps dans le congélateur. Puis il entasse les sacs poubelle dessus. Bientôt tout l'appartement est envahi de sacs de détritus. Seul le vestibule est épargné. Le Coupable et Léon sont obligés de ramper sous une sorte de tunnel, des planches supportant les sacs qui s'amoncellent dans toutes les pièces.

Tout cela Gabelou l'apprend par des cassettes que le Coupable enregistrait, un journal parlé, ce qui lui laissait les mains libres pour monter les maquettes. Léon pense qu'il sait tout mais il s'enferme dans son mutisme. Dans ses enregistrements le Coupable avoue être le meurtrier de la Vieille, une voisine, et avoir mis en scène un suicide au gaz. Mais pour Gabelou il ne s'agit pas d'une preuve tangible, concrète. Il écoute les cassettes, les réécoute. La deuxième victime est le Commis Boucher qui se rend à l'appartement du Coupable. Peu de temps après, alors qu'il roulait à vélo, il est victime d'un accident de voiture. Le Coupable se vante d'en être à l'origine, mais les premiers rapports démontrent qu'il n'a pu provoquer l'accident avec son véhicule. L'Emmerdeur parvient à prouver que c'était possible. Ensuite le Gamin qui voulait rendre des outils empruntés au Coupable se faufile sur le balcon. Il décède en tombant d'un wagon alors qu'il rejoignait Paris. Le Coupable se vante d'avoir éliminé ces intrus car ils pouvaient raconter ce qu'ils étaient sensés avoir vu. Les mauvaises odeurs envahissent l'appartement, les sacs éclatent et un jus noirâtre s'en échappe.

 

Si dans Mygale (cf SN1949) Thierry Jonquet mettait en scène une vengeance que l'on pourrait qualifier d'extérieure, dans La bête et la belle il nous livre une histoire tout aussi intimiste et dont le thème est toujours la vengeance, intérieure cette fois.

C'est une histoire de misérables dans le sens de Victor Hugo, ce n'est pas une histoire de misérabilisme. De même que dans les Misérables, il y a une miséricorde. (Robert Soulat).

Avec Didier Daeninckx, Joseph Bialot, Jean-Paul Demure, Marie et Joseph, Thierry Jonquet fait partie de la relève de la Série Noire. Robert Soulat à l'occasion de la sortie du numéro 2000 avouait qu'il avait le vertige devant cette prolifération d'auteurs français de talent et se demandait si un jour il n'y aurait pas plus d'auteurs français à la Série Noire que de lecteurs.

Thierry JONQUET : La bête et la belle.

Rester propre, c'est ne pas avoir besoin des autres, ne rien quémander, subvenir soi-même à ses besoins.

Thierry JONQUET : La bête et la belle.

 

Curiosité :

Thierry Jonquet déclare, toujours à l'occasion de la parution de ce livre et des quarante ans de la Série Noire, que cette histoire est issue d'un fait divers. Il a travaillé dans ce genre de collège et de ville de banlieue sordide. De nombreux cas de rétention d'ordures existent, et leurs auteurs en général sont des gens d'apparence respectable.

Thierry JONQUET : La bête et la belle. Série Noire N°2000. Parution 1985. 160 pages. Réédition mai 1995. Nombreuses autres rééditions disponibles que le site de la Série Noire.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 08:14
Malcolm BRALY : La neige était noire

Alors que la poudre est blanche ?

Malcolm BRALY : La neige était noire

Carver, lieutenant de police à la Brigade des Stups, voue une profonde aversion pour les musiciens de jazz et les drogués.

Et son point de fixation, c'est Gabiness, saxophoniste qui, avec quelques comparses musiciens, prône le jazz avant-gardiste. Carver s'est juré de faire tomber Gabiness, et pour cela tous les moyens sont bons.

Il exerce un chantage sur Sullivan, une cloche qu'il alimente en poudre, et il le charge de fourguer de l'herbe, des sachets ou des comprimés à Gabiness et ses amis. Gabiness ne tâte que modérément aux paradis artificiels, contrairement à Furg le tromboniste ou Kovin le trompettiste.

Un soir, lors d'une rafle organisée par Carver, Gabiness sauve la mise à Claire Hubler, riche héritière à la recherche de sensations fortes et frigide. Il vit plus ou moins à la colle avec Jean, hôtesse de bar, cependant Claire l'attire. Et puis elle a de l'argent, ce qui n'est pas négligeable pour un fauché perpétuel.

Carver a raté son entreprise mais il ne s'avoue pas vaincu et il relance Sullivan, afin qu'il continue son opération intoxication, aux deux sens du terme. Sullivan surprend fortuitement Carver en train de se piquer, et le policier a beau avancer l'hypothèse du diabète, le fourgue reste sceptique. Gabiness s'installe chez Claire tandis que Jean est draguée par John Randozza, espèce de playboy. Le rêve de Gabiness, pouvoir monter une petite formation de jazz avec Kovin, Furg et un batteur. Mais il est alpagué par Carver pour une peccadille et Claire le fait libérer de prison en versant la caution. Il devra passer devant un tribunal mais pour le moment il est libre.

Le directeur d'un cabaret miteux accepte d'engager Gabiness et son équipe, mais Randozza est derrière et effectue quelques transformations afin de rendre la boite plus attractive. Jean devient plus distante envers le jazzman et évolue physiquement, plus provocante dans sa mise vestimentaire. Il ne réalise pas immédiatement qu'elle est devenue prostituée et que Randozza n'est qu'un souteneur. Claire dont les sautes d'humeur sont trop fréquentes et à la frigidité incurable n'intéresse plus Gabiness qui la plaque. Il retourne chez ses amis Kovin, Furg et Ann, professeur de littérature dans une école du soir pour adultes.

Un jour Furg décède d'une overdose, la came étant empoisonnée, contenant un mélange trop corsé de strychnine.

 

Musique, sexe et drogue. Trois thèmes du roman noir réunis pour cette histoire tranche de vie.

Le jazz y est omniprésent, avec des références à Charlie Parker, Miles Davis et autres innovateurs. Le sexe, pas encore débridé, annonce l'amour libre prôné peu de temps après par les beatniks et les babas cools. Quant à la drogue, c'est la poudre qui lie la sauce avec la présence de Carver, ce flic des stups lui-même drogué et qui essaie par tous les moyens de coffrer ceux à qui il voue une haine tenace et incompréhensible.

Un flic qui travaille en solitaire, espérant pouvoir profiter de ses confiscations et qui se bat contre une chimère. Pour une raison ou une autre, pas clairement définie, il ressent une haine viscérale envers Gabiness, mais contrairement à d'autres musiciens de son entourage, celui-ci n'est pas un dépendant à la drogue. Il en tâte en dilettante, la musique étant sa passion, quoique celle-ci passera après ses résolutions de s'établir comme employé et de fonder un foyer.

Les personnages qui gravitent dans cette histoire ne sont pas véritablement des paumés, à part Sullivan qui malgré tout veut briser l'emprise exercée par Carver et désire se racheter, mais des marginaux. Et plus que les musiciens, toujours à la recherche d'un son - et d'un engagement - de la fameuse note bleue, ce sont les femmes qui acceptent volontiers de descendre la pente tout en prodiguant conseils et une relative honorabilité : Claire, frigide et vaguement lesbienne, en quête d'orgasme, alliant frénésie et répulsion; Ann, professeur de littérature amoureuse de Kovin et qui copule allègrement avec Furg, faisant plaisir à l'un parce que cela ne dérange pas l'autre; Jean qui se prostitue par dépit, par jalousie, ce que ne peut comprendre Gabiness puisque selon lui il n'a fauté qu'avec une seule femme.

L'alcool, autre thème porteur, est absent du débat. Les musiciens boivent, comme tout le monde, mais ils se contentent d'ingurgiter du vin rouge.

C'était duraille de secouer le public de North Beach. Les gens prenaient soin de surveiller leurs réactions. Personne ne tenait à applaudir de la vacherie, et on ne savait pas toujours très bien faire la différence.

 

Curiosité :

A noter que le titre français rappelle étrangement un roman de Georges Simenon : La neige était sale.

Ce roman a reçu le Prix 813 de la meilleure réédition 1983.

Malcolm BRALY : La neige était noire

Malcolm BRALY : La neige était noire (Shake Him till the Ratlles - 1963. Traduction de France-Marie Watkins) Série Noire N°937. Parution mai 1965. 192 pages. 4,90€. Disponible sur le site de la Série Noire

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 08:21
Thierry JONQUET : Mygale.

Une araignée au plafond !

Thierry JONQUET : Mygale.

Chirurgien plasticien réputé, Richard Lafargue est un homme pervers. Il cloître dans sa maison de la banlieue parisienne une jeune femme, Eve, la soumettant au caprice d'hommes dépravés pour son seul plaisir si cela l'incommode parfois. Lorsqu'ils se rendent dans des restaurants, dans des réceptions, ils se conduisent comme un couple normal.

Alex est une petite frappe qui, après avoir réussi un braquage de banque au cours duquel un flic a été tué, s'est réfugié en Provence dans un mas prêté par un copain. Il n'a pas de nouvelles depuis quatre ans de son ami Vincent lequel lui aurait surement évité les bavures survenues au cours de son hold-up.

Vincent Moreau a été kidnappé sur une route de campagne par un homme qui le séquestre dans une cave. Après avoir l'avoir privé de nourritures liquides et solides son tortionnaire lui fournit peu à peu le minimum. Vincent devient sinon amoureux tout du moins reconnaissant envers cet homme qui lui apporte des vêtements, meuble son réduit, lui propose des divertissements sous forme de peinture et un piano. Puis tous les jours son kidnappeur, qu'il a surnommé Mygale, lui injecte un produit.

Obligé de quitter sa planque Alex remonte à Paris et se réfugie dans une villa. En regardant une émission à la télévision sur la chirurgie plastique, l'idée lui vient de changer de visage et d'identité et de quitter le pays. Il suit dans ses déplacement l'un des invités, le professeur Lafargue. C'est ainsi qu'il découvre que l'homme de l'art possède une fille enfermée dans un asile psychiatrique en Normandie.

La folie de sa fille Viviane est l'un des sujets de préoccupation de Lafargue. Et lorsqu'elle est en crise, il passe sa douleur en soumettant Eve à une séance de flagellation avec un des clients de sa compagne, prostituée sur rendez-vous.

Alec enlève Eve, sans que celle-ci voit son visage et l'enferme dans la cave de son pavillon. La jeune femme en se réveillant pense à une brimade de la part de son protecteur tortionnaire. Elle se revoit quatre ans plus tôt, lorsqu'elle était encore Vincent Moreau, avant que Lafargue lui injecte des produits destinés à développer ses tissus mammaires et l'opère pour le transmuer en femme. Ensuite Alec pose ses conditions au chirurgien plasticien et lui demande de lui modifier le visage. Le toubib l'anesthésie et le voyou est enfermé à la cave, là où a vécu durant des mois Vincent/Eve. Une nouvelle injection lui délie la langue et il donne les coordonnées du pavillon où il a enfermé Eve. Lafargue délivre la jeune femme qui ne comprend rien, croyant à un nouveau jeu sadique de Lafargue, pensant que l'histoire du truand kidnappeur n'est qu'un mensonge. Lorsqu'elle aperçoit Alec, Eve suppose que Lafargue vient de peaufiner sa vengeance. Vincent et Alec avaient quatre ans auparavant violé Viviane, ce qui avait fait perdre la raison à la jeune fille.

 

Tout est ambigüité dans ce roman : ambigüité des situations, des personnages, des sentiments. En peu de pages, ce qui démontre que point n'est besoin d'écrire un gros pavé pour construire une histoire, Thierry Jonquet nous entraîne dans un monde de folie et de vengeance. Il tisse sa trame avec une maestria digne d'un auteur aguerri, alors qu'il n'en est qu'à son cinquième roman. Ce qui lui vaudra d'être choisi pour porter les couleurs de la Série Noire avec le numéro 2000.

Thierry JONQUET : Mygale.

Thierry JONQUET : Mygale. Série Noire N° 1949. Parution avril 1984. 192 pages. Nombreuses rééditions dont Folio Policier N°52. Janvier 1999. 6,40€. Disponible sur le site Série Noire.

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 08:15
William MARSHALL: Hong-Kong Blues.

Hong-Kong star
T'es pas né là où tu voulais
T'as pas la peau qu'il te faudrait
Celle du vrai pays du dollar

William MARSHALL: Hong-Kong Blues.

Un mystérieux personnage, qui se surnomme l'Exécuteur, tue dans les salles de cinéma de la Baie de Hong d'inoffensifs spectateurs.

Pour l'inspecteur principal Feiffer, son adjoint O'Yee, les inspecteurs Spencer et Auden et tout le commissariat de Yellowsthread, c'est la bouteille à l'encre. Le laboratoire de balistique parvient à la conclusion que le tueur se sert d'une arme à quatre canons, un Sharps derringer, modèle en principe introuvable sur le territoire de Hong-Kong mais dont l'armurerie de la police possède un exemplaire. Feiffer pensant que l'individu ne s'arrêtera pas en si bon chemin, et ayant commis ses meurtres dans trois salles de cinéma, il décide de faire surveiller les deux autres.

Tandis qu'il observe dans la salle les spectateurs, O'Yee, chargé de filtrer les sorties, parle avec le directeur. Alors qu'un jeune l'apostrophe, dévoilant l'identité d'O'Yee, un homme qui prenait son billet à la caisse, braque un pistolet à quatre canons et s'enfuit. Il ne reste plus à O'Yee qu'à fournir un signalement passe-partout de l'Exécuteur.

Une quatrième victime, un Allemand, est à déplorer dans l'enceinte d'une salle des ventes. La réflexion d'un collègue permet à O'Yee de compléter le portrait de celui qu'ils recherchent. L'homme se balade les poches pleines de pièces de dix cents. Une cinquième victime est découverte dans le train traversant l'ile de Hong-Kong : l'agent chargé de pointer les billets.

Le commissaire de police de Kowloon a pu recueillir une déposition du fonctionnaire avant son décès. Un témoignage décousu, haché, confirmant simplement que le tueur se promène avec plein de pièces dans ses poches. Seule une remarque selon laquelle la victime et son meurtrier auraient un point commun plonge la brigade dans l'expectative.

Madame Mortimer, une vieille dame qui se croit à Shanghai au temps de la révolution et prend l'inspecteur Spencer pour le Consul Britannique, lui demandant aide et assistance contre les Chinois qui lui ont kidnappé son fils - mort depuis longtemps - se fait écraser par un tramway. A l'agent de police présent sur les lieux il se plaint que le contrôleur de billets s'est enfui et ne peut donc pas lui servir de témoin.

L'Exécuteur téléphone pour se disculper de cet accident, et malgré tous leurs efforts, les inspecteurs ne peuvent localiser l'appel. Toutefois cela donne l'idée à Feiffer d'éplucher le rapport de l'accident et d'établir une corrélation entre l'Exécuteur et le contrôleur parti si précipitamment.

 

 

William Marshall tout en relatant les difficultés rencontrées par la brigade de police pour découvrir l'identité du tueur nous fait côtoyer celui-ci et assister à ses différents meurtres. Mais surtout il dévoile peu à peu les motifs du dérèglement de l'esprit de ce Sérial Killer et ce qui l'a amené à supprimer ainsi des innocents. C'est la fin de la colonisation, les inspecteurs sont nés à Hong-Kong et recèlent en eux une dose de sang asiatique. Cela n'évite pas cependant les bavures et William Marshall à sa façon raconte la vie dans un commissariat façon Ed McBain.

 

Inspecteur, chez les antiquaires, personne n'a l'air de ce qu'il est. Les riches essayent de prendre l'air pauvre, les pauvres se donnent l'air riche pour que les gens croient qu'ils ont de l'argent, ou bien ils ont l'air pauvre pour qu'on croit que ce sont des riches qui se font passer pour pauvres alors qu'en fait ils peuvent être ou riches ou pauvres. On n'est jamais sûr.

William MARSHALL: Hong-Kong Blues. (The Hatchet man - 1976. Traduction de S. Hilling). Super Noire N°95. Parution avril 1978. 256 pages. 2,80€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 14:42
Tony KENRICK : Trois petits soldats.

A la guerre comme à la guerre...

Tony KENRICK : Trois petits soldats.

Sa carte de crédit ayant été refusée au restaurant où il déjeune régulièrement, Barney Rivers décide de se renflouer financièrement par un moyen expéditif mais malhonnête.

Pour cela il lui faut l'aide de son voisin et ami, Tom Loder, qui lui aussi se trouve confronté au même problème du panier percé. Barney lui soumet son idée : prélever sur le compte bancaire suisse numéroté d'un inconnu une certaine somme d'argent. Tom après une réticence bien compréhensible accepte de jouer le jeu et trouve le nom de J.B. Madison, avocat d'affaires et ex-ambassadeur.

Il leur faut pour réaliser leur plan un exemplaire de la signature de Madison et après un essai infructueux au bureau de celui-ci, Barney décide mettre dans la confidence un autre de leur voisin, George Dourian, directeur d'un magasin de vêtement. Dourian, divorcé deux fois et qui lui aussi a besoin d'argent liquide, leur déniche Amanda Atwill, une jeune femme qu'il a surpris la main dans le sac en train de barboter des fringues. Amanda leur procure sans difficulté un papier portant la signature de Madison et la supercherie marche à merveille.

Ayant réussi une première fois, ils tentent leur chance une seconde fois, mais ils se montrent un peu trop gloutons et s'affolent lorsqu'ils s'aperçoivent qu'ils viennent de spolier Luis Ripoll, l'ancien dictateur d'une petite ile antillaise du nom de Cabrera.

Madison n'était que le prête-nom et le dépositaire d'une fortune détournée. Gage, un homme qui a un compte à régler avec Ripoll fournit à Barney des renseignements sur le dictateur déchu. Ripoll est protégé par deux douzaines de gardes du corps et un maniaque du couteau qui jettent la terreur dans le quartier de New-York où il s'est réfugié. Amanda mise en sécurité ainsi que les familles de Barney et de Tom, les trois hommes embauchent Cambell, un sergent recruteur en rupture de ban avec l'armée.

Cambell les forme, non sans mal, dans une cabane perdue au fond des bois dans les Adirondacks. Au bout d'une semaine d'un stage intensif avec au programme préparation physique, maniement d'armes, conditionnement militaire, Barney téléphone à Ripoll pour lui proposer de lui rendre l'argent par versements annuels. Son correspondant semble accepter ses conditions mais alors que Cambell est sur le point de quitter les trois hommes, Ripoll investit les bois en compagnie de sa petite armée.

Aidés par Cambell qui aime cette atmosphère de guérilla, Barney et ses compagnons éliminent peu à peu tous les membres du commando et capturent Ripoll. Ils ne sont pas bout de leur peine et de leurs surprises. Ripoll a récupéré son argent en utilisant la même astuce que Barney et Manolo, le tueur au couteau est chargé d'éliminer les femmes et enfants des trois soldats d'occasion.

 

Construit comme une énorme farce mais toutefois avec rigueur, Trois petits soldats met en scène trois Américains moyens victimes de la société de consommation, aidés en cela par l'aide non négligeable des cartes de crédit dont ils font collection et qui leur permet de dépenser plus qu'ils gagnent.

Cette facilité de pouvoir dilapider avec inconscience leurs payes bientôt se transforme en cauchemar et pour se renflouer ils n'ont d'autres moyens que d'étudier des parades malhonnêtes et d'essayer de les mener à bien.

La seule chose dans la pièce qui avait moins de cinquante ans d'âge, c'était la réceptionniste qui, encore que jeune, était comme il se doit terne et réservée.

 

Curiosité :

Alors que page 37 l'auteur, ou le traducteur, nous présente Dourian comme le directeur d'un grand magasin, page 43 le dit magasin n'est plus qu'une petite boutique.

 

Tony KENRICK : Trois petits soldats.

Tony KENRICK : Trois petits soldats. ( The seven days soldiers - 1975. Traduction de Janine Hérisson). Super Noire N°35. Parution mars 1976. 256 pages. Réédition Carré Noir N°544. Parution mai 1985. 4,50€. Disponible sur le site de la Série Noire.

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