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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 10:08

Tant qu'il y aura des pommes...

Peter LOVESEY : Cidre brut

Octobre 1964.

Theo Sinclair, la trentaine, célibataire, professeur d'histoire à l'Université de Reading, n'apprécie guère l'intrusion d'une jeune fille américaine dans sa vie. Une vie calme et tranquille jusque là. Une vie rangée, consacrée à son travail, à la lecture et quelques sorties en compagnie de sa petite amie.

Le tout ponctué du bruit caractéristique de l'embout de sa canne sur le sol lors de ses déplacements. Faut dire que Theo Sinclair est quelque peu handicapé à la suite d'une polio contractée à l'âge de treize ans.

Mais Alice Ashenfelter, cette jeune Américaine délurée et entreprenante, si elle lui fait revivre sa jeunesse, le ramène bien avant cette maladie, lorsque le jeune Theo, à l'âge de neuf ans, est le catalyseur et le témoin d'une tragédie déroulée durant la Seconde Guerre Mondiale.

Evacué de Londres pilonnée par des bombes, et placé dans une famille de fermiers du Somerset, le jeune Theo va se prendre de passion pour la jeune fille de sa famille adoptive. Barbara a dix-neuf ans et Theo la vénère, lui voue un culte inconscient. Dans le village et à l'école, il fait un peu office de bête curieuse. Son parler n'est pas le même, et puis il a connu de près les bombes, la mort, la guerre mais aussi les soldats US. Justement un détachement de G.I. vient de se baser non loin du village et sous prétexte de chewing-gum, Theo va faire la connaissance de Donovan et de Harry, des militaires américains.

Alice Ashenfelder possède une bonne raison d'importuner Theo. Donovan, son père, a été accusé de meurtre et a été exécuté loin de sa famille, en partie à cause du témoignage de Theo. Elle ne croit pas ce que les journaux de l'époque ont relaté. Donovan tuant par amour de la belle Barbara.

Alice va donc obliger Theo à remonter le passé, à revivre une époque de sa jeunesse, une époque dont il n'est pas particulièrement fier et à enquêter sur les lieux même de la tragédie, retrouvant les personnages qui y ont participé.

 

Encore un excellent roman de Peter Lovesey qui s'affirmait comme l'un des tous premiers auteurs britanniques dans les années 1980 et 1990 mais qui est depuis oublié des éditeurs français.

 

Peter LOVESEY : Cidre brut

Peter LOVESEY : Cidre brut (Rough Cider - 1986. Traduction de Jean-Michel Alamagny). Collection Le Masque N°1933. Librairie des Champs Elysées. Parution novembre 1988.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 08:53

L'homme propose, l'avenir dispose.

Gérard DELTEIL : Tchernobagne.

Un avenir pas très lointain, de trente à quarante ans environ, mais au combien d'actualité lors de la parution du roman en 1989.

Alors que la révolte gronde dans les prisons, que les gardiens revendiquent, que le système des prisons privées (de quoi on se le demande !) est envisagé depuis quelques années, penchons-nous sur ce roman de Gérard Delteil.

Un roman directement inspiré de son enquête sur les geôles françaises (Prisons - Dossiers brûlants. Le Carrousel, Presses de la cité - 1986), et sur un événement qui a défrayé la chronique et ému plus d'une personne, la catastrophe de Tchernobyl.

Phénix VIII est un bagne quelque peu spécial. Fini les corvées de cailloux à casser. Les prisonniers qui travaillent dans ce complexe bouffent du nucléaire à longueur de journées. Ils sont volontaires pour ce labeur, ils ont signé, alléchés par une remise de peine aléatoire. Mais il suffit de deux ou trois éléments plus déterminés que d'autres pour remettre en cause cet ordonnancement, et le nouveau directeur se trouve en butte à une révolte en bonne et due forme. Lui qui pensait que Phénix VIII servirait de tremplin à sa carrière !

 

Pas vraiment de science-fiction, tout juste de légère anticipation, ce roman de Gérard Delteil propose une vision pas très réjouissante de l'univers carcéral.

D'ailleurs la réalité n'est guère éloignée de la fiction, et si les prisonniers ne sont pas encore employés dans des centrales nucléaires (et encore, c'est à prouver !) les mines de sel et autres lieux aussi divertissants existent de par le monde.

Quant à Gérard Delteil, il aura marqué l'année 1989 d'excellents romans et ce dans des genres différents. Outre Tchernobagne, il faut signaler Fenêtre sur route aux éditions de l'Instant, Les huit dragons de jade chez Philippe Picquier, Le fils Capet se fait la malle chez Syros, et Riot-gun à la Série Noire.

Gérard Delteil aura signé en tout quatre romans (Transfert; La septième griffe de Togor; Hors-jeu et celui-ci) dans la collection Anticipation du Fleuve Noir, romans qui mériteraient une réédition en volume Omnibus, par exemple.

 

Quelques titres à découvrir :

Gérard DELTEIL : Tchernobagne. Collection Anticipation N°1709. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1989. 192 pages.

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 13:38

N'est pas celle du Père Noël !

Georges-Jean ARNAUD : La défroque.

Avec son menton en galoche, ce qui lui a valu son surnom, qui posé sur les cageots de légumes ou de fruits, les retient sur son diable, et avec ses petits bras musclés, Luigi Sorgho est très demandé par les déballeurs sur le marché de Hyères.

Il boit ses rosés que lui ont offert les acheteurs pour ses bons et loyaux services de manutentionnaire, chez Henri, un petit bar rendez-vous des marchands et maraîchers. Italien, il vit avec sa sœur Grazia dans un petit appartement qui leur suffit amplement. Ils sont restés célibataires et cela leur convient bien.

Ce jour là il aperçoit un homme, habillé de bric et de broc, buvant une menthe à l'eau (mais n'est pas maquillé comme une star de ciné). Ce visage, il le connait mais est incapable de se remémorer où il a vu ce personnage qui lui sourit. Luigi s'informe auprès d'Henri. Le cafetier ne peut guère donner de renseignements. L'homme apporte des cageots de cerises, lorsque c'est la saison, et achète de la ficelle à Marguin, un grossiste, et circule dans une vieille fourgonnette. Les autres consommateurs, qui taquinent volontiers Galoche, n'en savent pas plus, sauf qu'il vivrait dans une communauté près de Méounes. Il y a en même un qui lâche avec détachement qu'il lui fait penser à un curé.

Le déclic ! Le soir même Galoche annonce à sa sœur qu'il a vu l'abbé Corti, en civil. Il est inquiet. Ayant assassiné deux ans auparavant un homme, il s'était confessé sur les instances de Grazia à cet abbé alors qu'ils séjournaient à Digne. Ce crime était resté impuni, mais quand même. Que fait donc Corti à Hyères, si ce n'est pour le harceler. Il faut absolument retrouver où il crèche (normal pour un curé), et savoir ce qu'il lui veut. Peut-être pour le dénoncer.

Alors Grazia et lui vont unir leurs forces pour découvrir où se terre ce curé. Et ce qu'ils apprennent dépasse leur entendement. Corti n'est plus curé, de plus il est marié et dirige avec sa femme une communauté recueillant des routards. Galoche s'affole et obnubilé par son premier crime et la peur au ventre que son ancien confesseur le dénonce auprès de la police, il va commettre un second meurtre.

 

Luigi est un être fruste, s'exprimant difficilement en français, vivant sous la domination de sa sœur Grazia, confite, comme un vieux citron, en dévotion. La peur de se voir confondu pour un crime ancien, être dénoncé par un ancien curé, l'empêche de réfléchir sereinement, et dans sa panique va commettre justement ce qu'il ne fallait pas faire. Il est vrai qu'il est mal conseillé par Grazia, mais il redoute également les forces policières, n'étant pas vraiment en règle dans son pays d'adoption.

Peu à peu, à la façon de Frédéric Dard et d'Alfred Hitchock conjugués, Georges-Jean Arnaud joue sur l'inquiétude de ce couple frère-sœur, non incestueux je précise, inquiétude renforcée par la peur que leur passé les rattrape. Ils sont incapables de penser, réfléchir sereinement, et s'affolent avant de savoir réellement ce que fait Corti dans la région.

Une atmosphère romanesque lourde qui de plus est développée par la chaleur de la région. Luigi-Galoche ne crache pas, au contraire, sur les petits verres de rosé qui lui sont offerts, s'en paient quelques-uns supplémentaires ce qui bien évidemment occulte sa réflexion, son cerveau étant quelque embrumé.

 

Si le thème de ce suspense est intemporel, un homme fautif qui pense, à tort, être traqué, certains éléments ancrent ce roman dans une époque révolue.

Ainsi, en ce début des années 1970, il est commun de parler encore en anciens francs, même si le nouveau franc est de mise depuis 1960. Ce qui peut occasionner à ceux qui n'ont pas connu cette période quelques désagréments dans la compréhension des sommes indiquées. Luigi reçoit cinq à dix francs (nouveaux) pour son travail de manutention auprès des acheteurs de légumes. Dans le même temps une brave femme indique qu'elle touche deux mille francs (anciens soit vingt francs) pour une demi-journée de travail.

Dans le bureau de poste où Luigi et Grazia recherchent un numéro de téléphone, ils sont surpris de ne pas trouver l'annuaire des Basses-Alpes, oubliant que depuis 1970 ce département a été rebaptisé Alpes-de-Haute-Provence. Et alors qu'ils veulent téléphoner à l'évêché afin de demander un renseignement concernant Corti, la demoiselle (c'est toujours une demoiselle) du guichet téléphonique leur signifie qu'il y a une demi-heure d'attente. L'automatique n'était pas encore en place partout, ce qui amène à nous souvenir du fameux sketch de Fernand Raynaud, le 22 à Asnières.

 

Merci à Patrick qui se reconnaitra et m'a fait parvenir ce roman.

Première parution collection Spécial Police N°1044. 1973.

Première parution collection Spécial Police N°1044. 1973.

Réédition collection Spécial Police N°1604. 1980.

Réédition collection Spécial Police N°1604. 1980.

Georges-Jean ARNAUD : La défroque. Collection Crime Fleuve Noir N°19. Editions Fleuve Noir. Parution février 1992. 224 pages.

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 14:14

Pour vérifier qu'il est bien vivant ?

Alexandre TERREL : Le Croque-mort s'en mord les doigts.

Mon travail est d'offrir un service déterminé à la collectivité, pas d'interférer dans la vie privée de mes clients.

Cette phrase, cette déclaration, est due à Antoine Chabrier, croque-mort de son état, et exerçant ses talents à Balançon-les-Bains.

Pourtant, lorsque quelques chose va de travers, c'est vers Chabrier que l'on se tourne. C'est Chabrier que l'on consulte. C'est Chabrier qui recueille les confidences, plus ou moins explicites, plus ou moins approfondies, de ses concitoyens en mal de vivre.

Par exemple ce brave docteur Surepoix, gynécologue, qui sentant sa mort prochaine, il a déjà échappé à trois attentats, lui demande d'organiser ses prochaines funérailles d'une façon discrète. Madame la future veuve Surepoix ne devant en aucun cas être mêlée à des tracasseries administratives ou autres.

C'est bien joli tout ça, mais si le docteur Surepoix se montre un brin défaitiste, notre thanatopracteur aimerait bien comprendre le pourquoi du comment.

Que diable, on veut attenter à la vie d'un homme et celui-ci accepte son sort dans rechigner, sans regimber, sans vouloir connaître l'auteur et les motivations qui vont le conduire au cimetière de Balançon ? Chabrier, soupçonne, à juste titre, une entourloupette.

D'autant plus que ses rapports avec le juge Jeanne de Festui-Poupard, dite Fesse de Poupée, et quelques autres notables de la cité thermale, sont assez tendus et, que pour une fois, il aimerait bien qu'on lui fiche la paix.

Mais une fois de plus, et malgré lui, Chabrier se retrouve embringué dans une histoire de meurtre et il ne reste plus qu'à effectuer lui-même sa propre enquête.

 

Dans ce roman, et dans les précédents qui mettaient en scène Antoine Chabrier, liste ci-dessous, Alexandre Terrel, plus connu sous l'alias d'Alexis Lecaye, se délecte dans la description des mœurs d'une petite sous-préfecture de la France profonde, et ce pour la plus grande joie de ses lecteurs.

Cette série était comme une distraction dans l'œuvre de Terrel/Lecaye, qui comporte de nombreuses réussites, dont Marx et Sherlock Holmes, Einstein et Sherlock Holmes, La dissolution, Le Bagnard, la voyante et l'espion, Les Chemins de Sigmaringen, et bien entendu sa série des Dames.

Liste des romans mettant en scène Antoine Chabrier :

Le Croque-mort de ma vie, Le Masque no1792, 1985

Le Croque-mort s'en va-t'en bière, Le Masque no1801, 1985

Le Croque-mort et les mort vivants, Le Masque no1822, 1986

Le Croque-mort et sa veuve, Le Masque no1867, 1987

Enterrez le Croque-mort, Le Masque no1904, 1987

Le Croque-mort a croqué la pomme, Le Masque no1925, 1988

Le Croque-mort s'en mord les doigts, Le Masque no1997, 1990

 

Alexandre TERREL : Le Croque-mort s'en mord les doigts. Le Masque N°1997. Editions Librairie des Champs-Elysées. Parution Mars 1990.

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 13:49

Après Miss France, mystère...

Jean d'ARJANSE : Le mystère de la Villa du Soleil.

Jeannine, la charmante secrétaire et nouvellement promue fiancée de l'avocat Dufrayer, prend quelques jours de congés à Dieppe, afin de se remettre de ses émotions sentimentales.

Son accueil à la pension de famille La Villa du Soleil n'est pas à la hauteur de ses espérances. La bonne lui annonce qu'une erreur est intervenue dans la date d'inscription de son arrivée et qu'on ne l'attendait que la semaine suivante. Toutefois elle lui propose une chambre dans l'annexe, un immeuble situé juste à côté de la Villa.

Alors qu'elle procède à ses ablutions, deux incidents se produisent. Un des brillants de sa bague de fiançailles s'est desserti et alors qu'elle se rend à la salle de bains afin d'effectuer quelques recherches, elle entend des bruits suspects puis découvre un cadavre.

Sa présence est remarquée et des inconnus l'assomment. Peu de temps après, à Paris, le commissaire Lenormand dîne en compagnie de son ami Dufrayer. Il est inquiet car un détective, l'ex-inspecteur Jacques Trente, ne lui a pas donné de nouvelles depuis quelques temps, alors qu'il devait être à Dieppe. Trente devait servir de garde du corps à un millionnaire, Roland Quayne, qui craignait d'être enlevé.

Dufrayer lui fait part de ses préoccupations : Jeannine ne lui a pas donné de signe de vie depuis son arrivée à Dieppe. Il demande à Lenormand de profiter de son séjour pour rechercher sa fiancée.

En compagnie de Le Furet, son jeune secrétaire, le commissaire se rend dans la station balnéaire normande. L'affaire Quayne retient toutefois plus l'attention de Lenormand qui relègue au second plan les inquiétudes sentimentales de son ami l'avocat.

D'après un gardien de la paix qui connait bien Trente, le détective surveillait une villa. Les deux hommes intrigués par des ampoules allumées en plein jour s'introduisent dans la demeure. Ils trouvent le cadavre de Trente, un poignard enfoncé entre les omoplates. Ils relèvent des empreintes de pas sur le sol ainsi que dans la cave où une assemblée s'est tenue récemment. De même une trace de pneu figurant dans le parc de la villa est semblable à une autre trace relevée devant la Villa du Soleil. Lenormand décide de se faire passer pour Dufrayer et de loger à la Villa du Soleil. Il est reçu par la propriétaire, madame Malby, une charmante vieille dame qui le présente aux autres pensionnaires parmi lesquels il reconnait deux malfrats, Le Tombeur et Fleur-des-Pois.

Il reçoit une lettre signée Jeannine, laquelle s'excuse auprès de son prétendu fiancé de l'avoir abandonné, de rompre pour des prétextes futiles. Pour Lenormand, aucun doute, cette missive a été écrite sous la contrainte. Mais grâce à son flair, son bon sens et l'aide de Le Furet, il va bientôt délivrer la jeune femme et mener cette enquête à bien.

 

Cette honnête histoire classique, écrite dans un style non moins classique, emprunte toutefois à ce que l'on pourrait qualifier de poncifs de la littérature policière : substitution d'identité et déguisement, ceci afin de perturber le lecteur et l'égarer sur des chemins de traverse.

On ne s'ennuie pas mais il manque ce petit grain de folie qui a marqué certaines œuvres utilisant les mêmes stratagèmes.

Si Dieppe sert de décor à l'intrigue, ce n'est que de nom, car il manque une description de la côte normande, et l'histoire pourrait se dérouler dans n'importe quel petit port anonyme.

Achevé d'imprimé le 25 juin 1954 pour le compte de la S.E.N., ce livre, d'après le copyright, est la réédition d'un ouvrage paru aux éditions Nicea en 1944.

Jean d'ARJANSE : Le mystère de la Villa du Soleil. Collection Secrets. Editions S.E.N./Nica. Parution juin 1945. 96 pages.

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 10:15

Un secret qui n'est pas l'Origine du monde,

quoi que...

Georges-Jean ARNAUD : Les secrets de l’allée Courbet.

Julia est journaliste stagiaire et elle doit pondre un article concernant le décès de la femme du député local et ancien ministre, le peu sémillant Sémillon.

Julia qui doit affronter en même temps le décès proche et quasi programmé de sa mère. Sa mère ? Adoptive, oui, et un beau-père qu’elle n’a pas connu, disparu alors qu’elle était toute jeune. Son beau-père qui avait des accointances avec Sémillon puisqu’il était, entre autre un de ses colleurs d’affiches.

Mais Julia a des doutes sur sa naissance.

Quant au député, vingt et un ans auparavant un fait-divers tragique avait favorisé sa carrière et l’avait propulsé sur la scène de la vie politique.

Alors en marge de son papier elle enquête sur cette affaire qui avait défrayé la chronique locale et nationale. A défaut d’avoir un enfant, le couple Sémillon avait eu recours à l’adoption d’une petite Colombienne. Malgré les photos truquées, il était visible que l’enfant possédait un bec-de-lièvre, ce qui avait plongé madame Sémillon dans une crise d’hystérie, une malformation peu compatible avec les aspirations de l’édile.

Quinze jours plus tard l’enfant avait été kidnappée et une grosse rançon exigée. Seulement l’enfant ne fut jamais retrouvée.

 

Dès les premières pages le lecteur se doute où l’auteur veut en venir et l’enquête de Julia peut être considérée dans ce cas comme de pure forme. Seulement, G.-J. Arnaud possède plus d’un tour dans son sac à malices et l’épilogue est disons moral.

Arnaud, sûrement le romancier le plus prolifique depuis des décennies, parvient une fois de plus à nous happer dans une histoire qui aurait pu n’être qu’un vague mélo mais voilà, le talent reste le talent, et on souhaiterait pouvoir le lire encore longtemps.

Georges-Jean ARNAUD : Les secrets de l’allée Courbet. Photographies de Stéphanie Léonard. Collection Urbain Noir. Editions Autrement. Parution septembre 2004. 88 pages.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 08:07

Le rêve de tout romancier...

Julian SYMONS : Un manuscrit en or massif

Cantonné depuis longtemps dans le rôle de Sherlock Holmes, un peu à cause de son physique et beaucoup grâce à la qualité de son interprétation, Sheridan Haynes, qui possède les mêmes initiales que son personnage, Sheridan Haynes se morfond quelque peu dans l'attente de la pièce de théâtre ou du film qui le fera renouer avec le succès.

Pourtant le travail ne manque pas, même si parfois il est confidentiel. Ainsi il doit donner une représentation au Château de Baskerville au profit d'un seul spectateur : le richissime et énigmatique Warren Waymark.

Les rumeurs ne manquent pas de circuler à propos de ce personnage excentrique qui collectionne tout ce qui est en rapport avec le mythe de Sherlock Holmes.

L'une d'elle, tenace et invérifiable, prétend que Warren Waymark n'est plus de ce monde et qu'un imposteur, ou tout du moins un figurant, tient le rôle du milliardaire.

Sheridan Haynes est convié dans la même période à procéder à quelques lectures au Danemark, invité par la Silver Blaze Society, une association qui emprunte son nom à une nouvelle écrite par Conan Doyle. Sheridan Haynes y retrouve l'un de ses anciens condisciples scolaires qui lui propose d'acheter, ou de trouver un éventuel acheteur et dans ce cas pourquoi pas Warren Waymark, un manuscrit inédit et incomplet dû à la plume du père de Sherlock Holmes.

Les transactions s'engagent et entraînent l'acteur du Danemark à Amsterdam. Les morts commencent à tomber comme à Gravelotte autour de Sheridan Haynes qui se demande si, primo, le manuscrit proposé est authentique, et si, secundo, le milliardaire cloîtré est l'original.

 

Entraîné à son corps défendant dans cette histoire, Sheridan, dont on a fait la connaissance dans une précédente aventure publiée au Masque sous le titre La peau du rôle, Sheridan pourra remercier sa femme et son frère de le sortir de ce mauvais pas, même s'il n'en recueille pas toute la gloire dont il pouvait être en droit de prétendre.

Un roman dont l'action traîne quelque peu en longueur et Julian Symons nous avait habitué à mieux.

Julian SYMONS : Un manuscrit en or massif (The Kentish Manor Murders - 1988. Traduction de Jean Esch). Le Masque N°2048. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution mai 1991. 224 pages.

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:52

Hommage à John Sladek né le 15 décembre 1937.

John SLADEK : L'aura maléfique

Le spiritisme et le mysticisme ont de tous temps attiré et inspiré les auteurs de romans policiers, à commencer par Conan Doyle lui-même.

Sherlock Holmes ainsi que le Chevalier Dupin, créé par Edgar Allan Poe, sont des détectives repères, des détectives phares et il est de bon ton de s'y référer.

Les histoires de meurtres en chambre close, de meurtres dits impossibles, intéressent d'autant plus le lecteur que le problème proposé parait insoluble alors qu'une fois la solution révélée, une seule phrase vient à l'esprit : Bon sang, mais c'est bien sûr !

L'Aura maléfique de John Sladek contient tous ces éléments propices à l'élaboration d'un bon roman policier, plus quelques autres composantes que je ne vous dévoilerai pas sous peine de vous confier en même temps la clé, ce qui avouez le ôte en grande partie le charme de la découverte et de la lecture.

Autre composante, non pas indispensable mais bienvenue, et que je signale tout de même en passant : l'humour. L'humour léger, subtil, parfois plus ravageur dans le contexte que l'humour à base de jeux de mots, aère le récit, détend le lecteur et la situation parait plus acceptable même si elle est macabre.

 

Thackeray Phin, le Sherlock Holmes des années 1970, infiltré dans une société spirite va assister à des événements étranges, bizarres et parfois tragiques.

Un homme enfermé dans une salle de bain disparait. Un autre, au cours d'une séance de lévitation, va se rompre le cou. Ces adeptes de la communication avec l'au-delà ne sont-ils que de doux illuminés ou des charlatan avisés ?

Une belle brochette que forment un chanteur pop, une jeune fille ravissante dont la principale occupation consiste à rénover les ongles des pieds, un pasteur débonnaire, un membre sceptique, un vrai médium (il en faut !), une jeune femme comptable qui pense pouvoir corriger sa vision par des exercices musculaires, etc.

 

Thackeray Phin attrapera-t-il le meurtrier, si meurtrier il y a ?

L'aura, l'aura pas ,

Un véritable régal dû à John Sladek, un auteur méconnu.

 

Première édition. Collection Engrenage N°133. Editions Fleuve Noir. Parution février 1986.

Première édition. Collection Engrenage N°133. Editions Fleuve Noir. Parution février 1986.

John SLADEK : L'aura maléfique (Black Aura - 1974. Traduction de Jean-Paul Gratias). Collection Série 33 N°7. Editions Clancier-Guénaud. 286 pages. Parution avril 1988.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 14:10

Et pourtant, il parait qu'il vaut mieux avoir de

mauvaises critiques que pas de critique du tout...

Max Allan COLLINS : Un week-end tuant

Un critique, de romans policiers ou autres, cela aide un auteur à se faire connaître du grand public. Nous sommes d'accord. Mais qu'il dénigre systématiquement la production littéraire d'un romancier, cela va bien un certain moment, mais au bout d'un certain temps l'écrivain ainsi incriminé commence à voir rouge.

Et pour Mallory, romancier qui passe à côté de la célébrité à cause d'un tordu du nom de Kirk Rath, cette situation devient vite intolérable.

Ce n'est pas parce qu'il n'est pas le seul à être dans ce cas de figure, que ses confrères eux aussi sont en butte au même genre de sarcasmes, que cela lui met du baume au cœur. Et s'il ne se contrôlait pas, sûr que Kirk Rath passerait un mauvais quart d'heure s'il avait l'occasion de l'avoir en face de lui.

Invité à une murder-party, espèce de jeu de rôle grandeur nature dans lequel les participants à cette réunion sont les suspects, l'assassin et la victime d'un meurtre supposé, Mallory retrouve quelques-uns de ses confrères qui sont également des amis pour la plupart.

La présence de Kirk Rath porte l'atmosphère à son paroxysme. Heureusement celui-ci n'est là que pour quelques heures, ayant été désigné pour figurer la victime. Une hypothèse que beaucoup de personnes présentes aimeraient bien voir tourner à la réalité.

D'ailleurs Mallory, de la fenêtre de sa chambre, croit assister à l'assassinat de l'odieux personnage. Hélas, ce n'était qu'une mise en scène ! Quoi que...

 

Il y a bien longtemps que je ne m'étais autant amusé à la lecture d'un romans policier. L'humour y est présent à tout instant, et personnages fictifs et réels s'entremêlent habilement.

Max Allan Collins, qui nous avait habitué à la reconstitution des années 1930, de la prohibition, et de la grande époque des Dillinger, Al Capone ou Elliott Ness, a écrit avec Un week-end tuant un excellent roman qui aurait mérité d'obtenir le Prix du Roman d'Aventures 1989.

Mais on peut toujours se demander s'il n'existe pas un fond de vérité dans cette intrigue, et si Max Allan Collins ne désirait pas régler quelques comptes, quelques divergences avec un chroniqueur littéraire.

 

Max Allan COLLINS : Un week-end tuant (Nice Weekend for a Murder - 1986. Traduction de Georgia Etienne). Le Masque jaune N°1966. Parution septembre 1989.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 10:45

Bon anniversaire à Eric Legastelois,

né le 9 décembre 1958

Eric LEGASTELOIS : Putain de cargo !

Lucas, le capitaine du Kéops, cargo rouillé qui outre ses activités officielles transporte parfois des matières illicites le long des côtes d’Afrique occidentale, se réveille avec un mal de tête dû à une trop grande absorption de whisky, son péché mignon.

Dans les mains le scalp de Camilla, sa maîtresse de Tenerife. Que fait donc cette chevelure entre ses mains ?

Pas le temps de se poser la question, le commandant Kavadias, un Grec avec qui il partage depuis des années ses aventures maritimes, a besoin de lui. Mais pourquoi le cadavre du bosco, qui pour se faire soigner une maladie dite honteuse devait être chez un toubib et rejoindre le rafiot plus tard, est-il retrouvé dans la chambre abritant l’ancre marine, écrasé comme une galette ?

Le commandant Kavadias est réputé pour son penchant énamouré envers les jeunes filles et même plus jeunes, mais que font les passagères clandestines dans les soutes ?

Autant de questions que le capitaine aura à solutionner entre deux bouteilles de whisky, accessoirement deux lignes de coke, histoire de mieux s’embrumer l’esprit et réfléchir après coup (ce n’est qu’une image, quoique…) et quelques cadavres supplémentaires.

 

Putain de cargo ! (d’accord le titre est un peu racoleur, d’ailleurs mon petit-fils qui sait à peine lire voulait le bouquin uniquement à cause du titre, c’est vous dire !) est une œuvre mi-fiction, mi-autobiographie.

Peut-être est-ce pour cela qu’il accroche autant le lecteur, avec une force d’évocation surprenante, qui par certains côtés rappelle l’ambiance étouffante, poisseuse, des romans de Georges Simenon, ou de ses mémoires, qui ont pour décor les côtes africaines.

Mais outre l’ambiance on retiendra cette forme de déchéance, ce lent plongeon vers l’enfer que seul l’esprit d’une femme aimée pourrait oblitérer. Un roman, puissant même si cette déchéance ne paraît pas toujours crédible, le capitaine d’un cargo possédant des responsabilités qu’il doit assumer, l’esprit clair et dégagé.

Réédition J'Ai Lu septembre 2000. 126 pages.

Réédition J'Ai Lu septembre 2000. 126 pages.

Eric LEGASTELOIS : Putain de cargo. Collection Pique rouge. Editions Atout. Parution mai 1998. 170 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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