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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 09:44

Bon anniversaire à Gilbert Gallerne, né le 2 avril 1954.

Gilbert GALLERNE : Les fils du Tyrannosaure.

Venu rejoindre son amie dans un coin perdu de l'Arizona, Bernard Bordes, écrivain, a la désagréable surprise de ne point voir Axelle au rendez-vous.

A l'hôtel où il pose ses valises, personne n'a vu la jeune femme. Pourtant ce n'est pas dans ses habitudes de lui poser un lapin. A moins qu'elle n'ait eu un empêchement inopiné.

Résigné à l'attendre il se promène dans les environs de Perdida. Un patelin qui porte bien son nom.

Il découvre au milieu du désert, enchâssé dans une sorte d'amphithéâtre, un dolmen qui porte des traces brunâtres. Comme si du sang avait séché sur cette table de sacrifice dont il ne peut établir si son érection remonte à quelques années ou quelques siècles. Retournant sur ses pas il découvre des écailles de peinture sur un rocher, puis aperçoit une voiture au fond d'un ravin.

A l'intérieur de l'habitacle il trouve un pendentif qui appartient à Axelle. Preuve que la jeune femme est venue dans la région. Une avalanche de pierre se déclenche et il a tout juste le temps de se cacher dans une anfractuosité du terrain.

Cela devient de plus en plus louche. D'autant qu'un gamin lui remet, à son retour au village, un mot d'Axelle lui indiquant qu'elle loge dans l'autre hôtel du village. Mais là non plus pas trace de la jeune femme.

 

Gilbert Gallerne, qui a signé quelques romans sous le pseudo transparent de Gilles Bergal et sous celui de Milan, avoue que son enfance a été baignée avec les aventures de Bob Morane.

Une atmosphère de fantastique que les amateurs du genre apprécieront, d'autant que l'humour y est toujours présent, même dans les moments dramatiques.

Gilbert GALLERNE : Les fils du Tyrannosaure. Collection Aventures et Mystères N°14. Editions Fleuve Noir. Parution novembre 1995. 192 pages.

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 13:07

Mystère ! Vous avez dit Mystère ?...

Mystère, mystère : Recueil composé par Jacques BAUDOU

Reprenant la formule de ses années du mystère parues en Livre de Poche et au Masque Grand Format, Jacques Baudou nous invite à retrouver à travers les textes d'auteurs français et étrangers, l'éclectisme de la littérature dite policière.

L'ouvrage est moins épais, l'appareil critique y est réduit à sa portion à peine congrue, mais subsistent la présentation des auteurs et le tableau d'honneur du compilateur en ce qui concerne la littérature, le cinéma et la télévision.

Jacques Baudou ne se contente pas d'accoler des textes pour le plaisir d'éditer un recueil. Il rend hommage à des auteurs qui confirment leur talent texte après texte, et c'est toujours un plaisir de retrouver Tonino Benacquista dans ses histoires, presque des chroniques, de la vie moderne. Ou Maurice Périsset avec son personnage qui aujourd'hui est au chômage, ce que l'on ne regrette pas. Ou encore Réginald Hill, Harlan Ellison et Lawrence Block que l'on ne présente plus.

Mais c'est également pour Jacques Baudou la possibilité de trouver de nouveaux talents, la plupart du temps anglo-saxons, comme Susan Moody, Lynne Barrett ou Nancy Pickard.

Il exhume également des curiosités, cette année une pièce radiophonique datant de 1946 et due à Pierre Boileau avant son association avec Thomas Narcejac.

Les tentatives éditoriales pour promouvoir la nouvelle ne sont assez souvent couronnées de succès et il faut saluer le courage de ceux qui comme Jacques Baudou s'accrochent pour que le texte court - lequel permet aux écrivains de démontrer tout leur talent dans la concision - ait droit de cité dans les collections.

N'oublions pas que Guy de Maupassant, l'un des rares auteurs français fort prisé par les Américains, fut et demeure un nouvelliste et que ses histoires relèvent de la littérature noire par bien des aspects.

 

Au sommaire de ce volume, après une ouverture orchestrée par Jacques Baudou :

Tonino Benacquista : Le Haïku.

Reginald Hill : Un crime inexpiable.

Lawrence Block : Aux premières lueurs de l'aube.

Harlan Ellison : Le singe doux.

Nancy Pickard : J'ai peur tout le temps.

Pierre Boileau : Crime à distance.

Susan Moody : En amour, tous les coups sont permis.

Maurice Périsset : Un simple geste.

Lynne Barrett : Elvis lives !

Suivent un dictionnaire des auteurs (important !) et le tableau d'honneur pur l'année 1993.

 

Cet ouvrage, même si je le range dans La malle aux souvenirs, est toujours disponible.

Mystère, mystère : Recueil composé par Jacques BAUDOU. Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 23 septembre 1994. 252 pages. 13,75€.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 09:44

Lorsqu'Adrien Sobra ne s'appelait pas encore Marc Agapit.

Ange ARBOS : La tour du silence.

Ce sont les gens qui disent... rétorque le narrateur à son ami et voisin Julien Delambre qui affirme qu'il vient d'émettre une hypothèse idiote. Et les gens ont vite fait d'échafauder des conjectures non vérifiées.

Il paraitrait qu'un cadavre a été retrouvé dans le parc du pépiniériste, leur voisin, et que ledit pépiniériste aurait tué l'amant de sa femme.

Delambre, afin que son voisin ne s'échappe pas et aille raconter n'importe quoi, l'enferme dans son salon puis entreprend de narrer la genèse de cette découverte macabre. Mais auparavant il lui pose quelques questions concernant cette découverte, notamment si le bahut dans lequel le squelette a été retrouvé était un magnifique meuble sculpté. Si une épée en bois peint reposait à côté du mort et si la tête de celui-ci était ceinte d'une couronne en bois peint également.

Suite aux affirmations de son voisin, il raconte cette histoire édifiante :

Lors d'une réception costumée, alors qu'un diseur accapare l'attention des invités, le majordome informe le maître des lieux qu'il est mandé au téléphone pour une affaire importante. Puis peu après, le majordome revient dans la pièce prévenant le secrétaire du comte que celui-ci l'attendait dans son bureau un quart d'heure plus tard. Le temps imparti étant écoulé, le secrétaire s'éclipse puis revient et parle à voix basse à la comtesse qui sort de la pièce puis réapparait en poussant des cris et s'évanouit.

Dans le bureau situé à l'autre bout du château les invités ne peuvent que constater l'absence du comte, mais relèvent néanmoins quelques indices prouvant qu'un attentat aurait été commis à l'encontre du noble. Des traces de sang, une statuette brisée, des douilles d'arme à feu.

Immédiatement averti le juge d'instruction pose les questions rituelles à la comtesse, une jeune femme d'une vingtaine d'années et mariée depuis peu. Et bien évidemment il s'agit de savoir si le comte possédait des ennemis. Et c'est à partir de ce moment que l'affaire se corse, même si elle se déroule en région parisienne.

Peu avant, Eloi, un vieux serviteur du comte, et sa fille Véronique, avaient été congédiés. Eloi, veuf de bonne heure, avait donné à Véronique une instruction raffinée et celle-ci âgée de dix-huit ans était entrée au service de la nouvelle comtesse comme lectrice. Les deux jeunes femmes n'étaient séparées que de quatre ans, mais, coïncidence troublante, elles se ressemblaient comme deux sœurs. Et Véronique entretint cette ressemblance en prenant la démarche, la coiffure, la voix même de sa maîtresse. Maîtresse qui fut bafouée semble-t-il car Véronique aurait effectué des avances éhontées au comte, d'où son renvoi et celui de son père.

Or Eloi et sa fille Véronique sont partis en Normandie, dans un petit village où le vieil homme possède une demeure. Les enquêteurs interrogent évidemment les voisins, les fonctionnaires dont le chef de gare, et selon tout ce beau monde, Eloi et Véronique ne se seraient pas absentés de leur villa, ou tout au moins du village.

Mais le doute s'installe. La comtesse est-elle celle qu'elle prétend être, ou Véronique aurait-elle pris sa place ? Commence un chassé-croisé qui embrouille les enquêteurs, une sombre histoire de substitution de personnes, et il est difficile de démêler le vrai du faux du faux du vrai. D'autant que selon les circonstances, la comtesse avoue être Véronique, puis se rétracte, revenant sur ses déclarations.

 

Ange Arbos, dont ce roman figure parmi ses premiers écrits, propose un jeu de miroir, proche d'une affaire de gémellité sans en être une puisqu'il s'agit de sosies. Mais le lecteur sait d'avance que les deux femmes se ressemblent, qu'elles peuvent se substituer l'une à l'autre. Ange Arbos ne sort pas un protagoniste de son chapeau en fin d'intrigue mais la présence de ces deux femmes est toujours constante. A moins que l'une d'elle joue deux rôles.

Dans un registre résolument policier classique, le futur Marc Agapit imprègne toutefois son histoire d'une once de fantastique, avec subtilité, la mise en scène du départ y influent pour beaucoup, de même que l'approche du récit par Delambre.

Le narrateur aperçoit quelques photos dont une de groupe représentant des personnages costumées et une autre le portrait de Jeanne la Folle. Or s'il s'agit de la comtesse et des membres participant à la soirée organisée par le comte, ceci n'est pas anodin. Car le comte était déguisé en Philippe le Beau et la comtesse en Jeanne la Folle, deux personnages historiques. Jeanne la Folle ainsi dénommée suite à la douleur ressentie à la mort de son mari.

Sans oublier les quelques allées et venues du domestique de Delambre lors de la narration de cette affaire, qui jette un doute sur les motivations du conteur vis-à-vis de ce voisin-narrateur pressé d'arriver à une conclusion qui au départ est erronée, puisque puisant dans des rumeurs.

Le sens de la narration est déjà présent, mais trouvera son développement par la suite lorsque Ange Arbos alias Marc Agapit se tournera résolument vers le fantastique et l'angoisse pour ses romans édités au Fleuve Noir, et qui restent des ouvrages de référence recherchés par les amateurs et les collectionneurs.

 

Ange ARBOS : La tour du silence. Collection Police N°155. Editions Ferenczi & fils. Parution 4 avril 1936. 64 pages.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 14:13

Bon anniversaire à Jean Mazarin né le 27 mars 1934.

Jean MAZARIN : Sus aux pointus.

Sus aux pointus est le dixième roman consacré à la saga de Frankie Pat Puntacavallo, le détective niçois surnommé le Privé au soleil, sur les douze titres qui constitueront cette série.

L'on retrouve avec plaisir les habituels protagonistes : Muriel Kerdah, sa secrétaire depuis peu, René-Charles (clin de l'auteur au véritable prénom de l'auteur) agent immobilier, Ange Culculnacci, commissaire de police de son état, Gisou, le repos du docker et d'autres, ainsi que la famille Puntacavallo composée de Marylin, la sœur chanteuse dans une boîte de nuit, et les parents, le père, un peu de l'autre côté de la barrière et la mère expansive, protectrice, la Mamma par excellence.

En réalité, lorsque l'on plonge dans un livre ayant Frankie Pat comme héros, l'histoire, la trame, l'énigme deviennent secondaires, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas, loin de moi ce propos. Les avatars subis par ce détective naïf, que ce soit dans sa vie familiale ou professionnelle, valent en eux-mêmes que l'on ouvre le volume.

Têtes de chapitres, dont le style rappelle curieusement celles employées par Charles Dickens dans Les Papiers posthumes du Pickwick Club, renvois, notes, notules, tout concourt pour nous livre un roman extrêmement jubilatoire.

Et je ne parlerai pas du délire verbal employé par Jean Mazarin dans ce qu'il appelle ses romans de détente. Romans qu'il s'amuse à écrire et que le lecteur s'amuse à découvrir dans ces aventures puntacavalliennes.

 

Dans ce volume se dégagent un petit air de réalisme, de nostalgie, de mélancolie. De nombreux faits troublent Frankie Pat, le narrateur-héros. Le décès de son père, la diatribe relativement douce-amère de Muriel Kerdah concernant ses possibilités inductives et déductives ainsi que sa renommée.

Alors virage ? Changement de cap ? Frankie Pat ne sera-t-il plus dans ses prochaines aventures le sympathique naïf ayant Humphrey Bogart comme idole et image de marque ? Espérons que si et qu'il vivra de nombreuses aventures qui lui laisseront certes un arrière goût d'amertume comme à l'habitude mais réjouiront le lecteur. C'est ce que j'écrivais dans une chronique datée de 1985.

Mais ce n'était qu'un vœu pieux puisque, au bout de douze aventures, Frankie Pat tirera sa révérence.

 

Titres composant la série Frankie Pat Puntacavallo, tous dans la collection Spécial Police :

 

1642 : Un privé au soleil

1665 : Ormuz, c'est fini

1678 : Adieu les vignes

1754 : Monaco morne plaine

1772 : Basta C.I.A.

1824 : Catch à Cannes

1838 : Un doigt de culture

1881 : Touchez pas la famille

1913 : Camora mia

1982 : Sus aux pointus

2013 : Nocturne le jeudi

2069: Canal Septante.

 

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:44

Bon anniversaire à Pierre Marcelle né le 26 mars 1952.

Pierre MARCELLE : Conduite intérieure.

Taxidermiste, ou plutôt empailleur, terme issu de son enfance, Artigalas est un jeune homme pondéré, renfermé, qui vit de l’autre côté du périphérique. Sitôt sa journée terminée, il se prélasse dans son bain, se lave des odeurs de la profession et regarde défiler sur le bitume les traînées lumineuses des véhicules passant douze étages sous lui. Il rafistole dans son laboratoire personnel des animaux de compagnie que les propriétaires lui confient en dernier recours.

Un jour d’octobre, une jeune femme l’aborde à la sortie d’un musée. Suzanna est belle et désire que le jeune homme naturalise son chat, une bête de race, et ce avant le cinq décembre. Une rencontre provoquée, Artigalas s’en doute, car il a aperçu une Mercédès grise le suivre. Il accepte le travail, aussi bien pour l’argent que pour les beaux yeux de Suzanna. Elle pique le félidé qui était toujours en vie et Artigalas se met au travail sur la dépouille. Il n’est pas dupe mais il est attiré par la jeune femme qui le frôle, s’incruste presque chez lui et lui abandonne son corps. Car elle a une requête : Artigalas doit effectuer un véritable chef d’œuvre d’ébénisterie, habiller l’animal de bois de la fourrure et creuser un système de tiroir secret capable de contenir un objet gros comme un œuf de caille, sans recourir aux artifices de pièces métalliques. En bas, stationne la Mercédès avec à l’intérieur un vieux monsieur et deux seconds couteaux qui se relaient au volant.

Artigalas s’est mis en congé de maladie afin de terminer sa commande. Le 4 décembre il a terminé. L’objet que la jeune femme lui a confié n’est pas décelable au passage de la douane aéroportuaire. Mais Suzanna ne le considère plus que comme un artisan ; un affront ressenti par le dépôt sur la table d’une enveloppe contenant le reliquat de la rémunération, sans un mot, sans un sourire. Lorsque le dernier soir, Artigalas aperçoit les sbires armés, un pan de sa vie se déchire. Suzanna n’est plus qu’une cliente. Il n’a plus envie de lui remettre son œuvre. Il emprunte l’escalier de secours, le chat dans une caisse et tandis que les autres attendent devant sa porte, il étrangle le vieux monsieur et s’enfuit à bord du véhicule.

Il roule autour du périphérique, échange la conduite intérieure contre une vieille fourgonnette, le petit cercueil posé près de lui, puis il repart, avalant les tours de piste les uns après les autres. Lorsque la fourgonnette rend l’âme, il continue son périple à pied, marchant sur la bande d’urgence, couchant sous les ponts au pied des piles qui enjambent fleuve et boulevards, accompagné d’un chien qu’il a recueilli.

 

L’écriture de Pierre Marcelle s’avère sobre, raffinée, et malgré le manque d’action de ce roman, le lecteur se trouve entraîné malgré lui dans cette histoire.

Il découvre en Artigalas un être frustre, agoraphobe, et dont les amours se sont réduites à de brèves étreintes dans les bordels militaires. Sa vie est régie par son travail de taxidermiste, et l’intrusion de Suzanna lui révèle autre chose qu’un quotidien banal.

La désaffection de la jeune femme lui dessille les yeux, le laisse veuf et célibataire et l’entraîne dans une spirale routière. Les motivations de Suzanna s’éclairent peu à peu mais ce sont la femme et l’empailleur — la femme et le pantin ? — qui tiennent la vedette sous les feux des projecteurs.

Envoûtant, ce faux roman noir et rose prend sa plénitude dans la grisaille. La naissance du roman gris, alliance de la Noire et de la Blanche.

Réédition Points février 2001. 240 pages.

Réédition Points février 2001. 240 pages.

Pierre MARCELLE : Conduite intérieure. Editions Manya. Parution 1993. 162 pages.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 15:47

Le sabre et le goupillon.

GREG : Le crime de Saint-Anastase.

Normalement, la Criminelle n'aurait jamais dû s'occuper de cette affaire de corbeau, d'anonymographe, mais le bedeau a été si convaincant dans sa démarche que les inspecteurs Hardy et Lesage se sont laissés convaincre de l'utilité de l'usage de leurs compétences.

Casimir Monsang, soixante-cinq ans, bedeau en la paroisse Saint-Anastase, déclare qu'on veut tuer le curé. Et il en apporte la preuve noir sur blanc, ou presque.

Le père Bachelard officie dans la petite église située dans l'ile de la Jatte, à Neuilly, et il reçoit depuis quelque temps des poulets anonymes dans des enveloppes jaune poussin. Le bedeau le sait car il a surpris le curé lisant cette missive. Il l'a récupérée dans la corbeille à papiers, l'a lu et depuis se pose de multiples questions quant à la teneur du message.

Tu as intérêt à cesser de couvrir qui tu sais. C'est ta peau qui est en jeu. et en guise de signature, la formule passe-partout, un ami qui te veux du bien ou similaire.

Hardy et Lesage sont convaincus, quelque chose de pas catholique se profile envers le curé et ils décident de se rendre sur l'île de la Jatte, rencontrer le religieux. Ils sont reçu par le vicaire, le père Jacques Lanuit, qui est désolé, mais la santé du père Bachelart est chancelante et il leur est conseillé de ne pas le déranger durant son repos. Ce qui n'empêche pas le père Bachelard de se présenter à eux, tel un hercule, une enveloppe jaune à la main, et dont la souscription est composée de lettres découpées dans un journal.

Comme il est l'heure de se restaurer, les deux policiers en profitent pour déjeuner non loin, tout en conversant. Dans l'établissement où le père Lanuit crèche. D'ailleurs deux sœurs, des jeunes filles, semblent le narguer, l'atticher. Revenons à notre sujet. N'importe qui pourrait en vouloir au destinataire des lettres, il ne faut écarter aucune hypothèse.

Quant ils rentrent au bercail, Hardy et Lesage apprennent la mort d'un jeune enfant de chœur, par empoisonnement. Voilà qui ouvre des horizons nouveaux.

Les enfants de chœur, c'est bien connu, ont tendance à déguster en douce le contenu de la fiole de vin de messe, afin de vérifier si par exemple le breuvage n'aurait pas un goût de bouchon. Donc, normalement, ce n'est pas le gamin qui procédait à la préparation de la cérémonie quotidienne, qui était visé, mais bien le curé. Ou le vicaire, car il était prévu que le père Lanuit (quand revient la nuit) devait s'acquitter de cette tâche.

Une enquête qui réserve à Hardy, Lesage, et leurs collègues, bien des surprises et entrevoir des répercussions dont les prémices sismiques datent de nombreuses années en arrière. Le journal dans lequel les lettres ont été découpées n'est autre que Le Drapeau, un canard qui ne paraît plus depuis vingt ans, et personne ne le regrette, sauf ceux qui y étaient abonnés. Une réputation de journal de droite, voire d'extrême-droite, aux relents sulfureux de racisme et de déclarations patriotiques.

Il leur faut alors vérifier les antécédents de tout ce petit monde, et apprennent par exemple que le père Bachelard fut aumônier. Ce n'est pas la seule révélation intéressante qu'ils se mettent sous les yeux.

 

Fini d'écrire en avril 1986 au Connecticut, ce roman abordait déjà les odeurs nauséabondes qui ont toujours flotté autour de partis politiques ou de groupuscules d'extrême-droite. La fin de la guerre, la défaite des nazis, le parlé politiquement correct n'ont que peu mis sous la cendre les idées nauséeuses de cette extrême. Et il semble que plus on en parle, plus les hommes (et femmes) politiques fustigent ces idées, plus ces idées s'ancrent dans la population lui donnant une crédibilité non justifiée.

Donc Le crime de Saint Anastase, roman policier classique dans sa construction aborde également le roman psychologique, le roman noir moderne, avec peut-être moins de force que ceux qui sont écrits de nos jours, mais a le mérite d'aborder un problème qui ne finit pas de remuer la vase.

 

Greg le créateur d'Achille Talon ou encore de Modeste et Pompon, a écrit cinq romans policiers publiés dans cette collection 14X22, après avoir séjourné quelques années aux Etats-Unis, séjour au cours duquel il rédige ses romans et mais également quelques-uns des scénarios pour des épisodes de La Croisière s'amuse et de Perry Mason.

 

Il en est de certaines enquêtes comme de petits jeux que l'on trouve dans les pages récréatives des magazines : cinq ou six pêcheurs à la ligne sont représentés d'un côté, un unique poisson, ferré, de l'autre. Entre les personnages et la proie, un écheveau compliqué de traits emmêlés, chaque pêcheurs étant au départ d'un des tracés, mais un seul de ceux-ci aboutissant au poisson. Qui l'a pêché ?

GREG : Le crime de Saint-Anastase. Editions du Fleuve Noir. Parution janvier 1987. 178 pages.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:57

Hommage à Pierre Siniac disparu le 13 mars 2002.

Pierre SINIAC : Le crime du dernier métro.

Nous retrouvons dans cet ouvrage l’univers particulier de Pierre Siniac, avec toutefois un petit plus : un crime en vase clos.

Un petit vieillard d’aspect fragile se trouve seul dans la dernière rame du métro qui mène à la Porte de la Chapelle. Tout seul dans le dernier wagon à la station Jules Joffrin. Lorsque la rame arrive à la station suivante, Marcadet Poissonniers, deux voyageurs montent, ne le voient pas aussitôt et s’installent chacun dans leur coin. Quelle n’est pas leur surprise de le trouver quelques moments plus tard, pendu à l’affiche qui détaille le nom des stations. Un meurtre mais personne pour le commettre.

Quant au suicide, il est difficile de l’imaginer, ou du moins difficile d’imaginer comment le pendu aurait pu exécuter son projet. Evidemment au terminus, il est malaisé de cacher, disons l’incident. La police est rapidement sur les lieux, et pour l’un des deux voyageurs, brocanteur de son état, c’est la catastrophe. Il est fiché, ayant déjà accompli quelques années à l’ombre des hauts murs. D’autant que le lendemain il est accusé par une vieille dame accro des romans policiers, voyageuse un peu trop voyeuriste, de l’avoir dévalisée.

Pour le commissaire Cliquetangueuse, l’affaire n’est pas simple, et effectivement elle ne le sera pas.

S’inspirant d’un fait-divers de mai 1937, une mystérieuse jeune femme assassinée dans un wagon de métro où elle se trouvait seule, Pierre Siniac avec Le crime du dernier métro nous entraîne dans son univers particulier, avec des personnages issus d’une imagination débridée, dans des situations alliant le tragique au comique, narrant une histoire banale sans l’être, usant de termes argotiques désuets et une verve de feuilletoniste sans faille.

Pierre Siniac réussit à nous étonner à chacun de ses romans.

 

Pierre SINIAC : Le crime du dernier métro. Série grise N°11. Editions Baleine. Parution septembre 2001. 164 pages.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 14:22

Hommage à Fredric Brown, décédé le 11 mars 1972.

Fredric BROWN : La mort a ses entrées.

Lire Fredric Brown, c'est comme se plonger dans un bain de fraîcheur, c'est retrouver les années 1950 sans en supporter les poncifs.

C'est un alliage d'humour et de noirceur, proposé par un professionnel de l'écriture, catalogué longtemps comme un spécialiste de la science-fiction, alors que ces romans policiers ont une force, une vivacité, un entrain, une dureté, une psychologie propre à l'univers de Fredric Brown.

La saga de Ed et Am Hunter compte parmi les réussites de Fredric Brown. Et ce roman, écrit entre L'univers en folie et La nuit du Jabberwock, fait un petit clin d'œil à la S.F., genre qu'abordait alors notre auteur. Mais La mort a ses entrées est un véritable roman policier à la structure efficace et rationnelle.

Ed et Am Hunter viennent de créer leur propre agence de détectives privés, et leurs affaires marchent moyennement. Une jeune fille, Sally, vient demander protection auprès d'Ed. Ed ne sait rien refuser à une représentante du sexe féminin, surtout lorsque ladite représentante est charmante et jolie.

Mais tout de même, quelle bizarre demande que celle de Sally. Elle se sent menacée par des Martiens.

Ed ne veut pas croire à cette sorte de harcèlement, mais accepte néanmoins de passer la nuit auprès de la jeune fille, en tout bien tout honneur. Un appel téléphonique intempestif le réveille en sursaut à deux heures du matin. Dans la chambre attenante, aucun bruit. Et pour cause. Sally est morte !

Ed se sent responsable, se culpabilise, malgré toutes les apparences d'un décès dû à une cause naturelle.

 

Fredric Brown était un grand monsieur de la littérature dite populaire, aussi bien en science-fiction que dans le domaine policier, mais surtout dans la rédaction de nouvelles qui abordaient ces deux genres avec un réel bonheur. Des nouvelles parfois ultra-courte mais à la chute imprévisible.

Réédition collection Grands détectives N°2706. Editions 10/18. Parution avril 1996. 246 pages.

Réédition collection Grands détectives N°2706. Editions 10/18. Parution avril 1996. 246 pages.

Fredric BROWN : La mort a ses entrées. (Death has Many doors, 1951) Collection Série 33 N°2. Editions Clancier-Guénaud. Parution avril 1988. 254 pages.

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 15:07

Hommage à John Dickson Carr décédé le 27 février 1977.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables

Les aventures, ou plutôt les enquêtes du colonel March, enquêtes pour la plupart traduites en France dans diverses revues, entre 1958 et 1973, enfin réunies en un volume.

Le colonel Perceval March fut interprété à la télévision britannique dans les années 1956/1957 par Boris Karloff pour vingt-six épisodes de vingt-six minutes chacun. La plupart de ces épisodes ont été diffusés sur les petits écrans durant l'année 1961. Des petits films, dont leur petit air désuet, qui seraient les bienvenus en rediffusion, le samedi ou dimanche soir par exemple, sur la Trois, en remplacement de Zorro dont les aventures tournent en boucle depuis des années et deviennent répétitives.

Pour en revenir au Service des Affaires Inclassables, ces nouvelles sont toujours agréables à lire ou à relire, car contrairement aux adaptations télévisées, elles n'ont pas pris une ride, ou presque.

L'écriture magique de John Dickson Carr probablement.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables

Le colonel March est le responsable d'un service spécial, une section à part dans Scotland Yard : le département des causes bizarres.

Lorsqu'une enquête piétine, car la solution en est particulièrement difficile à résoudre, le colonel March est appelé à la rescousse. Et il faut l'esprit subtil de ce policier pour découvrir le mystère des empreintes de pas sur une haie qui supporterait difficilement le poids d'un chat, ou encore comment a pu être réalisé un meurtre par des mains sans corps, ou même découvrir la cachette renfermant vingt-trois mille livres sterlings, alors que tout a été passé au peigne fin.

En prime aux sept enquêtes du colonel Marche, le recueil renferme quatre autres nouvelles, dont une inédite en français, ainsi qu'une postface fort intéressante de l'érudit Roland Lacourbe, spécialiste de John Dickson Carr et de son œuvre, et des textes de mystères en chambres closes en général.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables (The Department of Queer Complaints - 1940) Le Masque N°1919. Librairie des Camps Elysées. Parution mai 1988. 288 pages.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 14:33

Hommage à Jack Ritchie, né le 26 février 1922.

Jack RITCHIE : Papa météo.

Parmi les grands nouvellistes américains de littérature policière, Jack Ritchie peut être classé au niveau des meilleurs, des très grands, aux côtés de William Irish, Fredric Brown, Edward D. Hoch et quelques autres.

Pourtant son nom est souvent omis des bibliographies, études et autres ouvrages traitant de la littérature policière. Un oubli d'autant plus regrettable qu'il a écrit environ cinq cents histoires, destinées pour la plupart à des magazines spécialisés (il fut l'un des auteurs fétiches d'Alfred Hitchcock) et que les anthologies semblent incomplètes si son nom ne figure pas au sommaire.

Jack Ritchie n'a écrit qu'un roman - L'île du tigre publié en France chez Pocket en 1992 - et s'il est méconnu, en France tout du moins, faut-il y voir une relation de cause à effet.

Jack Ritchie était - il est mort en 1983 - un véritable orfèvre, un artiste dans son genre, et ses nouvelles sont de petits bijoux, des miniatures dont les dénominateurs communs sont l'humour noir et la machination.

La machination, la manipulation l'arnaque, semblent être le principal souci, la principale obsession de ses personnages, qu'il s'agisse pour eux de trucider leur femme, l'empêcheur de tourner en rond ou d'amasser rapidement et sans fatigue un joli petit pactole, de constituer pour l'avenir un doux matelas rembourré de billets de dollars.

Mais le bel ordonnancement par Jack Ritchie ne serait rien ou si peu s'il n'était assaisonné d'une pointe d'humour noir féroce. L'histoire prend toute sa saveur le plus souvent dans l'ultime phrase, décompressant le lecteur dans un retournement de situation parfois déconcertant.

Les Héros, bons ou méchants, ne sont pas décrits physiquement mais moralement, la plupart du temps par l'intermédiaire de dialogues percutants.

Jack Ritchie ne s''embarrasse pas de détails oiseux, ce qui en fait sa force et l'intérêt de ses histoires.

L'emploi systématique de la première personne du singulier invite le lecteur à entrer dans la peau du narrateur machiavélique. Une façon comme une autre, guère répréhensible mais jubilatoire, de s'investir dans l'habit peu reluisant d'une crapule ou d'un joueur d'échecs particulièrement retors, jonglant entre les bons et les mauvais sentiments.

 

Au sommaire de ce recueil :

Papa météo (The Weather man. Traduction de Jane Guyon). Publié en français sous le titre Papa météo, dans le recueil Histoires de machinations, Pocket no 3232, 1990.

Degré d'innocence (Degree of Guilt - traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Degré d'innocence, Paris, Opta, Choc Suspense no 2, juillet 1967.

Une fille s'en va (You Should Live So Long - traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Une fille s'en va, Paris, Opta, Choc Suspense no 3, octobre 1967.

Le chantage fantastique (The Crime Machine - Traduction de Michel Demuth). Publié en français sous le titre Le Chantage fantastique, Paris, Opta, Anthologie du Suspense no 4, 1966.

L'œil tranquille. Signé Steve O'Connell (The Quiet Eye - Traduction de Catherine Grégoire).

Le cœur de l'homme mort. Signé Steve O'Connell (Sund Alibi - Traduction de Pierre Caillet).

Tableau de chasse. (Kill Joy - Traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Tableau de chasse, Paris, Opta, Choc Suspense no 2, juillet 1967.

L'époux de la minette (Devil Eyes - Traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre L'Époux de la minette, Paris, Opta, Choc Suspense no 3, octobre 1967.

Dix dollars en trop (The Enormous 10 Dollars - Traduction de Nicolette et Pierre Darcis). Publié en français sous le titre Dix dollars en trop, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 26, juin 1963 ; réédition dans le recueil Histoires de mort et d'humour, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3007, 1988.

Au petit matin blême (Good-by, World - Traduction Marcel Battin). Publié en français sous le titre Au petit matin blême, Paris, Opta, Choc Suspense no 4, janvier 1968.

Adieu, mémoire ! (Good By Memory - Traduction Denise Hersant). Publié en français sous le titre Adieu, mémoire !, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 12, avril 1962 ; réédition dans le recueil Histoires à n'en pas revenir, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3002, 1988.

Sous la lumière des réverbères (Under Dim Street Lights - Traduction Christine Lauffray). Publié en français sous le titre Sous la lumière des réverbères, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 33, janvier 1964 ; réédition sous le titre À la pâle clarté des ténèbres, dans le recueil Histoires piégées, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3005, 1988.

Tendre assassin (The Green Hart - Traduction de Michel Beauquey). Publié en français sous le titre Tendre Assassin, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 32, décembre 1963 ; réédition dans le recueil Histoires riches en surprises, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3006, 1988.

Jack RITCHIE : Papa météo. Collection Blême N°2237. Editions 10/18. Parution novembre 1991. 240 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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