Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 13:23
Paul W. FAIRMAN : L'échelle de verre

Il faut une bonne assurance pour grimper à ce genre d'échelle..

Paul W. FAIRMAN : L'échelle de verre

Le meurtre d'un inconnu et dans ses bagages un album empli de coupures de presse font remonter à la surface une histoire vieille de cinq ans.

Un vol de bijoux pour lequel Mike Duryea est actuellement incarcéré au pénitencier de Joliet. Rick Mason, détective privé en contrat avec la Global Indemnity ne travaillait pas encore à l'époque pour la compagnie d'assurances. Cela n'empêche pas Garrity, flic de la Criminelle, de lui rendre visite.

Duryea doit être libéré prochainement et l'émeraude Rajah n'a pas été retrouvée. La Global a dû indemniser la firme de diamantaires pour une somme de 75 000 dollars et comme prévu Rick est chargé de retrouver la pierre précieuse. Il demande à Alma Tate, la petite amie de Duryea, une entrevue mais il se fait rembarrer sèchement. Slézak, le détective de l'hôtel où elle vit, affirme connaître Rick du temps où ils travaillaient tous deux dans la police. Après réflexion Alma décide de recevoir Rick mais l'entretien tourne court, assez long cependant pour que Rick aperçoive un manteau de fourrure. Rick sollicite auprès de la vendeuse quelques renseignements puis apprend qu'Alma vient de déménager : elle réside à la morgue.

Un malfrat attend Rick à la sortie de son bureau et lui propose dans un parc une transaction sur la pierre précieuse. Les flics emmenés par Garrity ont suivi la voiture conduite par Rick et le tueur anonyme est abattu. Garrity soupçonne Rick du meurtre d'Alma mais Slézak le dédouane en affirmant avoir vu la jeune fille sortir après le départ du détective. Le manteau de fourrure a été vendu par une firme du nom de Luther et Matthews, firme qui a encaissé l'argent de l'assurance.

Wava Massey, la fille du garçon de course qui transportait le Rajah le jour du vol lui propose un rendez-vous. Son père a fondé depuis les événements une église et depuis quelques mois il reçoit des lettres anonymes de menaces, lettres qu'il a détruites. Si Luther de la firme Luther et Matthews est parti en Californie, Matthews accepte de recevoir Rick. Il avoue qu'Alma le faisait chanter puis s'enfermant dans un cabinet de toilettes, il se suicide. Arrêté, Rick séjourne en prison. Knute Frain, chef de la Brigade Criminelle, lui impute les deux meurtres et la disparition du manteau de fourrure.

Le tueur du parc a été identifié sous plusieurs pseudonymes. Libéré, Rick rend visite à Massey dans son église. Une homme qui aime les poissons rouges. Un homme serein malgré les menaces qui pleuvent sur lui. Une rencontre insolite dans la rue amène Rick vers Slézak qui avait subtilisé le manteau de fourrure et l'avait offert à une pouffiasse. Il apprend par la même occasion qu'il a bénéficié d'un alibi monté de toutes pièces. Le jour de sa libération Duryea emménage dans une chambre d'hôtel retenue depuis des mois.

 

Un roman au ton humoristique et mené tambour battant. L'action prime et chaque page recèle son lot de rebondissements. Comme tous les privés ou presque, Rick Mason ne se résout pas toujours à partager avec les flics ses découvertes, ce qui l'amène à entretenir parfois avec les représentants des forces de l'ordre des relations tendues.

Ce petit cachotier oublie que s'il se montre quelquefois plus malin qu'eux, ceux-ci possèdent l'avantage du nombre. L'enquête est peut-être plus longue mais aboutit souvent au même résultat.

Autre fait intéressant à signaler, la sensibilité et l'humanisme dont font preuve certains policiers sous des dehors bourrus et caustiques. Ainsi Rick s'était étonné que l'homme qui avait tenté de l'enlever et avait péri sous les balles des policiers ne posséda pas un dollar dans son portefeuille. Il accuse Garrity de vol mais celui-ci explique son geste. Certains de ses collègues sont morts dans l'exercice de leur fonction, et en leur mémoire il détrousse ses victimes et verse l'argent ainsi prélevé à l'Œuvre des Veuves et Orphelins de la Police. Un acte pas très moral mais il a sa conscience pour lui.

Ils paient des impôts pour avoir une police, mais, le jour où ils ont besoin d'un service, ils vont chercher un mec qui ne dispose que d'une seul pistolet et d'une seule paire de jambes. C'est complètement idiot.

Paul W. FAIRMAN : L'échelle de verre (The Glass Lader - 1950. Traduction de Noël Chassériau). Série Noire N°1242. Parution décembre 1968. 256 pages.

Repost 0
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 09:54

Hommage à Richard Martin Stern, né le 17 mars 1915.

Richard Martin STERN : Sang pour sang

Génie en herbe et escroc déjà confirmé, Charley Harrington est retrouvé mort dans un fossé, un canal d'irrigation désaffecté.

Ce crime n'est pas dû au hasard. Ce n'est pas ce que l'on peut appeler un crime gratuit. Pensez-donc, Charley était un véritable génie de l'informatique. A quatorze ans, en jouant avec son ordinateur, il sème la pagaille dans une partie de la mémoire d'un labo scientifique en rapport avec le contrôle de la fusion nucléaire. Puis il entre dans un réseau bancaire, détournant à son profit les fonds de la banque.

A quinze ans il crée une société bidon. A vingt-deux ans il est retrouvé mort, assassiné.

Entre temps quelques histoires de viols, de délinquance et autres bricoles. Quant à ses parents, on ne peut pas dire qu'ils se désintéressent de la jeunesse de Charley, mais quand on est physicien de renommée mondiale, on a sûrement autre chose à faire pour s'occuper.

C'est Johnny Ortiz qui est chargé de l'enquête. Un policier d'origine mexico-indienne. Surtout indienne. Ortiz marche surtout à l'intuition, et lorsqu'il a un os à ronger, il ne le lâche pas facilement. Pour lui le meurtre a été perpétré par Cathcart, un riche négociant local.

Mais on n'arrête pas quelqu'un sur des soupçons, sur des présomptions. Il faut des preuves. Aidé par sa compagne Cassie, une jeune anthropologue, et par quelques rares personnes qui aimaient bien Charley malgré ses frasques, Johnny Ortiz flaire dans tous les coins.

 

De nombreux personnages marginaux gravitent dans ce roman. Lesbienne, Noire, Apache rendent ce roman attachant en opposition à une Amérique prude, indifférente et faux-cul.

Richard Martin Stern a déjà été publié en Série Noire, mais il y a longtemps, très longtemps. En 1959 très exactement avec son roman Une personne très déplacée sous le numéro 503. Mais il ne faut pas croire qu'entre temps il s'est reposé. Son roman The Tower, La Tour en français, est à l'origine du film La tour infernale. Quant à Sang pour sang, c'est un bon roman qui s'inscrit dans une tendance à la mode. L'attrait de l'exotisme américano-mexicain. Mais je lui reprocherai cependant un petit défaut, lui aussi à la mode : celui d'être un peu longuet, le délayage faisant perdre de la force à l'action.

 

Vous êtes ravissante quand vous souriez. On voit apparaître une sorte de beauté intérieure.

 

Richard Martin STERN : Sang pour sang (Tangled murders - 1988. Traduction de Madeleine Charvet). Série Noire N°2219. Parution février 1990. 256 pages. 7,80€.

Repost 0
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 08:56
Michel LAMBESC : La horse.

Des sachets... très prisés !

Michel LAMBESC : La horse.

Dans le gabion qui lui sert de planque pour la chasse au canards, Auguste, cultivateur de soixante-dix ans, découvre quelques paquets de poudre blanche.

Il fait le guet afin de connaître l'identité de celui qui se sert impunément du refuge pour entreposer de la drogue. Il s'agit de son petit-fils Henri qui travaille à bord du France comme garçon de sonnerie. Une sonnerie de plus à mettre à son actif !

Quinze jours plus tard, lors d'une nouvelle escale du paquebot, Auguste attend Henri, le petit-fils en question, au débarquement et le suit. Henri est accompagné de Loulou, une petite frappe locale et de Wunder, fils de bourgeois. Les trois compères se rendent au gabion mais Auguste les a devancés et a confisqué les paquets entreposés qu'Henri devait convoyer. Il enferme les deux hommes dans le gabion toute la nuit tandis qu'il fait la morale à son petit-fils.

Au petit matin, il libère ses prisonniers qui ne demandent pas leur reste. Wunder alerte les truands parisiens qui organisent une virée punitive. Tandis qu'un groupe tente de violer Mathilde, la fille aînée d'Auguste, Mario et Loulou fouillent la maisonnette de l'éleveur. Loulou en fourgonnant dans l'armoire glisse son bras dans un piège et Auguste met en fuite Mario. Mais rancunier et désireux de retrouver les paquets d'héroïne, Mario n'en reste pas là. Wunder, qui s'était accoquiné avec les truands à la suite de déceptions matrimoniales, décède dans un accident de voiture.

Une grange proche de la ferme d'Auguste est incendiée et sa maison est fouillée de fond en comble. Auguste n'est pas au bout de ses peines. Mario et ses acolytes le relancent jusque chez lui et lui donnent rendez-vous dans un bar du Havre. Les truands l'attendent de pied ferme mais Auguste devance leur velléité de le molester. Il balance les paquets de drogue et l'héroïne s'échappe des sachets préalablement fendus. La confusion est totale et quelques tueurs, dont Mario, en aspirent des bouffées qui les indisposent. Deux soldats américains en bordée achèvent la débâcle des bandits. Auguste n'est pas passé inaperçu dans sa deux-chevaux et son long manteau d'autrefois. Mario et ses complices repartent à Paris évitant un barrage de gendarmerie.

 

Michel Lambesc met aux prises une bande de truands parisiens originaires du Midi et confiants en leurs capacités et un paysan normand rusé, retors et matois. L'éternel conflit entre les citadins et les ruraux, les uns prenant les autres pour des arriérés. Cet antagonisme est accentué en toile de fond par le développement inéluctable de la vie moderne aux dépens d'une tradition séculaire campagnarde.

La construction de raffineries, de routes, ne peut être réalisée qu'au détriment des agriculteurs, des éleveurs qui se sentent grugés, spoliés dans leurs biens.

Un aperçu écologique discret dans un roman qui ne manque pas d'humour et nous ne sommes pas loin parfois des farces normandes et des contes à la Maupassant. Cohabitation réussie entre deux parlers populaires, l'argot parisien mêlé d'expressions méditerranéennes des truands et le patois cauchois employé par Auguste lorsqu'il préfère jouer à l'imbécile devant ses interlocuteurs.

 

Si ma tante en avait, elle serait mon oncle.

Michel LAMBESC : La horse.

Curiosités :

La Horse est le nom donné aussi bien par Auguste que par les truands, à l'héroïne. Ce mot n'est toutefois pas recensé par Jean-Paul Colin dans son dictionnaire de l'argot (Larousse - 1990).

La horse a été adapté au cinéma par Pierre Granier-Deferre en 1969 avec pour interprètes principaux Jean Gabin, un rôle qui lui sied comme un gant, Marc Porel, Eléonore Hirt, Christian Barbier, Julien Guiomar, Pierre Dux, sur une musique de Serge Gainsbourg et Michel Colombier.

 

Michel LAMBESC : La horse. Série Noire N°1208. Parution juin 1968. 192 pages.

Repost 0
15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 09:52
Jean AMILA : Le pigeon du faubourg.

Hommage à Jean Amila décédé le 15 mars 1995*.

Jean AMILA : Le pigeon du faubourg.

Depuis quelque temps Marceau, décorateur dans le Faubourg Saint Antoine, est sujet à des étourdissements.

Il impute ses malaises à la fatigue mais Francis, un ami ébéniste qui traficote avec lui dans le meuble ancien, et sa femme sont plus réservés quant aux causes. Ils pensent que Monique, la légitime de Marceau, pourrait l'empoisonner tout doucement par jalousie. Marceau en effet entretient une relation avec une jeune vendeuse prénommée Zette qui lui a donné deux fillettes. Une prise de sang, une cicatrice qui se referme mal, un diagnostic : Marceau est devenu hémophile.

Zette est attaquée un soir, alors qu'elle rentre du travail, par un olibrius qui lui tire en plein visage des chevrotines. Legoff, un inspecteur commis à l'enquête, émet quelques suppositions que Marceau ne partage pas, dans un premier temps. Le coupable pourrait être la femme de Marceau, ou encore Vincent, le premier petit ami de Zette, mis en prison à cause du témoignage de la jeune femme lors d'une affaire quelques années auparavant et qui a oublié de regagner sa geôle lors d'une permission. Zette recevait chez elle Manoël, le mari d'une collègue, un Portugais, et Legoff découvre que l'appartement de la jeune femme, acheté par Marceau, a servi à plusieurs transactions. Zette étonnée dit ne pas être au courant de ces reventes fictives, mais Legoff découvre néanmoins chez elle un passeport et un billet de transport pour le Brésil.

Curieuse coïncidence puisque Manoel, le soir de l'agression se trouvait justement dans un avion se dirigeant vers l'Amérique du Sud. Zette essaie de se souvenir de son agresseur et principalement de la façon dont il l'a abordée. Legoff soupçonne Marceau d'être à l'origine de cette volée de plombs mais il abandonne cette thèse par manque de preuves et de cohérence. La femme de Marceau rejoint sa famille à Bayeux, soi-disant à cause d'un décès et Alain, le fils, magistrat à Caen, rend une visite à son père. Entre les deux hommes ce n'est pas l'entente cordiale, l'entrevue se termine comme d'habitude par une dispute.

Lors d'une incursion chez Zette il se rend compte que la jeune femme l'empoisonnait tout doucement, le produit étant mélangé au paprika dont elle le servait abondamment pour lui éviter une défaillance de sa virilité. Marceau, étonné apprend que sa femme est au courant de sa liaison.

 

Après ses diatribes envers les Services Secrets (SN N°1559 : Terminus Iéna et SN N°1683 : A qui ai-je l'honneur) Jean Amila nous entraîne dans une histoire plus classique, plus terre à terre, plus proche des préoccupations, des problèmes du prolétaire moyen : le quidam enferré dans les amours adultérines et qui croit que sa femme est trop bête ou naïve pour se rendre compte de son infortune.

L'amitié virile comble la défection familiale ou à l'esprit supposé retors de la femme. Jean Amila honore ses saints comme il les aime, c'est à dire qu'il les oublie purement et simplement. Antoine et les autres perdent leur auréole dans les noms de lieux ou d'édifices.

 

*Curiosité :

Le site Wikipedia, dont je n'ai qu'une confiance limitée dans les informations,  et le Dilipo de Claude Mesplède & Co avancent la date du 7 mars, tandis que l'ouvrage Les auteurs de la Série Noire, du même Claude Mesplède and Co indique le 15 mars. Si j'ai préféré cette dernière date pour un hommage à Jean Amila, ce n'est pas pour convenances personnelles mais ainsi Jean Amila sera resté huit jours de plus parmi nous.

Ultime concession aux passions révolutionnaires de vieux enfants du Faubourg Antoine, ils n'étaient pas inscrits sur les listes électorales et balançaient tous les politiques dans la même poubelle, à commencer par l'Armée et le Bon Dieu.

Jean AMILA : Le pigeon du faubourg. Série Noire N°1844. Parution octobre 1981. 192 pages. 4,00€.

Repost 0
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 10:54
Patrick O'HARA : J'ai pas de frangin

Et une soeur ?

Patrick O'HARA : J'ai pas de frangin

A dix-sept ans, déserteur de la Marine, Paddy O'Hara, Irlandais de Liverpool, traîne ses guêtres entre Hyde Park et Piccadilly.

Il a faim et pas une tune en poche. En quête d'une bonne fortune, il se fait draguer par des homosexuels. Malgré son jeune âge, Paddy n'est pas né de la dernière pluie et le coup des allumettes comme travaux d'approche, il connaît.

Il accepte toutefois l'offre d'un verre de bière de la part d'un homme qui croit trouver en Paddy une proie facile. Mais l'Irlandingue ne mange pas de ce pain là. Il préfère les femmes et met les points sur les I à son interlocuteur, en toute courtoisie. Une femme aux cuisses généreusement découvertes l'invite à bord de son véhicule et lui propose de venir finir la soirée chez elle. Du moins dans un appartement que lui ont prêté des amis. La jeune femme s'éclipse et peu après apparaît un homme, nullement étonné de voir Paddy installé dans la pièce et qu'il appelle Chéri. Paddy s'enfuit non sans avoir salué son hôte d'un coup de poing rageur.

Alors qu'il détale dans les rues noires, quelqu'un lance le cri de ralliement des commères à l'affût et des policiers : Au voleur, arrêtez-le ! Arraisonné par les flics, Paddy commence le parcours initiatique de tout petit délinquant confronté à la justice.

Nuit dans la geôle d'un commissariat, signature obligatoire d'une déposition honteusement erronée, passage devant le juge puis incarcération à la prison de Wormwood Scrubs dans le quartier dit de Borstal, quartier pénitentiaire réservé au régime de redressement destiné aux délinquants âgés de moins de vingt et un ans.

En véritable Titi, Paddy ne perd pas sa gouaille, son sens de la répartie, ses insolences vis à vis des matons, devant les brimades exercées aussi bien par certains de ses compagnons de détention que des gardiens. Entre des repas qui n'ont de repas que le nom, et les tentatives de suicide de ses codétenus, le temps passe à effectuer de petits travaux, histoire de se monter un petit pécule pour s'acheter des cigarettes.

La rébellion est sanctionnée par le mitard et des motifs de révolte, Paddy n'en manque pas. Il s'insurge, vitupère, laisse éclater sa colère, mais il ne peut rien faire contre la loi et ses représentants. La maladie et les petits bobos ne sont que douleurs supplémentaires car il ne faut pas compter sur le docteur pour soulager ses maux.

 

Malgré un épilogue en queue de poisson, ce roman est agréable à lire et nous change de la production habituelle relatant l'univers carcéral ou la vie d'un petit délinquant.

Un roman écrit un peu comme une autobiographie et qui ne manque pas d'humour malgré la noirceur de certaines scènes. Le lecteur devient complice et partage les vicissitudes, les avatars de cet adolescent qui ne veut se plier à aucune règle édictée, sinon la sienne, et revendique de penser, de se conduire en homme libre et non assujetti, non asservi à une loi que des policiers ou des gardiens de prison exécutent sans discernement, la détournant parfois eux-mêmes.

Ecrit de façon argotique mais néanmoins lisible, le style de ce roman fait un peu penser à Peter Randa alias André Duquesne.

 

Curiosité :

Paddy, lors du premier chapitre, a la curieuse et fâcheuse habitude de clore ses réflexions personnelles par Si vous voyez ce que je veux dire, ce qui à la longue devient un peu lassant, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Citation :

A la voir marcher, en jouant de la croupe, on croirait un sac de chats qu'on va jeter à la rivière, tant ça frétille et ça tortille là-dedans !

 

Patrick O'HARA : J'ai pas de frangin (I got no brother - 1967. Traduction de Raoul Amblard). Série Noire N°1202. Parution mai 1968. 256 pages.

 

Repost 0
13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 10:39
Ross THOMAS : Suicidez-moi !

On dit S'il vous plait !

Ross THOMAS : Suicidez-moi !

Propriétaire d'un bar-restaurant à Washington, Mc Corkle reçoit des nouvelles de son associé Padillo après des mois de silence.

Padillo a été touché d'un coup de couteau par deux inconnus en voulant défendre Mush, un homme de main de Hardman, un Noir bookmaker et racketteur. Hardman propose en échange ses services, ce qui tombe fort  propos car Padillo a une mission à exécuter. Il doit assassiner Van Zandt le premier ministre d'une petite république sud-africaine qui veut se libérer du joug de la couronne britannique.

Ce meurtre est commandité par Van Zandt lui-même qui, à quatre-vingt-deux ans et atteint d'un cancer, veut profiter de son voyage aux Etats-Unis pour déstabiliser l'opinion publique et renforcer l'apartheid.

Fredl, la femme Mc Corkle, est enlevée et ne sera relâchée saine et sauve que si Padillo accomplit son contrat et ne prévient ni la police ni le FBI. Mc Corkle sait pertinemment que ce ne sont que vaines promesses. Padillo demande à une ex-amie de son père de lui retrouver Dymec, un Polonais, Price, un Anglais, et Magda, Hongro-Syrienne, qui ont une dette envers lui, afin de compléter l'effectif prêté par Hardman.

A leur hôtel les attend Evelyn Underhill, professeur et ex-membre du parlement qui veut empêcher Padillo l'assassinat de son premier ministre. Sa mission tourne court, une voiture lui passe dessus. Pour Padillo et Mc Corkle, il y a un peu trop de monde au courant de ce suicide sur commande. Ils rencontrent les trois agents secrets, agents-doubles en réalité, mais leur confiance est limitée.

Padillo, surveillé depuis son retour d'Afrique par des agents du FBI, en profite pour les utiliser comme gardes du corps à leur insu. Une jeune fille le suit en voiture. Il s'agit de la fille d'Underhill qui est chargée d'inciter Padillo à ne pas remplir sa mission. Padillo et Mc Corkle rencontrent Boggs et Darragh, les deux ministres qui ont enlevé Fredl. Ils acceptent la proposition de Padillo, Dymec devant tuer VanZandt à sa place et permettent à Mc Corkle de prendre des nouvelles de sa femme.

 

Annoncé comme roman d'espionnage, Suicidez-moi ! s'inscrit dans la tendance thriller politique, sauce farce macabre, avec toutefois une dénonciation de régime de l'apartheid sud africain. Une mécanique parfaitement huilée, orchestrée de main de maître par deux amis qui même s'ils ne se voient pas souvent contredisent l'adage : Loin des yeux, loin du cœur.

Ross Thomas développe une intrigue serrée, minutieuse, ne laissant rien au hasard, proche du roman noir et baignant dans un certain humour. Il s'élève contre le racisme, même s'il ne l'écrit pas en toutes lettres. Ses personnages parlent pour lui, agissent de même, par touches subtiles, ce qui apporte plus de force à cette dénonciation.

Baroudeurs, Padillo et Mc Corkle possèdent un sens de l'honneur et l'enlèvement de Fredl ne fait que renforcer leur détermination, conforter leurs positions. Mush, policier Noir des Stups, infiltré dans la bande à Hardman, est converti à la religion musulmane. Son anonymat éventé par la relation des faits dans les journaux, relation ayant toutefois une certaine censure, il ne lui reste plus qu'à s'engager plus implicitement chez les Blacks Muslims.

 

Curiosité :

Initiative intéressante et qui devrait être plus souvent utilisée : une liste des personnages est dressée au début du roman, ce qui permet au lecteur de s'y retrouver.

 

Citation :

Son sourire est aussi cordial que le cinquième rappel du percepteur.

 

Ross THOMAS : Suicidez-moi ! (Cast a yellow shadow - 1967. Traduction de André Bénat). Série Noire n°1198. Parution mai 1968. 256 pages.

Repost 0
11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 09:32
Jean DELION : Chérie froide.

Pas pratique pour se réchauffer les pieds la nuit...

Jean DELION : Chérie froide.

Femme d'un haut fonctionnaire du Ministère de l'Intérieur, Hélène empoisonne à l'aide d'un compte-gouttes contenant du cyanure, Puertarossa le play-boy, au cours d'un cocktail.

Ce n'est que le premier d'une série, une sorte de répétition. Seulement son geste n'est pas passé inaperçu de Jean Quous, romancier à l'imagination débridée, mythomane et mégalomane. Il l'invite à partager avec lui son flacon de poison, sinon il l'a dénonce.

Le docteur Marcieux, chez qui elle s'est procuré la fiole, la soupçonne et lui aussi a droit au breuvage mortel. Ensuite c'est au tour de Maître Cassidis, l'avocat bien connu, qui au cours d'une conférence décède grâce aux bons soins d'Hélène.

Le commissaire Durin, assisté de Finet, a dégagé sur une liste une quarantaine de personnes susceptibles de supprimer ceux qu'il nomme les locomotives de la vie parisienne. Hélène figure dans son fichier en bonne place en compagnie d'autres personnalités du monde des arts, du spectacle et de la politique.

Jean Quous prend la relève et distille son poison dans le verre de Saltareff, animateur d'un trust de presse. Obligé de se débarrasser de son vaporisateur, il le glisse dans la blague à tabac d'un metteur en scène, Médéo. Celui-ci décède en portant à sa bouche sa pipe. Si les soupçons policiers convergent un moment sur le cinéaste, d'autres morts se succèdent à porter à l'actif d'Hélène et de Jean Quous.

L'une des victimes n'est autre que Marc Saint-Marc, le couturier. Hélène avait un contentieux à régler avec lui mais ses premières victimes n'étaient qu'un trompe-l'œil. Frigide, elle possède cependant un grand nombre d'amants, selon l'axiome qui stipule qu'une femme vertueuse sert les intérêts de son mari. Et les hommes qui couchent avec elle ont autant de plaisir qu'en copulant avec un congélateur.

Un troisième personnage, qui se nomme pompeusement Le Grand Epurateur, revendique par voie de presse tous ces décès et d'ailleurs il en a provoqué au moins un. Jean Quous et Hélène continuent leur œuvre. Le romancier échoue auprès d'un émir qui ne le dénonce pas, et Hélène est privée du restant de son poison par son mari qui a tout compris ou presque. Un explorateur aventurier lui ayant reproché sa passivité au lit, elle s'arrange pour le tuer, utilisant une mygale que l'impertinent possédait.

 

Roman humoristique et amoral, Chérie Froide s'inscrit dans la veine des œuvres dans lesquelles les criminels détiennent le beau rôle. Jean Delion égratigne gaillardement le gratin parisien et le lecteur peut reconnaître (du moins lors de la parution du roman) certains personnages célèbres par leur description ou altération de leur nom.

Billie Berkley, industriel du disque très connu, Salatreff, pontife de la presse écrite, ou encore Philippe Revard, qui dirige la page parisienne dans un grand journal. Il passait pour avoir le tempérament le plus perfide de la Terre. On le craignait, on le détestait, on le courtisait. Il avait trente cinq ans, une tête ronde et bouclée...

Un roman un peu en marge de la production de la Série Noire, mais alerte et plaisant à lire. Une véritable satire du monde huppé de la capitale dans laquelle l'auteur pressent le rôle important dévolu quelques années plus tard aux ordinateurs.

 

Curiosité :

Seuls les premiers et derniers chapitres sont écrits à la première personne, Hélène étant la narratrice.

 

Citation :

Le tutoiement est un signe de familiarité. On l'emploie avec une femme qui a couché avec vous, ce qui n'implique souvent aucun rapprochement réel.

 

Jean DELION : Chérie froide. Série Noire N°1145. Parution août 1967. 256 pages.

Repost 0
10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 08:41
Christopher DAVIS : Le déterré

Qui pourrait être le revenant !

Christopher DAVIS : Le déterré

Ayant confié Absalom, son chien, à une clinique vétérinaire des environs de Francfort, Bodo Cohen est persuadé reconnaître, en l'un des hommes qui dirigent l'établissement, Kuhn surnommé le Boucher de Dachau.

Il en avise immédiatement Karl Heinz, son ami et propriétaire de trois boîtes de nuit. Après la guerre Bodo s'est refait une santé aux Etats-Unis, après un passage en Israël, tandis que Karl purgeait une peine de prison pour avoir tué l'un des tortionnaires du camp. Karl lui ayant demandé s'il voulait bien s'associer avec lui, Bodo est revenu en Allemagne.

Les journaux avaient annoncé la mort de Kuhn dans un accident, ainsi que la disparition de sa femme. Mais il semble bien qu'il s'agissait d'une mystification. Un tableau représentant un chien, accroché dans le bureau de la secrétaire, s'il ne porte pas la signature de Kuhn, constitue une preuve aux yeux de Bodo par sa facture.

Lors d'une nouvelle visite de Bodo à la clinique, il apprend que son chien est mort et a été incinéré. Fritz, le chauffeur de Karl, se présente à la clinique vétérinaire comme inspecteur des impôts. Kuhn qui se fait appeler Vogel est parti mais Klatt, l'un des employés, lui montre une lettre sur le dos de laquelle figure l'adresse de la fille du criminel de guerre à Berlin. Bodo se rend dans cette ville où il rencontre Helga, incarcérée pour un délit mineur. Célibataire elle est mère d'un bébé de huit mois qu'elle a eu avec un militaire américain. Un Noir.

Tout d'abord elle réfute le fait que Vogel soit son père puis peu à peu elle avoue. Karl et Bodo se présentent une nouvelle fois à la clinique où ils sont reçus par le professeur Harme, son épouse et leur neveu, qui ne sont autres que respectivement Frau Kuhn et Victor le fils. Ils suivent Victor en pleine nuit jusqu'à un cimetière juif. Bodo et Karl se séparent pour mieux l'attraper, mais Bodo est agressé par Victor. Péniblement Bodo regagne son appartement. Le lendemain les tombes sont recouvertes de graffitis. Lorsque Bodo se réveille Helga veille à son chevet. Il reçoit un appel téléphonique de Harme lui précisant qu'ils détiennent Karl.

 

Ce roman eut gagné en force s'il avait été plus concentré, élagué de certaines scènes qui semblent répétitives. Les souvenirs des exactions nazies hantent les esprits avant que l'Algérie et le Viêt-Nam prennent le relais. Mais ce n'est qu'une toile de fond. Les tortures et les persécutions ne sont qu'évoquées. La traîtrise de Karl à Dachau est contrebalancée par l'acte d'Helga, fille du Boucher, qui s'accouple avec un Noir américain, et en a un enfant.

Mais si le sujet est grave, le style lui dérape de temps en temps et on a l'impression de lire une parodie. L'humour y est sous-jacent, ce qui là aussi fait perdre de sa rigueur au roman. Peut-être ce que l'on nomme l'humour juif.

 

Curiosité :

Ce roman est narré à la première personne. Bizarrement Bodo parfois s'efface devant le Je, parlant de lui à la troisième personne.

 

Citation :

Avant Absalom, je n'avais pas été indispensable à un animal, et je savais que je ne le serais jamais.

 

Christopher DAVIS : Le déterré (The shamir of Dachau - 1966. Traduction de Gérard Dosithé). Série Noire N°1181. Parution février 1968. 256 pages.

Repost 0
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:41
Jean DELION : Les espions ont soif.

Moi aussi !

Jean DELION : Les espions ont soif.

Retenu depuis deux mois par Poliakov, officier du KGB, Anton Quitch détient des documents, films et bandes magnétiques, qui prouvent que les gouvernements soviétiques et américains se seraient rencontrés et auraient conclu un accord secret.

Quitch, d'origine serbe mais travaillant pour le gouvernement français, résiste à la torture et à l'attrait de l'argent. Suite à un accord il est échangé contre un prisonnier russe en Suède et est sommé par son patron de retrouver les fameux documents. Seulement il est incapable de se rappeler où et comment il a été amené à s'en séparer. Ses seuls souvenirs se résument à une cuite mémorable à New-York alors qu'il transportait les objets convoités dans une mallette.

Il a été fait prisonnier à Cuba par Poliakov et entre-temps il aurait vagabondé de par le monde. En compagnie d'Olivia il retourne à New-York où se rattachent ses derniers lambeaux de conscience. En parcourant la ville il repère un bar dans lequel il aurait eu une altercation. Les habitués et la serveuse se montrent récalcitrants à son égard et il a la confirmation de son passage.

Un Albanais est à ses trousses, un espion qui aurait tué une jeune femme innocente, la croyant en collusion avec l'agent français. Une vague réminiscence entraine Olivia et Anton à Mexico puis Acapulco. A l'hôtel où ils résident ils sont contactés par Haig, agent de la CIA, et par Poliakov. Ils leur proposent un pactole pour ne pas retrouver les objets litigieux.

Seulement toute une pléiade d'espions représentant une dizaine de pays gravitent autour d'eux, attendant le moindre faux pas, la moindre révélation pour s'emparer des documents. Ils imaginent alors un plan destiné à se débarrasser des importuns. Ils organisent une expédition sur les flancs du Popocatépetl, entraînant à leur suite Chinois, Allemands, Egyptiens, Albanais et Israéliens. Lorsque Anton déterre une mallette sensée contenir les fameux documents, c'est la curée. Les indésirables s'entretuent et les principaux protagonistes de cette histoire sont provisoirement à l'abri. Seulement Anton n'a toujours pas rempli sa mission et de plus il se saoule consciencieusement en compagnie de Haig et Poliakov.

 

Dans cette histoire Jean Delion reprend le système déjà mis en place dans Pouce !, c'est à dire le piège dans lequel les espions entraînent leurs poursuivants à la queue-leu-leu les amenant à s'annihiler les uns après les autres.

Avec humour il nous livre une parodie de roman d'espionnage, l'alcool coulant à flot. Les protagonistes s'imbibent généreusement de vodka, de whisky, de téquila et autres productions locales sans oublier l'alcool à 90°, se montrant particulièrement résistants.

On assiste, et ce n'est pas si courant, à une collusion entre les gouvernements américains et soviétiques. Cette chasse au trésor complètement farfelue se montre guère crédible mais possède au moins un avantage : les heures passées à sa lecture font oublier les vicissitudes quotidiennes.

 

Curiosités :

Selon Jean Delion la téquila est un alcool blanc extrait de la canne à sucre. Selon les dictionnaires, cet alcool provient de l'agave, plante ressemblant fortement à l'aloès, d'où peut-être son goût piquant.

On peut retrouver Olivia, espionne française dans quatre romans signés Jean Laborde et publiés chez Plon entre 1964 et 1966 : Câline Olivia, Olivia à Gogo, Olivia et les quatre boss et enfin Le Froid qui venait de l'espionne, dans une collection qui accueillit les romans de Ian Fleming, de Giorgio Scerbanenco, de Nicholas Freeling et les premiers SAS de Gérard de Villiers.

 

Citation :

L'aquavit est un alcool de grain qui permet aux Suédois de progresser rapidement vers les premières places pour la consommation mondiale des liqueurs fortes. En degrés cela pèse facilement dans les cinquante. Il faut respecter un pays qui a choisi une boisson nationale d'une telle vigueur.

Jean DELION : Les espions ont soif. Série Noire N°1180. Parution février 1968. 256 pages.

Repost 0
8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 09:53
Breni JAMES : La grande lessive

Si vous avez du linge à laver, profitez-en !

Breni JAMES : La grande lessive

Le sergent Gun Matson prévoyait des embêtements pour cette nuit de Noël, mais il ne pensait pas que cela irait au-delà de ses pressentiments.

D'abord Lockland, l'un des hommes affectés à la ronde de nuit, a été muté à la suite d'une affaire de corruption. Ensuite il doit rechercher Charlie Cox, autre membre de sa brigade, soupçonné de s'être enivré une fois de plus et le ramener chez lui pour le border dans son lit. Il repère la trace de Cox dans un bar dans lequel le policier s'est approvisionné en cognac.

Ce qui chiffonne Matson, c'est qu'un flic en civil est lui aussi à la recherche de Cox. Au cours de sa ronde, Matson surprend un demeuré, Olivier Hooker surnommé Pipeau à cause de l'instrument de musique qui ne le quitte jamais, dans une ruelle. Celui-ci a découvert Ketta Trout, la propriétaire d'une laverie automatique dont l'arrière donne sur la ruelle, morte dans un séchoir. Oliver déclare qu'il voulait simplement prévenir le mari, dentiste de son état, de l'inconfortable position dans laquelle se trouve sa femme.

Mais Trent est absent, parti réveillonner en famille, sans Ketta. Ketta traîne derrière elle une réputation de coureuse de pantalons. Matson entreprend d'interroger Fidelity Slade, une femme à l'affût du moindre ragot et qui s'occupe du standard téléphonique, entre autres des appels destinés au dentiste, ainsi que divers personnages susceptibles d'avoir vu quelque chose dont Baba Gorbv et son jeune frère Neal en proie à une frayeur inconnue, quelques amants recensés de Ketta habitant le quartier et Jamik propriétaire d'un magasin d'alcool jouxtant la laverie.

Matson découvre par hasard le corps de Cox, lui aussi assassiné, tenant dans sa main un morceau de bois sur lequel il a écrit la mention trouvé le... Oliver lâche au compte-gouttes des informations qui l'accablent plus qu'elles l'innocentent. Il possède même, lui qui est toujours fauché, des pièces de monnaie provenant du réticule de Ketta, jeté derrière une machine à laver.

Si Neal est en proie à un sentiment de peur, et est sur le point de s'enfuir, ses bagages l'attestent, le policier Lockland lui se montre nerveux et trop souvent dans les jambes de Matson.

 

Aimable et intéressant roman de procédure policière d'atmosphère, La grande lessive met en scène un policier enquêtant dans un quartier de la banlieue de San Francisco, Ingleside, dans la nuit du 24 au 25 décembre et qui respecte les unités d'action, de lieu et de temps. Son auteur, Bréni James fut respectivement pilote, météorologiste et institutrice en Français. Deux nouvelles historiques sont parues dans Mystère Magazine : Socrate détective (N°107) et Socrate et le crime (N°112).

 

Curiosité :

Le film éponyme de Jean-Pierre Mocky avec Bourvil, Roland Dubillard et Francis Blanche comme interprètes principaux et datant de 1968 n'a rien à voir avec ce roman sauf le titre.

 

Citation :

Elle remonta son corset sous sa vaste poitrine d'un geste agressif, comme un poids coq remontant la ceinture de sa culotte avant de marcher sur son adversaire.

 

Breni JAMES : La grande lessive (The Shake-up - 164. Traduction de André Bénat). Série Noire N°1160. Parution octobre 1967. 192 pages.

Repost 0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables