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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 06:34

Oh mon bateau...

Denis FLAGEUL : Fantôme de mer.

Planté devant sa fenêtre, Louis Gonidec scrute l’horizon, la mer en proie à la colère du vent de décembre.

Malgré le tiraillement qu’il ressent dans le bras gauche, il stationne jusqu’à ce qu’enfin il aperçoive ce qu’il espère et redoute à la fois. Une barque, une fluorescence qui flotte rapidement sur l’eau, entre Erquy et Fréhel. Absorbé, il ne voit pas le temps passer.

Viviane, sa maitresse… de maison, monte se coucher tandis que lui reste devant la croisée, avant de s’intéresser à ses documents et ses tableaux. Des marines, dont des toiles de Méheut et Böcklin, puis il sort.

Lorsqu’il rentre il se retrouve nez à nez avec deux personnages qui sont en train de dévaliser sa bibliothèque. Une attaque, une douleur dans la poitrine et Louis tombe à terre. Viviane réveillée par le vacarme descend précipitamment, mais ne peut que constater le départ des intrus et apercevoir Louis gisant. Les gendarmes procèdent aux premières constatations mais Viviane ne peut accompagner Louis plongé dans le coma à l’hôpital, n’étant pas de la famille.

Irène, la fille de Louis et Armel son mari armateur, ainsi que Mona une de ses petites-filles, arrivés aussitôt sur les lieux du drame, doivent procéder à un inventaire. Entre Mona et ses oncle et tante, l’entente ne règne guère. Ils ne voient que par Murielle, leur fille, mariée à un homme destiné à la politique et à un avenir prometteur.

L’inventaire est long, mais avec un peu de méthode, Mona et Murielle se rendent compte que des dossiers contenant des documents et deux tableaux ont disparu. Murielle repart, ses parents aussi, ils ont autre chose à faire, et Mona s’accroche. Elle était attachée à Grand-Pa, et des photos réveillent ses souvenirs. Murielle, la pleurnicheuse, Richard et elle sur la grève. C’était il y a vingt ans de cela. Depuis Mona est étudiante en histoire de l’art, elle a des problèmes financiers, mais malgré tout elle s’accroche à ce larcin et l’énigme qui en découle.

Les deux voleurs ont perpétré leur forfait à la demande d’un certain Kovalsk, mais les inimitiés, les dissensions s’installent dans le petit groupe et l’un d’eux s’enfuit, jetant dans une benne à ordures le sac contenant les documents, ne gardant par devers lui qu’un paquet assez volumineux.

 

Dans une ambiance frisant le fantastique, Denis Flageul nous entraîne dans une histoire dont l’un des éléments principaux est le Bag Noz, la barque de nuit, censée convoyer les personnes péries en mer.

Et la dernière victime de l’année, tout comme pour l’Ankou sur terre, deviendra le nouveau marin, le pilote de cette embarcation. Une superstition, une légende qui est ancrée dans l’imaginaire populaire breton.

Mais est-ce vraiment une affabulation ? Tout pourrait porter à le croire, sauf que les témoignages concernant la vision de cette barque flottant au dessus de l’onde par des personnes apparemment dignes de foi et relatée dans différents journaux locaux dans les années 1960 abondent.

Le fantastique nous entoure, il suffit pour le percevoir de montrer un peu de bonne volonté. L’intrigue qui en elle-même est plaisante, nous permet de voyager dans les Côtes d’Armor avec des intrusions en Ille et Vilaine, entre terre et mer.

Le Grand-Pa, Louis Gonidec, recherche ses racines et possède une quantité impressionnante de livres, de documents sur la vie maritime des siècles précédents, des tableaux achetés dans des brocantes et qui se révèlent être de valeur.

Et de nombreux lecteurs acharnés pourront se retrouver en ce personnage sympathique. Sûrement plus que certains de ses ancêtres. L’épilogue peut éventuellement laisser sur sa faim, mais avec un peu de fantaisie imaginative, vous pouvez continuer l’histoire en lui collant le dénouement qui vous agrée.

Denis FLAGEUL : Fantôme de mer. Collection Polar & Grimoire. Edition Terre de Brumes. Parution 20 octobre 2011. 160 pages.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 11:36

Hommage à André Ruellan, alias Kurt Steiner, décédé le 10 novembre 2016, à l'âge de 94 ans. L'une des figures marquantes des collection Angoisse et Anticipation du Fleuve Noir.

Kurt STEINER : Le seuil du vide.

Jeune artiste peintre, Wanda Leibowitz tire le diable par la queue, ou plutôt par les poils du pinceau.

Elle se retrouve sans logement, son ami étudiant américain Franck qui l'hébergeait étant reparti chez lui à Philadelphie. Il lui faut trouver un nouveau point d'ancrage ou d'encrage, pour dormir et entreposer ses toiles, un endroit qui puisse lui servir également d'atelier.

Alors qu'elle réfléchit à son avenir dans son repaire habituel, le Dôme, Alain, une de ses connaissances, l'aborde. Elle lui annonce son expulsion mais elle refuse d'être dépannée par lui. Dépité le jeune homme tourne les talons. Une vieille dame installée à une table derrière elle a entendu la conversation et lui propose un petit logement, pour un prix dérisoire. Une chambre vide depuis plusieurs mois, rue Saint-Séverin dans le cinquième arrondissement.

Wanda ne règlera le loyer que dans trois mois et Léonie Gallois, la vieille dame, lui laisse un jeu de clefs avant de s'éclipser. Encombrée de ses bagages, elle ira chercher ses toiles dans son ancien atelier le lendemain, Wanda est tout heureuse d'ouvrir la porte de son modeste et bizarre logement.

La pièce est triangulaire. Modestement meublée, mais cela lui suffira. Wanda se pose des questions sur la santé mentale de l'architecte lorsqu'elle se rend compte qu'il existe une porte au pied de son lit. Une porte fermée à clé avec une étiquette collée dessus et portant la mention manuscrite : Prière de ne pas ouvrir.

Wanda est intriguée mais se promet de ne pas déroger à la consigne, par respect pour sa logeuse. Hélas, la curiosité est plus forte que sa volonté et elle utilise l'une des clés qui lui ont été remises. Elle entre alors dans une pièce sombre, obscure, noire, et elle ne distingue rien. Lorsque de l'intérieur elle regarde vers sa chambre, elle n'aperçoit pas l'ouverture. Un phénomène incompréhensible. Pas même lorsqu'elle pénètre à nouveau avec une torche. La lumière ne se diffuse pas. Pourtant la lampe fonctionne normalement puisqu'elle est éblouie lorsqu'elle la tourne vers ses yeux.

Elle tente une expérience qui transforme totalement son appréhension de la peinture. Elle importe une de ses toiles dans cette pièce sans éclairage, et allume sa torche. Elle est stupéfaire par ce qu'elle découvre. Sa peinture est devenue une œuvre aux couleurs harmonisées. Alors elle prend une toile blanche et dessine, peint, et le résultat, selon elle, est surprenant et confine au chef d'œuvre. Alors elle réalise plusieurs tableaux qu'elle propose à son galeriste. Mais ce qu'elle trouve sublime n'est au yeux de celui-ci qu'un immonde crachotis de pinceaux sur une toile.

Toutefois de la pièce émerge peu à peu une lumière et elle distingue de plus en plus nettement des scènes dans lesquelles évoluent des personnages dans des lieux connus ou inconnus. Elle se voit même lors d'une réunion. Or certaines de ces scènes vont se réaliser.

Ainsi elle est invitée à une soirée dans une riche demeure chez le baron Eram Knabenian à Maisons-Laffitte. Elle n'a jamais entendu parler de cet homme et décide toutefois de se rendre à cette soirée qui se révélera spéciale. Elle retrouve un des galeristes qui fait la pluie et le beau temps mais c'est l'apparition du baron qui la surprend. Elle en tombe de saisissement et lorsqu'elle sort de son évanouissement elle est nez à nez avec sa logeuse.

 

Peut-on modifier son avenir lorsque son esprit est confronté à certaines scènes ? Est-il bon justement de vouloir changer ou tenter de changer le cours d'événements programmés ?

Ce sont bien à ces deux questions que répond implicitement l'auteur, tout en jouant sur un autre thème récurrent de la littérature fantastique. La vie éternelle ou plutôt la recherche de la vie éternelle par des personnes qui ne veulent pas mourir et s'emploient par tous les moyens à prolonger leur séjour sur terre.

Kurt Steiner aurait pu intituler son roman Ombre et lumière, même si ce titre avait déjà été plus ou moins utilisé avec De flamme et d'ombre (Angoisse N°23). Mais Le seuil du vide convient bien également car c'est une longue descente que va connaître Wanda et arrivée au précipice de sa vie, va-t-elle tomber ou en échapper, c'est bien ce que le lecteur se pose comme question jusqu'à l'épilogue naturel et logique dans un sens, mais que Kurt Steiner affine avec machiavélisme.

 

Cet roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1971 par Jean-François Davy, avec dans les rôles principaux : Dominique Erlanger, Odette Duc, Catherine Rich. Scénario d'Alain Gerber, André Ruellan et Jean-François Davy.

 

Kurt STEINER : Le seuil du vide.
Première édition Collection Angoisse N°25. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1956. 224 pages.

Première édition Collection Angoisse N°25. Editions Fleuve Noir. Parution 4e trimestre 1956. 224 pages.

Kurt STEINER : Le seuil du vide. Réédition dans Angoisses 1, Collection Noire N°16. Editions Rivière Blanche. Parution octobre 2009 .

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 09:52

Hommage à Yann de l'Ecotais, né le 14 novembre 1940.

Yann de L’ECOTAIS : Mortelles cliniques.

Simon Agassapian, plus familièrement surnommé Gas, est un détective privé qui exerce dans un esprit quelque peu dilettante.

Il n’a pas besoin de rentrées d’argent mensuelles fixes, son compte en banque, alimenté par papa qui fit fortune dans la chaussure, progressant constamment grâce à de judicieux placements boursiers. A part sa collection de voitures anciennes, dont une vénérable deudeuche, Ophélie sa fidèle et tentatrice secrétaire qu’il se refuse d’honorer par scrupule pour son jeune âge, ses fréquentes visites à ses parents dans l’Yonne, Joséphine son ardente maîtresse qui sait comment le mettre sur les rotules, il n’aurait rien à demander de plus à la vie.

Sauf quand sa mère chagrinée lui narre qu’une de ses amies est décédée lors d’une opération bénigne dans une clinique de la région. Sauf quand un journaliste localier décède dans un accident de voiture alors qu’il enquêtait sur une série de morts accidentelles dans la même clinique, sans causes apparentes. Sauf quand il apprend que la voiture du dit journaliste a été sabotée. Sauf quand un motard s’acharne à vouloir le suivre dans les petites routes de campagne sans qu’il ait demandé à bénéficier d’une escorte dans ses déplacements.

Ses recherches, ses investigations, souvent en pointillés l’amènent à s’intéresser de près à une société spécialisée dans la distribution d’eau.

 

Yann de l’Ecotais n’oublie pas qu’il fut journaliste, directeur de la rédaction de l’Express de 1987 à 1994.

Mais il imbrique avec humour baroque et gravité les amours tumultueuses entre son héros et Joséphine, maîtresse femme qui n’a peur de rien pas même d’éventuelles rivales, et un problème de société : la mainmise financière de nombreux consortiums diversifiant leurs activités et qui pour se donner bonne conscience allient l’utile à l’agréable : l’utile étant la productivité au détriment des relations humaines, l’agréable étant le rendement boursier, plaisir harpagonesque des actionnaires.

Roman noir à la française, Mortelles cliniques est également une parodie et un hommage aux romans noirs américains à la Dashiell Hammett ou anglo-saxons à la Peter Cheney, leur empruntant des clichés nostalgiques, tout en gardant le charme occidental de la narration à l’occidentale et en valorisant les relations entre personnes de sexe opposé.

Et à l’encontre de ses précédents confrères, si la femme qu’il campe pourrait ressembler physiquement à une poupée Barbie, moralement et intellectuellement elle se montre l’égale, et même en certaines circonstances, supérieure à l’homme, ne se cantonnant pas dans des rôles de divertissement ou d’exhibition.

Yann de L’ECOTAIS : Mortelles cliniques.

Yann de L’ECOTAIS : Mortelles cliniques. Collection Hors Noir N°17. Editions Hors Commerce. Parution le 14 septembre 1999. 188 pages.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 14:03

Hommage à Maurice Périsset décédé le 12 novembre 1999.

Maurice PERISSET : Les poignards de feu.

Horriblement défigurée, Valentine est irrémédiablement clouée dans un fauteuil roulant depuis l'accident de voiture survenu cinq ans auparavant.

Entre l'infirme et sa sœur Catherine, la fautive, de quinze ans sa cadette, les relations sont assez tendues.

Valentine passe son temps comme elle peut, assistée par Marie une jeune femme du village. Catherine, qui travaille en tant que secrétaire médicale à Toulon, effectue chaque jour quatre-vingts kilomètres et supporte de moins en moins cette charge.

Elles vivent dans une villa de location, à l'abri des regards indiscrets, alors qu'il serait si facile de vendre La Bastide rose, propriété inhabitée de Valentine, et de placer l'infirme dans une maison spécialisée tandis que Catherine s'achèterait un studio.

Bastien, dix-neuf ans, accusé d'avoir voulu étrangler sa jeune belle-mère, s'évade du Centre psychiatrique de Pierrefeu. Un fait-divers qui va précipiter les événements et exacerber la tension entre les deux sœurs. Bastien va trouver l'hospitalité auprès de Valentine mais pour peu de temps. Il est obligé de fuir.

La gendarmerie est sur les dents; le corps d'un clochard est découvert dans la forêt de Dom. Si le meurtre ne fait aucun doute, le lieu du crime est aléatoire. Bastien est soupçonné, d'autant qu'il a été vu en compagnie du vagabond faire la manche.

Catherine, qui rencontre en cachette son ami Sergio, un bellâtre, décide de partir en week-end. Marie s'occupera de Valentine. Le drame qui couvait s'embrase soudain. La forêt prend feu et Valentine qui était resté seule dans la villa a dû périr dans les flammes.

Marie et Catherine sont convoquées à la gendarmerie pour y effectuer leur déposition. C'est le moment que choisit Marie pour tenter un chantage auprès de Catherine. Elle lui donne même rendez-vous à la Bastide rose, cette fameuse bastide dont Valentine ne voulait se séparer sous aucun prétexte, et que Catherine aurait vendu avec joie.

D'ailleurs cet incendie d'origine criminelle n'a-t-il point été allumé afin de se débarrasser de l'infirme et d'un testament défavorable ?

 

L'épilogue de cette histoire est prévisible et hitchcockien.

La montée de la tension est toutefois admirablement décrite et même si lecteur se doute de ce qui doit inévitablement et logiquement se passer, il est pris par l'ambiance.

Une situation standard exploitée avec bonheur par un auteur qui excellait dans l'art du suspense.

Maurice PERISSET : Les poignards de feu. Collection Dossiers du Quai des Orfèvres. Editions du Rocher. Parution le 1ernovembre 1990. 240 pages.

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 09:32

Vivement que je sois grand !

Sophie LOUBIERE : Petits polars à l’usage des grands.

Sophie Loubière nous propose un petit recueil de nouvelles courtes, style rafale de mitraillette et dont les chutes valent leur pesant d’euros.

Des situations quotidiennes portées à leur paroxysme, vues à travers la lentille grossissante d’une loupe, et narrées dans un style épuré. Des tranches de vie saignantes narrées en trois coups de cuiller à pot, laissant de côté les détails pour ne s’attacher qu’à l’essentiel, genre synopsis de court métrage.

Un peu comme ces bandes dessinées qui en trois ou quatre planches racontent sobrement une péripétie.

Et ce sont bien les mots de péripéties, d’anecdotes, de petits incidents de parcours qui caractérisent ces nouvelles coup de poing à l’efficacité redoutable ponctuées d’un humour noir ravageur.

 

Et pour enfoncer le clou, ces historiettes sont accompagnées de dessins signés Lefred-Thouron, dessins féroces prolongeant l’épilogue d’un petit plus corrosif dans le trait.

 

Au sommaire de ce recueil :

Compartiment 12.

De façon accidentelle.

La réunion.

Un vilain défaut.

Vernissage.

Ne pas dépasser la dose prescrite.

Cuisine à l'italienne.

Le million.

Ondes de choc.

L'appétit vient en tranchant.

 

Sophie LOUBIERE : Petits polars à l’usage des grands. Librio N°398. Parution octobre 2000. 96 pages. Réédition version numérique. Parution août 2015. 4,99€.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 11:24

Bon anniversaire à Francis Mizio né le 6 novembre 1962.

Francis MIZIO : Twist tropique.

Dans le domaine de l’exotisme, mais dans un registre qui n’est ni polar ni science-fiction, un roman burlesque, désopilant, socio-humoristique, écrit par un auteur qui s’affirme de jour en jour comme un écrivain inclassable et qui désire s’affranchir des limites d’un genre pour mieux s’affirmer : Francis Mizio.

Washington Doug Cercoe et Helen Lenehen-Enehelle sont deux scientifiques dont la réputation est entachée de quelques plagiats, dans leurs rapports écrits pour des revues spécialisées. Il ont proposé à l’association qui finance leurs projets une mission importante pour l’avenir de l’être humain : le rire chez les singes râleurs.

Seulement cette association n’est guère encouragée par les fonds publics, et elle a trouvé un moyen de rentabiliser les déplacements de ses scientifiques. Ceux-ci seront accompagnés d’un touriste qui paiera le voyage et frais divers. Washington D.C. et Helen la Grecque se voient affublés, malgré leurs protestations, d’un plombier “ cinocéphalophile ”, Ladislas Krobka qui possède une collection impressionnante de singes en porcelaine et autres colifichets du même acabit.

Entre Washington et Helen, le courant n’est pas alternatif, mais ne passe que d’un côté. Il est amoureux fou de sa compagne de mission, pourtant on ne peut dire que les charmes de la demoiselle s’étalent au grand jour.

Dans ce coin perdu d’Amazonie où ils exercent, malgré la présence de l’encombrant plombier, leurs recherches, une tribu d’indiens les surveille avec l’espoir d’en tirer un profit pécuniaire et humanitaire.

Et les singes là dedans ? lisez le livre, c’est le seul conseil que je puisse vous donner. Un autre quand même : Francis Mizio joue aussi bien dans le registre polar que dans celui de la science-fiction, mais il ne se cantonne pas dans une seule catégorie.

Ou du moins le seul genre qui prédomine c’est l’humour, ravageur, désopilant, et non dénué d’un œil et d’une plume critique envers la société et ses dérives.

Un talent à suivre quelque soit la sorte d’ouvrage qu’il nous propose. Et à ce propos, parlons d’Internet puisque pendant des années il a collaboré à Libération pour la partie informatique et qu’il a livré des billets d’humeur intitulés “ Mamie, surfe mamie ”.

 

Francis MIZIO : Twist tropique. Hors collection, éditions Baleine. Parution avril 2001. 212 pages.

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 13:54

Hommage à Henry Reymond Fitzwalter Keating, né le 31 octobre 1926.

H.R.F. KEATING : Un cadavre dans la salle de billard

Un romancier qui s'intéresse un peu trop aux faits et gestes d'un policier et chante les louanges du dit représentant de l'ordre et de la loi parce qu'il a mené à bien une enquête sur un viol et un meurtre, cela peut avoir ses bons côtés mais générer également des inconvénients.

Inconvénients qui frappent le pauvre inspecteur Ghote de Bombay, sollicité par un personnage influent et important de Ootacamund, une station d'hiver sise à plus de mille kilomètres au sud de Bombay dans les Nilgiris Hills.

Dans cette charmante ville, plus familière appelée Ooty, l'atmosphère, l'ambiance et les habitudes sont restées presque religieusement imprégnées de la domination et de la culture britannique.

Un endroit frais, trop frais pour Ghote habitué à la chaleur lourde de Bomba, un endroit vert comme une campagne anglaise, où l'on peut jouer au golf et au billard.

C'est d'ailleurs sur une table de billard que le cadavre d'un employé du club, vénérable institution de la fière Albion, a été découvert. Pour l'officier de police local, ce meurtre ne peut avoir été perpétré que par un dacoït, un voleur. D'ailleurs la blessure mortelle n'a-t-elle point été portée à l'aide d'une fine lame comme celle des dacoïts ?

Et toute l'argenterie, les coupes gagnées depuis des dizaines d'années lors de compétitions n'ont-elles point disparu ?

Pour Surinder Mehta, ex-ambassadeur, titulaire de la Military Cross et qui a expressément demandé à ce que Ghote s'empare de cette affaire, ce ne peut être que l'œuvre d'un des membres de ce club. Soit cinq personnes, six ou sept au grand maximum, en comptant le secrétaire adjoint et le secrétaire, le commandant Bell.

Qui de la Maharani voluptueuse et de son infidèle mari le Maharadja de Pra Tapgadh, de la typique représentante britannique Mistress Lucy Trailing, une veuve accompagnée en permanence d'un sac à ouvrage d'où dépassent de fines aiguilles à tricoter, de Monsieur Gogbole, un universitaire lecteur impénitent muni d'un coupe-papier, et de Monsieur Ali Akbar Habidullah, un musulman cadre en retraite des chemins de fer, qui a pu en vouloir ou céder au chantage du marqueur de points au billard ?

Ghote est un peu dépassé par les événements, d'autant plus que son mentor aimerait le voir agir et réagir à la façon des grands détectives, Hercule Poirot et Sherlock Holmes en tête.

Si Ghote parvient à démasquer le coupable, c'est plus grâce à un éclair de génie, à une intense réflexion, et à l'usage du yoga, que de la détection pure et simple.

Quoique l'accumulation de coïncidences et un parallèle avec les préceptes enseignés par Hercule Poirot ne soient pas négligeables dans l'accomplissement de cette enquête.

Ce roman à l'humour léger, vaporeux et subtil, est le deuxième roman traduit en France, le premier étant Pas d'enquêtes sans casser d'œufs paru en 1983 dans la collection Littérature Policière dirigée par Maurice-Bernard Endrèbe.

Nous retrouverons ce personnage sympathique et émouvant, naïf même dans sa gaucherie, son désir de bien faire et de ne pas brusquer ses interlocuteurs dans de nouvelles aventures dans la même collection chez Fayard, dont L'inspecteur Ghote en Californie.

Réédition Le Livre de Poche Policier N°9554. 1992.

Réédition Le Livre de Poche Policier N°9554. 1992.

H.R.F. KEATING : Un cadavre dans la salle de billard (The body in the billard room - 1987. Traduction de Denise Meunier). Parution novembre 1990.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 13:04

Bon anniversaire à Simon Brett né le 28 octobre 1945.

Simon BRETT : Les coulisses de la mort

Simon Brett, auteur de Le théâtre du crime, paru dans la même collection sous le numéro 1787 cette même année 1985 mais qui a été publié en Grande-Bretagne en 1983, soit un an après Les coulisses de la mort (ironie de l'édition française qui publie des romans dans le désordre !), Simon Brett met en scène un acteur de théâtre vieillissant dont la carrière n'est en réalité qu'une succession de ratages.

Pourtant Charles Pris, tel est son nom, y croit encore, espérant décrocher un jour un premier rôle qui le rendra riche et célèbre. Ce rêve va peut-être se concrétiser à l'occasion de la représentation en province d'une pièce de théâtre écrite par un jeune auteur.

D'autant que le producteur est confiant et qu'au loin se profile la perspective de se produire à Londres, dans le West-end, le quartier des spectacles.

Pour cela faut-il encore récolter des critiques élogieuses.

Mais Charles Paris, ce héros qui a connu bien des vicissitudes tout au long de sa carrière se méfie. Il a la nette impression qu'une magouille se profile. Impression qui se verra confortée en de nombreux points, le moindre n'étant pas un coup de revolver incongru et intempestif.

 

Satire des milieux théâtraux Les coulisses de la mort est autant un reportage qu'un roman policier. A conseiller aux acteurs débutants qui aspirent à une gloire rapide.

Charles Paris est le héros de dix-huit romans, dont le dernier publié en Grande-Bretagne en 2012, mais dont seules trois aventures auront été traduites en France.

Simon Brett, qui a connu le succès dans les années 80/90 semble aujourd'hui ignoré, méprisé, des éditeurs français, et c'est dommage, mais c'est le lot de bon nombre de romanciers honnêtes, de bons artisans reconnus comme tels, qui sont délaissés au profit d'auteurs plus en vogue mais pas forcément intéressants. A mon avis.

Simon BRETT : Les coulisses de la mort

Simon BRETT : Les coulisses de la mort (Murder unpromted - 1982. Traduction Jacques Satori); Collection Le masque N°1813. Librairie des Champs Elysées. Parution 1985. 156 pages.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 13:10

Bon anniversaire à Thomas Bauduret, alias Samuel Dharma, alias Patrick Eris, né le 22 octobre 1963.

Samuel DHARMA : Nécromancies.

Par la folie d'un souverain, à cause de sa soif de domination et de pouvoir, Khemen, une cité pourtant pacifique, succombe sous les coups des Hommes Jaunes, et ce malgré la vaillance de ses guerriers, hommes et femmes.

Parmi eux Jehna et sa compagne Kehro. Mais Kehro fait partie des nombreuses victimes de la guerre et Jehna accablé par le chagrin, miné, erre à l'aventure.

Comment il parvient à Fadyen, il ne saurait le dire.

Lorsqu'un soudard l'agresse dans une auberge où il espérait le gîte et le couvert, il tente de se dérober mais le combat devient inévitable. Ses réflexes guerriers sont intacts et Jehna sort vainqueur de la rixe.

Fait prisonnier, il sera chargé par le roi Hunn d'éduquer son armée de soudards. Jehna retrouvera confort auprès de la belle Erikap une servante mise à son service mais cela ne l'empêche pas de penser à celle qu'il aime et aimera toujours : Kehro.

S'il est chargé de mission par le roi Hunn c'est bien parce que la cité de Fadyen est menacée. Mais quel est ce danger qui risque d'anéantir une cité quelque peu moribonde?

 

 

Samuel Dharma avec Nécromancies nous propose un roman plus achevé, plus dense et mieux construit que son précédent roman paru dans la même collection et qui avait pour titre Le Traqueur.Les effets sanguinolents sont quelque peu gommés, ce qui n'est pas un mal au contraire.

Il semble avoir trouvé un juste équilibre, ne forçant pas sur les clichés sur les sentiments ou les scènes d'horreur et de violence. Un auteur à suivre donc et si Dharma continue dans cette voie, je pense qu'il a devant lui- un bel avenir d'écrivain populaire; populaire étant à prendre comme un compliment évidemment.

Chroniqué sur Radio Manche. Août 88.

 

Thomas Bauduret s'est révélé en 1987 avec Mickey Meurtre publié dans la collection Espionnage N°1889. Il était alors le plus jeune romancier du Fleuve Noir. Depuis Thomas Bauduret a enchainé les traductions et l'écriture de romans dans différents genres populaires, dont je vous propose de découvrir ci-dessous quelques productions récentes :

 

 

 

 

Samuel DHARMA : Nécromancies. Collection Anticipation N°1637. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1988. 192 pages.

Réédité en format numérique : 4,49€.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:51

Hommage à Brice Pelman décédé le 17 octobre 2004.

Brice PELMAN : La troisième victime.

Dans cet ouvrage, Brice Pelman reprend un thème, ou plutôt un accessoire, largement utilisé dans les romans policiers : Le message anonyme.

L'action se passe à Opio, village des Alpes-Maritimes, département cher à l'auteur et qui a servi de décor pour bon nombre de ses romans.

Suzanne, la protagoniste, est délaissée par son chirurgien de mari. La cohabitation avec sa belle-mère n'est pas signe d'entente cordiale et les époux sont réduits à faire chambre à part, ce qui est frustrant, vous l'avouerez.

Le destin malin va se manifester sous forme de lettres anonymes, des lettres d'amour au style ampoulé.

Bidule, un être simplet qui sert de facteur intérimaire entre la belle Suzanne et son galant, est secrètement amoureux de la jeune femme, sosie de Romy Schneider.

Mais Alexandra, amie de Suzanne, femme du potard local et tireuse de cartes à ses heures, voit dans ses tarots un avenir funeste. Les cadavres viennent confirmer sa prémonition, mais Suzanne n'en a cure, toute réjouie de croire que son épistolier transi se cache sous les traits de l'associé de son mari.

Elle s'adonne sans retenue aux joies de l'amour hygiénique, pour ne pas dire clinique, enfouissant métaphoriquement les cadavres sous le lit conjugal. Suzanne vit un amour obsessionnel dont elle ne peut se dépêtrer.

Brice Pelman était un vieux routier du roman policier, et ce retour au Fleuve Noir fut sympathique. Il avait émaillé la défunte collection Spécial Police de quelques bons titres, je ne pousserai pas la flagornerie pour écrire que tout était excellent, mais des romans comme Le jardin des morts, In vino veritas, Un innocent, ça trompe énormément et quelques autres restent dans les esprits des amateurs.

 

La troisième victime est de cette veine et se lit avec un plaisir non dissimulé.

 

Brice PELMAN : La troisième victime. Collection Crime Fleuve Noir N°30. Editions Fleuve Noir. Parution juillet 1992.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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