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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 07:32

L'amour ne connait pas de frontières !

 

projet-nouvelle-venus.jpg


Chad Brinner, journaliste américain, délaisse son travail de reporter pour une occupation moins lucrative mais qui lui tient à cœur: Sophie Desmarque, une jeune parisienne dont il est amoureux a brusquement disparu de la nature. Envolée. Sans laisser de traces. La ténacité est une vertu souvent payante. Chad Brinner en fait l'expérience à son corps défendant.

Il pense avoir localisé son amie aux bureaux d'une agence de tourisme dont lui-me devient client. Mais ce qu'il pensait ntre qu'un parcours de reconnaissance s'avérera être le prologue d'un fabuleux voyage temporel et interplanétaire. Chad, transporté à des milliers d'années de là découvre une civilisation nouvelle basée sur un système rétrograde. S'il a été enlevé c'est pour devenir serf, esclave des Solariens. N'ayant en tête qu'une obsession, retrouver §ophie, Chad Brinner par sa bravoure, son gout du risque, son impertinence, va connaitre de nombreuses aventures épiques bravant tous les dangers, réprimant des révoltes organisées par des traîtres. A la recherche de celle qu'il aime, il verra son statut social s'améliorer grâce à son courage, sa loyauté, son sens de l'honneur.

Roman de Science-fiction et d'Héroïc-fantasy, avec une légère connotation policière, Projet Nouvelle Vénus était dû à la plume d'un nouvel auteur du Fleuve Noir, Claude J. Legrand, qui nous proposait en même temps dans la nouvelle Collection Noire un roman policier intitulé La virée. Cette chronique radiographique date d'août 1988 et depuis Claude J. Legrand s'est imposé dans le domaine de la science-fiction avec d'autres ouvrages édités notamment chez Rivière Blanche, mais surtout comme scénariste de Bandes Dessinées petits formats.

 

Claude J. LEGRAND : Projet Nouvelle Vénus. Fleuve Noir anticipation n°1638. Parution Juin 1988. 192 pages.

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:04

Qu'a fait le fakir ?

 

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Depuis quelques mois un fakir nommé Egyptius est la coqueluche de la haute société Parisienne. Seulement Lucien Barral, lui-même spolié, a remarqué que la présence d’Egyptius dans un endroit était suivie d’un vol de bijoux.

Il engage Guy Farnèse, détective privé et les deux hommes se retrouvent dans une soirée organisée par Lord Markson, à Neuilly. Egyptius propose comme numéro clou de la soirée la disparition pendant dix minutes de Sammy, le fils de l’hôte. Farnèse flaire l’entourloupe et il a raison car il s’agit bel et bien d’un enlèvement. Farnèse se lance à la poursuite du véhicule à bord duquel se trouve Sammy mais il est stoppé par des policiers trop zélés.

Egyptius contacte le père de l’enfant pour lui demander une rançon. Son message émane de Saint-Nazaire et Farnèse se rend sans tarder sur le port. Il est attiré par une fête foraine et plus particulièrement la baraque d’une diseuse de bonne aventure. Il pressent avec raison que la cartomancienne n’est autre qu’Egyptius. Il tente de s’infiltrer par l’arrière mais il est repéré et est jeté dans une cage déjà habitée par un lion. Il réussit à s’échapper mais Egyptius s’embarque sur un canot avec le gamin. Farnèse le poursuit avec quelques minutes de retard mais parvient toutefois à monter à bord du cargo sur lequel Egyptius doit rejoindre les Amériques. Il se débarrasse des marins et du kidnappeur, rendant l’enfant sain et saut à ses parents.

 

Rapidement menée cette aventure pêche toutefois par un manque d’information, même si le mage possède des dons particuliers, d’hypnotisme par exemple. Ne sont pas dévoilés les subterfuges d’enlèvements, mais le truc du magicien est rarement diffusé donc le romancier peut se cacher derrière la subtile réserve du professionnel. Plaisant à lire malgré tout.

 

A lire également de Maurice Limat : Mille et une blessures ainsi que Atoxa des Abysses.

Maurice LIMAT : Egyptius. Collection Mon Roman Policier N°178. Editions Ferenczi. 3ème trimestre 1951. 32 pages.

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 07:13

Hommage à Samuel Fuller né le 12 août 1912

 

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Quelques paroles échangées sur un trottoir avec des hippies, au coin d'une rue londonienne, et Charley va vivre la semaine la plus mémorable de sa carrière de cinéaste et de journaliste.

Robert et ses compagnons, hommes et femmes, décident de squatter une immense propriété abandonnée dans Mayfair, sise au 144 Piccadilly. Soixante chambres, dix salles de bains, une salle de cinéma, de quoi accueillir en toute tranquillité une communauté. Robert se réfugie derrière une loi de 1381, modifiée 1623, qui malgré ses six cents ans d'existence n'est pas caduque. C'est un pacifiste convaincu, militant, répondant à la violence par la dialectique.

Charley, cinéaste et journaliste, décide de se joindre à ces hippies bien sympathiques et qui en définitive ne font rien de mal. Ils occupent une maison ? Et alors ! Le propriétaire légitime n'avait pas à la laisser à l'abandon alors que dans Londres tant de gens cherchent à se loger. Des policiers tentent bien de s’interposer mais Robert, qui joue avec la loi en juriste éminent, annihile toute velléité de leur part. Au dehors, la foule s’amasse, alléchée par ce divertissement pour le moins inhabituel, de cette résistance et la télévision couvre l’événement.

Robert édicte ses principes à sa petite communauté : la drogue sous toutes ses formes est prohibée, de même l’exhibitionnisme et les orgies sont fortement déconseillés. Charley assiste en spectateur amusé à l’installation de cette communauté, se laissant draguer par quelques-unes des jeunes femmes. Le deuxième jour, il part en compagnie de Zyx, un Noir dont l’ambition est de fonder les Tigres — en référence aux Panthères Noires — sillonner le quartier en camion afin de récolter des subsides et d’assurer le ravitaillement. En cours de route ils sont agressés par des Skinheads — qui avaient été chassés par la communauté, — mais Charley a le dessus. Les vivres commencent à manquer et la drogue couve.

Robert, la mort dans l’âme, se résout à faire appel aux Angels. C’est introduire le loup dans la bergerie, un loup nommé Lover Boy qui investit le 144 Picadilly avec ses motos, ses compagnons, ses femmes et de la drogue. Au dehors le nombre des badauds grossit et à l’intérieur, la tension monte. Robert et sa copine Molly sont enlevés par des Skinheads qui ont réussi à s’infiltrer dans ce fort Chabrol, mais Lover Boy, Charley et quelques Angels parviennent à les délivrer. Cependant, le comportement de Lover Boy et de ses séides est de plus en plus provocateur et la drogue passe de mains en mains. Charley tente bien de raisonner Robert, mais celui-ci est toujours hostile à tout acte de violence. Et, le sixième jour, le 144 Picadilly, tel un chaudron sous un feu ardent, se met à déborder. Lover Boy, complètement dément, fait une piqûre d’héroïne à Europa, une avocate acquise à la cause des hippies, ainsi qu’à Charley, puis les unit dans un simulacre de mariage façon Angels.

 

Sam-Fuller.jpg144, Picadillyest un livre dur, sauvage, parfois à la limite de la pornographie et de la scatologie. Quelques scènes seront taxées de complaisance, principalement celles liées au sexe et à la drogue, mais ce n’est là qu’un reflet de la réalité, même si elle dépeint son paroxysme. En même temps, tout est tendresse et amour ; à l’érotisme brûlant succède la pudeur et la coexistence pacifique cède la place à un bellicisme effréné. Un véritable combat des chefs où le Bien et le Mal s’affrontent dans la ruse, la brutalité, l’excès. Mais l’espoir est toujours permis et l’altruisme forcera les portes, même si l’être humain doit se dédoubler et parfois agir comme un double honni.

Dans cette dualité constante, l’on sent également la transposition de l’écrivain dans son héros, devenu son double. D’abord détaché, Charley se trouve peu à peu impliqué dans cette revendication des squatters, les aidant à maintes reprises. Charley, cinéaste, a dix sept films à son actif et fume des cigares Castro 1 ou Cabanas — comme Fuller bien sûr. Ce roman est en fait la novélisation du scénario d’un film que Fuller ne put jamais réaliser. Mais qu’en est-il du texte original puisqu’il s’agit d’une « adaptation » et non d’une traduction intégrale ?

 

 

Sam FULLER : 144 Piccadilly. (144 Picadilly - 1971. Texte français d'après Jean-Yves Prates). Editions Ramsay. Parution janvier 1991. 300 pages.

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 08:59

Bon anniversaire à Jack Higgins né le 27 juillet 1929.

 

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Si les Américains et les Britanniques ont choisi la plage de Slapton, dans le Devon, pour simuler un futur débarquement sur les plages normandes, ce n’est pas par hasard.

En effet cette plage qui sert de base d’entraînement rappelle étrangement celle de Sainte-Marie du Mont, dont le nom de code utilisé par les Alliés est Utah Beach.

En ce printemps de 1944, c’est l’effervescence, aussi bien du côté des Alliés que des forces de l’Axe. Les Allemands notamment patrouillent dans la mer de la Manche et les accrochages maritimes sont nombreux. C’est ainsi que lors d’un combat naval plusieurs bâtiments britanniques sont coulés. Les pertes humaines et matérielles sont nombreuses. Le colonel Kelso, un Américain, est porté disparu. Or il détient des renseignements précieux, confidentiels, concernant les dates et lieux du débarquement sur les côtes françaises.

S’il est fait prisonnier par les Allemands, nul doute qu’il parlera, dévoilant la stratégie mise en place. Aussi il faut soit le récupérer, soit l’éliminer purement et simplement. Blessé Kelso parvient à Jersey grâce à un canot de sauvetage et il est recueilli par des insulaires.

Harry Martineau, un agent des services secrets britanniques, ex-professeur de philosophie et d’origine allemande par sa mère, est chargé de cette mission. Il est accompagné de Sarah Drayton, une jeune infirmière de dix-neuf ans qui possède des attaches familiales sur l’île. Jouant le rôle d’un Nazi, Harry Martineau envisage d’assassiner Rommel qui fait une tournée d’inspection, tournée impromptue, sur l’île.

 

higgins1.jpgRoman d’action, roman de suspense, roman d’espionnage, La nuit des loups est tout cela à la fois. Jack Higgins, auteur d’Exocet ou encore de Confessionnal entraîne le lecteur de Londres à Jersey tambour battant, et les Manchots ne seront pas dépaysés puisqu’ils peuvent suivre les différents protagonistes à Granville, Gavray, Fermanville, l’Anse de Brick, ou près de Saint-Lô. Un excellent roman par un auteur qui a du métier et sait raconter des histoires.

De son vrai nom Harry Patterson, mais plus connu sous le pseudo de Jack Higgins, le romancier britannique a également signé sous ceux de Martin Fallon, James Graham ou encore Hugh Marlowe. Certains titres ont été publiés sous ces divers pseudonymes au Masque et dans la collection Agent secret chez Robert Laffont, notamment L'Année du tigre.


Jack HIGGINS : La nuit des loups. Albin Michel. Parution 11 janvier 1989. 326 pages. Réédition Le Livre de Poche. 1er juin 1991. 256 pages.

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 08:37

Bon anniversaire à Virginie Brac née un 25 juillet.

 

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Virginie Brac, qui s’était fait connaître avec Sourire Kabyle chez Engrenage, puis avait publié deux autres romans avant de se consacrer à l’écriture de scénarii, était revenue en force avec Cœur caillou. Elle confirme qu’elle possède une plume n’ayant rien à envier elle non plus à celles d’Outre-Atlantique ou d’Outre-Manche.

Tropique du pervers conte l’histoire de Véra Cabral, une psy qui décide du jour au lendemain de quitter la quiétude de son cabinet pour se consacrer aux naufragés de la vie quotidienne, qu’ils soient preneurs d’otages ou suicidaires. Elle devient membre active du C.I.P., Centre d’Intervention Psychiatrique, sorte de SAMU pour déprimés. Sa première intervention a lieu dans une station sur l’autoroute, où un forcené prend en otage des innocents afin de… les policiers ne savent pas trop puisqu’il n’a rien revendiqué.

Véra s’en sort sans dommage et sa première affaire est une brac3.jpgréussite. Ce qui n’est pas le cas de la deuxième où elle doit dissuader une jeune femme, épouse d’un député, de se jeter du toit de sa propriété. Les affaires se suivent et se ressemblent, tout du moins sur un certain car le capitaine Sedan est omniprésent, se dressant à chaque fois devant elle. Et elle en vient à se demander si certaines de ces interventions ne sont pas des manipulations, s’il n’y a pas autre chose qui se cache derrière, si un homme ne veut forcer la main du destin. Et comme elle même connaît un problème, disons métabolique ou corporel, que sa famille, charmante mais nombreuse la requiert à chaque instant, elle mène une vie sentimentale déserte, à son corps défendant si je puis dire. Parfois c’est elle qui aurait besoin d’un psy pour pouvoir se repositionner dans sa tête.

 

brac2.jpgVirginie Brac nous livre ici un livre puissant, dans lequel l’héroïne, tel le serpent se mord la queue, perdue entre son travail et son “ handicap ”. Les tragédies que Véra est amenée à côtoyer sont quasiment un remède à ses problèmes, d’autant que sa famille, charmante mais encombrante, n’y met guère du sien. Elle est des deux côtés de la barrière et le lecteur est subjugué tout autant par sa personnalité à double facette que par les péripéties auxquelles elle doit faire face. J’avais critiqué l’abandon des petits formats par le Fleuve Noir, mais au moins reconnaissons que pour l’instant la politique éditoriale est de qualité, du moins en ce qui concerne la production française.

 

 

Virginie BRAC : Tropique du pervers. Collection Moyen Format, Fleuve Noir. Parution 9 mars 2000. Réédition Pocket 3 octobre 2002 et 28 mai 2004. 280 pages.


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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 09:07

Bon anniversaire à Robert Deleuse né le 17 juillet 1950.

 

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Denis Kajal est détective privé à Marseille (décidément, Marseille devient la ville phare du roman policier !) et il est chargé par le père de retrouver sa fille dont il n’a plus de nouvelles. Elle était venue dans la cité phocéenne afin de suivre les traces d’un peintre décédé dans les années 30.

Dans le même temps, deux serveurs d’un bar, situé Quai du Port, assistent à l’enlèvement d’un conseiller turc sur une goélette amarrée à quai et au meurtre du skipper. “Prélèvement” revendiqué par un obscur commando kurde qui signe “ PK15 ”.

Le commissaire Vivaldi est chargé de l’affaire ainsi que ses adjoints Janval et Ronsard. Toute la brigade est sur les dents, et pourtant les dossiers en instance ne manquent pas. Peu à peu, alors que les meurtres se multiplient, les deux enquêtes, la privée et l’officielle, vont s’emboîter, et devenir affaire d’état, prenant leur source dans le passé sombre de l’occupation, de l’épuration et de la collaboration.

 

Robert Deleuse a écrit un roman qui s’apparente à un rapport de police, dans un style sec, froid, clinique, et dont l’intrigue s’avère alambiquée, à la limite du crédible.

Mais il est prouvé que souvent la réalité dépasse la fiction. De plus Robert Deleuse use avec abondance des parenthèses, là où une virgule suffirait, ce qui hache la lecture et la rend parfois pénible. Mais on ne peut nier une certaine maîtrise du sujet et certains préfèreront justement cette ambiance rigide aux errances poétiques.


Robert DELEUSE : La mante des Grands-Carmes. Collection Points Seuil N° 803. Parution le 4 novembre 2000. 196 pages.

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 09:10

Bon anniversaire à Alain Demouzon né le 13 juillet 1945.

 

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Lors de l’inauguration d’une boutique par une amie, Le commissaire Melchior, en disponibilité, retrouve par hasard Florence, la femme d’un ancien collègue, Marc Yverneau.

Elle vient d’apprendre que la dépouille de son mari, dont elle était séparée, a été retrouvé. Il faisait partie des corps non identifiés suite à l’attentat du métro londonien. Florence demande à Melchior de l’aider dans ses démarches.

A Londres le Superintendant Woodcock de Scotland Yard avait bien connu Yverneau, lequel avait procéder à un dépôt ADN afin d'alimenter la banque de données du Yard, alors en gestation. C’est ce qui avait permis l’identification du défunt. Selon le policier britannique, le décès d’Yverneau remonter à quelques jours avant l ‘attentat. De plus Melchior découvre calquée sur le mur du tunnel où a eu lieu le drame, l’empreinte à l’envers d’une carte d’identité. Il s’avère que la pièce était établie au nom d’Etienne Pétrini, lui-même ancien inspecteur à la même brigade qu’Yverneau et Melchior, à Chartres vingt ans auparavant.

Des souvenirs que Melchior pensait avoir noyés remontent à la surface. Les trois enquêteurs avaient été impliqués plus ou moins dans l’affaire Arbogast, du nom de l’homme qui avait kidnappé la gamin de Pétrini. L’affaire n’avait été entièrement résolue car l’enfant n’avait pas été retrouvé. Le ravisseur avait été abattu, et quelques policiers avaient reçu des balles perdues. Un doigt de chance, quelques réminiscences qui reviennent par bribes, des détails qui se font jour alors qu’ils n’avaient pas été relevés lors de l’enquête, et Melchior se retrouve enfin sur la piste.

 

Ce roman d’Alain Demouzon est une fois de plus une réussite. Outre l’intrigue, qui mêle habilement passé et présent, ce sont les relations entre les divers protagonistes qui retiennent l’attention. Un roman placé sous le signe de la crise. D’abord la crise entre des policiers, pour la plupart des stagiaires, dont les liens relationnels oscillent entre indifférence, compétition, rivalité, ou amitié suspecte.

Crise morale et affective de Melchior qui hésite entre quitter définitivement le service et prendre la retraite ou réintégrer son poste. Il envisage d’écrire un roman policier mais il n’arrive pas à concrétiser son projet. Il se lie d’amitié, et plus si affinité avec Florence, tout en doutant de la sincérité de la jeune femme, envisageant même une probable culpabilité de celle-ci.

Crise sociale qui noircit l’épilogue en proposant ce que l’on appelle une fin ouverte. Plus quelques autres que le lecteur découvrira au fur et à mesure qu’il découvre le parcours chaotique de Melchior dans cette intrigue qui se révèle machiavélique.

demouzon1.jpgEnfin Demouzon semble parfois se confondre avec son personnage, se montrant quelque peu désabusé et caustique sur le statut d’écrivain et plus particulièrement sur celui d’auteur de romans policiers. Pour preuve cette citation extraite de la page 52 :

«  - J’ai essayé ça, aussi : jouer avec les mots, écrire, me raconter sur le papier mes propres aventures… J’ai laisser tomber. Je ne suis pas un héros.

 - Voyons donc ! Vous n’aviez qu’à torcher un polar.

 - Hon-hon ! C’est bien ce que je voulais ! Mais, il fallait prendre un ton, singer une attitude à la redresse que je n’arrivais pas à me trouver… Enfin, si ! Mais j’avais l’air de tricher, ça m’a paru faux, parler en serrant les dents, en crispant les mâchoires. Les codes du polar !… La vie telle que je la ressens, telle que j’essaie de l’attraper, de la questionner, je n’arrivais pas à en témoigner de cette façon-là, dans une mise en scène réglementée, une écriture contrainte et où toute tentative de liberté narrative fait de vous un délinquant. On transgresse les stéréotypes et alors, ce que vous avez gribouillé n’a plus rien à voir avec le divertissement programmé que les gens attendent. Je ne sais pas si je me fais comprendre… »

Quant au titre il est tout en ambiguïté : Un amour de Melchior, comme on dit Ce gamin, c’est un amour, ou alors Une amourette de Melchior ? Sur l’étal du libraire, cela ne me semble guère accrocheur, à moins de lire consciencieusement la quatrième de couverture.


Alain DEMOUZON: Un amour de Melchior. Fayard Noir. Parution Avril 2008. 440 pages.

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 12:33

Bon anniversaire à Richard Morgiève né le 9 juillet 1950.

 

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Je vais finir par me demander si tous ceux qui veulent se faire un nom en littérature ne devraient pas commencer par l'écriture de romans policiers. Prenez les exemples de Jean Vautrin, Alain Demouzon, Jean François Vilar, Didier Daeninckx, Tonino Benacquista, Daniel Pennac, Richard Morgiève et aujourd'hui Pierre Lemaître dont les noms sont sortis du cercle des initiés.

Ce n'est pas le tout d'écrire pour le plaisir d'aligner des mots les uns à la suite des autres. Le lecteur a droit à son emballage cadeau, c'est à dire une histoire. Mais une histoire qui intéresse, qui captive, qui tienne en haleine. Une histoire qui raconte quelque chose, même si celle-ci n'est pas crédible, n'en déplaise à monsieur feu Paul Bourget de l'Académie Française.

Donc Richard Morgiève, quittant (à regret ?) sa défroque de Michel Bauman, pseudonyme sous lequel il écrivit ses premières œuvres, puis son statut d'auteur de romans noirs, se lance à corps perdu dans la littérature; de celle qui ne le fera peut-être pas manger tous les jours, mais ne laissera pas affamés tous ceux qui le dégustent, qui avalent ses ouvrages. Contrairement à ce que l'on croit, la littérature est restée, sauf rares exceptions, plus une nourriture spirituelle que terrestre.

 

Fausto, qui doit son prénom à un père italien fervent admirateur de Coppi et cycliste convaincu, devient orphelin de père et de mère à cause justement de la petite reine. Vagabonder dans la nature, souvent hostile, n'est pas une vie pour un enfant. Alors Fausto se retrouve enfermé dans un pensionnat. Un orphelinat qui tient plus du bagne que de la Comédie Française. Là non plus ce n'est pas une vie pour un enfant qui a tout à apprendre, mais comme c'est légal et même imposé, que voulez vous qu'il fit ?


Se rebeller avec dignité envers desFausto3.jpeg " camarades " de chambrée trop entreprenants et avoir le dernier mot à force d'astuces, d'ingéniosité et de débrouillardise. Heureusement une bonne fée veille tendrement sur la jeunesse de Fausto et se manifeste en lui présentant tout d'abord Raymond, orphelin comme lui. Raymond le gros, le dodu, qui ne s'embarrasse pas de fioritures et lui offre son amitié sans contrepartie, lui faisant comprendre toutefois que l'amitié est une denrée à partager à deux. Ensuite la bonne fée le place chez un tailleur juif. La complicité s'établit entre le maître et l'élève. Fausto a enfin trouvé sa voie. Et ce n'est pas son passage à l'armée qui va l'en détourner. Au contraire. Il fera la connaissance d'un lieutenant à habiller et accessoirement à déshabiller.

 

fausto1-copie-1Richard Morgiève a écrit un roman dans lequel Fausto vit comme dans un conte de fées, avec ses heurs et ses malheurs. Le personnage déteindra-t-il sur l'auteur ? Il faut le souhaiter. Michèle Gazier, critique notamment à Télérama, écrivait lors de la parution de ce roman chez Seghers: " Il y a des injustices. Richard Morgiève mériterait à mon avis d'être beaucoup plus connu." Le tremplin de l'adaptation cinématographique de ce roman va peut-être enfin faire connaître aux lecteurs un talent caché et la parution d'un nouveau roman de Morgiève, " Andrée ", susciter un engouement profond.

 


Cet article quelque peu remanié, date d'octobre 1993 destiné à une émission radio.

A lire également de Richard Morgiève :  Legarçon.


Richard MORGIÈVE : Fausto. Editions Seghers 1990 puis Robert Laffont 1993. Réédition Pocket 1993.

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 12:17

Bon anniversaire à Viviane Moore, née le 3 juillet 1960.

 

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Si elle n'a pas été le précurseur du roman policier historique, Ellis Peters a, en créant le personnage du moine Cadfael, insufflé une nouvelle dynamique à un genre exigeant puisque, au delà de l'énigme proposée, doit se greffer la description véridique d'une époque.

Ce qui suppose une recherche et une connaissance approfondie des mœurs, des lieux géographiques, des personnages qui composent le support de la narration.

Viviane Moore, une Française comme son nom ne l'indique pas, situe l'action de ses romans au XIIème siècle. Avec le personnage de Galeran de Lesneven, un chevalier errant breton qui enquête dans la France médiévale, elle nous plonge dans l'atmosphère de cette période, plus complexe et moins retardée qu'on pourrait le croire. Les énigmes servent de support à décrire une société brutale, violente, mais possédant le goût de la fête, régie par la religion toute puissante.

Dans Rouge Sombre l'évêque de Lisieux mande au chevalier errant de convoyer un prélat jusqu'en l'abbaye de Jumièges et de veiller à sa sécurité jusqu'à ce que la mission confiée au moine soit menée à bon terme. En effet d'étranges événements perturbent la tranquillité du lieu saint : le sceau de l'abbé et une relique du Saint Patron de l'abbaye ont disparu tandis qu'un scripteur anonyme se plaint du manque d'autorité du père abbé.

Lorsque GaleraVivianne-Moore.JPGn et Odon, sorte de missi-dominici religieux, arrivent sur place, les habitants du hameau dépècent une baleine harponnée par Ruriok le Danois et qui remontait le cours du fleuve. Seulement des pêcheurs sont morts à cause d'une maladresse du Danois. Un moine est retrouvé noyé dans les marécages et cet incident est mis sur le compte du Garou lou, ou Loup Vert.

De plus une algarade oppose le Danois à l'un des palefreniers de l'abbaye, Roderick. Tous deux sont épris d'Edel, une jeune villageoise qui joue avec les cœurs des hommes. L'invasion danoise date de quelques générations, pourtant le ressentiment existe toujours.

C'est dans cette ambiance de meurtre, de sacrilège, de sorcellerie, d'amour et de phénomènes naturels tels que la remontée du fleuve par les souffleurs (grandes baleines) et la marée d'équinoxe qui ravage tout sur son passage que Viviane Moore plante le décor dans lequel évoluent Galeran et son compagnon Odon. Un roman fort bien document‚ agrémenté de petits plus : une bibliographie, un lexique médiéval et quelques recettes de cuisine.

 

A lire également de Viviane Moore : Jaune sable et La couleur de l'Archange.

 

Viviane MOORE : Rouge Sombre. Collection Labyrinthe N° 17. Editions du Masque. Parution octobre 1997. 286 pages. 6,10€.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 08:49

Bon anniversaire à Lawrence Block né le 24 juin 1938.

 

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A la suite d'une bavure, une balle qui ricoche sur un mur et tue une petite fille, Matt Scudder a quitté la police et s'est reconverti en privé dilettante. Il accepte par-ci par-là de petites affaires qui lui permettent d'envoyer un mandat à sa femme et de payer ses boissons alcoolisées. Un jour La Toupie, un petit truand que Matt a connu de nombreuses années auparavant et qui doit son surnom à son habitude de faire tournoyer une pièce d'un dollar, lui remet une enveloppe cachetée. Matt ne doit l'ouvrir que si La Toupie ne lui donne pas régulièrement de ses nouvelles, ce qui se produit au bout de quelques semaines. Ce que Matt pensait s'avère exact : La Toupie exerçait un chantage envers quelques personnes. Un riche homme d'affaires dont la fille a tué un gamin lors d'un accident de voiture et qui n'a pas été inquiétée grâce à l'argent de papa. Une jeune femme qui avant son riche mariage avait tourné dans des films porno. Un politicien pédophile qui brigue la place de gouverneur. L'une de ces trois victimes est l'auteur du meurtre de la Toupie, et Matt, qui a donné sa parole au truand, prend cette enquête au sérieux, malgré les menaces qu'il reçoit.

 

block1.jpgCe deuxième roman de la série de Matt Scudder, qui date de 1976 et était resté inédit en France, peut être considéré comme le pilote d'une série qui ira en se bonifiant au fil des ans. Lawrence Block plante le personnage, le fait évoluer dans une enquête classique, banale presque. Pourtant l'on retrouve déjà ce qui rend Scudder attachant. Son humanisme et cette conscience qui le taraude pour un crime dont il n'est pas vraiment responsable. Les autres volumes de la série sont plus denses, plus fouillés, plus travaillés, mais Lawrence Block avec cet ouvrage pose la première pierre d'une saga riche et vivante, jamais décevante.

 

 A lire également de Lawrence Block :  Le Blues du libraire;  Les lettres mauves;  L'amour du métier; Le voleur qui aimait Mondrian; Le Blues des alcoolos.


Lawrence BLOCK : Tuons et créons, c'est l'heure. (Réédition de Coll. Seuil Policiers, Editions du Seuil). Editions Points N° 432. Parution octobre 1997. 208 pages. 6,10€.

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