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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 13:16

Bon anniversaire à Béatrice Nicodème,

née le 26 novembre 1951.

Béatrice NICODEME : La mort du Loup Blanc.

Hier, c’était lorsque les Blancs et les Bleus, les Républicains et les Chouans, se livraient à une guerre fratricide en Bretagne. Eléonore de Kerruis a trouvé refuge en pays de Rhuis, près de la presqu’île de Quiberon.

Elle a mis au monde son enfant, et vit avec Jos, l’ami fidèle de son mari défunt, sa femme et sa fille, les deux frères jumeaux de Jos, et Romaric. Elle espère échapper à la folie meurtrière qui secoue la province, mais elle ne peut se soustraire, ou s’échapper à son destin de semi aventurière. Pouponner, cela ne dure qu’un temps, mais elle possède dans le sang le goût du risque.

La rencontre avec le chevalier de Tinténiac, surnommé le Loup Blanc, et d’autres figures emblématiques de la Chouannerie, plus l’appréhension de briser un couple, celui qui l’héberge, va la conduire dans les landes, à la poursuite d’une folle entreprise, celle peut-être de détourner le cours de l’histoire vers d’autres traverses parsemées d’embûches.

 

Sur un fond historique que n’aurait pas renié Alexandre Dumas, Béatrice Nicodème nous convie à suivre le parcours mouvementé d’Eléonore de Kerruis dont nous avions fait la connaissance dans Les Loups de la Terreur, paru dans la même collection.

Un peu dans le même esprit que la fameuse Marquise des Anges, dont les aventures firent vibrer bien des familles dans les années cinquante et soixante, Eléonore de Kerruis afin de ne pas subir les évènements se précipitent au devant, tentant de préserver son enfant, son intégrité, sa vie aussi, confrontée aux troubles révolutionnaires et familiaux. Une héroïne attachante dans un contexte qui n’était pas favorable à l’épanouissement féminin.

 

Béatrice NICODEME : La mort du Loup Blanc. Coll. Labyrinthes N° 53. Editions du Masque. Parution mai 1999. 320 pages. 6,60€.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 15:09

Bon anniversaire à Michèle Lesbre née le 25 novembre 1939.

Michèle LESBRE : La belle inutile.

Lily B., journaliste pigiste, nourrit les chats de Bob, un ami qui se trouve dans le coma à l'hôpital. Cette tâche lui prend du temps, aussi elle décide de lâcher les félidés dans les Halles désertées par les pinardiers.

Un vieil homme s'occupe des greffiers qui hantent les bâtiments à l'abandon. Mais ces murs ne servent pas que de refuge aux matous en détresse. Des personnages inquiétants déambulent dans ces lieux promis à la démolition.

Lily B., entre une visite à Bob à l'hôpital et une balade dans les Halles de Bercy afin d'écrire un article, ressasse ses souvenirs, ses amours avec Billy Usa.

Un peu confus, un peu brouillon, ce premier roman ne manque pas toutefois de charme.

 

Michèle Lesbre possède un style c'est indéniable et de grandes qualités. Mais l'histoire souffre un peu de manque de cohérence. Comme si ce qu'elle nous propose était extrait d'un roman plus conséquent. Les personnages déboulent dans ce récit, mais il est parfois difficile de les situer, de les saisir. D'autres ne sont qu'évoqués.

En réalité ce roman catalogué noir est un prétexte pour découvrir l'un des lieux pittoresques de la Capitale. Les Halles de Bercy, plaque tournante du vin, moins connues que leurs grandes sœurs, les Halles qui étaient le Ventre de Paris et ont aujourd'hui disparu au profit d'un trou.

 

Chronique écrite en mai 1991 pour une émission radiophonique.

 

Michèle LESBRE : La belle inutile. Collection Fenêtre sur nuit. Editions du Rocher. Parution avril 1991. 120 pages.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:27

Hommage à Jean Meckert alias Jean Amila, né le 24 novembre 1910.

Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ?

Pour avoir tué ou gravement blessé deux malfrats à mains nues, Georges Guillot dit le Gorille de Ville-d'Avray, a passé cinq ans en prison. Depuis sept ans, il travaille chez Francis, un garagiste de Bercy, et s'est même marié avec Yvette, la fille de son patron. Une vie calme et paisible dont la sérénité est troublée par l'intrusion d'un quidam prénommé Francis, qui lui demande des explications concernant un hold-up exécuté des années auparavant par un de ses anciens compagnons de cellule, Daubrac.

Menacé, Geo se sert de ses poings et laisse Francis pour mort. Rentré chez lui, il répond à un coup de téléphone émanant d'une femme s'inquiétant de Francis et qui lui laisse son numéro, puis il avoue à sa femme et à son beau-père ses antécédents et les événements qui viennent de se dérouler.

Prié de partir il revient quelques heures après pour retrouver son patron amoché, des bons soins organisés par un homme portant rosette de Légion d'Honneur. Quant à sa femme elle a été enlevée par le fameux Francis. Yvette séquestrée dans un manoir normand au bord de la mer profite de l'absence de Francis pour visiter les lieux et découvre à la cave le cadavre mutilé d'une femme macérant dans un jus gélatineux.

Francis est retrouvé décédé des suites des coups portés par Geo et Yvette est surveillée par de nouveaux anges gardiens. Ils réceptionnent au manoir l'homme à la rosette qui est venu de la capitale par hélicoptère. Pendant ce temps Geo demande à Carabi, l'un de ses ex-compagnons, de l'aider. Celui-ci le branche sur Lentraille un officier de police. Grâce au numéro de téléphone noté par Geo, ils localisent une certaine Gisèle qui est de connivence avec les ravisseurs, des barbouzes à la recherche du magot de Daubrac.

Le commissaire Verdier demande à Lentraille de laisser tomber, ce qui est contraire à la déontologie du flic. Lentraille démissionne oralement. Geo, Carabi, Lentraille et Gisèle partent pour Lisieux avec la ferme intention de joindre la femme de Daubrac. Lentraille est obligé d'avaler une nouvelle pilule amère: un certain Milo connaît l'adresse de Daubrac seulement Milo est fiché pour avoir tué un flic. Le périple se prolonge jusque vers Bayeux, Geo et Carabi dans une voiture, Lentraille et Gisèle dans l'autre. Gisèle reconnait dans la nuit ce qu'elle appelle le tank, un véhicule spécialement équipé pour provoquer des accidents de la circulation.

Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ?

Dans ce roman où l'on retrouve en arrière plan le commissaire Verdier, qui une fois de plus plie devant l'intimidation de ses supérieurs, nous assistons à un épisode occulte de la vie des Services Secrets et à une façon originale de pallier une pénurie de fonds. Une trame policière pour impliquer ce qui devient une obsession dans le paysage littéraire de Jean Amila : les Services Secrets et le colonel Foderch.

Le rocambolesque effréné de Terminus Iéna n'est plus de mise et c'est le quotidien qui prend le pas. Une aventure plus terre à terre dans laquelle le simple quidam en marge de la loi pourrait un jour tomber sans devenir un super héros. Etre frustre, Geo est sauvé justement par une certaine naïveté puisqu'il se fie plus à sa force de frappe qu'à ses neurones. Mais qu'en serait-il dans la vie quotidienne ?

 

Citation: Stomato quoi ? - Disons dentiste, si vous l'avez mieux en bouche.

 

Curiosité. Alors qu'une partie de l'action se passe dans la Manche, il est curieux de trouver un personnage qui se prénomme Milo, diminutif d'Emile, mais n'a rien d'une Vénus.

Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ?

Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ? Série Noire N°1683. Editions Gallimard. Parution 27 juillet 1974. Réédition Carré Noir N°459 le 4 janvier 1983.-

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 10:48

Bon anniversaire à Hervé Jaouen né le 18 novembre 1946

Hervé JAOUEN : Que ma terre demeure.

Roman du souvenir et de la terre, tel est le propos de Hervé Jaouen dans ce roman, vibrant hommage à ceux qui trimèrent sur la lande bretonne. C’est également la dénonciation des dérives d’une agriculture intensive, de la production porcine à outrance, au détriment de la qualité de vie. C’est aussi la recherche d’un passé trouble.

Anna, enfant de la DASS a été élevée chez les sœurs a trouvé une place comme secrétaire de mairie. C’est là qu’elle a connu celui qui deviendra son mari. Pour pas longtemps. Le temps de lui faire un enfant. Trois années de mariage et le bonheur qui bascule à cause d’un accident de tracteur. Anna va tenir les rênes de la ferme, avec l’aide de son beau-père et malgré les convoitises de son voisin, gros éleveur porcin. Le modernisme pointe le bout de son nez et avec lui les dégradations de la nature.

 

Un combat que narre avec pudeur mais force et justesse Hervé Jaouen qui entremêle l’existence d’Anna, attachée à sa terre, à la recherche de son identité et les excès d’une agriculture moderne qui ne répond qu’au seul nom de profit, de production intensive.

Quelques pages épiques émaillent ce récit, constat d’une époque qui oscille aujourd’hui entre qualité et productivité, souvent deux entités incompatibles. Le roman de la terre, le roman d’une femme, un roman noir qui ne s’affiche pas comme tel mais qui révèle le combat houleux et quotidien de ceux qui sont et restent attachés à une nature non défigurée, non spoliée, non empoisonnée.

Un livre qui au delà du roman traditionnel fait réfléchir sur l’avenir, d’une façon moins fracassante, moins médiatique mais peut-être plus incisive que les actions d’éclats de José Bové.

Hervé JAOUEN : Que ma terre demeure. Collection Terre de France, éditions Presses de la Cité. Parution avril 2001. 348 pages. 18,30€.

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 09:37

Bon anniversaire à Michel Quint, né le 17 novembre 1949

Michel QUINT : Sanctus.

Ils étaient partis à travers les Flandres et l’Artois à la recherche d’un cœur gravé et d’un ancêtre à réhabiliter. « Ils », c’est Baudoin dit Bau, Clotilde, dite Clo, son épouse, et Ferdinand, dit Ferdi, l’ami d’enfance, toujours secrètement amoureux de Clo.

En visitant les églises, les trois amis allient l’utile à l’agréable, si l’on peut dire ; travail de recherche et travail personnel. Clo, par exemple, architecte, reproduit dans un petit carnet des motifs afin de s’en inspirer ultérieurement. Dans ce petit village où la mairie est greffée sur l’église, sur la place duquel se dresse le monument aux morts et où s’érige de l’autre côté le café Aux poilus, ils sont persuadés de toucher au but. Ils cherchent en vain le cœur gravé, découvrent un nouveau-né mort dans les fonts baptismaux, investissent la salle des archives de la mairie, théoriquement fermée au public.

Henri, le secrétaire garde-champêtre, les surprend en train d’éplucher les parchemins écrits par l’abbé Dottin en 1830, revus et corrigés par Broissart, l’instituteur dreyfusard et anticlérical. Odilon Lartisien, ancêtre de Bau, guillotiné en place d’Arras le 21 avril 1834 pour meurtre et vol a-t-il réellement perpétré ce dont on l’a accusé ?

Ferdi, qu’en fait les recherches n’intéressent guère, et Henri sympathisent, effectuant des stages de plus en plus prolongés au café des Poilus. Le genièvre versé abondamment, Henri s’épanche, expliquant qu’il cherche depuis la veille sa fille, Evelyne. Une fugue ? Pour quel motif ? Mais tout est mensonge ou plutôt tout est vérité déguisée. Faux et usage de faux, et lorsque le voile se lève, c’est pour en découvrir un autre tout aussi opaque. Chacun raconte sa vérité : l’abbé Dottin, l’instituteur Broissard, Henri le père, géniteur ou simplement nourricier d’Evelyne, et Bau et Clo et Ferdi. Ferdi découvre Evelyne cachée, réfugiée dans un grenier entre la mairie et l'église. Evelyne qui jongle avec les pères supposés du nouveau-né nouveau-mort. Sans oublier le ère de Bau et la mère de Clo, suicidés amants ou assassinés.

Tout est noyé dans un brouillard, fumées et vapeurs éthyliques. Une histoire qui commence à 8 h 30, un samedi 12 novembre et se termine le même jour à 19 h 05.

 

Quint écrit comme sous l’effet d’une transe hallucinatoire, il entoure ses descriptions, ses actions avortées, ses dialogues récitatifs d’un flou artistique. Le David Hamilton de la littérature, sauf que ses personnages sont nimbés d’une auréole noirâtre. Il s’éloigne, de plus en plus, du roman policier sans quitter le roman noir. Il se vautre dans l’écriture, alliant au rêve un hyperréalisme débridé. Ses phrases coulent de son stylo en torrents impétueux, et le lecteur a souvent du mal à saisir une pensée mal canalisée. L’histoire est noyée sous le déluge verbal, style amorcé dans Jadis, dans Bella ciao ou encore dans Billard à l’étage, Grand prix de Littérature policière en 1989, mais porté ici à son paroxysme.

Un roman qui, en fait, devrait être une pièce de théâtre, les unités de temps, de lieu et d’action étant respectées.

Michel QUINT : Sanctus. Bibliothèque de l’Insolite. Editions du Terrain vague. Parution 3 octobre 1990. 212 pages.

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 10:08

Bon anniversaire à Pierre Pelot, né le 13 novembre 1945

Pierre PELOT : Les caïmans sont des gens comme les autres.

En forçant un barrage d'agriculteurs la voiture du conseiller général Maxime Tarot-Fortin a été arrosée de purin. Il s'arrête dans un petit village. La station-service garage est fermée faute de clients. Seul le bar est ouvert.

L'unique consommateur, Martin, un obsédé des femmes, emmène le politicien chez son grand-père qui tient un hôtel. De construction style New-Orléans, l'établissement est désert, situé trop loin de l'autoroute et des touristes de passage. Après une nuit de stupre et d'alcool en compagnie de Joani, la mère de Martin qui attend depuis quinze ans le retour de son mari disparu, Tarot fait le tour de l'habitation.

Il visite la serre attenante à l'hôtel. Au milieu d'une végétation luxuriante et exotique, il trouve Caron, le propriétaire, donnant à manger à ses caïmans. Deux tueurs repèrent la voiture de Tarot à la station-essence. Ils tuent la serveuse puis son mari après que celui-ci ait fini de laver le véhicule. Puis ils se rendent à l'hôtel se faisant passer pour des clients. Caron sent que leur arrivée coïncide avec celle de Tarot qui lui a avoué qu'il était en cavale, d'autres détails corroborant cette intuition.

Leur intention dévoilée, les deux tueurs pourchassent la famille Caron et le conseiller jusque dans la serre. Ils sont pris en tenaille et, blessés, servent de pâture aux caïmans. C'est le moment des confidences. Martin, dont la libido s'est développée lors de contacts incestueux, a pris des photos de sa mère copulant avec Tarot. Un atavisme puisque son père fixait sur pellicule les ébats de Joani avec des clients de passage, dans le but d'exercer un chantage lucratif. Jusqu'au jour où le père de Martin a fini dans les entrailles des sauriens.

 

Inspiré d'une pièce de théâtre coécrite par Pierre Pelot et Christian Rauth, jouée à Paris en 1993, ce roman reflète tout l'univers noir de Pierre Pelot situé une fois de plus au cœur de sa région de prédilection, les Vosges.

Tout en dénonçant en filigrane les affaires de corruption politique, il met en scène des personnages à moitié déjantés, ersatz des protagonistes de "Noires racines" ou encore de "L'été en pente douce", entre autres. Ils sont tous atteints d'un brin de folie, qu'ils entretiennent consciemment ou non, de Janisette, la serveuse aguicheuse, aux tueurs, le négatif des Blues Brothers, en passant par les membres de la famille Caron, qui puisent dans leurs fantasmes la volonté de vivre, ou de survivre.

 

Pierre PELOT : Les caïmans sont des gens comme les autres. Denoël. Parution le 14 mars 1996. 224 pages. 15,00€.

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 07:45

Le 9 novembre 1989 tombait le mur de Berlin.

Pieke BIERMANN : Potsdamer Platz.

Béatrice Bitterlich, surnommée Titty-les-larmes, est retrouvée morte dans une promo-party. Ce genre de réunions dans lesquelles s'infiltrent aussi bien invités que parasites autour d'un buffet garni de petits fours, et qui doivent servir à propulser sur le marché du disque inconnus de talent ou non.

Titty-les-larmes, journaliste animatrice au talent discutable et qui officie dans l'émission PUZ, la plus branchée de Berlin Ouest, est un cas. Spécialiste du cinéma, ses critiques sont fonction de ses glandes lacrymales. lus elle pleure, meilleurs sont les films. Enfin, c'est son point de vue personnel !

Donc Titty-les-larmes est retrouvé morte. L'enquête est confiée à la brigade 1-3 dirigée par Karin Lietze, presque la cinquantaine, adepte des cigarillos, du schnapps, incapable de se servir d'une cafetière électrique, et qui n'accepte qu'avec réticence le tutoiement après l'amour des hommes qui ont partagé sa couche.

Elle dirige avec énergie un trio de subordonnés au comportement hétéroclite. Avant même d'être en possession des résultats du labo, Karin enquête dans l'univers trouble des groupes de rock, et plus particulièrement auprès de Wielack, l'instigateur de cette soirée macabre durant laquelle devait être promotionné Richard Röhm, au détriment du groupe BTM dont il avait la charge précédemment.

 

Au delà de l'enquête policière, Pieke Biermann nous entraîne dans un quartier de Berlin Ouest encore à l'ombre du mur. Entre une adepte agressive du féminisme, un groupe de rock composé de quatre sœurs adolescentes, un chanteur traînant derrière lui une réputation d'homosexuel vivant de ses charmes, et de prostituées en quête de manifestations et de réhabilitation, Karin Lietze se débat, partagée entre son enquête et un réalisateur de clips vidéo qui contre toute attente s'amourache d'elle.

Ce roman noir plonge avec figures libres dans la réalité et si la réception est académique, la boue n'en remonte pas moins à la surface. Et Pieke Biermann ne s'embarrasse pas de fioritures pour nous faire découvrir Berlin et Potsdamer Platz, ce no man's land sectionné par le mur. La blessure était aussi bien physique que morale. Mais la préoccupation de Pieke Biermann ne s'arrête pas à cette frontière de la honte. Elle met l'accent sur les revendications, légitimes, des femmes, sur les inégalités, sur les aspirations de défavorisés et sur la marginalité.

Un roman qui date de 1987 et s'inscrit comme un témoignage.

 

Pieke BIERMANN : Potsdamer Platz. Traduit de l'allemand par Michèle Valencia. Rivages Noir N° 131. Editions Rivages. Parution Mai 1992. 216 pages. 8,15€.

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 08:31

Bon anniversaire à Jean-Jacques Reboux, né le 29 octobre 1958.

Gabriel LECOUVREUR : Parkinson le glas.

On l’attendait depuis des années et enfin il paraît, comme l’enfant attendu dans un foyer : un volume du Poulpe signé Gabriel Lecouvreur himself (en français dans le texte) !

Gabriel qui commence en avoir marre des bastons, de la castagne, des retours de bâton, qui aspire enfin à quelques jours de vacances. La preuve, c’est qu’il se fait enlever par des malotrus alors qu’il dégustait un délicieux sandwich près de la pyramide du Louvre. Un incident qui ne passe pas inaperçu, un Japonais amoureux de sa femme et de son caméscope filmant ce kidnapping réalisé en plein jour.

Un séjour à Belle-Île avec Chéryl, accompagnée d’Odile, grande prêtresse de la télévision, catégorie reality show, c’est synonyme de farniente, de repos, de douceurs, de gastronomie locale, le tout arrosé de bière comme il se doit. Avec dans ses bagages un roman d’Hemingway. Sauf que quelques individus déplacés dans le paysage s’acharnent à lui pourrir la vie, que Vergeat des R.G., son ennemi intime, s’attache à ses basques, et qu’il va se découvrir père d’un adolescent à peine majeur. Antoine, c’est le prénom du rejeton.

Et voilà notre Poulpe embringué dans une vilaine histoire salée, embrumée, sur une île enchanteresse qui se transforme en endroit cauchemardesque. Heureusement Bruno Masure est là pour détendre l’atmosphère, avec ses jeux de mots, ses calembours, et ses relations télévisuelles.

L’intérêt d’un tel ouvrage, c’est théoriquement de démêler l’intrigue, de se laisser porter dans une nouvelle aventure d’un Robin des bois moderne. Oui, sauf que pour une fois, une autre intrigue s’attache au récit : qui a écrit sous le pseudo de Gabriel Lecouvreur. Un nom a été avancé : Thierry Jonquet. Cela a été démenti, officiellement ou officieusement. Alors reste à rechercher qui aurait pu écrire cette histoire fort bien menée. Des noms me viennent à l’esprit, tels que Tonino Benacquista, dont dans ses romans un héros s’appelle toujours Antoine, ou Tonio ; Bruno Masure lui-même, se mettant en scène avec cette dérision qui le caractérise ; Hervé Claude, lui aussi ancien journaliste à la télévision, ou pourquoi pas Jean-Hughes Oppel. Ou d’autres. Toutes les supputations sont acceptées. Quoiqu’il en soit, ce roman vaut d’être lu pour la façon dont l’intrigue, l’histoire est développée, et pas uniquement pour l’écrivain qui se cache derrière le pseudo de Gabriel Lecouvreur.

Ça, c'était ce que j'avais écrit dans la revue L'Annonce-bouquins 191 lors de la sortie du roman. Depuis, l'identité de l'auteur a été révélée : il s'agissait ni plus ni moins de Jean-Jacques Reboux, grand amateur de poules mais pas de poulets.

Si ce roman existe en version numérique, il serait bon de le rééditer en version papier. Mais, ça, c'est à l'éditeur d'y penser.

 

Gabriel LECOUVREUR : Parkinson le glas. Le Poulpe 234, éditions Baleine. Paru le 1er février 2002. 266 pages.

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 12:23

Bon anniversaire à Jean-Paul Demure, né le 23 octobre 1941.

Jean-Paul DEMURE : AIX ABRUPTO.

Caissière dans un supermarché de la région parisienne, Sandrine Pereire décroche un contrat de cantatrice pour le festival d'Aix en Provence où elle doit interpréter le personnage de Papagena dans la Flûte enchantée de Mozart. A Aix, c'est la grande effervescence pré-électorale des municipales. Jibé, instituteur et militant du groupe la Brosse à chiendent, colle des affiches contestataires un peu partout dans la cité en compagnie de Vincent. Les deux hommes sont pris à partie par de gros bras. Dans le coma, Vincent est emmené à l'hôpital.

Le conseiller Pigasse, brigue la place de premier adjoint, sachant que la tête de liste ne tiendra pas la route et que son chemin de premier édile de la cité est tracé. Il assure ses arrières avec l'aide de Mr Prosper, tenancier d'une boite de nuit en cheville avec des truands marseillais et un inspecteur de police, Durbé, qui sait fermer les yeux quand ses intérêts sont en jeu. Patrice, animateur dans une radio-locale, se fait un malin plaisir de dénoncer sur les ondes les magouilles, les travers commis par les édiles et les personnages influents de la cité. Il reçoit Jibé, lequel raconte la rixe les ayant opposés Vincent et lui aux nervis d'un candidat, décrivant même l'un de ses agresseurs, vite repéré comme le videur de la boîte de nuit de Mr Prosper. Maginus, un simplet, à l'incitation de sa mère, traine dans la ville et essaye de se faire un peu d'argent, déguisé en Papageno, jouant de la flûte. Il est photographié en compagnie de Sandrine à la terrasse d'un café.

Pigasse surprend Béatrice, sa maîtresse, dans les bras d'un gamin, ce qui l'atteint dans son orgueil de mâle. Il la révoque mais elle possède des photos compromettantes.

Maginus, attiré par des gémissements, découvre dans la cave du cabaret Le Salomé un moribond. Il prévient l'inspecteur Durbé, ignorant que celui-ci est de connivence avec le patron de l'établissement. Les illusions de Sandrine fondent comme neige au soleil. Elle n'a plus le rôle principal de Papagena et le directeur lui offre en compensation la doublure de la Preguntas, une cantatrice vieillissante hôte de Pigasse. Elle se confie à Patrice lequel lui raconte que le propriétaire de la radio est un avocat, ami du Baron, truand marseillais. Pigasse décide de ne pas céder au chantage de Béatrice et de son petit ami, Ahmed, et demande en vain à l'inspecteur Durbé de lui donner un coup de main puis se résigne à solliciter l'aide de Mr Prosper.

Le patron de la boîte de nuit confie le travail à l'un de ses hommes, Alex. Alex reconnait sur un journal Maginus et Sandrine. Le corps du truand a été évacué de la cave mais il faut se débarrasser du musicien des rues. Alex et deux gros bras s'occupent d'abord d'Ahmed. Béatrice, à l'avenir assuré en Amérique du Sud, assiste au tabassage de son amant et donne les négatifs que Mr Prosper garde par devers lui. La mère et la sœur d'Ahmed signalent la disparition de l'adolescent mais Durbé n'en a cure.

 

Les nombreux personnages qui s'entrecroisent, l'action sans cesse renouvelée, les scènes grandioses telles celle de l'Opéra, font de ce roman un succédané de feuilleton. Jean Paul Demure se déchaine et laisse éclater son talent tout en dénonçant le laxisme de certains policiers et le racisme dont ils font preuve.

On notera la présence de deux noms connu des amateurs de littérature policière : Pigasse, qui fut le créateur de la maison d'édition La Librairie des Champs Elysées, et de la collection Le Masque, ainsi qu'un certain Jibé, qui fait référence à Jean-Bernard Pouy, romancier qui a également mis le pied à l'étrier de nombreux écrivains, leur permettant d'être publiés.

Ce roman a fait l'objet d'une réédition dans la collection Folio 12 mai 1995

 

Jean-Paul DEMURE : AIX ABRUPTO. Série Noire N° 2082. Editions Gallimard. Janvier 1987. 288 pages.

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 15:09

Préparez vos mouchoirs...

Louis C. THOMAS. Une fille pleurait...

Antoine Rethel est inspecteur principal de police à Paris. Père tranquille au travail, dans la vie, il a élevé pratiquement seul sa fille Christelle, bientôt dix-huit ans. Parfois entre le père et la fille, existent des accrochages, des discussions, des disputes, des portes qui claquent. Quoi de plus normal ! L'adolescente éprise de liberté supporte mal, non pas son père, mais le métier qu'il exerce et la répression qu'il symbolise.

N'empêche qu'Antoine, à cause de son bon cœur, est dans la panade et Christelle peut-être en danger.

Alors qu'il allait prendre son service de nuit, Antoine remarque une jeune fille en pleurs. Elle traverse la rue au milieu du flot de voitures et il a le réflexe de la tirer en arrière, de la ramener promptement sur le trottoir au moment où elle allait se faire écraser. Il lui paie un cognac dans un café et accepte de la raccompagner chez elle dans son studio. Mais l'attention que lui prêtait la jeune fille n'était pas dénuée d'intérêt.

Un moment d'inattention de la part d'Antoine et la jeune fille se suicide avec le revolver de service de notre brave inspecteur. Bon père de famille, courageux mais pas téméraire, Antoine s'affole. Au lieu d'appeler ses collègues, il s'enfuit. Le lendemain il retourne au studio. Sa conscience le travaille. Et là, au lieu de sa belle inconnue, il découvre le cadavre d'une autre jeune fille, étranglée et noyée dans sa baignoire. Le voilà chargé d'une enquête à son corps défendant.

Comme si les ennuis extérieurs ne lui suffisaient pas, une voix anonyme et féminine le relance sur son répondeur téléphonique. Christelle sa fille n'apprécie guère. Elle se met en colère et découche. Antoine est bien malheureux. Sa fille est jalouse et lui ne sait comment résoudre ses ennuis. Et cela ne fait que commencer.

 

Louis C. Thomas nous entraîne dans une histoire simple et complexe à la fois. A la fois roman d'énigme, de suspense, et roman noir, Une fille pleurait... dépasse le cadre de l'enquête, accentuant principalement le domaine de la psychologie sur les rapports père/fille alors que la mère a déserté le foyer conjugal depuis plus de dix ans.

Des rapports mâtinés de gaîté, de joie, de quiétude, d'inquiétude, de jalousie, de honte, de colère, de raccommodages. Chaque intrusion dans cette mini cellule familiale détruit l'harmonie de ce faux couple, pourtant, chacun sait qu'un jour ou l'autre l'un des deux fera ou refera sa vie.

Mais Louis C. Thomas développe également un jeu d'énigme. Subtilement il place ses pions, teste la sagacité de son lecteur qui tombe rapidement dans le piège. Ce roman fait partie des nombreuses réussites d'un auteur discret qui ne déçoit jamais.

Louis C. Thomas est décédé à Hyères, sa ville de naissance, le 10 mai 2003. Il était devenu romancier suite à un problème de cécité en 1947. Parallèlement à son métier d'écrivain, il a été également l'auteur de nombreux scénarii pour la radio, Les Maîtres du Mystère, et la télévision pour quelques épisodes de la série Les cinq dernières minutes.

Claude Le Nocher lui a également rendu hommage dans un article recensant quatre de ses romans et publié sur Action Suspense.

 

Louis C. THOMAS. Une fille pleurait... Collection Sueurs Froides, Editions Denoël. Parution 12 avril 1991. 190 pages.

 

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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