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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 12:23

Bon anniversaire à Noël Simsolo né le 31 août 1944.

 

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Des décès par overdose se succèdent à Lille: tout d'abord un jeune toxicomane sans domicile fixe, puis Séverine, une adolescente qui tapinait occasionnellement afin de se procurer sa dose. Le médecin légiste décèle du ciment dans la substance.

Kawiecwik, dit Kavec, grand-reporter de retour de l'étranger, n'a plus envie de bourlinguer. D'autant que Pénaboux, un fasciste, a pris les rênes du canard entre temps. A l'instigation de Michel Maure, son ami et rédacteur en chef du journal et Pénaboux, il se rend à Lille.

L'inspecteur Schneider enquête sur ces meurtres, auxquels il faut bientôt ajouter une troisième victime, Yasmin, prostituée elle aussi. Les pistes convergent vers Corto, un dealer qui passe la drogue de Belgique en France. Corto qui aimait Séverine se suicide. Décidée à se venger, la mère de Séverine tue Valzin, un vieux truand sur la brèche, que Schneider avait l'intention d'interroger. Schneider et son adjoint Croquet demandent à Joachim, un écrivain de romans policiers fouineur, de les aider dans leurs investigations.

Kavec rencontre Frédéric, le directeur d'une société qui appartient à Pénaboux, puis David Boulieu, un ex-gauchiste comme lui maintenant affilié au PS. Il sent qu'on veut le manipuler ou qu'il dérange. La drogue trafiquée provoque une nouvelle victime : un chef d'orchestre dont l'intendant s'était ravitaillé en ville. La police organise une immense rafle à la chasse de clochards, dealers, junkies et prostituées, parmi lesquelles Marie qui servait d'intermédiaire entre Corto et ses revendeurs.

Reprenant les thèmes de la ville pourrie, et du tueur fou, Canino, un alias qui a du chien, nous délivre un roman qui prête plus à sourire qu'à pleurer. Une accumulation de mélos dans un roman démagogique qui se veut noir, dénonciateur, moralisateur. Kavec, au passé d'extrême gauche, entretient envers les forces de l'ordre une inimitié profonde, mais caractériel, il se montre encore plus violent que les policiers dont il abhorre pourtant les méthodes.

Le personnage de Joachim, écrivain, collectionneur de vieux livres, cinéphile, portant une écharpe blanche, buvant du Jack Daniels, pourrait être une extrapolation de l'auteur.

W. A. Polar, dans le numéro 8 de la revue Polar, avance l'identité de Jean Edern Hallier, avec l'humour qui lui est particulier. Or cette description me rappelle étrangement un auteur de romans noirs et cinéphile: Noël Simsolo, qui, fait étrange, a été chargé de mission à la culture pour une manifestation à Lille. La chasse au pseudonyme n’est plus lancée, car il s’agit bien de Noël Simsolo qui empruntera ce pseudonyme pour deux romans.


CANINO: Mort blanche. Crime-Fleuve Noir n°33. Fleuve Noir. Octobre 1992. 224 pages.

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 12:24

Dans un gant de fer...


Hommage à Frédéric H. Fajardie né le 28 août 1947.

 

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A peine rétabli dans ses fonctions de commissaire divisionnaire à la brigade criminelle, Padovani, après un séjour dans un placard pour incartades, est confronté à une série de meurtres.

Un jeune homme est retrouvé aplati comme une galette sous un bulldozer; un juge d'instruction et sa femme sont défenestrés; un collègue envers lequel il ne ressent aucune estime est abattu de trois balles dans la tête; un couple non légitime de présentateurs vedettes de la télévision s'envoient en l'air dans une chambre meublée grâce, ou à cause, d'une charge de dynamite; un fleuriste, intrigué par la présence sur les lieux du drame d'un homme ganté de velours noir, est crucifié à un arbre.

De plus Padovani est confronté à un autre problème : des individus se réclamant de la Géorgie libre et socialiste ont braqué une banque à l'aide d'un bulldozer. Le conducteur de l'engin se pend dans sa cellule. Padovani rameute ses troupes, les fidèles Hautes Etudes et Primerose, et embauche deux autres policiers. Leur passé ne plaide guère en leur faveur mais Padovani, anarchiste dans l'âme aime côtoyer ce genre de collègues indisciplinés et au cœur gros comme la main.

Tous les défunpatte-velours2.jpgts avaient un rapport plus ou moins direct avec un ministre en activité qui a su louvoyer au cours des différents changements de majorité. Une aubaine pour Padovani qui exècre les politicards. Il focalise son enquête sur les proches de l'homme d'état.

 

Après une semi retraite littéraire, Padovani nous revient toujours aussi hargneux, aussi anti conformiste qu'au cours de ses précédentes aventures. Et Frédéric Fajardie assène toujours ses coups de gueule par personnage transposé, en véritable écorché vif. Derrière le mur de cynisme érigé par Fajardie, fleurissent deux coquelicots fragiles: humour et sentimentalisme. Il nous propose des scènes dignes des meilleurs surréalistes, telle cette connivence qui s'établit dans le métro entre les voyageurs et un faux Roumain, véritable mendiant professionnel.


Frédéric H. FAJARDIE : Patte de velours. Editions de La Table de Ronde. 293 pages. Aout 1994. Réédition Collection La Petite Vermillon. Septembre 2003.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 12:14

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Cela fait la une des journaux, des magazines, cela se transmet de bouche à oreilles, mais quoi donc? Le retour d'Antoine de Caunes au Grand Journal de Canal+ est annoncé partout ! Alors, pourquoi ne pas évoquer l'une des activités, à laquelle il aura sacrifié le temps de quelques romans, celle de romancier.

Parodie du roman policier américain, on retrouve dans ce C'est Beau mais c'est triste qui met en scène le personnage de Sam Murchison, lequel évoluait déjà dans C'est beau mais c'est chaud (même éditeur, en 1990. On sent comme une influence de San Antonio et le style narratif est plaisant même si cela ne confine pas au chef d'œuvre. Cela se lit comme une récréation, histoire de se changer les idées et de prendre du bon temps.

Sam Murchison, détective privé à New-York, sorte de Mike Hammer antifasciste (non, c'est une mauvaise image), plutôt de Philip Marlowe sentimental, découvre son ami Joe dans un bien triste état. Mort, pendu comme une vulgaire carcasse de viande chez le boucher, pieds et mains coupés. Dans la consigne de Grand Central Station qui servait de coffre-fort à Joe, Sam trouve, outre les affaires habituelles, un billet d'avion aller-retour New-York/Paris, un carnet d'adresse, et une bouteille de vin datant de 1942 à l'étiquette un peu spéciale, rédigé moitié en français moiti‚ en allemand.

A Paris Sam retrouve son copain Antoine de Caunes lui-même, présentateur vedette et bouffon d'une émission télévisée culinaire, sorte de Jean-Pierre Coffe.

Coups tordus, échanges de pruneaux indigestes, jolies filles pas farouches, réparties caustiques, tout les poncifs sont accumulés et pourtant ça se lit avec jubilation. D'autant qu'Antoine de Caunes n'est pas toujours très tendre avec les personnages réels évoqués dans ce roman narré par Sam, lui-même étant une sorte de faire-valoir.


Antoine de CAUNES : C'est beau mais c'est triste. Editions Fleuve Noir. Octobre 1998. 276 pages.

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 15:29

Lorsque Michel Lebrun s’appelait encore Michel Lenoir…

 

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Alors qu’une série de hold-up est enregistrée à Miami, Patrick Carter, rédacteur en chef du Miami Post nage dans l’euphorie. Sa femme Ellen vient de lui apprendre qu’il va bientôt être père. Mais ce moment de bonheur familial est de courte durée.

Avant de se rendre au journal, il doit passer à la banque afin de retirer de l’argent. Sa femme qui a une pellicule photo à faire développer lui demande de l’emmener, la boutique étant située juste devant l’établissement bancaire. Tandis que Carter attend son tour, des bandits s’introduisent et obligent le caissier à lui remettre l’argent placé dans le coffre, les clients étant sous la menace d’armes à feu. Les bandits ressortent et Carter aperçoit alors une femme qui s’élance vers les voleurs, et l’un des hommes l’abat. Ellen meurt dans ses bras. Le capitaine Matheson et son adjoint Polito sont chargés de l’enquête.

De retour chez lui, Carter est effondré. Sa femme est décédée et il erre comme une âme en peine dans l’appartement, se réconfortant au whisky. Il repense d’un seul coup à l’appareil photo de sa femme et il comprend que si celle-ci s’est accrochée au bras d’un des malfrats, c’était pour le prendre en photo. Il développe la pellicule et effectivement un cliché a été pris. La tête du tueur apparait nettement. Il veut informer immédiatement le capitaine Matheson, mais à chaque fois il n’a que le lieutenant Polito comme correspondant. Il lui remet le cliché mais lorsqu’il rentre chez lui, il se rend immédiatement compte que l’appartement a été fouillé. Naturellement le négatif a disparu. Fini les cures de whisky ou presque.

Afin de retrouver un semblant de forme physique Carter s’introduit dans un établissement de bain et s’installe dans la salle de sauna. La vapeur d’eau l’empêche de voir mais pas d’entendre. Quelqu’un s’est introduit et essaie de lui ôter définitivement le goût de l’alcool. C’est trop pour un seul homme.

Carter additionnant un et un, ce qui n’est guère difficile, ne peut que soupçonner trois personnes qui connaissaient l’existence de cette preuve. Virginia, responsable des archives photographiques du journal et les deux policiers. Seuls les policiers étaient à même de le faire suivre, et il a confirmation de ses déductions lorsqu’il accuse Polito d’être au cœur des vols et de protéger les coupables. Polito avoue et propose de l’argent à Carter qui feint d’accepter. Sa banque reçoit un chèque émanant d’un certain J.J. Smith, résidant à New-York. Le prix de son silence. Polito le convoque lui apprenant qu’il a arrêté l’un des bandits. Ce n’est qu’un malheureux adolescent qu’il a tabassé et il veut que Carter signe une déposition sur laquelle il reconnait l’agresseur de sa femme. Carter refuse et tue Polito puis il s’enfuit en compagnie du prisonnier. Il est décidé de se rendre à New-York à la recherche de ce J.J. Smith, nom banal s’il en est et de retrouver les meurtriers de sa femme.

 

Le lecteur qui n’a pas connu les années cinquante pourra se dire avec juste raison que de notre époque les événements ne se seraient certainement pas déroulés ainsi. Les progrès enregistrés avec l’apparition du téléphone portable, qui sert également d’appareil photo et de vidéo, les distributeurs de billets, par exemple, changent la donne. C’est donc un roman ancré dans son époque, une époque que pour la plupart nous avons connue et qui ne déboussolera pas trop les lecteurs, sauf peut-être les jeunes qui liront cette histoire avec amusement. Une intrigue machiavélique à souhait qui pourrait se terminer sur un feu d’artifice.

Michel Lebrun prônait des phrases courtes : un sujet, un verbe et un complément d’objet direct, c’est tout. Et c’est bien ainsi qu’il écrivit la plupart du temps, ce qui ne l’empêchait d’user de phrases un peu plus longues parfois. L’efficacité avant tout, et le lecteur était accroché.

On sent l’influence dans cette histoire des auteurs américains et le lecteur pourrait croire, si ce n’était que Michel Lebrun ne trichait pas avec celui-ci en ne prenant pas un pseudo américain, le lecteur donc pourrait croire lire un roman de Bruno Fisher, Day Keene, Ed Lacy et autres petits maîtres de la littérature Outre-Atlantique des années 30 à 60.

L’on sent déjà poindre dans ces premiers romans, aussi bien sous le nom de Michel Lenoir que celui de Michel Lecler pour des ouvrages d’espionnage, tout le potentiel imaginatif et narratif dont Michel Lebrun usa avec réussite pour ses œuvres ultérieures.


Michel LENOIR : Visages à vendre. Collection Trafic N°12. Editions de la Corne d’or. Mars 1955. 192 pages.

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 07:42

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Sommé par son éditeur de lui fournir un manuscrit dans les plus brefs délais, Raymond Marilay, planche en vain devant sa page blanche. En face de son appartement parisien, dans une chambre d'hôtel, une jeune femme rousse et exhibitionniste joue au jeu dangereux du strip-tease derrière sa fenêtre. Ça y est! Marilay tient son idée, son début de roman. Il écrit dans la fièvre son premier chapitre et peut se coucher l'âme en paix.

Qu'elle n'est pas sa surprise le lendemain matin d'apprendre que la réalité a rejoint la fiction: la nuit même, la rousse provocante a été assassinée. Intrigué et curieux, désireux de poursuivre son roman, il s'installe pour quelques jours dans l'hôtel où vient d'avoir lieu le drame. Comme s'il traînait la Camarde à ses basques, un second meurtre est perpétré sur la personne d'une jeune fille, étudiante effacée, tout le contraire de la première victime.

Ce qui au départ n'était qu'un jeu, histoire de côtoyer le fait divers de près, devient un drame et un mystère. L'inspecteur Gerlier, assisté de Duvigneux, apprend le séjour de Marilay à l'hôtel. Ils estiment plutôt louche son comportement. En lisant le manuscrit en cours de l'écrivain, ils s'étonnent du luxe de détails; il parle de prémonitions, de trucs d'écrivain. Après une longue garde à vue qui n'apporte rien de plus aux policiers, Marilay est relâché. Il découvre chez lui le cadavre de sa tante Germaine, étranglée, et prévient immédiatement Gerlier qui note toutefois un trou dans l'emploi du temps du romancier. La tante Germaine était l'unique parente de Marilay, fortunée, tandis que lui se débat dans la zone rouge à sa banque.

La première victime s'appelait Rose Marie et venait de Senlis. Marilay en se rendant à Chantilly a un accident de voiture. Pour le garagiste et les policiers, aucun doute il s'agit d'une tentative d'assassinat. Marilay est à l'hôpital, le bras dans le plâtre. Les policiers de Senlis ont découvert le meurtrier de Rose-Marie. Tout simplement un amant délaissé et jaloux de la jeune femme qui changeait de partenaires comme de slips. Le premier meurtre résolu par ses collègues, reste les deux autres à élucider.

Après avoir fait les beaux jours de la collection Spécial Police du Fleuve Noir, Roger Vilard revient avec un roman fort bien construit, entretenant le suspense malgré le doute infiltré dans l'esprit du lecteur sagace, et s'amuse dans cette œuvre qui pour divertissante n'en montre pas moins les affres de l'écrivain devant la page blanche et son avenir littéraire et matériel. Une situation qui n’est pas surement imaginaire, puisque ce roman sera le dernier de Roger Vilard publié au Fleuve Noir, et ce après une longue période d’inactivité éditoriale, mais traitée avec un humour débonnaire.


Roger VILARD : Abattez vos dames. Fleuve Noir, Crime-Fleuve Noir n°24. Avril 1992. 224 pages.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 12:47

 

défi

 

Sherlock Holmes et le docteur Watson sont quelque peu en froid. Que voulez-vous, le biographe du célèbre détective va convoler en justes noces dans quelques semaines avec Mary Morstan !

Cependant cela n’empêche pas les deux hommes de se rencontrer pour une nouvelle affaire qui va mettre en émoi les habitants de Londres, déjà traumatisés par les exploits de Jack l’Eventreur.

Un personnage, qui signe ses messages Le Cancrelat, ose défier le grand homme, ce qui a don d’irriter et d’intriguer tout à la fois celui-ci. Fidèle compagnon, Watson va le suivre dans ses pérégrinations, tandis que Mary est en province et que leur appartement en cours d’aménagement. La série commence par le meurtre d’une femme de la haute société, madame de Chalin, et contrairement à ce que déclare Holmes, l’enquête ne va pas être facile à mener. Il faudra d’autres meurtres, dont ceux perpétrés sur une couturière et la sœur d’un égyptologue de renom pour que le détective dilettante découvre le coupable. Mais entre temps que de sueurs froides pour les deux amis, surtout pour Watson qui s’inquiètera pour la vie de sa fiancée.

 

Avec ce quatrième roman, le cinquième si l’on compte celui écrit pour les enfants, paru aux éditions Syros et qui mettait en scène Wiggins le chef des Irréguliers de Baker Street et enquêteur occasionnel de Sherlock Holmes, Béatrice Nicodème nous dévoile une nouvelle facette de son talent qui va progressant.

Signe des grands romanciers, Béatrice Nicodème nous plonge à chaque fois dans une atmosphère et une intrigue différentes. De l’enquête classique style marabout-de-ficelle de L’inconnu de la terrasse, son premier roman, à l’angoisse latente de Terreur Blanche, le suivant, puis les références littéraires, la tarotologie et autres joyeusetés qui émaillent Meurtres par écrits, paru dans la même collection, jusqu’à ce Défi pour Sherlock Holmes qui restitue l’ambiance de la fin du XIXe siècle à Londres et respecte le Canon holmésien, Béatrice Nicodème jour sur tous les registres, avec bonheur. L’humour y est présent, mais discrètement, subtilement. Il ne reste plus à Béatrice Nicodème qu’à nous confirmer cette réussite et j’espère que nous le retrouverons avec un nouveau roman tout aussi bien écrit et construit.

Cette chronique radiophonique a été écrite en mai 1993, et depuis Béatrice Nicodème a fait son chemin, proposant des romans historiques dont Les Loups de la Terreur dans la collection Labyrinthes au Masque et quelques enquêtes de Wiggins chez Syros. A noter que ce roman a été réédité dans une collection pour enfants chez Hachette en 2012. Le recyclage, cela a du bon, et c’est écologique.


Béatrice NICODEME : Défi à Sherlock Holmes. Crime Fleuve Noir N°40. Editions Fleuve Noir. Avril 1993. 224 pages.

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 12:30

Hommage à Joseph Bialot, né le 10 août 1923.

 

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Valentin Welsh est dans la panade : alors qu’il avait réussi à maîtriser un braqueur de banque, que l’homme était désarmé et menotté, il l’abat bêtement dans un réflexe stupide. Retour de bâton, un inconnu désire venger la mort du truand en faisant planer sur la tête du policier des menaces accompagnées de petites sauteries.

Il place des bombes dans des établissements bancaires et joue au chat et à la souris avec le représentant des forces de l’ordre. Il lui envoie des lettres de menace sous forme de charades que Welsh doit décrypter sous peine d’y laisser sa peau et celle de pauvres innocents. Le policier se résout à faire appel à son ancien supérieur, l’ex chef de la brigade, Loup, surnommé ainsi à cause d’un incident/incendie qui lui a ravagé le visage.

Et comme si tout était un jeu, la résolution de l’énigme c’est-à-dire la découverte de celui qui s’amuse à tirer les ficelles et à agiter la bombe qui plane sur la tête de Welsh, sera délivrée grâce à la solution de mots croisés. Comme quoi être intellectuel parfois a du bon.

Joseph Bialot met la barre assez haut, et il la franchit allègrement, en écrivant ce roman qui flirte amoureusement et jubilation avec la contrainte et l’exercice de style. Si l’histoire est contée admirablement, la charade et sa décomposition tiennent en haleine le lecteur, tout comme au bon vieux temps les auteurs de romans d’énigmes en chambre close tentaient de se surpasser en imaginant, en inventant, d’improbables problèmes.

Rarement Joseph Bialot a déçu son lecteur avec ses précédents romans mais il faut avouer qu’ici il atteint quasiment la perfection par la rigueur du style, de l’énigme, de la trame, de la recherche et du renouvellement, le tout enrobé d’un humour parfois cynique, de coups de griffe savamment ajustés, sans tomber dans le bassement démagogique.


A lire égalment de Joseph Bialot : La main courante et Votre fumée montera vers le ciel


Joseph BIALOT : Ô mort, vieux capitaine… Editions Point Seuil N° 707. Janvier 2000. 302 pages.

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 07:57

 

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Dans un café londonien, un homme assis, quelque peu embrumé par les whiskies absorbés, semble en proie à un profond chagrin. Un consommateur l’aborde. S’engage alors une conversation dont le prétexte est de remonter un moral défaillant.

Le questionneur apprend bientôt l’identité de son interlocuteur. Il s’agit d’un ingénieur français, Jean Laneuville, qui revient d’un déplacement aux Etats-Unis. Il ne peut rentrer à Paris car la capitale est occupée par les Allemands. Il s’inquiète du sort de sa jeune femme. Son compagnon lui propose alors de rencontrer quelqu’un qui devrait pouvoir l’aider à passer sur le continent et éventuellement retrouver son épouse. Le lendemain Laneuville a rendez-vous avec un certain Halvil, lequel est déjà au courant des problèmes de l’ingénieur puisqu’il est à l’origine de ses ennuis. Un de ses agents a sur son ordre abordé Laneuville après avoir enlevé sa femme par des hommes déguisés en soldats allemands.

Seulement la kidnappée croyant être entre les mains de véritables belligérants s’est suicidée. Drame que Halvil n’avait pas prévu mais qu’il ne peut révéler. Laneuville passe le Chanel et se réfugie chez une cousine sourde et paralytique près de Royan, accompagné d’un agent d’Halvil, Carruthers. Tandis que Laneuville se promène dans un bois proche, Carruthers se grime et l’ingénieur est berné jusqu’au moment où la supercherie est dévoilée. L’Anglais incite son compagnon à se rendre à Paris chez un certain Garanger. Le rendez-vous est repoussé, Laneuville ayant reçu un message d’un vieil ami, François Gaudaine.

Alors que Gaudaine veut expliquer à Laneuville qu’il est l’objet d’un traquenard, un inconnu lui tire dessus. Gaudaine est grièvement blessé et Laneuville alerte un voisin afin de chercher des secours. Peu après un toubib et une infirmière se présentent. Le toubib après avoir fait une piqûre annonce que le moribond vient de trépasser.

Incident pour le moins étrange d’autant qu’un autre homme arrive alors que le couple vient de partir. Il se réclame lui aussi du corps médical et ne peut que constater le décès. Laneuville se heurte dans la rue à Garnger qui le dissuade de prévenir la police. Il annonce qu’il connaît l’endroit où est détenue la femme de l’ingénieur. Le soir même Laneuville participe à une expédition en compagnie d’un homme à face de brute et d’une jeune femme en qui il croit reconnaître l’infirmière. Tandis qu’il explore en vain la villa, ses deux compagnons tuent de sang froid les occupants des lieux et font main basse sur le coffre-fort. Des initiatives et un mensonge qui le déçoivent profondément.

De retour chez lui une lettre à l’en-tête d’une clinique l’attend. Il est fort surpris de retrouver son ami Gaudaine sur un lit d’hôpital mais bien vivant. François lui révèle alors une partie des tenants et aboutissants des évènements que vient d vivre l’ingénieur. D’abord, quoi qu’ait déclaré Halvil, Lucienne s’est suicidée. Ensuite les instigateurs de cette mascarade de séquestration qui s’est mal terminée dépendent de l’Intelligence Service, dont Halvil est l’un des responsables dépendant directement du 10 Downing Street. Une machination qui devait inciter Laneuville, qui possède des relations dans le monde du pétrole, à servir leurs projets de domination mondiale. Enfin la seringue ne contenait pas de poison comme supposé mais un simple anesthésique. Mais Laneuville n’est pas au bout de ses peines.


Un roman bizarre auquel la couverture pourrait laisser supposer une interférence fantastique. L’action de cette histoire se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, peut-être au début des hostilités, mais à part deux ou trois paragraphes furtifs où les Allemands font de la figuration “ intelligente ”, la belligérance n’est pas évoquée. La bête noire dénoncée est en réalité la nation anglaise. Une diatribe particulièrement virulente est proférée à l’encontre des agents de l’Intelligence Service tandis que la soldatesque teutonne, malgré Paris envahi, est absoute. Tout est axé sur des méfaits, des forfaits réels ou supposés, des meurtres perpétrés par les services secrets britanniques mettant en cause l’ordre établi. Et ce sont les services secrets britanniques qui sont montrés du doigt comme les ennemis de la patrie. Un parti pris qui peut laisser dubitatif le lecteur d’aujourd’hui plus habitué à des faits de guerre ayant pour cadre la Résistance. Etait-ce afin de ne pas froisser la susceptibilité des occupants, une sorte de vengeance envers les Britanniques qui avaient à leur actif quelques bavures dans les années 40, Dunkerque par exemple, on peut se poser des questions sur cette vindicte proférée envers les Services Secrets d’une nation alliée.

En fait H.J. Magog, de son vrai nom Henri-Georges Jeanne (né le 29/05/1877 à Laon, décédé en 1947) et qui a signé entre autres Jean de la Tardoire et Jean Noal, fit partie de cette cohorte d’écrivains ayant fait allégeance aux occupants et à leurs idées fascistes.


Extraits pages 38,39 et 40 :


“ A quoi servent les victimes de tant de menées souterraines, de tant de crimes impunis et souvent ignorés ? Dans quel but agit une gigantesque pieuvre dont les tentacules s’étendent sur toute la terre… ”


“ Une association de malfaiteurs ? Tu viens de trouver le mot exact. Mais elle a un nom, qui fait trembler les infortunés pris dans ses filets ou menacés par elle, et indigne les autres, les honnêtes gens, ses victimes passées, présentes ou futures. Elle se nomme l’Intelligence Service, orgueil des trafiquants de la City, fondée par leurs ancêtres. ”


“ Voilà les méthodes employées par les maîtres de Downing Street ! Retiens ce nom et cette adresse : c’est là, au n° 10, que siège le cerveau criminel de l’Angleterre. C’est là que s’accumulent les milliards qui servent à acheter les consciences et à payer les assassins pour le plus grand profit d’Albion et de son ambitieux dessein de s’assurer la domination du monde ! 

 

 

H.J. MAGOG et Alain JEFF : L’étreinte de la pieuvre.

Collection Plume et corde N°1, Editions Littéraires et Artistiques. Paris. 1942. Illustration Claudel.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 07:45

La fin d'une époque !

 

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Ce roman de Michel Quint marque la fin d’une époque : celle de la collection Spécial Police du Fleuve Noir après près de quarante ans de bons et loyaux services.

Pourtant, d’après les renseignements que j’avais pu obtenir auprès de la maison d’édition à l’époque, il ne s’agissait que d’une simple mise en sommeil de cette collection qui avait furtivement changé de nom, devenant Polices tout simplement depuis quelques mois. La collection repartira de plus belle m’avait-on signifié, mais avec des manuscrits sélectionnés avec plus de rigueur que lors des dernières années.

Pour en revenir à Michel Quint, et à son roman, que dire… Que si tous les manuscrits qui avaient été édités les derniers mois précédents la fin de cette collection avaient été du même tonneau, nul doute que Spécial Police devenue Polices aurait eu encore de beaux jours. Que plus qu’un roman policier, c’est un roman littéraire dans lequel l’auteur joue.

Il jour avec les mots, il poétise, il se fait plaisir dans l’écriture espérant, et réussissant, amener du plaisir au lecteur.

Michel Quint ne se contente pas d’aligner les mots les uns à la suite des autres. Il les choisit comme un diamantaire distingue ses plus belles pierres et les enfile une à une, construisant ses phrases en douceur, les ciselant. Et d’un seul coup le lecteur s’aperçoit qu’il est en train de commettre une hérésie : il se laisse bercer par les mots, l’histoire étant reléguée au second plan, alors que dans tout roman d’aventures c’est justement l’histoire qui prime. Alors, tant pis, on pardonne à Michel Quint de nous avoir démontré qu’un romancier de fiction policière sait aussi écrire, et qu’il manie avec aisance la langue française.

Ray, qui anime quotidiennement un jeu radiophonique, découvre sa femme Bella assassinée, sauvagement mutilée. Qui est le criminel ? Une bande de terroristes, comme l’aimerai le faire croire une lettre envoyée aux journaux, thèse retenue par le commissaire Favreau ? Ne serait-ce pas plutôt un ex-candidat auquel l’animateur du jeu radiophonique aurait manqué ? Un secret a-t-il été dévoilé inconsciemment ? Mais pourquoi s’en prendre à Bella, qui vivait recluse dans son appartement et qui, il faut le dire, ne manquait pas de beauté, de charme, de séduction, mais était aussi affligée d’une innocente sottise. Une ravissante idiote en quelque sorte.


Michel QUINT : Bella ciao. Spécial Police N° 2075. Editions Fleuve Noir. Décembre 1987. 160 pages.

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 16:57

Vaudou, quand tu nous tiens !

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Bill Pronzini, c’est avant tout le créateur du Nameless, le détective sans nom, mais il a écrit également des westerns, des essais, publié des anthologies policières, cosigné des romans avec M.H. Greenberg, John Lutz, Marcia Muller ou Barry Malzberg.

Mercredi des Cendres ne fait pas partie de la saga du Nameless. Totalement différent, c’est un roman de suspense alors que ceux mettant son héros de prédilection en scène sont plus des romans de détection.

Mercredi des Cendres est donc un roman de suspense dans lequel entrent un peu de mystère et de fantastique. L’action se déroule durant le Carnaval de La Nouvelle-Orléans. Ambiance de liesse, musique de jazz à l’appui. Mais le vaudou, cette coutume, ce culte qui provient des Antilles plane sur cette assemblée et principalement sur Steven Giroux, venu passer quelques jours en Louisiane, afin de se changer les idées, étant séparé de sa femme et de son enfant depuis peu

A l’hôtel où il réside, il fait la connaissance de Juleen. Ils discutent, vont assister à un défilé, se plaisent, et finissent la soirée chez la jeune femme. Pauvre Steven qui a bu quelques verres de trop et qui s’endort au moment le plus intéressant.

Cruel réveil. Juleen a disparu, ses bras sont couverts de sang. Que s’est-il passé, l’a-t-il assassinée ? Cette question il se la pose mais n’ose pas la résoudre bien qu’une odeur suspecte monte de la cave. Une senteur cadavérique… Le mystère plane, envoûtant.

Parmi les parades, les défilés aux participants déguisés, aux spectateurs masqués, il erre désemparé. Mais un homme portant un masque de dragon le suit inlassablement. Le vaudou, cette religion antillaise d’origine catholique, va donner des sueurs froides à Steven qui sera débordé par les événements et sera secondé inopinément par Mona. Mais Mona est-elle vraiment de son bord ? Bientôt il va douter.

Après un démarrage un peu lent, le livre atteint des dimensions démoniaques et sanglantes, que ce soit parmi la foule composite, turbulente, déchaînée, dans ce tourbillon carnavalesque qui sévit dans les rues de La Nouvelle-Orléans, ou dans le calme trompeur et mensonger des bayous.


Bill PRONZINI : Mercredi des Cendres (Masques – 1981. Traduction de Danièle et Pierre Bondil). Collection Engrenage International N°129. Décembre 1985. 288 pages.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite revue de la littérature populaire d'avant-hier et d'hier. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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