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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 15:48

Comme Marlborough...

Henri VERNES : L'Ombre jaune s'en va-t-en guerre.

De retour d'Anvers, Bob Morane, accompagné de son fidèle ami Bill Ballantine, est soudain immobilisé à bord de sa voiture près de son domicile parisien.

Dans le même temps la capitale est plongée dans une obscurité totale. Rentrant chez lui à pieds, il s'aperçoit que tous les véhicules sont atteints de cette même panne mystérieuse.

Ces manifestations bizarres seraient-elle en corrélation avec le mini raz-de-marée et les séismes annoncés peu de temps auparavant sur son autoradio ?

Des conjectures qui plongent nos deux amis dans une perplexité inquiète.

Soudain ils sont assaillis par des bandes de dacoïts, des hommes de main de leur célèbre ennemi : l'Ombre jaune. Ils ne doivent leur salut qu'à la présence inespérée d'une jeune asiatique. Ce qui les confirme dans leurs soupçons quant au maître d'œuvre de toutes ces manifestations bizarres, énigmatiques et pour le moins stupéfiantes pour ne pas dire effrayantes.

De nouveau Bob Morane et le géant roux Bill Ballantine se retrouvent confrontés à l'Ombre jaune et à sa soif de destruction de l'humanité.

 

Cette aventure inédite, due à la plume juvénile d'un vieux briscard de l'écriture qu'est Henri Vernes, nous plonge avec délices dans les aventures de Bob Morane qui enchantèrent notre adolescence.

Et ce n'est pas parce qu'elle est éditée dans une collection baptisée Aventures-jeunes que nous les toujours jeunes devons bouder cette récréation. Au contraire. Il faut savoir se retremper de temps à autre dans les lectures vivifiantes de héros baroudeurs, sans peur et sans reproche. Des lectures peut-être empreintes de nostalgie mais qui nous permettent de changer de domaine, de rêver entre deux romans consacrés aux conflits politiques par des auteurs engagés.

Ayant décidé de ne plus vieillir, j'en redemande des romans comme celui-ci, sans prétention mais passionnants.

 

Réédition : L'Ombre jaune N°3, Lefrancq Claude, 1994

Réédition : L'Ombre jaune N°3, Lefrancq Claude, 1994

Réédition : L'Ombre jaune N°10, Ananke, 2002.

Réédition : L'Ombre jaune N°10, Ananke, 2002.

Henri VERNES : L'Ombre jaune s'en va-t-en guerre. Collection Aventures-jeunes. Bob Morane N°9. 192 pages. Parution novembre 1988. Inédit.

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 12:20
Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ?

La question qui tue...

Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ?

Pour avoir tué ou gravement blessé deux malfrats à mains nues, Georges Guillot dit le Gorille de Ville-d'Avray, a passé cinq ans en prison.

Depuis sept ans, il travaille chez Francis, un garagiste de Bercy, et s'est même marié avec Yvette, la fille de son patron. Une vie calme et paisible dont la sérénité est troublée par l'intrusion d'un quidam prénommé Francis, qui lui demande des explications concernant un hold-up exécuté des années auparavant par un de ses anciens compagnons de cellule, Daubrac.

Menacé, Geo se sert de ses poings et laisse Francis pour mort. Rentré chez lui, il répond à un coup de téléphone émanant d'une femme s'inquiétant de Francis et qui lui laisse son numéro, puis il avoue à sa femme et à son beau-père ses antécédents et les événements qui viennent de se dérouler.

Prié de partir il revient quelques heures après pour retrouver son patron amoché, des bons soins organisés par un homme portant rosette de Légion d'Honneur. Quant à sa femme elle a été enlevée par le fameux Francis. Yvette séquestrée dans un manoir normand au bord de la mer profite de l'absence de Francis pour visiter les lieux et découvre à la cave le cadavre mutilé d'une femme macérant dans un jus gélatineux.

Francis est retrouvé décédé des suites des coups portés par Geo et Yvette est surveillée par de nouveaux anges gardiens. Ils réceptionnent au manoir l'homme à la rosette qui est venu de la capitale par hélicoptère. Pendant ce temps Geo demande à Carabi, l'un de ses ex-compagnons, de l'aider. Celui-ci le branche sur Lentraille un officier de police. Grâce au numéro de téléphone noté par Geo, ils localisent une certaine Gisèle qui est de connivence avec les ravisseurs, des barbouzes à la recherche du magot de Daubrac.

Le commissaire Verdier demande à Lentraille de laisser tomber, ce qui est contraire à la déontologie du flic. Lentraille démissionne oralement. Geo, Carabi, Lentraille et Gisèle partent pour Lisieux avec la ferme intention de joindre la femme de Daubrac. Lentraille est obligé d'avaler une nouvelle pilule amère: un certain Milo connaît l'adresse de Daubrac seulement Milo est fiché pour avoir tué un flic. Le périple se prolonge jusque vers Bayeux, Geo et Carabi dans une voiture, Lentraille et Gisèle dans l'autre. Gisèle reconnait dans la nuit ce qu'elle appelle le tank, un véhicule spécialement équipé pour provoquer des accidents de la circulation.

 

Dans ce roman où l'on retrouve en arrière plan le commissaire Verdier, qui une fois de plus plie devant l'intimidation de ses supérieurs, nous assistons à un épisode occulte de la vie des Services Secrets et à une façon originale de pallier une pénurie de fonds. Une trame policière pour impliquer ce qui devient une obsession dans le paysage littéraire de Jean Amila : les Services Secrets et le colonel Foderch.

Le rocambolesque effréné de Terminus Iéna n'est plus de mise et c'est le quotidien qui prend le pas. Une aventure plus terre à terre dans laquelle le simple quidam en marge de la loi pourrait un jour tomber sans devenir un super héros. Etre frustre, Geo est sauvé justement par une certaine naïveté puisqu'il se fie plus à sa force de frappe qu'à ses neurones. Mais qu'en serait-il dans la vie quotidienne ?

 

Stomato quoi ? - Disons dentiste, si vous l'avez mieux en bouche.

Curiosité.

Alors qu'une partie de l'action se passe dans la Manche, il est curieux de trouver un personnage qui se prénomme Milo, diminutif d'Emile, mais n'a rien d'une Vénus.

 

Réédition Carré Noir N°459. Parution le 4 janvier 1983. 224 pages. 3,80€.

Réédition Carré Noir N°459. Parution le 4 janvier 1983. 224 pages. 3,80€.

Jean AMILA : A qui ai-je l'honneur ? Série Noire N°1683. Parution 27 juillet 1974. 192 pages.

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:59

Bon anniversaire à Jean-Jacques Reboux, né le 29 octobre 1958.

Jean Jacques REBOUX : La cerise sur le gâteux.

Dans une allée située à l'écart des flonflons de la foire du Trône, des skinheads abattent froidement, pour le plaisir, Alvaro Peirera qui s'amusait en compagnie de Yanissa, sa sœur, et de quelques copains, beurs ou fils d'émigrés comme lui.

De l'autre côté du périphérique, à Charençon le Plomb, dans le quartier rupin des Bartavelles, des coups de feu ont été tirés afin de faire diversion. Yanissa s'enfuit dans la nuit.

Le Poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, fidèle à ses convictions, se sent investi du devoir de retrouver les coupables. Il se lie avec un clochard, Joël, qui connaît fort bien les lieux et ses habitants. Cendrine, la meilleure amie de Yanissa, lui narre un épisode survenu un an auparavant : deux flics leur ont fait subir des brimades et Yanissa en est restée traumatisée.

Un mystérieux hôtel particulier, situé aux Bartavelles et surveillé par des policiers municipaux, retient l'attention du Poulpe. Il s'agit de Rosciolli, artiste peintre et surtout ami de Cerisay, le maire de Charençon.

Dans un café, refuge des opposants au premier édile de la cité, Gabriel tient une conférence avec des journalistes underground qui dénoncent la gestion du maire et ses prises de position politiques pour le moins contestables.

Le Poulpe a du pain sur la planche, et cela ne lui déplaît pas, lorsqu'il faut courir au devant de la veuve et de l'orphelin, ou châtier les vers qui rongent la société.

 

Sa virulence, sa hargne envers les comportements racistes, sectaires, anti sociaux placés sous le signe de l'intégrisme, Jean Jacques Reboux réussit à la canaliser dans l'écriture.

Il n'accepte pas les débordements de certains démagogues qui brossent dans le sens du poil. Mais comme il n'a pas la faculté de s'exprimer à la télévision, il le fait par romans interposés, se défoulant allègrement, pour la plus grande joie de ses lecteurs.

On ne trouvera surement pas ses livres dans certaines bibliothèques, quelques municipalité se sentant visées, à tort ou à raison, et surement plus à raison qu'à tort, mais tant qu'on peut se les procurer en librairie, ne boudons pas notre plaisir.

Jean Jacques REBOUX : La cerise sur le gâteux. Le Poulpe N°12, Editions Baleine. Parution septembre 1998. 196 pages. 8,00€.

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 10:05
Lawrence BLOCK : Le blues des alcoolos

Toute la muse hic que j'aimeeu,

elle vient de là hic, elle vient du blues...

Lawrence BLOCK : Le blues des alcoolos

Matthew Scuder, ex-flic, s’est mis à boire afin d’effacer une vieille histoire. Cela ne l’empêche pas de travailler de temps en temps, pour faire plaisir, aidant des amis lorsque ceux-ci sont dans la panade.

Alors il effectue des recherches, de ci de là, en dilettante, surtout pour arrondir ses fins de mois et pouvoir contenter ses envies de bière et de bourbon.

Accessoirement envoyer un mandat à sa femme, dont il est séparé, afin qu’elle élève dignement ses deux garçons.

Coup sur coup il est chargé, quoi que cela ne l’enchante guère, d’enquêter sur le vol dont ont été victimes les tenanciers d’un bar clandestin, de retrouver les registres d’une comptabilité légèrement falsifiée et d’innocenter un homme accusé d’avoir tué sa légitime. Il passe ainsi d’une enquête à l’autre ou il les conduit de front selon son humeur.

 

Principale caractéristique de ce privé sans officine : il fait don du dixième de ce qu’il perçoit aux communautés religieuses.

Comme dans Huit millions de morts en sursis Lawrence Block nous dépeint une tranche de vie new-yorkaise avec humour, noir parfois, et les personnages sont profondément humains et vivants.

Les dialogues sont incisifs mais ne tombent pas dans une certaine facilité où la vulgarité serait de mise.

Réimpression avril 1995. 320 pages. 5,55€.

Réimpression avril 1995. 320 pages. 5,55€.

Lawrence BLOCK : Le blues des alcoolos (When the sacred ginmill closes – 1986. Traduit par Daniel Lemoine.) Série Noire N°2106. Première parution 1987.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 14:54

En piste pour le quadrille...

Michel QUINT : Fox-trot.

La foule est en effervescence, des hommes principalement arrachent des bancs, brandissent à bout de bras des grilles d'arbre, dressent des barricades. Des camions de troupes sont stationnés au bout du Pont de la Concorde qui justement ne règne pas, devant l'Assemblée Nationale, et des silhouettes casquées prêtes à charger.

Nous ne sommes pas en mai 1968 mais le 6 février 1934. L'affaire Stavisky vient d'éclater, éclaboussant les hommes politiques. La droite, l'extrême-droite, des associations d'anciens combattants, les Croix de feu, les Ligueurs prônant le retour de la monarchie et du Duc de Guise, manifestent violemment contre le limogeage du Préfet de Police Chiappe qui entretient des amitiés avec les factieux. Le gouvernement Daladier est sur la sellette.

Dans ce brouhaha, à la sortie de l'hôtel Crillon, Lisa Kaiser, danseuse et trapéziste dans la troupe de Max Rivers, aborde Rita Georg, la grande vedette des cabarets du moment. Elle aimerait que celle-ci l'aide à trouver une place dans une revue. Rita attend un homme qui doit lui remettre quelque chose, mais au moment où celui-ci, qui débouche de la sortie de métro la reconnait et lui fait un signe, il tombe à terre. Dans la bousculade, nombreux sont ceux qui entourent le blessé par balles. Lisa s'empare d'une enveloppe épaisse, et au revoir la compagnie, elle prend le train pour Lille, un retour au pays qu'elle a quitté alors qu'elle n'avait que dix-sept ans. Dans la grosse enveloppe sont glissées deux pochettes plus petites, une contenant des papiers d'immatriculation de véhicules, l'autre une importante somme d'argent.

 

Au même moment, à Lille, la même fièvre que celle qui agite Paris règne et Nelly, modiste et trentenaire florissante se trouve bousculée, un homme lui tient la poitrine, c'est pour la retenir, l'empêcher de tomber à terre, peut-être se faire écraser. Il existe d'autres façons, plus subtiles de faire connaissance, mais Charles Bertin, instituteur, à la petite moustache d'acteur de cinéma, est tout de suite pardonné. Elle en tombe même sous le charme et la modeste modiste se montre amoureuse experte.

Lisa arrive en gare de Lille et elle se fait indiquer l'adresse d'un hôtel grâce au kiosquier qui approvisionne Charles Bertin en journaux. Elle s'installe à l'hôtel de Lyon, sis juste en face de la gare, hôtel qui vient de connaître un drame. Une ressortissante belge s'est fait trucider et ses bijoux se sont évaporés dans la nature. Ceci ne concerne pas Lisa qui a en tête autre chose.

Le lendemain alors qu'elle sort de la gare après avoir acheté au kiosquier un journal, elle manque dégringoler et Charles Bertin qui passait par là la retient de justesse en lui plaquant une main sur la poitrine. Décidément, cela devient une habitude surtout pour Charles qui devient pataud devant les femmes. Puis elle remet à Gustave Noblet l'enveloppe contenant les papiers mais garde devers elle l'argent. Elle obtient un engagement au Sphinx, un cabaret, et se produit dans un numéro particulier de trapéziste.

Charles et son amie Nelly assistent au spectacle que reluque une nombreuse assistance médusée. Lisa pratique ses jeux de barres entièrement nue ! Malheureusement elle est découverte peu après, assassinée, le bas-ventre lacéré comme si on avait voulu la dépiauter, et le piano est éventré.

Tout comme à Paris, la rue est en effervescence. Les différentes associations et partis politiques de droite et extrême-droite manifestent violemment. Le suicide de Stavisky, et le scandale qui continue à alimenter les journaux et les embarras de la classe politique, est à l'origine de ces émeutes. Et rien pour éteindre le feu de l'antisémitisme et du racisme.

C'est dans ce contexte que le commissaire Demeyer demande à son neveu Charles Bertin de se fourvoyer dans ces groupuscules, Croix-de-Feu, Alliance française et autres, et de se comporter en taupe de Roger Salengro, le maire socialiste de la cité nordiste. Un véritable cas de conscience pour ce jeune instituteur qui s'est bagarré avec un de ses collègues justement parce que celui-ci se montrait arrogant en déclarant sa flamme aux idées d'extrême-droite. Un conflit qui vaut à Charles Bertin de se retrouver éloigné de l'Education Nationale pour quelques semaines, étant l'agresseur et malgré son bon droit.

 

La montée de l'extrême-droite, l'antisémitisme et le racisme, dont le liant est la précarité de l'emploi, cela nous ramène à une époque actuelle. Pourtant tout ceci se déroule en 1934, alors que venant d'Outre-Rhin et en Italie les noms de Hitler et Mussolini dépassent les frontières.

Dans ce contexte historique nauséeux, qui prend son origine dans des magouilles financières, l'histoire se répète, se greffe une intrigue policière fort habilement menée. Les personnages secondaires prennent autant de place que les rôles principaux car Michel Quint sait mettre en valeur ces représentants du peuple, dont les idées de gauche sont humanistes, les truands qui traficotent, mais également ceux qui profitent des situations, des opportunistes, sans oublier ce couple de médecins légistes qui officient sur les cadavres sans pour autant négliger la chair fraîche.

Et dans ce petit monde qui gravite, signalons cet brave homme qui a gagné le gros lot à la loterie et vient avec une brouette chercher son gain, le couple de bistrotiers qui ont vendu le billet gagnant ou encore Jojo, le kiosquier qui ne comprend pas le retournement de veste de son ami Charles Bertin.

 

Michel Quint fut professeur de propédeutique théâtrale. Et comme dans pratiquement tous ses romans, le spectacle sous toutes ses formes prend une place importante dans l'intrigue. Dans Fox-trot, le théâtre est représenté avec Charles Bertin l'instituteur qui monte des pièces de théâtre avec ses élèves, mettant en scène un épisode de la Révolution Française. Mais le spectacle produit par Lisa est très visuel, réservé aux adultes naturellement. Et bientôt c'est Carnaval qui va investir les rues de Lille tandis qu'au théâtre est jouée l'opérette l'Auberge du Cheval blanc.

Une nouvelle réussite à mettre à l'actif de Michel Quint qui retrouve la verve des Grands Ducs ou des Joyeuses, dans un contexte historique proche de Veuve Noire.

 

Michel QUINT : Fox-trot. Editions Héloïse d'Ormesson. Parution 8 octobre 2015. 336 pages. 20,00€.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 13:26
J. ORIANO : B comme Baptiste.

Lorsque Janine Oriano ne s'appelait pas encore

Janine Boissard...

J. ORIANO : B comme Baptiste.

Une jeune femme aborde Yves-Marie Préjean dans une rue de la capitale, l'appelle Baptiste et lui remémore quelques bons moments passés ensemble à Saint-Malo, ville d'où tous deux sont originaires. Malgré toute sa bonne volonté, Baptiste (prénommons-le ainsi pour la commodité du récit) ne se souvient de rien pour la bonne raison qu'il ne connait pas celle qui s'est présentée à lui comme Sandrine. Au début cette méprise l'amuse, puis il doit rejoindre sa femme Madeleine, personne empâtée par les ans, qui lui reproche sa condition de gagne-petit. Toutefois, le lendemain Baptiste va au rendez-vous proposé par la belle Sandrine et insidieusement l'engrenage se met en route.

A la boutique où il travaille comme disquaire, ses collègues, Mériot le Don Juan et Polly, ainsi que le patron, s'étonnent de le voir si bien sapé. Sandrine l'aguiche et le fait même monter chez elle. Mais elle le repousse alors que les hostilités amoureuses allaient débuter.

Baptiste est intrigué par le manège d'un homme qu'il croise près de chez Sandrine, s'engouffrant dans un hôtel proche. Il le revoit à la boutique. Un soir que Madeleine mange chez sa mère, Sandrine l'entraîne au restaurant. Ils se font tirer le portrait par un photographe ambulant puis ils vont chez elle. Ils boivent et Baptiste s'endort. Lorsqu'il se réveille le lendemain matin, Sandrine est morte, étranglée par un lacet appartenant à Baptiste. Celui-ci rentre chez lui, déboussolé, sans prévenir la police, puis, dégrisé, se promet de venger la morte et de sauver sa peau par la même occasion. Il récupère chez la morte le ticket du photographe mais la boutique n'existe plus depuis belle lurette. Il suit l'homme qui l'avait tant intrigué jusqu'à son hôtel pour apprendre que c'est un détective privé.

Il l'assomme et répond à un appel téléphonique destiné au privé. Le correspondant donne rendez-vous au Clairon, sorte de club privé. Là il rencontre un personnage falot qui lui raconte que Sandrine lui avait monté le même bateau et le faisait chanter depuis à l'aide de photos compromettantes. C'est lui qui a engagé le privé et il doit remettre l'argent sous enveloppe dans un bar, le Tournesol. Baptiste met dans la confidence son cousin Alfred, le loufiat du bar-restaurant où il mange tous les midis.

 

Narré à la première personne, B comme Baptiste se lit facilement mais pêche par un épilogue téléphoné. L'on connait le nom du meurtrier cinquante pages avant la fin et le reste n'est plus qu'une grosse ficelle qu'il suffit de dérouler. Baptiste, on le serait à moins, a paniqué et son tort a été de se méfier du détective, qui lui aurait appris la combine dès sa première rencontre, lui évitant toutes sortes d'ennuis. Sauf peut-être avec les policiers qui en général ne s'embarrassent pas de fioritures. Le début est assez humoristique, employant un argot bon enfant. Ensuite le ton se montre plus noir sans pour autant prétendre au chef d'œuvre.

Bon roman d'une débutante qui allait connaître la consécration littéraire sous le nom de Janine Boissard. Malheureusement, dans les salons et festivals littéraires auxquels elle participe, Janine Boissard n'apprécie pas que quelqu'un se présente à elle pour se faire dédicacer un des trois romans qu'elle a signé à la Série Noire, prétextant que c'étaient des œuvres de jeunesse.

 

Curiosité.

Le manuscrit étant arrivé à la Série Noire sous le pseudonyme de J. Oriano, tout le staff, Marcel Duhamel en tête, pensait avoir déniché un nouvel auteur masculin. Une mystification involontaire entretenue par le ton de la narration. La méprise fut dissipée lors de la signature du contrat.

 

Toujours pareil avec les femmes; soyez fidèle pendant dix ans, elles s'endorment sur leurs lauriers.

Réédition Carré Noir N°385. Parution avril 1981. 256 pages. 3,80€.

Réédition Carré Noir N°385. Parution avril 1981. 256 pages. 3,80€.

J. ORIANO : B comme Baptiste. Collection Série Noire N°1391. Parution janvier 1971. 256 pages.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 13:53

Bon anniversaire à André Besson né le 27 octobre 1927.

André BESSON : Les randonneurs.

Renouant avec la tradition familiale, les frères Borel, Léon et Jean-Luc, vivent de la contrebande. Ils vivent aux Rousses dans le Jura et passent fréquemment en Suisse. Pendant la guerre ils ont convoyé des clandestins et passer du courrier.

Après la Libération ils ont été contactés par un ancien chef de réseau de la Résistance reconverti dans la pègre pour aider des repris de justice à se rendre en Suisse et transporter des marchandises illicites.

Léon doit passer en fraude une coquette somme d’argent mais il est pris dans un guet-apens. Leur correspondant Suisse avertit Jean-Luc que son frère ne s’est pas présenté au rendez-vous comme convenu. Jean-Luc reçoit un mandat expédié par son frère et Anne-Marie, une jeunette peu farouche, lui affirme que Léon lui a téléphoné. Il reste toutefois inquiet, d’autant que trois malfrats viennent aux nouvelles, le fameux colis n’ayant pas été livré. Fini l’exotisme.

 

Besson campe son intrigue dans un décor qu’il connaît bien, le Jura. Comme dans bien des romans il veut faire tomber certains tabous puisqu’il met en scène deux frères, l’aîné amoureux d’une aubergiste, mère d’une jolie rousse émancipée qui couche, entre autres avec le cadet.

Les personnages sont parfois un peu stéréotypés, notamment ceux des truands, mais l’histoire est prenante même si l’épilogue est un peu téléphoné.

On pourra regretter que sacrifiant à la pagination, André Besson n’ait pu s’exprimer pleinement pour planter d’une façon plus approfondie le magnifique paysage qui sert de décor.

André BESSON : Les randonneurs. Spécial Police N°1209. Editions Fleuve Noir. Parution 4ème trimestre 1975. 224 pages.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 10:19
D.R. MEREDITH : Secoue-toi, shérif !

Mais gardes tes puces !

D.R. MEREDITH : Secoue-toi, shérif !

Malgré son titre, ce roman relève plus du roman de détection que du western.

L'action se déroule au Texas, dans une petite bourgade dont la ressource principale est l'agriculture, plus spécialement la culture du maïs.

Un jeune homme; quelque peu arriéré mentalement, un niais, est découvert mort dans sa camionnette dans un ravin. L'autopsie démontrera qu'il a été assassiné, notamment à l'aide de pesticides.

Quelques heures plus tard, c'est le corps d'une jeune Mexicaine enceinte qui est retrouvé dans le brasier d'un barbecue géant préparé la veille.

Le shérif, Charles Matthews, un citadin qui officiait précédemment à Dallas (et son univers impitoyable !) est chargé de l'enquête. Mais il patauge un peu. Heureusement il est entouré d'adjoints autochtones qui le conseillent quant à la manière de se conduire avec tact.

 

L'un de ses adjoints, Meenie, est un personnage savoureux et les séquences au cours desquelles il apparait sont parfois extrêmement humoristiques. Son vive, c'est de chiquer et le lancement du jet ferait une remarquable scène cinématographique.

 

Un roman qui offre un bon moment de lecture même s'il est conventionnel dans son intrigue.

D.R. MEREDITH : Secoue-toi, shérif ! (The Sheriff and the Panhandle Murders - 1984. Traduction de Michel Deutsch). Série Noire N°2027. Parution décembre 1985. 288 pages. 6,05€.

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 16:01

Avec la mort en libre-service...

Serguei DOUNOVETZ : La vie est une immense cafétéria.

L'univers littéraire de Serguei Dounovetz est noir et ne possède aucune rémission. Ou presque. Les protagonistes subissent les aléas de la vie, ou les provoquent, jusqu'à leur extinction, comme une lumière qui aurait été allumée trop longtemps.

Douze nouvelles, pas une de plus pour ne pas tenter le sort, douze nouvelles, sombres, très sombres, avec quelquefois une lueur d'espoir sous forme de dérision, une éclaircie dans un monde voué au noir, comme douze peintures réalisées par Edward Munch.

Douze nouvelles dont le Languedoc et le Roussillon servent de décor, mais également Paris et peut-être Le Havre. Et bien évidemment certaines de ces nouvelles interpellent le lecteur pour des raisons personnels, sentimentales ou autres qu'il saura plaquer à sa convenance.

Ainsi dans P'tit bob nous entrons dans l'univers d'un amateur de rock, le vrai, celui qui déménage. Roberto est sous le charme de P'tit bob depuis que son grand-père Luigi, docker sur le port havrais, lui a donné en héritage Come and see me, un vieux 33 tours de 1978, et qu'il écoute en boucle depuis qu'il est tout petit et même avant. D'ailleurs c'est le seul qu'il possède. Pas grave. Roberto s'identifie à Little Bob, le chanteur de Little Bob Story, devenu Little Bob Blues Bastards.

Dans Walther, mon meilleur ami, Serguei Dounovetz nous entraîne dans le quartier de la porte de Vanves et d'Alésia. Ce quartier dans lequel vécut Georges Brassens, Renaud et quelques autres qui ont marqué leur époque. Tanguy se rend à un rendez-vous Porte de Vanves avec son meilleur ami, un Walther P38, dans la poche. Il a décidé de s'en débarrasser.

La main du diable nous propulse quelques siècles en arrière, chez les Hurons. Une série de meurtres se propagent dans un petit régiment. Un point commun relie ces exécutions et pour le capitaine Mandrin, les morts n'étaient pas exempts de reproches.

Pirate est un chat, ou plutôt était un chat. Et toute sa vie Pirate aura subi les avanies prodiguées avec une certaine jouissance par les humains et le mauvais sort. Seul Dominique, celui qui l'a recueilli quand il était encore un minuscule chaton, a essayé de l'entourer d'affection. Féline aussi, une vieille chatte. Mais quand le mauvais sort s'acharne, il n'y a rien à faire, sauf peut-être croire en un au-delà meilleur.

Le dernier pour la route, c'est Gonzo, le narrateur, le dernier d'une fratrie de cinq. Et une nuit ses frères reviennent lui rendre une petite visite. En rêve, ou en cauchemar. Ils sont tous décédés, d'une façon différente, mais ils sont bien morts, de même que son grand-père. Mais là ce n'est pas pareil que dans la réalité, celle qu'on lui a toujours serinée.

 

Ceci n'est qu'un petit extrait de l'univers de Serguei Dounovetz, un univers qui vous touche, car parmi ces nouvelles, l'une au moins s'approchera du vôtre, vous renverra dans votre enfance avec des désirs enfouis. Peut-être pourriez-vous être ce photographe au bout du rouleau, l'image d'une ancienne petite amie tournant en boucle dans son esprit, et qui va rendre visite à l'un des anciens professeurs qui s'était ingénié à vouloir le casser pour lui apprendre la vie. Ceci est décliné dans Il joue du piano avec les doigts des autres.

Laissez-vous prendre par la main pour visiter cet univers onirique, noir, sublime, poétique, tendre et violent, comme une douceur qui pétille en gouttes de feu dans votre bouche au fur et à mesure qu'elle se dissout.

Serguei DOUNOVETZ : La vie est une immense cafétéria. AAARG ! Editions. Parution 22 octobre 2015. 148 pages. 13,00€.

 

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 12:20
John AMILA : Y'a pas de bon dieu !

Barrages contre barrage !

John AMILA : Y'a pas de bon dieu !

L'histoire a tendance à se répéter, pas toujours dans les mêmes circonstances, pas toujours dans le même lieu et à la même époque, avec des variantes come l'inversion du rôle des protagonistes, mais elle se répète.

1950. La petite cité de Mowalla, aux Etats-Unis, est en effervescence. Des baraquements de l'entreprise Dam ont été incendiées par les villageois qui ne veulent pas la construction d'un barrage dans leur vallée. En guise de représailles, le pasteur méthodiste Paul Wiseman est enlevé par des hommes de mainconduits par un inconnu vêtu de blanc et emmené dans une ancienne forge. Sur place il est étendu sur une vaste enclume et l'homme en blanc lui assène un violent coup de marteau sur un genou.

Laissé seul à l'abandon, il se traîne comme il peut dans cette haute vallée encastrée dans la montagne et au bout de quelques heures, épuisé, il est recueilli par un des agriculteurs qui vivent de leur élevage.

La construction du barrage signifie pour ces éleveurs la submersion de leur petit bourg, des pâturages, la mort de la communauté qui compte trois cent cinquante âmes. La pasteur Wiseman est soigné chez l'habitant et reprend petit à petit ses occupations au magasin coopératif. Il prononce un sermon dans l'église bondée alors que d'habitude de nombreuses chaises vides attendent les paroissiens.

James Hillary, qui tient une fromagerie et est brouillé avec son frère Edward, n'entend pas en rester là. Tout comme les autres habitants de la cité d'ailleurs. Alors qu'il se rend à Altone en compagnie du pasteur Wiseman, leur voiture évite de justesse un autre véhicule. Commence une course poursuite avec échange de coups de feu. Et un mort sur le carreau côté hommes du Dam.

Wiseman reçoit la visite d'un policier d'Altone, la ville distante de quelques miles. Mais le représentant de l'ordre est plus obnubilé par l'incendie des baraquements que par l'agression subie par le religieux. Puis l'homme en costume blanc se présente, avec de belles paroles et un projet d'apaisement. Il s'agit de Sorodale, le patron, auteur du coup de marteau appliqué sans discernement sur le genou de Wiseman. Il propose en dédommagement aux fermiers sur le point d'être expulsés une autre vallée, un endroit merveilleux selon lui, à Kennecot, à une cinquantaine de miles de Mowalla. Wiseman sent venir le coup fourré mais pour autant le mieux est peut-être de se rendre sur place. Un énorme convoi s'élance donc vers la terre promise.

Un journaliste de Chicago, Forster, passe ses vacances dans une roulotte installée dans les bois avec sa famille. Il prend au départ ces événements à la légère, mais peu à peu il deviendra partie prenante aux côtés des fermiers dans leur lutte pour garder leur bien.

Mais un autre problème, plus personnel celui-là, trouble Wiseman. Un problème qui a pour nom Amy, la cadette de James Hillary, âgée de quinze ans, et qui court après les hommes. Elle a élu Wiseman comme prochaine victime. Et elle s'immisce dans cette histoire jetant la perturbation dans l'âme du pasteur qui ne sait plus à quels seins se vouer.

 

Dans ce roman, John Amila dont c'est le premier roman édité à la Série Noire mais qui deviendra un fidèle sous le prénom de Jean, dénonce la prédominance de la finance sur la qualité de vie.

Des fermiers délogés, sans s'inquiéter des conséquences que cela peut entraîner sur leurs conditions de vie, sur l'avenir d'une vallée, et comme le pressent Wiseman, pour des raisons qui ne sont pas celles avancées, tout ceci forme la trame, le fondement de l'intrigue. Car les intérêts politiques qui ne résident pas dans la construction d'un barrage mais se trouvent enfouis dans le sous-sol de la vallée de Mowalla, sont plus forts que les intérêts particuliers d'une communauté.

Sans vouloir par trop déflorer le but de Sorodale, précisons toutefois que ce nom n'est pas inconnu des habitants de Mowalla. Sorodale, le bienfaiteur du séminaire où Wiseman a fait ses études, propriétaire de mines de cuivre, de fonderies, et dont les convois de minerai passaient non loin du dit séminaire.

Wiseman, qui est le narrateur de cette histoire, ne peut s'empêcher d'invoquer son bon droit :

Mais enfin, nous sommes dans notre droit. Nous en appellerons à la justice. Nous sommes dans un pays libre et nul ne peut dépouiller son prochain...

Pauvre cornichon ! me dit-il (Luckes, le policier) Vous croyez encore à ça ? Vous ne comprenez donc pas que nous sommes tous dans les mains de hauts et puissants seigneurs, et que le reste est littérature ?

 

Car derrière tout ce micmac, se cachent des politiciens qui s'entourent de truands pour mieux aboutir à leurs projets.

Je vous le dis, Wiseman. Vous ne savez donc pas qu'on vous baptisera tous saboteurs communistes avant de vous écraser ?

 

Et les journaux du cru, publient des articles en faveur de Sorodale et de sa clique, dénonçant les agissements communistes, donc anti-américains, des habitants de Mowalla. Des journalistes habilement manipulés. D'où l'influence négative des médias dans certaines circonstances et que l'opinion publique avale sans barguigner. L'impartialité est un leurre, sujette à caution, selon les médias pour lesquels les journalistes sont appointés et les pressions politiciennes.

 

Curiosité :

Comme il était de coutume à l'époque ce roman faussement américain, est adapté par son auteur, Jean Meckert, véritable patronyme de John/Jean Amila. Ce fut le cas précédemment pour La mort et l'ange signé Terry Stewart, dont le patronyme était Serge Arcouet et qui se fit connaitre au Fleuve Noir sous l'alias de Serge Laforest.

Réédition collection Carré Noir N°36. Parution avril 1972. 192 pages. 3,80€.

Réédition collection Carré Noir N°36. Parution avril 1972. 192 pages. 3,80€.

John AMILA : Y'a pas de bon dieu ! Série Noire N°53. Parution mars 1950. 190 pages.

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Published by Oncle Paul - dans Spécial Série Noire
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