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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 14:57

Hommage à Rafael Sabatini décédé le 13 février 1950.

Rafael SABATINI : Scaramouche

L'insurrection, la révolte, la Révolution n'ont pas été l'apanage des Parisiens même si les faits les plus marquants, les plus indélébiles se sont produits dans la capitale.

La prise de la Bastille n'est que l'un des jalons de cet embrasement populaire qui secoua la France à des degrés plus ou moins violents. Mais en province aussi la grogne couvait et pas uniquement dans les villes. Les campagnes étaient atteintes elles aussi par ce phénomène d'aspiration à plus de liberté, de justice, de reconnaissance de l'être humain en tant que tel et non uniquement que d'une fraction favorisée et privilégiée de la population.

Parfois un simple petit fait que l'on pourrait signifier d'insignifiant suffisait à déclencher la colère et à révéler à certains leur possibilité d'entrer dans la bataille et dans l'histoire.

Ainsi André Moreau, après avoir suivi des études de droits et travaillant comme clerc de notaire à Gavrillac, près de Rennes, n'envisageait-il qu'un avenir relativement modeste, et peut-être un mariage avec la fille de son parrain, son père adoptif, monsieur de Kercadiou.

Mais en ce froid matin de novembre, à la suite d'une duel à l'équité plus que douteuse, presqu'un assassinat, la mort de Philippe de Valmorin son meilleur ami provoquée par le marquis de La Tour d'Azyr, il devient un agitateur, un contestataire, un révolutionnaire, haranguant la foule et les étudiants sur la place du Palais de Justice de Rennes.

Obligé de fuir, de se cacher, activement recherché par la maréchaussée, André Moreau trouve refuge dans une troupe de saltimbanques. Il se découvre une vocation d'acteur et d'auteur, et le succès aidant, après des représentations villageoises dont les spectateurs sont de plus en plus nombreux et enthousiastes, c'est la consécration à Nantes.

Mais sa vindicte envers le marquis de La Tour d'Azyr n'est pas refroidie, de même que son amour pour la belle Aline, fille de son parrain et promise au mariage avec le marquis exécré.

Obligé de fuir à nouveau, André Moreau va tenter sa chance à Paris. L'amour et l'accomplissement de sa vengeance seront-ils au rendez-vous ?

 

Il est frappant de voir qu'à part Alexandre Dumas, les plus belles pages des romans populaires écrits à cette époque, XIXe et début XXe siècle, consacrés à la Révolution Française, ont été écrite par des romanciers étrangers. Peut-être justement grâce ou à cause de leur statut d'étrangers, qui leur permet d'y apporter une vision plus impartiale.

La Baronne Orczy, avec le fameux Mouron Rouge, et Rafael Sabatini avec André Moreau alias Scaramouche, son nom de scène.

Rafael Sabatini est né en 1875 d'un père italien et d'une mère anglaise, tout deux évoluant dans le monde de la musique. Auteur d'une quarantaine de romans historiques, à prédominance de cape et d'épée, et d'études historiques, Rafael Sabatini a également été sollicité par le cinéma dans les années 1920/1930. En France il est surtout connu pour ses romans Capitaine Blood et Scaramouche et quelques nouvelles parues dans Mystère-Magazine.

De Scaramouche, paru en 1955 dans une version quelque eu abrégée dans la collection Idéal-Bibliothèque chez Hachette en 1955, j'avait gardé un souvenir vivace et attendri, dont les deux derniers chapitres m'avaient particulièrement marqué par leur pathétisme poignant.

Aussi ce n'est pas sans émotion que j'ai relu Scaramouche dans sa version intégrale, et une fois encore la magie littéraire a opéré en moi ce déclic que seuls les grands auteurs populaires savent déclencher. Il existe une suite, Scaramouche, The Kingmaker, qui malheureusement reste inédite en France.

Collection Idéal-Bibliothèque en 1955 chez Hachette. Illustrations de Jacques Pecnard. 192 pages.

Collection Idéal-Bibliothèque en 1955 chez Hachette. Illustrations de Jacques Pecnard. 192 pages.

Version d'octobre 1989, édité par L'Atalante dans la collection Bibliothèque de l'évasion. 352 pages.

Version d'octobre 1989, édité par L'Atalante dans la collection Bibliothèque de l'évasion. 352 pages.

Le roman Scaramouche a été adapté au cinéma à plusieurs reprises, dont en 1952 par Georges Sidney, avec dans les rôles principaux Stewart Granger, Janet Leigh, Eleanor Parker et Mel Ferrer. En 1963, l'espagnol Antonio Isasi-Isasmendi signait un film franco-espagnol avec Gérard Barray dans le rôle titre, Michèle Girardon, Yvette Lebon, Gianna Maria Canale et Alberto de Mendoza.

Rafael SABATINI : Scaramouche

Rafael SABATINI : Scaramouche (Scaramouche - 1921). Traduction de Jean Murray. Collection Libretto. Parution le 2 juin 2016. 324 pages. 10,00€.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 06:48

Une voix dissonante dans un concert de louanges...

Jacques-Olivier BOSCO : Brutale.

En littérature policière, on trouve de bons et de moins bons policiers. Ainsi Maigret a su s'attirer tous les suffrages, engendrant une certaine sympathie, pour ne pas dire une sympathie certaine, voire même une empathie de la part de ses lecteurs. Le côté humain du personnage, sans aucun doute.

D'autres, au contraire ne suscitent que répulsion, antipathie, de par leur comportement violent, agressif, en marge de la loi.

Ainsi, Lise Lartéguy, une lieutenante attachée au Bastion, le nouveau siège du regretté 36 Quai des Orfèvres, est une adepte de la baston, de la violence gratuite. Juste pour faire mal. Pas même comme une Bête, car les animaux attaquent lorsqu'ils se sentent en danger ou pour se nourrir. Non, Lise Lartéguy subit depuis sa tendre enfance des pulsions incontrôlables qui l'obligent à manifester sa brutalité par des exactions envers, de préférence heureusement, des protagonistes guère reluisant. Mais pas toujours et pas que. Parfois c'est un péquin qui s'attire son ire, et elle se déchaîne, malgré les mises en garde de ses supérieurs.

Lise est issue d'une famille de représentants de la loi. Le père, le grand-père, et même avant, émergeaient au Ministère de l'Intérieur. Et quand ils ne sont pas policiers, ils sont gendarmes. Comme son jeune frère Camille élevé au grade de capitaine.

Lorsque le lecteur fait la connaissance de Lise, il est tout de suite mis au parfum comme il était coutume de dire entre truands et flics.

Se rendant dans son bar habituel, elle en profite pour traquer un petit revendeur de drogue lui promettant de joyeux sévices dont elle a le secret s'il n'obtempère pas. Le gamin se débarrasse vite fait de sa marchandise, composée de produits illicites en tout genre. Le tout est étalé sur le bitume et avec un doigt elle en récupère quelques miettes. C'est déjà bien chargée qu'elle entre dans le troquet et pour mieux s'imbiber elle déguste quelques téquilas.

Importunée par un client, elle lui démontre qu'elle connait les principaux moyens de se défendre, en adepte des salles de combats qu'elle est, et l'homme est renvoyé dans ses foyers. Seulement il est accompagné d'amis qui tentent de lui démontrer qu'à plusieurs ils peuvent la mettre à la raison. Peine perdue. Puis elle aperçoit que la bijouterie voisine est braquée par des individus qui se défilent en voiture. Elle les suit à bord d'un véhicule, qui normalement était remisée à la fourrière mais qu'un de ses collègues lui a gentiment prêtée alors que la voiture devait être revendue pour grossir les indemnités de ses supérieurs, et elle se lance à leur poursuite. Les balles volent et font plus de dégâts que celles de ping-pong. Les braqueurs peuvent s'enfuit, l'un d'eux étant toutefois blessé, tandis que Lise reste au bord de la route, son véhicule complètement amoché.

Naturellement son supérieur n'est pas satisfait de sa prestation mais le grand chef, qui se trouve être le parrain de Lise, défend la jeune femme, expliquant que ses actes de brutalité sont à mettre au crédit d'une jeunesse perturbée. Elle est brutale, elle ne contrôle pas ses impulsions, et cela lui plait. Elle ressent même une forme de jouissance à torturer physiquement ses adversaires ou tout simplement ceux qui se mettent en travers de son chemin. Mais elle est sur la bonne voie de la rédemption, d'après lui, car elle se soigne, suivie par un psychiatre.

Lise, malgré une confortable paie est toujours en manque d'argent. Et lorsque son compte est dans le rouge, elle se tourne vers son frère afin qu'il lui débloque quelques subsides, gérant les finances familiales. Elle le rejoint alors qu'il participe à une opération qui requiert la présence de nombreux services de gendarmerie. Ils sont sur les dents, des jeunes filles vierges vidées de leur sang ayant été retrouvées abandonnées dans des lieux déserts. Une affaire dont les ramifications se prolongent en Belgique et en Tchétchénie.

J'ai sauté du train en marche et donc ne peux vous narrer la suite des aventures de Lise et de son frère. Et encore, j'ai édulcoré les scènes d'action qui d'ailleurs auraient pu être décrites avec sobriété plutôt que de manière si complaisante. Et je ne sais pas si certaines incohérences que j'ai relevées au début du récit sont rectifiées par la suite.

Ainsi Camille est le petit frère de Lise. Comme elle a vingt-huit ans, on peut en déduire qu'il est plus jeune. Pourtant Camille a deux enfants dont une fille, Jade, qui fait une crise d'adolescence et possède un portable comme tous les gamins qui entrent en sixième. Donc, Jade a au moins douze ans. Et si je compte bien, dans ce cas, Camille aurait eu sa fille à l'âge de quatorze ans environ. Mais peut-être me trompé-je et qu'une explication simple et logique se cache dans le reste de l'histoire.

La violence, de plus gratuite et inutile comme dans ce roman, ne m'a jamais intéressée. Depuis soixante-dix ans, les conflits ont trop côtoyé mon existence et ce n'est pas le genre littéraire auquel je peux adhérer. On la vit trop au quotidien pour s'extasier devant une histoire qui en fait l'apologie. De plus le cas de Lise n'est pas un exemple, surtout avec toutes les casseroles que se trimbalent les policiers actuellement. A croire qu'il faut être brutal, violent, voire masochiste pour entrer dans ce métier sensé protégé les citoyens. J'ai toujours préféré Arsène Lupin, malfaiteur élégant, à Fantômas, le tueur en série.

Pourtant j'espérais beaucoup de ce nouveau roman de Job, qui pour moi ne l'a pas fait. Il dévalorise une profession dont certains membres se chargent eux-mêmes d'y apporter le déshonneur, persuadés de ne pas être inquiétés à cause d'une impunité à toute épreuve. Non, je n'ai pas aimé, mais je suis peut-être le seul. Et comme je n'ai pas pour habitude de flatter, de faire montre de flagornerie pour me faire bien voir de la part d'un auteur, je n'hésite pas à écrire quand j'aime et surtout quand je n'apprécie pas.

 

Je vous propose toutefois de découvrir l'avis de Claude Le Nocher sur Action-Suspense, qui se montre beaucoup plus indulgent que moi.

Jacques-Olivier BOSCO : Brutale. Collection La Bête Noire. Editions Robert Laffont. Parution le 19 janvier 2017. 416 pages. 20,00€.

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 06:43

Juste quelques litres de sang suffiront !

Pierre BAMEUL : Pour nourrir le soleil.

A l'origine ce roman a été édité en deux tomes dans la collection Anticipation du Fleuve Noir : La saga d'Arne Marsson (N°1458 - mai 1986) et Le choix des destins (N°1489 - octobre 1986). Plus qu'une anticipation, il s'agit d'une uchronie se déroulant en deux épisodes qui peuvent se lire indépendamment, mais prennent toute leur saveur dans ce volume complet car des incompréhensions, ou du moins ce que le lecteur aurait pu juger comme telles en s'arrêtant à la première partie, sont expliquées et dévoilées à la fin de la seconde partie.

Collection Anticipation N°1458. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1986. 192 pages.

Collection Anticipation N°1458. Editions Fleuve Noir. Parution mai 1986. 192 pages.

La saga d'Arne Marsson :

Le knorr est dans le potage et le bateau est soumis à la pression des eaux qui déferlent. Cela fait deux jours que la tempête s'amuse avec le drakkar qui est parti du Vinland quinze jours auparavant.

Les avaries sont nombreuses et dix hommes et quatre femmes ont péri dans la tourmente. Il ne reste plus à bord qu'Arne Marsson, le capitaine, Oleg, Olaf, Rolf et Franck dit le Savant, ses compagnons, ainsi qu'Erika, sa femme enceinte.

Soudain Arne rugit Trollstein, le mot magique qui calme peu à peu les éléments déchaînés. Il aurait dû y penser plus tôt, se morigène-t-il, mais dans la confusion ceci lui était sorti de l'esprit. Et puis il s'inquiète de cette fameuse pierre qu'il transporte à son bord, la Pierre des Trolls, une plaque de granit poli gravé de runes qui lui été offerte par un troll, lors d'un voyage en Suomie.

Les éléments marins calmés, il faut penser à remettre en état le drakkar, et puis sacrifier à quelques traditions, si l'on veut tenir en main son équipage. Arne accepte donc que son épouse Erika, quoique celle-ci soit réticente au départ, procède à un exutoire génital de ses compagnons, et, si l'on de réfère aux gémissements qui sortent du taud, Franck le Savant y met du sien afin de satisfaire ses exigences naturelles et qu'Erika ne dédaigne pas à le rejoindre dans ses transports.

Bientôt ils abordent la terre à quelques mille-deux-cents miles marins de leur point de départ. Alors qu'ils réparent leur navire, les premiers Skraelings font leur apparition. Cette invasion sur leurs terres n'a pas l'heur de leur plaire, une bataille est inévitable. Grâce à sa magnanimité et à son sens de la diplomatie, bientôt Arne et ses compagnons sont acceptés par la tribu. Ils vont même les défendre contre les attaques de barbares qui veulent déposséder leurs hôtes de leurs terrains de chasse.

Tant et si bien qu'Arne devient le chef à la place du jeune chef Skraeling qui a été tué dans un combat. Mais il pense toujours à l'inscription gravée sur sa Pierre de troll, et toute la compagnie s'exile vers le Sud, au pays des Chichimèques et des Toltèques, avant de partir plus loin à la conquête du mystérieux pays évoqué par la pierre. Une légende va naître, celle de Quetzalcoatl, plus connu sous le nom de Serpent à plumes, ainsi dénommé à cause de ses vêtements militaires, une adaptation de la vêture viking et des coutumes des autochtones.

Mais là aussi, il faut sacrifier à certaines traditions, lorsque le Soleil risque de s'éteindre. Et un voile noir issu du fin fond de la galaxie s'amuse parfois à frôler la Terre plongeant le peuple dans la crainte et l'anxiété.

Collection Anticipation N°1489. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1986. 192 pages.

Collection Anticipation N°1489. Editions Fleuve Noir. Parution octobre 1986. 192 pages.

Le choix des destins.

Ce second volet se déroule environ mille ans après les événements décrits ci-dessus.

Les Aztèques ont conquis le monde et étendent leur domination jusqu'en Orient. L'ordre par obscurantisme règne et Motecuhzoma V est l'empereur incontesté du Royaume du Soleil et de l'Antique Anáhuac. Son frère Tonatiuh arrive face à l'île Réac à bord d'un dirigeable.

Marié depuis deux mois, Malic, à peine vingt ans, quitte son travail à l'arsenal et rejoint, juché sur sa draisienne, le port de Tarochellan où l'attend théoriquement son épouse la belle Orana. Théoriquement car arrivé sur place, il ne peut que constater que celle-ci a été sélectionnée, comme bien d'autres femmes, pour servir d'offrande à Tonatiuh.

Mais un vent de fronde, d'insurrection règne sur l'Heurohuac et plus particulièrement en pays Franhauc. Les Sarrazins concentrent leurs troupes dans le Mahgreb, et Gallix, un ancien officier franhauc s'est exilé dans les îles du Nord afin de diriger la rébellion.

Malic se révolte contre l'enlèvement de sa femme et il est arrêté par la soldatesque. Emprisonné, il sera délivré par des partisans, résistants pour les uns, terroristes pour les autres, et rejoindra la Résistance.

Evidemment cet épisode ramène le lecteur à des événements qui se sont déroulés il y a maintenant plus de soixante-dix ans mais dans des conditions différentes. Ce sont les Aztèques qui ont conquis le monde et non le contraire. Un peu grâce à Quetzalcoatl, alias Arne Marsson.

Auparavant, les Indios n'avaient pas de chevaux, et ils ignoraient l'usage de la roue, du fer, de l'arbalète et du mousquet. En outre, contrairement aux Vikings païens, les Espaňoles, poussés par le mythe manichéen chrétien, pratiquaient la guerre totale.

Mais le régime aztèque interdit les avancées scientifiques, pensant, à tort ou à raison, que justement le modernisme leur serait fatal. Il s'agit donc bien d'une uchronie, mais ce roman ne serait pas complet, et ne justifierait pas l'appellation d'Anticipation et de Science-fiction, si Pierre Bameul n'intégrait des données supplémentaires. D'abord ce voile noir qui perturbe le bon déroulement des événements, et d'ailleurs voile noir pourrait tout aussi bien être la métaphore de l'obscurantisme scientifique et son refus des avancées techniques, louables ou non ceci est une autre histoire.

Et ce voile noir provoque un phénomène bien connu des romanciers de science-fiction, les mondes parallèles. Et alors, ce qui semblait antinomique dans la première partie, les distances en miles par exemple qui n'avaient pas cours en pays viking lors de leurs premières migrations en Vinland, c'est-à-dire, Terre-Neuve et le haut du Canada. D'autres éléments, que je n'ai pas évoqués afin de laisser un peu de suspense, sont également décryptés. Quant au pays Franhuac et Tarochellan, il s'agit bien évidemment de la France et La Rochelle. Je vous laisse deviner qui se cache sous Gallix.

Un roman plaisant à lire aussi bien dans le fond que dans la forme, et il est dommage que Pierre Bameul se montre aussi discret.

 

Pierre BAMEUL : Pour nourrir le soleil. Collection e-Anticipations. Editions L'Ivre book. Parution le 06 janvier 2017. Version numérique. 3,99€.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 05:28

Méfiez-vous : le ciel est généreux mais imprévisible !

Francis MIZIO  : Tout ce qui tombe du ciel.

Après La Santé par les plantes, édité par La loupiote puis réédité en Série Noire (la consécration !), après quelques nouvelles de fort bonne facture dont j'aurai sûrement l'occasion de vous en reparler, voici son dernier ouvrage en date : Tout ce qui tombe du ciel aux jeunes éditions Lignes Noires. J'écrivais ces lignes en l'an 2000, déjà ! Depuiq Francis Mizio c'est fait discret, mais ces ouvrages continuent à vivre, et c'est ce que l'on peut demander de mieux pour un auteur.

 

Le village de Château-Carrois est tout bonnement remarquable. C’est un écrin de verdure dans une terre de contrastes ”.

Les habitants pourraient y vivre heureux, comme dans toute monde rural qui se respecte, avec ses jalousies, son hobereau, ses petits commerces, son simplet, sa nymphomane, et j’en passe.

Seulement, Ladislas Krobka, cafetier de son état par la volonté de son cousin qui lui a légué l’établissement sous la condition expresse que Ladislas s’occupât de son animal favori, un poisson carnivore, un frico carmin à canines, lequel ne se nourrit que de gerboises, Ladislas donc s’était acheté une voiture toute neuve, une Bouzoo, dont il était fier à juste raison.

Etait, car ne voilà-t-il pas qu’une météorite, venue d’on ne sait d’où, du ciel probablement, s’est fichée dans la carrosserie, écrasant le véhicule et causant des dommages irréparables. Cette pierre va semer la discorde dans cette petite communauté.

Chacun espère en tirer profit, mais Ladislas se doit de la conserver précieusement car n’est-elle point la preuve tangible, matérielle, des dégâts occasionnés sur sa Bouzoo, alors que l’assurance rechigne (comme toujours) à lui verser des dommages et intérêts.

 

Tout ce qui tombe du ciel est un roman difficile à classer dans un genre défini. Pas vraiment noir ou policier, surtout humoristique, ce livre renoue avec le genre populaire dans le bon sens du terme, qui accroche le lecteur dès la première page et le conduit par les yeux jusqu’à l’épilogue.

Francis Mizio possède un style à nul autre pareil, et c’est un vrai bonheur burlesque, cocasse, où le sérieux, la gravité, le disputent au désopilant, à l’ironie, à la verve malicieuse, voire au sarcasme.

Un ouvrage qui devrait être remboursé par la Sécurité Sociale grâce à ses vertus bénéfiques sur l’apaisement de l’esprit après une dure journée de labeur. C'est aussi ce que j'écrivais en l'an 2000, je ne change rien, et faut croire que cette petite phrase a conquis de nombreux chroniqueurs car je la retrouve souvent au détour d'articles toujours élogieux.

Première parution : Editions Lignes Noires. Parution 14 mars 2000.

Première parution : Editions Lignes Noires. Parution 14 mars 2000.

Francis MIZIO : Tout ce qui tombe du ciel. Collection Hélios Noir. Editions Actu SF. Parution 9 février 2017. 392 pages. 9,00€.

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 06:43

A déguster sans modération...

Serge SAFRAN: L’amour gourmand. Libertinage gastronomique au XVIIIème siècle.

Les plaisirs de la table et les plaisirs sexuels sont les deux mamelles des plaisirs de la chair.

Serge Safran, en gourmand et fin gourmet, a convié à sa table littéraire des invités prestigieux tels que Boyer d’Argens, Caylus, Rétif de la Bretonne, Crébillon fils, Marivaux, Fougeret de Montbron, Nerciat, Casanova ou encore Sade, pour n’en citer que quelques-uns.

Au menu, le chocolat, le café, les huîtres, le Champagne, les liqueurs, les vins plus quelques amuse-gueules comme le tabac et autres friandises. Bref de quoi réveiller les sens gustatifs et charnels de lecteurs affamés qui ne considèrent pas la lecture comme un en-cas, mais veulent, exigent du roboratif et du jouissif, sans être incommodés par des digestions lentes et difficiles dont le résultat peut amener à des troubles de somnolence.

L’amour gourmand revisite avec délice ces auteurs jugés licencieux, et l’on se rend compte qu’au moins leur prose était délectable, comme un plat préparé amoureusement, tout en finesse, couleurs, légèreté, bien loin des orgies livresques dont certaines collections du XXème siècle inondèrent les étals des libraires, tels des fricots peu ragoûtants. C’est un témoignage également sur une époque révolue, le siècle des Lumières, grâce aux nombreux exemples, citations, extraits d’ouvrages, tranches de vie subtiles, recueillies par Serge Safran comme autant de gâteries et de douceurs.

L’humour ne manque pas, ingrédient indispensable, comme les épices dans un plat sucré salé. Le libertinage était une forme de joie de vivre, et l’on se prend à rêver à cette époque révolue qui ne connaissait pas l’emballage sous vide. Les métaphores, nombreuses, démontrent une joliesse des images et que le cru n’est pas de mise, au contraire il indispose. Le verbe est riche mais pas gras. Nos libertins du XVIIIème siècle savaient manier les mots, mitonner les phrases, jongler avec les allusions, sans pour autant provoquer des maux de ventre, de tête ou tout autre partie du corps.

Un livre savoureux à offrir, à s’offrir, à déguster, à savourer, sans arrière pensée et sans modération.

Serge SAFRAN: L’amour gourmand. Libertinage gastronomique au XVIIIème siècle. Collection L’Attrape-corps. Editions La Musardine. Réimpression. Parution le 9 février 2017. 272 pages. 16,00€.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 13:28

Le fils du forçat força. C'est fort ça !

Alexandre DUMAS : Le fils du forçat.

Les méchants sentiments ressemblent aux mauvaises herbes des champs; un brin de racine suffit pour les perpétuer.

Mais monsieur Coumbes, ancien maître-portefaix, comme la plupart des gens, ne se rend pas compte qu'il cultive de mauvais sentiments, à défaut de son jardin.

Pourtant il pensait avoir effectué une bonne action lorsqu'il avait sauvé des griffes de son mari la belle Millette, une Arlésienne, et son fils Marius. C'était au début des années 1830 et il travaillait sur le port de Marseille comme portefaix. Travailleur, économe, célibataire, propriétaire de deux arpents de terre à Montredon, monsieur Coumbes vivait dans un petit immeuble qui abritait également Millette, son fils, et son mari Pierre Manas. Celui-ci, homme violent et alcoolique dépensait dans les troquets le peu d'argent qu'il gagnait, en compagnie de ses copains de comptoir. Il battait sa femme partant du principe que si lui ne savait pas pourquoi, elle, elle le savait. Et un jour, pris de boisson, par amusement éthylique et pour épater un de ses camarades, il entreprit de pendre sa femme.

Monsieur Coumbes, entendant les cris de Millette, lui sauve in extremis la vie au péril de la sienne car Manas n'entend pas que un individu quelqu'il soit lui obère son plaisir du moment.

Les voisins alertés s'en mêlent et Manas, toujours forcené, est emmené en prison. Millette est recueillie par monsieur Coumbes qui l'embauche pour les soins du ménage et la préparation des repas. Le jeune Marius est déclaré comme son filleul. Les semaines, les mois, les années passent.

Monsieur Coumbes fructifie son pécule, le jeune Marius grandit et Millette est toujours attachée comme servante. Pas plus car monsieur Coumbes professe à l'encontre de la gent féminine une certaine méfiance. D'ailleurs il ne verse aucun gages à Millette. Il est déjà assez bon comme ça, pense-t-il, puisqu'il procure le logement et la nourriture, à elle et à son fils.

Au bout de quelques années, la cagnotte amassée est assez conséquente pour que monsieur Coumbes puisse prendre sa retraite et s'installer définitivement dans son petit cabanon à Montredon. Pas le style cabane de jardin, mais une vraie maison, simple mais accueillante avec un bout de terrain ingrat autour et surtout la vue sur la mer. Et pas que la vue. Il peut aller pêcher tous les poissons de roche qui entrent dans la composition de la bouillabaisse, sa spécialité.

Le seul regret de monsieur Coumbes réside que malgré tous les soins qu'il apporte à cultiver ses plantations, celle-ci végètent, dépérissent, en légumes ingrats incapables de lui fournir la moindre subsistance ou en fleurs susceptibles de lui réjouir la vue. Pourtant il s'en donne de la peine monsieur Coumbes, ajoutant de la terre et entretenant ses parterres. Mais rien d'y fait.

Jusqu'au jour où un voisin s'installe sur le lopin contigu et fait construire un chalet. Et son jardin est comme un petit Eden. De quoi alimenter la jalousie de monsieur Coumbes. Si ce n'était que cela. Ce grand jeune homme invite des amis, farceurs comme lui, et déguisés en vampires ou quelque chose d'approchant, ils amènent de nuit une jeune femme afin de lui faire subir d'horribles supplices. Du moins c'est ce que monsieur Coumbes pense dans sa grande naïveté alimentée par la jalousie et l'orgueil.

Ce n'est qu'un malentendu, monsieur Coumbes l'apprendra un peu plus tard, mais le mal est fait. Il a assisté à une grande farce et la jeune femme n'est autre que la sœur du voisin. Une sœur charmante dont s'éprendra Marius lorsqu'il la rencontrera sur le port. Mais monsieur Coumbes ressasse un vif ressentiment. Les événements vont se précipiter lorsqu'un personnage perdu de vue depuis vingt ans reviendra sur scène, dans les calanques de la Madrague, non loin de Montredon.

 

Le fils du forçat est un roman intimiste, dans lequel gravitent peu de personnages et où Dumas déploie tout son savoir-faire narratif. Mais il oscille également entre romantisme et naturalisme avec un fond de roman criminel. Car tentative de meurtre et meurtre sont au rendez-vous..

Ce qui était à l'époque la grande banlieue de Marseille est aujourd'hui intégrée dans le VIIIe arrondissement de la cité phocéenne. La nature avait gardé ses droits, et la Pointe rouge, Montredon, la Madrague, possédaient ce charme sauvage qui n'est plus de nos jours leur apanage. Si la nature est y décrite avec précision, les efforts horticoles de monsieur Coumbes le sont également lorsqu'il se mue en jardinier. Mais un jardinier déçu. D'autant plus que son voisin réussit là où il n'essuie que des échecs.

Tout est axé sur monsieur Coumbes, son égoïsme, son orgueil, la relation ambigüe qu'il entretient avec Marius, son filleul qui l'appelle Papa, et dont il ne dévoile pas l'origine. Ne lui parlant pas de son véritable père qui a été envoyé en prison pour des faits de violence puis deviendra forçat durant deux décennies pour récidive.

Loin des romans historiques et de cape et d'épée qui ont forgé sa réputation Alexandre Dumas s'immisce dans un autre genre littéraire, enrichissant sa palette de la description d'un monde ouvrier et petit bourgeois.

Publié pour la première fois en 1859, ce roman est également titré Monsieur Coumbes, ou Histoire d’un cabanon et d’un chalet, ce qui est tout de même bon à savoir lorsque l'on veut posséder l'œuvre complète de cet auteur immortel.

Alexandre DUMAS : Le fils du forçat. Une tragédie marseillaise. Collection L'Aube Poche. Editions de l'Aube. Parution le 15 septembre 2016. 296 pages. 11,80€.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:53

Des uchronies royales !

Pierre BAMEUL : Un portrait.

Né le 10 novembre 1940 à Barneville-sur-mer dans la Manche, Pierre Bameul, dont c'est le véritable patronyme, est issu d'une vieille famille du Cotentin du côté maternel, et d'une famille paternelle également normande mais avec des apports britanniques et anglo-normands proches (Guernesey) ainsi que flamands plus anciens.

Sa prime enfance reste imprégnée des souvenirs du Débarquement américain, auquel il a assisté aux "premières loges". Un événement qui a suscité sa passion pour l'histoire et la culture américaine, notamment la science-fiction. Après la Libération, il est parti vivre à Argenteuil, dans le Val-d'Oise, où son père, rentré de guerre, a repris son emploi à la SNCF.

En 1950, c'est le retour de la petite famille, Pierre Bameul est enfant unique, à Cherbourg où il a passé son adolescence. Il débute comme apprenti puis ouvrier ajusteur à l'Arsenal maritime de Cherbourg avant de partir combattre en Algérie comme sous-officier dans l'Armée de Terre. Rentré au pays après la "chute" de l'Algérie française, il travaille dans l'électronique à la CIT de Cherbourg puis dans la société Dormeuil dans la même ville. Il se marie en 1964, à Cherbourg, avec une femme à moitié... américaine.

En 1970 départ pour Bordeaux avec sa femme et son fils. Une entreprise de confection aquitaine lui offrant un meilleur emploi mais c'est le dépôt de bilan et Pierre Bameul se retrouve chômeur. Il profite de cette période pour écrire de la SF et prend des cours de recyclage en comptabilité. Après divers petits boulots, éphémères, il entre à FR3 Aquitaine en 1979 d'abord comme économe, puis une fois intégré; comme secrétaire de rédaction et y termine sa carrière. Son fils Franck, né en 1965 à Cherbourg, est médecin-parasitologiste à Bordeaux, et sa fille Flora est née à Bordeaux en 1984.

Depuis la naissance de sa fille, Pierre Bameul a dû laisser l'écriture par manque de temps, pris par des horaires difficiles à FR3 qui l'amènent à travailler tard le soir ainsi que durant les week-ends, une longue étude de l'anglais et un militantisme royaliste accaparant. Pourtant il a des projets. Un roman sur la Guerre d'Algérie; Une histoire des mouvements royalistes français à la fin du XXe siècle. Il est également passionné par l'histoire, en particulier l'histoire de l'Antiquité ainsi que l'histoire française des deux derniers siècles. Ce qui constitue une des raisons de ses opinions royalistes. Autre conséquence, dans le domaine de la SF, son thème préféré est l'Uchronie. Par ce biais, écrit-il, on peut toujours lire ou écrire l'Histoire telle qu'elle aurait pu évoluer si... Puisqu'avec des si l'on récrirait l'Histoire...

 

Grand lecteur éclectique, Pierre Bameul est capable de lire plusieurs livres à la fois et alterne science-fiction, polar, roman médical, aventures exotiques, "œuvre intello", roman historique, roman d'espionnage... Rien qu'en SF, son domaine de prédilection, il pense avoir lu environ deux mille cinq cents ouvrages, essentiellement d'auteurs américains. Mais il est quelque peu saturé de tout cela et en particularité des fictions romanesques. Il lit surtout des livres d'histoires et des mémoires et biographies de personnages historiques, tant généraux que simples soldats.

 

A ma question, Pourquoi avez-vous éprouvé le besoin d'écrire et surtout de la littérature populaire, il m'a répondu :

Cela appelle plusieurs réponses.

A) J'ai commencé à lire vers quatre ans. J'ai su déchiffrer d'abord Achtung Minnen ! sur les pancartes allemandes (c'était très utile), puis je lisais facilement les textes des affiches - première littérature populaire - dès que j'eus acquis les principes alphabétiques et syllabiques que m'apprirent, sur le tas, les adultes de mon entourage. Le virus de la lecture m'avait atteint et avait accaparé mon imaginaire. Après la guerre, quand je venais en vacances à Cherbourg, mon grand-père maternel m'emmenait souvent chez deux vieilles institutrices qui possédaient une énorme bibliothèque garnie de livres édités au XIXe et début du XXe siècle. Ce fut pour moi une source extraordinaire de découvertes historiques. En outre, j'avais toujours en mémoire le formidable déploiement de forces de l'armée américaine et ses moyens qui paraissaient si extraordinaires aux yeux des Normands réduits à la misère par l'Occupation. Pour l'enfant-témoin que j'avais été, les Américains me faisaient l'effet d'Extraterrestres. Ils avaient déjà engendré mon goût pour la science-fiction.

B) Les réalités de la vie dans une famille aux modestes ressources m'entraînèrent à travailler jeune; aussi trouvais-je dans la lecture cette évasion intellectuelle qui me permettait de tenir le coup dans l'engrenage de l'esclavage salarié. Subterfuge aujourd'hui remplacé par la télévision, dans les couches populaires soumises aux mêmes conditions. De lire à écrire, il n'y avait qu'un pas à franchir. Néanmoins je considérais la lecture romanesque d'évasion comme une quasi-schizophrénie, et ce n'est qu'après avoir rencontré à Bordeaux Francis Carsac, dont j'avais lu les ouvrages de SF, que cela m'incité à écrire à mon tour des romans de SF.

C) J'ai opté pour la littérature populaire, parce que les réalités du monde du travail, de la guerre, de la famille, des études, de la vie et de la mort, font que je n'adhère pas aux rêveries des 'intellos" qui croient pouvoir refaire le monde par le biais d'ouvrages proposant aux lecteurs des superbes pensées-modèles inapplicables à ce qui fait le tempérament et l'essence même des humains. J'ai donc préféré les romans populaires sans prétention, qui permettent de rêver, certes, mais en faisant nettement le distinguo entre l'imaginaire et le réel. D'agréables évasion, souvent satiriques, du quotidien.

Certains ont trouvé antinomiques mon goût de la SF et mes idées royalistes. Il n'y a pourtant là aucune contradiction : mon royalisme résulte de l'étude raisonnée de la pérennité des sociétés humaines, tandis que mon goût pour la SF provient de la curiosité qui pousse l'humanité à chercher toujours plus loin.

 

Dans le numéro N°322 de Fiction d'octobre 1981, Francis Valéry et Jean-Daniel Brèque écrivaient :

Lorsqu'on rencontre Pierre Bameul et qu'on discute un peu avec lui, on est tantôt irrité, tantôt charmé, par les propos qu'il tient et par son attitude joviale et tranquille... Nous avons dit que Pierre Bameul était irritant. Nous le maintenons. On ne l'a jamais entendu dire du mal de quelqu'un. A la longue, c'est fatiguant... On ne compte plus ses changements d'adresse, de métier, ses manuscrits tour à tour refusés, acceptés sous réserve, re-refusés, etc. Car Pierre Bameul a un grave, mais alors vraiment très grave défaut : il ne sait pas faire court. Il trouve une bonne idée, et vlan, trois mois après, il vous fait lire un manuscrit de 1 000 pages. Et quand vous lui dites, tu sais, les éditeurs ne publient pas de si gros trucs, faudrait couper un peu, il revient deux mois après en disant : J'ai trouvé, j'ai récrit en coupant un peu et puis en arrangeant un peu, ça fera trois tomes de 400 pages chacun !

 

De nos jours, cette propension à fournir des manuscrits si touffus ne serait pas rédhibitoire. Au contraire. Mais la roue a tourné.

 

Article rédigé grâce à une correspondance personnelle avec l'auteur en septembre 1998.

 

Bibliographie :

Romans

Je paye donc je suis. Galaxie N° 151 & 152. Janvier et février 1977. Editions OPTA.

Écrit dans le passé, Fiction N° 292 & 293. Juillet/Août et Septembre 1978.OPTA.

Par le Royaume d'Osiris, Nouvelles éditions OPTA, 1981

L'Ère du Vent, Éditions ARMADA, 2011

 

Série Pour nourrir le Soleil

La Saga d'Arne Marsson, Fleuve noir, 1986

Le Choix des Destins, Fleuve noir, 1986.

Réédition en numérique de ces deux romans regroupés sous le titre Pour nourrir le Soleil, Editions L'Ivre-Book, 2017.

 

Nouvelles

Les Vieux au Poteau !, 1975 Prix de la meilleure nouvelle de SF française au Congrès de la SF française d'Angoulême en 1975. Revue Galaxie N°137. Editions OPTA. Octobre 1975.

Copyright Editions Azerty. Revue Galaxie N° 144. OPTA. Mai 1976

Le cavalier antique, FR3 Bordeaux. 1977 nouvelle radiophonique.

l'Echelle Mobile, Anthologie Des Métiers d'avenir. Editions Ponte Mirone. 1979

L'Ultime Bastion, Espaces Libres n° 4, Association amiénoise de science-fiction, juillet 1979.

Les Redresseurs de torts, Opzone N°7. Avril 1980

Mobilis in Mobili, Anthologie Mouvance IV. 1980. Réédition 2013

Héroïne fantaisie, Anthologie Les jeux de l'humour et du bizarre. Avril 1983.

La Rosée du Veld, Anthologie Les Passagers du vent. Octobre 1986

Pour une larme du Soleil, Anthologie Compagnie des Glaces. Fusée N°24. Rivière Blanche. Décembre 2012

Conte du Guerrier chétif, Galaxie Nouvelle série 22/64 mars 2013

Les Bienheureux des Pieux, Anthologie Dimension Sidération. Fusée 43. Rivière Blanche 2016

Montre-nous ton pouvoir, 2016. Édition numérique.

 

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 06:44

Disparu, tu as disparu
Au coin de ta rue.
Je t´ai jamais revu...

 

Anne-Solen KERBRAT : Evaporé.

S'il me fallait comparer ce roman à une œuvre picturale, nul doute que j'associerai le nom de l'auteur à celui de Seurat mais également à celui de Turner.

Les personnages, les actions, les impressions ressenties sont placés comme de petits points sur la page blanche, puis tout est entouré d'un flou artistique propice à laisser libre court aux interprétations, réelles ou erronées, du lecteur.

Tout commence lorsqu'Astrid, revenue à Rennes après un long séjour au Canada aperçoit Pierre, son beau-frère, sortant d'une agence immobilière. Un fait peu banal qui l'incite à se garer à la première place libre et à se rendre dans la boutique dont elle connait la gérante. La conversation s'engage entre les deux femmes et Astrid apprend, à son grand étonnement qu'elle sait dissimuler, que l'homme voulait vendre sa maison. Une magnifique demeure en dehors de Rennes et comprenant pas moins de sept chambres sans compter le parc arboré. Evidemment c'est un peu cher pour elle, mais au moins elle possède le renseignement. Elle va toutefois se rendre sur place en compagnie de son amie agent immobilier, ce qui lui permet de visualiser les lieux.

Pierre, courtier en assurances, est agacé lorsqu'Astrid lui annonce qu'elle sait qu'il veut vendre sa maison. Elle suppute que Romane, sa sœur, ignore cette cachoterie et donc exige que son beau-frère lui remette la moitié de l'argent provenant de la vente du bien, ainsi que du double des clés. Peu après la demeure est retirée de la vente à l'agence mais figure dans un site de vente entre particuliers. Plutôt bizarre comme démarche. Astrid se rend à nouveau sur place et une homme est présent, examinant lui aussi cette maison bourgeoise.

Un peu plus tard.

Romane est inquiète. Son mari Pierre, en déplacement à Bruxelles pour finaliser la signature d'un contrat d'assurances auprès d'une grosse boîte, n'a pas donné signe de vie depuis plusieurs jours. Il devait prendre le train pour la Belgique le lundi matin, et depuis plus rien. Silence total. Alors elle fait part de ses appréhensions auprès du commandant Perrot et de son ami et adjoint Lefèvre, qui sont provisoirement à Rennes en remplacement de deux collègues en congés de maladie.

Ils acceptent de s'occuper de cette disparition inquiétante aux yeux de la jeune femme, plus pour lui faire plaisir que par conviction. Les premières informations recueillies auprès de l'associé de Pierre, qui détient la majorité des parts, et des collègues, comptable et secrétaire, du disparu ne les avancent guère. Pierre aurait téléphoné pour dire qu'il était malade, mais nulle trace de son arrivée à Bruxelles n'est enregistrée. Alors parti avec une jeunette, comme cela arrive parfois, pourquoi pas pensent les policiers qui vont toutefois demander à visionner les enregistrements des vidéos de la gare.

Un autre personnage s'inquiète de ne pas avoir de nouvelles de Pierre depuis plusieurs jours. Il s'agit de son ami Alexis, propriétaire d'un magasin d'objets de décorations.

Peu à peu tout se met en place, et Perrot et Lefèvre se rendent compte que la supposition d'un départ en compagnie d'une jeunette peut être effacée et qu'il faut éventuellement se tourner vers l'hypothèse d'un enlèvement. Or les renseignements qu'ils récoltent à droite et à gauche manquent souvent de précision ou se contredisent. A moins que, Pierre étant sous pression car les chiffres qu'il récoltait n'étaient pas à la hauteur des attentes de son associé et se trouvant sous le coup d'un licenciement ait préféré se fondre dans le paysage.

L'épilogue clôt le récit comme il a commencé, avec des personnages qui réapparaissent après avoir disparu de la circulation, et je ne parle pas forcément de Pierre, comme en pointillé et en léger flou. Ce final donne l'impression d'avoir été bâclé, mais je ne peux en dire plus sans déflorer le sujet.

Les personnages, des seconds drôles mais dont la présence s'avère primordiale, sont dessinés par petites touches, comme en pointillés, avant que les principaux protagoniste entrent en scène. D'abord Romane, puis Lefèvre et Perrot, Alexis l'ami de Pierre, Max l'associé et ses deux collaboratrices. Le tout dans un flou artistique entretenant le suspense. Sans oublier cette figure qui apparait de temps à autre.

Le tout est bien amené, malgré quelques petites faiblesses que l'on pardonnera, car l'énigme persiste, même si, à condition de ne pas lire en diagonale, des pistes et des indications sont placées ça et là comme un jeu de piste.

Anne-Solen KERBRAT : Evaporé. Série Perrot et Lefèvre N°9. Editions du Palémon. Parution le 7 octobre 2016. 320 pages. 10,00€.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:00

Le roman policier, ou roman criminel, était à peine né que déjà il était pastiché et parodié.

Paul FEVAL : La fabrique de crimes.

S’il faut en croire l’auteur dans sa préface, chaque chapitre de ce court roman contiendra soixante-treize assassinats ! Evidemment, ceci n’est qu’une accroche propre à méduser, surprendre et estomaquer le futur lecteur. Car il ne faut pas oublier que les romans en ce XIXème siècle paraissaient en priorité en feuilletons, et Paul Féval savait que pour appâter le lecteur, le début se doit d’être assez mystérieux et surprenant. Aussi, l’écriture de la préface n’est pas confiée à un spécialiste, un confrère ou un critique littéraire, mais il se charge lui-même de la rédiger, annonçant la couleur :

Nous aurions pu, imitant de très loin l’immortel père de Don Quichotte, railler les goûts de notre temps, mais ayant beaucoup étudié cette intéressante déviation du caractère national, nous préférons les flatter.

C’est pourquoi, plein de confiance, nous proclamons dès le début de cette œuvre extraordinaire, qu’on n’ira pas plus loin désormais dans la voie du crime à bon marché.

 

Nous savons tous que les records sont faits pour être battus, et le bon Paul Féval s’il vivait aujourd’hui verrait ses cheveux se dresser sur sa tête s’il lisait certaines productions. Pourtant, toujours dans sa préface, ne seront pas comptés les vols, viols, substitutions d’enfants, faux en écriture privée ou authentique, détournements de mineures, effractions, escalades, abus de confiance, bris de serrures, fraudes, escroqueries, captations, vente à faux poids, ni même les attentats à la pudeur, ces différents crimes et délits se trouvant semés à pleines mais dans cette œuvre sans précédent, saisissante, repoussante, renversante, étourdissante, incisive, convulsive, véritable, incroyable, effroyable, monumentale, sépulcrale, audacieuse, furieuse et monstrueuse, en un mot Contre nature, après laquelle, rien n’étant plus possible, pas même la Putréfaction avancée, il faudra, Tirer l’échelle !

 

Mais avant d’aller plus loin dans cette mini étude, je vous propose de découvrir l’intrigue dans ces grandes lignes.

Dans la rue de Sévigné, trois hommes guettent dans la nuit la bâtisse qui leur fait face. Ce sont les trois Pieuvres mâles de l’impasse Guéménée. Ils ont pour crie de ralliement Messa, Sali, Lina, et pour mission de tuer les clients du docteur Fandango. L’un d’eux tient sous le bras un cercueil d’enfant. Un guetteur surveille les alentours, placé sur la Maison du Repris de Justice. Ils ont pour ennemis Castor, Pollux et Mustapha. Ce dernier met le feu à une voiture qui sert à transporter les vidanges des fosses dites d’aisance et derrière laquelle sont cachés les trois malandrins. Sous l’effet de la déflagration, les trois hommes sont propulsés dans les airs, mais le nombre des victimes de l’explosion se monte à soixante-treize. Le docteur Fandango s’est donné pour but de venger la mort d’une aristocrate infidèle, homicidée par son mari le comte de Rudelane-Carthagène. Les épisodes se suivent dans un rythme infernal, tous plus farfelus, baroques, insolites et épiques les uns que les autres. Tout autant dans la forme que dans le fond, dans l’ambiance, le décor, les faits et gestes des divers protagonistes.

Ce malfaiteur imita le cri de la pieuvre femelle, appelant ses petits dans les profondeurs de l’Océan. Avouez que ceci nous change agréablement de l’ululement de la chouette ou du hurlement du loup, habituellement utilisés par les guetteurs et par trop communs. Et puis dans les rues nocturnes parisiennes, au moins cela se confond avec les bruits divers qui peuvent se produire selon les circonstances.

Paul Féval ironise sur les feuilletonistes qui produisent à la chaîne, lui-même en tête. Derrière eux venait le nouveau mari de la jeune Grecque Olinda. Nous ne sommes pas parfaitement sûrs du nom que nous lui avons donné, ce doit être Faustin de Boistord ou quelque chose d’analogue. Il est vrai que parfois les auteurs se mélangeaient les crayons dans l’attribution des patronymes de leurs personnages, rectifiant après coup sous les injonctions des lecteurs fidèles, intransigeants et attentifs.

Le sensationnel est décrit comme s’il s’agissait de scènes ordinaires, mais qui relèvent du Grand Guignol : Bien entendu, les malheureuses ouvrières, composant l’atelier des Piqueuses de bottines réunies, avaient été foulées aux pieds et écrasées dès le premier moment ; elles étaient maintenant enfouies sous les cadavres à une très grande profondeur, car le résidu de la bataille s’élevait jusqu’au plafond et les nouveaux venus, pour s’entr’égorger, étaient obligés de se tenir à plat ventre… Le sang suintait comme la cuvée dans le pressoir.

Tout cela est décrit avec un humour féroce, débridé et en lisant ce livre, le lecteur ne pourra s’empêcher de penser aux facétieux Pierre Dac et Francis Blanche dans leur saga consacrée à Furax ou à Cami pour les aventures de Loufock-Holmès, ainsi qu’à Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain. A la différence près que Paul Féval fut un précurseur, et ces auteurs se sont peut-être inspirés, ou influencés, par cette Fabrique de crimes. Nous sommes bien loin de l’esprit du Bossu et autres œuvres genre Les Mystères de Londres, Alizia Pauli, Châteaupauvre, ou encore Les Habits Noirs, Les Couteaux d’or ou La Vampire. Quoi que…

Collection Labyrinthes. 160 pages. Volume offert pour l'achat de trois ouvrages dans la collection Labyrinthes. Parution juin 2012.

Collection Labyrinthes. 160 pages. Volume offert pour l'achat de trois ouvrages dans la collection Labyrinthes. Parution juin 2012.

Editions SKA. version numérique. 3,99€.

Editions SKA. version numérique. 3,99€.

Paul FEVAL : La fabrique de crimes. Collection Aube Poche Littérature. Editions de l'Aube. Parution 2 février 2017. 160 pages. 10,50€.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 06:55

Allez hop, tout le monde à la campagne !

Frédéric REVEREND : La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud.

C'est ce que pourraient chanter les nombreux voyageurs qui s'entassent dans les wagons en cette année 1906.

Parmi ces migrants d'un jour, le jeune Gilbert Petit-Rivaud qui a abandonné son emploi d'archiviste pour devenir peintre. Et il n'a en tête qu'une idée, rencontrer Claude Monet à Giverny. Pour passer le temps agréablement il croque ses voisins de compartiment sur un carnet à dessin.

Le train stoppe à toutes les gares et l'annonce de celle d'Andrésy une femme habillée de mauve s'écrit Raoul et s'évanouit. Enfin l'équipée se termine et nombreux ceux qui descendent à Giverny désirant rencontrer le Maître, mais celui-ci ne reçoit pas. Il est à sa peinture.

Alors que Gilbert se promène dans le village, il est abordé par un individu, qui se nomme Chasseauboeuf, qui semble fort bien le connaître alors que c'est la première fois que Gilbert le voit. Un farfelu sans aucun doute, mais au moins il a des mots qui ne peuvent qu'entretenir l'égo de notre jeune ami puisqu'il affirme qu'il a du talent.

Pour être artiste, Gilbert n'en est pas moins prévoyant et il a retenu une chambre chez les dames Suzé, la mère et la fille, veuves toutes deux et fort aimables. Le lieu charmant, où il pourra travailler en toute quiétude s'appelle le Trou Normand. De sa plus belle plume, il calligraphie à merveille, il écrit un mot au Maître, lui demandant de bien vouloir avoir l'amabilité de le recevoir, et il joint à sa missive quelques-uns de ses dessins, quémandant son avis.

Gilbert, en attendant de rencontrer Claude Monet, fait la connaissance de ses voisins, de peintres qui gîtent chez madame Baudy qui tient un café-restaurant fort fréquenté, de Trapp l'archéologue suisse qui prétend que l'origine du monde se trouve à La Roche-Guyon et le sauve d'une situation périlleuse, de Krlkw l'ingénieur qui s'efforce de faire fonctionner avec l'aide de quelques étudiants une draisienne à vapeur, les demoiselles Soulages surnommées Maman Biche et Maman Crème par Muk leur jeune protégé qui voue une véritable passion pour la fée verte, l'absinthe, ou encore Butler, le gendre de Monet. Mais le parfum de la dame en mauve le poursuit, puisque Lady Blossom, tel est son nom, l'invite chez elle afin qu'il fixe son portrait sur une toile, même plus que son portrait puisqu'elle se présente nue sur un divan.

Mais un incident va accaparer son attention. Un cadavre sans tête au milieu des nymphéas dans un ru pourrait être l'objet d'une peinture impressionniste, mais il s'agit d'une macabre découverte qui va mettre en émoi la paroisse dirigée par l'énergique abbé Toussaint. Un commissaire de police s'empare de l'enquête, en compagnie d'un docteur venu effectuer les premières constatations, et Gilbert Petit-Rivaud qui attend toujours une réponse de Monet, va se mêler de la partie.

Et comme on lui a offert obligeamment un vélo, il se met à parcourir la région, jusqu'à Montfermeil et même un peu plus loin, relevant sur son chemin des pièces de vêtement jetées comme un Petit Poucet aurait pu le faire pour marquer son chemin. Il va même se trouver au milieu de clones de Napoléon, s'encanailler légèrement au Chabanais (maison de plaisirs parisienne fort en vogue à l'époque et fréquentée par de nombreuses personnalités, mais fermée en 1946, ce qui fait que je ne l'ai jamais connue).

 

En lisant ce roman, je n'ai pu m'empêcher de penser que Frédéric Révérend possédait une filiation spirituelle avec P.G. Wodehouse et Jacques Tati. Tout en gardant sa propre personnalité, facétieuse, farfelue et pourtant rigoureuse.

S'il évoque des artistes ayant réellement existé, ce sont les héros de fiction dont il se nourrit. Par petites touches comme lorsque Gilbert avait attendu la seconde séance avec pour seul viatique le parfum de la dame en mauve, une certaine dame Raquin, ou alors de façon prégnante, comme Raoul Andrésy alias Arsène Lupin, ou les descendants des Thénardier. Mais il serait désobligeant d'oublier les personnages politiques de l'époque, dont un espèce de tigre avec des grosses moustaches retombantes.

On suit avec Gilbert Petit-Rivaud dans ses déambulations dans la commune de Giverny et ses environs, puis dans ses promenades à vélocipède jusqu'à Paris avec un regard amusé. Car il se démène ce peintre qui veut absolument rencontrer Monet, et il engrange de nombreuses esquisses. Il pratique le style Impressionniste mais pour autant ne se laisse pas impressionner, et de ce roman on garde forcément une bonne impression.

Frédéric REVEREND : La drolatique histoire de Gilbert Petit-Rivaud. Editions Lajouanie. Parution le 7 octobre 2016. 240 pages. 18,00€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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