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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 14:03

Un spectacle JAZZ ET POLAR à la médiathèque de MEUDON le samedi 26 janvier 2013 à 18h.

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Un concert de jazz scénarisé sur le thème du polar; quatre musiciens et un comédien sur scène et au total une dizaine de compositions originales, dans une mise en scène qui évoque le monde des inspecteurs et détectives privés, courts extraits de textes à l'appui.

Un piano, un sax, une basse, une batterie, une machine à écrire, un colt dans son holster, quelques bouteilles de whisky et de bourbon… Bienvenue à l’agence « Continental Brisset et fils », enquêtes en tous genres… Des « privés » pas comme les autres pour un concert évocation  du monde du polar. Le roman noir, depuis des décennies, l’un des miroirs les plus fidèles de nos sociétés, tout particulièrement des rapports sociaux et de la face sombre de l’âme humaine…

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JAZZ et POLAR, là ambiance et ici intrigue, la rencontre entre deux genres mal-aimés, décriés voire marginaux pour ne pas dire maudits, l’évidente complicité de deux univers finalement si proches…

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Une dizaine de compositions originales pour accompagner et illustrer une « flânerie jazzistico-policière », comme un hommage aux principaux maîtres du genre, d’hier et d’aujourd’hui, involontaires complices d’une singulière mise en scène, d’une improbable rencontre téléphonique entre le héros de Millenium et un émule de James Hadley Chase, à un imaginaire colloque « généalogie du crime et enfer de l’enquête » d’inspecteurs et de commissaires venus du monde entier et de toutes les époques, réunis à l’hôtel Beltram de Londres, si cher à Miss Marple et où se croiseront Sherlock Holmes et Philip Marlowe…

Pour découvrir des extraits du spectacle cliquez ici.

Autre lien :

http://media.mairie-meudon.fr/AgendaCulturel/portal/Event.aspx?INSTANCE=EXPLOITATION&ID=113

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 13:25

Aux Urnes Citoyens !

 

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Polar'Encontre, dont la 8ème édition aura lieu les 16 et 17 février 2013, crée un nouveau prix dédié à la Nouvelle : "Plumes Noires".

Ce prix est parrainé par le quotidien Sud-Ouest en partenariat avec le Lycée Jean-Baptiste De Baudre d'Agen.

8 classes de seconde, soit 280 élèves et leurs professeurs, ont participé à ce concours.

Les contraintes : une nouvelle en relation avec le genre; 5000 signes; placer les mots plume(s) et noir (e-s)

16 nouvelles ont été sélectionnées selon des critères propres au lycée.

Ces nouvelles sont mises en ligne sur le site de Sud-Ouest jusqu'au 11 février 2013 (lien infra) publié le 21/01/2013 à 17h06. Mise à jour : 23/01/2013 à 09h06. Agen : Les 16 nouvelles retenues du concours "Plumes Noires" "Sud Ouest".

Participez à l'élection de la meilleure nouvelle sur le thème du Polar écrite par les élèves de seconde du lycée De-Baudre : http://www.sudouest.fr/2013/01/21/agen-les-16-nouvelles-retenues-du-concours-plumes-noires-sud-ouest-941728-4622.php

Le jury délibèrera, ensuite, pour ne retenir que les trois meilleures nouvelles dont les auteurs seront récompensés lors de l'inauguration officielle de Polar'Encontre le 16 février 2013 (Salle Jacques Prévert à Bon-Encontre). La meilleure nouvelle sera publiée sur le support papier du journal Sud-Ouest.

Les membres du jury, présidé cette année par Romain Slocombe, sont ceux du prix Calibre 47.

N'hésitez pas à lire ces nouvelles et à voter : une voix dans le jury est réservée aux internautes.

Nous espérons reconduire cette belle aventure littéraire en 2014 Bonne lecture !

C'était une info de l'équipe de Polar-Encontre.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 14:41

Il ne faut jamais jeter la première pierre ...

 

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Le calme, la sérénité et la paix qui règnent sur le Whamangar n’auront pas duré longtemps après l’épisode sanglant des Ronces (Voir Par le Rêve et la Ronce , même auteur, même éditeur). A nouveau des êtres maléfiques tentent d’assaillir la région et se l’approprier.

Des entités malfaisantes, les Hordwarks se sont emparés du Pays des Sylphes et se dirigent vers Egont. Le roi Darion, un magicien qui a déjà démontré ses capacités, est prévenu par des Sylphes qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet. Ils sont bientôt rejoints par Tercelin, un magicien venu de l’île de Vrah située à l’embouchure du Hurban, le fleuve qui traverse le pays sylphe.

Les Hordwarks, assistés des Auroths et les Glowdons, qui possèdent chacun leur spécificité dans la palette du mal et de la guerre, ont été envoyés par le Dor-Phan, le maître invisible. Le Dor-Phan est un être immatériel appelé aussi Celui-Qui-N’a-Pas-De-Nom. Et d’après l’un des Sylphes, le nom du Dor-Phan est lié au néant. C’est peu et beaucoup comme renseignements. Les Hordwarks se sont infiltrés grâce à une Porte, une fracture ouverte communicant entre leur monde et celui du Whamangar.

Les Sylphes possèdent des pierres magiques, dites pierres de Ther-Paragon, et leur utilisation à bon escient permet de fermer les portes, et de renvoyer les envahisseurs dans leur monde, d’annihiler toute tentative de la part du Dor-Phan. Encore faut-il pouvoir s’approcher des fameuses portes dont deux seulement se sont ouvertes.

Deux petites équipes d’une dizaine de personnes chacunes sont formées par le roi Darion. L’une d’elle est menée par Icrède, une vaillante guerrière, à laquelle sont adjoints des Sylphes, des guerriers de la Garde Haute et de Thébor, le fils de Darion, un adolescent prometteur, l’autre est composée de Tercelin, de Sylphes, de guerriers comme la première unité. Certains se méfient du magicien Tercelin dont les agissements prêtent parfois à suspicion, mais celui-ci leur demande de lui faire confiance, qu’un jour ils sauront tout. Tandis qu’un groupe se dirige vers la barrière de brume, l’autre contourne les Hautes terres de sang (ne soyez pas perdus, si Gabriel Jan n’a pas joint de GPS au texte, il a dessiné deux cartes afin que les lecteurs puissent se retrouver dans le dédale de ces expéditions). Les Hordwarks, seuls en général, les poursuivent et les embûches ne manquent pas. Par exemple cette traversée du Territoire des Fileuses, d’énormes araignées qui ont tissé une sorte de labyrinthe qu’il faut parcourir en essayant de ne pas toucher l’un des fils afin de ne pas les alerter.

Pendant ce temps les nuages noirs s’accumulent sur le ciel d’Egont, sous forme d’Auroths et de Glowdons. Des entités mi-humaines, mi-bestiales, qui se préparent à attaquer le château de Darion. Le roi magicien organise la résistance s’attendant à passer des jours sanglants et meurtriers.

 

Un roman foisonnant qui n’engendre pas la monotonie et la somnolence chez le lecteur. Surtout dans la partie attaque du château-fort, rappelant des épisodes médiévaux dont les images enchantèrent mon enfance, seuls les livres d’histoire réussissant à captiver mon attention. Et encore pas toutes les périodes. Du Moyen-âge jusqu’à la Révolution. Ce qui englobe quant même pas mal de siècles.

Entre fantastique et heroïc-fantasy, ce roman, qui pourrait être adapté en jeu vidéo, nous plonge dans un univers onirique, chimérique, labyrinthique, peuplés de monstres qui peuvent être tout aussi bien malfaisants que pétris d’humanité (eh oui, pourquoi pas ?), où les combats sont rudes, âpres, sanglants. Les personnages sont complexes, et leur profil psychologique étudié longuement mais pas trop afin de ne pas dévoiler précipitamment les résultats de leurs actions ou de leurs décisions. Un peu une parabole sur le duel entre le Mal et le Bien, le Dor-Phan pouvant être assimilé au Diable.


Gabriel JAN : Les pierres de Ther-Paragon. Collection blanche N°2099. Editions Rivière Blanche. 380 pages. 25€.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 07:37

Pour une fois, ce n'est pas dans un placard que le cadavre est découvert

 

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Sur l’îlot de Hamneskär, à quelques encablures de Marstrand en Suède, deux ouvriers polonais délivrent un cadavre emmuré dans l’un des celliers de la partie habitation du phare Pater Noster. Roland, l’entrepreneur chargé de la rénovation du site, craignant des complications et des retards préjudiciables à l’attribution d’un bonus substantiel si les travaux sont terminés dans les délais, demande à ses ouvriers polonais de se taire et leur offre six mois de paye afin qu’ils retournent au pays. Mais ceux-ci préviennent quand même la police.

Karin, affectée depuis un an au service recherches, se voit confier, pour la première fois de sa carrière, la responsabilité d’une enquête. En effet, l’inconnu n’a pas pu s’emmurer seul, donc il s’agit d’un meurtre. Mais auparavant il faut déterminer depuis combien de temps le cadavre attend dans le noir, et surtout pouvoir lui attribuer une identité.

C’est en compagnie de Folke, un policier expérimenté mais dilettante, discourtois, attentif aux détails sans leur donner suite, et surtout susceptible sur le bon emploi des locutions lexicales de ses compatriotes qu’elle est chargée de l’enquête. Elle rencontre un ancien policier de Marstrand, sans que celui-ci lui apporte de véritables éclaircissements.

Une alliance est retrouvée peu après non loin où était emmuré le corps. Mais selon un technicien de la police scientifique, le bijou est neuf et n’a pas du servir longtemps. Toutefois une inscription figure à l’intérieur, Elin et Arvid, et une date. D’ailleurs les ouvriers contactés affirment que le cadavre ne portait pas de bague.

Pour Karin et ses collègues, l’enquête s’avère longue et fastidieuse. Mensonges, dissimulations, révélations assorties de rumeurs, faux-semblants, souvenirs oubliés ou volontairement cachés, changement d’identité sont les pierres d’achoppement de cette affaire qui oscille tout autour de Marstrand et le phare de Pater Noster. Les ramifications vont aussi bien au Danemark que dans le passé. Le lecteur entre dans une sorte de labyrinthe constitué de panneaux de verre opalescents, et tente de résoudre l’énigme, même s’il est invité à des scènes que Karin ne peut pas connaître. Par exemple les retours en arrière, au début des années 60. Et même plus loin encore, durant la Seconde Guerre Mondiale, avec un épisode durant lequel les Juifs sont spoliés et leurs biens transportés sur des navires en direction de l’Allemagne.

Une énigme qui fleure bon le roman policier classique avec des chiffres énigmatiques tatoués sur un corps et dont il est bien difficile d’en trouver la signification. Et il est difficile de discerner le vrai du faux, surtout lorsque le faux semble plus vrai que nature.

C’est l’ambiance d’une petite ville qui est reconstruite, avec ses personnages qui vaquent à leurs affaires, qui sont en congés de maladie, ce qui par ailleurs n’est pas du goût de tous, les jalousies et les rancœurs qui remontent au jour. Construit sur un faux rythme, qui semble se laisser aller au gré des vagues, ce roman est toutefois prenant, et pas ennuyeux, contrairement à certains romans nordiques.


carton_jaune.jpgMon carton jaune est destiné à la traductrice, non pas tant sur le fond que sur la forme. En effet, si dans le texte original des dialogues en anglais existent, il est normal de les reproduire en les mettant en italiques afin de prévenir le lecteur que la traductrice respecte le contexte. Mais traduire du suédois en français en passant par la case anglais, sans prévenir, ceci est anormal. Trouver au détour d’une phrase des locutions comme Burn out ou Brainstorming, des anglicismes dont se gargarisent des technocrates et des cadres dits supérieurs et qu’utilisent volontiers des cadres inférieurs, laissant supposer que ceux-ci possèdent un réel bagage intellectuel alors qu’ils ne sont que de simples perroquets, cela me semble à mon avis manquer de correction et de courtoisie envers le lecteur de base. La langue française serait-elle si pauvre ?


Ann ROSMAN : La fille du gardien de phare (Fyrmastarens dotter – 2009. Traduit du suédois par Carine Bruy). Réédition de Balland – 2011. Le Livre de Poche Thriller N° 32763. 432 pages. 7,60€.

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:52

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Une gamine retrouvée décédée près du périphérique parisien, à la hauteur de la Porte de Pantin met en émoi les policiers placés sous la coupe du commandant Martin, ainsi que les représentants de l’Identité Judiciaire. Douze, treize ans peut-être, des traces de viols, et le coup du lapin pour celle qui n’est plus qu’un pantin entre les mains des enquêteurs. Retrouver d’abord l’identité de la gamine, puis le sadique qui m’a mise dans cet état va demander de longues recherches. Mais Martin est toujours sur la brèche, ainsi que ces adjoints, Jeannette Beaurepaire, Olivier et Alice. Non, en réalité, si l’identité de la gamine demeure secrète, celle de son violeur meurtrier ne résiste pas longtemps à la sagacité de Bélier, la responsable de l’IJ. Les traces d’ADN ne peuvent être relevées car l’assassin a nettoyé les parties sensibles avec du Lauroylsarcosinate de sodium également connu sous le nom sarkosyl, (cela ne s’invente pas !), un agent détergent employé dans la composition de la mousse à raser et du shampoing. Seulement l’examen du corps met à jour des empreintes digitales et il suffit, comme si tout était simple, de les comparer dans le ficher national, au cas où celles-ci seraient déjà répertoriées. Et bingo, elles correspondent à un nommé Akim Fediche, récemment sorti de prison. Mais celui-ci a disparu dans la nature et les recherches, actives, ne peuvent le localiser.

Charlie, trente-huit ans, est un vilain garçon. Il a encore oublié, volontairement oublié de prendre ses cachets et il a succombé à ses pulsions. Sa mère, Angela Eastbourne Mertens, un ancien mannequin sexagénaire fort bien conservée grâce aux massages et aux soins rajeunissants et riche, le gronde mais prend en mains son problème. Elle avait demandé à Fédiche de s’occuper du corps afin que son fils ne soit point ennuyé.

Le corps de Fédiche est découvert pendu dans une forêt non loin de Nevers. Mais les gendarmes et le procureur qui procèdent aux premières constatations sabotent le travail. Le suicide ne fait aucun doute à leurs yeux, malgré les tentatives d’un jeune gendarme désireux de leur signaler des anomalies.

Vu comme ça ce roman pourrait être banal, le lecteur étant en présence de tous les éléments, mais pas les enquêteurs. Ce serait trop facile. Mais Alexis Lecaye est un professionnel démoniaque et il insère dans son roman une double intrigue qui nous ramène quelques temps en arrière avec résurgence de quelques protagonistes de Dame de carreau.

En effet Jeannette Beaurepaire, l’adjointe de Martin, reçoit une enveloppe contenant une mèche de cheveux blonds. Son passé resurgit, ravive ses souvenirs. Un passé qu’elle aurait aimé oublier. Le meurtrier de sept jeunes femmes, Vigan, va retourner devant les juges pour un procès en appel. Peu après une jeune femme est retrouvée morte près de Bordeaux.

Vigan, malgré les fortes présomptions qui pesaient sur lui, serait-il innocent comme il veut le faire croire. Voudrait-il incriminer Liéport, décédé et dont le cadavre n’a été retrouvé que quelques jours plus tard ? Liéport qui a été l’amant de Jeannette serait-il dans ce cas vivant ? Ou Vigan a-t-il trouvé un moyen d’accuser une tierce personne ? D’autant qu’une carte postale destinée à Lola, la fille de Liéport que Jeannette a adoptée, semble provenir de Liéport. Jeannette est personnellement impliquée mais Martin, tout en recherchant activement Fédiche puis à inculper le véritable meurtrier de la gamine, va l’aider dans ses démarches.

Double intrigue donc pour ce roman tout en finesse, dans lequel le lecteur s’immisce dans la vie privée des principaux protagonistes. Entre Marion, la compagne de Martin, et le policier, les amours vont mal. Des contrariétés qui pourraient tourner au drame. Entre Oliviers et Alice, ses adjoints, un début d’idylle pourrait s’amorcer. Quand à Jeannette, elle se débat comme elle peut, désirant à tout prix démontrer la culpabilité de Vigan. Ceux qui ont lu Dame de carreau trouveront un prolongement intéressant à cette affaire. Quant aux autres ils pourront lire ce roman sans passer par la case Dame de carreau, mais ce serait dommage, ou mieux lire le précédent mettant Vigan et Liéport en scène, même s’ils en connaissent les aboutissants, avec intérêt puis se plonger dans celui-ci avec doublement de plaisir.

Les enquêtes du commissaire Martin ont été adaptées à la télévision avec Thierry Godart, dans le rôle du commissaire Martin, Valérie Decobert Koretzky (Jeannette), Jean-Toussaint Bernard (Olivier), Sophie-Charlotte Husson (Bélier), entre autres. Ceux qui ont vu récemment le dernier épisode en date de la série en retrouveront avec plaisir les différents protagonistes et pourront mettre un visage sur celui des héros de papiers.


A lire du même auteur : Dame de Trèfle et Dame de Carreau

Et retrouvez un entretien avec Alexis Lecaye.


Alexis LECAYE : Dame d’atout. Editions du Masque. 352 pages. 18€.

 

challenge régions

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 07:48

Jacques Sadoul aura consacré sa vie à la littérature populaire. Il est décédé le 18 janvier.

 

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Né le 8 décembre 1934 à Agen, son premier roman est édité en 1960 aux éditions du Scorpion sous le titre La Passion selon Satan qui n’est vendu qu’à 92 exemplaires. Il sera réédité chez Jean-Pauvert en 1978 même connaitra à peu près le même sort. Jacques Sadoul devient rédacteur en chef de Mystère Magazine et de Hitchcock Magazine entre 1964 et 1968 et est directeur du Club sadoul-tresor-alchimiste-copie-1.jpgdu Livre d’Anticipation et du Club du Livre Policier de 1965 à 1968. En 1968 il est recruté par Frédéric Ditis comme directeur littéraire puis devient directeur éditorial. Il effectue un gros travail de promotion de la Science-fiction, créant une collection spécifique ainsi qu’une autre collection devenue mythique : L’Aventure mystérieuse, collection dans laquelle il publie quelques ouvrages devenus culte comme Le trésor de Rennes le Château de Gérard de Sède, et quelques ouvrages signés de son nom comme Le trésor des alchimistes.

 

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Grand amateur de Pulps, ces revues petits formats imprimées sur du mauvais papier

, il compile des anthologies intitulées : Les Meilleurs Récits de Amazing Stories (1974), Les Meilleurs Récits de Astounding Stories – période 34/37 (1974), Les Meilleurs Récits de Weird Tales Tome 1 – période 25/32 (19

75) Les Meilleurs Récits de Weird Tales Tome 2 – période 33/37 (1975) Les Meilleurs Récits de Planet Stories (1975) Les Meilleurs Récits de Wonder Stories (1976) Les Meilleurs Récits de Unknown (1976) Les Meilleurs Récits de Famous Fantastic Mysteries (1977) Les Meilleurs Récits de Startling Stories (1977)…

Il rédige également un dictionnaire de la SF et ainsi qu’un autre consacré à la Bande dessinée. Et une anthologie de la littérature policière, publ

iée chez Ramsay en 1980.

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Toutes ces activités ne lui suffisant pas, il écrits des romans policiers et des romans d’inspiration fantastiquecomme Le Cycle du domaine de R (trois titres) ou Baron-Samedi.

En 2006, les éditions Bragelonne publie un récit de mémoires, C’est dans la poche : mémoires, confidences d’éditeur. Retiré dans son agenais natal depuis quelques années, il continuait ses travaux d’écriture et dernièrement les éditions Rivière Blanche ont publié Le Jaguar Rouge.

 

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Mais le mieux, afin de rendre hommage à ce grand monsieur de la littérature populaire, est d’établir un florilège de ses romans, en espérant que ces titres seront réimprimés pour l’occasion.

 

Sadoul-3-morts.jpgTrois morts au soleil. Editions du Rocher, 1986. Réédition J’ai Lu Policier. 1988.

Pour la jeune commissaire Ledayon, Muriel de son prénom, nouvellement installée à Marseille, l’affaire qui lui échoit semble compliquée à souhait.

Sylvain Pridat, photographe à Cassis, est abattu d’une balle de revolver. Si seulement elle pouvait trouver un motif à ce meurtre ! Peut-être une histoire de photos, un trafic quelconque ?

Mais après le photographe, c’est un croupier puis un agent immobilier qui décèdent de la même façon.

Les soupçons de Muriel se portent d’abord sur Solange Destain, jeune femme entretenue par les deux dernières victimes, et qui avait eu des relations avec la première. Puis c’est sur Magali Chamin, la femme du croupier, que les suspicions de Muriel se focalisent. Soupçons alimentés par tout un faisceau de présomptions, de probabilités, de possibilités matérielles. Surtout que Magali est la reine du mensonge. Mais de preuves formelles, point !

Ce roman de Jacques Sadoul, qui obtint le Grand Prix de Littérature Policière en 1986, est un roman que le lecteur lit avec jubilation et délectation. En effet, le lecteur suit l’enquête de Muriel, assiste à ses tâtonnements, ses erreurs, ses amours aussi en passant, alors que dès la première page l’identité du coupable est dévoilée. Dévoilée, enfin presque, puisqu’il ne manque que le nom. Et le lecteur voudrait bien la guider la pauvrette.

Construit un peu comme un livre-tiroir, un livre gigogne, ce roman nous réserve un épilogue digne en tout point des maîtres de la littérature policière.

 

Le mort et l’astrologue. Editions du Rocher, 1987. Réédition J’ai Lusadoul-astrologue2.jpg Policier. 1990.

Etre astrologue ce n’est pas être devin. Un astrologue ne lit pas l’avenir dans le marc de café, dans les boules de cristal, ou dans les tarots, mais à partir de données précises il calcule l’influence des astres selon leur position dans le ciel. Il ne prédit pas mais peu prévoir tout au plus les périodes fastes ou néfastes de l’existence d’un être humain.

C’est bien pourquoi le professeur Astral n’avait pu prévoir ou prédire le décès par balle dans la tête de Marc Manceau, un jeune homme de vingt-huit ans et client occasionnel. Un décès qui ressemble à un suicide mais pourrait bien être un assassinat.

Georges Knutens, journaliste indépendant, projette d’écrire un article sur l’astrologie. Il requiert les services de son ami le professeur Astral pour lui éclairer la lanterne et participer à des séances afin de se faire une opinion, et relever quelques anecdotes. S’il n’est guère convaincu par les prestations de l’astrologue, le taxant d’user plus de la psychologie que d’une quelconque autre science pseudo divinatoire, il va toutefois se trouver impliqué dans le décès de Marc Manceau.

Knutens en effet succombe au coup de foudre lorsque Claire vient consulter le professeur. Claire, la petite amie de Marc Manceau, ou tout au moins l’une de ses petites amies, car si Claire semble sage et réservée, Marc Manceau entretenait des relations avec une certaine dénommée Zsa-Zsa, effeuilleuse dans le quartier chaud de Pigalle.

Entre ces personnages, la jolie Martine, véritable feu-follet de dix-neuf printemps, qui veut goûter à la vie à pleines dents et aidera inconsciemment Knutens dans on enquête.

Par le biais de l’enquête policière menée en dilettante, l’éclectique Jacques Sadoul nous entraîne dans les coulisses de l’astrologie d’une façon fort sympathique et attrayante. Ce qui aurait pu être rébarbatif sous la plume de quelques uns de nos romanciers devient passionnant sous celle de Jacques Sadoul car, et c’est tout à son honneur, l’auteur sait très bien intéresser le lecteur sans l’ennuyer.

 

Sadoul-doctor-jazz.jpgDoctor Jazz. Editions Presses de la Renaissance, 1989. Réédition J’ai Lu Policier N° 3008. 1991.

Carol Evans, redoutable agent de la CIA, surnommée la Tueuse, a repris du service malgré une bavure lors de sa précédente mission. Cette fois elle est chargée d’enquêter en Louisiane, plus précisément à La Nouvelle-Orléans, afin de démanteler une filière de la drogue.

Pour cette mission un collaborateur lui est imposé, mais Carol est une solitaire, aussi l’on ne retrouvera Bud Hawks qu’épisodiquement. Comme bien souvent, une affaire peut en cacher une autre, et en fait de trafic de drogue, Carol Evans va tomber sur un étrange marché de cassettes-vidéo. Des « Snuffmovies ».

Des petits films d’amateurs dans lesquels les figurants, l’on ne peut guère parler de vedettes, les figurants disais-je, sont torturés, mis à mort, sans aucun trucage. Du vécu, du réel, voilà ce qu’il faut maintenant pour assouvir les bas instincts de quelques névrosés. Faut avouer que du temps où les exécutions, les pendaisons, écartèlements et autres joyeusetés, étaient réalisés en place publique, la foule avide et frissonnante de plaisir assistait à ce genre de spectacle en plein air. Autres temps, autres mœurs. Mais toujours le même attrait morbide.

L’enquête, ou plutôt les enquêtes de Carol vont amener celle-ci à être le témoin du meurtre d’un avocat en vue de La Nouvelle-Orléans, et ce dans de troublantes conditions. Les trois affaires, drogue, trafic de vidéocassettes spéciales et meurtre d’un personnage haut placé sont étroitement liées.

Jacques Sadoul a écrit un roman qui est surtout le prétexte à découvrir un des hauts lieux du Jazz et à voyager dans La Nouvelle-Orléans et les bayous, en empruntant les rues qui ont fourni les titres à quelques classiques du Jazz : Basin street, Canal street, Pontchartrain…

Un roman qui aurait pu être proposé aux lecteurs accompagné d’une compilation de ces interprétations inoubliables.

 

Les 7 masques. Editions Albin Michel 1996.

L'on dit couramment "La réalité dépasse la fiction". Mieux encore, sadoul 7 masqueslorsque l'on veut étaler sa culture, on peut se référer à Renan en citant cette phrase "La vérité est, quoiqu'on en dise, supérieure à toutes les fictions".

Victor Clairval n'est pas un grand écrivain mais au moins il a été reconnu par quelques uns de ses pairs puisqu'il a obtenu des prix littéraires pour des ouvrages qui ne se sont pratiquement pas vendus. Alors il s'est décidé à concocter un roman populaire dans la lignée d'Eugène Sue, Souvestre et Allain, Gaston Leroux et les autres. Un roman qui fait rêver et non pas s'endormir. Le problème, c'est que ce qu'il a imaginé se produit, quasiment dans les mêmes conditions, et qu'il se trouve plongé au cœur du mystère qu'il vient d'inventer. Lui le père tranquille, le pantouflard. De quoi devenir dingue.

Une sombre histoire dans laquelle évoluent des mystérieux personnages affublés de masques, chacun d'une couleur différente, une détective rousse et superbe, ce qui ne gâche rien, une maîtresse exotique, un dacoït, un chat qui disparaît et réapparait de façon inexplicable, pimentée par des courses-poursuites dans les catacombes ou les tunnels du métro parisien. Jacques Sadoul s'est amusé à utiliser les poncifs d'un certain type de romans populaire, en les aménageant au goût du jour, pour écrire un livre qui nous propulse d'une manière magique vers notre enfance. Mais il n'oublie pas pour autant les fantasmes des adultes. Un roman bourré de références qui ravira les amateurs et donnera peut-être envie aux autres de se plonger dans le roman d'aventures rocambolesques.

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Published by Oncle Paul - dans Entretiens-Portraits
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 13:53

Lorsque le réel côtoie la fiction

 

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Si Hollywood est considérée à juste raison comme La Mecque du cinéma américain, Los Angeles fut le théâtre d’affaires criminelles et judiciaires qui n’eurent rien à envier aux scénaristes appointés par les firmes cinématographiques dès leurs implantations. Nausica Zaballos recense huit drames qui s’échelonnent de 1922 à 1962, ayant souvent des stars montantes ou confirmées du cinéma pour protagonistes. Des affaires moins médiatiques que celle du Dahlia noir par exemple, mais il faut avouer que les écrits et les déclarations de James Ellroy ont focalisé l’attention du public sur ce crime non résolu officiellement.

Dans son avant-propos, Nausica Zaballos démontre le rôle pervers et néfaste des journaux qui n’hésitent pas à déformer des infos, à les fausser. L’engouement du public étant alors assujetti à ces médias qui chassaient (chassent encore ?) le sensationnel à tout prix, les recettes dépendant des ventes.

ClaraPhillips.jpgHollywood fascine les jeunes filles de Los Angeles et celles des états les plus reculés de l’Amérique. Les paillettes, la gloire les attirent et bon nombre d’elles vont s’y brûler les ailes. Clara Phillips fait partie de ces adolescentes qui rêvent de se faire un nom au cinéma, mais si elle devient célèbre, ce sera pour un triste fait divers. Elle sera même surnommée la tigresse. Mariée à quatorze ans avec Amour (prénom prédestiné) Lee Phillips, elle est inculpée de meurtre à vingt-trois ans. Son crime ? Avoir assassiné une rivale, Amour étant très volage. L’arme du crime : un marteau. Elle annonce la bonne (pour elle) nouvelle à son mari qui est catastrophé. Il fréquentait assidûment Alberta Meadows, une jeune veuve de vingt ans, il pense surtout à sa situation professionnelle et aux conséquences que la découverte de ce crime pourrait entraîner. Alors il aide Clara à effacer les traces du crime, mais celui-ci a eu un témoin, Peggy Caffee, une amie de sa femme. Si ce meurtre défraya la chronique, c’est surtout l’évasion de Clara Phillips de la prison de Saint Quentin qui enflamma les esprits. Ainsi que sa tentative de suicide. Cette histoire est narrée dans L’échappée belle de la Tigresse, première des affaires relatées.

La comptine de l’enfant découpée en morceaux est le titre d’une affaire qui à lui seul plonge le lecteur dans de terribles suppositions. Cela se déroule en 1927/1928, et aborde le sordide. Le jeudi 15 décembre 1927, Marion Parker, 12 ans, est enlevée par un jeune homme qui vient la chercher dans l’établissement scolaire qu’elle fréquente. Il argue que le père de la gamine a été victime d’un accident de voiture. Le ravisseur, qui signe Georges Renard, envoie un télégramme à Perry Parker, banquier, lui demandant de ne rien faire avant de recevoir un autre pli, puis il lui téléphone en lui signifiant de ne pas prévenir la police. La vie de sa fille en dépendant. Mais Perry Parker a déjà prévenu les autorités policières, car son autre fille Marjorie est rentrée de l’école normalement. Une rançon de 1500 dollars, somme énorme pour l’époque, est demandée. Les appels téléphoniques et les missives se suivent. Perry Parker se rend seul au rendez-vous prévu pour remettre la rançon. Il découvre avec effroi sa fille morte, éviscérée. Seuls le torse et la tête ont été déposés. Les policiers commencent alors une enquête de routine qui aboutit à un employé renvoyé par le banquier peu de temps auparavant. Seule ou à peu près, Ayn Rand, philosophe, essayiste, romancière et scénariste, défend Hickman, le ravisseur meurtrier, et le surnomme le Surhomme, établissant des références à Nietzsche et Schopenhauer. Des compositeurs de country music s’empareront de cette affaire pour écrire de nombreuses balladeaimee-semple.jpgs.

Si cette affaire, pour horrible qu’elle soit, n’en est pas moins banale, d’autres histoires mettent en scène des personnages qui fleurissent aux USA, lieu de prédilection de ces protagonistes mais que l’on ne retrouve guère par ailleurs. Il s’agit des évangélisateurs, et l’engouement du public pour les gourous ne se dément pas. Les auteurs de romans policiers d’ailleurs mettent souvent des évangélistes, plus que de véritables religieux, dans des situations scabreuses. C’est ainsi que Nausica Zaballos nous narre La disparition de Sœur Aimée, une affaire qui tint en haleine la Californie et bon nombre d’autres états en 1926. Le cas de Sœur Aimée, Aimée Semple McPherson dans le « civil », dirige depuis 1918 une église évangélique de grande envergure, l’Angus Temple, pouvant accueillir jusqu’à cinq mille personnes. Le 23 mai 1926 des milliers de personnes se tiennent sur la plage de Venice. L’endroit où la prêtresse a été vue pour la dernière fois. Sa vocation, elle la doit probablement à Robert Semple, lui-même missionnaire pentecôtiste, qu’elle épouse à l’âge de 17 ans et qui devient son mentor. Fascinée par la glossolalie elle ne tarde pas à enflammer les foules. Elle perd son mari en 1912, deux ans après leur installation en Chine, et revient avec sa fille née peu auparavant. Elle se remarie rapidement avec McPherson, un employé d’épicerie, et l’entraîne sur la côte Est des Etats-Unis puis sur la côte Ouest. Afin d’accroitre sa popularité ses prêches sont diffusés à la radio, et elle lançe sa propre station le 6 février 1922. Elle soigne son apparence et de matrone corpulente et robuste elle se mue en « prêcheuse sexy ». Mais on peut diffuser la bonne parole à des ouailles tout acquises et s’adonner au péché de chair.

Dans le même registre, en 1939 une nouvelle affaire d’évangéliste secoue la sphère religieuse. Elle est contée dans Le pasteur lubrique autoproclamé Messie, un titre qui à lui seul donne le ton.

Enfin, dernière affaire que je vais évoquer, ne désirant pas trop en dire afin de garder votre curiosité intacte, Mourir à Pacific Palisades.

Thelma_Todd_in_Corsair_4.jpgThelma Todd, à l’inverse des « héroïnes » des précédentes affaires, ne se destinait pas au cinéma mais désirait devenir institutrice. C’est par sa mère qu’elle met un pied dans l’engrenage qui deviendra fatal. Elue Miss Massachusetts, elle est remarquée par des agents et se voit confier de petits rôles au cinéma. Après avoir suivi des cours d’art dramatique, payés par la Paramount, elle apparait dans Le bel âge, en 1926. Elle va tourner ensuite avec Gary Cooper, William Powell, les Marx Brothers et le duo Laurel et Hardy. Le passage du muet au parlant n’est pas fatal à sa carrière et elle devient rapidement une star adulée pour sa beauté. Elle est d’ailleurs rapidement surnommée Hot Toddy ou encore Ice-Cream-Blonde. Mais elle est retrouvée morte le 16 décembre 1935 dans sa voiture enfermée dans le garage de l'ex-actrice Jewel Carmen, également ex-épouse du compagnon et associé de Thelma, Roland West. La maison de Jewell Carmen est située non loin du restaurant de Thelma. La cause de la mort est déclarée due à un empoisonnement au monoxyde de carbone. Meurtre, suicide, accident, les témoignages divergent, sont contradictoires et peuvent être interprétés dans un sens ou un autre. Pourtant certains faits démontrent qu’elle n’aurait pu grimper les quelques deux cents marches qui menaient à son garage sans laisser de traces. L’affaire ne sera jamais véritablement résolue.

Nausica Zaballos ne se contente pas de relater les faits, mais propose de s’immiscer dans l’instruction des enquêtes qui sont effectuées lors de chacune des affaires présentées dans l’ouvrage. Elle reprend les différents articles journalistiques qui ont couvert les procès, citant ses sources dans les notes figurant à la fin de chaque chapitre, et rend le récit vivant (si l’on peut parler ainsi lorsqu’il s’agit de meurtres ou de décès inexpliqués) sans l’alourdir ou l’affadir.

Chaque chapitre est précédé d’une sorte de fiche signalétique qui tout de suite accroche le lecteur, tout comme les titres d’ailleurs. Ainsi pour La disparition de Sœur Aimée, peut-on lire :

Faux Kidnapping

Inculpée : L’Evangéliste de L’Angelus Temple

Mobile : Dissimuler une relation adultère ( ?)

Victimes : Des milliers de fidèles, le bureau du Procureur Asa Keyes.

Complices : Sa mère, un ingénieur du son, le Sosie d’Aimée.

 

La très riche iconographie apporte un attrait supplémentaire non négligeable à ce document remarquable par son professionnalisme et son esprit de recherche. On ne peut que penser, pour les plus anciens, aux bandes dessinées verticales parues dans les années 50/60 qui avaient pour nom Le crime ne paie pas et Les amours célèbres signées Paul Gordeaux, relatant des affaires avec empathie, vivacité, honnêteté, respect du lecteur et de la vérité.


Nausica ZABALLOS : Crimes et procès sensationnels à Los Angeles (1922-1962). Sous titré Au-delà du Dahlias noir. Editions Edite. 296 pages. 22€.

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 13:23

Hommage à Thierry Jonquet né le 19 janvier 1954.

 

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La collection Folio a eu la bonne idée de regrouper en un seul volume quatre des romans majeurs de Thierry Jonquet dont La Bête et la Belle qui eut l’insigne privilège de porter le numéro 2000 de la Série Noire.

Je vous propose de découvrir trois de ces titres :

 

Les Orpailleurs  

Un cadavre, même abandonné dans un logement promis à la démolition, ça fait désordre. Surtout un cadavre qui gît depuis quelques semaines, se décomposant lentement mais sûrement, et dont la main droite a été tranchée. Les policiers en ont la nausée de même que Maryse Horvel, le substitut. Seul le médecin légiste trouve son compte et semble ravi d'avoir à disséquer ce corps de jeune fille qui ne sourira plus jamais. Les indices sont minces, pour ne pas dire inexistants et seul un pendentif représentant la main de la Fatma pourrait éventuellement délivrer l'identité de la jeune morte. Deux autres cadavres de jeunes femmes sont retrouvés peu de temps après, la main droite également sectionnée. Crimes de sadique, de maniaque ? Ou crimes rituels ?

Thierry Jonquet ne fait pas dans la dentelle, les lecteurs qui ont lu La Bête et la Belle ou encore Mygale le savent bien. Et à partir d'un fait divers, qui somme toute pourrait être banal, il nous entraîne plus de cinquante ans en arrière jusqu'en Pologne, sur les traces de chercheurs d'or peu ordinaires. Mais là n'est pas la seule force de ce roman. Thierry Jonquet nous propose de partager les misères et les malheurs de tout son petit monde, un peu comme Ed Mac Bain nous invitait à découvrir la vie familiale de la saga des flics du 87ème d'Isola. Les policiers et les juges ne sont pas mieux lotis que nous, et c'est justice. Au fil des pages on apprend ce qui se cache derrière la flasque de cognac que trimbale en permanence l'inspecteur Rovère et dont il abuse un peu trop parfois. Ou pourquoi Nadia Lintz, elle aussi magistrat, confrontée à des problèmes de logement parisien, a quitté Tours, sa famille et son mari. Une affaire peut en cacher une autre, c'est ce qu'apprendra à ces dépens le commissaire Sandoval. Pareils à des entractes, la parole est donnée à l'assassin, dont l'identité est préservée ainsi que ses motivations. Et l'on se demande quel peut être cet œil rouge qui le fixe tel l'œil de Caïn.

 

Mygale.

Chirurgien plasticien réputé, Richard Lafargue est un homme pervers. Il cloître dans sa maison de la banlieue parisienne une jeune femme, Eve, la soumettant au caprice d'hommes dépravés pour son seul plaisir même si cela l'incommode parfois. Lorsqu'ils se rendent dans des restaurants, dans des réceptions, ils se conduisent comme un couple normal.

Alex est une petite frappe qui après avoir réussi un braquage de banque au cours duquel un flic a été tué, s'est réfugié en Provence dans un mas prêté par un copain. Il n'a pas de nouvelles depuis quatre ans de son ami Vincent lequel lui aurait surement ‚vit‚ les bavures survenues au cours de son hold-up.

Vincent Moreau a été kidnappé sur une route de campagne par un homme qui le séquestre dans une cave. Après avoir l'avoir privé de nourritures liquides et solides son tortionnaire lui fournit peu à peu le minimum. Vincent devient sinon amoureux tout du moins reconnaissant envers cet homme qui lui apporte des vêtements, meuble son réduit, lui propose des divertissements sous forme de peinture et un piano. Puis tous les jours son kidnappeur, qu'il a surnommé Mygale, lui injecte un produit.

Obligé de quitter sa planque Alex remonte à Paris et se réfugie dans une villa. En regardant une émission à la télévision sur la chirurgie plastique, l'idée lui vient de changer de visage et d'identité et de quitter le pays. Il suit dans ses déplacements l'un des invités, le professeur Lafargue. C'est ainsi qu'il découvre que l'homme de l'art possède une fille enfermée dans un asile psychiatrique en Normandie.

La folie de sa fille Viviane est l'un des sujets de préoccupation de Lafargue. Et lorsqu'elle est en crise, il passe sa douleur en soumettant Eve à une séance de flagellation avec un des clients de sa compagne, prostituée sur rendez-vous.

Tout est ambigüité dans ce roman : ambigüité des situations, des personnages, des sentiments. En peu de pages, ce qui démontre que point n'ait besoin d'écrire un gros pavé pour construire une histoire, Thierry Jonquet nous entraîne dans un monde de folie et de vengeance. Il tisse sa trame avec une maestria digne d'un auteur aguerri, alors qu'il n'en est qu'à son cinquième roman. Ce qui lui vaudra d'être choisi pour porter les couleurs de la Série Noire avec le numéro 2000.

 

La Bête et la Belle.

Ce roman, construit à partir d’un fait divers, a eu les honneurs d’être le numéro 2000 de la Série Noire, ce qui mettait sous les projecteurs un jeune (à l’époque) auteur français débutant dans le redoutable métier d’écrivain engagé, humaniste et social. L’intrigue se révèle simple, mais pourtant efficace : L’association entre Léon, un vieux clochard, moche, sale, et le personnage principal, surnommé le Coupable, professeur dans un C.E.S., est mal vue par la femme de ce dernier. Un jour le Coupable annonce à son ami Léon qu’il s’est débarrassé de sa légitime prénommée Irène et a caché son cadavre dans le congélateur. Bientôt cet appartement, dont toutes les pièces sont envahies par un immense circuit de trains électriques et où vivent deux êtres dérangés mentalement, peu ou prou, cet appartement va devenir progressivement un entrepôt d’ordures ménagères, de sacs à poubelles en plastiques, pleins, que le Coupable entasse d’abord sur le congélateur, puis tout autour, condamnant peu à peu l’accès des pièces de l’appartement.

Cette histoire n’est pas misérabiliste, mais c’est une histoire de misérables, dans le sens hugolien, comme aimait à le déclarer Robert Soulat qui avait succédé à Marcel Duhamel à la tête de la Série Noire. Or si cette histoire, prenait sa substance dans un fait-divers, elle s’est répétée par la suite. Comme quoi, la réalité rejoint la fiction, et inversement.


Jonquet1

 

Thierry JONQUET : Les orpailleurs, Moloch, Mygale, La Bête et la Belle. Préface de Martine Laval et Patrick Bard. Collection Folio Policier N° 580. 1024 pages. 11,50€. Avril 2010.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 15:10

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Elle s’appelle Sol. Ce n’est pas son vrai nom de baptême, mais comme c’est le premier mot qu’elle a prononcé, avant même Papa ou Maman, son père a décidé que dorénavant ce serait Sol. C’est resté. Sa mère est morte en couches, son père l’a élevée jusqu’à l’âge de dix ans. Ensuite c’est une tante pochtronne qui a pris la relève. Non pas que son père en ait eu marre, mais un imbécile a trouvé de bon goût de lui planter un surin et de l’occire. Le père de Sol jouait comme contrebassiste dans un club de jazz et Sol a tout vu. Même le meurtrier. De dos, ce qui n’est pas facile pour reconnaître un visage. Juste un tatouage dans le cou, un caducée.

Sol a appris en autodidacte, en Solitaire, les bases de la musique de jazz, le jazz en sol, et même en sous-sol. Depuis elle maitrise son instrument, comme une véritable artiste. Le jazz dans l’âme et dans les doigts.

Comme elle envie d’intégrer un quartet afin de s’immiscer dans les caves des clubs de jazz, elle agresse un malheureux musicien puis se présente comme la contrebassiste salvatrice auprès d’Armand et de ses deux fils, Greg et Ellio. Au début ils ne sont guère enchantés de changer de partenaire, mais dans le club de jazz où ils se produisent, le quartet fait sensation. Surtout Sol qui élève la note. Tout le monde est subjugué, des musicos aux clients en passant par le patron.

Greg est beau gosse, et l’une des clientes l’a remarqué. Elle lui fait de l’œil, et direct la chambre de la belle dont le mari est absent. Le problème est la croix portée autour du cou par la jeune femme. Ce n’est point tant que Greg est athée, agnostique ou autre, mais cette croix est sertie de diamants. Il fauche le bijou laissant la belle éplorée. Or le mari n’est pas du tout d’accord. Pas d’accord que sa femme aille voir ailleurs ce qu’il peut lui fournir, et surtout qu’elle se soit laissée faucher la croix qui vaut son pesant de billets. D’ailleurs Greg a bien l’intention d’effectuer un échange. Le mari, qui est un mafieux, ne sans laisse pas compter, ni conter d’ailleurs. Alors il démontre à Greg qu’une lame peut faire mal, très mal.

Sol prend les choses en main, alerte un ami chirurgien qui va soigner le blessé et tant qu’à faire le venger. Hasard providentiel, lorsqu’elle investit l’appartement du cocu outragé et vindicatif, elle aperçoit une photo sur laquelle quatre hommes sont représentés, dont l’homme au caducée qu’elle recherche depuis des années.

 

Dans une ambiance très jazzy, ce roman ancré dans le SoPi (South Pigalle) est comme une plainte jouée par Chet Baker, morceau accompagné ou repris par Miles Davis, Charlie Parker, John Coltrane et Charlie Mingus. Si Witch Doctor en est le leitmotiv principal, ainsi que Summertime, pour moi il plane des images liées à Ascenseur pour l’échafaud ou As en sueur pour l’échafaud, comme vous voulez. Des périodes douces, suaves presque, suivie de frénésies, de heurts, de rages, de castagnes, enrobées de mélancolie, d’esprit de vengeance, de nostalgie.

Sol est une jeune femme au caractère bien trempé, qui maitrise les arts martiaux, ses adversaires l’apprennent à leurs dépens. Et dire que certains affirment que la musique adoucit les mœurs. Sa vie n’est vécue que pour retrouver le meurtrier de son père, quoi qu’il arrive. Parfois elle est obligée d’improviser. D’autant que les surprises ne manquent pas. Ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur qui se laisse entraîner avec plaisir dans ce tourbillon. Seul petit bémol, l’épilogue qui semble improvisé.


Quant à la préface de Stéphane Belmondo, elle est tout simplement savoureuse !


Vous pouvez commander ce roman sur le site :

http///www.lulu.com/spotlight/Yvon et chez madame Amazon


Philippe YVON : SOL. Préface de Stéphane Belmondo. Editions Lulu.com.190 pages. 12€.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 10:57

Affiche sorgues

 

Société Littéraire de Sorgues 

(Fondée le 1 avril 1832 par Jean Joseph Ducrès)

 

 Vendredi 1er février

18 h et 21 h

18 h : Françoise Chauzat présente l’expo

« Sang d’encre,

le crime en Vaucluse au temps de la guillotine »

21 h : théâtre musical

« Un petit crime et l’addition »

10, 8 ou 5 €

 


Samedi 2 février

15h-19h et 21h-23h

Rencontres autour de la

LITTÉRATURE POLICIÈRE

 

15 h : Michel de Roy*, animation :Raymond Chabert 

16 h 30 : Patrick Bard*, animation : Roger Martin 

19 h : apéro et repas à 23 €

21 h : Film « Cassos » de Philippe Carrèse

Débat : Marc Boulanger

INSCRIPTIONau repas : Odette Lagrèze : 04.90.39.51.77

 

 LIEU : PÔLE CULTUREL, ave d’Avignon

 

Entrée libre et ouverte à tous 

rens. : 06.78.26.56.16

cassos-copie-1.jpg 

* auteurs invités

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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