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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 08:29

Fais comme l'oiseau

Ça vit d'air pur et d'eau fraîche, un oiseau

D'un peu de chasse et de pêche, un oiseau

Mais jamais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'aller plus haut…

Bill MOODY : Bird est vivant !

Après de nombreuses semaines de travail, d’abnégation, de courage, de persévérance, le pianiste de jazz Evan Horne parvient à retrouver l’usage de sa main, un handicap occasionné lors d’un accident de voiture, et comble du bonheur à jouer en compagnie de ses deux amis musiciens au club Jazz Bakery.

Une prestation qui se solde par des retrouvailles avec le public qui augure d’un avenir prometteur. D’autant plus que le directeur d’une petite mais prometteuse maison de disques lui propose d’effectuer des enregistrements en compagnie de ses deux musiciens, contrebassiste et batteur.

Parmi le public son ami le lieutenant Cooper de la police de Los Angeles, et Natalie sa petite amie depuis deux ans. Cooper est obligé de quitter précipitamment le spectacle, et peu appelle Evan. Un musicien de jazz, le célèbre saxophoniste Ty Rodman vient d’être découvert assassiné de plusieurs coups de couteau, dans sa loge après un concert. Evan n’est guère enthousiaste à se rendre sur place mais n’écoutant que son amitié il rejoint Cooper.

Sur le miroir qui sert au maquillage, deux lettres écrites avec le sang de la victime : Bird Lives ! Bird est vivant, comme les inscriptions qui avaient fleuri sur les murs de Greenwich Village, le jour du décès de Charlie Parker, le 12 mars 1955. Le lecteur de CD jouait en boucle Now’s the time, un blues signé Parker. L’instrument de Rodman a été fracassé, et dans l’étui Evan découvre une plume blanche. Rodman a été assassiné le jour anniversaire de la mort de Bird.

Evan est happé dans l’engrenage de l’enquête, car le FBI est sur le coup. Deux autres meurtres ont été répertoriés à New-York, deux saxophonistes tués selon les mêmes procédés et mises en scène, à des dates commémoratives. Evan doit donc collaborer avec les agents fédéraux, dont Andrea, une promiscuité que n’apprécie guère Natalie. Un autre saxophoniste est assassiné selon le même scénario, et le meurtrier, pardon, la meurtrière contacte par téléphone Evan, lui enjoignant d’enquêter sur le suicide supposé de son frère Greg, saxophoniste lui aussi.

 

Bill Moody, qui n’est pas apparenté au saxophoniste James Moody, est lui-même un batteur de jazz reconnu, ayant joué dans le Dick Conte quartet ou avec le Susan Sutton trio, se meut avec aisance dans le milieu du jazz et ses références musicales sont évidemment nombreuses et issues d’expériences personnelles et professionnelles, restant toutefois dans un genre pas forcément commercial.

D’ailleurs l’un des protagonistes de son roman, mais n’est-ce pas Bill Moody qui se sert de son personnage pour clamer son rejet du jazz-rock, du jazz-fusion, du smooth jazz et autres dérivés, articulés autour de l’un des chantres de cette forme musicale qu’est Kenny G. alias Kenneth Gorelick qui a accompagné notamment Whitney Houston, Natalie Cole et Aretha Franklin, déclare : « Ils ne méritent pas de vivre, tu ne comprends pas ? Ils bafouent la mémoire de Bird, de Dizzy et de Miles, ces prétendus jazzmen ! Nous infliger cette soupe électronique, cette sous-merde insipide qu’ils osent appeler du jazz… ! ». La messe est dite !

Et en parlant de messe, Bill Moody nous emmène à San Francisco sur les traces d’Evan Horne, visiter l’église de Saint John Coltrane.

Avouons tout de suite que ce roman, ode au jazz de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Monk et Miles, pêche parfois par quelques longueurs, quelques langueurs, et que les motivations de la meurtrière sont minces sauf que, parfois il ne faut pas méjuger ce qui mène quelqu’un à supprimer son prochain :

« Il faut tout de même avoir une sérieuse case vide, pour commettre quatre meurtres à cause d’une simple divergence musicale ». Il n’empêche que ce roman résolument jazz qui confronte classiques aux modernes offre un épilogue musical enlevé.

Bill MOODY : Bird est vivant ! (Bird lives – 1998. Traduction Stéphan Carn). Collection Rivages/Noir N°768. Parution mars 2010. 384 pages. 9,65€.

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 09:13

Île pour elle ?

EDOGAWA RANPO : L’île panorama

Obscur écrivain, Hirosuké Hitomi se laisse vivre. Ce ne sont pas les ambitions qui lui manquent, seulement le courage, la volonté de les réaliser.

Un jour il apprend que l’un de ses anciens condisciples à l’école, un homme richissime nommé Genzaburo Komoda, vient de décéder d’une crise d’épilepsie. Une nouvelle qui lui laisse entrevoir un avenir rose.

A l’école, maîtres et élèves confondaient souvent les deux adolescents. Une ressemblance légendaire dont chacun se serait bien passé, mais avec les années tout le monde l’avait oubliée ou presque.

Dans le cerveau enfiévré de Hirosuké Hitomi germe un plan maléfique. Et s’il prenait la place de Genzaburo ? Il simule son propre suicide et une nuit déterre le cadavre du millionnaire, le cache dans une tombe toute proche et habillé du linceul n’a plus qu’à s’allonger dans un fossé près d’une route fréquentée. Tout le monde, paysans, personnel, et même la femme du défunt, croient en une résurrection miraculeuse.

Alors Hitomi peut entreprendre la réalisation de l’un de ses rêves les plus chers. Chers à tous points de vue. La construction sur une île déserte d’un paysage en trompe-l’œil. Cependant la présence de la veuve, ou ex-veuve de Genzaburo Komoda lui fait craindre le pire. Alors il est obligé de vivre chastement auprès d’une femme jeune, belle, aimante et fort désirable. Jusqu’au jour où dans un moment d’euphorie, il baisse la garde.

 

Les thèmes de la gémellité, de l’usurpation d’identité ont été maintes fois exploités par les auteurs de la littérature policière. De même que celui de la mégalomanie et de la mise en scène onirique. Mais il ne faut pas oublier que ce roman, traduit du nippon en 1991, est dû à la plume d’un Japonais décédé en 1965 et qu’il a été écrit en 1926. C’est-à-dire que si Edogawa Ranpo n’est pas un précurseur dans ce domaine, il a probablement influencé bon nombre d’auteurs étrangers qui connaissaient son œuvre.

Une vision personnelle où le roman noir et littérature policière cohabitent, s’imbriquent pour produire un excellent suspense.

Dès les premiers chapitres, tout est mis en place et le lecteur est averti de ce qui va se dérouler. Pourtant Edogawa Ranpo mène le suspense jusqu’au bout, sans faillir, dans un déluge d’onirisme, de lyrisme et de fantastique.

Certains passages font penser à Jules Verne, par exemple la traversée sous la mer dans un tunnel de verre, mais également aux contes de fées, au merveilleux scientifique. Un brassage cohérent d’idées, de visions, d’images, de poésie, mais également de noirceur, de machiavélisme, de fantasmes.

Dommage qu’il ait fallu attendre si longtemps pour découvrir cette œuvre d’Edogawa Ranpo, lui qui est considéré au Japon comme l’un des maîtres, pour ne pas dire le Maître de la littérature nipponne. Un roman peut-être à la trame un peu désuète mais pleine de charme.

 

Première édition : janvier 1991.

Première édition : janvier 1991.

EDOGAWA RANPO : L’île panorama (Panorama-tō kidan - 1926. Traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle). Collection Picquier poche n° 118. Editions Philippe Picquier. Parution 25 juin 1999. 160 pages. 6,00 €.

Première édition : janvier 1991.

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 10:20

Toujours vivaces malgré les nouvelles

technologies… ou peut-être à cause !

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

Si la région du Berry vous fait penser tout de suite à quelques images, dont celles qui figuraient dans nos livres d’histoires, connues sous le nom des Très Riches Heures du Duc de Berry, il ne faut pas s’arrêter à cette particularité de cette belle province, à ces représentations médiévales, mais en explorer l’histoire littéraire, culturel, patrimoniale, et j’en passe sciemment sinon je serais vite hors sujet.

Parmi les personnages célèbres qui possèdent des accointances avec le Berry, citons Jacques Cœur, Benjamin Rabier fabuleux dessinateur animalier, Jacques Tati, le cinéaste à la pipe et son personnage de Monsieur Hulot dont le premier long-métrage, Jour de fête, se déroule à Sainte-Sévère, et bien d’autres dont une certaine Amantine, Aurore, Lucille Dupin, baronne Dudevant plus connue sous le nom de George Sand.

Cet alias, elle le doit à sa collaboration avec Jules Sandeau, lorsqu’ils écrivirent ensemble Blanche et Rose en 1831 après avoir rédigé de nombreuses nouvelles, puis elle signera seule Indiana en 1832. Mais ce ne sont pas là ses débuts littéraires puisque dès 1829 elle avait écrit des récits de voyage sous son véritable patronyme, ainsi qu’un roman La Marraine.

Elle est connue, hors littérature, pour son engagement féministe, fustigeant le mariage et luttant contre les préjugés, par ses frasques amoureuses et sa tenue vestimentaire masculine, lançant une mode dont elle ne savait pas combien ceci allait prendre de l’importance quelques décennies plus tard.

Si ses premiers romans bousculent les conventions sociales et magnifient la révolte des femmes, c’est bien par la suite qu’elle aborde les problèmes de société, mettant en scène dans des romans champêtres le milieu paysan, avec des romans comme La Mare au diable, François le Champi, La Petite Fadette, pour ne citer que les plus connus, souvent édités dans des versions abrégées pour des collections juvéniles.

Elle s’inscrit dans un mouvement que l’on pourrait désigner comme romantique quoique s’imposant à contre-courant des idées prônées en ce qui concerne la Femme, et en même temps dans ces mouvements littéraires comme le naturalisme, l’existentialisme, l’humanisme, avant la lettre.

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

George Sand s’intéresse beaucoup à la vie des paysans, mais également aux légendes narrées à la veillée, ainsi qu’au folklore local, les mettant en scène dans ses romans et nouvelles, avec son apport personnel en ce qui concerne la religion. Dans l’une de ses correspondances avec un membre du clergé, en 1844, elle écrit ceci :

Je puis avoir beaucoup d'estime et d'affection personnelle pour des membres du clergé, et je fais point de guerre systématique au corps dont vous faites partie. Mais tout ce qui tendra à la réédification du culte catholique trouvera en moi un adversaire, fort paisible à la vérité (à cause du peu de vigueur de mon caractère et du peu de poids de mon opinion), mais inébranlable dans sa conduite personnelle. Depuis que l'esprit de liberté a été étouffé dans l'Église, depuis qu'il n'y a plus, dans la doctrine catholique, ni discussions, ni conciles, ni progrès, ni lumières, je regarde la doctrine catholique comme une lettre morte, qui s'est placée comme un frein politique au-dessous des trônes et au-dessus des peuples.

 

Or, dans certains des textes qui composent Croyances et légendes de nos campagnes, souvent George Sand revient sur la religion, gardant ses convictions et les intégrant dans des histoires à résonnance fantastique.

Ainsi dans La Petite Fadette, dont le nom masculin est Fadet ou Farfadet, créature légendaire qui signifie aussi esprit follet ou fée, le lecteur peut-il lire ce passage édifiant :

 

-Mais, disait Landry, ce que tu crois là, que le diable n’existe point, n’est pas déjà trop chrétien, ma petite Fanchon.

-Je ne peux pas disputer là-dessus, répondit-elle ; mais s’il existe, je suis bien assurée qu’il n’a aucun pouvoir pour venir sur la terre nous abuser et nous demander notre âme pour la retirer du bon Dieu.

 

Une façon de montrer que l’église joue avec les superstitions, quoiqu’elle s’en défende, lorsque cela l’arrange. De même dans Le curé et son sacristain païen, extrait de Promenades autour d’un village en 1857, un prêtre est choqué lorsque son sacristain lui demande de bénir des figurines en bois. Il prétend que ces personnages grossièrement taillés ne sont que la représentation d’idoles. Or, pourtant, les santons sont entrés dans les crèches des églises et y ont largement leur place, sans que quiconque y voie quoi que ce soit de profane. Et si dans Le métayer sorcier, même ouvrage d’origine, une superstition veut que les bœufs et les ânes aient la faculté de s’exprimer lors de la messe de minuit, ce symbole de la nativité m’a toujours étonné. Comment placer dans une crèche près du berceau de l’enfant Jésus un bœuf, un animal castré. ? Puis l’arrivée des bergers accompagnés de leurs moutons, animaux symboles de manque de réflexion et prêts à suivre un individu sans se poser de question.

Mais ce ne sont pas les seuls exemples mettant en scène un curé, souvent s’élevant contre les superstitions animant ses paroissiens, ceux-ci amalgamant les anciennes coutumes druidiques, ou ayant fait un ou des vœux durant leur jeunesse, ne voulant pas revenir sur la parole donnée.

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

Georges Sand défend également, entre autres, les Compagnons du Tour de France, origine de la Franc-maçonnerie. Dans Le sabbat des compagnons, extrait de Le compagnon du Tour de France 1840, un vieillard, entrepreneur en menuiserie, reproche à son fils de vouloir embaucher deux ouvriers issus du compagnonnage, déclarant :

Il te faut des compagnons du Tour de France, des enfants du temple, des sorciers, des libertins, de la canaille de grands chemins.

L’on retrouve bien cette peur de l’étranger, issu d’autres régions, et de ceux qui pratiquent une façon de travailler, de penser, de vivre, que celle à laquelle les anciens sont habitués. Or cette appréhension existe toujours, malgré le brassage, les moyens modernes de communication. Mais elle s’exprime autrement.

Les animaux, dits surnaturels, surtout les loups, font partie du folklore paysan, et l’on ne s’étonnera dont point de retrouver certains personnages qui étaient considérés comme marginaux, le meunier ou le cornemuseux.

 

Ce recueil est constitué d'un florilège de George Sand car si tout tourne autour des légendes, il s'agit d'extraits puisés, soigneusement, par Christophe Matho dans les ouvrages de la grande Dame de Nohant, tels que La petite Fadette, Jeanne, Légendes rustiques ou encore Les maîtres sonneurs.

Et il nous incite à lire ou relire ces ouvrages, dans des versions non édulcorées, non abrégées, et l’on se rendra compte que Georges Sand fut une grande femme de lettres, dont les écrits n’étaient pas si anodins que ceux qui étaient destinés à la jeunesse pouvaient le laisser croire, et que dans ses textes, elle prônait un humanisme, mot un peu galvaudé de nos jours, dont devraient s’inspirer de nos jours bien des religieux, des hommes politiques, ou tout simplement des intégristes de tous bords.

 

A signaler les très beaux et charmants textes de Jeannine Berducat qui signe la préface, de Maud Brunaud, l’avant-propos, et de Michèle Dassas qui a écrit la postface, sans oublier l’iconographie dont certaines images signée de Gustave Doré mais de bien d’autres illustrateurs, dont malheureusement le nom n’apparait pas toujours.

 

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes.

A lire également dans le même registre :

George SAND : Croyances et légendes de nos campagnes. Collection Passeurs de mémoire. Editions CPE. Parution 3 mars 2017. 158 pages. 20,00€.

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 08:14

Une variante de Un pour tous, Tous pour un

Amédée ACHARD : Envers et contre tous. Les aventures de Monsieur de la Guerche 2.

Ou la suite des aventures de Monsieur de la Guerche et de son ami Renaud de Chaufontaine.

Des aventures épiques, dangereuses, qui les conduisent de Suède en Tchécoslovaquie, un peu pour accompagner le roi Gustave-Adolphe dans ses démêlés belliqueux avec la coalition germano-autrichienne, mais surtout pour délivrer des griffes de leurs ennemis, Jean de Werth et ses acolytes Matheux Orlscopp et le capitaine Jaconus, les belles cousines Mademoiselle de Souvigny et Mademoiselle de Pardaillan.

Les liens du cœur sont une chose que ne respectent guère les ruffains et nos deux héros sont soumis à rudes épreuves afin de mériter l’amour de leurs belles.

La guerre fait rage, mais pas uniquement sur les champs de bataille. La jalousie exacerbée et féminine de Madame d’Igomer ferait se battre des montagnes mais l’amour se montre toujours (dans les romans !) le plus fort.

 

Embuscades, guet-apens, château-forts, oubliettes, passages secrets, tortures morales et physiques, marais, déguisements, traîtrises, ce roman est parsemé d’embûches pour nos deux preux chevaliers français, véritable parcours du combattant, jeux de rôle avant la lettre.

De tous les personnages secondaires qui gravitent dans ces deux romans, Les coups d’épée de Monsieur de la Guerche et celui-ci, c’est Carquefou, le doux et peureux valet et compagnon d’armes de Monsieur de la Guerche, qui m’a laissé l’impression la plus forte, envers qui j’ai ressenti comme une certaine affection.

Carquefou, qui devant le danger ou tout simplement par amitié, arrive à faire fi de sa peur, de sa couardise naturelle, et se montrer aussi courageux, sinon plus, que ses compagnons. Comme il le déclare sans fausse pudeur :

On peut être poltron de naissance, par caractère et par principe, et n‘en être pas moins brave dans l’occasion.

 

Il eut été dommage de laisser ces romans s’étioler au fond de bibliothèques poussiéreuses alors que tant d’inepties encensées sont présentées aujourd’hui comme des chefs-d’œuvre.

 

Amédée ACHARD : Envers et contre tout. Les aventures de Monsieur de la Guerche 2. Collection Verso. Editions Phébus. Parution août 1991. 324 pages. 22,45€.

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 06:36

Aurait besoin d’une bonne révision ?

Gaston LEROUX : La machine à assassiner.

Nous avions quitté les protagonistes de La Poupée sanglante sur ces deux phrases : Eh bien, oui l’aventure de Bénédict Masson est sublime ! Elle est sublime en le fait qu’elle ne fait que commencer…

L’arrestation et l’exécution de Bénédict Masson, le relieur qui a perdu sa tête, ne manquent pas d’attiser les conversations, les suppositions, les ragots, et engendrer une forme de terreur comme aime à le préciser Mme Langlois, l’ex-femme de ménage du décapité.

Et lors d’une réunion bihebdomadaire dite à la camomille, breuvage servi dans l’arrière-boutique de Mlle Barescat, et fourni par M. Birouste, l’herboriste, les langues ne s’endorment pas malgré le breuvage. Il paraîtrait que la tête de Bénédict Masson aurait été réclamée par l’Ecole de Médecine et récupérée dans le panier et amenée chez l’horloger, spécialiste des engrenages aux roues carrées, par Baptiste, l’aide de Jacques Cotentin, le fiancé de Christine Norbert, la fille de Jacques Norbert, le fameux horloger qui aurait bricolé le corps de Gabriel. Des suppositions.

C’est à ce moment où la tension est vive entre les quatre participants de cette soirée à la camomille, que Gabriel s’introduit dans la maison portant Christine, évanouie et le visage ensanglanté. Alors ils entendent des voix. Celles de M. Norbert et de Jacques Cotentin qui sont à la recherche de Gabriel et de la jeune fille. Lorsqu’ils pénètrent dans la maison, il n’y a plus personne, sauf les quatre buveurs de camomille. Gabriel est parti par une porte située à l’arrière, avec dans ses bras Christine, écrivant un petit mot sur une feuille de carnet. Le plus surprenant est à venir : L’écriture est celle de Bénédict Masson, il n’y a aucun doute là-dessus.

Alors, non seulement Gabriel serait un homme rafistolé, mais de plus l’horloger et Jacques Cotentin, le prosecteur (personne chargée de la préparation d'une dissection en vue d'une démonstration, d'ordinaire dans une école de médecine), lui auraient greffé le cerveau de Benedict Masson ?

Et si Benedict Masson était mort pour rien, car dans les disparitions de jeunes femmes, en Touraine, continuent, semblant confirmer ses assertions lorsqu’il déclarait qu’il était innocent ?

Débute une partie de cache-cache entre Jacques Cotentin, à la recherche de sa fiancée, et Gabriel accompagné de Christine, ou le contraire, et d’autres protagonistes plus ou moins impliqués dans ce récit d’aventures échevelé, à la trame fantastico-scientifique. De l’Île de la Cité jusqu’en Touraine en passant par la banlieue parisienne, c’est une course poursuite échevelée qui se déroule sous nos yeux.

 

Avec des références à Henri Heine, auteur du Docteur Faust, à Villiers de l’Isle Adam, qui mit en scène L’Eve future, premier roman dans lequel apparait pour la première fois une androïde ou plus exactement Andréide, ainsi qu’à Mary Shelley avec Frankenstein, Gaston Leroux ne fait pas œuvre de véritable nouveauté mais propose une version plus moderne de ces personnages qui ont traversé les siècles de la littérature dite populaire, ouvrant la voie à un fantastique scientifique dont déjà la médecine actuelle commence à s’emparer, et va peut-être bientôt dépasser toutes les affabulations de nos auteurs qui ne manquent pas d’imagination.

L’imagination débridée de Gaston Leroux mêle les deux genres précédemment évoqués en y incluant une trame policière, un petit goût d’exotisme avec des références aux Thugs, le tout dans un voile de poésie noire. Tous les ingrédients sont utilisés par Gaston Leroux afin de tenir le lecteur en haleine, et il y réussit toujours, près de cent ans après la première publication de cet ouvrage en feuilleton dans Le Matin du 10 août et le 19 septembre 1923. Si ce roman peut se lire indépendamment de La Poupée sanglante, il est préférable toutefois d’avoir lu le premier épisode afin de mieux comprendre jusqu’où la folie créatrice de Gaston Leroux peut s’exprimer.

 

Gaston LEROUX : La machine à assassiner. Collection L’Aube Poche. Editions de l’Aube. Parution 18 août 2016. 304 pages. 11,90€

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 08:08

Que je l’aimeuuuu, que je l’aimeeeem !

Henri GIRARD : Sous l’aile du concombre.

Quadragénaire célibataire, Hubert Corday, qui n’a aucune parenté avec Charlotte jusqu’à preuve du contraire, n’a pas pour habitude de prononcer cette phrase à tout venant ni même aux autres.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas de relations, dans son travail il n’en manque pas, mais ce ne sont que des épisodes charnels, genre Je t’aime moi non plus, bonjour madame, au revoir madame et on passe à autre chose. C’est ce que l’on appelle un en-cas !

Donc Hubert, qui est le dernier de Corday, travaille dans, attention accrochez-vous, l’impalpable complexité protéiforme des ressources humaines. Concrètement il intervient en entreprise ou organise des cours, je résume, pour apprendre aux responsables comment gérer ceux qui sont sous leur coupe, annihiler leurs aspirations, les motiver, leur faire comprendre qu’ils ne sont que des pions. Je passe. Mais cela démontre qu’il a du bagout et qu’il sait parler à ses interlocuteurs. Et que souvent, dans ces réunions, il trouve chaussure à son pied, pour une nuit.

Pourtant, depuis quelques semaines il fréquente assidûment Milady, une jeune femme qu’il a rencontrée lors d’une exposition de peintures abstraites, étant en phase sur la prestation de l’artiste, puis prenant un pot ensembles afin de parfaire leur connaissance et échangeant leurs points de vue. De fil en aiguille, ils se sont revus, ce qui est un peu un exploit de la part d’Hubert qui préfère en général butiner.

Mais il rend visite également la famille, à sa sœur Clotilde, mariée, cinq enfants, dont Marine, l’aînée, est quelque peu déboussolée par son manque d’engouement à perpétrer la descendance des Corday. D’abord il n’aime pas qu’on l’appelle Tonton, ça l’horripile, et puis de quoi elle se mêle, même si lui-même ne se prive pas de lui poser des questions sur son ego.

Il va voir également ses parents, qui vivent depuis vingt-cinq ans séparés, habitant deux maisons qui se font face. La mère dans la demeure familiale, du temps d’avant, et son père dans celle héritée de son père, du Papou d’Hubert.

Et le Papou d’Hubert, ce fut quelqu’un dont le quadragénaire se souvient avec une forme de nostalgie liée à une enfance au cours de laquelle le vieil homme lui a beaucoup appris. L’Internationale par exemple.

 

Chaque lecteur pourra s’identifier plus ou moins au héros narrateur de cette histoire, soit dans ses rapports familiaux, dans ses conflits, sa gestion sentimentale, ou tout simplement dans son environnement professionnel, tout un chacun ayant eu un jour ou l’autre des réunions d’information, des séminaires, des remises à niveau.

De nombreux retours en arrière émaillent ce roman plaisant, parfois humoristique, souvent nostalgique, voyageant allègrement dans sa région natale, le terroir bas-normand, à Paris, puis en Floride, histoire de se dépayser et de se voir confirmer que le verbe Aimer existe, et qu’il est bon parfois de l’employer.

Des scènes amusantes côtoient les épisodes mélancoliques, la tendresse étant toujours au rendez-vous, le tout dilué dans une bolée de cidre et quelques coups de canon, du rouge de préférence, pour bien montrer l’appartenance politique de certains protagonistes.

Un roman qui engendre la bonne humeur, mais qui également fait réfléchir car tout un chacun se reconnaîtra dans certaines scènes, et si ce n’est toi c’est donc ton frère, qui ne tombent jamais dans le grotesque mais engendrent des réflexions auxquelles il est bon de réfléchir, afin de ne pas s’engluer dans un mode de vie en marge. Sans oublier une grosse dose de tendresse bourrue qui s’impose dans la pudeur des sentiments.

Et Henri Girard, via ses protagonistes, n’hésite pas à souligner combien il est important de s’aimer, pas uniquement avec le cœur et la tête, mais également physiquement, à tout âge, les relations sexuelles n’ayant pas de date de péremption, même si certains, jeunes et moins jeunes, pensent qu’arrivés à un certain âge, voire un âge certain, les galipettes ne devraient plus être autorisées.

Au fait, me direz-vous fort à propos, que vient faire ce Concombre du titre. Disons qu’il s’agit d’un des protagonistes du roman, qui est ainsi surnommé, et qui sous des dehors débonnaires de bon gros vivant, se montre malin en diable.

 

Et si vous désirez en savoir un peu plus sur l’auteur, qui n’hésite pas à se mettre en scène, partiellement, dans ce roman, cliquez sur le lien suivant :

 

Henri GIRARD : Sous l’aile du concombre. Editions Atelier Mosesu. Parution le 6 juillet 2017. 200 pages. 13,00€.

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 08:04

Ne sont pas des coups d’épée dans l’eau !

Amédée ACHARD : Les coups d’épée de Mr de la Guerche.

Auprès des Trois Mousquetaires qui se sont vaillamment illustrés dans le roman de cape et d'épée, j'ai cité Alexandre Dumas Porthos, Paul Féval Aramis, Michel Zévaco Athos, se glisse la silhouette d’un jeune homme qui tel d’Artagnan se bat comme un beau diable afin de se hisser au niveau des grands: Amédée Achard.

Contemporain de Dumas père, Amédée Achard s’est perdu dans les oubliettes de la littérature à cause d’une trop grande facilité et d'une prolixité romanesque qui lui ont porté ombrage. Pourtant Amédée Achard a longtemps figuré au catalogue de la bibliothèque Verte, dans une version malheureusement tronquée, près d’auteurs aussi éminent que Jules Verne, Jack London ou Paul Féval.

Les coups d'épée de Mr de la Guerche est un roman assez curieusement proche des Trois Mousquetaires et en même temps fort éloigné dans la lettre et dans l’esprit. Évidemment l’on retrouve le ton épique, les chevauchées, la soif d’aventures, l’amitié et l’amour, les conflits et les serments, les fourbes et les serviteurs loyaux, tous ingrédients nécessaires à la crédibilité d’un roman d’aventures, de cape et d'épée, et qui seront largement utilisés dans les westerns et autres romans populaires. De même quelques similitudes de lieux et de personnages apparaissent dans les deux romans. Par exemple le siège de la Rochelle, prétexte à bravoure. Cependant la comparaison s'arrête là.

Chez Dumas, quatre personnages en quête de gloire et de fortune s’opposaient au Cardinal de Richelieu et à ses sbires. Dans Les coups d'épée de Mr de la Guerche, deux amis d’enfance vont se côtoyer, se battre l’un l’autre, puis l’un près de l’autre, jusqu’en Suède. Pourtant à l’origine tout devait les séparer : Armand-Louis de la Guerche est un protestant convaincu tandis que Renaud de Chaufontaine rêve de convertir son parpaillot de camarade à la religion catholique.

Et c’est là qu’Amédée Achard diffère profondément de Dumas. Car jamais il ne raillera les Huguenots comme le fait, par Mousquetaires interposés, Dumas, lors, par exemple, de la description du siège de la Rochelle. Au contraire il se montre sobre, tolérant, renvoyant dos à dos catholiques et protestants, ou mieux, les faisant s'apprécier en maintes occasions. Et c’est peut-être justement cette to1érance, cette largesse d’esprit qui jetèrent un voile d’oubli sur ces romans, les brocardeurs de tous poils, de toutes convictions n’ayant rien à leur reprocher, sauf peut-être cette indulgence qu’ils qualifièrent de platitude.

Et si les personnages d'Amédée Achard ne possèdent point l’envergure de ceux mis en scène par Dumas père, l’action, elle, s’en trouve sublimée. Il n’existe aucune longueur dans ces romans. Trop souvent omis, jusque dans les histoires de la littérature populaire française, Amédée Achard recouvre une nouvelle jeunesse, un second souffle avec la complicité de Michel Le Bris et des éditions Phébus.

Et s’il m’était permis de faire une petite suggestion, je proposerais à l’éditeur de continuer dans cette voie en exhumant quelques ouvrages moins connus dont ceux d’Alfred Assolant, par exemple.

 

Amédée ACHARD : Les coups d’épée de Mr de la Guerche. Préface de Michel Le Bris. Collection Verso. Editions Phébus. Parution août 1991. 374 pages. 23,05€.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 09:59

Mais ce livre n’en est pas un… !

EDOGAWA RANPO : Mirage.

Maître et précurseur du roman policier nippon, Edogawa Ranpo, écrit aussi parfois Rampo, nous propose deux nouvelles d’inspiration fort différente.

Mirage, nouvelle éponyme de ce recueil, se révèle plus à connotation fantastique que policière. Le narrateur est intrigué par le manège de son voisin de compartiment qui a placé un oshi (tableau en relief : petite planche de bois sur laquelle sont collés des personnages ou des animaux de papier épais rembourré de coton pour leur donner de l’épaisseur et recouverts de soie) face contre la vitre du train à bord duquel ils voyagent.

Le voyageur raconte alors l’histoire de ce tableau vivant.

 

Vermine. Depuis sa jeunesse, Masaki, riche orphelin, ressent une profonde et anormale aversion pour l’humanité, aversion doublée d’une timidité excessive. Seul son ami Ikeuchi trouve grâce à ses yeux. Mais autant Masaki est timide, réservé, replié sur lui-même, autant Ikeuchi brille en société. Et c’est par l’entremise d’Ikeuchi que Masaki retrouve Fumiko dont il était amoureux à l’école, et qui depuis est devenue une grande comédienne. En dix ans, la petite écolière chrysalide s’est transformée en belle jeune fille papillon.

Leurs retrouvailles se concrétisent dans un restaurant et Fumiko fait comprendre à Masaki qu’il ne lui est pas indifférent. Mais Masaki n’est que le jouet de la duplicité de Fumiko.

 

Le lien entre ces deux textes, l’un fantastique, l’autre cannibalo-policière, se révèle être l’amour.

L’amour fou que porte un homme à une jeune fille. Amour impossible dans Mirage, amour contrarié dans Vermine. Et au travers de cet amour, c’est un engrenage en spirale qui s’amorce.

Edogawa Ranpo puise dans deux cultures à l’influence profonde. Il retient la suavité, la poésie japonaise, et il les incorpore à une trame plus dure, d’inspiration américaine, oscillant entre le roman noir moderne et les classiques.

N’oublions pas qu’Edogawa Ranpo est la prononciation japonaise d’Edgar Poe, un hommage. Il est le précurseur et l’un des fondateurs d’une nouvelle école littéraire nipponne et de la littérature policière. Pour certains, ces textes paraîtront un peu désuets, puisqu’ils datent tous deux de 1929, mais que l’on découvre avec plaisir tout comme l’on se plonge avec délices, par exemple, dans l’univers de Pierre Véry.

EDOGAWA RANPO : Mirage. Traduction Karine Chesneau. Collection Picquier Poche N°138. Editions Philippe Picquier. Parution avril 2015. 144 pages. 6,00€.

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 10:18

Réglez vos montres !

David MORALES SERRANO : 18h37.

Alors que dans quelques semaines, Edgar Fillot, directeur du 36 Quai des Orfèvres, va prendre une retraite amplement méritée après trente cinq ans de bons et loyaux service, Edgar Fillot reçoit au courrier une lettre qui le ramène justement à ses débuts, alors qu’il n’était que simple policier en uniforme.

Depuis il a grimpé les échelons, mais il n’a pas oublié cette affaire qui s’est déroulée dans un wagon du métropolitain, le 16 mais 1937 à 18h37.

Une femme était entrée dans une voiture de première classe, à la station Porte des Charmilles, et à la station suivante, elle avait été retrouvée morte, un couteau dans la gorge. Au départ comme à l’arrivée, elle était seule dans cette voiture placée au milieu de la rame.

L’enquête diligentée n’avait pas abouti et voilà que trente cinq ans après, un inconnu qui signe X pour anonyme, se réveille et écrit au futur directeur retraité. Il narre comment il a connu Dolores Rinconada, comment il en était tombé amoureux, puis pourquoi il a été amené à lui ouvrir les portes du Paradis en la trucidant.

Edgar Fillot montre la missive à son assistant et secrétaire, Harald Dumarais, un jeune homme à l’avenir prometteur, et ils discutent tous deux de cette affaire dont l’enquête avait débouché sur une impasse. Mais en cette fin d’année 1971, le délai de prescription est dépassé, et il n’est pas envisageable de rouvrir le dossier.

Pour autant Edgar Fillot aimerait connaître le fin mot de cette histoire et connaître l’identité de son correspondant dont la lettre recèle quelques indices.

Tout au plus sait-il qu’il s’est installé dans le sud pyrénéen, et qu’il s’est établi comme médecin. Il demande à Harald Dumarais de bien vouloir rechercher dans les archives de l’Ecole de Médecine le nom de cet étudiant qui aurait pu effectuer des études dans les années 1935.

Les recherches demandent du temps, mais grâce à la bonne volonté d’un vieil archiviste en retraite qui passe son temps dans les sous-sols à garder les précieuses boîtes, et surtout grâce à la gentillesse et l’affabilité de la demoiselle de l’accueil, bientôt des traces du passage de monsieur X sont relevées.

Bonne pioche pour Harald Dumarais qui par la même occasion, ce qui ne veut pas dire que la demoiselle en question en est une, d’occasion, ressent un tendre sentiment bientôt partagé par cette sympathique hôtesse qui se prénomme Jeanne mais préfère qu’on lui dise Jane.

 

Une enquête qui s’étale durant plusieurs mois, car Edgar Fillot, retraité et ayant déménagé avec sa femme dans les Landes, ne peut consacrer tout son temps maintenant libre à cette occupation hors la loi.

Tiré d’un fait-divers ayant réellement existé et dont Pierre Siniac s’était également inspiré pour écrire son roman Le crime du dernier métro, ce roman se lit comme une histoire véridique, avec une histoire d’amour, tout en offrant quelques belles pages, dont un chapitre, écrit par Harald, gentiment sensuel, le tout enrobé d’un humour subtil.

Un vrai sens du mystère, de la profondeur et de l’émotion, tel est l’avis d’Amélie Nothomb, avis que je partage volontiers, pour une fois étant en accord avec le bandeau, ce qui ne m’arrive guère souvent, jugeant ce procédé racoleur. Je lui tire mon chapeau.

Un roman tout en pudeur, émaillé de digressions savoureuses, tout autant de la part du narrateur principal, Edgar Fillot qui rédige ses mémoires, que de la part d’Harald Dumarais dont la prose est inclue dans le corps du texte, comme un aparté, un interlude vivifiant mais qui ne sort pas du contexte.

 

A la suite de ce roman figure une nouvelle, Les boules et les blettes, mettant en scène, ensemble ou séparément, les deux membres d’un couple de septuagénaires, qui sacrifient, l’un à sa passion des boules, l’autre à son occupation favorite, l’achat de bottes de blettes sur le marché. Deux faits insignifiants en apparence, mais en apparence seulement. Une nouvelle qui a été finaliste du prix Nolim 2014, présidé par Michel Bussy.

 

Dans ses remerciements, l’auteur tient à remercier un certain Yannick qui avait en charge de traquer les coquilles. Ce qu’il a fait consciencieusement, mais il a omis de rectifier quelques petites tournures grammaticales mal venues. Ainsi on ne dit pas J’ai été m’asseoir sur une chaise, mais je suis allé m’asseoir sur… Mais ce n’est qu’un détail, répété trois fois, une insignifiance, mais qu’il serait bon de corriger par la suite, à mon humble avis, comme il est bon de le signaler.

 

 

David MORALES SERRANO : 18h37. Collection Polar. Editions De Borée. Parution 15 juin 2017. 238 pages. 7,50€.

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:15

Tout le contraire de moi !

Lilian Jackson BRAUN : Le Chat qui cassait la baraque

Jim Qwilleran, journaliste et chroniqueur, vit à la frontière des Etats-Unis et du Canada dans une grange rénovée en compagnie de ses deux chats, Koko et Yom-Yom.

Une vie paisible émaillée parfois de petits faits-divers dont il tire partir pour écrire ses papiers dans le journal local. C’est ainsi que l’annonce du retour au pays de Thelma Tackeray, riche octogénaire installée depuis des décennies à Hollywood, est précédée d’une réputation de star. Or personne ne connaît Thelma Tackeray. S’agirait-il d’une farce comme souvent les journalistes s’en font entre eux ?

Après enquête, il découvre que Thelma existe bien mais qu’elle tenait un restaurant fort prisé en Californie et qu’elle a décidé de finir ses jours au pays natal, accompagnée de sa secrétaire, de ses cinq perroquets et d’un neveu dispendieux, joueur et touche-à-tout incapable.

Qwilleran apprend que les perroquets de Thelma ont été enlevés puis échangés contre une forte rançon composée de bijoux. Un témoin aurait vu un camion de déménagement et une camionnette garés dans un endroit désert et deux hommes se livrer à un étrange ballet d’imposants cartons. Peu après le conducteur d’une camionnette est retrouvé mort au volant de son véhicule. Thelma veut aménager l’ancien cinéma désaffecté en salle de spectacles mais le neveu s’arrange pour tirer profit de cette installation.

 

On ne peut pas dire que ce nouvel opus de Qwilleran et de ses chats, en particulier l’impressionnant Koko avec son sixième sens, soit véritablement policier même si une simili enquête en soit le fil conducteur.

En réalité il s’agit plus d’une chronique provinciale américaine, souvent humoristique, ponctuée de petits faits divers, de tiraillements entre villages, de jalousies, et évocatrice d’un mode de vie rural paisible loin des affres de la grande ville.

Lilian Jackson BRAUN : Le Chat qui cassait la baraque (The Cat Who Brought Down the House. 2003. Traduction de Marie-Louise Navarro). Collection Grands Détectives N°3536. Editions 10/18. Parution le 5 juin 2003. 256 pages. 7,10€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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