Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 13:58

Il ne s'agit pas du regard du patron !

Hugo BUAN : L’œil du singe.

Célèbre paléoanthropologue ayant découvert l’Homo Octavius, un de nos ancêtres néanderthaliens, Maximilien Lachamp en effectuant une randonnée solitaire à vélo en forêt de Rennes est tombé sur un os. Un caillou en réalité mais le résultat est le même.

Il se réveille trois jours plus tard dans une clinique rennaise, atteint d’une amnésie passagère. Certains mots le font frémir mais il n’arrive pas à comprendre pourquoi. Peu à peu la mémoire lui revient et il aurait bien aimé ne pas se souvenir ce qui lui était parvenu. D’autant qu’il n’apprécie guère le petit jeu de questions auquel se livre son neurologue. Il décide de raconter au commissaire Workan l’histoire invraisemblable qui lui est survenue.

Pourquoi Workan et pas un autre ? Tout simplement parce que l’un de ses amis, surnommé la Gélule, pharmacien de son état, joue dans la même équipe de rugby que le commissaire. Ce qu’il pense être une référence, mais il ne connaît pas le bonhomme. Il narre donc cette invraisemblable histoire à son interlocuteur. Alors qu’il pédalait sur son VTT afin de se ressourcer et évacuer les miasmes de ses recherches au CNRS, il a été abordé par deux hommes cagoulés qui l’ont obligé à creuser une tombe et enfouir un cadavre. Sur le chemin du retour, perdu dans ses pensées et traumatisé par cette rencontre, il butte et se retrouve à terre dans le coma. Sa femme inquiète de ne pas le revoir a fait appel à la gendarmerie et depuis il se demande s’il a rêvé, cauchemardé plutôt, ou non. Sur place, il est invité à pratiquer l’opération inverse, mais au fond du trou, rien. Le néant.

Seulement son histoire ne s’arrête pas là. La mésaventure se reproduit une seconde fois et là sous les yeux médusés du commissaire, et des siens évidemment, un emballage plastique git au fond du trou enrobant un cadavre. Mais pas n’importe quel cadavre, celui d’un cochon coupé par moitié.

Une autre affaire enquiquine l’existence de Workan et de ses subordonnés : le capitaine Lerouyer, les agents Roberto, Cindy Vitarelli et Leila Mahir. Et ce n’est pas parce qu’il couche parfois avec Leila qu’il oublie ses prérogatives de supérieur hiérarchique.

En cette fin de mois de juin, alors que la température est caniculaire, est-il normal de retrouver dans un placard frigorifique de la morgue un cadavre non recensé ? Et l’on ne peut même pas dire que ce cadavre dénudé est à poil puisqu’il a été entièrement rasé. Et comme il a été congelé, il est difficile d’appréhender avec exactitude sa date de décès. Seule la cause de la mort est déterminée. L’homme a été assassiné à l’aide d’un os de mammouth porté avec violence sur son crâne. Précision, il s’agissait d’un os prélevé sur un jeune mammouth, sinon, la tête aurait été entièrement pulvérisée.

 

Le commissaire Workan est quelqu’un d’acrimonieux, vindicatif, agressif, soupe-au-lait, et tout autre qualificatif que vous pouvez choisir dans la liste ci-jointe : acerbe, hargneux, rogue, belliqueux, atrabilaire et j’en oublie sûrement.

Il se conduit de façon désagréable tout autant envers ses supérieurs et la juge d’instruction, qu’avec ses subordonnés (sauf en de rares occasions dans lesquelles l’appel de la chair lui fait perdre ses défenses naturelles) et les témoins et supposés suspects.

Parfois il use même de la force physique pour appuyer ses propos et ses ressentiments. Son caractère est comme ça et de toute façon, ayant un lien profond avec le général de Gaulle, il se sent à l’abri de toutes représailles provenant des instances hiérarchiques. D’où lui vient ce caractère de cochon, le lecteur l’apprend dans cet épisode qui, tout comme le commissaire, est légèrement déjanté. Normal, qui se ressemble s’assemble, c’est bien connu.

Hugo Buan nous narre ce quatrième épisode des aventures, des enquêtes de Workan, avec verve, humour, nous dévoilant un peu plus les différentes facettes psychiques de son héros et son passé. Il nous emmène aussi dans l’univers feutré mais pas toujours aimable des scientifiques, univers qui ressemble à la guerre des anciens et des modernes sur fond de jalousie.

Un roman à conseiller lors de déprime passagère, ou simplement pour passer un bon moment de lecture.

Tuer ! Toujours tuer ! Ça lasse à la fin…

Première édition : Pascal Galodé éditeurs. Janvier 2011.

Première édition : Pascal Galodé éditeurs. Janvier 2011.

Hugo BUAN : L’œil du singe. Collection une enquête du commissaire Workan. N°4. Editions du Palémon. Parution 6 novembre 2015. 336 pages. 9,00€.

Repost 0
17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:35

L'Octopode a neuf (?) bras pour écrire

neuf histoires...

COLLECTIF : Le Poulpe court toujours...

Qui l'eut cru, lorsque Jean-Bernard Pouy, Patrick Raynal et Serge Quadruppani ont créé ce curieux personnage anar et libéral, justicier moderne, que Gabriel Lecouvreur, ainsi surnommé à cause de ses bras démesurés, allait connaître une destinée et une longévité littéraire populaire ?

Aujourd'hui il a cinquante-six ans, d'après son état-civil, mais peut se targuer d'avoir vécu vingt et un ans d'aventures périlleuses. Et comme le festival Noir sur la ville fête également son anniversaire, vingt ans de bons et loyaux services envers le roman noir, il suffisait d'un concours, non pas de circonstances, pour mettre notre céphalopode à la sauce armoricaine et au jet d'encre sympathique en recueil.

Recueillons-nous donc sur les neuf textes proposés par des amateurs doués et des professionnels consciencieux, qui pour une fois dérogent à leur poulpophobie afin de mettre en scène les aventures surprenantes de cet animal, véritable zythologue, brasseur de bras contre les moulins à vent de la bêtise humaine et ses dérives, et dégustateur de houblon fermenté, houblon ou brun d'ailleurs, breuvage appelé aussi bière mais à ne pas confondre avec celles en bois.

Place maintenant aux servants de cette messe littéraire, à laquelle nous ne risquez pas de vous ennuyer, lesquelles apparaissent en procession par ordre alphabétique :

 

François Cariou : What else, Angels ?

Alors qu'il procède à ses activités habituelles au bar du Pied de porc à la Sainte-Scolasse, dégustation du café matinal et lecture du journal, Gabriel est interloqué par le manège d'un client. L'homme boit un pastis, et mord dans son verre. La bouche pleine de sang et de morceaux de verre, l'homme explique que sa femme Malika, préposée au nettoyage de bureaux pour une entreprise privée, vient de passer par la fenêtre de l'immeuble où elle officiait de nuit. Ni l'homme, ni Gabriel ne croient à un suicide. Une enquête qui ne rapportera rien au Poulpe, sinon la satisfaction d'avoir effectué une bonne action.

Pascale Dietrich : Bascoulard !

Gabriel se rend à Bourges, où vit encore sa grand-mère, pour enquêter sur l'assassinat d'un peintre marginal local, Marcel Bascoulard. Il a bien connu l'artiste-clochard qui vivait dans la cabine d'un camion échouée sur un terrain vague. Le peintre aimait se déguiser en femme et il était devenu une figure locale. Alors Gabriel assiste à l'inhumation, repérant quelques figures de notables et d'édiles de la cité berrichonne susceptibles de l'avoir trucidé.

A noter que Marcel Bascoulard a réellement existé et l'on peut lire la notice qui lui est consacrée sur Internet.

Pascale Fonteneau : Les Faux Jetons maltais.

Lors d'une inspection du travail, un demi-cadavre est retrouvé dans des fondations pas terminées sur un chantier. Celui qui s'est débarrassé de ce demi-cadavre, l'autre partie ayant été incinérée, n'a fait son boulot qu'à moitié. Or le défunt, qui portait ses papiers scotchés sur une jambe, n'aurait jamais dû se trouver à l'endroit où il a été découvert, puisqu'il est mort l'année précédente. Cindy, une serveuse de bar qui entend les clients discuter de cette affaire, décide d'en faire part (c'est de circonstance) à son amie Chéryl qui transmettra au Poulpe. Lequel part aussitôt pour Bruxelles, là où cette macabre découverte a eu lieu.

Bernard Granjean : L'abbé Bette du Gévaudan.

Un intrus dépose une coupure de journal devant le nez et les lunettes de Gabriel, tranquillement installé au Pied de porc à la Sainte-Scolasse. De la part d'Alexandre et Alice précise-t-il. Alice, la seule qui aurait pu l'obliger à quitter son statut de célibataire. Ceci ne nous regarde pas, cette information relevant du domaine privé. Mais au nom d'Alice et à la lecture de l'articulet, tendu par cet homme qui est un jésuite en rupture des liens de l'église, Gabriel se rend immédiatement à Marvejols. Il se passe de drôles (enfin pas si drôles que ça) de trucs dans la région. Des personnes ont disparu et le cadavre d'un gamin a été retrouvé égorgé dans l'Aubrac. Nul doute que pour le localier, la Bête est de retour.

Eric Lainé : Poulpe miction.

Ce n'est pas qu'il soit porté sur la religion, mais bien parce que Cheryl le lui suggère pour lui changer les idées, que Gabriel se rend en Belgique, à Maredsous exactement, chez les Bénédictins. Deux moines ont disparu d'un monastère. Et comme tous les monastères bénédictins qui fabriquent des boissons alcoolisées, genre Dom Pérignon ou Bénédictine, celui de Maredsous est spécialisé dans la bière. Un bon prétexte pour aller y mettre son nez.

Jean-Patrick Muller : L'arène des paumés.

Le XIe arrondissement parisien subit la convoitise des nouveaux Bobos qui investissent le quartier, multipliant les rénovations, ôtant l'âme de ce quartier populaire, avec la bénédiction de la municipalité, et la rapacité des promoteurs immobiliers. Gabriel assiste à une scène au cours de laquelle Gérard, le patron du Pied de porc à la Sainte-Scolasse manque s'étouffer. Deux clients attifés clowns, c'est à la mode parait-il, osent demander deux pink killer. Deux bières blanches au pamplemousse, en bon français. Et voilà Gabriel parti sur le pied de guerre, conforté dans sa mission lorsque de la cour d'un établissement nouvellement rénové, il surprend une conversation édifiante.

 

Voici donc les textes des quatre lauréats du concours de cette année ainsi que ceux des deux auteurs féminins qui ont acquis leurs lettres de noblesse et inscrit leurs noms au fronton des Arts et Lettres.

Maintenant il ne me reste plus qu'à vous présenter les deux piliers de Lamballe, des poulpophobes, et le gardien de but.

Jean-Hugues Oppel : Chais et rasades.

Toujours entre deux voyages, deux moyens de transports, Gabriel jette un œil et quelques réflexions sur la situation actuelle de la France. Revenant d'Australie et partant pour Bordeaux, il s'insurge intérieurement sur l'état d'urgence imposé mais qui ne résout rien, sa nouvelle enquête qui l'emmène dans les chais, la vigne produisant des raisins de moins qualité et donc un vin au goût douteux, tout en déplorant l'absence de Chéryl alors que c'est lui qui n'est jamais là. Il (Oppel) revient sur ces débuts en duettiste à la Série Noire.

Jean-Bernard Pouy : Deux êtres se rencontrent et un tombereau de merde s'installe dans leur cœur... Résumé en Je hais le Poulpe.

Franchement notre J.B.national en a marre du Poulpe qui lui a rongé la vie, sinon plus. Le Poulpe l'a absorbé, digéré, vampirisé, et l'auteur n'existe plus derrière sa créature, alors qu'il n'était pas le seul à l'avoir procréé. Tout un pan, le principal, de sa carrière littéraire s'efface derrière l'octopode humain. Un texte acerbe, teinté d'une amertume compréhensible et de désabusement.

Marc Villard : Ce n'est qu'un combat, continuons le début.

Tout comme Oppel, Marc Villard n'a jamais voulu franchir le pas, mais en guise de respect pour les organisateurs du festival Noir sur la ville, il leur devait bien un texte. Aussi, ce faisant il détourne légèrement la Bible poulpesque, et nous entraîne dans un de ses lieux favoris : Paris. Mais il place son histoire dans lors d'une des nombreuses convulsions qui ont malmené la capitale, les événements de Mai, mettant en scène quelques étudiants, dont Antoine Lecouvreur, qui n'est pas le dernier à se révolter, étant fiché à la Sorbonne. Soixante-huitard que jamais.

Au travers de ces neuf textes on découvre un Poulpe vieillissant, dont la santé (non pas la prison) chancelle, mais qui fidèle à son charisme court toujours par monts et par vaux tel le preux chevalier, à la défense de la veuve et de l'orphelin et de ses amis.

Frédéric Prilleux, se dresse logiquement en préfacier humoriste et persuasif tandis que Denis Flageul nous offre sa Ballade du Poulpe.

 

Un numéro collector du Poulpe que vous pouvez vous procurer sans inconvénient et avec la bénédiction de l'association La Fureur du Noir et la Médiathèque de l'IC au prix de 11,50€, frais de port (hallal) compris, via le bon de commande que vous trouverez ci-dessous si vous cliquez sur le lien proposé :

COLLECTIF : Le Poulpe court toujours... Une production Noir sur la ville. Collection Le Poulpe N°291. Editions Baleine. Parution novembre 2016. 160 pages. 11,50€.

Repost 0
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 08:52

C'est le plus grand des voleurs
Oui mais c'est un gentleman

 

Philippe VALCQ : Le diamant jaune.

Après avoir été injustement accusé du meurtre d'un Boer six ans auparavant, Rémi d'Andrésy est de retour en France.

Il a quitté le Transvaal, recueillant le dernier souffle de Jacob Joubert, lequel détenait un magnifique diamant jaune, une rareté dont s'est emparé Ernst van Straaten, un lointain cousin du Boer.

En ce 21 septembre 1906, Rémi d'Andrésy arrive à Etaples, après avoir bourlingué durant dix ans, d'abord comme militaire puis ensuite en Egypte aidant des archéologues sur le site de Thèbes. De bonnes et mauvaises surprises l'attendent lorsqu'il arrive à la ville nouvelle de Paris-Plage.

Il retrouve Hortense, la femme de Jacob Joubert, et Anne, sa fille, qui étaient en Europe lors du drame. Elles vivent dans une villa chez Herlof von Straaten, le père d'Ernst. Celui-ci est absent pour quelques mois, en voyage d'affaire en Prusse. Ce pourrait être la bonne nouvelle. Quant à la mauvaise, c'est d'apprendre que ses parents adoptifs sont décédés. Le père guillotiné, accusé d'avoir tué une jeune femme, quoiqu'il s'en défendit. La mère est morte de chagrin quelques mois plus tard.

Grâce à la voisine, qui n'a pas vécu ces événements mais les a appris lors de son installation, il peut entrer dans ce qui est devenu son chez lui. Il se présente comme un parent éloigné, ayant changé de nom lors de sa cavale. Désormais il répond au patronyme d'Armand Lamier. C'est ainsi qu'il est engagé comme précepteur d'Anne afin de prouver l'innocence de son père nourricier.

Mais il apprend également qu'il possède un frère jumeau qui a été élevé comme lui par une nourrice, mais dans un autre village de leur Normandie natale. Il se rend chez le notaire, obligé de fournir sa véritable identité, afin de régler quelques problèmes concernant son héritage. Ce qui va l'aider à vivre quelque temps, étant complètement démuni et sa place de précepteur compromise.

En effet un individu s'était engouffré chez lui, narrant à Armand/Rémi ses origines, où du moins ce qu'il en savait, lui apportant d'autres précisions sur des dénommés Liebman, fabricants de canons, mais il ne peut poursuivre étant abattu par un coup de feu tiré de la fenêtre. La bonne de sa voisine, la jeune et belle Clarisse qui ne lui veut que du bien, a aperçu deux hommes. L'un dégingandé et attifé de vêtements clownesques, l'autre vieux joueur de limonaire. Notre héros décide de porter le corps sur l'estran où il sera découvert le lendemain.

Le commissaire Brochard, qui traque depuis des mois un monte-en-l'air dont les exploits défraient la chronique, s'introduisant chez de riches bourgeois afin de s'emparer de leurs bijoux, le commissaire Brochard ayant appris que ce malfaiteur aurait été vu à Etaples et sa région, est sur place et il hérite de l'enquête, le policier local étant absent pour des raisons familiales ou autres.

Il arrête Armand/Rémi, à cause de sa ressemblance avec son cambrioleur mais en coulisse d'autres personnages veillent. Et s'enchaînent alors une succession de péripéties toutes plus épiques les une que les autres.

Armand/Rémi s'évade du train dans lequel il est emmené à Paris en compagnie de Brochard et ses deux adjoints, grâce à Anne qui veillait. Mais Longues jambes, le dégingandé, et le joueur d'orge de Barbarie étaient eux aussi dans le train.

 

Philippe Valcq, tout comme le faisaient les feuilletonistes du XIXe et début XXe siècles, enchaine les mystères, les meurtres, les retournements de situation, les drames, les situations cocasses, les personnages ambigus, malsains, ou au contraire qui essaient de dénouer les avatars subis avec brio, une pointe d'espionnage et les idylles amoureuses, l'homme fiancé deux fois, la première étant à but lucratif, les courses poursuites, le double-jeu, les traitrises.

Il emprunte à ce que l'on pourrait prendre pour des clichés, le rarissime diamant disparu, les frères jumeaux ignorant tout ou presque de leurs origines, car leur mère, rejetée par un père n'acceptant pas la grossesse de sa fille, est décédée sans divulguer le nom du géniteur, les imbrications de secrets et d'histoires de famille, les quiproquos résultant de cette situation, et pourtant, cela semble neuf et inédit.

Si les feuilletonistes, étant payés à la ligne, écrivaient parfois plus vite que leur stylo, Philippe Valcq soigne sa narration et ses dialogues tout en laissant une part d'ombre et de suspense dans son intrigue légèrement complexe et parfois elliptique.

Des personnages atypiques tels que le commissaire Brochard, un policier imbu de lui-même, pontifiant, obtus, dont les déductions hâtives sont toujours à côté de la réalité, accusant sans preuve, ne voulant pas reconnaître qu'il puisse se tromper. Ses adjoints, répliques antérieures des Dupont/Dupont. Longues jambes et son compère le Limoneux, la cantatrice Hélène de Bouliquet, ancienne maîtresse de Raoul d'Andrésy, le poète Albéric de Gervisy, et la liste n'est pas exhaustive.

D'autres, ayant réellement existés ceux-là, font leur apparition au détour des pages, Louis Blériot par exemple qui procède à des essais sur son aéroplane, ou encore le préfet Lépine.

Paris-Plage, créé en 1882, sur la pointe du Touquet, par un Français et un Anglais, connu dès ses débuts une vogue touristique marquée par la construction de nombreuses villas huppées, habitées en saison par des Britanniques, des Belges et Hollandais, et naturellement des gens du cru. Mais l'auteur entraîne le lecteur également à Paris et en Allemagne, dans un rythme effréné, pour une histoire qui comporte des énigmes qui s'entremêlent.

Naturellement les lecteurs que la littérature populaire n'effraie pas, heureusement il en existe de moins en moins, connaissent l'identité de Raoul d'Andrésy, mais je n'en dis pas plus, laissant le plaisir de la découverte aux autres. Et certains épisodes font également penser à Gaston Leroux, surtout avec son roman Rouletabille chez Krupp. Mais les références à Rocambole d'Alexis Ponson du Terrail sont également présentes.

 

Et l'on s'aperçoit que le réchauffement climatique n'est pas un vain mot.

Le 11 octobre 1906, Armand déposa son bouquet de jonquilles sur le marbre et, un genou en terre, se recueillit.

De nos jours les jonquilles fleurissent de février à mai. Quant on vous dit que le temps est détraqué !

Philippe VALCQ : Le diamant jaune. Collection Belle époque. Pôle Nord éditions. Parution octobre 2016. 436 pages. 12,00€.

Repost 0
14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 09:28

Ce n'est pas moi, hélas...

David VERDIER : L’homme qui expliquait l’impossible.

La genèse du roman policier s’inscrit chez des auteurs comme Sir Arthur Conan Doyle, Gaston Leroux, Agatha Christie, puis John Dickson Carr et quelques autres, je ne vous apprends rien.

Les temps changent, la mode en supplante une autre, et aujourd’hui le roman noir tient le haut du pavé. Mais ce n’est pas pour autant que le roman policier classique, de détection ou d’énigme est relégué dans un tiroir.

Tout comme le free jazz ou le jazz fusion n’ont enterré le jazz Nouvelle-Orléans.

Il en faut pour tous les goûts, et celui qui n’aime pas peut le dire mais non pas déclarer avec emphase que telle ou telle catégorie de musique ou de littérature est bonne à jeter en pâture, et que ceux qui les écoutent ou les lisent ne sont qu’abrutis et rétrogrades. Il faut savoir se montrer tolérant en tout.

Cette petite mise au point effectuée, revenons à nos moutons ou plutôt aux mystères de meurtres en chambres closes. Si le maître incontesté en fut John Dickson Carr, Paul Halter a su reprendre le flambeau contre vents et marées et continue à nous distiller des œuvres en tout point remarquables. Il était le seul pratiquement sur le marché français mais un petit nouveau a décidé de jouer dans la cour des grands.

En effet Daniel Verdier nous invite avec son premier roman à entrer dans le cercle fermé des auteurs de MCC (meurtres en chambres closes), et dont le cadre est la Brenne, le pays des Mille étangs, un territoire situé aux confins du Berry, de la Touraine et du Poitou.

Paul Kestevan est détective privé à Châteauroux et ses principales enquêtes résident en filatures et autres occupations éminemment fastidieuses mais il faut bien assurer la paie de sa secrétaire, régler le loyer et autres dépenses inhérentes à toutes personnes vivantes et décidées à le rester en s’alimentant.

Parfois la police fait appel à ses services, et c’est autrement plus intéressant et gratifiant (pas financièrement, malheureusement pour lui !) car cela veut dire que ces braves représentants de l’ordre pataugent et qu’ils reconnaissent ses aptitudes à démêler les affaires les plus embrouillées.

Mrs Stratton, en invitant dans son manoir isolé sis dans la Brenne, quelques représentants du 7ème art, ne pensait pas qu’elle allait être au cœur d’une aventure meurtrière. En effet, le célèbre réalisateur de cinéma britannique Andrew Carter est retrouvé mort dans sa chambre, abattu de deux balles dans le dos. Ce ne pourrait être qu’une affaire banale de vengeance, de jalousie, seulement la porte de la chambre ainsi que la fenêtre étaient fermées hermétiquement, alors que les volets étaient ouverts. La clé, exemplaire unique, reposait près du cadavre.

Un cri poussé par Carter puis les coups de feu ont alerté les résidents du manoir mais ce sont des policiers qui ont fracturé la porte. Ce meurtre a été perpétré par qui et pourquoi, sont les questions habituelles qui se posent aux enquêteurs. Comment ? Par une arme à feu qui sera retrouvée peu après dans les toilettes attenantes. Non la véritable question est de savoir comment l’assassin a pu s’évaporer de la chambre qui était allouée au défunt.

Parmi les invités, des hommes et des femmes, ayant tous un rapport avec le cinéma, acteurs, scénariste et script, connaissant Carter et possédant pour beaucoup des ressentiments envers ce personnage qui était attiré par les femmes et pas toujours affable dans l’exercice de son activité. Sans oublier parmi les assassins probables et possibles le majordome.

Paul Kestevan, délaissant les affaires en cours, au grand dam d’Alexandra sa secrétaire, interroge chacun des participants à ce Cluedo nature. Et la clé de la solution lui sera fournie par un banal geste quotidien. Mais avant de résoudre cette énigme, un autre cadavre viendra ponctuer son enquête.

Bon sang, mais c’est bien sûr, s’écriera le lecteur lors de l’explication finale. Oui, mais il fallait y penser.

 

Comme le déclaraient les Shadocks, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. De la belle ouvrage qui manque un peu d’épaisseur et qui pêche par quelques défauts de jeunesse, mais ce n’est qu’un premier roman et tout est perfectible.

Toutefois Daniel Verdier possède de véritables possibilités et comme le laisse entendre son héros Paul Kestevan, d’autres affaires résolues sont à mettre à son actif. Il ne lui reste plus donc qu’à les coucher sur le papier. Paul Kestevan qui possède une vie privée, il en a le droit, en la personne de Rachel, jeune femme qu’il ne connait pas physiquement et dont les seules relations sont téléphoniques.

Là aussi le lecteur est en droit de connaître la suite de cette intrigue amoureuse. Et Kestevan possède ses Watson, ses faire-valoir dirons-nous, via deux policiers, Tharel qu’il connait bien et Duchêne un nouveau venu à la brigade. Ce roman constitue donc une agréable récréation qu’il serait dommage de louper.

Depuis la parution de ce roman, David Verdier a récidivé et j'aurai peut-être le plaisir de vous présenter ses nouvelles productions.

 

David VERDIER : L’homme qui expliquait l’impossible. Préface de Paul Halter. Collection Black Berry. Editions La Bouinotte. Parution 25 avril 2010. 168 pages.

Repost 0
13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 06:45

Ou d'un vendeur de cauchemars ?

Anthelme HAUCHECORNE : Journal d'un marchand de rêves.

La frontière entre rêve et réalité est perméable, entre sommeil et réveil une passoire, et le lecteur ne sait plus exactement où il se trouve, même s'il est toujours en compagnie du narrateur, Walter Krowley.

Fils délaissé d'une famille dont le quotidien est voué au cinéma, Walter vit à Hollywood. Ayant perdu sa mère tout jeune, il cohabite avec son père, sa belle-mère et ses deux filles, qui par un effet extraordinaire sont les demi-sœurs de Walter, et les premiers mots qu'il a balbutié étaient bien évidemment des références cinématographiques. Non, pas des titres de films, mais ce qui se trame autour de la réalisation d'un film.

Mais à dix-huit ans, Walter a été enfermé au Camarilla Mental Hospital d'Hollywood, un asile psychiatrique pour soigner les dépendants, à la drogue et autres substances. Son dossier médical n'est guère épais, normal puisqu'il ne mentionne qu'une anorexie bénigne. Sans compter les scarifications et autres automutilations. Que voulez-vous, à cet âge-là, il faut bien s'occuper.

Son problème majeur était peut-être du nom de Trevor Trump, dont le père est le premier fabricant américain d'engrais potassiques et phosphatés. Des produits qui n'ont aucun effet bénéfique sur le cerveau apparemment. Bref en compagnie de Trevor, Walter se mesure à la mort en voulant vivre sa vie, et un beau (?) jour, les deux amis, lancés à bord de leur Humer, percutent un véhicule, avec au compteur deux morts et demi. Un couple, dont une femme enceinte, qui se trouvait sur leur trajectoire, laquelle trajectoire indiquait sans contestation possible que Trevor était en tort.

Et c'est comme ça que tout a commencé, ou continué.

Walter veut devenir scénariste, quant à faire on ne change pas une équipe qui gagne son argent dans le cinéma, et ce sont ses rêves qui vont alimenter son imagination qui parfois se trouve défaillante sur le papier.

Walter est dans sa chambre, sur son lit, important de préciser, a-t-il dormi ou non, mais d'un seul coup il se rend compte qu'il n'est pas chez lui, ou alors tout est chamboulé. La pièce s'est transformée en boudoir bleu, une espèce d'olibrius est sous son sommier, c'est son Ça auquel il est attaché par une chaînette, et lorsqu'il ouvre la porte de son armoire qui n'est pas son meuble mais celui de Trevor, il se retrouve au dehors, ce qui est illogique puisqu'il habite à l'étage.

Pourtant il est bien au dehors, à Doowylloh, le Gouverneur fait passer ses messages, il les a entendu à la télévision, et la vie d'un Rêveur n'est pas simple.

Au cours de ses déambulations il fait la connaissance de Spleen, il se confronte à d'horribles personnages, il divague dans une région nommée Brumaire, il dérobe la carte perforée de Wild Bill, fonctionnaire cartographe en réinsertion, s'oppose à Davis, un drone, puis il rencontre Banshee qui ne jure que par les Oniromanciens, puis tous deux sont confrontés à Butch "Son of a Gun" Smoke et ses Outlaws, vont travailler dans des carrières de sable, et bien d'autres aventures qui défilent en un rythme rapide, trépidant, parfois saccadé, comme ces vieux films qui défilaient et sautaient parfois hors de leur crans d'entraînement.

Comme dans les bons romans d'aventures d'antan, le mystère rôde, l'amour n'est pas loin, et par un effet boule de neige, la vengeance sinue jusqu'à son point de paroxysme. Et l'on ne peut s'empêcher de songer à l'armoire magique du Monde de Narnia ou aux aventures d'Alice au Pays des Merveilles. Comme ça en passant.

 

Rêves ? Plutôt des cauchemars subis par Walter, des songes oniriques qui le laissent pantelant, ne sachant plus, le lecteur non plus, s'il est éveillé, s'il dort, s'il est sur la corde raide entre Eveil et Ever.

Un roman troublant, presque démoniaque dans sa construction et dans lequel on voyage comme dans une succession de tunnels débouchant sur des paysages de fiction, ou plutôt à bord d'un train fantôme interminable qui vous secoue, vous offre de multiples mésaventures, dont on sait qu'il s'agit de mises en scènes mais auxquelles on donne le crédit de la réalité tout en sachant qu'on effectue un voyage virtuel.

Un roman décalé, déjanté, et pourtant on se dit que ces aventures, décrites avec pertinence, pourraient très bien être réelles, en y mettant un peu de bonne volonté et beaucoup d'imagination. Ne vous est-il jamais arrivé de rêver des épisodes extraordinaires et de continuer à les vivre en étant à semi-éveillé, ne désirant pas ou ne pouvant pas sortir d'une sorte d'emprise.

Il s'agit presque d'un exercice de style auquel on adhère, certes, mais pas à renouveler trop souvent, l'addiction pouvant s'installer.

 

Dans le Temps du rêve, il n'y a ni passé, ni présent, ni avenir, m'a-t-elle appris. Les songes ne respectent aucune chronologie, toutes les potentialités s'y mêlent.

Anthelme HAUCHECORNE : Journal d'un marchand de rêves. Collection Pepper. Editions Atelier Mosesu. Parution le 11 octobre 2016. 560 pages. 19,00€. Version numérique : 6,99€.

Repost 0
12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:53

Corps et liens oui mais pas Cornéliens, quoi que...

KÂÂ/CORSELIEN : Corps et liens. Volume 2.

Ce second opus consacré à Pascal Marignac, plus connu sous les alias de Kââ, de Corsélien et un peu moins de Béhémoth, comporte trois romans qui n'avaient pas été réédités jusqu'à ce jour et qui pourtant méritaient de l'être.

En effet l'univers trouble et angoissant mâtiné d'horreur de Kââ, pseudonyme sous lequel Pascal Marignac qui n'a jamais publié sous son véritable patronyme, était le plus connu, tranchait, sans jeux de mots, avec celui de ses confrères angoisseurs.

Deux de ses pseudonymes ont été empruntés à des personnages mythiques de la Bible ou de la littérature populaire.

Ainsi Béhémoth est une créature mentionnée dans Le Livre de Job, et désigne métaphoriquement toute bête de grande taille et puissante.

Kââ est bien entendu le nom du serpent figurant dans Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling. Seulement alors que dans ce roman, le python est un ami de Mowgli, aidant Baloo et Bagheera lorsque le Petit d'homme est enlevé par les Bandar-Log, dans le film produit par les studios Walt Disney il incarne l'un des prédateurs de Mowgli. Une double face ange et démon dont Pascal Marignac s'est peut-être inspiré dans le choix de ce pseudonyme.

 

BEHEMOTH : Voyage au bout du jour.

 

Depuis la mort de sa femme, Philippe, expert-comptable dans une grosse société, est complètement désemparé. Au point que son patron lui enjoint d'aller se reposer quelques jours aux frais de la princesse.

Alors il vadrouille, mais ne prend aucun plaisir à son périple breton qui le mène jusqu'à Brest. Là, dans un café crasseux, minable, il fait la connaissance de Liane, la serveuse, une jeune fille désabusée, genre souillon attendant le Prince Charmant.

C'est l'escapade sur l'île d'Ouessant où ils recherchent leur second souffle et l'oubli. Et ce qui aurait pu être une lune de miel agréable se transforme en cauchemar. Des pieuvres géantes sèment l'horreur, l'angoisse; l'épouvante.

Mais d'où viennent ces monstres marins ?

Et ce yacht noir qui croise au large, n'est-il pas une émanation de l'enfer ?

Des questions angoissantes, certes, mais des réponses encore plus terrifiantes.

Sous le pseudonyme de Béhémoth, l'auteur n'en est pas à son coup de maître. En effet il s'est fait connaître au Fleuve Noir sous les pseudos de Kââ et de Corsélien, mais son passage dans une jeune maison d'édition concurrente l'a obligé de changer d'alias.

C'est un auteur déroutant, irritant, à l'écriture et aux narrations en dents de scie. On ressort de ce livre un peu frustré en ayant l'impression d'être passé à côté d'un chef-d'œuvre de la littérature d'épouvante.

Il joue avec les nerfs, selon le principe de la douche écossaise, mais cela est peut-être dû à sa condition d'enseignant puisqu'il est (était) professeur de philosophie.

Peut-être a-t-il rédigé rapidement cet opus, pressé par Patrick Siry qui montait sa maison d'édition après avoir quitté , ou s'être fait débarqué, le Fleuve Noir, rameutant autour de lui quelques pointures de cette emblématique éditeur populaire. Ainsi que Gourdon, le fabuleux dessinateur qui a tant œuvré pour le Fleuve Noir, lui apportant ses lettres de noblesse.

Première édition : Collection Maniac N°3. Editions Patrick Siry. Parution septembre 1988. 160 pages.

Première édition : Collection Maniac N°3. Editions Patrick Siry. Parution septembre 1988. 160 pages.

CORSELIN : Lésion irréparables.

Quatrième de couverture de l'édition originale.

Le moment le plus étonnant avait été celui où le pieu de fer, ayant traversé tout au long le corps nu de Gunther Schodan, était apparu, pointe brillante au fond de la bouche ouverte sur un effroyable cri muet.

Première édition Collection Gore N°106. Editions Vaugirard. Parution janvier 1990. 160 pages.

Première édition Collection Gore N°106. Editions Vaugirard. Parution janvier 1990. 160 pages.

KÂÂ : Dîners de têtes.

Parfois il faut trancher dans le vif, comme l'on dit.

Toutefois, il y a des limites à respecter, et s'amuser à jouer de la guillotine, en décolletant des têtes comme au bon vieux temps de la Révolution, voilà qui dépasse les bornes.

Le juge Renaud, qui fait connaissance de la petite ville de province où il exerce, est invité chez des bourgeois dont il apprécie moyennement la promiscuité, lorgne plus sur sa greffière que sur les dossiers qui s'accumulent, et s'amuse à provoquer les représentants de la maréchaussée locale.

Seulement rentrer chez soi le soir et découvrir sur une table basse, dans un antique carton à chapeaux, une paire de têtes fraîchement découpées, alors qu'il se promettait du bon temps avec sa greffière, cela refroidit les ardeurs. D'autant que ce trophée n'est pas le premier, et il est en droit de se demander jusqu'où cela va continuer.

Le maniaque de la guillotine lui ne se pose pas de questions. Mais attention, son engin bicentenaire, il ne l'utilise pas sur un coup de tête. Enfin c'est ce qu'il pense. Il a ses raisons que la raison ignore.

 

A mi chemin entre le Sérial Killer et le roman de terreur, Dîner de têtes ne verse pas dans le gore, genre dans lequel Kaa s'est illustré dans la défunte collection du même nom sous le pseudonyme de Corsélien. Cela tourne souvent à la farce macabre, et si l'on est accroché par l'intrigue, on ne rentre pas tout à fait dans cette histoire à laquelle il manque cette angoisse profonde que nous distillait sa grande sœur, la collection Angoisse sans S du Fleuve Noir. Il y manque l'aura d'épouvante mâtinée de fantastique qui sied si bien à ce genre de littérature. Kaa possède trop de métier pour nous laisser sur notre faim, et il nous doit un roman plus élaboré, plus imprégné de cette réelle angoisse qui prend aux tripes, sans que l'on perde la tête.

 

KÂÂ/CORSELIEN : Corps et liens. Volume 2.

Ce n'est pas parce que j'ai émis quelques réserves concernant ces romans qu'il vous faut les occulter. S'ils m'ont légèrement déçus, c'est bien parce que Pascal Marignac avait fait mieux dans le genre, et on est plus sévère avec ceux que l'on aime qu'avec les autres. Mais ils restent néanmoins très intéressants, plus que ceux pondus par des auteurs poussifs. A mon avis.

À sa mort en 2002, l'écrivain Serge Brussolo le considérait comme le meilleur auteur de roman noir des vingt dernières années, du moins c'est ce qu'il écrivait dans Petit renard (Le Masque n°2471. 2002). Et il ne faut pas oublier non plus, que les auteurs étaient assujettis à un nombre imposé de pages, et évidemment certains pouvaient se sentir brimés et les lecteurs frustrés.

Ce recueil est complété par une préface et une présentation des trois romans par David Didelot, une nouvelle de Corsélien et une autre de Schweinhund.

Pour commander cet ouvrage et d'autres, car il existe une promotion à na pas rater sur Rivière blanche, cliquez sur le lien ci-dessous.

Autres romans de Kââ  présentés sur ce blog :

KÂÂ/CORSELIEN : Corps et liens. Volume 2. Collection Noire N°93. Editions Rivière Blanche. Parution décembre 2016. 380 pages. 25,00€.

Repost 0
11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 10:17

Un château de cartes ?

Illustration : Mathieu Coudray

Illustration : Mathieu Coudray

A bord de son vieux fourgon Volkswagen, Mamie Edwige, accompagnée des deux inséparables Morgane, sa petite-fille, et Valentin, le petit ami de celle-ci, arrive dans les Vosges.

Elle a été contactée par une admiratrice, madame Bujon qui vit à Mesnil, seule avec sa fille Camille, âgée de dix ans. C'est que Mamie Edwige est renommée comme chasseuse de fantômes mais elle réfute l'appellation de sorcière ou de magicienne. C'est une scientifique qui possède à son actif de nombreuses inventions dont les bulles de savon qui n'éclatent pas.

Des événements étranges se produisent dans cette fourgonnette brinquebalante. La chaleur qui y règne est anormale, et le pot d'échappement se prend pour un cor de chasse.

Enfin l'équipée se termine, sans avoir recours à un quelconque navigateur électronique mais avant d'arriver sur place, un homme se dresse devant le véhicule au risque de se faire écraser. Il s'agit d'André Glu, surnommé Dédé pour les intimes, c'est-à-dire tout le monde, un homme un peu bizarre qui possède l'habitude énervante de tourner le dos à ses interlocuteurs.

Trêve de tergiversations, Mamie Edwige arrive enfin devant chez madame Bujon. Nos voyageurs sont étonnés de s'apercevoir que Camille, la gamine, se trimbale en fauteuil roulant. La faute à son père absent. En effet monsieur Bujon travaille dans le pétrole, normal quand on n'a pas d'idées, et il est très rarement à la maison. Car s'il avait été présent, il aurait pu rattraper sa fille lorsque celle-ci était tombée de l'arbre dans lequel elle était montée.

Madame Bujon a requis les talents de Mamie Edwige car de nombreux habitants de la commune et des touristes sont portés disparus. Ils seraient enfermés, selon la rumeur, dans le château des Mauvents, un édifice médiéval situé en haut du mont. Sauf que celui-ci n'existe pas.

Suivent quelques épisodes intéressants et particulièrement significatifs concernant le don de télékinésie de Camille, développés par l'auteur auquel je me garderai bien de me substituer, pour nous trouver devant ce château qui est invisible. Grâce à une invention de Mamie Edwige, Valentin parvient à le rendre perceptible et tous trois entrent dans le bâtiment, véritable prison des personnes qui ont disparu.

Des somnambules, les disparus, errent dans une immense pièce, transformés en figurines de carton, Carnicroque, un ours en peluche gigantesque déboule, et devant les yeux éberlués de nos trois héros, non en réalité quatre puisque Dédé Glu, un homme à qui l'on ne peut pas reprocher de ne pas avoir de plomb dans la tête, s'est joint à eux, vont constituer le plat de résistance sans oublier un square aux crapauds hideux qui ne dédaignent pas s'attaquer aux mollets. Ceux de Valentin.

 

Le lecteur ne peut s'empêcher de penser à Lewis Carroll et à son conte mettant en scène Alice au pays des Merveilles, les figures ressemblant à du carton extra-plat pouvant être assimilées aux jeux de cartes dans l'histoire de l'écrivain britannique, mais pas que.

En effet Brice Tarvel nous emmène dans un monde merveilleux mais terrible et chaque page révèle des dangers auxquels sont confrontés mamie Edwige et consorts. Une fois de plus nous vibrons aux aventures et mésaventures subies par Morgane, et son copain Valentin dont elle est secrètement amoureuse. Parfois il l'exaspère, mais ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Il y en aura tellement d'autres qui se révéleront bénéfiques. Mais non, je n'extrapole pas.

Mais revenons à Brice Tarvel qui sait entretenir une atmosphère (oui, je sais, atmosphère, atmosphère...) d'angoisse et de magie en renouvelant le genre tout en restant dans le registre du bien parler et du non violent, sauf lorsque cela est nécessaire. Une bouffée de fraîcheur que les vieux (pardon, monsieur Tarvel, nous sommes du même âge) lecteurs aiment ressentir de temps à autre, frissonnant à des aventures épiques, magiques, et pourtant si simples.

Juste une dernière petite remarque avant de vous laisser acheter cet ouvrage indispensable que vous lirez en cachette de vos chères têtes blondes, brunes, rousses, un des personnages se nomme Germaine Petitmange. Et comme l'action se déroule dans les Vosges, cela m'a fait penser à Pierre Pelot, ineffable conteur lui aussi, dont le véritable patronyme est Pierre Grosdemange. Un clin d'œil ? Pourquoi pas.

Première édition : Editions les Lucioles. Parution mai 2012.

Première édition : Editions les Lucioles. Parution mai 2012.

Retrouvez les aventures de Morgane et compagnie en cliquant sur les liens ci-dessous :

Brice TARVEL : Le château des somnambules. Série Morgane. Collection Brouillards N°41. Editions Malpertuis. Parution le 22 novembre 2016. 130 pages. 10,00€.

Repost 0
10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 10:58

Coule plus épais que l'eau...

Thierry PONCET : Le sang des sirènes.

Âgé de seize ans et demie, Haig quitte la capitale pour se lancer vers l'Aventure, sans avoir véritablement de projets.

Trois mois auparavant sa mère est décédée d'un cancer. Son père, il ne l'a pas connu, finissant sa vie dans une geôle de Thaïlande complètement drogué. Haig a été élevé parmi les piliers de bistrot d'un café-brasserie-PMU de Courbevoie où a travaillé sa mère pendant quinze ans. Mais depuis deux ans, il ne voyait guère plus sa mère, Maya petite abeille alternant allègrement baffes et caresses, trop occupé qu'il était à vadrouiller et organiser de petites combines.

Plus rien ne l'attache dans ce coin de banlieue parisienne, alors il se procure de vrais faux papiers, passeport et permis de conduire plus carte verte ainsi qu'une vieille 504 achetée à crédit jamais remboursé.

Passage en Espagne, puis arrivée à Ceuta. L'enclave espagnole dans le territoire marocain. Puis l'attente à la douane. Ce n'est pas la voiture qui régurgite de l'huile mais bien Haig qui fait dans son froc. Ce n'est qu'une image. Toutefois il se demande s'il va pouvoir franchir les barrières sans encombre ou si le douanier va lui signifier que les papiers sont falsifiés. Il est vrai qu'il parait plus vieux que son âge, mais quand même.

Heureusement, grâce à une diversion il peut entrer sur le territoire marocain, et à bord de son antique 504 il s'engage sur de petite routes jusqu'à un village du nom de Khénifra. Haig a plein de projets qui lui tourbillonnent dans la tête mais il n'avait certes pas prévu de rencontrer sur sa route un jeune braqueur.

Haig recueille Ferraj à bord de son véhicule, échappant ainsi aux policiers. Ce qu'il croit car ceux-ci connaissent mieux la région que lui et leur voiture un peu plus puissante. Quoi que... Ferraj possède un revolver et il s'en sert. Sinon pourquoi trimbaler une arme si c'est pour faire joli... Bref, Ferraj utilise son arme, le véhicule se renverse et il achève les blessés. Pas de détail.

Seulement dans la course-poursuite la 504 de Haig a été endommagée et Haig est obligé de s'arrêter dans une ferme habitée par une femme et ses deux enfants. Un garçon de son âge et une fillette.

Ferraj est complètement barjo par l'alcool qu'il ingurgite et la drogue dont il use abondamment. Tout part en vrille. Haug va faire l'apprentissage de la violence.

 

Troisième aventure de Haig, ce Sang des sirènes effectue un retour en arrière, présentant l'aventurier dans sa jeunesse et sa première véritable épopée.

Elle sera sanglante, éprouvante, et Haig fera l'apprentissage de la vie dans des conditions déplaisantes, périlleuses, violentes, se nourrissant intellectuellement avec Les Misérables de Victor Hugo.

Thierry Poncet nous entraîne dans son sillage dans le désert marocain, loin des clichés touristiques.

Les nuits fraîches, une ferme délabrée dans laquelle les animaux décharnés vaquent, une mère quelque peu sorcière, une adolescente qui attise la convoitise, un adolescent qui se transforme en garagiste d'occasion, tels sont tous les ingrédients pour souffler le chaud et le froid en captivant le lecteur qui suit avec intérêt et une légère appréhension les péripéties des deux fuyards. Surtout pour le lecteur qui n'a pas déjà découvert les pérégrinations de Haig, l'aventurier au grand cœur, mais qui dans cet épisode n'est pas encore aguerri.

La date au cours de laquelle cette histoire se déroule n'est pas précisée, mais l'on peut déduire qu'il s'agit de 1979, si l'on se réfère à l'épisode précédent, Les guerriers perdus. Et Ferraj, le cyclothymique, crache lorsque le nom du roi Hassan II est prononcé.

Je dois avouer que la couverture de ce roman ne m'inspire guère, trop sage et peu représentative, alors que celle du Secret des monts rouges était alléchante à souhait.

 

Thierry PONCET : Le sang des sirènes. Haig 3. Editions Taurnada. Parution le 21 novembre 2016. 188 pages. 9,99€. Version numérique 4,99€.

Repost 0
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 09:51

Les primaires, c'est élémentaire,

mais pas secondaire !

COLLECTIF : Mortelles primaires.

Les flonflons, les majorettes, les applaudissements, les prises de paroles empreintes d'amabilité, les sourires réjouis, les congratulations sincères et cordiales, les poignées de mains franches et énergiques, les accolades, les les jeux télévisés dont il ne sortira qu'une seul vainqueur, tout ça c'est terminé. Pour la Droite.

Mais pour la Gauche, les enjeux sont encore ouverts, malgré une défection récente de taille. Il a lancé l'éponge, mais les affamés de pouvoir se pressent au balcon.

Les auteurs se sont vu attribuer une personnalité politique de gauche susceptible de se présenter aux primaires, mais avec une contrainte. Celle du 49.3 qu'il faut dégainer le plus vite possible, tel Lucky Luke.

Mais ce 49.3 qui peut se révéler parfois une arme redoutable, pas forcément utilisé toujours avec bon escient, peut se présenter sous plusieurs formes. A l'auteur de décider comment il va s'en servir. Dans l'intérêt du lecteur évidement.

Et ils se défoulent les auteurs, avant de pouvoir le faire en glissant délicatement leur bulletin de vote lors de la véritable élection présidentielle. Pour l'instant ce ne sont que les préliminaires, et chacun sait que les préliminaires constituent une phase importante pour sublimer la jouissance émanant de l'éviction d'un candidat qui déplait.

Certains jouent à la baballe, car la coupe d'Europe de foot, c'est sacré. Et c'est un bon moyen pour détourner l'attention des amateurs de la balle ronde, la politique et ses dégâts étant occultés. Mais le stade est aussi un lieu propice pour organiser un gentil petit attentat. Du moins c'est ce que pense Maurice Gouiran.

Les retours en politique sont-ils possibles ? Guère d'hommes politiques n'en ont bénéficié, traînant derrière eux une casserole ou simplement une parole malheureuse à l'encontre d'un adversaire. Ainsi Lionel Jospin, tranquillement installé dans l'île de Ré. Il est agressé, mais les auteurs avaient peut-être les raisons de provoquer un attentat. C'est Pierre Dharéville qui gère.

Si Patrick Fort nous entraîne au Bal masqué, Jeanne Desaubry nous emmène beaucoup plus loin, aux Tropiques, perdant en cours de route sa valise.

Jacques Mondoloni préfère mettre en scène une mini pièce de théâtre, un dialogue entre l'auteur et le Politique qui reste masqué. Une situation qui permet à un nouveau candidat de se déclarer. Ne cherchez pas, les prétendants ne manquent pas.

Chantal Montellier nous propose une définition de la politique, définition que je vous livre sans ambages et dont vous ferez votre profit, je n'en doute point :

Sans la fantaisie et l'imaginaire pour la nourrir et l'ensemencer, la politique est une femme frigide et stérile !

 

Ce ne sont que quelques aperçus rapides et je vous laisse découvrir toutes les perles que referme ce recueil, nul doute que vous allez, sinon vous amuser, du moins prendre du plaisir à voir ainsi nos hommes et femmes politiques chahutés par nos auteurs.

Et Valls...ez petits manèges

 

Sommaire :

ALMASSY Eva : French touch (Arnaud Montebourg)

ARRABAL Diego : Strom clouds Nuées d'orage (Manuel Valls)

BIBERFELD Laurence : Va vers la lumière, Jean-Pierre (Jean-Pierre Chevènement)

BLOCIER Antoine : Moi, président (François Hollande)

DAENINCKX Didier : Jean-Luc et le fantôme de Louise (Jean-Luc Mélenchon)

DELAHAYE Dominique : 1800, 60, 32 (Gérard Filoche)

DESAUBRY Jeanne : Putain de valise (Cécile Duflot)

DHARREVILLE Pierre : Retour en farce (Lionel Jospin)

DOMENGES Pierre : Le sang des estives (Daniel Cohn-Bendit)

FORT Patrick : Au bal masqué (Emmanuel Macron)

GIRODEAU Gildas : Business is business (Benoît Hamon)

GOUIRAN Maurice : Un stylo pour Lolo (Laurent Fabius)

DEL PAPPAS Gilles : Treize reste Taubira (Christiane Taubira)

MASSELOT Philippe : Zapping ! (Stéphane Le Foll)

MONDOLONI Jacques : Politique, mon amour (Anonyme)

MONTELLIER Chantal : Jeannette (Pierre Laurent)

OBIONE Max : Chabichou Payet (Ségolène Royal)

PATERNOLLI Philippe : No, no, no (Martine Aubry)

SAINT-DO de Valérie : Par Saint Georges (Bernard Cazeneuve)

VIEU Marie-Pierre : Radicale Thérapie (Marisol Touraine)

VIVIANT Arnaud : Révolution 9 (Clémentine Autain)

STREIFF Gérard : Résidence (Myriam El Khomri)

COLLECTIF : Mortelles primaires. Editions Arcanes 17. Parution 5 décembre 2016. 286 pages. 20,00€.

Repost 0
8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 07:14

Le nouvel album de Witchazel ?

Un cadeau idéal pour Noël !

DARNAUDET - ELRIC : Witchazel contre le démoniaque Onyribilis.

L'effervescence règne sur Terre de Lagune. Succès, un tournoi d'échec, est organisé dans une arène et la foule se presse sur les gradins, mâchouillant à qui mieux-mieux les bâtons de réglisse vendus à l'entrée par Dodo la Saumure.

Pristi, l'ami d'Hamamélis, la gentille sorcière plus connue sous le nom de Witchazel depuis qu'elle a décidé de s'installer à son compte et qu'elle s'est vieillie en portant des postiches afin d'être plus crédible, Pristi donc s'est engagé dans le tournoi.

Il redoute d'être désigné contre La Chatte Masquée, une adversaire redoutable. Heureusement, il n'en est rien. Il gagne sa partie organisée par Onyribilis, lequel effectue des passes avec ses ailes comme un matador avec sa cape, et délivre une sorte de fumerolle sur les pions.

La Chatte Masquée quant à elle gagne ses deux parties, mais ses deux adversaires sombrent dans une sorte de coma. Elle est encapuchonnée, porte des lunettes noires de grande taille, des gants également, et elle possède des motifs pour être ainsi attifée. D'ailleurs elle s'en explique auprès du commissaire La Fontaine qui se pose, à juste titre, des questions.

Se pourrait-il que les réglisses de Dodo La Saumure soient empoisonnés ? Pour répondre à cette interrogation, Dodo la Saumure aidé par le père Duchêne, ainsi que le commissaire La Fontaine décident de rendre visite à Witchazel, fournisseuse des fameux bâtons, revendus avec un certain profit et même un profit certain.

Il faut faire la lumière sur cette affaire qui risque d'entacher le tournoi. Mais ce ne sera pas sans péril pour Pristi, Hamamélis alias Wtichazel et même Dodo La Saumure qui la trouve saumâtre.

 

Gags, jeux de mots, situations cocasses, mais également faits de société parsèment cette histoire jubilatoire.

Les rires sont nombreux, les auteurs se sont amusés, mais pourtant ils délivrent à qui veut bien le comprendre, un message. Au moins. Hamamélis, lorsqu'elle n'est pas déguisée en vieille sorcière, est en butte aux hommages masculins, notamment de la part du commissaire La Fontaine, mais pas que. Et cela lui pèse. Elle devient même furieuse devant ce qu'elle considère comme du harcèlement. Ce qui prouve que les romans ou albums de BD destinés à la jeunesse peuvent, et même doivent être lus par les adultes, afin que ceux-ci expliquent à leur progéniture les subtilités glissées par les auteurs.

Donc, comme vous l'aurez compris, cet ouvrage détend, délasse, repose, apporte de la bonne humeur. Mais il est à lire deux fois. J'explique :

La première fois, on lit le scénario, on s'intéresse aux dialogues, on veut connaître rapidement la fin de l'histoire.

La seconde fois, ou deuxième si l'on a envie de reprendre l'ensemble une troisième fois, on décortique les images, on les examine attentivement, on les apprécie.

L'univers animalier nous ramène au bon temps de Benjamin Rabier et de ses successeurs. D'ailleurs Elric revendique l'héritage de Walt Disney mais aussi et surtout de Raymond Macherot. L'aimable mulote qu'est Hamamélis possède un lointain cousinage avec Chlorophylle et Sybilline, ce qui devrait plaire à bon nombre d'amoureux de la BD dite de la ligne claire.

DARNAUDET - ELRIC : Witchazel contre le démoniaque Onyribilis.

DARNAUDET - ELRIC : Witchazel contre le démoniaque Onyribilis. Editions Kramiek. Parution le 7 décembre 2016. 48 pages. 10,00€.

Repost 0

Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
  • Contact

Recherche

Sites et bons coins remarquables