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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 09:45

Lettre ou ne pas lettre, telle est la question !

Laurent WHALE: Le réseau Mermoz.

Tout excité, Andrew Kerouac, l'archiviste des Rats de poussière, s'introduit dans le bureau de Dick Benton, le responsable du service et demande à ce que le sénateur O'Reilly le contacte immédiatement. Il tient dans les mains une capture d'écran représentant une lettre mise aux enchères sur une plate-forme de vente en ligne.

L'objet est une lettre adressée à Aristide Briand, alors ministre des Affaires étrangères de la IIIe république, aux bons soins du chef de cabinet chilien. Une lettre datant des années 1930 et qui n'a jamais été décachetée, n'est jamais parvenue à son destinataire. Et il ne s'agit pas d'une bafouille égarée par Guillaumet lors de sa traversée des Andes. Mais ce qui interpelle le directeur de la Bibliothèque du Congrès à Washington, et responsable des Rats de poussière, c'est le cachet postal apposé sur la missive. L'emblème national-socialiste du gouvernement allemand d'avant-guerre, emblème devenu tristement célèbre sous le nom de croix gammée.

Seulement Antonia, la spécialiste informaticienne qui parvient toujours à faire parler La Pompe, son puissant ordinateur, et s'infiltre dans tous les systèmes, annonce que l'enchère vient d'être interrompue. Elle a toutefois réussi à percer l'identité de la personne qui avait mis en vente la lettre, une certaine Amandine habitant à Marseille. Lettre qui est fort convoitée, comme vont s'en rendre compte Dick Benton et ses amis. Les premiers à se manifester sont deux membres de la CIA qui lui enjoignent d'enquêter sur ce pli.

Après en avoir été informé, le sénateur républicain O'Reilly, surnommé le Grizzly, convient qu'il faut que Dick Benton se rende sur place, accompagné de Maureen, la punkette aux mèches de cheveux vertes et rouges, imparable pour passer inaperçue, et de Jack, un agent géant qui travaille pour diverses agences et est l'amoureux officiel de Maureen. Direction Marseille à la recherche de la vendeuse.

A Marseille, un jeune rasta, Emmanuel Trouillot dit Mantrou pour les amis, commence à s'affoler. Il est l'auteur de l'enchère, ayant trouvé la fameuse enveloppe dans les affaires de son grand-père, collectionneur de vieux papiers en tous genres qui vient de décéder. Il a décidé de la mettre aux enchères utilisant pour ce faire l'ordinateur de son amie Amandine. Or il n'a plus de nouvelles de Mandie, et il se demande si elle n'aurait pas été enlevée. Car des hommes sont à ses trousses, des Russes.

La virée marseillaise de Benton and Co s'avère être un véritable pastis, car outre les Russes, des personnages guère sympathiques et d'humeur violente, des agents du Mossad, les services secrets israéliens, s'invitent dans la danse, représentés par Sacha, une jeune femme qui vient de perdre son mari dans un attentat. Elle sera secondée par deux hommes qui sont déjà dans la cité phocéenne, des Français au service de son pays, ainsi que par un Arabe. Et comme si cela ne suffisait pas, les énervés de l'Etat Islamique, alias Daech, viennent mettre la pagaille dans ce ballet qui n'est pas trop bien réglé.

 

Le 13 mai 1940 Churchill déclarait : Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur...

Une phrase qu'aurait pu reprendre Dick Benton en s'adressant à ses deux acolytes partis à la recherche de la lettre de l'Aéropostale. Car les épisodes qu'ils vont subir vont s'avérer particulièrement tumultueux. Mais ils ne sont pas les seuls car Mantrou, assisté par une petite frappe, revendeur de drogue, vont eux aussi se trouver sous la vindicte des Russes, mais ils ne s'en laisseront pas conter et la vengeance sera terrible et particulièrement violente. Le roman se clôt dans une véritable débauche apocalyptique qui va laisser un bon nombre de combattants, et d'innocents, sur le flanc. Sur fond d'attentats parisiens car le début de l'année 2015 fut particulièrement propice à cette forme de manifestations explosives.

 

Certains passages violents sont trop explicites, et si comme moi vous n'appréciez guère les scènes de torture, vous pouvez les passer, cela n'entachera en rien votre plaisir de lecture, au contraire.

 

Laurent Whale, comme à son habitude dans cette série des Rats de poussière, nous entraîne dans différentes époques, survolant particulièrement les années 1930 et 1936, puis un épisode de 1944. Et l'on retrouve avec plaisir Antoine de Saint-Exupéry, en pleine gloire littéraire grâce notamment à Courrier Sud, son premier grand succès, alors chef d'escale de l'Aéropostale à Cap Juby au Maroc, dans le protectorat espagnol.

Mais également Jean Mermoz, dit l'Archange, lors de sa traversée de l'Atlantique, en 1930 puis en 1936 lors de son dernier voyage. Ces épisodes s'inscrivent dans l'histoire de l'aéropostale de Didier Daurat, offre des éléments intéressants sur certains points mal définis, et surtout sur le côté litigieux de Mermoz dans son engagement dans les Croix-de-Feu puis lors de la dissolution de cette ligue devenant le Parti social français, parti politique français de la droite conservatrice à tendance nationaliste mais hostile au nazisme et à l'antisémitisme. Je regrette toutefois que ces évocations soient trop resserrées par rapport à l'histoire proprement dite de la missive retrouvée et mise aux enchères qui nous ramène à l'actualité. Cela aurait presque pu être une uchronie.

Pour découvrir les épisodes précédents des Rats de poussière, suivez les liens ci-dessous :

Découvrez le catalogue des éditions Critic :

Laurent WHALE: Le réseau Mermoz. Les rats de poussière 3. Collection Thriller. Editions Critic. Parution le 1er juin 2017. 458 pages. 20,00€.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 05:33

Sur la route des souvenirs...

François DARNAUDET : Boris, ses motos, les Bardenas et autres déserts....

Ne cherchez pas dans ce texte une intrigue policière, une utopie science-fictionnesque, une évasion fantastique. Non, juste un cri d'amour sous forme de rédemption, un palliatif à la douleur, une façon de retrouver par des images, par des souvenirs, des instants de vie. Et surtout de dompter un sentiment de culpabilité qui ronge, qui gangrène, de modérer un manque, une disparition.

 

Boris, le fils de l'auteur, a voulu tester les lois de la gravité le 30 août 2015, en sautant du haut du viaduc de Collioure. Mais comme Icare il s'est mal réceptionné, laissant un grand vide auprès de ses parents et ses amis.

Ses motos, c'est surtout sa Honda CB 500 rouge, celle avec laquelle il effaçait les cercles de peur de ses pneus. Et afin de ne pas être en infraction avec la code de la route, il portait un casque. Seulement le casque, comme la casquette, cela comprime le cerveau, cela met la pression. A tel point qu'il était atteint de dépression.

Les Bardenas, c'est une région désertique du nord de l'Espagne, au sud de la Navarre. Un désert qui ressemble étrangement aux paysages mythiques de l'Ouest américain comme Monument Valley.

Les autres déserts évoqués dans le titre ? Le désert affectif ressenti après la disparition brutale de Boris. Le désert d'une présence filiale, d'une connivence littéraire également.

 

François Darnaudet raconte avec pudeur ce passage à vide puis le moment où il a enfourché la moto de Boris, retrouvant des sensations de jeunesse, et parcourant de Collioure jusqu'aux Bardenas, en passant par Andernos, effectuant un trajet émotionnel, purificateur, thérapeutique, comme un exutoire physique à une douleur. Autre exutoire, l'écriture, avec laquelle l'auteur peut soulager sa peine, du moins essayer, et qui se concrétise par la parution de ce texte.

Un texte humain qui permet de se retrouver, de surmonter sa douleur, peut-être, mais aussi de communiquer avec ceux qui ont subi ce genre de traumatisme et de faire comprendre à ceux pour qui la vie et le destin se sont montrés indulgents qu'ils risquent eux aussi un jour de connaître la perte non programmée d'un être cher.

Pour découvrir littéraire de Boris Darnaudet, je vous propose quelques liens.

François DARNAUDET : Boris, ses motos, les Bardenas et autres déserts.... Parution le 17 avril 2017. 76 pages. En vente sur Amazone. Version papier (conseillée) : 6,50€. Existe en version numérique.

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 07:00

Bon anniversaire à Sandra Scoppettone née le 1er juin 1936.

Sandra SCOPPETTONE : Tout ce qui est à toi ...

Qui pourrait penser que ce petit bout de bonne femme de 1m57 est détective privé, qui plus est ancienne du FBI !

Lauren Laurano n'en est pas moins féminine et les petites rides qui se dessinent aux coins des yeux l'agacent. Mais une nouvelle affaire l'attend, proposée par Jill, une amie. Lac, qui doit son prénom à des parents baba cool et humoristiques, puisque leur nom de famille était Huron, Lac a été violée par son petit ami.

En réalité il s'agit d'une homme dont elle venait de faire la connaissance par le biais de petites annonces. Lauren doit retrouver la piste du goujat. Seulement Lac se suicide. Enfin c'est ce que son meurtrier aurait voulu faire croire. Il s'agit bel et bien d'un assassinat. Lauren se pose la question primordiale, à savoir : le meurtrier et le violeur ne font-ils qu'une et même personne ?

Et la voilà obligée de se mettre à l'informatique, elle qui a horreur des micro-ordinateurs. Ce qui perturbe quelque peu son ménage avec Kip. Kip, diminutif de Christine. Lauren est lesbienne et comme dans tous les ménages, les anicroches, les tensions, les réconciliations sur l'oreiller existent et peuvent même amener sinon à la résolution des problèmes, au moins sur une piste fiable.

 

Entre Lauren Laurano, l'héroïne, et Sandra Scoppettone, l'auteur, les points de ressemblances sont nombreux. Faut-il s'en étonner ? Un auteur se met plus ou moins en scène, se projette inconsciemment, donnant la part belle à son propre clone de fiction. Il enjolive peut-être mais se dévoile en même temps. Lauren la détective se montre fragile et pugnace à la fois, tributaire dans sa vie privée et tenace dans sa vie professionnelle.

Un personnage attachant, peut-être plus que le Brandstetter de Joseph Hansen, dont l'homosexualité s'affiche certes, mais dont la sensibilité est moins évidente.

Sandra Scoppettone ne manque pas d'humour et même si l'épilogue se révèle un peu longuet et tiré par les cheveux, son roman vaut autant par la qualité de l'intrigue que par l'analyse psychologique - qui n'est pas forcément un plaidoyer - de la société américaine et surtout de l'intolérance envers des communautés dites marginales.

Réédition Pocket 7 septembre 2000.

Réédition Pocket 7 septembre 2000.

 

Sandra Scoppettone s'est fait connaitre sous le nom de Jack Early à la Série Noire :

Sandra SCOPPETTONE : Tout ce qui est à toi ... (Everything You Have Is Mine - 1991. Traduit de l'américain par Christophe Claro). Collection Les Noirs. Editions du Fleuve Noir. Parution 3 octobre 1995. 406 pages.

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 10:57

Bon anniversaire à Serge Brussolo né le 31 mai 1951.

Serge BRUSSOLO : La captive de l’hiver.

Marion, l’ymagière dont les fidèles lecteurs de Serge Brussolo ont pu faire la connaissance dans Pèlerins des ténèbres (Le Masque grand Format) nous revient dans une nouvelle aventure réfrigérante : La captive de l’hiver.

Alors qu’elle sculpte tranquillement ses statues dans une abbaye de la côte normande, les Vikings débarquent à nouveau, semant comme à leur habitude la panique. Mais ce n’est pas après les gens du village qu’ils en ont cette fois même si tueries, pillages et enlèvements sont de rigueur. C’est bien Marion qu’ils sont venus chercher et qu’ils ramènent chez eux à bord de leur drakkar.

Marion est flanquée d’une duègne Svénia, d’origine normande, mais cela fait tellement longtemps qu’elle est à la botte des ravisseurs qu’elle se considère un peu comme des leurs. Elle prodigue Marion de ses conseils et surtout elle l’aide en toutes choses quotidiennes car Marion porte des gants de fer afin de ne pas abîmer ses précieuses mains. Abîmer est un prétexte car les Vikings sont persuadés posséder en elle une sorcière et si elle était amené à les toucher, le feu les dévorerait.

Une périlleuse mission l’attend : remodeler, entretenir des statues de glace représentant les Dieux nordiques. Mais sous cette charge elle pressent une autre fonction qu’elle doit être amenée à résoudre au péril de sa vie.

 

La magie Brussolo fonctionne toujours, même si ce roman n’est ni polar, ni fantastique, ni historique, tout en flirtant avec ces genres.

Livre d’aventure sans grand suspense, on est toutefois happé par la force d’évocation du maître quoi qu’il ait écrit des romans plus prenants, mais bon, on lui pardonnera volontiers d’avoir pour une fois tombé dans la facilité.

Le seul suspense réside en la suite des aventures de Marion, puisque l’épilogue est une fin ouverte.

 

Serge BRUSSOLO : La captive de l’hiver. Collection Moyen Format aux éditions du Masque. Parution 16 mai 2001. 306 pages. 20,00€.

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Published by Oncle Paul - dans Roman d'aventures Hommage
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 05:35

Ainsi font font font les jolies petites menottes, ou les bienfaits des dictées...

Frank KLARCZYK : Mort point final.

Si votre copine, ou votre femme, vous attache les poignets aux montants du lit avec des menottes, ne croyez pas forcément qu'il s'agit d'une nouvelle figure du kamasoutra...

Paul Catard, lorsqu'il se retrouve enchaîné par sa maîtresse Mélanie Vasseur, lieutenante de police, croit assister à une séance inédite alors que la nuit avait déjà été mouvementée. Les draps s'en souviennent encore. Mais Mélanie s'éclipse, le laissant scotché, les poignets menottés. Après de nombreux efforts il parvient à se libérer du sparadrap collé sur la bouche et à ameuter le voisinage.

Les policiers n'en reviennent pas, et lorsque le capitaine Vigeois, du commissariat d'Antony, recueille le récit du jeune homme c'est pour se demander s'il n'est pas en face d'un affabulateur, d'un mythomane. Pourtant Paul Catard est formel, tout ce qu'il a à déclarer est véridique.

 

Quelques années auparavant Mélanie a vécu une expérience douloureuse alors qu'elle était dans un lycée à Brive.

La journée aurait pu débuter normalement, comme d'habitude, avec les sempiternels accrochages entre élèves, les petites jalousies féminines, les réflexions désagréables dans la cours de récréation, avant de rejoindre les bancs de la classe de Deuxième C.

Leur professeur de français semble abattu, et pour Maryline, ce sont deux heures mortelles qui se profilent. Elle ne pensait pas si bien dire. M. Bernard, dont la vie familiale s'est réduite à sa plus simple expression depuis son divorce et le départ de son garçon lorsque celui-ci a atteint sa majorité, vit seul et n'a pour unique viatique que sa passion pour la langue française et ses livres. D'ailleurs ce matin-là, il entame son cours avec une référence à Marche ou crève de Richard Bachman, alias Stephen King. Mais la dictée qu'il leur propose sera un passage du livre de Dante, et c'est bien l'Enfer qui se profile.

La référence à Marche ou crève n'est pas anodine. Tout de suite les élèves savent qu'il ne s'agit pas d'une partie de plaisir : une faute, un avertissement. Deux fautes, et le, ou la, récidiviste sera abattu au sens littéral du terme. Et pour bien faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'une figure de style, M. Bernard sort de son cartable un revolver muni d'un silencieux.

Deux heures qui vont être longues, pénibles, stressantes, mortelles...

 

En ce matin donc au cours duquel Vigeois auditionne les révélations sur sa lieutenante qui malgré son traumatisme a réussi à intégrer les effectifs de police, une information qui leur parvient tend à confirmer les propos de Paul Caltard. Cela ne fait que trois ou quatre mois qu'il connait Mélanie et il en est amoureux fou. Peut-être est-ce pour cela qu'elle s'est confiée en partie à lui. Mais il n'est plus question de débattre de leurs ébats, car la situation est grave. Pas encore désespérée mais cela ne saurait tarder si Vigeois et ses hommes ne prennent pas le taureau par les cornes. Un attentat est programmé au parc de la Légion d'honneur à Saint-Denis, et la cible serait une personnalité importante, très importante même. L'heure n'est plus à la discussion mais à l'action.

 

En un peu plus de 180 pages, là où il en faut 400 à 500 à Stephen King, Frank Klarczyk parvient à instiller une atmosphère d'angoisse parfois insoutenable, un suspense parfaitement maîtrisé pour une intrigue habilement décrite et écrite. Les passages constituant la demi-journée tragique avec M. Bernard en chef d'orchestre meurtrier, s'insèrent dans les quelques heures entre lesquelles Caltard est découvert nu sur le lit et le dénouement qui laisse au lecteur le soin de se forger lui-même son propre épilogue.

C'est tout le système de l'éducation nationale qui est mise en cause, ou plutôt les décisions, souvent aberrantes, qui sont prises en haut-lieu par des personnes qui n'ont jamais travaillé dans cette institution mais se permettent d'en changer les règles selon leur bon vouloir et surtout afin de laisser un nom avec de nouvelles réformes qui de toutes façons seront probablement abandonnées lors d'un nouveau gouvernement.

Et pendant ce temps ce sont les enseignants, et bien entendu les étudiants, les scolaires en général qui en subissent les conséquences.

Mort point final, d'accord, mais point de temps mort dans ce roman enlevé, prenant, dramatique, et oserais-je écrire, éducatif.

 

Frank KLARCZYK : Mort point final. Collection Plumes noires N°3. Editions Lucien Souny. Parution le 6 mai 2017. 190 pages. 6,50€.

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 09:15

Il faut toujours se méfier des idées préconçues et des conclusions hâtives !

Thomas FECCHIO : Je suis innocent.

Ni céder aux sirènes du passé qui veulent absolument qu'un ancien coupable est obligatoirement un récidiviste.

A six heure du matin pile, les policiers conduits par le capitaine Germain s'introduisent en force dans la chambre de Jean Boyer. Sans explication aucune, l'homme qui vit seul dans une dépendance de ferme, est emmené au commissariat de Reims. Mais si les explications manquent, les coups pleuvent, assenés par le lieutenant Chevron, surnom donné à Martinelli à cause sa propension à ne posséder que des Citroën, et ses deux adjoints, des brutes épaisses au cerveau ramolli.

Boyer est donc accusé du viol et du meurtre d'une jeune femme dont le corps a été découvert enfoui partiellement en forêt sous un tumulus, à quelques kilomètres de l'endroit où il loge. Une mise en scène signée pour les enquêteurs qui n'ont pas mis longtemps à supposer que Boyer est le meurtrier.

En effet, Boyer avait déjà été condamné en 1968 pour un fait similaire, puis au milieu des années 1980 pour viol, non suivi d'homicide sur d'autres jeunes femmes. Il n'est sorti de prison que depuis quelques semaines, et en cette fin d'année 2006, l'obligation de résultat prévaut. Boyer a beau affirmer, jurer, clamer qu'il est innocent, rien n'y fait. Il a tout de même le droit d'avoir un avocat commis d'office. Une jeune avocate, qui débute et n'est pas trop à l'aise. Tout comme le capitaine Germain d'ailleurs dont c'est la première grosse affaire, tandis que Chevron est un vieux de la vieille.

Certains éléments sont troubles et il n'est pas persuadé de la culpabilité de Boyer. D'ailleurs il s'en remet à son ami le juge Forlain, la trentaine comme lui, qui doit instruire l'affaire. Certains faits ou éléments plaident en la faveur de Boyer. D'abord celui-ci possède un alibi, ayant dormi ce soir-là chez une quinquagénaire en mal d'affection habitant à Soissons. Ensuite un sac à main a été retrouvé sur un tas de détritus au fond du jardin. Or cet objet qui est neuf, avec aucune empreinte dessus, n'était pas présent lorsque Germain avait visité les lieux. Toutefois au bénéfice du doute Boyer est relâché sous conditions.

Boyer comprend qu'il doit se défendre pour prouver son innocence, mais les obstacles nombreux se dressent devant lui. Car tout est fait pour l'accabler, mais qui peut lui en vouloir ? Le père de la dernière victime qui s'introduit chez lui nuitamment ? Un père manipulé par un individu qui se réclame de la police par téléphone. Et le juge Forlain qui passe la main à une confrère, question d'antériorité parait-il car justement les parents inquiets avaient déposé une main courante, n'ayant pas de nouvelles de leur fille.

Quant au capitaine Germain, il est obligé de composer avec son passé. Une mère à qui il rend visite régulièrement ce dont il se passerait bien et un père, notaire, assassiné alors qu'il était encore jeune. Enfin, un assassinat qu'il n'a découvert que beaucoup plus tard, croyant que son géniteur était décédé d'un accident de la route.

Dans sa quête de la vérité, Boyer va se montrer peu fiable, effectuant quelques dérapages qui ne plaident pas en sa faveur. Toutefois le capitaine Germain se demande s'il n'est pas lui aussi le jouet d'un manipulateur. Seulement par qui et pourquoi, telles sont les deux questions qui commencent à le tarauder.

 

Le dénouement est digne des romans américains formatés avec multiples renversements de situations, fournissant au lecteur un sentiment d'oppression.

Mais pour l'auteur, ce qui prédomine, c'est bien la pression dont sont accablés juges, souvent orientés, et enquêteurs. Placer cette intrigue fin 2006 pour se poursuive début 2007 n'est pas innocent. Pour autant certains policiers se montrent obtus, la présomption d'innocence s'effaçant devant leur persuasion de la culpabilité d'un prévenu qui porte derrière lui un lourd passé.

La nature des délits ou l'importance des affaires n'entraient plus en ligne de compte du moment que les chiffres évoluaient dans le bon sens. Mais lorsqu'un crime particulièrement horrible avait un retentissement médiatique, le ministre harcelait soudain les enquêteurs pour exiger des résultats rapides.

Il est vrai que ce ministre ne pense pas uniquement au résultat dans un sens de justice. Les journaux sont à l'affût, certains plus complaisants que d'autres qui eux essaient d'analyser sereinement les faits et les déclarations, et il lui faut se concilier les bonnes grâces des médias et surtout des potentiels électeurs pour montrer qu'il maîtrise la situation.

Il [le ministre de l'Intérieur] déroulait un plan sécuritaire qui serait un tremplin électoral formidable pour la présidentielle de 2007. Ses principaux leviers : plus de pouvoirs aux policiers et des peines planchers pour éviter tout laxisme de la part des juges, surtout avec les récidivistes.

 

Ce roman pose également une question primordiale et pernicieuse. Doit on croire un individu ayant déjà été condamné pour viol et pour meurtre, qu'il a avoués, et qui déclame son innocence dans une nouvelle affaire ? Ne s'agit-il pas alors de la poudre aux yeux de la part de policiers désirant régler au plus vite une affaire, même si les doutes subsistent. D'autant que certains personnages peuvent se montrer manipulateurs dans l'ombre.

Thomas FECCHIO : Je suis innocent. Collection Polar en Nord N°221. Grand format. Editions Ravet-Anceau. Parution le 2 février 2017. 304 pages. 14,00 €.

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 10:02

Un des nombreux pseudonymes de

Max-André Dazergues, le mentor de Frédéric Dard.

André MADANDRE : Robinson des neiges.

Dans un estaminet de Sainte-Isoline, petit village de deux cents âmes situé dans le Grand-Nord, aux frontières du Canada français, trois hommes assis autour d'une table discutent de la légende du Caribou-fantôme ou Renne aux cornes d'or.

Abrosiak, un Indien Athabasca, affirme avoir aperçu ce fameux caribou du côté du Lac Gris. L'animal se tenait immobile dans un bouquet. Ses deux interlocuteurs sont soit sceptique comme Pascal Balle-Sûre, un vieux trappeur qui n'a pas usurpé son surnom, soit subjugué comme Christian Ledriquet alias Kiki-Castor, un adolescent de seize ans qui s'est fait un renom comme chasseur de castors.

Dans leur fougue, les trois compères élèvent la voix, et cette histoire de renne aux cornes d'or intéresse l'un des consommateurs accoudé au bar. Il s'agit de Jerville-le-Borgne, un trappeur à la réputation douteuse qui tire son sobriquet d'un œil de verre. Il ne compte que peu d'amis, et bon nombre des villageois se méfient de lui. Certains redoutent même ce fieffé aventurier.

Kiki-Castor est tenté de se rendre sur les abords du Lac Gris et si Pascal Balle-Sûre se défile, Abrosiak accepte de l'accompagner. Et les voilà partis tous les deux le lendemain en traîneau. Alors qu'ils arrivent près d'un cairn, une baraque construite en pleine forêt à l'intention des trappeurs et chasseurs, ils distinguent des chiens errant, un traîneau renversé et un homme attaché. Il ne s'agit ni plus ni moins que Jerville-le-Borgne qui affirme avoir été agressé par des Inuits.

Ils se réfugient dans le cairn, et pensent y passer la nuit mais Abrosiak, qui avait pris la garde, distingue la silhouette du caribou aux cornes d'or. Branle-bas de combat, Abrosiak s'éloigne tandis que des Inuits, jusqu'alors tapis dans la neige, se dressent et s'emparent de Kiki-Castor.

Il s'agit d'un piège fomenté par Jerville-le-Borgne et la petite troupe s'enfonce dans les bois jusqu'au Lac Gris à bord des traîneaux.

S'ensuit une histoire au cours de laquelle Kiki-Castor va sauver la vie à l'un des Inuits, Koldak, des boues dansantes, c'est-à-dire des sables mouvants qui stagnent près d'une construction en bois, en plein milieu du lac. Une construction qui serait due aux castors mais qui en réalité a été édifiée par des mains humaines. Kiki-Castor est prisonnier de ce fourbe de Jerville-le-Borgne mais un bienfait n'est jamais perdu et il pourra, alors que sa vie est en danger, compter sur des renforts inattendus.

 

Ce court roman, qui s'adresse aux lecteurs de tous les âges, nous offre un nouveau voyage grâce au guide qu'était Max-André Dazergues, après un roman signé du pseudonyme d'André Star en Polynésie (voir lien ci-dessous). Exotisme en tous genres, actions et découvertes, manipulations, magouilles, jalousies et traitrises, tous les ingrédients du roman d'aventures se retrouvent sous forme condensée dans ce texte.

Les descriptions de paysages et la psychologie des personnages sont tout juste évoquées, seule l'histoire mystérieuse de ce caribou aux cornes d'or étant le seul ressort de cette intrigue dont le lecteur pressent dès le début que cela se terminera bien. La morale est sauve, les personnages se montrent magnanimes, mais le principal réside dans un bon moment de lecture, une évasion à bon compte comme nous le proposaient Max-André Dazergues et ses confrères dans ces petits fascicules dont le seul but était d'intéresser leurs lecteurs et à les inviter à découvrir d'autres aventures palpitantes tout au long des semaines. De petits romans qui se lisaient d'une traite, dans le métro ou les trains de banlieue qui emmenaient les ouvriers sur leur de travail, et retour.

 

André MADANDRE : Robinson des neiges. Collection le Risque tout. Editions S.A.E.T.L.. Parution décembre 1945. 20 pages.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 04:49

Avant ou après le bain... de minuit ?

Pierre BOILEAU : La promenade de minuit.

Alors qu'il vitupère contre un article le mettant en cause et paru dans une revue, André Brunel, policier privé de son état, reçoit la visite de son ami le narrateur. Âgé d'une petite trentaine d'années, André Brunel s'est fait connaître en résolvant quelques affaires délicates, et il est reconnu comme l'un des meilleurs de sa catégorie. Peu à peu il se calme, et comme il se considère comme le flegme personnifié, il déclare à son ami que le jour où je t'autoriserai à publier mes aventures, tu commenceras par cette petite mise au point. Dont acte.

Les deux hommes ont à peine terminé de déjeuner qu'un visiteur demande à être introduit, ou demande audience si vous voulez. Il se nomme Lucien Blaisot et habite à Côteville, près de Dieppe. Il leur expliquera pourquoi il requiert les services du détective pendant le trajet qu'ils vont effectuer en voiture.

Leur mission, si André Brunel l'accepte, est de retrouver le père de Lucien Blaisot qui a disparu depuis le jeudi. Et c'est pourquoi, inquiet, Blaisot a décidé de se tourner vers le détective au lieu de la police locale.

La famille Blaisot est composée du père, de la mère, de Lucien le fils qui vit chez toujours chez eux, et de leur pupille Hélène qui est également la fiancée de Lucien. C'est lui qui l'affirme. Quoique Normands eux-mêmes, ils n'ont jamais pu s'habituer à la mentalité des gens du cru, et c'est Bertrand, leur domestique, qui est chargé du ravitaillement. Mais le père Blaisot possède une passion particulière. Il s'est installé dans un pavillon de garde un établi et la nuit il s'y rend afin de bricoler à son aise. Or Lucien s'est aperçu, un soir qu'il avait entendu des bruits suspects, que le cheval et la carriole n'étaient pas dans la remise. Le père entretiendrait-il une relation extérieure, c'est ce que s'était demandé Lucien, mais sa disparition l'inquiète.

Outre les personnes présentes dans cette demeure, l'Oncle Charles est lui aussi au courant de cette disparition pour le moins mystérieuse. L'oncle Charles vit non loin des Blaisot, et comme eux habite une demeure isolée. Lorsque les trois hommes arrivent à destination, c'est pour apprendre que l'Oncle Charles vient d'être assassiné. La mère vient de recevoir un appel téléphonique d'Honorine, la servante de Charles. Charles a été découvert sur son perron, le ventre ouvert. Immédiatement la gendarmerie a été prévenue et le lieutenant Perruchet procède aux premières constatations. Charles s'est pris une décharge de plomb dans les boyaux, ce qui lui fut fatal. Les soupçons se portent sur un braconnier, mais lequel car plusieurs personnes revendiquent les chapardages sur les terres des Blaisot.

Mais pour André Brunel, d'autres éléments mystérieux se greffent sur ce meurtre. Et il a raison, car ce sont bien deux affaires, qui s'imbriquent mais dont la portée est totalement différente, que Brunel aura à résoudre. Et comme la mer n'est pas loin, imaginez qu'un trafic de marchandises peut aussi se trouver à l'origine de ce qui pourrait être un règlement de comptes et qu'un braconnier n'est pas forcément seul en course comme coupable.

 

Comme le déclare Brunel à Perruchet : Croyez-moi lieutenant, le petit jeu des déductions constitue une distraction excellente mais qui risque de devenir dangereuse pour qui s'y livre sans réserve. Il ne faut pas prendre pour des certitudes de simples présomptions.

Oh combien cette phrase est prémonitoire, car si Brunel observe, examine, analyse, déduit, ce ne sera pas sans danger pour sa personne, ainsi que de celle son confident et historiographe. Il va donner de sa personne, se mouiller sans vraiment l'avoir désiré, et les rebondissements vont surgir sous ses pieds comme un lapin qui déboule d'un fourré.

Une intrigue classique mais assez rouée qui annonce l'état d'esprit dans lequel Pierre Boileau concevait ses intrigues, intrigues qui prendront de l'ampleur et de la consistance lors de son association avec Thomas Narcejac, association qui fournira de très nombreux succès littéraires dont s'emparera notamment Hitchcock pour assoir sa réputation de cinéaste.

Alors évidemment, cette histoire a quelque peu vieilli de par le contexte, mais l'intrigue en elle-même est toujours aussi roublarde pour ne pas décevoir le lecteur tout en l'emmenant dans des chemins de traverse. Les explications finales ne traînent pas en longueur comme dans certains romans de détection de l'époque et le tout est vif, enlevé.

A noter qu'André Brunel habite Cité Malesherbes, une voie qui unit la rue des Martyrs et la rue Victor-Massé. Lorsque l'on sait que les rue des Martyrs fut surnommée la rue des hommes mariés, et qu'elle était reliée à la rue Massé, faut-il y voir une simple coïncidence ou une corrélation ?

 

Première parution Les Editions de France. 1934.

Première parution Les Editions de France. 1934.

Pierre BOILEAU : La promenade de minuit. Collection Police privée - bibliothèque. Editions Dancoine. Parution 2e trimestre 1945. 192 pages.

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 04:51

Capri, c'est fini,
Et dire que c'était la ville
De mon premier amour...

Catherine RABIER : Les sirènes de Capri.

Pour un vieux sédentaire comme moi, la lecture est un moyen unique pour voyager en pantoufles et engranger des images magnifiques de régions admirables comme ces descriptions que nous propose Catherine Rabier dans ce court roman, régions que je ne visiterai jamais, de peur être déçu en étant sur place, n'en retrouvant ni le charme, ni l'élégance et la beauté.

Catherine, c'est également le nom de la narratrice quadragénaire qui est envoûtée, subjuguée, enivrée par les paysages qu'elle découvre à son arrivée sur l'île de Capri. Un séjour de dix jours qu'elle met à profit, dès son arrivée pour se rendre à pied à la Casa come me, la villa de Malaparte perchée sur un promontoire donnant sur la mer.

Au début de son séjour elle a fait la connaissance d'Adelchi, jeune éphèbe d'une vingtaine d'années qui ne la laisse pas indifférente, et réciproquement. Adelchi se présente comme un étudiant d'une université vénitienne, et actuellement il est en séminaire avec quelques condisciples sous la houlette du professeur Ermete, archéologue. Et il lui propose de l'emmener à la Casa come me, qui est fermée au public. L'entrée sera ouverte, pour elle, car les étudiants et le professeur y résident, étudiant l'architecture.

Elle refuse de se rendre à la villa par bateau, proposition honnête ou non d'Adelchi, préférant grimper à pied, malgré un genou douloureux. Elle est accueilli par son cicérone et peut visiter certaines des pièces de la demeure et admirer quelques sculptures. Elle est même invitée à déjeuner en compagnie du maître, Ermete, un homme intrigant, et ses étudiants à une tablée de douze. Elle est la seule femme et s'aperçoit que les assiettes et couverts représentent tous un signe du zodiaque.

Elle va alors vivre durant quelques jours une aventure entre rêve et réalité, dans ce décor enchanteur, situé non loin des Faraglioni, trois immenses rochers dans la mer, les bains de Tragara, le Rocher des Sirènes qui serait selon une légende les sirènes ayant essayé de détourner Ulysse mais n'ayant pas réussi se seraient transformées en rochers.

Une aventure périlleuse au cours de laquelle Catherine manque se noyer.

 

La Casa come me

La Casa come me

En lisant ce court roman, on ne peut s'empêcher de penser à Prosper Mérimée, à Alexandre Dumas, à Gérard de Nerval dont une phrase extraite de El Desdichado est placée en exergue, non pas pour l'histoire, mais par le romantisme qui s'en dégage, par la force d'évocation des personnages, par la forme narrative, par les descriptions du décor et par les références à la mythologie grecque ou indo-européenne avec Mithra Sol Invictus.

Sont évoqués Curzio Malaparte, écrivain, cinéaste, journaliste, correspondant de guerre et diplomate italien, et sa fameuse villa, Axel Munthe, médecin suédois qui vécu à Capri dans la villa San Michele, participant aux secours lors d'une épidémie de choléra à Naples en 1883, et à Raymond Guérin qui passa trois semaines dans la Casa come me et a rédigé Du côté de chez Malaparte en 1950.

Un texte rafraîchissant, sensible, charmant, fleuretant avec le fantastique, tout en émotions et en couleurs, un voyage onirique et romantique frisant la tragédie, placé entre hier et aujourd'hui.

Les Faraglioni

Les Faraglioni

Catherine RABIER : Les sirènes de Capri. Parution 17 avril 2017. 64 pages. En vente uniquement sur Amazone. Version papier (conseillée) 6,33€. Existe en version numérique.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 05:17

A l'origine du roman noir ?

Didier LAMAISON et SOPHOCLE : Oedipe Roi roman suivi de Oedipe roi tragédie.

Oedipe fuit les oracles qui ont prédit qu'il tuerait son père et partagerait la couche de sa mère. Aux portes de la ville de Thèbes, il se mesure intellectuellement au Sphinx et déjoue les pièges, les devinettes que celui-ci lui pose.

Oedipe en reconnaissance est acclamé et nommé roi de Thèbes. Cependant la menace des oracles pèse toujours sur sa tête et, peut-être pour conjurer le sort, il se lance dans une enquête, tentant de comprendre pourquoi et comment est mort le roi Laïos, ex-souverain de Thèbes, dont il a épousé la veuve, la reine Jocaste.

 

Tout le monde connait le mythe d'Oedipe, et la psychanalyse freudienne qui a été développée à partir d'une histoire relatée par Sophocle. Mais qui aurait pu penser que ce mythe, étudié au collège, entrerait un jour à la Série Noire dans une nouvelle traduction, ou adaptation.

Il est vrai que cette histoire comporte de nombreux thèmes propices au roman noir par excellence. Et, dépoussiérée, elle devient d'une actualité romanesque forte. Il aurait suffit de changer les noms des personnages, les lieux, l'époque, et tout cela semblerait nouveau.

Comme quoi, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme comme l'affirmait Lavoisier, une maxime qui n'est que la paraphrase du philosophe grec présocratique Anaxagore : Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.

Première édition Série Noire N°2355. Parution 6 septembre 1994. 160 pages.

Première édition Série Noire N°2355. Parution 6 septembre 1994. 160 pages.

Didier LAMAISON et SOPHOCLE : Oedipe Roi roman suivi de Oedipe roi tragédie. Roman d'après la tragédie et traduction inédite du grec ancien, annotations et présentation par Didier Lamaison. Nouvelle édition Folio Policier n°401. Parution le 18 mai 2017. 288 pages.

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