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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 08:40

Le poète a toujours raison...

Gilles VIDAL : La fatalité est la poésie du monde.

Est-ce un recueil de nouvelles, de poésies, une compilation de brèves de comptoir, une succession d'anecdotes et de réflexions, des pensées profondes, philosophales, des billets d'humeur et d'humour...?

C'est un peu tout cela et beaucoup plus à la fois. Car l'esprit d'un littérateur ne se repose jamais. Il fourmille d'idées que son propriétaire doit coucher sur le papier, quel que soit l'endroit où il se trouve, sous peine qu'elles s'évanouissent à jamais dans les limbes de l'oubli.

 

Il est donc difficile de résumer cet ouvrage, qui d'ailleurs est la réédition de quatre livres parus chez divers éditeurs, dont Hors Commerce, dans les années 1990 et 2000, aujourd'hui épuisés. Autant les livres que les éditeurs d'ailleurs.

Des textes plus ou moins longs, comme peut l'être une courte nouvelle, d'une demi-page ou d'une trentaine, selon l'inspiration et le besoin de la chute, qui nous plongent dans un univers onirique trempé dans le quotidien d'un monde pessimiste teinté de nostalgie, d'humeur vagabonde, de dérision, d'envies, de besoins, de souhaits, de regrets, et une pointe (?!) d'érotisme coup de blues. Le spleen cher aux poètes suinte de ces lignes comme une rédemption, une panacée peut-être à effet placebo pour un esprit torturé et fébrile, le cynisme parfois cachant la timidité ou la gaucherie.

J'aurais aimé pouvoir vous donner en pâture quelques extraits, de courts textes de quelques lignes, un poème jeu de mot comme j'affectionne, mais sortir des lignes d'un contexte chimérique ou réel, résultat d'un besoin de s'exprimer, de se soulager, de s'épancher, me semble aller au-delà du souhait de l'auteur.

Pourtant les titres peuvent parler d'eux-mêmes :

Je te meurs; Courage, survivons; Pourtant, tous les espoirs semblaient permis; Je te crève tu me tues (poème); Exister relève du prodige...

 

Mais pour bien en comprendre le sens, la finalité, l'amertume qui se cache sous l'ironie, ou le contraire, l'humour désabusé, alimenté de fantasmes au charme vénéneux, il faut se plonger dans ces écrits comme on décortique un calendrier de l'Avent.

Seulement, si au début on se dit qu'on ne va en lire que quelques pages par jour, en dégustateur avisé et sage, on se prend au jeu et bientôt on se rend compte qu'on engloutit le tout en véritable affamé, avide de littérature proche de nous, que l'on ne peut s'empêcher d'avaler les textes les uns à la suite des autres, quitte à revenir en arrière afin d'en savourer tous les parfums qui se dégagent lentement dans nos petites cellules grises.

Ce recueil est composé de

Hymnes urbains; Angles d'attaque; L'endroit le plus fragile du corps de l'homme; Exister relève du prodige.

Hymnes Urbains. Hors commerce

Hymnes Urbains. Hors commerce

Angles d'attaque. Méréal

Angles d'attaque. Méréal

L'endroit le plus fragile du corps de l'homme. Hors commerce.

L'endroit le plus fragile du corps de l'homme. Hors commerce.

Exister relève du prodige. Atelier de Presse

Exister relève du prodige. Atelier de Presse

Quleques chroniques de lecture :

Gilles VIDAL : La fatalité est la poésie du monde. Hors collection. Multivers Editions. Parution décembre 2015. Format ePub et Kindle. 420 pages environ. 4,49€.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 14:33

Comme s'il n'y en avait qu'un à mettre à son actif ! Pour la plus grande joie des cinéphiles...

Georges BAXT : Le meurtre d'Alfred Hitchcock

En 1925, alors qu'Alfred Hitchcock réalise son premier film à Munich, le tournage est émaillé d'incidents divers.

D'abord il aperçoit la silhouette furtive d'un homme au visage tailladé, ravagé, couturé, dont il aimerait faire la connaissance afin d'éventuellement l'engager comme acteur.

Plus grave, Anna Grieban, la script, est assassinée sous sa douche de vingt-neuf coups de couteau. Voilà un tableau qui s'intégrerait parfaitement dans les films que rêve de mettre en scène Hitchcock, des films à suspense au lieu de ces navets cuits au court-bouillon de l'eau de rose.

Ce qu'il préfère, c'est l'action, pimentée d'humour, le tout noyé dans le voile du suspense, du tragique, de l'angoisse.

Mais ce meurtre est réel et Hitchcock est bien embêté. Le tournage du film prend du retard.

Un second meurtre est commis sur le plateau alors qu'un inspecteur de police est en train d'enquêter. Une pure provocation.

Cette fois, la victime est le pianiste, Rudolph Wagner, compositeur d'une charmante mélodie qui trottine dans la tête d'Alma, la fiancée scénariste du cinéaste bedonnant. Hitchcock s'arrache les quelques cheveux qui lui restent.

Onze ans plus tard, alors que la menace nazie est devenue une terrible réalité, le génial metteur en scène se trouve en possession d'un scenario fournit par Fredrick Regner, qu'il a connu à Munich. Il existe des coïncidences bizarres dans la vie. La réalité suit pas à pas le scenario imaginé par l'Allemand apatride. De nouveau les meurtres se succèdent, Alma se fait enlever et Hitchcock est entraîné à son corps défendant dans une sombre histoire d'espionnage.

 

Le Meurtre d'Alfred Hitchcock, roman dans lequel personnages réels et fictifs se côtoient, est d'un humour particulièrement noir, truffé de réparties comiques et de situations cocasses.

La bonne humeur qui se dégage de ce livre n'empêche pas la rigueur d'une trame habilement tissée, et l'on se prend à rêver au film qu'Hitchcock eut pu réaliser d'après cette histoire parfois loufoque.

 

Georges BAXT : Le meurtre d'Alfred Hitchcock (The Alfred Hitchcock Murder Case - 1986. Traduction de Jean Esch). Le Masque jaune N° 2049. Parution juin 1991. 256 pages.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 11:13

Aucun rapport avec la Pop-star britannique !

Elton JONES : Tu vas payer !

Vous ne savez pas qu'il ne faut jamais rien dire aux journalistes... surtout quand ce sont des femmes ?

L'homme qui rabroue ainsi Bob Jozan n'est autre que son patron, Raymond Lacy, un détective privé qui commence à avoir une certaine notoriété.

Bob Jozan, gamin mi-Irlandais mi-Français, est bavard, gaffeur. Et s'il possède des intuitions étonnantes, il lui arrive de saboter les enquêtes de Lacy, tout en lui fournissant des révélations qui au bout du compte se révèlent payantes.

Lacy doit quitter Nice, après avoir effectué avec réussite la mission qui lui avait été confiée, et regagner Londres, mais Bob interrompt son travail de rangement vestimentaire dans les valises adéquates, lui annonçant qu'il vient de lui prendre un rendez-vous pour une affaire importante. Lacy se méfie, Bob a l'habitude de lui dégoter des affaires qui sont toujours importantes mais se révèlent banales. Pourtant lorsqu'il apprend le nom de son futur client, le détective décide de sursoir à son départ et d'écouter les desiderata de son assistant.

Le beau-père d'Hervé, un des copains de Bob, a reçu des lettres de menace de la part d'un de ses anciens employés. Il n'en sait guère plus aussi le mieux pour Lacy est de se rendre à Grasse rencontrer Marcellini-Diaz, le destinataire des missives, qui dirige une grosse usine de parfumerie. Comme Lacy ne refuse jamais une possible rentrée d'argent, dès le lendemain direction la ville des parfums à bord d'un autocar. Mais auparavant il se renseigne auprès d'un inspecteur de police et d'un rédacteur en chef d'un journal local.

Roger Téry, condamné à quinze ans pour le meurtre de sa femme en 1947, vient d'être libéré. Il était l'inspecteur des ventes de Marcellini-Diaz mais il a toujours nié être le meurtrier.

Bob, insouciant, ne peut s'empêcher de faire la cour à deux jeunes filles qui voyagent en leur compagnie. Sido est reporter aux Nouvelles Niçoises et sa compagne, âgée de seize ou dix-sept ans, est présentée comme photographe. Elles doivent effectuer un reportage sur les vieux moulins à huile. Sido en profite pour leur demander s'il serait possible d'écrire un papier sur l'usine de parfumerie.

Marcellini-Diaz donne toutes les explications possibles, du moins ce qu'il en sait vraiment, sur cette affaire et sur Roger Téry, un homme aimable, leur montre également les lettres de menaces, et surtout avoue qu'il était l'amant de la femme du meurtrier présumé.

 

Une histoire simple, sans chichis, qui tourne autour d'un drame familial, comme souvent, avec des rebondissements et une chute logique mais pas téléphonée. Pourtant l'auteur, outre la déclaration émanant de Lacy, placée au début de cet article, procède avec un humour involontaire.

Ainsi Sido, la jeune journaliste, à la question de Bob leur demandant :

Votre journal ne vous donne pas de voiture ?

Sido répond en toute ingénuité :

Il faut se mettre à genoux devant le rédacteur en chef, l'administrateur et les chauffeurs pour en avoir une. Nous préférons prendre le car.

Une réponse pour le moins ambigüe qui ferait gloser dans les chaumières de nos jours.

 

Mais qui est cet Elton Jones qui ose mettre de telles réparties dans la bouche de jeunes filles ?

Un écrivain qui a produit de nombreux romans policiers et sentimentaux, sous les pseudonymes de Tony Guilde, Patrick Regan ou encore Gilles Grey, et qui s'appelait Gilette Ziegler, décédée en1981.

Archiviste-paléographe et historienne, cette Niçoise qui fit partie de la Résistance, commença à écrire en 1941 pour diverses maisons d'éditions en zone libre puis chez Ferenczi, Jacquier ou encore Julliard. Son dernier roman policier connu, Le bois du silence parait chez EFR en 1963 puis elle revient à la rédaction d'ouvrages historiques dont Les coulisses de Versailles et Les Templiers.

Malgré son prénom, les romans de Gilette Ziegler n'étaient pas rasoir.

Elton JONES : Tu vas payer ! Collection Mon Roman Policier N°519. Editions Ferenczi. Parution 1er trimestre 1958. 32 pages.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 14:10

Et pourtant, il parait qu'il vaut mieux avoir de

mauvaises critiques que pas de critique du tout...

Max Allan COLLINS : Un week-end tuant

Un critique, de romans policiers ou autres, cela aide un auteur à se faire connaître du grand public. Nous sommes d'accord. Mais qu'il dénigre systématiquement la production littéraire d'un romancier, cela va bien un certain moment, mais au bout d'un certain temps l'écrivain ainsi incriminé commence à voir rouge.

Et pour Mallory, romancier qui passe à côté de la célébrité à cause d'un tordu du nom de Kirk Rath, cette situation devient vite intolérable.

Ce n'est pas parce qu'il n'est pas le seul à être dans ce cas de figure, que ses confrères eux aussi sont en butte au même genre de sarcasmes, que cela lui met du baume au cœur. Et s'il ne se contrôlait pas, sûr que Kirk Rath passerait un mauvais quart d'heure s'il avait l'occasion de l'avoir en face de lui.

Invité à une murder-party, espèce de jeu de rôle grandeur nature dans lequel les participants à cette réunion sont les suspects, l'assassin et la victime d'un meurtre supposé, Mallory retrouve quelques-uns de ses confrères qui sont également des amis pour la plupart.

La présence de Kirk Rath porte l'atmosphère à son paroxysme. Heureusement celui-ci n'est là que pour quelques heures, ayant été désigné pour figurer la victime. Une hypothèse que beaucoup de personnes présentes aimeraient bien voir tourner à la réalité.

D'ailleurs Mallory, de la fenêtre de sa chambre, croit assister à l'assassinat de l'odieux personnage. Hélas, ce n'était qu'une mise en scène ! Quoi que...

 

Il y a bien longtemps que je ne m'étais autant amusé à la lecture d'un romans policier. L'humour y est présent à tout instant, et personnages fictifs et réels s'entremêlent habilement.

Max Allan Collins, qui nous avait habitué à la reconstitution des années 1930, de la prohibition, et de la grande époque des Dillinger, Al Capone ou Elliott Ness, a écrit avec Un week-end tuant un excellent roman qui aurait mérité d'obtenir le Prix du Roman d'Aventures 1989.

Mais on peut toujours se demander s'il n'existe pas un fond de vérité dans cette intrigue, et si Max Allan Collins ne désirait pas régler quelques comptes, quelques divergences avec un chroniqueur littéraire.

 

Max Allan COLLINS : Un week-end tuant (Nice Weekend for a Murder - 1986. Traduction de Georgia Etienne). Le Masque jaune N°1966. Parution septembre 1989.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 09:16

Ne scintille plus...

Ivan ZINBERG : Etoile morte.

Décidément, il ne fait pas bon travailler comme femme de service dans les hôtels américains. Quand elles ne sont pas agressées par un individu lubrique, elles découvrent un cadavre !

Seulement celui qui vient d'être repéré n'est pas mort béatement dans son lit, même s'il a participé à une séance de copulation auparavant. L'homme bâillonné est attaché par les membres aux montants du lit, il a été éventré et émasculé d'une soixante de coups de couteau, l'arme enfoncée dans l'anus. Il existe de meilleurs endroits pour ranger ce genre d'ustensile de cuisine.

Sean Madden, de la section homicide du LAPD de Los Angeles, et son coéquipier Carlos Gomez sont chargés de cette affaire peu banale. Tout d'abord il leur faut éplucher les séquences vidéo provenant des environs de l'hôtel ou de l'établissement même. Ils repèrent une femme blonde accompagnant Paul Gamble, le défunt, mais les images sont floues. De plus cette femme prend soin de cacher son visage derrière des lunettes noires grand format, ne se montrant jamais de face.

Les premières constatations dans la chambre du crime ne sont guère positives, rien n'ayant été laissé au hasard par la meurtrière. Seules quelques empreintes sur la moquette permettent de penser qu'un trépied y avait été installé, afin de procéder à un enregistrement des ébats meurtriers.

Ils se renseignent également auprès de l'épouse de Gamble, un riche entrepreneur qui a monté une start-up informatique qui engrange les bénéfices. Auprès de la secrétaire de Gamble, ils apprennent que l'homme était une bête de sexe, qu'il l'avait violée à plusieurs reprises, ainsi que de jeunes stagiaires, les payant ensuite grassement pour qu'elles se taisent. Toutefois, la secrétaire découvre dans le coffre de l'homme d'affaire un CD montrant Gamble en pleine activité, avec elle mais aussi avec une autre jeune femme dans un endroit inconnu. Elle remet l'objet à Sean Madden et son coéquipier, ce n'est pas grand chose, mais les petites informations, révélations mises bout à bout peuvent faire avancer l'enquête.

Toutefois Sean Madden doit déranger car en sortant d'un cinéma il aperçoit une voiture, une femme blonde à l'intérieur et un tuyau qui dépasse comme s'il s'agissait d'un fusil. Le bon réflexe consiste à se coucher sur le trottoir, à l'abri, ce qu'il fait. Il est sain et sauf, mais une jeune asiatique en subit les dommages collatéraux. Elle n'est que blessée, il appelle les secours et va même lui rendre visite à l'hôpital.

 

La veille de la découverte du corps de Gamble, Michael Singer, un reporter-photographe spécialisé dans la traque des vedettes de cinéma. Il possède de très nombreux informateurs qui lui fournissent d'amples renseignements ou l'aident dans ses démarches, des policiers et un informaticien rasta, genre baba-cool adepte de la fumette notamment. Chasseur de scandales il est rémunéré par la presse à sensation, ce qui lui permet de payer ses indics en conséquence.

C'est ainsi qu'il apprend par un policier que Naomie Jenkins, une vedette d'un journal télévisé, a été kidnappée puis violée. Elle a été droguée et s'est réveillée dans un hangar dans une zone industrielle, mais elle ne se souvient de rien. Cette fois il ne s'agit plus pour Mike Singer d'une affaire croustillante mais bien d'un acte répréhensible et il comprend fort bien que les médias n'en aient pas été informés. Il va mettre tout en œuvre pour découvrir qui sont ses ravisseurs violeurs, touché par la grâce et la dignité de la jeune femme. Il en devient même secrètement amoureux.

En remontant la filière grâce à ses contacts, il va se trouver au cœur d'une sombre histoire de films pornographiques.

 

Deux enquêtes qui vont bientôt converger, des hommes étant retrouvés assassinés dans les mêmes conditions que Gamble, et des femmes ayant subi des viols selon les mêmes méthodes endurées par Naomi Jankins.

Un roman qui débute en mode diésel, avec de très nombreuses digressions, explications, mais qui peu à peu s'emballe pour finir en trombe, comme une course contre la montre en côte.

Sean Madden le policier, et Michael Singer le paparazzi, tiennent une place importante, pour ne pas dire prépondérante dans ce récit, aussi bien dans leurs recherches, leur quête, que par leur charisme.

Ivan ZINBERG : Etoile morte.

Sean Madden, est devenu orphelin très jeune, ses parents étant décédés dans un accident de voiture. Mais s'il s'est retrouvé seul, placé en orphelinat, il a eu la chance, si l'on peut dire, de ne pas être démuni, ses parents étant extrêmement riches. Mais il a décidé de travailler, et le métier de policier l'a attiré pour diverses raisons. Il habite la Chemosphère, une construction d'architecte, mais il ne fait pas étalage de sa richesse. Il vit seul, ayant eu une compagne mais celle-ci l'a quitté. Il ne boit pas d'alcool, ne se drogue pas, un homme normal en quelque sorte.

Michael Singer lui aussi est un solitaire, ne vivant que pour son travail de reporter journaliste. Il a su s'entourer d'hommes et de femmes qui sont devenus des complices, mais dans cette affaire il se prend pour un enquêteur, une sorte de détective privé, attiré sentimentalement par Naomi Jenkins et lui vouant une forme de culte.

Les deux enquêtes, totalement différentes au départ, vont converger avec comme point commun Gamble, car les motivations des différents protagonistes se rejoignent, s'aimantent, comme le Bien et le Mal s'attirent justement à cause de leur antagonisme. Deux aiguilles d'une horloge, placée sur un pivot central érectile, qui au départ vont dans des sens opposés, se rejoignent, se superposent puis reprennent leur course dans le temps.

Si les descriptions sont travaillées, sérieuses, minutieuses, détaillées, parfois de façon clinique, minutées, permettant de visiter les différents quartiers et villes qui composent Los Angeles, les traits d'humour et les allusions ne manquent pas. Ainsi Sean Madden est allé voir Bleu Bell, l'adaptation longue de 37.2 le matin, et en sortant du cinéma il distingue une voiture avec la femme blonde à l'intérieur. Ceci ne vous rappelle rien ? Mais si, le roman de Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, adapté plusieurs fois au cinéma !

 

N'hésitez pas a visiter le site des éditions Critic, vous trouverez quelques jolies pépites...

Ivan ZINBERG : Etoile morte. Thriller. Editions Critic. Parution le 5 novembre 2015. 478 pages. 20,00€.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 12:06

Les médicaments génériques sont-ils

des contrefaçons ?

Mathias BERNARDI : Toxic Phnom Penh.

En 2008, le jeune Pram Rainsy, voyou canadien d'origine khmère, en délicatesse avec les autorités de son pays, s'associe avec l'Oncle, criminel réputé, afin de fabriquer de faux médicaments. Les chiffres qu'il avance sont sans contestation, il y a de quoi se faire beaucoup d'argent. Ainsi pour une mise de mille dollars, le profit escompté dans le trafic de fausse monnaie est estimé à vingt mille billets verts, tandis que dans la contrefaçon de médicaments, cela peut s'élever jusqu'à quatre cent cinquante mille dollars. Il suffit juste de choisir de fabriquerr un médicament populaire et le tour est joué.

Quatre ans plus tard, les autorités policières, et plus particulièrement la division IV, service luttant contre la contrefaçon de médicaments, est alertée. Des antidépresseurs seraient à l'origine d'une mortalité inquiétante. Un incident mortifère empoisonnant pour l'Oncle qui avait misé sur ce profit en élaborant dans un laboratoire semi-clandestin des médicaments théoriquement inoffensifs, des placebos ou des produits pouvant être utilisés sans aucun impact négatif.

Le général de la police cambodgienne, You Philong, dirige également cette division IV qui possède en son sein quelques éléments extérieurs. Ainsi Alexis Renouart, bientôt quarante ans, policier français travaillant pour l'ambassade de l'Union européenne au Cambodge, en est le conseiller technique. Il est ami avec Sam Sonn, un policier local. Le sexagénaire Bob Farnhost est lui aussi conseiller technique et est payé par un consortium d'entreprises pharmaceutiques américaines. Pour ne citer que les principaux membres de cette division spéciale.

Tandis que les forces de la division IV essaient de remonter la filière de distribution et celle de fabrication des médicaments mortels, Rainsy le neveu et Vorn Vitch, un collaborateur de longue date du contrefacteur, se disputent la prépondérance au sein de l'organisation dirigée par l'Oncle.

 

Est-ce l'influence asiatique exercée sur l'auteur, qui a vécu durant de longues années au Cambodge, mais cette histoire traîne longueur comme les palabres qui s'échangent lors de négociations, de longues heures de discussions pour arriver parfois à pas grand-chose. En réduisant de moitié la taille de ce roman, cette intrigue aurait gagné en puissance.

Dès le début, le lecteur habitué à dévorer des romans policiers se doute de l'identité de l'Oncle, d'autant qu'il n'est pas indiqué dans la liste des personnages principaux. Donc l'un d'entre eux joue un double-jeu.

Le principal intérêt ne réside donc pas dans la construction et la résolution d'une énigme, mais dans la description d'un pays déchiré entre la présence et l'influence encore importante des Khmers rouges, et entre les rapports des Cambodgiens avec leurs voisins chinois et vietnamiens. La trame policière n'est que le vecteur d'une narration géopolitique et socio-économique concernant un pays en pleine mutation.

Mathias BERNARDI : Toxic Phnom Penh. Le Masque Poche N° 67. Prix du roman d'Aventures. Parution le 3 juin 2015. 480 pages. 7,90€.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 16:17

Et n'oubliez pas de vous essuyer les pieds par la même occasion !

Jérôme ZOLMA : En main propre !

Parfois il vaut mieux tourner sa langue sept fois dans sa bouche (ou dans celle de sa copine) avant de prononcer des phrases qui peuvent faire mal, même si l'on n'a pas l'intention de nuire ou de vexer son interlocuteur.

Clerc de notaire chez Maître Bergeaud, à Avignon, Ilyès Janin-Zenati est surpris et agacé lorsque son patron lui dit :

Ilyès ? Vous êtes Algérien, vous, non ?

Le jeune homme lui répond sur le mode poli, mais cinglant, que non, il est Français mais d'origine algérienne par son père. Ce pourrait être un point final, mais le notaire enfonce le clou :

Oui, j'entends bien. Mais vous êtes quand même un petit peu Algérien.

Tout ça pour savoir si un voyage sur la terre de ses ancêtres plairait à Ilyès et s'il parle arabe. Car Maître Bergeaud veut confier une mission à son jeune clerc, une mission dont il n'aura la teneur que le lendemain, lors de l'ouverture du testament Daniel Genovese.

Le défunt ne lègue à ses deux neveux, les seuls héritiers, que des bricoles, le mas qu'il possédait dans les Alpilles devenant la propriété de Noël Ramon dont le dernier domicile connu se situe à Tizi-Ouzou. Et Ilyès est chargé de contacter ce Noël Ramon, sur place, car il ne possède pas le numéro de téléphone et les policiers locaux ne semblent guère intéressés à aider dans ses démarches un notaire Français.

Genovese, soixante-douze ans, se serait tué en tombant d'une échelle. Son héritier est un ancien camarade de régiment, resté sur place après la fin des hostilités en Algérie.

Ilyès est chargé de famille depuis la mort de son père dix ans auparavant. Son jeune frère Nouredine, bientôt quatorze ans, lui cause bien des soucis. Alors qu'il n'avait que onze ans, son instituteur avait découvert du shit dans son cartable, et depuis Nouredine traficote toujours au grand dam de sa mère et d'Ilyès. Pourtant celui-ci aimerait bien que le frérot s'amende, d'autant qu'il fréquente Céline, une jeune fille bien sous tout rapport, sa Gauloise comme disent les jeunes et moins jeunes de la cité. Le père est hypocondriaque, ça se soigne, et surtout il n'aime pas les Arabes tout en affirmant qu'il n'est pas raciste.

 

Il faut remonter quarante trois ans en arrière, en juillet 1962 exactement, alors que Noël Ramon et Daniel Genovese, complices sur le terrain et dans les mauvais coups, avaient spoliés un riche colon, lui barbotant ses lingots d'or, et lui prenant la vie par la même occasion. Daniel Genovese était rentré en France comme un bon petit soldat tandis que Noël Ramon, sur qui les soupçons policiers s'étaient focalisés, a préféré rester sur place, en changeant son nom.

Depuis, ils correspondaient épisodiquement, Daniel Genovese étant le dépositaire de la part de lingots de son copain.

Mais tout ceci, Ilyès ne le sait pas encore, seulement la mort prématurée de Daniel Genovese le tracasse. Il se rend donc en Algérie sur la terre de ses ancêtres, comme lui a dit son patron de notaire. Ses recherches se révèlent ardues, d'autant que peu après il se trouve flanqué du père de Céline, lequel est trop souvent dans ses jambes et le gêne plus qu'autre chose.

 

La guerre d'Algérie, les événements d'Algérie comme il était de bon ton d'appeler cela à l'époque, a provoqué des plaies qui se cicatrisent difficilement, et de temps en temps, cinquante ans plus tard, elles se réveillent provoquant quelques purulences.

Zolma nous décrit avec pudeur et sans parti pris cette histoire, qui oscille entre 1962 et 2005, sans forcer le trait d'un côté comme de l'autre.

Les événements décrits ne sont guère en faveur ni des uns ni des autres. Les Algériens étaient traités de terroristes alors qu'ils souhaitaient tout simplement recouvrer leur liberté, leur autonomie, parfois dans des circonstances extrêmes et avec des moyens belliqueux, tout comme les Résistants français affrontaient les hordes nazies durant la Seconde Guerre Mondiale, employant des méthodes de tortures ne faisant pas partie de l'arsenal guerrier. Mais certains militaires Français, et surtout leurs chefs ne s'embarrassaient guère de scrupules non plus, usant de méthodes similaires proscrites par la déontologie martiale.

Quant aux colons, implantés en Algérie depuis plusieurs générations, si certains essayaient de vivre en bonne intelligence avec les autochtones, d'autres se conduisaient en véritables esclavagistes ne se rendant pas compte qu'ils étaient à l'origine de ce conflit meurtrier.

Mais le parcours d'Ilyès prend également une grande part dans ce récit, plongé dans une enquête riche en péripéties, colportant avec lui ses propres soucis familiaux et se trouvant en butte aux idées préconçues et aux déductions hâtives, comme le décrit si bien le premier chapitre.

Un Zolma grand cru !

 

Voir également l'avis éclairé de Claude Le Nocher sur Action-Suspense :

Jérôme ZOLMA : En main propre ! Editions Lajouanie. Parution 7 mai 2015. 234 pages. 18,00€.

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 10:45

Bon anniversaire à Eric Legastelois,

né le 9 décembre 1958

Eric LEGASTELOIS : Putain de cargo !

Lucas, le capitaine du Kéops, cargo rouillé qui outre ses activités officielles transporte parfois des matières illicites le long des côtes d’Afrique occidentale, se réveille avec un mal de tête dû à une trop grande absorption de whisky, son péché mignon.

Dans les mains le scalp de Camilla, sa maîtresse de Tenerife. Que fait donc cette chevelure entre ses mains ?

Pas le temps de se poser la question, le commandant Kavadias, un Grec avec qui il partage depuis des années ses aventures maritimes, a besoin de lui. Mais pourquoi le cadavre du bosco, qui pour se faire soigner une maladie dite honteuse devait être chez un toubib et rejoindre le rafiot plus tard, est-il retrouvé dans la chambre abritant l’ancre marine, écrasé comme une galette ?

Le commandant Kavadias est réputé pour son penchant énamouré envers les jeunes filles et même plus jeunes, mais que font les passagères clandestines dans les soutes ?

Autant de questions que le capitaine aura à solutionner entre deux bouteilles de whisky, accessoirement deux lignes de coke, histoire de mieux s’embrumer l’esprit et réfléchir après coup (ce n’est qu’une image, quoique…) et quelques cadavres supplémentaires.

 

Putain de cargo ! (d’accord le titre est un peu racoleur, d’ailleurs mon petit-fils qui sait à peine lire voulait le bouquin uniquement à cause du titre, c’est vous dire !) est une œuvre mi-fiction, mi-autobiographie.

Peut-être est-ce pour cela qu’il accroche autant le lecteur, avec une force d’évocation surprenante, qui par certains côtés rappelle l’ambiance étouffante, poisseuse, des romans de Georges Simenon, ou de ses mémoires, qui ont pour décor les côtes africaines.

Mais outre l’ambiance on retiendra cette forme de déchéance, ce lent plongeon vers l’enfer que seul l’esprit d’une femme aimée pourrait oblitérer. Un roman, puissant même si cette déchéance ne paraît pas toujours crédible, le capitaine d’un cargo possédant des responsabilités qu’il doit assumer, l’esprit clair et dégagé.

Réédition J'Ai Lu septembre 2000. 126 pages.

Réédition J'Ai Lu septembre 2000. 126 pages.

Eric LEGASTELOIS : Putain de cargo. Collection Pique rouge. Editions Atout. Parution mai 1998. 170 pages.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 14:55

Aime et rôde...

Marie WILHELM : La petite musique de mort.

Un inconnu s'est infiltré dans l'appartement dans lequel Jonathan joue seul. L'homme est un ogre qui casse tout, vandalise, déchiquète, à la recherche d'un objet.

Caroline vient de finir son service de nuit dans le bar où elle travaille afin de compléter son salaire. Elle est obligée de laisser son fils seul durant quelques heures.

 

Cinq ans auparavant, Caroline vit à la Martinique, où elle est née, son père dirigeant une grosse entreprise d'import-export de fruits. Elle est heureuse, insouciante, du haut de ses quinze ans de magnifique jeune fille rousse. Elle écoute en boucle un vieux CD de Cabrel, Je l'aime à mourir, que lui a prêté son amie Roseanne et en échange elle lui a confié une boîte à musique, à laquelle elle tient beaucoup.

Ce jour là ses parents organisent une fête, comme souvent, mais son père semble soucieux. Elle part se baigner mais un hurlement de terreur retentit. Elle regagne vite le rivage, aperçoit sa mère dans une flaque de sang, égorgée. Son père l'entraîne rapidement vers la maison mais sur le seuil une main se plaque sur sa bouche, perd connaissance tandis que son père est assommé.

Lorsqu'elle sort de son évanouissement, elle est à côté de son père mort. Nouveau choc vite réprimé par une main qui lui enfile une cagoule sur la tête.

Jim, son kidnappeur et auteur du massacre est à la recherche d'émeraudes, une mission que lui a confiée un nommé Pelletier, un trafiquant. Jim se rend compte qu'il a saboté son travail, n'ayant pu mettre la main sur les pierres précieuses. Le calvaire de Caroline va durer plusieurs semaines au bout desquelles elle parvient à s'échapper. Elle plonge à la mer au large des côtes californiennes et est récupérée par un garde-côtes.

Les policiers n'ébruitent pas ce sauvetage, mais cela relance l'enquête dans la tuerie martiniquaise. Caroline, qui s'appelait Lassalle va devenir Caroline Dumaine. Elle récupère sa boite à musique auprès de Roseanne, seul objet précieux qui lui reste, les biens familiaux ayant été vendus pour rembourser les créanciers de l'entreprise de son père. Une grand-tante vient la chercher et l'emmène chez elle à Limoges, ville d'où était originaire sa mère. Mais Caroline est enceinte des œuvres malfaisantes de Jim. Au début elle n'accepte pas l'idée de porter un enfant du meurtrier de ses parents, mais à la naissance elle est émue par ce petit être fragile.

C'est ainsi que cinq ans après, se produit l'incident narré en début de chronique. L'inspecteur Bellevue, un jeune policier de vingt-deux ans, est chargé de l'enquête par le commissaire Méziane. Caroline et son gamin sont hébergés par Mama, une amie, mais elle n'en a pas fini avec ses ennuis. Voulant récupérer quelques affaires elle tombe sur la cadavre de monsieur Tsao, son voisin, un vieux monsieur affable, victime de Jim qui a retrouvé la piste de Caroline alors qu'il la croyait noyée.

Pendant ce temps, la bonne ville de Limoges est secouée par des affaires de disparitions et de meurtres de jeunes filles rousses. Le commissaire Bertrand Savigny du SRPJ est chargé de résoudre cette énigme, et en plus de ses deux adjoints, il est assisté d'une stagiaire, Nathalie Fontenay, qui va se montrer très précieuse dans la résolution de l'enquête qui rejoint, le lecteur s'en doutait, celle dont est chargé Bellevue.

 

Une histoire narrée avec pudeur, sans trop de détails morbides, suffisamment explicite pour que le lecteur se sente ému, touché, consterné parfois, concerné par cette jeunesse maltraitée. Caroline à vingt ans n'est pas encore vraiment mûre ou l'est trop à cause des avanies subies. Malheureusement elle n'en a pas fini avec son psychopathe qui est tombé amoureux d'elle, du moins de son image, et en même temps ressent un sentiment de vengeance envers celle qui a réussi à le fuir.

Deux enquêtes qui se télescopent, menées par des policiers qui ne se prennent pas pour l'inspecteur Harry. Et qui comportent de très nombreuses péripéties mouvementées, tragiques.

Marc Bellevue débute dans la profession tandis que Savigny est marié et père de famille. Il ne rechigne pas au travail et aimerait passer plus de temps en famille. Son rêve, faire une coupure d'une semaine et aller en Jordanie en compagnie de Béatrice son épouse.

Outre les personnages de policiers, n'oublions pas Nathalie et les autres qui tous jouent un rôle prépondérant, chacun à leur manière et selon leurs possibilités, ce sont bien Caroline d'un côté et Jim de l'autre qui accaparent l'attention. Caroline marquée à vie et dont les réactions surprennent, parfois défavorablement. Jim le psychopathe qui incarne le Mal sans espoir de rédemption.

L'une de mes marottes, je n'y peux rien j'ai une petite calculette greffée dans la tête, est de comparer les dates et de relever les incohérences. Ainsi Marc Bellevue est âgé de vingt-deux ans. C'est écrit en toute lettres. Or page 55, on peut lire : La jeune femme (Caroline) qu'il devait interroger avait quatre ans de moins que lui. Sauf que Caroline au début de l'histoire a quinze ans et que cinq ans se sont passés depuis. Si je calcule bien, cela devrait lui faire vingt ans, donc pas quatre ans de moins que Bellevue. Ce n'est qu'un petit détail.

Un autre détail, géographique celui-là, m'a chiffonné. Le commissaire Méziane, dans le cadre de l'enquête téléphone à ses collègues de Pointe-à-Pitre afin d'obtenir des renseignements sur Caroline. Et il est agacé car les précisions demandées ne lui sont pas fournies assez rapidement. Ce qui est normal, Pointe-à-Pitre se trouvant en Guadeloupe et non en Martinique. C'est comme ça que des enquêtes pataugent.

Marie WILHELM : La petite musique de mort. Sous-titré Traque à Limoges. Collection Zones Noires. Editions Wartberg. Parution 17 septembre 2015. 208 pages. 10,90€.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:22

Bon anniversaire à Jacques Vettier,

né le 8 décembre 1959.

 

Jacques VETTIER : Sous les nuées vertes.

Dans les années 2060 existent encore, et peut-être plus qu’aujourd’hui, les S.R., les Sans Revenus.

Ils quémandent un morceau de viande que leur jettent, comme aux animaux des zoos, les nantis. Pas toujours par bonté d’âme mais en protection car la bidoche peut parfois être contaminée. Ce ne sont que des cobayes.

Sortant d’une boucherie devant laquelle s’agglutinent les S.R., une jeune femme refuse de jeter son obole, arguant qu’elle possède déjà ses propres pauvres.

Un délit que ne manque pas de sanctionner Jess Monroni, un civpol, sorte mutante de milicien. Seulement la contrevenante s’avère être une huile, un juge chargé des délits d’information, sous-entendu, elle fabrique des dossiers avant de les transmettre au Parquet.

Un avatar dont se serait bien passé Jess qui le lendemain est trahi par son chef, lequel l’accuse de frayer avec des marginaux et peut-être même avec Macno.

Mais les relations entre la justice et les forces de l’ordre ne sont pas toujours très claires, Jess va rapidement s’en rendre compte et que les manipulateurs sont souvent manipulés et vice versa.

 

Sous une enveloppe S.F., Jacques Vettier nous propose un univers noir du XXIe siècle, un monde régit par la magouille, asservi aux forces de l’ordre lesquelles sont dominées par une Justice qui n’accepte que les coupables qui lui conviennent, en fabriquant à l’occasion.

Serait-ce une parabole, une parodie de ce que nous vivons aujourd’hui ? Pourquoi pas, il n’y a qu’à lire les journaux et écouter la radio.

Jacques VETTIER : Sous les nuées vertes. Collection Macno N°12. Editions Baleine. Parution avril 1999. 196 pages. 8,00€.

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