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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 09:54

Et preuves à l'appui !

Jean-Luc HOUDU : Ultime épreuve.

L’action se situe à Saumur, au début du XVIIe siècle. Un des ouvriers, ou oeuvriers comme on les appelait à l’époque, de l’imprimeur Maillet est découvert assassiné alors que toutes les issues sont hermétiquement fermées.

Un homme habillé de noir s’est présenté, selon Petit Pierre l’apprenti réfugié dans les combles, et a occis le compagnon. Apeuré, il s’est barricadé et c’est dans un recoin que Pierre Peloup, le lieutenant criminel de la cité chargé de réorganiser la police, va le trouver tout tremblant et incapable de donner le moindre détail. Il a assisté au début de l’entretien, puis au meurtre mais ne sait comment s’est volatilisé le meurtrier. Une enquête compliquée pour le policier, d’autant qu’entre les protestants et les catholiques la tension monte.

Maître Maillet s’est installé depuis deux ans à Saumur, auparavant il exerçait à La Rochelle, et c’est de cette même cité qu’était originaire son employé. Quelqu’un de bien, muni de recommandations élogieuses. Pourtant, selon les éléments découverts près du cadavre, il imprimait en cachette de son patron, des almanachs, sur du mauvais papier, ce qui est contraire à l’éthique de l’époque et des membres de cette profession sise à Saumur. Un mystère qui s’il n’est pas élucidé rapidement risque de faire dégénérer les relations entres les membres des deux communautés religieuses de la ville.

 

La prise de La Rochelle sous le règne de Louis XVIII, à l’instigation de Richelieu et si bien décrite dans Les Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, est en fond de drame de ce récit qui met en scène une petite ville de province en apparence sans préoccupation.

Quoique le départ du gouverneur de la ville, Duplessis-Mornay, renvoyé par le roi lors de son passage à Saumur, n’ait guère fait de vagues, le lieutenant Peloup doit marcher sur des œufs et surtout ne pas soulever de vagues, qui pourraient se transformer en mascaret et mettre la ville à feu et à sang.

C’est dans ce contexte historique que Jean-Luc Houdu nous propose un roman qui, sans être vraiment didactique ou pédagogique, nous imprègne de l’atmosphère de l’époque et nous familiarise avec l’imprimerie, une noble profession qui a bien changé depuis. Les tenants et les aboutissants, les problèmes politiques qui se rattachent à ce meurtre n’ont guère changé. Il suffit de remplacer Catholiques et Protestants par Gauche et Droite, ou inversement, pour retrouver des imbrications actuelles. Le meurtre en chambre close étant le petit plus qui accroche.

Les dialogues posent quelquefois problème de lecture, en ce que l’auteur s’est amusé à reconstituer le parler d’autrefois. Au début c’est amusant, mais pour qui n’est pas habitué à cette démarche cela devient un tantinet lassant à moins que cela se révèle une découverte, l'héritage de Rabelais, de Scarron, de Cyrano de Bergerac, le vrai pas celui de la fiction d'Edmond Rostand, de Madeleine de Scudéry ou encore de Madame de Lafayette et son décrié, par un certain N.S., Princesse de Clèves, et des libertins représentés par Théophile de Viau, Tristan L'Hermitte, liste non exhaustive...

En annexe les curieux pourront étancher leur soif de connaissance avec l’âge d’or de l’Imprimerie et de la Librairie à Saumur, une partie qui ne manque pas d’intérêt et met en valeur ce métier qui à l’origine était une véritable révolution dans l’écrit, beaucoup plus que le passage de la machine à écrire à l’ordinateur.

Première édition : Editions Cheminements. Parution mai 2001.

Première édition : Editions Cheminements. Parution mai 2001.

Jean-Luc HOUDU : Ultime épreuve. Editions Feuillage. Parution 8 juin 2017. 260 pages. 14,00€.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:44

Et demain est un autre jour...

Hervé HUGUEN : A toi demain.

La Cour d'Assises de Rennes vient d'annuler la condamnation d'un homme accusé et jugé coupable par le Tribunal de quimper trois ans auparavant. Le commissaire Nazer Baron, qui avait participé en renfort lors de la première enquête, est sur place et son regard inquisiteur s'attarde sur des membres de la famille de la victime présents ainsi que sur d'autres personnes liées de près ou de loin au drame.

L'avocat a convaincu les jurés, non de l'innocence ou de la culpabilité du prévenu, mais du manque de preuves. Le directeur de la Police Judiciaire de Rennes demande à Nazer Baron de tout reprendre à zéro.

Olivia Morcadet avait été retrouvée morte, assassinée, dans sa chambre, par Martial, son ex-mari, fin août, trois ans auparavant. Immédiatement la Brigade de Recherche de la gendarmerie de Landerneau avait été prévenue, et la légiste avait déterminé la mort par quatre balles dans la région du cœur. Toutefois, la mise en scène, si mise en scène il y avait, était assez bizarre, du moins intrigante, avec la robe retroussée, la culotte déposée auprès des mollets. Mais il n'y avait eu ni viol, ni même pénétration. Le décès remontait à quelques heures.

Après un premier mariage, qui n'avait duré que quelques années à cause d'un mari violent, Olivia s'était remariée avec Martial, une union concrétisée par la naissance de trois filles, Patricia, Julie et Constance. Patricia est mère d'un jeune garçon, tandis que Julie et Constance sont célibataires, mais elles sont encore jeunes. Puis Olivia s'était entichée d'un jeune Turc, de vingt-cinq ans plus jeune qu'elle, lors d'un séjour dans un centre de vacances en Turquie, elle l'avait épousé, mais cela n'avait fonctionné, et un nouveau divorce à la clé. L'homme travaille à Concarneau et ne pouvait être à La Roche-Maurice, lors du meurtre. Du moins, c'est ce qui ressort d'après les comparatifs d'horaire. Le compagnon de Patricia est également dans le viseur des gendarmes. Il est considéré comme un dilettante, un fainéant, malgré son travail d'informaticien indépendant. Seulement il ne roule pas sur l'or, et un coup de pouce financier de la part d'Olivia aurait été le bienvenu.

Malgré ses déboires matrimoniaux, ou peut-être à cause, Olivia s'était inscrite sur un site de rencontre, et là aussi des pistes sont à explorer.

Ce qu'a fait Baron en concordance avec les gendarmes de Landerneau.

Mais l'enquête est à reprendre depuis le début.

 

Les deux premières parties, intitulées Le Meurtre et Le doute, sont consacrées à cette enquête menée par les gendarmes, puis l'apport de Nazer Baron. Des répétitions, des redites forgent la narration, comme si le lecteur, à l'instar des enquêteurs, lisait, relisait les rapports d'enquêtes, de la légiste, s'imprégnait des différents témoignages, analysait les impressions, mettait en avant les tergiversations, comparait les déclarations, essayait de comprendre.

La troisième partie, La Vérité, est consacrée à cette nouvelle enquête, à l'exploration de nouvelles pistes.

Un livre sur les doutes qui imprègnent une enquête dans laquelle toutes les suppositions sont valables, et que rien de probant ne se dégage concernant un coupable potentiel, lorsqu'aucun mobile vient conforter une impression. Un roman mettant en évidence les tâtonnements, parfois nécessaires, afin de ne pas tomber dans les pièges de la facilité et des conclusions hâtives.

 

Hervé HUGUEN : A toi demain. Série Nazer Baron N°11. Editions du Palémon. Parution le 8 avril 2017. 288 pages. 10,00€.

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 05:27

Hommage à Frédéric Dard, décédé le 6 juin 2000.

Frédéric DARD : La Crève.

Attention, un auteur peut en cacher un autre ! Les fidèles du Fleuve Noir le savent très bien, eux qui au départ ont eu du mal à admettre que San Antonio n’était que le reflet d’art ( !) d’un auteur regardant le monde dans un miroir déformant.

Et La Crève, l’un des premiers romans du père heureux et comblé du célèbre commissaire, n’annonçait certes pas la gauloiserie, l’humour débridé, l’ironie douce-amère, le persiflage argotique de celui qui réinventait les relations auteur-lecteur.

Il faut avouer qu’à l’époque où ce livre fut écrit et publié (1946 aux éditions Confluences), il fallait une grosse dose de courage pour mettre en scène des personnages aussi troubles, sans les juger négativement comme toute une populace survoltée et prompte à retourner sa veste a pu le faire, confrontée à une réalité douloureuse.

Dans un huis-clos qu’aurait pu écrire Sartre, quatre personnages, la famille Lhargne ( !) composée du père cantonnier, de la mère à la panse fibromeuse, de la fille éternelle amoureuse, du fils milicien, se trouvent confrontés à un avenir sans issu. La guerre fait rage, la libération avance à grands pas, et ceux qui ont opté pour une France nazie sont coupés de ceux qui se découvrent une fibre patriotique.

Si certains des propos des quatre personnages sont acerbes, vis-à-vis d’eux-mêmes, ils ne remettent pas en cause le noyau familial. A quoi servent les mères lorsqu’elles ne sont plus capables de sauver leurs enfants ? Question fondamentale. Des êtres qui sont perdus, déboussolés, naviguant au gré des vagues, ne comprenant plus ce qui leur arrive, ce qui se passe.

Un changement dont Petit Louis, le milicien, est exclu. Et dire qu’autrefois je faisais partie de la foule pense-t-il, alors qu’Hélène, la fille qui a besoin d’amour, tant physique que moral, souligne : Nous autres avons tant besoin d’un Dieu, et ce sont nos parents qui le possèdent. La mère se fait des reproches : Voilà bien l’erreur des pères, ils battent leurs enfants lorsque ceux-ci sont petits et après ils n’osent plus. Et pourtant c’est quand les enfants sont grands qu’ils peuvent le mieux supporter les coups et qu’ils en ont vraiment besoin.

 

Frédéric Dard ne jette pas l’opprobre, il se contente de décrire, parfois de partager l’humiliation de ceux qui ont fauté, de ceux qui se sont rendus coupables de trahison sans vraiment en être conscient, tout en dénonçant une justice expéditive.

La mémoire est comme un organe douloureux. Certains s’y habituent comme à un mal de dent chronique et familier, d’autres préfèrent un arrachage pur et simple. Ne cherchez pas l’ombre de San Antonio dans ce roman, mais découvrez une œuvre majeure, une œuvre d’art et d’essai transformé.

Première édition : éditions Confluences. 1946.

Première édition : éditions Confluences. 1946.

Réédition Editions Fleuve Noir. Décembre 1989.

Réédition Editions Fleuve Noir. Décembre 1989.

Frédéric DARD : La Crève. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 2010. 160 pages. 6,95€. Existe en version numérique à 7,49€.

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 09:45

Lettre ou ne pas lettre, telle est la question !

Laurent WHALE: Le réseau Mermoz.

Tout excité, Andrew Kerouac, l'archiviste des Rats de poussière, s'introduit dans le bureau de Dick Benton, le responsable du service et demande à ce que le sénateur O'Reilly le contacte immédiatement. Il tient dans les mains une capture d'écran représentant une lettre mise aux enchères sur une plate-forme de vente en ligne.

L'objet est une lettre adressée à Aristide Briand, alors ministre des Affaires étrangères de la IIIe république, aux bons soins du chef de cabinet chilien. Une lettre datant des années 1930 et qui n'a jamais été décachetée, n'est jamais parvenue à son destinataire. Et il ne s'agit pas d'une bafouille égarée par Guillaumet lors de sa traversée des Andes. Mais ce qui interpelle le directeur de la Bibliothèque du Congrès à Washington, et responsable des Rats de poussière, c'est le cachet postal apposé sur la missive. L'emblème national-socialiste du gouvernement allemand d'avant-guerre, emblème devenu tristement célèbre sous le nom de croix gammée.

Seulement Antonia, la spécialiste informaticienne qui parvient toujours à faire parler La Pompe, son puissant ordinateur, et s'infiltre dans tous les systèmes, annonce que l'enchère vient d'être interrompue. Elle a toutefois réussi à percer l'identité de la personne qui avait mis en vente la lettre, une certaine Amandine habitant à Marseille. Lettre qui est fort convoitée, comme vont s'en rendre compte Dick Benton et ses amis. Les premiers à se manifester sont deux membres de la CIA qui lui enjoignent d'enquêter sur ce pli.

Après en avoir été informé, le sénateur républicain O'Reilly, surnommé le Grizzly, convient qu'il faut que Dick Benton se rende sur place, accompagné de Maureen, la punkette aux mèches de cheveux vertes et rouges, imparable pour passer inaperçue, et de Jack, un agent géant qui travaille pour diverses agences et est l'amoureux officiel de Maureen. Direction Marseille à la recherche de la vendeuse.

A Marseille, un jeune rasta, Emmanuel Trouillot dit Mantrou pour les amis, commence à s'affoler. Il est l'auteur de l'enchère, ayant trouvé la fameuse enveloppe dans les affaires de son grand-père, collectionneur de vieux papiers en tous genres qui vient de décéder. Il a décidé de la mettre aux enchères utilisant pour ce faire l'ordinateur de son amie Amandine. Or il n'a plus de nouvelles de Mandie, et il se demande si elle n'aurait pas été enlevée. Car des hommes sont à ses trousses, des Russes.

La virée marseillaise de Benton and Co s'avère être un véritable pastis, car outre les Russes, des personnages guère sympathiques et d'humeur violente, des agents du Mossad, les services secrets israéliens, s'invitent dans la danse, représentés par Sacha, une jeune femme qui vient de perdre son mari dans un attentat. Elle sera secondée par deux hommes qui sont déjà dans la cité phocéenne, des Français au service de son pays, ainsi que par un Arabe. Et comme si cela ne suffisait pas, les énervés de l'Etat Islamique, alias Daech, viennent mettre la pagaille dans ce ballet qui n'est pas trop bien réglé.

 

Le 13 mai 1940 Churchill déclarait : Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur...

Une phrase qu'aurait pu reprendre Dick Benton en s'adressant à ses deux acolytes partis à la recherche de la lettre de l'Aéropostale. Car les épisodes qu'ils vont subir vont s'avérer particulièrement tumultueux. Mais ils ne sont pas les seuls car Mantrou, assisté par une petite frappe, revendeur de drogue, vont eux aussi se trouver sous la vindicte des Russes, mais ils ne s'en laisseront pas conter et la vengeance sera terrible et particulièrement violente. Le roman se clôt dans une véritable débauche apocalyptique qui va laisser un bon nombre de combattants, et d'innocents, sur le flanc. Sur fond d'attentats parisiens car le début de l'année 2015 fut particulièrement propice à cette forme de manifestations explosives.

 

Certains passages violents sont trop explicites, et si comme moi vous n'appréciez guère les scènes de torture, vous pouvez les passer, cela n'entachera en rien votre plaisir de lecture, au contraire.

 

Laurent Whale, comme à son habitude dans cette série des Rats de poussière, nous entraîne dans différentes époques, survolant particulièrement les années 1930 et 1936, puis un épisode de 1944. Et l'on retrouve avec plaisir Antoine de Saint-Exupéry, en pleine gloire littéraire grâce notamment à Courrier Sud, son premier grand succès, alors chef d'escale de l'Aéropostale à Cap Juby au Maroc, dans le protectorat espagnol.

Mais également Jean Mermoz, dit l'Archange, lors de sa traversée de l'Atlantique, en 1930 puis en 1936 lors de son dernier voyage. Ces épisodes s'inscrivent dans l'histoire de l'aéropostale de Didier Daurat, offre des éléments intéressants sur certains points mal définis, et surtout sur le côté litigieux de Mermoz dans son engagement dans les Croix-de-Feu puis lors de la dissolution de cette ligue devenant le Parti social français, parti politique français de la droite conservatrice à tendance nationaliste mais hostile au nazisme et à l'antisémitisme. Je regrette toutefois que ces évocations soient trop resserrées par rapport à l'histoire proprement dite de la missive retrouvée et mise aux enchères qui nous ramène à l'actualité. Cela aurait presque pu être une uchronie.

Pour découvrir les épisodes précédents des Rats de poussière, suivez les liens ci-dessous :

Découvrez le catalogue des éditions Critic :

Laurent WHALE: Le réseau Mermoz. Les rats de poussière 3. Collection Thriller. Editions Critic. Parution le 1er juin 2017. 458 pages. 20,00€.

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 05:33

Sur la route des souvenirs...

François DARNAUDET : Boris, ses motos, les Bardenas et autres déserts....

Ne cherchez pas dans ce texte une intrigue policière, une utopie science-fictionnesque, une évasion fantastique. Non, juste un cri d'amour sous forme de rédemption, un palliatif à la douleur, une façon de retrouver par des images, par des souvenirs, des instants de vie. Et surtout de dompter un sentiment de culpabilité qui ronge, qui gangrène, de modérer un manque, une disparition.

 

Boris, le fils de l'auteur, a voulu tester les lois de la gravité le 30 août 2015, en sautant du haut du viaduc de Collioure. Mais comme Icare il s'est mal réceptionné, laissant un grand vide auprès de ses parents et ses amis.

Ses motos, c'est surtout sa Honda CB 500 rouge, celle avec laquelle il effaçait les cercles de peur de ses pneus. Et afin de ne pas être en infraction avec la code de la route, il portait un casque. Seulement le casque, comme la casquette, cela comprime le cerveau, cela met la pression. A tel point qu'il était atteint de dépression.

Les Bardenas, c'est une région désertique du nord de l'Espagne, au sud de la Navarre. Un désert qui ressemble étrangement aux paysages mythiques de l'Ouest américain comme Monument Valley.

Les autres déserts évoqués dans le titre ? Le désert affectif ressenti après la disparition brutale de Boris. Le désert d'une présence filiale, d'une connivence littéraire également.

 

François Darnaudet raconte avec pudeur ce passage à vide puis le moment où il a enfourché la moto de Boris, retrouvant des sensations de jeunesse, et parcourant de Collioure jusqu'aux Bardenas, en passant par Andernos, effectuant un trajet émotionnel, purificateur, thérapeutique, comme un exutoire physique à une douleur. Autre exutoire, l'écriture, avec laquelle l'auteur peut soulager sa peine, du moins essayer, et qui se concrétise par la parution de ce texte.

Un texte humain qui permet de se retrouver, de surmonter sa douleur, peut-être, mais aussi de communiquer avec ceux qui ont subi ce genre de traumatisme et de faire comprendre à ceux pour qui la vie et le destin se sont montrés indulgents qu'ils risquent eux aussi un jour de connaître la perte non programmée d'un être cher.

Pour découvrir littéraire de Boris Darnaudet, je vous propose quelques liens.

François DARNAUDET : Boris, ses motos, les Bardenas et autres déserts.... Parution le 17 avril 2017. 76 pages. En vente sur Amazone. Version papier (conseillée) : 6,50€. Existe en version numérique.

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 07:00

Bon anniversaire à Sandra Scoppettone née le 1er juin 1936.

Sandra SCOPPETTONE : Tout ce qui est à toi ...

Qui pourrait penser que ce petit bout de bonne femme de 1m57 est détective privé, qui plus est ancienne du FBI !

Lauren Laurano n'en est pas moins féminine et les petites rides qui se dessinent aux coins des yeux l'agacent. Mais une nouvelle affaire l'attend, proposée par Jill, une amie. Lac, qui doit son prénom à des parents baba cool et humoristiques, puisque leur nom de famille était Huron, Lac a été violée par son petit ami.

En réalité il s'agit d'une homme dont elle venait de faire la connaissance par le biais de petites annonces. Lauren doit retrouver la piste du goujat. Seulement Lac se suicide. Enfin c'est ce que son meurtrier aurait voulu faire croire. Il s'agit bel et bien d'un assassinat. Lauren se pose la question primordiale, à savoir : le meurtrier et le violeur ne font-ils qu'une et même personne ?

Et la voilà obligée de se mettre à l'informatique, elle qui a horreur des micro-ordinateurs. Ce qui perturbe quelque peu son ménage avec Kip. Kip, diminutif de Christine. Lauren est lesbienne et comme dans tous les ménages, les anicroches, les tensions, les réconciliations sur l'oreiller existent et peuvent même amener sinon à la résolution des problèmes, au moins sur une piste fiable.

 

Entre Lauren Laurano, l'héroïne, et Sandra Scoppettone, l'auteur, les points de ressemblances sont nombreux. Faut-il s'en étonner ? Un auteur se met plus ou moins en scène, se projette inconsciemment, donnant la part belle à son propre clone de fiction. Il enjolive peut-être mais se dévoile en même temps. Lauren la détective se montre fragile et pugnace à la fois, tributaire dans sa vie privée et tenace dans sa vie professionnelle.

Un personnage attachant, peut-être plus que le Brandstetter de Joseph Hansen, dont l'homosexualité s'affiche certes, mais dont la sensibilité est moins évidente.

Sandra Scoppettone ne manque pas d'humour et même si l'épilogue se révèle un peu longuet et tiré par les cheveux, son roman vaut autant par la qualité de l'intrigue que par l'analyse psychologique - qui n'est pas forcément un plaidoyer - de la société américaine et surtout de l'intolérance envers des communautés dites marginales.

Réédition Pocket 7 septembre 2000.

Réédition Pocket 7 septembre 2000.

 

Sandra Scoppettone s'est fait connaitre sous le nom de Jack Early à la Série Noire :

Sandra SCOPPETTONE : Tout ce qui est à toi ... (Everything You Have Is Mine - 1991. Traduit de l'américain par Christophe Claro). Collection Les Noirs. Editions du Fleuve Noir. Parution 3 octobre 1995. 406 pages.

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 10:57

Bon anniversaire à Serge Brussolo né le 31 mai 1951.

Serge BRUSSOLO : La captive de l’hiver.

Marion, l’ymagière dont les fidèles lecteurs de Serge Brussolo ont pu faire la connaissance dans Pèlerins des ténèbres (Le Masque grand Format) nous revient dans une nouvelle aventure réfrigérante : La captive de l’hiver.

Alors qu’elle sculpte tranquillement ses statues dans une abbaye de la côte normande, les Vikings débarquent à nouveau, semant comme à leur habitude la panique. Mais ce n’est pas après les gens du village qu’ils en ont cette fois même si tueries, pillages et enlèvements sont de rigueur. C’est bien Marion qu’ils sont venus chercher et qu’ils ramènent chez eux à bord de leur drakkar.

Marion est flanquée d’une duègne Svénia, d’origine normande, mais cela fait tellement longtemps qu’elle est à la botte des ravisseurs qu’elle se considère un peu comme des leurs. Elle prodigue Marion de ses conseils et surtout elle l’aide en toutes choses quotidiennes car Marion porte des gants de fer afin de ne pas abîmer ses précieuses mains. Abîmer est un prétexte car les Vikings sont persuadés posséder en elle une sorcière et si elle était amené à les toucher, le feu les dévorerait.

Une périlleuse mission l’attend : remodeler, entretenir des statues de glace représentant les Dieux nordiques. Mais sous cette charge elle pressent une autre fonction qu’elle doit être amenée à résoudre au péril de sa vie.

 

La magie Brussolo fonctionne toujours, même si ce roman n’est ni polar, ni fantastique, ni historique, tout en flirtant avec ces genres.

Livre d’aventure sans grand suspense, on est toutefois happé par la force d’évocation du maître quoi qu’il ait écrit des romans plus prenants, mais bon, on lui pardonnera volontiers d’avoir pour une fois tombé dans la facilité.

Le seul suspense réside en la suite des aventures de Marion, puisque l’épilogue est une fin ouverte.

 

Serge BRUSSOLO : La captive de l’hiver. Collection Moyen Format aux éditions du Masque. Parution 16 mai 2001. 306 pages. 20,00€.

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Published by Oncle Paul - dans Roman d'aventures Hommage
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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 05:35

Ainsi font font font les jolies petites menottes, ou les bienfaits des dictées...

Frank KLARCZYK : Mort point final.

Si votre copine, ou votre femme, vous attache les poignets aux montants du lit avec des menottes, ne croyez pas forcément qu'il s'agit d'une nouvelle figure du kamasoutra...

Paul Catard, lorsqu'il se retrouve enchaîné par sa maîtresse Mélanie Vasseur, lieutenante de police, croit assister à une séance inédite alors que la nuit avait déjà été mouvementée. Les draps s'en souviennent encore. Mais Mélanie s'éclipse, le laissant scotché, les poignets menottés. Après de nombreux efforts il parvient à se libérer du sparadrap collé sur la bouche et à ameuter le voisinage.

Les policiers n'en reviennent pas, et lorsque le capitaine Vigeois, du commissariat d'Antony, recueille le récit du jeune homme c'est pour se demander s'il n'est pas en face d'un affabulateur, d'un mythomane. Pourtant Paul Catard est formel, tout ce qu'il a à déclarer est véridique.

 

Quelques années auparavant Mélanie a vécu une expérience douloureuse alors qu'elle était dans un lycée à Brive.

La journée aurait pu débuter normalement, comme d'habitude, avec les sempiternels accrochages entre élèves, les petites jalousies féminines, les réflexions désagréables dans la cours de récréation, avant de rejoindre les bancs de la classe de Deuxième C.

Leur professeur de français semble abattu, et pour Maryline, ce sont deux heures mortelles qui se profilent. Elle ne pensait pas si bien dire. M. Bernard, dont la vie familiale s'est réduite à sa plus simple expression depuis son divorce et le départ de son garçon lorsque celui-ci a atteint sa majorité, vit seul et n'a pour unique viatique que sa passion pour la langue française et ses livres. D'ailleurs ce matin-là, il entame son cours avec une référence à Marche ou crève de Richard Bachman, alias Stephen King. Mais la dictée qu'il leur propose sera un passage du livre de Dante, et c'est bien l'Enfer qui se profile.

La référence à Marche ou crève n'est pas anodine. Tout de suite les élèves savent qu'il ne s'agit pas d'une partie de plaisir : une faute, un avertissement. Deux fautes, et le, ou la, récidiviste sera abattu au sens littéral du terme. Et pour bien faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'une figure de style, M. Bernard sort de son cartable un revolver muni d'un silencieux.

Deux heures qui vont être longues, pénibles, stressantes, mortelles...

 

En ce matin donc au cours duquel Vigeois auditionne les révélations sur sa lieutenante qui malgré son traumatisme a réussi à intégrer les effectifs de police, une information qui leur parvient tend à confirmer les propos de Paul Caltard. Cela ne fait que trois ou quatre mois qu'il connait Mélanie et il en est amoureux fou. Peut-être est-ce pour cela qu'elle s'est confiée en partie à lui. Mais il n'est plus question de débattre de leurs ébats, car la situation est grave. Pas encore désespérée mais cela ne saurait tarder si Vigeois et ses hommes ne prennent pas le taureau par les cornes. Un attentat est programmé au parc de la Légion d'honneur à Saint-Denis, et la cible serait une personnalité importante, très importante même. L'heure n'est plus à la discussion mais à l'action.

 

En un peu plus de 180 pages, là où il en faut 400 à 500 à Stephen King, Frank Klarczyk parvient à instiller une atmosphère d'angoisse parfois insoutenable, un suspense parfaitement maîtrisé pour une intrigue habilement décrite et écrite. Les passages constituant la demi-journée tragique avec M. Bernard en chef d'orchestre meurtrier, s'insèrent dans les quelques heures entre lesquelles Caltard est découvert nu sur le lit et le dénouement qui laisse au lecteur le soin de se forger lui-même son propre épilogue.

C'est tout le système de l'éducation nationale qui est mise en cause, ou plutôt les décisions, souvent aberrantes, qui sont prises en haut-lieu par des personnes qui n'ont jamais travaillé dans cette institution mais se permettent d'en changer les règles selon leur bon vouloir et surtout afin de laisser un nom avec de nouvelles réformes qui de toutes façons seront probablement abandonnées lors d'un nouveau gouvernement.

Et pendant ce temps ce sont les enseignants, et bien entendu les étudiants, les scolaires en général qui en subissent les conséquences.

Mort point final, d'accord, mais point de temps mort dans ce roman enlevé, prenant, dramatique, et oserais-je écrire, éducatif.

 

Frank KLARCZYK : Mort point final. Collection Plumes noires N°3. Editions Lucien Souny. Parution le 6 mai 2017. 190 pages. 6,50€.

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 09:15

Il faut toujours se méfier des idées préconçues et des conclusions hâtives !

Thomas FECCHIO : Je suis innocent.

Ni céder aux sirènes du passé qui veulent absolument qu'un ancien coupable est obligatoirement un récidiviste.

A six heure du matin pile, les policiers conduits par le capitaine Germain s'introduisent en force dans la chambre de Jean Boyer. Sans explication aucune, l'homme qui vit seul dans une dépendance de ferme, est emmené au commissariat de Reims. Mais si les explications manquent, les coups pleuvent, assenés par le lieutenant Chevron, surnom donné à Martinelli à cause sa propension à ne posséder que des Citroën, et ses deux adjoints, des brutes épaisses au cerveau ramolli.

Boyer est donc accusé du viol et du meurtre d'une jeune femme dont le corps a été découvert enfoui partiellement en forêt sous un tumulus, à quelques kilomètres de l'endroit où il loge. Une mise en scène signée pour les enquêteurs qui n'ont pas mis longtemps à supposer que Boyer est le meurtrier.

En effet, Boyer avait déjà été condamné en 1968 pour un fait similaire, puis au milieu des années 1980 pour viol, non suivi d'homicide sur d'autres jeunes femmes. Il n'est sorti de prison que depuis quelques semaines, et en cette fin d'année 2006, l'obligation de résultat prévaut. Boyer a beau affirmer, jurer, clamer qu'il est innocent, rien n'y fait. Il a tout de même le droit d'avoir un avocat commis d'office. Une jeune avocate, qui débute et n'est pas trop à l'aise. Tout comme le capitaine Germain d'ailleurs dont c'est la première grosse affaire, tandis que Chevron est un vieux de la vieille.

Certains éléments sont troubles et il n'est pas persuadé de la culpabilité de Boyer. D'ailleurs il s'en remet à son ami le juge Forlain, la trentaine comme lui, qui doit instruire l'affaire. Certains faits ou éléments plaident en la faveur de Boyer. D'abord celui-ci possède un alibi, ayant dormi ce soir-là chez une quinquagénaire en mal d'affection habitant à Soissons. Ensuite un sac à main a été retrouvé sur un tas de détritus au fond du jardin. Or cet objet qui est neuf, avec aucune empreinte dessus, n'était pas présent lorsque Germain avait visité les lieux. Toutefois au bénéfice du doute Boyer est relâché sous conditions.

Boyer comprend qu'il doit se défendre pour prouver son innocence, mais les obstacles nombreux se dressent devant lui. Car tout est fait pour l'accabler, mais qui peut lui en vouloir ? Le père de la dernière victime qui s'introduit chez lui nuitamment ? Un père manipulé par un individu qui se réclame de la police par téléphone. Et le juge Forlain qui passe la main à une confrère, question d'antériorité parait-il car justement les parents inquiets avaient déposé une main courante, n'ayant pas de nouvelles de leur fille.

Quant au capitaine Germain, il est obligé de composer avec son passé. Une mère à qui il rend visite régulièrement ce dont il se passerait bien et un père, notaire, assassiné alors qu'il était encore jeune. Enfin, un assassinat qu'il n'a découvert que beaucoup plus tard, croyant que son géniteur était décédé d'un accident de la route.

Dans sa quête de la vérité, Boyer va se montrer peu fiable, effectuant quelques dérapages qui ne plaident pas en sa faveur. Toutefois le capitaine Germain se demande s'il n'est pas lui aussi le jouet d'un manipulateur. Seulement par qui et pourquoi, telles sont les deux questions qui commencent à le tarauder.

 

Le dénouement est digne des romans américains formatés avec multiples renversements de situations, fournissant au lecteur un sentiment d'oppression.

Mais pour l'auteur, ce qui prédomine, c'est bien la pression dont sont accablés juges, souvent orientés, et enquêteurs. Placer cette intrigue fin 2006 pour se poursuive début 2007 n'est pas innocent. Pour autant certains policiers se montrent obtus, la présomption d'innocence s'effaçant devant leur persuasion de la culpabilité d'un prévenu qui porte derrière lui un lourd passé.

La nature des délits ou l'importance des affaires n'entraient plus en ligne de compte du moment que les chiffres évoluaient dans le bon sens. Mais lorsqu'un crime particulièrement horrible avait un retentissement médiatique, le ministre harcelait soudain les enquêteurs pour exiger des résultats rapides.

Il est vrai que ce ministre ne pense pas uniquement au résultat dans un sens de justice. Les journaux sont à l'affût, certains plus complaisants que d'autres qui eux essaient d'analyser sereinement les faits et les déclarations, et il lui faut se concilier les bonnes grâces des médias et surtout des potentiels électeurs pour montrer qu'il maîtrise la situation.

Il [le ministre de l'Intérieur] déroulait un plan sécuritaire qui serait un tremplin électoral formidable pour la présidentielle de 2007. Ses principaux leviers : plus de pouvoirs aux policiers et des peines planchers pour éviter tout laxisme de la part des juges, surtout avec les récidivistes.

 

Ce roman pose également une question primordiale et pernicieuse. Doit on croire un individu ayant déjà été condamné pour viol et pour meurtre, qu'il a avoués, et qui déclame son innocence dans une nouvelle affaire ? Ne s'agit-il pas alors de la poudre aux yeux de la part de policiers désirant régler au plus vite une affaire, même si les doutes subsistent. D'autant que certains personnages peuvent se montrer manipulateurs dans l'ombre.

Thomas FECCHIO : Je suis innocent. Collection Polar en Nord N°221. Grand format. Editions Ravet-Anceau. Parution le 2 février 2017. 304 pages. 14,00 €.

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 10:02

Un des nombreux pseudonymes de

Max-André Dazergues, le mentor de Frédéric Dard.

André MADANDRE : Robinson des neiges.

Dans un estaminet de Sainte-Isoline, petit village de deux cents âmes situé dans le Grand-Nord, aux frontières du Canada français, trois hommes assis autour d'une table discutent de la légende du Caribou-fantôme ou Renne aux cornes d'or.

Abrosiak, un Indien Athabasca, affirme avoir aperçu ce fameux caribou du côté du Lac Gris. L'animal se tenait immobile dans un bouquet. Ses deux interlocuteurs sont soit sceptique comme Pascal Balle-Sûre, un vieux trappeur qui n'a pas usurpé son surnom, soit subjugué comme Christian Ledriquet alias Kiki-Castor, un adolescent de seize ans qui s'est fait un renom comme chasseur de castors.

Dans leur fougue, les trois compères élèvent la voix, et cette histoire de renne aux cornes d'or intéresse l'un des consommateurs accoudé au bar. Il s'agit de Jerville-le-Borgne, un trappeur à la réputation douteuse qui tire son sobriquet d'un œil de verre. Il ne compte que peu d'amis, et bon nombre des villageois se méfient de lui. Certains redoutent même ce fieffé aventurier.

Kiki-Castor est tenté de se rendre sur les abords du Lac Gris et si Pascal Balle-Sûre se défile, Abrosiak accepte de l'accompagner. Et les voilà partis tous les deux le lendemain en traîneau. Alors qu'ils arrivent près d'un cairn, une baraque construite en pleine forêt à l'intention des trappeurs et chasseurs, ils distinguent des chiens errant, un traîneau renversé et un homme attaché. Il ne s'agit ni plus ni moins que Jerville-le-Borgne qui affirme avoir été agressé par des Inuits.

Ils se réfugient dans le cairn, et pensent y passer la nuit mais Abrosiak, qui avait pris la garde, distingue la silhouette du caribou aux cornes d'or. Branle-bas de combat, Abrosiak s'éloigne tandis que des Inuits, jusqu'alors tapis dans la neige, se dressent et s'emparent de Kiki-Castor.

Il s'agit d'un piège fomenté par Jerville-le-Borgne et la petite troupe s'enfonce dans les bois jusqu'au Lac Gris à bord des traîneaux.

S'ensuit une histoire au cours de laquelle Kiki-Castor va sauver la vie à l'un des Inuits, Koldak, des boues dansantes, c'est-à-dire des sables mouvants qui stagnent près d'une construction en bois, en plein milieu du lac. Une construction qui serait due aux castors mais qui en réalité a été édifiée par des mains humaines. Kiki-Castor est prisonnier de ce fourbe de Jerville-le-Borgne mais un bienfait n'est jamais perdu et il pourra, alors que sa vie est en danger, compter sur des renforts inattendus.

 

Ce court roman, qui s'adresse aux lecteurs de tous les âges, nous offre un nouveau voyage grâce au guide qu'était Max-André Dazergues, après un roman signé du pseudonyme d'André Star en Polynésie (voir lien ci-dessous). Exotisme en tous genres, actions et découvertes, manipulations, magouilles, jalousies et traitrises, tous les ingrédients du roman d'aventures se retrouvent sous forme condensée dans ce texte.

Les descriptions de paysages et la psychologie des personnages sont tout juste évoquées, seule l'histoire mystérieuse de ce caribou aux cornes d'or étant le seul ressort de cette intrigue dont le lecteur pressent dès le début que cela se terminera bien. La morale est sauve, les personnages se montrent magnanimes, mais le principal réside dans un bon moment de lecture, une évasion à bon compte comme nous le proposaient Max-André Dazergues et ses confrères dans ces petits fascicules dont le seul but était d'intéresser leurs lecteurs et à les inviter à découvrir d'autres aventures palpitantes tout au long des semaines. De petits romans qui se lisaient d'une traite, dans le métro ou les trains de banlieue qui emmenaient les ouvriers sur leur de travail, et retour.

 

André MADANDRE : Robinson des neiges. Collection le Risque tout. Editions S.A.E.T.L.. Parution décembre 1945. 20 pages.

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