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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 14:57

Ne colle pas aux dents ?

Max OBIONE : Caramel dur.

Dialogue de sourds et de muets dans un établissement hospitalier.

Pas tout à fait vrai, deux voix intérieures qui se catapultent entre un homme allongé sur un lit d'hôpital et une technicienne de surface un peu malhabile qui passe la wassingue et nettoie la chambre.

Des pensées qui se télescopent. La femme parle un peu, pose des questions, même si elle sait que le patient branché de partout ne peut pas répondre. Des clignements d'yeux, peut-être, mais entend-il ?

Oui, apparemment, il cligne de l'œil lorsqu'elle lui demande si c'est un accident de moto.

Elle part mais promet de revenir. Promesse tenue, puisqu'elle arrive et se huche sur un petit escabeau. Elle a de l'humour la gamine, qui a quand même une quarantaine d'années, à vue de nez. Elle le morigène en souriant, lui disant qu'il peut regarder, ses mollets ou plus sait-on jamais, mais qu'il n'a pas le droit de toucher. Elle se moque de lui innocemment alors qu'il ne peut même pas bouger.

Elle est gentille, un peu naïve. Niaise ou perverse. Elle lui offre un caramel, lui qui est trachéotomisé. Elle déplie l'emballage, suce un peu la friandise pour qu'elle glisse mieux et hop, elle lui demande de tirer la langue et il sent le goût du sucré. Point trop n'en faut, il aura le reste le lendemain...

 

Le phantasme de l'infirmière est supplanté par celui de la femme de ménage, pas vraiment belle, mais souriante, et entreprenante. Elle s'est entichée de ce malade, de cet accidenté de la route, c'est vraiment sympathique de sa part. Mais pour quelle raison ?

La morale de cette histoire concoctée par Max Obione : méfiez-vous toutefois des femmes qui veulent vous faire du bien dans un hôpital. On ne connaît jamais leurs intentions, surtout lorsque l'on ne peut pas s'exprimer sauf par les yeux

Un conte moderne habilement écrit par Max Obione qui nous réserve une bien belle surprise finale, même si l'on s'y attend un peu alors que le récit avance tranquillement.

Max OBIONE : Caramel dur. Collection Noire Sœur. Editions SKA. Nouvelle numérique. 1,49€.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:32

Sont dans le prolongement des chemins

de la journée ?

Gilles VIDAL : Les sentiers de la nuit.

A la tête depuis quatre ans d'une start-up florissante à Santa Barbara, Harry Pitman a décidé de la revendre et de s'occuper de ses affaires de famille.

Car ce qu'il spéculait, ce que sa mère sur son lit de mort lui avait confié, il vient d'en avoir la confirmation par courrier. Les résultats de l'analyse d'ADN sont catégoriques et irréfutables. Son père n'est pas son père !

Un vieil ami de la famille, Steve Curwood, auquel il se confie, affirme que Doris, la mère d'Harry, ne lui avait jamais parlé d'une incartade quelconque. Pourtant il se doutait de quelque chose, tout comme Harry d'ailleurs, le père se montrant froid et distant à l'encontre de son rejeton présumé.

Harry décide de retrouver son géniteur, s'il vit encore, tout au moins sa trace et son identité. Il rend visite à sa tante qui vit à Miami, de l'autre côté du continent, et celle-ci lui confirme que sa mère s'était confiée à elle. C'était lors d'un séjour à Paris alors qu'elle était déjà fiancée avec Pitman senior. Un amour impossible, bref mais fructueux.

Andrzej, son véritable géniteur, était un Polonais réfugié en France. De Paris il s'était rendu dans un petit village de l'est de la France pour y travailler. Et c'est ainsi que Doris, enceinte de ses œuvres, avait appris par un de ses camarades qu'Andrzej était mort, assassiné. Alors Harry Pitman qui ne compte pas son temps et son argent décide de s'envoler pour la Ville Lumière, muni de l'adresse de la logeuse de sa mère à Paris.

Un voyage qui débute sous de mauvais auspices, car lors de sa dernière nuit à Miami, il est agressé dans sa chambre d'hôtel. Un bristol a été laissé à son attention : Laisse tomber et tais-toi. Une menace que lui confirme une jeune femme sans vouloir lui en dire plus. Après avoir acheté quelques livres de Français afin de se remettre à la page, il téléphone au domicile de la logeuse, et apprend que la vieille dame est en maison de retraite médicalisée. Elle est sujette au mutisme mais possède parfois des éclairs de lucidité. Une photo de Doris pourrait peut-être l'aider à retrouver la mémoire.

A bord de l'avion qui l'emmène, Harry fait connaissance de Quentin, un Français venu rendre visite à son frère et qui rentre au pays natal. Quentin est webmaster pour un journal en ligne. Les deux hommes sympathisent. Harry, ses démarches effectuées avec succès à Paris, part pour la Pologne à la recherche d'Andrzej et grâce à Quentin, il peut se déplacer dans ce pays de l'Est et effectuer des démarches importantes, pour lui, avec l'aide de Kinga, une journaliste locale. Mais apparemment son entreprise de recherches ne plaît pas à tout le monde. Les embuscades ne manquent pas. Les risques de perdre la vie non plus. Mais qui lui en veut et pourquoi ? Ses recherches sur son père contrarieraient-elle un secret d'état ? Ou est-ce autre chose ?

 

Mais il est temps pour nous de nous rendre à Solieu, petite sous-préfecture des Vosges.

Agathe est trop altruiste, et elle recueille souvent chez elle des éclopés de la vie. Ceux-ci la plupart du temps n'ont aucun respect pour son geste généreux, et sabotent allègrement son réfrigérateur, sa cave, sa maison. Et le mari d'Agathe en a marre et il le dit fermement en claquant la porte et en allant voir ailleurs si l'empathie envers de tierces personnes est une maladie contagieuse.

Alors Agathe décide de se faire réconforter chez une amie et quitte son domicile pour la soirée. Plus longtemps qu'elle le pensait car un chauffard la percute. Paul Massat, inspecteur, pardon lieutenant de police, en colère contre son ex-femme pour des raisons familiales et de garde d'enfant, raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas, Paul Massat donc, ne l'ayant pas aperçue traversant en dehors du passage piéton, l'a carambolée. Pas trop de bobos, mais on ne sait jamais, direction l'hôpital pour quelques examens. Elle se présente, car même amochée légèrement, elle connait les règles du savoir-vivre : Agathe Boisrond, elle a décidé de reprendre son nom de jeune fille.

Paul Massat travaillait auparavant à la brigade des Stups, ailleurs, en banlieue, et une scène de crime, pour lui, c'est une nouveauté. D'autant que le mort auquel il est confronté ne semble pas dans son élément naturel. Il a été retrouvé dans une bicoque hantée par des sans-abris, des revendeurs de drogue, des marginaux, alors qu'il est propre sur lui. Et d'après le médecin légiste, l'homme est décédé de mort naturelle. D'un arrêt du cœur, comme tout le monde, mais sans blessures létales. Seuls objets encore présents dans sa poche, un trousseau de clefs. Avec ça, Massat pense qu'il ne va pas aller loin.

Grâce à l'autopsie et aux implants dentaires, l'identité du défunt peut être enfin connue. Il s'agit d'un nommé Boisrond. La veuve est effondrée. Son mari, gros banquier, avait l'habitude de rentrer tard, les clients à rencontrer, la routine quoi. Seulement d'autres affaires se greffent sur la mort de Boisrond. Tiens, au fait, comme Agathe... Sa fille. Donc d'autres affaires se greffent sur la mort de Boisrond. Des disparitions inexpliquées, dont l'envol d'un perroquet, des disparitions de jeunes filles surtout, et des maîtres-chanteurs dont la partition semble réglée au millimètre. Tout cela fait beaucoup pour Massat qui peu à peu va reconstituer l'écheveau dénoué.

 

Mais quel est le lien entre le Polonais, père d'Harry Pitman, et la mort de Boisrond. Un lien ténu, un lieu, des vieilles affaires qui se sont déroulées trente ans auparavant.

Lorsque le roman débute, nous voyons un homme qui sort d'un étourdissement, ne se souvenant de rien, allongé près d'un cadavre et d'un couteau. Il est devenu amnésique. Et ce thème de l'amnésie a été traité maintes et maintes fois en littérature policière, de John Franklin Bardin à William Irish, en passant par James Hadley Chase, Mildred Davis, Day Keene, Michel Quint, Don Tracy, Howard Fast... Mais Gilles Vidal le conduit à sa manière, sobrement, puisqu'il s'agit d'un prologue qui prend sa source en 1984, et que cela n'influe pas sur le déroulement du récit, ou si peu. Tout réside dans le final.

 

Parmi tous les personnages qui défilent dans ce roman, l'un d'eux attire l'attention. Le père de Paul Massat. Jules Massat, auteur réputé de romans de science-fiction, en panne d'écriture pour l'heure, non pas à cause de son ordinateur ou d'un manque de ruban encreur pour une machine à écrire obsolète, mais par la faute d'une inspiration défaillante. Et il possède un secret qui le taraude.

 

Gilles Vidal mène de front ces deux histoires, ces deux enquêtes, avec un art consommé de l'intrigue, semblant aller de gauche à droite (pas de politique !), maîtrisant ses effets, en avançant doucement mais sûrement dans les dédales du récit concocté efficacement, sans en avoir l'air.

Une invitation au voyage, de la Californie en Floride, de Paris en Pologne, pour se terminer dans une petite ville de province, mais dans le temps également, car comme souvent, toute histoire prend racine dans des événements qui se sont déroulés hier, ou avant-hier.

Gilles Vidal construit ce roman sans effets de manches, mais en homme sachant que tout réside dans la simplicité, l'humanisme, la rigueur, même s'il semble se disperser.

 

Gilles VIDAL : Les sentiers de la nuit. Collection Jasmin noir. Editions du Jasmin. Parution 11 février 2016. 272 pages. 20,00€.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 14:42

Mais d'aventure en aventure

De train en train, de port en port...

Thierry PONCET : Le secret des Monts Rouges.

Mais qu'ont-ils tous à vouloir se rendre aux Monts-Rouges ?

C'est bien ce que se demande Haig, l'aventurier qui remonte le Mékong puis la rivière Long-Stung à bord de sa péniche, La Marie-Barjo.

Il transporte une cargaison diverse mais pas avariée, qui va de la ferraille et du matériel, aux médicaments, en passant par les canettes de soda, les caisses de bière, des palettes de bidons d'huile d'arachide, du riz, en tout soixante tonnes de marchandises, de quoi ravitailler les communautés, les villages et la douzaine de compagnies forestières disséminés comme autant de points de suspension sur les berges.

il est assisté dans ses voyages et ses périples par Kim, un gamin d'une vingtaine d'années, Cambodgien d'origine et orphelin, adopté par une famille de bourgeois français, écologiste pur et dur. Une posture qui l'a amené à connaître bon nombre de déboire et d'ennuis auprès des compagnies forestières. Kim s'occupe de l'intendance et de la comptabilité.

Bozo, une vingtaine d'années, a fui les HLM sinistres et banlieusards d'une cité française et a commencé à voyager dans sa tête à l'âge de onze ans, sa première piqûre d'héroïne. Il écoute à fonds les écouteurs un CD de Tom Waits. Un punk qui sait que la vie va bientôt le lâcher, atteint du sida. Mais en ce qui concerne la mécanique, c'est un champion, presque. De toute façon, il ne manque pas de joints.

Et puis il y a Bang, le géant, qui pallie les défaillances du démarreur avec sa manivelle. Entre autres missions.

Donc, la veille du départ programmé vers les hauts plateaux, un individu se présente sur les quais de Phnom-Penh et demande à Haig de l'embarquer afin de l'emmener, il a de quoi payer affirme-t-il. Malgré toute la verroterie et l'or qu'il porte autour de ses doigts, malgré l'argent qu'il promet de donner, Haig ne veut pas l'accepter à bord. Question de principe. Et ce n'est pas parce que l'homme est Espagnol, du moins c'est ce que Haig en déduit d'après ses propos, qu'il va accéder à ses implorations. Circulez, il n'y a rien à voir.

Le lendemain, c'est tout vu. L'homme est retrouvé dépouillé de ses bijoux, la gorge tranchée. Avec l'aide de dockers, Haig le fait transporter au loin, afin de ne pas être embêté par la maréchaussée locale. Puis c'est le départ pour une nouvelle tournée des popotes.

Première escale, le petit port de Sato-Do, un village de maisons sur pilotis. Pour le docteur Chour, c'est Noël avant l'heure. Des boîtes de médicaments qui s'avèrent précieuses, des garrots, tout ce qu'il faut pour soigner les nombreux malades. Puis visite à Chœng Sam, un vieux photographe tout cabossé qui s'empresse de montrer les nombreux clichés qu'il a réalisé depuis leur dernière visite. Toujours les mêmes endroits, les mêmes photos, depuis qu'il a subi des tortures par des Khmers rouges et des Viets. Mais figure sur l'un des clichés un personnage inquiétant, d'ailleurs Chœng Sam a peur.

C'est alors qu'il se prélasse sur le pont que Haig est abordé par une jeune femme. Elle aussi veut embarquer et se rendre jusqu'aux Monts Rouges. Marisol veut retrouver son père soi-disant parti là-bas, peut-être mort à présent, à la recherche d'une mine d'argent. Elle possède des arguments solides et sait infléchir la décision de Haig de ne prendre aucun voyageur. Et c'est comme ça qu'il se trouve en compagnie d'une passagère et le début des ennuis qui se profilent à l'horizon.

Des hommes semblent les précéder dans leur déplacement, n'hésitant pas à tuer. Mais quel est leur but ? Celui de Marisol qui n'est pas une femme fragile comme elle sera à même de le démontrer ? Et Haig n'aurait-il pas une idée derrière la tête ? Le voyage sera long et surtout grouillant d'embûches de toutes sortes.

 

Dans une ambiance très exotique, lourde, poisseuse, humide, un voyage périlleux imaginé, ou transposé, et concocté par Thierry Poncet. L'histoire se déroule après la reddition des Khmers Rouges à la fin des années 1990. Le gouvernement a changé de camp, d'idéologie, les anciens Khmers Rouges se livrent au brigandage.

Parfaite illustration du roman d'aventures, un genre délaissé alors qu'il a connu ses heures de gloire ne serait-ce qu'avec Robert Gaillard, Joseph Kessel, Henri de Monfreid, Cizia Zyké, dont Thierry Poncet fut l'ami et la plume, et quelques autres aventuriers et journalistes, Le secret des Monts Rouges nous entraîne dans une pérégrination fluviale et sylvestre dans un pays encore déchiré par les guerres intestines. L'attrait de l'or et des pierres précieuses attirera toujours les flibustiers quelque soit l'endroit de la planète, du moment qu'l y a quelque chose à gratter, imaginaire ou non.

Ce roman est également un clin d'œil à Jean Hougron, du moins à mon avis, qui a vécu cinq ans environ dans la péninsule indochinoise, Laos, Cambodge, Thaïlande, exerçant de nombreux métiers dont chauffeur de camion, planteur de tabac, ramasseur de Benjoin et de corne molle de cerf, travailla au consulat des Etats-Unis et à Radio-France-Asie et en ramena des milliers de pages de notes qui lui furent précieuses pour écrire ses nombreux romans dont le cycle romanesque de La Nuit indochinoise dont font partie Tu récolteras la tempête, Rage blanche et bien d'autres succès.

Alors à quand une nouvelle aventure de Haig qui se déguste comme un bon vieux whisky ?

 

Thierry PONCET : Le secret des Monts Rouges. Une aventure de Haig. Editions Taurnada. Parution le 18 janvier 2016. 216 pages. 9,99€. Version Numérique : 4,99€.

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 08:10
A Bon-Encontre, on fait de bonnes rencontres !

La preuve : tout est dit dans les deux dépliants ci-dessous, tout ce que je pourrais ajouter serait superfétatoire.

Juste que c'est une invitation au dépaysement dans le Lot-et-Garonne, un week-end en amoureux... du polar.

A Bon-Encontre, on fait de bonnes rencontres !
A Bon-Encontre, on fait de bonnes rencontres !

Et si vous n'arrivez pas à lire les dépliants après avoir cliqué dessus, vous pouvez vous rendre sur le site. C'est gratuit.

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Published by Oncle Paul - dans Infos
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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 14:33

Bellami, une référence à Maupassant ?

Malicia JOY : Casanova. Les aventures de Bellami. Episode 1.

Un jour d'entrainement de rugby. Toutes les mères sont là à surveiller et apprécier le jeu de leur progéniture qui se défoulent sur la pelouse.

Seul, un homme détonne et détone parmi cette gent féminine et les langues vont bon train.

Il est vrai que leurs maris respectifs sont si occupés par leur travail, si débordés, qu'ils ne peuvent se déplacer voir évoluer leurs loupiots rugbymen en herbe.

Elles se sentent délaissées et l'une d'elles, Marie-Chantal, se plaint de la fraîcheur. Pas de café en vue pour se réchauffer autour d'une tasse de thé. Qu'importe, elle invite Bellami à la rejoindre dans sa voiture afin d'échapper à la bise. Les gamins vont bien se débrouiller sans elle. Quant aux autres mères, elles sentent une pointe de jalousie les attiser.

Installé confortablement dans la berline, Bellami voit avec stupeur une boule de poils sauter sur les genoux de sa propriétaire. Un yorkshire nommé Casanova.

Non pas à cause d'une supposée origine italienne, précise aussitôt Marie-Chantal, mais de son côté libertin.

 

Classée trois Q, sur une échelle de trois, cette courte nouvelle n'est conseillée qu'aux adultes consentants, et aux amis des animaux.

Quant à vous, messieurs, vous êtes peut-être en droit de vous demander ce que font vos femmes les mercredis après-midi, lors des entraînements de foot, de rugby ou autre sport gratifiant pour les petits muscles de vos enfants, tandis que vous lutinez activement votre secrétaire ou votre collègue de travail.

Malicia, joli prénom plein de malice, pour une histoire elle aussi malicieuse qui met en joie. Mais est-ce vraiment une femme qui narre cette histoire ? Ceci ne nous regarde pas !

 

Malicia JOY : Casanova. Les aventures de Bellami. Episode 1. Nouvelle numérique Collection Cullissime. Editions SKA.. Parution février 2016. 1,49€.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 09:09

Ce n'est pas parce que je ne suis pas un numérique pratiquant, que je dois passer sous silence des rééditions intéressantes. Dont acte.

Patrick ERIS : Le Chemin d’ombres.

Un coin de verdure dans la campagne anglaise, un manoir d’architecture victorienne, tel est l’endroit rêvé pour accueillir en toute sérénité des congressistes. Loin du tumulte londonien consécutif aux prises de décisions gouvernementales, des restrictions budgétaires imposées par l’ère Tatchero-Blairienne, le climat social est tendu. La sécurité dite sociale est menacée : des fonctionnaires en moins c’est des voix en plus !

Pourtant Marion Darras a préféré exercé son sacerdoce de psychologue dans un immeuble du Welfare, l’aide sociale, plutôt que de s’installer en praticien libre. Elle reçoit une convocation l’invitant à participer à une tentative de thérapie nouvelle sur trois volontaires, des patients qu’elle a déjà eu l’occasion de soigner lors de ses jours de garde à la clinique. Elle retrouve quelques confrères dont David Holder avec lequel elle a vécu des relations charnelles six ans auparavant. Puis ils se sont quittés, en affirmant comme d’habitude qu’ils vont se téléphoner, prendre de leurs nouvelles, le genre de promesses pieuses non suivies d’effet. Elle connait de vue les autres participants mais ce qui la dérange le plus c’est l’expérience tentée sur les patients.

Les trois cobayes, s’ils sont différents physiquement, possède un point commun en dehors d’être soigné pour des raisons mentales. Sandy est grande, mince, filiforme, et sans être belle possède un charme troublant. Marion l’avait surnommée Ophélie en référence au personnage de Shakespeare. Sandy vit dans un monde gothique, entretenu par ses lectures, principalement Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Brian est obèse et quoiqu’il fasse, il ne perd pas un gramme. Une boulimie encouragée et entretenue par sa grand-mère durant son enfance. Kenneth, qui s’était adonné à la drogue, est en période de rémission, mais il est agressif et solitaire. Tous trois ont perdu un ou plusieurs être chers dans des circonstances douloureuses, des événements tragiques qui les ont marqués à vie, créant des fractures mentales.

L’expérience envisagée est de prouver qu’il est possible de pouvoir connecter les rêves de trois personnes en même temps. Il n’est donc pas question de lire les rêves mais de comparer les trois graphiques afin de vérifier s’il y a conjonction. Pour cela les trois patients vont ingurgiter une mixture avant de s’endormir. Ils seront reliés à un écran d’ordinateur par trois encéphalogrammes, des plots étant apposés sur leurs têtes. Mais toute expérimentation nouvelle est par essence sujette à des résultats inconnus et l’on ne peut préjuger des acquis positifs, ou négatifs de ces essais. Or comme dans bien d’autres domaines de la recherche scientifique, cette expérience attise les convoitises des instances militaires, qui peuvent éventuellement adapter les résultats obtenus à des fins belligérantes. Alfred Nobel, en son temps, n’avait pas imaginé que l’invention de la dynamite aurait des répercussions moins pacifiques que celles auxquelles son produit avait été conçu : réduire la pénibilité des mineurs par exemple.

Le roman est axé autour du personnage de Marion, et c’est en sa compagnie que le lecteur suit l’intrigue, sauf lorsque Patrick Eris nous entraine dans l’inconscient, les rêveries ou les cauchemars des trois cobayes.

Mais c’est aussi l’occasion de pointer du doigt la déficience du gouvernement anglais en matière de protection sociale. Londres, la capitale, puis d’autres grandes villes du Royaume-Uni sont en proie à des mouvements sociaux, des émeutes de plus en plus virulentes et violentes. La finance aura toujours le dernier mot, et le service public sera de plus en plus bafoué. Le côté fantastique réside dans le résultat des connections mentales des trois patients, mais sur ce point je n’en dis pas plus, ne voulant pas déflorer l’intrigue. Toutefois on peut supposer d’un jour, les progrès de la science sont tellement rapides et inimaginables sauf pour les scientifiques et pour les romanciers, que ce qui est décrit pourrait en partie se réaliser.

Ce roman a fait l’objet d’une première publication en janvier 1989 sous le titre éponyme dans la collection Anticipation du Fleuve Noir et signé Samuel Dharma. C’était dans une version abrogée et Patrick Eris, qui entre temps a pris ce nouveau pseudonyme, a entièrement revu sa copie, réécrivant son texte, l’enrichissant de nombreux détails et surtout en proposant un début et un fin différentes. A l’époque il n’avait que vingt-trois ans, avec déjà à son actif quatre ou cinq ouvrages publiés, mais la fougue de la jeunesse s’est estompée pour offrir un travail plus rigoureux.

Patrick ERIS : Le Chemin d’ombres. Mythologica. Parution juillet 2015. Version numérique : 2,99€.

Première Edition : Lokomodo. N° 32. Parution Janvier 2013. 256 pages. 6,50€.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 14:36

Dallas, ton univers impitoyable...

Muriel MOURGUE : Montego Bay.

Eclopée de la vie, Thelma Vermont se nourrit de jazz. Pas parce que son second amoureux était un pianiste de jazz éliminé par la Famille, mais parce qu'elle aime ça presque viscéralement.

Et si Billie Holiday fait partie de ses chanteuses préférées, il en est une qu'elle porte au pinacle : Dana Raise. La chanteuse Noire, qui est en cavale depuis que son mari et impresario, un Blanc brutal s'est malencontreusement fracturé le crâne en tombant, vient d'enregistrer un nouveau disque dans une cave new-yorkaise. Et depuis que son ami Benny lui a offert ce vinyle, c'est-à dire la veille, Montego Bay, le titre phare, passe en boucle sur son électrophone. Benny c'est sa béquille, Abraham complétant la paire. Eux aussi ont subi les avanies de la vie, mais ils s'entendent bien et se soutiennent moralement.

Benny demande à Thelma de lui rendre un petit service. Ou plutôt c'est sa sœur qui aimerait que Thelma enquête pour le compte d'une amie. Première nouvelle. Benny possède une sœur. Petites cachoteries entre amis qui ne prêtent pas à conséquence. Chacun respecte la vie privée de l'autre et si l'un désire garder pour lui certains pans de son histoire, cela n'entache pas leur amitié. Mais pour l'instant faisons comme Thelma et avant de nous rendre à Dallas, où vit Linda, la sœur de Benny, débroussaillons cette requête.

Le frère de l'amie de Linda a disparu. Il habite depuis quelques années en France, ayant connu durant la guerre une jeune femme avec laquelle il s'est marié, et réciproquement. Il était revenu au pays avec Juliette mais la jeune épouse ne s'était pas habituée à la vie américaine et ils étaient repartis chez elle à Montmédy. Ayant un peu le mal de son Texas natal Ted avait eu un coup de blues et au bout de six ans il avait souhaité revoir sa sœur et le mari de celle-ci. Il s'était donc embarqué en avion, l'appareil a bien atterri mais Ted n'était pas à bord. La dernière fois qu'il avait été aperçu, c'était en gare de Montmédy. Le vingt-cinq octobre 1958.

Thelma et Benny se rendent donc dans la banlieue de Dallas et rencontrent Linda qui leur parle de Ted Richmond, de Jill sa sœur inquiète et de leurs connaissances. Elles se téléphonent souvent, et participent toutes les deux à des ventes de charité. Linda n'est guère charitable envers Juliette qui n'appréciait pas le style de vie américain. Ensuite direction Sunrise, un ranch immense qui ne cesse de s'agrandir, l'exploitation agricole de Jill et son mari.

Munis de renseignements précieux glanés auprès de Jill et Bradley, de l'adresse de Peggy-Sue, la première fiancée de Ted, d'une certaine aversion envers Lee, le contremaître du domaine, Thelma et Benny se rendent en France, tous frais payés et même plus.

Leur visite à Juliette les laissent mitigés dans leur appréciation. La jeune femme est versatile, bipolaire, dans ses propos et son comportement. De même, un ami de Ted, un Canadien qui travaille comme lui sur une base militaire près de Montmédy, est plutôt réservé sur le couple que forment Juliette et son mari. Ou que formaient.

 

Dans une ambiance délicieusement rétro de la fin des années 1950, ce roman lorgne du côté des romanciers américains, tels que pouvaient en écrire Day Keene, Henry Kane, Harry Whittington et quelques autres.

Thelma Vermont ingurgite, parfois plus que de raison, le Bourbon et fume comme une cheminée d'usine, comme elles pouvaient en dégager à cette époque. Une époque révolue, comme si ces usines obéissaient à la loi anti-tabac. Et elle est marquée, Thelma Vermont, par les accidents de la vie qu'elle a subi, tout comme ses amis Benny, Abraham et deux ou trois autres.

Thelma Vermont narre cette aventure, Muriel Mourgue n'étant que la consignataire de cet épisode. Mais apparemment Thelma Vermont a une propension très nette à se mélanger les pédales avec les prénoms des personnes qu'elle côtoie. Ainsi elle parle aussi bien de Dana que de Diana Raise, cette chanteuse dont elle est entichée. Et la première fiancée de Ted Richmond, qui se prénomme au début Peggy-Sue, comme le titre d'une célèbre chanson interprétée notamment par Buddy Holly, devient Peggy-Lee, comme la chanteuse américaine.

Plus surprenant, Thelma Vermont se rend de temps à autre dans un célèbre restaurant fréquenté par les célébrités de l'époque. Et il n'est donc pas anodin qu'elle aperçoive Marylin Monroe en compagnie d'un certain Henry Miller. Mais là encore, peut-être à cause du Bourbon, elle confond Henry Miller, l'écrivain auteur de La crucifixion en rose, trilogie comprenant Sexus, Plexus, Nexus, avec Arthur Miller, autre écrivain et dramaturge qui fut justement l'époux de la vedette cinématographique.

Mais quoi qu'il en soit, ce roman sympathique est agréable à lire et l'intrigue rondement menée, réservant quelques belles surprises.

 

Muriel MOURGUE : Montego Bay. Collection Rouge. Editions Ex Aequo. Parution le 21 janvier 2016. 136 pages. 12,00€.

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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 11:07

Bon anniversaire à Jean-Louis Touchant

né le 14 février 1929.

Jean-Louis TOUCHANT : Le train vert-de-gris.

En gare de Lyon-Perrache, en cet été 44, les voyageurs affluent sur les quais, même si les trains annoncés ne sont pas sûrs de circuler.

Les Allemands sont sur la brèche. Après le débarquement de Normandie, ils ont peur d’un nouveau débarquement sur Marseille. Parmi les candidats au voyage, René, seize ans, dont ce sera le premier grand déplacement en solitaire, sans papa ni maman.

Il doit rejoindre une vague cousine dans le Nivernais. Il s’installe dans le wagon, déjà occupé par un prêtre. Bientôt un jeune couple, Andrée et Paul qui ressemble à un acteur de cinéma puis une mère et sa fille, Solange, du même âge que René s’installent. Enfin, un gros homme rougeaud et un garçon sans bagage, renfrogné.

Le départ se fait attendre puis le convoi quitte enfin la gare. Les arrêts sont nombreux, les voyageurs ont le temps de faire connaissance. Lors d’un contrôle des papiers, le jeune homme sans bagage est arrêté par les Allemands. Les commentaires vont bon train.

René dessine, croquant ses compagnons, ce qui attire l’attention de Solange, sa voisine. Elle est pas mal Solange ! Andrée non plus d’ailleurs. Le gros homme propose des victuailles qu’il sort d’un panier de paysan. Et le convoi continue doucement sa progression malgré les problèmes qui peuvent surgir à tout moment. Un monsieur a remplacé celui qui a été arrêté. Il écrit, pour le plaisir, attirant l’attention des occupants du wagon. Un périple qui bientôt sombrera dans le drame.

 

Cette histoire, écrite par Jean-Louis Touchant, auteur d’une remarquable étude sur Moselli, est un quasi vase clos dans lequel les protagonistes, obligés de se côtoyer, échangent avec sourires ou énervement des propos sur tout et rien.

L’auteur accapare l’attention en narrant ses pastiches Holmésiens ou des histoires à la façon d’Agatha Christie. Chacun donnant son avis. Le cinéma aussi est évoqué. Les sujets de conversion ne manquent pas, chacun se laissant aller plus ou moins à son thème favori.

Un microcosme dans lequel des affinités se révèlent, des tensions larvées risquent d’exploser, et qui pour quelques heures pourrait croire que la guerre, malgré la présence constante des Allemands, est restée au bord du quai.

Mais c’est sans compter sur le doigt du destin qui souligne toujours d’un trait rageur qu’il peut rattraper à tout moment les erreurs et les fautes, les crimes et les trahisons.

Jean-Louis TOUCHANT : Le train vert-de-gris. Collection Rail Noir N°9. Editions La vie du rail. Parution novembre 2004. 118 pages.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 14:22

Hommage 3 à Georges Simenon, né le 13 février 1903 selon les registres et le 12 février 1903 par superstition maternelle.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret.

Une pipe, un chapeau melon, un pardessus épais à col de velours, un poêle en fonte, quelques verres de bière ou de fine, voilà le décor planté.

Le commissaire Maigret peut faire son apparition, masse puissante et bourrue, privilégiant aux faits eux-mêmes la psychologie des personnages.

On ne l'a pas entendu arriver, pourtant il est là, impressionnant, emplissant la pièce de sa présence. Et lorsqu'il repart sur la pointe des pieds, son aura a si bien imprégné l'endroit où il s'est imposé, que son ectoplasme est toujours palpable. Et depuis 1972, année où il s'est éclipsé en compagnie de Monsieur Charles, il continue à hanter l'étrange lucarne et les rayons des librairies.

Maigret n'est pas un être de chair et de sang, pourtant c'est un ami fidèle, et l'on ne se lasse pas de le rencontrer dans un bar, auprès d'une péniche, à un carrefour, sous la pluie, tenace, obstiné, traquant les truands, mais cherchant aux petites gens des excuses à leur forfait.

Mais ce personnage issu de l'imagination fertile d'un écrivain prolixe, porte en lui sa légende. Sa naissance est nimbée d'un flou artistique ou plutôt d'une contre-vérité à laquelle Simenon, qui l'a forgée et propagée, a fini par croire lui-même.

Francis Lacassin, traqueur impitoyable de la littérature populaire, ne s'est pas contenté d'une explication de génération spontanée. Maigret en effet n'est pas né dans les conditions que Simenon aimait le faire croire, entretenant un mythe qui permit en 1966 l'érection d'une statue représentant le célèbre commissaire à Delfzijl, aux Pays-Bas.

Maigret était déjà né, avait connu quelques aventures, mais c'est effectivement dans ce petit port qu'il s'est émancipé, a atteint sa majorité, et fêté sa maturité avec Pietr le Letton. Et il lui a fallu se battre pour ne pas se laisser supplanté par un arriviste, plus jeune, plus aventureux, du nom de Sancette.

Ce travail de défrichage des romans simenoniens, cette recherche de généalogiste consciencieux, sont consignés dans un ouvrage dont la lecture est aussi passionnante que celle d'un roman policier, comme diraient les critiques qui pourfendent la littérature populaire tout en lui reconnaissant les qualités d'être lisible, intéressante, captivante.

Ce récit, ce document s'inscrit parmi les nombreux autres ouvrages consacrés à la saga simenonienne, à sa vie et à son œuvre, et ils sont nombreux. Mais il reste l'un des ouvrages de référence qui se révèle indispensable à tout amateur, éclaire ou non, à tout passionné avide de mieux connaître ce personnage hors du commun et pourtant si près de nous.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret. Editions du Rocher. Parution septembre 1992. 176 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 15:16

Hommage 2 à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931.

De son vivant, Simenon a intrigué bon nombre de journalistes, de critiques et de chroniqueurs, et bien évidemment de lecteurs.

Les études et articles consacrés au plus Français des Belges sont donc extrêmement nombreux, avant et après sa mort.

De tous ceux qui sont parus en cette année 1990, les ouvrages de Jean-Christophe Camus comptent parmi les plus intéressants. A plusieurs titres.

D'abord au point de vue recherche et situations du personnage dans une époque qui peut paraître magique et féérique pour certains d'entre-nous. Les années d'après-guerre, des années de décompression, d'insouciance, une impression. Alors que dans d'autres récits, je pense notamment au Simenon de Stanley Eskin paru aux Presses de la Cité, certains faits sont juste évoqués, suggérés, ici ils sont décrits avec humour et émotion, dans un esprit de véracité et d'impartialité.

Le fameux bal anthropométrique par exemple, qui devait fêter la mort de Georges Sim et la naissance de Simenon, le grand coup de publicité réalisé avec l'aide de l'affichiste Paul Colin pour la parution des premiers Maigret, les officiels, chez Fayard. Ou encore cet amour payé de retour avec celle qui fut surnommé la Perle Noire, Joséphine Baker.

Egalement les ancêtres littéraires de Maigret. Maigret qui apparait en coup de vent, dont la silhouette se dessine dans des romans édités chez Tallandier ou qui se cache sous les traits de l'inspecteur Sancette, alias 107,alias G7, alias L53... Les anecdotes foisonnent mais sans sombrer, et je pense là encore au livre de Stanley Eskin, sans sombrer dans une recherche systématique de la vie sexuelle de l'écrivain.

De plus, les reproductions en couleurs d'une quinzaine de couvertures de romans écrits dans les années 1920 par celui qui fut surnommé le romancier-vapeur et les fac-similés d'articles et de dessins parus dans la presse de l'époque, apportent la note d'authenticité à un texte qui se lit comme un roman.

Simenon, bourreau de travail, bourreau de plaisirs, avide de découvertes, nous étonnera toujours. Une imagination débordante, certes, mais alliée à un emploi de situations, de personnages et d'aventures, ou mésaventures, survenues au créateur de Maigret.

Simenon, romancier populaire, aura réussi sa carrière pratiquement comme il l'avait souhaité. Cependant il restera obnubilé toute sa vie par une obsession : faire de la littérature, de la vrai. Avec un souhait qui, lui, ne sera jamais exaucé, recevoir le Prix Nobel de littérature. Mais il possède un lectorat ce qui est primordial lorsqu'on est écrivain.

Simenon, adulé de son vivant, conspué par des pisse-froid en mal de copie, lié d'amitié avec des célébrités telles que Renoir, Marcel Achard, et bien d'autres, ne pourra jamais tomber dans l'oubli.

 

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931. Editions Hatier. Parution 1990. 260 pages.

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