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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 07:58

On se demande ce qu'elle y fait...

Jean-Paul DEMURE : La belle dame dans un violon.

La belle dame, c'est Patricia Cohen, inspectrice stagiaire.

L'arrivée d'un inspecteur-stagiaire ne passe jamais inaperçue dans un commissariat, surtout lorsque le dit stagiaire se trouve être une belle et charmante jeune femme.

Et les mâles, du plus jeune au plus vieux, du simple planton au plus gradé, tirent une langue longue comme le tapis rouge déroulé dans une nef lors d'un mariage princier, leurs yeux montés sur ressorts. Tout à fait genre Loup de Tex Avery.

Principalement l'inspecteur Chapron, un peu le Don Juan du commissariat. Quant à Puymichel, il se voit confier le poulailler pendant les vacances bien méritées du commissaire.

Chapron prend en charge la jeune stagiaire et pour lui faire plaisir, et se faire mousser, l'entraîne dans une boîte de nuit afin de lui présenter l'un de ses indics.

Mais entre le rêve et la réalité, il y a une grosse différence. Le déshonneur, c'est lui qui va le subir, et ce devant la gente dame.

Or le déshonneur se lave dans le sang. Pauvre Puymichel qui va être obligé de dénouer une situation inextricable avant la fin des vacances du commissaire, attendant les siennes avec impatience.

 

La belle dame dans un violon est le cinquième roman de Jean-Paul Demure, le troisième publié à la Série Noire.

Né le 23 octobre 1941 à Clermont-Ferrand, il se décrit ainsi : cancre auvergnat, acteur décentralisé, chauffeur-livreur, bidasse, acteur parisien, époux étudiant en psychologie, écriveur, père, préposé auxiliaire à la distribution, animateur en réanimation culturelle, chômeur, vendeur de Bibles, chômeur, crêpier, provisoirement jardinier, un brin défeuillé mais vert.

Avant d'aborder le roman policier, ses premiers textes sont publiés dans des revues telles que Les Temps modernes, Milieu, Mi-nuit,

Ces renseignements, je les ai empruntés sans vergogne dans le second volume de S.N. voyage au bout de la Noire, paru chez Futuropolis, l'ancêtre des Auteurs de la Série Noire édité chez Joseph K, des ouvrages signés et dirigés par Claude Mesplède et Jean-Jacques Schléret.

 

Jean-Paul DEMURE : La belle dame dans un violon. Série Noire N°2034. Parution décembre 1985. 224 pages.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 13:41

Le parcours du combattant d'un musicien...

Bernard THILIE : La prise du Sébastopol.

Le 14 juillet 1905 aurait pu n'être qu'un 14 juillet banal, semblable à tous ceux qui se sont déroulés auparavant. Pourtant Raphael, dix ans, s'en souviendra toute sa vie.

Chaperonné par Colette, la jeune bonne de son père Modeste, droguiste à Roubaix, elle-même accompagnée par Armand le fils du maréchal-ferrant, ils arpentent la fête foraine qui bat son plein. Raphaël est attiré par une baraque foraine plus discrète que les autres et un bateleur encourage les promeneurs à entrer sous la tente.

Une troupe de saltimbanques va interpréter Les Noces de Figaro, du méconnu, à l'époque, Fout le camp du canapé ou met des housses Mozart. Une troupe de renommée internationale d'après l'aboyeur, mais une troupe miteuse qui néanmoins laisse un souvenir impérissable au gamin, lequel décide de devenir musicien.

Il va tâter du piano et du violon, faire des pieds et des mains pour obtenir des cours et son destin est tout tracé. Mais il se sent à l'étroit et incompris dans l'échoppe familiale, et puis des épisodes tragiques vont le perturber. Colette s'est mariée avec Armand, mais celui-ci part en stage à Paris dans une usine de construction d'automobiles. La belle-mère de Colette lui mène la vie dure et la jeune épousée se suicide. Raphaël éprouve un vif chagrin. Colette était son amie, et peut-être un peu plus.

Il a dix-sept ans, et possibilité lui est donnée de passer un concours d'entrée au Conservatoire de Lille. A défaut de Paris, c'est là qu'il va aller, d'autant qu'il se montre bon musicien, à défaut d'être un grand musicien, et apte à diriger un orchestre, en remplacement d'un professeur en retard. Puis il part sillonner l'Europe des musiciens, jouant dans des troquets. D'abord en Belgique, en Hollande, puis jusqu'à Prague, à la découverte des compositeurs renommés ou avec lesquels il se sent en phase malgré les préjugés de certains de ses professeurs. Un périple qui l'aguerrit puis ce sera le retour à Roubaix, l'étriquée et l'envol vers Paris, la lumière qui attire les phalènes et les artistes.

A Paris, installé à Montmartre, qui n'était pas encore un quartier surfait, il fait la connaissance de Georges et de sa copine Anna, qui lui présente une collègue Céline. Le coup de foudre entre les deux jeunes gens est immédiat. C'est le soir du réveillon de décembre 1913. Ils s'installent ensemble, mais les parents de la jeune fille refuse le mariage alors elle part en Angleterre, et le conflit avec l'Allemagne arrive avec son lot de malheurs. Il entre aux Concerts Colonne, un établissement prestigieux.

Raphaël est incorporé, malgré un passage raté consciemment lors du conseil de révision. Il participe à la guerre des tranchées, mais parvient toutefois à monter un petit orchestre. Les mois passent, les saisons se succèdent et un jour alors qu'il est en reconnaissance avec quelque frères d'arme, le brouillard les sépare et il se retrouve au milieux d'une colonne ennemie. Fait prisonnier, là encore il monte un petit orchestre, et tente de s'évader. Repris il est envoyé à l'autre bout de l'Allemagne dans un camp de prisonniers. Afin de pouvoir manger à sa faim, il est volontaire pour des corvées de bûcheron, mais sa main, coincée par un tronc d'arbre, est endommagée. Sa carrière de musicien est fichue, pourtant il parvient à surmonter les épreuves à force d'abnégation.

 

Comme des souvenirs qui remontent à la surface, les événements s'enchevêtrent dans un joyeux désordre dans l'esprit du lecteur. A un certain moment, Raphael a dix-sept ans, quelques pages plus loin, il est invité par Blériot à son premier vol en avion, quelque temps avant que le célèbre aviateur gagne son pari en survolant la Manche. Le 25 juillet 1909. Première dichotomie d'âge. Et, par un heureux concours de circonstance, alors qu'il aurait pu être engagé dans l'orchestre du Titanic, les dieux de la musique jouent en sa faveur. Il n'a pas le pied marin. Il reste à quai tandis que le paquebot rencontre inopinément un iceberg qui s'est détourné de son chemin le 15 avril 1912. Il a vingt-deux ans. Du moins c'est ce qui est annoncé page 89. Mais si on calcule bien, normalement il ne devrait en avoir que dix-sept, puisqu'en 1905, il en avait dix. Et ainsi de suite, on navigue entre les âges. Lorsqu'il rentre de captivité fin 1919, lui et ses compagnons avaient été oubliés par l'administration (!), il a vingt-cinq ans. Le temps joue en sa faveur.

Cet petit problème posé, et non résolu, revenons à Raphaël et à sa vocation. Une vocation qu'il tentera de mener à bien, malgré les difficultés familiales, la guerre, le chômage (déjà) qui atteint cette profession artistique aléatoire, grâce à une persévérance sans faille et une abnégation de tous les moments.

Mais c'est aussi la description très détaillée d'une époque, avec les faits divers qui sont relatés, et un humour toujours présent. Si le lecteur peut ressentir une certaine analogie avec Jean-Christophe de Romain Rolland, le contexte mais pas le même avenir, il s'amusera aux diverses scènes qui émaillent la vie dans le premier camp de prisonnier dans lequel Raphaël est interné. Les situations et les personnages, dont un militaire qui se nomme Schoulz, font irrésistiblement penser à la série télévisée parodique Stalag 13 intitulée également Papa Schultz. Justement des rapprochements de l'esprit de ma part, car les points de divergence sont plus nombreux que ceux qui peuvent s'apparenter. Et le Schoulz du roman est loin de posséder la maladresse affable du sergent de la série télévisée, même s'il est coincé du bulbe.

L'humour y est présent, moins cabotin que dans les précédents romans de l'auteur, mettant en scène une bande de Pieds Nickelés nordistes, mais si cet humour y est parfois plus caustique, sarcastique, il reste empreint de bonhommie. Le vocabulaire, les tournures de phrases y sont pour beaucoup, et s'il fallait émettre une comparaison, une de plus penserez-vous, Bernard Thilie serait à rapprocher de Raymond Devos plus que de Guy Bedos. C'est dire qu'à aucun moment il tombe dans la facilité et la vulgarité.

La prise du Sébastopol est également un roman musical, dédié à Mahler, Stravinsky et Mozart, ce compositeur redécouvert au milieu des années cinquante grâce à un bicentenaire fort bien venu. Quant à expliquer le titre, sachez que le Sébastopol en question existe toujours à Lille.

 

Il aimait son pays. Tout le monde aimait son pays, y compris ceux d'en face. Pas plus que les autres, il ne supportait que quelqu'un y pénètre sans être invité. Dans ces cas-là, il restait une seule solution, mettre l'intrus à la porte à grands coups de pompe dans le train. Jusque là, l'accord faisait l'unanimité. Par contre il refusait le bourrage de crâne fait de cette mythologie infantile sur la patrie, la revanche de 1870, le culte du soldat avec ses cartes postales édifiantes, la cocarde en papier crépon, le coq gaulois sur son tas de fumier, le regard sur la ligne bleue des Vosges. Le soldat, pas le coq.

Bernard THILIE : La prise du Sébastopol. Collection Roman historique. Editions Ravet-Anceau. Parution le 23 mars 2015. 272 pages. 12,00€.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 09:53
J. - A. JANCE : Dent pour dent.

Le dentiste avait une dent contre sa femme...

J. - A. JANCE : Dent pour dent.

De nombreuses personnes croient que battre sa femme est un passe-temps réservé à ceux qui se trouvent en bas de l'échelle sociale, tandis que ceux qui gravitent dans les hautes sphères ont assez d'intelligence pour s'occuper avec des jeux autrement plus intellectuels.

C'est faux !

Par exemple Frederick Nielsen, dentiste, bat sa femme. Battait, devrais-je préciser, puisqu'il est découvert trucidé dans son cabinet dentaire un lundi matin par son assistante.

Les inspecteurs J.-P. Beaumont et Al Lindstrom, de la police de Seattle, n'ont guère d'indices à se mettre sous la... dent. Et comme suspects, il n'y a pas foule non plus. A part la femme du défunt, qui pouvait lui en vouloir ?

D'abord il faudrait la retrouver cette charmante épouse sur laquelle le brave dentiste passait son humeur. Quoique, en grattant bien, le nombre des prétendants au crime n'est pas si mince que cela.

D'abord l'assistante et son jeune mari, un poseur de moquettes, deux braves tantines, la mère du défunt pourquoi pas, sont sur les rangs comme éventuels suspects.

Dans cette enquête J.-P. Beaumont et son coéquipier auront une prise de bec avec un perroquet, mais auront affaire également à des personnes qui mentent comme des arracheurs de dents. Ce qui n'est pas le meilleur moyen pour parvenir à la solution.

 

De J.-A. Jance, on avait lu avec plaisir La chasse aux nymphettes, Coups de pompe et On picole sec, parus dans la même collection. Et ce quatrième roman me conforte dans mon opinion : J.-A. Jance écrit des romans classiques, certes, mais à l'intrigue solide et qui se lisent sans ennui.

Jonas-Piedmont Beaumont, dit Beau, se montre homme de bon sens, homme de cœur, n'apprécie guère les journalistes et ne se prend pas pour Rambo.

J. - A. JANCE : Dent pour dent. (Improbable Cause - 1988. Traduction Michèle Poslaniec). Série Noire N°2169. parution février 1989. 320 pages.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 12:38

Il en a mangé !

Léo MALET : La vache enragée. Chronologie et choix de documents par Francis Lacassin.

La vie de Léo Malet est un roman à elle seule.

Pas vraiment banale l'existence du créateur de Nestor Burma ! Pas du genre de ceux qui vivent sur terre en zombie, suivant une ligne droite sans heurt, sans accroc, sans brisure, une déambulation morne.

Orphelin de père et de mère à trois ans, élevé par ses grands-parents, monté à Paris à seize ans où il se débrouille seul, Léo Malet ne se contente pas d'être le benjamin des chansonniers montmartrois et parisiens.

Né sous le signe astrologique du Poisson, il nage parmi les anarchistes et les surréalistes, mais en réalité il aurait dû naître sous le double signe de la poisse et du papier. De la chanson au roman en passant par la poésie, Léo Malet vivra pour et par le papier.

Il sera tour à tour secrétaire d'un maître-chanteur pratiquement analphabète, inventeur d'un procédé dit du décollage d'après des affiches publicitaires, signataire de nombreux manifestes et articles dans divers journaux éphémères, mais également crieur de journaux, emballeur et manutentionnaire chez Hachette, bouquiniste sur les quais... Seul le prestigieux métier de typographe, ou plutôt de correcteur, lui sera refusé selon le cercle vicieux bien connu : pour travailler dans ce métier il faut être syndiqué, et pour être syndiqué il faut travailler.

Au hasard de ses pérégrinations dans la capitale, Léo Malet fera la connaissance d'un grand nombre de personnages hors du commun : Prévert, Dali, Breton, Magritte et bien d'autres, mais lui-même, sous des dehors effacés, est véritablement l'une des grandes figures du roman policier français.

Provocateur, gouailleur, tendre, sarcastique, Léo Malet se montre fort disert sur sa jeunesse, ses tribulations, ses rencontres, ses faits d'arme, ou plutôt verbaux, dans les milieux anarchistes et surréalistes, mais il reste très secret et très pudique sur tout ce qui touche sa vie privée et familiale.

Le dernier chapitre de cette biographie, haute en couleurs, Disparition d'un adolescent, est une véritable profession de foi ainsi qu'une mise au point envers certains détracteurs qui lui reprochent ne déviation politique, alors qu'eux-mêmes, la plupart du temps, ne mettent pas en pratique les idées qu'ils prônent, mettant leur idéologie au placard lorsque celle-ci n'est plus en concordance avec leur bien-être.

Léo MALET : La vache enragée. Chronologie et choix de documents par Francis Lacassin. Collection Les passants de l'histoire. Editions Julliard. Parution janvier 1990. 272 pages.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 07:45
John LUTZ : Les Contes de l'Amère Loi

A rapprocher des contes de quand t'es bourré ?

John LUTZ : Les Contes de l'Amère Loi

John Lutz fait partie de ces écrivains américains qui manient avec bonheur l'art de la nouvelle, genre extrêmement difficile car il demande, outre une imagination débordante, une conception de l'histoire qui ne prend sa véritable force que dans la chute.

Quinze nouvelles composent ce recueil, Les Contes de l'Amère Loi, quinze nouvelles dans lesquelles l'humour tient toujours une place et mettent en évidence les préoccupations, les phobies, les manies, les obsessions, les mœurs de l'Amérique d'aujourd'hui.

Sur les quinze histoires trois ont trait à la psychiatrie et à l'analyse. Et l'on sait quelle place la psychanalyse tient dans la vie des Américains. Autre façon de vivre typique à ce pays mais qui progressivement s'instaure dans les usages français, même si cela existe depuis des années mais pas à une telle échelle, c'est la vente par correspondance. Un système de vente qui entraîne l'engrenage dans l'achat de futilités, d'inutilités.

Dans d'autres nouvelles on ressent l'influence qua dû exercer William Irish sur John Lutz. Par exemple dans Un flambeur de haut vol dans laquelle l'obsession du pari tient une grande place.

Des personnages anodins qui sont les jouets du hasard, qui subissent les événements, qui sont manipulés inconsciemment ou qui pensent retourner en leur faveur des situations désespérées parsèment ces récits où le quiproquo est roi, où les situations fausses foisonnent.

Si je devais conseiller ce livre à une catégorie de personnes bien déterminée, ce serait à tous ceux pour qui la lecture est une corvée. Je suis sûr qu'ils se découvriraient une passion.

John LUTZ : Les Contes de l'Amère Loi.(Better Mousetraps - 1988. Traduction de Michel Deutsch) Série Noire N°2168. Parution février 1989. 224 pages. 6,65€.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 12:38

Toujours dans les mauvais coups ces braves bêtes...

James HOLIN : Sacré temps de chien.

Après avoir été journaliste d'investigation dans de grands magazines parisiens, Mireille Panckoucke végète depuis deux ou trois ans au Courrier picard, journal dans lequel elle fit ses débuts.

La maladie l'a mise sur la touche et elle est revenue au pays en compagnie d'Alexandre, critique cinématographique toujours parti par monts et par vaux, et de sa fille Julie vingt ans. Et elle s'est installée en baie de Somme à Saint-Valéry comme correspondante locale. Jérôme Coucy, le rédacteur en chef du Courrier picard qui fut son premier mari et père de Julie, est embêté à cause de la défection d'un de ses journalistes. Aussi il demande à Mireille de pallier cette absence.

Les élections législatives approchent et elle doit suivre la campagne d'un candidat parachuté dans la circonscription, un nommé Mirlitouze inconnu au bataillon. Malgré ses réticences car elle ne fait pas de politique, Mireille veut bien tenir le rôle qui lui est dévolu, mais une autre affaire l'accapare. Deux corps ont été repêchés par un chalut, et les premières constatations ne sont pas en faveur d'une noyade accidentelle. D'autant que les cadavres appartenaient à une association écologique, Mare nostrum. La gendarmerie locale refile le bébé à la gendarmerie maritime, gérée par le major Lécuyer dont elle a fait la connaissance lors d'une affaire précédente.

Pendant ce temps, à la prison de Fleury-Mérogis, c'est la levée d'écrou pour Albert Emery, petit truand qui vient de purger deux ans de taule pour des braquages dans la région de Boulogne-sur-mer. Il décide de revenir dans sa région, la baie de Somme, mais est interdit de séjour à Boulogne, lieu de ses méfaits. Sa motivation réside en une grosse poignée d'argent dont il aurait été spolié par l'un de ses complices. Mais pour cela il faut mettre la main dessus. C'est-à-dire retrouver François le Boulanger, lequel l'a roulé dans la farine

Les chemins d'Albert Emery et de Mireille Panckoucke vont se croiser, pour le meilleur et pour le pire.

Traversant ce roman à bord de son taxi, Maxime Pankratov, d'origine russe, aux idées quelque peu fascistes, et d'autres personnages qui se révèlent hauts en couleurs au fil des pages. Ce qui permet à l'auteur d'asséner quelques vérités, notamment sur les politiciens et la politique.

 

Ce livre possède les qualités et les défauts d'un premier roman. Des scènes très vivantes, visuelles, cocasses, tragiques, émouvantes, ainsi que des dialogues crédibles même si l'on s'amuse aux propos échangés entre Mireille et Alexandre, l'une tutoyant l'autre et l'autre vouvoyant la première.

On retiendra par exemple la sortie en mer malgré la tempête, le courage démontré par Albert Emery. Ou encore la scène nocturne que surprend Mireille dans le château d'Orival, propriété du père du prétendant de Julie, Alexandre ayant été invité à une partie de chasse. Partie de chasse qui elle-même ne manque pas de piquant. Ou encore cet épisode hilarant (de la baie de Somme) entre Leleu, un gros (dans tous les sens du terme) mareyeur et armateur de pêche de la région, qui se présente aux élections et Mirlitouze lors d'une criée.

Seulement quelques petites erreurs, quelques contradictions, qui ne sont pas graves mais gâchent le plaisir se sont glissées dans le texte, par exemple sur l'âge de Mireille. Au début, par déduction on peut attribuer une quarantaine d'années à Mireille, mais vers la fin elle affiche sereinement ses cinquante cinq ans. Et personnellement je n'imaginais pas Mireille en femme couguar, mais après tout pourquoi pas. Quant à Albert Emery, son caractère évolue au fil de l'action, ce qui n'est pas plus mal, tout en gardant son désir de revanche.

Il n'était ni de droite, ni de gauche, ni de rien. La seule chose sûre, c'est que les partis, comme tous les groupements, du reste, lui faisaient horreur. Cela lui semblait la négation de l'intelligence et de la liberté. Aller s'embrigader volontairement, perdre du temps, la chose la plus précieuse, pour servir les appétits de pouvoir de médiocres cyniques, était pour lui de la dernière folie.

James HOLIN : Sacré temps de chien. Collection Polars en Nord N° 191. Editions Ravet-Anceau. Parution le 6 juillet 2015. 240 pages. 11,00€.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 07:51
Gérald PETIEVITCH : La rançon du plus fort

N'est pas toujours la meilleure ?

Gérald PETIEVITCH : La rançon du plus fort

John Novak, agent spécial du FBI détaché à la brigade spéciale contre le crime organisé, est un agent intègre.

Si, si, ça existe encore ! Pas beaucoup peut-être mais il s'en trouve encore qui refusent les pots de vin, la vie facile. Pourtant à Las Vegas ce ne sont pas les motifs de corruption qui manquent.

Mais John Novak, de même que son partenaire Red Haynes ne mange pas de ce pain. Ce n'est pas comme Eddy Sands, tiens, un ancien flic qui purge quelques années de prison pour magouilles. Il profite par exemple de ses sorties dans le cadre du programme de réinsertion par le travail pour se faire un peu d'argent de poche, en faisant chanter des vedettes de cinéma.

Libéré Eddy Sans veut s'associer avec Toni Parisi, le gros pontife, le caïd qui règne sur Las Vegas. Toni Parisi, un gros morceau pour John Novak. Un très gros morceau. Mais quand on a la foi, et qu'en plus on est copain avec un juge d'instruction féminin, on est capable de tout. Suffit de rester lucide et méfiant.

 

Gérald Petievitch revient à la Série Noire après trois ans d'absence. La trame de ses romans est toujours excellente, bien montée, bien construite, bien ficelée.

Pourtant, malgré le changement de traducteur, certains passages qui relèvent plus de la trivialité que du libertinage me hérissent. Un vieux restant de pudeur peut-être, mais que je ne suis pas le seul à partager. L'érotisme, oui, le libertinage, oui, la trivialité, non. A chacun ses goûts.

Gérald PETIEVITCH : La rançon du plus fort (Shakedown - 1988. Traduction de Simone Hilling). Série Noire N°2160. Parution octobre 1988. 288 pages. 7,10€.

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 07:10
Colin THIBERT : Noël au balcon.

... regarde les flocons ?

Colin THIBERT : Noël au balcon.

Damien est un escroc à la petite semaine : il sillonne les parkings des supermarchés et utilise un subterfuge afin de laisser supposer aux conductrices d’un certain âge qu’elle viennent d’emboutir sa voiture.

Mais ce genre d’arnaque ne marche pas à tous les coups et cette fois il est obligé de partir laissant le véhicule sur place, son téléphone portable à l’intérieur. Avant il travaillait avec Ludo, Bac +3, une référence mais pas forcément sur le marché de l’escroquerie en tous genres. Maintenant Ludo fait équipe avec David à cause de Julia, qui vivait avec Damien mais s’est vite intéressée à Ludo.

Bref de joyeux lurons qui butinent de ci de là, sans oublier Serge, propriétaire d’un établissement funéraire, mais dont l’activité principale est le recel d’objets divers. Et puis Sylvette, l’air bête mais inspirée dans les pulsions charnelles, femme d’un pompier qui prône avant tout sa voiture, son métier et son corps. Sylvette qui le trompe avec Serge.

Tous les acteurs étant mis en place, ou presque, passons à l’action. Croyant participer à un recrutement pour un film X, Ludo et David se voient remettre une panoplie de père Noël. Ils doivent appâter les chalands dans un hypermarché, et leur vient l’idée lumineuse de cambrioler le coffre du dit centre commercial. Ils auront droit à un petit coup de pouce du destin sous la forme d’une tempête, oui vous savez celle du 26 décembre 1999, qui balaya tout sur son passage, notamment les poteaux électriques. Je n’en dis pas plus.

 

Une bande de joyeux drilles, dignes du Splendid de la belle époque, jouent aux voleurs et aux gendarmes dans ce polar humoristique, farfelu, mais pas déjanté.

Car Colin Thibert, qui travaille comme scénariste à la télévision, connaît les points d’achoppement du rire, de l’émotion, du graveleux, de l’absurde, et évite tout débordement en apportant au lecteur une dose de franche rigolade, comme savait les distiller Michel Audiard, Bernard Blier, Francis Blanche et consorts.

Un petit régal qui évite les grandes scènes de fusillades, les caniveaux d’hémoglobine, les clichés maintes fois répétés, mais au contraire renoue avec la fraîcheur communicative du sucré-salé, de l’humour bon enfant, sans forcer sur l’un ou l’autre des ingrédients.

A conseiller à tout ceux qui se sentent atteints de déprime.

Réédition Folio Policier 325. Parution janvier 2004. 320 pages.

Réédition Folio Policier 325. Parution janvier 2004. 320 pages.

Colin THIBERT : Noël au balcon. Série Noire N°2632. Parution 14 novembre 2001. 256 pages. Réédition Folio Policier 325. Parution janvier 2004. 320 pages.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 13:43

Une enquête médiévale comme si vous y étiez, avec

problème de chambre close à la clé !

Paul HARDING : Sacrilège à Blackfriars

Dans un registre, qui plaira aux amateurs de bons vieux romans policiers d’énigme dont le charme n’est pas si suranné comme d’aucuns voudraient nous en persuader, Sacrilège à Blackfriars de Paul Harding, sous-titré troisième des riches et navrantes aventures de frère Athelstan.

L’action, ou plutôt les actions comme la suite le démontrera, se passe à Londres et ses environs en l’an de grâce 1379. L’été se met progressivement en place mais il n’est point besoin des ardents rayons du soleil pour que Sir John Cranston, le coroner de la cité, ait recours à sa gourde mystérieuse.

Homme rubicond et gargantuesque avant l’heure, il aime sa femme, ses deux marmousets (des jumeaux qui lui ressemblent physiquement pour l’heure puisqu’ils ne sont âgées que de quelques mois), la dive bouteille et la bonne chère. Le tout dans le désordre afin de ne déplaire à personne.

Invité à un grand banquet au palais de Savoie par le régent du royaume, Jean de Gand et le futur roi Richard II, il est mis au défi par un noble Italien, Gian Galeazzo, de résoudre en quinze jours une énigme de meurtres en chambre close. Des crimes ont été perpétrés autrefois dans la demeure ancestrale et aucun des interlocuteurs qu’il a sollicités a pu apporté de solution fiable. Une prime conséquente de 1000 livres est à la clé. Si Sir John ne peut résoudre ce petit problème, c’est lui qui devra débourser la somme en jeu.

Et Sir John compte bien sur son clerc, frère Athelstan, afin de le sortir de ce mauvais pas. Frère Athelstan pendant ce temps est confronté à deux dilemmes d’origines macabres. La première affaire réside dans la disparition de frère Alcuin, un de ses anciens condisciples du couvent de Blackfriars, disparition accompagnée d’assassinats déguisés en accidents. Plus la mise à jour d’un cadavre de femme au cours de la rénovation du chœur de la petite église dont il est le prêtre, découverte qui perturbe profondément la vie quotidienne de la paroisse puisque cette exhumation s’accompagne de miracles.

Voilà pour le décor et la mise en scène. Pour le reste, je vous conseille fortement la lecture de ce roman de Paul Harding, qui signe aussi des romans sous les pseudonymes ou patronymes de C.L. Grâce ou Paul C. Doherty, et est dans le civil professeur d’histoire médiévale.

Des romans qui ne sacrifient pas à la démonstration pédagogique mais au contraire se veulent imprégnés d’une atmosphère bon enfant dont le but principal est de narrer de façon plaisante des histoires imbriquées les unes dans les autres sans forfanterie.

 

Paul HARDING : Sacrilège à Blackfriars

Paul HARDING : Sacrilège à Blackfriars (Murder Most Holy - 1992. Traduction de Anne Bruneau & Christiane Poussier). Collection Grands Détectives N°3226. Editions 10/18. Première parution 2 novembre 2000. 288 pages. 7,80€.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 09:09
Robert B. PARKER : Rose sang

Après Les roses blanches, immortalisées par

Berthe Sylva...

Robert B. PARKER : Rose sang

Un mystérieux tueur signe ses crimes d'une rose rouge déposée sur le corps de ses victimes. Lesquelles victimes s'avèrent être toutes des femmes noires.

Un conclusion s'impose immédiatement à l'esprit des enquêteurs : crime racial. Lais dans ce cas pourquoi signer son forfait d'une rose rouge ?

Spencer, détective privé à Boston, va aider la police dans la recherche de ce tueur, pour plusieurs raisons. D'abord un service, ça se rend. Ensuite l'assassin se targue d'être flic, aussi il faut éviter de mettre dans la confidence trop de personnes et garder pour soi d'éventuels résultats ou renseignements.

Là où rien ne va plus, c'est lorsqu'une première rose rouge est découverte dans le cabinet d'auscultation du docteur Susan Silverman, psychothérapeute et petite amie de Spencer. Première rose suivie de quelques autres.

Pourquoi en vouloir plus particulièrement à Susan ? Le tueur changerait-il de victimes ou ne serait-ce tout simplement que l'un des patients de la psychologue ?

 

Une enquête que Spencer va mener en compagnie de son ami Hawk, non sans appréhension pour l'avenir de Susan.

Dans Rose sang; Spencer se montre moins machiste, plus sensible, plus grave aussi que dans ses précédentes enquêtes. A classer comme l'un des meilleurs livres de Robert B. Parker.

 

Robert B. PARKER : Rose sang (Crimson joy - 1988. Traduction de Rosine Fitzgerald). Série Noire n°2163. Parution janvier 1989. 256 pages. 6,65€.

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Présentation

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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