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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 14:36
Harry CREWS: La malédiction du gitan.

La mâle addiction du Gitan...

Harry CREWS: La malédiction du gitan.

Marvin Molar n'a vraiment pas été gâté par la nature : muet à la naissance, il est affublé de deux embryons de jambes, ce qui l'oblige à marcher comme un cul-de-jatte sur ses mains.

De plus, à la suite d'un accident il est devenu sourd à l'âge de dix ans. Enfin, il suppose qu'il avait dix ans car il ne connaît pas la date de son anniversaire. Abandonné par ses parents alors qu'il avait environ trois ans il a été recueilli par Al Molarski, un ex-lutteur qui dirige à soixante douze ans un gymnase, le Fireman's Gym.

Autres compagnons de Marvin, Pete, un ancien boxeur complètement déglingué par les coups et Leroy, un jeune hébergé depuis quelques semaines qui lui aussi voudrait tâter de la boxe.

Marvin a appris à se servir de ses bras et de ses mains, et il exhibe sa force musculaire dans de petits cabarets et autres patronages. Il est capable de se tenir en équilibre sur une main, sur un doigt et de faire la toupie. Dans cette ambiance macho et quelques peu déglinguée, Marvin possède son jardin secret. Il s'agit de la belle Hester dont les cuisses font rêver notre adolescent infirme mais viril.

Hester s'impose dans la petite communauté et Al, pourtant réticent à toute intrusion féminine, se laisse subjuguer par la belle enjôleuse. Elle régente la cuisine, organise le gymnase et insuffle une nouvelle jeunesse à Al qui s'entraîne en rêvant de redevenir le lutteur qu'il était. Elle débusque l'air de rien de petits secrets dans le passé de Al. Comment celui a failli, par exemple mourir, écrasé par une voiture lors d'une exhibition. Mais elle sait si bien s'y prendre qu'Al ne s'en offusque pas. Toutefois elle attise la jalousie de Marvin en revoyant de temps en temps Aristote, un bellâtre, voyou de peu d'envergure. Il assiste même à leurs ébats amoureux dans le bateau du petit truand et il passe sa rage en réalisant des tours de force en public.

Un combat opposant Leroy et un vieux routier est organisé mais le jeune boxeur est trop tendre. Il perd son match, complètement amoché. Hester joue les provocatrices auprès des quatre hommes, mais de façon naïve. Al reprend l'entrainement, tordant des tire-fond entre ses dents, comme au bon temps de sa jeunesse. Aristote lui aussi nargue Marvin, venant se faire masser dans le gymnase, et Marvin ne peut s'empêcher de lui réserver des tours à sa façon.

 

Si le roman s'achève sur une note pathétique, tout le reste du livre n'est que dérision et humour. L'infortune d'handicapés auditifs ou vocaux, liée à celle morphologique de Marvin ou mentale de ses amis, pourrait n'être que de l'humour noir déplacé si justement Harry Crews n'avait pas voulu sombrer dans le misérabilisme à outrance et montrer que même diminués physiquement et à force de volonté, on peut toujours dans la vie trouver sa voie.

La description d'une communauté diminuée n'entame en rien la bonne humeur des protagonistes. Et ceux qui ont tendance à se plaindre pour de petits pets de travers devraient y puiser une morale.

 

Un jour, je trouverai quelqu’un qui m’aimera suffisamment pour me tuer. Et un jour, je trouverai quelqu’un que j’admire suffisamment pour le forcer à le faire.

Harry CREWS: La malédiction du gitan.

Harry CREWS: La malédiction du gitan. (The gypsy's curse -1974. Traduction de Philippe Garnier). Collection La Noire. Editions Gallimard. Parution octobre 1993. 240 pages. Réédition Collection Folio Policier N°80. Parution mai 2010. 7,00€.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:29

Dans l'antre du rugby catalan !

Philippe WARD : Meurtre à Aimé-Giral.

Ce n'est pas pour effectuer des heures supplémentaires, mais bien parce qu'il travaille sur un dossier secret que Michel Albans reste tard le soir dans son bureau.

Il est le directeur financier adjoint de l'USAP, l'Union Sportive des Arlequins de Perpignan, et c'est un homme calme, rangé, célibataire, vivant chez sa mère. Alors qu'il planche sur son projet, regardant de temps à autre une photographie représentant deux sportifs portant fièrement le Boucler de Brennus, un trophée obtenu par le club pour la dernière fois en 1955, il entend des pas dans le couloir puis un intrus s'introduit dans la pièce. Il est déguisé en Arlequin, le visage grimé sang et or. Il tient un revolver. L'arme n'est pas factice, et Michel Albans décède.

 

Nuria Puigbert, la quarantaine, veuve, mère d'un garçon de quinze ans, lieutenant de police à Perpignan, est confrontée à quelques crânes découverts dans un champ par un jardinier. Mais le commissaire Dounyach préfère qu'elle se penche sur le meurtre d'Albans, pour une bonne, ou mauvaise raison. Et peut-être que la résolution de cette affaire pourrait lui permettre d'accéder, enfin, au grade de capitaine, car malgré ses années de présence dans la capitale et ses bonnes notes, elle stagne dans la hiérarchie. Et comme en province, il est plus difficile de se faire remarquer...

Donc si Dounyach lui confie cette enquête, c'est parce que son père est le président du clubs de supporters le plus influent, et parce que son fils à quinze ans est un joueur prometteur. Et donc qu'elle pourra s'introduire plus facilement auprès des dirigeants et des joueurs, poser ses questions, analyser les réponses.

Elle se focalise autour du travail effectué au sein du club par le défunt, mais rencontre également quelques personnes dont sa mère, véritable castratrice, qui ne semble pas affectée par la disparition de son fils unique. Son mari l'a abandonnée alors que Michel Albans n'avait que trois ans pour suivre une femme jusqu'en Argentine, ne lui donnant pas de nouvelles. Elle a dû élever seule son gamin qui à un peu plus de quarante ans était toujours dépendant. Elle l'avait brimér dans son parcours sportif et après avoir travaillé à gauche et à droite, il avait eu l'opportunité de devenir adjoint au directeur financier, n'encourant aucun reproche. Mais il ne découche jamais, respectant lors de ses rares sorties l'heure de minuit, voire une heure du matin, n'ayant aucune relation féminine.

Mais des rumeurs, de toutes petites rumeurs de celles que l'on échange entre deux placards en faisant bien attention à ce que personne écoute, font état d'une homosexualité. Personne n'a de preuves, mais quand même. Il aurait été vu à plusieurs reprises, depuis peu de temps, dans un gai bar gay, dans une localité près de Perpignan.

Une troisième possibilité s'offre à Nuria lorsqu'elle découvre le dossier établi par Michel Albans et qu'elle confie le tout à un expert financier de la police.

Une plongée romanesque dans l'univers rugbystique, voici ce que nous propose Philippe Ward, qui anticipait allègrement la fin de saison 2005-2006 du championnat.

Amoureux du jeu à l'ancienne, alors que les joueurs, les clubs évoluaient sous un régime d'Amateurs, il dénonce sans le dire, sans l'avouer le professionnalisme malsain qui gangrène le sport en général, l'argent régissant tout, occultant justement l'aspect sportif.

Mais il évoque également les drames familiaux, les interférences sexuelles, sans s'appesantir, avec pudeur. Nuria en femme volontaire qui vit seule avec son fils, promis à un bel avenir, songe justement à son devenir, aussi bien en tant que joueur mais surtout à ses études. Peut-il concilier les deux. Evidemment son père est pour, l'entraîneur de Jordi également, même le patron du club. Et c'est dans cette ambiance vouée au ballon ovale qu'elle doit mener son enquête.

Il y a aussi l'histoire des crânes, mais elle n'en fait pas une prise de tête, même si son patron souhaite, espère, exige des résultats rapides. Et une autre affaire de vraies fausses carte d'identité universitaires s'immisce dans son quotidien et il est difficile de mener de front plusieurs affaires. Heureusement elle peut compter sur son collègue attitré, et sur l'entraîneur de Jordi, toujours présent lorsqu'un coup de blues la submerge, lorsqu'elle pense, souvent, à son époux défunt qui lui manque.

Philippe WARD : Meurtre à Aimé-Giral. Collection Les Polars Catalans. Editions Mare Nostrum. Parution juin 2006. 168 pages. 11,00€.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 09:42
Jean Claude IZZO : Total Khéops.

Rien à voir avec le DJ du groupe IAM, quoi que...

Jean Claude IZZO : Total Khéops.

Au départ, ils étaient trois amis. D'enfance. Qui se sont connus brutalement, à cause d'une fille.

A l'arrivée il ne reste plus que Fabio, le flic. Et malgré le chemin différent qu'ils ont pris, l'un du côté de la loi, les deux autres vers les eaux fangeuses de la truanderie, reste l'amitié, même ci celle-ci est restée sous l'éteignoir durant quelques années. Le catalyseur s'appelle Lole, qui l'égérie de nos trois compères. Et c'est pour elle et pour Manu et Ugo que Fabio va s'atteler à une charge pour laquelle il n'est pas réellement conditionné.

Il ne fait pas partie de la gloriole des flics de la Crim. Ce n'est qu'un policier parmi tant d'autres, affecté à la Surveillance de Secteurs, et dont la mission est de faire régner l'ordre dans les banlieues. Et s'il est devenu fonctionnaire de police, c'est un peu à la suite d'un pari avec lui-même, d'une profession de foi. Avec Manu et Ugo, dans son adolescence, il pillait les tiroirs caisses des pharmaciens, une façon comme une autre de se faire de l'argent de poche, pour eux qui étaient démunis. A la suite d'une bavure, il s'était promis que si la victime s'en sortait, il se faisait curé, dans le cas contraire il devenait flic. Le potard s'en était sorti, paralysé. C'est comme ça que l'avenir s'impose à vous.

Parallèlement aux meurtres de ses copains d'enfance, à trois mois d'intervalle, la fille d'un ressortissant algérien, pour qui il entretient un estime certaine, disparaît. Elle est retrouvée assassinée, violée. Ce n'est plus une affaire de flic mais une vengeance personnelle qui le conduit.

Dans la cité phocéenne, qui n'est pas celle décrite par Pagnol, loin de là, même si les relents de pastis et les odeurs du port traquent toujours les touristes, un homme va s'ériger contre les enquêteurs officiels et les truands qui mènent la danse. La Canebière n'est plus ce qu'elle était et c'est du côté des banlieues, de la zone, du béton, de la mixité des races qu'il faut s'investir.

 

Jean Claude Izzo, encore un nouveau à la Série Noire - qui depuis quelques temps reluque de plus en plus vers les auteurs francophones, ce qui en soit est porteur d'espoir pour nos écrivains en herbe - Jean Claude Izzo nous offre un roman à l'atmosphère goodisienne.

Un livre dans lequel l'enquête compte moins que la description des personnages qui y gravitent. Un témoignage sur l'évolution d'une cité qui n'est plus confinée à son port et à la sardine qui en a bouché l'entrée, mais à l'écoute de ceux qui au cours de leur migration espéraient y trouver un foyer et des jeunes veulent se faire entendre et reconnaître en tant qu'êtres humains.

Mon point faible étant la citation qui fait mouche, en voici une à se mettre sous la dent:

Les claques, c'est les carambars du pauvre.

Nouvelle édition février 2002. 288 pages. Parution février 2002.

Nouvelle édition février 2002. 288 pages. Parution février 2002.

Réédition Folio Policier N°194. Parution 21 février 2001. 352 pages. 8,00€.

Réédition Folio Policier N°194. Parution 21 février 2001. 352 pages. 8,00€.

Jean Claude IZZO : Total Khéops. Série Noire N° 2370. Première parution 1995. Diverses rééditions.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 12:54

Et tape, et tape avec tes battoirs,

et tape, et tape, tu dormiras mieux ce soir..

Jérémy BOUQUIN : No limit.

Une usine désaffectée transformée en salle de spectacle et Jane qui est là, concentrée, attendant dans sa bulle l'heure de se mettre en jambe.

Charlie a tout prévu, il veille à tout, véritable mère poule veillant sur Jane, vérifiant sa trousse de secours avec ses petites doses d'amphétamines, de cocaïne, et autres produits dopants, effectuant la mise en place.

L'heure approche, Jane commence à se dévêtir et à réciter ses gammes, dansant sur place, s'échauffant, s'étirant, tout un processus à respecter avant d'entrer en scène.

Combat dans cinq minutes !

Derniers préparatifs dont s'acquitte Charlie avec conscience. Jane est sérieusement amochée, côtes fêlées lors de son dernier combat, mains cassées, gonflées, bandées.

Malgré tous ses bobos, Jane est prête à combattre. Elle a la hargne, la haine, pourtant ce qui l'attend n'est pas une promenade de plaisir sur un ring.

Car Charlie, son entraîneur, préparateur physique, soigneur, est également recruteur pour Augusto. Et il recrute de tout, des professionnelles, des clochardes, des prostituées, des alcooliques, des droguées, des déprimées, toutes celles qui acceptent de s'affronter sur un ring qui n'est pas délimité, nues, sans observance de règles définies et précises de combat. Tout les coups sont permis, et parfois la mort est au rendez-vous.

Ce sont des tueuses ! Elles se font démonter le portrait pour le plus grand plaisir du public qui en redemande. Parbleu, s'il paie, le public n'est pas à leur place, il n'encaisse pas les coups le public. Des voyeurs vicieux qui peut-être rampent devant leurs femmes, la tête et le reste en berne. Et qui se complaisent dans ce jeu de massacre monté en toute illégalité. Et parmi les spectateurs qui se pressent pour ce genre de démonstration alliant le sexe et le combat, de nombreux bourgeois, des patrons, des cadres qui s'encanaillent et se rincent l'œil.

Mais c'est Jane qui est venue dans la salle de boxe de Charlie, c'est elle qui a voulu entrer dans son harem de "Girl's Fight", délibérément, en pleine conscience, peut-être avec une arrière-pensée.

 

Pire qu'un combat de coqs, cette forme de pugilat où tous les coups sont permis, même les plus bas, d'ailleurs ils sont fortement conseillés, ces rencontres laissent un goût amer. Et l'on se prend de pitié pour Jane qui ne veut pas plier, coucher les pouces. On encaisse en même temps qu'elle les horions distribués avec sauvagerie.

Jérémy Bouquin n'y va pas avec le dos de la cuiller, ce serait même plutôt avec une fourchette qu'il pique afin de faire mal. Pauvre clavier, il a dû en recevoir des coups lorsque l'auteur tapait son texte. Mais c'est le reflet d'une époque, il faut un exutoire pour compenser les coups de la vie.

Une nouvelle âpre, rude, violente et pourtant il se dégage comme une forme d'humanisme. Certes Charlie n'est pas présenté à son avantage, il possède plusieurs coups fourrés dans ses gants qui ne sont pas de velours. Aussi oublions-le et tournons nos regards vers Jane qui se livre à ce jeu de massacre pour une raison bien précise. Et ce n'est pas pour la gloriole.

La parabole de la violence qui insidieusement d'étend des banlieues jusqu'à la campagne, pour des doléances diverses, car la parole ne suffit plus pour revendiquer le besoin de s'exprimer et d'affirmer des positions que les manifestants jugent légitimes. Mais surtout la dénonciation de cet attrait malsain des voyeurs qui recherchent la violence par procuration via le cinéma, la télévision, les jeux vidéos et les exhibitions tarifées.

 

Jérémy BOUQUIN : No limit. Collection Noire Sœur. Editions Ska. 0,99€.

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 09:35
Pascale FONTENEAU : Confidences sur l’escalier.

Moins discret que confidences sur l'oreiller...

Pascale FONTENEAU : Confidences sur l’escalier.

Un escalier, c’est un lieu de passage parfois bruyant, mais ce peut être aussi un endroit privilégié pour se raconter ses petites histoires, ses confidences, pour se débarrasser de ce qui depuis des mois vous turlupine et vous angoisse.

Une confession sur des marches d’un immeuble qui se dresse au milieu d’autres immeubles dans une cité ouvrière et banlieusarde.

Des marches qui conduisent aussi bien au Ciel qu’en Enfer. Sur ces marches, deux personnages, le narrateur et son confident qui pourrait tout aussi bien être vous que moi.

Dans cette cité Paradis, où il ne se passe jamais rien d’important, le locuteur traîne son ennui parmi les parallélépipèdes de béton, comme un retraité se laisse promener par son chien. Il fait partie du décor. Un jour une Lolita de quartier prénommée Catherine lui propose de vendre une radiocassette. Le lendemain, elle veut se débarrasser d’un magnétoscope. Notre conteur en mal d’épanchement la dirige vers un ami. Il n’a pas envie de se retrouver en fin de semaine à la tête d’un magasin d’électroménager.

Cependant ce manège l’intrigue et, n’ayant rien de mieux à faire, se met à épier les faits et gestes de cette adolescente qui brade à bon marché, croit-il, l’appartement familial. En réalité cette Lolita, qui s’envoie en l’air dans les ascenseurs, un lieu comme un autre pour atteindre le 7ème ciel, dirige une petite bande de cambrioleurs à la technique originale. Ils chapardent dans les maisons cossues afin d’épargner de l’argent pour un mythique voyage à Albuquerque, Mexique, ou à Charleville, Australie.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si quelques grains de sable matérialisés sous formes de cadavres, ne venaient enrayer cette belle mécanique.

 

Pascale Fonteneau, Bretonne d’origine et Belge d’adoption, nous conte dans ce qui fut son premier roman publié à la Série Noire, une histoire à la construction peu banale, presque théâtrale. Un dialogue entre le locuteur héros et son figurant second rôle dans un escalier confessionnal.

Malgré un léger ralentissement à mi-parcours, ce roman est mené à un rythme allègre. Un exercice de style confirmé dans son second roman Etat de lame.

 

Pascale FONTENEAU : Confidences sur l’escalier.

Pascale FONTENEAU : Confidences sur l’escalier. Série Noire N°2294. Parution avril 1992. 192 pages. Réédition collection Folio Policier N°151. Parution février 2000. 5,80€.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 12:25

Et dire qu’il y en a qui se ruinent en cures de

rajeunissement onéreuses !

Jean CONTRUCCI : La vengeance du Roi-Soleil.

Le roman de cape et d’épée, fort prisé dans la seconde moitié du XIXème siècle et au début du XXème, a connu quelques sursaut dans les années 1950-1970. Passé de mode pensions-nous. En réalité ce genre littéraire est toujours vivace, car parmi les romans policiers historiques, bon nombre de romans de cape et d’épée pourraient y être apparentés.

Ce genre que l’on pensait moribond vit de beaux jours, après avoir changé de peau, avoir mué, sous la plume de quelques auteurs qui savent transmettre la fougue des Dumas et consorts, se montrant leurs dignes fils spirituels tout en adoptant la rigueur historique.

Jean Contrucci abandonnant (momentanément ?) son journaliste marseillais émule de Rouletabille, campe un nouveau personnage que l’on aimerait retrouver dans d’autres aventures. Cela est-il prévu, je n’en sais rien pour le moment, mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs et procédons à la présentation de ce héros.

Guillaume de Montmirail est venu à Marseille assister au départ de son frère aîné à bord d’une galère pour une traversée inaugurale qui doit l’emmener jusqu’en Syrie, à Tripoli. Pas comme galérien mais comme capitaine en second. Guillaume est âgé d’à peine vingt ans, et après bien des aléas, il envisage la vie avec sérénité. Dans les petites ruelles malfamées de la cité phocéenne, il avance tranquillement, imperturbable. Il ne connait pas la ville et est un peu perdu dans le dédale des venelles alors qu’il veut rejoindre sa chambre de location. Soudain il est agressé par quatre malandrins guidés par un chef portant masque d’Arlequin. Il se trouve en mauvaise posture, malgré ses qualités de bretteurs, lorsque surgit opportunément un marin qui se range à ses côtés. Les spadassins n’ont plus qu’à déserter l’arène. Toutefois Guillaume a été touché dans l’algarade.

Lou Rousset, de son vrai nom Jean-Baptiste Amourdedieu, patronyme à lui donné car c’est un enfant abandonné, lui propose de l’emmener chez son mentor Philippe d’Orseul. Celui-ci est négociant mais surtout il est dans les étoiles. Il passe ses nuits à contempler les astres, en astronome amateur mais avisé qu’il est. Lou Rousset et Guillaume sont accueillis par la fille de la maison, Constance, dix-sept printemps. Lou Rousset est inquiet, et demande à Constance si elle est réveillée. Au grand étonnement de Guillaume qui apprend bientôt que la jeune fille possède la particularité d’être somnambule. Après quelques soins, Guillaume fait la connaissance de l’astronome. Un lien de sympathie relie peu après toutes ces personnes. Toutes ? Pas tout à fait car entre Constance et Guillaume nait un autre sentiment, plus profond. Guillaume, s’il connait les choses de l’amour, il a eu les faveurs de quelques maitresses lors de son séjour à la cour, dont celles de Diane de Cabrières, une jeune courtisane et favorite intermédiaire du roi Louis XIV n’a point encore été transporté par ce noble sentiment.

Lou Rousset lui présente Piero Orsini, un corailleur, et tous deux lui font visiter le port et la ville. Seulement la cité est en effervescence. Les bourgeois et les simples citoyens sont mécontents. Un consul nommé par le roi doit remplacer l’actuel, un parachutage (le mot n’existait pas à l’époque, mais la façon de procéder était la même) ce qui énerve le bon peuple à la tête duquel s’élève Gaspard de Glandevès, sieur de Nozielles. Ce gentilhomme provençal, véritable hercule, devient rapidement le meneur de ce qui a été appelé la Fronde marseillaise. Lors des manifestations de rues, Guillaume et ses nouveaux amis participent activement à l’insurrection, surtout Lou Rousset et son compère. Pendant une de ces émeutes, alors qu’ils sont coincés dans la foule, Constance est enlevée. Commence alors pour Guillaume une course poursuite pour retrouver celle qu’il considère comme sa fiancée putative.

Constance a été emmenée par ses ravisseurs jusqu’en Camargue, enfermée dans une vieille bâtisse. Elle parvient à s’échapper, tuant au passage l’un de ceux qui l’ont enlevée grâce à un objet qu’elle s’est fabriqué dans sa geôle. On notera au passage que les bustiers qui comprimaient le torse des jeunes femmes afin de les rendre plus minces et leur poitrine plus avenante peuvent se révéler fort utile dans certains cas. Au cours de son échappée, elle s’évanouit et est récupérée par une troupe de saltimbanques. Seulement elle a perdu l’usage de la parole.

Pourquoi ces malandrins ont-ils tentés d’assassiner Guillaume, le pourchassant impitoyablement, perpétrant un enlèvement le touchant dans son cœur ? Le motif est à chercher dans son enfance lorsqu’il a assisté, alors qu’il n’avait que dix ans, à un assassinat au cours d’un carnaval dans les rues d’Aix. Or l’un des meurtriers avait perdu son masque au cours de l’échauffourée et Guillaume avait aperçu son visage.

 

De juin 1659 jusqu’en mars 1660, la ville de Marseille a effectivement vécu les événements décrits dans le roman. Jean Contrucci a inséré une histoire de cape et d’épée et d’amour dans un contexte historique avec verve et rigueur. L’on retrouve certains des thèmes chers aux romanciers qui œuvraient dans ce genre littéraire, avec l’origine d’une vengeance remontant à quelques années avant le début de l’intrigue décrite, les chevauchées épiques, l’enlèvement d’une jeune fille, des femmes fatales, les spadassins masqués, les multiples rebondissements inhérents à ce genre d’histoire, des chassés-croisés et des personnages qui interfèrent pour le plus grand bonheur des lecteurs. On pourra par exemple mettre en parallèle le sauvetage de Constance (tiens, comme le prénom de madame Bonacieux dans les Trois Mousquetaires de Dumas) puis son adoption par des saltimbanques, ce qui lui permet de voyager incognito et de participer comme artiste de cirque, tout comme le fait Scaramouche dans le roman éponyme de Rafael Sabatini.

 

Cette Fronde marseillaise est un épisode de l’histoire de France aujourd’hui oublié, occulté des manuels scolaires. Pourtant, que d’enseignements les hommes politiques pourraient en tirer.

A Guillaume de Montmirail qui s’exclame : Mais enfin monsieur, m’expliquerez-vous ce qui se passe dans cette ville étrange pour mettre les gens en pareilles transes ? C’est à n’y rien comprendre ! Pourquoi le peuple de Marseille veut-il chasser les consuls que le Roi lui a donnés ? N’œuvrent-ils pas pour le plus grand bien de la cité ?

Philippe d’Orseul répond : Sans doute, mais là n’est pas la question. Vous avez dit le mot : ces consuls, le Roi les a donnés aux Marseillais. Autrement dit, imposés. Ils ne les ont pas choisis. C’est là leur moindre défaut. Cela est reçu comme une atteinte aux franchises dont Marseille bénéficie depuis des siècles. Cette ville entend s’administrer comme bon lui semble, avec des gens du cru, exclusivement. Cet échange pourrait alimenter de nombreux débats dans la vie politique actuelle, alors que des instances parisiennes veulent imposer aux électeurs des têtes de liste dont ils n’ont que faire. Mais ceci nous entraîne hors sujet.

 

C’est cet harmonieux mélange entre réalité et fiction qui prédomine et qui entraine le lecteur dans des aventures dont le peuple marseillais est le héros malheureux, volant presque la vedette aux personnages imaginés pour la bonne cause et aux protagonistes réels indélicats. Pas tous quand même. Ils ne sont pas tous à plonger dans le même sac à rebuts. La grandeur d’âme côtoie la noirceur d’esprit. A noter la figure ambivalente de Mazarin qui est bibliophile, une qualité à lui accorder.

Une lecture qui m’a ramené plus de cinquante ans en arrière, lorsque je lisais assidûment les romans signés Dumas, Féval père et fils, encore Zevaco et leurs épigones.

Jean CONTRUCCI : La vengeance du Roi-Soleil.

Jean CONTRUCCI : La vengeance du Roi-Soleil. Première édition Editions Jean-Claude Lattès. Parution mars 2013. 448 pages. 17,50€. Réédition Le Livre de Poche. Parution 10 juin 2015. 504 pages. 7,60€.

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 11:11

Toréador prends gaaaarde...

Robert CRAIS : Prends garde au toréador

Imaginez-vous, pendant quelques minutes, dans la peau d'un détective privé californien.

Par exemple vous vous appelez Elvis Cole, vous avez trente cinq ans, vous avez obtenu votre licence sept ans auparavant, et vous attendez le client, tranquillement installé dans votre bureau.

Physiquement vous êtes bien balancé puisque vous mesurez un mètre quatre-vingts pour quatre-vingt cinq kilos de muscles. De plus vous avez la langue bien pendue, vous ne dédaignez pas l'ironie, même si cela ne plait pas toujours à vos clients ou à vos adversaires. Que voulez-vous, chassez le naturel il revient au galop !

Maintenant que vous êtes imprégné de l'atmosphère, supposez que deux femmes investissent votre bureau. L'une, Ellen Lang, se plaint, gémit, tergiverse. Elle voudrait que vous retrouviez son mari, Mort, qu'elle aime encore, malgré quelques différents, mais aussi son fils Perry. Tous deux ont disparu, envolés, dans la nature, inscrits aux abonnés absents.

L'autre femme, qui se nomme Janet Simon, ne se laisse pas marcher sur les pieds, a la tête sur les épaules, possède le sens du commandement, et n'apprécie pas à sa juste valeur votre humour.

Que feriez-vous dans ce cas ?

D'accord le détective privé étant le chevalier moderne prêt à enfourcher son fougueux et vaillant destrier afin de sauver la veuve et l'orphelin des griffes des malandrins, vous vous attelleriez illico à cette noble tâche.

Elvis Cole va donc accepter cette mission, fouiner, recevoir des gnons, découvrir un trafic de drogue, côtoyer quelques producteurs et imprésarios miteux hollywoodiens, et même faire la connaissance d'un toréador pour qui la vie est une vaste arène, et ses adversaires, des taureaux plus ou moins combattifs.

 

Prends garde au toréador de Robert Crais est un honnête roman mettant en scène un honnête privé californien, situation qui depuis des décennies fait les choux gras de bon nombre d'auteurs de romans noirs américains;

Un roman un peu longuet sauvé par son humour en demi-teinte et par les derniers chapitres menés tambour battant.

 

Robert CRAIS : Prends garde au toréador (The Monkey's Raincoat - 1987. Traduction de Paul Kinnet). Série Noire N°2159. Parution novembre 1988. 320 pages.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 12:06

N'y voyez aucune connotation religieuse !

Franklin JAMES : La môme Casse-burettes

Dans le train qui la conduit du Texas jusqu'à Chicago, Madelon Richards, dite Mickey, pense.

En cette année 1945, elle n'a que vingt-cinq ans et a déjà connu des nombreuses expériences plus ou moins malheureuses. Elle vient de passer un an chez son père à dresser ses chevaux. Et elle se rend à Chicago vérifier la comptabilité et les affaires fiscales du Silver Star, l'affaire dont elle est propriétaire avec Rickey, une sorte de complexe hôtelier avec aérodrome, fournissant également des plats à l'usine d'armement sise non loin.

Mickey pense. A sa mère et à sa fille de six ans, installées en Suisse, à ses deux maris, Victor le premier et père de la fillette de six ans, décédé, et surtout à Rickey, porté disparu à Burma (le nom anglais de la Birmanie) deux ans auparavant.

Un mauvais rêve s'est imposé dans son esprit peu de temps auparavant lors d'une période d'endormissement. Muée en sergent de ville, poursuivie sur la plage de Coney Island par des bucherons, chevauchant des enfants, s'aplatissant dans le sable et entendant l'un des gamins s'écrier : Sa tête est partie.

Heureusement son voisin, un marin, lui fait la causette, lui parlant de jazz et surtout d'un orchestre dirigé par Charlie Carlin.

Elle s'installe au Duchesse de Kent, où elle est accueillie comme une princesse par le directeur qui la connait bien avant se rendre au cabinet d'avoués dont le juge Purnell qui gèrent ses affaires. L'un des associés possède des intérêts dans l'affaire, mais Purnell se demande pourquoi Mickey garde celle-ci. C'est par pur sentimentalisme affirme-t-elle. A ce moment se produit l'intrusion d'Hiram Bolter qui annonce la mort d'Otto Schubert.

Panique à bord car Otto a été retrouvé décapité dans la chambre froide des cuisines où il officiait comme cuisinier hors pair. Le rêve, ou cauchemar de Mickey est concrétisé. Elle connaissait Otto de longue date, car il avait été auparavant employé chez sa mère. Hiram lui est le comptable de la société. Selon lui Otto était net, mais des hommes louches trainaillaient le soir sur le parking du Silver Star.

La police est prévenue, et Mickey, en fouinant dans la chambre froide s'aperçoit que les carcasses de bœufs ne sont pas estampillées. Les restrictions ont cours aux Etats-Unis, à cause de la guerre. Elle se demande donc si un trafic de viande au marché noir n'aurait pas été organisé. Tandis que les flics se demandent eux si Otto n'aurait pas eu des accointances avec un parti nazi américain, ses origines ne plaidant pas pour lui. Il s'était réfugié aux USA un peu avant la guerre fuyant le régime imposé par Hitler.

Mais il faut penser avant tout à satisfaire la clientèle, qui vient se délasser au son de l'orchestre de Charlie Carlin deux fois par semaine, et déguster les petits plats qui seront préparés, suite à la défection inopinée d'Otto, par la femme de Johnson, l'homme de confiance.

 

Policiers municipaux, du comté, le FBI et des représentants du fisc ou encore du Ravitaillement, vont grenouiller entre les jambes de Mickey, extrapolant toutes les suppositions, tandis que des patrons de boites de jeu, des malfrats, des musiciens, des individus peu recommandables et d'autres qui le sont un peu plus s'interposent essayent de s'interposer dans ses affaires.

Mais Mickey, malgré son jeune âge, n'est pas née de la dernière pluie, et elle ne s'en laisse pas conter ni compter. Pour preuve elle balance du 18e étage de la chambre qu'elle occupe un individu peu estimable, et ce sans barguigner. Elle fume et boit de pleins verres de Bourbon whisky et de scotch ainsi que d'autres mixtures qui s'accommodent fort bien avec sa gorge, son estomac et sa faculté de raisonnement.

Un roman un peu fouillis, alambiqué, complexe comme certains des romans de Peter Cheney, dans lequel le rôle des divers protagonistes n'est pas toujours bien défini. Et l'alcool coule à flots.

A noter que Mickey Richards, l'héroïne, est la narratrice et s'exprime à la première personne.

 

Hélène Hécat, a également traduit pour les Editions du Scorpion et la Série Noire des romans de James Hadley Chase, William Peter McGivern et Catherine L[ucille] Moore.

Vous êtes la plus jolie femme du monde mais vous ne cherchez pas à en tirer avantage. J'ai toujours désiré une femme qui serait capable de se comporter en homme... une fois sortie du lit.

Franklin JAMES : La môme Casse-burettes (Killerin the kitchen. Traduction de Hélène Hécat). Collection Les Romans Noirs. Editions du Scorpion. 4ème trimestre 1949.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 08:23
Teri WHITE : Quand faut y aller...

Quand faut y aller, faut y aller

Il faut boire le vin quand il est tiré...

Teri WHITE : Quand faut y aller...

Ancien flic new-yorkais, Brian Murphy passe sa retraite en Californie.

Une retraite anticipée due à un accident cardiaque. Mais il s'ennuie et son naturel policier reprend parfois le dessus. Ainsi le jeune homme qui tous les jours se repose sur un banc, face au Pacifique, et reste des heures sans bouger, sans parler, sans même remarquer les jolies filles plus ou moins dénudées qui passent devant lui, ce jeune homme l'intrigue.

Brian Murphy ne peut s'empêcher d'engager la conversation et entre les deux hommes va naître comme une certaine amitié avec cependant une certaine réticence de la part de l'ex-voyou, puisque Tray Detaglio, c'est le nom du jeune homme, sort de prison.

A Los Angeles, dans un autre quartier, vivent deux anciens détenus, Chris et Dwight, en liberté conditionnelle, qui ne rêvent que trésors et voyages au Mexique. Mais pour ce faire, il faut de l'argent, beaucoup d'argent, et ce n'est pas en réalisant de petits braquages minables que leur cagnotte s'arrondira.

Rien ne prédisposait à ce que Chris et Dwight d'un côté, Brian et Tray de l'autre, se rencontrassent un jour. Rien sauf Kathryn qui va servir de catalyseur aux quatre hommes.

Et on ne peut pas dire que cette rencontre va engendrer embrassades, tapes amicales et franches rigolades. Ce serait plutôt une rencontre explosive.

Mais n'anticipons pas trop et laissons le plaisir de la découverte de cette histoire et de son dénouement.

Plaisir quelque peu tempéré, je dois l'avouer, à cause d'un préambule un peu trop longuet à mon avis.

En effet l'action est lente à démarrer et ce n'est que petit à petit que l'histoire se met en route pour heureusement quitter son côté statique et enfin aborder le vif du sujet. Le début est assez soporifique mais le dénouement rondement mené. Une compensation. Ce qui est préférable aux romans dont le début est prometteur mais qui ne tiennent pas la distance.

A classer dans les romans Diesel.

Teri WHITE : Quand faut y aller...(Fault Lines - 1988. Traduction de Daniel Lemoine). Série Noire N°2156. Parution novembre 1988. 288 pages. 7,10€.

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 11:11

Hommage à Robin Cook décédé le 30 juillet 1994.

Robin COOK : Le mort à vif.

Au service des décès non éclaircis, l'A 14 dit aussi l'Usine, le sergent anonyme dont nous avons pu suivre quelques enquêtes dont J'étais Dora Suarez paru dans la même collection, est un flic marginal, en butte avec son chef Charlie Bowman de la Crime.

Sa femme a balancé la poussette de sa gamine sous une voiture et depuis elle végète dans un asile. C'est peut-être pour cela que notre policier revoit de temps en temps Firth, un flic révoqué de la police à cause de sa propension à ingurgiter trop d'alcool. Mais Firth s'il a sombré dans l'éthylisme n'en a pas moins gardé ses réflexes de policier et c'est ainsi qu'il met notre personnage sur la piste d'un tueur en série.

Il est intrigué par le locataire du troisième étage de son immeuble, lequel voisin déjà âgé et dépourvu de charme, change régulièrement de conquêtes féminines. Des veuves ou des jeunes filles prolongées dont le seul attrait semble être l'aisance matérielle. Seulement ce voisin énigmatique possède trop de patronymes pour être honnête.

Par des moyens pas toujours légaux, notre policier va tenter de confondre le présumé assassin mais il est en butte avec ses chefs qui ne comprennent pas son entêtement, préférant lui confier des enquêtes officielles.

 

Ce roman s'inscrit, par hasard, dans une nouvelle mode littéraire dans laquelle les Serial Killers prennent une part prépondérante.

Mais Robin Cook veut aller plus loin dans l'analyse, la compréhension de ceux qui tuent, pas forcément par plaisir mais surtout par besoin. Besoin de s'extérioriser, de se venger inconsciemment, de s'affirmer à leurs propres yeux.

L'enquête en elle-même sert de support à cette analyse, cette introspection du crime non organisé, non soumis à ce que l'on pourrait appeler les professionnels, bandits confirmés et autres truands de haute volée.

Sous la plume de Robin Cook, le roman noir prend une autre dimension, celle de la psychanalyse fondamentale d'un fait de société. On ne doit pas se cacher les yeux, faire l'autruche devant la multiplicité de ces crimes, mais au contraire les disséquer pour mieux les comprendre et peut-être les prévenir.

 

Robin COOK : Le mort à vif.

Robin COOK : Le mort à vif. Traduction de Jean-Paul Gratias. Collection Rivages Thriller. Editions Rivages. 230 pages. Parution décembre 1993. Réédition Rivages/Noirs N°241. Parution avril 1996. 320 pages. 8,65€.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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