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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 06:07

Un remarquable bouquet de Lupin...

Paul GAYOT & Jacques BAUDOU : Dictionnaire de Lupinologie. Arsène Lupin dans tous ses états.

Lupin, Arsène de son prénom, tout le monde connait, ne serait-ce que par les adaptations cinématographiques et télévisuelles de ses aventures. Des adaptations par ailleurs fort controversées, aussi bien dans la réalisation, les scénarios, que dans le choix des comédiens interprétant notre Gentleman cambrioleur national. Ceci n'est qu'affaire de goût, et les scripteurs des deux articles concernant le cinéma et la télévision fournissent leurs appréciations auxquelles on adhère, ou pas.

Plus qu'un dictionnaire, cet ouvrage pourrait s'apparenter à une encyclopédie lupinienne, s'intéressant de A, comme Aiguille d'Etretat, à Z comme Zoologie.

Comme le précisent les deux auteurs dans leur avant-propos, Que le lecteur ne s'attende pas à ce que le présent ouvrage soit un Dictionnaire Arsène Lupin. Le gentleman-cambrioleur a déjà eu son Emile Littré avec Jacques Derouard, auteur de deux dictionnaires parus aux éditions Encrage. Le propos développé ci-après est différent : s'il concerne évidemment Arsène Lupin, il traite surtout de ce pourquoi celui-ci n'est au fond qu'un prétexte : la lupinologie. Une recherche savante et inutile car purement désintéressée et dégagée des contingences universitaires ou commerçantes.

Il s'agit donc d'effectuer un recensement d'études éparpillées un peu partout, dans des revues difficilement accessibles, pour diverses et multiples raisons, ces revues (et fanzines) ayant le plus souvent bénéficié d'un tirage réduit. Et encore fallait-il les connaître afin d'adhérer à ces associations qui les publiaient. Profitons-en pour signaler l'existence de l'Association des Amis d'Arsène Lupin, qui édite l'Aiguille preuve, bulletin qui a succédé à l'Aiguille creuse, plus un bulletin d'actualités, L'Echo de France, plus un blog et une page Facebook sur Internet. On peut adhérer et s'abonner en écrivant à l'association des Amis d'Arsène Lupin, 4 boulevard du Président Coty. 76790 Etretat, pour la somme de 39,00€.

Le site : http://aaal.hautetfort.com/

 

Cela précisé, passons au contenu que l'on peut grappiller comme on pioche dans les différents plats qui sont proposés lors d'un buffet garni, ou le dévorer page après page, article après article, dans une lecture linéaire.

Dans l'article intitulé Des Astres, les deux complices reviennent sur différentes études selon lesquelles la figuration de La Grande Ourse serait semblable à un document qui aurait inspiré Maurice Leblanc, la carte des abbayes installées par Colomban sur l'emplacement d'anciens dolmens. De même l'emplacement des immeubles construits par L. Destanges dans Herlock Sholmès arrive trop tard serait, selon Bernard Côme, une spéculation stellaire de la Grande Ourse.

Tout comme l'avait fait Conan Doyle pour Sherlock Holmes, Maurice Leblanc aurait évoqué des aventures qui n'ont pas été écrites et qui font l'objet d'une recension, de même que les voyages qu'a été censé effectuer son héros.

Sont présentés également les inspecteurs Ganimard et Béchoux, Isidore Bautrelet, Dorothée danseuse de corde, ainsi que les nombreuses identités d'Arsène Lupin, et des écrivains qui ont eu des relations post-mortem avec Maurice Leblanc ou Arsène Lupin. Parmi ceux-ci, Jacques Bens, Boileau-Narcejac et principalement Thomas Narcejac auteur de pastiches fort réussis des aventures du gentleman cambrioleur, Francis Lacassin, ou encore Michel Lebrun, auteur d'un texte peu connu, Ma vie est un roman, hommage qui fut réédité en 1982 par la Maison de la Culture de Reims. Michel Lebrun qui est également l'auteur d'un Décalogue publié entre autre dans la revue Europe N°604/605 d'août/septembre 1979, qui était consacrée à Arsène Lupin. Dans ce même article Michel Lebrun recensait les imitateurs, émules et épigones d'Arsène Lupin.

Un article intitulé Contrepets s'attache à recenser quelques tournures de phrases dans lesquelles se seraient glissées des contrepèteries. Or, si l'on étudie attentivement tous les textes des romanciers, on peut retrouver des tournures similaires qui sont glissées soit par inadvertance, soit sciemment. Et bien évidemment, lorsqu'un Quai est évoqué, il faut l'associer immédiatement à un mot qui comporte la syllabe en U. Par exemple Tu te trouveras dans une rue perpendiculaire au quai. (La femme aux deux sourires). Une déviance qui a fait le bonheur des chansons paillardes du début du XXe siècle avec notamment Le trou de mon quai chanté en 1928 par Dranem et reprise en 1971 par Les Charlots. Pour ceux qui ne connaissent pas, en voici un petit extrait :

Y a un quai dans ma rue

Y a un trou dans mon quai

Tu pourras sans t'déranger

Voir le quai de ma rue et le trou de mon quai.

Et bien entendu Il court, il court le furet (Victor de la Brigade mondaine) renvoie à une célèbre comptine enfantine qui n'était pas si sage. Mais là, je vous laisse décrypter.

Les auteurs reviennent sur certains articles parus ici et là, les compilent, les analysent, en démontrent parfois l'aspect quelque peu farfelu, des élucubrations qui veulent à tout prix démontrer ce que le rédacteur a voulu prouver, mais qui en fin de compte ne prouvent rien. Jubilatoire, amusant, distrayant, intéressant et qui nous change des ouvrages barbant.

Je passe sous silence bien d'autres articles captivants et édifiants, à des titres divers mais que vous découvrirez sûrement avec intérêt.

Ce Dictionnaire de Lupinologie, ou cette Encyclopédie, ravira tous ceux qui professe envers le célèbre Gentleman-Cambrioleur une forme d'affection, une nostalgie anarchisante à mettre aux côtés des exploits de Robin des bois et autres serviteurs des pauvres au détriment des plus nantis. Un ouvrage qui donne envie de lire ou relire les aventures d'Arsène Lupin, pour le plaisir.

 

Paul GAYOT & Jacques BAUDOU : Dictionnaire de Lupinologie. Arsène Lupin dans tous ses états. Bibliothèque d'Abdul Alhazred N°16. Editions Œil du Sphinx. Parution 31 juillet 2016. 250 pages. 20,00€.

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 06:07

Edgar Allan a-t-il eu du Poe ?

Revue Le Rocambole N°77 : Retours sur Edgar Poe.

Considéré comme le précurseur du roman policier, Edgar Poe n'a vécu que quarante ans, et il est mort dans des conditions qui n'ont toujours pas été éclaircies.

En effet retrouvé inanimé dans une rue de Baltimore le 3 octobre 1849, il est décédé sans avoir repris connaissance le 7 octobre le même année.

Il avait à son actif un roman, soixante-douze nouvelles, de très nombreux poèmes, sans compter les essais et critiques littéraires, des articles divers et une correspondance abondante. Mais ce dossier consacré à Edgar Poe ne se veut pas, comme le souligne Daniel Compère dans son article-introduction, Retours sur Edgar Poe, une présentation générale de l'œuvre de cet écrivain et surtout nouvelliste qui aura touché à toutes les formes de la littérature populaire. Aujourd'hui considéré comme un écrivain classique il n'aura jamais obtenu le statut de Populaire malgré son souhait.

Car, et toujours selon Daniel Compère, Par bien des points il (Edgar Poe) est proche des romanciers populaires. D'abord, il s'éloigne de la conception de son époque pour qui la littérature est encore une pratique élitiste, un passe-temps : il est un mercenaire de l'écriture et cherche à en vivre.

On pourrait émettre éventuellement une comparaison avec notre époque, car les romanciers jugés populaires, gros vendeurs, ne sont pas toujours considérés comme de véritables écrivains. La renommée devenant suspecte, alors que bon nombre d'auteurs aimeraient profiter de cet engouement pour vivre décemment de leur plume. Mais ceci est un autre sujet.

Le dossier Edgar Poe aborde donc des aspects moins connus, voire méconnus de l'œuvre d'Edgar Poe, et vise à explorer des points inédits. Ou à les compléter, tel l'article de François Rahier, chroniqueur littéraire et auteur de science-fiction, qui amène des éléments nouveaux sur L'étonnante aventure de L'assassinat de la rue Saint-Roch d'Alexandre Dumas. Et il met en parallèle les adaptations théâtrales et autres de romans, ou inversement, qui ont pu être effectuées, entre Dumas, Fenimore Cooper, ainsi qu'il évoque les nombreuses recherches ou découvertes liées au hasard, concernant des manuscrits, entamés parfois par Dumas mais pas terminés pour diverses raisons. Affabulation, pastiche, ou autre, toutes les hypothèses sont recevables. D'autant que de nombreux mystères entourent encore l'œuvre de Dumas, et Claude Schopp, le spécialiste dumassien, maître incontesté en la matière affirme que Dumas aurait narré sa rencontre avec Poe dans ses Mémoires, si tel avait été le cas. Mais il arrive aussi parfois à Claude Schopp de se tromper, par exemple lorsqu'il a attribué à Dumas Le roman de Violette, avec une longue préface à la clé, édité au Mercure de France en mars 1992. Or il s'avère que ce roman sulfureux a été écrit par la Marquise de Mannoury d'Ectot, identité déjà avancée mais non retenue par Claude Schopp.

Thierry Chevrier revient sur la période au cours de laquelle Edgar Poe et Mayne Reid [furent] complices à Philadelphie en 1843. Il insère un document dans lequel Mayne Reid remet les pendules à l'heure concernant les accusations injustes dont fut victime Poe, sans pourtant le porter au pinacle et tout en restant impartial : Je réponds à cette demande avec la ferveur que chacun mettrait à secourir la mémoire d'un homme soumise à la dégradante emprise de la calomnie. Loin de moi pour autant l'idée d'ériger Poe en parangon de la vertu, ni en modèle de l'homme parfait. Je souhaite simplement qu'on lui rende justice.

Pourquoi ces calomnies ? Tout simplement peut-être à cause de la jalousie de la part d'un journaliste qui lança des rumeurs reprises à bon compte par des personnes ne vérifiant pas les informations, entachant l'honorabilité d'Edgar Poe, système qui perdure encore.

Dans son article Edgar Poe et le récit policier, Daniel Compère place dans leur contexte historique et littéraire les nouvelles dites policières, et précise que l'affirmation selon laquelle Edgar Poe serait l'inventeur du roman policier ne serait ni fausse ni exacte, et il développe ses argumentations.

Jacques Baudou, célèbre pour les diverses anthologies et les nombreux essais qu'il a écrits sur Le vrai visage du Masque, Les métamorphoses de la Chouette, Les nombreuses vies de Maigret, de Miss Marple, sur les séries télévisées, développe dans un court article les Dernières survies d'Edgar Allan Poe, recensant les quelques romans mettant en scène ce poète et nouvelliste.

D'autres articles complètent ce dossier dont Cristallisation médiatique du récit criminel au XIXe siècle par Jean-Luc Buard, revenant sur les précurseurs puis les continuateurs de ce qui était dénommé à l'époque le roman criminel.

Hors dossier Edgar Poe, ce nouveau numéro du Rocambole nous propose les Varias et Chroniques habituels, soit la Revue des autographes par Jean-Pierre Galvan, Images de la femme chez le capitaine Danrit, militaire et écrivain qui a eu les honneurs du Rocambole N°74 intitulé Les guerres du Capitaine Danrit. Un article signé Marie Palewska.

Dans Les mines du Second rayon, Jérôme Serme de la Librairie Mompracem ( https://www.le-rayon-populaire.com/ ) analyse un roman peu connu d'un auteur tout aussi mystérieux : L'énigme de la rue Cassini de Georges Dombre. Peut-on apparenter Georges Dombre à un autre romancier, plus connu celui-là, Roger Dombre un pseudonyme derrière lequel se cachait Marguerite Sisson (1859 - 1914) ?

Enfin, pour la bonne bouche, deux nouvelles sur lesquelles je me suis précipité, comme à chaque numéro du Rocambole :

La Fouine de Marie Aycard (1794 - 1859), qui malgré son prénom féminin était un homme (mais ceci était fréquent à une certaine période. Le célèbre amiral de Tourville par exemple se prénommait Anne-Hilarion !). Une nouvelle qui date de 1841.

Calibre 7 par E.-A. Spoll, nom de plume d'Edouard-Auguste Leprieur-Accoyer (1833 - 1913 ?). Cette nouvelle a été publiée en 1886.

Ces deux charmantes nouvelles, qui n'ont guère subi les effets de l'âge, sont agréablement présentées par Jean-Luc Buard, essayiste, collectionneur, collaborateur de nombreuses publications, bibliographe, spécialiste de la littérature conjecturale liée aux arbres anthropophages (et pas seulement la fiction!), membre de l'Association des Amis du Roman Populaire... Chercheur infatigable et érudit, il puise dans les fonds des journaux, revues,... souvent négligés.

On lui doit la (re)découverte de nombreux textes dont certains qu'on croyait mythiques comme Le Gorilloïde et autres contes de l'avenir d'Edmond Haraucourt publié dans la Collection “Périodica” n° 20 aux Editions “Apex” en 2001 (tirage limité à 250 exemplaires) et il alimente régulièrement la rubrique "Les Contes du Rocambole". Informations empruntées au site :

http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/).

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 07:58

 

Sommaire de l'année 2016.

Liste des auteurs et de leurs ouvrages recensés sur le blog par ordre alphabétique.

Archives 2016

Cliquez sur la ligne de l'auteur qui vous intéresse et vous accéderez facilement à la chronique du roman :

A

 

ABEL Barbara : L'innocence des bourreaux.

AMOZ Claude : Dans la tourbe.

AMOZ Claude : Bois-brûlé.

ANGLEDROIT Cicéron : Soit Zen et tue-le.

ANGLEDROIT Cicéron : Qui père gagne.

ANGLEDROIT Cicéron : Fallait pas écraser la vieille.

ANGLEDROIT Cicéron : Nés sous X.

ARBOS Ange : La tour du silence

ARCHAIMBAULT Jean-Michel : Perry Rhodan, Lecture des textes. ARNAUD Georges-Jean : Les gardiennes.

ARNAUD Georges-Jean : La défroque

ARSENEVA Elena : L'énigme du manuscrit.

AUBENQUE Alexis : Tout le monde te haïra

AUBENQUE Alexis : Tu ne manqueras à personne

AYERDHAL : Bastards

AYERDHAL : Scintillements.

 

B

 

BABLON Jacques : Rouge écarlate

BANNALEC Jean-Luc : Les marais sanglants de Guérande

BARONIAN J.-Baptiste : La nuit, aller-retour

BARRELLON Nils : La position des tireurs couchés.

BARRELLON Nils : La lettre et le peigne.

BAUDOU Jacques : Au grenier des sortilèges

BAUDOU Jacques : Mystère, mystère

BELLET Alain : Aller simple pour Cannes

BENSA Mathilde : Aux enfants du Nord

BERGAL Gilles : Dérive (Le clone triste et le rire du klone)

BIALOT Joseph : Votre fumée montera vers le ciel.

BIZIEN Jean-Luc : Vent rouge. Katana 1.

BLAKE Nicholas : Que la bête meure

BLANCHARD Christian : Les orpailleurs de la fosse.

BLOCH Robert : La nuit de l'éventreur

BLOCK Lawrence : L'homme qui comptait les cuillères.

BOILEAU-NARCEJAC : La main passe

BOILEAU-NARCEJAC : J'ai été un fantôme

BORNAIS Gilles : Le diable de Glagow

BORNAIS Gilles : Une nuit d'orage

BOSCO Jacques-Olivier : Quand les anges tombent

BOSCO Jacques-Olivier : Loupo

BOUIN Philippe : L'homme du paradis

BOUQUIN Jérémy : Echouée

BOUQUIN Jérémy : Sois belle et t'es toi !

BOUYSSE Franck : Grossir le ciel

BOUYSSE Franck : Plateau

BRETT Simon : Les coulisses de la mort.

BRIN David : Le facteur

BRIXTEL Gaëtan : Bad trip

BRIXTEL Gaëtan : Le pari

BRON Alain : Le monde d'en-bas.

BROWN Fredric : La mort a ses entrées

BRUSSOLO Serge : L'Enfer, c'est à quel étage ?

BUAN Hugo : La nuit du tricheur.

BUAN Hugo : Hortensias blues.

BUAN Hugo : Cézembre noire.

BUAN Hugo : L'œil du singe.

BUSSI Michel : Le temps est assassin

BUNKER Edward : Aucune bête aussi féroce.

 

C

 

CAMUS Jean-Christophe : Simenon avant Simenon : Les années de journalisme.

CAMUS Jean-Christophe : Simenon avant Simenon : Les années parisiennes.

CARIO Daniel : Les chemins creux de Saint-Fiacre

CARR John Dickson : Services des affaires inclassables

CARR John Dickson : Patrick Butler à la barre.

CATTAN Olivia : Identités contraires.

CHARLES Claude : Léo, tout faux

CHEFDEVILLE : L'amour en Super 8

CLUYTENS Lucienne : Amandine et les brigades du Tigre

COLLECTIF : Daniel Riche présente Futurs antérieurs.

COLLECTIF : Trois autres romans érotiques de La Brigandine...

COLLECTIF : Mortelles primaires.

COLLECTIF : Le Poulpe court toujours.

COLLECTIF : Malpertuis VI anthologie de Thomas Bauduret

COLLECTIF : Les mondes de Masterton. Anthologie de Marc Bailly

COLLECTIF : Frédéric Prilleux présente Les Hommes en noir

COLLECTIF : Les trésors de Baskerville (Présentation J.D. Brèque)

COLLINS Max Allan : Pas de pitié pour ceux qu'on aime.

COLLINS Max Allan : Dick Tracy ; cette année là ils veulent ta peau

CONTRUCCI Jean : Rendez-vous au moulin du Diable.

CONTRUCCI Jean : La ville des tempêtes.

COOK Robin : J'étais Dora Suarez

CORBEL Marek : En proie au labyrinthe. La lutte.

CORBEL Marek : En proie au labyrinthe : La tourmente.

COUTURIAU Paul : Boulevard des ombres

 

D

 

DAENINCKX Didier : La mort n'oublie personne

DARD Frédéric : Kaput, un tueur (La dragée haute)

DARD Frédéric : Coma.

DARNAUDET Boris : Chroniques cruelles d'hier et de demain.

DARNAUDET & ELRIC : Witchazel et le sort du Wlouf.

DARNAUDET & ELRIC : Witchazel contre le démoniaque Onyribilis.

DARNAUDET François : Quartier bleu.

DARNAUDET François : Le club des cinq fous (Le retour du taxidermiste)

DARNAUDET François : L'homme qui valait des milliards

DARVEL Robert : Harry Dickson 1

DARVEL Robert : Harry Dickson 2.

DARVEL Robert : L'homme qui traversa la Terre.

DELTEIL Gérard : Tchernobagne

DELTEIL Gérard : Du sang sur la glasnost

DELTEIL Gérard : Pièces détachées

DELZONGLE Sonja : Quand la neige danse

DEMETZ Jean-Marc : Chrysalide

DEMOUZON Alain : N'importe où avec une fenêtre.

DESAUBRY Jeanne : Le Roi Richard

DEVOIS Marie : Gauguin mort ou vif.

DHARMA Samuel : Nécromancies.

DOYLE Arthur Conan : La maison vide précédée du Dernier problème.

DOYLE Arthur Conan : La grande ombre.

DOZSA Michel : Le calvaire des innocents.

DRESCH Michel : Le plasticien

DUMAS Alexandre : Madame et la Vendée.

DUMAS Alexandre : Contes et légendes des grands chemins.

DUMAS Alexandre : Voyage au Caucase.

DUMAS Alexandre : Voyage en Russie

DUMAS Alexandre : Le docteur mystérieux

DUPLESSIER Nicolas : Eté pourri à Melun plage.

DUPUY Lionel : En relisant Jules Verne

DUPUY Marie-Bernadette : Un festival meurtrier.

DUPUY Olivia : Sur paroles

 

E

 

EMBARECK Michel : Jim Morrison et le diable boiteux.

ERIS Patrick : Les arbres, en hiver.

EGEMAR Béatrice : Le Fard et le Poison

ELLENA Yves : Radio corbeau

ERIS Patrick : Le seigneur des mouches

ERIS Patrick : Le chemin d'ombres

ERIS Patrick : Ceux qui grattent la terre.

 

F

 

FARRIS John : La forêt sauvage.

FAVARD Jean-Pierre : L'Ombre noire.

FLAGEUL : Fantôme de mer.

FLAGEUL : Jagu.

FRADIER Catherine : Ballon

FRANCIS Dick : Adjugé !

FREMION Yves : Ronge

FOURNEL Paul : Avant le polar.



 

G

 

GALLERNE Gilbert : Teddy est revenu.

GALLERNE Gilbert : Les fils du tyrannosaure

GARCIA Bob : L'Ipotrak noir.

GARCIA Bob : Duel en enfer.

GARCIA Bob : Le testament de Sherlock Holmes.

GARDEBLED Serge : Sans homicide fixe.

GARNIER Pascal : Laisser nous nos Bonnot.

GARNIER Pascal : Les hauts du bas.

GERRARD Paul : La chasse au dahu

GERRARD Paul : Le masque de verre

GILLIO Maxime : Les disparus de l'A16

GOUIRAN Maurice : Qui a peur de Baby Love ?

GOUIRAN Maurice : Maudits soient les artistes

GREG : Le crime de Saint-Anastase

GRISOLIA Michel : L'amour noir.

GUILHOT Brigitte : Soluble.

 

H

 

HALTER Paul : La toile de Pénélope.

HAMBLY Barbara : Les murs des ténèbres.

HAUCHECORNE Anthelme : Journal d'un marchand de rêves.

HERAULT P.J. : La fédération de l'amas.

HAYDER Mo : Viscères

HEYER Georgette : Meurtre d'anniversaire.

HOLIN James : Un zéro avant la virgule.

HORNUNG E.W. : Raffles, cambrioleur amateur.

HORNUNG E.W. : Docteur Crime.

HOWARD Robert E. : Almuric.

HOWARD Robert E. : Solomon Kane.

HUET Philippe : La poubelle pour aller danser

 

J

 

JAMES P.D. : Par action et par omission.

JAMES P.D. : Sans les mains.

JANOUIN-BENANTI Serge: Mes crimes en Berry.

JANOUIN-BENANTI Viviane : Le grenier magique.

JANSON Hank : Faut pas crier, chérie !

JAOUEN Hervé : L'allumeuse d'étoiles.

JAOUEN Hervé : Connemara Queen.

JONQUET Thierry : La bête et la belle.

JOY Malicia : Casanova. Bellami 1

JUNG Didier : Disparu

 

K

 

KÂÂ/CORSELIEN : Corps et liens2.

KÂÂ : On a rempli des cercueils avec des abstractions

KAAN Jess : Le secret de la petite demoiselle

KAMINSKY Stuart : Et le diable rencontra la femme

KASSAK Fred : Une chaumière et un meurtre

KEATING H.R.F. : Un cadavre dans la salle de billard.

KOONTZ Dean R. : Les étrangers.

KOURILSKY Olivier : L'étrange Halloween de M. Léo

KURTZ Stan : Série B 1/6

KY : Pour le roi de PrusseLAMBESC Michel : La Horse.

L

 

LACASSIN Francis : La vraie naissance de Maigret

LAGUERRE Philippe : Manhattan Marylin

LE BRETON Auguste : Du rebecca chez les Aristos

LEBRUN Michel : Sex-voto

LEBRUN Michel : Les rendez-vous de Cannes

LECAYE Alexis : Julie Lescaut.

LECOCQ Jean-Michel : Les bavardes.

L'ECOTAIS de Yann : Mortelles cliniques.

LEDUN Marin : Luz.

LE MER Françoise : Le faucheur de Menez-Hom.

LENORMAND Frédéric : Madame la marquise et les gentlemen cambrioleurs.

LENORMAND Frédéric : Docteur Voltaire et Mister Hyde

LEROUX Gaston: La poupée sanglante.

LEVAVASSEUR Jean-Noël : Herman dans les dunes

LEWIS Roy Harley : Mémoires maléfiques.

LIGNY Jean-Marc : La Roche au démon.

LIVINGSTONE J.B. : Crime au festival de Cannes

LORIOT Noëlle : Meurtrière bourgeoisie.

LOSFELD Marie-Pierre : Si loin...

LOUBIERE Sophie : Petits polars à l'usage des grands.

LOUBIERE Sophie : White coffee.

LOVESEY Peter : Un flic et des limiers.

LOVESEY Peter : Cidre brut

LUMB Patricia : Lady Blood à Tokyo.

 

M

 

MACBIRD Bonnie : Une affaire de sang

MACQUET Jean-Christophe : Un Américain sur la Côte d'Opale

MALTE Marcus : Carnage constellation.

MALTE Marcus : Le Garçon.

MALTERE Céline : Le cabinet du Diable

MANTESE Laurent : Pont-Saint-Esprit, Les cercles de l'enfer

MARCELLE Pierre : Conduite intérieure

MARGOLIN Phillip M. : Les heures noires

MARSH Richard : La femme dans la voiture.

MARTIN Roger : Il est des morts qu'il faut qu'on tue

MARTIN & OTERO : Les canyons de la mort

MARTIN & OTERO : Les bayous de la haine

MARTIN & OTERO : Les neiges de l'Idaho

MEHDI Cloé : Rien en se perd.

MARTINEAU Sandra : Dernière escale

MASTERTON Graham : Le portrait du mal

MAZARIN Jean : Handschar

MAZARIN Jean : Il va neiger sur Venise

MAZARIN Jean : Sus aux pointus

MC INERNY Ralph : Chambre froide

MENDOZA Edouardo : La ville des prodiges

MICHOTTE Yvan : Louise des ombres.

MIZIO Francis : Twist tropique.

MOATTI Michel : Retour à Whitechapel

MONDOLONI Jacques : Fleur de rage ou le roman de mai

MORRIS - DUMOULIN Gilles : Paris sera toujours pourri

MOSLONKA Michaël : Cette personne qui n'aimait pas les chiens

MOURGUE Muriel : Montego Bay

MURPHY J.J. : Le cercle des plumes assassines.

MURPHY J.J. : L'affaire de la belle évaporée.

 

N

 

NOZIERE Jean-Paul : Des manches et la belle.

NOZIERE Jean-Paul : Les enquêtes de Slimane.

NOZIERE Jean-Paul : Maman, j'ai peur

 

O

 

OBIONNE Max : Scarelife.

OBIONE Max : Caramel dur

OBIONE Max : Barouf

OBIONE Max : Reine des neiges et autres gens d'ici

OLLIVIER Mikaël : Frères de sang.

OLLIVIER Mikaël : Tu ne sais rien de l'amour.

OTSIEMI Janis : African tabloïd

 

P

 

PAGEL Michel : Le diable à quatre

PAGEL Michel : Le club

PAGEL Michel : Orages en terre de France

PAGEL Michel : Les antipodes.

PALACH Jean-Marie : Sabre d'or.

PALACH Jean-Marie : Justice céleste

PALACH Jean-Marie : Du sang sur le tapis rouge

PARIS Alain : Sur l'épaule du Grand Dragon.

PELMAN Brice : La troisième victime.

PELOT Pierre : Si loin de Caïn.

PELOT Pierre : Le 16ème round

PELOT Pierre : La couleur de Dieu (Dylan Stark)

PERISSET Maurice : Les poignards de feu.

PETROSKY Stanislas : L'amante d'Etretat

PETROSKY Stanislas : Je m'appelle Requiem et je t'...

PIACENTINI Elena : Carrières noires

PONCET Thierry : Les guerriers perdus.

PONCET Thierry : Le sang des sirènes.

PONCET Thierry : Haig Le secret des Monts Rouges

PORTES Jean-Christophe : L'affaire de l'homme à l'escarpin.

POUY Jean-Bernard : La vie payenne

PROLONGEAU Hubert : L'assassin de Bonaparte

 

Q

 

QUADRUPPANI Serge : Y

 

R

 

RAHIER François : Le crépuscule du compagnon.

RAHIER François : L'ouragan des Enfants-Dieux.

RANNE G. Elton : New-York underwater

RAY Jean : La croisière des ombres.

RAY Jean : Les contes du whisky

RAYNAL Patrick : Une ville en mai

RAYNAL Patrick : En cherchant Sam

REBOUX Jean-Jacques : Je suis partout

REBOUX Jean-Jacques : L'esprit Bénuchot

REOUVEN René : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

RITCHIE Jack : Papa météo

RIVIERE François : Frédéric Dard ou la vie privée de San Antonio

ROBILLARD Chantal : Dimension Fées. Une anthologie.

ROCHER Dominique : La nuit des pantins.

ROY Sandrine : Lynwood Miller.

ROYER Carl : Femme de vikings

 

S

 

SADAUNE Roland : Apparences

SADAUNE Roland : Gisants les-Rouen

SAN-ANTONIO : Des dragées sans baptême

SAZIE Léon : Zigomar 1

SAZIE Léon : Zigomar 2

SCILIEN Eric : Comment réussir sa vie sans être une rock star.

SEMONT Christophe : Une danse avec le diable.

SERMONTE Jean-Paul : La tombe buissonnière de Georges Brassens

SIMENON Georges : Le Petit Docteur.

SIMENON Georges : Les dossiers de l'Agence O.

SINIAC Pierre : Le crime du dernier métro

STEINLING Geneviève : Partir pour revenir.

STEINER Kurt : Le seuil du vide.

SUTRA Samuel : Les deux coups de minuit.

SUTRA Samuel : La mort dans les veines

SYLVAIN Dominique : Kabukicho.

 

T

 

TAOKAO Léonard : Des basses et débâcle

TARVEL Brice : Morgane. Le château des somnambules.

TARVEL Brice : Morgane Ceux du soupirail

TERREL Alexandre : Le croque mort s'en mord les doigts

THIRION : Jan : Xotic

THIRION Jan : Sextoy made in China

THIRION Jan : Les Lucioles

THOMAS Louis C. : Des briques en vrac

TOUCHANT Jean-Louis : Le train vert-de-gris

TRIGODET Frédérique : Même si tu revenais

TRIGODET Frédérique : Le Pavillon d'été

 

U

 

UPFIELD Arthur : L'homme de deux tribus.

 

V

 

VALCQ Philippe : Le diamant jaune.

VANCE Jack : Un plat qui se mange froid.

VANCE Jack : Charmants voisins.

VARLE Emmanuel : Dernier virage avant l'enfer.

VAST Patrick S. : Insoumis

VERDIER David : L'homme qui expliquait l'impossible.

VERNE Jules : Le pilote du Danube.

VERTEUIL Eric : Les horreurs de Sophie

VIDAL Gilles : Plus mort tu meurs.

VIDAL Gilles : Le sang des morts

VIDAL Gilles : Les sentiers de la nuit

VIGNERON Michel : Migrants Express

VILLARD Marc : Juarez 1911

VOLOT Frédérique : Toutes ces choses à te dire

VONNEGUT Jr Kurt : Nuit noire.

 

W

 

WHALE Laurent : Le manuscrit Robinson.

WHALE Laurent : Le manuscrit Robinson

WRIGHT L.R. : Le suspect.

 

Nick CARTER contre Dazaar, l'Immortel Maléfique.

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Published by Oncle Paul - dans Infos
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 10:47

Une année chasse l'autre, et c'est le temps des bonnes résolutions qui ne seront pas tenues la plupart du temps. Mais il n'est pas interdit de rêver !

2016 est mort, vive 2017 !

Première bonne résolution :

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année ! Evidemment, c'est ce que l'on dit ou écrit tous les ans, à la même période, et malgré tout, on s'aperçoit que les événements, politiques en général, n'exaucent pas ce souhait simple. Je ne reviendrai pas dessus, chacun en pense ce qu'il veut. Mais la faim dans le monde, les guerres, les acquis sociaux rognés, font partie des effets délétères que nous connaissons tous et l'on a beau croire que ça changera un jour, on s'aperçoit que nos hommes politiques régressent plus qu'ils avancent. Ce n'est que mon opinion, et je vous permets, pour une fois, de ne pas être d'accord avec moi.

 

Deuxième bonne résolution :

Ne jamais attribuer un coup de cœur à un roman. Le chroniquer est déjà en soi un coup de cœur même si parfois j'émets quelque(s) réserve(s). C'est peut-être mon côté anarchisant qui émerge, mais j'ai horreur des injonctions style un roman à lire absolument, pire à lire de toute urgence, ou encore attention chef d'œuvre, et autres inepties destinées à des gamins émises par des profs acariâtres et dictatoriaux.

 

Troisième bonne résolution :

Privilégier les auteurs français, tout au moins francophones. Il existe déjà tellement de blogueurs qui chroniquent des livres venus d'ailleurs que je n'ai pas envie de les copier, et de choisir mon libre arbitre. Et sous quel prétexte qui relèverait d'un prétendu chauvinisme honni devrait-on ignorer ce qui se produit de bien chez nous ? Et par conséquent d'éviter les anglicismes, trop souvent utilisés chez certains de mes confrères, pratique qui pour moi, mais ce n'est que mon avis, révèle un manque de vocabulaire ou un snobisme qui n'a pas lieu d'être.

 

Quatrième bonne résolution :

Privilégier la lecture, et donc la rédaction de chroniques, de livres anciens (ce qui n'est pas forcément péjoratif), que j'entasse depuis des décennies dans ma bibliothèque et d'éviter la course aux nouveautés. Ce que l'on appelle peut-être le syndrome de Peter Pan. Favoriser la lecture de romans policiers de suspense, de mystère, historique et humoristiques, les romans d'aventures, de science-fiction et de fantastique et ne pas céder à la tentation du roman noir, trop politique, trop déprimant, trop ancré dans le quotidien morose et militant.

 

Cinquième et dernière bonne résolution :

Eviter de me montrer moralisateur, de prendre les autres avis de haut, de les traiter par le dédain de celui qui se croit supérieur, d'adopter un ton docte et professoral, d'être en un mot pédant. Une résolution dont beaucoup devraient s'inspirer ! Et voilà, première entorse à une bonne résolution...

 

Alors à toutes et à tous Bonne et heureuse année, et je serai content de vous accueillir tout au long de l'année...

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 05:53
Dernier article avant le prochain...

Les Lectures de l'Oncle Paul et son unique rédacteur, c'est-à-dire moi-même, vont prendre quelques jours de vacances. Sont-elles méritées, chacun en jugera en son âme et conscience, mais cette décision, je l'ai prise en me réunissant en aparté et en votant à main levée, l'autre étant occupée à... taper sur mon clavier.

Mais je ne peux pas vous quitter sans vous souhaiter un joyeux Noël, et surtout une bonne année 2017, qui je l'espère, mais ça on le désire tous les ans, sera moins turbulente que 2016.

Je vous donne donc rendez-vous en 2017, début janvier, avec des propositions de lectures qui vous feront peut-être saliver :

 

Incarnation de Patrick S. Vast. Editions Fleur Sauvage

La chute du cafard de Denis Zott. Geste éditions.

L'emprise des sens de Sacha Erbel. Editions La Liseuse.

L'extinction des cougars de Françoise Le Mer. Editions du Palméon.

Le rouge n'est pas qu'une couleur de Chris Nerwiss. Editions Lajouanie.

Le monde est notre patrie de Frédéric Paulin. Editions Goater.

Le printemps des corbeaux de Maurice Gouiran. Editions Jigal.

Mandoline VS Néandertal de Jean-Christophe Macquet. Atelier Mosesu.

 

Et bien d'autres encore, quelques vieilleries de fort bon aloi pour pimenter votre nostalgie de lecteur impénitent, sans oublier ma liste assez conséquente adressée au Père Noël, car la soif de lecture est inextinguible...

 

Je vous souhaite également pour 2017 une indigestion de lectures !

Et comme en général, tout se termine par des chansons :

J'ai bien mangé, j'ai bien bu
J'ai la peau du ventre bien tendue
Merci petit Jésus
J'ai bien mangé, j'ai bien bu
J'ai la peau du ventre bien tendue
Merci petit Jésus

 

 

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 11:00

Visitez les sous-sols parisiens, ça vous changera des stations de ski !

Alain BRON : Le monde d'en-bas.

Certains couchent sous les ponts, sous des cartons, encoignés dans des porches d'immeubles, sur les grilles des bouches d'aération du métro... Ettore Bisulli vit dans un refuge, interdit au public mais ignoré de tous, dans le sous-sol parisien transformé en emmental, à cause des nombreux souterrains qui le traversent.

Ettore Bisulli est un ancien des Brigades Rouges, ceux qui ont défrayé la chronique italienne dans les années 1970, mettant en péril le régime politique. Il faisait partie de la branche Douze, et participait à des agressions, des hold-up et autres manifestations illégales. Il a vécu avec ses compagnons dans les sous-sols milanais puis appris en prison le métier d'électronicien-informaticien.

Aujourd'hui il vit dans un local désaffecté du métro, il s'est aménagé un coin presque douillet, grâce aux bons offices d'un compatriote, originaire comme lui d'Emilie-Romagne. L'homme lui a fourni des clés et des vêtements d'ouvriers, et il peut ainsi se déplacer sans être importuné dans les diverses galeries qui parcourent le sous-sol parisien.

Mais des hommes sont à sa recherche. Notamment Gianfranco Caselli qui fut l'un de ses compagnons dans les Brigades. L'homme tire sur lui, mais à cause d'un faux mouvement, il tombe sur les voies. Impardonnable lorsque qu'une rame déboule. Il ne reste qu'un cadavre de son agresseur. Tant pis fallait pas venir le chercher pense Ettore.

Le commissaire Berthier du 36 Quai des Orfèvres est chargé de cette affaire, ne sachant pas s'il s'agit d'un meurtre, d'un suicide ou d'un accident. Malavaux, son adjoint, et Paule, la secrétaire, vont l'aider dans ses recherches, audition des témoins, renseignements à récolter auprès des employés du métro, visionnage des vidéos grâce aux caméras placées sur les quais.

Philippe Néret a de qui tenir. Son père est éditeur germanopratin et lui-même a créé sa propre maison d'éditions. Pour le moment il reçoit surtout des manuscrits, mais n'a pas encore de titre à afficher à son catalogue. Pourtant, le manuscrit qui lui est parvenu peu de temps auparavant retient son attention, et celui de sa secrétaire à tout faire. Un roman qui est également un récit, celui d'un ancien brigadiste italien. Mais ce manuscrit n'est que partiel et il attend la suite avec impatience. Et comme cela ne vient pas assez vite à son goût, il va se lancer à la recherche du rédacteur, entrainant dans son sillage la belle Octavia qui prend de plus en plus de place dans sa vie, et sur son canapé.

Berthier et ses adjoints ne mettent que peu de temps pour identifier celui qui se cache dans le métro, à cause d'empreintes digitales découvertes sur une porte donnant dans le tunnel, juste en face de l'endroit où Caselli à embrassé les rails. Mais encore faut-il le dénicher. Et revient à la surface une autre affaire dans laquelle un Italien était impliqué. Lui avait embrassé le bitume, chutant du toit du Conseil d'Etat ou d'un immeuble proche de cet édifice.

Alors qu'Ettore déambule dans les couloirs du métro afin de rejoindre la surface, une naine le reconnait et le met en garde. La police le recherche. Elle l'emmène dans une des caches où sont entassés des SDF, des migrants pour la plupart, auxquels elle apprend à s'exprimer et à quémander en à peu près bon français.

Mais un nouveau larron est à la recherche lui aussi d'Ettore. Federico, le quatrième mousquetaire à avoir participé à l'attaque d'un fourgon blindé. Federico est lui aussi recherché par Berthier qui l'a reconnu alors que le commissaire embarquait pour un voyage en Italie, tandis que Federico débarquait. Berthier dont la mémoire visuelle est quasiment sans faille, mais qui avait eu l'impression de connaître l'homme qu'il venait de croiser, une impression fugace qui s'est réveillés dans les locaux de la police italienne. Tandis que Berthier et consorts le cherchent dans les hôtels, Federico vit chez un ami et passe ses après-midis aux Archives Nationales, compulsant des documents sur les souterrains parisiens, égouts, galeries du chauffage urbain, métro et autres.

Le filet se resserre autour d'Ettore qui toutefois continue à écrire son manuscrit, en réalité d'un tapuscrit rédigé sur un ordinateur, relatant ce qu'il a vécu entre 1970 et 1978; et même après, lors de son arrestation, son jugement, ses années de prison. Il se pose en idéologue, sentiment dont beaucoup de brigadistes se prévalaient, tandis que d'autres n'étaient que de fieffés truands.

 

L'occasion pour Alain Bron de revenir sur les années de plomb, de décrypter les événements, de mieux cerner les hommes, sans les absoudre mais sans non plus leur jeter l'opprobre. D'ailleurs pour Octavia qui lit, relit, corrige le manuscrit, ce roman décrit des idéologues à la ramasse qui en arrivent à s'aliéner le peuple pour lequel ils disent se battre.

Outre ce témoignage qui a dû demander de longues recherches de la part de l'auteur, afin de remettre les faits dans leur contexte, sans tomber dans l'outrance de certains homme politiques, italiens ou français, de journalistes qui ne vérifient pas toujours leurs sources obéissant aux arcanes du pouvoir en place, cette histoire est également l'occasion pour Alain Bron d'égratigner le paysage éditorial germanopratin, mais pas que. Néret ne manque pas de cynisme puisque selon lui seul l'argent compte, pratiquant ainsi une forme d'éthique dont s'entourent la plupart des éditeurs. Une posture éminemment caustique.

Quant aux relations, professionnelles et charnelles, qui lient Néret et Octavia, elles évoluent lors de leur quête de l'auteur du manuscrit que Néret veut absolument publier, non pas tant pour la valeur du témoignage mais parce qu'il sent qu'il tient une pépite susceptible de lui rapporter beaucoup d'argent, surtout si cela débouchait sur une proposition cinématographique. Mais il faut qu'Octavia réécrive une partie du texte.

Une prise de position de la part d'Alain Bron, qui n'a pas dû plaire à quelques éditeurs, lesquels auraient pu et dû publier ce roman riche d'enseignements. Mais le thème abordé n'a-t-il pas tenté des éditeurs trop frileux ou vexés des coups de griffes assenés à leur encontre. Seule la vérité blesse. A moins que ce fut un choix délibéré de la part d'Alain Bron de ne pas passer par un éditeur traditionnel, afin de garder l'intégrité de son texte, de ne pas être obligé d'opérer des coupures, de garder son indépendance d'auteur.

 

Les personnages ne manquent pas de saveur et par exemple le commissaire Berthier, qui n'a eu des nouvelles de sa femme Anne, partie sans sommation, que brièvement, est tout étonné non seulement de la revoir mais d'entendre la requête qu'elle lui adresse.

Tout comme monsieur Jourdain s'exprimait en prose sans le savoir, Malavaux pratique l'humour pince-sans-rire sans s'en rendre véritablement compte. Lorsque le commissaire Berthier lui certifie qu'ils vont aller manger un poulet bio élevé au grand air, il rétorque :

On s'en fout pas mal que le poulet soit élevé au grand air; de toute façon on mange pas les poumons !

Le genre de roman dont on ne peut pas sauter des pages, sous peine d'en perdre la saveur et, de la part de certains critiques ou chroniqueurs, d'émettre des propos dissonants quant au contexte et au contenu.

Et vous qui aimez la justice, la liberté d'expression, les livres remarquablement écrits, abordant des thèmes peu souvent développés avec impartialité, n'ayez pas peur de lire Le monde d'en-bas qui est un triple reportage sur les sous-sols parisiens, les années de plomb et les méthodes éditoriales.

Et on ne peut pas s'empêcher de penser à Cesare Battisti, qui a toujours nié avoir du sang sur les mains, même s'il fit partie des Brigades rouges, mais condamné à fuir. Et les hommes politiques reniant la parole de la France, des journalistes leur emboîtant le pas, de dénoncer sans preuve, de vouloir l'extrader, juste pour faire plaisir à des amis italiens qui eux-mêmes ne sont pas sans reproche. Mais ceci ne nous regarde pas...

Alain BRON : Le monde d'en-bas. In octavo éditions. Parution 19 août 2015. 332 pages. 20,00€.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 06:37

Plongez dans l'univers de l'Héroïc-Fantasy et oubliez le quotidien. Cela vous fera du bien !

Robert E. HOWARD : Solomon Kane.

Robert E. Howard, c'est avant tout Conan dit le Barbare, interprété au cinéma par Monsieur Muscle, alias M. Propre, c'est à dire Arnold Schwarzenegger, Terminator en personne.

Mais Conan, c'est l'arbre qui cache la forêt. C'est oublier un peu rapidement toute la production littéraire de ce grand écrivain d'Héroïc-Fantasy qui a influencé bon nombre d'auteurs depuis 1930.

Parmi les personnages créés par Howard, Solomon Kane est peut-être le plus maléfique mais également le plus pur.

L'Héroïc-Fantasy reflète le perpétuel combat entre le Bien et le Mal, dans une ambiance fantastique et surnaturelle.

Solomon Kane se sent investi d'une mission quasi mystique ou divine.

Il ne cherchait jamais à analyser ses motivations et n'hésitait à aucun moment, un fois que sa décision était prise. Il agissait toujours sur une impulsion; pourtant il était convaincu que toutes ses actions étaient gouvernées par des raisonnements froids et logiques... Son âme jamais en repos, le poussait toujours plus loin. Un besoin irrépressible de réparer les injustices, de protéger les faibles, de punir les crimes et de défendre le droit et la justice....Traduction François Truchaud.

Kane parcourt le monde, de l'Angleterre en Afrique, en passant par la Forêt Noire. Toujours habillé d'une grande cape, d'un immense chapeau noir, la rapière au côté, ce Puritain évolue en plein seizième siècle et souvent est guidé par le sauvetage d'une jeune femme, d'une jeune fille, en péril.

Au fil des nouvelles qui composent ce recueil, Kane prend de l'ampleur, mais en même temps, l'aura de fantastique et surtout de surnaturel qui planent dans ces histoires s'estompent. La fantasmagorie maléfique laisse place à l'aventure pure, puisée aux sources des grands mythes.

C'est ainsi que Robert Howard développe une version personnalisée de l'Atlantide et de son prolongement, et qu'il nous fait côtoyer la piraterie sans vraiment mettre la mer à contribution.

Cependant la sensation d'étouffement qui étreint le lecteur se propage à travers tous les récits dont l'action décisive a pour cadre la nuit.

On ne peut s'empêcher d'évoquer Jean Ray, mais Howard possède son propre style et ses fantasmes. Possédait devrais-je écrire, car il s'est suicidé en 1936 à l'âge de trente ans, en apprenant la mort prochaine de sa mère, laissant bon nombre d'inédits et une création littéraire époustouflante.

Serge Brussolo et Michel Honaker, avec son personnage du Commandeur, sont en France les dignes successeurs de Robert E. Howard.

 

Sommaire :

Des crânes dans les étoiles (Skulls in the Stars), pages 15 à 28.

La Main droite du destin (The Right Hand of Doom), pages 29 à 34.

Ombres rouges (Red Shadows), pages 35 à 69.

Bruit d'ossements (Rattle of Bones), pages 71 à 79.

Le Château du diable (The Castle of the Devil), pages 81 à 99. Texte inachevé complété par Ramsay Campbell.

La Lune des crânes (The Moon of Skulls), pages 101 à 162.

La Tache sombre (The One Black Stain), pages 163 à 176, Poésie. Version originale et version française.

Les Épées de la fraternité (Blades of the Brotherhood), pages 177 à 205.

 

Cette édition comporte également les nouvelles qui composent Le Retour de Solomon Kane ainsi que des premières versions et des versions dites de travail.

Voir la description complète de ce recueil ici :

 

Première édition NOUVELLES ÉDITIONS OSWALD (NéO). Collection Fantastique/SF/Aventure n°26. Parution 1er trimestre 1981. 206 pages.

Première édition NOUVELLES ÉDITIONS OSWALD (NéO). Collection Fantastique/SF/Aventure n°26. Parution 1er trimestre 1981. 206 pages.

Réédition Collection Howard N°1. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1991. 222 pages.

Réédition Collection Howard N°1. Editions Fleuve Noir. Parution septembre 1991. 222 pages.

Autre personnage créé par Robert E. Howard : Almuric

Robert E. HOWARD : Solomon Kane. Collection Les Intégrales N°15. Editions Bragelonne. Parution décembre 2013. 432 pages. 25,00€.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 06:34

La vie mode d'emploi ?

Eric SCILIEN : Comment réussir sa vie sans être une rock star.

Trois tranches de vie qui pourraient relever d'un quotidien banal mais qui, à cause d'une distorsion, se voient sublimées ou au contraire se révèlent mesquines, grotesques.

 

Tout le monde veut changer de vie.

Alex, le narrateur, a quitté la vie parisienne pour se ressourcer dans un coin perdu en Ardèche. En accord avec Nadège, sa compagne, il a décidé de retaper une vieille bâtisse et de la transformer en gîte rural. Seulement il rénove tout, tout seul, car les fonds ne lui permettent pas d'employer des ouvriers du bâtiment. Nadège assure leur pitance et les matériaux en travaillant, quelques semaines par-ci, par-là, dans des restaurants des environs.

Cela n'avance pas vite car Alex commence tout et ne finit rien, une façon de procéder qu'il assume. Mais il ne faut pas l'ennuyer, le déranger pour des broutilles. Comme Christophe dont l'appel téléphonique arrive comme un cheveu sur la soupe, une invitation pour le mariage d'une amie de Nadège. Pas grave si Alex ne vient pas, la présence de Nadège suffira. Alex ressent une pointe, grosse comme un pieu, de jalousie lui perforer l'esprit et rembarre l'importun.

Jusque là, rien que de très insignifiant, même si les relations entre Nadège et Alex sont parfois tendues. Non, tout bascule lorsqu'un individu, fagoté trimardeur, frappe à sa porte et lui demande de lui rendre un petit service. Rien de bien méchant, même si l'homme possède des arguments dissuasifs de rébellion et de refus. Une arme dans la main, une coquette somme d'argent dans l'autre, il exige qu'Alex l'accompagne dans son tracteur urbain, genre 4X4, afin de creuser un trou au fond des bois.

Et parfois il faut attendre sept ans pour voir s'esquisser un retournement de situation !

 

Les plus belles victoires se forgent au cœur de la défaite.

La narratrice revient sur un événement qui a compté dans la vie de son mari, lui qui s'entraînait tous les jours dans une discipline sportive ingrate en prévision des jeux olympiques.

Une page d'amour et une attention de tous les jours, un encouragement constant, pour juste arriver à un exploit qui peut sembler minime en soi, mais important, en regard d'une consécration aurifère. Une prouesse qui ne sera jamais célébrée par une remise de récompense mais qui change la vie d'un homme. Une leçon de courage.

 

Comment réussir sa vie sans être une rock star.

Titre éponyme de ce recueil, cette nouvelle met en scène un homme qui aurait aimé être mais n'y est jamais parvenu. Il aurait voulu par exemple devenir un grand guitariste, de rock de préférence, mais n'a réussi qu'à exécuté Jeux interdits, la base à une corde. Depuis il a rempli soixante-sept classeurs de coupures de presse sur ses idoles, celles des années 60/70, des groupes devenus mythiques auxquels il s'identifiait. Son problème ne réside pas dans cette insignifiance, mais dans l'ascension, le talent, la renommée acquise par son cousin Thomas.

Tout ce qu'il avait voulu entreprendre devenait mesquin, tandis que Thomas possédait une notoriété, une célébrité, une aura sans conteste. Sa femme est obèse, ses enfants traînent des boulets derrière eux, tandis que Thomas est marié à un mannequin qui a défilé sur toutes les scènes internationales. Et ce n'est qu'un tout petit exemple. Thomas qui a joué avec les plus grands, aux Etats-Unis ou accompagnant Johnny lors d'un concert parisien.

Alors forcément, quand Thomas est présent à une fête familiale, il accapare l'attention. Tous les yeux sont tournés vers lui. Mais Jean-Louis, petit employé municipal aux espaces verts, possède un talent caché qu'il saura exploiter le temps venu et incidemment.

 

En écrivant ces trois textes à la première personne, l'auteur oblige le lecteur à s'identifier à ces antihéros du quotidien, à se mettre dans leur peau, et à ressentir les mêmes affres, les mêmes désillusions, les mêmes angoisses, les mêmes déceptions.

Reprenant la célèbre phrase d'Andy Warhol, À l'avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale, Eric Scilien nous offre trois portraits de personnages qui ne sont pas forcément inconsistants, mais espéraient mieux de la vie et des efforts qu'ils, et leur entourage, avaient consentis. Ce n'est pas vraiment une renommée mondiale dont ils ont besoin, mais bien d'une reconnaissance de leur talent, de leur obstination, du travail qu'ils ont effectué avec opiniâtreté. Une reconnaissance de leur présence.

Dans la première de ces nouvelles, on ressort complètement vidé, et l'on voudrait pouvoir la continuer et aider le narrateur. Dans la deuxième, on ne peut que s'incliner devant la persévérance d'une femme qui veut à tout prix que celui qu'elle aime s'en sorte, aidée par une tierce personne. Quant à la dernière, humoristique et jouant sur la nostalgie, on s'aperçoit qu'il suffit de peu pour se dépasser et devenir une célébrité sinon mondiale disons de son quartier ou de son village, mais surtout de retrouver confiance en soi.

La nouvelle n'est pas le genre littéraire prisé par les Français, et c'est dommage. Car Eric Scilien mérite mieux qu'une publication confidentielle. Ah, s'il avait écrit un roman de 500 pages, peut-être qu'un éditeur germanopratin se serait penché sur sa prose !

Eric SCILIEN : Comment réussir sa vie sans être une rock star. Bookless éditions. Parution 16 novembre 2016. 132 pages. Broché 8,44€. Numérique 4,99€.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:14

Terre brûlée au vent
Des landes de pierre,
Autour des lacs,
C'est pour les vivants
Un peu d'enfer,
Le Connemara.

 

Hervé JAOUEN : Connemara Queen.

Après sept ans d'exil volontaire, de vadrouilles en Angleterre où il a roulé sa bosse comme manœuvre et ouvrier, Tom Walsh revient au pays, aussi pauvre qu'auparavant mais riche d'espoir.

L'Irlande, son immensité verdoyante, ses pubs enfumés et bruyants, ses Irlandais bourrus et amicaux, ses Irlandaises blondes aux yeux couleur de ciel et d'espace émeraude.

Justement Tom, après ses sept années de tribulations, va retrouver Claire qui durant tout ce temps l'a attendu. Lorsqu'il est parti elle était jeunette, aucun serment n'avait été échangé réellement, mais c'est la confiance qui guide ses pas.

Le passé va rejoindre Tom, s'accrocher à ses basques, et la confrontation avec les habitants de Castlehill, Francis Costello et sa sœur Nora, va perturber ce retour aux sources aux visions idylliques.

Une confrontation dont le catalyseur sera Connemara Queen, une chienne lévrier adoptée par Claire et que Tom va soigner avec opiniâtreté. La jalousie se profile, la haine se réveille, les passions s'exacerbent.

 

De ses voyages en Irlande, Hervé Jaouen ne s'est pas contenté de ramener un livre de bord, un Journal d'Irlande paru aux éditions Calligramme en 1984 puis quelques autres édités par Ouest-France principalement.

Il s'est imprégné de l'atmosphère et délivre dans ce roman des images fortes dignes des plus grands auteurs anglo-saxons.

La sauvagerie des lieux, la rudesse virile et amicale des autochtones, les courses de lévriers, le déchaînement des passions, tout est décrit avec justesse, sans mièvrerie.

Le lecteur ne peut s'empêcher de frémir, de trembler, de vibrer, de communier avec Tom Walsh et, pourquoi pas, de participer aux combats, de vouloir lui donner un coup de main, de soutenir le héros dans ses démêlés, dans ses affrontements.

Hervé Jaouen est le chantre de l'Irlande et le barde du roman noir, tant pas son ton, par son démarquage de la production habituelle, par le renouvellement de ses intrigues, de son atmosphère, sans céder à la facilité.

 

Ce roman bénéficie d'une traduction de Sarah Hill pour sa version anglaise, mais je ne doute pas qu'Hervé Jaouen a vérifié cette transposition avant publication. Il manque juste un petit appareil critique, une présentation, mais combien de lecteurs s'intéressent aux préfaces lorsqu'il y en a une ?

Première édition collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution mai 1990.

Première édition collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution mai 1990.

Réédition Folio 2483 en 1993, et Folio Policier N°51. 1999.

Réédition Folio 2483 en 1993, et Folio Policier N°51. 1999.

Hervé JAOUEN : Connemara Queen. Editions Coop Breizh. Version bilingue Français/Anglais. Parution novembre 2016. 368 pages. 13,90€.

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 13:58

Il ne s'agit pas du regard du patron !

Hugo BUAN : L’œil du singe.

Célèbre paléoanthropologue ayant découvert l’Homo Octavius, un de nos ancêtres néanderthaliens, Maximilien Lachamp en effectuant une randonnée solitaire à vélo en forêt de Rennes est tombé sur un os. Un caillou en réalité mais le résultat est le même.

Il se réveille trois jours plus tard dans une clinique rennaise, atteint d’une amnésie passagère. Certains mots le font frémir mais il n’arrive pas à comprendre pourquoi. Peu à peu la mémoire lui revient et il aurait bien aimé ne pas se souvenir ce qui lui était parvenu. D’autant qu’il n’apprécie guère le petit jeu de questions auquel se livre son neurologue. Il décide de raconter au commissaire Workan l’histoire invraisemblable qui lui est survenue.

Pourquoi Workan et pas un autre ? Tout simplement parce que l’un de ses amis, surnommé la Gélule, pharmacien de son état, joue dans la même équipe de rugby que le commissaire. Ce qu’il pense être une référence, mais il ne connaît pas le bonhomme. Il narre donc cette invraisemblable histoire à son interlocuteur. Alors qu’il pédalait sur son VTT afin de se ressourcer et évacuer les miasmes de ses recherches au CNRS, il a été abordé par deux hommes cagoulés qui l’ont obligé à creuser une tombe et enfouir un cadavre. Sur le chemin du retour, perdu dans ses pensées et traumatisé par cette rencontre, il butte et se retrouve à terre dans le coma. Sa femme inquiète de ne pas le revoir a fait appel à la gendarmerie et depuis il se demande s’il a rêvé, cauchemardé plutôt, ou non. Sur place, il est invité à pratiquer l’opération inverse, mais au fond du trou, rien. Le néant.

Seulement son histoire ne s’arrête pas là. La mésaventure se reproduit une seconde fois et là sous les yeux médusés du commissaire, et des siens évidemment, un emballage plastique git au fond du trou enrobant un cadavre. Mais pas n’importe quel cadavre, celui d’un cochon coupé par moitié.

Une autre affaire enquiquine l’existence de Workan et de ses subordonnés : le capitaine Lerouyer, les agents Roberto, Cindy Vitarelli et Leila Mahir. Et ce n’est pas parce qu’il couche parfois avec Leila qu’il oublie ses prérogatives de supérieur hiérarchique.

En cette fin de mois de juin, alors que la température est caniculaire, est-il normal de retrouver dans un placard frigorifique de la morgue un cadavre non recensé ? Et l’on ne peut même pas dire que ce cadavre dénudé est à poil puisqu’il a été entièrement rasé. Et comme il a été congelé, il est difficile d’appréhender avec exactitude sa date de décès. Seule la cause de la mort est déterminée. L’homme a été assassiné à l’aide d’un os de mammouth porté avec violence sur son crâne. Précision, il s’agissait d’un os prélevé sur un jeune mammouth, sinon, la tête aurait été entièrement pulvérisée.

 

Le commissaire Workan est quelqu’un d’acrimonieux, vindicatif, agressif, soupe-au-lait, et tout autre qualificatif que vous pouvez choisir dans la liste ci-jointe : acerbe, hargneux, rogue, belliqueux, atrabilaire et j’en oublie sûrement.

Il se conduit de façon désagréable tout autant envers ses supérieurs et la juge d’instruction, qu’avec ses subordonnés (sauf en de rares occasions dans lesquelles l’appel de la chair lui fait perdre ses défenses naturelles) et les témoins et supposés suspects.

Parfois il use même de la force physique pour appuyer ses propos et ses ressentiments. Son caractère est comme ça et de toute façon, ayant un lien profond avec le général de Gaulle, il se sent à l’abri de toutes représailles provenant des instances hiérarchiques. D’où lui vient ce caractère de cochon, le lecteur l’apprend dans cet épisode qui, tout comme le commissaire, est légèrement déjanté. Normal, qui se ressemble s’assemble, c’est bien connu.

Hugo Buan nous narre ce quatrième épisode des aventures, des enquêtes de Workan, avec verve, humour, nous dévoilant un peu plus les différentes facettes psychiques de son héros et son passé. Il nous emmène aussi dans l’univers feutré mais pas toujours aimable des scientifiques, univers qui ressemble à la guerre des anciens et des modernes sur fond de jalousie.

Un roman à conseiller lors de déprime passagère, ou simplement pour passer un bon moment de lecture.

Tuer ! Toujours tuer ! Ça lasse à la fin…

Première édition : Pascal Galodé éditeurs. Janvier 2011.

Première édition : Pascal Galodé éditeurs. Janvier 2011.

Hugo BUAN : L’œil du singe. Collection une enquête du commissaire Workan. N°4. Editions du Palémon. Parution 6 novembre 2015. 336 pages. 9,00€.

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