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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 15:07

Hommage à John Dickson Carr décédé le 27 février 1977.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables

Les aventures, ou plutôt les enquêtes du colonel March, enquêtes pour la plupart traduites en France dans diverses revues, entre 1958 et 1973, enfin réunies en un volume.

Le colonel Perceval March fut interprété à la télévision britannique dans les années 1956/1957 par Boris Karloff pour vingt-six épisodes de vingt-six minutes chacun. La plupart de ces épisodes ont été diffusés sur les petits écrans durant l'année 1961. Des petits films, dont leur petit air désuet, qui seraient les bienvenus en rediffusion, le samedi ou dimanche soir par exemple, sur la Trois, en remplacement de Zorro dont les aventures tournent en boucle depuis des années et deviennent répétitives.

Pour en revenir au Service des Affaires Inclassables, ces nouvelles sont toujours agréables à lire ou à relire, car contrairement aux adaptations télévisées, elles n'ont pas pris une ride, ou presque.

L'écriture magique de John Dickson Carr probablement.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables

Le colonel March est le responsable d'un service spécial, une section à part dans Scotland Yard : le département des causes bizarres.

Lorsqu'une enquête piétine, car la solution en est particulièrement difficile à résoudre, le colonel March est appelé à la rescousse. Et il faut l'esprit subtil de ce policier pour découvrir le mystère des empreintes de pas sur une haie qui supporterait difficilement le poids d'un chat, ou encore comment a pu être réalisé un meurtre par des mains sans corps, ou même découvrir la cachette renfermant vingt-trois mille livres sterlings, alors que tout a été passé au peigne fin.

En prime aux sept enquêtes du colonel Marche, le recueil renferme quatre autres nouvelles, dont une inédite en français, ainsi qu'une postface fort intéressante de l'érudit Roland Lacourbe, spécialiste de John Dickson Carr et de son œuvre, et des textes de mystères en chambres closes en général.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables (The Department of Queer Complaints - 1940) Le Masque N°1919. Librairie des Camps Elysées. Parution mai 1988. 288 pages.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 14:33

Hommage à Jack Ritchie, né le 26 février 1922.

Jack RITCHIE : Papa météo.

Parmi les grands nouvellistes américains de littérature policière, Jack Ritchie peut être classé au niveau des meilleurs, des très grands, aux côtés de William Irish, Fredric Brown, Edward D. Hoch et quelques autres.

Pourtant son nom est souvent omis des bibliographies, études et autres ouvrages traitant de la littérature policière. Un oubli d'autant plus regrettable qu'il a écrit environ cinq cents histoires, destinées pour la plupart à des magazines spécialisés (il fut l'un des auteurs fétiches d'Alfred Hitchcock) et que les anthologies semblent incomplètes si son nom ne figure pas au sommaire.

Jack Ritchie n'a écrit qu'un roman - L'île du tigre publié en France chez Pocket en 1992 - et s'il est méconnu, en France tout du moins, faut-il y voir une relation de cause à effet.

Jack Ritchie était - il est mort en 1983 - un véritable orfèvre, un artiste dans son genre, et ses nouvelles sont de petits bijoux, des miniatures dont les dénominateurs communs sont l'humour noir et la machination.

La machination, la manipulation l'arnaque, semblent être le principal souci, la principale obsession de ses personnages, qu'il s'agisse pour eux de trucider leur femme, l'empêcheur de tourner en rond ou d'amasser rapidement et sans fatigue un joli petit pactole, de constituer pour l'avenir un doux matelas rembourré de billets de dollars.

Mais le bel ordonnancement par Jack Ritchie ne serait rien ou si peu s'il n'était assaisonné d'une pointe d'humour noir féroce. L'histoire prend toute sa saveur le plus souvent dans l'ultime phrase, décompressant le lecteur dans un retournement de situation parfois déconcertant.

Les Héros, bons ou méchants, ne sont pas décrits physiquement mais moralement, la plupart du temps par l'intermédiaire de dialogues percutants.

Jack Ritchie ne s''embarrasse pas de détails oiseux, ce qui en fait sa force et l'intérêt de ses histoires.

L'emploi systématique de la première personne du singulier invite le lecteur à entrer dans la peau du narrateur machiavélique. Une façon comme une autre, guère répréhensible mais jubilatoire, de s'investir dans l'habit peu reluisant d'une crapule ou d'un joueur d'échecs particulièrement retors, jonglant entre les bons et les mauvais sentiments.

 

Au sommaire de ce recueil :

Papa météo (The Weather man. Traduction de Jane Guyon). Publié en français sous le titre Papa météo, dans le recueil Histoires de machinations, Pocket no 3232, 1990.

Degré d'innocence (Degree of Guilt - traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Degré d'innocence, Paris, Opta, Choc Suspense no 2, juillet 1967.

Une fille s'en va (You Should Live So Long - traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Une fille s'en va, Paris, Opta, Choc Suspense no 3, octobre 1967.

Le chantage fantastique (The Crime Machine - Traduction de Michel Demuth). Publié en français sous le titre Le Chantage fantastique, Paris, Opta, Anthologie du Suspense no 4, 1966.

L'œil tranquille. Signé Steve O'Connell (The Quiet Eye - Traduction de Catherine Grégoire).

Le cœur de l'homme mort. Signé Steve O'Connell (Sund Alibi - Traduction de Pierre Caillet).

Tableau de chasse. (Kill Joy - Traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Tableau de chasse, Paris, Opta, Choc Suspense no 2, juillet 1967.

L'époux de la minette (Devil Eyes - Traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre L'Époux de la minette, Paris, Opta, Choc Suspense no 3, octobre 1967.

Dix dollars en trop (The Enormous 10 Dollars - Traduction de Nicolette et Pierre Darcis). Publié en français sous le titre Dix dollars en trop, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 26, juin 1963 ; réédition dans le recueil Histoires de mort et d'humour, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3007, 1988.

Au petit matin blême (Good-by, World - Traduction Marcel Battin). Publié en français sous le titre Au petit matin blême, Paris, Opta, Choc Suspense no 4, janvier 1968.

Adieu, mémoire ! (Good By Memory - Traduction Denise Hersant). Publié en français sous le titre Adieu, mémoire !, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 12, avril 1962 ; réédition dans le recueil Histoires à n'en pas revenir, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3002, 1988.

Sous la lumière des réverbères (Under Dim Street Lights - Traduction Christine Lauffray). Publié en français sous le titre Sous la lumière des réverbères, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 33, janvier 1964 ; réédition sous le titre À la pâle clarté des ténèbres, dans le recueil Histoires piégées, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3005, 1988.

Tendre assassin (The Green Hart - Traduction de Michel Beauquey). Publié en français sous le titre Tendre Assassin, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 32, décembre 1963 ; réédition dans le recueil Histoires riches en surprises, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3006, 1988.

Jack RITCHIE : Papa météo. Collection Blême N°2237. Editions 10/18. Parution novembre 1991. 240 pages.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 12:05

Hommage à Ralph Mc Inerny né le 24 février 1929.

Ralph Mc INERNY : Chambre froide

Sylvia Lowry craint pour sa vie, redoutant un mauvais coup de la part de ses enfants : son fils, Jim Lowry, sa fille, Sharon, ou son gendre, Bill Cordwill. Comme pour confirmer ses frayeurs, il se produit d’étranges événements chez elle : en peu de temps, elle a été obligée de faire appel plusieurs fois à Gene Hospers, le réparateur de téléviseurs.

Elle cherche le réconfort auprès du Père Dowling, et écrit aux éditions Anima Mundi à Kenosha, dans le Wisconsin. Elle promet un don de 50.000 dollars en échange de prières pour l’âme de son mari défunt, et requiert la venue d’un père, chez elle, à Fox River près de Chicago.

Antony Mendax, directeur escroc de multiples petites entreprises plus ou moins foireuses, se déplace en personne à la requête de cette cliente providentielle. Arrivé à Fox River, il ne tarde pas à apprendre la mort de sa future donatrice qui venait de convertir ses bons du trésor en argent liquide. Le médecin légiste est perplexe : est-elle décédée d’un coup sur la tête ou du séjour prolongé dans son congélateur vide ? Amis d’enfance, l’inspecteur Phil Keegan et le Père Dowling enquêtent chacun de leur côté. Les soupçons se portent immédiatement sur Jim, Sharon et Bill, mais également sur Mendax, l’argent une fois de plus apparaissant comme le mobile principal de la disparition et du meurtre de la vieille dame. Keegan reçoit une lettre anonyme accusant Jim, mais Dowling, perspicace, en pressent l’expéditrice : Cheryl, la fille de Sharon. Cheryl, inconsciemment, avoue, apportant quelques révélations supplémentaires à la police et à Dowling.

 

Dowling s’impose comme un nouveau chaînon à la déjà longue théorie de religieux détectives : Frère Cadfael, Frère Boileau, le Père Brown… Héros d’une série télévisée américaine — Tom Dosley lui prête ses traits, assisté de sœur Stéphanie, série diffusée sur FR.3 de 1989 à 1991 — il se conduit en homme indulgent — moins débonnaire cependant que dans les téléfilms, — plus préoccupé des âmes de ses ouailles que de leur châtiment.

Premier volet d’une série de neuf enquêtes, Chambre froide se veut l’approche du Père Dowling dont les traits physiques et moraux devraient être affinés au fil des volumes. On sait cependant que le Père Dowling est un ancien alcoolique repenti et guéri et qu’il a abandonné sa position à l’archidiocèse comme spécialiste du droit canon et plus prosaïquement dans les cas d’annulation de mariage, autant pour rompre avec son éthylisme que pour goûter à la différence, la lourdeur de la bureaucratie cléricale commençant à lui peser.

 

Les crimes impunis sont le fondement même de notre société.

Ralph Mc INERNY : Chambre froide

Ralph Mc INERNY : Chambre froide (Her death of cold - 1977. traduction  de Cécile & Yves Trevian). Collection Ténèbre et Lumière. Editions Axel Noël. Parution octobre 1991. 244 pages.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 10:44

Hommage à Paul Gerrard né le 21 février 1908.

Paul GERRARD : La chasse au dahu.

Comme c'est dur d'être une garde d'enfant et de se faire kidnapper à la barbe et au nez le bambin dont on a la charge.

Ainsi mademoiselle Lincke, pour qui le petit Mick est un rayon de soleil dans une vie éprouvée, ne peut empêcher l'enlèvement de celui-ci dans l'immeuble même de ses parents.

A l'origine un couple qui a minuté de façon minutieuse ce rapt qui devrait rapporter beaucoup d'argent. Le père, gros industriel lyonnais, ne se fait pas tirer l'oreille pour le paiement de la rançon.

Au lieu de rendre le bébé, pourquoi ne pas exiger une nouvelle dose d'argent frais ? C'est ce que se disent Vicky et Carlo, les ravisseurs, mais pour cela, il faut brouiller les pistes. A bord d'une 2CV, véhicule banal s'il en est (à l'époque), ils parcourent la Haute-Savoie. Mais ce qui n'était qu'une balade devient vite une cavalcade puis une fuite.

Un autre couple de malfrats, qui ont flairé une occasion d'empocher facilement de l'argent, se lance à leur poursuite. Le drame couve avec pour enjeu le petit Mick.

 

Dans La chasse au dahu, ou encore La javanaise, c'est un enfant qui est au centre du récit, rendant celui-ci bouleversant et au combien toujours d'actualité.

Paul Gerrard décrit des faits réels, ne s'embarrassant pas de fioritures fantaisistes.

Comme l'a si bien écrit Gilles Costaz dans un article consacré à Paul Gerrard, pour celui-ci la vie et les romans policiers sont des jeux d'adultes. Ce sont des textes noirs dont la force tient dans la sobriété du style.

Première édition collection Un Mystère N°526. Presses de la Cité. Parution 1960.

Première édition collection Un Mystère N°526. Presses de la Cité. Parution 1960.

Ayant connu son heure de gloire dans les années 1950/60, aussi bien sous ce nom que celui de Paul Berna, pseudonyme utilisé pour rédiger des livres pour enfants et adolescents, Paul Gerrard était revenu en grâce à la fin des années 1980, grâce à la réédition de ses romans soit en format poche, soit en Intégrales. Aujourd'hui il est à nouveau retombé dans l'oubli, mais un véritable romancier ne meurt jamais, et il est à parier que dans quelques années il reviendra sur les étals des libraires.

 

Paul GERRARD : La chasse au dahu.

Paul GERRARD : La chasse au dahu. Collection le Masque Jaune N°1945. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution février 1989. 186 pages.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 14:22

Hommage 3 à Georges Simenon, né le 13 février 1903 selon les registres et le 12 février 1903 par superstition maternelle.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret.

Une pipe, un chapeau melon, un pardessus épais à col de velours, un poêle en fonte, quelques verres de bière ou de fine, voilà le décor planté.

Le commissaire Maigret peut faire son apparition, masse puissante et bourrue, privilégiant aux faits eux-mêmes la psychologie des personnages.

On ne l'a pas entendu arriver, pourtant il est là, impressionnant, emplissant la pièce de sa présence. Et lorsqu'il repart sur la pointe des pieds, son aura a si bien imprégné l'endroit où il s'est imposé, que son ectoplasme est toujours palpable. Et depuis 1972, année où il s'est éclipsé en compagnie de Monsieur Charles, il continue à hanter l'étrange lucarne et les rayons des librairies.

Maigret n'est pas un être de chair et de sang, pourtant c'est un ami fidèle, et l'on ne se lasse pas de le rencontrer dans un bar, auprès d'une péniche, à un carrefour, sous la pluie, tenace, obstiné, traquant les truands, mais cherchant aux petites gens des excuses à leur forfait.

Mais ce personnage issu de l'imagination fertile d'un écrivain prolixe, porte en lui sa légende. Sa naissance est nimbée d'un flou artistique ou plutôt d'une contre-vérité à laquelle Simenon, qui l'a forgée et propagée, a fini par croire lui-même.

Francis Lacassin, traqueur impitoyable de la littérature populaire, ne s'est pas contenté d'une explication de génération spontanée. Maigret en effet n'est pas né dans les conditions que Simenon aimait le faire croire, entretenant un mythe qui permit en 1966 l'érection d'une statue représentant le célèbre commissaire à Delfzijl, aux Pays-Bas.

Maigret était déjà né, avait connu quelques aventures, mais c'est effectivement dans ce petit port qu'il s'est émancipé, a atteint sa majorité, et fêté sa maturité avec Pietr le Letton. Et il lui a fallu se battre pour ne pas se laisser supplanté par un arriviste, plus jeune, plus aventureux, du nom de Sancette.

Ce travail de défrichage des romans simenoniens, cette recherche de généalogiste consciencieux, sont consignés dans un ouvrage dont la lecture est aussi passionnante que celle d'un roman policier, comme diraient les critiques qui pourfendent la littérature populaire tout en lui reconnaissant les qualités d'être lisible, intéressante, captivante.

Ce récit, ce document s'inscrit parmi les nombreux autres ouvrages consacrés à la saga simenonienne, à sa vie et à son œuvre, et ils sont nombreux. Mais il reste l'un des ouvrages de référence qui se révèle indispensable à tout amateur, éclaire ou non, à tout passionné avide de mieux connaître ce personnage hors du commun et pourtant si près de nous.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret. Editions du Rocher. Parution septembre 1992. 176 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 15:16

Hommage 2 à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931.

De son vivant, Simenon a intrigué bon nombre de journalistes, de critiques et de chroniqueurs, et bien évidemment de lecteurs.

Les études et articles consacrés au plus Français des Belges sont donc extrêmement nombreux, avant et après sa mort.

De tous ceux qui sont parus en cette année 1990, les ouvrages de Jean-Christophe Camus comptent parmi les plus intéressants. A plusieurs titres.

D'abord au point de vue recherche et situations du personnage dans une époque qui peut paraître magique et féérique pour certains d'entre-nous. Les années d'après-guerre, des années de décompression, d'insouciance, une impression. Alors que dans d'autres récits, je pense notamment au Simenon de Stanley Eskin paru aux Presses de la Cité, certains faits sont juste évoqués, suggérés, ici ils sont décrits avec humour et émotion, dans un esprit de véracité et d'impartialité.

Le fameux bal anthropométrique par exemple, qui devait fêter la mort de Georges Sim et la naissance de Simenon, le grand coup de publicité réalisé avec l'aide de l'affichiste Paul Colin pour la parution des premiers Maigret, les officiels, chez Fayard. Ou encore cet amour payé de retour avec celle qui fut surnommé la Perle Noire, Joséphine Baker.

Egalement les ancêtres littéraires de Maigret. Maigret qui apparait en coup de vent, dont la silhouette se dessine dans des romans édités chez Tallandier ou qui se cache sous les traits de l'inspecteur Sancette, alias 107,alias G7, alias L53... Les anecdotes foisonnent mais sans sombrer, et je pense là encore au livre de Stanley Eskin, sans sombrer dans une recherche systématique de la vie sexuelle de l'écrivain.

De plus, les reproductions en couleurs d'une quinzaine de couvertures de romans écrits dans les années 1920 par celui qui fut surnommé le romancier-vapeur et les fac-similés d'articles et de dessins parus dans la presse de l'époque, apportent la note d'authenticité à un texte qui se lit comme un roman.

Simenon, bourreau de travail, bourreau de plaisirs, avide de découvertes, nous étonnera toujours. Une imagination débordante, certes, mais alliée à un emploi de situations, de personnages et d'aventures, ou mésaventures, survenues au créateur de Maigret.

Simenon, romancier populaire, aura réussi sa carrière pratiquement comme il l'avait souhaité. Cependant il restera obnubilé toute sa vie par une obsession : faire de la littérature, de la vrai. Avec un souhait qui, lui, ne sera jamais exaucé, recevoir le Prix Nobel de littérature. Mais il possède un lectorat ce qui est primordial lorsqu'on est écrivain.

Simenon, adulé de son vivant, conspué par des pisse-froid en mal de copie, lié d'amitié avec des célébrités telles que Renoir, Marcel Achard, et bien d'autres, ne pourra jamais tomber dans l'oubli.

 

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931. Editions Hatier. Parution 1990. 260 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 14:19

Hommage à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922.

Lorsque Georges Simenon entre, en forçant la porte du directeur, au journal La Gazette de Liège, il n'a pas encore seize ans.

Quinze ans et onze mois pour être précis.

Pourtant ce n'est pas cette volonté de travailler, de devenir journaliste qui m'a le plus étonné, surpris, mais c'est bien la maturité, le ton incisif, gouailleur, l'esprit caustique, impertinent, la facilité d'écriture de ce débutant, de cet adolescent, qui imprègnent les chroniques rédigées par Georges Simenon.

Des billets poétiques à la gloire de sa ville natale aux féroces diatribes envers les édiles socialistes, Simenon, alias Georges Sim, alias Monsieur Le Coq, se fait la main, emmagasinant souvenirs, odeurs, recherches sur la nature humaine pour mieux nous les restituer à travers ses romans, mémoires et dictées.

Simenon possède un insatiable appétit de vivre, se montrant boulimique de lectures, de femmes. De seize à dix-neuf ans, par ses écrits parfois virulents dans La Gazette de Liège, mais également dans d'autres publications, il affine son écriture. Il se veut le témoin de son temps et devient le chantre des petites gens que l'on retrouvera tout au long de ses romans, la série des Maigret bien évidemment, mais aussi tous ses romans dits littéraires et surtout noirs.

Jean-Christophe Camus, journaliste lui-même à La Gazette de Liège, met ses pas dans les traces du jeune Sim qui deviendra le grand Simenon, réalisant une monumentale étude de caractère de celui qui excellait dans ce genre.

Un récit passionnant dans lequel on découvre le père de Maigret avec ses joies, ses colères, ses farces, sa jeunesse, son appétit de la vie. Un regard neuf sur un écrivain que l'on croyait connaître.

De très nombreuses illustrations, des reproductions, des fac-similés de journaux complètent cet ouvrage passionnant de bout en bout.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922. Editions Hatier. Parution décembre 1989. 222 pages.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 14:32

Hommage à Jules Verne né le 8 février 1828.

Lionel DUPUY : En relisant Jules Verne.

Voyage au centre de la Terre, Le tour du monde en 80 jours, Le château des Carpathes, Vingt milles lieues sous les mers, L’île mystérieuse, tout le monde a entendu parler de ces célèbres romans de Jules Verne, à défaut de les avoir lu.

Chacun en garde un souvenir impérissable tant les mondes décrits par Jules Verne entraînaient le lecteur dans des aventures fabuleuses. Peut-être moins aujourd’hui que les inventions décrites par ce visionnaire sont devenues réalité voire dépassées.

Lionel Dupuy nous propose une relecture de ces cinq romans, en relevant des aspects parallèles, des similitudes, des procédés littéraires qui méritent d’être mis en évidence. Ainsi les volcans sont quasi présents dans l’espace géographique mis en scène par Jules Verne même si à priori ceux-ci ne sont pas visibles.

Pourtant si dans Voyage au centre de la Terre, le volcan est bel et bien présent car la remontée des explorateurs s’effectue par le Stromboli, dans Le château des Carpathes, le col où se situe l’édifice en question se nomme Vulkan. L’île en général aussi joue une importance toujours présente dans l’esprit de l’auteur, mais ce ne sont que deux points pris au hasard.

L’espace et le temps sont des facteurs primordiaux dans la construction de l’œuvre, pas forcément mis en évidence. D’ailleurs à ces romans on pourrait ajouter Michel Strogoff puisque l’envoyé du tsar doit traverser la Russie jusqu’à l’autre bout du continent asiatique et afin de réussir sa mission lutter contre le temps. On pourrait également dire que Jules Verne pratiquait l’écologie avant l’heure.

Les ouvrages sur Jules Verne sont légion en ce moment mais l’étude de Lionel Dupuy s’avère intéressante dans le sens où les romans de Jules Verne incitent aussi à la réflexion, démarche pas toujours entreprise lorsque nous dévorions ces romans lors de notre préadolescence.

 

Lionel DUPUY : En relisant Jules Verne. Un autre regard sur les Voyages Extraordinaires. Editions La Clef d’argent. Parution février 2005. 176 pages. 12€.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 10:29

Bon anniversaire à Hubert Prolongeau

né le 27 janvier 1962.

Hubert PROLONGEAU : L’assassin de Bonaparte.

Le décor, l’ambiance, la restitution de scènes historiques sont aussi pour Hubert Prolongeau les ressorts principaux utilisés, la partie enquête n’étant qu’un ingrédient dilué dans l’histoire.

Lors de la campagne d’Italie en 1796, le jeune Sébastien Cronberg, d’origine franco-allemande, voit sa mère et une partie des habitants du village où il habite passés par les armes, désignés au hasard par Lannes.

Il ressent une terrible envie de vengeance envers Bonaparte et va tenter de l’assassiner. Curieusement, son forfait ne peut être perpétré, et Cronberg va s’enticher de ce général qui ne pense qu’à rejoindre sa femme Joséphine.

De retour à Paris, Bonaparte confie une mission délicate à Cronberg. Retrouver des missives qu’il aurait écrite et qui ont été dérobées lors du meurtre de Barbey, un proche du Directoire.

 

Etonnant que ce revirement dans les sentiments d’un jeune homme meurtri physiquement et moralement par Bonaparte et ses hommes et qui deviendra le plus fervent défenseur de celui qui déjà est considéré comme un futur dictateur.

La reconstitution de la tuerie du village de Binasco, près de Pavie, est un moment d’horreur tel qu’ont pu en connaître certains habitants de bourgades décimées lors de la seconde guerre mondiale, les moyens n’étant pas les mêmes mais les représailles si.

Et la ferveur napoléonienne, la fascination envers celui qui deviendra Napoléon 1er, ressemble un peu à celle ressentie par les Allemands, du moins une partie de la population, envers qui vous savez.

 

Première édition Le Masque moyen Format. Parution décembre 2001.

Première édition Le Masque moyen Format. Parution décembre 2001.

Réédition Le Livre de Poche Policier N°35009. Parution janvier 2005.

Réédition Le Livre de Poche Policier N°35009. Parution janvier 2005.

Hubert PROLONGEAU : L’assassin de Bonaparte. Réédition J'Ai Lu Librio. Collection J'Ai Lu Roman. 15 octobre 2014. 384 pages. 7,60€.

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 13:54

Hommage à Paul Gerrard, décédé le 19 janvier 1994.

Paul GERRARD : Le masque de verre.

La petite Nathalie ne se sentait pas à l'aise dans cette propriété immense gardée par deux grands dogues jaunes et blancs, deux molosses aux yeux roses.

Rien que de les voir, de les sentir tournicoter autour d'elle, lui coupait les jambes. Et quand on a les jambes coupées, on ne court pas vite, ce qui est vraiment dommage car deux malabars qui vous filent le train à longueur de journée avec comme idée fixe de goûter à vos mollets dodus, ce n'est guère rassurant.

Elle avait bien raison de se méfier Nathalie, qui malgré les mises en garde et objurgations de toutes sortes, s'est affolée.

Terminer sa destinée comme pâtée à chiens n'est pas une destinée rêvée et pourtant c'est ainsi que Nathalie va perdre la vie.

Ceux qui sont bien embêtés, ce sont les membres de la famille Hiricalde, car non seulement il va falloir trouver une remplaçante à la jeune fille sans que le voisinage se doute de quoi que ce soit, mais de plus l'odeur de l'argent, sous forme d'héritage commence à titiller agréablement leurs narines. Et les Hiricalde auraient bien besoin d'argent frais pour renflouer l'entreprise familiale.

 

L'univers décrit par Paul Gerrard dans ses romans est résolument noir, même si transparaissent parfois des pointes d'humour. Dans les années 1960, Paul Gerrard avait fait les beaux jours de la collection Un Mystère, mais les modes, les goûts changent, et Paul Gerrard était tombé dans un purgatoire qu'il ne méritait pas. Heureusement le directeur du Masque, collection qui dans les années 1980 était en pleine mutation, l'avait sorti des oubliettes ainsi que bien d'autres romanciers qui avaient marqué une génération de lecteurs.

En effet outre ses romans noirs pour adultes, Paul Gerrard avait adapté pour la jeunesse des ouvrages publiés dans des collections comme Rouge et Or au début des années 1950, des romans qui ont pour titre Le dernier des Mohicans, Les contes des Mille et une nuits ou encore Les Trois mousquetaires pour ne signaler que les plus célèbres, mais également sous le nom de Paul Berna écrit une petite trentaine de romans juvéniles dont le célèbre Cheval sans tête (Gd prix de littérature du salon de l'enfance 1955) qui a été réédité à moult reprises.

 

Réédition Le Masque Jaune N°2003. 1990.

Réédition Le Masque Jaune N°2003. 1990.

Paul GERRARD : Le masque de verre. Collection Un Mystère N°755. Editions des Presses de la Cité. Parution 1965. 192 pages.

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  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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