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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 14:13

Bon anniversaire à Jean Mazarin né le 27 mars 1934.

Jean MAZARIN : Sus aux pointus.

Sus aux pointus est le dixième roman consacré à la saga de Frankie Pat Puntacavallo, le détective niçois surnommé le Privé au soleil, sur les douze titres qui constitueront cette série.

L'on retrouve avec plaisir les habituels protagonistes : Muriel Kerdah, sa secrétaire depuis peu, René-Charles (clin de l'auteur au véritable prénom de l'auteur) agent immobilier, Ange Culculnacci, commissaire de police de son état, Gisou, le repos du docker et d'autres, ainsi que la famille Puntacavallo composée de Marylin, la sœur chanteuse dans une boîte de nuit, et les parents, le père, un peu de l'autre côté de la barrière et la mère expansive, protectrice, la Mamma par excellence.

En réalité, lorsque l'on plonge dans un livre ayant Frankie Pat comme héros, l'histoire, la trame, l'énigme deviennent secondaires, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent pas, loin de moi ce propos. Les avatars subis par ce détective naïf, que ce soit dans sa vie familiale ou professionnelle, valent en eux-mêmes que l'on ouvre le volume.

Têtes de chapitres, dont le style rappelle curieusement celles employées par Charles Dickens dans Les Papiers posthumes du Pickwick Club, renvois, notes, notules, tout concourt pour nous livre un roman extrêmement jubilatoire.

Et je ne parlerai pas du délire verbal employé par Jean Mazarin dans ce qu'il appelle ses romans de détente. Romans qu'il s'amuse à écrire et que le lecteur s'amuse à découvrir dans ces aventures puntacavalliennes.

 

Dans ce volume se dégagent un petit air de réalisme, de nostalgie, de mélancolie. De nombreux faits troublent Frankie Pat, le narrateur-héros. Le décès de son père, la diatribe relativement douce-amère de Muriel Kerdah concernant ses possibilités inductives et déductives ainsi que sa renommée.

Alors virage ? Changement de cap ? Frankie Pat ne sera-t-il plus dans ses prochaines aventures le sympathique naïf ayant Humphrey Bogart comme idole et image de marque ? Espérons que si et qu'il vivra de nombreuses aventures qui lui laisseront certes un arrière goût d'amertume comme à l'habitude mais réjouiront le lecteur. C'est ce que j'écrivais dans une chronique datée de 1985.

Mais ce n'était qu'un vœu pieux puisque, au bout de douze aventures, Frankie Pat tirera sa révérence.

 

Titres composant la série Frankie Pat Puntacavallo, tous dans la collection Spécial Police :

 

1642 : Un privé au soleil

1665 : Ormuz, c'est fini

1678 : Adieu les vignes

1754 : Monaco morne plaine

1772 : Basta C.I.A.

1824 : Catch à Cannes

1838 : Un doigt de culture

1881 : Touchez pas la famille

1913 : Camora mia

1982 : Sus aux pointus

2013 : Nocturne le jeudi

2069: Canal Septante.

 

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 14:56

Bon anniversaire à Maurice Gouiran né le 21 mars 1946.

Maurice GOUIRAN : Qui a peur de Baby Love ?

Hormis ces prénoms à manger un hamburger dans un restaurant trois étoiles, qu’est-ce qui peut bien relier cette succession de morts succombés à une mode de suicide à moins qu’il s’agisse de meurtres perpétrés par un individu particulièrement machiavélique ?

D’abord c’est Polycarpe Bouffaréou qui est retrouvé pendu au dessus d’une passerelle. Seulement il porte un bandeau orange, qui cache le trou effectué par une balle de SIG-Sauer. De plus un carré de tissu gris est accroché à son veston. L’arme du crime est retrouvée quelques mètres plus bas. Bref cela ressemblerait bien à une mise en scène selon le lieutenant Emma Govgaline mais il lui manque des éléments pour étayer cette hypothèse, d’autant que des traces de poudre sont relevées sur sa main. Le lendemain, un deuxième cadavre, du nom de Passionis Cimarosa est découvert dans une calanque. Selon toutes vraisemblances un nouveau suicide avec comme point commun le SIG-Sauer, le bandeau de couleur, différente cette fois, le morceau de tissu gris sur le veston. Et si cela ne suffisait pas un troisième trépassé est retrouvé dans un parking, Pamphile Bonfaloux.

Les trois défuntés occupaient un poste en vue dans la société marseillaise, parfois très proche du maire. Bizarrement leur décès était programmé dans le journal local, annoncé par la veuve, les enfants, la famille et un(e) certain(e) Baby Love. Manquaient la date de décès et celle des obsèques.

Pendant ce temps, Clovis, le héros récurrent des romans de Maurice Gouiran, est sollicité par Elodie, charmante jeune femme qui joue les intérimaires dans son lit, car son frère Paterne, installé comme professeur à Strasbourg se serait ôté la vie à l’aide d’une arme à feu le jour du 1er de l’an. Premièrement il n’avait aucune raison de quitter notre bonne vieille terre, ensuite des traces de poudre subsistaient sur sa main droite. Seul problème, Paterne était gaucher. Dans l’ordinateur de Paterne subsiste une vieille photo de classe avec huit condisciples vêtus de blouses grises. En 1972, un anachronisme.

Le lien est trouvé grâce à Raf, un policier qui renseigne pour le plaisir Clovis, et rejoint ce que notre héros va pouvoir confronter avec les informations recueillies auprès d’Emma. Huit collégiens, âgés de dix sept ans environ, étaient internes dans un institut catholique marseillais dont l’aumônier, le père Sylvain, ancien de l’OAS et auparavant de l’ORAF, Organisation de Résistance de l’Algérie Française, créé en 1956, honnissait les communistes, la gauche dans son ensemble et prônait les valeurs de l’extrême droite, fustigeant les ultra gauches. Les huit condisciples auraient flirté avec le GUD, une émanation de l’association Occident.

Lors d’un repas pris en compagnie d’Emma, qui vient d’être dessaisie de l’affaire par le juge d’instruction au profit d’une vague enquête concernant un supposé attentat envers une ligne ferroviaire, et d’un des survivants de cet établissement, Philogène ils apprennent que les autres condisciples se prénommaient Priam, décédé depuis, Philémon et Pancrace. Pendant qu’Emma et Clovis dissertent, Philogène prétextant une avarie de la prostate se rend aux toilettes où il est retrouvé une balle dans la tête, l’arme à ses pieds. Cette affaire de P sent vraiment trop mauvais.

 

L’histoire prend donc sa genèse dans un institut catholique, ferment d’idées extrémistes et favorisant les amitiés particulières. D’ailleurs les bandeaux enserrant les têtes des morts sont de couleurs différentes, un peu comme un arc en ciel ou les couleurs du Rainbow Flag, couleurs des homosexuels. Maurice Gouiran ne se gêne pas, et il a raison, pour tirer à gauche et à droite, pour dénoncer les politiciens qui veulent se faire un nom avant de prouver leurs compétences.

Ainsi : Décidément, ces socialos qui avaient mis le pays sur la paille n’étaient même pas capables de s’entendre entre eux. Comment pouvaient-ils pouvoir prétendre gouverner un jour ? Mais tout le monde en prend pour son grade, pour preuve : A Marseille, on interdisait systématiquement la passerelle lorsque le chef de l’Etat daignait gratifier la cité phocéenne de son auguste présence, question de sécurité probablement. Mais ce matin-là, le premier des Français, bien critiquable à d’autres égards, n’y était strictement pour rien.

Les hommes politiques ne sont pas les seuls visés. Les policiers et les journalistes également : Pour nous (journalistes), comme pour la police, l’affaire était close (décès de Paterne) et le sujet du jour, c’étaient les incendies de voitures, les vrais, les faux. La polémique enflait à ce sujet et les lecteurs avaient sacrément besoin d’infos croustillantes. L’auteur assène des vérités qui ne font pas toujours plaisir, mais c’est ça le rôle d’un écrivain honnête, au risque de déplaire. Ainsi les failles de l’école privée, comparée à l’école publique. Les bourgeois, mais aussi les ruraux confiants dans une éducation rigoureuse, qui n’hésitaient pas à dépenser moult argent pour des résultats peut-être probants mais aux méthodes discutables. Mais on peut sourire toutefois à cette affirmation : A Marseille, les filles sont si belles qu’un mec normalement constitué ne peut guère résister à l’appel de la chair.

Maurice GOUIRAN : Qui a peur de Baby Love ? Editions Jigal ; collection Jigal Polar. Parution septembre 2009. 276 pages. 18,25€.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 14:22

Hommage à Fredric Brown, décédé le 11 mars 1972.

Fredric BROWN : La mort a ses entrées.

Lire Fredric Brown, c'est comme se plonger dans un bain de fraîcheur, c'est retrouver les années 1950 sans en supporter les poncifs.

C'est un alliage d'humour et de noirceur, proposé par un professionnel de l'écriture, catalogué longtemps comme un spécialiste de la science-fiction, alors que ces romans policiers ont une force, une vivacité, un entrain, une dureté, une psychologie propre à l'univers de Fredric Brown.

La saga de Ed et Am Hunter compte parmi les réussites de Fredric Brown. Et ce roman, écrit entre L'univers en folie et La nuit du Jabberwock, fait un petit clin d'œil à la S.F., genre qu'abordait alors notre auteur. Mais La mort a ses entrées est un véritable roman policier à la structure efficace et rationnelle.

Ed et Am Hunter viennent de créer leur propre agence de détectives privés, et leurs affaires marchent moyennement. Une jeune fille, Sally, vient demander protection auprès d'Ed. Ed ne sait rien refuser à une représentante du sexe féminin, surtout lorsque ladite représentante est charmante et jolie.

Mais tout de même, quelle bizarre demande que celle de Sally. Elle se sent menacée par des Martiens.

Ed ne veut pas croire à cette sorte de harcèlement, mais accepte néanmoins de passer la nuit auprès de la jeune fille, en tout bien tout honneur. Un appel téléphonique intempestif le réveille en sursaut à deux heures du matin. Dans la chambre attenante, aucun bruit. Et pour cause. Sally est morte !

Ed se sent responsable, se culpabilise, malgré toutes les apparences d'un décès dû à une cause naturelle.

 

Fredric Brown était un grand monsieur de la littérature dite populaire, aussi bien en science-fiction que dans le domaine policier, mais surtout dans la rédaction de nouvelles qui abordaient ces deux genres avec un réel bonheur. Des nouvelles parfois ultra-courte mais à la chute imprévisible.

Réédition collection Grands détectives N°2706. Editions 10/18. Parution avril 1996. 246 pages.

Réédition collection Grands détectives N°2706. Editions 10/18. Parution avril 1996. 246 pages.

Fredric BROWN : La mort a ses entrées. (Death has Many doors, 1951) Collection Série 33 N°2. Editions Clancier-Guénaud. Parution avril 1988. 254 pages.

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 15:07

Hommage à John Dickson Carr décédé le 27 février 1977.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables

Les aventures, ou plutôt les enquêtes du colonel March, enquêtes pour la plupart traduites en France dans diverses revues, entre 1958 et 1973, enfin réunies en un volume.

Le colonel Perceval March fut interprété à la télévision britannique dans les années 1956/1957 par Boris Karloff pour vingt-six épisodes de vingt-six minutes chacun. La plupart de ces épisodes ont été diffusés sur les petits écrans durant l'année 1961. Des petits films, dont leur petit air désuet, qui seraient les bienvenus en rediffusion, le samedi ou dimanche soir par exemple, sur la Trois, en remplacement de Zorro dont les aventures tournent en boucle depuis des années et deviennent répétitives.

Pour en revenir au Service des Affaires Inclassables, ces nouvelles sont toujours agréables à lire ou à relire, car contrairement aux adaptations télévisées, elles n'ont pas pris une ride, ou presque.

L'écriture magique de John Dickson Carr probablement.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables

Le colonel March est le responsable d'un service spécial, une section à part dans Scotland Yard : le département des causes bizarres.

Lorsqu'une enquête piétine, car la solution en est particulièrement difficile à résoudre, le colonel March est appelé à la rescousse. Et il faut l'esprit subtil de ce policier pour découvrir le mystère des empreintes de pas sur une haie qui supporterait difficilement le poids d'un chat, ou encore comment a pu être réalisé un meurtre par des mains sans corps, ou même découvrir la cachette renfermant vingt-trois mille livres sterlings, alors que tout a été passé au peigne fin.

En prime aux sept enquêtes du colonel Marche, le recueil renferme quatre autres nouvelles, dont une inédite en français, ainsi qu'une postface fort intéressante de l'érudit Roland Lacourbe, spécialiste de John Dickson Carr et de son œuvre, et des textes de mystères en chambres closes en général.

John Dickson CARR : Service des affaires inclassables (The Department of Queer Complaints - 1940) Le Masque N°1919. Librairie des Camps Elysées. Parution mai 1988. 288 pages.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 14:33

Hommage à Jack Ritchie, né le 26 février 1922.

Jack RITCHIE : Papa météo.

Parmi les grands nouvellistes américains de littérature policière, Jack Ritchie peut être classé au niveau des meilleurs, des très grands, aux côtés de William Irish, Fredric Brown, Edward D. Hoch et quelques autres.

Pourtant son nom est souvent omis des bibliographies, études et autres ouvrages traitant de la littérature policière. Un oubli d'autant plus regrettable qu'il a écrit environ cinq cents histoires, destinées pour la plupart à des magazines spécialisés (il fut l'un des auteurs fétiches d'Alfred Hitchcock) et que les anthologies semblent incomplètes si son nom ne figure pas au sommaire.

Jack Ritchie n'a écrit qu'un roman - L'île du tigre publié en France chez Pocket en 1992 - et s'il est méconnu, en France tout du moins, faut-il y voir une relation de cause à effet.

Jack Ritchie était - il est mort en 1983 - un véritable orfèvre, un artiste dans son genre, et ses nouvelles sont de petits bijoux, des miniatures dont les dénominateurs communs sont l'humour noir et la machination.

La machination, la manipulation l'arnaque, semblent être le principal souci, la principale obsession de ses personnages, qu'il s'agisse pour eux de trucider leur femme, l'empêcheur de tourner en rond ou d'amasser rapidement et sans fatigue un joli petit pactole, de constituer pour l'avenir un doux matelas rembourré de billets de dollars.

Mais le bel ordonnancement par Jack Ritchie ne serait rien ou si peu s'il n'était assaisonné d'une pointe d'humour noir féroce. L'histoire prend toute sa saveur le plus souvent dans l'ultime phrase, décompressant le lecteur dans un retournement de situation parfois déconcertant.

Les Héros, bons ou méchants, ne sont pas décrits physiquement mais moralement, la plupart du temps par l'intermédiaire de dialogues percutants.

Jack Ritchie ne s''embarrasse pas de détails oiseux, ce qui en fait sa force et l'intérêt de ses histoires.

L'emploi systématique de la première personne du singulier invite le lecteur à entrer dans la peau du narrateur machiavélique. Une façon comme une autre, guère répréhensible mais jubilatoire, de s'investir dans l'habit peu reluisant d'une crapule ou d'un joueur d'échecs particulièrement retors, jonglant entre les bons et les mauvais sentiments.

 

Au sommaire de ce recueil :

Papa météo (The Weather man. Traduction de Jane Guyon). Publié en français sous le titre Papa météo, dans le recueil Histoires de machinations, Pocket no 3232, 1990.

Degré d'innocence (Degree of Guilt - traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Degré d'innocence, Paris, Opta, Choc Suspense no 2, juillet 1967.

Une fille s'en va (You Should Live So Long - traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Une fille s'en va, Paris, Opta, Choc Suspense no 3, octobre 1967.

Le chantage fantastique (The Crime Machine - Traduction de Michel Demuth). Publié en français sous le titre Le Chantage fantastique, Paris, Opta, Anthologie du Suspense no 4, 1966.

L'œil tranquille. Signé Steve O'Connell (The Quiet Eye - Traduction de Catherine Grégoire).

Le cœur de l'homme mort. Signé Steve O'Connell (Sund Alibi - Traduction de Pierre Caillet).

Tableau de chasse. (Kill Joy - Traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre Tableau de chasse, Paris, Opta, Choc Suspense no 2, juillet 1967.

L'époux de la minette (Devil Eyes - Traduction de Michel Deutsch). Publié en français sous le titre L'Époux de la minette, Paris, Opta, Choc Suspense no 3, octobre 1967.

Dix dollars en trop (The Enormous 10 Dollars - Traduction de Nicolette et Pierre Darcis). Publié en français sous le titre Dix dollars en trop, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 26, juin 1963 ; réédition dans le recueil Histoires de mort et d'humour, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3007, 1988.

Au petit matin blême (Good-by, World - Traduction Marcel Battin). Publié en français sous le titre Au petit matin blême, Paris, Opta, Choc Suspense no 4, janvier 1968.

Adieu, mémoire ! (Good By Memory - Traduction Denise Hersant). Publié en français sous le titre Adieu, mémoire !, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 12, avril 1962 ; réédition dans le recueil Histoires à n'en pas revenir, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3002, 1988.

Sous la lumière des réverbères (Under Dim Street Lights - Traduction Christine Lauffray). Publié en français sous le titre Sous la lumière des réverbères, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 33, janvier 1964 ; réédition sous le titre À la pâle clarté des ténèbres, dans le recueil Histoires piégées, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3005, 1988.

Tendre assassin (The Green Hart - Traduction de Michel Beauquey). Publié en français sous le titre Tendre Assassin, Paris, Opta, Alfred Hitchcock magazine no 32, décembre 1963 ; réédition dans le recueil Histoires riches en surprises, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 3006, 1988.

Jack RITCHIE : Papa météo. Collection Blême N°2237. Editions 10/18. Parution novembre 1991. 240 pages.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 12:05

Hommage à Ralph Mc Inerny né le 24 février 1929.

Ralph Mc INERNY : Chambre froide

Sylvia Lowry craint pour sa vie, redoutant un mauvais coup de la part de ses enfants : son fils, Jim Lowry, sa fille, Sharon, ou son gendre, Bill Cordwill. Comme pour confirmer ses frayeurs, il se produit d’étranges événements chez elle : en peu de temps, elle a été obligée de faire appel plusieurs fois à Gene Hospers, le réparateur de téléviseurs.

Elle cherche le réconfort auprès du Père Dowling, et écrit aux éditions Anima Mundi à Kenosha, dans le Wisconsin. Elle promet un don de 50.000 dollars en échange de prières pour l’âme de son mari défunt, et requiert la venue d’un père, chez elle, à Fox River près de Chicago.

Antony Mendax, directeur escroc de multiples petites entreprises plus ou moins foireuses, se déplace en personne à la requête de cette cliente providentielle. Arrivé à Fox River, il ne tarde pas à apprendre la mort de sa future donatrice qui venait de convertir ses bons du trésor en argent liquide. Le médecin légiste est perplexe : est-elle décédée d’un coup sur la tête ou du séjour prolongé dans son congélateur vide ? Amis d’enfance, l’inspecteur Phil Keegan et le Père Dowling enquêtent chacun de leur côté. Les soupçons se portent immédiatement sur Jim, Sharon et Bill, mais également sur Mendax, l’argent une fois de plus apparaissant comme le mobile principal de la disparition et du meurtre de la vieille dame. Keegan reçoit une lettre anonyme accusant Jim, mais Dowling, perspicace, en pressent l’expéditrice : Cheryl, la fille de Sharon. Cheryl, inconsciemment, avoue, apportant quelques révélations supplémentaires à la police et à Dowling.

 

Dowling s’impose comme un nouveau chaînon à la déjà longue théorie de religieux détectives : Frère Cadfael, Frère Boileau, le Père Brown… Héros d’une série télévisée américaine — Tom Dosley lui prête ses traits, assisté de sœur Stéphanie, série diffusée sur FR.3 de 1989 à 1991 — il se conduit en homme indulgent — moins débonnaire cependant que dans les téléfilms, — plus préoccupé des âmes de ses ouailles que de leur châtiment.

Premier volet d’une série de neuf enquêtes, Chambre froide se veut l’approche du Père Dowling dont les traits physiques et moraux devraient être affinés au fil des volumes. On sait cependant que le Père Dowling est un ancien alcoolique repenti et guéri et qu’il a abandonné sa position à l’archidiocèse comme spécialiste du droit canon et plus prosaïquement dans les cas d’annulation de mariage, autant pour rompre avec son éthylisme que pour goûter à la différence, la lourdeur de la bureaucratie cléricale commençant à lui peser.

 

Les crimes impunis sont le fondement même de notre société.

Ralph Mc INERNY : Chambre froide

Ralph Mc INERNY : Chambre froide (Her death of cold - 1977. traduction  de Cécile & Yves Trevian). Collection Ténèbre et Lumière. Editions Axel Noël. Parution octobre 1991. 244 pages.

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 10:44

Hommage à Paul Gerrard né le 21 février 1908.

Paul GERRARD : La chasse au dahu.

Comme c'est dur d'être une garde d'enfant et de se faire kidnapper à la barbe et au nez le bambin dont on a la charge.

Ainsi mademoiselle Lincke, pour qui le petit Mick est un rayon de soleil dans une vie éprouvée, ne peut empêcher l'enlèvement de celui-ci dans l'immeuble même de ses parents.

A l'origine un couple qui a minuté de façon minutieuse ce rapt qui devrait rapporter beaucoup d'argent. Le père, gros industriel lyonnais, ne se fait pas tirer l'oreille pour le paiement de la rançon.

Au lieu de rendre le bébé, pourquoi ne pas exiger une nouvelle dose d'argent frais ? C'est ce que se disent Vicky et Carlo, les ravisseurs, mais pour cela, il faut brouiller les pistes. A bord d'une 2CV, véhicule banal s'il en est (à l'époque), ils parcourent la Haute-Savoie. Mais ce qui n'était qu'une balade devient vite une cavalcade puis une fuite.

Un autre couple de malfrats, qui ont flairé une occasion d'empocher facilement de l'argent, se lance à leur poursuite. Le drame couve avec pour enjeu le petit Mick.

 

Dans La chasse au dahu, ou encore La javanaise, c'est un enfant qui est au centre du récit, rendant celui-ci bouleversant et au combien toujours d'actualité.

Paul Gerrard décrit des faits réels, ne s'embarrassant pas de fioritures fantaisistes.

Comme l'a si bien écrit Gilles Costaz dans un article consacré à Paul Gerrard, pour celui-ci la vie et les romans policiers sont des jeux d'adultes. Ce sont des textes noirs dont la force tient dans la sobriété du style.

Première édition collection Un Mystère N°526. Presses de la Cité. Parution 1960.

Première édition collection Un Mystère N°526. Presses de la Cité. Parution 1960.

Ayant connu son heure de gloire dans les années 1950/60, aussi bien sous ce nom que celui de Paul Berna, pseudonyme utilisé pour rédiger des livres pour enfants et adolescents, Paul Gerrard était revenu en grâce à la fin des années 1980, grâce à la réédition de ses romans soit en format poche, soit en Intégrales. Aujourd'hui il est à nouveau retombé dans l'oubli, mais un véritable romancier ne meurt jamais, et il est à parier que dans quelques années il reviendra sur les étals des libraires.

 

Paul GERRARD : La chasse au dahu.

Paul GERRARD : La chasse au dahu. Collection le Masque Jaune N°1945. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution février 1989. 186 pages.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 14:22

Hommage 3 à Georges Simenon, né le 13 février 1903 selon les registres et le 12 février 1903 par superstition maternelle.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret.

Une pipe, un chapeau melon, un pardessus épais à col de velours, un poêle en fonte, quelques verres de bière ou de fine, voilà le décor planté.

Le commissaire Maigret peut faire son apparition, masse puissante et bourrue, privilégiant aux faits eux-mêmes la psychologie des personnages.

On ne l'a pas entendu arriver, pourtant il est là, impressionnant, emplissant la pièce de sa présence. Et lorsqu'il repart sur la pointe des pieds, son aura a si bien imprégné l'endroit où il s'est imposé, que son ectoplasme est toujours palpable. Et depuis 1972, année où il s'est éclipsé en compagnie de Monsieur Charles, il continue à hanter l'étrange lucarne et les rayons des librairies.

Maigret n'est pas un être de chair et de sang, pourtant c'est un ami fidèle, et l'on ne se lasse pas de le rencontrer dans un bar, auprès d'une péniche, à un carrefour, sous la pluie, tenace, obstiné, traquant les truands, mais cherchant aux petites gens des excuses à leur forfait.

Mais ce personnage issu de l'imagination fertile d'un écrivain prolixe, porte en lui sa légende. Sa naissance est nimbée d'un flou artistique ou plutôt d'une contre-vérité à laquelle Simenon, qui l'a forgée et propagée, a fini par croire lui-même.

Francis Lacassin, traqueur impitoyable de la littérature populaire, ne s'est pas contenté d'une explication de génération spontanée. Maigret en effet n'est pas né dans les conditions que Simenon aimait le faire croire, entretenant un mythe qui permit en 1966 l'érection d'une statue représentant le célèbre commissaire à Delfzijl, aux Pays-Bas.

Maigret était déjà né, avait connu quelques aventures, mais c'est effectivement dans ce petit port qu'il s'est émancipé, a atteint sa majorité, et fêté sa maturité avec Pietr le Letton. Et il lui a fallu se battre pour ne pas se laisser supplanté par un arriviste, plus jeune, plus aventureux, du nom de Sancette.

Ce travail de défrichage des romans simenoniens, cette recherche de généalogiste consciencieux, sont consignés dans un ouvrage dont la lecture est aussi passionnante que celle d'un roman policier, comme diraient les critiques qui pourfendent la littérature populaire tout en lui reconnaissant les qualités d'être lisible, intéressante, captivante.

Ce récit, ce document s'inscrit parmi les nombreux autres ouvrages consacrés à la saga simenonienne, à sa vie et à son œuvre, et ils sont nombreux. Mais il reste l'un des ouvrages de référence qui se révèle indispensable à tout amateur, éclaire ou non, à tout passionné avide de mieux connaître ce personnage hors du commun et pourtant si près de nous.

Francis LACASSIN : La vraie naissance de Maigret. Editions du Rocher. Parution septembre 1992. 176 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 15:16

Hommage 2 à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931.

De son vivant, Simenon a intrigué bon nombre de journalistes, de critiques et de chroniqueurs, et bien évidemment de lecteurs.

Les études et articles consacrés au plus Français des Belges sont donc extrêmement nombreux, avant et après sa mort.

De tous ceux qui sont parus en cette année 1990, les ouvrages de Jean-Christophe Camus comptent parmi les plus intéressants. A plusieurs titres.

D'abord au point de vue recherche et situations du personnage dans une époque qui peut paraître magique et féérique pour certains d'entre-nous. Les années d'après-guerre, des années de décompression, d'insouciance, une impression. Alors que dans d'autres récits, je pense notamment au Simenon de Stanley Eskin paru aux Presses de la Cité, certains faits sont juste évoqués, suggérés, ici ils sont décrits avec humour et émotion, dans un esprit de véracité et d'impartialité.

Le fameux bal anthropométrique par exemple, qui devait fêter la mort de Georges Sim et la naissance de Simenon, le grand coup de publicité réalisé avec l'aide de l'affichiste Paul Colin pour la parution des premiers Maigret, les officiels, chez Fayard. Ou encore cet amour payé de retour avec celle qui fut surnommé la Perle Noire, Joséphine Baker.

Egalement les ancêtres littéraires de Maigret. Maigret qui apparait en coup de vent, dont la silhouette se dessine dans des romans édités chez Tallandier ou qui se cache sous les traits de l'inspecteur Sancette, alias 107,alias G7, alias L53... Les anecdotes foisonnent mais sans sombrer, et je pense là encore au livre de Stanley Eskin, sans sombrer dans une recherche systématique de la vie sexuelle de l'écrivain.

De plus, les reproductions en couleurs d'une quinzaine de couvertures de romans écrits dans les années 1920 par celui qui fut surnommé le romancier-vapeur et les fac-similés d'articles et de dessins parus dans la presse de l'époque, apportent la note d'authenticité à un texte qui se lit comme un roman.

Simenon, bourreau de travail, bourreau de plaisirs, avide de découvertes, nous étonnera toujours. Une imagination débordante, certes, mais alliée à un emploi de situations, de personnages et d'aventures, ou mésaventures, survenues au créateur de Maigret.

Simenon, romancier populaire, aura réussi sa carrière pratiquement comme il l'avait souhaité. Cependant il restera obnubilé toute sa vie par une obsession : faire de la littérature, de la vrai. Avec un souhait qui, lui, ne sera jamais exaucé, recevoir le Prix Nobel de littérature. Mais il possède un lectorat ce qui est primordial lorsqu'on est écrivain.

Simenon, adulé de son vivant, conspué par des pisse-froid en mal de copie, lié d'amitié avec des célébrités telles que Renoir, Marcel Achard, et bien d'autres, ne pourra jamais tomber dans l'oubli.

 

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années parisiennes. 1923 - 1931. Editions Hatier. Parution 1990. 260 pages.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 14:19

Hommage à Georges Simenon, né le 12 février 1903.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922.

Lorsque Georges Simenon entre, en forçant la porte du directeur, au journal La Gazette de Liège, il n'a pas encore seize ans.

Quinze ans et onze mois pour être précis.

Pourtant ce n'est pas cette volonté de travailler, de devenir journaliste qui m'a le plus étonné, surpris, mais c'est bien la maturité, le ton incisif, gouailleur, l'esprit caustique, impertinent, la facilité d'écriture de ce débutant, de cet adolescent, qui imprègnent les chroniques rédigées par Georges Simenon.

Des billets poétiques à la gloire de sa ville natale aux féroces diatribes envers les édiles socialistes, Simenon, alias Georges Sim, alias Monsieur Le Coq, se fait la main, emmagasinant souvenirs, odeurs, recherches sur la nature humaine pour mieux nous les restituer à travers ses romans, mémoires et dictées.

Simenon possède un insatiable appétit de vivre, se montrant boulimique de lectures, de femmes. De seize à dix-neuf ans, par ses écrits parfois virulents dans La Gazette de Liège, mais également dans d'autres publications, il affine son écriture. Il se veut le témoin de son temps et devient le chantre des petites gens que l'on retrouvera tout au long de ses romans, la série des Maigret bien évidemment, mais aussi tous ses romans dits littéraires et surtout noirs.

Jean-Christophe Camus, journaliste lui-même à La Gazette de Liège, met ses pas dans les traces du jeune Sim qui deviendra le grand Simenon, réalisant une monumentale étude de caractère de celui qui excellait dans ce genre.

Un récit passionnant dans lequel on découvre le père de Maigret avec ses joies, ses colères, ses farces, sa jeunesse, son appétit de la vie. Un regard neuf sur un écrivain que l'on croyait connaître.

De très nombreuses illustrations, des reproductions, des fac-similés de journaux complètent cet ouvrage passionnant de bout en bout.

Jean-Christophe CAMUS : Simenon avant Simenon. Les années du journalisme. 1919 - 1922. Editions Hatier. Parution décembre 1989. 222 pages.

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  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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