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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 13:39

Hommage à Jack Vance né le 28 août 1916.

Jack VANCE : Un plat qui se mange froid

Seize années passées en prison, surtout si c'est pour rien, il y a de quoi aigrir un homme.

Ausley Wyett, accusé de viol et de meurtre sur la personne de la jeune Tissie, a toujours clamé son innocence. Pourtant il est allé en prison, les déclarations des témoins ne laissant aucun doute aux jurés.

Sa peine purgée, Ausley revient chez lui dans le comté de Rodrigo, en Californie, mais tous se souviennent encore de cette affaire lamentable. Et son retour est accueilli de façon mitigée. Certains réprouvent même cette attitude jugée inconvenante, pour ne pas dire provocante.

D'autant que des incidents se produisent qui ravivent la mémoire des témoins mais également de toute la population du comté.

Quelqu'un a versé de l'eau dans le réservoir à essence du vieux break de Bus Hacker. Ausley est immédiatement accusé d'avoir réalisé cette mauvaise plaisanterie.

Les cinq témoins à charge du procès reçoivent une lettre d'Ausley leur demandant comment ils pensent réparer les dommages qu'il a subis.

Si les petites tracasseries s'arrêtaient là, il n'y aurait pas grand chose à dire, mais des décès suspects enveniment l'atmosphère.

Pour Joé Bain, shérif intérimaire en remplacement du vieux Conch, voilà une belle occasion de démontrer ses capacités. Le pain sur la planche ne manque pas, et s'il veut être élu shérif titulaire aux prochaines élections, les faux pas lui sont interdits.

L'avocat Lee Gervase est lui aussi prétendant à ce poste, soutenu par quelques notabilités du coin. Il ne s'embarrasse pas de scrupules pour dénoncer des magouilles, des prévarications, supposées ou réelles.

 

Jack Vance est surtout connu en France pour ses romans de science-fiction, dont près de trente titres ont été édités chez Pocket et d'autres éditeurs.

Mais il ne faut pas oublier pour autant ses romans policiers de très belle facture, dont Méchant garçon ou Méchante fille réédition de Professeur Poltron.

Dans Un plat qui se mange froid, Jack Vance, tout en construisant un roman à la trame rigoureuse, nous offre une pinte de bonne humeur. Une nouvelle facette de son talent multiple.

Jack VANCE : Un plat qui se mange froid (The fox valley murders - 1966. Traduction de Jacqueline Lenclud). Collection Pocket Noir N°3728. Editions Pocket. Parution janvier 1992. 250 pages.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 07:53

Bon anniversaire à Barbara Hambly née le 28 août 1951.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres.

Murs des ténèbres, est écrit par un auteur qui n’est pas inconnu des amateurs de Star Trek ou Star Wars.

En effet Barbara Hambly a participé à ces deux phénomènes cinématographiques, télévisés et littéraires, sans compter les jeux de rôle. Toutefois c’est sa première œuvre qui est ici publiée, datant déjà de 1983 et qui s’apparente à une Fantasy située entre le roman de Genefort et la série du Lancedragon publiée au Fleuve Noir.

Dans ce second volet du Cycle de Darwarth, le premier étant Les Forces de la Nuit (Abysses n°2), Gil et Rudy entraînés dans un monde parallèle médiéval, combattent aux côtés du peuple de Dare obligé de fuir les Ténébreux. Ils parcourent le pays sous la neige, le vent, la tempête et se réfugient dans un Donjon dont nul ne connaît véritablement les arcanes.

Le sorcier Ingold et Rudy partent à la recherche du mage Lohiro qui pourrait leur donner la clé de la victoire, et Faucon-de-Glace décide lui aussi d’aller à l’aventure.

Dans le Donjon, les forces magiques et religieuses s’affrontent pour obtenir le pouvoir et être écoutées de La reine Minalde, régente d’un royaume en déliquescence. Elle trouve heureusement auprès d’elle Gil, qui se révèle être une guerrière née tandis que Rudy, en compagnie de Ingold, se découvre le don de sorcellerie.

Au dehors les Ténébreux rôdent, mais ce ne sont pas les seuls. Les Pillards Blancs, les Dooiques (hommes néanderthaliens) s’avèrent de redoutables ennemis tandis que les Pénambriens, eux aussi en exode, souhaiteraient trouver refuge dans le Donjon. Ce que refusent certains responsables malgré l’avis de Minalde car selon eux les vivres ne sont pas inépuisables. Le Donjon recèle ses mystères qu’aimerait découvrir Gil.

 

Gil qui est d’ailleurs une transposition de Barbary Hambly, puisque celle-ci possède un diplôme d’histoire médiévale (elle a également passé une année à étudier à la Faculté de Bordeaux) et est ceinture noire de Karaté.

Mais l’on retrouve également dans ces romans une influence directe de Lovecraft et dans une moindre partie de Tolkien. Un ouvrage dense, qui démarre doucement, l’action n’étant pas la priorité de l’auteur, mais dont l’atmosphère finit par envoûter le lecteur.

Et Barbara Hambly pose une question primordiale par le biais de son héroïne qui combat et tue des renégats pour sauver sa peau. L’homme, l’être humain qui tue sans réfléchir en état de légitime défense est-il plus coupable que le juré qui le condamne à mort dans un esprit de justice ? Mais Barbara Hambly écrit aussi des romans historiques et l’on peut lire toujours au Masque, en Grand Format, L’innocence de Janvier, dont l’action se passe en Louisiane au XIXe siècle.

 

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Première édition Collection Club du livre d'Anticipation N°122. Editions Opta. Parution 1986. 416 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

Réédition Folio SF. Parution 21 juin 2007.448 pages.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

L'intégrale de Darwath. Editions Terre de Brume. 2005.

Barbara HAMBLY : Les Murs des ténèbres. Le cycle de Darwath, volume 2. (The walls of air- 1983. Traduction de Françoise Maillet). Collection Abysses n° 9. Librairie des Champs Elysées. Parution septembre 1998. 448 pages.

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 08:45

Bon anniversaire à René REOUVEN, né le 23 août 1925.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

Exercer la profession de documentaliste dans un lycée peut réserver parfois d'heureuses surprises.

C'est ce qui arrive à César Brunel qui déniche, enfoui au fond d'un rayon de la bibliothèque, un ouvrage signé d'un certain Peuchet, préfet de police au début du 19ème siècle, et dont s'inspira largement Alexandre Dumas pour écrire son Comte de Monte-Cristo.

Brunel a envie de devenir riche, et pour cela il lui suffit d'hériter de son oncle. Or, coïncidence étrange, un parallèle existe entre l'un des personnages des mémoires de Peuchet et Brunel. Loupian.

Loupian, nom de jeune fille de sa mère et du héros de ce livre qui lui livre sinon la solution du moins une façon de procéder pour éliminer son riche parent.

Pour détourner l'attention de la maréchaussée, il choisit quelques victimes en concordance avec ce roman qui devient sa bible de chevet. Le premier pas est plus facile à sauter qu'il le pensait, il ne lui reste plus qu'à continuer sur sa lancée.

 

René Réouven abandonne un temps le pastiche holmésien dont il s'est instauré le chantre mais pas le plaisir d'émailler son roman de références littéraires et historiques.

Sans pour autant verser dans le pédantisme.

Un roman fort bien construit malgré une facilité apparente, jusque dans la pirouette finale, pourtant annoncée mais dont on se demande si l'auteur osera l'exécuter.

Le tout enrobé d'un brin d'humour léger, pour ne pas dire primesautier.

Première édition Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 14 mai 1996. 224 pages. 12,14€.

Première édition Collection Sueurs Froides. Editions Denoël. Parution 14 mai 1996. 224 pages. 12,14€.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo.

René REOUVEN : Souvenez-vous de Monte-Cristo. Folio N° 3034. Parution 23 janvier 1998. 208 pages. 6,50€.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 12:50

Bon anniversaire à Alexis Lecaye, né le 22 août 1951.

Alexis LECAYE : Julie Lescaut.

Mutée dans un commissariat d'une petite ville de la banlieue parisienne, Madame le commissaire Julie Lescaut est un peu perdue.

Pas encore la quarantaine, divorcée et mère de deux fillettes, elle en avait marre de végéter au Ministère de l'Intérieur après avoir exercé durant quelques années le métier d'avocate.

Sa première journée au commissariat lui fait découvrir un monde auquel elle n'était pas habituée. Tétanisée, elle subit les attouchements de Peuchard, l'heureux retraité grivois qui la pelote sans vergogne. Pour sa défense il faut avouer qu'il est quelque peu éméché.

Trémois, un inspecteur au faciès cadavérique, lui remet un rapport dans lequel il est question de cercles de jeux clandestins, de tripots. Une affabulation, ou un début de paranoïa, pense-t-elle.

Quant à N'Guma, un autre inspecteur, un Noir natif de Bécon, il l'a suivie ostensiblement en sifflotant Auprès de ma blonde... Plus que l'erreur dans la couleur de cheveux,      Julie Lescaut est rousse, cette drague qu'elle estime éhontée lui a mis les nerfs en pelote.

Elle va avoir bien du mal à s'imposer, à diriger ce poste banlieusard dans lequel ses trente-deux subordonnés ont été habitués à recevoir des ordres d'un supérieur hiérarchique mâle.

Elle a à peine le temps de s'installer dans son bureau que la disparition d'un gamin de huit ans, Tarik, est signalée. Bonjour l'ambiance.

Entre Julie Lescaut, qui s'illusionnait lors d'un rendez-vous avec le meilleur ami de son mari, le meilleur ami du couple, et Trémois, dont la vie privée est un cauchemar, un calvaire, le courant passe mal, mais rien ne vaut une bonne enquête policière dans laquelle chacun peut démontrer ses qualités, parfois cachées, pour souder une équipe.

 

Alexis Lecaye, qui sous le pseudonyme d'Alexandre Terrel nous avait régalé avec sa série consacrée au Croque-mort, présentait un nouveau personnage qui ne manque ni d'attrait, ni de charme.

Interprétée au petit écran par Véronique Genest, Julie Lescaut a su plaire et s'imposer auprès des téléspectateurs, grâce à ses qualités et ses défauts.

Ce n'est pas une superwoman. C'est une femme tout simplement, avec tous les aléas de la vie quotidienne, familiale et professionnelle que cela comporte. La description des autres policiers évoluant dans ce roman ne manque pas non plus de profondeur. L'enquête est au cœur de l'histoire, certes, mais les à-côtés sont tout aussi intéressants.

Alexis Lecaye n'a écrit qu'un seul roman mettant en scène Julie Lescaut, la série télévisée lui prenant tout son temps, son énergie, et il faut bien l'avouer, se montrant plus lucrative qu'un livre.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

Alexis LECAYE : Julie Lescaut. Le Masque Jaune N°2098. Editions Librairie des Champs Elysées. Parution 1992.

Réédition Le Masque Jaune N°2492. 12 Janvier 2005. 7,50€.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 12:43

Hommage à Noëlle Loriot connue aussi sous le nom de Laurence Oriol, née le 6 août 1925.

Noëlle LORIOT : Meurtrière bourgeoisie.

Laurence Herbault est une jeune visiteuse de prison qui prodigue un réconfort matériel et moral auprès notamment de son frère, jeune délinquant et surtout de François Couderc, accusé d’avoir assassiné son beau-père de banquier et employeur.

François venait d’être licencié, naturellement est-il immédiatement soupçonné et emprisonné. Il possède le profil du coupable idéal. Cependant Laurence, qui vient de divorcer d’avec Jérôme Brochard, procureur adjoint, ne peut s’empêcher de ressentir une certaine attirance envers ce prisonnier qui se défend d’avoir perpétré ce meurtre.

Il est défendu par maître Davioud, reconnu comme l’un des meilleurs de sa profession, mais ce sont ses adjoints qui établissent le dossier avec les moyens du bord.

Persuadée de l’innocence de François, Laurence se jette dans une enquête entraînant avec elle Vincent, un homosexuel dont elle partage l’appartement. Et les faits semblent lui donner raison, puisque malgré la surveillance, François subit une tentative d’empoisonnement et que Vincent est renversé par un véhicule.

Même Jérôme Brochard n’échappe pas à cette vague d’intimidation, sa voiture étant piégée. De plus le défunt naviguait dans les eaux troubles de la pédophilie, ainsi que certaines de ses relations auxquelles, de par leur notabilité, on aurait donné le Bon Dieu sans confession. Cependant il faudra beaucoup de courage et de persévérance de la part de Laurence et de ses amis, occasionnels ou non, pour démêler cet imbroglio.

 

Une histoire narrée avec efficacité par un auteur qui n’en est pas à son premier coup d’essai et qui se complaît à jouer avec les apparences, et démonter avec élégance d’écriture les perversités qui s’épanouissent dans toutes les couches de la société, surtout là où on ne les attend pas.

L’intrigue est bien menée et le suspense entretenu, même si lecteur accroché polar se pose des questions, que je ne révèlerai pas ici car poser la question c’est un peu résoudre l’énigme. J’aurai préféré un autre titre, moins banal, mais bon, ce n’est pas le titre qui fait le bouquin.

Je terminerai par la citation du jour :

Je ne lis plus de romans policiers ; ils sont trop inférieurs à la réalité des faits divers que la presse ose révéler, et à ceux qu’elle n’ose pas révéler parce qu’on ne les croirait pas.

Noëlle LORIOT : Meurtrière bourgeoisie. Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution avril 2004. 320 pages. 19,80€.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 13:14

Hommage à Phyllis Dorothy James, née le 3 août 1920.

P.D. JAMES : Par action et par omission

Depuis quelques mois, le Norfolk vit son cauchemar.

Un tueur psychopathe, surnommé le Siffleur, attaque des jeunes femmes qui se promènent solitaires la nuit.

Adam Dalgliesh, qui vient de publier un recueil de poèmes, décide de s'octroyer quelques jours de congés dans cette contrée de l'est de l'Angleterre. Officiellement pour prendre possession de l'héritage que vient de lui léguer une de ses tantes, mais pour ses supérieurs, s'il pouvait en même temps fouiner et aider les enquêteurs locaux, cela leur ôterait une grosse épine du pied.

Il fait la connaissance de ses voisins lors d'une soirée et à nouveau le Siffleur se manifeste.

Adam Dalgliesh va même faire une expérience nouvelle pour lui : buter sur un cadavre la nuit, alors qu'en général les policiers laissent ce soin aux pauvres quidams qui dans ce cas deviennent suspects.

Mais ce nouveau crime ne peut être imputé au Siffleur, le redoutable récidiviste venant d'être arrêté quelques heures auparavant.

La nouvelle victime, Hilary Roberts, une jeune femme travaillant à la centrale nucléaire de Larksoken, ne comptait pas que des amis, loin s'en faut.

Les prétendants à ce meurtre sont légion, de Alex Mair, directeur de la centrale nucléaire et ancien amant de la jeune femme, à Neil Pascoe, écologiste convaincu et passionné qui vit dans une caravane en compagnie d'une jeune mère et de son bébé qu'il a recueillis, en passant par Ryan Blaney, artiste peintre alcoolique et père de quatre enfants élevés par l'aînée et locataire de plus en plus indésirable d'un cottage que possédait Hilary Roberts.

Plus d'autres personnes qui ne manquent pas de motifs pour faire disparaître cet encombrant personnage. Hilary Roberts, une femme de caractère, autoritaire, impitoyable, qui ne faisait rien pour s'attirer la sympathie et l'amitié de ses voisins et collègues.

 

Les auteurs britanniques féminins de romans policiers ont la réputation, non dénuée de fondement, de délayer leurs intrigues à l'extrême et parfois de se perdre dans des digressions souvent longues et monotones.

P. D. James ne faillit pas à cette règle mais ses réflexions, souvent justes et douces-amères qui parsèment son récit, ne manquent pourtant d'humour et de réalisme.

Ainsi sur la condition précaire et pas toujours enviable des poètes ou de la gloire éphémère des littérateurs.

Ou encore sur l'opportunité, le bien-fondé, et peut-être les dangers réels ou supposés des centrales nucléaires, ainsi que des comparatifs entre le moderne et le traditionnel.

Un tournant dans l'œuvre littéraire de P.D. James mais il faut avouer que les précédents romans de cette nouvelle Reine du crime peuvent être considérés comme des œuvres de jeunesse, une façon de parler, ou un apprentissage.

Réédité au Livre de Poche, collection Policier N°9542. Novembre 1992 et 2005.

Réédité au Livre de Poche, collection Policier N°9542. Novembre 1992 et 2005.

P.D. JAMES : Par action et par omission

P.D. JAMES : Par action et par omission (Devices and Desires - 1989. Traduction de Demise Meunier). Editions Fayard. Parution mars 1990.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 10:00

Bon anniversaire à John Farris né le 26 juillet 1936.

John FARRIS : La forêt sauvage

Whitman Bowers profite de la venue de son fils Terry, quatorze ans et demi, qu'il ne voit que lors des vacances, pour allier plaisir et travail. C'est à dire qu'en plus de quelques excursions de détente, il va visiter les Great Smoky Mountains, principalement la forêt de Wildwood, pour le compte de son employeur.

En effet celui-ci compte bâtir un village de vacances ainsi que des pistes de ski, et Whitman doit étudier sur place si ces projets sont réalisables.

Il va retrouver sur place Arn Rutledge et sa femme Faren. Arn servit sous ses ordres pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Mais Wildwood semble bien être une forêt maléfique. Faren se montre réticente lorsque Whitman lui expose ses projets. Quant à Arn, il est parti à la chasse, mais nul ne sait exactement quel est son gibier.

Wildwood, forêt sauvage, mystérieuses, enchantée, magique, mais aussi maléfique, et qui recèle bien des secrets.

En 1916, il y a un peu plus de quarante ans de cela, lors d'une réception organisée par Edgar Langford, Edgar le Fou, magicien et prestidigitateur à ses heures, passionné d'archéologie et de la civilisation assyrienne en particulier, lors d'une réception donc, ses cinq cents invités et son château disparaissent bizarrement.

Un château immense, construit à la manière des châteaux européens des XVIe et XVIIe siècles, ne peut se volatiliser ainsi dans la nature, et pourtant !

Des manifestations bizarres se produisent de temps à autre. De même apparaissent des personnages étranges, mi êtres humains, mi animaux.

 

John Farris, dont on n'a pas oublié le magnifique Ecailles, paru dans la même collection, nous livre cette fois encore un roman envoûtant, magique, angoissant, moins teinté d'exotisme mais tout aussi prenant, à cause ou grâce à l'ambiance ténébreuse, démoniaque et énigmatique qu'il distille avec un art consommé du suspense d'épouvante.

John Farris semble obsédé, obnubilé, fasciné par les serpents, puisque, tout comme dans Ecailles, ils jouent un rôle important. Mais le serpent n'est-il pas l'origine biblique de la race humaine, tout au moins l'un de ses acteurs principaux.

John FARRIS : La forêt sauvage (Wildwood - 1986. Traduction de Michel Demuth). Collection J'ai Lu épouvante N°2407. Editions J'ai Lu. Parution juin 1988. 448 pages.

Réédition février 2001.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 14:12

Hommage à Alexandre Dumas né le 24 juillet 1802.

Alexandre DUMAS : Voyage au Caucase.

Pour Kléber Haedens, Alexandre Dumas écrivait à la bonne franquette dans une langue remuante et dépourvue de toute rigueur, dont l'enthousiasme fait négliger les contradictions.

Mais le rôle d'Alexandre Dumas dans la littérature ne s'arrête pas là, et d'autres voient en lui un formidable précurseur et un prodigieux inventeur. Sans jamais avoir écrit de véritables romans policiers même s'il a abordé ce genre, Dumas amorce néanmoins une lignée de personnages qui marquèrent la littérature à tout jamais, même si ses mérites ne sont pas assez reconnus : D'Artagnan qui se transforme en détective privé pour récupérer les férets de la Reine Anne d'Autriche, courant mille dangers dans la plus pure tradition du roman noir; Milady de Winter, l'archétype de la femme fatale, séduisant les hommes pour mieux les asservir; ou encore l'abbé Faria, premier détective en chambre.

Mais Alexandre Dumas n'est pas que le romancier de cape et d'épée qui a enchanté notre jeunesse, et encore maintenant.

Ce fut également un grand voyageur et un grand reporter avant la lettre. Ses impressions de voyage il nous les restitue comme dans Voyage au Caucase, dans un style alerte, vif, chaleureux, bon enfant, enthousiaste, pétillant, gai, parfois naïf, mais ne ménageant pas pour autant ses réflexions personnelles et les petite piques. Ainsi écrit-il :

Principe général : il ne faut rien laisser décider aux savants, attendu qu'ils ne décident rien. Si Oedipe avait laissé l'énigme du Sphinx à deviner aux savants de la Béotie, le Sphinx dévorerait encore aujourd'hui les voyageurs.

Les anecdotes foisonnent dans ce récit qui se lit comme un roman. Je sais, c'est une formule un peu plate, passe-partout, conventionnelle, employée bien souvent par des critiques qui ne savent pas comment s'en sortir, mais que dire d'autre de Dumas et de ses œuvres non romanesques ?

Les péripéties contées par Dumas sont tellement savoureuses, incroyables de nos jours, que l'on se demande quelle est la part de vérité, de réalité et de fabulation.

Mais il ne faut pas oublier que ce voyage s'est déroulé en 1858, et que le risque était présent dans chaque déplacement, que la route qu'il parcourait était loin d'être balisée et sécurisante, que les hôtels et les auberges ne poussaient pas comme des champignons et que le danger était partout présent et à l'affût.

Ce récit est un véritable enchantement, et mon seul regret, que bon nombre d'entre vous partagerons j'en suis sûr, le manque de reproductions de quelques-uns des croquis et dessins de Moynet qui effectuait ce voyage en compagnie de Dumas.

Autre édition : éditions François Bourin. Parution mars 1990. 586 pages.

Autre édition : éditions François Bourin. Parution mars 1990. 586 pages.

Alexandre DUMAS : Voyage au Caucase. Préface de Michel Brix. Editions Bartillat. Parution 12 mai 2016. 624 pages. 22,00€.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 12:54

Bon anniversaire à Alain Demouzon né le 13 juillet 1945.

Alain DEMOUZON : N'importe où avec une fenêtre.

Maxime Lehutin est promis à un bel avenir.

Pensez donc, son premier roman, finement littéraire, a obtenu l'un des cinq mille obscurs prix décernés en France par an, et de la presse critique favorable.

Son éditeur pense en vendre mille cinq cents exemplaires et lui ouvre les portes de sa collection policière Nuit Métallique, à condition de pondre trois polars par an.

L'écriture, Max la ressent comme une merveilleuse et douloureuse aventure pleine de désappointement et d'aridité. Mais il l'aime trop pour ne pas tout lui sacrifier par avance. Ce qu'il lui faut : une fenêtre. Regarder par delà la baie vitrée, c'est l'espoir, la contemplation d'un autre monde. L'entrebâiller, c'est l'aspiration vers l'aventure, c'est chevaucher allègrement le grand souffle romanesque, jongler avec les lettres puis les mots puis les phrases. Stop.

Greg Von Bluff, l'éditeur de Max, bouleverse les données, propose un contrat mirifique et bouscule notre écrivain en herbe. Il le lance sur le sentier de la guerre à la recherche d'un temps perdu. Le temps perdu par Marcel Proust à écrire cette prose qui se révèle être apocryphe.

Dur dur pour les maisons d'éditions, ce manuscrit indigeste. Qui dit indigeste dit indigestion. Qui dit indigestion dit pruneaux. La voilà la panacée ! Les pruneaux généreusement offerts par le Syndicat, avec en prime un revolver, le tout délicatement posé dans une boîte à chaussures. Il faut absolument que Max retrouve et fasse disparaitre de la circulation l'auteur de cette thèse selon laquelle Marcel Proust ne serait pas l'auteur des écrits proustiens.

Proust alors ! Le pavé dans la mare.

 

Partant de cette donnée simple, Demouzon rêve, extrapole sur ce qui pourrait être un cauchemar éditorial, lance son héros sur les pistes de l'imaginaire, égratignant, griffant, s'ébrouant, piaffant, ruant, pataugeant allègrement, faisant feu de tout bois, tirant dans les coins.

Il parodie, il blasphème, il vitupère, il vilipende, il surprend, il ironise, il raille, il mord, il pique, il se gausse, il se moque, il joue. L'impertinence faite homme.

Un régal, une jubilation, une récréation pour le lecteur. Une véritable macédoine de petites phrases que le chroniqueur amoureux de littérature qui, comme moi, ne se prend pas au sérieux, ramasse, glane, emmagasine, engrange, puis offre en un bouquet chatoyant et vénéneux au lecteur abasourdi.

Et tout le monde y passe, tout le monde en prend pour son grade. Le monde de l'édition bien sûr, mais également les auteurs, les découvreurs de talents, les critiques, les lecteurs aussi.

Demouzon possède une machine à écrire transformée en moulinette.

N'importe où avec une fenêtre, c'est un pamphlet, une satire, une réjouissance, une récréation, une bouffée d'air pur, une profession de foi, une Bible.

Pour souligner mes propos, je vous propose un florilège, quelques extraits savoureux qui, j'en suis persuadé, vous incitera à découvrir cet ouvrage iconoclaste, franchement hilarant et pourquoi pas moralisateur.

 

Je viens de gagner 18 000 francs dans l'édition, sans écrire une seule ligne. Me voilà un écrivain authentique.

Voyons, les gens ne lisaient pas Proust ! Non, mais ils l'achetaient.

Je n'ai pas lu votre livre, mais je l'admire beaucoup. Sincèrement.

Ne soit pas méprisant : tous les romans sont à suspense !

Un sacré bosseur, celui-là, prêt à tout, ponctuel et efficace. Un vrai professionnel. Restera inconnu et méprisé.

Alain DEMOUZON : N'importe où avec une fenêtre. Editions Seghers. Parution Mars 1990. 304 pages.

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 13:10

Bon anniversaire à Dean R. Koontz, né le 9 juillet 1945.

Dean R. KOONTZ : Les étrangers.

Phobie : forme de névrose caractérisée par la peur morbide, l'angoisse de certains objets, actes, situations ou idées.

Telle est la définition donnée par le Petit Robert. Et c'est bien d'une phobie dont sont atteintes subitement certaines personnes vivant en des points éloignés des Etats-Unis, qui apparemment ne se connaissent pas, qu'aucun lien ne rattache.

A Laguna Beach Dominick Corvaisis, jeune écrivain promis au succès, est soudain atteint de somnambulisme. A Boston, Giner Weiss, promise elle aussi a un bel avenir, semble atteinte de troubles de mémoire et d'une peur irraisonnée lorsqu'elle est confrontée à une paire de gants noirs ou d'une bonde de lavabo.

A Chicago, un prêtre, Brandon Cronin, perd brusquement la foie, alors qu'à Elko County, Ernie Block, propriétaire d'un motel est traumatisé par la nuit. A Las Vegas, une jeune enfant, Marcie, ne peut entendre parler d'hôpital ou de docteurs sans être en proie à une véritable terreur.

Jack Twist, un ancien militaire dont la femme est dans le coma depuis huit ans, ne trouve plus aucun goût dans l'accomplissement de sa nouvelle occupation : le vol de fourgons de transport d'argent.

Quels que soient les remèdes envisagés, les psychothérapies tentées, rien ne peut les soulager. Au contraire, leur mal empire au fil des jours. Leurs obsessions se développent au fur et à mesure, s'amplifient, se modifient.

Certains, comme Dominick ou Brandon possèdent des pouvoirs surnaturels.

Peu à peu dans leur mémoire, des morceaux de souvenirs remontent à la surface, comme un mur qui s'effriterait, qui se désintégrerait tout doucement. Une immense toile d'araignée les relie, dont le centre est le Tranquility Motel.

Chacun de son côté va essayer de reconstituer ce qu'il est passé dix-huit mois auparavant, mais ils se heurtent à un blocage, comme s'ils avaient subi un lavage de cerveau.

Réunis par une puissance anonyme, ils vont tenter de mettre leurs forces en commun pour conjurer le mal mais devant eux se dresse le terrible colonel Falkirk, lui aussi obsédé, mais pas de la même manière.

La lune, une lune rouge, est l'épicentre de leurs obsessions.

 

Dean R. Koontz ne déçoit jamais ses lecteurs en vieux routier de l'écriture qu'il est. Après avoir goûté au roman policier sous les pseudonymes de K.R. Dwyer ou Brian Coffey, il s'est reconverti avec bonheur vers le thriller surnaturel, le fantastique moderne, que ce soit sous son nom ou celui de Leigh Nichols.

Les étrangers, un excellent toman de suspense et d'épouvante qui ne sacrifie pas à la mode, c'est à dire au sanguinolent, mais dont l'épilogue est un message porteur d'espoir et de tolérance.

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 5 mars 1993. 638 pages

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 5 mars 1993. 638 pages

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 22 janvier 1997. 638 pages.

Réédition J'ai Lu épouvante. Parution 22 janvier 1997. 638 pages.

Dean R. KOONTZ : Les étrangers (Strangers - 1986. Traduction de Jacques Guiot). Collection Spécial Suspense. Editions Albin Michel. Parution 11 janvier 1989.

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Présentation

  • : Les Lectures de l'Oncle Paul
  • Les Lectures de l'Oncle Paul
  • : Bienvenue dans la petite encyclopédie de la littérature populaire. Chroniques de livres, portraits et entretiens, descriptions de personnages et de collections, de quoi ravir tout amateur curieux de cette forme littéraire parfois délaissée, à tort. Ce tableau a été réalisé par mon ami Roland Sadaune, artiste peintre, romancier, nouvelliste et cinéphile averti. Un grand merci à lui !
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